• TABLE OF CONTENTS
HIDE
 Front Cover
 Foreword
 Table of Contents
 Qu'est ce qu'un moulin?
 Les moulins du Nouveau-Monde
 Les machines a broyer
 Les mecanisme broyeur
 Les moulins a eau
 Les moulins a vent
 L'aternative & L'enseignement des...
 Les plus anciens moulins connus...
 Remerciements
 ARAM, Fondation du patrioine,...
 CARTE des moulins en Martiniqu...
 Back Cover














Title: Moulins de la Martinique
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00083215/00001
 Material Information
Title: Moulins de la Martinique
Series Title: Moulins de la Martinique.
Physical Description: 29 p. : col. ill. , col. map ; 21 cm.
Language: French
Publisher: L'Association Re´gionale des Amis des Moulins de Martinique
L'Association Régionale des Amis des Moulins de Martinique
Place of Publication: Martinique
Publication Date: 2003?
 Subjects
Subject: Factories -- Martinique   ( lcsh )
Description and travel -- Martinique   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Martinique
 Notes
General Note: Cover title.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00083215
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 61103811

Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover 1
        Front Cover 2
    Foreword
        Page 1
        Page 2
        Page 3
        Page 4
    Table of Contents
        Page 5
    Qu'est ce qu'un moulin?
        Page 6
    Les moulins du Nouveau-Monde
        Page 7
        Page 8
    Les machines a broyer
        Page 9
        Page 10
        Page 11
    Les mecanisme broyeur
        Page 12
        Page 13
        Page 14
    Les moulins a eau
        Page 15
        Page 16
        Page 17
        Page 18
    Les moulins a vent
        Page 19
        Page 20
        Page 21
        Page 22
        Page 23
    L'aternative & L'enseignement des moulins
        Page 24
    Les plus anciens moulins connus a la Martinique & Lexique
        Page 25
    Remerciements
        Page 26
    ARAM, Fondation du patrioine, FDMF
        Page 27
    CARTE des moulins en Martinique
        Page 28
        Page 29
    Back Cover
        Page 30
Full Text
UL


I AI(P it


Al S Jt r ;u( t i dA


a Martinrq


OC *


ptl c ikiu( a











Le grand d6fi de notre temps est la mattrise de I'6nergie et la conquite des energies renou-
velables.

N'est-il pas tres 6mouvant et passionnant, en se plongeant dans le passe, de r6apprendre
comment les anciens ont su, le plus souvent dans la penurie total, deployer des tresors d'in-
g6niosit6 pour chapter des energies naturelles et les transformer en energie mecanique.

L'Histoire nous fait 16 un joli pied de nez qui est plein d'enseignement sur la t6nacit6, I'inventi-
vit6 des hommes. Ce que nous avions cru obsolete et d6pass6 est 6 la source des technologies
de remain.

C'est 6 ce jeu pedagogique que nous invite I'ARAM, association de defense et de promotion
de cet 6tonnant patrimoine. Elle nous incite 6 le d6couvrir ou le red6couvrir, le sauver, le res-
taurer, I'animer pour en tirer tous les enseignements.

Le Conseil General s'est associ6 d'emblee a cette demarche, don't il peut fournir des examples
et encourager des initiatives d'insertion et d'economie social autour de projects de r6habili-
tation et d'animation qui permettraient la creation d'un circuit historique et touristique sur ce
theme.

L'ARAM a pu reunir comp6tences, enthousiasmes et moyens pour faire connaTtre par cette
brochure I'existence de nos richesses et susciter des projects.

Faisons le voeu que la population, reconcili6e avec son Histoire, participera activement 6 ce
programme cr6ateur de nombreuses activities.



Yves-Andr6 JOSEPH
Conseiller Gen6ral de Fort-de-France
President de la commission de I'Environnement et des Risques Majeurs.


Anse Latouche









En juillet 2003, I'ARAM est venue s'ajouter au paysage associatif local, avec une
vocation premiere : la rehabilitation de ces curieuses machines que sont nos vieux
moulins 6 eau, 6 vent et 6 b6tes. Avec eux, c'est tout un pan de notre histoire qui s'ouvre
6 nous, celle de la p6riode pr6-industrielle des Antilles et de la Guyane, don't les restes
les plus 6mouvants datent de la fin du 196m" si6cle.

Ancr6s 6 notre v6cu historique, nous avons voulu nous longer dans cette histoire, pour
Sredecouvrir ce qui nous appartient et constitute notre patrimoine bati. Et meme s'il ne
reste plus autant de moulins qui peuplent notre paysage comme jadis, ceux qui restent m6ritent tout notre
int6r6t, car ils recelent le savoir-faire et I'extraordinaire ing6niosit6 de nos ancatres qui ont su les adapter
au context local. Partie int6grante du paysage, les moulins le ponctuent au gr6 des opportunities 6olien-
nes, hydrauliques et pastorales des plantations. Ils captent le regard ou se laissent deviner, en incitant 6
la lecture de notre environnement.
Ils garden en eux la m6moire de leur travail, et 6 ce titre, il apparait important de conserver les t6moins
d'une telle 6poque, afin de les restituer aux g6n6rations futures.

A ce jour nous avons d6compte plus de 65 moulins sur les routes de Martinique; la liste pr6sent6e ici est
6videmment incomplete, et nous comptons sur vous tous pour signaler I'existence des nombreux moulins
cach6s dans la nature. De nombreux quarters de la Martinique portent le nom de < quand bien m6me il n'en reste plus de trace. Le terme de < a ainsi d6pass6 le simple m6canisme
et la b6tisse elle-meme, pour englober la dimension socio-6conomique, celle d'une organisation de la
production du sucre, don't le moulin, un temps, fut la piece maitresse.

Tourn6e r6solument vers I'avenir, la demarche de I'association ne s'arrete pas 16 : la rehabilitation, la
restauration des moulins passent par la volont6 de les int6grer dans un circuit touristique 6volutif, dans
le cadre d'une >.
C'est pour cette raison que la restauration des moulins doit 8tre comprise dans un project d'animation. Ici
I'imagination est de mise, et les propri6taires peuvent y voir 16 une heureuse opportunity Bconomique.
Nous sommes 6 leur disposition pour leur faire profiter de nombreux avantages, tant sur le plan techni-
que que financier.

Voil6 pr6sent6 le credo de I'Association R6gionale des Amis des Moulins de la Martinique I
Pour le faire partager, nous avons 6dit6 cette brochure en quinze mille exemplaires, aimablement sou-
tenus dans notre demarche par le minister de la Culture (DRAC), le Conseil G6n6ral (Commission de
I'Environnement), I'Union EuropBenne (DIREN) et la Fondation du Patrimoine.

Nicaise JEAN-BAPTISTE
Pr6sidente de I'Association des Amis des Moulins de la Martinique 4







dll faut sauver notre sucre !>, c'6tait le slogan des ann6es soixante-dix, lorsque la guerre des
deux sucres 6tait au moment d'etre perdue par le sucre de canne du moins le n6tre. < II faut sau-
ver notre banane >), actuelle incantation, face aux exigences de I'Europe, aggrav6es de celles
de I'Organisation Mondiale du Commerce.

La fragility des deux activities 6conomiques 6voqu6es, tient dans le handicap structure perma-
nent quest I'eloignement de notre centre d'int6r6t 6conomique. Vendre du sucre, commercialiser
de la banane 6 si grande distance de notre lieu de production nous met en affrontement cons-
tant avec d'incontournables interm6diaires, don't ceux des ports d'embarquement et de d6bar-
quement... Si notre production n'est pas soutenue, nous voila en grand danger de perdre.

D'ob la recherche d'une activity 6conomique qui nous 6vite le besoin de traverse de I'Atlanti-
que, d'entreposage et de lieux de vente a I'exterieur; d'une activity qui nous fasse vendre loca-
lement. C'est, en some, designer I'activit6 touristique, en ce que le tourist vient consommer 6
notre domicile. Ce que nous avons 6 lui vendre, c'est lui qui vient le chercher. La question, d6s
lors, est: comment I'attirer, ce tourist, et faire de lui un promoter de notre Martinique ?

Longtemps, le Tourisme fut consid6r6 comme vente de plages, de soleil, de mer; peu original
en v6rit6, car beaucoup d'Tles peuvent se flatter d'avoir plages, soleil, mer, tourism ludique...
porteur de d6pravations de toute nature, compliqu6 d'humiliation de I'individu, de mepris pour
le people concern, il faut 6radiquer ce tourisme-lb. Et rallier cet autre qui est quite de la culture
de I'Autre, qu6te d'autres manieres de vivre, de produire, de penser... bref, de connaTtre I'6volu-
tion d'un pays, d'une soci6t6, de ses moeurs, de sa facon d'affronter et de vaincre les obstacles
naturels. Cette quete, il la faut satisfaire.

C'est ce cr6neau que, me semble-t-il, servent les pages consacrees aux Moulins de la Martini-
que, judicieuse initiative de I'Association R6gionale des Amis des Moulins de la Martinique.

C'est panache que de dire que la Martinique fut une soci6t6 de plantation don't le d6fricheur fut
I'esclave. Tout ce qui dit ses conditions de vie et celles de ses maitres, m6rite d'etre connu, d'etre
rappel6 au Martiniquais lui-m&me, 6 travers des muses de la canne, ou du rhum, ob I'enfant de
notre soci6t6 de consommation d6couvre son pass qui parle par des objets, des articles, des
maquettes. Or, cela doit 6tre pr6sent6 au visiteur ext6rieur aussi : il verra chez nous ce qu'il n'a
pas chez lui, ou pas tout 6 fait, et qui cr6e notre difference et notre attrait.

L'esclave fut le producteur. Son maTtre recherchait de produire toujours plus, ce plus sollicitant
le g6nie cr6atif de I'homme, comme sa faculty d'adaptation 6 1'6volution de la technologies.
Ce moulin que I'on apercoit encore 6 la Martinique, au detours d'un chemin, et qui vaut d'etre
entretenu, raconte ce g6nie, dit cette faculty d'adaptation : moulin actionn6 par 1'6nergie mus-





De... vLe ll tdeh4*vel C&^to'tj&1A

culaire de I'esclave, pas assez productif ; alors supplant par le moulin actionn6 par I'energie
musculaire des bites, mais celles-ci difficiles 6 mettre et maintenir en forme ; alors remplace,
par le moulin actionn6 par les energies renouvelables, soit done, par le vent element capricieux
de la nature, puis par I'eau qui exige tout un circuit de conduite, chaque 6nergie charriant des
inconv6nients qui requierent la capacity de I'homme 6 contourner ou vaincre I'obstacle.

Puis le visiteur apprendra I'6tape ultime du mode de production que fut le moulin <6 energie non
renouvelable.... rien d'autre que la machine 6 vapeur. L'6parpillement sur I'ensemble du territoi-
re des moulins 6 6nergie musculaire, ou renouvelable, 6parpillait du meme coup les travailleurs.
Le moulin 6 vapeur, en concentrant sur 16 usines les ouvriers de 700 ~csucreries>, s'accompagna
d'une vraie revolution, et profonde. II favorisa I'organisation, lente mais irreversible, tout simple-
ment du monde du travail. II facility que les travailleurs, du fait de leur nombre affich6, prennent
conscience de leur force, et partant, de leur capacity 6 revendiquer. Ainsi, de ce moyen nou-
veau de production est sortie la conscience de classes, ph6nomene d'importance autant que la
classes ouvriere n'existe objectivement, n'agit de concert que lorsqu'elle a conscience d'etre. Et
ce n'est pas anecdote que de constater que, mis en march en d6but d'ann6e pour la r6colte, ce
moulin 6 6nergie non renouvelable a connu bien des conflicts sociaux en d6but d'ann6e, d6but
de r6colte. A commencer par la primordiale contestation massive aboutissant 6 la fusillade du
Francois de f6vrier 1900...

Ainsi raconte le moulin, 6 measure de son evolution technologique. Certes, c'est une construction
que tout batisseur est enclin 6 scruter, 6 6tudier pour tirer advantage de I'exp6rience des pr6d6-
cesseurs. Mais c'est plus encore : il est une construction comptant parmi les t6moins, voire les
acteurs, de notre Histoire. Histoire singuliere que nous voulons tous connaltre, pour la mieux
restituer 6 celles et ceux que nous souhaitons attirer chez nous, en quate de notre parcours
d'homme.

Les Moulins de la Martinique, de I'Association Regionale des Amis de la Martinique, un bel
element de notre puzzle touristique.

'yurr F~LI C3~C$0*1 A~~3 auataed


Roue de L'Habitation Leiritz















Grand R6duit au Morne Rouge


Qu'est ce qu'un moulin? 6
Les moulins du Nouveau-Monde 7

Les machines 6 broyer 9
* Le moulin 6 eau
* Le moulin 6 vent
Le mecanisme broyeur 12
* Pas de moulin sans roue
* Mouvement du broyeur
* Mouvement des moteurs

O m4VLautd&Cea," 15
* Les roues
* Les roues
* Les roues dites < * Les roues <

oe kn4"i& 1& 4 oe4 19
* Le valeureux Don Quichotte
* Les mat6riaux des moulins
* Les ailes

Alternative 24
L'enseignement des moulins 24

Les plus anciens moulins
connus 6 la Martinique 25
Lexique 25
Remerciements 26

ARAM 27
Fondation du Patrimoine 27
FDMF 27

CARTE des moulins en Martinique 28


Anse Ceron






r Qu'est ce qu'un




En parcourant notre Tie, on peut itre 6tonn6 par des
constructions en former de tours assez curieuses. II s'agit
16 de ruines de moulins 6 vent, qui, jadis peuplaient la
region entire. Ils 6taient construits en pierres du pays
et assembles au mortier de chaux. Quolques-uns exis-
tent encore, en bon 6tat. D'autres ont 6t6 transforms
en tables, en citernes et, malheureusement, beaucoup
ont 6t6 abandonn6s et meme d6truits.


Un moulin est une machine 6 moudre, piler, pulv6riser
ou broyer certaines matiures pour en exprimer la farine
ou Ie suc.

Par extension, le mot d6signe edificee 6 I'int6rieur du-
quel la machine est installee et le moteur qui I'actionne.
Le but recherch6 est le rendement : obtenir le plus de
mati6re moulue ou press6e du mat6riau d'origine avec
le moins de d6chet possible on choisissant au mieux
I'6nergie utilis6e.

On construit les moulins en function de ce que I'on veut
6craser ou broyer, ensuite de I'endroit oa I'on veut le
fair at par consequent de I'6nergie disponible, enfin
des mat6riaux utilis6s. A partir de ces trois critires, le
g6nie inventif de I'homme a concu plusieurs machines et
divers moteurs.

Le moulin deviant machine et non plus simple outil,
lorsqu'il n'est plus dans le prolongement de la main de
I'homme, lorsqu'il n'est plus actionn6 par le bras ou le
pied mais par un moteur. A ce moment, son movement
est ind6pendant de la presence de I'ouvrier qui n'est plus
16 que pour le contr6ler.





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*3.Ii I.


* -~4 -


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SLes moulins du Nouveau-Monde


Au debut de la colonisation, les colons qui s'installent sur le littoral ca-
raTbe se pr6occupent d'assurer leur survive en cultivant le manioc et de
produire des plants susceptibles d'etre vendues en Europe: le tabac
appel4 p6tun, le coton, le gingembre, le roucou et I'indigo. Dans le
cas du manioc, du coton et du p6tun qui doivent stre transforms avant
utilisation, la necessit4 d'une machine s'impose rapidement.
Tres t6t, les cases 6 manioc ou grageries sont 6quipees d'un amoulin
6 grager pour transformer les tubercules en farine, les cases 6 cotton
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Rouet 6 torquer le taboc (p6tun) : la force
de I'homme est transmise par une simple
poignee.


d'un cimoulin 6 6grainer et les cases 6 p6tun d'un ~rouet 6 torquer*
(rouler en corde) les feuilles de tabac. Dans les trois cas, la machine
est concue suivant le principle du moulin, c'est-a-dire d'une roue agis-
sant sur la matibre et mue par une force exterieure.
La culture du tabac et celle du coton sont abandonnees d6s le 18"me
siecle, et avec elles ant disparu les moulins 6 Bgrainer et 6 torquer,
mais il existe encore, perdus sur quelques habitations retires, des
moulins 6 manioc en bois, identiques 6 ceux du 186"" siecle.


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Le manioc r6siste jusqu'b I'avenement du pain. De nombreuses habitations, qui produisaient de la
j.i. \ farine de manioc et de la cassave pour alimenter I'ile entire, s'6quipent dans ce but de moulins 6
grager plus important, actionn6s par la roue du moulin 6 canne, elle-mgme mue par I'eau.
Quant 6 I'indigo, il a connu I'abandon au d6but du 18"m siecle et les moulins 6 bras et 6 bates
qui servaient 6 le preparer ont disparu. A la fin du 19"" siecle cependant, A.J. Thierry directeur
Sdu Jardin Botanique, en relanca la culture et install des moulins mOs par une roue hydraulique,
en particulier 6 Grand'RiviBre.


I t. IL.: % O S Des le debut do
la colonisation,
S ' bien avant 1654,
... on avaio commen-
-- ce a foaire un peu
de vin de conne a
to Martinique.
S 9 A cette epoque,
on ecrosait les
connes pour en
extraire le vesou
(le lus) a I'ode
de deux rouleaux broyeurs en bois entraoins par une roue a bras
d home On appelait cet outil, derive de tola calondre 6 tissus des
Europdens, un abric a-brac..








I., :- -
. .





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l .ul:r, a ,. d~g, .,, ec,,- .naI, hr ul -3 9 r or gitateur 6 manivelle, et 6 droite, un gmanbge actionnant un moulin a meules












a royer

Si le moulin 6 manioc, et meme le moulin 6 indigo,
d'abord actionn6s par I'homme, sont devenus une ma-
chine entrain6e par I'eau, c'est que le sucre est venu s'im-
poser comme production dominant de la Martinique et
y a transform la technologies.
D'apres les historians, le m6canisme 6 broyer la canne
aurait 6t6 mis au point en Am6rique 6 partir d'un mou-
lin 6 egrener le cotton, connu en Espagne depuis bien
longtemps. Son adaptation au broyage de la canne fut
r6alis6e par les Espagnols puis les Portugais, des le d6-
but du 16 me sidcle.
Au depart, il ne poss6dait que deux rouleaux verticaux, 1
mais tr6s vite on lui en a ajout6 un troisi6me, toujours
en bois. On peut consid6rer que les moulins 6 broyer la
canne sont une creation du Nouveau Monde, une tech- .'
nologie veritablement creolee>.
Le moulin 6 bites 6 trois rouleaux verticaux aurait 6te in-
troduit vers 1640 dans I'Tle de Saint-Christophe (St Kitts
aujourd'hui), colonie m6re de la Martinique.
La force d'entrainement des rouleaux 6tait obtenue sui-
vant le principle du moulin 6 manage (moulin a betes),
utilis6 dans le Vieux Monde depuis des siecles pour mou-
dre le grain ou 6craser le raisin et les olives.
D6s 1654, le broyeur 6 trois cylindres verticaux s'impose
dans toutes les sucreries de la Martinique.
Des cette 6poque, il utilise trois moteurs (aussi appeles
moulins) au choix: le moteur animal, le moteur hydrauli-
que et le moteur eolien.
Comme pour toutes les machines, le choix du type et
celui de la localisation ont toujours 6et enti6rement d6- ..'-'
pendants de I'6nergie m6canique disponible dans le
but d'obtenir le meilleur rendement et la meilleure ren- Moulin a bees reconstitution (Vol d or). -
tabilit6 possibles. Le m6canisme broyeur 6tant toujours
identique, c'est done le moteur qui caracterise le type
du moulin. 91





De la force animal 6 I'6nergie naturelle: Le moulin a eau


Le movement d'un courant ou celui d'une chute d'eau ont 6t6 les
premieres formes d'6nergies m6caniques. La force naturelle de I'eau
pr6sente de multiples avantages : renouvelable, stockable, ne con-
sommant ni herbage ni grain, d6nu6e de I'irr6gularit6 capricieuse du
vent.
Pour les moulins 6 betes, comme il n'y avait en Am6rique aucun animal
susceptible de fournir une traction suffisante, les Europ6ens introduisi-
rent et acclimat6rent des bceufs, des mulets et des chevaux de I'Ancien
Monde.
Les moulins 6 canne mus par des b6tes sont ainsi les plus anciens et
ont 6t6 les plus r6pandus, m6me apres I'installation des machines 6
vapeur.
Mais actionner un moulin avec des b6tes supposait d'l6ever et nour-
rir des animaux. Les maigres p6turages naturels et la s6cheresse du
car6me faisaient que les troupeaux de la Martinique ne pouvaient ni
s'accroitre ni m&me se conserver. De plus il fallait sans cesse importer
du continent am6ricain des betes de some. Ces achats se payaient
cher et, sur le moyen terme, le moulin 6 b6tes 6tait une machine coO-
teuse.

C'est d'abord pour reduire cette depense et accroffre la rentabilite
de la sucrerie que I'on s'est tournd vers des forces matrices naturel-
les : on dirait oujourd'hui des energies renouvelables.

C'est pourquoi, 6 partir de 1654 et jusqu'b I'introduction de la machi-
ne 6 vapeur et de sa chaudiere 6 carbon, on a principalement utilis6
6 la Martinique les energies naturelles : I'eau des rivieres et le vent.
Mais la nature dicte ses conditions : Le volume et la vitesse de I'eau
qui forment le d6bit d'une rivibre ne sont jamais constants; le vent ne
souffle ni en permanence ni 6 la m6me vitesse.
On y r6pondra en cr6ant et en adaptant sans cesse des m6canismes.
..: :,- .



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319,291


F


1654. Moulin hydraulique (6 gauche), et moulin 6 betes (au fond).

En 1654, des protestants et des juifs hollandais, chassis du Br6sil par
les Portugais, se r6fugient 6 la Martinique. Ils apportent avec eux la
technique du moulin 6 eau, mise au point depuis un siecle par les Por-
tugais dans leur colonie am6ricaine. Connu des civilisations m6diterra-
neennes depuis un mill6naire, le moteur hydraulique que les Portugais
ont adapt au moulin 6 canne est sans doute d'origine musulmane,
les Arabes ayant laisse de nombreux moulins en Espagne apres leur
expulsion. Quant aux Hollandais, il faut se souvenir qu'ils sont rests
sous domination espagnole jusqu'en 1581, et qu'ils ont r6cup6r6 tout
I'h6ritage technique de leurs anciens mattres.
Les premieres roues hydrauliques furent construites 6 Saint-Pierre, en
petit nombre 6 c6t6 des moulins 6 boeufs: les nouveaux moulins coO-
taient dix fois plus cher que les anciens.
Le batiment du moulin 6 eau, la case 6 moulino, est en soi une cons-
truction plus simple que la tour du moulin 6 vent, mais pour pallier
I'irr6gularit6 des d6bits, la derivation de I'eau des rivieres exige la
construction d'un circuit hydraulique complex : digue, canal, bassins
de regulation, vannes. Ce sont de v6ritables ouvrages d'art. Mais un
moulin 6 eau produisait deux fois plus de jus de canne qu'un moulin
6 b6tes. La construction d'un moulin hydraulique sur une habitation a
done presque toujours entrainm la disparition du moulin 6 b6te pr6c6-
demment install.
En 1730 on comptait 128 moulins 6 eau dans I'Tle, en 1820 on en
recensait 178. En 1880, ils repr6sentaient encore 45 % de I'ensemble
des moulins.






Le moulin a vent r6pandu dans les grandes planes de I'Europe du Nord qui offraient
de parfaites conditions de fonctionnement.
,. L'utilisation du vent comme force motrice libere des contraintes de
construction lies a I'usage de I'6nergie hydraulique, mais elle est
beaucoup plus dependante des variables naturelles. En effet, pour
presenter leurs ailes au vent, les moulins doivent 6tre orientables: on
faisait donc pivoter le toit qui portait I'axe des ailes sur une couronne
r '~ de bois, 6 I'aide d'une longue perche. En outre, il fallait regler la voi-
i1/ t Alartrumu. lure des ailes en function de la force du vent et s'arrater lorsqu'il ne
Aou:_q Fort, Prl re soufflait plus.
RAdz Bate.rn, et Bien que moins coOteux 6 construire, le moulin 6 vent pr6sente moins
kAabmuaasi ca, d'avantages que le moulin 6 eau, en particulier 6 cause de l'irr6gu-
larit6 de sa force motrice. Aussi n'a-t-on choisi le premier que lorsque
SI'hydrographie ne permettait pas d'alimenter correctement une roue.
Les tours en magonnerie se situent toujours sur un morne, rarement en
terrain plat, sauf lorsque I'exposition aux aliz6s s'y pr4te (Sigy et Mal-
levault au Vauclin, Les Anglais 6 Ste Anne).
S.Cependant, a la Martinique, le moulin a vent n'a jamais supplanted le
moulin 6 betes qui est souvent rest en service a c6te de lui. On croit
S<'A OtF g6n6ralement qu'il y en a eu peu, alors que I'Administration en recen-
sait encore 27 en 1840, et que I'on en a construit jusqu'aprbs 1875,
IB i parfois en bois, ainsi 6 Baie des Anglais (Sainte-Anne) et 6 L'Avenir
', "" l I (Saint-Esprit).



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Le moulin de Pierre L'Hermitte. Sur cette gravure de 1667, le premier moulin a vent
de la Martinique apparait au Morne des Cadets. (1667)
En 1654, les r6fugies du Br6sil apportent aussi 6 la Martinique la tech-
nique du moulin a vent que les Hollandais avaient introduite au Bresil, .
depuis 1624. C'est ainsi que Pierre I'Hermitte, protestant allemand et
ancien colon du Br6sil, construit le premier moulin 6 vent, 6 c6t6 d'un
moulin 6 manage, sur son habitation du Morne des Cadets. ,. ,,"
Comme le moulin 6 eau creole, le moulin 6 vent tire son origine des
civilisations de la M6diterranbe. Les Crois6s en avaient arrach6 la
science aux musulmans de Terre Sainte au 13"" siecle et I'avaient













royeur


-F-




L'animal sait se servir d'un instrument, mais I'homme seul a appris 6
confectionner des outils : le mortier et le pilon africains, la grage 6
manioc am6rindienne, la serpe et le coutelas europ6ens sont tous des
outils.

Un outil, un micanisme, un moteur
Lorsque I'outil est compose de plusieurs pieces travaillant ensemble
et souvent assemblies, on parole de m6canisme: le moulin 6 bras et le
m6tier 6 tisser sont des m6canismes.
Ce n'est que lorsqu'un moteur met en movement le m6canisme pour
assurer un travail qu'on parole de machine ; il faut alors placer, entire
la force fournie par I'6nergie et I'outil assurant le travail, un dispositif
d'entrainement ou de transmission.


---- -I
-.. ---- -- --





Merci, monsieur Archimede...
Le levier est un multiplicateur de I'effort initial permettant un travail
sup6rieur, au-dela du point d'appui; on peut done d6finir la roue mo-
trice comme un levier a bras pivotant sur 360 autour d'un axe. C'est
le cas d'une roue 6 poignee ou 6 manivelle : la force appliquee par
les bras d6crit un cercle complete autour de I'essieu ou arbre.

Pas de moulin sans roue
Le movement circulaire est tout 6 la fois le moteur et I'action du mou-
lin. Dans tout moulin, quel qu'il soit, il y a d'abord et avant tout une
roue et un movement circulaire.
La roue et le syst6me d'interaction de roues qu'on appelle engrenage
sont la condition technique qui rend possible la transformation de la
force de l'6nergie en travail d'6crasement ou de broyage.

II suffit de...
Une fois cr66s les outils qui accomplissent le travail (les rouleaux
broyeurs), il a suffit de combiner des dispositifs m6caniques 616men-
taires pour construire une machine capable d'extraire le jus de la
canne 6 sucre, de grager du manioc ou de d6cortiquer du cafe.
Les changements operas ensuite sont lis :
- Au choix de la source d'energie
- A I'introduction de materiaux nouveaux.

Movement du broyour
Les moulins 6 canne comportent trois rouleaux mobiles maintenus
c6te 6 c6te par un chassis fixe.
Le rouleau menant recoit le movement de I'arbre moteur et
le transmet aux deux rouleaux menes par un engrenage de
roues dent6es appelees h6rissons.


CHASSIS DUN O L I A SICtE
FsH Jnle d', Ch,,,,,
LrandiRtou e-ra.,nd Tis, to Co Le, I'm,
)cut, Ianho,. H Morn',,,, des enwaa.a
7aI.le d. CA- bn1M DmhI a -e
Pote.~,,r et,, Ciasa., II if Dnt fll 'r. au~


Le h6risson du rouleau central s'engrene dans ceux des deux rouleaux
lateraux, et les fait turner en movement inverse.
La canne est introduite entire les deux premiers rouleaux puis r6intro-
duite entire les deux derniers pour parfaire I'extraction du jus. Elle est
ecrasBe et le jus sucre ou vesou est ainsi s6par6 de la fibre ou ba-
gasse. Le vesou tombe sur la table du moulin et coule par gravity vers
une gouttiere puis une conduite qui le dirige vers la sucrerie.

Woulo, woulo, woulo
Les trois rouleaux en bois portaient chacun un nom, ce que les chroni-
queurs francais ne nous ont pas rapport, mais que nous savons par
la tradition des Antilles anglophones : le cylindre central s'appelait
gne, puis, beaucoup plus tard, horizontalement en triangle.





Mouvement des moteurs
Le movement de rotation est transmis par des axes et par des engre-
nages jusqu'aux rouleaux broyeurs.
Entre les ailes ou la roue 6 aubes et les rouleaux broyeurs, il y a dou-
ble transformation du movement par un engrenage dit 6 I'6poque
ba lanternes:
10) transformation de la direction du movement par le renvoi d'an-
gle et 20) transformation de la vitesse du movement par la diffe-
rence de diametre entire les roues dentees.





















En Europe
Moulin 6 vent du Vieux-Continent: Les ailes pouss6es par le vent font
turner un axe appel entraine un grand engrenage constitute d'une grande roue 6 allu-
chons (chevilles) appel6e rouet; ces chevilles s'engr6nent dans les
fuseaux d'un engrenage de petit diametre appel6 lantern; I'axe ver-
tical de la lantern est solidaire du m6canisme broyeur et I'entraine.

De I'autre c6t6
Moulins 6 vent du Nouveau-Monde : Les ailes pouss6es par le vent
font turner un arbre qui entraine une petite roue 6 alluchons (che-
villes) ; ces chevilles s'engrbnent dans celles d'une roue horizontal
beaucoup plus grande, solidaire du rouleau broyeur central.


A RETENIR:

Dans le moulin europ6en 6 meules, les m6canismes d'engrenage ac-
croissent la vitesse des meules. Dans le moulin broyeur du Nouveau
Monde, les m6canismes d'engrenage sont inverses, et sont concus
pour ralentir le m6canisme broyeur. Cette particularity est propre 6
tous les moulins de la Martinique et des Antilles, et fait leur origina-
lit6 dans le monde des moulins.




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MOULIN S.
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Les pieces du m6canisme sont les memes sur le moulin a eau
et sur le moulin a vent. Seuls different la faille et la disposition
des engrenages et I'angle de transmission du movement.
1. On distingue principalement les roues dites : .
2. La forme des pales peut etre plane droite, plane inclinee,
bris6e, ou courbe.
3. La forme des augets peut etre brisee ou courbe.


Les roues aau fil de I'eau

Une id6e simple dbs le debut des moulins a 6te d'attaquer des pales
par la seule force vive de I'eau. La plupart des moulins 6 eau du 17eme
si6cle, 6taient installs sur un appentis de charpente, au-dessus du
course d'eau, et fonctionnaient en utilisant la pouss6e du fil de I'eau
(et non le poids d'une chute) sur une roue 6 aube dite (en dessous>.
Chaque crue les emportait.


Les roues de dessous

L' eau penetre par le point le plus bas
de la roue. On a alors construit les
moulins au bout de canaux qui r6gu-
larisaient I'eau en provenance de la
riviere.
L'eau est mise en vitesse sous une
vanne, et les pales utilisent une parties
de I'nergie cin6tique de I'eau. En fait,
c'est le choc de I'eau sur les pales qui
fait turner la roue. Cette derni6re est place dans un tre deux murs pour 6viter les fuites lat6rales. Les roues avaient des pa-
les droites qui 6taient pouss6es par le courant. Mais pour faire turner
ce type de roue il faut une forte pouss6e, done une grande quantity
d'eau. Ce syst6me s'av6ra de peu de rendement, d'autant que nos
rivibres sont souvent insuffisantes.





Les roues dites ade poitrine)

Ce type de roue est utilis6 pour des chutes faibles. C'est une rcue qu, fonC-
tionne avec le poids de I'eau, mais cette fois, la roue doit 8tre tr6s bier alustee
car on est confront au probl6me des fuites. Leur rendement esf co.ndlionne
par les fuites tant lareralei que
.. p6riph6riques. Pour guider I eau
' les constructeurs de cei roues
utilisaient des systimes de ean.
nes complexes et I'engorgement
S/ des augets par manque d arao
'-- tion obligait a pr6vor des e.,ents
dans le plancher.
II De plus ces roues elaent com-
Sj plexes, de grandes dimensions et
difficiles 6 contr6ler en mrlieu tro-
Spical. La r6alisation de ce I, pe de
roue n'Btait pas 6 la port6e de tous les constructeurs



La roue (de dessus

Avec ce dispositif, (le plus couramment utilis6 6 la Martinique), le mou.ement esti
provoqu6 par le poids de I'eau qui s'accumule dans les augets au fur et a measure
de la rotation ; une roue de ce type tourne plus vite et trois fois plus eiffcacement F
que si elle 6tait entrainme par le courant seul agissant sur des poles Le pods de
I'eau dans les augets et la vitesse de I'eau s'additionnent en effect pour accelerer la
rotation et la force de la roue.
La roue motrice vertical est mise en movement par I'eau qui charge les augers
Ce poids fait levier, par effer mecanique Idil de
Couple), sur un moyeu central qui entraine un en-
grenage de petites dimensions muni d alluchons
"- quand il est en bois, et appele rouel oL roue de
Srencontre. Les chevilles s'ergrenene dans les Irous
d'une roue plus grande, place horizoniolement et
'" 1 appelee balancier; I'axe du balancer est solidaire
Sdu rouleau central et I'entraine

S Au 19m' siecle, I'acc6leration de la production su.
cribre s'accompagne dans les pa,s franca,o d une
utilisation plus intense des ressouces h, drouliques dis.
ponibles, qui dispense du coOt d'importation du carbon utilis6 par lei machines a 'apeur
Cet essor du moulin hydraulique b6n6ficie des ameliorations apporrees ou rendemenir des
roues don't la conception n'avait pas change depuis le debut du '8 s ecle





A la recherche du rendement...
Jusqu'aux occupations britanniques qui marquent la p6riode revo-
lutionnaire, la construction des moteurs hydrauliques s'inspire de
I'Architecture hydraulique, trait que I'lng6nieur B6lidor fait impri-
mer pour la premiere fois en 1737. Le rendement des roues 6 aube
progress ainsi de 20 6 30 % au course du siecle.
Mais 6 partir de 1823, plusieurs m6caniciens francais mettent au
point des roues munies soit de pales soit d'augets, don't ils calculent
la forme pour minimiser la d6pense d'energie et obtenir un meilleur
rendement avec de foibles d6bits.


Ainsi fonte, fonte, fonte...
Peu apres, le bois devait 6tre abandonne pour la fc
industrielle des roues hydrauliques, surtout lorsque
I'emploi des roues 6 augets se gBn6ralisa.
Les firmes anglaises, qui avaient commence
6 6quiper I'Tle en moulins metalliques horizontaux
des 1815, profitent des avancees techniques .
franchises pour ameliorer leurs moteurs
hydrauliques.


Elles proposent 6 la fin du 19"me siecle moulin et roue en pieces d6-
tach6es, livres avec un technician pour le montage. Cela explique la
preponderance des roues en fonte et fer de marque sur
les habitations de la Martinique. Introduites 6 partir de 1850, elles
font progresser les rendements de plus de 80 %.


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L'lng6nieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
DU BEAU SUCCESS QUE LE VALEUREUX DON QUICHOTTE
EUT EN L'AVENTURE DES MOULINS A VENT

L6-dessus ifs d6couvrirent trente ou quarante moulins 6 vent qu'il y a
en cette plaine, et, dis que don Quichotte les vit, il dit 6 son 6cuyer :
- La fortune conduit nos affaires mieux que nous n'eussions su d6sirer,
car voil6, ami Sancho Panga, oi se d6couvrent trente ou quelque peu
plus de d6mesur6s giants, avec lesquels je pense avoir combat et leur
6ter la vie 6 tous, et de leurs d6pouilles nous commencerons 6 nous
enrichir : car c'est ici une bonne guerre, et c'est fire grand service 6
Dieu d'6ter une si mauvaise semence de dessus la face de la terre.
- Quels giants ? dit Sancho.
- Ceux que tu vois 16, r6pondit son maitre, aux longs bras, et d'aucuns
les ont quelquefois de deux lieues.
- Regardez, monsieur, r6pondit Sancho, que ceux qui paraissent 16 ne
sont pas des giants, mais des moulins 6 vent et ce qui semble des bras
sont les ailes, lesquelles, tourn6es par le vent, font mouvoir *
la pierre du moultn
SII para;t bien, repondit don Quichotle que tu n es pas : -
fort verse en ce qui est des aoveniures ce sont des z---
geants et si tu as peur 61e-toi de la el te mers en ::
orason aondis que ie vats entrer ovec eux en _- j --
une furieuse ef inegale baladlle
Et disant cela. il donna des eperons a .. ---'_
son cheval Rossinante sons samuser _-
aux cris que son ecuyer Sancho falo _
sail, I'avertissant que sons aucun
doute c elaient des moulins a
vent. el non pas des giants
qu ,I allait attaquer. ,
Au conlraire, it disait a
haute vox .
. Ne fuyez pas
couardes
et voles





/i



-4-


creatures, car c'est un seul chevalier qui vous attaque.
Sur cela ii se leva un peu de vent et les grandes ailes de ces moulins
commencerent 6 se mouvoir, ce que voyant don Quichotte, ii dit:
- Vous pourriez mouvoir plus de bras que ceux du g6ant Briar6e: vous
allez me le payer.
Et, disant cela, ii se recommanda de tout son coeur A so dame Dulci-
n6e, lui demandant qu'elle le secourut en ce danger, puis, bien
couvert de so rondache, et la lance en I'arr6t, it accourut, au
grand galop de Rossinante, donner dans le premier moulin
S qui 6tait devant lui, et lui porta un coup de lance en I'aile : le
vent la fit turner avec une telle violence qu'elle mit la lance
en pieces, emmenant aprbs soi le cheval et le chevalier, qui
s'en furent rouler un bon space parmi la plaine.
Sancho Panca accourut 6 toute course de son 6ne pour le
secourir, et, quand il fut 6 lui, il trouva qu'il ne se pouvait
remuer : tel avait 6te le coup que lui et Rossinante avaient
recu. pas bien dit que vous regardiez bien ce que vous faisiez,
r- que ce n esoient porin des giants et que personnel ne
le pouvau ignorer s,non quelqu un qui en eut de semblo
bles en la rPte 2
Ta ts-ro am, Sancho repondit Don Quichorte les
chose de la guerre sont plus que d'autres sulettes 6
B-r rt de continuels changements
d oauant I y pense et c est
la v6rit6 m6me que ce sage
Freston qui ma vole mon
cabinet et mes hires, a
convert, ces giants en moulins pour me frustrer
de la gloire de les avoir vaocus tont est grande
I'inimite qu il a contre moi, mas en n finale, ses
mauvals artifices ne prevaudront contre la bonre
de man epee
SDieu en losse comme ilpourra I repordit Sancho
Ponca, et lui aodant a se lever, il le remonia sur
Rossinante.. qui etart a demi epaule


M'lguel de Cervantes 11547 1616).
roman public en 1611



Aioul'n de Bezord a motle .Galanie













Alluchons


Lanterne facon Nouveau-Monde


La tour des moulins 6tait construite en maconnerie de blocage et de
pierres de taille, et s'elevait 6 une dizaine de metres au maximum, les
parois pouvant atteindre plus d'un metre d'epaisseur au sol.
Au sommet de la construction se trouvait une couronne de roulement,
le plus souvent en bois, sur laquelle pivotaient la toiture et les en-
grenages sup6rieurs, formant un ensemble mobile appele coiffe ou
chapiteau.
Une queue de bois fixee 6 la charpente de la coiffe descendait jus-
qu'au sol pour permettre de placer les ailes face au vent; il suffisait
de la fixer au sol pour immobiliser la tate pivotante.
Les ailes, au nombre de quatre 6 la Martinique, 6taient entoil6es;
leur longueur etait 6lgerement inf6rieure 6 la hauteur de la tour.

Les materiaux des moulins

Les premiers moulins 6 vent Btaient entierement construits en bois,
car ce material etait disponible sur place ; au 196me siecle encore
on signal des tours en bois 6 la Martinique. Jusqu'6 la fin du 196m-
siecle, I'arbre vertical demeure en bois, pour des raisons de poids et
de manipulation, alors que les engrenages sont en fonte.
Pour les moulins hydrauliques, roues et engrenages 6taient en bois
16zard ou plus souvent en courbaril ; on en utilisait encore dans cer-
taines distilleries pendant la Seconde Guerre mondiale.


Moulin de Courbaril u M- rin
Moulin de Courbaril au Marin


Ailes, roues et engrenages en bois exigeaient de fr6quentes repara-
tions confines 6 des artisans specialists : les charpentiers de moulin.
A partir du 19"me siecle, les roues b aubes ont 6t6 faites de fonte avec
des pales en bois puis en fer. Les roues anglaises 6taient en fonte
avec des augets en t6le de fer.
Quant aux rouleaux broyeurs en bois, on en a construit et utilis6 sur
certaines petites habitations jusqu'au 20m"" siecle. II en subsiste peut-
6tre encore.
Le bois des rouleaux 6tait le plus souvent du courbaril, mais aussi de
I'acacia et du savonnier, appele aussi . Ce deux der-
niers sont extr6mement durs mais difficiles 6 trouver en grandes di-
mensions. Les chassis 6taient en bois de fer, en balata et en (acacia
bois> dit aussi le gaTac ayant rapidement disparu.
TrBs vite, on a pos6 une envelope de fonte sur les rouleaux en bois,
puis on les a enti6rement fabriqu6s dans ce m6tal.

Les premiers cylindres broyeurs enti6rement m6talliques ont 6t6 in-
troduits 6 partir de 1670 ; ils 6taient fabriques en Angleterre. La
puissance de la m6tallurgie britannique ainsi que les liens commer-
ciaux noues durant les deux occupations de la Martinique pendant
la p6riode r6volutionnaire expliquent I'6crasante predominance des
6quipements anglais. La firm Fletcher de London & Derby a pu four-
nir 6 moindre coot toutes les habitations de la Martinique en moulins
6 canne en fer. Leurs rouleaux horizontaux s'adaptaient 6 tous les
moteurs: manage de bates, roue hydraulique et ailes. Ils ont preci-
pit6 la disparition des moulins 6 cylindres verticaux.
FOURS A CHAUX ET MOULINS A VENT

On confond parfois ces deux types de vestiges. II faut savoir que
les fours 6 chaux se situent toujours a proximity immediate de la
mer pour trailer le madrepore, ils sonl de petite taille et de petit
diametre, et en aucun cas ne sont places sur les mornes, comme le
sont les moulins a vent


Moulin de Grand Fond au Marin


'e


Moulin de Tenos 6~ Sainte-Marie





Les ailes


Ce qui fait souvent I'attrait d'un moulin 6 vent, pour les petits come
pour les grands, ce sont ces ailes en movement.
II reste aujourd'hui trois types de vol6e :
* Des vergues avec la toile enroulee autour (Gr6ce, Portugal)
* Des vergues munies de lattes pour maintenir la toile.
* Des vergues munies de planchettes articul6es. (SystBme Berton)

SYSTEM A VERGUES ENROULES.

Ce syst6me requiert au mini-
mum 8 vergues. Les quatre
les plus Bloign6es du corps
du moulin tiennent la toile
lorsqu'elle est enroul6e et ser-
vent de board d'attaque. Les 4
plus proches du moulin donne
le pas de I'h6lice car I'extr6-
mit6 triangulaire de la voile
y est attache. Les 8 vergues
sont maintenues entire elles
par des cables afin de ten-
dre la voilure et d'augmenter
la resistance de I'ensemble
face au vent. De plus chaque
vergue est aussi reli e 6 I'ex-
trnmit6 de I'arbre principal
toujours pour en augmenter la
resistance face au vent.
Moinho Portugal

LES AILES A LATTES
Les lattes permettent de maintenir la toile 6 plat. II y a une ou deux
toiles par aile. Vue de face, la toile peut passer alternativement devant
puis derriere chaque latte ou bien 8tre totalement devant. Les cotrets
permettent de rigidifier I'aile dans les pays de grands vents.
Les vergues en bois peuvent Stre d'une seule piece, reliees directement
6 I'arbre, ou bien fixes 6 I'aide de frettes 6 un moignon solidaire de
I'arbre. Cette dernibre solution permet d'obtenir de plus grandes en-
vergures et de changer plus facilement une parties endommag6e par
un fort vent ou un orage.


LE SYSTEM BERTON
Un m6canisme, mis au point par les Francais Berton p6re et fils, entire
1839 et 1855, permet d'ouvrir et de former les ailes, de fagon quasi
instantan6e, sans avoir 6 les escalader. Les voiles sont remplac6es par
des planchettes de bois 6 charnibres coulissantes qui se manoeuvrent
comme un ventail. On ne sait pas si le syst6me Berton a ete introduit
6 la Martinique, car il ne subsiste aujourd'hui aucune aile de moulin.
On ne peut negliger aujourd'hui son emploi dans les restaurations.











Avant I'invention de I'ing4nieur Berton il fallait faire turner la voilure
d'un quart de tour, serrer le frein,et grimper sur chaque aile en portant
une lourde toile, puis redescendre en attachant les voiles presque 6
chaque barreau; et il fallait effectuer quatre fois cette operation dan-
gereuse, deux fois par jour. De plus, par grand vent, il fallait parfois
reduire la voilure, ce qui se revelait extr&mement p6rilleux. Ce fut la
derniere innovation avant la chute de ces giants: le syst6me Berton
permettait de faire varier la surface des ailes sans risquer sa vie. Avec
ce nouveau m6canisme, les 4 ailes sont ajustees en une seule opera-
tion, par I'usage d'un seul levier, commander de I'interieur du moulin.
Le meunier regle sa voilure depuis son poste de travail, au gre de la
force du vent: un progr6s considerable...





Les toiles sont remplacees
par des planchertes articu
lees outour d'un meconisme -'
command depuis I interieur "
du moulin Un axe metallique '
sort de I'arbre par son centre.
el fait pivoier des bras sur les ver-
gues ,,a un ensemble de blellet-
tes Lorsque les bras sont paralleles ,
aux vergues les plonchelles sont les I.
unes sur les autres et n offrent que peu ,
de resistance au vent Lorsque les bros M
sont perpendiculaires aux vergues, leas i-a
plancheties soni deployees les .uP .'
a cote des aulres et garnist-l'|
comme le faisai I'enteil.g


67/ ~*


I .


*C,


r=0=11
71 -1


A





L'alternative 'initiation 6 la topographie et 6 I'hydrologie, les notions d'6nergie,
: jusqu'6 la lecture des paysages.
Contrairement 6 ce que I'on croit g6neralement, tous les types de Les arts plastiques, la technologies ou encore la physique et la chimie
moulins mecaniques ont ete introduits 6 peu pres en meme temps 6 sont directement concerns dans la measure ou une habitation sucrerie,
la Martinique. Construits aux environs de Saint-Pierre des 1654, ils une roue hydraulique ou les ailes d'un moulin 6 vent sont des appli-
ont suivi les alas de la colonisation de I'Tle et du d6veloppement cations concretes de I'architecture, de la mecanique, de la chimie du
de I'industrie sucri6re, se propageant de I'Ouest vers I'Est. Actionn6s carbon et des lois de I'6vaporation.
par des b&tes, par I'eau ou par le vent, ils ont coexisted jusqu'au 20me' L'industrie de la canne 6 sucre, arretee ou en activity, a laiss6 des
sicle, meme si, 6 partir du 198m siecle, les moulins a vapeur ont peu traces mat6rielles partout. Elle fait parties de I'histoire locale. La d6cou-
a peu fait reculer les moulins 6 vent d'abord, les moulins 6 bete ensuite verte et la comprehension objective de ses structures materielles, ainsi
et enfin les moulins 6 eau. que leur mise en valeur devraient 6tre les instruments d'une p6dago-
Les moulins 6 eau ont r6sist6 jusqu'au 206me siecle parce que I'hydrau- gie diversifi6e et stimulante.
lique n'est pas I'6nergie du passe, et qu'elle continuera sans doute *
a jouer un r6le preponderant au 216m" siecle, en particulier pour la *
furniture d'energie 6lectrique : elle n'est pas polluante et elle se re-
nouvelle. ..
La grande 6poque martiniquaise des moulins 6 eau correspond par- ."- '-..
faitement 6 la supr6matie de I'hydraulique dans I'industrie franchise . -- ..- -
du 19e siecle. Ce que I'on consid6rait comme I'archaisme du cas '
francais, face au syst6me britannique appuy6 sur la houille et la ma- It '
chine 6 vapeur, apparat aujourd'hui aux chercheurs comme un choix --
de civilisation. .
L'economie industrielle franchise, fondue sur la Stagiaire reddcouvron la
(l'eau), se r6vele aujourd'hui d'un moindre coot social et d'un moindre cremaillere e la vanne d'unl
impact 6cologique que celle de sa concurrente immediate, la Gran- bassin de regulaoion -
S(cremaillere) J ,..
de-Bretagne charbonniere. .rmaill
En outre, I'option hydraulique s'est accompagn6e d'une th6orisation
et d'une math6matisation de la technologies des moulins qui a fait de '
la France la patrie de la cinematique et de la m6canique des fluides,
et qui a permis I'invention de la turbine et la multiplication par dix des ,-
rendements des moteurs hydrauliques.
Grace 6 un reseau tr6s dense de rivieres, I'hydraulique a bien 6ete
I'energie gagnante du 19m"" siecle en France. La Martinique a parti- .
cipe 6 ce movement, meme si, pour des raisons commercials, elle- -
s'est 6quip6e de materiel britannique. .


L'enseignement des moulins

Les vestiges des moulins nous renseignent sur des techniques de cons-
truction aujourd'hui oubli6es. Leur rehabilitation permet aux jeunes
macons et charpentiers de se r6approprier les savoir faire de leurs .
:; ,ancCtres, parce que ces techniques sont encore utiles de nos
S ours. De meme, I'observation des moulins debouche
directement sur I'enseignement de la geographic, depuis la :
simple orientation par rapport aux phenomnes naturels, ..... ..
"I s-.a





7 0* entraine la roue. Syn: Godet.
mup f/ oB aejde^ f/ : ljoyer n.m. Murs lat6raux qul forment Ie courier dans un moulin 6 eau. L mur de
ecla$62 6a ?7bft4o'eaUfiO CJ6 % *iedttov tampanne east celui qui fait parties du mur de I'usine. Le mur oppose est appeld talvanne
#n,(.sa ,hu dd, ~ ad ol *& la Martinique, emur d'6perona en France.
L ad& ow 4-1u Bfiti t n.m. Partie fixe d'un m6canisme servant de chssis.
Barreaux i n.m. Pieces de bois de foible diambtre Ins6r6es dans la vergue servant 6
04 U11 maintenir la voilure du moulin a vent.
/ " Barrage : n.m. Ecluse sur la rivire servant a contenlr I'eau et on 61ever le niveau.
oZ^& C4^ ^ k* Mot relatif: Prise d'eau.
1 * Beffroi: n.m. Ensemble des charpentes qui supportent tous les m6canismes de trans-
ConnuS a la M artinique mission d'6nergie d'un moulin.
Moulins 6 bras i dis 1636 Bras d levier : n.m. Distance centre I'axe de rotation et I'endroit ou s'applique I'ef-
Moulin 6 manioc 6 bras; moulin a coton 6 p6dale; rout 6 tabac 6 main ; moulin 6 fort.
indigo 6 bras; moulin 6 vesou 6 bras Cabestan t n.m. Treuil manuel reli6 & la queue du moulin 6 vent utilis6 pour on fire
Moulins 6 bStes i vers 1645 : pivoter le toit.
Moulins 6 canne avec trois cylindres broyeurs en bois, 1645 Canal d'amen6 i n.m. Canal apportant I'eau depuis Ie barrage et la prise d'eau
Moulins 6 conne avec trois cylindres en for, 1654 jusqu'b un moulin 6 eau. Syn: Aqueduc
Moulins hydraullques partir de 1654 Chemin glissant n.m. Rail de bois circulaire dispose sur haut de la muraille du
1654: Riviere des Phres 6 Saint-Pierre; Habitation La Montagne, par L'Hermitte. moulin 6 vent.
1664: Rivi6re du Lamentin (Rivibre Longvillier), parJacob Macharis. Chemin courant t n.m. Encoches faites dans I'enrayure de la coiffe du moulin 6 vent
Moulins 6 vent 6 partir de 1660 s'embottant dans le chemin glissant et permettant la rotation du toit.
1660: Morne des Cadets (Saint-Pierre), par Pierre L'Hermite (son fils, Clement L'Her- Coiffe n.f. Parties superieure pivotante en bois d'un moulin 6 vent dans laquelle est
mite, abandonne en 1677 pour la Grenade) log6 I'engrenage arbre pivotant / arbre moteur et qui forms toiture.
1666 : Anses Laurens (Fond Banane/Corps de Garde 6 Sainte-Luce), par Mathieu :Couranne: n.f. Jantes circuloires parallbles entire lesquelles sont fixes les aubes ou
Gautier nouvelle vague 6 partir de 1740 les augets d'une rous 6 eau.
Moulins 6 vapeur 6 partir de 1815 Coursler : n.m. Ensemble des magonneries faisant suite au canal d'amen6e et dans
1815 : Spoutourne (ou Spourtoune, TrinitY), parJean-Pierre Dubuc de Bellefonds, ma- lesquelles la roue 6 aube est emboTtie au-dessous de son axe de rotation.
chine mill6slm6e 1 813 Coussints : n.m. Parties en bronze d'un palier, entire lesquelles tourney I'essiu ou
1815 : Bellefonds (Sainte-Anne), par Jean-Pierre Dubuc de Bellefonds, machine mil- I'arbre-maTtre.
l6sim6e l1815,. Croisillon s: n.m. Pieces do bois disposes porpendiculairement 6 un axe et qui le r-
lie 6 la circonf6rence d'une roue. (comme les rayons des bicyclettes). Voir Enrayure.
Dirivatlon : n.f. Ensemble du canal permettant I'alimentation du moteur hydraulique
LEX IQ U E : t 1'6vacuation des eaux 6 partir du circuit principal de la riviere. Une prise d'eau pro-
t 6g6e des crues d6toume une partly de I'eau de la rivibre et la conduit par un canal ou
All:e n.f. Voir Volant. un aqueduct vers une zone abritee oa I'on b8tit le moulin. Syn: Prise d'eau.
Alluchon I n.m. Partle d'un syst6me d'engrenage en bois: Cheville amovlble plant6e : Engronage I n.m. Mecanisme de roues dent6es qul s'entraTnent par le contact entire
6 la circonf6rence d'une roue d'engrenage. Tenait lieu de dent, et s'engrenait 6 angle lurs dents. On utilise un engrenage chaque fois qu'un arbre de rotation doit common-
droit centre deux alluchons d'une autre roue. der la rotation d'un autre trbs rapproch6. L'engrenage permit aussi de varier 6 volontd
Aquoduc : n.m. Canal magonn6 pour conduire I'eau du barrage 6 la roue 6 aubes, I le rapport centre force etvitesse.
et plus particulirement parties de ce canal qui s'6dlve au dessus du sol par un mur ou Enrayuro n.m. Partie bass de la charpente du toit du moulin 6 vent, et qui est ou
une srie d'arches. contact du chemin glissant.
Arbres: axes de transmission de la rotation. Entrebut : n.m. Piece de enforcement place derridre la vergue pour on assurer la
Arbre-mattro a n.m. Axe central (essieu) de la grande rous d'un moulin 6 eau. Aussi rigldt6 face au vent.
utilise pour d6finir I'axe rassemblant les ailes du moulin a vent. Frein : n.m. Mecanisme servant 6 arriter la rotation des ailes du moulin i vent par
Arbre-secondaire a n.m. Axe qui re;olt la force de I'arbre-mattre au moyen d'en- I'enserrement du rouet.
grenage. L'arbre secondaire transmit le movement 6 la moule ot autres appareils par Fret : n.m. Cerceau de metal permettant de retenir plusieurs pieces entire elles.
le biais de rouets et lantemres. Fuseaux t n.m. Barreaux d'une lantern.
Aubes: parties d'une rou hydraulique sur lesquelles s'exerce Iaction de I'eau (pales, Godets n.m. Compartments situ6s sur la circonfrence d'une roue
palettes, godets ou augets fixes autour de la roue). pour retenir I'eau. Le poids de I'eau accumuld dons un certain nombre
Auget: n.m.: aube en former de petite auge dons laquelle I'eau revenue, par son poids : de godets provoque la rotation de la roue.





Grande roue: n.f. Roue principal d'entrainement du moulin 6 eau.
Gros fer: n.m. Axe vertical, en metal, faisant turner le rouleau central d'une machine
6 broyer. Conique a sa base, le gros fer repose dans la crapaudine.
H6risson : n.m. System ancien d'engrenage, constitu6 d'alluchons fixes sur une roue
en bois.
Huche : n.f. Extr4mit6 du canal, amovible et incline, en bois ou metal, qui conduit
I'eau sur la roue de dessus. Elle permet d'apporter I'eau depuis le canal d'amenee
pour la d6verser dans les godets de la grande roue.
Lanterne : n.f. Engrenage en forme de cage, form de deux disques (etourtes) relies
par des tiges regulibrement espac6es appel6es cfuseaux. C'est so resemblance avec
I'instrument d'6clairage qui lui a donn6 son nom. Les fuseaux ont la m6me function
que les creux d'une roue dentee: les alluchons du rouet s'engrbnent entire les.fuseaux
de la lantern. Par extension, nom d'un engrenage de renvoi d'angle, anc6tre de I'en-
grenage conique.La lanterne, enclench~e sur le rouet, transmet directement I'6nergie
au gros fer.
Larron : n.m. Trappe permettant de chapter ou d6vier I'eau avant qu'elle n'atteigne la
grande roue.
Marbre : n.m. Support de bois dur creus6 en demi lune servant 6 accueillir le tourillon
d'un axe.
Moulin tour: n.m. Type de moulin a vent caracteris4 par une muraille de pierres de
forme cylindrique.
Moulin pivot I n.m. Type de moulin a vent entierement en bois, don't I'ensemble du
beffroi tourne autour d'un axe.
Palier : n.m. Piece fixe qui support un arbre ou un essieu b chacune de ses extr6mi-
t6s. Se compose d'un corps, d'un chapeau et de coussinets.
Pelles: n.m. Synonyme de Vannes.


* Pignon : n.m. Petit engrenage servant b transmettre I'4nergie.
* Queue: n.f. Longue piece inclinee vers le sol, ins4r4e dans la charpente du toit du
moulin a vent pour orienter les ailes vers le lit du vent.
SRolles : n.m. Rouleaux ou cylindres broyeurs d'un moulin b canne. Utilise pour la
* premiere fois par le chroniqueur Pare Labat (1722), le mot rolee s'est impose au
* 19'"6 siecle, sous I'influence anglaise, pour designer indistinctement les trois cylindres
* broyeurs.
Rouet: n.m. Roue d'engrenage fix6e a I'arbre-maTtre, permettant avec la lantern de
* transformer le movement horizontal en movement vertical.
* Scion: n.m. Synonyme de Vergue
* Sommier: n.m. Pieces de bois disposes au sol et servant de support aux rouleaux.
SLe sommier regoit tout le poids de la machinerie.
Vergues : n.f. Longues pieces de bois disposes en croix perpendiculairement sur
. I'arbre mature d'un moulin
* 6 vent, et sur lesquelles on
* tend la toile.
SVolant : n.m. Ensemble
Sform6 de la vergue et des
* barreaux sur lequel on
* dispose la toile pour cap-
* turer le vent. Cet ensemble
Srepresente le emoteur) du
. moulin 6 vent.



Moulin 6 bites de P rou


Barrage de I'Anse Latouche Barrage de I'Anse Latouche Moulin de I'habitation les Anglais" Mallevaut



A tous nos partenaires sans qui cette brochure, qui se veut le depart d'une champagne d'actions de sauvegarde et de rehabilitation, n'aurait pu se r6aliser: Les
Services Techniques du Conseil G6n6ral, la Federation des Moulins de France, le Rectorat de la Martinique, la Municipalit4 et I'Office de Tourisme de Saint-Esprit, la
Municipality de Saint-Pierre, la Municipalite de Capesterre 6 Marie-Galante, la Region Guadeloupe.
A titre particulier: Yves-Andr4 Joseph, Louis Asselin, Gerard Thomas, Jean Lavigne, Vincent Huyghues-Belrose, Jean-Philippe Thoze, Maurice Argentin, Jacques De
Lavigne, Guy-Albert Desroses, Paul Alexandre, Jean-Louis N'Guyen.
Mention particuliere pour le Conseil G6enral, don't les competences et obligations sont multiples et qui est sollicit6 au quotidien par des urgences de toutes sortes. II
ne lui a sans doute pas 6et facile de prendre la decision d'une participation, bien qu'etant lui-mime detenteur, au nom de I'histoire passe, de cinq moulins ou vestiges
de moulins. Ceci d6note une sensibility particuliere envers le patrimoine bati, et so contribution n'en a que plus de prix, devangant la tres recent loi de decentralisation
qui consacre le transfer aux Departements d'une parties du patrimoine class.







ARAM MARTINIQUE apporte son aide tous ceux personnels privees ou publiques) qui veulent donner vie aux moulins, d6fen-
dre un patrimoine en danger et amener la population 6 profiter de ces monuments que certain propri6taires passionn6s savent
faire aimer. Cette association adhere 6 la F6d6ration des Moulins de France. L'ARAM MARTINIQUE a pour objet de sauvegarder
et de promouvoir la connaissance et la remise en 6tat des moulins 6 b6tes, 6 vent et 6 eau, ainsi que I'ensemble des installations,
y comprise les syst6mes hydrauliques, existant 6 la Martinique, et de favoriser leur conservation et leur mise en valeur.
A cette fin elle envisage, 6 I'attention de ses adherents, les actions suivantes:
- conseils en mati6re de restauration, et d'animation des moulins
- conseils pour les recherches historiques et techniques sur les moulins
- recueil des savoir-faire
- mise en place d'outils de communication (revue, site Internet,...)
- organisation de rencontres entire propri6taires
- organisation d'une Journ6e des Moulins
Elle assure les relations avec les administrations ou organismes int6ress6s par la question des moulins (DDAF, DDE, DRAC, ONF,
Tourism, etc.).

ARAM MARTINIQUE: Ancien College Rue Cassien Sainte-Claire LE SAINT-ESPRIT
Site Internet: moulins.de.martinique@wanadoo.fr / e-mail: aram972@wanadoo.f

CrkUm U ^ ciw r^ _ ^ FOND[TION
Une foundation cr66e par I'Etat, animde par la society civil.
IATRIMOINE
Cr6ee par la loi du 2 juillet 1996, la Fondation du Patrimoine est un organism reconnu d'utilit6 publique, ind6pendant et 6 but
non lucratif. Son action vise 6 promouvoir la sauvegarde, la connaissance et la mise en valeur du patrimoine de proximite, non
prot6ge par I'Etat. Ce patrimoine t6moigne de pages 6mouvantes et essentielles de I'histoire de notre pays. II est aujourd'hui me-
nace de disparition, victim de I'usure du temps, de travaux de restauration inadapt6s, de catastrophes naturelles, du ph6nomAne
d'urbanisation.
Sont vises :
* les projects faisant revivre le patrimoine de proximity et le r6int6grant dans les activities quotidiennes des Francais.
* les travaux visant 6 encourager la creation d'emplois induits directement par les projects ou indirectement par les nouvelles
activities 6conomiques et socio-educatives qui en d6coulent tourismm, commerce, artisanat).


La Foundation du Patrimoine peut apporter:
* une aide dans I'identification des edifices et des sites, une assistance technique au montage des projects, un appui dans les
demarches aupr6s des diff6rents partenaires concerns.
* des avantages fiscaux non n6gligeables pour les travaux effectu6s sur un ouvrage de patrimoine bati:
* des deductions fiscales au titre de I'IRPP allant de 50% 6 100% du montant des travaux r6alis6s.
Le mec6nat est 6galement soutenu fiscalement:
Les dons peuvent etre affects 6 un project d4termin6 et donnent lieu a I'envoi d'un recu fiscal. Les particuliers sont autoris6s a
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www.fondation-patrimoine.com


tadi (ee FDMF)

La Federation s'est creee pour rassembler les nombreuses associations de sauvegarde de moulins, 6 I'int6rieur d'un organism qui
met en r6seau les diverse comp6tences de ses membres dans les domaines techniques, historiques, m6diatiques.
Elle propose 6galement un service juridique ainsi qu'un ensemble de praticiens r6gionaux, nationaux et internationaux.
http//fdmf.free.fr




Nos Moulins


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COX= OUUALDIC LA MAR1M


SOURCE : 0 IGN-BDTOPO 2000
Reroduction Intordlte


1- La Plaine.
2- Anse a I'Ane.
3- La Pagerie.
4- L'Esp6rance.
5- Vatable.
6- Vatable.
7- Mareuil.
8- Redoute.
9- Vieux Moulin.
10- Fonds Rousseau.
11- Tivoli.
12- H6tel des Plaisirs.
13- Fonds Laillet.
14- Fonds Capot.
15- Lajus.
16- Anse Latouche.
17- Blondel.
18- Desfontaines.
19- Depaz.
20- Grand RBduit.


21- C6ron.
22- Fonds Moulin.
23- Beaus6jour.
24- Fonds Potiche.
25- Bijou.
26- Case-Paul.
27- Gradis.
28- P6coul.
29- Leyritz.
30-Assier.
31- Freres Jouan.
32- Tenos.
33- Fonds St Jacques.
34- Fonds Verville.
35- Riviere L6zarde 1.
36- Beaus6jour.
37- Tartane.
38- Dubuc.
39- Blain.
40- Desmariniere.


41- Bord de Mer.
42- Moulin 6 Vent.
43- Pointe Royale.
44- Gaalon.
45- Gaalon.
46- Mansarde-Ranc6e.
47- Clement.
48- Monnerot.
49- Magdelonnette.
50- Sigy.
51- Mallevault.
52- Mallevault.
53- Belle Etoile.
54- Bareto.
55- Bareto.
56- Barriere la Croix.
57- Creve-Coeur.
58- Les Anglais.
59- Les Anglais
Desgrottes.


60- Val d'Or.
61- Grand Fond.
62- Courbaril.
63- P6rou.
64- Pr6fontaine.










~GIONALEh~









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FOND ONr F IN


A R I N E......




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