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Group Title: mission de mr. le député Etzer Vilaire, et de mr. le sénateur Price-Mars a` Prague, a` Paris et a` Genève en 1931
Title: La mission de mr. le député Etzer Vilaire, et de mr. le sénateur Price-Mars à Prague, à Paris et à Genève en 1931
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Title: La mission de mr. le député Etzer Vilaire, et de mr. le sénateur Price-Mars à Prague, à Paris et à Genève en 1931 rapport au gouvernement de la République et au Corps législatif
Physical Description: 33 p. : ; 23 cm.
Language: French
Creator: Vilaire, Etzer, 1872-1951
Price-Mars, Jean, 1876-1969
Conférence parlementaire internationale du commerce, 1931
International Labor Conference, 1931
Congrés international des sociétés professionelles des gens de lettres, 1931
Publisher: V. Valcin,
V. Valcin
Place of Publication: Port-au-Prince
Publication Date: 1932
Copyright Date: 1932
 Subjects
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081337
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: ltuf - AGY6521
oclc - 20818933
alephbibnum - 001474714

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LA MISSION
DE Mr. LE DPUT

ETZER VILAIRE
ET DE Mr. LE SNATEUR

PRICE-MARS
A PRAGUE, A PARIS
ET A GENVE EN 1981

RAPPORT AU GOUVERNEMENT
DE LA RPUBLIQUE
ET AU CORPS LGISLATIF







V. VALCIN, IMPRIMEUR
1518, Rue du Docteur Aubry ou Rseroir
PORT-AU-PRINGE <( AITM ).
t R,-2a .













RAPPORT
de la Mission charge de reprsenter le Gouver-
nement de la Rpublique, le Corps Lgislatif et
les crivains hatiens la XVIIe Assemble pl-
nire de la Confrence parlementaire interna-
tionale du Commerce. la XVe Confrence
international du Travail, aux Crmonies
Commmoratives du ier Centenaire de la mort
de l'Abb Grgoire, au Premier Congrs inter-
Snational des Socits Professionnelles des Gens
de Lettres et au XIIIme Congrs international
Sde l'Enseignement Secondaire Genve, Pra-
gue, Lunnville et Paris.


Monsieur le Prsident de la Rpublique,
Mr le Secrtaire d'Etat des Relations Extrieures,
Messieurs les Snateurs,
Messieurs les Dputs,
Messieurs,
Lorsque l'an dernier, le Corps Lgislatif nous fit l'hon-
neur de nous designer pour le reprsenter la XVIle'
Assemble plnire de la Confrence parlementaire
international du Commerce qui devait se runir
Prague le 25 Mai 1931, nous ne nous attendions pas ce
que le gouvernement nous propost, en mme temps,
la dignity d'une Dlgation la XVe Confrence inter-
nationale du Travail don't l'ouverture tait fixe au 27
Mai.
Deux dates presque simultanes qui posaient devant
nous un problme complex d'ubiquit et de dpla-
cement.
Mais nous aurions eu mauvaise grce dcliner l'ac-
co nplissement du double devoir qui nous chait.
Il imported trop que soit marque la presence de notre
people dans les runions internationals o son gouver-







~-r

nement est convi: elles sont pour nous d'heureuses
occasions d'affirmer notre gratitude envers les Etats ou.
les grandes Associations trangres qui manifestent du
respect pour nos privileges de people indpendant et
attach la civilisation.et enfin de montrer au monde
que nous sommes dignes de cette dfrence et vrai-
ment capable de participer aux importantes oeuvres
pacifiques entreprises dans un grand esprit de solida-
rit humaine pour le progrs universal et le salut de
tous.
Et, dans l'tat prcaire de nos finances, ne serait-ce
pas une manifestation d'incivisme ou de signaler hotre
absence Genve ou d'imposer au Pays les frais d'une
double Mission en Europe f
Quoiqu'il en fut de ces difficults et malgr la modici-
t.duitraitement qui nous fut allou, nous acceptmes
avec empressement de remplir l'une et l'autre tche,
certain de trouver dans notre dvouement servir un
moyen de n'tre pas trop infrieurs au rle qui nous
tait dvolu.
C'est dans ces conditions que nous remes les Let-
tre Patentes du 29 Avril 1931 par lesquelles il avait plu
son Excellence Monsieur le Prsident de la Rpubli-
que de nous accrditer au titre de Plnipotentiaires au-
prs de L'Office International du Travail, a Genve, afin
de participer en quality de Dlgus du Gouvernement
aux operations de la XVe Confrence Internationale du
Travail laquelle assistaient plus de deux cents Dl-
gus reprsentant quarante deux nations.
D'autre part, l'un de nous, lu spontanment membre
du Comit d'initiative qui. Paris, s'tait donn pour
mission de commmorer' le premier centenaire de la
mort de l'Abb Grgoire, avait t pri de solliciter le
people et le Gouvernement haltien se joindre au peu-
ple et au Gouvernement franais pour rendre le plus
solennel hommage La mmoire de l'illustre Conven-
tionnpl.
Etant en Europe, pouvait-il s'abstenir de prendre
place, a Paris, parmi les plus hautes personnalits du
Gouvernement, du Parlement et de l'Universit qui, au.
grand amphithtre de la Sorbonne, clbrrent le 31
Mai,la gnrosit et la noblesse de l'Abb Grgoire don't
toute la vie fut consacre la defense des opprims -de
toutes les races et de toutes les croyances et qui:-avee
une direction particulire prodigua aux efforts de civf








-3-

lisation de notre people naissant tote l'ardeur de son
intelligence et toute la virile tetdresse de son ceur
d'aptre.
Enfin, la conjoncture des occasions nous avait placs
parmi les six crivains qui fuient invits au premier
Congrs international des Socits professionnelles des
Gens de Lettres don't les assises devaient tre tenues
Paris, du 27 au 30 Mai 1931.
Nous considrmes cette invitation comme un hom-
mage de sympathie rendu moins nqus qu' quelques
uns de nos hommes de haute culture don't les mrites
s9rit apprcis au del d notre territoire et ifous esti-
mimes sa plus grande valeur le hasard qui nous oc-
troya l'insigne distinction d'tre les interprtes de la
pense hatienne dans un Congrs o nous allions ren-
contrer tant de clbres crivains du monde entier.
Mais, par une crueHe coincidence, Confrences, Con-
grs, Ftes commemoratives, toutes ces manifestations
officielles et publiques don't nous essayons de faire res-
sortir ici l'intrt divers et attachant, toutes ces tentati-
ves de groupements d'hommes de bonne volont, tous
ces tmoignages de solidarity international devaient
avoir leur plus grand clat presqu' la mme priode
entire le 25 et le 31 Mai.
Comment faire pour rpondre tant d'appels diff-
rents au mme moment, en obissant la simultanit
convergente des dates 1
L matire nous parut digne d'une decision qui fut
la fois compatible avec no. responsabilits officielles
et l'intrt gnral de notre people. Nous convinmes de
satisfaire d'abord aux exigences des deux Missions offl-
cielles pour lesquelles nous fnes plus particulire-
ment qualifis et nous nots entendimes pour une divi-
sion du Travail.
Le Dput Etzer Vilaire partirait pour Prague le 23
Mai. Le Snateur Price-Mars l'y rejoindrait l 3 Juin
aprIs avoir particip au Congrs des Socits Profes-
sionnelles des Gens de Lettres, aprs avoir rendu son
tributet l'Abb Grgoire au nom du Corps Lgislatif,
aprsfavoir pris contact avec l'office du Bureau interna-
tional, Genve.
Telle tait la resolution laquelle nous nous tions
arrts lorsque nous-atteignmes Paris le 20 Mai.
Trois jours aprs, ainsi qu'ils fut convenu, le Dput








-i.

Etzer Vilaire prenait l'Express pour Prague. Mais par
une douloureuse fatality, en course de route. il fut si vi-
lemment secou par l'attaque brutale d'une entero-colite
muco sanguinolente qu'arriv la Capitale de la Tch-
coslovaquie il ne put que garder la chambre.
Il avertit le Ministre des Affaires Etrangres Tch-
coslovaque de son malheureux tat de sant. Il escomp-
ta tout de mme une prompted remission de ses indis-
positions qui lui eut procur le plaisir de prendre rang
pai mi nos collgues de la Confrence parlementaire in-
ternationale. Vaine esprance. La maladie s'aggrava.
Le patient ayant un moment donn perdu connais-
sance, comprit quand il revint lui-mme qu'il lui
fallait regagner Paris au plus vite afin d'y trouver des
affections et un milieu medical o la mutuelle compr-
hension de la langue commune aideraient la jugula-
tion de son mal. Le vendredi 29 Mai, il arrival destina-
tion. Son Collgue n'avait plus qu'une seule chose
fair: renoncer l'excution du plan pralable et voler
vers Prague, en vitesse. Inoprante tentative. La Con-
frence venait de clore ses travaux le jour mme.
Ici, nous devons avouer qu' Port-au-Prince autant
qu' Paris, soit au Dpartement des Relations Extrieu-
res, soit notre Lgation de Paris, soit la Lgation
Tchcoslovaque nul n'avait pu nous renseigner sur la
dure de la Confrence.
En mme temps que la maladie annihilait ainsi notre
activity, en rduisant nant l'ingniosit de la division
de notre tche, nous apprenions que les Travaux aux-
quels nous tions convis de nous associer ne devaient
se poursuivre que dans l'espace de cinq jours dj p-
rims.
Heureusement que le programme si charge et si int-
ressant de la XVIIe Assemble plnire comportait non
seulement l'ordre des matires traiter mais que sur
l'initiative du Bureau permanent,ces matires avaient t
soumises l'examen pralable de hautes personnalits
internationals don't les opinions furent d'avance pu-
blies. Bon nombre de ces personnalits se trouvent
d'ailleurs parmi les congressistes runis Prague. Il ad-
vint donc que les rapporteurs choisis pour exprimer
leurs apprciations sur les questions dvolues la dis-
cussion de l'Assemble avaient en dehors de leur com-
ptence technique une aisance de rdaction qui eut t
singulirement entrave s'il se fut:agi de constructions
hatives ou improvises.







-5 -


Rapports et opinions ont t consigns en des publica-
tions don't tous les Congressistes pouvaient tire le bn-
fice d'un examen personnel.
Voici dans leur ordre d'importance les quatre ques-
tions arrtes en la Session plnire de 1930 au Snat
Belge et qui furent dbattues Prague en 1931.
io. La crise conomique mondiale
2o. La circulation des capitaux.
30. La crise agricole au point de vue international.
-4o. Simplification des formalits pour les transports,
notamment introductionn d'une lettre de voiture interna-
tionale transferable mme dans les transports combines;
mise en usage d'une terminologie uniform et maintien
du principle de la parit dans les transports ferroviaii'es
internationaux; facilits accorder dans les transports
postaux et par voie fluviale.

LA CRISE CONOMIQUE MONDIALE
La guerre de 1914-1918 n'a pas t seulement une des
plus grandes abominations qui aient souill la face de
la terre, la plus horrible boucherie qui.ait ensanglant
la main des hommes, elle a t par dessus tout une gi-
gantesque confusion des valeurs. Pour le succs de l'en-
treprise, de part et d'autre, les belligrants ont boule-
vers les vieilles notions sur lesquelles reposait l'cono-
mie du monde.
La production des matires premires destines
alimenter les industries de guerre a t partout pousse
au maximum de rendement. Leurs transformations,
leurs transports, leurs rpartitions, avaient dvelopp
l'ingniosit humaine une limited jusque l inconnue.
L'entretien de plusieu's ditaines de millions d'hmnimes
enr1s sous les ar'ies, la mobilisation des nergies
l'arrire, le' super-fonctionnement des usines, l'alimen-
tation des populations civiles avaient- dirig les recher-
ches vers les plus hautes ralisations. L'objectif des uns
et des autres combatants tait de fixer la victoire dans
l'un ou l'autre camp par tdus les moyens possibles. Ds
lors, il s'agissait pour toutes les rations en guerre de
drainer vers cet objectif toutes les resources disponi-
bles partout o on tait susceptible de-les acqurir. C'est
ainsi que les neutres furet galement entrains soute
nir les belligrants soit directement soit indirectement,
par-sympathie, calculs et intrts.








- (4 -


Une telle attitude gnralise rendit la guerre prati-
quement universelle.
Mais voici qu'aprs quatre ans de cette vie infernale
les hostillits cessrent tout coup.
Au retour de la paix, les nations allaient-elles repren-
dre leur mode d'existence antrieur la catastrophe?
La mise en commun des resources des peuples allis
ou associs allait-elle survive, au moins pendant quel-
que temps encore,auxcirconstances qui l'avaient provo-
que? Les Etats vaincus seraient-ils capable de payer
la totalit des pertes matrielles don't ils assumrent la
responsabilit par les traits de paix qu'ils signrent? Ou
bien taient-ils disposs satisfaire aux engagements
contracts? Dans quelle measure la dislocation d'anciens
Etats europens, la naissance ou la renaissance d'autres
Etats l'indpendance politique, la rectification de plu-
sieurs centaines de milliers de kilomtres de frontires,
la dispersion des possessions coloniales des vaincus et
leur attribution, par mandatou cession, aux vainqueurs,
dans quelle measure tous ces bouleversements allaient-ils
profiter la cause de la paix et reconstituer l'antique
fondement conomique et social sur lequel reposait le
monde moderne?
Autant de problmes que les nations allaient confron-
ter et don't la solution dpendrait de l'organisation de
la paix. Mais, il semble que si, selon le mot de Poincar
la paix devait tre une creation continue , elle n'avait
de chance d'aboutir une construction harmonique
qu'autant que les crateurs mettraient au service de
l'oeuvre de vie le mme esprit de solidarity qu'elles
avaient apport l'implacable volont de destruction.
Faut-il s'appesantir-sur les divergences fondamentales
qui surgirent pendant et aprs la conclusion laborieuse
du Trait de Versailles? Faut-il rappeler le dsaveu bru-
tal que le people amricain infligea M. Woodrowd
Wilson, l'initiateur de la Socit des Nations 'quand le
Congrs rpudia la signature du Prsident amricain
appose au bas de l'acte du Convent et dgagea le Com-
monwealth des obligations du Pacte de garantie?
C'tait la rupture tacite des peuples associs et allis
et le premier pas vers de futures dislocations. C'tait.
surtout, le retour vers I'individualisme national, l'exas-
pration des nationalismes et la recrudescence des
competitions et des concurrences qui constituent les










lments essentiels d l'conomie capitalist. Ds lors,
.on peut dire que le germe de la crise mondiale tait en
gestation et ne tarderait pas se dvelopper et crol-
tre des proportions monstrueuses semblables aux cau-
ses qui l'ont engendre.
Immediatement aprs la guerre, tous les organismes
nouveaux de production qu'elle avait fait surgir trou-
vaient encore une justification de leur raison d'tre
par la ncessit imprieuse qu'il y avait de prparer les
brches que quatre annes de mobilisation avaient im-
poses l'conomie mondiale. Le monde cherchait son
quilibre. Le rush vers la productioni- encore plus
de production - tait la chanson collective entonne
par toutes les nations. Et le marteau des usines rpon-
dait l'appel en frmissements de rithmes mtalliques,
et l'ensemencement des champs s'accroissait en hap-
pant I'tendue.
Un nouveau progrs industriel- la rationalisation-
iduisait la main d'oeuvre au minimum d'emplois ce-
pendant que le rendement se multipliait et que la vites-
se des machines accentuait l'conomie du temps.
En definitive, une si prodigieuse activity aboutit
l'efgorgement des marchs avec la surproduction des
articles industries et agricoles. Cependant il ne fau-
drait pas en conclure que la rpartition des products fut
ce point irrprochable que toute la terre en fut gn-
reusement inonde.
Tel est le dfaut d'organisation de l'conomie du
monde moderne qu'aujourd'hui comme hier. la surpro-
duction industrielle et agricole qui fait flchir les prix
des marchandises jusqu' provoquer des dbacles fi-
nancires et finutilisation des denres alimentaires,
cette surproduction n'empch pas qu'en certain cen-
tres des millions d'tres vivant meurent de faim et cr-
vent de dnuments. On veut dire que l'invasion brutal
des principaux marchs du globe par une masse de
products selon un mode de competitions et de concur-
rence acharnes a dtermin leur mvente et consid-
rablement alourdi leur consommation. D'autre part, il
faut considier qu'une trs notable fraction d'humanit
est soustraite la norme des transactions. Les guerres
civiles, les troubles, les boycottages et les grves don't
le Chine ,et l'Inde sont les foyer ardents empchent les
deux tiers de l'humanit d'apporter leur capacity de


-- i







-8--


coi-nommation en contrepoids la surabondance de la
production. A cela, il faut ajouter que la guerre a pro-
voqu des scissures profondes dans le monde occiden-
tal. La Russie a instaur chez elle une conomie sp-
ciale tire de la mystique collectiviste don't Karl Marx a
donn jadis la formule.
Lenine et ses.successeurs ont ralis dans l'ancien
empire moscovite les prodiges d'institutions nouvelles
don't aucune defense barbele n'empche la menace de
rayonnement sournois chez les voisins proches ou loin-
tains. En tous cas, il ont; eux aussi, les Bolcheviks de
1'U. R. S. S., soustrait plusde cent millions d'hommes
i la clientle du capitalism occidental et projettent
par le plan quinquennal des perturbations redoutables
don't le moindre effet serait une revolution -des mours
et un renversement des mthodes actuelles.
Voil schmatiquement expos l'nonc des causes
qui ont provoqu la crise conomique don't la rpercus-
sion s'tend sur le monde entier comme une tAche
d'huile.
LA CIRCULATION INTERNATIONAL
DES CAPITAUX
Cependant aux causes dj signales, se rattacht une
autre, complex et enchevtre merci, et qui accentue
considrablement les difficults inhrentes aux probl-
mes de la crise.
Si surproduction et sous-consommation sont les deux
lments primordiaux qui ont engendr le malaise don't
souffre le monde, il sera paradoxal d'en carter l'influ-
ence du mode de rpartition et de circulation des capi-
taux don't le rle est 3ssentiel au mcanisme de la vie
dans nos socits modernes.
Mais, qu'on ne s'attende pas nous voir traiter en son
mouvante ampleur cette matire don't tous les cono-
mistes dnoncent le caractre ardu.
Il faudrait nous engager sur le terrain des changes in
ternationaux des activits bancaires, des transactions
de bourse et des rglements des dettes internationales
qui pendant ces dix-huit dernires annes ont compli-
qu l'ouvrage des conomistes et enfivr les proccu-
pations des gens de finances;
Ici encore, ici surtout l'oeuvre de guerre a dsax les
conditions normales de la vie des peuples.







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Pendant la tourmente, les belligrdiats les plus riches
mettaient leUrs resources financires la disposition
de leurs allies. L'Allemagne tait le banquier des empi-
res centraux, tandis que les Etats-Unis, la Grande Breta-
gne et la France non seulement Y'entr'uidaient par de
gros emprunts inter-allis mais soutenaient les finances
des autres pays qui avaient li leur destined la leur
dans la lutte. Tant que dura la guerre, la poursuite des
desiderata communs assura la cohsion des moyens
d'aboutir au succs. Mais, au rglement de la paix se
posrent tout la fois les problmes des tributs imposs
aux vaincus par les vainqueurs: et la rpartition des
charges respective entire les vainqueurs: indemnits de
rparation, de restauration, de reconstruction, modes
de fixation du chiffre des dettes internationals, taux
d'intrts, systm.es d'amortissements et de rembourse-
ments, etc. Tous problmes de finances et d'conomie
politique qui ont confront la sagacit des technicians,
inquit la stability des Etats et soumis les homes pu-
blics aux plus dures preuves de gouvernement. C'est
pourquoi les conferences succdrent aux conferences
pour chercher un mode d'ajustement aux troubles fi-
nanciers et conomiques qui furent la rsultante des d-
squilibres montaires provoqus par les priodes ex-
ceptionnelles qu'on venait de traverser.
Et d'abord, l'une des premires consequences du con-
flit, ce fut d'imposer le course forc dans bon nombre d'E-
tats belligrants. Mais, aprs l'armistice, les G uverne-
ments ayant renonc aux moyens coercitifs et artificiels
grce auxquels certaines conomies faisaint face la
dprciation de leur monnaie, la db;cle des changes a
provoqu des bouleversements iiiecilcl ble rdans
maints pays.
Chez les vainclts d'abord,
Personne ne peut oublier, mminie ici, i quelles ruinies
se sont prcipits ceux que la speculation sur le mark a
entrain dans l'effolndremient de la monnaie allemande.
La couronne autrichienne a' suivi le sort de la double
monarchie disloque. Enfin, les vainqueurs don't les in-
trts les plus immdiats rsidaient dans la capadit de
paiement de ceux que les Traits ont assujettis au ver-
sement des indemnits de guerre ne purent accepter
que quelques uns des gages qui conditionnaient leur re-
tour a la prosprit s'vanouissent si promptement en
leurs mains. Ils s'associrent au renflouement de l'Alle-
magne et de l'Autriche.






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Mais voici qu'aprs le mark et comme un chc en re-
tour, ce fut le franc franais, le franc Belge, la lyre Ita-
lienne qui perdirent leur stability coutumire.
L encore, le prodige des redressements amena les
hommes d'Etat responsables a s'agripper des measures
de defense qui rtablirent la confiance branle dans la
valeur des monnaies de leurs pays respectifs.
Que toutes ces crises montaires aient donn lieu
des transactions complexes sur les marchs de Londres
et de New-York o la livre Sterlingjusque l intangible
et le dollar toujours ferme assuraient la solidarity de ces
places, c'est ce don't il convient de se louer puisque de
telles conditions ontcontribu assainir les finances de
maints pays plongs dans le chaos de l'inflation.
Au demeurant, les pays monnaies avaries ne recu-
lrent devant aucun moyen pour oprer le redressement
de leurs finances compromises.
C'est ainsi que bien que les Puissances runies la Con-
frence de Bruxelles en 1920 eussent prconis le retour
immdiat la stability montaire, toutefois, elles ne pu-
rent excuter en sa strict rigeur cette resolution adop-
te l'unanimit des membres presents, ce tut cepen-
dant une indication des tendances de la finance interna-
tionale. Il n'est pas tonnant que la Confrence de Gnes
dictt en 1922 le rattachement des monnaies l'or par
des mthodes permettant l'conomie du mtal grce
la pratique soit du Gold Bullion Standard (talon de
barres or) soit du Gold Exchange-Standard (talon de
changes or). (1) On revenait grce ce truchement
l'assainissement des monnaies.
Mais la pratique d'une telle mthode amena un dou-
ble rsultat. D'une part, la circulation lgale de l'or fut
moins entrave. Cependant que, d'autre part. l'accumu-
lation du mtal en certain pays par de puissantes insti-
tutions allait servir il des transactions de haute en-
vergure. De ces operations devaient surgir de nouvaux
probimes. Car enfin si le Gold Exchange Standard a
affermi les marchs grce l'aisance avec laquelle il
permettait la conversion en or des devises de bon aloi,
il n'en est pas moins vrai que le succs et la grande fr-
quence de ses operations attirrent de formidable r-
serves d'or aux Banques qui en taient les principaux
protagonistes.
(1) Germain Martin Rapport -







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Par exemple, on a remarqu que les Federal Reserve
Banks des Etats-Unis don't les encaisses taient de 3.746
millions de dollars en 1923 avaient atteint 4.224 millions
en 1930 soit la moiti du stock mondial de l'or. La Ban-
que de France qui dtenait une encaisse mtallique de
1.253 millions de dollars en 1928passait 2 milliards 100
millions en 1930.
Cette considerable accumulation d'or aux Etats-Unis
et en France a pos un problme de grande acuit sur
le mode de rpartition du prcieux mtal. Des cono-
mistes ont accus cette mthode de concentration de
l'or d'avoir pes lourdement sur l'conomie mondiale
en restreignant la capacity d'achat d'un grand nombre
de pays et en dsquilibrant les prix sur le plus grand
nombre de marchs. Le tait est que si un pays comme
la Grande Bretagne don't la bourse de Londres et la
solidit sculaire de la livre sterling ont servi de pivot
la stabilisation des monnaies trangres a t trs forte- .
ment branl par la fuite des capitaux vers New-York
et Paris, il est constant que le drainage incessant de
l'or du monde vers les deux centres prcits est une
perptuelle menace de troubles financiers. Et, pour jus-
tifier cette assertion, il n'y aurait qu' citer les oscilla-
tions rcentes auxquelles la livre sterling a donn lieu
et a provoqu tant de perturbations sur le march des
deux mondes. La crise de la livre indique de faon for-
melle que Londres ne saurait remplir son rle de clear-
ning des transactions internationales qu' la condition
que la devise anglaise garde sa parfaite convertibilit
en or.
Que si, sur le Continent, on accuse la politique social
de la Grande Bretagne, les placements de ses capitaux
sur des marchs incertains, le dsquilibre de ses in-
dustries, la hausse dos salaires et l'augmentation dh
chmage d'avoir t parmi les principles causes qui
ont provoqu l'instabiiite rcente de la livre sterling,
les anglais n'ont peut-tre pas tout fait tort de criti-
quer avec amertume le drainage de l'or vers New-York
et Paris come une suite d'oprations dangereuses
don't la rpercussion international devait un jour ou
l'autre s'attaquer l'intangibilit de lur monnaie.
Au fait, le credit du monde s'est trouve accul sui-
vre avec inquitude les oscillations des marchs o se
forment et se distribuent les capitaux.
Parmi ces places, New-York, Paris et Londres ont







- 12 --


jou un rle capital. Or, la distribution des credits, par
ces temps d'inquitude et de crises, en crdits long
terme et en crdits court terme, n'a pas peu contri-
bu obscurcir la sitaution au lieu de la dnouer.
Tous les conomistes sont d'accord pour dnoncer les
credits court terme comme un signe certain de la d-
fectueuse circulation international des capitaux. On a
fait valoir que celle-ci rside dans le manque de con-
fiance que les dtenteurs de capitaux manitestenf con-
tre les pays o. les besoins de l'industrie de l'agriculture
ou autres pou9sent le plus l'appel pressant des capi-
taux. Il est non moins vident qae ces crdits caract-
risent la peur du capital de se laisser engager dans la
maille des transactions en des pays don't la force de r-
sistance parait douteuse et don't la volont de-redresse-
ment semble conditionne par des facteurs politiques
instables.
Que, d'autre part, l'chec des conferences o les hom
mes de bonne volont s'assemblent de temps autre
pour garantir efficacement la paix parmi les peuples
par le dsarmement mutuel ou du moins par la limita-
tion effective des armements aboutisse en fin de comp-
te, augmenter l'incertitude universelle, c'est encore
une remarque qui explique pourquoi le prt des capi-
taux court terme est un symbol de l'inquitude mon-
diale. Il n'y aurait qu' rappeler les crises de dfaillance
qui ont frapp le march Allemand l't dernier: fuite
des capitaux, retrait prcipit des devises, dtresses des
banques, appel angoissant des dirigeants vers les cen-
tres de credit, intervention de Mr Hoover et moratoire
conscutif ces dmarches pour illustrer les proposi-
tions qu'on vient d'noncer.
En definitive, on cou vient que pour amener une d-
tente dans la crise mondiale, il faudra i revenir l'emploi
des capitaux long terme gags sur la bonne foi des na-
tions emprunteuses, sur leur volont non quivoque de
se consacrer aux ouvres constructive de paix et sur
une politique prudent de justice social.
3o. CRISE AGRICOLE
Mais pour que la ralisation de tels desiderata s'ac-
complisse ,il faut que les autres facteurs de la crise
soient juguls ou rduits au moindre tat de malfai-
sance.
Or,_ qui apprendrait-on que la situation agricole dans
le morid eentier est la.base des troubles co~omiques
dont nous subisso*s l'&pret maitenant t
gt quelle'estl'oragine de la rise agricole ? quelles en .
soetilesmodalits:? L -







-- 13 -


Nous avons essay de montrer plus haut que la sur-
production industrielle, et la forme dfectueuse du cr-
dit sont les principaux lments du dsquilibre cono-
mique actuel.
Les consequences d'un tel tat de choses ont eu leur
rpercussion sur l'conomie agricole. L aussi, l sur-
tout la surproduction et la sous-consommation ont eu
des effects dsastreux sur le comportement des marchs.
Et s'il fallait corroborer notre assertion par des exem-
ples probants, il n'y aurait qu' citer la cte de produc-
tion actuelle de trois ou quatre denres pour mettre
l'vidence combien les facteurs don't nous venons de
parler psent lourdement sur les marches.
En effect, d'aprs les statistiques de l'Institut interna-
tional d'agriculture de Rome de 1925 1931, l'excdent
des stocks de froment a suivi la courbe ascendante que
voici:
1925-1926- 34 millions de quintaux,
1926-1927- 51 millions de quintaux,
1927-1928- 69 millions de quintaux;
1928-1929-120 millions de quintaux,
1929-1930-114 millions de quintaux,
1930-1931-120 millions de quintaux.
Pour le sucre provenant des betteraves sucrires et
de la canne sucre, la Confrence de Bruxelles a signa-
l que les stocks ont pass de 245.000 tonnes ( 1925-1927)
383.000 tonnes en Octobre 1930.
Pour le caf, les stocks ont vari de 427.000 tonnes
15.552.000 tonnes.
Pour le cotton de 748.000 tonnes H 1.186.000 toiine:!s.
Si l'on ajoute que le cot de la production est en gn-
ral de beaucoup suprieur au prix des denre?, on aura
une just ide de la dvalorisation du travail agricole et
du caractre de la crise qui alourdit cette branch de
l'activit humaine.
40. SIMPLIFICATION DES FORMALITS
POUR LES TRANSPORTS, NOTAMMENT
-INTRODUCTION D'UNE LETTRE DE VOITURE
INTERNATIONAL ETC. ETC.
Dans les desseins de favoriser les relations internatio-
nales au point de vue d'une plus grande simplification








- 14 -


des conditions des changes, la XVIIe Conti ence a mis
l'tude les moyens les plus propres obvier aux in-
convnients qui rgissent l'heure actuelle la libre cir-
culation des trains internationaux sur le continent exro-
pen, le transport des ma:chandises sur les fleuves in-
ternationaux et l'amlioration des measures adoptes par
la Convention de Berne sur l'change des colis postaux.
L'application restreinte de ces tudes aux conditions de
la vie europenne sauf les desiderata exprims sur une
amlioration ventuelle de la Convention de Berne,
nous dispense de leur accorder un long dveloppement.
Nous leur assignerons une place adequate dans l'en-
semble des voux qui ont t proposs l'agrment de
la Conference.
Ainsi, sur la crise mondiale, le rapport de M. Justin
Durand, Dput au Parlement franais, ancien ministry,
a about aux conclusions resumes ci-aprs en peu de
mots :
VEUX
Il est ncessaire d'adapter la capacity d'achat des
consommateurs la production en diminuant le prix
de revient des marchandises. On y parviendra aussi par
un relvement progressif des salaires qui augmentera
ipso facto le pouvoir d'achat des masses ouvrires. Si
ces remdes sont valables sur le plan national, il con-
vient de les tendre au de l des frontires de telle sorte
qu'on arrive un assainissement des relations conomi-
ques entire les peuples. L'une des conditions essentielles
la ralisation de cette politique international, c'est le
soutien que les Etats les plus stables,les plus forts,lesplus
prospres doivent accorder aux pays don't l'essor co-
nomique est retard et don't le pouvoir d'achat restreint
est par cela seul une cause de diminution des changes.
D'aute part, tant au point de vue national qu'au point
de vue international, le remde le plus puissant de la
crise serait sans doute !'ajustement concert du niveau
de la production aux possibilits actuelles du dbit .
On ne peut parvenir de telles fins que par des enten-
tes, des cartels, des organizations don't l'Etat aurait le
contrle.
C'est admettre du coup qu' la norme du libre chan-
ge qui fut nagure l'idal de l'conomie occidentale, il
fau dsormais substituer une conomie organise et
dirie.








- 15 -


En ce qui concern la circulation international des
capitaux, M. Germain Martin, Dput au Parlement
franais, ancien Ministre des Finances, a propos dans
son rapport que:
o1. La rorganisitiiin con umique n'est point es-
prer tant que des masses de credits flottants se d-
placeront brusquement, de march march, et provo-
queront des activits conomiques et boursires d'un
caractre factice et temporaire;
2o.- Qu'il est souhaitable qu'on restreigne les trop
grandes facilits d'ouverture de credits lorsqu'elles sont
causes d'exagration speculative ou de dveloppement
factice de l'activit industrielle et commercial.
3o.- Que la creation de capitaux gags sur des en-
caisses de devises-or, ou bien sur des titres on pension,
ou bien sur des cautions de banque, ou bien sur des
changes d'aval, soit portionne autant que possible,
aux provisions de dveloppement de l'activit cono-
mique.
40.- La rorganisatien conomique de l'Europe, par
le credit et la transformation des crdits court term
en crdits long terme n'est esprer que par une po-
litique de rapprochement et de pacification des tats
intresss; que cette politique seule pourra substituer
la confiance l'incertitude, cause dterminante de l'h-
sitation des capitalists s'engager dans des operations
pcuniaires de longue dure.
Quant aux remdes proposs la Confrence pour
l'amrioration de la crise agricole, ils consisteraient en
une extension de la consommation des products agrico-
les et principalement du froment don't la production
doit tre organise de teae faon qu'il y ait moinis de
surfaces emblaves et une meilleure rpartition des
rcoltes.
Au surplus, il serait souhnitable que les peuples qui
ont substitu la consommation de la viande, des oufs
et (des drivs du lait celle du pain reviennent leurs
habitudes antrieures sans prejudice d'un relvement
de moeurs Standard.
, De mme, il est desirable que s'acomplisse la ralisa-
tion du plan Chadbourne propos la Commission co-
nomique de la Socit des Nations et qui consist en une
limitation des exhortations internationales du sucre. Ce







- 16 -


plan devrait avoir pour consequence un contingente-
ment de la merchandise exportable pour chaque pays
producteur et en definitive une moindre surface cul-
tive.
Enfin sur la question des transports internationaux la
Conference met le Voeu:
lo.- Que dans le but d'acclrer les transports et
dans l'intrt du Commerce international, tous les obs-
tacles existent encore et qui gnent le Commerce inter-
national soientsuprims, et que notamment, dans le but
d'affranchir les marchandises en transit de toute espce
de taxes de manipulation de caractre douanier ou fer-
roviaire, tous les Etats intresss mettent en usage une
declaration de douane uniform;
20.- Que, tant dans le traffic ferroviaire internatio-
nal que dans les transports internationaux combines
- chemins de fer, navigation fluviale- il soit introduit
une lettre de voiture, international de type unifi, qui
serait ngociable et aurait, par consquent, le caractre
d'un titre transferable.
3o.- Que les Etats participants s'entendent pour se
servir dans les tarifs de transports d'une designation
des marchandises uniforms ( terminologie uniforme,
ou tout au moins pour le territoire des Etats qui ont
adhr la Convention de Berne;
4o.- (1)
50.- (1)
6o.- Que dans les transfers postaux internationaux
les modifications suivantes soient unimformment in-
troduites.
(a) dans les transports des colis postaux, le poids ma-
ximum que ces derniers pourront avoir sera port de
20 24 kilogrammes;
(b) la notion international .d' objets facilement p- p
rissables , sera dfinie, afin de supprimer les difficults
dans leur transport et d'ordonner le cas chant, un
mode d'empaquetage uniformei,
(c) les tlgrammes-lettres seront admis au trans-
port postal dans tous les Etats;

(1) Nous na croyons pas devoir traascrirei ls 4e, 3e, 6e et 7e vu qui ont
un caractre strictement europen.







17 --

(d) le transport des chantillons sera facility et ten-
du aux Etats qui jusqu' present n'admettent dans leurs
transports postaux les envois d'chantiliqns avec rduc-
tion de droits do douane.
(e) en ce qui touche les dispositions relatives la
designation de l'origine des marchandises, il sera ac-
cord des facilits en temps qu'elles prescrivent que la
marque d'origine doit tre porte par l'article min e.
puisque cette prescription est irralisable pour certaines
espces de marchandises, etc, etc, etc.
Telles son: exprimes en termes synthetiques, les r-
solutions auxquelles ont about les travaux de la XVlIe
Assemble plnire de la ConIrence parlementaire in-
ternationale du Commerce.
Elle a dmontr, par la quality spcifique des sujets
qui ont retenu son attention, combien les divers aspects
de la crise mondiale sollicite l'iitelligence et la volont
des peuples et des Gouvernements.
CONFERENCE INTERNATIONAL
DU TRAVAIL, XVe SESSION TENUE A
GENVE
Quoiqu'il en fut, cependant et malgr l'autorit des
technicians auxquels a t dvolue l'tude, des ques-
tions portes son ordre du jour, la Confrence de Pra-
gue ne pouvait pas avoir la prtention d'accorder aux
faces multiples du problme conomique l'ampleur de
la discussion laquelle il a t soumis Genve pres-
qu'au mme moment. En vrit, ce fut notre bonne for-
tune que la crise mondiale ait a ce point polaris l'atten-
tion des hommes qu'aux grades Assises annuelles de
l'Orgonisation international du Travail, elle ait t trai-
te par des spcialistes venus .de toutes les parties du
monde qui en avaient reu la mission express de leurs
gouvernements tandis que d'autres dfendaient les
points de vue des capitalists contre les objections des
Reprsentants du Travail organis.
CHOMAGE
Ei effect, si les sujets inscrits i l'ordre du jour de la
XVe Confrence de l'Organisation International du Tra-
vail arrt la Session de l'an dernier comprenaient:
to.-L'ge d'admission des enfants au travail dans les
professions non industrielles.







- 18 -


2o.-La dure du Travail dans les mines de Charbon.
3o.-La Rvision partielle de la Convention coicer-
nant le travail de nuit des femmes.
La question maitresse qui a domin la Session Con-
tractuelle de 1931 et qui lui a donn sa plus haute signi-
fication fut le chmage.
Monsieur Albert Thomas, Directeur de l'Organisation,
avec la matrise coutumire, la pntration d'analyse, la
sagacit de jugement et la souplesse de dialectique qui
constituent les moindres qualits de son esprit a consa-
cr 54 pages in 4o de son rapport annuel traiter la ma-
tire. Sur le mme thme, pendant plus de huit jours,
devant une Assemble de quatre cents membres envi-
ron, les Dlgus du monie oux rier, du patronat et des
Gouvernements ont apport l'ardeur d'une discussion
vigoureuse soutenue et passiotnnante dmler les cau-
ses du mal et proposer les moyens de le combattre.
Il serait tmraire qu'on tente ici de ramasser en quel-
ques lignes les donnes d'un problme d'une si mou-
vante grandeur et d'un si prodigieux enchevtrement.
SMais, measure que les groups reprsents Genve
en dnoncaient l'expression, on s'est attach en suivre
le dveloppement avec d'autant plus de curiosity -atten-
tive que nous connaissons la physionomie gnrique
qu'affecte le chmage en Hati. Et nous tions anxieux
de recueillir le bnfice des measures, des experiences,
des tentatives d'amlioration ou d'extinction que d'au-
tres pays d'organisation plus ancienne, d'armature plus
solid que le ntre, ou, au contraire, de contexture co-
nomique, de formation social et politique similaires au
notre avaient tirs de leur lutte contre le chmage. C'est
pourquoi nous avons lou l'opportunit qui fit de la XVe
Conference de l'Organisation Internationale du Travail
comme une suite, path,.tique et largie de la XVII Con-
frence parlementaire international du Commerce.
Deux considerations ont ralli l'unanimit des Ple-
rins de Genve: l'universalit de la crise de chmage et
l'acuit des souffrance- qu'elle a engendres.
Du Nord au Sud, de lEst l'Ouest, partout, sur les
cinq continents, o il y a des homes, un people gros-
sissant de sans travail exhale sa misre. La statistique
incertaine et difficile accusait en Mai: 1931 le chiffre ap-
proximatif de 20 millions de -chmeurs rpartis sur
tous les points de la plante. Approximation en dea.de







- 19 -


la vrit si l'on tient compete des pays comme le nMtre
o aucun effort de statistique n'a jamais t ralis, si
l'on considre les agglomrations coloniall.s don't il a
td trs peu question, si, enfin, l'on tablit les camout
flages don't par excs d'amour propre certain Gouver-
nements tentent d'envelopper la dranmatique position
de leurs peuples.
La situation a-t-elle change depuis un an? Qui oserait
le soutenir ? Elle a empire en certaines parties du glo-
be. Non seulement, il n'y a pas eu de reprise des affai-
res, mais des catastrophes effrayantes ce sont abattues
sur quelques contres.
Terribles inondations dans le Yangts chinois, guerre
cruelle entree la Chine et le Japon, grves et boycottages
dans l'Inde, .recrudescence rythmique des souffrances
d'hiver, destruction de villes par secousses sismiques
en Occident.
Tel est, ce nous semble, le visage svre du monde
en ces derniers temps.
Peut-on trouver la raison d'tre'de cet tat de choses,
hier comme aujourd'hui
En cartant les causes dtermines par les phnom-
nes physiques sur lesquels la volont humaine n'a pas
de prises, il nous parait que la structure du monde mo-
derne se prte avec quelque complaisance au choc de
ces malfaons qui priodiquement amnent les pires
preuves do misre et d'indigence. Que si les souffran-
ces de l'heure atteignent un certain paroxysme d'pret
et de cruaut, au point de paraitre exceptionnelles, elles
n'en sont pas moins engendres par les vices morpholo-
giques du systme.
De tous les points de l'horizon, ces vrits lmentai-
res ont t proclmnes avec une concordance impres-
sionnante. Econobiistes dgags des contraintes troi-
tes des catgol ies d'coles, syndicate d'ouvriers courbs
sous l'emprise des faits, organizations patronales proc-
cupes d'avenir et soucieuses de cooperation, associa-
tion religieuses prises de justice social toutes ces
voix ont dnonc les dmarches de la socit moderne
o l'anarchie de l'individualisme exaspr a succd
la tyrannie occulte des puissances' d'argent sans autre
frein que l'ultime capacity de comptitions et de ruines
accumules. Il n'est pas. tonnant qu'une telle structu-
* re spciale ait engendr des maux sans nombre. C'est ce






- 20 -


qu'a proclam avec une remarquable vigueur l'Encycli-
que papale sur La Restauration. de l'Ordre Social
lorsque Sa Saintet Pie XI signal: Ce qui, notre
poque, frappe tout d'abord le regard, -ce n'est pas seu-
lement la concentration des richesses, mais encore l'ac-
cumulation, d'une norme puissance, d'un pouvoir co-
nomique discrtionnaire aux mains d'un petit nombre
d'hommes qui, d'ordinaire ne sont pas les propritaires.
mais les simples dpositaires et grants du capital qu'ils
administrent leur gr... Cette concentration du pou-
voir et des resources, qui est comme le trait distinctif
de l'conomie contempor&ine, est le fruit naturel d'une
concurrence don't la libert ne connait pas de limited;
ceux-l seuls restent debout, qui sont les plus forts, ce
qui souvent revient dire, qui luttent avec le plus de
violence, qui sont les moins gns par les scrupules de
conscience.
Et si, d'autre part, la proposition continue dans le c-
lbire -Document pontifical sur la condition des -ou-
vriers repose sur un principle incontestable savoir
que le travail manuel est la source unique d'o pro-
vient la richcsse des nations, il n'y a point de doute
que l'injustice qui rsulte de la rpartition si pr-fond-
ment dfectueuse des richesses et de l'usage oppressif
centre toute une catgorie d'hommee don't elle est la
consequence ou l'occasion est la bases du present d-
squilibre du monde.
Mais toute la. dfectuosit don't il est ici question en
dnonant le comportement habituel des Socits Mo-
dernes ne rend compie que du mcanisme des crises
frquentes qui sont i ihrentes une malfaon fonda-
mentale. Elle est la source originelle des difficultspr-
sentes sans en tre la raison immediate et la plus ais-
ment accessible. L'acuit de la crise actuelle rside dans
le? causes don't nous avons dj signal le formidable
dveloppement plus haut:
Surproduction industrielle, surproduction agricole,
mvente des marchandises, diminution du pouvoir d'a-
chat. mauvaise circulation du capital, retention dange-
reuse en certaines institutions de l'or disponible. Con-
traction excessive de la consommation.
Si nous sommes arrts chacune de ces causes en
particulier, nous n'avons pas mis en relief combiep l'in-
gniosit des magnats de l'industrie a voulu en attnuer
les effects et combien l'initiative de certaines measures






-- 21 '-


thoriquement parfaites mais d'application dangereuse
a jet le dsarroi dans le monde dtr travail en aggravant
les conditions du chmage.
Pendant ces dernires decades, le mot d'ordre tait
de fire produire au machinisme le maximum de rende-
ment en un minimum de temps avec un minimum de
bras.
C'est ce qu'en terme technique on appelle la rationa-
lisation du travail. Magnifique progrs, sans doute. R-
percussion profonde sur la main d'oeuvre ouvrire dans
l'industrie comme dans l'agriculture. La mcanisation a
diminu l'emploi du facteur human en des proportions
impressionnantes. M. H. B. Butler, Directeur adjoint de
l'O. I. T. dans un voyage aux Etats-Unis a fait la remar-
que suivante: La moissonneuse-batteuse.partout oelle
estadopte prive d'emploi cinqtravailleurs agricoles. Or.
l'emploi de ces machines s'est dvelopp en certain
pays dans des proportions formidable. Au Kansas, on
en comptait 14 en 1918, 20.000 en 1928, 25.000en 1929.'Au
Canada 2 en 1922, 18 en 1925, 4.341 en 1928, 7.215 en
1929.
II enat de mme dans l'industrie. Et voil donc que
ce qui tait appel attnuer les souffrances du travail-
leur par I'eonomie du temps devient un motif d'angois-
se et de douleur par la suppression tout entire des mo-
yens d gagne-pains.
Une autre cause de chmage que nous n'avons pas
encore signale et qui a un rapport direct avec l'cono-
mie hatienne est ce que le Conseil d'administration de
l'Office Internationll du Travail appelle l'ajustement
(dls mouvements dmographiques aux possibilits d'ex-
ploitation des resources du globe.
Si M. Albert Thomias n'a pas retenu ce phnomne
come une cause indiscutable de chmage, on nous
permettra de ne pas nous rallier sa thse.
Il a t signal que pendant ces dernires annes la
population du glope s'est augmente (le 10 o/o. Elle ne
serait pas moins de un milliard sept cents millions d'ha-
bitants ou trs peu prs. Il est indniable que, si cer-
tains pays, tells que les Etats-Unis d'Amrique de Nord,
tels que la plps grande parties des Etats de l'Amrique
du Sud oqt eq cre de vastes territoires habitables et
trhs pou habitat, le peuplement du globe se rpartit par
ailleusrsen 40! agglomrations de densit excessive en







- 22 -


certain autres points comme en extrme-Orient, par
example.
Si, d'autre part, les pays de faible densit offrent de
grandes possibilits d'exploitation ou simplement des
moyens ventuels d'un minimum de bien tre, ils atti-
rent de ce fait toutes les tentatives des humanits in-
quites d'amliorer leur standard de vie.
Il rsulte de cette simple remarqu dmographique
que les immigrations internationales sont enclines
tablir un rythme de dplacement de pays surpeupls
aux pays moins peupls. Le rythme s'accentue quand
dans les pays populations clairsemes les marchs du
travailavaient jadis l'habitude de faciliter des embau-
chages, sans condition.
Or, depuis quelques annes des lois svres ferment
les frontires de beaucoup d'Etats qui furent nagure
les terres classiques d'immigration. Au nationalism
politique s'aggrge le nationalism ouvrier camoufl de
considerations eugniques.
Avons-nous besoin de citer combien nos migrants
souffrent par centaines de mille dans les Rpubliques
dominicaines et cubaines? Et les restrictions quelque
fois odieuses apportes dans les facults de dplace-
ment des masses ouvrires ne sont-elles pas suffisantes
pour provoquer le chmage dans les pays comme le
ntre, o faute de procds techniques permettant l'in-
tensification de la culture, la surface arable, en bien des
rgions, ne correspond que trs mdiocrement aux
possibilits de vie dcente d'une population en sur-
nombreP
REMDES
Or, tant donn le chmage ainsi constat, taint don-
n les causes multiples et profondes qui l'ont engendr,
quels remdes opposer ses dsordres, comment en-
rayer les effects et par quelles mthodes attnuer, neu-
traliser ou supprimer sa malfaisance?
Peut-on imaginer une organisation international du
travail assez perfectionne pour assurer la stability de
l'emploi tous les travailleurs en dehors mme des fluc-
tuations conomiques ?
D'aucuns le pensent et en ont soutenu les possibilits
avec une magnifique hauteur doctrinale. Ecoutons les
Sloquentes objurgations d M. de Michelis. Ambassa-








deur de S. M. le Roi d'Italie sur un mode de cooperation
international:
Cette action, s'crie-t-il, consiste dans l'change en-.
tre divers Etats, des facteurs mobiles de la production
conomique, hommes, matires premires, capitaux, et
dans la combinaison de ces facteurs mobiles avec le
facteur immobile: la terre. -C'est un fait d'exprience
commune qu'actuellement ces facteurs ne se combinent
pas travers le morde selon un principle rigoureux de
rendement economi-que maximum, l'un ou l'autre reste
par endroits, en dehors de toute combinaison produc-
tive ou tout au moins n'entre pas dans la combinaison
la plus productive. Nous voyons ainsi une grande quan-
tit de terres inoccupes, ou inexploites, des multitudes
immense d'hommes sans travail, des masses de mati-
res premires sans dbouch, des capitaux striles dans
.les Banques.
SOr, l'conomie n'est-elle pas un mcanisme dirig
par les volonts humaines ? et les volonts humaines se-
raient-elles incapables aprs tant d'expriences et de
dsastres, aprs tant d'effort pour le perfectionement
technique, malgr la reduction 'des distances par le pro-
grs des communications, de donner ce mcanisme
son fonctionnement rationnel, son efficacit maximum
pour le bien de tous les peuples?...
La thorie Marxiste place la technique au centre de
la dynamique social, et n6us sommes en train de faire
encore une fois la douloureuse experience de cette v-
rit d'ordre historique. Mais quelle sombre destine se-
rait rserve au genre human si le cerveau de l'homme
qui cre l'outil, si la volont et la main de l'homme qui
le font agir n'taient mme de le matriser, de le trans-
former, de l'adapter aux nouvelles exigeiirns...?
Il faut rationaliser l'conomie.-
Le principle rgulateur de celte organisation de
l'conomie doit tre la strict convenance conomique,
combiner les agents anims et inanims de la produc-
tion dans la measure, de la manire et dans les lieux o
'ils peuvent donner le rendement maximum avec le
moindre effort; viter les dperditions, les gaspillages;
les frictions qui empchent la combinaison la plus pro-
ductive des biens et des hommes; adapter le mieux pos
sible la production de ces biens aux besoins de ces po-
pula.tions; -attribuer la place qui leur revient aux int-







- 24 -


rts des consommateurs, c'est--dire obtenir une pro-
duction bon march, sans engorgements, des prix
qui ne soient pas altrs par des interfrences politiques
et par des intrts de categories, ..qui ne tarissent pas,
par consquent, les sourcesede l'pargne et n'entravent
pas la formation des capitaux.
Telle est la pense hautement constructive qui devait
dominer les proccupations des hommes d'Etat appels
confronter les ralits tragiques de l'heure prsente.
Elle est conforme la doctrine qui prvaut sur les
bords du Tibre o l'conomie dirige est l'une des donnes
essentielles du facisme. Mais le monde est-il pret se
dpouiller des particularismes troits qui font de cha-
que Etat une conomie en vase clos? Que si tout de m-
me les glorieuses tentative de cooperation internatio-
nale don't la Socit des Nations et'l'Office Intertional
du Travail sont de loquentes demonstrations doivent
un jour marquer un niveau d'efficacit, c'est au pro-
gramme d'action si heureusement esquisse par Mon-
sieur de Michelis qu'on demandera les procds d'une
rationnelle application du facteur.humain et des mati-
res premieres pour assurer l'quilibre des nations sur
la plante. C'est pourquoi, malgr qu'il en ait, la pense
italienne n'a exprim qu'une politique d'avenir.
Que faire pour le present qui nous accable par la bru-
tale pression des faits?
Il convient ici d'envisager la position des grands pays
industries o l'organisation social implique une poli-
tique de prvoyance et de sauvegarde don't on s'est par-
ticulirement occup Genve et la situation non moins
inquitante mais plus distant, des pays comme le n6tre
ou les organizations du travail et les proccupations
d'ajustement social sont peine bauches.
Dans le premier cas, en vue de remdier aux mfaits
du chmage, le Conseil d'Administration de l'Office du
Travail et son Direbteur, M. Albert Thomas, ont prco-
nis des measures qui ont t vivement discutes. Entr'
autres choses, les propositions suivantes ont t mises:
lo.-Une coordination entire les systmes nationaux de
placement telle qu'elle a t prvue par la Convention
de Washington afin que. les ouvriers puissent trouver
des possibilits d'emplois sans dispersions de dmar-
ches et incertitudes de.direction.
2o.-Une solution "quitable du problme des migra-






- 25 --


tions afin que soient leves dans un esprit de coopra-
tion international toutes les interdictions qui frappent
la mise en valeur des terres inexploites.
3o.- L'ajustement aux conomies nationals des con-
ditions de l'assurance-chmage tablie en certain pays.
Une tude approfondie de cette question fondamentale
par l'une des prochaines Confrences de l'O. I. T.
4o.-La collaboration du Bureau International du Tra-
vail avec les organes qualifies de la Socit des Nations
(Organisation Economique, Organisation du Transit.
Commission d'tude pour l'Union europenne, etc) en
vue d'une politique de travaux publics nationaux et in-
ternationaux...
Telles sont les recommendations gnrales qui ont t
soumises la Confrence en vue de remdier aux con-
squences de la crise mondiale.
On remarquera qu'elles sont peu applicables tous les
pays gnralement quelconques et qu'elles s'adressent
plus particulirement aux Socits don't les mours, les
lgislations, les organizations sont dj assez avances
pour que les solutions envisages s'adaptent leur situ-
ation en face de la crise.
En ce qui concern les measures recommanides aux
pays conomie retarde et fournisseurs de matires
premi res, nous retiendrons les desiderata exprimes par
les voix les plus autorises de la Confrence en faveur
de l'aide rationnelle accorder aux producteurs agrico-
les sous forme de credit afin de faciliter certain pro-
ducteurs de products dtermins le passage d'autres
cultures.
On nous permettra de trouver cette dernire sugges-
tion le bnfice le plus grand' le plus pratique et le plus
fcond de notre participation la Confrence de Genve.
Quoiqu'on dise ou qu'on veuille faire,toute solution de
la crise conomique hatienne rside dans l'angoisse
que provoque notre attachment inintelligent un mode
statique de monoculture.
II n'y a pas pour Haiti de problmes de surproduc-
tion puisque les rcoltes annuelles de notre caf n'ont
jamais eu la prtention de concurrencer par le nombre
les productions similaires d'autres pays. C'est un truis-
me de rpter ici que notre caf ne vaut que par ses
qualits sui generis darome et de got spcifiques. Il








est.donc souhaitable que.par une politique de pression
sur ls producteurs hatiens, pqlitiqie delicate faite de
*persuasion autant que d'intervention systmatique et
gnrale, le Gouvernement determine une production
intensifie et standardise.
On aura de ce fait uiie plus grande abondance du
meillenr caf hatien toujours en demand sur les mar-
chs spcialiss. Les prix seront toujours assez renu-
mrateurs pour que l'angoiss de la faim n'envahisse
point nos agglomrations paysaies.
Mais aussi il imported que soit entreprise l'autre tache
urgente de lutter contre la baisse de.prix qui atteint le
caf en poussant notre conomie d'autres cultures
don't les ctes sont encore belles sur les marchs de no-
tre voisinage, mme 'l'poque de crise agricole que
nous traversons. Nous eatendons parler de la culture
des lgumes et des fruits. Mangues, avocats, pample-
mousses ou chadques, slectionns et standardiss, l-
gumes frais ou secs, tomatoes, choux, aubergines, pois,
constituent pour nous de grandes possibilits d'enri-
chissement sur les marchs du Canal-Zone, des Etats-
Unis et du Canada..
Est-ce que notre sol encore vierge en bien des r-
gions poyr la culture de ces products, pst-ce que notre
sol encore riche.,e -productivit en bien. des -rgions
n'inciterait pas au redrssement: de notre quilibre co-
Snomique, si.nous organisions un effort de production
Stroitement ajust un systme de transports et d'-
coulement.,
C'est ici que doit-tre entendu l'appel l'conomie diri-
ge qui est devenu la note favorite et dj banalise de
. nos publicistes sans qulon prenne la peine d'en expli-
quer les. modalits d'application la. crise hatienne et
la norme historique de notre systme de gouverne-
ment. Il est vident que dans l'enchevtrement actuel
des intrts intrnationaux o se diessent tes nationalis-
mes conomiques exacerbs, on elve avec fivre des
barrires de douanes de Dplus en plus hautes ntre na-
tions. Nous nignorons pas cela. Encore moins ignorons
nous que l'idal de ~'conojie amricaine, par example,
c'est de tout exporter et de,;dfenidre les producteurs
amricains contre toite oncur ence ventuelle.
L'exemple du sucre cubain surles marehs.des Etats-
Unis est assez suggestif. .
Nous savons-que sur le sol de l'Union autant que dans.









ses territoires d'outre-mer certaines productions hai-
tiennes telles que le genre citrus prconis plus haut
rencontreraient l'opposilion des intrts des produc-
teurs nationaux et sous le camouflage des lois d'hygi-
ne, ces products risqueraient de se heurter des inter-
dictions svres.
Nous ne sommes pas dcourags par de tels obsta-
cles, Notre salut national nous oblige ne point nous
rebuter des tches qui -nous paraissent mmes surhu-
maines.
Si l'on envisage, d'autre part, que 80 o/o de nos im-
portations viennent des Etats-Unis de l'Amrique du
Nord et que nos voisins aient le plus grand intrt d-
velopper notre plus grande capacity de consommation
parce que ce sont eux qui d'abord en profiteraient le
plus-largement, il ne semble pas qu'il soit impossible
que les deux diplomaties, mme dans l'tat actuel des
choses, ne trouvent un terrain d'entente pour concilier
nos intrts apparamment divergents.
C'est l tout entire une tche de gouvernement. Nous
ne la croyons pas au dessus des hommes en qui va la
confiance du people.
:Telle est la conclusion laquelle ont about les sug-
gestions que nous avons tires de notre participation
la XVIIe Confrence Internationale du Travail.
Si grand qu'ait t pour vos Commissaires l'enseigne-
ment don't ils vous apportent le tmoignage dans le pr-
sent rapport, il nous reste vous signaler les decisions
auxquelles ont s'est arrt en ce qui concern les trois
questions qui ont t soumises la discussion de l'As-
..: semble plnire, savoir:
Slo.-L'Age d'admission des enfants au travail dans les
professions non industrielles.
II. -Dure du travail dans les Mines de Charbon.
III.-Rvision partielle de laConvention concernant le
travail de nuit des ferries.
.'A- unanimity des.voix, la Confrence a admis que la
' question relative l'ge d'admission des enfants au tra-
vail dans les professions non industrielles soit porte
l'ordre du jour de la XVIIIe Confrence.
Selon les mthodes de travail adoptes depuis 1921, la
question a t l'objet d'un dbat prliminaire qui a per-







- 28 -


mis de se renseigner sur les solutions lgislatives ou au-
tres dj accordes au problme dans les diffrentes
pays et sur la possibility d'arriver un rglement inter-
national. C'est Bla suite de ces travaux pralables que la
Conference s'est arrte sur la decision prise l'unani-
mit que, l'ordre du jour de la prochairde Assemble,
la question sera dfinitivement solutionne.
Dores et dj, la position de notre pays dans ce dbat
revet un caractre d'une extreme dlicatesse. S'il est une
plaie honteuse don't ptit notre milieu, c'est bien celle
qui dcoule de l'emploi de la main d'uvre enfantine
dans les professions non-industrielles.
Nous sommes tellement habitus a coudoyer les lai-
deurs que dcle cette forme sournoise de servage que
les meilleurs d'entre nous n'y font pas attention. Cepen-
dant, la domesticit salarie ou non dans toutes les cou-
ches de notre socit recrute une arme innombrable
d'entants de 7 17 ans don't les services ne sont condi-
tionns par aucune rgle de dcence, de morale ou
d'hygine.
Sous prtexte de pourvoir l'ducation des petits pay-
sans, les bourgeois de la ville les acceptent parmi les
gens de maison et souvent les pires besognes leur sont
infliges dans les pires conditions d'inhumanit. Quant
aux jeunes filles venues de la champagne et enrles
dans de semblables services, elles devienuent 80 o/o les
victims de la prostitution prcoce et htive.
Que de telles murs soient une abomination pour
l'avenir et la resistance de notre race, cela ne fait point
de doute.
Dans quelles measures, la future rglementation inter-
nationale de l'admission des enfants dans' les profes-
sions non industrielles va-t-elle rfrner nos habitudes
sculaires, nous ne saurions le pronostiquer.
Dans tous les cas, il est urgent qu' ct de l'apareil
pnal toujours lent et lourd s'mouvoir, toutes les Li-
gues, toutes les Associations, toutes. les Eglises dclan-
chent une croisade contre ce pch d'goisme collectif,
d'inconsciente Inhumanit et de criminelle insouciance,
afin que, graduellement, s'installe dans lecaeur etla ra.i
son des lites, cetterforme de nos mours vers plus de;
justice et de piti sociales.
C'est dans le mme esprit d'quit que la .Confrence







29 -

a admis une modification de la dure du Travail dans
les mines de carbon. Ce texte adopt rduit moins de
huitheures par jour le labeur desouvriers dans les sous-
sols miniers. Ce progrs n'a pu tre obtenu qu'aprs de
longues et difficiles ngociations entire les groups di-
vers: patrols, ouvriers et dlgus gouvernementaux,
pour laborer le compromise auquel on a about.
Il est regrettable que pareil rsultat n'ait pu etre.obtenu
en ce qui concern le travail de nuit des femmes-point
sur lequel il tait ncessaire de modifier la Convention
de 1919. La difficult principal provenait des adhsions
qu'il fallait obtenir de tous les gouvernements pour
abroger des lgislations mises en vigueur depuis 10 ans
seulement. Aussi, la majority des deux tiers qui tait
contractuellement necessaire pour modifier la Conven-
tion n'a-t-elle pas pu tre constate quoi que la plus
grande parties des Dlgus et t convaincue du bien
fond des rclamations prsentes par les ouvrires
quant a un allgement du travail de nuit des femmes.
Telle est dans son ensemble l'oeuvre accomplie par la
XVIIe Confrence du Travail runie dans les Assises so-
lenuelles de Genve.
Nous savons qu'un vent de scepticisme souffle sur les
Institutions de la Socit des -Nations don't le souci de
justice, d'humanit et de fraternity est loin de trouver
une ralisation intgrale sur tous les coins du globe.
Q'est-ce dire si ce n'est que lhomme courb sous le
poids millnaire d'une fruste hrdit animal ne mar-
che que d'un pas incertain vers la lumire du Droit et
de la Raison qui, pourtant, claire et ennoblit sa pauvre
existence ballote de chimres en chimres, de dcep-
tions en dceptions. Cependant si l'oeuvre de Genve
reprsente quelque chose, c'est la beaut de l'effort au-
quel quelques uns d'entre nous se haussent pour mettre
un grain 2de bont, une intentiontion de bienveillance,
un souci de justice parmi la malfaon de ce que nous
appelons si orgueilleusement la civilisation contem-
poraine.
-Si l'oeuvre de Genve attire encore une grande multi-
tude de plerins c'est qu'elle reprsente l'ultime esp-
rance de tous ceux qui croient malgr tout l'avnement
d'une re de paix, de cooperation fraternelle et fconde
parmi ls hommes de bonne volont.
Pour nous autres hatiens, qui affectons -tant d'indiff-
rence & ce qui s'accomplit sur les bords du Lman, il







- 30 -


serait profitable cependant que nous pensions .que- no-
tre faiblesse numrique, notre conomie attarde, notre
position prilleuse parmi le- camouflage des imprialis-
mes insatisfaits devraient tre autant de raisons de
nous attached' tout ce qui se fait partout:o il y a af-
firmer le droit la vie des opprimes, partout o il y a b,
proclamer: le'principe de l'ntr'aide international, par-
tout o Pexamen common des difficults internationa-
les cherche l'indication des meilleures directives sui-
vre pour le redressement de chaque nation en parti-
culer.
C'est la leon don't vos Commissaires ont essay de
tirer profit en pregnant part la XVlIe Confrence du
Travail.
LE ler CONGRS INTERNATIONAL DES
SOCITS` PROFESSIONNELLES DES GENS
DE LETTRES
Est-ce ici le lieu de parler des travaux du 1er Congrs
des Socits Professionnelles des'Gens de Lettres?
Beaucoup peuvent le penser non sans quelque appa-
rence de raison puisque nous n'avons pas reu mandate
official d'y reprsenter la nation.
Qu'importe cependant. Quand les organisateurs du
Congrs ont invit six d'entre les gens de Lettres d'Hati
MM. Charles Moravia, Constantin Mayard, Damocls
Vieux, Lon Laleau, Etzer Vilaire et Price-Mars venir
participer aux travaux de cette reunion international,
ils o.t honor en nous la nation haitienne tout entire.
Et puisque la coincide ice des dates a permis deux
d'entre nous de rpondre cette invitation en rejoi-
gnant M. Mayard en mission permanent Paris, il Put
t paradoxal de nous drober au rendez-vous et de ne
point en rendre compete a la Nation.
Et, d'abord, il ne s'est agi de rien de moins dans cette
rencontre des crivains de tous les pays que de fire la
mise au point de la Convention de Berne sur la propri-
t littraire-Convention que la Rpuplique d'Haiti a si-
gne c.onjointement en 1886 avec 12 Etats.
Les temps ont bien change depuis.
Les progrs de l'industrie moderne ont bris le moule
antique dans lequel se droulait l'orbe de nos occupa-
tions. Nos contemporains qui ont rduit la distance par
la conqute, de Pair ont aussi prodigieusement modifi
les conditions dans lesquelles nous gotions le tranquil-






- 31 -


le plaisir des informations littraires artistiques et
scientifiques.
Le Cinma, la radiodiffusion, la tlvision, le phono-
graphe ont boulevers la technique des arts et change
l'essence-mme de la proprit littraire. Il est nces-
saire que cet art nouveau qu'est le cinma-parlant qui
transform l'image et met le roman, la nouvelle littrai-
re, le scenario, la pice de thtre la porte de la foule
universelle, soit soumis de nouvelles rgles en ce qui
concern les droits d'auteur. L'homme qui a lanc tell
ide sous une forme litteraire quelconque roman ou
thtre-, ne doit pas tre susceptible de voir cette ide
projete en image sur l'cran et rapporter peut-tre une
fortune au cineaste tandisque lui, le crateur ignor, est
peut-tre en instance de crever de faim.Le musicien qui
a co.npos t3l air populaire vulgaris dans la plaque or-
thophonique ne doit pas tre ravi du just profit de sa
pense cratrice. Aussi bien, c'est avec joie que tous les
projects nouveaux proposes au 1er Congrs international
des Socits professionnelles ont t unanimement vo-
ts par les' nombreux crivains venus de toute part et
assembls Paris du 27 au 30 Mai.
Nous recommandons spcialement attention des
crivains le texte suivant qui a t adopt par le Con-
grs :
Le Congrs International des Socits Professionnel-
les des Gens de Lettres met le vou que dans tous les
pays, l'crivain soit considr comme l'auteur initial de
l'oeuvre cinmatographique et qu' l'exemple du statut
franais, une entente soit ralise entire les producteurs
de l'cran, pour qu'un droit d'auteur soit peru sur les
recettes du Cinma.
La Fdration Internationale s'efforcera ensuite d'u-
nifier ce droit.
Mais pour coordonner notre action, le Con1gre a pr-
conis la creation de l'organisation don't il est question
ici c'est- dire I'tablissemlent d'une Fdration interna-
tionale des Socits professionnelles des Gens de Lettres
destine servir d'organe de defense de nos intrts
professionnels. Les crivains presents ont unanime-
ment adhr cette proposition.
Mais, comment nous,haltiens, pouvons-nous cooprer
cette euvre de solidarity intellectuelle et internatio-
nale puisqu'il s'agit de relier les unes aux autres les So-
cits des Gens de Lettres de chaque pays et que nous







- 32 -


n'avons chez nous aucune Association similaire? Ne
semble-t-il pas que le moment soit venu de grouper nos
forces intellectuelles pour en faire un faisceau de dfen-
se de nos intrts professionnels? Il ne s'agit pas ici de
catgoriser les talents. Tout crateur intellectual: hom-
me de Lettres, musicien, journalist, etc., tous doivent
s'associer afin que le groupement ainsi constitu sous
quelque denomination que ce soit puisse s'affilier la
Fdration luternationale et participer une plus haute
vie intellectuelle par I'change des ides avec les Soci-
ts du mme type du monde entier.
Au demeurant, une semblable organisation ne servira
pas seulement les intrts corporatifs de tels groups
dtermins,si lgitimes qu'ils soient, mais tendra invo-
lontairement un rayonnement symbolique sur l'ensem-
ble des intrts de la Nation tant donn que le supr-
me objectif des forces intellectuelles d'un pays ne sau-
rait tre que l'exaltation de tout ce qui fait la supreme
beaut de ce pays.
La Socit des Gens de Lettres de France s'est multi-
plie pour rendre agrable le sjour de ses invits
sur la terre hospitalire de France. C'est ainsi que la
ville de Paris nous a offert une splendid reception
l'H6tel de Ville tandis que le President de la Rpublique
nous a accueillis avec son habituelle bienveillance dans
une garden-party l'Elyse. Ce fut ensuite le Gouverne-
ment qui nous a pris djeuner au Palais du Quai d'Or-
say avec la magnificence lgendaire don't il est coutu-
mier.
A la suite de toute ces ftess grandioses, nous nous
sommes spars avec la promesse de nous retrouver
fraternellement unis au Ile Congrs don't le sige a t
fix sur les bords du Danube, Vienne, au mois de Mai
1932.
IV
LE ler CENTENAIRE DE L'ABB GRGOIRE
Nous avons public ailleurs, dans la Revue de la Soci-
t d'Histoire du mois de Dcemre la relation de notre
participation aux crmonies Officielles dlu 1er-Cente-
naire de l mort de lAbb Grgoire auxquelles notre
people, le Parlement et le Gouvernement ont t invits.
Pour complter le prsnt rapport nous avons le plai-
sir d'y joindre un exemplaire de l Revue, auquel nous
vous prions de vous rfrer pour mieux vous rendre
compete de notre activity.




060

33 --


LE Xille CONGRS INTERNATIONAL DE
L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
Enfin, il nous reste dplorer les circonstances qui
ont empch celui d'entre nous qui fut confr l'hon-
neur de reprsenter le Gouvernement de la Rpublique
au XVIIIe Congrs International de l'Enseignement se-
condaire, de remplir les nouvelles obligations qui lui fu-
rent si gnreusement attributes.
Quand les Lettres Patentes qui nous accrditrent s-
qualits nous parvinrent la mi-juillet, nous tions hors
de Paris en prparatifs de retour en Hati, la voie direc-
te Bordeaux-Haiti tant provisoirement suspendue.
Malgr qu'il en ft,nous voulmes participer coute que
coute aux travaux de l'Assemble la date indique.
Des tlgrammes furent changs avec notre Minis-
tre Paris et le Prsident du Congrs la suite desquels
nous ne pmes que constater qu'aprs la sance inaugu-
rale du Congrs o des Dclarations de chaque Dlgu
furent lues au nom du Gouvernement qu'il reprsentait,
ses travaux ne durrent que 24 heures. Il nous tait im-
possible de rejoindre temps nos Collgues pour envi-
sager avec eux les modalits d'une amlioration ven-
tuelle des mthodes d'enseignement secondaire don't les
buts essentiels restent partout intangibles, tant donn
quil ne s'agit de rien de moins que de savoir par quelle
meilleure voie on peut parvenir dan? tous les pays ap-
prendre aux adolescents apprendre.
Tel est le rapport que nous avons l'honneur de vous
prsenter sur les problmes dbattus Prague, Gen-
ve. la Socit des Gens de Lettres, joint notre comp-
te-rendu des ftes commmoratives organises a la m-
moire glorieuse de l'un des plus grands bienfaiteurs de
notre people et de notre race. Nous esprons qu'il sera
possible aux deux Pouvoirs publics qui revient chez
nous l'initiative des lois d'y puiser des inspirations utiles
l'effet d'a mliorer notre situation conomique et d'adop-
ter notre legislation aux nouvelles conditions de la vie
international. Nous serious heureux si notre pays pou-
vait tirer quelque profit de cette impartiale relation et
s'il apprciait l'avantage offert ses hommes d'Etat de
se pntrer des hautes proccupations et des nobles
efforts qui ont rapproch, pour de lumineux changes
de vues, les reprsentants qualifies des nations les plus
avances du monde.
ETZER VILAIRE. Dr PRICE-MARS




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