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Group Title: Seeds
Title: Les cooperatives des vendeuses de marche
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00089890/00001
 Material Information
Title: Les cooperatives des vendeuses de marche accorder credit aux femmes
Series Title: Seeds
Physical Description: 16 p. : ; 26 cm.
Language: French
Creator: Bruce, J
Donor: Marianne Schmink ( endowment )
Publisher: Seeds
Place of Publication: New York
Publication Date: 1984
 Subjects
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Statement of Responsibility: par Judith Bruce.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00089890
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 67707784
clc - 000220216
issn - 073-6833 ;

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SEEDS est une srie de brochures publie en rponse aux demanded
d'information venant du monde entier sur des ides de programmes innovatrices et
pratiques, ralises par et pour des femmes aux revenues faibles. Le but de ces
brochures est de diffuser l'information et de stimuler la creation de nouveaux
projects, fonds sur les experiences positives de femmes qui travaillent pour
amliorer leur propre statut conomique et celui des autres. Les projects dcrits dans
ce numro comme dans le reste de la srie ont t choisis du fait qu'ils procurent aux
femmes un revenue en espce et les font participer activement aux prises de
decisions comme aux profits. Ces projects sont btis suivant des critres cono-
miques solides et permettent de surmonter avec succs des obstacles courants.
Ces rapports n'ont cependant pas t conus pour tre suivis la lettre car chaque
effort de dveloppement doit faire face des resources et des problmes quelque
peu diffrents. En revanche, ils relatent l'histoire d'une ide et sa mise en application
avec l'espoir que les leons apprises se rvleront utiles dans des environnements
varis. C'est galement pour tre ports l'attention de ceux qui dtiennent les
pouvoirs de decision qu'ils ont t rdigs et leur montrer que des projects
gnrateurs de revenues, pour et par les femmes, sont viables et jouent un rle
important dans le dveloppement.

















La publication de SEEDS est administree parThe
Population Council Les criteres de publication
sont determines par le Comite de Redaction de
SEEDS Kristin Anderson (Center for Public
Advocacy Research). Judith Bruce (The Popula-
tion Council). Katharine McKee (The Ford Foun-
dation). Jill Sheffield (The Carnegie Corporation)
et Ann Leonard (Editeur)

( I i La traduction franaise de ce numero de SEEDS
a ete subventionnee par.
Women in Development Office
Agency for International Development
No. 3 Fr. 1984 Washington, D.C. 20523 U.S.A.














Les Coopratives des

Vendeuses de March:

Accorder Crdit aux Femmes.


Par Judith Bruce












Introduction
Les femmes d'Amrique Centrale, comme celles de la plupart d'autres pays,
sont conomiquement actives, en particulier dans le domaine de l'agriculture de
subsistence et le petit commerce. Cependant, et l'image d'autres femmes
ailleurs, leurs contributions l'conomie des foyers, des communauts et de la
nation restent en gnral ignores par les institutions politiques et financires. Au
Nicaragua, les vendeuses de march jouent un rle important dans la vie d'une
grande parties de la population du pays: Elles offrent des products bas prix, sur
des lieux de vente pratiques et populaires, personnalisant et raffermissant des
liens tablis par des rencontres quotidiennes avec leurs clientles. Pareillement
n'importe quelle autre entreprise, il leur est souvent ncessaire de pouvoir disposer
d'argent liquid pour poursuivre leurs activits. Toutefois, perues en marge des
principaux secteurs de l'activit conomique national, obtenir des crdits leur est
trs difficile. En 1972, FUNDE, la Fondation Nicaraguayenne de Dveloppement
(Fundacion Nicaraguense de Desarrollo), l'un des deux programmes patronns
par l'Institut Nicaraguayen de Dveloppement (INDE), prit connaissance du prob-
lme. Les pages qui suivent sont une description des efforts de FUNDE pour
rpondre ce besoin par la creation et la mise en place de coopratives d'pargne
et de credit. Ce rapport insisted autant sur les aspects humans que ceux financiers
et techniques du project. Le succs obtenu s'explique par la manire don't les
cooperatives se sont formes, respectant les systmes de valeurs, coutumes et
traditions des vendeuses et se servant des multiples relations interpersonnelles,
subtiles et complexes, tablies au course des annes. Essentiellement, ces co-
opratives ont permis aux femmes d'apprendre se servir au maximum et utiliser
au mieux leurs propres resources en leur procurant information, experience et
encouragement.







L'apprentissage
Les vendeuses de march ont besoin
d'argent liquid pour de nombreuses raisons:
Acheter les products et simples objets de fab-
rication qu'elles revendent, assurer leurs frais
de transport, louer leurs emplacements, payer
pour l'eau, l'lectricit, les "cargadores" qui
transportent leurs biens sur les lieux de vente,
et l'utilisation des toilettes publiques. A Man-
agua, la capital, les frais d'exploitation pour
un emplacement de taille moyenne s'lvent
approximativement de 100 1000 Cordobas
par jour (10 100 Dollars US). Dans des villes
plus petites, de plus modestes operations re-
viennent sans doute moins cher mais cela ne
diminue pas la ncessit de pouvoir accder
des sources d'argent liquid. Dans la majority
des cas, les revenues sont minces et les
femmes ne peuvent mettre de l'argent de ct
que rarement. Elles grent leurs affaires le plus
souvent au jour le jour. Tout cela revient dire
que, pour garder leurs commerce flt, elles
doivent emprunter frquemment. En outre,
emprunter leur est impratif si elles veulent
agrandir leurs affaires et augmenter leur
volume pour faire face la competition des
supermarchs et autres systmes de market-
ing et de distribution.
En thorie, les vendeuses de march
bnficient de trois possibilits de credit: Les
banques ou caisses de credit, leurs families et
amis, et les prteurs professionnels, les "pres-
tamistas". En ralit, prts et crdits bancaires
sont difficiles obtenir car la plupart des
banques locales refusent d'une part d'admin-
istrer la gestion des petites sommes de-
mandes et, d'autre part, estiment que les
entreprises de ces femmes n'offrent pas de
garanties suffisantes ou acceptable. Au
reste, les banques exigent un co-signataire et
seul un homme, le mari de prfrence, est
prsum pouvoir se porter garant. Le systme
perptue donc le mythe que les femmes res-
tent dpendantes de leurs maris pour la satis-
faction de leurs besoins financiers, mme si
elles reprsentent en fait le principal ou unique
soutient conomique du mnage. Les amis ou
la famille, quant eux et s'ils le peuvent, n'ont
que peu d'argent prter. Restent les "pres-
tamistas" qui, gnralement, accordent des
prts court-terme ( 30-60 jours), avec un
taux d'intrt mensuel de 10% et annuel de
120 a 240%.
FUNDE, connaissant le problme et sac-
hant que les femmes avaient besoin d'emp-
runter des taux plus raisonnables, pensa que
la Fondation pouvait les aider. Elle ne parvint
une solution solide qu'aprs plusieurs tenta-


tives don't la premiere fut un chec. FUNDE
commenca par ouvrir une caisse de prts sur
le March Central pour permettre aux nom-
breuses commerantes y travaillant d'y obtenir
des prts au taux abordable de 1% par mois ou
12% par an. En dpit de cela, les femmes, pour
beaucoup, continurent leurs transactions
habituelles avec les "prestamistas", des taux
dix fois suprieurs ceux proposs par
FUNDE. Pour dterminer les causes de cet
chec, FUNDE engagea deux des "prestamis-
tas". Ces derniers rvlrent plusieurs raisons
pour lesquelles les vendeuses hsitaient se
turner vers la Fondation pour emprunter: Les
bureaux taient trop formels, la manire
d'oprer, trange et impersonnelle et, pour
citer l'un des prteurs, "aprs une longue jour-
ne sur le march, une femme pourrait facile-
ment attraper froid ii", se rfrant l'air cli-
matis des bureaux. En contrast, le prteur
parle librement, sans contrainte et de faon
intime sa client don't il connait bien la situ-
ation et la personnel. Sa presence quotidienne
sur le march est un advantage prcieux pour la
femme, permettant celle-ci de le rembourser
un peu chaque jour. De plus, en cas de besoin
urgent, elle peut gnralement aller le trouver
et obtenir de l'argent en dehors des heures
rgulires. Clairement, pour pouvoir concur-
rencer les "prestamistas" de faon efficace,
FUNDE se devait de changer sa stratgie. Se







servant de la leon apprise et de son expri-
ence dans la formation de coopratives pour
une population faible revenue, FUNDE dcida
d'essayer un systme o les femmes met-
traient en place leurs propres organizations de
crdits dans leurs communauts, operations
qu'elles finiraient par diriger elles-mmes: Une
cooperative d'pargne et de credit pour les
vendeuses de march. De telles coopratives,
pour des femmes qui, souvent, ne jouissent
pas d'une image social leve et n'appartien-
nent que rarement des institutions recon-
nues, pourraient non seulement les faire parti-
ciper l'expansion et la diversification
conomique mais, de plus, leur permettraient
d'effacer leurs dettes, encourageraient
l'pargne et amlioreraient leur statut social.

Crer Une Cooprative
A long-terme, le but de FUNDE est d'offrir
toutes les commerantes de march du
Nicaragua la possibility de faire parrie d'une
cooperative locale d'pargne et de credit. La
Fondation dcida pour dbuter de choisir des
villes de march de plus de 2.500 habitants.
Elle avait dj entrepris des projects dans plu-
sieurs villes de taille similaire et tait relative-
ment bien connue. Utilisant son experience et
progressant au coup par coup, FUNDE suivit
les diffrentes tapes ncessaires la forma-
tion de coopratives.
Les premires personnel rencontres
dans ces '.iies sont leurs responsables,
notables et dirigeants. S'ils se montrent favor-
ables de futures runions, un group de
base, comptant de cinq trente membres
potentiels, est constitu, sous les conseils et
recommendations des autorits locales et de
l'quipe dlgue par FUNDE. Au course de
ces runions, on explique et discute la signifi-
cation, les structures, functions et avantages
des coopratives. FUr JDE souligne qu'une co-
oprative n'est pas seulement un moyen
d'obtenir des crdits. Les adhrentes doivent
avoir pargn avant de pouvoir emprunter (En
rgle gnrale, les prts consentis n'excdent
pas plus de trois fois les sommes dposes et
ne sont accords que 45 jours aprs
l'ouverture d'un compete Un autre advantage
prsent, bien que moins tjrn,,ir t, est le rle
d'une cooperative dans la r cil'ti r-r de
problmes conomiques par une prise en
charge et une action collective.
Les premires rencontres durent environ
deux heures. Elles sont tenues aux alentours
immdiats du march pendant une dizaine de
jours, aprs quoi peut-tre 100 femmes sont
venues couter et discuter. Pour la plupart,


rw

'- BiENESTAR SOCIi
SPi .A NAN; VA MNI WANK A LA

LS-nhi


elles viennent d'abord par curic,'it Habituel-
lement, les premires se prsenter sont rela-
tivement plus aises que le reste, mme si
elles sont galement fortement endettes
auprs des "prestamistas". C'est le solide
enthousiasme de ces membres potentiels qui
russit ensuite convaincre les autres. De
nombreuses runions sont ncessaires pour
attirer suffisemment de monde et tablir une
bonne creditiirie ainsi que pour assurer la
pleine comprehension des informations com-
muniques. L'quipe de FUNDE et le group
de base expliquent et rexpliquent mille et une
fois comment une cooperative fonctionne.
C'est une tape essen-ri le si l'on veut qu'une
cooperative bnficie de la confiance des
habitants. L'acceptation du concept d'une
cooperative est plus lente dans des com-
munauts o de prcdentes tentatives ont
chou et o les "prestamistas" font courir le
bruit que la cooperative volera l'argent de ses
membres.
Quand une trentaine de femmes ou plus
ont dcid de s'associer en cooperative,
FUNDE les aide s'occuper des dclarations
et forn-maiiies lgales. Il est primordiale pour
une cooperative de possder une existence
lgale si elle veut pouvoir indpendemment
recevoir et distribuer des fonds, tablir des
relations avec d'autres institutions (ieies, les


































banques), jouer un role de pression si nces-
saire et enfin, se dtacher entirement de
FUNDE et devenir autonome. Chaque tape
de ces formalits est explique et commente
en dtail car beaucoup de ces femmes sont
illettres et peu d'entre elles sont familires
avec les procedures gouvernementales et le
systme lgislatif. Une cooperative existe of-
ficiellement lorsque tous les documents lgaux
requis ont t signs, onze directrices ont t
lues par les participants et quand chaque
adhrente a achet une part de la cooperative
pour 10 Cordobas et pay 10 autres Cordobas
pour les frais d'administration et 2 Cordobas
pour un livret de compete. Il faut computer de
deux trois mois pour complter toutes les
procedures lgales indispensables.
Pendant ce temps, on loue un bureau
dans un endroit pratique, en gnral prs du
march. Il resemble n'importe quel autre
bureau de la ville, meubl simplement et dis-
posant souvent de toilettes l'extrieur.
FUNDE fait don des meubles et de l'quipe-
ment: Une armoire de classement, un fichier,
une machine crire, un bureau, une chaise et
une calculatrice. Tout cela prend une valeur
symbolique important pour la nouvelle co-
oprative. Puis FUNDE accord un prt global
de 10.000 Dollars US 10% d nilerl annuel
pour permettre la cooperative de dmarrer le
procd d'emprunt. Un autre prt important


est tabli pour donner les moyens la direction
et l'organisation d'assurer 18 mois de loyer et
le salaire d'une directrice gnrale (22.248
Cordobas, soit 3.000 Dollars US). Ce prt est
gratuit. En analysant les diffrentes causes
d'chec des coopratives, chec financier ou
chec dans l'enrlement et la rtention de nou-
veaux membres, FUNDE s'aperut que la plus
grosse erreur commise tait souvent le man-
que de direction qualifie. En consequence,
ds qu'une directrice gnrale est engage,
elle suit immdiatement un programme de for-
mation spcialise. Cette personnel est slec-
tionne en commun par les directrices lues et
par FUNDE, leur choix se basant sur des ren-
contres en tte tte et un test d'aptitudes
professionnelles gnrales. Frquemment les
candidates sont de jeunes femmes possdant
un diplme d'tudes secondaires. Leur salaire
est gal ou suprieur celui vers pour un
poste de supervision en usine ou dans des
bureaux. Un aspect unique du rle de la direc-
trice gnrale est qu'elle rpond de son travail
directement aux membres de la cooperative et
non FUNDE.
Un second facteur expliquant d'autres
checs prcdents tait le manque de pro-
gramme de formation adquat et soutenu. La
contribution essentielle de FUNDE au succs
d'une nouvelle cooperative n'est pas l'argent,
puisqu'il est ventuellement rembours, mais


*I







son assistance technique dans le dvelop-
pement des qualits ncessaires une co-
oprative pour devenir autonome. Deux types
de stage de formation sont utiliss, l'un pour
les directrices et directrices gnrales, l'autre,
pour le reste des adhrentes. Les premires
sont habituellement envoyes Managua pour
donner au programme plus de prestige et r-
duire au minimum les distractions. Les autres
suivent leur stage sur place, dans les bureaux
de la cooperative ou proximity. On se sert de
deux sortes de mthode d'enseignement:
L'tude de cas et l'analyse de documents.
Pour la premiere, on prsente de petits
groups plusieurs examples de situations qui
pourraient vraisemblablemnt se produire dans
la vie d'une cooperative. Chaque group d-
termine le problme et ses causes et dcide
ensuite de la faon don't il devrait tre rsolu.
Puis, chaque group prsente ses recherches
l'ensemble de la classes qui comment, cri-
tique discute et, finalement, l'on tire les con-
clusions. Dans la deuxime mthode, on dis-
tribue des documents dcrivant diffrentes
coopratives. Les elves prennent connais-
sance des faits en tudiant individuellement ou
en discutant en group. On utilise aussi quel-
quefois une troisime mthode, maintenant
que les coopratives deviennent plus cour-
antes: l'tude d'une cooperativee modle".
Pour apprendre et assimiler le fonctionnement
de leurs operations, directrices et membres
vont visiter et observer des coopratives bien
diriges, efficaces et productive.
A l'heure actuelle, directrices et mem-
bres du comit de direction doivent savoir lire
et crire. Mais du fait que beaucoup d'ad-
hrentes sont illettres, le matriel employ
lors des stages de formation comprend de
nombreuses illustrations qui reprsentent les
concepts de base et provoquent la discussion.
On se sert d'images et de tableaux pour aider
les participants repondre des questions
telles que: "Quel sera le but de la cooperative
cette anne?". Si le but recherch est de pou-
voir computer 300 nouveaux membres, on
produit un dessin loquent des 300 nouvelles
associes. De mme, une illustration repr-
sentant les marchs tels qu'ils taient aupara-
vant et ce qu'ils peuvent devenir grce l'aide
d'une cooperative bien organise, aide les
participants apprendre les avantages que
l'on peut tirer du dveloppement d'une co-
oprative. Les mthodes de formation men-
tionnes s'appuient sur des ides et des con-
cepts families. Par example, le concept de la
Sainte Trinit, dans la religion Catholique
Romaine, (trois dans un) est utilis pour d-
montrer qu'une cooperative est un tout, form


de trois groups diffrents: Propritaires, tra-
vailleurs et associs et chaque membre fait
parties de ces trois groups en mme temps.
Les sessions de formation durent de trois
six jours. Cette priode est suffisemment
court pour permettre aux femmes qui ont une
famille de participer. Toutefois, on ne peut pr-
tendre achever la formation complete des
membres d'une cooperative en une seule srie
de sessions, et directrices et adhrentes sui-
vent frquemment des classes supplmen-
taires qui les prparent petit petit devenir
autonomes. Apprendre un nouveau rle et as-


similar de nouveaux concepts sur soi-mme
prend du temps. Ds que la cooperative est
implante lgalement, le travail commence. Au
dbut, le nombre des inscriptions tourne
autour de 30 50 personnel et n'atteint la
marque des 200 ou 300 qu'aprs plusieurs
annes. La majority des coopratives accueil-
lent quiconque souhaite y adhrer mais ce
sont les membres qui, en persuadant d'autres
femmes de joindre leur quipe, font augmenter







la participation. Cela semble tre un ph-
nomne de group: Un nouveau group de
femmes s'inscrira aprs que l'une d'entre elles,
dj membre de la cooperative, se soit d-
clare satisfaite de son experience.
Pour tre considre comme membre
actif, une adhrente n'a pas ncessairement
participer aux assemblies gnrales an-
nuelles ou d'autre runions mais elle doit
avoir commenc pargner ou contract un
prt. L'ge varie de 18 80 ans, les directrices
se rangeant habituellement dans la catgorie
des 30-50 ans.
Les onze directrices, slectiones par
les membres, s'organisent en trois comires 5
dans un Comit d'Administration, 3 dans un
Comit de Crdit et 3 dans un comit don't la
function est de contrler et vrifier l'exactitude
et l'honntet des deux prcdents. Les struc-
tures d'une cooperative et le rle des comits
sont dcrits en dtail dans l'appendice I.
Chaque semaine, durant les premiers
mois d'opration, on tient des assembles
gnrales auxquelles une representative de
FUNDE participe. Ces runions sont ouvertes
tout le monde pour soutigner la nature dmo-
cratique d'une cooperative et permettre aux
informations de circuler dans la communaut.
On distribue toutes des brochures images
illustrant les functions et les structures de la


cooperative ainsi que les dmarches suivre
pour obtenir un prt (voir appendice II). Les
brochures doivent tre conserves et utilises
comme rfrences. On les distribue gale-
ment aux autres habitantes de la communaut
qui ne sont pas encore membre de la co-
oprative, comme un moyen de les motiver
s'inscrire. De plus, on utilise de nombreux sup-
ports visuels pour la march journalire de la
cooperative, notamment de large posters
muraux indiquant le nombre des adhrentes
ou le total des sommes dposes ou emprun-
tes. Ces tableaux sont mis jour chaque
semaine et reprsentent une measure tangible
des progrs de la cooperative. Pouvant tre
comprises et assimiles facilement aussi bien
par des illettres que par d'autres, ces illustra-
tions aident combler le foss entire les deux
groups. C'est un point crucial pour l'homo-
gnit et la cohsion de la cooperative.
En rgle gnrale, une cooperative
dmarre lentement. La priode d'organisation
dure de un trois mois. La premiere demand
de prt est soumise entire trois et six mois. Puis,
quand le systme et la faon don't il fonctionne
ont t dmontrs et sont largement assimils,
le nombre des demands de prt augmente
de manire substantielle. Vient ensuite une
priode de stabilisation o la courbe des de-
mandes varie de faon prvisible. Typique-


lJsspi



BIENESTAR SOCIAL
r N JA Ni Y,%MNi ~'WAN L\K IA A
Pas







ment, une priode d'pargne est suivie par
une priode d'emprunt.

Obtenir Un Prt
Quand une adhrente souhaite obtenir
un prt, elle s'adresse la directrice gnrale
qui remplit une demand indiquant la some
dsire, le but, l'talage des paiements pro-
pos ainsi que le montant des pargnes ral-
ises par la candidate ce jour. Puis, le dos-
sier est tudi par le Comit de Crdit qui se
runit au minimum une fois par semaine ou,
quelquefois, chaque jour. Le Comit entre-
prend une analyse dtaille des "risques"
reprsents par la candidate, se basant sur
leurs connaissances de sa personnalit, le
genre de travail qu'elle effectue, la faon don't
elle le conduit et le rythme auquel elle peut
produire ses revenues. Le Comit est suppos
form son jugement en s'appuyant sur ses
propres perceptions et non celles de la direc-
trice gnrale ou d'autres personnel. Une
bonne analyse tudie chaque dossier atten-
tivement, repousse la decision finale en cas de
controversy, considre un prt comme un droit
et non un privilege et n'accorde pas de crdits
au dl des moyens de la bnficiaire.
Le Comit de Crdit joue un rle impor-
tant, tout spcialement lors des premiers mois
d'existence de la cooperative. Ses membres
alternent priodiquement pour viter le favor-
itisme mais il compete toujours trois personnel.
Appartenant le plus souvent la mme com-
munaut que les candidates pour un prt, les
membres du Comit occupent une position o
il leur est facile de savoir qui reprsente un bon
ou un mauvais risque. De plus, cela peut aider
exercer un peu de pression pour tre sr
qu'un emprunt sera rembours. Les conditions
formelles pour obtenir un prt sont les sui-
vantes:
1. Les candidates doivent avoir pargn
pendant au moins six semaines avant
de pouvoir soumettre leur premiere
demand.
2. Tour prt antrieur doit avoir t rem-
bours intgralement avant de pouvoir
effectuer une nouvelle demand.
3. Les candidates ne peuvent obtenir un
prt suprieur trois fois le montant de
leurs pargnes.
4. Les prts don't le montant dpasse 3000
Cordobas doivent tre rembourss en un
an. Les prts de moins de 3000 Cor-
dobas doivent etre rembourss en huit
mois (il y a des exceptions).
5. Aucun membre ne peut emprunter plus


de 8000 Cordobas.
6. Le taux d'intrt est de 1%.
7. Le co-signataire du prt doit tre un autre
membre de la cooperative ou une per-
sonne possdant les resources finan-
cires ncessaires couvrir le montant
du prt.
8. Aucun membre n'est autoris se porter
garant de plus de deux prts simul-
tanment.
9. Si un membre dsire se retire de la co-
oprative, un pravis de 30 jours est
requis de faon ce que toutes les trans-
actions en course (remboursements, etc.)
puissent tre completes et les sommes
en dpt, rembourses. Si une partici-
pante ne peut, malgr plusieurs re-
qutes, honorer ses paiements, elle est
invite se retire de la cooperative.

Environ 3% des prts ne sont jamais rem-
bourss. 10 15% des plans de paiements
doivent tre rajusts. Les versements prevus
tiennent compete des besoins individuals. L o
des differences dans les plans de rembour-
sement peuvent parfois crer une certain ten-
sion entire les participants, il est cependant
important pour les coopratives de rester flex-
ibles. Ces remboursements doivent tre
chelonns en function de ce que les femmes
peuvent raisonnablement payer. Les "presta-
mistas" recoivent des paiements quotidiens.
Les banques, d'un autre ct, estiment que le
temps et les papers requis pour ces trans-
actions journalires sont trop accaparants. Les
coopratives, elles, acceptent cette faon de
pavement car beaucoup de leurs membres ne
tiennent pas garder trop d'argent avec elles
de peur de se voir forcer par leurs 'min-iiies le
dpenser. Au course d'une journe moyenne,
les bureaux de la cooperative reoivent de
cinq trente visits par des membres qui vien-
nent toucher leurs prts, verser leurs paie-
ments ou dposer de l'argent sur leurs livrets.
Les heures d'ouverture sont de 9 heures du
matin jusqu' la fermeture du march vers 4 ou
5 heures de l'aprs-midi. Tout le monde con-
nait l'adresse de la directrice gnrale et peut
ainsi aller la trouver en cas d'urgence. Entre
deux visits, cette dernire s'occupe des
comptes et autres tches administrative don't
elle a la charge.
Ds que la cooperative est bien lance,
ses trois comits (Crdit, Administration, Con-
trole) se runissent au moins une fois par
semaine. L'ensemble des membres se runit
une fois par mois, l'invitation de la directrice




































gnrale. On tient galement une assemble
gnrale annuelle o la situation financire de
la cooperative est analyse et des rapports
crits sont prpars par chaque comit. Ces
rapports sont reproduits et distribus aux parti-
cipantes. Ils reprsentent un important moyen
de communication car ils offrent non seule-
ment des informations prcises et spcifiques
mais, de plus, resserrent les liens de confiance
tablis. Ils deviennent galement parties int-
grante des documents lgaux de la coopra-
tive. Leur rdaction est une source d'appren-
tissage supplmentaire pour la directrice et le
reste de l'quipe de direction. Chaque co-
oprative dcide indpendemment de la
manire don't son rapport annuel sera public
mais le budget doit respecter un format pr-
alablement tabli.
Durant les premiers mois, l'quipe de
FUNDE rend visit la cooperative et ses
membres chaque semaine et continue la for-
mation de la directrice gnrale. A measure que
le temps passe, la frquence de ces visits
diminue. A l'issue de chaque visit, la direc-
trice prpare un reu, dcrivant la nature des
services rendus. Ce reu dtient une valeur
symbolique autant que pratique. C'est non
seulement un excellent outil permettant
FUNDE de suivre et de controller les dplace-
ments et les performances de ses employes,


mais encore, cela procure un pouvoir certain
la cooperative: Elle peut dcrire et valuer les
services reus, dcouvrant et soulignant ainsi
ses droits un service de quality. Enfin, cette
action contribute renforcer son indpen-
dance et son autonomie.
FUNDE limited la dure de son assistance
trois ans mais attend d'une cooperative
qu'elle soit quasi-autonome au bout de deux
ans. La Fondation ne versera pas plus de
10.000 Dollars US la cooperative lors de sa
premiere anne d'activit, une restriction qui
ne tient pas tant au fait que la cooperative ne
possde pas les aptitudes ncessaires grer
cet argent qu'aux difficults rencontres par
FUNDE pour trouver plus de capitaux. Cepen-
dant, FUNDE ne cherche pas devenir une
source de subventions. Par contre, elle essaye
d'tre un intermdiaire actif entire les banques
et les coopratives, se portant garante des
emprunts ngocis. Cela se produit dj pour
un certain nombre de coopratives parmi les
mieux tablies. Lorsqu'elle devient financire-
ment autonome, une cooperative peut acheter
les services de FUNDE comme, par example,
les sessions de formation, au lieu de les rece-
voir gratuitement.
Les principles tapes dans la crois-
sance d'une cooperative interviennent en
gnral comme suit:







SAprs deux ans: La cooperative a rem-
bours les premiers prts accords par
FUNDE et peut assurer elle-mme le
salaire de sa directrice.
Aprs quatre ans: Elle peut contractor des
prts auprs d'institutions financires
extrieures avec la garantie de FUNDE.
Aprs cinq ans: Elle peut payer pour l'as-
sistance technique et tout autre service
offert par FUNDE. Les prts accords par
la Fondation sont utiliss pour diversifier.
Aprs sept ans: La cooperative fonctionne
de facon entirement autonome.
Rsultats
Durant ses sept ans d'exprience depuis
le premier prt accord, FUNDE a particip
l'installation de 58 coopratives. 15 d'entre
elles, don't nous avons parl dans ce rapport,
ont t tablies pour et par des vendeuses de
march. 90% de leurs membres sont des
femmes. La plupart des 43 autres, situes prs
des marchs centraux ou en ville, regroupent
des fermes et de petites entreprises de fab-
rication et de dtail. 50 80% de leurs mem-
bres sont aussi des femmes. FUNDE aide
galement d'autres genres de coopratives,
spcialises en agriculture et autres projects de
dveloppement. Elles competent en gnral un
pourcentage d'hommes plus lev.
De 1975 1979, le total des pargnes
ralises par les 58 coopratives passa de
74.556 1.640.500 Dollars US. Le montant des
prts accords en 1979 s'leva 1.273.700
Dollars US. Au bilan gnral, le total des actifs
augmenta de 126.056 Dollars US en 1975
623.000 Dollars US en 1979. L'accessibilit
des crdits a permis aux femmes de maintenir
et d'largir leurs entreprises. Cela a galement
rduit le cut de certain aspects des trans-
actions commercials inhrentes leurs activi-
ts. Par example, une femme, don't les res-
sources en argent liquid restent limites,
devait se rendre frquemment chez ses four-
nisseurs pour y acheter ses biens et ce, en
petite quantit. Avec plus d'argent disponible,
elle rduit le nombre de ses tournes et achte
en plus grande quariire des prix infrieurs.
Les conomies ainsi ralises finissent par se
rpercuter au niveau de leurs clientles. Les
coopratives ont aid leurs membres dimin-
uer le montant de leurs dettes, augment leurs
possibilits d'investissements court ou long-
terme et encourage l'pargne. De plus en plus,
les emprunts se traduisent en investissements
long-terme comme l'ducation, l'achat d'une
maison ou l'amlioration des conditions
d'habitation. Cette diversification dans l'usage


des prts transform progressivement une
simple cooperative en une association d'-
pargne et de credit aux buts multiples.
Les premires femmes s'inscrire tra-
vaillaient dj dans le secteur commercial et
possdaient une certain experience dans la
gestion de l'argent. Par contre, beaucoup
parmi les plus rcemment inscrites conduisent
leurs affaires de chez elles plutt que de faire
parties d'une structure organise. Le fait de
pouvoir obtenir des crdits leur offrit la pos-
sibilit de se lancer dans des activits gnra-
trices de revenues et de devenir un lment actif
dans le dveloppement conomique de leur
pays.
Les coopratives ont galement change
la nature des relations entire les institutions
financires en place et les communauts. La
plupart des coopratives bien implantes ont
maintenant reu des prts de banques locales
sans autres intermdiaires. Ces transactions
demeurent souvent les premires jamais ef-
fectues par de telles institutions avec des
entreprises gres par des communauts aux
revenues faibles. Mme si les banques per-
oivent un taux d'intrt commercial normal
sur ces prts, ces derniers refltent dans un
certain sens leur volont d'investir dans la
parties pauvre de la communaut car ils facili-
tent indirectement une meilleur distribution des
revenues. Les prts accords aux vendeuses,
par example, aident rduire les ingalits
entire hommes et femmes.
La mise en place de coopratives a aussi
provoqu un flt cl intorrrraiiiris relatives
l'usage et aux besoins d'argent ainsi qu'au
changement progressif de ses usages.
Auparavant, ces informations ne circulaient
que partiellement parmi les "prestamistas" et,
un moindre degr, dans les banques. Main-
tenant, elles sont regroupes au coeur d'un
systme qui jouit de la confiance de la com-
munaut, possde un statut lgal vis vis
d'autres structures administrative et peut
jouer un rle de pression sur d'autres entre-
prises commercials. Les adhrentes peuvent
ainsi analyser leur propre sitruari,:n cono-
mique et celle de leur communaut, les auto-
risant organiser et se lancer dans de plus
vastes projects au niveau social et politique. Les
coopratives jouissent d'une situation o elles
peuvent identifier et mener bien des projects
communautaires qui ne seraient normalement
entrepris ni par le gouvernement, ni par des
companies prives. Quelques examples:
Une cooperative travaille la mise en
place d'une structure de marketing cen-
tralise dans une communaut l'heure







a':iueili sous la dpendance de
Managua.
A Chichigalpa, la cooperative opre deux
crches de jour pour des enfants en
dessous de 'age scolaire. Cela rend ser-
vice aux mamans et permet aux enfants
de rester en bonne sant et de se familia-
riser avec la vie et la discipline scolaire.
A Granada, la cooperative a ouvert un
dispensaire o les docteurs de la region
offrent leurs services plusieurs rn.airnee
par semaine. Produits de soins et mdica-
ments sont gratuits.
En d'autres terms, une solide coopra-
tive, s'appuyant sur une base conomique
ferme, peut en faire rsulter un pouvoir poli-
tique et social plus important et une legirimiir
Certains avantages offers par les co-
opratives restent quelquefois moins visible
ou quantifiables. Leur retentissement au
niveau individual peut cependant tre retraduit
dans les compte-rendus ci-dessous:

Une femme, age de trente ans, marie et
mre de quatre enfants, membre d'une
cooperative depuis plusieurs annes, fab-
rique des vtements qu'elle vend locale-
ment. Elle utilisa son premier emprunt de
500 Cordobas pour se rendre Panama
o elle trouva des tissus et des toffes en
plus grande varit et rrieiiieur march
qu'au Nicaragua. Le montant total de ses
emprunts s'lve l'heure actuelle
6.000 Cordobas mais ses revenues an-
nuels sont suprieurs ses dettes. Pour
acheter ses matriaux, elle voyage main-
tenant non seulement Panama mais
aussi au Mexique.
Une veuve, age de 70 ans et faisant
parties d'une cooperative depuis plusieurs
annes, souffrit d'une hmorragie cr-
brale. Elle emprunta auprs de la co-
oprative pour payer ses frais mdicaux.
Sans ce prt, elle aurait sans doute fait
faillite. Elle n'entend pas grand-chose
l'argent mais effectue ses paiements en
temps voulu et a confiance en la co-
oprative.
Une directrice de cooperative de vingt
ans, qui tait responsible de 300 per-
sonnes dans une usine de vtements,
prfre travailler la cooperative car elle
n'a pas rester debout toute la journe,
aime diriger et rendre service aux gens.
Elle prend particulirement plaisir expli-
quer aux autres ce qu'est une cooperative
et leur montrer comment cela :'n: irir-,ne


Elle souhaite pouvoir former d'autres
femmes aux responsabilits de direction
d'une cooperative.
L'un des objectifs des cooperatives
d'pargne et de credit pour les vendeuses de
march tait d'lever le statut des femmes
dans la communaut ainsi que d'amliorer leur
situation conomique. Les bnficiaires dcri-
vent leurs nouveaux rles et responsabilits de
la manire suivante:

Elles coniriPri mieux leurs destines.
Elles exercent plus d'influence dans les
decisions du mnage.
Elles ont acquis une connaissance solide
de leurs droits aux services et au soutien
de la communaut.
De nombreuses femmes qui, auparavant,
portaient leurs products dans des paniers,
louent maintenant des tales et disposent
de leur space propre.
Elles ont les moyens d n.e- iir dans l'du-
cation de leurs enfants.
Avec une fiert toujours plus grande de
leur profession, elles encouragent leurs
filles devenir vendeuses de march.
Elles entrevoient des moyens d'amliorer
et de transformer leurs communauts en
un environnement bon et propice la
croissance de leurs enfants.

L'une des raisons pour permettre aux
femmes l'accs au credit et l'investissement
est de leur donner une voix dans la vie de la
communaut. Les coopratives des ven-
deuses de march experiment leurs points de
vue d'une manire tries important. La plupart
des projects qu'elles ont entrepris pour la com-
munaut aident et renforcent leur rle dans la
vie domestique: Crches, sant, eau potable
dans les coles, etc. Grce leur solide base
conomique, les vendeuses de march peu-
vent s'assurer que leurs besoins proril ire-',
sont activement pris en conslid r ii'on. On peut
se poser la question de savoir si une coopra-
tive d'hommes aurait pu obtenir des rsultats
similaires.

Leons Retenir
On ne peut mettre en place des coopra-
tives d'pargne et de credit n'importe o et
n'importe comment. Le modle dvelopp par
FUJNDE est la deuxime tentative de la Fonda-
tion aprs un premier essai infructueux. Cette
second tentative reusii car elle a tenu
compete de plusieurs leons apprises:
































1. Le prix des parts que les adhrentes
doivent acqurir au moment de leur in-
scription est suffisemment bas pour per-
mettre celles don't les revenues sont
faibles de participer. Mme les femmes
pauvres peuvent conomiser et mettre de
ct, si ce n'est de l'argent, du moins
quelque chose qu'elles peuvent par la suite
revendre pour de l'argent (du riz, par
example). Il est important pour la coopra-
tive de rester flexible en ce qui concern les
sommes reues de femmes aux faibles
revenues. Si les petits montants qu'elles peu-
vent conomiser ne sont pas traits
srieusement, elles se dsintresseront du
project. FUNDE s'aperut que les vendeuses
de march choisissaient d'emprunter
auprs des "prestamistas" car elles pou-
vaient les rembourser en petite quantit
chaque jour. De frquents petits paiements
semblent acclrer la vitesse avec laquelle
les remboursements sont complts car ils
liminent les tenijriiorn : de dpenser cet
argent ailleurs. Un systme d'emprunt et de
credit, s'il veut fonctionner avec succs, se
doit de pouvoir adapter ses plans de paie-
ments et de versements en function des
possibilits de ses participants.
2. Un systme de credit en cooperative doit
avoir un constituent, tel les vendeuses de
march, qui prouve un besoin immdiat
de ses services. Beaucoup de femmes,
travaillant dans l'agriculture ou le petit com-


merce, sont dj la recherche de crdits.
Elles deviennent souvent les premires ad-
hrentes et meneuses des coopratives et y
attirent les autres femmes. Avant que celles
plus pauvres et peu actives cono-
miquement se lancent dans un tel project,
elles doivent pouvoir constater comment les
besoins d'un group de femmes plus en vue
sont adresss.
3. L'analyse des risques prsents par une
adhrente qui souhaite obtenir un prt
doit tre entreprise par ses associes,
des femmes de la mme communaut et
engages dans le mme type d'activits,
car elles peuvent valuer plus facilement
l'intgrit de la candidate. De cette
manire, le nombre des rembourse-
ments, sans ncessit de garanties, peut
tre lev. Les procedures traditionnelles
d'emprunt, proposes par les irs.itution',
financires de la communaut, y compris
les prteurs, exigent souvent des garanties.
C'est un handicap pour celles qui pour-
raient effectuer leurs remboursements mais
n'ont aucun actif tangible soumettre en
garantie. Le systme adopt et mis en place
par FUNDE dans les coopratives enforce
un sens des responsabilits au niveau des
communauts en regard d'un taux de rem-
boursement rapide. Mais surtout, il permet
aux dfavorises de faire de l'argent sans
en avoir au pralable.
4. Un organisme qui dcide d'implanter des
coopratives d'emprunt et de credit n'a
pas besoin de capitaux important (peut-
tre 10.000 dollars US, don't 5.000 en sub-
ventions et 5.000 en prts). Il doit cepen-
dant vouloir et tre capable de s'engager
long-terme dans le dveloppement
d'initiatives et d'ides chez des femmes
don't les revenues sont limits. Cet
organisme doit pouvoir consacrer suffisem-
ment de temps, de un quatre ans, s'il veut
dvelopper ce genre de project lentement. Il
doit tre competent dans l'organisation et la
conduite de stages de formation prparant
les femmes la gestion de leur argent. Il doit
pouvoir procurer une solide assistance
technique et assurer un soutien moral et
pratique constant durant les premires an-
nes. Parmi les organismes qui entrepren-
nent de se lancer dans des projects d'action
social, certain pourraient confier la
charge de leurs employs la promotion du
concept des coopratives et utiliser leurs
subventions pour implanter des systmes
d'emprunt et de credit et les faire fructifier.
Si l'on se rfre l'exprience de FUNDE, la







plupart des coopratives peuvent rem-
bourser leurs dettes en deux ou trois ans et
rares sont les projects de dveloppement o
un organisme peut s'attendre recouvrer
son investissement initial.
5. La mise en place d'une cooperative
reprsente essentiellement la construc-
tion d'un contract social pour et par ses
membres et augmente le niveau de con-
fiance des individus. La presentation et
l'explication du concept prennent du temps.
Cela ne peut s'accomplir qu'avec un mat-
riel solide, de nombreux encouragements et
discussions et des supports visuels ef-
ficaces qui front comprendre facilement
aux femmes, illettres ou non, l'importance
de leur rle dans la vie et la russite de la
cooperative.
6. La cooperative doit pouvoir obtenir des
rsultats rapides et tangibles. Par
example, FUNDE russit gnralement
complter les formalits administrative et
lgales indispensables et ouvrir les
bureaux de la nouvelle cooperative en
l'espace de trois mois. Les adhrentes sont
autorises dposer de l'argent sur leurs
livrets ds que cela est lgalement pos-
sible. Les premiers prts sont accords
dans les six mois. Au dbut, l'ensemble des
runions sont ouvertes toutes. Les cartes
d'adhrents, les posters muraux et les rap-
ports annuels sont des preuves tangibles
de participation, de croissance et de lgal-
it qui enforce la credibiiii' de la co-
oprative.









Il existe de nombreuses sources d'infor-
mation pour les personnel intresses dans le
dveloppement de coopratives. D'autres
projects similaires ceux exposs dans ce rap-
port sont mentionns dans l'appendice III.
FUNDE a etabli un centre de recherche
et de dveloppement qui sera heureux de vous
communiquer de plus amples informations sur
ses programmes de mise en place de co-
opratives. Ecrivez :
Lic. William Baez
FUNDE
Apartado 2598
Managua, Nicaragua.

12








Appendice I


ORGANISATION D'UNE COOPERATIVE


DIRECTRICE
GNRALE


Assemble Gnerale: Tous les membres font parties de l'Assemble Gnerale et sont invits une
runion annuelle o l'on present un rapport des activits de la cooperative et approve les transactions
financires et fiscales Les onze directrices y sont galement lues.
Directrices: Onze membres lues lors de l'assemble gnrale annuelle et formant le Comit de Credit,
le Comit d'Administration et le Comite de Contrle.
Comit de Crdit: Se reunit chaque semaine pour analyser les demanded de prts. Accorde ou rejette
les demands et rajuste I'chelonnement des paiements si ncessaire.
Comit d'Administration: Se runit chaque semaine et veille au bon fonctionnement des operations.
S'assure de la bonne march des bureaux et de l'enregistrement systmatique des activits quoti-
diennes. Surveille egalement le travail effectu par la directrice gnrale.
Comit de Contrle: Se reunit chaque semaine pour vrifier toutes les transactions fiscales en course,
les prts accords et les decisions administrative.
Educatrices: Les ducatrices sont selectionnes parmi les adhrentes et ont la charge de la formation
des nouvelles. De plus, elles doivent assurer la formation continue de toutes, en liaison avec FUNDE
Directrice Generale: Engage par la cooperative, elle est responsible des lieux. Elle ouvre et ferme les
bureaux et gere quotidiennement les demanded de prts et les remboursements.
Comit de Promotion: Les membres du Comit de Promotion sont lues par les adhrentes. Elles
parent de la cooperative avec le reste de la communaut, encouragent les nouvelles inscriptions et
recherchent les nouveaux rles que la cooperative pourrait remplir au sein de la communaut.







Appendice II

FUNDE rdigea une simple brochure expliquant le concept d'une coopra-
tive d'ventuels membres. La premiere page de cette brochure est reproduite
ci-dessous. La traduction en est: "Qu'est-ce qu'une cooperative? Une cooperative
est l'association d'un group de personnel qui partagent les mmes problems et
qui dcident volontairement de s'organiser pour s'entraider et rendre service leur
communaut. Comment se forme une cooperative? Une coop,ra[ie est forme
par la volont propre d'un group de personnel".







Appendice III


Le dveloppement de coopratives de
credit pour des femmes, o elles peuvent em-
prunter et pargner et qui joue un rle d'action
social, peut se produire dans divers en-
vironnements. En voici deux examples:


1. Self-Employed Women's Association of
Ahmedabad (l'association des femmes
travaillant leurs comptes, Ahmedabad,
Inde, SEWA).

SEWA est une association commercial de
12.000 Indiennes aux revenues 'ibies et tra-
vaillant leurs comptes. Elles sont haleuses de
chariots, vendeuses de lgumes, chiffonires,
revendeuses de vieux vtements, fabricantes
de couvertures et petites commerantes. 93%
sont illettres et 97% habitent dans des bidon-
villes. La plupart ne sont pas propritaires de
leurs quipements (tales de vente, chariots,
etc.).
Quand SEWA fut cre, la rrnj.rire de
ces femmes taient fortement endettes
auprs de leurs prteurs et de leurs four-
nisseurs en gros. Pour adher,-r SEWA, une
femme doit payer 3 Roupies (environ une
journe de salaire). Quand c'est chose faite,
elle peut acheter une action la Banque des
Femmes pour 10 Roupies (1,30 Dollars US). La
banque accord ses actionnaires des prts
s'levant de 250 1000 Roupies (33 132
Dollars US). Cet emprunt doit tre rembours
en vingt mois avec des paiements gaux
chaque mois. La banque peroit 10% de
commission mais elle octroie un abattement si
le prt est rembours en temps voulu et une
pnalit, dans le cas contraire. Une tude
effectue sur 2000 participants rvle que
44% honorent leurs paiements en temps voulu.
43% manquent de 3 6 paiements et 13%
seulement en manquent plus de 6.
Il existe un rapport plus dtaill de ce
project dans "Les Femmes Dans Une Economie
En Voie de Dveloppement-De La Dissocia-
tion A La Rhabilitation: Rapport Sur Une Ex-
primentation Pour Promouvoir Le Travail In-
dividuel Dans Un Environnement Urbain", par
Devaki Jain, public par la Commission
Indienne de Recherches en Sciences Soci-
ales, IIPA Hostel Building, Indraprastha Estate,
Ring Road, New Delhi I, Inde, 1976. On peut se
procurer de plus amples informations auprs
de: Mrs. Ela R. Bhatt, Chief, Women's Section,
Textile Labor Association, Ahmedabad, Inde.


2. L'Association de Crdit pour Petites
Entreprises est le second project de d-
veloppement urbain San Salvador, El
salvador.

C'est un project gouvernemental, finance
par la Banque Mondiale, don't le but est
d'amliorer l'environnement urbain grce un
systme qui met en valeur et largit les ser-
vices de base et le soutien offers aux petites
entreprises locales. Les foyers supports
conomiquement par les femmes reprsen-
tent plus de 40% des participants au project. De
plus, les recherches effectues dans la region
montrent que les femmes sont entirement
responsables des finances familiales, quelque
soit leur situation marital et c'est pour cette
raison que le project fut lanc. Il aide les femmes
augmenter leur productivity et percevoir
des revenues en argent liquid. Il leur permet
galement de devenir moins dpendantes de
l'aide de leurs filles pour leurs entreprises et
ces dernires peuvent ainsi aller l'cole.
Les femmes ne soumettent pas directe-
ment l'organisme municipal les demands
de prts ridi.i'uelles mais prsentent leurs
requtes par l'intermdiaires de groups de
solidarity organiss. Elles doivent en premier
lieu appartenir un tel group don't les mem-
bres examinent leurs demands. La respon-
sabilit du remboursement revient ensuite au
group entier. Des qu'il arrive une decision
favorable, il transmet le dossier l'organisme
financier municipal qui octroie les montants
demands et reoit les paiements.
Durant la premiere anne du project, 85%
des demands furent soumises par des
femmes possdant leur propre entreprise. La
mrnajrir4 des prts s'levrent de 200 300
Dollars US et 22%, de 400 500 D':.Irr., US.
60% des emprunts sont contracts pour main-
tenir des boutiques eiilei que des magasins
d'alimentation familiale. 25% affectent la fabri-
cation de vtements pour femmes et enfants.
10% viennent en aide aux anrsl. ns et fabricants
des products artisanaux. Enfin, 5% sont ac-
cords des entreprises de manufactures,
tailleries, cordonneries et rparations. La







premiere anne, 97% des paiements furent
honors. Une tude des entreprises des
demandeuses de prts rvla que la plupart
avaient augment en moyenne de 40% le
volume de leurs a': i. ii-

Pour de plus amples informations, se
rfrer : "Crdits pour les Femmes de Milieu
Rural: Faits et Leons", rapport rdige par
Myra Buvinic, Jennefer Sebstad et Sondra
Zeidenstein. On peut se le procurer auprs de:
Women in Developpement Office, Agency for
International Development, State Department,
Washington, D.C. 20523.







Maquette: John Cotterman
Typographie: Village Type & Graphics
Photo de Couverture: Organisation des Nations Unies.
Imprimerie: Graphic Impressions, Inc.
Traduit de l'Amricain par: Philippe Bette










































Nous attendons vos remarques, commentaires et ides de projects
publier dans les prochains numros de SEEDS. Si vous sou-
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Ann Leonard, diteur
SEEDS
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