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Title: femmes et L'artisanat : mythe et realite
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Title: femmes et L'artisanat : mythe et realite
Series Title: femmes et L'artisanat : mythe et realite
Physical Description: Book
Creator: Dhamija, Jasleen
 Record Information
Bibliographic ID: UF00089884
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

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SEEDS est une series de brochures publiee en response aux demands
d'information venant du monde entier sur des idees de programmes innovatrices et
pratiques, realisees par et pour des femmes aux revenues faibles. Le but de ces
brochures est de diffuser I'information et de stimuler la creation de nouveaux
projects, fondes sur les experiences positives de femmes qui travaillent pour
ameliorer leur propre statut economique et celui des autres. Les projects decrits dans
ce numero comme dans le reste de la serie ont ete choisis du fait qu'ils procurent aux
femmes un revenue en espece et les font participer activement aux prises de
decisions comme aux profits. Ces projects sont batis suivant des critbres econo-
miques solides et permettent de surmonter avec succes des obstacles courants.
Ces rapports n'ont cependant pas ete conqus pour etre suivis a la lettre car chaque
effort de developpement doit faire face A des resources et des problems quelque
peu different. En revanche, ils relatent I'histoire d'une idee et sa mise en application
avec I'espoir que les lemons apprises se r6veleront utiles dans des environnements
varies. C'est egalement pour etre portes A I'attention de ceux qui detiennent les
pouvoirs de decision qu'ils ont ete rediges et leur montrer que des projects
generateurs de revenues, pour et par les femmes, sont viables et jouent un r6le
important dans le developpement.





























SI La traduction frantaise de ce numdro de SEEDS
a Wt6 subventionnre par:
Women in Development Office
Agency for International Development
No. 4 Fr. 1983 Washington, D.C. 20523 U.S.A.


ISSN 073-6833





4"
a


Les Femmes et L'Artisanat:

Mythe et Realite


par Jasleen Dhamija















Introduction


Chaque fois que des organisateurs, des responsables de programmes ou des directeurs de
projects se posent la question: "Comment mettre en place et d6velopper des activities pour
les femmes qui soient viables et gen6ratrices de revenues" la premiere chose qui leur vient
A I'esprit est le travail manuel et I'artisanat. Le mythe est que ces derniers soient une
occupation feminine, quelque chose que les femmes font bien, une activity qui, a prior, ne
s'ingbre pas dans leurs responsabilites m6nageres, ne demand que peu d'investissement
et une court p6riode de gestation. Rarement prend-t-on le temps d'examiner la r6alit6 de la
situation, aussi bien sous I'angle de l'industrie des travaux manuels que du point de vue de la
vie des femmes que le project se propose d'aider. Peu d'organisateurs ou d'equipes de
programme se rendent compete que I'artisanat demand souvent une technique de sp6cial-
iste et des ann6es d'apprentissage ou que les metiers aux revenues equitables sont d6jI la
propri6t6 exclusive des hommes!
Le but de ce rapport est d'examiner les travaux manuels et I'artisanat comme un moyen
d'assurer un revenue aux femmes. Parfois ces metiers repr6sentent pour elles une important
source d'argent et leur permettent 6galement de rester en lien avec leur heritage cultural
propre. Dans la plupart des cas cependant, la production artisanale relbgue les femmes
dans un domaine ob le travail est intense et exploiteur, n'offrant qu'un salaire derisoire pour
de tongues heures de labeur. En consequence, si I'on souhaite aider les femmees a gagner
leur vie, la premiere question A. poser est en fait: "Existe-t-il d'autres occupations suscep-
tibles de rapporter de I'argent que les metiers d'artisanat"? Toutes les possibilities devraient
Wtre analyses avec attention. Si les travaux manuels semblent etre la solution, beaucoup
d'autres questions doivent etre prises en compete avant de lancer un project et nous espdrons
que ce rapport se montrera utile dans cette perspective.


* I .






L'Artisanat: Qu'est ce que c'est?

Nous pouvons definir les travaux manuels
et I'artisanat don't nous parlons comme des
activities oC les materiaux, outils et techniques
disponibles, ajoutes a la creativity et a
I'imagination du producteur, servent A fabri-
quer des objets. Dans certain pays, le terme
artisanat regroupe toutes les occupations utili-
sant des procedes non-mecaniques telles que
la preparation de la nourriture, la fabrication de
specialites culinaires ainsi que nombre
d'autres activities manuelles. Nous nous en
tiendrons ici aux objets A valeur decorative ou
utilitaire, une definition communement accep-
tee dans les pays en voie de developpement.

Les Arts Feminins: Roles Sexuels et
Discrimination dans la Production
Artisanale

Les metiers A bonne remuneration tels
que le coulage du bronze, la gravure du metal,
la joaillerie, la lapidairerie, le soufflage du
verre, le tissage de brocards, etc., sont rare-
ment exerces par les femmes. Leurs tech-
niques restent I'apanage des hommes,
demeurent etroitement gardees et sont trans-
mises de pbre en fils. II est rare qu'une fille
apprenne ces techniques car il est entendu
qu'elle se mariera, quittera sa famille et
pourrait, de ce fait, les communiquer a sa
nouvelle famille. Habituellement, les femmes
accomplissent des travaux en relation avec
leur vie domestique, pour repondre A leurs
besoins. Parfois, il peut leur arriver de vendre
ce qu'elles ont en trop sur les marches locaux.


Generalement les arts auxquels les
femmes sont exposees se voient appeles par
oeuphemisme "arts feminins" car ils restent,
sous de nombreux aspects, lies aux activities
menageres. Ils comprennent la couture, la
broderie, le crochet, le tricot, le tissage, la
vannerie, la tapisserie et, dans certaines
regions du globe, la poterie. Ceux qui pensent
introduire de nouveaux metiers encouragent la
teinture, le batik et le macrame.
Si I'on analyse ces travaux, on s'apergoit
que leur "f6minite" reside essentiellement
dans le fait qu'ils prennent beaucoup de
temps, rapportent peu d'argent et ne sont pas
facilement eleves A un niveau de quality justi-
fiant un prix plus important. Rarement s'ave-
rent-ils 6tre un pas en avant dans une industries
de petite taille, susceptible d'offrir aux femmes
des revenues plus consequents. Quand ces
activities sont commercialisees, les hommes
s'emparent gen6ralement de la parties la plus
remuneratrice du travail. Prenons I'exemple du
metier de tailleur: La tAche la mieux payee est
la coupe; elle demand une technique spe-
ciale et, dans 90% des cas, ce sont des
hommes qui I'assurent. Le travail plus penible
et moins paye, comme la couture A la main, les
finitions et la pose des boutons, est reserve aux
femmes et elles touchent les salaires les plus
bas.
La situation peut meme devenir pire
quand ces "arts feminins" sont commer-
cialises. En Inde, la broderie blanche,
"chikanwork", realisee sur un tissu de coton
trbs fin, represent une des grosses opera-
tions commercials d'artisanat. Les femmes
qui creent ces broderies sont musulmanes et,
ob6issant A leurs coutumes, restent confinees















































dans leurs maisons. Le travail leur est apporte
par des negociants et des intermediaires. Pour
la couture & la main et la broderie d'une
chemise, elles touchent un maigre salaire
equivalent a 0,25 Dollars US pour huit A dix
heures de labeur. Un tel salaire relive de
I'exploitation.

Casser Le Mythe des Stereotypes

Bien que la plupart des societies fassent
la distinction entire metiers feminins et metiers
masculins, cette division du travail est sans
fondement universal. Ce qui est unacceptable
dans une society se revele 6tre pratique cour-
ante ailleurs. Par example quand nous pen-
sons marechal-ferrant, nous pensions homme.


Mais n'importe qui ayant voyage par la route
dans le nord de I'lnde a pu voir des femmes
travailler le fer, c6te a c6te, martelant avec un
rythme parfait les metaux qu'elles forget en
outils d'agriculture. Dans la plupart des pays
d'Asie, ce sont les hommes qui fabriquent la
poterie mais pour ceux d'une grande parties de
I'Afrique, le simple fait de toucher les instru-
ments de poterie reste tabou. Traditionnelle-
ment, les femmes sont supposees faire le
tissage mais, dans pratiquement toute
I'Afrique, c'est une t&che masculine. Le travail
fin, precis et extremement lucratif de I'orfevre
appartient au monde masculin mais on pour-
rait le caracteriser comme un art plus doux et
les femmes ont prouve qu'elles pouvaient
I'exercer auusi bien. Aujourd'hui, un des
3






meilleurs joaillier-orf6vres Turcoman de la
region de la mer Caspienne, en Iran, est une
femme.
La verite est que les femmes peuvent
executer tous les travaux que font les hommes,
si tant est qu'elles en aient I'occasion et la
formation. Si les travaux manuels et I'artisanat
sont destines a devenir une activity viable et
generatrice de revenues pour les femmes, ce
genre de distinction doit 6tre depass6.

La Vie des Femmes de Milieu Rural

Avant de mettre en place n'importe quelle
idee, susceptible d'assurer un revenue aux
femmes, il est essential d'avoir une connais-
sance approfondie de la vie de celles que I'on
se propose d'aider. Ainsi, ce programme peut
vraiment devenir un moyen d' ameliorer leur vie
et non pas une corvee de plus a supporter
dans une existence deja surchargee.
En milieu rural, c'est generalement la
femme qui a la charge des besoins immediats
de la famille. Ses t&ches sont nombreuses et
elle doit faire face a d'enormes pressions. Elle
doit aller chercher I'eau, souvent A de longues
distances, amasser le bois et autres com-
bustibles, preparer la nourriture et les repas de
la famille. Elles est responsible des petites


4-V'


reparations de la maison et essaye de re-
pondre aux besoins du menage en fabriquant
des recipients avec les materiaux disponsibles
et en raccomodant les vetements et les peaux.
Le recyclage, un mot tellement a la mode au-
jourd'hui, est sa speciality. Les vetements uses
deviennent des morceaux de couverture. Les
vieux papers sont reduits en bouillie et trans-
formes en simples boules de papier-mache.
Pour lancer de facon effective un pro-
gramme rapportant a la femme en milieu rural
I'argent don't elle a tellement besoin, on doit
avant tout examiner sa vie dans son ensemble.
Y-a-t-il un moyen d'alleger ses charges et ne
devrait-on pas s'occuper de cela d'abord?
Parfois, de simples ameliorations ou innova-
tions dans les outils et les installations re-
duisent les corvees et suffisent a lui procurer le
temps libre don't elle a besoin pour se livrer a
des activities lucratives.

Production Artisanale:
Recommendations

Avant d'essayer de mettre en place un
programme de production artisanale dans le
but d'assurer aux femmes un revenue, il est
absolument primordial de regarder ce qui ex-
iste deja, ce qui leur est accessible, base sur
des techniques traditionnelles ou facilement
assimilables. De meme, faut-il connaitre et
6tudier la demand present pour le produit
sur les marches locaux et dans les regions
voisines. En outre, il est necessaire de reflechir
a la maniEre de creer et de diriger les struc-
tures d'organisation qui assureront I'encadre-
ment don't le project aura besoin. Dans certain
cas, un programme d'artisanat sera le response
et dans d'autres, non. Par example I'lnde, avec
la majority de sa population en milieu rural et
un taux de ch6mage eleven, a developpe avec
succes son artisanat en suivant une politique
de protection pendant de nombreuses annees
et en offrant diverse formes d'assistance
technique, y compris une champagne de mar-
keting bien menee, organisee par des com-
pagnies publiques et privees. Cependant,
dans d'autres pays ayant une population li-
mitee et differentes possibilities d'emploi, tra-
vaux manuels et artisanat ne seront pas une
strategic efficace. Dans certaines regions
d'Afrique oO la terre est fertile et oi, tradi-
tionnellement, les femmes cultivent et vendent
leurs products sur les marches sans 6tre re-
streintes dans leurs movements, I'artisanat
n'est sans doute pas la meilleur solution. Mais,
dans ce cas, pour accroitre leurs revenues, une
amelioration de leurs pratiques agricoles et du
traitement de la nourriture sera souvent pre-
ferable.


#








~1I~a ~LmmI,


En milieu rural, c'est generalement la femme qui a la charge des besoins
immediate de la famille. Elle dolt aller chercher I'eau, souvent a de longues
distances, amasser le bois et autres combustibles, preparer la nourriture et les
repas de lafamille.























. .. .






Avant d'organiser un programme d'arti-
sanat, il est recommande de mener une etude
de realisation.


Etude de Realisation

La premiere tape est d'analyser la
situation dconomique global, les travaux que
les femmes accomplissent dejA, les materiaux
qui leur sont disponibles ainsi que les marches
existants et/ou potentiels pour les products.
Dans la plupart des cas, cette tape devrait
btre confine a un expert car bon nombre de
facteurs sont de nature technique et les juge-
ments requis sont difficiles & atteindre.
Les questions A poser comprennent:
ENVIRONNEMENT ET SITUATION
SOCIO-ECONOMIQUE
1. Quelles sont les femmes disponibles
pour un travail de formation et de production
(age, habitation, heritage cultural, etc. .. .)?
2. Font-elles un travail remunerateur
maintenant? Lequel? Travaillent-elles chez
elles ou a I'exterieur?
3. Quelles techniques artisanales ou
autres talents possedent-elles qui pourraient
engendrer des revenues? (Techniques em-
ployees aujourd'hui ou don't elles ne se servent
plus.)
4. Ont-elles besoin d'un gagne-pain
complete ou simplement de revenues supple-
mentaires?
INFORMATIONS TECHNIQUES
5. Quelles sont les techniques utilisees a
la production? Decrire les moyens techniques
disponibles.
6. Quelles sont les matieres premieres
utilisees dans la fabrication du produit? Sont-
elles trouvables sur place? Quel en est le coOt?
7. Quelles sont les autres matieres pre-
mieres disponibles sur place? Y-sont-elles uti-
lisees? Quel en est le coOt?
MARKETING
8. 00 la population locale vend-t-elle ses
products? Comment et quand? A quel prix?
9. Quel est le prix courant pour des types
de products similaires faits A la main ou A la
machine?
10. Quels sont les products en demand
dans la communaute qui ne soient pas encore
fabriques par les industries locales?
11. Combien de temps est-il necessaire
pour mettre en place les nouvelles techniques


exigees et commencer A produire?
12. Quel march visons-nous? Local? re-
gional? National? March d'exportation?
Voici un cas reel ou une etude de realisa-
tion de cette nature a ete men6e par un specia-
liste, conseiller d'une industries gouverne-
mentale responsible d'un programme de
developpement rural et non-fermier. Un sec-
teur pauvre de Kirman en Iran fut rapidement
6tudie et I'on trouva que:
a. C'etait une region don't I'activite agricole
restait marginale, dependant de pluies
irregulieres. La morte-saison etait tries
longue. Les travaux autres qu'agricoles
6taient tres limits mais chaque famille
possedait des moutons qui donnaient
une laine de bonne quality.
b. Toutes les femmes avaient des metiers A
tisser horizontaux et primitifs. Les tapis
qu'elles tissaient etaient de pietre quality
mais reproduisaient cependant les motifs
traditionnaux des tribus.
c. Les tapis plus vieux et tissues soigneuse-
ment sur lesquels figuraient les memes
motifs se vendaient chers sur les mar-
ches de tapis anciens.
d. On vendait aux marchands des villes la
line d'excellente quality provenant des
moutons et les tisseuses de Kirman ne
disposaient plus de bonnes matibres
premieres.
e. II n'existait pas de teinturerie sur place.
f. II n'y avait que tres peu de metiers a tisser
modernes et ils appartenaient aux mar-
chands. Ces derniers n'employaient que
des hommes pour la fabrication de tapis
de bonne quality, tres demands et rap-
portant beaucoup d'argent. Quelques
hommes possedaient leur propre metier
et, de ce fait, non seulement gagnaient un
salaire mais egalement b6neficiaient du
profit de la vente des tapis.
De plus, I'expert apprit que d'importantes
mines de cuivre de la region allaient 6tre ex-
ploitees dans les dix annees a venir. Beaucoup
d'hommes allaient sans doute abandonner le
metier A tisser pour les mines et, en con-
sequence, le niveau des revenues de la region
augmenterait, provoquant eventuellement une
expansion du march du tapis. A partir de
toutes ces informations, on estima qu'il valait la
peine de mettre en place un programme
d'amelioration des techniques de tissage et de
tapisserie des femmes de Kirman.
L'idee etait d'aider celles-ci A former une
cooperative qui traiterait la laine de la region.
Cette cooperative augmenterait leur produc-
tion en:































leur fournissant une matiere premiere de
meilleure quality;
subventionnant le coOt de nouveaux
metiers A tisser de fagon A ce qu'elles
puissent posseder leur propre 6quipe-
ment;
perfectionnant leur technique pour
qu'elles puissent continue A tisser leurs
motifs traditionnaux mais en accroitre la
quality.
enseignant plus tard aux meilleures com-
ment utiliser un module pour pouvoir re-
produire plus de forme et de couleurs.

Par I'intermediaire de centres d'6cono-
mie familiale locaux, les femmes se reunirent et
I'on discuta du project avec elles. On s'apergut
ainsi que les nouveaux metiers A tisser verti-
caux ne pouvaient 6tre installs A I'interieur de
leurs maisons car les toits etaient trop bas et la
lumiere insuffisante. On resolut ce problem
en suggerant que le montant de la subvention
destinee a couvrir le coOt du metier a tisser
comprenne egalement le coOt du materiel
necessaire pour construire un simple abri, ad-
jacent a la maison, oO I'on pourrait installer
deux metiers dos A dos. Le gouvernement
donnerait poutres, piliers et plaques de metal
pour le toit mais les femmes et leur famille
devraient construire I'abri elles-memes,
apportant ainsi leur contribution au project.
La subvention gouvernementale assura
la moitie du coOt des metiers A tisser, I'autre
moitie etant a la charge des femmes: 10% en


dep6t initial et le solde A payer sur I'annee
suivante A partir des gains obtenus. Cela etait
tout a fait raisonnable car on estimait les re-
venus sur un an A trois fois le coQt du metier.
Les premiers 10% (environ 15 Dollars US) re-
presentaient une petite some qu'elles
pouvaient obtenir de leurs families. Les
femmes participerent au project avec enthou-
siasme car le fait de posseder un metier &
tisser leur permettait d'occuper une position
de force dans I'6conomie du village et aug-
mentait leur credit.
Ensuite les cooperatives locales leur
donnerent les matieres premieres, avec des
instructions sur les modules et la quality. Un
maTtre-tisserand les aidait au montage de la
lice et a commencer I'ouvrage puis leur pro-
diguait des conseils de temps a autre. II
habitat le village et les femmes pouvaient aller
le voir en cas de difficulties. Un maTtre-
tisserand pouvait s'occuper facilement de
quinze metiers a la fois. Quand le tissage d'un
tapis etait en course, la cooperative accordait
un credit aux ouvrieres pour qu'elles puissent
subvenir aux besoins quotidiens de leur
maison don't elles avaient la charge: Farine,
sel, huile, the, sucre, lentilles, etc...
Lorsqu'un tapis etait fini, ce qui prenait de
3 a 7 mois, les femmes pouvaient le vendre soit
a la cooperative, soit A un marchand, selon qui
offrait le meilleur prix. La cooperative calculait
le prix de revient du tapis et payait cette
some immediatement A la reception de
I'ouvrage, apres avoir deduit les credits ac-
7






cords auparavant. Puis le tapis etait examine
par un expert qui en determinait la vraie valeur,
la valeur marchande. Souvent ce prix 6tait plus
eleven que le prix de revient et, dans ce cas,
50% du prix de vente, en plus du prix de
revient, etaient verses a la femme. Tout cela
jouait comme un stimulant et la poussait A
produire des tapis de haute quality. Petit A
petit, les femmes finirent par faire parties et
computer dans la production general de tapis.
Par la suite, les negociants prives trouverent
qu'elles se montraient plus dignes de con-
fiance que les hommes, tenaient leurs pro-
messes et travaillaient regulierement. Ils
commencerent A persuader les femmes des
regions voisines A se lancer dans des projects
similaires et A entrependre un tissage de
quality. L'emigration des hommes vers les
villes, pour trouver de meilleurs emplois,
accelera le processus.
Ce programme reussit car il etait fond6
sur une recherche approfondie des conditions
socio-economiques existantes, utilisait les
matieres premieres et les techniques dis-
ponibles localement et repondait A la forte
demand pour le produit. Le fait de posseder
leur propre metier A tisser et de beneficier A
I'origine d'une direction et d'une aide assez
souple permit aux femmes d'avoir acces A une
activity commercial aupararant reservee aux
hommes. Eventuellement, elles finirent par
devenir independantes de toute assistance
gouvernementale continue.

Diversification des Produits

II existe d'autres approaches permettant
d'accroitre les revenues tires de I'artisanat: a)
Lancer de nouveaux products ou modifier un
produit traditionnel, sans pour autant changer
de fagon substantielle les techniques utilisees;
b) mettre au point de nouvelles techniques et
de nouveaux products. Dans les deux cas, une
etude de realisation est encore plus impor-
tante.
Un example, qui illustre le developpe-
ment de nouveaux products ou leurs modifica-
tions tout en utilisant des techniques exis-
tantes, vient d'un village de potiers en Inde ob,
depuis des annees, les families fabriquaient
des jarres A eau pour le march local. Leurs
gains hebdomadaires pour la fabrication de
ces articles ne depassaient jamais 6 Dollars
US par famille. L'introduction de nouveaux
products tels que chandeliers, lampes de tra-
vail ou de jardin et petits supports performs,
leur apporta non seulement une nouvelle clien-
tele mais leur permit egalement de demander
un prix plus eleven pour leur travail et d'aug-
menter ainsi leurs revenues.
8


Dans un autre cas, des femmes Turco-
manes tissaient des pieces de soie superbes
mais etroites pour lesquelles n'existait qu'un
march local limited. En changeant le cadre et
les peignes des metiers A tisser, elles purent
fabriquer des pieces de 90cm, pour lesquelles
existait un march grandissant, et elles tri-
plerent leurs gains. Une depense minimum et A
peine une semaine pour pouvoir s'adapter aux
nouveaux metiers suffirent A ranimer un arti-
sanat moribond et A assurer une source de
revenues pour un important village de tis-
seuses.
Parfois on peut reconvertir et adapter un
art A une ligne entierement nouvelle de
products. En Ethiopie, recemment, un project
entreprit d'adapter les techniques des potiers
traditionnaux qui fabriquaient des jarres A pro-
visions et des recipients pour la cuisine, A la
production de materiaux de construction in-
digenes, briques, tuiles, tuyaux et large bacs
A eau. Cela repondait aux besoins locaux et
remplacait les plaques de metal et d'amiante
importees. Sans ce changement, les artisans
auraient dO rapidement faire face A la competi-
tion du plastique et de I'aluminium renforce,
permettant la fabrication d'ustensiles de cui-
sine et de conserve plus legers et incassables.
L'autre moyen de diversifier les products
est d'introduire de nouvelles techniques et de
nouveaux materiaux. Parmi les examples oO
les femmes ont appris un art qu'elles ne prati-
quaient pas auparavant, on trouve la taille du
verre en Inde, I'impression sur tissu au Kenya,
la gravure sur bois et la broderie teinte en
Ethiopie.
L'introduction de nouveaux products
exige habituellement de former les femmes A
des techniques qu'elles ne connaissent pas,
demand un investissement d'importance
dans un nouvel 6quipement, se heurte aux
essais et aux erreurs inevitables, recquiert une
direction attentive, etc. .. A moins que les
products existants soient nuls ou impossible A
ameliorer, cela ne devrait pas etre tented. II est
primordial de conduire I'etude de realisation
en accordant une attention particuliere A
I'etude de march, la disponibilite des ma-
tieres premieres, I'expertise technique et la di-
rection. Materiaux que I'on peut se procurer
sur place sont a utiliser partout ou c'est
possible et le coOt doit rester minimal. Au
Bangladesh, I'emploi de simples fibres de jute
pour la fabrication de cremailleres, sacs, tapis
et autres objets utilitaires, suggere par une
society cooperative venant en aide aux veuves
de guerre, remporta un succes sans prece-
dent. Par contre, I'utilisation de materiaux
imports ne provoque generalement pas de
bons resultats. Au Ghana, le project de fabrica-






tion de fleurs, un art traditionnellement riche du
pays, illustre un choix malheureux de nou-
velles techniques et materiaux. Ce programme
dchoua car le materiel synthetique, imported A
un prix eleven, ne supportait pas I'humidite du
climate. Le resultat final 6tait des fleurs artifi-
cielles qui se fanaient plus vite que les na-
turelles!

Marketing

Le marketing est une tape essentielle
dans n'importe quel programme d'artisanat et
ses problems ont poursuivi la plupart des pro-
jets imagines par les organizations assistant
les pays en voie de developpement. Souvent,
ces associations decident de demarrer un pro-
gramme sans connaitre la demand des
consommateurs, les techniques employees,
les prix de vente existants ou les points de
vente et de distribution possibles. II est impera-
tif d'entreprendre une etude de march de-
taillee avant de se lancer dans la commer-
cialisation d'un artisanat. LA encore, cette
etude devrait etre menee par un expert. Cer-
tains aspects specifiques de marketing des
products artisanaux doivent rester presents A
I'esprit lorsque I'on veut en faire la commer-
cialisation:
a. On doit fabriquer un produit de haute
quality. Un article mal fini et ne pouvant
remplir la tAche pour laquelle il a ete cree,
trouvera peu d'acheteurs et ne constitute
pas une bonne publicity.
b. Le prix d'un article doit 6tre fixed en fonc-
tion de la competition. Un objet que I'on
peut trouver moins cher ailleurs ne se
vendra pas.
c. II est recommande d'effectuer un test sur
le march avec des echantillons des
nouveaux products avant de se lancer
dans une production A grande 6chelle.
d. II faut faire turner ses modules et tou-
jours avoir de nouvelles creations a offrir.
La variety et le changement dans les
products sont essentiels. On doit de-
vancer les besoins et les go0ts de ses
clients si on ne veut pas se retrouver avec
des stocks enormes sur les rayons.
Au Kenya, une association de femmes
qui competent des membres dans tout le pays,
Maendeleo ya Wanawake, rassemble
plusieurs groups vivant de I'artisanat.
L'association ouvrit une boutique A Nairobi
pour vendre leurs products. Malgre sa situa-
tion, dans un quarter commergant et en face
d'un important h6tel pour tourists, la boutique
ne remportait pas un grand succes. Les capi-
taux manquaient pour pouvoir payer comptant
au moment de leur reception les products ex-


pedies par les groups. De plus le manque de
capital empechait I'equipe de marketing
d'etudier de nouveaux products et de creer de
nouveaux modules. Elle etait incapable de
fournir les matieres premieres ou d'acheter aux
femmes et de payer les products finis en
espece.
Une agence regionale, assistant les
femmes dans le developpement d'activites
generatrices de revenues, etudia le problem et
conclut que le pietre succes initial de
Maendeleo ne devait pas etre considered
comme un echec. Ils conseillerent une
nouvelle approche qui assurait une reserve de
capitaux et permettait en meme temps A un
createur de lancer de nouvelles lignes de
products. De plus, cette approche permettait
d'avoir un assistant sur le terrain qui aidait les
femmes A ameliorer leurs techniques pour
qu'elles puissent produire une nouvelle cat6-
gorie de marchandises. L'element-clef de
cette approche est une equipe technique com-
petente et tres motivee, preparee A un travail
de longue haleine et aidant les femmes A
s'organiser elles-memes en associations,
cooperatives ou unites de production privees.
Lorsque I'on diversifie et ameliore les
techniques et que I'on developpe de nouveaux
marches, il est tres important de ne pas se
couper des marches traditionnaux qui sont les
marches ordinaires. Cela est arrive souvent et
avec des resultats desastreux. Deux cas bien
connus se sont products en Inde. Le premier
est I'histoire du "bleeding madras", un coton
solide avec des trainees de couleurs delavees,





































utilise pour les lungii" (pagnes d'Hindous), qui
devint une mode de court duree aux Etats
Unis. Les artisans des cooperatives locales
s'orienterent sur la production de ce nouveau
materiel, utilisant des teintures peu tenaces, et
ignorbrent le march traditionnel du sarong,
porte par les hommes. Soudain, la demand
pour le "bleeding madras" aux Etats Unis
s'arrdta et les cooperatives se retrouverent
avec des stocks 6normes et pas de march.
Beaucoup tomberent en faillite et de nombreux
artisans connurent la famine.
Dans un autre cas, les fabricants de
statuettes de divinites en metal, dans le centre
de I'lnde, recurent pendant deux ans d'impor-
tantes commander du gouvernement pour
I'exportation. Pendant ce temps, ils n'approvi-
sionnerent pas la population des tribus locales
qui avaient constitute leur clientele reguliere et
avec lesquelles ils maintenaient un lien cultural
proche. Ce lien fut rompu et quand le gou-
vernement cessa ses commander la troisieme
annee, les travailleurs durent faire face a
d'enormes problems.
L'exp6rience montre que I'on devrait con-
centrer ses recherches pour trouver des
marches A I'interieur du pays, d'abord pres
des lieux de production et ensuite dans les


villes et les regions plus Bloignees. Ces
marches locaux sont des points de distribu-
tions reguliers et representent peu de prob-
lemes de transport et de marketing. De plus, le
march ordinaire est un march qui difference
et rend les preferences des consommateurs
faciles A etablir. II procure aussi un "feedback"
rapide qui aide A mettre en place des stan-
dards de production acceptable et maintenir
un contr6le de la quality.
La production d'exportation, d'un autre
c6te, pose beaucoup de problemes tres diffi-
ciles A resoudre. En regle gendrale, cela exige
des niveaux de production important et regu-
liers. Les articles doivent 6tre concus et leurs
quality maintenue de maniere a plaire & des
guts strangers et souvent inconnus. Fre-
quemment, il faut computer avec des rbgle-
ments et des lois compliquees, imposes par
les gouvernements, sans parler des prob-
lemes de transport. On a done besoin de re-
sources financieres beaucoup plus impor-
tantes si I'on veut lancer une operation de mar-
keting pour I'exportation qui soit couronnee de
success.
Lorsque I'on developpe des projects pour
le marketing de products artisanaux, les
besoins des femmes sont prioritaires mais on





ne doit pas en oublier pour autant les exi-
gences commercials. II faut conserver un
equilibre entire les activities de developpement
et les operations commercials. Cela recquiert
une direction experimentee. The Central Cot-
tage Industries Emporium, un organisme bien
connu de New Delhi, en Inde, represent un
excellent example de project de cette nature
fonctionnant tres bien. Cette organisation fut
fondue par un group de travailleurs sociaux,
trbs motives, beneficiant de I'assistance du
gouvernement. On appliqua de facon syste-
matique de solides pratiques commercials.
On aida de nouveaux et plus anciens centres
de production dans la creation de nouveaux
products. Des procedures pour le contr6le de
quality furent mises en place et des cam-
pagnes de promotion des ventes furent
lancees. Leurs efforts aboutirent non seule-
ment A la creation d'emplois pour des femmes
aux revenues faibles mais aussi A la meilleure
quality d'articles. Leur boutique de products
artisanaux est actuellement la meilleure en
Inde.
Support Institutionnel: Ressources
et Protection Financieres

Dans les organizations feminines, inde-
pendantes ou gouvernementales, il y a une
tendance a mettre en place des activities de
falcons diverse et sans les rattacher aux insti-
tutions existantes qui pourraient aider au d6ve-
loppement de programmes d'apprentissage,


en marketing et en argent. L'utilisation de telles
structures peut mener a des programmes tres
reussis. Par example le gouvernement Tuni-
sien a etudie toute une serie de politiques
d'assistance et de protection des petites entre-
prises dans le cadre de son nouveau plan de
decentralisation, qui accord des avantages
speciaux aux entrepreneurs dOment qualifies.
Le programme Tunisien "Families dans la
Production" a demontre une utilisation creative
de ces politiques. Ce project fut organism par le
Ministere des Affaires Sociales en collabora-
tion proche avec le Centre de Promotion de
I'Artisanat, un autre organisme gouverne-
mental. Ensemble, ils selectionnerent un art A
developer et un stage d'apprentissage fut
finance et mis en place par le Ministere des
Affaires Sociales. L'instructeur, les matieres
premieres et les modules etaient fournis par le
Centre de I'Artisanat, assurant de cette facon
le niveau de formation necessaire pour pour-
suivre une production commercial.
Pendant les neuf mois d'instruction, les
stagiaires recevaient de I'argent de poche de
manibre A 6tre capable financierement de
participer au programme de formation. De plus
le stage etait concu pour permettre aux parti-
cipantes de travailler independemment des la
fin du programme. Les neuf mois 6taient
divises en deux periodes: Pendant les cinq
premiers mois, les stagiaires travaillaient sous
le meme toit et sous supervision strict.
Pendant les quatre mois restant, on installait
outils et equipment dans leurs maisons et






elles apprenaient A travailler seules. Une fois
independantes, elles restaient en contact avec
le department commercial du Centre et
pouvaient vendre leurs products soit par son
intermediaire, soit A des marchands. La colla-
boration avec un organisme specialist en
place empecha le programme d'essuyer les
echecs habituels, provoques par un pauvre
niveau technique et une pietre production et
qui, A leur tour, entrAinent des problems de
marketing et d'exploitation par les marchands.
Ces problems sont malheureusement trop
communs pour la plupart des centres d'arti-
sanat crees pour les femmes.

Strategic D'Organisation -
Dynamique de Groupe

Un autre element important lorsqu'on
prepare un programme auquel les femmes
participent et don't elles beneficient, est de
posseder une solide structure d'organisation.
Qu'il s'agisse de cooperatives, d'associations,
de societies reconnues ou de groups tradi-
tionnaux, il est essential d'aider les femmes A
s'organiser en unites economiques viables
pour 6viter I'exploitation. Lorsqu'elles ont
affaire A des groups organisms, les associa-
tions gouvernementales et independantes
peuvent apporter une aide qu'elles ne peuvent
offrir A des families eparses ou des particuliers.
De plus, les organizations officiellement re-
connues peuvent recevoir des fonds et
accorder des prets en function des besoins
respectifs de leurs membres, IA oi les condi-
tions des pr6ts individuals sont souvent
beaucoup plus strictes et exigent des garan-
ties.
Un des moyens les plus efficace de batir
une organisation est de la fonder sur des asso-
ciations feminines traditionnelles. Ces der-
nieres sont de formes variees. L'une des plus
courantes reste I'association 6conomique,
comme le tontin des vendeuses de march au
Togo ou I'arisan en Indonesie. Les femmes s'y
rencontrent periodiquement et, A chaque re-
union, versent une some d'argent. Le
montant recueilli est remis A chaque membre A
tour de r61e. Chaque femme peut ainsi dis-
poser d'un capital qu'elle ne trouverait pas en
temps normal et qui lui permet d'effectuer des
investissements important comme des re-
parations sur la maison, I'achat de grosses
quantities de biens en solde, I'acquisistion
d'outils, etc ... Quand ces groups fonction-
nent bien, ils peuvent meme servir de garantie
si quelqu'un souhaite faire un emprunt aupres
d'une agence exterieure. Ils peuvent faire
pression pour obtenir le remboursement d'un
pret et, si un des membres, pour une raison
12


imprevisible, ne peut assurer un payment, les
autres mettront leurs resources en commun
pour rembourser un prit dans le delais
recquis.
Malheureusement, la plupart des projects
de developpement ignorent les groups
sociaux traditionnaux et tentent d'implanter de
nouvelles structures. Souvent, I'acceptation de
nouveautes et un succes durable seraient ob-
tenus plus facilement si ces projects essayaient
de renforcer les associations en place et leur
faire prendre en charge les differentes activi-
tes. La cooperative suivant le module occi-
dentale reste le type de structure institu-
tionnelle le plus souvent adopted en rapport
avec les programmes de developpement de
I'artisanat. Cela implique que I'on introduit un
system qui exige des traces detaillees de
toutes les activities entreprises, demand A ses
dirigeants un haut niveau d'6ducation. Comme
dans beaucoup de parties du monde les
femmes sont soit analphabetes, soit eduquees
de facon marginale, la direction de ces
groups retombe tres souvent aux mains des
hommes. II n'est done pas difficile A com-
prendre pourquoi les femmes qui font parties de
telles organizations s'en desinteressent assez
vite. Si on veut reussir A ameliorer la vie des
femmes avec des cooperatives, on doit soit en
simplifier les procedures ou soit fournir une
aide specialisee A leurs directions.
Par example, en Iran, on utilisa les ser-
vices d'un expert pour participer a la mise en
place et veiller A la bonne march de coopera-
tives de femmes en milieu rural. Les in-
teressees se faisaient aider pour la compta-
bilite, les transactions financieres complexes,
I'achat des matieres premieres et la vente des
products finis. L'organisateur servait egale-
ment de lien entire la society et le group de
marketing de la cooperative. C'est un module
qui a tries bien march en Iran et qui pourrait
6tre applique A d'autres groups de femmes
connaissant les memes besoins.
Une autre methode, developpee en Inde,
consiste A utiliser une aide abondante A la
direction lors de la formation de la cooperative
pour la reduire ensuite petit a petit dans les
premieres annees. A la fin de cette periode,
la cooperative comptera suffisement de
membres capable d'assurer son fonctionne-
ment ou sera en measure de s'attacher les ser-
vices d'un professionnel. La methode la plus
efficace serait sans doute une combinaison
des deux precedentes, en y ajoutant un pro-
gramme de formation aux tAches de direction.
Certains membres recevraient une formation
court et intense qui les preparerait A tenir un
poste de responsabilite au sein de I'organisa-
tion.






Nous devons souligner ici que les
cooperatives ne sont pas la seule et unique
solution, Au debut, les femmes pr6f6reront
peut-6tre choisir un type d'organisation moins
structuree. II existe de nombreux inter-
mediaires don't on peut se servir avantageuse-
ment avec, entire autre, la location en commun
d'un space, I'achat communautaire de
materiel ou une structure d'organisation qui
garantisse un salaire minimum et une repar-
tition des profits possible A la femme. La
forme adoptee devrait etre celle qui r6pond le
mieux aux besoins et aux resources des in-
teressees.

De plus, on doit se souvenir que ces
associations de femmes ne sont pas seule-
ment un moyen de faire marcher des entre-
prises commercials. Elles remplissent aussi
une function social ou chaque participate
sent qu'elle fait parties d'une communaute.
Dans des regions oi la coutume ne permet pas
aux femmes de se livrer A des activities en
dehors de la maison ou parmi des hommes,
une association feminine peut representer un
premier pas vers le monde exterieur. Ses
membres peuvent y rencontrer d'autres
femmes aux experiences differentes et parti-
ciper a des activities qui leur permettent de
sortir du monde en vase clos dans lequel elle
vivent.


Conclusion

Les travaux manuels et I'artisanat peuv-
ent 6tre un moyen pour les femmes d'accrottre
leurs revenues dans certain environnement,
mais seulement sous les conditions que nous
venons de voir, car ces arts demeurent des
specialites qui ne possedent que des marches
limits et n'offrent qu'un potential restreint
d'emplois. Les remarques suivantes resument
quelques uns des points-clefs don't on doit
tenir compete si I'on veut mettre en place un
programme d'artisanat pour les femmes:
1. Les arts "feminins" prennent essentielle-
ment beaucoup de temps, rapportent
peu d'argent et offre peu de possibility de
progression technique.
2. II faut donc, avant de mettre en place un
programme, 6tudier les conditions pre-
sentes dans lesquelles les femmes
travaillent ainsi que les possibilities qui
leur sont accessible en function de
techniques traditionnelles ou facilement
assimilables. II faut egalement analyser
les differentes manieres de creer et de
diriger les structures d'organisation
necessaires au support d'une activity
artisanale. On doit se souvenir que I'arti-
sanat reste souvent un moyen de
rapporter de I'argent aux femmes plus



































complique que d'autres choix comme le
traitement de la nourriture sur les
marches locaux.
3. Lorsqu'on pense a des activities genera-
trices de revenues pour les femmes, il ne
faut pas avoir peur de faire preuve de
creativity et d'imagination. Les femmes
peuvent exercer tous les metiers que font
les hommes, si on leur en assure la forma-
tion et le march de I'emploi!
4. Avant toute activity commercial, une
etude de march est une necessity
absolue.
5. II faut prendre garde a ne pas rompre les
liens avec les marches traditionnaux, qui
sont les marches ordinaires, quand on
recherche de nouveaux points de vente.
6. Les elements clefs d'un project r6ussi sont
une equipe motivee et competente, une
direction efficace, capable de prodiguer
les conseils necessaires, d'aider a la
diversification, de maintenir une ligne de
produit de quality et de surveiller le
march.


Lorsqu'on touche au domaine de I'arti-
sanat, la prudence est de rigueur. II peut etre
un'moyen d'assurer des revenues docents mais
peut aussi turner a I'exploit ation, alourdissant
davantage les charges que les femmes
doivent d6ja supporter et les privant de
I'opportunite de rehausser leur position econo-
mique et social.







Appendice


Sources d'information sur des programmes
d'artisanat regionaux et aides techniques.


Organizations regionales offrant
une aide technique:

Afrique:
African Training and Research Center for
Women (ATRCW)
United Nations Economic Commission for
Africa
B.P. 3001
Addis Ababa, Ethiopie
A I'attention de: Mary Tadesse
Asie:
Women's Programme Centre
ESCAP
U.N. Building
Rajdamnarn Avenue
Bangkok, Thailande
A I'attention de Daw Awe
All India Handicrafts Board
Government of India
Ramakrishna Puram
New Delhi, Inde
Amerique Latine
Women's Programme Unit
CEPAL
Castilla 179/D
Santiago, Chili
A I'attention de: Erma Garcia-Schfardet
Caraibes
Women in Developpement Unit
Extra Mural Centre
University of the West Indies
Pinelands
St. Michael, Les Barbades
A I'attention de: Peggy Antrobus
Women in Development
6 Bartletts
Christchurch, Les Barbades
A I'attention de: Lynn Allison
International
Organisation Internationale du Travail
CH 1211
Geneve 22, Suisse
Centre de Commerce International
CH 1211
Geneve 22, Suisse
World Crafts Council.
20 West 55th Street
New York, New York 10019 USA


Aide technique-Conseils

Consultants in Development
2130 P. Street, N.W.
Suite 803
Washington, D.C. 20037
A I'attention de Maryanne Dulansey
(Etudes de realisation, conseils, etude de
march et developpement de products;
services rendus contre remuneration.)

Documentation et Litterature

"Third World Producers' Guide to Alternative
Marketing." de David Dichter
Pour information, 6crire a:
David Dichter & Associates
9 Rue de Vermont
1202 Geneve, Suisse
"Notes on the International Workshop on
Alternative Marketing Organizations and
Third World Producers" (Septembre 3-8,
1976, Pays Bas)
Pour information, 6crire A:
Stichting Ontwikkelings Samenwerking
Kerkrade-Nederland
Holzstraat 19
Revues editees par Consultants In
Development (CID)
"Expanding the External Market for Third
World Crafts: The Role of Alternative
Marketing Organizations" (existe en Anglais,
Espagnol et Frangais).
"Formats to Evaluate The Feasibility of
Developing Small Industry Projects" (existe
en Anglais, Espagnol et Frangais).
"Craft Item Information Form" (existe en
Anglais, Espagnol et Frangais).
"Manuel, seminaire/atelier sur I'artisanat"
Toutes les publications du CID sont A vendre.
Dans certain cas, CID se reserve la
possibility d'echanger ces publications
contre des documents Equivalents, issues des
pays du tiers-monde.
Pour information, ecrire A:
Maryanne Dulansey
Consultants In Development
2130 P. Street, N.W.
Washington, D.C. 20037 USA.








Miseen page: John Cotterman
Typographie: Village Type and Graphics
Photo de Couverture: United Nations
Imprimeur: Graphic Impressions, Inc.
Traduction: Philippe Bette





Jasleen Dhamija est directrice du Departement des Petites Industries et de I'Arti-
sanat chez les Femmes Africaines, un organisme mis en place par I'Organisation
International du Travail et la Commission Economique Africaine des Nations Unis.
Sa carriere debuta en Inde il y a 26 ans, oi elle joua un role de pionnier dans le
developpement de I'artisanat et des industries rurales. Elle a egalement travaille en
Iran pendant 6 ans sur des activities rurales et non-agricoles et A L'universite Farabi
o~ elle participa au developpement, d'un programme sur les arts appliques et la
culture d'Asie. Elle s'interesse profondement au developpement rural et a I'art
populaire. Elle a ecrit de nombreux livres sur ces sujets.



























Nous attendons vos remarques, commentaires et idees de projects
a publier dans les prochains numerous de SEEDS. Si vous sou-
haitez recevoir des exemplaires supplementaires de ce numero ou
faire parties de nos abonnes, n'hesitez pas a nous ecrire. Envoyez
votre courier a:
Ann Leonard, editeur
SEEDS
P.O. Box 3923
Grand Central Station
New York, New York 10163 U.S.A.















































































































































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