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HIDE
 Front Cover
 Half Title
 Title Page
 Avertissement
 Premiere partie
 Deuxieme partie
 Troisieme partie
 Conclusion
 Table of Contents
 Back Cover














Group Title: Bibliothèque scolaire haïtienne
Title: L'écolier haïtien
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00094305/00001
 Material Information
Title: L' écolier haïtien livre de lectures historiques, géographiques et scientifiques, destiné aux écoles d'Haïti
Series Title: Bibliothèque scolaire haïtienne
Physical Description: 62 p. : ; 20 cm.
Language: French
Creator: Bellegard, Dantès, 1877-1966
Publisher: Ad. Wesmael-Charlier, impr.
Place of Publication: Namur Belgique
Namur Belgique
Publication Date: 1911
Copyright Date: 1911
 Subjects
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Notes
Statement of Responsibility: Par Dantés Bellegarde et Sténio Vincent.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00094305
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 21209468

Table of Contents
    Front Cover
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    Half Title
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    Deuxieme partie
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    Troisieme partie
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    Back Cover
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Full Text
Bibliothque scolaire Hatienne
DUTES BELLEGARDE ci STXIO VLWEST
L'COLIER
HATIEN
Livre de lectures historiques, gographiques et scientifiques
DESTINE A"[JX ECOLES T~ HATI
AilWksmai:i: []Iaiujeh
L'EXPORTATION BELGE &
Moniteur des Exportateurs belges et des Importateurs trangers Institution destine a favoriser l'expansion du commerce national DITEURS
Al). VCSJI.rKI.-lfllABI.lEB, I.Mrfllppl'H, N.S5IUE (BELGIQUE)




L'COLIER HATIEN




Bibliothque scolaire Hatienne
DAMS ItELLEGARDE et STMO VINCENT
L'COLIER HATIEN
Livre de lectures historiques,
gographiques et scientifiques
DESTIMtA.UX COLES D'HATI
cumj FLDQET
MmJl \\\ \ v w

\ DITIONS*' CLASSIQUES ArWesmael-CHarlieh
L'EXPORTATION BELGE
Moniteur des Exportateurs belges et des Importateurs trangers Institution destine favoriser l'expansion du commerce national DITEURS
1911
AD. WESMAEL-CHAELIER, IMPRIMEUR, NAMUR (BELGIQUE)


IATIN AMERICA
PROPRIT. TOUS DROITS RSERVS.


AVERTISSEMENT.
Il y a en usage dans nos coles d'excellents livres de lecture. Dans aucun il n'est question d'Hati. Faits par des matres franais, ils s'adressent aux enfants de France, qui ils vantent les beauts et les gloires de leur pays.
Nos petits coliers apprennent ainsi, ds qu'ils commencent lire, prononcer avec respect et amour le doux nom de la France, l'admirer dans son histoire et dans la vie de ses grands hommes, et ignorent tout de leur propre patrie. C'est l une anomalie, que ce modeste livre fera cesser, nous l'esprons.
Nous avons choisi et dispos les leons de
manire familiariser de bonne heure les enfants
de nos coles avec les choses hatiennes. La premire
partie se compose de courts, et trs simples rcits
d'histoire nationale. Ll#''detfxime partie est con-. v.*1 ' #
sacre la description ^defe richesses et des
beauts du pays. l)a^ns':-'.^tl?::troisime partie, nous


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avons essay d'initier nos coliers aux magnifiques dcouvertes qui ont si profondment renouvel la vie dans les socits contemporaines, et dont Hati n'a pas encore tir tout le parti dsirable. Toutes les fois que cela a t possible, nous avons emprunt aux crivains nationaux le texte de ces lectures ; trouvant l encore une occasion de faire connatre la jeunesse scolaire ceux qui, par leur talent, honorent la patrie commune.
Nous voudrions que le matre ne se contentt pas de faire servir ces leons * un simple exercice de lecture, qu'il en ft de plus le sujet d'entretiens instructifs et familiers de grammaire, d'histoire, de gographie et de science. Si ce petit livre tait tudi clans cet esprit, nous avons la prsomption de croire qu'il rendrait des services aux enfants des coles d'Hati : nous avons le droit de compter, pour atteindre ce rsultat, sur la collaboration de nos matres, dont la parole peut seule donner la vie ces humbles pages.


L'COLIER HATIEN.
PREMIRE PARTIE.
1. Hati.
Hati est une le de l'Amrique. Elle est divise en de^x parties : l'ouest, se trouve la rpublique d'Hati ; l'est, la rpublique Dominicaine. C'est l'un des plus beaux pays du monde. On y rencontre de jolies rivires arrosant des plaines fertiles. De hautes montagnes la traversent d'un bout l'autre. Le ciel est toujours bleu.
2. Ma patrie.
Ma patrie, c'est le lieu o je suis n, o sont ns galement mes bons parents.
Je suis n dans la Rpublique d'Hati. Je suis donc Hatien, et Hati est ma patrie.
Mon matre m'a dit ce matin : Jean, tu


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dois aimer ta patrie comme tu aimes ton pre et ta mre. Si tu travailles bien pendant que tu es enfant, tu lui seras utile quand tu seras devenu homme.
3. Le drapeau.
Voici un rgiment qui passe. Au-dessus des ttes flotte un drapeau rouge et bleu. Ce drapeau reprsente la Patrie hatienne. Autour de lui semblent voltiger les plus beaux souvenirs de l'histoire nationale.
" Saluez avec respect, jeunes amis, le petit drapeau bleu et rouge, en qui s'incarne l'honneur du rgiment et o vient se poser, aux heures du danger, l'me de la Patrie.
4. Les Hatiens.
Les Hatiens ^appartiennent au mme pays. Ils doivent s'aimer comme des frres. Le Port-au-Princien, le Capois, le Jacmlien, le Jrmien, sont Hatiens au mme titre que les habitants de Saint-Marc, de Gonaves, de Logane, de Vallire, de Plaisance. Ils doivent tous unir


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Auteur hatien dos livres scolaires des coles d'Hati.
L'Ecolier Hatien.
leurs curs autour de la douce image de la patrie, afin que, par leur accord, Hati soit heureuse et respecte.
5. La Patrie hatienne.
Hati est notre patrie, parce que son sol, pendant des sicles, a t fcond par la sueur, les larmes et le san"1 de nos anctres.
Hati est notre patrie, parce que les Hatiens, noirs et jaunes, ont tous la mme origine et qu'ils sont lie^ les uns aux autres comme les membres d'une grande famille.
Hati est notre patrie, parce qu'elle a vu natre nos parents, comme elle nous a vus natre et verra natre les enfants de nos enfants.
Hati est encore notre patrie, parce que chaque Hatien garde dans son cur un dpt de souvenirs commuas, souvenirs d&jMstesse, de joie ou d'enthousiasme. w. Bellegabde \


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6. Les premiers habitants d'Hati.
Il y a quatre cents ans, Hati n'tait pas connue des autres pays. Un peuple sauvage l'habitait. C'taient les Indiens. Ils taient de murs douces et hospitalires. Ils aimaient les jeux et la danse. Leurs chefs s'appelaient caciques. Le plus connu de ces chefs est la reine Anacoana, dont le nom, dans la langue indienne, signifie fleur d'or. Les historiens disent qu'elle tait trs belle et qu'elle savait composer de fort jolies chansons.
7. La conqute espagnole.
C'est un grand navigateur gnois qui ft connatre Hati. II se nommait Christophe Colomb. Aprs un long voyage, il dcouvrit notre le, le 6 dcembre 1492. Le premier port qu'il toucha est le Mle Saint-Nicolas, dans le dpartement du Nord-Ouest.
Les compagnons de Colomb taient des Espagnols. Ils devinrent les matres de l'le. Comme ils taient trs cupides, ils soumirent les Indiens aux travaux les plus durs. Les Indiens se rvol-


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trent : ils succombrent dans la lutte et furent massacrs. Pour les remplacer, les Espagnols tirent venir dans l'le des ngres africains, qu'on allait arracher de force de leur pays.
8. Les Franais.
Les Espagnols restrent, durant 138 ans, paisibles possesseurs de l'le. Mais des Franais, venus des les voisines, s'emparrent de La Tortue, puis s'tablirent dans la partie occidentale d'Hati, qu'ils appellrent Saint-Domingue.
Les nouveaux occupants ne furent pas plus humains que les Espagnols envers leurs malheureux esclaves. Ils les maltraitaient et les assujettissaient des travaux pnibles. Les noirs mouraient en grand nombre : chaque anne il fallait en faire venir de nouveaux pour remplacer ceux que la maladie et la fatigue avaient puiss. C'est ce commerce honteux qu'on a nomm la traite des ngres.


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9. Rvoltes d'esclaves.
Plusieurs fois les esclaves se rvoltrent. Ils furent vaincus. Noirs et multres s'unirent enfin et forcrent les Franais leur donner la libert. Ils combattirent ensuite pour l'indpendance et l'obtinrent. L'indpendance d'Hati fut proclame solennellement, le 1er janvier 1804, sur la Place d'Armes de la ville de Oonaves, chef-lieu du dpartement de l'Artibonite.
Un pays est indpendant lorsqu'il n'est soumis aucun autre tat. Hati a conquis son indpendance : elle fait elle-mme ses lois ; elle est gouverne et administre par les Hatiens.
10. Nos hros.
La lutte pour la libert et l'indpendance fut illustre par de nombreux combats. Les plus clbres sont ceux de la Crte--Pierrot, des Trois-Rivires, de Garatas, de Vertires. Dans toutes ces rencontres nos Pres se montrrent braves et rsolus. Notre admiration pour eux doit tre sans bornes et notre reconnaissance


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infinie. Ils versrent courageusement leur sang pour nous donner une patrie. Ils ont crit les pages les plus glorieuses de notre histoire.
Honorons les noms d'Og et de Chavannes, de Toussaint-Louverture, de Dessalines, de Ption, de Christophe, de Capois, de Geffrard.
11. Og et Chavannes.
Vincent Og et Jean-Baptiste Chavannes taient des hommes de couleur. Ils rclamrent pour leurs congnres les droits dont jouissaient les Blancs. Leurs plaintes restrent vaines. Ils prirent les armes. Mais leurs compagnons taient peu nombreux et mal arms : ils ne purent tenir longtemps devant les troupes qu'on envoya pour les combattre.
Faits prisonniers, Og et Chavannes furent condamns tre rous vifs. C'tait l un supplice affreux : ils le subirent avec un courage admirable. Leurs deux ttes tranches furent exposes sur la principale place publique du Cap.
Les Hatiens garderont pieusement dans leur cur le souvenir de ces martyrs de la libert.


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12. Toussaint-Louverture.
Toussaint-Louverture naquit sur l'habitation Brda au Haut du Cap. Il tait, prtendent les historiens, fils d'un prince africain nomm Giaou-Guinou. Esclave comme les autres noirs, il se fit distinguer de son matre, M. Bayon de Libertat, par son intelligence vive.
Toussaint apprit lire , l'ge de cinquante-deux ans. 11 tait trs populaire parmi ses compagnons, parce qu'il connaisfeit les vertus mdicinales des plantes d'Hati. Grce ses talents militaires et aux services rendus la colonie, il fut nomm gouverneur gnral de Saint-Domingue. Il se rvla dans ces hautes fonctions un administrateur remarquable. On l'accusa de vouloir se rendre indpendant de la France. C'est pourquoi une arme franaise fut envoye dans l'le, avec mission d'abattre la puissance de Toussaint et tle replonger dans la servitude les ngres libres.
Aprs des combats o les anciens esclaves se signalrent par leur vaillance, Toussaint-Louverture lut tratreusement fait prisonnier par le gnral


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franais Brunei Transport en France, il alla mourir dans les froids cachots du fort de Joux.
13. Dessalines.
Comme Toussaint-Louverture, Dessalines naquit dans l'esclavage. Il s'enrla tout jeune dans les bandes d'esclaves rvolts et y acquit vite une grande rputation de bravoure. A la dportation de Toussaint, il fut reconnu par tous comme tant le plus apte succder l'illustre Noir.
Quand clata la guerre de l'indpendance, Dessalines fut mis la tte des noirs et des multres unis. Second par Christophe, Ption, Capois, Geffrard, Clerveaux, il eut la gloire de chasser les Franais de l'le. C'est lui et ses braves lieutenants qu'Hati doit son indpendance, si chrement et si vaillamment conquise.
Dessalines devint empereur sous le nom de Jacques Ier. Il fut tu au Pont-Rouge, aux portes de Port-au-Prince, le 17 octobre 1806. Il tait ff de 48 ans.


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14. Grandeur d'me de Ption.
Alexandre Ption tait connu pour sa grande bont. Devenu prsident de la Rpublique, il accueillait avec cordialit tous ceux qui avaient lui parler, les puissants comme les humbles. D'une bravoure calme dans les combats, il tait gnreux aprs la victoire. On aime citer de lui le beau trait suivant :
Au cours des rvoltes qui prcdrent la guerre de l'indpendance, PtioiT, tout jeune encore, eut l'occasion de rvler sa grandeur d'me. Au combat de Nernier qui eut lieu, en 1791, prs de Mirebalais, entre les affranchis et les blancs, il sauva la vie un officier du rgiment de Normandie qui allait tre massacr. Se prcipitant au-devant des baonnettes et des sabres dirigs contre la poitrine du prisonnier, il cria : Grce au vaincu Cette courageuse attitude eut raison de la fureur des soldats, enivrs par l'odeur de la poudre et excits par la haine.


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15. Un bel acte de dvouement.
Aprs la mort de Dessalines, il y eut une guerre malheureuse entre Christophe et Ption. L'arme de Ption et celle de Christophe se rencontrrent Sibert, dans les environs de Port-au-Prince. Le combat fut terrible. Mais les troupes de l'Ouest, moins nombreuses, furent dfaites.
Ption dut s'enfuir. Mont sur un mauvais cheval, il tait accompagn d'un seul aide-de-camp, l'officTer Coustilien Contard. Comme il portait un magnifique chapeau plumes, les dragons de Christophe, reconnaissant en lui le gnral en chef, se mirent sa poursuite. Il allait tre pins. Contard, voyant Ption en si grand danger, lui retira vivement son chapeau, et s'engagea dans un autre chemin. Tromps par ce stratagme, les dragons se lancrent la poursuite du courageux officier, l'atteignirent et le sabrrent.
Grce au dvouement admirable de Coustilien Contard, Ption put rentrer sain et sauf Port-au-Prince.
L'colier Hatien.
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16. Capois-la-Mort.
Capois est l'un des chefs les plus illustres de notre histoire. Il tait si brave et son mpris du danger tait tel qu'on l'avait surnomm Capois-la-Mort. Son plus beau fait d'armes est la prise de Vertires, fort situ quelque distance du Cap-Hatien.
Le gnral franais Rochambeau occupait ce fort quand Capois vint l'attaquer la tte de ses troupes. ^
Trois fois, le gnral noir est repouss. Trois fois, il reconduit ses rgiments l'assaut. Les boulets et les balles pleuvent. Toujours intrpide, il s'avance. Au plus fort de la bataille, un boulet passe et tue sous lui son cheval. On le croit mort. Mais le voil qui se relve. Se dressant de toute sa hauteur, il crie : En avant En avant
Un roulement de tambour se fait entendre dans le fort. Qu'y a-t-il donc? Ce sont les Franais qui, merveills d'un tel courage, applaudissent Capois-la-Mort !
Un moment aprs, un officier arrive et, au


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nom de Rochambeau, prsente des flicitations au gnral noir qui vient de se couvrir de tant de gloire.
17. La lecture de l'histoire d'Hati.
Prs de la maison de Jean habitait un vieillard que tout le monde, dans le village, appelait l'oncle Jacob. C'tait un vieux soldat qui, ayant parcouru tout le pays et vu beaucoup de choses, se plaisait raconter ses souvenirs. Il vivait seul dans sa maisonnette.
L'oncle Jacob avait beaucoup d'affection pour le petit Jean, et tous les jours, assis au pas de sa porte, il prenait l'enfant sur ses genoux et lui racontait les plus jolies histoires.
Mais un jour, le vieillard ne parut pas. Jean regarda par la fentre ouverte et vit son vieil ami dans un coin, la figure toute triste. Il avait une ancienne blessure qui venait de se rouvrir et le faisait beaucoup souffrir. Alors le petit Jean eut une bonne pense.
Oncle Jacob, dit-il, vous m'avez souvent diverti en me contant de belles histoires. Voulez-vous qu' mon tour j'essaye de vous distraire un peu ?


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Et l'enfant alla chercher un volume d'histoire d'Hati et se mit lire d'une voix trs claire. Le vieillard prit un vif plaisir entendre le rcit des combats glorieux que livrrent nos Pres. Quand Jean eut achev sa lecture, il l'embrassa et lui dit : << C'est trs bien, mon enfant. Tu es bon et affectueux. Tu t'es priv du plaisir de jouer avec tes camarades pour venir distraire ton vieil ami. Tu as bon cur et tu deviendras un homme de bien .
D'aprs J.-M. Guyau 1. 1 crivain et philosophe franais (1854-1888).


DEUXIME PARTIE.
1. Hati est une merveille.
En dbarquant dans notre le, Christophe Colomb poussa un cri d'admiration : Quel beau pays Dans une lettre qu'il crivit aux souverains d'Espagne, il appela Hati une merveille. Tou? les trangers, venus depuis dans l'le, ont mis le mme jugement.
Il n'y a pas en effet dans le monde de pays plus beau que le ntre. Quel ciel admirable Quelle verdure Partout, de jolis paysages ou des sites grandioses se droulent devant nos yeux blouis. Un printemps ternel rgne en nos rgions. Nous ne connaissons pas les froids hivers des pays de glace. Quand la chaleur est trop forte dans nos villes, de riantes campagnes nous invitent aller nous reposer l'ombre de leurs grands arbres. Mme au plus fort de l't, la chaleur n'est pas excessive comme en certains pays o les cas d'insolation


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Ecrivain et diplomate hatien, n en 1859 aux Cayes.
sont frquents. Notre atmosphre est constamment renouvele et rafrachie par une brise dlicieuse et parfume, qui, le matin, souffle de la terre vers la mer, le soir, de la mer vers la terre, comme si une main invisible agitait dans l'air lumineux et lger quelque immense ventail.
2. Les fleurs d'Hati.
.Du 1er janvier au 31 dcembre, la bonne terre d'Hati offre en contemplation le chatoiement de ses fleurs. Le flamboyant tale surle rivage et sur la crte des monts ses bouquets de fleurs rouges, tincelantes comme des feux de phare chargs de guider d'invisibles voyageurs. L'amarante crte-de-coq empourpre les enclos de son rouge velout, tandis que sur de sveltes tiges se balance l'or du soleil ou hlianthe tournesol. Le bgonia, le fuchsia, le lilas, le laurier-rose et blanc, la reine-marguerite, l'illet, la violette, le souci, le datura, la tulipe, le glaeul, le canna, le lis safran, la tubreuse, les rosiers bigarrent
les paysages. Jacques Lger i.


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3. Les fleurs d'Hati (suite).
Autour de la plus humble case de paysan, de suaves parfums, comme venant du sol, embaument l'air tide. Le jasmin grimpant, le chvrefeuille, la verveine, s'garent dans les buissons et prodiguent leurs senteurs tous. En certains endroits, on foule de vrais tapis odorants de baume sauvage et de menthe. Le volubilis festonne les arbres, enguirlande les haies qu'enjolive parfois le rose tendre des 'gracieuses grappes de fleurs de la belle-mexicaine. Les orchides accrochent leurs fleurs aux troncs noueux, aux branches qu'au matin la rose diamante. Comme pour dissimuler les marcages, le nnuphar, le nelombo, tendent parfois sur leurs eaux stagnantes leurs larges feuilles et leurs fleurs jaunes ou blanches.
Toujours en fte, la nature s'orne aussi le soir; Au coucher du soleil, quand la brise, comme un grand ventail, caresse tout de son souffle rafrachissant, la belle-de-nuit, le jasmin de nuit, etc. laissent panouir leurs fleurs afin d'embellir le sommeil de la bonne vieille mre.
Jacques Lgee.


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4. Les richesses d'Hati.
Vous connaissez l'imcomparable fertilit du sol hatien qui devient productif d'aliments, sans grands frais de labour, et sans exiger de l'homme le travail patient et dur, que le laboureur est forc d'excuter sous d'autres climats. Ce sol, de plus, recle en ses profondeurs des gisements miniers, mtaux, mtallodes, pierres prcieuses, etc., qu'il est possible d'en extraire et qui deviendront, au jour de leur exploitation, une source de richesse pour l'exploitant comme pour l'tat.
Joignez cela la varit des produits agricoles, des arbres fruitiers dont quelques-uns, en leur haute stature, dploient majestueusement leurs branches charges de fruits savoureux ; l'absence d'animaux froces, dangereux et nuisibles, si abondants en d'autres pays ; la douceur d'un climat qui permet, la lettre, la vie la belle toile ; des sources et des rivires dont l'eau, par sa limpidit et sa puret, loigne toute ide de comparaison; un air sain, salubre, peu propice aux maladies pidmiques, la propagation des germes infectieux ; un printemps plein d'agrment


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1 crivain et jurisconsulte hatien, n Port-au-Prince en 1857. L'Ecolier Hatien. 4
alternant avec un t toujours vert, rafrachi de lgres brises bienfaisantes, et vous aurez peu prs le compte des avantages que votre pays vous offre.
Ne laissez pas dire, en votre prsence, que votre pays n'est pas bon. Quand vous entendrez mettre cette injuste apprciation, protestez fortement, et faites ressortir que le pays ne se refuse pas ses habitants, qui n'ont qu' le vouloir pour y vivre paisibles et heureux.
Justin Dvot
5. Les ctes d'Hati.
La nature, qui a fait le sol d'Hati si fertile et son sous-sol si riche, a pris un plaisir d'artiste dcouper ses rivages de fines et fantaisistes dentelures. Entre deux baies, larges et profondes, s'ouvrant comme des gueules immenses, elle a creus une infinit d'anses, de criques, de trous de pcheurs, o les embarcations, assaillies par la tempte, trouvent un abri sr. Les caps, se suivant peu de distance, s'avancent dans la


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1 Canot grossier form d'un tronc d'arbre creus
mer tantt comme de longues aiguilles, tantt comme d'normes mastodontes verts ....
Sur tout le littoral vit une population de hardis marins qui ne craignent pas, sur leurs fragiles boumbas 1 d'affronter vents et orages. Car c'est dans la mer, o ils rencontrent parfois la mort, que pour eux se trouve aussi la vie. C'est elle qui leur fournit les moyens de btir sur la terre ferme la case o s'abrite la famille et o ils viennent se reposer des longues journes de pche ou de louvoyage.
6. Les productions d'Hati.
Les principales espces vgtales dont Hati tire des moyens d'change international sont le cotonnier, le cacaoyer, le cafier, le campche, le bois jaune ou fustel, le gaac. Une culture pratique sur une grande chelle est, ct du caf, celle de la canne sucre, dont on fabrique le tafia, qui est la principale boisson alcoolique du pays, puis un rhum excellent, de la cassonade, du sucre turbin et mme raffin.


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1 Homme politique et crivain hatien, n au Cap-Hatien en 1851.
Les vivres sont en abondance et fournissent au peuple une nourriture facile, saine et substantielle. Il faut citer en premier lieu le fruit du bananier, les racines du manioc et de l'igname, le mas, le riz, la patate. Une grande quantit de lgumes aussi varis que succulents compltent les aliments du rgime vgtarien.
A. FlRMIN !.
7. Nos fruits.
C'est un samedi. De toutes les sections voisines, les paysannes sont venues apporter au march central les produits de leurs jardins. Je me suis arrt pour contempler ce spectacle pittoresque. Les acheteurs vont et viennent. On entend un murmure confus, fait de mille bruits divers et o clatent, de temps autre, des cris aigus. J'ai voulu moi-mme acheter quelques fruits et je suis entr dans foule.
Quels fruits prendrai-je ? Ils paraissent tous galement savoureux. Voici les mangues, les belles mangues mres, qui reposent dans leurs robes


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d'or sur des tapis de feuilles vertes Plus loin, ce sont des sapotilles, des figues-bananes, des abricots, des cironelles, des avocats, des goyaves, des camites, des mandarines, des cachiments, des corossols, des fraises, des raisins, des grenadines, des cerises.
Les marchandes m'appellent de tous les cts.
Prenez mes qunpes. Vous m'en direz des nouvelles.
Mes oranges n'ont pas de rivales. Elles sont trs sucres.
Ces pches sont exquises. Elles* viennent de Furcy et de Kenskoff.
videmment, je ne pouvais rpondre toutes ces sollicitations. J'ai donc pris des mangues, des qunpes et des raisins, et je suis parti.
8. Nos animaux.
La faune d'Hati est aussi prcieuse, aussi riche que sa flore. Les btes de boucherie, les btes de trait se rencontrent en o-rand nombre dans l'le. Le buf, la, chvre, le porc, le cheval, l'ne, le chien s'y sont acclimats sans effort.


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Le petit gibier foisonne dans le pays. Les espces ornithologiques y sont aussi nombreuses que remarquables. Les bois sont, par endroits et 'certaines poques de l'anne, littralement couverts de ramiers grands et petits, de tourterelles, de perdrix, d'ortolans, de sarcelles et de pintades, qui parsment les sentiers montagneux et se rencontrent mme dans la plaine. Les gallinacs de basse-cour, tels que le dindon, le coq, le pigeon, sont partout en abondance, et le climat dispense de toute recherche artificielle pour en augmenter Ja production.
La position de l'le, les profondeurs varies des mers qui l'entourent et les courants sous-marins, sur le passage desquels elle se trouve : tout indique combien sa faune marine doit tre riche en espces et la pche facile dans ses eaux territoriales.
A ct de ces animaux utiles, on ne rencontre, en Hati, aucun carnassier, aucun insecte vraiment dangereux, la piqre des araignes-crabes, des scorpions et des mille-pieds n'tant d'aucune gravit. Point de reptile au venin meurtrier, tels que le trigonocphale qui n'infeste, dans les Antilles, que la Martinique et Sainte-Lucie.
A. FlEMIN.


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9. Ouanga-ugresse.
Une ouanga-ngresse femelle bec fin et long, gorge verte avec reflets d'or passa, rapide, dans un long froufrou d'ailes, et s'en fut un norme flamboyant voisin pomper le suc des fleurs. Tantt elle voletait de ci de l, en poussant de petits cris aigus ; tantt elle se tenait dans l'air, les ailes vibrantes, le bec avide.
Une pierre tait mon fistibal l. Je tendis le bras, visai, et pan! la pauvrette tait terre, sans mouvement. Quand je la sentis chaude dans mes mains tremblantes et froides, il me sembla que j'allais dfaillir de bonheur.
Amilcar Duval z.
10. Le musicien.
Ce matin, entre deux pics, au rebord d'un platon notre joyeuse caravane s'est arrte
1 Petite fronde faite avec des fils de caoutchouc.
2 Littrateur Hatien, n Port-au-Prince en 1875.


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pour cueillir des fraises. Comme elles s'offrent gaiement aux passants, rouges entre les feuilles vertes, les fraises des bois qui tapissent le pied des sapins du morne La Selle Et butines ainsi au ras du sol, humides encore de la rose du matin, comme elles parfument les lvres gourmandes de leur fondante saveur!...
Nous laissons de ct, droite de la route, un champ de trfles sauvages, et, en face d'un chtaignier presque dessch par les ans, mettons de nouveau pied terre pour nous fleurir de violettes.
Tout coup', de la futaie voisine quatre notes claires, trilles, telles qu'on les dirait lances d'une flte invisible, clatent au-dessus de nos ttes. On s'arrte, on coute. De minute en minute, l'trange modulation, dont la premire partie est rpte l'unisson par une autre voix, se pose, s'lve, puis s'teint aussitt dans l'accord de deux notes gales. La phrase tonne comme une prire inacheve, une interrogation tendre qui implore et qui se plaint. On se chuchote demi-voix le nom du musicien, l'oiseau mystrieux que bien peu de gens peuvent se flatter d'avoir vu, et qui, ddaigneux des vains bruits d'en bas, ne fait


entendre que dans la solitude des cimes altires son invariable et tremblante* mlope.
Georges Sylvain 1.
11. Du haut de la citadelle Laferrire.
Nous voici fin pied de l'escalier qui conduit au sommet de la forteresse. L'herbe, qui est la souveraine absolue du domaine, en a envahi toutes les marches. On les grimpe pourtant sans trop d'effort. A mesure qu'on monte, mesure que la vue embrasse le prodigieux panorama, on sent un hymne d'enthousiasme, de dlire, de folie, s'lever de mme dans le cur, degr par degr. Au sommet, il clate. C'est une fanfare, un cri d'allgresse, un hosannah de victoire. Gloire Christophe, gloire l'incomparable artiste qui leva ce pome de pierre en l'honneur de son pays et pour sa dfense!...
L'le entire semble s'tager vos pieds, perte de vue. On ne la voit pas nettement : on la devine sous ces infinis de verdure et d'azur fondus dans l'atmosphre idalement bleue.
1 Littrateur et diplomate hatien, n Port-de-Paix.


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l Littrateur et homme politique hatien, n Port-au-Prince en 1850.
Domptant cette ivresse, le regard revient des contours plus prcis. Voici le Cap, le Limbe, l'Acul du Nord, le Dondon, Limonade, la Grande-Rivire, Ananaminthe, enfin Puerto-Plata et ses brouillards argents. Incomparable panorama! Les ocans, les rivires au cours sinueux, les hautes montagnes, les valles profondes, dans l'obscurit verte, s'harmonisent dans des nuances indfinissables. Sur ce pic presque inaccessible, il semble qu'on ait devant soi une vaste toile, immobile et vivante la fois : aucun bruit, aucun mouvement n'indique la vie qui palpite pourtant dans le moindre dtail de ce merveilleux tableau. Frdric Marcelin 1.
12. Dans la campagne.
Nous tions partis la recherche de quelque site grandiose ____
Les champs blondissaient au soleil matinal. Les oiseaux ppiaient dans les branches. Les campagnards avaient dj repris leurs outils. Ils sarclaient, bchaient, semaient, chantaient, riaient,


rompus la dure tche, rjouis la pense de la moisson future ....
Le soleil tait maintenant haut dans le ciel. L'air, immobile, tait chaud. Pas un souffle. Un silence pesant, rendu plus sensible par le cri strident des cigales, rgnait autour de nous.
Nous arrivmes dans des terres en friche, o il y avait une mauvaise herbe rose et rousse, des lataniers, des cotonniers rabougris, de rares fleurs de chardon d'un jaune de soufre, des os pars sur le sol, des os d'animaux tombs l, un jour, sous le coup a% l'inexorable Faucheuse.
Nous nous engagemes dans un chemin tortueux, bord d'acacias, droite et gauche. Tout coup, des arbres au feuillage vert et luisant se montrrent au loin, devant nous. Nous htmes le pas.
C'tait un site magnifique. Des bayahondes, des mapons, des chnes, des manguiers, des cami-tiers chargs de fruits, se dressaient dans une attitude de bravade et de force hroque. Leurs branches tordues s'entrelaaient, et leurs cimes confondues formaient une vote paisse qui laissait distinguer peine le soleil. Des lianes


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1 Pote hatien, n Port-au-Prince, en 18(0.
couraient le long de leurs corces brunes. A leur pied frisonnaient de frles arbustes, toiles de fleurs violettes, roses, mauves et rouges ....
Damocls Vieux '.
13. La femme hatienne.
La femme hatienne est rpute pour son attachement au devoir. pouse dvoue, mre incomparable, elle est prte tous les sacrifices pour assurer le bonheur de ceux qu'elle aime.
Marie, l'Hatienne renoncera d'elle-mme et sans regret aux plaisirs mondains, aux ftes, pour se consacrer son foyer. Elle est vraiment la compagne de l'homme dans la richesse comme dans la pauvret, dans la sant comme dans la maladie. Que le mal soit contagieux ou non, la femme hatienne ne confiera pas des mains mercenaires le mari ou l'enfant qui est atteint. Brave de cette insouciante vaillance spciale son sexe, elle se transformera en sur de charit et sera, au chevet de l'tre chri, le principal auxiliaire du mdecin. Rien ne la rebutera.


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Surviennent des revers de fortune, elle sera la premire soutenir le courage de son mari, prvenir ses dfaillances. Et les raffinements de son ducation ne l'empcheront pas, au besoin, de travailler de ses mains afin d'aider trouver le pain, afin surtout d'assurer l'instruction des
enfants. Jacques N. Lger.
14. La paysanne.
La paysanne hatienne est tout aussi dvoue que sa sur des villes. Cte ffte, elle bche la terre avec le compagnon de son choix. Tous deux ils arrosent de leur sueur les sillons que creusent leurs houes unies. Cte cte ils se rendent au march voisin pour essayer d'y couler les produits de leur labeur commun.
La femme ne recule pas devant le fardeau. Quand l'homme ne peut l'accompagner, elle trotte gaiement seule, le panier sur la tte, quelquefois l'enfant attach sur les hanches. Elle cause, chante mme en cheminant avec des voisines ou des amies.
Son costume est la simplicit mme : un ample caraco qu'une ceinture serre la taille.


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-
Comme couvre-chef, un mouchoir sur lequel est parfois pos le chapeau de paille aux larges rebords.
Les pnibles travaux n'empchent pas le divertissement. 'Au son du tambour ou du violon, la rude travailleuse se transforme. Elle redevient la femme au Jcorps souple et gracieux. Elle met toute son me la danse et s'amuse sans arrire-pense. Le rire entr'ouvre facilement ses lvres et permet d'admirer l'immacule blancheur de ses jolies dents. Elle est gaie et pleine d'entrain. Elle* excelle improviser. D'un rien, de la moindre circonstance, son esprit inventif fait jaillir ces allgres chansons qui donnent tant d'animation aux bals champtres.
Jacques N. Lger.




I
TROISIME PARTIE.
1. Nous ne sommes pas seuls dans le monde.
Les nations, pas plus que les hommes, ne peuvent vivra l'tat d'isolement. Il s'opre entre elles un change continuel de choses et d'ides, en mme temps que les voyages mettent en contact leurs nationaux respectifs.
Il y a des hommes que les ncessits de l'existence arrachent leur patrie d'origine pour les pousser vers une terre trangre o ils se fixent et travaillent, tout en gardant leur nationalit d'origine. Il en rsulte l'existence, dans un mme Etat, d'individus de nationalits diverses, vivant sous la sauvegarde des lois de cet tat.
Ainsi, en Hati, il y a des Franais, des Allemands, des Amricains, des Espagnols, des Cubains, des Anglais, des Dominicains, des Belges,


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des Hollandais, des Italiens, des Russes, qui y vivent et y exercent diverses professions. Les uns sont professeurs, les autres ingnieurs. Quelques-uns pratiquent des professions manuelles, des mtiers. Beaucoup font le commerce. Ils sont en notre pays depuis longtemps, et ils ont l'assurance d'y pouvoir rester indfiniment, une seule condition : c'est de respecter les lois et l'autorit publique du pays, de ne pas intervenir dans les affaires politiques qui ne regardent que les Hatiens, et de ne commettre aucun acte susceptible de troubler l'ordre pubMc.
Il se rencontre aussi, dans les tats trangers, des citoyens d'Hati qui y sont admis peu prs dans les mmes conditions que les trangers
le Sont chez nous. Justin Dvot.
2. Le commerce entre Hati et l'tranger.
Hati a besoin de certains articles, tels que vins, toffes, bijoux, etc. qu'elle ne produit pas. Mais, grce son climat, elle rcolte des denres telles que caf, coton, cacao, qui manquent beaucoup de pays trangers. Comme un particulier qui troqu un pain contre un morceau de


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viande, elle envoie ses produits l'tranger et reoit, en change, les objets dont elle a besoin.
L'change de marchandises entre peuples est rendu facile quand les voies de communication sont nombreuses et sres.
Avant l'tablissement des lignes de bateaux vapeur qui relient Hati aux Etats-Unis et l'Europe, certaines marchandises, cause des frais normes qu'il fallait faire pour leur transport par voiliers, taient d'un prix si lev que les gens riches seuls pouvaient les acqurir. Aujourd'hui, grce aux steamers rapides qui vont dans toutes les parties du monde porter aux populations les produits des pays les plus loigns, les prix des marchandises ont considrablement diminu, tout au profit des consommateurs.
Le caf, le coton, le cacao, le miel, les bois de construction d'Hati sont transports en quelques jours aux tats-Unis, en France, en Allemagne, en Angleterre; et, en quelques jours aussi, les produits de ces pays arrivent en Hati.
W. Bbllbgabdk.


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3. Le commerce et l'industrie.
Le commerce est l'change des produits fabriqus par l'industrie. Comme chacun ne peut pas courir de pars en pays, de ville en ville pour acheter toutes les choses dont il a besoin, il y a des gens, qu'on appelle des ngociants et des commerants, qui font toutes ces courses et tous ces voyages pour les autres. Les uns vont, d'un bout du monde l'autre, acheter, sur les lieux de production, des denres et des objets de toute nature. Ils en chargent des navires, des wagons ou des voitures, les apportent chez eux et en remplissent leurs magasins. Ce sont les ngociants en gros. C'est chez eux que d'autres personnes vont s'approvisionner pour revendre leur tour en petite quantit. On les appelle marchands au dtail. De cette faon, sans se dranger beaucoup, chacun peut se procurer, dans la ville o il demeure,, et mme dans sa rue, tout ce dont il a besoin pour se nourrir, se vtir, se meubler, etc.
Les moyens de transport et de communication,


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pour faciliter le commerce, sont : les routes, les cours d'eau navigables (fleuves, rivires, canaux), les chemins de fer, les postes et les tlgraphes, et la marine marchande.
On appelle industrie la transformation des matires premires en objets fabriqus. Ainsi les peaux- des animaux sont transformes en cuir dans les tanneries, et ce cuir est employ la confection d'une foule d'objets. Dans les scieries, on dbite les arbres en planches, et, avec les planches, le menuisier, le charpentier, l'bniste,, font *des meubles, des chafaudages et une foule d'objets en bois. Dans les fonderies, le minerai de fer est transform en fer, en fonte et en acier. Dans les filatures, la laine, le coton, la soie, le lin, prennent la forme de fils, et ces fils servent fabriquer les draps, les toffes et toutes sortes de tissus. Dans les usines gaz, on extrait du charbon de terre le gaz d'clairage. Dans les sucreries, la canne sucre et la betterave servent fabriquer un sucre jaune et grossier que Ton purifie et que l'on transforme en sucre blanc dans les raffineries.
Il y a beaucoup d'autres industries. Par son intelligence et son travail, l'homme transforme


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1 Cette lecture et les quatre autres qui suivent (nos 4, 6, 7 et 8), sont tires, avec quelques lgres modifications, de l'excellente Mthode de Lecture et de Langage, 3e livret, de M.L.Machuel (Armand. Colin,Paris).
toutes les matires de la nature pour augmenter son bien-tre1.
4. La poste.
Autrefois, lorsqu'il n'y avait ni chemins de fer, ni bateaux vapeur, il fallait beaucoup de temps pour qu'une lettre arrivt destination. Souvent, on tait oblig d'envoyer quelqu'un exprs pour porter une lettre, et cela cotait excessivement cher. Aujourd'hui, c'est bien plus simple. On renferme sa lettre dans une enveloppe. Sur cette enveloppe on crit le nom, la profession, le pays, la ville, la rue et le numro de la personne qui l'on crit. On colle sur cette enveloppe un timbre de deux centimes, si l'on crit dans son pays en : Hati, ou de cinq centimes or, si l'on crit l'tranger. On jette sa lettre dans une bote aux lettres, et l'on n'a plus s'occuper de rien.
Supposons une lettre de Port-au-Prince pour


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Paris. Les employs du bureau de poste de Port-au-Prince la mettent dans un sac, avec toutes les. correspondances destination de France. Ce sac est transport bord du navire vapeur qui fait le service entre Port-au-Prince et Le Havre. Lorsque la poste est bord, le paquebot lve l'ancre. A l'arrive au Havre, le sac est dbarqu et dpos dans le wagon-poste du train en partance pour Paris. A Paris, les facteurs dpouillent le courrier, rangent les correspondances par ordre, les emportent clans ^ie petites botes, et vont aussitt les distribuer aux destinataires. Et tout cela, pour quelques centimes! N'est-ce pas admirable?
5. Le tlgraphe.
Avec les bateaux vapeur et les chemins de fer, une lettre, partie de Port-au-Prince, peut arriver Paris en une quinzaine de jours. Cependant, si l'on a une nouvelle trs presse envoyer, on peut la faire parvenir en beaucoup moins de temps. En effet, le tlgraphe transmet les nouvelles d'un bout du monde l'autre en quelques secondes. C'est l'lectricit qui produit ce merveilleux effet.


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L'lectricit est une puissance de la nature, comme la chaleur, la lumire; c'est elle qui clate dans les nuages, lorsque le tonnerre gronde et que les clairs brillent. L'lectricit se transmet le long d'un fil de mtal avec une rapidit telle qu'elle arrive l'autre bout presque au moment o elle part.
Les villes d'Hati sont relies aux autres par des fils tlgraphiques supports au-dessus du sol par des poteaux.
Les continents sont mis en communication par des cbles sous-marins. L'un de ccjs cbles vient aboutir Port-au-Prince, ce qui nous permet de connatre, heure par heure, les vnements importants qui se produisent aux tats-Unis, en Europe, au Japon, en Chine, dans les pays les plus lointains.
On a aussi invent un appareil, le tlphone, qui s'aide de l'lectricit pour transmettre au loin, et avec la rapidit de l'clair, non plus les mots d'une dpche tlgraphique, mais la voix mme de l'homme. Avec le tlphone, une personne entend, Port-au-Prince, les mots et les phrases prononces par une autre personne, Jacmel par exemple.


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6. La tlgraphie sans fil.
Un navire est sur l'Ocan ; la nuit et la brume l'enveloppent ; la mer dmonte menace de le jeter la cte. O est-il? Il l'ignore. De quel ct doit-il se diriger? Aucun phare ne peut l'avertir; si puissants que soient ses feux, ils ne parviendraient pas percer le brouillard. Aucun signal sonore ne pourrait non plus dominer le fracas des vagues. Mais voici que d'un mystrieux appareil abrit dans la chambre de veille du commandant clate une tincelle, puis une autre*et une autre encore et que bientt, sur un mince ruban de papier, s'inscrivent des signes.
Le navire n'est plus isol ; il communique avec la terre ; il sait ce qu'il doit faire ; il ne risque plus d'aller s'ouvrir sur les rochers.
A quoi est d ce miracle? A la tlgraphie sans fil. La tlgraphie sans fil permet en effet de faire passer d'un point , un autre une dpche travers l'espace sans aucun lien direct de communication, sans fils supports par des poteaux, sans cbles plongs dans la mer, et rien ne se voit, rien ne s'entend, sauf au point o se trouvent les appareils. e. Toutky.


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7. Les chemins de fer.
Aujourd'hui, il faut plusieurs jours pour franchir par terre les lieues qui sparent Port-au-Prince du Cap-Hatien. Quand ces deux villes seront unies l'une l'autre par le chemin de fer, quelques heures suffiront pour faire ce trajet.
Pour viter les accidents, on construit les voies ferres aussi horizontales que possible, sans courbes trop brusques, sans pentes trop fortes. Dans ce but, on fait des ponts, des viaducs, des tranches, des remblais. La tranche creuse le sol ; le remblai, au contraire, l'exhausse ; l'un et l'autre ont pour but de maintenir la voie ferre au mme niveau. Au lieu de tourner une montagne, il arrive souvent que la voie ferre la traverse, au moyen de souterrains, qu'on appelle des tunnels.
Quand la voie est trace, construite et aplanie, il faut y poser des rails. Les rails sont d'paisses barres de fer ou d'acier fondu, de 5 (') mtres de longueur, poses bout bout sur deux rangs parallles. Sur le sol, on tend une


bonne couche de gravier, de sable et de cailloux ; on pose des traverses de bois sur cette couche qu'on appelle ballast, et on fixe les rails sur les travers au moyen de grosses vis et de crampons.
C'est sur ces rails que roulent les trains. Un train se compose d'un certain nombre de wagons traine's par une locomotive. La locomotive est une machine vapeur manuvre'e par un mcanicien et un chauffeur. Le chauffeur jette de la houille clans le foyer de la machine ; cette houille en brlant fait bouillir l'eau de la chaudire et la transforme en vapeur. Cette vapeur, qui a une force norme, fait glisser un piston clans un cylindre, et ce piston, par son mouvement de va-et-vient, fait tourner les roues de la locomotive.
8. La civilisation.
L'homme n'est arriv que peu peu perfectionner les arts et inventer toutes ces machines merveilleuses qui lui rendent de si grands services.
Il fut un temps o il ne savait pas construire de maisons, o il ignorait l'usage du fer. Il man-


geait les glands des forts, parce qu'il n'avait pas encore appris cultiver la terre. A cette poque trs recule, il vivait comme une bte sauvage. Il entretenait le feu jour et nuit, parce qu'il ne savait pas le retrouver. Il se couvrait de la peau des animaux et habitait la, nuit sur les arbres ou dans les cavernes.
L'homme, aujourd'hui, est devenu le matre du globe, par la force de son intelligence. Tous ses besoins sont satisfaits. Le maon lui construit des maisons solides et commodes ; le tisserand lui fabrique des toffes souples %t chaudes ; le tailleur lui fait des vtements commodes et lgants ; le boulanger assure sa nourriture : en un mot, tous travaillent lui procurer des satisfactions de toutes sortes.
Le cheval, dompt par lui, le transporte o il lui plat d'aller; le boeuf laboure ses champs et lui prpare de riches moissons. Avec de l'eau et du feu, il obtient, la vapeur, et, avec ce gaz lger et presque impalpable, il soulve sans peine les fardeaux les plus lourds ; il fait, sans fatigue, les travaux les plus pnibles ; il vole sur terre et sur mer, d'un bout de l'univers l'autre.
Il a mme dompt la foudre : au lieu de rem-


plir de terreur le coeur de l'homme," comme aux ges d'ignorance, elle transmet docilement sa pense et sa voix aux extrmits du monde, jfait mouvoir des tramways, actionne des automobiles, claire nos villes.
Jusqu'o n'ira pas le gnie de l'homme? L'avenir annonce des inventions plus merveilleuses encore. Voil que dj, sur ses souples aroplanes, l'homme vole dans l'air, imitant les mouvements capricieux de l'oiseau!
9. Le* bienfaiteurs de l'humanit.
Je voudrais pouvoir nommer ici tous les bienfaiteurs de l'humanit, c'est--dire tous ceux qui ont ajout quelque chose au bien-tre, aux connaissances, aux richesses matrielles ou morales de l'humanit.
Mais la liste en serait trop longue. Il faudrait nommer Gutenberg, l'inventeur de l'imprimerie, qui a chass de la terre l'ignorance ; Christophe Colomb, qui rvla l'existence du Nouveau-Monde ; Copernic, Galile, Kepler. Newton, qui nous ont fait connatre la constitution de l'univers, les mouvements de la terre et des astres.


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11 faudrait nommer Papin et Watt, Fulton et Stephenson, qui ont mis notre service la force de la vapeur pour actionner nos machines, nos bateaux, nos chemins de fer ; [Franklin et Davy, qui nous ont garantis de la foudre et du grisou ; Jenner, qui arrta, par la vaccine, les ravages de la terrible variole ; Dombasie, qui a perfectionn la charrue; Fresnel, qui nous a donn les phares ; Volta, l'inventeur de la pile lectrique ; Ampre et Arago, dont les travaux ont permis d'utiliser la force de l'lectricit ; Bell, Edison, Marconi, les inventeurs dif tlphone, du phonographe, de la tlgraphie sans fil; Lavoisier et Berthelot, les fondateurs de la chimie; Pasteur, l'homme si grand et si bon, qui a consacr sa vie l'tude des microbes ; le docteur Roux, qui a trouv le vaccin de l'affreuse maladie nomme croup .... Et que d'autres encore mriteraient d'tre cits parmi les bienfaiteurs du genre humain N'oublions pas non plus ces inventeurs inconnus qui l'humanit a d ses premiers progrs : l'art de faire le feu, de tisser les vtements, de construire des maisons, de fabriquer les premiers outils, les premiers instruments de chasse, de pche ....


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1 Pour la paix (Librairie gnrale de l'Enseignement).
Gloire tous ces bons ouvriers, illustres ou obscurs, qui, par leur labeur et par leurs peines, ont rendu la vie humaine plus douce, plus large
et plus belle D'aprs Laguerre el Carlier l.
10. A travers le monde.
Si vous rencontrez un Hatien dans un quartier de la ville de Kingston, votre cur bat un peu plus vite ; un secret plaisir vous avertit que cet homme est votre associ naturel, presque votre ami. Il est n Logane et vous Fort-Libert; il est pauvre, t vous riche ; n'importe. Il appartient comme vous la grande association du peuple hatien. Vous tes port invinciblement lui donner la prfrence sur les trangers qui vous entourent. Si un Jamacain faisait mine de le battre, vous prendriez fait et cause pour lui, vous vous armeriez mme au besoin pour dfendre son droit.
Je suppose maintenant qu'une affaire vous appelle dans la ville allemande de Knigsberg. Tout coup, au dtour d'une rue, un visage noir ou basan se prsente. Votre cur bat. C'est un


Jamacain. Il n'est pas bien ferr sur la langue franaise et vous-mme baragouinez fort mal l'anglais. Il est protestant, vous tes catholique ; son drapeau n'est pas de la mme couleur que le votre : qu'importe? Votre bourse est son service. N'est-ce pas un membre de la grande famille noire ?
Mais si, voyageant dans l'intrieur d'Hati, vous rencontrez sur votre route un Allemand ou un Chinois, souffrant et misrable, votre cur compatira ses souffrances, votre main se tendra vers lui; vous partagerez, avec lui. vos provisions ; vous lui ouvrirez, avec joie, votre bourse. Pourquoi? Parce qu'il est un membre de la grande association humaine.
Eh bien, rappelez-vous, en tout lieu, toute heure, que la terre est une le pivotante, o le froid, le chaud, le mauvais air, la faim, la soif, la maladie et cent forces invincibles s'acharnent nuit et jour la destruction de l'homme. Vous comprendrez alors que vous tes l'associ naturel de tous les tres vivants, sans distinction de couleur, de langue ou de patrie.
D'aprs Edmond About i.
crivain franais (1828-1887).


CONCLUSION.
Au petit colier d'Hati.
Petit colier hatien, on t'a parl, au cours de ce livre, des beauts et des richesses de ton pays. On t'a montr avec quel amour et quel enthousiasme tej compatriotes ont dcrit ses splendeurs. On t'a rappel les hroques exploits accomplis par ceux qui ont combattu pour te lguer cette patrie, et on t'a dit : Aime-la!
Oui, tu dois l'aimer. Aime-la sans paroles vaines, sans gestes inutiles. Est-ce que tu vas partout rptant que tu adores ta mre? Non, tu te contentes de la chrir dans ton cur, et cela vaut mieux que les plus belles phrases. Mais si elle souffre, si elle est malheureuse, tu seras prt aux sacrifices les plus grands, tu seras capable du labeur le plus pnible pour soulager sa souffrance et lui donner un peu de bonheur!


Ainsi tu aimeras ta patrie. N'imite pas ceux qui clament sans cesse leur patriotisme, mais ne font aucun effort pour rendre leur pays plus prospre et plus respect. Prpare-toi lui tre utile.
Tu lui seras utile, si, pendant que tu es enfant, tu coutes les conseils de propret et d'hygine que te donnent ceux qui ont le souci de ta sant ; si tu assouplis et fortifies ton corps, par des exercices afin qu'il soit toujours vigoureux et sain.
Tu lui seras utile, si tu prend* l'habitude du travail, dveloppes ton intelligence et suis les leons de tes matres.
Tu lui seras utile, si tu apprends ne jamais mentir, ne jamais flatter, tre toujours franc avec tes parents, avec tes camarades, avec tout le monde, afin qu'on ait confiance en toi. Tu verras plus tard combien un homme gagne inspirer confiance aux autres : ou ne confie un travail , un ouvrier que si l'on est sr qu'il l'excutera en conscience; le commerant sans moralit, sans probit, qui trompe les acheteurs sur la qualit de sa marchandise, qui trompe ses cranciers sur l'tat de ses affaires, se voit, quand ses men-


songes sont dcouverts, dlaiss par les uns et par les autres : il est condamn la ruine.
Rends-toi donc fort par le corps, fort par l'esprit, fort par le caractre. Ce sont les forts qui russissent dans la bataille de la vie et qui peuvent rendre leur patrie de rels services. Hati a bien besoin de tels hommes.
Ne crois pa^ que pour tre utile , ta patrie il te faudra tre fonctionnaire, dput, snateur, ministre, chef de l'tat. Non, tu pourras lui tre utile, quelque situation que tu occupes dans la socit.
Citoyens utiles, l'ouvrier qui fait loyalement sa tche ; le cultivateur qui, par des efforts intelligents et persvrants, tire de la terre tout ce qu'elle peut donner; le commerant actif et laborieux ; le professeur qui nous instruit; l'artiste qui nous charme ; le mdecin qui soulage et gurit nos maux physiques; l'avocat qui prend soin devant les tribunaux de nos intrts menacs; tous ceux qui produisent, tous ceux enfin


qui travaillent, tous ceux qui, cherchant s'enrichir par le travail honnte, enrichissent en mme temps la nation.
Si le sort cependant t'appelle la direction des affaires publiques, tu sauras que tes .compatriotes ne t'ont pas confi leurs destines pour que tu t'enrichisses leurs dpens, pour que tu les opprimes et les brutalises. Dans un pays rpublicain, les gouvernants ne sont pas les matres de la nation, mais 'ses serviteurs. Tu sauras obir la loi; respecter tes concitoyens dans leur vie, clans leur libert, clans leurs biens, dans leur dignit; travailler rendre ta patrie plus riche et plus attrayante pour les Hatiens comme pour les trangers.
*
Si tous les enfants qui peuplent les coles d'Hati grandissaient clans de tels sentiments, notre pays ne tarderait pas se transformer. Il pourrait profiter des merveilleuses inventions, des magnifiques dcouvertes dues aux bienfaiteurs de l'humanit. Nos villes seraient propres et belles comme celles de France, de Belgique, d'Angleterre,


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d'Allemagne. Des chemins de fer sillonneraient le territoire hatien dans tous les sens. Notre ag'ri-culture serait florissante, notre commerce actif. Des coles, tablies dans des btiments spacieux et confortables, seraient installes dans nos bourgs les plus reculs, et la misre dserterait nos foyers.
Petit colier d'aujourd'hui, c'est sur toi que la patrie compte pour faire l'oeuvre que tes ans n'ont pas accomplie !




TABLE DES MATIRES.
Pages.
Avertissement................... 5
Premire Partie.
1. Hati.................... 6
2. Ma Patrie ..................
3. Le drapeau.................. 8
4. Les Hatiens..................
. La patrie hatienne. (\V. Bellegarde).......... 9
6. Les premiers habitants d'Hati............ 10
7. La conqute espagnole..............
8. Les Franais.................. Il
9. Rvoltes d'esclaves*............... 12
10. Nos hros...................
11. Og et Chavannes................ 13
12. Toussaint-Louverture............... 14
13. Dessalines.................. 15
14. Grandeur d'me de Ption............. 10
15. Un bel acte de dvouement............. 17
10. Capois-la-Morl................. 18
17. La lecture de l'histoire d'Hati ........... 19
Deuxime Partie.
1. Hati est une merveille.............. 21
2. Les fleurs d'Hati. (Jacques N. Lger)......... 22
3. Les fleurs d'Hati [suite). (Jacques N. Lger)....... 23
4. Les richesses d'Hati. (Justin Dvot)......... 24
5. Les ctes d'Hati................ 23
0. Les productions d'Hati. (A. Firmin)........ ... 20
7. Nos fruits...................
8. Nos animaux. (A. Firmin)............. 28


62
9. Ouanga-ngresse. (A. Duval)............ 30
10. Le musicien. (Georges Sylvain)........... 31
11. Du haulde la citadelle Laferrire. (Frdric Marcelin) ... 32
12. Dans la campagne. (D. Vieux)............ 33
13. La femme hatienne. (J. N. Lger).......... 3o
1-1. La paysanne. (J. N. Lger)............. 30
Troisime Partie.
1. Nous ne sommes pas seuls dans le monde. (Justin Dvot) 39
2. Le commerce entre Hati et l'tranger. (W. Bellegarde) ... 40
3. Le commerce et l'industrie............. 42
4. La poste................... 44
5. Le tlgraphe................. 45
6. La tlgraphie sans fil. (K. Fontey).......... 47
7. Les chemins de fer............... 48
8. La civilisation................. 49
9. Les bienfaiteurs de l'humanit........... SI
10. A travers le monde............... 53
Conclusion : Au petit colier d'Hati........... 55


LATIN AMERICA




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