Group Title: Florida letters of Achille Murat, 1822-1841
Title: Transcript of Letter
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 Material Information
Title: Transcript of Letter
Physical Description: Archival
Language: French
Creator: Murat, Achille
 Subjects
Subject: Murat, Achille, 1801-1847.   ( lcsh )
Spatial Coverage: North America -- United States of America -- Florida -- Leon -- Tallahassee
North America -- United States of America -- Florida -- Jefferson -- Monticello
 Record Information
Bibliographic ID: UF00086438
Volume ID: VID00002
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Full Text



S67

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Lipona 26 septembre 1828
Rep. 4 avril.




Mon cher ami, Je n'ai reu qu'avant hier votre aimable
lettre du 22 de Fevrier dernier, et je ne saurais voua dire le

plaisir qu'elle m'a caus. Torque je vous aurai donned mes raisons
pour avoir t si longtemps sans voua eorire vous verres que je
n'ai pas besoin d'exuusea. Deux moist aprs vous avoir corit je

tombai malade de la meme maladie que j'eus on Autriche et eus mes

mains paralises pendant 8 mois. il n'y a que tris peu de temps
que je commence a eorire et vous vous apercevrez peut etre que

mon ecriture n'a pas encore racquise toutte sa beauty accoutum.

Ma sante est pourtant a l'heure qu'il est entierement rtablie,
mais j'ai eu une bonne leon de ne plus quitter les climate chauds.
Je ne fis qu'entrevoir notre premiere livraison de l'his-

toire de Napoleon mon oncle la guardant avec une grande jalousie.
11 semble que la lettre de laquelle il vous parle l'avait offusqu

prodigieusement. et je vous en aurais earit dans le temps ai 'uee
mg ecrire. J'avais quite mon Onole en Octobre l est donc tout
simple qu'il ne parlat pas de moi dans sa lettre eachant que nous
correspondons directement. oepuis ce temps je n'ai plus rien su

de votre ouvrage ni de ses opinions a ce sujet car il est extreme-
ment laconique dans oes lettres.

Je n'ai pas reu non plus la revue trimestrielle don't

vous e. parlez. mais je lai ecria aujourd'hui de me l'envoyer. Un

journal amerlpain a parl de mes lettres fictives dans un stile
aigre doux et je uias tries curieux de les relire. Ses observations

cependant s'adressaient partioullerement a ma premiere et derniere

lettre. Je ne comprends donc pas ee que vous me dites qu'on a







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publie que la 2de et la Sme. Je m'attendais voir oes lettres
beaucoup plus critiques en Amerique qu'elles ne l'ont t juaqu'-
ici, par la raison que j'y dis la verit et que J'y prends un
parti. Or noua sommes extremeaent chatouilleux de oe que l'on dit
de nous en Europe et la moinire petite ombre quelque flatt que
eoit le reste du tableau est tout de suite releve. Je dois m'st-
tendre aussi que touted oeux qui aont d'un part different criti-
queront mes vues. Le journal qui en a parl n'a pas devin l'au-
teur ar il dit qu'il faut qu'il aie demeur de longues annes
en Amerique pour obtenir une connaassance aussi intime eot, dea
usages et de la politique du pays. Or je n'avais t que 2 l/2ans
ioi lorsque j'eorivis oes lettres. Je ne orois pas que je serai
en etat de lea continuor de longtemps ayant a present une grande
quantit d'oocupatione qui en aouffriralent. La note que vous me
mandea Mr.Hughes a mise a Mr.Crawfour, me fait grand plaiair ai

elle est en aa faveur. Dans la chaleur de l'eleation on ne lui
rendit pas justice et l'opinion publique est entierement ohange
sur lui. Je suis personnellement convainou que je m'etais tromp
sur son caractere et aime a lui rendre cette justice.
atant priv de l'ueage de mains et n'ayant rien a fire
je me mie a etudier le droit et 5 mois aprs en avoir ouvert le
premier livre de lois je fie mon apparence au bareau dans un oas
trash embrouill o je fia un long plaidoyer. Depuis ce temps j'ai
continue de faon que ja suis tout de bon un membre du bureau

poignant la profession de oounsellor at law a mon metier de planter.
L'etude du droit est extremement agreable pour moi et la pratique
l'est bien davantage. D'ailleurs j'en tire ou pour mieux dire

j'espere en tirer un revenue. A l'exocption de 3 autres avocats








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tout le reete (et nos enn avons 28 a la court superieure) sont an

tas d'animaux a anger du foin. I1 y en a 3 ou 4 qui oitent ton-
jours des authority en faveur de 1'adverce parties, vous sentes que

je ne perds pas une occasion de me moqueer d'eux, de les remercier
de leur obligeanoe, de repeter leur arqguent en I'arangeant, de


les ontrafaire, eto., on ~eoeral le jury est mia en belle humeur

le juge est tenu esvalll et except quaint lee faits sot trop pal-
pables je gains ma cause. J'ai pour la, court proohaine dependent
une question conetitutionelle de grand interest que je compte trai-
ter serieusement. Je vous erirral peut etre une lettre fictive sur

la oaunn lavi, qui eat certainement un magnifique aiateme, de rai-

son applique aux besoins pratiques de la souiete. C'ast tout dif-
feront et en general tout le contruire du droit remain. et tout
juriconsulte que vous etea vou s ne comprendries rien a une action

of dasumst ou .r. .. =ur ir .-: r ou a un rooes depule

durreir n ontionancel n .. et anO outre que le
aisteme est extremement embrouille la jargon don't on fait usage

est la plus comique melange de latin maoaronique, de Normand et
de vieux anglais. J'ai la depuis ma maladie quelque ceut volumes

de oe genre et le orolzrie vousc avec plaisirl' Je oompte oet
hiver eOttre ma plantation dans les mains d'un de me beaux fares
et m'adonner snt rzrment au bureau. 'Eayant pas de theatre ouvert
an Floride j'irai probablment reside a la Nouvelle Orleans o
j'espoere tre a ome de ame fire un revenue do cette maniera.

Yoau me diltes qau depuis que voue avez quitt l'Autriche
voua derlvez votre revenue prinoipallementa e votre pllume: 'est

cO que je tache de fire dane os moment. J'ai encouru quelques








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defenses pour accroitre ma plantation que tout mon revenue de ce
cote suffira a peine a payer mais loin de me desourager. je tache

de me retourner de quelque autre cot, de fire face aux depenses
de mon manage. Je ne me suis jamais trouve si gn qu'a present.

mais cela ne fait que redouble mon activity et mon courage. Le
mois pass J'ai eorit un article sur l'arme des E.V. qui sera
imprim en Decembre dana la American quarterly review de Mr.ealsh,
qui paye s dol. par page. J'ai -plua serit une brochure politique
sur le tariff qui est a pour but une question qui agite toutte
l'Union, on l'imprime a present a Charleston oi 'esppere qu'elle
se vendra bien. Je viens de commencer un roman. non pas historique
car ioi ce n'est pas conas de votre cote de l'ocean, nous avons
tant de positif en touttes hoses que l'on Leor.er.er.. a on e.tre
fatig~u on veut maintenant de l'imagination. prinoipalement des
peintures &e moeurs et de maniere.s dans le genre de W.Scott et
de Cooper. Je vals tenter la carrier, non pas pour la posterity
mais pour le libraire. J'ignore ai je reuasirai. Voue devez voir
d'aprs tout oe que je vous dia que je ne aais pas oisif. Je passe
touttea les matines a eodire et les aprs rmdi a lire des livres
legers tells que Munfort's reports, ran ot eot, et mes loi-
sirs aont emploies par les journaux. les revues et autres ouvragea
de literature. je passe mon temps cependant d'une maniera trs

agreable dans ce cercle regulier d'occupations qui n'est derang
qu'occasionellement par des visits de voiainage. la court, les
revues de mon regiment. les election esot.
Je au s depuis 6 mois a peu prs devenu oitoyen amerl-
cain en plein os qui me rena le sejour du pays enoor plus agreable
qu'auparavant. VYo observations sur les evenements en gurope me








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semblent fort justes. Je ne orois pas en voir la fin et quant a
ime enfants... je crains d'avoir oasse touts les oeufs. Il me semble
bien diffilile pourtant que toautes ces affaires de Turquie et de
* ..rt'al puissent s'arranger sans une guerre general qui certaine-
ment aurait des consequences politiques trs importantes. Le sis-
teme liberal parait l'emporter completement en France. du moins

pour le moment. Ce n'est peut etre qu'une oscillation de la bascule

politique, mais 11 me semble oependant qu'a haOcun de osa flux et
reflux oe vieux debris de la contre revolution est repouass plus
loin sur le rivage et qu'a la fin la nation le rejettera complete-

ment par l'effet natural des evenements et du temps et sans auoune
convulsion extraordinaire. Tout e'embrouille dans l'Amerique du
Sud t een Irlande qu'en sara-t-ilt Ious vivons certainement dans
ua drole de sicle.- Continues a me donner des nouvelles de vote
ruille. J'y prends le plus grand intert. J'espere que vous etes

reuni a present a Mad. Th. a qui je vous prie de fare mes bien

slnceres amitis rappeles moi au souvenir d'Adolphe. J'ai reu
avant hier une lettre de Lucien qui est gros et eras vivant ohez
mon Oncle aprs avoir gaspille ou perdu les 3/4 de sa fortune. Il

ne fait rien du tout que l'ebatre parmilea plaisirs de Philadelphie.
Il vous a oonserve beaucoup d'attachement et m'aurait certainement
charge de voue l'exprimer de sa part s'il avait pravu quej e voue
ecrirais. Ma femme se porte bien. Je continue d'etre trs heureux

avec elle. maie..... elle ne multiple pas et je suis charm d'ap-
prendre que vous ne pensiez pas que ce soit ma faute.

C'est une fete pour moi que de vuus serire tout oe raba-

chage qui certainement a bien peu d'interet pour vous ou pour tout
autre mais vous ne sauriez croire le plaisir que j'y trouve. Cela








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me rappelle l'ancien temps. et en verit il est si rare de trouper

dans la vie quelquun aveo qui nos sentiments vues prinoipes ect.

agreent presque pastaitement qu'il est tout natural que lorqiue
oe quelquan se troupe on n'aiie pas a s'en separer. je songe

quelquefois au plaisir que j'aurais de vous revoir. C'est presque

un songe mais enfin l peut ee realiser. Il se peut que j'aille
dans un ou deux ans en Angleterre pour soigner des interest d'ar-

gent. et al je pouvaia alors vous aller fire uns uourte visit

cela me serait en verit delloleux. Presented mee compliments a

Mr.Hugheas remerciez le de sa politesse pour mol et dites lui que

J'ai doinn ordre a Charleeton de lui envoyer une copie ed mon pam-

flot sur le tariff., vous lise l'anglais vous le pourrez voir.

Jo vous esrirai plus souveot a l'avenir. Adieu je vous em-

brasse bien tendrement.

Achille Murat.


. M




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