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HIDE
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 Le discours du Cap-Haitien














Group Title: Haïti-journal
Title: Discours prononcé par le Président de la République le 14 octobre 1933 à l'Hotel de la Préfecture du Cap-Haitien, sur la politique extérieure du gouvernement
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Title: Discours prononcé par le Président de la République le 14 octobre 1933 à l'Hotel de la Préfecture du Cap-Haitien, sur la politique extérieure du gouvernement
Uniform Title: Haïti-journal
Physical Description: 19 p. : ; 20 cm.
Language: French
Creator: Vincent, Sténio, 1874-
Publisher: s.n.
Place of Publication: Port-au-Prince?
Publication Date: 1933?
Copyright Date: 1933
 Subjects
Subject: Politics and government -- Haiti -- 1844-1934   ( lcsh )
Foreign relations -- Haiti -- United States   ( lcsh )
Foreign relations -- United States -- Haiti   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Notes
General Note: Cover title.
General Note: "Extrait de Haïti-journal, édition du 16 octobre 1933."
 Record Information
Bibliographic ID: UF00094311
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 21142859

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Full Text
UNIV. OF FLA. LIBRARIES
DISCOURS
PRONONCE PAR LE
Prsident de la Rpublique
Le 14 Octobre 1933
l'Htel de la Prfecture du
Cap-Hatien Sur la Politique Extrieure
du
Gouvernement.




Le discours du Cap-Haitien
-s-
C'est votre droit de savoir. C'est mon devoir de vous renseigner, a dit le Prsident de la Rpublique, parlant au Cap-Hatien, samedi midi. Ce discours a t coup plusieurs fois par des applaudissements nourris et a soulev l'enthousiasme de la foule.
Le Prsident remercie la population du Cap.L'Accord du 7 Aot.L'opposition aprs... rflexion.La police a l'il.La libration sans heurt.De l'accord du 5 Aot 1931 celui du 7 Aot 1933.Ce que les Chambres auraient pu faire.Le bilan de l'action libratrice.L'entrave des engagements antrieurs. La Sacro-saintet des traits.L'action des amis de notre cause New-York.
La rencontre avec le Prsident Trujillo.Ce qu'on est fond en attendre.Coup d'il sur l'avenir.
o-
Mesdames,
Monsieur le Prfet,
Messieurs et chers concitoyens,
Les acclamations par lesquelles le peuple tout entier de votre chevaleresque Cit a salu, ce matin, le Prsident de la Rpublique, tmoignent une fois de plus et dans une clatante raffirmation de son loyalisme, de sa confiance inbranlable dans le Gouvernement, dans les efforts qu'il fait et dans sa volont prouve de poursuivre, avec le souci permanent de l'intrt public et de l'avenir national, la solution d'un ensemble de problmes aigus, changeants, presque dramatiques, poss, chaque jour, devant sa conscience et sa responsabilit.
Le diapason de cette allgresse que, demain, ces mmes foules enthousiastes porteront, sans doute, l-bas, jusqu'aux confins de la petite ville voisine o se dressent les ruines magnifiques et
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C. 2
LATIN lAERICA


douloureuses qui rehaussent d'un paysage de gloire et de beaut, les grandioses perspectives de notre Pass, le calibre imprvu de l'hommage, la fois prcis et tumultueux, qui dferle, en ce moment mme, en vagues sonores, dans vos rues encombres, toute cette effervescence joyeuse et patriotique atteste aussi, et de la manire la plus loquente, la complte adhsion de vos populations averties la politique positive et raliste de mon Gouvernement, et marque leur reconnaissance des rsultats dfinitifs que, grce cette politique, nous avons enfin obtenus dans l'ordre des grands desiderata nationaux.
L'anne prochaine, pareille date, le dernier marine amricain aura quitt le sol de ce pays, et la libration du territoire sera un fait accompli.
C'est l'Accord du 7 Aot de cette anne qui consacre cette ralisation essentielle et c'est pourquoi le pays s'est lev comme un seul homme pour l'approuver, applaudir et fliciter le Gouvernement du succs de ses ngociations.
Les deux ou trois petits groupes de soi-disant intgraux de Port-au-Prince qui, aprs rflexion, se sont dtachs de cette belle et saine unanimit nationale pour dclencher contre l'Accord une offensive, vite noye, d'ailleurs, clans l'indiffrence gnrale, en ont t quittes pour leurs commentaires plus ou moins lucides, souvent hargneux et toujours passionns.
Quoi qu'il en soit, je- tiens rpondre moi-mme quelques-unes de ces critiques formules, les unes, dans certains crits ce sont, au moins, les plus courageuses o. sous couleur d'un patriotisme verbal et facile, la vraie tendance est de distiller, dans le peuple, un venin malfaisant de dcouragement et surtout de mfiance contre la bonne foi de ceux qui dfendent, aux postes les plus dlicats, les grands intrts de la nation ; les autres, dans de petites attaques anonymes et perfides glisses subrepticement dans des journaux trangers pour que, au retour, selon la mode adopte, ces correspondances tnbreuses servent jeter de la confusion dans les esprits, alimenter des polmiques oiseuses, troubler des relations et des collaborations ncessaires, et rouvrir ainsi l're de nos ternelles et nfastes agitations politiciennes.
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Il faut que je dise tout de suite que cette dernire catgorie une petite poigne d'nergumnes capables des pires audaces constitue une espce trs dangereuse qui, derrire son camouflage nationaliste, n'a d'autre but que de greffer, en ce m'oment mme. devant l'tranger qui est encore l, et qui parat lui-mme stupfait de tels agissements une crise de gouvernement, sur toutes les autres, si angoissantes, qui nous tiennent aux entrailles et que nous avons dj tant de mal juguler. C'est vraiment dconcertant...
Le Gouvernement surveille troitement les lments de dsordre et d'anarchie qui composent cette catgorie de gens et qui sont dj reprs. Il n'hsitera pas appliquer contre eux toute la rigueur des lois aussitt qu'ils dpasseront les limites permises.
Au moment o il faut organiser le pays, amnager son conomie, assurer la rgularit de son administration, pour que la libration du territoire, enfin venue, donne son plein rendement d'ordre et de travail, le Gouvernement manquerait son devoir primordial, s'il laissait compromettre des rsultats acquis au prix de tant de luttes. Devant la grande tche qui s'impose lui et dont il a une conscience de plus en plus nette, il ne saurait tolrer des agitations provoques ou entretenues par quelques petits groupes parasitaires de notre Capitale qui se sont mis en tte de traner leur remorque une Rpublique de trois millions d'hommes, ou par quelques individus auxquels la certitude de la libration prochaine du territoire a enlev une plateforme sur laquelle ils pipaient depuis longtemps leur nationalisme bien calcul...
Il n'est pas possible, en effet, que ce malheureux pays soit constamment en proie aux excs ou l'aveuglement des haines individuelles ou des passions dmagogiques, et qu'il continue vivre, aprs qu'il se sera dbarrass de la tutelle trangre, sous la menace perptuelle de l'anarchie intrieure, parce qu'il serait de nouveau expos et beaucoup plus gravement cette fois des aventures et des prils extrieurs, sous quelque forme et cela importe peu, d'ailleurs que l'volution des politiques est susceptible de nous les dispenser dsormais.
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Excusez cette parenthse. Elle est un peu longue, mais elle tait ncessaire. Je disais, il y a quelques mois, en remettant leurs diplmes aux jeunes sous-lieutenants de la dernire promotion de l'Ecole Militaire : Plus nous allons vers la libration, plus la patrie semble tre en danger. Eh! bien, je le rpte, le danger est l. Tout le monde le sait. Tout le monde le voit. Il est mme un peu en chacun de nous. Nous n'y faisons pas souvent attention. Nous sommes si lgers!... C'est pourquoi, il est bon, il est absolument utile de le faire toucher du doigt de temps en temps, pour qu'on y pense un peu et qu'on se dcide le conjurer, tous ensemble.
Mais, vous attendez les explications que je vous ai promises tout l'heure propos de l'Accord du 7 Aot. Je vais vous les donner, et le plus compltement possible. C'est votre droit de savoir. C'est mon devoir de vous renseigner.
Je vous prviens que vous en aurez pour une bonne demi-heure, car c'est toute la politique extrieure de mon Gouvernement que je me propose d'exposer devant vous. Je m'excuse de vous imposer une telle preuve de patience, surtout, si, comme j'en suis persuad, je ne prche ici que des convertis. En tout cas, lorsque vous serez fatigus, agitez vos mouchoirs blancs aux quatre coins de la salle. Je saurai ainsi que vous me demandez la paix, et je vous la donnerai sur le champ. Vous pourrez toujours lire le reste dans le journal... Et, croyez-moi, ce ne sera pas vous, les plus heureux...
* *
Et d'abord, Messieurs, quelle tait ma conception de la politique extrieure qui allait s'imposer au nouveau Gouvernement? Tandis qu'autour de nous, pendant la priode lectorale de 1930, des candidats irresponsables et agressifs souhait, se livraient aux plus folles exagrations verbales, qu'ils s'excitaient, sous les tonnelles o dansaient et buvaient les lecteurs, des dclarations d'un nationalisme chevel et parfaitement inoffensif, tandis qu'on parlait de casser les vitres, de signifier tout bonnement l'Amricain qu'il n'avait plus qu' vider les lieux puisque le Trait de 1915 tait expir, j'apportais, moi, un programme
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plus dcent, et, je peux bien l'affirmer, plus srieux. Je disais vous pouvez revoir, ce sujet, les papiers de l'poque: se dgager sans heurt de l'emprise trangre. Et cette conception, que partageaient les hommes minents qui ont men avec moi la campagne snatoriale, signifiait clairement une volont d'aboutir et de raliser notre idal par une action rflchie et mesure.
Et lorsque l'Assemble Nationale me fit le grand honneur de m'appeler la premire Magistrature de l'Etat, cette conception devint une politique. Ce fut la politique de la liquidation du Trait de 1915.
Liquider c'est entendu. Oui, mais comment ? Et quand ?
Le rapport de la Commission Forbes qui, n'en pas douter, tait devenu le guide du Gouvernement amricain pour toutes ses nouvelles initiatives en Hati, disait : qu'il est encore trop tt pour suggrer la manire de liquider l'Occupation amricaine l'expiration du trait. La Commission estimait seulement que des mesures progressives devaient tre arrtes sur la base du principe et avec l'entente que le prsent trait restera en vigueur jusqu'en 1936 et qu'il sera galement compris que toutes modifications ncessites par les circonstances pourront y tre appoi'tes tout moment, aprs entente ce sujet entre les deux Gouvernements.
Donc, du ct amricain, aucune modalit prcise arrte pour la liquidation projete, mais en attendant, d'ventuelles et graduelles modifications convenir entre les deux Gouvernements, suivant les circonstances du moment. Ce qui tait certain, c'est que le Trait devait rester en vigueur jusqu'en 1936.
Tout cela ne me paraissait pas trs rassurant. Le nouveau Gouvernement tait arriv avec des ides de liquidation mthodique, mais rapide. Or, il ne semblait pas, s'en tenir au texte aussi bien qu' l'esprit du Rapport de la Commission Forbes, que le Gouvernement amricain ft prt envisager alors cette liquidation, telle que nous la comprenions, c'est--dire la remise systmatique au Gouvernement Hatien, dans des dlais normaux et raisonnables fixer, de tous les Services publics que dirigeaient jusqu'alors les Officiels du Trait.
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Il y eut, la vrit, une priode de flottement. Finalement, la suite de quelques conversations avec le Ministre amricain, il fut convenu que nous prsenterions un projet, puisqu'il fallait une base pour commencer les discussions que nous dsirions.
Nous tenions conserver les organisations existantes dans la mesure o leur efficience tait solidement tablie. Mais quelle tait alors la situation de ces organisations au point de vue de l'entranement du personnel hatien aux fonctions de direction et de responsabilit?
La Commission Forbes elle-mme avait constat que les Officiels du Trait agissaient de faon donner l'impression que l'Occupation devait se perptuer dans ce pays, et que par consquent ils ne s'taient nullement soucis de cet entranement.
Nous avons alors pens tablir une collaboration, par l'adjonction de co-directeurs hatiens dans les Services jusque-l exclusivement dirigs par des Amricains, pour que, dans un certain dlai raisonnable, les Hatiens pussent en assurer, leur tour, la direction exclusive. Ce plan n'ayant pas abouti, les ngociations se poursuivirent alors pour reprendre purement et simplement des Amricains tous les Services publics hatiens.
De l, l'Accord du 4 Aot 1931, en vertu duquel nous avons obtenu la remise des Travaux Publics, du Service Technique de l'Agriculture, du Service d'Hygine (Port-au-Prince, Ption-Ville et Cap-Hatien excepts) du Service de l'Enregistrement et la suppression du visa du Conseiller Financier sur les ordres de paiement mis par le Gouvernement, etc..
A partir de cet Accord, restait liquider la question cruciale du contrle financier laquelle, selon le point de vue du Gouvernement amricain, tait subordonne la dsoccupation militaire du Pays.
Sur cette question, le Gouvernement Amricain se retranchait, comme dans une forteresse, dans le Protocole de 1919 et le Contrat d'emprunt de 1922, contre lesquels se sont heurtes toutes nos propositions concernant les modalits de ce contrle.
Le 3 Septembre 1932, les ngociations avaient abouti un trait de liquidation substitu la Convention de 1915. Au sujet de ce Trait rejet par l'Assemble Nationale, je n'ai plus rien
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dire, ayant puis la question, et dans ma Proclamation du 16 Septembre 1932 et dans mon discours prononc aux Cayes en Dcembre de l'anne dernire.
Je me permets seulement d'ajouter aujourd'hui et ceci est beaucoup moins une critique qu'une opinion personnelle qu'il eut peut-tre t plus adroit ou plus habile, de la part de l'Assemble d'ajourner la discussion du Trait, de demander au Gouvernement de reprendre les ngociations sur des points qu'elle dterminerait, d'atermoyer, d'examiner, aprs les avoir bien notes, les raisons du Gouvernement et de lui demander d'essayer d'obtenir, dans une considration objective et raliste de notre situation, les redressements, que les circonstances pouvaient suggrer. C'et t, mon avis, d'un sens politique plus averti, car on eut ainsi montr que, lorsqu'il s'agit de libration nationale, nous tirons dans les mmes brancards, que nous nous fortifions les uns les autres, que les uns ne vont pas hue quand les autres vont dia, et que, sur ce point, si nous pouvons avoir des dissentiments ce qui est chose normale, ils ne sont que passagers et que nous nous proccupons plutt de toujours combiner nos efforts pour unir notre action dans la poursuite des buts qui nous sont communs.
D'une manire gnrale, c'est une grave erreur de vouloir constamment tablir, sur le dos du Gouvernement, une sorte d'chelle de potriotisme et de se livrer contre lui des logomachies insouponnes pour occuper les degrs suprieurs....
A la suite du rejet du Trait du 3 Septembre 1932, par un vote tranchant qui signifiait qu'il n'y avait qu' attendre l'expiration du Trait de 1915, dclar pourtant inexistant depuis 1926, mon Gouvernement ne crut pas qu'il convnt son sens de ses responsabilits, ni qu'il pt, en aucune faon, tre profitable au pays, d'attendre tranquillement l'an de grce 1936 et de ne rien faire jusque l. Ceux qui pensent ainsi ou qui le disent seraient les premiers nous reprocher demain notre nationalisme statique au cas o les vnements ne rpondraient pas leurs prvisions.
Cette solution, non d'nergie morale, mais d'imprvoyante et dangereuse paresse, qui conciderait avec le dchanement trop
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probable des comptitions et des rivalits de la lutte lectorale de 1936 n'offrait au pays aucune perspective rassurante. Il n'tait pas possible de ne rien faire jusque l.
Il fallut donc renouer les ngociations et les poursuivre, d'un effort encore plus laborieux, pour essayer de concilier des prtentions contradictoires et des vues d'une extrme divergence. A travers toutes sortes de pripties et de difficults parfois insurmontables, ces nouvelles ngociations aboutirent finalement l'Accord du 7 Aot 1933.
Sachant ce qu'il avait propos et contre-propos avec une infatigable constance, combien il l'a soutenu pour le faire valoir et comment certaines de ses propositions et contre-propositions se sont heurtes des objections irrductibles, mon Gouvernement est sans cloute, en attendant l'impartial jugement de demain, le premier juge et le meilleur apprciateur des rsultats obtenus et qui ralisent la libration du territoire national, en amnageant les garanties financires stipules dans le Protocole de 1919 et le Contrat d'Emprunt de 1922.
Alors, Messieurs, ce n'est donc rien, que d'avoir obtenu, par cet Accord :
L'Hatianisation complte de la Garde et la dsoccupation du territoire au 1er Octobre 1934, sans condition,
Le Retrait, la mme date, de la Mission Scientifique Amricaine tablie par l'Accord du 5 Aot 1931,
L'Hatianisation complte du personnel de l'Administration des Contributions et de celui des Douanes de la Rpublique ds le 1er janvier 1934,
La reprise du contrle du Budget par le Gouvernement Hatien,
La libert pour le Gouvernement Hatien d'autoriser tout crdit quel qu'il soit, s'il y a des fonds non affects et disponibles,
L'admission de notre excellente loi du 4 Juillet 1932 comme loi organique de l'Administration financire hatienne,
La fermeture dfinitive de l'emprunt de 1922,
Le rglement par la justice hatienne, et non plus par des dcisions arbitraires, des contestations, propos de paiement de droits de douane et de taxes internes, entre les commerants et


l'administration douanire et entre l'administration des Contributions et les contribuables,
L'attnuation et la prcision des garanties stipules, jusqu'au remboursement de l'emprunt, par le Protocole de 1919 et le Contrat d'Emprunt de 1922,
La fin de l'Emprunt fixe au plus tard 1944 au lieu de 1952,
La possibilit de racheter l'emprunt de 1922 n'importe quel moment pour mettre fin ce qui reste du contrle financier,
La facult de rapprocher davantage, suivant les disponibilits du Trsor, l'chance de l'Emprunt prvue pour 1944.
Et enfin, le recours l'arbitrage en cas de controverse au sujet des clauses de l'Accord.
Que des gens, plus dtermins tourner le dos qu' faire front aux ralits d'une situation intrieure et internationale que mon Gouvernement n'a point cre et que nous n'avons pas le pouvoir magique de transformer par notre volont unilatrale, croient navement ou perfidement qu'il suffit de parler beaucoup, de soulever les passions et d'crire mme des sottises pour nier l'vidence des faits, c'est leur affaire.
Lorsque le Gouvernement des Etats-Unis nous oppose l'article VIII du Protocole du 3 Octobre 1919 et le Contrat d'Emprunt de 1922 dont les dispositions de l'article IX sont si catgoriques, s'il est permis de discuter, pour rduire, dans toute la mesure du possible et d'un commun accord, les pouvoirs exorbitants du ou des fonctionnaires qui seront appels contrler l'encaissement et l'allocation des revenus hypothqus, aprs l'expiration du Trait de 1915 et jusqu' ce que l'emprunt soit entirement pay, il est impossible de nier l'existence de ces documents publics, et il est galement impossible d'imposer notre puissant partenaire une interprtation que les textes contredisent. Voil la vrit.
La mauvaise foi politiqueil faut toujours compter avec cela affecte d'oublier que dans toutes ces ngociations, mon Gouvernement ne pouvait pas faire table rase des engagements formels pris par les Gouvernements de 1919 et 1922, que le Gouvernement amricain s'accrochait ces textes qui existaient, alors que, comime l'agneau de la fable, je n'tais mme pas n,et que sa position juridique s'en trouvait singulirement fortifie.
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D'aprs certaines personnes, j'aurais d me dresser devant le Gouvernement amricain et lui dire : Nous ne reconnaissons pas vos droits parce qu'ils manent de traits ou d'accords qui nous ont t imposs, et que, dans ces conditions, nous contestons la validit des titres qui en dcoulent.
D'abord, il faudrait prouver cela. Il faudrait qu'on pt trouver quelque protestation des membres ou de quelques membres des Gouvernements de l'poque tablissant cette contrainte. On pourrait alors essayer d'en tirer argument,argument, soit dit en passant, qu'il est bien difficile de faire admettre dans la pratique internationale. Mais, mme cet argument d'ordre acadmique nous a manqu. On a beaucoup parl, ces jours-ci, de l'Acte additionnel de 1917 qui a prolong la dure du Trait de 1915. Mon excellent ami Antoine Pierre-Paul a eu en faire tat dans l'tude si franche et si claire qu'il vient de consacrer l'Accord du 7 Aot 1933. Eh bien, j'tais Ministre de l'Intrieur au moment o cet acte a t prsent au Gouvernement. J'ai eu donner ma dmission pour n'avoir pas considrer une telle proposition. Je ne vous apporte pas, ce sujet, mon tmoignage personnel. L'incident est racont tout au long par le gnral Elie K. Kole. ancien chef de l'Occupation amricaine en Hati, dans sa dposition faite Washington le 10 Novembre 1921, devant le Comit d'Enqute Snatoriale sur les affaires d'Hati. Mais, ni en 1919, ni en 1922, il n'y a eu des dterminations de ce genre. Evidemment, cela ne suffirait pas pour contester srieusement la validit des instruments de 1919 et de 1922, mais, comme dit une petite chanson, a pourrait tout de mme faire quelque chose, c'est--dire qu'il y aurait peut-tre l quelque chose de nature faire au moins une certaine impression sur l'interlocuteur.
Alors?...
Messieurs, comme si l'on prvoyait que, dans nos efforts pour la liquidation du Trait de 1915 et l'amnagement de la libration nationale, les Hatiens ne se rendraient pas un compte exact des ralits qui les confrontent, on a eu soin de nous rappeler, maintes reprises, en ces derniers temps, que nous avions pris des engagements et qu'il y aurait pour nous quelques ennuis nous y soustraire dlibrment.
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Je crois que nous n'avons pas de meilleur ami aux Etats-Unis que l'honorable Snateur King. Dans son discours de Kenscoff, au cojmmencement de l'anne 1931, il n'avait pourtant pas hsit parce qu'il estimait qu'il nous devait la vrit, prcisment pour montrer la sincrit de son amiti- nous donner les avertissements ncessaires.
Les Traits, disait-il Kenscoff, sont supposs tre des engagements solennels entre les nations, et l o des obligations sont cres, elles engagent toutes les parties au Trait...
La Comjmission Forbes, de son ct, recommandait que l'intervention des Etats-Unis, dans les affaires hatiennes fut limite strictement celles pour lesquelles le concours des Etats-Unis est prvu, soit par Trait, soit par accords particuliers entre les deux Gouvernements.
Le Prsident Roosevelt lui-mme affirmait nagure, dans une de ses dclarations les plus remarques, que la politique trangre amricaine doit dfendre la sacro-saintet des Traits, parce que c'est la pierre angulaire des relations entre les peuples.
Et le nouveau Secrtaire d'Etat Cordell Hull, dans -une dclaration, des journalistes, disait, lui aussi, que pas plus que les Etats-Unis, aucune autre nation du monde ne peut manquer l'excution des Traits.
Alors, c'est dans ces conditions et entour de tels avertissements si concordants, que je devrais entreprendre de faire admettre par la grande Puissance amricaine que les droits qu'elle tient des traits et des Accords qu'elle a signs avec nous n'ont pas de valeur puisqu'elle les a arrachs notre faiblesse ?
Croyez-vous, vraiment, messieurs, qu'en allant dire simplement au Gouvernement des Etats-Unis d'Amrique: Nous contestons la validit de vos droits et de vos titres, parce qu'ils sont bass sur un trait que vous nous avez impos, nous nous placerions sur un terrain solide et surtout pratique ? Croyez-vous, vraiment, qu'il y aurait un Gouvernement amricaindmocrate ou rpublicainpour accepter des ngociations avec Hati bases sur des arguments d'un ordre si dlicat, dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils manqueraient singulirement de la prudence, de la circonspection et enfin de cette habilet, mme ordinaire, qu'on
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est en droit d'attendre d'un homme dont c'est le mtier de confronter les ralits et d'aller jusqu'au bout des moyens que la considration, la fois courageuse et dfrente de ces mmes ralits, peut lui inspirer pour se dgager de leur treinte?... Allons donc !
J'avoue, Messieurs, que, pay pour prendre garde aux fantmes des vaines idologies politiques qui, aux priodes lectorales et comme des marionnettes, font, aux Etats-Unis comme ailleurs, un petit tour et puis s'en vont,oui, je vous avoue que, baign comme je le suis dans le rel, plac par got autant que par devoir pour le connatre tel qu'il est, pour le regarder bien en face, pour ne pas sous-estimer, mais, au contraire, pour survaluer peut-tre les difficults que j'ai la lourde tche de surmonter et y conformer ma tactique, je vous avoue que je serais impardonnable, que je serais inexcusable de laisser surprendre mon exprience spciale par des mouvements vrais ou faux de sentiment ou d'motion. En tout cas, entre cette diplomatie romantique que l'on proposait et qui nous condamnerait barboter, pendant des annes, dans le maquis de discussions interminables et ngatives, et une politique de rsultats immdiats, je n'avais pas hsiter: j'ai choisi cette dernire.
Et le rendement pratique et tangible de cette politique se trouve dans les deux Accords du 5 Adt 1931 et du 7 Aot 1933 dont nous venons de vous numrer les ralisations. Il n'est pas jusqu' ce terrible Protocole de 1919 qui n'ait t assez srieusement entamn par ce dernier Accord, puisque nous avons pu soustraire les allocations qui nous intressent au contrle du reprsentant fiscal et assurer ainsi la libert de notre Budget. On a, cependant, trouv le moyen de faire dire ce sujet par un journaliste amricain complaisant que CONTROLEil s'agit de la proprit du terme en anglaissignifie seulement SURVEILLANCE, et que c'tait nous qui avions tout lch.
Jamais la mauvaise foi n'a t plus stupide...
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Aux dernires nouvelles, quelques groupements et personnages de New-York ont adress une lettre au Prsident Roosevelt pour
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demander que l'Accord soit amend en ce qui concerne le contrle financier pour la garantie des intrts et de l'amortissement de l'Emprunt.
Rien de nouveau. Nous avons toujours eu des amis aux Etats-Unis pour entreprendre ce genre de dmarches en notre faveur. Et nous leur sommes reconnaissants, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui, de tout ce qu'ils ont fait et de tout ce qu'ils feront pour la cause hatienne.
Mais, les adversaires du Gouvernement triomphent. Et ils triomphent parce qu'ils pensentquels pauvres gens tout de mme !que l'initiative de leurs amis de New-York nous sera dsagrable. Comme si nous tions les auteurs du Protocole de 1919 et du Contrat d'Emprunt qui ont spcifi le contrle Comme si la reprise complte de notre administration financire ne pouvait pas nous rjouir comme tout le monde! Comme si ce n'tait pas cela que nous avions toujours demand Et comme si enfin ce n'tait pas cela que nous avons toujours poursuivi et que nous continuerons poursuivre aujourd'hui comme hier, et jusqu' ce que nous ayons atteint le but.
Il est souhaiter seulement que ces nouveaux amis de New-York, qui ont ostensiblement agi, plus de deux longs mois aprs l'Accord, sur des sollicitations intresses venues de quelques politiciens de Port-au-Prince, il est souhaiter qu'ils ne jugent pas des choses de notre pays avec leur seule mentalit d'Amricains levs dans la libert et voluant dans la vrit qu'elle comporte. Une certaine intelligence de notre milieu politique leur serait ncessaire pour qu'ils puissent, cette heure surtout, orienter leur noble action avec toute la sret voulue et viter des erreurs dont ils seraient les premiers souffrir moralement.
Il y a ici l'exprience King, l'honfme admirable, l'ami sincre qui, nous ayant apport un jour des conseils de vrit et de sagesse, s'est vu tout simplement rejet par des leaders qui ne le lui ont jamais pardonn...
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Puisque nous sommes sur le chapitre de nos affaires internationales, c'est le moment de vous annoncer que, le 18 de ce mois,
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j'aurai l'honneur de rencontrer sur le territoire hatien, Son Excellence le Gnral Raphal Trujillo Molina, Prsident de la Rpublique Dominicaine. Il y a lieu d'augurer, pour l'avenir des relations des deux pays, les meilleurs rsultats de cette entrevue amicale, tant donn les excellentes dispositions qui animent actuellement les deux Gouvernements et les deux peuples. Entre autres questions qui seront envisages dans les conversations de Ouanaminthe, il y aura, naturellement, en premire ligne, la question des frontires. Au point de vue historique et juridique, la discussion peut tre considre comme puise et close par le Trait du 21 Janvier 1929. L'esprit de ce Trait est parfait. Il s'inspire, en effet, de la ncessit, enfin reconnue par deux Gouvernements amis, de dterminer d'un commun accord la frontire Hatiano-Dominicaine et de donner ainsi aux deux peuples voisins et lis par une commune destine, un gage de paix et de bonne entente. Mais son excution a rvl les erreurs, les ambiguts, les lacunes que le texte contient et qui tiennent, tantt la mconnaissance des lieux, tantt aux changements des noms des localits ou leur inexacte dsignation, tantt encore la fausse indication de leurs positions. De telle sorte que le Trait de 1929 apparat et c'est l, pensons-nous, son principal dfaut, comme un procs-verbal d'arpentage dress avant l'opration d'arpentage.
Evidemment, le mal n'est pas irrparable. Les deux Gouvernements, bien disposs l'un envers l'autre, et ayant chacun la ferme volont d'adopter la seule solution qui puisse tre dfinitive, c'est--dire une solution de bon sens, la fois quitable et pratique, n'auront qu' convenir des redressements reconnus ncessaires. Il s'agit, d'ailleurs, d'erreurs matrielles, pouvant tre rectifies l'aide mme des tudes et des plans qui ont t dj excuts.
Et l'on procderait alors une rvision partielle des textes dfectueux du Trait, de manire conformer l'ensemble de cet instrument diplomatique son vritable esprit de concorde et de bon voisinage.
En s'abordant avec cette volont de large et sincre coopration, les deux Chancelleries amies ne peuvent qu'aboutir, j'en ai


le ferme espoir, un rglement sincrement souhait par les hommes les plus qualifis des deux cts de la frontire.
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J'ai ouvert devant vous, Messieurs, le dossier de la libration nationale, non pas, certes, pour plaider une cause que je crois dj gag-ne. mais, surtout, pour que, entirement et exactement informs, vous puissiez vous cuirasser davantage contre les entreprises de mensonges et de calomnies qui empoisonnent la vie publique de ce pays.
Considrez donc une fois d'o nous sommes partis la fin de 1930 et voyez o nous sommes arrivs l'heure o je vous parle.
Nous sommes partis de rien. Et aujourd'hui, en moins de trois ans de Gouvernement, et malgr vents et mares, nous avons tout repris de l'Administration amricaine, oui, tout, except ce qui reste d'un contrle financier qu'il n'a pas dpendu de nos efforts et de notre tnacit de ne pas reprendre entirement, et que nous aurions galement repris, comme nos autres services, si l'on n'avait pas commis l'erreur ou la folie d'engager le pays l'avance pour de longues annes.
C'est surtout la situation conomique qui doit maintenant nous proccuper. Organiser et augmenter la production, s'arranger pour que, au cours des trois annes qui vont venir, on se livre des occupations srieuses, substituer un climat de travail la dangereuse atmosphre de parasitisme qui nous touffe l'heure actuelle, voil la garantie relle que nous voulons donner notre libration, celle qui devra assurer effectivement la paix publique et la stabilit gouvernementale lorsque nous n'aurons compter que sur des facteurs hatiens de scurit.
C'est le nouvel et grand effort auquel nous allons nous atteler avec la mme nergie et la mme foi dans les destines de notre pays, pour que notre gouvernement reste, aux yeux de la nation tout entire et jusqu'au terme constitutionnel de mon mandat, un Gouvernement de vrit et de ralit...
(Extrait de Hati Journal Edition du 16 Octobre 1933)
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