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Mon mandat
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Title: Mon mandat
Uncontrolled: Le d́́́́́́́éputé Fignolé et le travailleurs
Ce que j'ai entrepris en faveur du développement
Physical Description: v. : ; 22 cm.
Language: Spanish
Creator: Fignolé, Daniel, ca. 1913-1986
Publisher: Gazette du Palais,
Gazette du Palais
Place of Publication: Port au Prince, Haiti
Publication Date: 1954
Copyright Date: 1954
 Subjects
Subjects / Keywords: Labor -- Haiti   ( lcsh )
Working class -- Haiti   ( lcsh )
Politics and government -- Haiti -- 1934-1971   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 55148289
Classification: lcc - JL1090 .F54
System ID: UF00093960:00002

Table of Contents
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7 z


















UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIBRARIES


_I





DANIEL VI0 NOLL
Dipute au Corps LfgislatiJ




MON MANDATE

2

LE DEPUTE FIGNOLE
et

les Travailleurs


PORT-AU-PRINCE, HAITI,
1954


IImp. LA GAZETTE DU PALAIS ,


-_~~~~~~~~~~~~~ ~ ~~- )UYU))~~~~~I~-- --- -- --~--- ---






7~!2, c4i~


Amnt
O KSA






Le Deput6 Daniel Fignole
et le personnel de la Chambre des D6putes.

Que l'on compare le Reglement de la Ckambre des D6put6s
vot6 le 17 Mars 1937 a celui du 20 Juin 1951; que l'on jette
un coup d'oeil sur les allocations accord~es pour le fonction-
nement des Services de la Chambre, dans le Budget des Exer-
cices 1950-1951 et 1954-1955, on verra les ameliorations ap-
portees a l'organisation du Secretariat G6n6ral dans le sens
de la distribution des thches, de la creation de functions in-
dispensables et de l'augmentation du nombre des Secretaires-
Redacteurs, des Copistes et Dactylographes.
Mais qui done a pris l'initiative de proposer l'organisation
r6gissant le fonctionnement actuel du Secr6taria G6neral de
la Chambre des D6put6s? Incontestablement le Premier D6pu-
t6 de l'Arrondissement de Port-au-Prince, Monsieur Daniel FI-
GNOLE. J'en veux pour preuve cette intervention du Repr6sea-
tant des Communes de Kenscoff, P&tion-Ville et Port-au-Prin-
ce au dernier point de l'ordre du jour de la seance du 29 No-
venbre 1950. Le D6put6 Daniel FIGNOLE s'exprima ainsi:

,Mes Chers Collegues,

,Jes prendrai toujours plaisir a vous associer a tout ce que
j'aurai entrepris dans le cadre de la competence de la Cham
bre des D6put6s. J'aimerais done pouvoir computer avec votre
larger de vus h l'occasion des suggestions que je croirai de-
voir faire pour le prestige et la bonne organisation de notre
Corps et en conformity du statut constitutionnel des Pouvoirs
qui forment le Gouvernement de la R6publique.
,Donc, je propose r mes CollIgues de consider la logique
et l'utillit6 de ce que j'avance. Et parce que Gouverner, c'est
pr6voir, je peux bien profiter du fait sur lequel je viens d'at-
tirer votre attention pour proposer l'augmentation du nombre
des Secretaires-R6dacteurs et des Copistes.
,, Pour se convaincre que ma demand est fondee, il
suffit de savoir que dans nombre de pays americains les pro-
ces-verbaux sont prepares au jour le jour alors qu'en Haiti
les Secretaires-Redacteurs en petit nombre (ils ne sont que qua-


-1-






tre ici) (1), attel6s a une tache delicate et considerable, ne
sont pas to ijours en measure de livrer a temps les documents
qui se publient des ann6es apres leur redaction laborieuse.
meme du Corps. Mais une enquite objective men6e avec es-
prit de justice peut convaincre la Chambre de la n6cessite
d'augmenter le nombre des Secr6taires-R6dacteurs. Les Mem-
bres du Cabinet Minist6riel eux-memes ont, autant que
nous, interet a voir une telle suggestion de r6forme s'int6grer
dans les faits, a se rappeler que le Bureau de la Chambre ne
semble pas avoir toujours e6t en measure de communiquer B
Messieurs les Secr6taires d'Etat les redactions des proces-ver-
baux des seances au course desquelles des Membres de l'Ex6cu-
tif avaient port la parole (2).
<,Je peux dire que la Chambre des Deput6s n'a aucun obs-
tacle a surmonter ou a contourner pour organiser son person-
nel. Je sais que le Pouvoir Ex&cutif a seul le droit de prendre
l'initiative des lois concernant les depenses publiques. Mais la
LO1 SUPREME DE LA REPUBLIQUE manageant la haute
dignity du Corps Legislatif, precise ce qui suit a l'article 58:
",Chaque Chambre, par ses Raglements, nomme son person-
nel, fixe sa discipline et determine le mode suivant lequel elle
exerce ses attributions."
-Or, et heureusement, le R6glements qui nous r6git, par
son article 96, leisse la possibility de l'elargissement du cadre du
personnel de la Chambre (3).

S/ I.--Actuellement il existe et fonctionne un Service de Redaction des pro-
cs-verbauxcomprenant un personnel de 10 employes.C'est sur l'initia
live du Deputi Fignolg que ce Service a Wtl cri~ avec a sa Direction
Fonctionnaire qui porte le litre de SECRETAIRE-REDACTEUR
EN CHEF. Mais c'est grace aux idies avancies de Monsieur
FIGNOLE que six employes sont sorts des rangs des chomeurs.
(2),-- Le Depute FIGNOLE ne pouvait oublier que le Minihtre FIGNO-
LE avait et victim de la carence d'organisation du travail des Se-
cr6~aires-Ridacteurs.Voir LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT
DE LA CHAMBRE DES DEPUTIES, in SOIXANTE-CINQ
JOURS AU MINISTER DE L'EDUCATION NATIONA-
LE, page 38.
(3).- Conformement a cette intervention du Dipute FIGNOLE et a une
proposition faite a la Commission chargee de preparer un project
de Reglement, il fut ciee un Service comprenant une Section des


-2-






Voila, chers Col~gues, des choses sur lesquelles j'avais
tenu a appeler votre attention, persuade qu'avec larger de
vue vous les prendrez en serieuse consideration."

Archives et une Section de la Bibliotheque de la Chambre. Et
cette nouvelle organisation a fail appel a de nouveaux employes.
Les travailleurs intellectuals de la Chambre des Deputes n'ont-ils
pds bUngficig de l'application des idies da Depute FIGNOLE?
*


-3-






Le D6put6 Fignole mene enquete
sur les conditions de travail.-


Le 25 Decembre 1950 le D6put6 Daniel FIGNOLE adressa
au President de I',UNION NATIONAL DES TRAVAIL-
LEURS" (4) une lettre don't nous extrayons ce qui suit:
-Leader syndicaliste, .je sais que les masses ouvrieres et les
travailleurs salaries de Port-au-Prince, de P6tion-Ville et de
Kenscoff, a une ecrasante majority, m'ont invest de leur con-
fiance a l'occasion des elections du 8 Octobre 1950. A mon
titre de Chef du Mouvement Ouvrier-Paysan, je sais avoir
pris la responsabilit6 de d6fendre au pouvoir, ou comme mili-
tant de parti, I'ensemble des int&rats des 61ements basiques
du Pays.
"D6put6 au Corps Legislatif, la Loi supreme de la R6pu-
blique fait de moi un homme de Gouvernement. Or, les
faits economique et social sont de ces problimes qui sollici-
tent un examen s6rieux d'un homme qui a une part de res-
ponsabilit6 dans l'organisation de la soci6te que les haitiens
avanc6s d6sirent.
,Donc, sur toute l'6tendue du territoire de la REpublique
vivent des travailleurs assoiff6s de justice et de s6curit6
social. Ils forment le plus grand nombre que nous avons d6-
cid6 de lancer a la conquEte du plus grand bien.
,,Et, parce que je ne suis pas de ces hommes politiques qui,
au lendemain de leur triomphe, oublient les promesses faites
au course de la champagne 6lectorale, je me fais le devoir
et le plaisir de me mettre au service des associations de
travailleurs qui ont ,des revendications a presenter conform
ment a la Constitution de 1950.
",Monsieur le President de l'UNION NATIONALE DES
TRAVAILLEURS, j'aimerais done vous voir m'envoyer des
notes ou des rapports circonstanci6s sur le situation des mem-

(4).-- L'hrstoire du mouvement syndical en Haiti 6tablira ma partici-
pation a la foundation de l'UNION NATIONALE DES TRA-
VAILLEURS. C'est moi qui proposal la denomination de cette
considerable Fidration d'organisations syndicales don't je devins
Coriseiller Technique.


-4-,






bres des syndicats affili6s a la considerable Federation que
vous avez l'avantage et I'honneur de diriger. Je prends me-
me la liberty de vous sugg6rer d'6tendre votre enquite a
des organizations qui ne sont pas affili6es a 1'U.N.T. (5); car
par notre action dynamique, scientifique et hautement huma-
nitaire, c'est le travailleur que nous entendons magnifier
Je voudrais avoir des donnees sur
1.- Les conditions de travail a l'Usinz, a l'atelier ou dans
les champ (salaires, conditions hygieniques, heLres de tra.
vail, cole) ;
2.- Le genre de travail auquel s'adonne les syndiqu6s;
3.- Les regions oC se trouvent les 6tablissements de travail;
4. Les prix auxquels les rragasins de l'employeur vendent
au travailleur;
5.- Et 1'Ntat des dol6ances pr6sentees aux employers et au
D6partement du Travail.
En agissant ainsi vous me permettrez de suivre l'evolu-
tion du movement par ses conquktes d6mocratiques ou les
mystifications don't il ne devrait pas 6tre victim. Vous
m'aiderez a me renseigner et h &tre en measure d'offrir une
collaboration intelligence, scientifique et patriotique a des hom-
mes de gouvernement qui auront manifest la volont6 ou le
simple d6sir de s'interesser h pousser les masses de l'arriere-
pays vers une vie social digne d'etre v6cue.,
(5).-- A l'encontre des manoeuvres divisionistes retrogrades, le Deput~ Da-
niel FIGNOLE consid&ra la question a l'Nchelle national et fit
preuve d'Homme de Gouvernement.


-5-






Le Depute Daniel FIGNOLE
et L'Enseignement Professionnel


sionnel Haiti a devacc6 le Canada de deux ans quant a l'id6e,
et aurait devance ce grand Pays sur le plan des r6alisaticns si
la pens6e du D6put6 Daniel FIGNOLE partag6e par une bran
che de la Repr6sentation Nationale, 6tait mise en application
Le Gouvernement Ha;tien aurait op6r6 sa r6forme avant le
Gouvernement Canadien.
,,Au moment oi des incapables s'6vertuent a diriger contre
nous la seule politique don't ils sont capables : la politicaillerie
des racontars et de la dilation calomnieuse, LE SERVICE
DES NOUVELLES ETRANGERES DE "CONSTRUCTION"
(6) a capt6 avec satisfaction cette nouvelle de Qu6bec retrans-
mise par RADIO- CANADA:
QUEBEC,- Bien que le probleme de l'imp6t ait 6t6 le plus
discut6 aux Congres des Chambres de Commerce, beaucoup de
questions ont 6t6 soulev6es. Ces questions jinteressent autant
les Chambres de Commerce que les Canadiers en general.
L'attention a Wte attire sur les points suivants :
1.- Faire au Gouvernemert des suggestions pour un PRO-
GRAMME DE VULGARISATION DES CONNAISSANCES
ECONO MIQUES.
2.- L'ELABORATION D'UN PROGRAMME TENDANT
A ELEVER LE NIVEAU DES ETUDES PROFESSION-
NELLES QUI POURRAIENT ELLES AUSSI ARRIVER
JUSQU'AU BACCALAUREAT.
3.- UNE REFORM COMPLETE DE L'ENSEIGNE-
MENT CANADIEN.
Les Chambres de Commerce d6plorent le manque d'orien-
tation professionnelle chez les ouvriers et elles demand it ajx
jeunes gens de s'interesser davantage A cette branch d'activi-
t6. (7) ,

(6),- Le Joutnal "CONSTRUCTION" fonde par le D&putl Daniel FI-
GNOLE. futjeomi par le Commissairedu Gouvernement pros le Tribunal
Civil par letiri en dale du vendredi 29 Mai 1953, suivant les instruc-
tions du Minirtre de l'Intirieur et de la Justice, Ducasse Jumelle.
(7).- Capta de Radio-Canada II Oclobre 1952.
-6-





,"Nous avons soulign6 pour le lecteur les points de cette
nouvelle qui touchent B li r6orme proposEe par le D6put6
Daniel FIGNOLE. On se ra-pelle qu'aux deliberations sur l'ar-
ticle 4 de la Loi du 30 Aoot 1951 le Premier D6pute de Port-
au-Prince fit une v6hemente et lumineuse intervention en fa-
veur de l'organisation d'une section d'enseignement technique
et professionnel. question qui a 6t6 reprise au Senat et qui d6-
termina le Ministre a maintenir cette Section dans 1'organisa-
tion du Departement de I'Education.

,,Voici !a Resolution d6pos6e par le D6put6 FIGNOLE et
qui ?e t6 vote a la seance du mardi 7 Aout 1951 :

RESOLUTION

0-0

Vu les articles 22, 57 tt 62 de la Constitution ;
Vu 1'Arret6 du 13 Janvier 1939 instituant un Brevet Sup5-
rieur avec mention : "SECTION COMMERCIALE";
Vu la loi du 8 AoOt 1947 instituant la Direction G6n&ra-
le de l'Education Nationale ;

Consid&rant que l'Enseignement Technique et Professionnel
doit etre g6neralise et qu'il imported de I'organiser pour qu'il
puisse coneourir a l'6quipement 6conomique du Pays ;
Consid6rant que ie travail manuel est une oeuvre d'intelli-
gence et qu'il n'est pas recommandable de donner la culture
primaire 616mentaire concuremment avec la formation profes-
sionnelle ;
Consid6rant que l'Enseignement prevocationnel doit orien-
ter l'el6ve vers la vie pratique et lui dispenser une formation
ii.telleztuelle qui d6passe le contenu cultural du programme du
Certificat d'Etudes Primaires ;
Considerant que Fouvrier est appel6 B s'intellectualiter pour
s'adapt-r atx exigences de l'industrie et qu'il convient de dis-
penser aux jeunes gens qui veulent s'orienter vers le commerce
ou devenir de bons dessinateurs, mecaniciens, ouvriers, les prin-
cipes scientifiques utilis6s dans l'6tude raisonn6e des arts et des
metiers ;





Consid6rant qu'il faut organiser 1'Enseignement Profession-
nel en s6riant les arts et les m6tiers selon les sexes

LA CHAMBRE DES DEPUTES,

Accordant toute sa sollicitude l1'Education Nationale ;

A RESOLU

D'6mettre le Voeu que le Pouvoir Ex6cutif entreprenne
I.- De r6organiser 1'Enseignement Professionnel a la lumie-
re d'une philosophies bien definie.
2.- De cr6er des degrees de I'Enseignement Professionnel en
organisant :
a) -UN ENSEIGNEMENT PREVOCATIONNEL qui
oriented l'61ve vers la vie pratique.
b) -UN ENSEIGNEMENT PROFESSIONNRL DU
SECOND DEGRE don't le but serait la formation r6elle et ef-
fective d'ouvriers habiles et instruits.
c) -UN ENSEIGNEMENT POST SCOLAIRE OU-
VRIER qui atteigne certain points de l'Enseignement Sup6-
rieur.
3.) De faire fonctionner des ECOLES PROFESSION-
NELLES DU SEGOND DEGRE dans les villes de Port-au-
Prince, Cap-Haitien, Cayes, Ganaives, Port-de-Paix, et des
ECOLES PREVOCATIONNELLES dans les Chefs-lieux des
Arrondissements de la R6publique.

Rapport a la Chimbra des Deputes

Messieurs les D6put6s,

Les Membres du Comit6 de l'Education Nationale compe-
temment reunis aulocal de leurs deliberations, ont 6tudi6 avec
la plus scrupuleuse attention une important Resolution du D6-
pute Daniel FIGNOLE relative a la g6n6ralisation et a l'organi-
sation de l'Enseignement technique et professionnel dans cer-
taines villes de la R6publique : Portiu-Prince. Cap-Haitien,
Cayes, Gonaives, Port-de-Paix, en vue de la formation r6elle,


-8-





effective d'ouvriers habiles et instruits et d'un Enseignement
pr6vocationnel dans les chefs-lieux df.s Arrondissements du
Pays qui puisse orienter I'61ve vers la vie pratique.
Les Membres du Comit6 soucieux d'apporter leur contribu-
tion au relevement economique de la R6publique, ont convenu
apres avoir mis l'accent sur la grande valeur de cette resolution
a son envoi au D6partement de l'Education Nationale afin
qu'une heureuse solution soit donn6e au problkme. Ils de-
meurent convaincus, Messieurs les D6pu;:s, que vous adopte-
rez les conclusions de ce rapport.

Fait a la Chambre des D~putes, a Port-au-Prince, le 30 Juil-
let 1951, an 1486me de I'lnd6pendance

Le President : Le Rapporteur :
Docteur Joseph LOUBEAU ; Docteur M. KENOL ;
Les Membres:
Daniel FIGNOLE, D.BLAMOTHE, Price BRIZARD. (8)

(8).-Consuller le Journal "CONSTRUCTION", edition du Vendre-
di 17 Octobre 1952.


- 9-






Un Voeu en faveur des Chauffeurs.-


A la seance du Vendredi 4 Mai 1951 le D6put6 Daniel FI-
GNOLE emu de la situation faite aux chauffeurs par la hals-
se du prix de la gasoline, d6posa sur le Bureau de la Cham-
bre le Voeu sui\ant qui fut vot6 et expedie au Departe
ment du Commerce:
Vu l'article 17 de la Constitution:
Consid&rant que la Loi Supreme de la Republique recon-
nait a tout travailleur le droit au bien-6tre de sa famille;
Considerant que 1'Etat a pour devoir d'accorder aux cito-
yens toutes les facilitts propres a rendie leur travail sur et
remunerateur;
Consid6rant que les Cam;onneurs et les Chauffeurs de voi-
tures automobil-s publiques, comme les aotres travailleurs,
ont droit a la sollicitude di Couvernement;
Consid6rant que la hausse du prix de vente de la gaso-
line est contraire aux int&rts vitaux d'un grand nombre
de families populaires et qu'elle peut provoquer le ch6ma-
ge rarrri les chauffeurs;
Consid6rant que le Gouvernement ne peut rester indifferent
a I'irqui6tude de ceux qui souffrent;
Consid6rant que la question du prix de la gasoline doit
Etre aussi envisage dans I'irntfrt du consommattur en g6ne-
ral (9);
LA CHAMBRE DES DEPUTES
EMET LE VOEU

Que le D6parterrment du Commerce entreprenne de fair bais-
ser le prix de vente de le gasoline sur le march haitien.

(9)-- Dans l'expose des motifs de sa proposition de Voeu le Depu-
tE Daniel FIGNOLE consider les incidences de la baisse du
prix de vente de la gasoline dans la vie des consommateurs et
de la clientele du transport en commun. Car, dit le Premier Dipute
de Port-au-Prince, la measure que nous proposons entrainera un
baisse du pril du transport et maintiendra en faveur du chauf-
feur une catinle nombreuse ef sire.


-10-





Le Deput6 Fignol6
a obtenu en Mai 1951 le vote du principle de
1'augmentation des appointments des Profes-
seurs, instituteurs et Employ6s du Departe-
ment de I'Education Nationale.--


Voici la R6solution pr6sent6e par le Premier Depute de
Port-au-Prnce et vote par la Chambre:
Vu les articles 57, 79 et 140 de la Constitution;
Vu le D4crEt-Loi du 23 D6cembre 1944 reorganisant 1'Univer-
sit6 d'Haiti;
Vu la Loi du 8 AoOt 1947 organi ant la Direction G6n6-
rale de I'Education Natiorale;
Vu le D&crt sur le Budget et la Comptabilit6 Publique;
Consid&rant que les appointment des fonctioniai:es (t
employes de la Direction Generale de l'Education Nationale
sont parfois contraires aux dispositions de l'artic'e 16de la
Loi du 8 AoOt '947;
Consid6rant qu'il convient d'encourager le Pouvoir Executif
a porter des am6liorations aux appointements de ceux qui se
consacrent a la carriere p6nible de l'Ense ignement;
Consid6rant que certaines disposition de la Loi du 8 Aojt
1947 sont defectucuses et inexecutab!es;

LA CHAMBRE DES DEPUTES,
Accordant toute sa sollicitude B l'Education Nationale,
A RESOLU
D'emettre le Voeu que le Pouvoir Ex6cutif present au
Corps Legislatif un project de Loi modifiant la Loi orgalique
de la Direction G6nerale de I'Education Nationale. (10)

(10).- II est certain que les Instituteurs, Professeurs et employes du
Depar!ement de l'Education Nationale doivent au Gouvernement
les ameliorations apporties a leurs appointments dans
la Loi du 30 Aoit 1951. Mais les Instituteurs, Professeurs it
employEs int ressis doivent-ils oublier celui qui, dans son cabinet
de travail a pensg a eux au point de prendre l'initiative de la
Resolution qui fut exo&dive par la Chdmnre au Ministre cmmpi-
tent?


-11-






On sail que c'est sur l'intervention du Depute Daniel FIGNOLE
que les Inslituteurs ont pu obt nir une augmentation de salaires
dans le Budget de l'Exercice 1954-1955. Ceci a et1 rappelg par
le D6putI Salnaoe Z4MOR a la stance oi le Depute FI-
GNOrE fit remarquer qu'il n'6tait pas recommandable d'entrepren-
dre de voter le Budget a un moment oi les Diputis n'avaient
pas sous les yeux les modifications apportees aux credits al-
louis au Departement de l'Education Natioiale. Collegue FI-
GNOLE, dit le Depute ZAMOR, on est actuellement en train
de rg'oudre la question de distribution de l'augmentation de salai-
res que sur totre demand, I'ExEcutif a accordge aux Instituteurs.


-12-






Au vote du Budget de 1'Exercice 1951-1952


Au mois d'Aout 1951 le D6pute Daniel FIGNOLE deman-
da au Ministre Clement JUMELLE s'il est facile pour un
travailleur de n'importe quel point du pays de presenter ses
dol6ances au Bureau du Travail tel qu'il est organism dans
quelques chefs-lieux d'arrondissements.
Le D6put6 Daniel FIGNOLE trace le sombre tableau de
la situation des tresseuses de pite qui travaillent du ma-
tin au soir et du soir au matin sans pouvoir atteindre deux
gourdes par jour. Le D1put6 de Port-au- Prince fait le dis-
tinguo entire les tresseuses syndiquees et celles qui travaillent
h domicile et qui sont soumises u une exploitation inferna-
le. I1 convient, pursuit le Depute FIGNOLE, que le Gou-
vernement mine une enquete objective sur les conditions de tra-
vail de ces compatriotes malheureuses (11).
Au vote du Budget du Departement du Commerce le Se-
cretaire d'Etat donna satisfaction au D6pute FIGNOLE qui
demand de porter a 105 Gourdes au moins le salaire des
Barman, Maitre d'Hotel, Femme de Chambre et Cuisiniere
du Club-H6tel de Belladere, :ui gagnaient les deux premiers
100 Gourdes et les deux dernieres 60 gourdes. (12)

( I ).- Consulter le journal "CONSTRUCTION" edition du Mercredi
29 Aoat 1951. Le Deputi FIGNOLE fit cette intervention pour
rappeler que PEtat dipense de l'argent pour le fonctionnement
des services d'inspection du travail alors qu'il se passe, au di-
triment des interits des travailleurs, des choses intolErables.
(12).- Quant a la question d'augmentaiion des salaires des petits employes
et des travailleurs des services de I'Etat, ii suffit de jeter un
coup d'oeil sur les procs.verbaux des s&anees de la Chambre
des Diputis pour appricier ce que le Depute FIGNOLE a fail
pour les bonnes, lavandieres et garcons des HSpitaux, Centres
de Santi et autres services, a l'occasion du vote du Budget
Geniral de la Ripublique. Les interoerventions du Depute Daniel
FIGNOLE ont provoqui une circulation d'argent parmi les pe-
tits employs. de l'Administration publique.


-13-





Une conception d6mocratique
De i'Inspection Scolaire

Sous ce titre le journal XCONSTRUCTION- a publiC ce
qui suit dans son edition du dimanche 2 Septembre 1951:
,Conform6ment, a sa conception democratique de la dispen-
sation de la culture dans le milieu, le Ministre, le Citoyen
ou le Deput6 Daniel FIGNOLE ont toujours vu dans l'organi-
sation de l'lnspection Scolaire un facteur de progr.s. (13)
-A l'occasion de lexamen du project de Loi reorganisant
la Secr6tairerie d'Etat de l'Education Nationale, le D6pute de
Port-au-Prince proposal de pr6voir au moins un Inspecteur
par Arrondissement dans la supervision des Enseignements Ur.
bain et Rural. Entendez bien un Inspecteur pour chaque
enseignement. (14)
"Ma proposition, dit le D6put6 FIGNOLE, tend a per-
mettre a toutes les regions du Pays de beneficier d'une bon-
ne organisation et d'un control permanent des institutions
scolaires. D'autant que sur le plan de l'enseignement urbain
chaque chef-lieu de commune a droit a deux &coles nationals au
moins. (15)
,I1 faut, dit le D1put6 FIGNOLE, envisager l'aspect demo-
cratique de la distribution des Inspections Scolaires, l'adapta-
tion de la solution du problem a la division du Pays en
arrondissements, la clientele scolaire, l'importance d'une ville
ou d'un arrondissement et le nombre des &coles a visiter.


(13) -- Consulter SOIXANTE-CINQ JOURS AU MINISTER DE
L'EDUCATION NATIONALE.--
(14).-- L'idie du Dgputi -FIGNOLE, tout en etant favorable a une
organisation democratique de l'Enseignement, permit de donner
du travail a un grand nombre d'intellectuels qui mettront leur
science au service de la formation des generations montantes.
La proposition du Depute FIGNOLE ouvre un horizon rassu-
rant pour tes Instituteurs.
(15):- DMs le premier mois de la premiere session ordinaire de son
mandate, le Deputi FIGNOLE posa a l'attention de la Chambre
des Deputls la necessitS pour le Gousernement de faire fonction-
ner dans chaque chef-lieu de commune au moins une ecole pri-
maire de filles et une cole primaire de garcons.


-14-





,Le D1put6 de Port-au-Prince souligna a l'attention du
Secretaire d'Etat D1AMBOIS qu'il ne convient pas de pl-
cer un Inspecteur dans tel District parce qu'il y fonclionne
plusieurs &coles, mais qu'il imported de concevoir l'lnspecteur
come un 616ment de progress qui a pour mission de pro-
mouvoir la creation de rouvelles &coles (16). Car s'il fallait
s'arrfter aux institutions qui fonctionnent, il est certain qu'a
la lumiere d'une telle maniere de voir, d'importantes contr6es
des Departements du Sud et du Nord'Ouest, par example,
n'arriveraient jamais a ben6ficier de 1'action progressiste d'un
Inspecteur d'Enseignement Rural et Urbain parce qu'au mo-
ment oui nous parlons il y fonctionne tres peu de centres de
dispensation de la culture du premier degree.
Alors. soutenu par les Deput6s BELLERIVE, LUCAS, MI-
LORD et les Membres du Comit6 de l'Education Nationa-
le, le Deput6 FIGNOLE put faire triompher cette maniere
de voir que l'Executif a bien voulu admettre.
II y aura au moins un Inspecteur par Arrondissement. Le
nombre des Inspecteurs pourra etre augment selon la clien-
tale l'importance d'une ville ou d'un Arrondissement. (17)


(16).-- Le citoyen FIGNOLE apporta au Ministare cette conception dy-
namique de l'inspection Scolaire.
(17).-- Que l'on consulate les Budgets de 1950 a 1954, I'on constdte
ra ,les Arrondissements et les Inspecteurs qui ont beneficig de
l'application de I'idie du Depute Daniel FIGNOLE.


S -15-






Lavandii res, Cuisiniires et Bonnes... (18)


"Nous nous sommes laisse dire qu'i la fin du mois d'Octo-
bre les lavandieres, cuisiniires et bonnes de 1'Hopital Gen6ral et
de la Maternit6 YSAIE JEANTY n'ont pas recu int6gralement
leur salaire minimum de 105 Gourdes prevu au Budget de
1'Exercice en course.
*Nous trouverions un peu fort que les gagne-petits ne pus-
sent beneficier des credits d'un Budget qui est mis a execu-
tion depuis le ler Octobre.
Une telle nouvelle, si elle 6tait fondue, viendrait jeter dans
la consternation un grand nombre de meres de famille de
la classes &conomiquement faible, qui, pour abattre une ba-
sogne considerable et fatigante a 60 Gourdes par mois, se
voient acculees a demander l'aide d'autres lavandieres qui
partagent avec elles le salaire d&risoire... Cette nouvelle, si
elle etait fond6e- d6cevrait certainement ceux qui, comme le
Deput6 Daniel FIGNOLE, ont defendu avec opiniatret6 la
cause de ces malheureuses compatriotes (19).

(18).- Consulter le journal "CONSTRUCTION", edition do Mercredi
7 Novembre 1951.
(19).- Que l'on compare le Budget de l'Exercice 50-51 h celui de
l'Exercice 51-52 don't il est ici question, I'on verra le nombre
de petits employes et traoailleurs don't les salaires passhrent de 60
Gourdes a 105 Gourdes. L'on comprendra cc que Daniel FI-
GNOLE a oblenu en faveur d'une humanity malheureuse, dans
le sens d'une meilleure distribution de la richesse national. Le
Premier Depute de Port-au-Prince a toujours declare au course
de l'Exercice de son mandate, qu'il ne saurait tgre satisfail du
salaire de 105 Gourdes qu'il avail dipassa en 1947 par l'ac-
lion syndicate. C'est la loi de Decembre 1947 sur le salaire mini-
mum, maintenue jusqu'a celle here, qui a faith perdre du ter-
rain au travailleur. Au course d'une stance de la Chambre le
Depult FIGNOLE demand au Ministre Clement JUMELLE
de presenter une loi plus avancie que celle qui est actuellement
en vigueur. Le Ministre s'y refusa.


-16-






Pour les Petits Commergants


A la stance du mardi 11 Septembre 1951 au soir, a l'occa
sion des deliberations sur I'article 4 de la Loi sur I'lmp6t sur
le Revenu, le D6put6 Daniel FIGNOLE sollicita et obtint la
parole :

Messieurs les D6put6s,

"Monsieur le Secretaire d'Etat des Finances,

aJ'ai tenu a porter la parole sur le premier alinea de
l'article 4 qui est ainsi libelle :
"Article 4-- Sont exempts de l'impat sur le revenu sur la base for-
faitaire, les individus, industries ou commergants qui vendent exclusive-
ment par quantity moindre qu'une piece, une douzaine, cinq litres, un
miller, uine caisse ou toute autre unite d'emballage et auront itabli que les
inventaires des marchandises non compris les installations de leurs etablis-
sements n'exc'dent pas DEUX MILLE GOURDES."

"Messieurs, cette loi est dure, elle est f6roce pour une im-
portante cat6gorie de compatriotes qui gagnent leur vie par le
petit commerce. Le premier alin6a de 1'article 4 est la repro-
duction d'un article du D6cret Loi du 2 Mai 1942. Or,
Messieurs, je ne vous apprends rien de nouveau en disant que
la Gourde a perdu de sa valeur de 1942 a 1951. Le petit com-
merrant qui en 1942 pouvait obtenir une grande quantity de
marchandises pour 2.000 Gourdes, a aujourd'hui quelque cho-
se d'insignifiant pour la meme valeur nominale,
"Quand done vous demandez de payer I'imp6t sur le reve-
nu a celui don't les inventaires des merchandise excedent
2.000 Gourdes, vous acculez, de ce fait, une important cat&-
gorie d'Haitiens a ne pas pouvoir vivre du petit commerce,
vous las condamnez a ne pas pouvoir subvenir aux besoins de
leurs families.
"Monsieur le Secretaire d'Etat des Finances, pursuit le
Deputy FIGNOLE, je vous prie de vous appitoyer sur le sort
de ces malheureux compatriotes et d'etendre a eux la sollicitu-
de du Gouvernement.


-17-





"Le Secr6taire d'Etat Francois Georges a accept, de
porter a CINQ MILLE GOURDES le chiffre a partir duquel
les indivudus, industrials ou commercants qui vendent exclusi-
vement par quantity moindre qu'une piece, une douzaine, cinq
litres, un miller, une caisse ou de toute autre unit d'emballa-
ge, devront payer I'imp6t sur le revenue (20).



(20).- C'est done grace a l'interoention du Deputi Daniel FIGNOLE
que de petits boutiquiers et marchands au detail de Port-au-
Prince et de routes les villes et Communes de la Republique ne
payment pas l'impat sur le reoau.


-18-






Le Depute FIGNOLE
et le salaire des Instituteurs


INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE
A LA SEANCE DU 27 AOUT 1951 A L'OCCASION DU
VOTE DU BUDGET DU DEPARTMENT DE L'EDUCA-
TION NATIONAL.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE : A lire
le Budget on voit bien qu'une certain some a 6t6 pr6vue
pour I'augmentation des appointments des instituteurs. Mais la
loi budg6taire n'a de force que pour un an. J'ai gagne la tri-
bune pour demander a l'honorable Secr6taire d'Etat de bien
vouloir r6gulariser, par une loi, la situation des instituteurs
afin de rendre possible toute revendication just, fondue. 11 ne
serait pas de bon goit de montrer seulement que dans le Bud-
getil est prevu une some a r6partir entire les instituteurs.
I1 convient qu'une loi vienne nous dire comment cette repar-
tition aura et6 faite, pour que nous soyons en measure de con
trbler dans quelles conditions les instituteurs auront ben6fici6
d'une augmentation substantielle.
Je ne dis rien de nouveau puisque l'ancienne loi r6gissant la
matiere avait prevu en son article 16 un libell6 concernant les
appointments des instituteurs des Enseignements rural et ur-
bain.

II conviendrait done de r6gulariser la situation pour faciliter
la tache aux instituteurs et permettre de savoir dans quelles
conditions de notables ameliorations auront 6t6 apporthes a leur
situation (21).


(21).- Voirproces-verbal de la Siance du 27 Aoit 1951 de la Chamrbr
des Deputis.- Voir le journal "CONSTRUCTION". edition du
Vendredi 8 Fivrier 1952. La loi Diambois fut vote le 30 AoWt
1951.


-19-





Ouvriers et Cit6s Ouvrieres


INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA SEANCE DU 10 SEPTEMBRE 1951 A L'OCCA6ION
DU VOTE DE LA LOI SUR LES CITES OUVRIERES (22).
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Messieurs,
je voudrais demander aui Secretaire d'Etat du Travail des
renseignements a propos de la nomination de l'Ouvrier qui
devra 6tre Membre du Conseil? Comment va-t-on le choisir?
Sera-t-il 6lu? SerL-t-il propose au President de la Republique
apres une election qui aura manifesto le libre choix des tra-
vailleurs syndiqu6s? (23)
On se demand si dans la formation d'un pareil organis-
me, il n'y aurait pas lieu d'augmenter le nombre des Ou-
vriers. C'est une organisation qui a 6t6 cr66e pour donner
satisfaction & ce monde. Mais je trouve tres peu nombreuse
la representation du monde ouvrier dans cette organisation (24).


(22.).-- Le Ministre du Travail Clement JUMELLE Staft au Bane de
l'Exucutif.
(23).-- Le Depute FIGNOLE a sugggrg une conception dimocratique
qui n'a pas rencontre la maniare de voir du Ministre du Travail.
24 ).-- Le lecteur n'a qu'a consulter la Loi sur l'Organisation de l'Ad-
ministration des Cites OuvriAres COACO) pour constater, corm
me le Depute FIGNOLE, la curieuse representation ouvriere
dans l'Administration d'une chose cr-:e, dit-on, dit la Loi,
pour l'Ouvrier...
Au course du dMbat qui opposa le Depute FIGNOLE au
Ministre JUMELLE. celui-ci declara que les fonds qui ont
servi a la construction de la Cite ne sont pas venus entirement
du Gouvernement. Des patrons y ont contribui.


-20-






Voeu ou Declaration ?


A propos du salaire mininum de 5 gourdes par jour. la dis-
cussion du project de loi modifiant I'article 11 de la loi de 1951
relatif a l'6chelle des salaires au D6partement de l'Education
National, donna lieu A une intervention du D6pute FIGNOLE
A l'adresse du Ministre Joseph D. Charles.
Voici ce qu'on lit dans un compte-rendu de la stance du
mercredi 14 Mai"l952;de la Chambre des Deput6s :
Le Premier D6pute de Port-au-Prince declare qu'il a voulu
avoir un sens bien d6fini de l'Organisation propose dans la loi,
une id6e de la logique de l'organisation et manifeste son 6ton-
nement de voir dans le project des appointments de 105 Gour-
des aprbs la declaration categorique du Chef du Pouvoir Ex&-
cutif a l'occasion du ler Mai.
Le Secretaire d'Etat de l'Education Nationale, Monsieur J.
D. Charles,.a d6clar6 alors que le D6put6 a voulu faire allusion
au voeu 6mis par le Pr6sident de la R6publique pour l'avenir.
tandis que, lui, il tent compete de ce qui est, de la r6alit6 et
qu'il ne peut tenir compete des voeux.
Le D6put6 de la Premiere Circonscription de Port-au-Prince
rappelle les declarations p remptoires du Pre-
sident de la R6publique qui fit 6tat des instructions pas
s&es aux Secr6taireries d'Etat du Travail, des Finances et de
l'Economie Nationale pour que 5 Gourdes soient accord6es aux
travailleurs de l'Etat, soutient qu'il n'a pas pu le faire sans
1'approbation du Conseil des Secr6taires d'Etat, puisqu'il s'a-
git d'un acte de Gouvernement (25)

(25) .. Cete discussion entre le Ministre de I'Education et le Premier
Diputi de Port-au-Prince prouve que c'est Monsieur Daniel Fl-
gnoli qui a difendu au Gouvernement de la Ripublique les int-
rits du !ravailleur hailien.
Les hommes polifiques qui porthrent leurs parties a appuyer la loi
sur le salaire minimum de 3 gourdes el demise doivent se frapper
la poitrine et admettre qu'aprhs les succhs oblenus par le Lea-
der syndicaliste Daniel FIGNOLE en 1947 et devant les inter-
ventions du Deputi Daniel Fignole, ils (les hommes de parties
q*i avaient appuyg la loi Jean David de D&cembre 1947) n'ont
pus l'autoritl politique requise pour Utre des leaders avances


-21-






Le Deputy Fignole defend finstituteur Haitien


Voici la position du Diput6 Daniel FIGNOLE & l'occa-
sion de la discussion et du vote du contract intervenu tntre
r'Etat Haitien et lks Soeurs Missionnaires de l'lmmaculee
Conception.
Le D6put6 FIGNOLE sollicite h parole.
Un Dipute soucieux de ses responsabilit6s, dit-il, ne sau-
rait combattre le principle de l'Rtablissement d'une Ecole
d'Enseignement M&nager au Cap-Haitien. Cependant nous
comprenons difficilement les raisons qui ont porter 1'Execu-
tif a s'adresser dans ce cas a l'etranger, tandisque 1'on
est en measure de trouver des jeunes filles et des Dames
dans le DSpartement du Nord meme, susceptibles d'assu-
rer avec prestige et competence la direction d'une telle ins-
titution. Et it cite des noms. On a vu, dit-il, les religieu-
ses belges d'ELIE DUBOIS faire appel aux connaissances
de certaines Haitiennes. En tout cas. nous sommes parvtnus a
un moment de notre vie de people oii nous devons prendre
nos responsabilites.
. . . . . . .. .. .... ... .....
La majority dccidera et en democrate convaincu, nous nous
soumettrons a sa decision, s'6crie le D6pute. Mais nous som-
mes plac6 pour dire notre mot dans les questions intires-
sant 'avenir de la Collectivit6. J'admets que dans le passe
on ait fait appel & des Soeurs, a des Freres et qu'on s'a-
dresse i des strangers pour l'Enseignement Sup6rieur.
Mais nous avons envoy des haitiens 6tudier i& l'ext&
rieur et nous devons pouvoir employer leurs services. Et
puisynous ne pouvons pas passer notre existence & nous adres-
ser a l'6tranger pour qu'il vienne organiser une Ecole Mena g-
re au Cap, .diriger les ecoles primaires de la R6publique et
ignorer ainsi I'8C1ment haitien. Messieurs, c'est a nous qu'il
appartient d'organiser le pays et ii nous faut une autre orien-

du proltarial. Aujourd'hui les procds-eerbaux des seances de la
Chambre des Deputls eablissent que la loi de Dicembre 1947
est un instrument da-gereux qu'une politique anti-8uo.iAre a mis
au service de la reoc'ion...


-22-





station. J'ai dit et je vais voter centre les conclusions du
Rapport. (26)
xEK

SEANCE DU LUNDI 16 JUIN 1952.

Discussion et vote du Rapport du Comite de 1'Education
National relabif au Coatrat intervenu entire 1'Etat Haitisa
et la Congrgation des Filles de la Sagesse.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Messieurs,
j'ai 6tudik le project de contract qui est soumis a nos d6
lib&ations ce matin. Je n'ai pas encore vv l'id6e maitresse
du contract, F'i'Ae qui doit avoir obsWd I'Ex&utif au point
de nous presenter le project. Quand je serai descendu de la
tribune, peut-Rtre j'aurai obtenu plus de precision me per-
mettant de voter en connaissance de cause. Mais jusqu'a
ce qu'un orateur vienne projeter plus de lumiere sur ce Con-
trat. 'ose affirmer que je n'en vois pas encore l'idce maitresse.
Les honorables Commissaires qui se solt pench6s sur ce
texte stmblent y voir, en diduire pour le Gouvernement de
la Republique l'occasion d'ouvrir de nombreuses 6coles. Mais
le fait par le Gouvernement de vouloir ouvrir de nombreuses
&coles implique-t-il la nicessit6 de faire venir ,du Canada,
des Etats-Unis ou de France des Soeurs de la Sagesse pour
diriger ces ecoles?
Messieurs, je voudrais parler logique. Lorsque vous entre-
prenez de faire venir dans le Pays des Soeurs Zde la Sages-
se pour diriger res nombreuses ecoles, avez-vous en t8te que
nous ti'avons pas suffisamment d'institutrices ou bien vous
mettez-vous A l'idce que les institutrices que nous avors a
note disposition seraient lau-dessous de leur t&che? Deux im-
portantes questions que je voudrais voir les personnalitks de
l'Assemblee developper pour iclairer ma religion.
N'y a-t-il pas suffissamment d'institutrices?
La question peut 8tre r6solue autrement que par le fait
d'importer des institutrices 6trangeres. Car Depuis SOULOU-
QUE en passant par le document 1875 de DOMINGUE
pour arriver a SALOMON, n'avons-nous pas demanded de pro-
(26).-- Comple-rendu du journal "CONSTRUCTION". Voir les
editions des Dimanche 15 Juin et Mercredi 18 Jain'i952.

-23-





mouvoir le developpement des coles normales afin de pr6pa-
rer des Instituteurs capable de dispenser l'instruction pu-
blique? Done si vous n'avez pas suffisamment d'Institutri-
ces la solution. de la question ne se trouve pas n~essai-
rement, logiquement et patriotiquement dans le fait d'impor
ter de nouvelles institutrices en tres grand nombre. On pour-
rait disposer de cet a rgent pour promouvoir une Ecole
Normale a Port-au-Prince, une Ecole Normale au Cap-Hai-
tien une Ecole Normale a Port-de-Paix, une Ecole Normale
aux Cayes, une Ecole Normale aux Gonaives, et a la lu-
miire des statistiques de ces Ecoles Normales nous aurions
des instituteurs qui seraient capable de contribuer i promou-
voir le d6veloppe:nent du Pays, I'aminagement de la Maison
Haitienne.
Ou bien pensez-vous que les Instituteurs que vous avez
sont en assez grand nombre mais qu'ils sont au-dessous de
tiche?
11 nous appartient de chercher la solution scientifique de
la question afin de proposer, de reprendre ou mettre i ex6-
cution un programme qui place ou l'enseignement normal
que I'on croirait au-dessous du niveau de la question ou,
l'Instituteur au niveau de la situation. Nous avons des Hai-
tiens qui demandent & vivre (27). Jusqu'a cette heure nous
nous efforcons de mettre a la disposition de l'6tranger tout
ce que nous avons.
Je me r6pite, je ne suis pas monte la tribune pour
6taler une x6nophobie de mauvais aloi. Mais, a la base de
certain actes consid6rables du Gouvernement de la Rkpu-
blique, nous devons pouvoir placer une obsession, une idWe
g6n6reuse, queques grandes idles et nous devons pouvoir aussi
nous servir des donn&es de l'exp6rience pour nous organiser.
Car si aucun Haitien n'est capable de dirlger des 6coles pri-
maires dans la R6publique, je n'ai pas ma place comme D6-
pute du Peuple, vous n'avez pas votre place comme Minis-
tre d'Etat je n'avais pas ma place comme Ministre de I'E-
ducation Nationale.
Messieurs. il n'en est rien. II y a des Hiitiens capable.

(27)..- L'lnstituteur lui aussi, est un travailleur qu'il nefaut pas ac-
cuter du chamage par l'imporlation irriflichie de ravailleurs
intellecluels strangers.


-24-





,LJe .e ci pas de; n pasi faireappel,; la science des''t r6n'
gere.j i 'ai, deja i etabli; dans je domaine de 1'Enselgnemeni6
Supe eiur,, dans les laboratoires, dans 1'Art militaire, dans
le domaine de l aviation, dans la haute industries qui necessi-
te. le dernier rot du progres et de la science, nous avons
r.ertairement beaucoup a pprendre de l'6tranger. Mais je
crois que. dans le doiaine de l'Enseignement primaire, si
l'exeiple de la discipline et du sens patriotique vient d'en haut,
si chacun.pren4 j es responsabilites, nous sommes p mEme de
confier 9 e'lment haitien la direction de I'Ecole primaire.
Trbs souvent,des, reproches sont faits aux In'tituteurs hai
titns,. gais il s,'espliquent par le fait que nous donnons'
tous ltqs ,vantagese de security e 1'6trangei. Nous donnons
tous: les ayantages de confort a i'6tranger. "
-~4ors quie Hous ne nettons pas l'homme du milieu en me-
sur cde traYailler. la lumiere de la science et du patriotism
me, noussornnes .les premiers a les d6courager et apres 'd&
noncer leur conduite sous pretexte qu'ils sont au-dessous de
leur:. mission. Celui qui vous parole actuellement a et6 lui
aussi instituteur avant d'etre a la Chambre des D6putes.
I a' suffipamment de notes sur la matiere. 1 !a suffisamment
d'atorit' ppur. en parier. Je me rappelle qu'il y a six ans.
c'tait' en 1946,.lorsque j'6tais Secr6taire d'Etat de l'Education
Nat inale je proposal au Gouveinement d'alors la creation
du Lyc e 'I oussaint-Louverture. Les gens a mentality retro
grade pensaient que l'organisation d'un tel Lyc6e 6tait impos-
sible. L, President me dit un jour: -Daniel (car il m'appelkit
pa .cenpm I' lepeoqq), tout le moncle pense que la creation
de ce Lyc6e est impossible "-President, lui ai-je r6pondu, si
vsr gyge que yotre Miaistre ,de 1'Education Nationale peut
seq. pjerettre, dp proposer au Gouv2rnement de la R1publique
umprof qu;i n'est pas en measure d'int&grer di.s les faits,
je you.,prie d accepter ma dAmission. Je suis Ministre ou je
ne, l suis,pas. Ou je suis Ministre et e me crois capable de
de' monster c.tte machine ou je ne le suis pas, et dans ce
ca.c osidrez-moi comme demissionnaire (28).

(26).-- Le Lycie Toussaint-Lovuorfure. est une attestation, des efforts
-sn'iwu 'lftnstre Danel FINOLCE pour metire la culture s6-
cqndaire a la porter ldes fils. des pauvres e. de ceux de I'e-

-25-






iL lnd;.aia j'r-vei u 1 Ejis et je souzmtttais au
MPriSnt dh FI Ge:O la -''i; Ie. des Professeurs quMaMifj -
p.uvA.nt fire foakctonner it Lycc qui oDre c2 . .L.2 des
an avec 4, ) ;t 2 SAixitenea.
Jt. dL;a d;i- ; Asieurs, q.ue n'a p^:3 trouv Ldans kis
p'a'ci; d& conurat 'idSI5e i srebi avoir :'..' IEsfctii
*1u pLt ns canr 'porter de Seur
:* L Sa se pour veir ouvir de r.cc -Q. Eces dam lt
SF J p Je penu qe anoUs avons suHisamrer rt I.' n i.'*
At ue mum S W.ls no snu.mit pas, 1i conviendarat e

2hs :Lui p'ouraittutt esa sieu^e!riti; !e comb're. QuLse awiro 8i
ion al da la condeJte de e :stittrice cer-
stanes S;iis 1 1?.. -- i! conviendrait aIx Services
it.; ,,( tl ^ DrcCct1din G^nrale de aEducatlin 1-0T:.
alTe pnd9 c bur r mp-li e .*. .- qsec rain
jiAIt5 JocL;io.L.-. .. .C In..m .t *as sur des roulette d.

1i" s t1 1a dVt et .'ct A ne idbEz d.' S'..:.
Ij nc yz ,'en 3..ir, *ous samonies pays jeune
(4)), c'est n) t. du,. nou's z3ornme uin py- neuf, nmamis apr-s
l'J a- Ar ena cominrs ;nt faith S'-psiencs des bhmmrs et des
chowa dZ ce :a ,'s Ct uMi psIerent piendre des responssbiki
teh. r .' ne ptaouvons ps posger 'CT tre eistence e accsptr
q:L; '. l-.; 4 ; tut -po :;Ces, jucRlqi b -ayer -s nE.
I d:it y ,ci;r ciao dAiA\.3 de l'Adkministration publiqrer
oaD' .2f'nc cl C. U cuminE e 2;i .:-.'. patient Sre Ypipes l&

A s ,pb,. dea Sorjrs de b ''; :-je, je Itis appete t voter?
Khc''.<.. io j;u pSs a E alcoal n dJsc quakiaos di
croC ';-; n_- du; &gsnia. Li .ist pa3 S .-';'ii. + i po
,u ; /' it .e ondiios3 da !- uellees *.-ti on pri-
: e'i '.. ; .. .ans le niUliae 'aus om q; est sren-
Ag'i.i., 01%n 1.u2a Staib* B luwiSre dies Lcin ist 1i des pr'r ?-Q
W;S3 : i,; r. .* m1.-I:D.: t r i;nairTC, ..' -es S cturs mettent

Ji .ulsi *:s.nlt usetir d ld'-empria die fCrmas;son Teienti-na
(IVY ) 1- ?:; n9 bJlt pO4 p1 ,unrf psffi j ns a s, senn e ''ifi


-2 A..





'utre jeunesc en cetard. On n'a qu'a suiwe Ic processus de
de la culture T"pimaire dno le milieu pour VOwI U .. -.
ns filles ne puvenat :.:^L- au ";. ur. :.. -
ou 19 ans alors que ces jeuneo files, en suivanit les course
.'..:: ms ga&rgon, cussmet pu ateirndre Er p' osZ .onL
Cou iur seeodae cc asme ags Cestdoe qci dc. Oifi
k'on des ".: a.".L de la .:.::-N 'ima"' dtin a (IV.r -.
t;oi'r i 0 y a u.e perte de temps r;..:. .1
'MesaAaurs, n'ayalnt pas tro2ave dt-ns I &s & Co-, c
u:e id6e bO'rdant: qi eQt pu rme permcettr dE o. .(.
tscInrt un vote &verame e Ro- n'ayrd pa to n
cetto ide ob(sdante qui projettcrait dns m'n ,:rit ,-'---
iumisre, j'ai so lci t la parole pour ; que ,j vGL'o can
ies coniusians du RF i:.c; te contre le Co1tr. (..

Q :t. Cgonsilde ; cp-ccarki d "a s&ene LdK Ao r i C i J i t?
2 la Ctnamfs de D&.tals.


-27=





m ym ,ouiestion de Sala ireItini 1mm 4 3 ra,


INTERVE ;TION DU DEPUTE DANIEE :FrGNOLE A LA'
SEANCE LU LUNDI J 'UILLET 1952 DE LA CH-AMBRE
DES DEPUTES.- "
MONSIEUR LE'DEPUTE' DANIF L Ft" NOtE : VIon-
sieur le Secr6taire d'Etat (31), nous vouloQnsprofiter de votre
presence. au Banc de,, I'Executif pour attire' yotte attention
sur un fait, sur un problemm. dontJl ~' .uaT a. propose
une solution, mais une solution qui attend deti-eingteree dans
les faits par une .11.La question vhintfre pr ., ecrei
puisqu'il s'agit des Fetes dur.ler Mai de .ic fte a neaJl,-
casion desquelles le Pr6sident de la R6publique eut a faire
une declaration sensationnelle qui a W6t tout de suite -captie-
par ceux-la qui se sont penchs. sur le problhroe .e.l'amiliora-
tien des condi tions de vie des 6conomiquementea-ibles. Le Pr&
sident de la Rfpublique eut a declarer que des instructions
ont Wt6 passes aux Secrftaireries d'Etat de I'Economie Na-
tionale, du Travail et des FTiiances pour que le salaire mini-
mum du travailleur de l'Etat soit porter a 5 gourdes par jour
(32). I1 va sans dire qu'une telle measure doit 8tre bien accueil-
lie. Mais il nous est arrive de nous heurter a ctrtaines diffucul-
tes (33)11est. vrai de dire, pour &tre consequent avec nous-
meme, que certaines entreprises d6clarent avoir donn6 satisfac-
tion au Gouvernement en. accordant le .alaire minimum de 5
Gd s. a' x travailleurs, mais 1'1 honorable Secretaire d'Etat vot dra

(31).- Clement Jume!le.
(32).- Celle question de salaire minimum fut pose par mon part depuis
1946, comme l'atteste le journal "CHANTIERS" dans l'edi-
tion du 15 Juin 1946. Cette question allait trouver sa solution
sous administration de Daniel FIGNOLE au M;nistQe de la
Sante Publique. J'ai personnellement resolu partiellement la
la question en faoeur de plusieurs syndicats. Voir mon outrage
intiuli: CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DU MOVEMENT
SYNDICALE EN HAITI"
(33).- On se rappelle que le-D)putl FIGNOLE recommanda au Mi-
nistre de l'Education de prvooir le salaire minimum de 150 Cour-
des dans ta loi modifiant I'article 1I de la loi Diambois et au Bud-
get de I'Exerciee 1954-1955.

-28-
-Ti-





bien donner cette garantie aux economiquement faibles, 4
savoir qu'il conviendrait pour l'Ex&cutif de r6gulariser une telle
situation par une loi. 11 y a plus. Une telle entreprise de la
part de l'Ex6cutif aura certainement des incidences dans le
monde des travailleurs qui n'appartiennent pas tous aux entre-
prises de l'Etat.
11 conviendrait done de poier un premier problme a savoir
qu'il imported de rendre une loi qui donne pleine et entire
satisfaction, qui permette aux intiress6s de pouvoir d6fendre, a
l'occasion, leurs int6rfts. Une loi qui vieiine int6grer dans un
legislation (34) les paroles du Pr6sident de la R6publique.
I1 faut 6galement envisager cet aspect de la question, a sa-
voir qu'il n'y a pas que certain travailleurs de l'Etat qui
soient des 6conomiquement faibles. Il y a ceux des autres entre-
prises priv6es qui voudraient b6n6ficier de la sollicitude de l'E-
tat. Et je ne crois pas que le Departement du Travail soit par-
tisan d'un DISTINGUO vraiment regrettable entire le salaire
minimum a accorder au travailleur de I'Etat et le saiaire mi-
nimum a accorder a ceux des entreprises industrielles et com-
merciales.
J'aitenu a attirer l'attention du titulaireduD6part. du Travail
sur la question pour voir dans quelle measure ce D6partement
peut entreprendre d'int6grer dans notre Lgislation la pens6e pre
sidentielle,et pour tviter que les &conomiquemen faibles des en-
treprises priv6es ne patissent d'un DISTINGUO qu'il y aurait
mauvais gout a 6tablir. Je demand done au Secr6taire d'Etat
de bien vouloir nous dire sa pens6e a savoir si ces 6conomique-
ment fables peuvent s'attendre a voir l'Ex6cutif r6gulariser
leur situation par une loi diff6rente de celle de D&cembre 1947
qui n'accorde que 3 gourdes 0O centimes.


Quand je dis DISTI NGUO voici exactement ma pens6e je veux
obtenir des garanties pour l'une et l'autre classes, c'est a dire
une loi qui permette aux travailleurs de 1'Etat de revendiquer
mais qu'aussi les travailleurs des er treprises commercials
industrielles, agricoles, puissent se baser sur une loi pour re-
vendiquer au mome ,t opportun.

(34).- Lato sensu


-29-





L'honorable.Secr6taire d'Etat a rappele les echelles de sa-
lires. Nous sommes d'accord avec lui. Mais la question que nous
avons pose 6tait base sur ce que nous appelons le SALAI-
RE MINIMUM ou encore le MINIMUM VITAL. Or l'ArrWt6
portant creation du Conseil Sup&rieur des salaires veut que soit
applique r6guliirement la loi sur le salaire minimum. Et alors
Secr6taire d'Etat, vous savez mieux que moi que si votre
Conseil des salaires se base sur une legislation (35) qui n'est
pas abrog6e, il est difficile pour certain secteurs des entrepri-
ses priv6es d'obtenir satisfaction.
Au moment ou nous parlons il existe une loi. On ne vous
dit pas d'aller pr6ssurer les organizations industrielles, et com-
merciales. Mais les &conomiquement faibles ont des droits. Et
puisque vous repo-ez 'augmentation possible des salaires des
travailleurs de l'Etat sur le Budget que nous appelons une loi
annale, il faut qu'eux aussi ils puissent baser leurs revendica-
tions sur une loi.
Nous n'entreprendrons pas aujourd'hui de longs d&bats sur
la question, mais nous vous disons en passant que votre Con-
sell Sup6rieur des salaires est bas6 sur un simple Arrit6 qtui n'a
pas force de loi permettant aux 6conomiquement faibles de bien
poser leurs revendications.
Vous avez fait remarouer que certaines entreprises re peu-
vent pas accorder le salaire minimum. Mais dans une loi de
1947 on a fait le DISTINGUO quant aux manieres de payer.
11 y a des travailleurs qui recoivent sur le b6n6fice certain pour-
centage. Mais a la lumiere de ces memes dispositions de lois
qui vous permettent de r6soudre le problIme pour des ertre-
prises qui ne peuvent pas donner satisfaction quant a une 6chel-
le de salaire considerable, cela n'emp&che pas que vous veniez
avec une loi qui manifeste' une certaiae amelioration quant
au salaire minimum qui est encore r6gi par la loi retrograde que
la pens6e pr6sidentielle a bouscul.e. t
Je vous parlais des salaires de 3 Gourdes 50. La question
m6rite I'entiere attention du Gouvernement de la Ripublique.
J'ai dit qu'une pareille loi doit avoir des incidences dans d'au-
tres categories de travailleurs. Vous avez parl6 d'echelle dle

(35).- STRICTO SENSU: La Loi de Dicembre 1947 sur le salai-
re minimum.


-30-






salaires. Mail jt pense qu'une loi sur Ie salaire minimum vier-
dra apporter quelque amelioration aux economiquement fai-
bles et du coup certaines gens qui ont subis quelques injusti-
ces pourraient se baser sur une loi du Gouvernement pour re-
clamer.
Tant que le travailleur est r6gi par la loi du salaire minimum
de 3 Gourdes 50, vous comprendrez qu'il existe des cat6garies
de travailleurs qui ne pourront pas obtenir certaines atfieliora-
tions.
XXX

En plusieurs occasions le D6put6 FIGNOLE a tent6 de on-
tourner les mauvaises dispositions des Ministres J.D.CHARLES
et Clement JUMELLE A props de l'aogmentation du mini-
mum vitale. A l'occasion de I'examen de la loi 6tablissant une
6chelle des appointments dupersonnel de la Secr6tairerie d'Etat
des Cultes, le D6pute FIGNOLE,, Rapporteur du Comit6
competent, attira attention de ses Collegues sur l'opportunit6
de presenter une loi confdrme A la d6clatation du President de
la R6publique relative au salaire minimum de 5 Gourdes. Le
Depute FIGNOLE obtint l'adhesion des Membre du Comi-
t6 et du Ministre des Cultes. Dans 1t Rapport prEsent& par
le D6put6 FIGNOLE au nom du Cornit6 des Cultes on lit ce
qui suit :
-A I'occasion de l'examen de l'article ler le Comit6 a attire
l'attention du Ministre des Cultes sur la necessity de met-
tre h execution les instructions pr6sidentielles qui veulent que
le salaire minimum des Travailleurs de l'Etat soit de 150 Gour-
des. Vos Commissaires ont obtenu du Ministre responsible que
l'echelle des salaires du Garcon de Bureau varie de 150 a 200
Gourdes au lieu de 125 a 175., (36)

(36).-- Consulter le journal "CONSTRUCTION". Edition du Mer-
credi 24 Decembre 1952.


-71-






Le Deputy Fignole r6clame pour le chauffeur
aussi..

A la seance du Mercredi 16 Juillet 1952 de la Chambre
des Deputes Monsieur Daniel FIGNOLE intervient dans la
discussion des conclusions du rapport relatif a un nouvel ame-
nagement du Departemeat de l'Economie Nationale. A pro-
pos du salaire du Chauffeur voici le compte-rendu du
journal "CONSTRUCTION" (37).
,Le Deput6 Daniel FIGNOLE laisse entendre qu'il n'y a
pas lieu de tenir compete de l'avant-dernier paragraph du Rap-
port qui demand de ramener les appointments du Chauffeur
de 325 a 300 Gourdes.
Cette disposition du Rapport, dit-il ne saurait 6tre main-
tenue, 6tant donn6 que le Chauffeur lui aussi, a des res-
ponsabilitEs par ces temps de vie chore.
,Sa proposition est vote. Les appointments du Chauf-
feur demeureront a 325 Gourdes (38).

(37).-- Consuller le journal "CONSTRUCTION", edition du Diman-
che 20 Juiilet 1952.
(38)-- Voir le prochs-verbal de la seance du Mercredi 16 Juillet
1952 de la Chambre des Deputes.


-32-






Et les Gargons?

Voici des idWes qui furent 6mises au vote de la loi craant
une nouvelle &helle d'appointements pour les Employ6s du
D6partement des Relations Ext6rieures (39).
MONSIEUR LE DEPUTE ROSSINI PIERRE.LOUIS:
Les Garcons ne sont-ils pas des employs?
MONSIEUR LE SECRETAIRE D'ETAT DES RELA-
TIONS EXTERIEURES (40): Ce sont des serviteurs a ga-
ges qui ne sont pas pr6vus dans les diff6rentes categories
d'EmployCs.
MONSIEUR LE DEPUTE ROSSINI PIERRE LOUIS:
Je crois qu'ils sont aussi des Employes au D6partement des
Relation Ext6rieures.
MONSIEUR LE SECRETAIRE d'ETAT DES RELA-
TIONS EXTERIEURS: Si vous voulez mettre une sixibme
cat6gorie, je ne vois pas d'inconvenient. On s'est arrWt6 aux
Dactylographes. Dans tous les D6partemens Minist6riels, on
n'a jamais class les huissiers (41). II n'y a pas une cat6go-
rie pour eux dans la pr6sente loi.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: L'inter-
vention de l'honorable CollguePIERRE-LOU1S a toute-sa va-
leur. Si vrai que nous ne devons pas consacrer une loi qui
vienne etablir deux po;ds et deux measures, puisque nous avons
actuellement I I'examen du Comit6 competent une loi re-
lative au salaire du personnel du D6partement des Cultes
dans laquelle est bien pr&vue cette categorie d'employ6s, Je

(39).- Consuter le procs-verbal de le seance du Lundi 28 Juillet
1952 de la Chambre des Deputls.
( 40).-- Albert Ethiart.
(41).-- Monsieur Albert Ethiart a pris deux attitudes antinouques :
comme Ministre des Cultes Il a effeclug sur le Bureau de la
Chambre une Loi pr~ooyant que les huissiers forment une ca-
tlgorie d'emloyes!...
Et puis, on peul se rappeler que sur la proposition du De-
pati Daniel FIGNOLE les petits employes don't il es ici ques-
tion, les garfons et huissiers sent reconnus par la lot comme
une categories dEmployis du Dapartement de l'Education Na-
lionale Le Ministre J.D.CHARLES donna son accord a la
maniAre de voir du Deputl FIGNOLE.


-33-






me proposals de prendre la parole dans le sens du D6put6
PIERRE-LOUIS.
C'est une loi d'administra tion. Cette loi d'administration
doit s'6tendre a tous les indivicdu, a toutes les personnel
qui rendent r6gulierement service au rouage administratif. En
consequence il y a le haut personnel, au sommet de l'echelle,
il y a les Ambassadcurs, le Secretaire G6neral, les Direc-
teurs; mais au bas des degris de l'echelle il existed des gens
don't le travail doit 8tre garanti comme pour les autres...
i Mettez-vous en t8te un garc.on qui a consacr6 25 ou 30
ans de son existence au Departement des Relations Exte-
rieures et qui a l'age de 60 ans ne puisse rendre service.
11 faut qu'une loi lui donne droit L la pension. Je crois
qu'il serait de mauvais goOt de ne pas le faire figure dans
u.ne categorie. Je n'ai pas l'initiative des lois de defense,
,mais c'est une suggestion que jefais. Puisque ces gens ten,
dent service a un titre quelconque dans votre Administra-
tioni, je proposerais de les faire entrer dans une categorie
qui aurait une Achelle de salaire de 150 -225 Gourdes.
Je ne propose aucune d6pense, puisque je n'en,ai pas l'initia-
tive. Mais ces petits Employ6s existent dejh. On pour-
rait prEvoir pour eux une 6chelle de salaires qui leur per-
mette de se baser sur une loi pour revendiquer ou pour
demander une amelioration de leur situation. Aprts avoir ser-
vi l'Etat pendant longtemps, ii faut qu'il puisse dire a un
mrcment donned; au nom de la loi je demand qu'on prenne
cas de ma situation dars mes vieux jours. Je crois que ce
serait human.
' .' ', . . 0 . . o .
MONSIEUR LE DEIUTE DANIEL FIGNOLE: Mon in-
tervention voudrait avo;r une vue plus large et une autre pr r-
tee. Nous vivbns une 6pnque oi les lois que nous rendo ,s
doivent manifester la conception que nous nous faisons d& la
societ6;.que nous organisons. II est bien entendu que le Gar-
cons ou le ciieur du parquet ne doit pas gagner ,autant que
le Secretaire G6neral. Mais on doit le considerer comme un
komme faisant parties du. rouage administratif. 11 a lui aus.
si une personnalit6. Je !ie veux pas le consid6rer comme un
extra-legal ou un extra-constitutionnel. II rend service a un


-34-





titre quelconque a votre Administration. II est un homme;
il est un haitien, son cas doit etre prevu par une loi regis-
sant la matiere. 11 est ci eu:, c'est entendu. Mais nous som-
mes places pour rendre une loi qui manifesto le souci de
consid6rer une echelle de tous les employes a quelque degree
qu'ils puissent etre. Nols re l6gif6rons pas seulemert pour !e
Secr6taire General, pour avoir l'honneur de voir son nom-fi-
gurer au- Budget G6n6rat de la R6piblique. Nous 16gif6rons,
nous autres, pour tout le monde. Nous ne legiferons pas pr&"
cis6ment pour consi l6rer la port6e de certaines forctions, l'al-
lure ou la preparation scientifique de ceux aui les occupent.
Messieurs, nous voyons l'homme haitien, nous apprecions son
travail et sa maniere de servir la R6publique.
Lorsque nous rendons des lois, elles doivent pouvoir 6ten-
dre leur solicitude a tous les 616ments sociolegiques de notre
Communaut6- Vous leur accordez 150 Gourdes par mois. Mais
pourquoi ne pas pr6voir dans votre loi organique une cat&-
gorie d'Eniploy6s qui leur permette de dire: a nous autres
aussi la dignity d'homme est conferee Nuus sommes reconnus
par les lois de la Republique nous avons une base i~gale,
ur.e base juridique de revendication. Mesieurs, Jn peut pr6voir
le cas ae ces gers Jans une loi tendan, u,:e distributionn d'ap-
pointements, bien que ces chiffres se Irouvent dans le Bud-
get.
Nous savons que la loi budg6taire est une loi annale et
qu'on ne peut pas se baser sur le Budget pour .revendiquer.
Ce que .nous dorinons dans le Budget, les circonstances peu-
vent nous porter a l'augmenter ou P le diminuer. Voyons
l'homme haitien tout court. Ne nous arrktons pas seulement
A nos illustrations sur le plan des Assises internationales.
Ne nous arrntons pas aux lumieres que nous repr6sentons
au Conseil des Secretaires d'Etat ou au Parlement.
Nous 16gif6rons pous tous les individual. Voyons l'homme
haijien que nous voudrions pousser vers plus de science, plus
de culture, plus de justice au sein de la Communaute.
Je demand qu'une derniere cat6gorie soit prevue dans la
loi organique. Les garcorns et les huissiers ne doivent pas
etre des extra-16gaux, des extra-constitutionnels.


-35-






Quand le D6pute Daniel Fignole D6fend
la cause des Instituteurs.


MEMORANDUM DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA COMMISS ON CHARGE D'EXAMINER LA PETITION
DE L'UNION NATIONAL DES INSTITUTEURS HAl.
TIENS (42).
Je reconnais le bien fondE de la petition des Professeurs
des Lyc6es et des Instituteurs des Enseignements Urbain et
Rural. Mais, parce que la measure doit s'6tendre a tous, la
Commission ne peut consider une 6chelle de salaires qui
viole la Constitution (43) et la Loi du 23 Mai 1952 (44).
Cependant une sensible amelioration des conditions de tra-
vail des Professeurs et Irstituteurs pourra etre obtenue si
la Commission du Budget -(45) et la Chambre entrepren-
nent de recommander a 1'Executif les measures suivantes:
1.- ENSEIGNEMENT PRIMAIRE URBAN ET RURAL
a).- Augmenter dans des conditions r6gulibres (46) et rai-
sonnables le nombre des Instituteurs de lIre et de
24me classes.
b).- Inscrire au Budget un salaire minimum de 250 Gour-
des en faveur des Instituteurs de 3eme classes actuelle-
ment en fonction (47).

(42).-- Le DepulE FIGNCLdE fut Membre decette Commission.
(43 )..- Le Diputi FIGNOLE fut oblige de proposer une augmenta-
lion dans Ie cadre de I'chelle des salaires preiue dans la loi
en oigueur. Car. dit la Constilulion en son article 140 :
AUCUN CHANGEMENT NVE PEUT ETRE FAIT
SOIT POUR AUGMENTER. SOIT POUR REQUIRE
LES APPOINTMENTS DES FONCTIONNAIRES PU-
BLICS QUE PAR UNE MODIFICATION DES LOIS
Y RELATIVES".
(44).-- Loi volte par le Corps UIgislatif sur l'initiative du Minis-
ire J.D.CHARLES.
(45).-- Le Deputs FIGNOLE ful aussi Membre de la Commission
du Budget.
(46).-. Cest a dire en observant ia Constitution d la lol regissant
la matiere. 11 fault se rappeler qu'une pareille loi n'st
pas d'inilialioe parlemenlaire.
(47).-- Dans l cadre de la loi qu'il n'aoail pas le pouvoir de


-36-





11.- ENSEIGNEMENT SECONDAIRE


L'Executif a bien voulu prevoir une augmentation .d'appoin-
tements dans. 1'ordre de 154.000 Gourdes en faveur des Mem-
bres du personnel des Lyc6es. Sur ce point il convient d'en-
courager les bonnes dispositions de l'Executif en montrant
les consequences heureuses des mesur.s suivantes:
a).- Augmenter dans des conditions r6gulieres le nombre
des Professeurs de lre et de 2eme classes.
b).- Inscrire au Budget un sa!aire minimum de 325 et
300 Gourdes en faveur des Professeurs de 3ime classes et
des Professeurs Suppliants actuellement en function.
111.- Ces satisfactions obtenues, les Professeurs des Lyc6es
et les Instituteurs pourront s'attendre a voir le Gouverne-
ment rendre une loi qui ktablisse une echelle de salaires
en function du coot elevE de la vie et de le mission d6-
volue a une considerable categorie de travailleurs intellectuels.

23 Juillet 1952

Daniel F1GNOLE (48)


modifier, le D puti Daniel FIGNOLE proposa tout ce qui
detail possible en faveu, des Instituteurs d'Enseignement urbain
ei rural et des Professeurs des Lycies.
(48) -- Ce Memorandum du Commissaire Daniel FIGNOLE est insi-
ri dans le Rapport favorable aux Instituteurs et Professeurs,
prisente a la Chambre et vot l'unanimitI. Consulter. Ie jour-
nal "CONSTRUCTION", edition du Mercredi 13 Aodit 1952.
11 faul se rappeler que c'est une intervention du Deputi
FIGNOLE qui porta l'Executif a accorder dans le Budget de
I'Exercice 1954-1955 une augmentation de salaires aux Ins-
tiluteurs d'enseignement rural et primaire urbain.


-37-






Le D6pute Fignole et les travailleurs
injustement traques.

INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA SEANCE DU JEUDI 11 SEPTEMBRE 1952 A L'OC-
CASON DU VOTE DE L' ENSEMBLE DU BUDGET DU-
DEPARTEMENT DU TRAVAIL.-

MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE :Mes-
sieurs, a l'occasion du vote de l'ensemble du Budget du De-
partement du Travail, je tiens a attirer l'attention du Secr&-
taire d'Etat du Travail sur la some considerable que nous
consentons a allouer pour le lonctionnement normal des services
d'inspection-
On sait qu'A I'occasion des evenements de 1946, le people
haitien et le monde des travailleurs ont eu a conqufrir une
certain situation dans le pays. En votant le Budget nous es,
perons que les inspecteurs asserment6s contribueront a faire
du D6partement du travail un organisme qui accord toute sa
sollicitude au monde des travailleurs.
Pour ce qui m'est personnel, je n'ai jamais Wte partisan du
d6sordre. Mais a la lumiere des doleances que j'ai revues en
ma qualiti6 de D6put6, il me semble que, lorsque des travail-
leurs demandent quelqu'amelioration de leur sort, il n'est pas
toujours laiss6 aux Inspecteurs du Tiavail l'opportunit6 de jouer
leur r6le. Je demanderais au Secretaire d'Etat du Travail de
bien vouloir jeter un coup d'oeil de ce cot6-li et meme de me-
ner enquite.
Des travailleurs se plaignent de ce que souvent, A l'occasion
des demands qu'ils formulent dans le but d'obtenir une ame-
lioration de leur situation, ils tombent sous la pression de
1'intervention de certain organismes qui ne semblent pas pla-
ces pour connaitre de ces questions.
Sur ce sujet, j 'ai ma conception de l'organisation des ser-
vices publics, et je suis un homme d'ordre. Je respect la dis-
cipline d'un service donn6 lorsqu'il intervient a bon escient et
conformement i la loi.
Lorsque des travailleurs demandent augmentation de salaire
et qu'ils ne manifestent pas le d6sir de trouble l'ordre public,


-38--





je crois que c'est au Departement du Travail d'intervenir en
premier lieu. Si ce D6partement estime que l'ordre public est
menace, il peut alors, et alors seulement, demander l'interven-
tion de certain force pour maintenir la paix dans le pays.Mais
tant que la paix n'est pas menace, je crois que nous devons
permettre aux gens de demander justice. Et il n'est pas re-
commandable d'exercer une certain pression sans avoir 6cout6
les dol6ances des travailleurs.
J'ai profits du vote de l'ensemble du Budget du D6parte-
ment du Travail pour attirer l'attention du Secretaire d'Etat
competent sur le fait que nous gagnerions, nous Gouvernants,
a accorder une r6elle protection N ceux qui, sans aucun d&
sir de trouble l'ordre etabli, pourraient se trouver dans la n6-
cessit6 de demander quelqu'am6lioration de leurs conditions de
travail.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: J'ai entendu
la garantie donn&e par le Secretaire d'Etat, a savoir qu'on
prendra toutes sortes de precautions pour sauvegarder les
droits des travailleurs, lorsque surtrut, ils ne tiennent pas &
trouble l'ordre public.


-39.-





Le Cas des Garqons et Menag&res du
D6partement de la Justice.-

INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A LA
PREMIERE SEANCE DU JEUDI 11 SEPTEMBRE 1952
A L'OCCASION DU VOTE DU BUDGET DU DEPARTE-
MENT DE LA JUSTICE.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Messieurs,
je revi ns toijoJrs, et je persiste a revenir h la declaration
formelle de Monsieur le President d la R6publique, faite
le premier Mai dernier. Une telle declaration, est un acte d-
Gouvernement. Or, aux terms d'une article de la Coiistitu-
tion les Secretaires d'Etat sont responsables des actes du
President de I R6publique. Je peux meme dire qu'aucune
measure du President de la R6publique ne peut 8tre prise
sans d6lib6ration pr6alable au Con eil des Secr6taires d'Etat.
Quand dorc la Pr6sident de R6publique a fait une d6cla-
ration disant que les gagne-petits de I'6chel'e administrative
doivent gagner 150 Gourdes par mois, c'et une declaration
sur laquelle le Conseil des Secretaires d'Etat a d6lib&r6.
II y a plus. Les garcons les m6nageres cette cat6gorie
que visit la declaration pr6sidentielle ont b6n6fici6, dans
d'autres D6partements minist6riels. du voeu du President de
la R6publique tngageant le Cabinet Mini teriel. Je ne vois
pas pourquoi une exception serait faite pour le D6parteme it
de la Justice.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Vous n'&-
te pas en cause, Monsieur le Pr6sident. L'honorable D6put6
ZAMOR avec, je ne dirai pas sa fougue habituelle, vie it de
dire que la d6clar ition presid-ntie:le ne lie pas la Commis-
sion du Budget. Miais au moment o6 nous d6lib6rons, nous
avons parmi nous le Repr6sentant de l'Ex6cutif qui est ap-
pelE a int6gier dan les faits la ,;ens6e pr:ridentielle, a son
titre de Ministre de l'Economie Nationale et de grand argen-
tier de la R6publique (49). C'est le moment pour nous de pr6-
senter certaines revendications.
On nous parole d'une loi organique r6gissant le matiere.
Est-ce que cette loi pr6voit le cas des m6nageres et des gar-
k 49).-- Alexandre DOMINIQUE.


-40-





cods? Si on ne peut pas nous opposer la lettre de la loi
nobre revendication demeure, et je vais vous mettre en
face de vous-meme.
Si vous ne tenez pas compete de cette augmentation, vous allez
cr6er un DISTINGUO deplorable. Car vous aurez aceord6 a
certain employs la faveur d'une augmentation, alors que
cette augmentation sera refuse a d'autree travailleurs de la
mame cat6gorie. On ne fera pas valoir une affaire de huit
heures de travail par jour; car on pourra vous objecter que
d'autres D6partements ministeriels mettent a execution la re-
commandation pr6sidentielle.
Vous cr6ez un distinguo deplorable. Je m'oppose a cette fa-
gon de voir.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je
regrette de ne pas pouvoir etre d'accord avec le Ministre
des Finances.
Evidemment je n'irai pas tres loin, puisqu'il s'accroche a
sa maniere de voir que je trouve sans fondement. Je me con-
tente de dire que je ne peux approuver une telle concep-
tion du travail des employs des derniers degrees de l'chel-
le administrative.
Naturellement, le Ministre des Finances a trouv -- et on
s'y attendait des raisons pour justifier ces chiffres qui eta-
blissent un distinguo deplorable entire les travailleurs de m&-
me cat6gorie. On a Ut6 jusqu'a dire que la declaration pr&-
sidentielle ne concern pas ces travailleurs. Nous 1'avons re-
tenu. Mais quand nous aurons A opiner de facon s6vire sur
l'ensemble des declarations minist6rielles, qu'on ne nous accuse
pas d'exag&ration, parce que nous nous sommes faits le devoir
de souligner et de retenir les declarations publiques des Se-
cr6taires d'Etat.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Si nous
prenons le cas de la menagere de la Chambre des D6put6s,
au moment ou nous parlons il est midi moins vingt -
si nous avons besoin d'un verre d'eau, nous requerons la
presence de la menagere et elle est a notre disposition.
Et je me rappelle qu'alors que j'6tais Ministre j'avais aussi
des menageres a ma disposition. Mais a aucun moment,
respectant d'ailleurs ma position de leader des Travailleurs, je
ne les ai maintenues dans une situation peu recommandable.


-41-






Le Deputy Fignol et les garcons
des ecoles rurales.

INTERVENTION DO DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
L'OCCASION DU VOTE DU BUDGET DU DEPARTE-
MENT DE L'EDUCATION NATIONALE.- SEANCE DU
VENDRED1 12 SEPTEMBRE 1952

MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE : Je me rap-
pelle avoir eu 1'honneur d'etre Membre de la Commission du
Budget l'ann6e derniere. Je me suis fait le devoir de contribuer
avec mes collIgues a bien poser la question quand ii se fut agi
des gagne-petits ou de ceux-la qui occupent les derniers degres
de l'echelle des salaires. Nous 6tions d'accord qu'ils eussent
dG gagner 105 Gourdes (50). Cette declaration 6tait formelle.
Aujourd'hui on en fait d'autres a l'eccasion de certaines con-
jonctures.
J'ai demand des precisions. A l'occasion de toute intervention
il faut une base logique sur quoi on peut conduire les d6bats. Je
memontre toujours logique sur ce point, j'ai voulu obtenir
des declarations pr6cises du titulaire int6ressE A propos du sa
laire accord l'ann6e derniere, il avait 6te dit que ces garcons
dussent gagner 105 Gourdes.
Or, il m'a Rt6 rapport h mon Bureau personnel de D6pu-
t6, que certain garcons ne gagnaient pas au-dela de 68 Gdes.
Comme on le voit, je respect les Membres du Pouvoir
Executif, je me respect, moi-mime ...
J'avais voulu me baser sur les declarations qu'aurait a faire
le Secr6taire d'Etat pour demander qu'on prenne des disposi-
tions pour que les gargons arrivent h toucher a la fin du mois
l'int6gralit6 de ce qui avait 6te prevu. C'est dans ce sens seule-
ment que j'avais tenu h porter la parole.
(50).- A l'occasion du vote du Budget du Departement de l'Education
National, le Diputi Fignoli port la parole et riclama en Juillet
1954, 150 gdes pour les garcons en service dans les coles urbaines
et rurales. Le Premier Depute de Port-au-Prince fit constater que
le DEpartement de l'Education est la seule administration de I'Etat
4 persister a n'accorder que 105 gourdes au travailleur, alors
qu'il aurait doa tre a l'avant-garde des tendances relatives a
l'augmentation des salaires des gagne-petits.


-42-






Le Deput6 intervient toujours en faveur des
gagne-petits des Departements Ministeriels.--

INTERVENTIONS DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA DEUXIEME SEANCE DU JEUDI 11 SEPTEMBRE
1952 A PROPOS DU BUDGET DES DEPARTMENTS
DU COMMERCE ET DE LA SANTE PUBLIQUE.

Le cas des Hoquetons
du Departement du Commercec

MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: 11 n'est
pas inopportun de rappeler que jusqu'a cette heure nous
continuous a avoir des Hoquetons a 105 Gourdes. On a fait,
ce matin, un distinguo entire les menageres; mais les ho-
quetons de tous les D6partements ministeriels sont des ho-
quetons.
Et d'autre part, je ne vois pas pourquoi nous persistons h
faire b6n6ficier de frais des gens qui gagnent de gros emo-
luments. Des changements ont 6t6 opphr6s dans certain
D6partements minist6riels. C'est 1'occasion pour nous de don-
ner satisfaction aux gagne-petits (49).

(49).-- Dans le Budget de l'Exercice 1954-1955 les hoquetons du
Departement du Commerce ont bgnEficie d'une augmentation
conforme a la demand du Deputi FIGNOLE.
Au vote de l'article 308 du Budget de l'Exercice 1954-1955
le Depute FIGNOLE fit une intervention en faceur des gar-
Cons, hoquetons, menageres, lavandifres. 11 obtien une aug-
mentation de salaire. II intervient particulirement en faveur
du Cargon du Bureau de control de la Tubeiculose, des bonnes
Centre de Sante de la Place de le CathEdrale, de la Lavan-
diere du Centre de Sante de la Saline et des Garcons du
Centre de Sante de Pition-Villle. Le Depute FIGNOLE ob-
tient pour eux 105 Gourdes.


-43 -





Au Departement de la Sant6 Publique

MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je de-
mande que l'on fasse b6n6ficier de la meme augmentation
don't il vient d'etre parl6, les surveillants, les bonnes men-
tionn6s a cet article 308.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Encore
une observation. A l'6numeration du paragraphe (A)
de l'article 308, nos voyons un Archiviste a 150 Gourdes.
Quelle doit etre sa preparation et dans quelles conditions
tiavaille-t-il? Ou bien il y a un Archiviste, selon le sens qu'on
accord a l'organisation des archives d'un service, ou bien
il n'y en a pas.
Je me demand quelle conscience peut apporter au fonc-
tionnement normal des archives quelqu'un qui accepted a tra-
vailler pour 150 Gourdes, si nous devons tenir compete de
sa caution d'intelligence, de sa caution mental.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Mais,
Ministre. vous avez bien dit que c'est un Archiviste. Vous
etre un technician en la matiere. On ne peut pas mettre
,EMPLOYE-. II s'agit d'un archiviste qui a la garde de do-
cuments pr&cieux.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Quoi qu'il en
soit,les documents d'un archiviste sont quelque chose, d'important.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: S'il s'agit
de statistiques vitales a cataloguer?... Si vous donnez au
mot son sens, et si celui qui lit sait ce que cell repr6sente,
mon intervention a son poids. Mais si l'on sait que la cho-
se n'est pas s6rieuse, et ne m&rite pas d'etre ,baptis6e, de ce
terme, je me tais (52).
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: C'est pour
demander a mes collogues et au Secr6taire d'Etat int6ress6
de bien vouloir intervenir a propos des appointments de
l'ouvrier-peintre. 11 n'est pas concevable qu'un Ouvrier, si
vous I'appelez ouvrier, recoive 125 Gourdes, par ces temps
de justice social.

(52).-- L'Archioisle don't le Depute Daniel FIGNOLE a dffendu la cau
se, binificie d'une augmentation de 50 Gourdes dans le Bud-
get de I'Exercice 1954-1955.


-44-






Pour Juges de Paix et Officiers de i'Etat Civil

INTERVENTIONS DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA SEANCE DU JEUDI 11 SEPTEMBRE 1952 A L'OCCA-
SION DU VOTE DU BUDGET DU DEPARTMENT DE
LA JUSTICE.-
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE:
Messieurs, on nous a envoys ici pour parler sur les
affaires de la Nation. Nous sommes obliges de parler.
J'ai laisse passer le vote des diffrents alineas sans solliciter la
parole, parce que, parait.il, c'eOt 6tC vain, 6tant donned que les
honorables Cammissaires ont fait 6tat de dispositions de lois
r6gissant la matiere. Mais s'agissant d'observations d'ordre g6-
nfral, il n'est pas inopportun qu'au vote de. 'ensemble de rar-
ticle concernant les Juges de Paix, les Suppl6ants-Juges et
les Greffiers, nous prenions la parole i 1'adresse de ceux-la
auxquels income la tache de distribuer la fortune publique et
la mise en application d'une certain conception de I'homme
haitien.
Certaines erreurs ont 6t6 commises par des Gouvernants, par-
ce que simplement ils 6taient appel6s a certain postes, sans
connaitre suffisamment le Pays et ses besoins.
Messieurs, on n'a qu'i jeter un coup d'oeil sur les dispositions de
l'article 505 dut Budget pour se faire une id6e de la conception
que l'on semble se faire de la distribution de la Justice dans le
milieu.
Hier A& 'occasion du vote des conclusions du Rapport, je me
suis appesanti sur le prestige qui doit se d6gager de la personna-
lite du Magistrat.
Messieurs, on ne s'arrete pas assez aux incidences graves que
peut avoir cette conception du Juge de Paix tell qu'elle se
d6gage de ce Budget.
Depuis notre arrive ici nous clamons cette question a l'en-
tenwnent du Repr6sentant de l'Ex6cutif (53). Nous nous trou-
vons devant la situation suivante : la loi ne permet pas d'aug-
menter les appointments. C'est une situation deplorable, Mes-
sieurs.
(53).-- Le Ministre des Finances, Monsieur Alexandre Dominiqu#.


-45-





Aussi, i'aimerars voir le Secr6taire d'Etat des Finance se fai-.
re le porte-parole de I'Assemblhe pour presenter devant qui de
droit l'opinion que je viens d'6mettre a propos de la situation
des Juges de Paix. .

XXX

Le Depute Fignol6
et les Officiers de 1'Etat-Civil


PREMIERE SEANCE DU JEUDI 11 SEPTEMBRE 1952.-
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE:

C'est pour dire que cette affaire d'Officiers de 1'Etat-
Civil & 150 Gourdes par mois doit disparaitre de notre Budget.
Un homme par devant lequel comparaissent des gens de tou-
tes les classes sociales, et pour des causes s6rieuses; un homme
qui donne a la R6publique des renseignements statistiques, cet
homme-la ne devrait pas poser ces actes pour des appointments
de 150 Gourdes. Cela reste une situation deplorable.
Aujourd'hui nous ne le votons pas de gaite de coeur. Mais
l'annee prochaine il faut que des efforts consid&rables soient
faits pour que nous ne trouvions pas un Qfficier de 1'Etat-Civil
a 150 Gourdes. Qu'il soit a Carrefour ou a Mombi Crochu ou
ailleurs, il doit avoir une personnalit6 au sein de la Cite oui i
a l'honneur de rendre service.
Messieurs, prenons la resolution de presenter des chose
qui montrent au lecteur qu'un progres sensible aura 6t,6 realis6
dans ce domaine.


-46-






A propos des contracts individuals de travail

Le journal ,Construction- dans le compte-rendu de la
seance du lundi 15 Septembre 1952 de la Chambre des De-
putes, ,a dit entire autres choses:
-Le DepuO FIGNOLE est a la tribune. Je voterais volon-
tiers ce project de loi, dit-il, s'il ne cachait entire les mains
du patron un cheval de Troie quant aux revendications des
travailleusr. Et alors que les Constitutions de 1946 et de
1950 ont toutes reconnu l'existence et le fonctionnement des
Syndicats, cette loi est venue censtituer un instrument de
mort pour les organizations des travailleurs. Elle d6truit le
principle du contrat collectif de travail (54).
-Les conclusions du Rapport sont votees. Le D6put6 FI-
GNOLE a vote centre.>,
,,Le D6put6 FIGNOLE propose a l'article 42 ure r6dac-
tion qui maintient en vigueur les dispositions de lois rglati-
ves a la signature de contracts collectifs de travail entire Syn-
dicats et employerss;
Voici l'article 43 vot6 par la Chambre et le S&eat avec
I'amendement FIGNOLE:
Art.43.- La pr6sente loi,. HORMIS LES LOIS REGIS-
SANT LES RELATIONS DE TRAVAIL CENTRE SYNDI-
CATS ET EMPLOYEURS (55), abroge toutes lois ou dis-
positions de lois qui lui sont contraires et sera execute .
la diligence des Secr6taires d'Et2t du Travail et de la JuA-
tice, chacun en ce qui le concern.

(54 .-- ,e Ministre du Travail Clement Jumelle a pensi presenter
une loi sur les relations individuelles entire Patrons et Tra-
vailleurs. Mais il n'a rien entrepris en faoeur de6 Syndi'cats
ouvriers qu'il aurait pu transformer en d'utiles collaborateurs
pour le Gouvernement en 16giferant sur les conventions col-
lectives. II a done laiss le travailteur seul en face ,du
patron en ignorant systimatiquemcnt I'insirument de combat
quest le Syndicall... On peut riglementer les conditions de
travail de ceux qui ne veulent pas appartenir a tin Syndi-
cat; mais ii n'est point recommandable de refuser la protec-
tion de la loi a ceux qui oeulent benificier de la garantie
des contracts collectifs.
(55).-- C'est moi qui souligne l'amendementFIGNOLE a la formula
abrogatoire.


-47 -





Pour les Professeurs de 1'Ecole
des Arts et M6tiers


INTERVENTIONS DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA SEANCE DU 12 SEPTEMBRE 1952 A L'OCCASION
DU VOTE DE L'ARTICLE 665 DU BUDGET.-

MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE:..... Je
tcrois devoir attirer I'attention de I'honerable S6cr6taire d'Etat
sur deux ou trois cas concernant I'Ecole Nationale des Arts
at M6tiers des Sal6siens. Je voudrais obtenir des renseigne-
ments & propos du Directeur de I'Ecole qui gagne 300 Gour-
des. Je voudrais savoir de quelle classes de Professeurs d'en-
seignement professionnel il fait parties. Je voudrais bien voir
justifier ses appointments.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: En g6n6-
ral je ne pose pas de question sans avoir essay moi-meme
d'obtenir des informations. 11 nous semble que les appoin-
tements soient ainsi fix6s:
lire classes ........ .. . 425 Gourdes & 625
26me classes. .. ........... 325 Gourdes a 400
3ame classes. ....... .... 225 Gourdes a 300
Je ne sais si le D6partement le veut ainsi, je ne tiens
pas A entrer de fagon peu recommandable dans les affaires
du Ministre. Mais je verrais de mauvais goat un Directeur
plac6 pour diriger, pour contrbler ce qui se passe, je congois mal
qu'il soit un employ de troisieme classes aux dires meme de
Monsieur le Ministre qui m'a r6f6r6 & la loi que j'ai sous les
yeux (56).
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: A par-
tir du moment oi Monsieur le Ministre vient avec des
informations, je suis d'accord. Je cherchais le moyen de don-
ner satisfaction & six professeurs qui ne semblent pas avoir
b6n6fici6 d'augmentation. C'est une ouverture que je cherchais
pour six compatriotes que je ne connais pas d'ailleurs. Mais

(56)..- Le Ministre fit aussi caloir que le religicux qui dirige. 'E-
cote est Hif au Gouernentent par control.


-48-





ils semblent &tre en grand nombre i ne pouvoir recevoir
que le seul chiffre de 250 Gourdes.
Je voulais simplement attirer l'attention de l'honorable
Secretaire d'Etat pour voir dans quelled measure et en con-
formite de ce qui est prevu dans le Budget, la situation
de ces six Professeurs pourrait etre prise en consideration.
D'apres une enquete que j'ai men6e, il semble que parmi
les des deux chefs d'atelier a 325 Gourdes, il y en ait
un qui a une carriere considerable B 1'enseignement profes-
sionnel. On se demand s'il n'y aurait pas quelque chose a
faire de ce cot6-la?


-49-






Le D6pute Daniel Fignole et les Chauffeurs.-

INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA SEANCE DU 22 MAI 1953 A L'OCCASION DE LA
DISCUSSION DU PROJECT DE LOI CREANT LE SER-
VICE D'lNSPECTION DES VEHICULES.-
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Messieurs
les D6put6s, le Secr6taire d'Etat de l'Interieur et de la Jus-
tice a d6pos6 sur le Bureau de la Chambre un project de
loi portant creation d'un Service d'Iuspection des v6hicules,
lequel service doit reliever du D1partement de la Police de
Port-au-Prince. Ce service, dit le project en question, a pour
thche d'assurer a travers tout le territoire de la R6publique,
sur les routes, dans les villes, sur toutes les voies publi-
ques l'ordre et la s6curit6 dans la circulation.
En prilicipe aucun D6put6 ne voudraik s'opposer a ce qu'il
existe et fonctionne au D6partement de la Police, un servi-
tendant a garantir la s6curit6 dans la circulation. Sur ce
point et pour ce qui me concern l'accord pe-ut etre total. Mais
je fais mes reserves quart aux conditions dans lesquelles la loi
doit etre rendue et applique. Dans quelle condition cette
loi est-elle 6labor6e et sera-t-elle ex6cut6e une fois vote par
le Corps L6gislatif?
Au,prime abord nous voyons que c'est un service que 1'Etat,
le Gouvernement cr6e, et nous constatons ceci: Ce service
devra fonctionner par le moyen de contributions des pro-
pri6taires de voitures automobiles.
Evidemment cet aspect de la question prate a discussion
et a contradiction, parce que, consid&rant t s taxes que paie
d6jh une categorie des &conomiquement faibles, propri6taires
de voitures, considcrant toutes ces taxes que tous les pro-
pritaires versent dans le Tresor Public, j'6tais en droit de
croire qu'il y a suffisamment de voies et moyens pour faire
fonctionner ce service qui sera cr66 par cette loi uaefois
vote par le Corps L6gislatif.
Cette loi veut que les proprietaires de voitures patient pour
les inspections mensuelles et t:imestrielles huit gourdes par
inspection (57). 11 y a plus, et quelque chose qui n'est
(57).-- Au vote de I'article en question la Chambre des Deputes


-50-




pas suffisamment determin.. A l'article 5 nous lisons qu'il
n'est pas seulement question des inspection mensuelles, mais
que d'autres inspections peuvent intervenir dans l'intervalle
des inspections r6glementaires. Messieurs, la loi ne fixe pas
le nombre de ces inspections.
Done nous ne savons et ne pouvons savoir a combien
d'inspections nous pouvons arriver dans l'intervalle des ins-
pections mensuelles et trimestrielles r6glementaires.
Messieurs, entendons-nous, s'agissant d'augmenter, les reve-
nus, il imported que l'acte de Gouvernement que le LUgisla-
tif pourra poser Y'accord avec l'Ex&cutif, il imported que cet
acte soit pris dans des conditions de raison et de sagesse.
Vous parlez de voitures automobiles; mais il y a un DIS-
TINGUO qu'il imported de faire entire les propri6taires.
Certains propri6taires peuvent &tre des gens vivant dans
l'aisance et poss6dant de forts capitaux; mais dores et deji
et au seuil meme du distinguo que je demand de bien
vouloir faire,'nous devons tenir compete de la notion de Justice
dans les lois que nous rendons.
J'avais pr6cis6ment tenu a prendre la tribune s'agissant
d'une cat6gorie de propriataires de voitures.
Messieurs, la voiture automobile pour certains proprietai-
res est un instrument de travail. AUons-nous taxer les yeux
ferm6s et tote baiss6e, le propriftaire de voiture automobile
don't la camionnette est un gagrie-pain?
Messieurs, sur le plan de I'ava cement social des travail-
leurs, une tell loi, da,&s c s conditions, ne se recomman-
de pas.
Pour des chauffeurs, j ai bien demand de faire un dis-
tinguo e.,tre les propri6taires de- voitures. II y en a et
c'est la r6alit6 qui vo:ent dans leur voiture un petit
capital plac6 et au moment o6 nous leur demandons de
payer huit gourdes par mois, il y en a qui viennent a peine
d'acheter leurs voitures qu'iis .'ont pas encore pay6es.
Messieurs, relisons la loi budgetaire, et vous verrez que
ceux-lI, ils patient I immatriculation des v6ticules, ils patient
d6ja une taxe sp6ciale sur les v6hicules, ils patient encore un
permis de conduire.
Evidemment ils doivent payer. Mais i y a un faith sur le-
accepta de porter a 5 Gourdes la some a payer pour chaque inspection.

-- 51 -





quel nous devons nous baser: d'oi tirent-ils cet argent?
-Du petit capital place, de l'usage de l'instrument de tra-
vail qu'est leur voiture automobile.
Messieurs, pouvons-nous, sans ce distinguo sur lequel j'ai
l'honneur" d'attirer votre attention, voter la loi en ques-
tion? Si nous le faisons, nous exag6rons certainement, d'au-
tant que nous n'avons pas determine le nombre d'inspec-
tions qui pourrent etre faites dans l'intervalle des inspec-
tions r6glementaires mensuelles.
Je me mets dans la peau de celui pour qui la camion-
nette est un petit capital et que nous taxons d6ja si lour-
dement. Je me mets dans la peau du chauffeur propri6taire
de voiture pour qui la voiture automobile est un instrument
de travail et que nous avons d6jA frapp6 assez lourdement.
Messieurs, j'en appelle a la sagesse de mes honorables Col-
ligues, quant a l'etude de ce project.
Tout au debut de mon intervention, j'ai eu l'occasion de
vous dire que si je donnais mon accord de principle quant
au fait par ce service des v6hicules d'assurer la s&curite de
la circulation, je faisais cette reserve que je ne donnais pas
mon accord a l'ensemble de la loi ainsi r6dig6e.


-52-





Le Deputy Fignold et les travailleurs haitiens
en R6publique Dominicaine


EXTRAIT DU COMPTE-RENDU DE LA SEANCE DU
LUNDI 13 JUILLET 1953 DELA CHAMBRE DES DEPU-
TES FAIT PAR LE JOURNAL "HAITI-DEMOCRATIQUE"
DANS SON NUMERO DU VENDREDI 17 JU1LLET 1953

Le Deputy Daniel Fignole rappelle qu'il avait vot6 con-
tre 1'Accord. 11 ne saurait s'opposer a la recherche d'un MO-
DUS VIVENDI avec les Dominicains. Mais il pense que la
situation angoissante que traversent les travailleurs haitiens
est venue lui donner raison d'avoir combattu savirement cet
instrument diplomatique qui, loin de garantir effectivement les
coniditons de travail de nos malheureux compatriots, a donn6
du prestige a certain gpuvernement ...
Reprenant !a question de salaire, de logement, de ticket
d'approvisionnemert, de formality d'immatriculation, de nom-
bre d'heures de travail par jour. de la deception des travailleurs
qui n'ont pas d'aptitude pour la coupe de canne, le Deput6
Fignol pregnant le Ministre Liautaud au mot B propos des
manquements qu'il y a lieu de'reprocher a certaines entreprises
dominicaines, a d6clar6 que le Representant de 1'Executif a lui
rmeme 6tabli la these qu'il veut combattre a savoir que du
c6t6 Dominicain l'Accord n'est pas respect.
Car, dit le Deput' Fignol6, le Gouvernement Haitien a
envoy nos travailleurs en Dominicanie sous la protection et le
b6n6fice d'un Accord bilateral et non pour demander chaque
jour des redressements et des ameliorations de leurs conditions
de travail.
Le Secr6taire d'Etat a fait un distinguo que l'on ne peut
admettre. 11 pretend que le Gouvernement Dominicain a respec-
te ses engagements contractuels mais qu'il y a eu des manque-
meats de la part de curtainss employers. Dans ce cas, dit le
Premier D1pute de Port-au-Prince, le Ministre prouve lui-me-
me que les contrats indivuduels de travail ne sont pas respects.
Or, ces contratsl sont garantis par des dispositions de l'Accord.
Le D1put6 Fignol reproche a la Diplomatie Haitienne de


0 -53-





s'etre montr6e inattentive et inintelligente en acceptant ce
chevall de Troie" qu'est I'Accord, cet Accord qui a mis nos
compatriotes dans cette situation poignante.
Du point de vue gouvernemental,si gouverner, c'est prEvoir,
le Departement du Travail a de graves responsabilits dans
cette affaire (58). Si le D6partement des Relations Ext6rieures
a des preoccupations d'ordre politique et diplomatique, on doit
convenir qu'il y a lieu de reprocher, au D6partement du Tra-
vail d'avoir mal organism l'embauchage. I1 ne semble pas avoir
men6 enquete sur les aptitudes de travailleurs embauch6s. Et
ces travailleurs ne semblent pas avoir su ce qu'ils allaient faire
au-dela de nos frontieres...
Si vrai que certain se sont heurths la deception don't a
parl6 le Ministre des Relations Extrieures lui-meme. Et l'ex-
p6rience est d'autant plus triste que, au course de son inter-
vention A l'Assembl6e Nationale pour combattre l'Accord, le
D6pute Fignol eut & poser des questions pr6cises relatives aux
conditions de travail. Le D1partement du Travail 6tait alors
incapable de.r6pondre 5 nos demanded. Et voici que mainte-
nant ceux qui sont places pour prot6ger nos frrres ne sont
pas plus avancs.

(58).- Albert EM-irt el Climent Jumelle talentt repectilement Ministre
des Relations Exitrieures d du Travail quand 4'Accord d'm-
bauchage des traailleurs haitfens en REpublique Dominicaims fut
soumis 6 l'examen de I'Assemblie Nationale. A la seance du
lundi 13 Juillet 1953 de la Chambre des Diputl le Ministre du
Travail, Roger Dorsinville, dijndit le Ministre .umdele .t teus
les actes du Departement du Travail relatifs A 1'Accerd.


-54-






Question de Travail Suppl6mentaire.-


INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE AU
COURSE DE L'EXAMEN DU BUDGET DU DEPARTE-
MENT DE L'EDUCATION NATIONALE.-

MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: C'est pour
attirer attention du Departement competent sur une ques
tion sirieuse. 11 s'agit des gargons en service daps les 6co-
les. Le cas peut interesser Port-au-Prince ou les Cayes ou un
point quelconque du Pays.
11 demeure entendu que ces gargons gagnent des salaires
d6risoires. Nous ne sommes pas a une demand d'augmen-
tatio'i pour le moment, bien que cette question s'avere d'une
n6cessit6 urgente. 11 s'agit pour l'instant d'a'tirer I'atten-
tion du D6par:ement de I'Education sur le r6le qu'on de-
mande a ces garcons de jouer en dehors de leur travail.
Je regrette que le Secr6taire d'Etat du Travail ne soit
pas present au Banc de l'Executif, car je n'aurais pas man-
qu6 de l'associer a la demarche que je vais demander au Se-
cretaire d'Etat de l'Education NationAle d'entreprendre.
En principle, ces gargons en service dans les &coles, doi-
vent fournir huit heures de travail par jour. Mais en fait,
il travaillent plus de huit heures, 6tant donn6 une mentality
qui n'arrive pas encore a s'adapter & une conception huma-
nitaire du travail dans le milieu.
A ces gens qui travaillent toute la journ6e, on demand
enoore d'etre garcons des ecoles du soir fonctionnant dans
ces m8mes locaux des &oles de jour. Je crois que leur cas
doit etre pris en consideration. Je ne demand pas I'impos-
sible. Puisqu'on leur accord seulement 105 Gourdes en tant
que gargons attaches h une cole donn6e, et que les course
du soir fonctionnent avec des allocations sp6ciales, on ne peut
pas demander a ces gens d'etre 6galement garqons de ces
ecoles du soir avec le meme salaire. C'est leur demander un
supplement de travail pour lequel ils ne recoivent aucune r6-
muneration.
J'aurai; pu donner lecture d'une lettre que j'ai reque du
gargon d'une de ces &celes. Mais je ne veux pas considerer une






personnel donn6e. Je veux envisager plutot les noribreux cas
qui sollicitent I'attention du D1partement de l'Education Na-
tionale.
Le garcon doit a l'Etat huit heures de travail par jours
mais nous savons qu'il est urt -BON A TOUT" et qu'il
travaille au-d6li de huit heures. Comment lui demander de
s'occuper sans aucune remuneration, d'une Ecole pour le fonc-
tionnement de laquelle il est pr6vu une allocation au Budget
du D6partement du Travail et au D1partement de l'Educa-
tion Nationale? En effet, a I'article 603 actuellement en
discussion nous lisons, I IN FINE:
-Fonctionnement Cours du Soir......... Gourdes 72.000."
Je sais bien qu'il pourra m'ftre object que nous envisa-
geons un Budget d'aust6riti et qu'il n'y a pas lieu d'ac-
corder une augmentation, parce qu'il faudrait considerer tous
les garcons accomplissant la m8me tiche. Mais .j'ai pris soin
d'indiquer au Secr6taire d'Etat competent des allocations
du Budget qui lui permettent d'apporter quelque amdliorotion
a la situation de ces garcons attach's a deux services: un
service d'&cole de jour et un service des course du soir (59).

(59).-- Le jeudi 8 Juillet 1954 le Diput Daniel FIGNOLE en'ga,
gea un dibat aoec le Ministre de l'Education Nationale a.i.,
Monsieur Daniel HEURTELOU, et le Ministre des Finan-
ces, Monsieur Lucien HIBBERT, a propos du salaire des
Garcons en service dans les coles rurales el urbaines. Mon-
sieur FIGNOLE critiqua sieotement le Diparlement de l'E-
ducation Nationale qui, apres quatre annies de revendica-
tions soutenues en faoeur des gagne-petits, est la seuk Ad-
ministration de l'Etat a rainienit ces travailleurs au salaire.
de 105 Gourdes par mois, et a ne tenir aucun compete du
travail supplimentaire fourni par les Garcons.


-56-






Pour le Travailleur des Champs.--


INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
LA SEANCE DU 4 AOUT 1953 A l'OCCASION DU VOTE
DE L'ENSEMBLE DU BUDGET DU DEPARTMENT
DE L'AGRICULTURE.-
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je ne
vais pas ouvrir un d6lat. Mais j'attire l'attention du De-
partemcnt de I'Agriculture sur ure situation. Je pr6vois dores
et deja l'objection qui peut m'etre faite. Mais je prepare
aussi une contre-objection.
Je vais parler d'irrigation; et je vois tout de suite le Ti-
tulaire du Departement de I Agriculture se dresser et dire:
(je ne suis pas responsable,.
Cependant je peux affirmer que le Ministre de I'Agricultu-
re a de grandes responsabilites dans la thche de promou-
voir la production 6conomique. Or, dans un Pays comme Haiti,
qui nest pas encore arrive un stade d'industrialisation
avanc6, la lourde responsabilit6 de la production qui est
au premier chef agricole, repose sur les 6paules du titulai-
re et des Hauts Fonctionnaires du D6partement de l'Agricul-
ture.
II est entendu que ce D6partement ne contr6le pas l'irri-
gation; mais il n'est pas dit qu'il ne doive pas avoir un
droit de regard dans cette branch d'activit6 gouvernementale.
Je veux rappeler que le Premier D6pute de Port-au-Prince
est aussi Deput6 de la Plaine. Je crois que d'autres Cir-
conscriptions confrontent le rrmme probleme: j'ai toujot'rs por
t6 ces questions a l'6chelle national.
Nous vivons une 6porlue oi l'on demand au paysan de faire
de grands sacrifices pour payer la taxe d'irrigation sans se sou-
cier de lui procurer l'eaui. Et c'est el me basant sur les in-
cidences de cette situation dans la vie des populations de
!a ville et des campagnes de Port-au-Prince, que je veux atti"
rer l'attention du D6partemert de I'Agriculture sur les con-
ditions de travail a DUVIVIER o0i l'eau r'arrive pas aux jar-
dins, et parfois mrme Cazeau. Pourtant I'eau traverse la
grand'route asphalt6e et continue a couler...


-57 -





Je n'accuse pas Damien d'etre seul & b6n6ficier de toute
1'eau. MIais on se demand dans quelle measure Damien fait
preuve de sollicitude a I'rgard des habitants de Duvivier, car
elle dispose de deux pompes, et I'eau traverse la Ferme.
Comme nous l'avons dit, nous sollicitons l'intervention du
Departement de 1'Agriculture autant que faire se peut, et
dans le cadre de la loi et de la Constitution, pour am6tiorer
la situation des paysans de la Plalne du Cul-de-Sac que j'ai
1'honeur de representer ici, et les aider a promouvoir la cul-
ture de leurs terres, ce qui leur permettra de servir la R6
publique en contribuant I l'approvisionner, et de tirer quelque
Profit de leur travail manuel.


-58-





Le D6pute Fignole et la loi sur les Cooperatives


Seance du Mercred' 2 Seplembre 1953.--
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je de-
mande a l'Assemblee de bien vouloir agr6er une suppression.
II s'agit de la 2eme phrase du dernier alinea de l'article 2,
a savoir
,LE FONCTIONNEMENT DES COOPERATIVES SE-
RA REGLEMENTE PAR ARRETE DU PRESIDENT DE
LA REPUBLIQUE-.
Ce d;sant, Messieurs, je me base sur le dernier alin6a de
I'article 25 de la Constitution. Et pour permettre a mes
honorables Collgues de bien saisir le sens du troisieme ali.
nea, je prends la liberty de leur donner lecture des paragra-
phes pr6c6dents au cas oi ils n'auraient pas sous les yeux
le texte constitutionnel invoqu6:
.Article 25.- Les haitiens ont le droit de s'associer, de
se grouper en parties politiques, en syndicats et en coop6.
ratives.
Ce droit ne peut 8tre soumis i aucune measure proven'
tive. Et nul ne peut etre contraint de s'affilier a une as-
sociation ou a un parti politique.
La loi reglemente les conditions de fonctionnement de ces
groupements et fixe le mode de control des fonds des syn-
dicats.,
J'ai voulu attirer I'attention sur ce fait que le texte qui
est soumis actuellement a nos d6lib6rations dit qui le fonc-
tionnement de ces cooperatives sera r6glement6 par Arrate
du President de la R6publique.
Une telle disposition va & l'encontre de la lettre de la
Constitution qui prevoit que les conditions de fonctionne-
ments deivent etre r6glement6es par la loi.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Comme
vous l'avez constate, j'ai fait un petit travail de compa-
raison entire le rapport centre les conclusions duquel je n'ai
d'ailleurs pas vote, enxsuite entire la Constitution qui nous sert
de guide et de boussole, et le texte en question. Ayant cons-
tat6 que les dispositions que j'ai soulign&es allaient a l'en-






centre du troisieme alinea de l'article 25 de la Constitu-
tion, j'ai pris la liberty de vous signaler cette antinomie
cette contradiction. Mais il ne m'est pas venu a l'id6e les
questions que vient de poser mon honorable Collegue (60).
Puisqu'il a parl6 du President de la Republique qui doit
intervenir dans l'organisation de ces cooperatives, c'est pr6ci-
s6ment pour ne pas 8tre de mauvaise foi que j'avais tenu
a lui demander de formuler sa proposition, pour ne pas la
mal interpreter.
Lorsque j'ai fait mon intervention, j'ai cru, moi aussi,
avoir une opinion soutenable sur l'6tat de la question d'ordre
constitutionnel, a savoir que le legislateur, le constituent, n'avait
pas voulu laisser au soin d'un seul pouvoir, en I'occurrence le
Pouvoir Ex6cutif, d'entreprendre de r6soudre ce problme d'ordre
6conomique. Pour ma part, c'es, une opinion soutenable aussi
que dans la pensee du Constituant Ig Pouvoir LUgislatif oii
se rencontrent les repr6sentants de toutes les regions int6res-
sees a ces organizations d'ordre economique, doit contribu-
buer a r6glementer les conditions dans lesquelles doivent
fonctionner ces cooperatives.
Voyez-vous, il n'entrait pas precisement dans la pensbe
du Collegue FIGNOLE de considerer les questions auxquel-
les s'arrete le Collegue Bright. Le Collegue FIGNOLE lui
aussi de son c6te, voudrait chercher la raison qui a port
le Constituant 4 adopter une telle disposition s'agissant de
l'organisation des cooperatives. Et pour revenir la proposi
tion de l'honorable Collegue Bright (61), je crois qu'il n'est
pas de mauvais goit que je maintienne ma demand de
suppression d'une disposition qui va a l'encontre du 3Rme
alin6a de l'article 25 de la Constitution. Et je vais m'expli-
quer...
Je prie mes honorable Collegues de ne pas me prater une
intention que je ne veudrais pas avoir. Mais lorsque mon
Collegue dit que par Arrete le President de la R6publique
organisera ces cooperatives, je m'oppose a sa maniere de voir.


(60).-- Hubert D.BRIGHT, Premier Depute du Cap-Haitien.-
(61).-- Voici Id proposition du Depute Hubert D.BRIGHT: "L'ot-
ganisation des cooperatives sera reglementle par arraie du
President de la Ripublique".


-60-





11 n'est pas bon de refuser au Pouvoir Executif le droit de
contr6ler le fonctionnement des cooperatives. Ce serait l'anar-
chie. Or, nous ie pouvons pas nous autres Gouvernants
proposer qu'on a;lle a l'anarchie.
Mais ces cooperatives ont 6t6 d'abord concues par des
interess6s qui se sont mis la tate dans un meme bonnet, se
sont entendu pour cr6er, organiser ces cooperatives tout en
respectant les lois de la R6publique, les extes 16gislatifs r6-
gissant la matiere. Je pe se qu'il ne serait pas recomman-
dable de dire cmrme vient de le proposer 'honorable Col-
lIgue BRIGHT don't les preoccupations peuvent etre nobles.
Une tell disposition peut nous exposer a un e at de fait
qui ne serait pas indique, parce que l'organisaticn des coop6-
ratives ne depend pas seulement du Gouvernement, elle ne
depend pas seulement du President de la Republique.
Evidemment, cc disant, nous n'avons pas le droit d'6car-
ter les prerogatives constitutionnelles d'un pouvoir 6tabli. Ce
disant, je ne proposerais pas de nous carter de notre mis-
sion de Gouvernants charges de mener a bien les affaires
du Pays. Non. Nous avons notre droit de controle, nous
avons notre droit de regard sur les choses don't la march
peut contrarier le bon fonctionnement du Gouvernement de
la R6publique ou du fait social. Nous sommes d'accord sur
le principe. Mais quant I laisser unilat&ralement an Pou-
voir Executif le soin d'organiser ces cooperatives, je pense
qu'il y aurait lie'i d'eviter une pareille inconstitutionnalit6,
d'autant qle ce que j, propose n'enlIve rien aux prerogatives
du Preside At de la R6publique, ce que je propose, puisqu'il
entire dans le contenu d'une disposition constitutionnelle, ne
nous enleve pas a v ous Gouvernants. notre droit d intervenir
lorsque nous le faisons regulier ment.
Mais que voulez-vo'ls, si l'on consider le texte constitu-
tionnel don't la port6e a Wt% si heureusement retenue par
mon contradicteur, si mon honorable Collegue pense que le
terme organisation repond au 3.me alin6a de l'article 25,
ce que je demand pourrait etre maintenu, puisque, pour
me r6p6ter, en restant dans le cadre de la lettre constitu-
tionnelle, dans le cadre de-l'organisation de la chose, et dans
le cadie de ceux-la memes qui se sont entendu pour former
la cooperative, i! ne serait pas indiqu6 de contourner sans


-61-





le vouloir la lettre de la Constitution, d'autant que dans
l'esprit du L6gislateur, on peut supposed qu'il entrait que la
question est d'une importance &conomique telle qu'il revient
aux R6pr6sentants de tous les coins de la R6publique de
s'entendre avec le Pouvoir Ex6cutif pour rendre une loi re-
gissant la matiere. Car on peut supposed que dans l'esprit
du Constituant c'est aux Chambres Lgislatives que le Pre-
sident de la R6publique doit s'adresser pour rgglcmenter le
fonctionnement des cooperatives.
Quand on dit le President de la R6publique, malgre tout le
respect que nous devons au Premier Mandataire de la Nation,
il rest que tous les projects de lois sont presents sur le
rapport du Ministre competent. C'est done le Pouvoir Ex&-
cutif qui se trouverait seul competent.
Nous ne contestons pas a ce Pouvoir son droit le plus
entier d'intervenir lorsque la lettre con s t i t u t io n nelle
l'exige. Mais il nous semble que dans la lettre constitu-
tionnelle il est indiqu6 la n6cessit6 de la participation du
Pouvoir Lgislatif a la r6glementation des conditions de
fonctionnement des cooperatives.
C'est sous I'empire de ces considerations que j'ai pens6
a vous demander de bien vouloir vous mettre en regle avec
les dispositions constitutionnelles que j'ai pris la liberty de citer.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je vou-
drais bien trouver un terrain d'entente entire mes honorables
colleagues pr6opinants et le MiniFtre des Finances. Mais il
faut que le point soit fait.
La Constitution ne pose pas une affaire d'arrte', mais
une affaire de lois. L'honorable Secr6taire d'Etat pense que
cette loi ne peut pas tout prevoir. Nous sommes d'accord. 11 a
pose une question de legislation; mais cette question peut
8tre entendue en la matiere vous pouvez avoir plusieurs lois r6fletant les
multiples aspects d'une question donn6e. 11 n'est pas dit que
nous devions avoir une seule loi. Si aujourd'hui votre loi
initial pose des principles gn&eraux a la lumiere de la letter\
constitutionnelle. ce n'est pas pour la premiere fois que l'on
verrait des lois subsiquentes appliquer les pfincipes poses
dans la premiere loi. Je sais tres blen que les arret6s dans
le domaine administratif par example, sont des moyens de


-62-





mettre a execution des lois. Un arrate du President de la
R6publique viendrait fixer les details d'application de 'ette loi,
et je serais toujours d'accord avec vous aux terms de l'article
79 de la Constitution. Mais lorsque votre texte est ainsi lib6lle,
en le comparant avec le troisieme alirea de l'article 25 de
la Constitution qui parole de la loi r6gissant la matiere et
non pas d'arretE, je suis bien oblige d'hesiter avant de don-
ner mon accord de principle. Et quand vous dites qu'un ar-
rete du President de la Repubiique au voeu de l'article 79
de la Constitution viendrait 6tablir le mode d'ex&cution de
cette loi, je n'ai pas le droit d'avoir d'objection puisque de
votre cot6 vous faites pr6valoir un principle constitutionnel.
Mais d'ores et d6ja j'attire votre attention sur ce fait que
s'agissant de la question que vous-meme avez pose dans
votre texte, a savoir que le fonctionnemeit des cooperatives
sera r6glemente comme je viens de le lire, je suis oblige d'h6-
siter avant de donner mon accord de principle, car le Cons-
tituant a pr6vu que les conditions de fonctionnement doi-
vent 6tre r6glementres par la loi, c'est-a-dire un texte vote
par nous autres du Parlement.
MONSIEUR LE PRESIDENT: Quelle est la nouvelle r&-
daction que vous proposed?
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je suis
bien oblige de m'en tenir la suppression puisque ce texte
n'est pas en harmonies avec la lettre de la Constitution.
Mais I'honorable Secretaire d'Etat interesse vient de parler
d'une disposition relative a un arret6 qui viendrait d6ter-
miner le mode d'ex&cution de la 13i. Qu'un -Collegue vienne
pr6voir une disposition d'accord avec l'article 79 de la Cons-
titution, je n'aurai pas d'objection.
MONSIEUR LE DEPUTE HUBERT BRIGHT:....
,Le Pr6sident de la R6publique, par arret6, r6glementera
les details d'ex6cution de la pr6sente loi. .. .etc.
MONSIEUR LE PRESIDENT: Etes-vous d'accord, Col-
l1gue FIGNOLE?
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je me
rallied a la 'facon de vo'r de mon Collgue.
MONSIEUR L E PRESIDENT: Le D6pute FIGNOLE s'.6
tant rallike la proposition BRIGHT, l'article 2 se modified
dans le sens de cette proposition.


-63-





MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL F1GNOLE: C'est
pour dire.que conform6ment a cet article 4, au premier'ali-
n6a, je n'ai pas vu d'amendement propose par les honorables
Commissaires. Mais je tiers a faire une petite reserve !ir
le term AGREMENT- que je trouve un peu fort.
Je desire dire que malgr6 tout le respect que je dois a I'ho-
norable parlementaire ou a I'honorable repr6sentant de l'Ex6-
cutif, malgr6 tout cela, il nous vient a l'esprit quelque ap-
prehension a propos de I'ex6cution de cette loi a s'en te-
nir au terme ,agr6er. agreement c'est a dire a une pens6e
qui semble subordonner le fonctionnement, I'existence d'Lne
cooperative a l'argrEment d un haut fonctionnaire.
On peut se rappeler certaines disposition anachroniques
du Code Penal au regard des conquetes qu'on a pu faire
sur le plan de certaines liberties. On sait que ce Pays n'a
pas toujours la chance de se trouver en presence d'un bon
Ministre, d'un bon D1pute ou d'un bon Chef de I'Etat.
Je me suis demanded s'il n'y avait pas lieu de fair une
petite addition en fait d'un deuxieme paragraphe a intro-
duire dans l'article. Voici ce que je me suis permis de r&-
diger et que je soum=ts a l'Assemblee:
SL'AGREMLNT NE SERA JAMAIS REFUSE AUX
ASSOCIATIONS COOPERATIVES DON'T I'ACTE CONS-
TITUTIF ET LES STATUS SONT CONFORMES A LA
PRESENT LOI,.
C'est pour &viter toute interpretation subjective des dis-
positions et de l'esprit de la loi que nous rendons.
(Cette proposition est adoptee).
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FICNOLE: C'est
pour demander quelque chose de tris simple que mes hono-
rables Collegues ne me refuseront pas. C'est a propos de
l'introduction de I'article 16. A la faveur des memes dispo-
sitions qu'ils viennent d'avoir a l'occasion du vote d'un ar-
ticlepr&6cdent, ils voudront bien accepter cette proposition
que j'ai l'honneur de soumettre a leur appreciation:
LES COOPERATIVES LEGALEMENT CONSTITUEES
AURONT L'AIDE ET LA PROTECTION DE I'ETAT, DE
LA MANIERE SUIVANTE.....
(La proposition est admise)
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE- Je de-


-64-





made a mes honorables Collgues et a 1'Ex&cutif de bien
vouloir agreer cette suppression que je vais avoir I'honneur
de proposer au troisieme point de 1'6num6ration de l'article
19. J'aurais propose de supprimer les mots EXISTANTES
ou A CREER. La cooperative n'est pas nee, vous interve-
nez deji. Ma suppression est d'accord avec 1'article 25 de
la Constitution.
Je veux career une cooperative, mes amis et moi, nous
nous r6unissons, en vertu de l'article 25 de la Constitution
qui dit que ce droit ne peut etre soumis a aucune measure
preventive. Done si je n'ai pas encore fond6 la cooperative,
vous ne pouvez ras intervenir. Attendez que je la cr6e.
MONSIEUR LE SECRETAIRE D'ETAT ROGER DOR-
SINVILLE: ii me semble qu'il y a une petite erreur d'in-
terpretation ici. Quand on dit ,cooperatives existantes ou
, cr6er*, sela veut dire que ces cooperatives doivent se
fire enregistrer. Elles existent et fonctionnent d6ja et n'ont
qu'a venir s'ajouter.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: C'est
un autre ordre d'id6e. Je propose de ne pas soumettre la
cooperative qui n'est pas encore cr6'e a ;une demand d'a-
grement. Si je n'ai pas encore pris des dispositions pour
produire ma demand d'agrement, la loi ne peut pas etre
appliquee,
(La proposition de suppression est admise).
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Au point
4 de I'6num6ration on dit: "orieiter eb coordonner les acti-
vit6s des divers d6partements, services ou institutions tant
officials que priv6s. ...-. Vous avez constate que, autant que
vous, j'ai apporte le meilleur esprit de comprehension au
vote de cette loi. Si souvent j'ai fait quelques interventions,
je vous prie de croire qu'elles ne sont pas d'ordre prive,
parce que je ne suis pas encore coop6rateur; peut etre qu'a
la faveur de cette loi je le serai. Mais mes intervetions
sont d'ordre g6i-ral.
J'aurais propose la suppression des mots ,TANT QUE
PR1VES".- On diralt: ,orienter et coordonner les activities
des divers D6partements, services ou institutions of-
ficiels .. ,. J'entends une organisation gouvernementale,
en ce sens que 1'Etat ne restera pas sans agir. Mais


-65-





je crains que la loi ne laisse l'impression d'une orientation
syst6matique et d'une intervention par trop constant qui
ne serait pas conforme a l'esprit d6mocratique de la chose.
ar en some, quelle est notre mission a nous autres
Gouvernants ? Nous 16gif6rons. Nous entendons que les
coop&rateurs et l'Etat ne soient pas menaces dans leurs
biens. La loi est d6ja une arme a notre disposition. Mais
il ne faut pas laisser l'impression que nous intervenons dans
les affaires de ces gens trop souvent. Je vous prie done de
croire que je n'ai pas d'int6ret personnel en la matiere. Je
voudrais seulement vous rappeler que nous sommes en
principle en regime d6mocratique. II y a un moyen de gui-
der par la propaganda en rendant les institutions capable
de faire l'Mducation des int6ress6s.
C'est pourquoi je propose la suppression des mots ,tant
que prives, qui laissent une impression peu conforme au
sens d6mocratique que nous avoas d&s le principle voulu ap-
porter a la chose.

(La suppression est r6gulierement admise).




-o-o-0-o-


-66-






L'Amendement-FIGNOLE.-


Au course de la premiere seance du samedi 19 Septem-
bre 1953 de la Chambre des D6put6s, le Ministre du Tra-
vail, Monsieur Roger EORSINVILLE, effectua sur le Bu-
reau de l'Assembl6e le d6p6t d'un project de loi ajoutant
un article a la loi du 16 Septembre 1952 sur le contract indivi
duel de travail.
Le nouvel article 24 veut que toutes les difficulties relati-
ves aux r6clamations de salaires soient obligatoirement soumises
a la mediation des services interess6s du Bureau du Travail.
En cas d'Echec de la meditation, dit la loi, les parties s'a-
dresseront aux autorit6s judiciaires.
C'est au troisieme paragraphe que le D6pute FIGNOLE a
cru devoir proposer un amendment.
Voici le texte de I'Ex6cutif:
DEDOMMAGEMENTS, S'IL EN EST, A ACCORDER A
L EMPLOYEE N'EXCEDERA PAS UN MOIS DE SALAI-
RE- (62).
Le Dipute Daniel FIGNOLE fit remarquer que cette dis-
position de la loi est contraire aux int&rets du travailleur
qui peut avoir droit a des d6dommagements de beaucoup
sup&rieurs i un mois de salaire. Dans ce cas, il faut lui
laisser toute latitude de d6fendre ses droits et permettre au
Tribunal competent de rendre une justice just.
Le Premier Deput6 de Port-au-Prince proposal cet amen-
dement agre6 par l'Assembl&e:
-SI L'EMPLOYE A DROIT A FES FEDOMMAGEMENTS
LA SOME QU'iL RECEVRA DE L'EMPLOYEUR SERA
FIXEEPAR LE BUREAU DU TRAVAIL EN SA QUA-'
LITE DE MEDIATEUR OU LE TRIBUNAL COMPE-
TENT.

(62).-- Comme on le constate le texte dposi sur le Bureau de la
Chambre par le Ministre Roger DORSINVILLE est en
faveur du Patron, en ce sens qu'il ne tient aucun compile
des d~penses que peut fire le traoailleur pour oblenir Jus-
tice ni des inconoinients auxquels il peut faire face du fail
de la mauvaise foi de I'employeur.


-67-






Devant I'Assembl6e Nationale

Seance du Vendredi 23 Avril 1954.-

INTERVENTION DU DEPUTE DANIEL FIGNOLE A
L'OCCASION DU VOTE DE L'ACCORD INTERNATIO-
NAL SUR LE SUCRE.-

Messieurs les Senateurs,
Messieurs les D6put6s,

Membre de la Commission charge d'6tudier I'Accord in-
ternational sur le Sucre soumis ce matin & vos deliberations, j'a
voulu savoir si la D616gation Haitienne a la Conference de
Londres a obteru pour notre Pays des avantages conformes a
des provisions d'augmentation de la production du Sucre. Je
pense aux entreprises qui fonctionnent dans les Plaines .du
Nord, du Cul de Sac, de Logane et des Cayes.
A I'article 14 Haiti occupe le treizieme rang parmi les pays
exportateurs de Sucre, alors que, des declarations m8mes du
Ministre des Relations Exterleures et les poisibilit6s de produce
tion laissent l'impression que notre pays aurait pu obtenir un
tonnage de base sup&rieur au quota qui nops a ete6accord6.
J'ai manifesto le d6sir de savoir le chiffre d'exportation d'Haiti
au moment oi I'on nous allouait le quota de 45.000 tonnes.
Car il n'6tait point psur moi question d'escamoter une donnee
du problem en appr6ciant que, de l'Accord de 1937 & celui de
1953, le tonnage accord a Haiti passait de 32.000 & 45.000. Le
Ministre des Relations Ext&rieures n'ayant pas repondu i une
question precise que je lui ai pose relativement au chiffre d'ex-
portation haitienne (63), il ne m'a pas 6tC possible d'appr6cier
l'avantage que nous tirons de l'article 14.

(63).- Au course de la seance et en replique au Depute FIGNOLE le
Ministre des Relations Extgrieutes, Pierre LIAUTAUD, donne
des renseignrments qu'il n'avait pas gig en measure de fournir a
la Commission spiciale.


-68-





Au moment oi la Haute Assembl6e d6libere sur I'Accord
peut-on me dire le chiffre de notre production annuelle du
Sucre ? Voila une question qui appelle une donn6e necessaire a
l'intelligence de I'article 13 don't j'extrais ce qui suit:

ARTICLE 13

.- Les Gouvernements de pays exportateurs participants
s'engagent a r6glementer la production de telle maniere que les
stocks existants dans leurs pays respectifs n'excedent pas pour
chaque pays une quantity gale a 20 olo de sa production an-
nuelle a une date fix6e chaque ann6e en accord avec le Conseil
et pr6c6dant iinmmdiatement le d6but de la nouvelle recolte.
'N6anmoins, le Conseil peut, s'il estime une tell measure
justifi6e par des circonstances sp6ciales, autoriser le maintien
dans un Pays de stocks depassant 20 olo de la production.
3.- Le Gouvernement de chaque Pays participant 6num6-
r& au paragraphe 1 de l'articlel4 accepted :
(i) que des stocks correspondent a une quantity au moins
gale A 10 olo du tonnage de base d'exportation de son pays
soient maintenus dans son pays a une date fix6e chaque annAe
en accord avec le Conseil et pr6cedant imm6diatement la nou-
velle r6colte, a moins que la s6cheresse, des inondations ou
d'autres circonstances d6favorables n'empachent de maintenir
ces stocks; et
(ii) que ces' stocks soient tenus sp6cialement en reserve
pour faire face a tin accroissement des besoins du march libre,
qu'ils ne soient utilises B aucune autre fin sans le conse-ite-
ment du Conseil et qu'ils ne soient imm6diatement disponibles
pour l'exportation sur ce march lorsque le Conseil en fait
la dfmande.
4.- Le Conseil peut porter jusqu'a 15 olo le montant du
stock minimum pr6vu au paragraphe 3 du present article".
Le Ministre ignorant le chiffre de' la production haitienne (64),
ne m'a pas permis d'appr6cier comme il convier.t, le principle

(64).- Le Mlnistre des Relations Extirieures lut des chiffres pour I'in
formation de l'Assembl&e Nationale. II n'avait pas eu ces chif
frs a sa disposition au moment de 1'examen de I'Accord par
la Commission Speciale.


-69-





et les conditions de la production, et le pourcentagz de la pro
duction annuelle que nous nous -ommes engages a ne pas ex-
c&ler.
Les avantages que la R6publique peut tirer des articles 13
et 14 n'6tant pas 6tablis par 1'Ex6cutif a la lumiere de donn6es
statistiques, je,ne comprends pas la position du cas haitien a la
Conference de Londres. Je me crois en droit de dire que la si-
tuation faite & Haiti & une 6poque de fl6chissement des prix, ne
semble pas promettre des incidences sociales heureuses.
Je ne m'oppose pas au principle d'un Accord International
sur le Sucre. Je pense qu'Haiti a int6ret & obtenir de serieu-
ses garanties pour l'exportation de son sucre. Mais lorsqu'il est
soumis h mon examen un Accord de cette importance qui po-
se lui-meme des questions relatives
a)- I'accroissement de la consommation du sucre,
b),- a la politique financiere et fiscal,
c)- au maintien de conditions de travail 6quitables,
il est comprehensible que je porte la parole pour fonder
mon vote sur l'avantage'ou le disavantage du quota accord a
Haiti et sur les incidences 6conomico-sociales de la situation
faite au Pays. Si l'Ex6cutif peut 6tablir que la R6publique tire
des avantages des articles 13 et 14, je voterai l'Accord tout en
rappelant le droit du consommateur, du travailleur des champs
de cannes et d'usines sucrieres a une baisse des prix sur le mar-
che local et A une augmentation de salaires. S'impose aussi en
faveur des planteurs de cannes un r6ajustement de prix qui
donne l'impression que la culture de la denr6e est un travail
sQr et r6mun6rateur.
Je veux done tirer parti des problimes important poses
dans l'Accord meme. Je tiens a rester dans la ligne des id6es
que j'ai toujours proposes, en rappelant les dispositions
des articles 4, 5 et 6 relatives a une equitable distribution de
la richesse natioiale. On lit en effet :
Article 4 Chaque Gouvernement participant accepted de
prendre les measures qu'il estime appropri6es a l'6x6cution des
obligations contracts aux terms du present Accord en s'effor-
cant d'atteindre les objecifs gen6raux dMfinis i l'article premier
et d'assurer pendant la dur6e de l'Accord le plus grand
progress possible vers la solution des problemes relatifs au pro-
duit de base en cause.


-70-





"Article 5- En vue de rendre le Sucre plus ais6ment dispo-
nible pour les consommateurs, chaque Gouvernement partici-
pant convient de prendre les measures qu'il estime appropriees
pour r6duire les charges disproportionnees qui present sur le su-
cre, notamment celles qui resultent :
(i)de contr6les publics et priv6s, en particulier de monopoles:
(ii) des politiques financiere et fiscal.
'Article 6.- Les Gouvernements participants d6clarent qu'en
vue d'6viter I'abaissement des niveaux de vie et l'introduction
de pratiques de toncurronce d6loyale dans le commerce mon-
dial, ils chercheront a maiptenir des normes de travail 6quita-
bles dans industries sucriere.*
Messieurs, je ne laisserai pas la tribune sans appeler l'at-
tention du Gouvernement sur une curieuse conception en hon-
neur en Haiti. Le travailleur haitien est 1'esclave de la pro-
duction organise pour l'exportation. Que l'on compare le prix
du sucre sur le marched local aux dispositions de l'article 20 de
de l'Accord. l'on appr&ciera la mentality qui refuse de mettre
la sonsommation du sucre A la port6e de tous les Haitiens.
Et l'on comprendra I'angoissante situation du travailleur des
champs de cannes et de celui des usines, qui font aller la meil-
leure part des affaires des companies. L'on constatera qu'ils
constituent une classes de cotisommateurs payant trop cher les
sucre qu'ils aident & produire pour un salaire d&risoire.
Les consommateurs4 strangers du sucre haitien patient le
produit a meilleur march que le travailleur des entreprises
des planes du Nord, du Cul-de-Sac, de L6ogane et des Cayes.
En Haiti le consommateur paie le sucre dit populaire 30 cen-
times de Gourde la livre, alors que l'article 20 de i'Accord
dispose :
Article 20.-
"1.- Aux fins du present Accord, le prix du sucre est con-
sid6re comme equitable a la fois pour les consommatrur. et
pour les producteurs s'il est mainteru dans une zone de prix
stabilises entire un minimum de 3,25 cents et un maximum de
4,35 en monnaie des Etats-Unis, par live avoir du poids.f.a.s.
port cubain. Le prix du sucre est le prix du disponible fixed par
la Bourse du caf6 et du Sucre de New York en function du
contract No 4, ou tout autre prix qui peut etre fix6 conforme-
ment au paragraphe 2 du present article."


-71-






Un Commerant Suisse represent les
Travailleurs Haitiens.-


A la seance du lundi 31 Mai 1954 de la Chambre des
D6put6s, le Secr6taire d'Etat du Travail Monsieur Roger
DORSINVILLE, pr6senta une demand de credit extraordi-
naire de 2.500 gourdes pour couvrir les frais du Consul
Honoraire d'Haiti h GE6nve, qui devait repr6senter le Pays a
la Conference Internationale du Travail. Le D6put6 Da
niel FIGNOLE prit position en faveur des Travailleurs et
des Syndicats.
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Je ne
vais pas prendre position contre la demand de credit pr6sen-
t6e par le Secretaire d'Etat du Travail. Mais puisqu'a I'oc-
casion du d6pBt de ce project il a cru devoir faire ressor-
tir la maniere de voir du Gouvernement de la R6publique
(65) quant au choix fait de notre Consul Honoraire a G-
neve, il n'est pas inopportun que du sein de l'Assembl6e
s'eleve une voix sur la maniere de comprendre la Repr&-
sentation de la R6publique a ces importantes Assises Inter-
nationales.
Le Secretaire d'Etat du Travail a fait valoir des rai-
sons d'6conomie. En general, il est difficile qu'un Repr6sen-
tant du Peuple s'6leve contre cette conception d'6conomie pro-
pos6e par l'Ex6cutif. Mais cependant, apres les 6v6nerents
don't on a parl6 du haut de la tribune du Corps Ligislatif,
apres qu'on a suffisamment brossa le tableau des condi-
tions d'6volution du travailleur haitien, ii est normal qu'un
D6put6 s'6tonne que le Travailleur ne soit pas repr6scnt6
par un d6fenseur natural a ces importantes assises.
Je crois que le Ministre du Travail, au fond, peut etre
d'accord avec nous, mrme s'il est dans l'obligation de d6-
fendre un point de vue d'ordre financier. II reste que la
Representation du Travailkur haitien a ces important s assises
de 1 Organisation Internationale du Travail devrait ttre
consid6r6e avec sympathie de la part du Couvernement de


(65).-- Gouvernement est ici STRICTO SENSU"





la R1publique. Car il s'y pose d'importantes questions qui
inte6essent les 6elments basiques de la Nation dans l'ordre
economique.
Or, il nous semble que seul un Travailleur haitien, seul
un syndique haitien avise est a m8me de produire 1'6tat de
la question du travail en Haiti dans l'ordre d'activit6s
syndicales et ouvrieres, compete tenu, bien entendu, du droit
du representant du patronat de d6fendre un autre secteur
du travail.
Et alors le Consul henoraire qui, dit le Secr6taire d'Etat,est un
commercant, peut avoir d'autres titres, sauf celui de repre-
sentant authentique du Travailleur Haitien (66). II nous
semble qu'il n'est pas suffisamment arm6 pour repr6senter
comme il convient la classes laborieuse, pour representer le
Salariat haitien.
Au moment oh j'ai l'horneur de porter la parole, les
Travailleurs des Etats-Unis d'Amerique du Nord ont fini
par 8tre en measure de jouer un r6le considerable dans
la direction de la Diplomatie quant a certain aspects du
problmre economique de ces pays. Aujourd'hui on fait le
sacrifice d'acorder les 2.500 Gourdes comme frais de repre6
sentation de ce Consul honoraire a Geneve, mais il n'est
pas de mauvais gott, je crois, que nous rappellions d'ores
et deja que d6sormais ion doit interesser le salariat, le
patronat haitien a d6fendre leur facon de voir.
Sur le plan des principles j'ai eu, a l'occasion d'une dis-
cussion avec un ancien Secretaire d'Etat des Relations Ex-
terieures, a'protester contre le fait de vouloir se faire re-
presenter par des strangers d6cor6s du titre de Consul ho-
noraire. Nul mieux que l'haitien qui a de gros interet en
matiere de travail, en matiere industrielle, en matiere &co-
nomique pour tout dire, ne saurait 8tre a m8me de les de
fendre.
D'ailleurs pourquoi vouloir que le gouvernement haitien
fasse les frais? Si les Syndicats 6taient organisms s&rieuse-


(66).-- C'est pourlant Monsieur Roger DORSINVILLE qui a choisi
un commerjant suisse pour representer le travailleur haitien
a ces assises internationals.


-73-





ment, il serait Rormal que les travailleurs pussent se fire
itpr6senter en acceptant eux-memes a faire les d6bours. Pour-
quoi ne pas tenter quelque chose de c6te-la?
Sur le plan international, le travailleur haitien lui aussi
peut etreun Ambassadeur. A l'exterieur des Etats-Unis, sui-
varit certain aspects de la question, le travailleur Nord-
Americain, d'apres les documents qui sont ~ la portee de
tous, joue un r6le important. Et si le patronat repr6sente un
secteur du fait 6conomique, il est aussi vrai de dire qu'il
n'y a. pas de travail sans travailleur.
Le travailleur devrait 8tre I meme de faire entendre sa
voix, une voix d'Haiti, car ce ne serait pas seulement la
voix du travailleur, mais la voix d'Haiti qui se serait fait
entendre a l'occasion de ces Assises inbernationales. II nous
semble que si l'organisa'ion des travailleurs n'6tait pas capa-
ble de faciliter cette representation, dans le domaine 6du-
catif la sollicitude du D6partement du Travail doit se ma-
nifester. Si le Gouvernement de la R6publique ne peut pas
faire les frais, il faut que les Syndicats, les Associations
Ouvriires soient en measure d- s'entendre pour une partici.
pation d6mocratique et se faire representer par des membres
de leurs organizations. Car nous voudrions sortir de cette
stance avec l'impression que le n6cessaire sera fait pour que
le travailleur haitien ne soit pas represented par un Com-
merant stranger.
D'ailleurs, si vous tenez compete du statutdu conmmergant h-i.
tien, celui du commercant stranger serait incoippatible avec les
conditions du patronat en Haiti. Au point de vue national,
je crois que le commercant haitien doit etre en measure de
d6fendre lui-meme certain aspects des questions et proble-
mes poses en Haiti. A plus forte raison, je comprends mal
que ce fameux commergant de Genive, un Consul hono-
raire, puisse repr6senter Haiti a ces as ises; je comprends
mal que ce commercant stranger repr6sente ia salarait haitien.

xxx

Au Senat la loi fit mauvaise impression au point que,
apres discussion, elle subit des modifications par lesquelles ii
est mentionn6 seulement la participation haitienne. Le S6nat


-74-





reconmanda de ne pas dire dans la loi nieme que la Rpii
blique sera represented par notre Consul honoraire a Gen&-
ve. Le Senat retourna done la loi-DORSINVILLE a la
Chambre des Deputes. Voici la position du D6put6 Daniel
FIGNOLE au debat du 2 Juin 1954:
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: 11 semble
qu'8 ce sujet quelque chose se soit passe au Senat de la RE-
pu'blique, car i compare les deux textes et les declarations a
l'occasion de l'examen du project presented par 1'Executif, en
l'occurence le Secretaire d'Etat du Travail, on constate un
manque de concordance. II a Wte oit et nous voyons en-
core dans le texte en question, qu'il s'agit de faire repre-
senter Haiti par notre Consul a Geneve, un Commercant
suisse. Maintenant, dars le nouveau texfe propose par is
Senat il est question d'un D616gu6 haitien & cette Conferenc.
Je ne m'explique pas le nouveau texte du Senat. et voudrae
bien voir 6lucider la question afin de voter en connaissan-
ce de cause
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: La ques-
tion est d'importance. On nous dit que la R1publique sera re-
pr6sentee a ces assises internationa:es du Travail qui doi-
vent se terir h Geneve et qu'elle le sera par ce commer-
gant suisse.
Evidemment A la Chambre des Deoutes une voix s'est
elev6e pour faire com rendre que cette representation ne sem-
blait pas r6pondre aux circonstances du moment. Que le Com-
merce et le patronat haitiens soient repr6sentls par un vice
Consul Honoraire a l'atranger et que le salariat aussi dot etre
repr6ente par le Commergant suisse, quels quz soient les
efforts du Departement du Travail, du Gouvernement de
la R.publique, il y a antinomie dans cette representation.
Malgr6 certaines observations la loi a du etre vote.
Mais voici que du Senat on nous apporte un autre son
de cloche. C'es' do c que la question n'est pas bien pose
puisque, en Asscmbl6e Nationale, les Parlementaires du Senat
ont vote une Conventiop concernant cette organisation. Voici
qu'apris avoir demanded a l'honorable Assembl6e d'emettre un
vote de cette importance situant la Rspublique d'Haiti dans
cette Organisation international, on vient maintenant nous fire
savoir qu'il s'agit d'aller a G6neve i titre d'observateur.


-75-





Le credit a 6te vote au Senat, c'est entendu; on l'a
vot6 a la Chambre pour ne pas sembler presenter trop
d'objections, peut-6tre inopportunes et opportunes aussi.
Quand meme on a donn6 le vote au Secr6taire d'Etat du
Travail. Mais il reste bien des. contradictions qui ne sem-
blent pas emporter la conviction du D6put6 du Peuple que
je suis, 4 savoir quelle est exactement la position de la
Republique d'Haiti dans cette question d'assises d'ergani-
sation mondiale du travail a Geneve. Je ne saisis pas la
position, du Gouvernement de la Republique. Nous signons
des Accords internationaux; nots declarons approuver cer-
taines decisions qui sont prises a Geneve; et maintenant au
lieu d'envoyer des membres du patronat et aussi des tra-
vailleurs syndiqu6s qui seraient des ambassadeurs du sala-
riat haitien et de la R6publique d'Haiti h la Conference, on
vient nous parler de participation a titre d'observateur.
J'avais tenu A dire au vote de cette proposition Senat
du que je n'arrive pas encore a comprendre la proposition
du Gouvernement de la Republique qui n'a pas RtC bien
clarifiee par les Ministres competents (67).


(67).-- Le Ministre de l'Inltrieur, Ducasse JUMELLE, lail au
bane de l'Exucutif et porta la parole a l'occasion du vote
des modifications du Sanal. En definitive le Deputi FIGNOLE
vola contre la loi.


-76-






Pourboire et Travail a Domicile.--


A la stance du 21 Juin 1954 de la Chambre des Deput6e
au point de l'ordre du jour relatif aux questions d'int6ret
general, Monsieur Daniel FIGNOLE port la parole en fa-
veur des travailleurs des hotels, cafes, restaurants et des tra-
vailleurs a domicile. Le Premier D6put6 de I'Arrondissement de
Port-au-Prince parla ainsi :
MONSIEUR LE DEPUTE DANIEL FIGNOLE: Mes
chers Colligues, j'ai l'honneur de porter la parole a cette tri-
bune pour appeler l'attention de 1'Assembl6e sur une lacu-
ne de la legislation du travail. Et je me propose de deman-
der i I honorable Assemblee de faire au Pouvoir Ex6cutif une
recommendation susceptible d'avoir des incidences heureuses
sur le plan des grades lois de s6curit6 social, par exem-
ple la k i sur 'es accidents de travail et les assu-
rances sociaies. La question que je vais avoir I'honneur de
soumettre a votre attention, porte sur des points qui ne sont
pas envisages dans 1'ensemble de nos lois sur le travail, que
ce soit sur le travail de la femme (68), de I'Inspection
g6n6rale du Travail, que ce soit sur les Assurances sociales
(69), le salaire et le conger paye. Done je vais demander
&a 'Assembl6e d'intervenir aupres du pouvoir competent, en
l'occurrence le Pouvoir Ex6cutif, pour qu'une r6glementation
de la matiere soit envisage et introduite dans l'ensemble
de nos grandes lois sociales. Je veux parler de la question
de pourboire et de la question du travail a domicile (70).
Lorsqu'il se tut agi de voter l'ensemble du Budget du
D6partement du Travail, en 1951, j'eus I'honneur d'attirer
l'attentiol du Miistre competent sur le travail execute

(68).-- Les tresseuses de pile, les femmes de chambre des hotels, par
example, n'ont pas binificii de la sollicilude des Ministres
JUME.LE et DORSINVILLE. Aucune loi n'a Wit rendue
en leur faoeur...
(69).-- Les traailleurs a domicile don't la ltche exicutie pour compete
d'une entreprise industrelle ou commercial, n'es pas contra-
lie par l'Inspection du Travail, ne binificient pas des assurances
sociales.
(70).-. La carence d'une legislation sur le pourboire et le travail a
domicile fall que le iraoailleur ne tagne pas le salaire au-






a domicile par une important categorie d'hommes de peine.
Je prends par example, la cas de la petite industries. On
salt qu'en principle le travailleur ne peut pas renoncer au
b6n6fice du salaire minimum. Mais on se demand si l'exa-
g6ration du travail a domicile, pour certaines entreprises
industrielles et commercials, n'est pas pr6judicieble aux
int&rets vitaux du travailleur. Et a bien consulter l'en-
semble des lois regissant la matiire, il nous semble que
seul le deuxieme paragraphe de l'article ler de la loi du
19 Septembre 1952 sur le contract individual de travail, fait
mention du travail a domicile, bien qu'il ne s'agisse en pa-
reille circonstance que du lieu d'execution du travail. Mais
a bien a fouiller la legislation sur 1'Inspection Generale du
Travail, il ne me semble voir nulle part des dispositions r6-
gissant express6ment un, si important question.
Je prends, mes chers Colligues, dans la petitite industries,
le cas d'un propri6taire d'6tablissement qui distribue du tra-
vail & une cinquantaine ou une centaine de travailleurs ou
travailleuses & domicile. Si cette situation n'est pas port6e &
l'attention de l'Inspecteur du Travail, si conform6ment a la
loi r6gissant le Service des statistiques ou de la main-d'oeu-
vre, une telle situation, pr6judiciable aux interets du tra-
vaillsur, ne porte pas l'attention de l'Inspection du Bureau
du Travail sur I'ensemble des int6rts du travailleur, on ne
peut pas savoir si le travailleur est exploited, s'il r6alise le
salaire minimum prevu par la loi; on ne peut; savoir la
some de travail qu'il execute.
11 nous semble recommandable que le D6partement du Tra-
vail intervienne pour sauvegarder le principle du salaire mini-
mum et voir dans quelle measure cette femme qui associe

quel il a droit. De fortes sommes d'argent qui devraient
reeenir au travailleur re.tent dans les coffres-forts des patrons.
Les pourboires laisses par les clients des hotels ne sont pas
remis faux garfons 'et aux femmes:de chambre. Les employers
de la petite industries, qui ne font pas une declaration du
travail qu'ils distrtbuent a domicile, garden par devers eux
tout cs qui deorait itre consider comme salaire pour, tra-
vail supplimentaire, quand chez elle, la tressseuse de pite,
la lisseuse d'objets en acajou ou la couturiare restent a la tache
plus de huit heures par jour...


-78-





son mari ou ses enfants a son travail, regoit le salaire du
travail supplmentaire. II nous semble que de ce c6t6-la
le Gouvernement de la Republique se doit de turner les
yeux, pour apporter un peu de justice aux interess6s. Ce
que je dis a toute sa valeur, car, i bien fouiller la le-
gislation francaise, par example, ou les publications de l'Or-
ganisation Internationale du Travail, on verra que le tra-
vailleur a domicile b6neficie du cong6 pay6. Est-on sOr
qu'une te-lle situation se realise en Haiti? S'il n'en est point
ainsi, je crois faire mon devoir de D6pute du Peuple en
appelant I'attention de la Haute Assembl6e sur certaines la-
cunes de la Legislation du travail de la R1publique.
En France, par example, le travailleur i domicile b6n6fi-
cie des assurances sociales. Mais est-ce qu'enHaiti une telle
situation est regl6e en faveur des travailleurs? II ne me
semble pas.
Done, il y a une lacune de notre legislation, pr6judicia-
ble aux int6rets du travailleur a domicile don't le travail
n'est pas contr616 par le Service d'Inspection du D6parte-
ment du Travail. En France, au Mexique, aux Etats-Unis
d'Am&rique du Nord et ailleurs dans les pays d6mocratiques,
de telles situations se trouvent reglementhes. au point de vue
des salaires, des cong6s pays, de l'assurance et de la s6-
curit6 soc:a!e.
J'ai done envisage pour vous, brievement, bien entendu,
Messieurs, les incidences heureuses de la recommendation
que je vais vous demander de faire au Pouvoir compe-
tent (70) a propos de la lacune que nous constatons dans
la legislation du travail relativement au travail a domicile.
J'ai done attire votre attention sur une question non moins
important: la question des pourboires.
.......... Des travailleurs ont attire mon attention sur
le fait que dans certain grands hotels une pratique est


(70 )... I y a des aspects de la question que seul le Pouvoir Ex--
cutif peut risoudre. La fixation des salaires et tout ce qui
est function de choses qui ichappent ,au contrale'du Parlement
doivent Wtre pratiquement rtsolus par le Pouooir qui dispose
de routes les informations indispensable a la position de la
question.


-79-





adoptee consistent a donner une parties des pourboires sous
forme de gratification. Je crois que c'est l1 un cas fla-
grant de l'exploitation du travailleur; car dans toute l6gisla-
tion du travail dans tous les pays avanc6s, it est precise
que ces sommes laiss6es volontairement par les clients, ces
pourboires, doivent aller aux travailleurs.
C'est si vrai que les auteurs comme ceux-li qui ont
pr6par6 l'ouvrage VOCABULAIRE JURIDIQUE sous la di-
rection de Henri Capitant, precisent que le pourboire est
un complement de sa'aire et entire dans la definition ju-
ridique du salaire. I1 reste sous-entendu que le salaire ac-
cord& est consid6r6 comme insuffisantC'est a ce point vrai
que les tourists, les clients d'un Bar, d'un Cafe, d'un Res-
taurant, d'un 6tablissement commercial oi se pratique le
pourboire, voient leur note major6e de 10 olo. Et cette
.najoration constitue le pourboire qui doit 6tre vers6, non
en parties, mais INTEGRALEMENT au travailleur.
II me semble, Messieurs, que dans notre legislation, nous
devons integrer des dispositions r6glementant une telle situa-
tion absolument defavorable au travailleur, parcequ'elle lui en-
leve une chose a laquelle il a droit.
S'agissant de gratification, il est dit que cette gratifica-
tion avec laquelle on tend a confondre le pourboire, est un
supplement de salaire qui est dO aux travailleurs- quand on
peut faire la preuve que ceci fait l'objet d'une promesse de
I'employeur ou que c'est en vertu d'un usage. Lors done
que la direction d'un h6tel, d'un restaurant, d'un bar ou
d'un centre d'attractions touristiques, met I la disposition du
travailleur une parties de ce qu'il a centralise comme pour-
boire, on est en droit de declarer que ceci est une manifes-
tation d'exploitation du travailleur qui a droit a l'integralit6
du pourboire.
Messieurs, j'ai attire votre attention sur une 1 a c u n e
qu'il imported de combler dans notre 16gislation. J'ai attire
votre attention sur la ncessite de recommander que le Pou-
voir Ex6cutif intervienne dans une pareille question pour
la reglenientater de fagon que soient sauvegard6s les int6rets
du trevaillour. Notre intervention n'est nullement injuste
parce que tout ce que nous proposons est rqpnu en fa-
veur du travailleur. Nous n'avons pas entr | de 16ser





les int6rets d'une parties, en l'occurence le patron. Nous
neus sommes bases sur des'choses auxquelles a droit le tra-
vailleur, pour demander que justice lui soit faite, pour de-
mander que l'Administration du Pays, par une legislation
adequate, protege les interets vitaux du travailleur. Je sou-
mets a l'examen de l'honorable Assemblee cette proposition
de Resolution:
La Chambre des D6putes,
Vu les articles 17 et 62 de la Constitution;
Vu la loi du 12 Septembre 1947 determinant le r6le et
les attributions de 1'Inspection G6n6rale du Travail;
Vu la loi du 15 Septembre 1947 centralisant dans le Ser-
vice de la Main d'Oeuvre et de Statistiques du Bureau Tra-
vail toutes les informations se rapportant aux entreprises in-
dustrielles et agricoles et a la main d'oeuvre qu'elles utilisent;
Vu la loi du 16 D6cembre 1947 relative a la dur6e du
travail, au cong6 pay6 et au salaire;
Vu la loi 19 )6cembre 1947 assurant au travailleur un
salaire minimum;
Vu la loi du 5 Mai 1948 revisant plusieurs dispositions de
la loi du 16 D6cembre 1947 sus-mentioone;
Vu le D6cret du 3 Novembre 1950 1largissant les cadres
et assurant la coordination des diff6rents services du Bureau
du Travail;
Vu l'Arret6 du 20 Janvier 1951 cr6ant le Conseil Supe-
rieur des Salaires
Vu la loi du 12 Septembre 1951 r6organisant l'institut
d'Assurances sociales;
Vu la loi du 19 Septembre 1952 reglementant le Contrat
individual de travail;
Consid&rant que la legislation, du travail en vigueur n'a
aucune disposition qui reglemente expressement le travail h
domicile et la r6partition des pourboires
Considerant qu'il convient que l'employeur qui utilise les
services de travailleurs a domicile pour le compete d'une entre-
prise industrielle ou commercial en fasse la declaration au
Bureau du Travail;
Considerant que dans les etablissements oiu en existed
la pratique, le pourboire est un complement de salaire qui






doit 8tre int6gralement vers6 au personnel en contact avec la
clientele des dit 6tabl ssements;
Consid&rant que le pourboire ne peut etre confondu avec
la gratification qui constitute un supplement de salaire quand
on peut faire la preuve qu'elle est due au travailieur en ver-
tu d'un usage ou d'une promesse de l'employeur;
Considerant qu'il imported d'assurer au travailleur a domi-
cile la protection des lois sur le salaire, le cong6 pay6, les
accidents de travail et les assurances sociales, et au person-
nel en contact avec la clientele des hotels, restaurants, cafes
et des 6tablissement commerciaux od existe la pratique des pour-
boires, le complement de salaire auquel il a droit;
Consid6rant qu'il y a lieu de recommander qu'une l6gisla-
tion vienne faire obligation ta employerr de justifier de l'en-
caissement et de la remise a son personnel de toutes sommes
laiss6es volontairement par les clients pour le service, entire
ses mains et centralis6es par lui;
A RESOLU
D'6mettre le Voeu que le Povoir ExEcutif entreprenne de
r6glementer
1.- Le travail h domicile;
2 Le contr6le et la repartition des pourboires dans
les hotels, restaurants, cafes et les ktablissements com-
merciaux ou en existe la pratique. (72)
Fait h la Chambre des D6put6s, a Port-au-Prince, le lundi
21 Juin 1954, au 151 eme de l'Ind6pendance.

Daniel FIGNOLE
SDpute

(72).- La proposition de Resolution du Depute Daniel Fignoli a eti
envoy&e a une Commission Spiciale former des Diputis Sal-
nave Zamor, Paracelse Pelissier, Salomon Bellerive, Reng Ji-
rome et Daniel Fignolg. Le rapport de la Commission, lu
decant la Chambre des D6putis, a recommandi que le Deputi
Daniel Fignoli prisente une proposition de loi sur les pour-
boires et le travail a domicile.
Le Deputi Fignole s'est fail le devoir de plsparer une
proposition de loi. Mais il n'a pus pu en effeetuer le
dipbt sur le Bureau d Cha'nre puisque l. Rapport n'a
pas ite soumis aux delib rations de I'Assemblie.


-82-






Fractionnement du Conge Annuel Pay6.-


Voici, h ce sujet, une proposition de loi depos6e par le
D&pute Daniel FIGNOLE le vendre 25 Juin 1954, en faveur
des travailleurs des grandes distilleries, des usines sucrieres,
des fabriques, des champs de cannes et autres oi des em-
ployes, ouvriers et journaliers competent moins de douze mois
mais plus de cinq mais de services continues sans avoir ja-
mais benefici6 du cong6 payer auquel ils ont droit.

LA CHAMABRE DES DEPUTES

Vu les articles 17 et 57 de la Constitution;
Vu la loi du 5 Mai 1948 st r la dur&e du travail, le r6-
pos hebdomadaire, le cong6 pay6 et le salaire;
Vu la loi du 19 Septembre 1952 sur le contract individual
de travail;
Vu la loi du 19 Septembre 1953 divisant le conger annuel
payer en douziemes en cas de suspension, de revocation ou
de d6mission du travailleur avant l'expiration de son ann6e
de service;
Considerant que l'article 10 de la loi du 5 Mai 1948 prive
un grand nombre de travailleurs du cong6 pay. et qu'il con-
vient de le modifier;
A PROPOSE

Et le Corps L6gislatif a vot6 la loi suivantr:
Article ler.- L'article 10 de la loi du 5 Mai 1948 sur
le cong6 payer est ainsi modifi&:
Article 10.-Tout travailleur aura droit apres une ann6e
de service a un cong6 pay6 d'au moins 15 jours consecu-
tifs. Le travailleur a 6galement droit a 15 jours de congi-
mala'ie, sans diminution de salaire.. Pour le cong6-maladie,
un certificate medical pourra etre requis par l'employeur (73).
Le travailleur employ durant moins de douze mois dans une
meme entreprise agricole, industrielle ou commercial, a droit,
a condition de computer au moinz six mois de services continues,

(73).-- C'est le texte de l'article 10 de la loi du 5 Mai 1948.


-83-





a un jour ouvrable de cong6 paye par mois pass dtpuis son
entree en service (74).
Article 2.- La present la loi abroge toutes lois ou dispo-
sitions de lois, tous decrets-lois ou dispositions de d6crets-lois
qui lui sont contraires et sera execute I la diligence du
Secr6taire d'Etat du Travail.

Port-au-Prince, le 17 Juillet 1954

74)..- Voila la modification propose par ls Deputi FIGNOLE. La
proposition de loi a W1 envoyie au ComitI du Traoail qui
n'a pas prfsenti de rapport. Ce comity est ainsi compose:
Duly B. Lamothe, President ; Docteur Maurice KEnol, Rap-
portour; Docteur Jules Larrieux, Jean-Marie Moise et Legrand-
Pierre, Membres.






Errata

PAE LIGNE LIRE:

1 13 Secretariat
1 24 larger de vue
1 29 l'utilit6
2 30 un Fonctionnaire
5 11 s'adonnent
10 33 entrainera une
11 14 appointments
15 14 alors, soutenu
15 20 la clientele, 1'im-
portance,
21 derniere pas l'autorit6 po*
litique requse
pour etre des
leaders
23 15 j'ose affirmer
24 35 Ministre d'Etat,
24 37 Messieurs,
25 34 je me crois
25 35 cetta machine
25 derniere ceux de l'l6ite
28 21 difficult (33).
28 22 II est vrai de
dire,
28 25 Gourdes aux
travailleurs,
28 "34 SYNDICAL EN
HAITI-.
29 10 dans une
29 21 Departement
30 34 du salaire
31 3 subi
32 16 sa proposition
36 4 COMMISSION
38 5 OCCASION
40 11 d'un article
40 13 la R6publique
43 25 I1 obtint une aug-





PAGE LIGNE LIRE

mentation de salaire.
II intervint particu-
lirement... . . .
Le D6put6 FignolI
obtint $pour eux
150 Gourdes par
mois.
47 8 travailleurs.
49 8 les deux chefs
50 16 un service
56 18 amelioration
59 13 lecture
59 26 dit que
59 30 prevoit
60 2 cette antinomie,
60 38 par arrete
62 29 une affaire de loi
65 16 rgglementc
65 23 agreement
65 34 intervention
66 3 ne seraient
71 23 trop cher le
72 7 Geneve
72 16 Geneve
73" 21 d'accorder
73 24 d6sormais on
75 30 de gros int6rets
74 33 a ces assises
74 34 le salariat haitien
75 15 Confrence.
75 16 et voudrais
75 derniere Geneve
76 8 d'assises, d'organisation
76 17 proposition du SCnat
76 18 comprendre la position
80 38 du travailleur
81 1 en l'occurrence
81 35 pour compete
82 2 des dits etablissements
82 3 le vendre d i 25 Juin
84 2 entree en service








PAGE 71 IN FINE


LIRE :,


Conformiment aux opinions quo je viens d'exprimer, je ooterai l'Accord
si I'on peut ftablir que le quota obtenu par Haiti n'a jamais gie at-
teinl ec qu'il est compatible avec une provision d'augmentalion de la pro-
duction sucirre, et si I'on enoisage enfin une baisse des prix du sucre
sur le march local.















A VENDRE

MON MANDATE -I

Contribution & 'Histoire du Mouvement Syndical
en Haiti
MON MANDATE -II
S'adresser au num6ro 19, Rue du Peuple, Bel-Air,
Port-au-Prince.






















Date Due


Due Returned Due Returned
JUL5 '61