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Group Title: SEEDS
Title: La cooperative de Markala
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00089891/00001
 Material Information
Title: La cooperative de Markala une nouvelle approche des roles economiques traditionnaux
Series Title: SEEDS
Physical Description: 20 p. : ; 26 cm.
Language: English
Creator: Caughman, S
Thiam, N
Publisher: SEEDS
Place of Publication: New York
Publication Date: 1983
 Subjects
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Statement of Responsibility: par Susan Caughman et Mariam N'diaye Thiam.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00089891
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 67621863
clc - 000298625
issn - 073-6833 ;

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SEEDS est une serie de brochures publiee en reponse aux demands d'information
venant du monde entier sur des idees de programmes innovatrices et pratiques,
realisees par et pour des femmes aux revenues faibles. Le but de ces brochures est
de diffuser I'information et de stimuler la creation de nouveaux projects, fondes sur
les experiences positives de femmes qui travaillent pour ameliorer leur propre statut
economique et celui des autres. Le projects d6crits dans ce numero comme dans le
reste de la serie ont ete choisis du fait qu'ils procurent aux femmes un revenue en
espece et les font participer activement aux prises de decisions comme aux profits.
Ces projects sont bAtis suivant des criteres economiques solides et permettent de
surmonter avec succes des obstacles courants. Ces rapports n'ont cependant pas
etd concus pour 6tre suivis a la lettre car chaque effort de developpement doit faire
face a des resources et des problems quelque peu different. En revanche, ils
relatent I'histoire d'une idee et sa mise en application avec I'espoir que les lemons
apprises se reveleront utiles dans des environnements varies. C'est egalement
pour etre portes & I'attention de ceux qui detiennent les pouvoirs de decision qu'ils
ont ete rddiges et leur montrer que des projects generateurs de revenues, pour et par
les femmes, sont viables et jouent un r6le important dans le developpement.


No. 5 Fr. 1983


ISSN 073-6833


La traduction de cette edition de SEEDS en francals ete subventionnee par:
Women in Development Office
Agency for International Development
Washington, D.C. 20523 U.S.A.









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La Cooperative de Markala:

Une Nouvelle Approche des Roles

Economiques Traditionnaux


Par Susan Caughman et Mariam N'diaye Thiam.












Introduction


La cooperative de Markala est nee de la determination d'un group de femmes
pauvres de la champagne Malienne a,trouver un travail remunerateur. Quand les
vingt membres originaux s'associerent en 1975, leur but 6tait de gagner un salaire
et d'apprendre des techniques reconnues et negociable sur le march de I'emploi.
En 1981, c'est chose faite. Elles gerent avec success une cooperative qui produit et
vend des pieces d'etoffe teintes et du savon de lessive. En assimilant les connais-
sances necessaires pour une telle entreprise, elles durent rechercher des
methods de formation don't la plupart des femmes du Mali rural ne pouvaient
disposer. Elles financerent elles-memes leur long apprentissage grace a leurs
gains bien qu'elles reGurent egalement des dons d'organismes d'aide au develop-
pement. L'experience des femmes de Markala a d6ej aide a la creation d'autres
cooperatives dans la champagne Malienne. Cela demontre 6galement que le fait de
creer des possibilities d'emplois autres que fermiers pour les femmes est un
element vital des projects pour le developpement du monde rural.





La ville de Markala. 800 habitants, se
trouve au bord du fleuve Niger, a 300 kms
de la capital du Mali, Bamako. Des cases
en banco seche, disposees autour de course
centrales, constituent les deux quarters
residentiels de la ville. Autrefois un petit
village de paysans comme il en existe pres-
que partout dans le pays, Markala a connu
un changement profound avec la construc-
tion, A proximity de la ville, d'un barrage et
d'un reseau de canaux et de digues d'irriga-
tion, prevus pour la culture A grande echelle
de products au rendement financier impor-
tant, comme le riz, le coton et la canne a
sucre. La construction et I'entretien du sys-
teme d'irrigation attira vers la region des
milliers de travailleurs agricoles, d'ouvriers
semi-qualifies, de fermiers A bail et de per-
sonnel d'encadrement venant non seule-
ment de tous les coins du Mali mais aussi
des pays voisins. La plupart des hommes
de Markala travaillent maintenant comme
ouvriers salaries et non plus comme fer-
miers independents. Parallelement, les
activities traditionnelles des femmes se


transformerent profondement.
La society Malienne a toujours ac-
corde une grande valeur a I'independance
financiere des femmes et celles-ci ont tou-
jours joue un role important dans le soutien
de la famille. La repartition des t&ches et
des responsabilites entire hommes et
femmes a toujours ete trbs nette. Les
hommes, par example, doivent fournir le
logement, le bois et les denrees alimen-
taires de base comme le riz ou le millet. Les
femmes, elles, doivent procurer les vete-
ments et les ingredients qui font la "sauce,"
le ragoOt de viande ou de poisson, les le-
gumes et les spices que I'on melange au riz
ou au mil et qui constituent le repas Malien
traditionnel. A la ferme, elles tissent des
6toffes & partir du coton recolte dans les
champs de leurs maris et cultivent les le-
gumes pour la "sauce" dans leurs propres
potagers. Aujourd'hui, les femmes autant
que les hommes doivent gagner de I'argent
pour pouvoir acheter vetements et nour-
riture. Cependant, contrairement aux
hommes, elles n'ont pas beneficie des pro-


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grammes d'apprentissage et des offres
d'emploi suscites par la creation du sys-
teme d'irrigation.
De 1968 A 1973, aggravant cette situa-
tion, la region du Sahel fut victim d'une
secheresse catastrophique. Meme si Mar-
kala ne souffrit pas de la famine, ce fut une
dure period. II devint difficile de se pro-
curer les denrees alimentaires de base et
leurs prix augmenterent considerablement.
Le prix du mil, par example, augmenta de
800% entire 1963 et 1975!
Pour gagner de I'argent, les femmes
de Markala essayerent de se lancer dans le
petit commerce, la vente de products ali-
mentaires et autres activities remunera-
trices. Ces tentatives, jamais tres fruc-
tueuses, se revelerent totalement insuffi-
santes dans I'economie d'inflation qui suivit
la secheresse. Alors, en 1975, sur la sug-
gestion d'un representant local du Ministere


de I'Agriculture, un group de femmes se
reunit pour discuter de leurs problems et
de ce qui pouvait etre entrepris pour y reme-
dier. Elles 6taient resolues A faire quelque
chose pour ameliorer leur situation eco-
nomique et rendre leur vie un peu moins
incertaine. Elles deciderent de s'associer
pour former une organisation 6conomique
-une cooperative.


Mise en Oeuvre
de la Cooperative

Une telle decision representait pour
ces femmes une demarche audacieuse.
Meme si le travail en group et la production
collective sont chose commune au Mali, la
copropriete des resources y est tout A fait
inhabituelle, surtout avec des individus de






families diff6rentes. Mais la n6cessite de
gagner de I'argent devenait de plus en plus
pressante et les methodes traditionnelles,
inapproprides. Alors, mettant de c6t6
craintes personnelles et apprehensions, le
group entreprit de former une cooperative.
Le desir d'apprendre de nouveaux
metiers joua chez ces femmes un r6le de
stimulant important qui les aida A se lancer
dans I'organisation d'une cooperative. En
Afrique de I'Ouest, beaucoup d'activites
economiques sont I'apanage de certain
groups 6thniques, de certaines families et
I'apprentissage necessaire se transmet
d'une generation a I'autre. Pour ses futures
adherentes, la cooperative representait un
moyen d'acquerir de nouvelles connais-
sances, de nouvelles techniques, comme
les hommes en avaient apprises grace a la
creation du system d'irrigation.
Pendant environ trois mois, en 1975,
elles se reunirent A plusieurs reprises pour
discuter de leurs problbmes et de ce
qu'elles pouvaient entreprendre pour
gagner de I'argent. Puis, avant de demarrer
toute activity, elles se mirent d'accord sur
quelques principles de base:
Le group serait accessible A toutes
les femmes du village voulant y parti-
ciper.
La cotisation resterait faible de facon A
ce que personnel ne puisse etre exclu.
(La cotisation initial de 1.000 Francs
Maliens (FM), soit environ 2,50 Dollars
US, fut abaissee A 100FM ($0,25) lors-
que I'on s'apergut que beaucoup ne
possedaient pas les moyens financiers
de joindre la cooperative).
Le but principal de la cooperative serait
de produire des revenues pour ses
membres. D'emblee, course d'hygiene
et alphabetisation furent rejetes
comme des activities ne repondant pas
a leurs besoins financiers.
Toutes les decisions importantes ser-
aient prises par le group. En d'autres
terms, ce dernier n'en appellerait ni a
des personnalites locales ni a des
autorites gouvernementales pour son
administration, comes le faisaient






beaucoup d'autres associations simi-
laires du Mali. Evidemment, on con-
sulterait les autorites locales sur les
projects mais les decisions finales en
reviendraient au group.
En premier lieu, les femmes etudierent
les problems qu'elles esperaient resoudre
et deciderent ensuite des activities repon-
dant le mieux a leurs besoins. Comme mar-
chandes de products alimentaires, leurs re-
venus etaient irreguliers. Chaque jour ap-
portait un lot nouveau d'inquietudes et de
soucis pour nourrir leurs families. Donc elles
avaient non seulement besoin de plus
d'argent mais en outre, cet apport d'argent
devait etre constant. Cela eliminait toute
activity saisonniere comme la peche ou le
jardinage. II leur fallait egalement trouver
une activity compatible avec des horaires
flexibles car s'occuper des enfants et des
tAches menageres prenait du temps tous
les jours. De plus, les participants desi-
raient accroitre leurs chances de trouver un
emploi individuellement et non seulement
en tant que troupe. Elles avaient besoint


d'acquerir des connaissances leur permet-
tant de gagner leur vie n'importe ob.
La teinture de tissus et la fabrication de
savon semblerent en fin de compete remplir
le mieux toutes ces conditions. Ces tech-
niques, reflechirent-elles, pourraient servir a
chacune, que la cooperative march ou
non. Plusieurs autres considerations etaient
importantes dans ce choix. On pouvait trou-
ver les matieres premieres indispensable
sur place et savons et etoffes etaient tou-
jours en demand. En outre, et encore plus
important, au Mali, la teinture et la fabrica-
tion de savon sont des activity feminines
traditionnelles. Leur inhabituel project susci-
tait deja beacoup de controversies en ville et
elles estimerent essential de choisir des
activities considerees convenables pour
des femmes par la communaute.

200 femmes environ manifest6rent
leur interet pour la cooperative et la plupart
participerent a une ou plusieurs reunions
d'organisation. Cependant, le scepticisme
de la communaute et la perspective d'une





longue period d'apprentissage de-
couragea un grand nombre d'entre elles. A
la fin de 1975, vingt femmes tries motives
commenc6rent a travailler dans des locaux
pr6tes par une ecole du voisinage. La co-
operative de Markala etait nee.


Premiers Essais

Pour ouvrir son atelier de teinture, la
cooperative, grace a I'aide d'un represen-
tant du Ministere de I'Agriculture, regut un
don de 600 Dollars US, provenant d'un pro-
jet lance par les Nations Unies a Bamako.
Cet argent fournit les fonds necessaires
pour acheter tissus, teintures et cordes et
permit de faire venir de la capital un artisan
renomme pour former les apprenties. Les
procedes de teintures se revelerent com-
plexes et les femmes trouverent utiles de se
diviser en deux groups. Le premier entre-
prit de se specialiser dans les techniques
de teintures A I'argile, un art traditionnel des
Bambaras, une des ethnies du Mali. II faut
un oeil sOr et une main assuree pour peindre
avec une petite baguette des motifs precis
sur des etoffes tissues a la main et les
femmes durent s'exercer de longs mois
avant de pouvoir fabriquer des articles ven-
dables. Le deuxieme group choisit d'ap-
prendre une autre technique oO I'on attache
sur un tissu blanc le module d'un motif de
fagon A recouvrir la parties d'etoffe corres-
pondant au motif. Puis on plonge le tissu
dans un bain de teinture chimique ou vege-
tale et, lorsque I'on decoud le module, sa
forme, restee blanche, resort sur I'etoffe
coloree. Cette technique se revela encore
plus difficile a maitriser que la teinture a
I'argile.

Les deux premieres annees de pro-
duction se solderent par de lourdes pertes
que les membres attribuerent aux coOts
d'apprentissage. Mais elles etaient toujours
resolues A perfectionner leurs talents et,
en 1977 et 1979, elles participerent A des
stages de formation avancee, organisms par
I'American Friends Service Committee
(AFSC) en Gamble et au Mali. A la fin de


1979, les femmes estimerent que leur pro-
duction egalait en quality celles des tein-
turiers plus connus du pays.
Maitriser les techniques de fabrication
du savon leur demand egalement beau-
coup de temps. Elles engagerent d'abord
des savonniers de la region pour qu'ils leur
enseignent un procede utilisant de I'huile de
poisson. Mais elles se heurterent & des diffi-
cultes: on ne pouvait pas toujours trouver
cette huile et, surtout, sa forte odeur ne
faisait vendre le savon que lorsqu'aucun
autre n'etait propose. Alors elles essaybrent
d'utiliser le beurre de karite, une huile
obtenue A partir de la noix d'un arbre de la
region, mais elles ne parvinrent pas A pro-
duire un savon qui mouss&t bien.
Puis, en 1979, le Ministere de I'Agricul-
ture, en collaboration avec I'American
Friends Service Committee, commenga A
offrir une aide technique et financiere ainsi
que des conseils en marketing aux groups
de production feminins du Mali dans le
cadre d'un programme baptise FEDEV
(pour FEmmes et DEVeloppement). Le
FEDEV engagea comme conseiller pour la
cooperative un savonnier du Ghana, Peter
Donkor. Ce dernier suggera de melanger
deux huiles differences pour produire un
savon inodore et bien moussant. Donkor
demontra egalement un nouveau procede
oi huiles, soude caustique et eau sont por-
tees A ebullition sur un feu de bois. Jusqu'a
present, le group fabriquait son savon "A
froid," melangeant tous les ingredients
ensemble.
Faire bouillir la preparation non seule-
ment produisait plus de savon mais aussi
eliminait toute odeur. Cependant ce
nouveau procede etait quelque peu plus
complique que le melange A froid car les
composants devaient 6tre measures avec
precision et la quantity d'eau A ajouter,
jugee rapidement. Mais grace A leurs
annees d'experimentation avec les huiles et
la soude caustique, les femmes purent
maitriser les nouvelles techniques de
Donkor en peu de temps. En I'espace d'une
semaine, elles produisirent un savon de
lessive de haute quality. Donkor revint
quelques mois plus tard pour les aider a
installer deux chaudrons pour faire bouillir le




















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savon qui leur permirent de produire plu-
sieurs milliers de barres par semaines.


Un Pas en Avant

En 1978, la cooperative comptait 50
membres, La plupart venaient des couches
de population aux revenues faibles et les
femmes marines, de 30 ans et plus, repre-
sentaient la majority. 64% des marriages
etaient polygames et les teaches menage-
res, partagees avec une, deux ou trois
autres femmes. Dans le group, seules huit
femmes avait suivi I'ecole primaire et au-
cune n'avait acheve ses etudes. Deux par-
laient le Francais, la langue national. Ce-
pendant en 1979, malgre leurs pauvres
revenues et les critiques incessantes des
habitants qui, ne voyant pas de gains finan-
ciers dans I'entreprise, leur reprochaient de
perdre leur temps, les adherentes etaient
non seulement revenues des specialistes
de deux domaines de production impor-
tants mais encore, se trouvaient en bonne
voie d'etablir leur cooperative comme une
affaire solide.
La declaration et I'inscription du
group en tant que cooperative de produc-
tion sous la loi du Mali fut une tape impor-
tante. Cette procedure, indispensable pour
la reconnaissance legale de son existence
par le gouvernement, se revela longue et
complex. II est fort peu probable que ces
femmes illettrees auraient pu repondre aux
exigences des formalities administrative
sans I'aide du FEDEV.
Une autre question fut resolue lors-
qu'elles acquerirent un atelier permanent,
apres plusieurs annees dans des lieux de
travail temporaires et des problems d'en-
treposage qui provoqubrent un terrible inci-
dent quand un enfant essaya d'avaler de la
soude caustique. En 1979, grace a un don
de la NOVIB, une association d'aide aU de-
veloppement des Pays Bas, on construisit
un bAtiment en ciment. C'etait une grande
piece, munie, A I'exterieur, d'abris contre le
soleil sous lesquels les femmes pouvaient
s'installer pour travailler pendant les mois
chauds.


Avec les 6videntes connaissances et
techniques nouvellement acquises de ses
ouvrieres-teinture et savonnerie de bonne
qualite-le bAtiment provoqua un change-
ment d'attitude de la population envers
I'entreprise. Le scepticisme se transform
en admiration et, avec le temps, les
demands d'inscription A la cooperative
augmenterent. Les autorites locales, stu-
pefaites de voir qu'un group de femmes
illettrees puisse posseder un batiment
important, commencerent a considered la
cooperative comme une veritable operation
commercial et non plus comme une
oeuvre social A deduire des imp6ts, ainsi
qu'elles le faisaient auparavant.


Organisation

En plus des problems poses par
I'acquisition de nouvelles connaissances
techniques, les adherentes se confron-
terent aux tracassantes decisions A prendre
pour diriger leur entreprise. Ne possedant
pas de tradition de partage des resources,
gerer les actifs de la cooperative represen-
tait pour les femmes des difficulties poten-
tielles. Elles mirent en place des comites et
elirent des deleguees et des comptables.
Elles etablirent un horaire de travail jour-
nalier qui tenait compete des obligations
menageres de chacune. Les femmes don't
les maris etaient polygames, par example,
et qui n'avaient pas A faire la cuisine chaque
jour durent assurer plus de presence que
celles preparant les repas quotidienne-
ment.
Comme I'un de leurs buts etait de
s'assurer un revenue constant minimum,
elles decid6rent de verser A chaque mem-
bre un salaire mensuel regulier, provenant
des benefices realises par la teinture de
tissus. Mdme s'il etait mince, un salaire
repesentait pour elles une source impor-
tante de security.
Assurer la paye mensuelle demeura la
plus important priority m6me lorsque les
activities de la cooperatives n'engendraient
que peu de revenues. Souvent, les femmes
emprunterent sur les benefices a venir ou se































payerent avec un argent qu'elles auraient
pu reinvestir avec plus de profit dans des
matieres premieres. Mais, en depit de ces
moments de tension, les membres croient
aujourd'hui fortement que, sans ce salaire
regulier, elles auraient eu du mal A per-
severer durant leurs annees d'appren-
tissage.

Pour trancher une autre question
sujette A controversies, on decide que
chaque membre recevrait le meme salaire,
quelque soit sa productivity. Cette decision
tenait compete en parties de la difficult
mesurer des niveaux individuals de pro-
ductivite. Les jours oO on fabrique le savon,
par example, chacune aide A mesurer les
quantities d'huile, A peser la soude caus-
tique, A faire bouillir la preparation, A remplir
les moules et, plus tard, A decouper les
grands bloc de savons en petites barres. De
meme, les modules de motifs peuvent 6tre
attaches sur une etoffe par une femme,
I'ensemble plonge dans la teinture par deux
autres, rinse par une quatribme et les fils
enleves par une cinquieme. On decida pour
cette raison que les benefices revenaient A


I'ensemble du group et devait etre divises
en parts egales.
Pour des raisons philosophiques,
egalement, la majority des femmes estima
que I'egalite des salaires etait necessaire si
I'on voulait renforcer I'unite du group et
eviter les jalousies et les querelles. Aujour-
d'hui beaucoup croient que la survive du
group est dOe A cette egalite des salaires.
Mais certaines furent irritees par I'injustice
d'un system qui recompensait de la m6me
maniere chaque ouvriere, meme celles
moins talentueuses ou moins travailleuses.
Adressant cette critique, les femmes
mirent en place un system de quotas. On
soustrait une petite some du salaire
mensuel de chaque femme qui ne remplit
pas son quota d'heures de presence et de
production. Dans la pratique, toutefois, ce
syst6me n'a pas resolu la tension existante
entire celles qui preferent sacrifier un peu de
leur profit pour assurer la survive du group
et celles qui considerent le system d'6gal-
ite des salaires comme de I'exploitation.
De difficiles decisions comme celles
que nous venons de voir furent souvent
prises apres des mois de discussion. Mais












































































































S_7 M






en analysant et en resolvant leurs
problems ensemble, les femmes consti-
tuerent un group loyal et homog6ne. Au
debut, elles avaient decider de s'associer a
la cooperative dans I'espoir d'y trouver un
benefice individual mais petit a petit, leur
attachment A la cooperative et A ce qu'elle
representait devint tout aussi important.
Quand il compta 50 membres, le group
decida que, s'il voulait faire face au coQt
eleven qu'entrainait la formation de chaque
nouvelle adherente, il devait former la co-
operative jusqu'A ce que sa tresorerie
devienne plus stable.



Problems


Durant les premieres annees, les
revenues de la cooperative parvinrent pra-
tiquement entierement de la vente d'etoffes
teintes. Au fur et A measure que les femmes
perfectionnerent leurs techniques, leur pro-
duction augmenta regulierement au point
d'exceder la demand locale. Et mdme si
les habitantes admiraient les tissus pro-
duits, peu d'entre elles pouvaient se per-
mettre d'en acheter plus d'une piece par an.
II existait done un problem de marketing.
En 1975, une petite boutique, La
Paysanne, ouvrit A Bamako. Administree
par le FEDEV apres 1978, son but 6tait de
faire vendre les products des cooperatives
rurales. En se developpant, elle mit en vente
un pourcentage grandissant des etoffes
creees A Markala. En 1980, presque toute la
production de la cooperative etaient ven-
due en dep6t A Bamako.
Pour Markala, la boutique assure un
point de vente solide et des revenues bruts
reguliers de I'ordre de 400.000FM (1.000
Dollars US) par mois. Faire parties de cette
boutique apporte egalement d'autres avan-
tages: Cela pousse les membres de la
cooperative A ameliorer la quality de leur
travail et elles peuvent y acheter leurs ma-
tieres premieres au prix de gros.
Mais cela repesente aussi un certain
nombre de difficulties:


Premierement, le transport entire Bam-
ako et Markala revient cher, compli-
quant les voyages des ouvri6res pour
acheter du materiel et livrer les products
finis.
DeuxiBmement, les conseils et les
recommendations prodigues par la
boutique sur les couleurs et les styles
recherches par les clients mettent du
temps a parvenir aux teinturieres. De
ce fait, la cooperative ne peut adapter
rapidement sa production A la de-
mande.
Troisiemement, avec la mise en dep6t
des etoffes, il s'ecoule toujours de trois
A six mois entire I'achat des matieres
premieres et le paiement des products
finis. Le manque de capital force fre-
quemment la cooperative A emprunter
sur les benefices A venir pour pouvoir
acheter du materiel et continue la pro-
duction.
Quatribmement, les revenues de la
cooperative dependent presque en-
tibrement d'un point de vente situd A
300 kms oO les decisions sont prises en
ne faisant que tres peu appel aux sug-
gestions des ouvrieres de Markala.
Bien que la boutique de Bamako soit
une organisation A but non lucratif, don't
la seule function est de vendre des
articles products par des cooperatives
rurales, les femmes de Markala hesi-
tent A se meler de son fonctionnement.
Elles la considerent come une affaire
de ville.
Cinquiemement, un large pourcentage
de la clientele est constitute d'expatries
un march peu stable pour developper
un commerce.

Pour toutes ces raisons et aussi A
cause des faibles marges de profits sur la
teinture de tissus, les membres de la coop-
erative essayent maintenant de trouver des
moyens de diversifier leurs sources de
revenues. Une meule pour broyer le millet
semblait 6tre une bonne idee car souvent,
les femmes du Mali payment pour faire broyer
le leur ailleurs qu'a la maison. Cependant,

































c'est la savonnerie qui reste la plus promet-
teuse en revenues car son produit est
apprecie dans le pays et le savon fabrique
en usine est frequemment en rupture de
stock. Toutefois, les problems d'emball-
age, de marketing ou d'approvisionnement
en matieres premieres ont jusqu'a present
limited ces revenues.
Actuellement, le savon est vendu
directement aux particuliers mais les
femmes cherchent des acheteurs et des
distributeurs pour le vendre dans d'autres
villes. Le transport de grosses quantities
exige un emballage pour eviter au savon de
se dessecher et la cooperative est entrain
d'etudier la question. Les femmes esperent
que, dans I'avenir, leur entreprise de sav-
onnerie se developpera suffisemment pour
leur permettre d'etre moins dependantes
d'une seule activity, la teinturerie, pour leurs
revenues.
La tenue des comptes crea une autre
source de problems. Les femmes de la
cooperative preferbrent utiliser les services
de leurs propres membres plut6t que d'en


appeler a I'exterieur pour s'occuper de leurs
finances. En consequence, elles choisirent
les deux femmes qui savaient lire et ecrire.
Ces dernieres mirent en place leur propre
syst6me de comptabilie. Elles enregistrer-
ent soigneusement toutes les depenses,
compterent les heures de presence et la
production et firent les inventaires de savon.
Mais ces systems se revelerent de moins
en moins satisfaisants au fur et a measure
que le volume des affaires de la cooperative
augmenta, introduisant de nouvelles ac-
tivites et necessitant des transactions plus
complexes. Les femmes ont besoin d'infor-
mations sOres et en temps voulu pour pou-
voir prendre les decisions indispensables a
I'achat de matieres premieres ou adapter
les taux de productions. Elles demanderent
I'assistance d'une association de coopera-
tives locales mais finirent par mettre en
place un system unique et peu orthodox
de leur invention. Le profit A tirer de divers
products (une coulee de savon ou un mois
de vente d'etoffes, par example) devient la
responsabilite de differentes femmes illet-
trees. Selon elles, cette methode equilibre le
contrl6e exerce par les deux comptables
sur les traces ecrites et repartit largement
les responsabilites financieres. Ce system,
meme s'il rend plus difficile un apercu glo-
bal des finances de la cooperative, est tries
apprecie par ses membres. Elles ont
maintenant besoin d'une aide compre-
hensive qui puisse imaginer un system
incorporant leurs propres methodes aux
techniques de comptabilite traditionnelles
et qui les assisted dans la preparation de
leurs bilans.
Le manque de capitaux demeure une
difficult constant. Les femmes doivent
jongler prudemment chaque mois avec les
resources de la cooperative pour assurer
la paye et I'achat des matieres premieres
pour la production du mois suivant. Elles
sont done le plus souvent incapables
d'acheter et de stocker leurs matieres
premieres en grandes quantities quand les
prix sont bas. Cette consideration est
extr6mement important surtout en ce qui
concern la confection du savon, car le
beurre de karite, le principal ingredient, est


































recolte et fabrique en Aoit et Septembre et,
plus tard dans I'annee, son prix peut tripler.
Elles voudraient egalement augmenter la
production de tissus mais ne peuvent se
permettre d'investir en etoffe et en teinture
pour ensuite attendre six mois pour toucher
les revenues des ventes. Recemment,
cependant, le group a requ un don
d'Oxfam America pour investor en materiel
et accroTtre ainsi la production.
Leur decision de rester aussi indepen-
dantes que possible s'est traduite par une
augmentation peu rapide des profits. Les
dons recus (totalisant environ 75.000
Dollars US sur 7 ans) ne couvrent que des
projects precis la construction de I'atelier
par example ou de courts periodes
d'apprentissage. Le coOt journalier des
salaires, les factures d'eau, de transports et
autres depenses d'exploitation qui sont A la
base du fonctionnement de la cooperative,
sont assurees par les profits engendres par
la vente des etoffes. Les membres sub-
viennent elles-m6mes aux depenses de leur
long apprentissage. Cet effort revient cher


et a contribute pendant de nombreuses
annees a empecher I'augmentation des
salaires.
Leurs revenues, rests bas depuis cinq
ans, ne font que renforcer la resolution des
femmes d'accroitre leur pouvoir de gains et,
avec I'expansion de la production, elles
esperent augmenter leurs salaires.
Meme si elles ne sont pas encore satis-
faites des resultats financiers de leurs en-
treprises, leur attachment & la cooperative
reste ferme. Elles parent volontiers et
abondemment des avantages acquis. Les
habitants de Markala considerent leurs
activities avant de joindre la cooperative
comme sans interdt. "Je ne faisais rien,
alors je me suis inscrite A la cooperative".
Elles sont maintenant tres fibres de leur
expertise en teinture et en savonnerie,
concretisee par un emploi et un salaire
mensuel. Leurs inquietudes quotidiennes
du passe sont remplacees par une nouvelle
certitude. Beaucoup, confiantes dans leurs
possibilities de gagner de I'argent a I'avenir,
transmettent leurs connaissances a leurs
filles pour que celles-ci puissent, A leur tour,
trouver du travail.
Comme la cooperative ne peut assurer
qu'une petite parties de leurs depenses
mensuelles, beaucoup gagne un sup
plement d'argent en travaillant pendant les
soirees et en utilisant les connaissances
qu'elles y ont acquises. "Avant, je n'avais
aucun metier", dit une femme, "maintenant,
je peux faire face a mes depenses. Je peux
preparer des etoffes ou fabriquer du savon
le soir A la maison".

L'entraide et le soutien de leurs
compagnes competent enormement pour
elles. "Si j'ai besoin de quelque chose, si j'ai
des problems, il y a toujours une femme de
la cooperative pour m'aider". Elles estiment
que le travail en group leur a beaucoup
apporte. "Certaines personnel ont de meill-
eures idees que d'autres et quand on tra-
vaille ensemble, on apprend".
Les avantages financiers offers par le
group vont au delA du salaire mensuel.
Elles ont cree un compete d'epargne collectif
auquel chaque membre verse une parties de
son salaire. Chaque mois, A tour de role,





deux adherentes recoivent 25.000/FM (50
Dollars US). Pour la plupart, incapables
d'6conomiser A cause des depenses
engendrees par la nourriture de la famille,
ce compete represent leur unique chance
de disposer d'une important some
d'argent. Beaucoup utilisent cette some
pour rembourser des prets ou acheter des
v6tements pour leurs enfants. Mais
plusieurs ont invest ces economies: L'une,
dans une charette qu'elle propose en loca-
tion, une autre dans une affaire de boissons
non-alcoolisees. La cooperative dispose
egalement d'un fond de secours pour aider
ses membres en cas d'urgence, comme
une maladie.
Ces accomplissements ne sont pas
passes inapercus. En plus d'avoir gagne
I'approbation de leurs voisins, les femmes
de Markala ont attire I'attention des autori-
tes. Le FEDEV et son programme, large-
ment inspire de leur example, aide mainte-
nant une vingtaine de group dans le pays.
Beaucoup ont envoy leurs membres A
Markala pour y complete leur appren-


tissage et des femmes d'autres pays sont
venues visitor la cooperative pour profiter
de ses experiences. (Voir appendices).



Lemons

La perseverance et I'initiative de la
cooperative de Markala a demontre que
des femmes pauvres et illettrees peuvent
collaborer avec success a des operations
commercials. Plus important peut-6tre,
grace & leurs actions et a I'organisation de
cette cooperative, elles ont apporte une
contribution eclatante au role de la femme
dans le Mali rural. Les femmes de milieu
rural qui ont la responsabilite de nourrir leur
famille ont besoin d'apprendre un metier et
de trouver un travail qui puisse leur procurer
des revenues reguliers. Bien que I'accroisse-
ment de la production agricole reste un but
essential des programmes de developpe-
ment en milieux ruraux, les besoins finan-
ciers des femmes, a la ferme ou ailleurs,


4% -



-.~



II.






doivent egalement 6tre pris en considera-
tion si I'on veut clever le niveau de vie des
families.
Ceux qui souhaitent aider a augmenter
les revenues de ces femmes peuvent tirer
beaucoup de lemons utiles de I'experience
de Markala.
1. Les activities initiales entreprises
par une cooperative devraient promettre
des avantages nets et immediats aux
participants. Des specialistes n'aurai-
ent probablement pas recommande la
teinturerie comme une activity de demar-
rage pour les femmes du Mali rural. Les
marges de profits sont minces, I'apprentis-
sage est long et le marketing, difficile.
Toutefois, les membres croyaient que ces
connaissances leur seraient utiles, que la
cooperative survive ou non, et elles posse-
daient la volonte de s'engager a maitriser
les techniques necessaires. L'art de la tein-
ture fut done ideal pour les premieres
annees, quand la cooperative etait encore
fragile et I'esprit de group minime. Mainte-
nant que la cooperative est plus solide et
plus homogene, ses membres peuvent se
lancer dans d'autres activities moins con-
ventionnelles et plus profitable.
2. Les femmes devraient choisir les
structures de leurs propres organisa-
tions, meme si, de I'exterieur, leurs deci-
sions paraissent illogiques. Les femmes
de Markala ont mis en place leur coopera-
tive d'une maniere defiant tous les procedes
reconnus et les methodes communement
accepts dans les affaires. Des salaires
sont verses, quelque soient les revenues;
chacune touche une paye gale, en depit
des differences dans leur productivity. Elles
elirent des femmes sans experience pour
tenir les comptes. Malgre tout, ces regles
peu orthodoxes representent pour les parti-
cipantes une reponse rationnelle A leur
evaluation de leur position economique et
social. Donateurs et organizations gou-
vernementales devraient s'assurer que les
membres comprennent la portee et les
coOts de telles decisions et devraient
6tudier des solutions intermediaires qui
respectent les priorit6s des femmes tout en
augmentant les profits.


3. Une assistance technique appro-
pride est vitale. Sans conseils de I'exter-
ieur, le group de Markala n'aurait jamais
atteint son but de formation professionnelle.
Un des plus important services que I'on
peut rendre est d'identifier les conseillers
utiles et les techniques, tout en laissant a la
cooperative le soin de decider de la direc-
tion du project. Dans le cas de Markala, le
Ministere de I'Agriculture proposal son
assistance technique et mit egalement les
femmes en relation avec d'eventuels
donateurs qui pouvaient les aider.
4. On doit garder un equilibre delicat
entire le fait de computer sur soi-m6me et
un niveau approprie d'assistance finan-
ciere et technique de I'exterieur. Les
membres avaient A coeur de garder leur
independence et elles 6viterent de depen-
dre d'un seul donateur ou d'un seul service
gouvernemental. Cette independence leur
a cote6 cher car elles encoururent de
lourdes depenses pour les periodes
d'apprentissage et le developpement du
project. Ces co0ts auraient pu itre pris en
charge si le project avait ete parraine par une
agence ou une organisation privee. Le
manque de capitaux qui en resulta limita la
croissance de la cooperative et forca A
maintenir de bas salaires. D'un autre c6te,
des programmes fortement subventionnes
s'effondrent souvent lorsque les subentions
s'arr6tent. La stability du group de Markala
semble assuree car il a appris a fonctionne
de facon autonome en faisant face a toute
sorte de probl6mes et en se heurtant parfois
a des situations financieres defavorables.
Donateurs et beneficiaires doivent travailler
ensemble pour parvenir a une structure
d'assistance financiere qui encourage
I'autonomie sans contraindre de pauvres
femmes a supporter seules les risques de
projects experimentaux.
5. Si une petite entreprise veut
reussir, la tenue des comptes et I'admin-
istration sont aussi importantes que les
techniques de production. Dans leur
enthousiasme pour une formation don't tous
les membres pourraient tirer parti, les
femmes se concentrerent sur la teinture et la
savonnerie. Elles negligerent la formation






don't avaient besoin celles qui tenaient les
comptes et ne voulurent pas engager d'aide
exterieure pour la comptabilite ou I'admin-
istration. En resultat, le manque de bonnes
informations en temps voulu sur I'etat des
comptes a limited la rentabilite de la coop-
erative. L'importance de ces connais-
sances devraient 6tre souligner lors de la
preparation d'un programme.
6. Une perspective souple et a long
terme est essentielle. Developper leurs
techniques prit de nombreuses annees et il


s'ecoula encore plus de temps avant que
les femmes finissent par avoir confiance les
unes aux autres. En demarrant simplement,
ajoutant des activities supplementaires
seulement au moment ou le group s'esti-
mait pr6t, elles stabiliserent et affermirent
leur project. On ne devrait pas imposer des
plans trop rigides et un calendriertrop just.
Six ans aprbs la formation du group, les
femmes de Markala estiment que le travail
vient A peine de commencer.


,r 32t .-,


'IG
~'Oft


ML..





Appendices


Services de developpement rural
soutenant les activities genera-
trices de revenues pour les
femmes.
Le succ6s de la cooperative de Markala
est dO avant tout A la determination et au
travail continue de ses membres. Cependant
le group fut largement aide par I'existence
de programmes specialists pour le milieu
rural. Comme nous I'avons indiqu6 aupara-
vant, un representant local du Ministere de
I'Agriculture porta le group A I'attention de
donateurs et d'agences gouvernementales.
Puis, en 1976, I'American Friends Service
Committee (AFSC), en cooperation avec le
Ministere du Developpement Rural, etablit


le FEDEV (Femmes et Developpement) au
Mali. Cette organisation permit aux femmes
de recevoir I'apprentissage necessaire et
ouvrit un point de ventes pour les 6toffes.
Jusqu'A present, les services de develop-
pement rural, efficace et aides par le gou-
vernement, mis en place pour encourager
les efforts des groups de femmes, etaient
rares.
La description ci-dessous du FEDEV et
de deux autres programmes similaires
montre comment de telles organizations,
6tablies au sein des ministeres gouverne-
mentaux, peuvent jouer un r6le vital en
aidant les femmes de milieur rural A enrichir
leur connaissances et faire fonctionner des
affaires viables.





Femmes et developpement
(FEDEV), Bamako, Mali.

Le FEDEV est un project quasi gouver-
nemental puisqu'il depend directement du
Ministere du Developpement Rural en
collaboration avec I'AFSC. II depend egale-
ment du bureau national responsible de la
direction des activities des organizations
privees au Mali. Le Directeur du Departe-
ment de I'Animation et de la Formation en
Milieur Rural aide le FEDEV en envoyant des
equipes (Travailleurs pour le Ddveloppe-
ment Rural), en informant les autorites
locales des activities du FEDEV et associant
les programmes de ce dernier A d'autres
efforts gouvernementaux ou prives.
Present dans maintenant 5 des 7 pro-
vinces du Mali. le FEDEV travaille princi-
palement par I'intermediaire de cadres du
Ministere de I'Agriculture reparties en dis-
tricts et appelees monitrices. Ces femmes
sont en rapport avec des centres ruraux
polyvalents ou elles travaillent avec les
femmes de villages dans le domaine de
I'hygiene, de la sant6 et des besoins
sociaux. A I'heure actuelle, dix monitrices
sont deleguees au FEDEV. Celui-ci prodi-
gue conseils, formation (Exemple: Fabri-
cation du savon, comptabilite, administra-
tion de cooperative) et moyens qui leur per-
mettent d'elargir leur r6le dans la com-
munaute dans le domaine des activities pro-
ductrices de revenues pour les femmes. Elles
touchent une prime pour leur travail au
FEDEV qui vient en supplement de leurs
activities regulieres. Le FEDEV leur donne
egalement un petit velomoteur pour faciliter
leurs deplacements en brousse.
Le programme opere de la facon
suivante: Quand une monitrice remarque un
group de femmes desirant se lancer dans
une entreprise generatrice de revenues, elle
les aide a trouver un local adequat et
s'occupe des arrangements pour qu'elles
recoivent la formation necessaire aux tech-
nique don't elles ont besoins (jardinage,
fabrication de tapis, teinture). Le FEDEV
prend en charge la period d'apprentis-
sage et aide les femmes A s'organiser
(elections des dirigeants, des tresori6res,
montant d'inscription, dividends, salaires,


etc.) en une structure appelee "prd-cooper-
ative". Au Mali, devenir une cooperative est
un procede legal relativement complex qui
n'est generalement pas entrepris avant
qu'un group n'ait demontre ses capacities
a travailler en commun et sa rentabilite.
II est reconnu que de bonnes methodes
de comptabilite sont essentielles pour le
success de n'importe quelle affaire. Le
FEDEV propose non seulement une forma-
tion dans ce domaine mais aussi, A I'occa-
sion, offre une petite remuneration A la
comptable durant les premiers temps de
fonctionnement, jusqu'a ce que le co0t
puisse en etre assure par le group. Si cela
s'av6re necessaire, le FEDEV donne un
capital de depart pour I'acquisition d'outils
et d'equipement et achete du materiel en
grande quantity qu'il revend au group au
prix coOtant. II aide aussi au marketing des
articles products.
Chaque monitrice demeure en contact
permanent avec toutes les "pr6-coopera-
tives" de sa region, visitant parfois chacune
A plusieurs reprises pendant le mois. Grace
A ses methodes de formation et A ses organ-
isations de soutien, le FEDEV espere
qu'apres plusieurs annees, chaque group
sera capable de:
Parvenir a une situation financiere
stable
Mettre en place des structures d'organ-
isation solides
Etablir une strategic de marketing pour
ses products.
A ce stade, les groups devraient pou-
voir se faire reconnaitre legalement comme
des cooperatives sur le territoir malien, ce
qui leur permet de beneficier des conseils et
des programmes d'apprentissage offers
part le Departement des Cooperatives du
Ministere du Developpement Rural.
Les representants du gouvernement
Malien ont montre un interdt grandissant
pour les activities du FEDEV. Ils sont invites A
rendre visit aux different groups pour
constater de visu ce que les femmes
realisent. A Markala, un de ces visiteurs fut
tres impressionne par la quality du savon
fabrique. De telles initiative contribuent A
faire apprecier par les directeurs de projects





I'importance du r6le des femmes dans
I'economie et la rentabilite des service de
developpement rural, justifiant ainsi le
soutien continue du gouvernement.
S'appuyant sur le succes du FEDEV,
I'AFSC vient de lancer un project similaire en
Guin6e Bissau.

Project "Femmes Dans Le
Developpement", Ntfonjeni,
Swaziland
Ce project, officiellement intitule "Aide
aux Femmes de Milieu Rural et a leurs
Families pour le Renfort de leurs Aptitudes a
Produire des Revenus", vit le jour en 1975.
C'etait un project module, concu pour
integrer les femmes dans I'effort de
developpement rural en les aidant a
acquerir et a ameliorer des connaissances
susceptibles de produire des revenues
grace a des industries familiales et a petite
echelle. Base a Ntfonjeni, dans le nord du
pays, le project a jusqu'a present former 406
femmes grace a deux programmes
d'apprentissage de quatre mois.
"Femmes dans le Developpement"
depend du Departement du Developpe-
ment des Communautes et du Bien-Etre
Social qui fait parties du Ministere de I'Agri-
culture et des Cooperatives. II est egale-
ment lie au Programme de Developpement
de la Region Rurale du Nord. C'est une
institute pleinement integre aux structures
gouvernementales.
Le Department de la Cooperation
Technique pour le Developpement des
Nations Unies fournit le financement initial
du project. Ce dernier est maintenant princi-
palement finance par des sources bi-
laterales et multilaterales du gouvernement
de Swaziland.
En plus de connaissances et de
techniques productrices de revenues, le
project offre egalement des dispensaires,
ouverts pendant la journee, une equipe
technique de village qui present et
explique le fonctionnement d'appareils et
d'idees pour economiser le travail. En outre,
il propose des pr6ts a fonds tournants aux
femmes qui ont fini le programme d'appren-
tissage pour I'achat d'equipement et de
matieres premieres, et procure une assis-
tance en marketing, comprenant un service
de conseils qui donne ses recom-
mendations sur les formes, les materiaux et
20 les problems de production.


A I'heure actuelle, le project est entrain de
s'etendre sur trois autres regions de Swazi-
land et I'on prevoit des discussions sur la
possibility de mettre en place des projects
similaires dans d'autres pays.


Project Modele IRDP pour le
Developpement de la Population
et les Cooperatives de Femmes
de Milieur Rural, Bangladesh.
Le Programme de Developpement Rural
Integre (IRDP), une institution majeure sous
la tutelle du MinistBre du Travail, d I'Agricul-
ture, des Directions Regionales et du
Developpement Rural, fut concu pour
organiser les fermiers en cooperatives au
niveau des village. Ces cooperatives, fait
peu surprenant, ne comptaient que des
hommes. Alors, en 1974, I'IRDP langa un
programme similaire pour les femmes.
Toutes les femmes de milieu rural ont le
droit de s'inscrire a la cooperative de leur
village A condition qu'elles achetent une de
ses parts et acceptent d'effectuer des
economies d'un certain montant et de les
verser chaque semaine dans une caisse
communautaire. En 1979, 656 cooperatives
de ce genre fonctionnaient. Leurs membres
pouvaient ensuite beneficier d'un credit
pour le demarrage d'une activity econo-
mique de production de leur choix, telle que
I'elevage de betail, la culture du riz, la po-
terie, I'habillement. Ce credit est accord
aux cooperatives par des banques et n'est
pas tire des epargnes realisees et de-
posees par les femmes. Celles-ci peuvent
egalement beneficier d'une period de
formation, de materiel et de services pour
developer et ameliorer leurs travaux. Les
dirigeantes elues de la cooperative
recoivent une formation special en
administration et ont acces aux informations
sur divers sujets, comme les problems
d'hygiene et de sante ou le planning familial,
qu'elles partagent A leur tour avec les autres
femmes.
Quand le programme debuta, aucune
femme n'occupait un poste de direction
dans I'equipe de I'IRDP. On en recruta
bientot qui occupent maintenant des postes
important au sein de I'organisation.
Chaque membre du personnel recoit une
formation special qui la prepare A travailler
de facon efficace pour repondre aux
besoins des femmes en milieu rural.






Mise en page: Sarah Vure
Typographie: Village Type and Graphics
Photos: Susan Caughman
Imprimeur: Graphic Impressions
Traduit de I'Anglais par: Philippe Bette






Susan Caughman etait Directrice pour I'American Friends Service Committee du
Programme Femmes et Developpement en Afrique de I'Ouest. Mariam N'diaye
Thiam est responsible de I'animation feminine a la DNFAR, Ministere de I'Agricul-
ture, Republique du Mali. Ensemble, elles ont demarre le Projet FEDEV, un pro-
gramme qui procure A plus de 500 Maliennes, travaillant dans des cooperatives de
production, assistance technique et recommendations.
























Nous attendons vos remarques, commentaires et idees de projects
A publier dans les prochains numeros de SEEDS. Si vous
souhaitez recevoir des exemplaires supplementaires de ce nu-
mero ou faire parties de nos abonnes, n'hesitez pas A nous ecrire.
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