• TABLE OF CONTENTS
HIDE
 Front Cover
 Response aux esclaves volontai...














Group Title: Réponse aux esclaves volontaires
Title: Réponse aux esclaves volontaires
CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081315/00001
 Material Information
Title: Réponse aux esclaves volontaires
Physical Description: 24 p. : ; 23 cm.
Language: French
Creator: Rigaud, Milo, 1904-
Publisher: s.n.
Place of Publication: Port-au-Prince
Publication Date: 1946
Copyright Date: 1946
 Subjects
Subject: Politics and government -- Haiti -- 1934-1971   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Notes
General Note: Cover title.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081315
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: ltuf - AHC4841
oclc - 21731163
alephbibnum - 001511873

Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover 1
        Front Cover 2
    Response aux esclaves volontaires
        Page 1
        Page 2
        Page 3
        Page 4
        Page 5
        Page 6
        Page 7
        Page 8
        Page 9
        Page 10
        Page 11
        Page 12
        Page 13
        Page 14
        Page 15
        Page 16
        Page 17
        Page 18
        Page 19
        Page 20
        Page 21
        Page 22
        Page 23
        Page 24
Full Text
-.d ^ __-. r. _


Rponse

aux

Esclaves

olontaire
.| par MILO RIGAUD


-R
97P~2. s o H
R q5 r
PORT-AU-PRINCE, HAITI.

*4 ,






















UNIVERSITY

OF FLORIDA

LIBRARIES


THITS VOLUME HAS BEEN
'ic OF ILMEO
h. T-E UNIVERSITY OF
fLO-OR A LIBRARIES.


I I


i












RE ONSE AUX ESCLAVES VOLONTAIRES


Emile St-Lot opre, avec son FLAMBEAU teint, le miracle de l'hypocrisie
multicolore: noir bne, don't le pre, chef de la police de Port-au-Prince, as-
ssassinait avec direction les ngres hatiens, il soutient la palette du Comit Ex-
cutif tout en hassant les hommes dorsinvilesques, alors que, depuis Roy, son
Eminence grise est un multre de la haute socit, clair comme un blanc.
Conserve,4ui, oublie de consulter le dictionnaire pour avoir la signification du
mot forat Aprs avoir crit, pour critiquer la LETTRE AUX HOMMES DE
TOUTES COULEURS., que sa classes s'avilirait davantage en se servant de ma
plume inteligente mais souille (sic), il nous pousse retrouver une carte de
visit adresse E. L. et sur laquelle il traait ces lignes stupfiantes : Edgard
Conserve, Licenci en Droit, Avocat, vous accuse reception de votre missive
lui adresse, don't la teneur, s'il veut bien l'tudier, lui fait un gibet de po-
tence (sic). Il vous informed que la BONNE SOCIETE, c'est--dire L'ELITE
HAITIENNE L'A TOUJOURS ADMIRE (sic). PEU LUI IMPORTED L'AT-
TITUDE DES CAMPAGNARDS qui mdisent contre lui (sic) pour faits de
sa profession. Il vous communique ces citations (sic) POUR VOUS FAIRE UNE
IDEE EXACTE DE LA PLEBE D'HAITI: ELLE FINIRA FORCMENT DANS
LA CRASSE MALGRE LE DEVOUEMENT ET L'INTLLIGENCE DES DIRI-
GEANTS ...
Il serait utile, pour la morality gouvernementale du Comit Excutif don't
il est le fervent pilier social, de rechercher pourquoi les campagnards m-
disent d'Edgard Conserve qui s'appelle plutt Thagne ....
Le rsultat de ces recherches difierait sur l'impossibilit morale d'abandon-
ner la conduite du char de l'Etat au gang de la Garde.
Mais vos maitres, peut-tre, toujours, plaideront pour cette impossibilit, tan-
dis que vous, dj, du REVEIL, vous crivez : des bourgeois stipendis, au
easier judiciaire charge, s'attaquent au Comit Excutif Militaire ....
LA REP LIQUE parle de bagnard, parait-il, car, n'tant pas habitu
me servir n'importe quel paper pour n'importe quoi, je ne l'ai pas lu ...
LE CO u ENTAL renchrit: .... Libr de la prison preventive pour
avoir, prt -on, (sic) contrefait la signature de M. (sic) Stnio Vincent ............
Emile Riga s'attaque la structure (sic) mme du pays.
Il n'est d c pas de doute: vous parlez tous de moi, de la Garde d'Haiti, de
Stnio Vince t et des vpres ngres organises par son successeur abyssal.
En ce qul a trait au bagnard au easier judiciaire qui serait un bourgeois
stipendi (sic), j'aurais pu me contenter de l'opinion hmisphrique don't la
lettre historique de Rafael Lonidas Trujillo Locardie Lescot, sozie impo-

-1-






litique de Stnio Vincent, vient de fur6r5u lger oh trs lger aperu....
- pour croire qu'il s'agit plutt de nl madversaire anti-judiciaire que pro-
tgeaient les Sprinfields et les Locos lCM1 c Armand. Mais, aprs mres
rflexions, certaines intelligence qui m'entourent comme des sauvegardes con-
tre l'anthropomorphisme simiesque et contre l'androphagie hirsute sollicitent que
je vous demand qui, au course du procs de Juin 1943, m'en avait si ardemment
dfendu au point que, si ces intelligence avaient dot de ma conscience,
elles eussent pu croire que certain journalists de cette Rpublique taient
pays par moi. J'ai peine me souvenir personnellement que LE REVEIL fut
alors en premiere place: mais alors vous ftes honntes La rcente ordon-
nance de non-lieu, dans l'Affaire Callard, le prouve bien.
Il y a des attitudes qu'on regrette de voir changer, sous la botte argentifre
des Gardes-chiourmes, mme quand la trigonocphalie lescotico-vincentiaque es-
saya de souiller un des plus beaux fleurons de la couronne patrimoniale. Et
mme quand le lescotico-vincentisme paie bien, pour rpter les leons appri-.
ses au Quarter-Master sous-sous-washingtonien.
Ici, les faux juges devant tre jugs, et publiquement, je requiers seulement
de vous qu'il me soit permis de vous poser quelques questions trs gnantes
qui classeront le dbat, et de vous fournir quelques renseignements d'ordre pa-
triotique :
Lors de ma rcente visit de courtoisie, o je vous remerciai de m'avoir si
bien dfendu en Juin 1943, n'est-ce pas vous, Marc Side (oh que ce nom de
famille vous sied merveille!) qui me demandiez de puiser dans. mes souve-
nirs de prison pour vous fournir des renseignements sur ceux qui ont flatt
le rgime de corruption don't la Garde est le nombril ? Pourquoi, cette mi-
nute o vous me posiez cette question euss-je suppos que vous series bien-
tt le premier des flatteurs du rgime qui vous emprisonna ?
Vous, intellectual, pourquoi vous abaisser au point d'avoir choisi comme ba-
nire de combat ce qu'il y a de plus abject en tant que contre-crbralit an-
tithtique au patriotism haitien: la Garde d'Haiti qui chevauche encore, sur,
nos frontires, les mules que Trujillo expdia Lescot en Mai 1941 ?
En criant : Vivent Lavaud, Levelt, Magloire, devez-vous forcment oublier
trois des primordiaux facteurs de la situation socio-politique actuelle, don't l'i-
gnoble prjug de couleur, soulev par vous, et le prjug de classes qui tend
tout niveler par le bas, sont la plaie :

1 C'est une des plus grandes families bourgeoises de Port-au-Prince qui
fit au pseudo-colonel Lavaud l'honneur insigne de lui accorder, comme ... pro-
ltaire, la main d'une de ses filles,

2 Levelt est le fils d'un Blanc-Etranger, (et vous dtestez tant les
hommes clairs !)

3 Magloire, dit le Multre 2 carats, qui a pous une no-aristocrate
d'une des familles-gloires du Cap, don't l'oncle est le pangyriste du royalisme
christophien anti-populacier, Magloire est l'officier (hum !) qui rpondit l'a-
nalphabte Gontran Rouzier qui lui demandait seulement d'estropier Dpestre,

-2-







Bloncourt, Montasse, Beaufils, Pnette: Non! Le bton n'y suffira pas. Il
: faut les dtruire coups de revolver.
Je serais heureux de savoir si c'est dans l'essence de ce dernier facteur que
vous trouvez la structure du pays hatien.
Vous me rendriez service, ainsi qu' ce pays don't il est question, en affirmant
publiquement que c'est en vertu de cette structure magloiresque que vous
insinuez que la signature de Stnio Vincent est fausse, TOUT EN INDIQUANT
PARADOXALEMENT QUE JE VOUDRAIS INSTAURER UN GOUVERNEMENT
A L'IMAGE DE CELUI DE LESCOT COMME SI LE GOUVERNEMENT DE
LESCOT N'ETAIT ET NE SERA PAS TOUJOURS LE GOUVERNEMENT DE
VINCENT, PERE PUTATIF DU GOUVERNEMENT MILITAIRE ACTUEL!

Et lorsqu'enfin vous parlez de sabotage du Comit de gendarmes arms de
fusils et habills de costumes amricains, avez-vous suffisamment rflchi ce-
ci : le calcul vicieux, infme et criminel don't vous m'accusez avec une si d-
sinvolte incohrence, est-il plus du ct de celui qui peut dsirer un gouver-
nement provisoire classique, parce qu'il succderait rpublicainement une r-
volution dmocratique civil, que du ct des militaires qui conquirent le pou-
voir civil par la ruse, la fourberie, le mensonge, la trahison, la force, et don't
la rcente loi lectorale, axe sur Vincent et Lescot, leur a t non seulement
dicte par la voyoucratie scatocratique judiciaire contre laquelle vous vous le-
viez en ma faveur en Juin 1943, dans LE REVEIL, mais par le beau-pre d'un
colonel de l'anti-Garde d'Haiti ? Mme un ex-snateur, beau-pre d'un officer
du Triumvirat de laquais amricains et pre d'un autre officer de l'actif, y ap-
portera son influence malfique d'ex-j'approuve-tout d'Elie Lescot, l'anthropo-
- morphe tratologique.
Seul l'espoir que procure l'estime que j'ai eu pour mon ami Marc Side, estime
.qui n'a pas pu entirement s'teindre malgr les errements du propritaire du
"-journal LE REVEIL, me portera rdiger cette rponse, car je serais heureux
que les rdacteurs du CONTINENTAL et de cette REPUBLIQUE, qui n'est heureu-
sement pas la Rpublique d'Haiti, en profitent, au nom de l'homme qu'Eric Si-
mon et vous applaudissiez au procs RIGAUD-Vincent.

Je vous fournirai donc quelques renseignements important, pour dbuter, a-
fin que vous sachiez, une fois pour toutes, qu'on ne peut que sombrer sans la
vrit.
Les terrible paroles de Magloire plus haut cities, paroles prononces au mi-
nistre de l'Intrieur contre la Rvolution Nationale don't vous vous faites les
maladroits aptres, m'ont t confirmes par le Professeur Bonny, qui m'a au-
toris les rpter pour le bien d'Haiti et qui m'y a autoris devant plu-
sieurs tmoins don't les noms sont votre disposition Bonny a pu les y en-
tendre du fait qu'employ aux sports par Gontran Rouzier, il y avait ses entres
et sorties. C'est ce mme Professeur Bonny don't le Capitaine Zamor, de Ption-
ViRe, fit rvoquer arbitrairement le pre par le Comit Excutif.

Vous auriez intrt, lorsque vous cherchez des bourgeois har, sous prtexte
que vous tes des leaders de la masse qui, un jour, sera la premiere vous ch-
tier de vos erreurs (car elle sait bien qui l'aime), sparer les bourgeois hon-


-3-






ntes des bourgeois malhonntes: c'est pour moi l'occasion de vous signaler
la construction aristocratique de Paul Magloire, loue, dans un des quarter les
plus bourgeois de la ville, raison de 200 dollars par mois Cette construction -
qui cole de la mme veine que celles de Merceron, d'Alexandre et de Durc
Armand, de Rsia et Stnio Vincent, de Grard Lescot, de Gontran Rouzier et
d'Elie Lescot, cette construction n'a pas cot, dit-on, moins de 22.000 dollars
Magloire, aprs qu'il n'eut pass que deux ans l'administration de la prison o
il entra littralement sans le sou !
Avant de revenir sur les Affaires RIGAUD-Vincent, en adorant ce que hier
vous brliez sur l'autel de la justice, dites-vous que ce Magloire qui vous pous-
se dans cette voie anti-nationale est le mme qui, la fin des dbats gnraux
o vous m'applaudissiez, vint ma rescousse quand j'allais gifler Denis Bel-
lande et Grvy Jean, qui, pour empcher le people de m'ovationner, prtendait
m'obliger sortir du tribunal par une porte drobe. De plus, Magloire lui-
mme a toujours tellement t convaincu de l'ignominie de Vincent que vous
dfendez si paradoxalement aujourd'hui que c'est dans une des voitures of-
ficielles des casernes qu'il me fit chercher lorsque je devais sortir de prison.
Et cette voiture tait pilote par un de ses lieutenants prfrs. Avant que je
ne laisse la prison, Magloire m'appela officiellement au tlphone pour me com-
plimenter de ma victoire morale Et voil pourquoi je suis trs tonn et trs
triste de ne pas rencontrer Paul Magloire au centre dmocratique de la batail-
le national. Mon estime pour lui mritait mieux que cela. Il a trahi mon ad-
miration reconnaissante.
Etes-vous renseign ? Et ne savez-vous pas que c'est le mme Magloire qui
dit Stphane Wooley : Capitaine faites votre devoir, pour l'obliger pen-
dre Henriquez la police ?
Enfin, au cas o vous le series insuffisamment sur les intentions et la mora-
lit de vos ... nouveaux amis qui furent vos bourreaux d'hier de cet hier qui
dte d'ailleurs de la Grve de Damien et de Marchaterre, en passant par Jo-
libois, Damase Pierre-Louis, Charlemagne Pralte, a fermeture de CHANTIERS,
du REVEIL, de l'EUVRE, de LA PATRIE, de l'ACTION NATIONAL, de ZIN-
GLINS, du NOUVELLISTE et finit sur le dpart louche de Lescot soustrait a-
vec sa bande la Justice Nationale je vous convie bien tudier la nou-
velle Loi Electorale pour vous demander si le Comit Excutif qui y avait banni
les principaux jeunes leaders rvolutionnaires proltariens, en fixant l'ge des
futurs lus la dputation 25 ans n'a pas en main la machine lective ...
Je veux encore vous faire le souhait de me tromper dans mes provisions.
Toutefois, si ces provisions s'avraient irralisos demain, vous devriez, vo-
tre tour, me rendre un honneur ; admettre, en rentrant dans la vrit et dans
la justice et dans le patriotism, que ce serait grce moi, d'abord, qui, au lieu
de jouir des fonds secrets de la Republique, ai prfr lui sacrifier la moiti
de mes biens et quatre annes de mon existence pendant lesquelles vous ftes
tellement mes amis et mes dfenseurs indiscutables.
Comparez ensuite ces sacrifices aux bnfices illgaux raliss aux Gardes-
Ctes par l'actuel ministry de l'Economie Nationale.
Quand je dis amis indiscutables, il est normal que je souligne que le pro-
pritaire du CONTINENTAL le fut autant que Marc Side, puisque le jour o


-4-






il voulut fonder son journal, il vint me trouver parmi les premiers qui l'aid-
* rent en runir les fonds. Il en fut de mme de sa tannerie.

Vous savez bien des choses, mais vous faites aujourd'hui semblant de les i-
gnorer pour l'accomplissement d'une mauvaise besogne. Par les temps qui cou-
rent, je vous donnerais un bon conseil : demandez Pongnon et Helvtius de
vous dire ce qu'est le major Paul Magloire ..............................................
..............................................D'ailleurs, mme si Paul Magloire achte vos
consciences pour protger les intrts de l'Emprunt amricain, vous surtout,
Marc Side, ne devriez pas oublier que quand il vous arrta, ce fut par ordre
de Roger Lescot, de Gontran Rouzier et d'Elie Lescot. Or, mon grand ami rap-
pelez-vous la mmorable, l'inoubliable lettre d'excuses de plates excuses -
que vous consenttes faire Gontran Rouzier aprs que vous l'eussiez dnonc
publiquement dans ce mme REVEIL parce qu'il trafiquait internationalement
de chair noire. Je veux parler de la Traite de Ngres haitiens que le Gt. Lescot
faisait entire Haiti et la Rpublique Dominicaine. Peu de gens arrivent lire
cette lettre sans vomir.
En tout cas, vous ne bnficierez d'aucune sorte de circonstances attnuantes
devant l'histoire, puisque, pour voir combien vous tes imbu du caractre im-
moral et contre-haitien des prtoriens de la Garde, nous allons raliser la mer-
veille polmique de vous citer personnellement:
LES EVENEMENTS DU JOUR: Dimanche soir, Louis Jn-Louis regardait,
en compagnie de quelques camarades, voluer une bande, quand s'amena le
GARDE Walter Toussaint qui, SANS AVERTISSEMENT AUCUN, se mit le
rouer de coups de macaque............ Or, savez-vous que si ce Garde a pu en ar-
river l c'est tout simplement parce qu'il est pass par une cole o, officiel-
lement, les officers apprennent aux Gardes hair le civil ? Au moment o
j'cris, les gendarmes sont arms, non de btons, mais de branches de bayahondes,
pour montrer vos semblables qu'ils sont moins que des animaux.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, alors que je cite votre No. du 12 F-
vrier, le journal LA NATION, jadis si imprudemment rang, comme vous en-
core, aprs le gang militaire qui cume la Rpublique, rvlera ceci la mme
dte: Le major Magloire a dclar que la Loi Electorale ne subirait aucune
discussion, ni modification. AINSI DONC, LA PRATIQUE DE LA DEMOCRA-
TIE N'EST PAS CHOSE AISEE POUR LES MILITAIRES. Les rdacteurs de
LA NATION ajoutent mme en premiere page : L'cole de la dmocratie est
difficile et instruire le people haitien SI HABITUE A LA DICTATURE est une
tche longue ET NOUS DEVONS NOUS ATTENDRE A DE GRANDES DE-
CONVENUES. Je dis mme que nous agonisons dj sous le poids de ces d-
convenues.
Cependant dans le journal mme de Stnio Vincent et d'Elie Lescot, encore
dirig par la carpette politique Jean Fouchard le bel crivain Roger Dor-
sinville osera cet argument : Le Comit Militaire ? Mais ON LUI EN VEUT DE
N'AVOIR NI PILLE, NI MATRAQUE, NI EMPOISONNE.
A la suite de cette argumentation si incohrente, si paradoxale par rapport
ce qu'avancent et LE REVEIL et LA NATION, comment, semblant viser la
thse irrfutable de ma LETTRE AUX HAITIENS DE TOUTES COULEURS,


-5-






le mme qui crit chez l'essuie-pieds Jean Fouchard, peut dire: La mode im-
bcile (sic) comme toutes les modes et ingrate, ce qui est un excs d'in-
lgance mme pour une mode, la mode donc est d'attaquer le Comit Excutif
Militaire. Est-ce vraiment le mme Dorsinville qui voulut supprimer Vincent
et sa bande d'ignominie don't le fangeux Jean Fouchard est le porte-ten-
dard ?
Il y a des gens qui, sincrement, lvent des barrires leur souvenir, car,
en vrit, l'chec retentissant du putsh Calixte est encore bien frais. Et, il
faudrait demander l'ex-lieutenant Dorsinville le nom de l'homme-clair qui
l'arrta dans son lan, sans un coup de feu, aux Casernes Dessalines, alors que
cet lan devait conduire la prise du pouvoir. Pourquoi donc ajouter ces li- -
gnes compromettantes de si catastrophiques erreurs de dialectique : Le Co-
mit n'a pas livr le gouvernement une bande d'ambitieux. Qui donc est
responsible de l'Incendie du Reichstag de Bata ?

Oh o sont alors, et, avant tout, les ambitieux ?
Et si, sous Vincent et avec Calixte, des officers de la Garde briguaient le
pouvoir supreme, malgr, notez-le, les rglements de la Garde qui dfendent
cela, et qu'ils le briguaient les armes la main, pour quelle sorte de raison,,
aujourd'hui, des civils que ne retiennent pas ces rglements au contraire -
ne pourraient rclamer ce mme pouvoir pour nettoyer la nation haitienne de
ses scores ?
Il y a mme plus stupfiant: en traitant Lescot d'Acphale, Dorsinville trouve
normal d'logier sa bande militaire laquelle il a pass le pouvoir pour pou-
voir se soustraire la vindicte publique don't vous vous dclarez les seuls promo-
teurs et les seuls ayants-droit ! !

Mais le fait anti-haitien don't vous tes les pangyristes intresss ou inavertis
est bien plus grave: comme l'indique nettement la LETTRE AUX HAITIENS
DE TOUTES COULEURS, la Garde n'aurait pu faire le coup d'Etat sans l'assen-
timent ou l'ordre de l'ambassadeur amricain. De plus, on a videmment vu le
future Triumvirat entrer l'ambassade quelques minutes avant le coup. Tout a
donc t fait par Washington qui, au moment o les liberts hatiennes doivent
tre rtablies, de par les sollicitations faites notre communaut par la diplomatic
amricaine elle-mme, la suite des dernires conferences mondiales, entrave les
possibilits de les recouvrer, en confiant les rnes du pouvoir ce corps de MARI-
NES HAITIENS don't l'anti-hatianisme (avec les exceptions qu'il comporte forc-
ment) est trop prouv par ses actes d'oppression perptrs depuis sa foundation,
dans le vol, le sang, le mensonge politique, la honte de l'anti-patriotisme et l'assas-
sinat qui, jusqu'au 12 Janvier 1946, se ralisent avec les armes amricaines, pour
qu'on ait besoin d'insister.
Nous voulons tre just jusqu'au bout: mme si cette Junte Militaire, place
sous la direction politico-diplomatique de l'Ambassadeur des E. U. devait ren-
trer dans les normes dmocratiques pour l'instauration d'un Gvt. dfinitif et les
respecter, la conscience hatienne se rvolterait encore contre cette absurdit qui
veut que ce soit ceux qui matraquaient ces civils et qui se sont vautrs, de-
puis la formation de la Garde, dans le sang et les entrailles hatiennes, pour s'en-
richir, dans l'assassinat et la dictature des traitres et des voleurs qui ont nces-

-6-







sit la lettre mmorable du Gnralissime Trujillo, qui accomplissent ce travail
d'puration et de renovation nationals. Voire qu'il y a lieu de douter et des in-
tentions de la Garde, qui n'ont jamais t hatiennes, et de celles de l'Ambassa-
deur : le manque de probit absolu que nous avons relat de la part de M. Roose-
velt lui-mme montre clairement que les destines hatiennes ne pourront qu'tre
toujours saccages entire des mains qui n'ont jamais fait que les dchirer et les
avilir.
Hier encore, l'anarchie du pillage populaire a t organise et autorise par
les officers de la Garde, qui, goguenards, y as=istaient sans aucune reaction d'or-
dre et de discipline, sinon celle qui participe de la discipline entte d'un dsordre
provoqu dans l'intention manifeste de trouver le prtexte mensonger de gar-
der le pouvoir. Votre pseudo-raction de masses n'a pas d'autre but.
Hier encore, c'tait Paul Magloire qui ordonnait Jacques Etienne, l'assassin
notoire des tortures policires, de matraquer des femmes et des jeunes filles sans
defense comme Jacqueline W. Silvera, Mlle Fung et Lonie Madiou, sur les re-
commandations de Roger Lescot, chef de la police contre-rvolutionnaire, et de
Locardie-le-cancre-dfinitif.
Hier encore, c'tait Eugne Kerby qui, accusateur militaire du rgime de sang
et de prvarications, faisait condamner, par la Cour Militaire de M. Lescot, Max
Audain et Excellent lchement assassins avec 27 balles de revolver par un offi-
cier de la Garde, sous la supervision assassine et goguenarde de Gontran Rouzier,
le dilapideur carnavalesque.
Hier encore, c'tait cette mme camarilla lescotique qui condamnait vos com-
pagnons Rey et Henriquez, lesquels rclamaient simplement ces Liberts que cette
Scamarilla prtend aujourd'hui instaurer, camarilla qui aida, sans dsemparer, la
dictature Vincent-Lescot garder en prison, durant QUATRE ANS, les prison-
niers politiques que libra la Rvolution Nationale gche par le coup-bas port
par Washington et la Garde; Rvolution gche d'autant plus que, dans une
orgie dmagogique honte, toute la jeunesse dmocratique se laisse encore trom-
per par le gang militaire qui, dans les entrailles et les finances hatiennes, a t
l'excuteur des hautes-oeuvres de Lescot et de Vincent.
Il sera mme donn au Peuple Hatien le spectacle ahurissant de voir devenir
ministry ce Renard qui tenait les mitraillettes fratricides de Durc Armand!
Ainsi, cette Junte paradoxale viole, par ses actes dmocratiques, mme la Cons-
titution Vincent-Lescot! Nous rptons donc que la perptuation du rgime mi-
litaire n'est pas viable, selon la morale la plus lmentaire:
parce qu'il est issu d'un plan amricain dtant au moins de Juillet 1915, plan
nettement caractris par Washington de ne pas perdre en Hati les affreux avan-
tages que lui ont donn l'Occupation et ses pouvantables succdans tels que la
WHITE, l'EMPRUNT-CARCAN, l'apocalyptique SHADA et la GARDE elle-mme:
parce qu'il est contre la vertu protectrice des clauses du Code Militaire qui
dfend au militaire hatien d'occuper le Pouvoir.
Voici maintenant que 1'me mme de la Nation est compromise par ce coup
d'Etat de la Garde qui met l'Instruction Publique dj si abime par Dartigue
la merci d'un militaire!


-7-






Cette entreprise criminelle qui s'attaque l'me mme de la Nation, cette entre-
prise don't les ficelles sont tires de Washington don't l'intrt est d'avoir, sous
les couleurs faussement dmocratiques, un Gvt. Laval ou une Dictature Quis-
ling en Hati, peut aussi bien conduire une roccupation momentane du ter-
ritoire hatien par des forces armes trangres qui prendraient le prtexte ter-
riblement faux de l'anarchie national pour tablir un ordre qui n'est, au fond,
que ce dsordre que des gens, qui ne respectent rien ici depuis Juillet 1915, n'ont
cess d'entretenir sous le couvert des Lescot, des Vincent, des Merceron, des
Own-Two, des Magloire et tout spcialement de Durc Armand, ce Carri de
Nantes d'Hati.
Nous pensions loyalement avoir dmontr que mme si ce fameux Accord du
7 Aot n'existait plus, les antcdents de nos chefs actuels, qui n'ont le pou-
voir que par un coup de force militaire qui est le pire des dsordres (puisque
ce sont ceux qui sont nomms et pays pour tablir et maintenir l'ordre qui
occasionnent le dsordre depuis 1915) suffiraient les rendre indsirables. L'ta-
blissement de ce Gvt. Militaire est conforme l'esprit de la politique d'expdients
qui caractrise certaines dmarches des Reprsentants du Dpartement d'Etat.
C'est au nom de notre patriotism personnel, qui ne peut que rejoindre celui
de toutes les personnel honntes du pays hatien, que nous protestons contre
cette anarchie amricaine qui s'affuble de la dfroque inhumaine de la Garde
d'Hati et qui n'a qu'un but atteindre : asscher, mme dans le crime et en
dpit du Droit International des Gens, l'conomie hatienne, afin de faire d'Hati
une colonie dguise dirige par le Dollar Amricain.

L'Amricain et l'Hatien sont donc largement avertis : Le mal est immense,
profound, douloureux, insupportable. Mais le remde qui lui est applicable est
connu. Toute carence des deux cts, OU MEME DU SEUL COTE AMERICAIN,
sera historiquement considre, aprs cet Avertissement, comme l'ASSASSINAT
DE LA PATRIE HAITIENNE : il demeure dj inadmissible que les masses po-
pulaires locales soient trompes par l'argent amricain, le mensonge anti-rvo-
lutionnaire ou une astuce quelconque de la Garde qui est la chose de la di-
plomatie de Washington, ALORS QUE CE SONT LES HOMMES MEMES DE
CETTE GARDE QUI, AU COURSE DE LA REVOLUTION, FAISAIENT FEU SUR
LES REVOLUTIONNAIRES DESARMES PAR L'AMERICAIN DEPUIS LA MORT,
EN JUILLET 1915, DU GLORIEUX PETIT SOLDAT DE L'ARSENAL!!
De connivence avec l'Ambassade des E. U., il est avr que c'est Lescot qui a
remis le pouvoir aux Militaires (et non eux qui le lui ont pris, comme ils vou-
draient s'en donner le mrite) sous le fallacieux prtexte que l'on ne pouvait
trouver dans la Rvolution don't l'esprit et les principles sont entirement mo-
raux et patriotiques les lments capable de former un Gvt. Civil. Qu'on
se rappelle l'odieuse tentative de Lescot de composer, en partant, un Cabinet
d'hommes absolument sans prestige et l'on saisira toute la porte du travail
de sape qui s'opre avec l'argent exotique don't le slogan, ds avant 1804, est:
diviser pour rgner, en se servant mme, comme le fait actuellement la Garde,
du prjug de couleur amricain don't l'ide mme doit tre bannie du cer-
veau de la Rvolution Nationale, si l'on veut qu'elle russise et qu'elle dure.
Les seules incohrences criminelles de M. Lescot tirant dans les Eglises avec
l'aide de ces mmes Militaires de la Junte et allant ensuite Canossa dmotn-
trent la dangereuse duplicit don't hrite aujourd'hui le Comit Excutif "...


-8-






Dans de telles conditions, cette Garde anti-hatienne, qui a commenc son
mandate prsidentiel en mentant impunment au pays auquel elle avait formel-
S element promise un Ministre Civil, a-t-elle intrt l'avnement du SEUL GOU-
VERNEMENT REACTIONNAIRE QU'IL FAUDRAIT puisqu'elle serait la pre-
mire purer? Gare au principle immoral et anti-national des Elections sous
l'gide menteuse et coco-macaqueuse de la Garde et de la stupidit prostitute
des juges vincentiques et lescotiques!
Mais voici ce qui est certainement plus grave : le lundi 14 Janvier 1946, l'Etranger
offrait un avion special Elie Lescot pour le soustraire la Justice hatienne qui
rclamait si justement sa mise en accusation. Le coup de l'vasion honteuse
tait perptr avec la complicit de la Garde don't le Colonel Lavaud osera cyni-
quement dire : I faut consentir ce sacrifice au pays. L'tranger nous regarded,
alors que, depuis que la Garde protge la dictature des chacals du Pouvoir-
Central avec les baonnettes et les fusils Springfield, elle n'a jamais pens
l'tranger qui nous regardait ... avec ses Loco-guns?
Cependant, M. Wilson savait qui tait M. Lescot, s'il faut surtout croire les
langues terrible qui prtendent que, le 3 Janvier 1946, l'Ambassadeur Amri-
cain fut au Manoir des Lauriers reprocher M. Lescot d'avoir us de faux-billets
de greenbacks pour s'acheter des maisons et en faire des dpts la Banque
National. L'Ambassadeur lui aurait mme dit ceci : Et, par piti pour le dra-
peau hatien, je prfre oublier que vous avez autoris M. Gontran Rouzier
vendre les effects que la Croix-Rouge amricaine avait envoys en Hati pour
aider les Hatiens sortir de leur dtresse.
M. Wilson savait qu'il en est encore autant des fournitures du prt-bail ... que
le Gvt-rectum vendait sous ses yeux paternels, avec la complicit intresse
de la Garde.
Ainsi, si le Dpt. d'Etat peut faire cela pour protger un voleur qui, au pr-
judice du trsor amricain, est double d'un faux-monnayeur don't le Ministre
des Finances, Abel Lacroix, tait aussi un faux-monnayeur, que peut attendre
l'Hatien de ces pseudo-protecteurs de l'Hmisphre et de leurs bachi-bouzouks
de la Garde qui, en pleine Rvolution Nationale Hatienne, font mouiller 4 croi-
seurs de guerre amricains dans la baie de Port-au-Prince pour jeter la panique
dans les mes justement rvoltes contre le vol et l'assassinat, afin d'assurer la
retraite de M. Lescot et la dictature de sa camarilla militaire? -
Ici, voyez-vous, c'est surtout l'Ombre de Charlemagne Pralte, le souvenir de
Jolibois et la mmoire de Damase Pierre-Louis qui crient: ATTENTION ! et
qui exigent, au nom de l'Intgralit inalinable de la CHOSE HAITIENNE, que
le gouvernement du Peuple Hatien soit enfin remis au Peuple Hatien.
L'ombre indigne de Carnot Emmanuel crie : Justice, enfin!
Le Peuple exige que le Comit Excutif Militaire s'efface devant ceux qui
sont vraiment choisis par lui en se basant sur l'illgitimit mme du Comit
Excutif Militaire qui a prononc son arrt de mort en donnant sa parole d'hon-
neur qu'il se dpartirait de ses pouvoirs au profit d'un Gouvernement Provisoire
Civil ds que les measures, les premires measures d'ordre seraient priss.
Ces measures ont t prises (ou soi-disant).


-9-






La paix (qui, en ralit, n'a jamais t compromise) est revenue mais si
compromise!
Le calme est certain, permettant au Peuple d'agir dans sa pleine conscience:
ce calme si trouble par la Junte lavalise et lavalisatrice.

Le Comit Excutif Militaire n'a plus qu' s'en aller, lui don't le premier soin
patriotique, lui don't la premiere measure d'ordre national a t d'assurer la
scurit de M. Lescot, tratre sa patrie, de M. Gontran Rouzier, argousin san-
glant du rgime lescotico-vincentique de hontes antinationales, de M. Maurice
Dartigue, le vendeur d'mes, de Vly Thbaud, le prostitutaire de la Justicej
hatienne, et mme de M. Abel Lacroix, le prvaricateur-bourreau de la guillo-
tine financire.

Le Peuple d'Hati ne saurait avoir fait sa plus merveilleuse Rvolution paci-
fique et dmocratique pour retomber et admettre d'tre retomb pour rester
dans le plus grand dsastre national de son histoire, et voter sous la trique san-
glante d'o dgouline encore le sang splendid de Benoit Batraville et le poison
Jacques Roumain.
Peuple vous avez encore la parole... malgr le Dcret promulguant la Loi
Electorale qui n'est encore que celle de Stnio Vincent!

Voire que l'une des plus graves anomalies de ce cauchemar national se prsente:
sous la forme diplomatique de la demand de reconnaissance du Comit Excu-
tif par les Puissances Etrangres, car ce Comit n'est et ne peut tre qu'une
simple Force de Police locale, charge, pour seulement deux ou trois jours, de,
rtablir l'ordre, et non un Gvt. Provisoire. Or, on apprend que cette Force de
Police qui fut d'abord la Police Politique et mme Judiciaire de l'anarchie
Vincent-Lescot commencerait tre reconnue par ces Puissances Etrangres!i
Cela ne doit pas continue. L'me encore intacte d'Hati s'y oppose!

La Bataille Dmocratique serait-elle donc perdue cause des Forces Occul-l
tes Esclavagistes du Continent places sous la coupe inavoue de la Financt
Amricaine?

De cette Finance occulte qui, au dtriment de l'honneur hatien de la Gardel
obligea si souvent celle-ci avaler son propre crachat et le crachat des autresi
1 en se laissant commander par Durc Armand, don't, semble-t-il, la pho
tographie, en forat, photographice prise par l'Occupation amricaine presqu'e',
mme temps que celle de Lucien Marchand) figure encore dans les archives d:
la prison de Port-au-Prince : photographic prise parce qu'Armand vola des pneu
d'automobile comme Marchand, et A UNE AMERICAINE.

2 en se faisant le serviteur dvou de Rsia Vincent, don't la photographic.
serait encore dans les dossiers judiciaires de la Police Fdrale amricaine pou
vol domestique,
3 en se constituent les prtoriens de Bb Vincent, que Stnio Vincer'
mprisa pendant si longtemps parce qu'il tait parti d'Hati avec la caisse det
Gibosiens,

10 -







*., 5 en acceptant de continue servir un pseudo-prsident d'Hati qui la
lettre de Trujillo avait t publiquement adresse partageant ainsi sa honte
squameuse jusqu' tirer balles sur le people rvolt ce titre,
S 6 en tirant dj balles sur la Vierge Marie, Delmas et ailleurs,
S- en se cachant pour ne pas tre oblige de dfendre le nom Hatien en 1937,
9 en obissant un infirme crbral comme Roger Lescot, simple lieute-
nant qui cravachait de son acphalisme et de l'analphabtisme cimmrien de
Gontran Rouzier, ministry pratique de l'Intrieur et de la Justice, leurs grades
inutilement ronflants de colonel et de major, de capitaine et de commandant (sic)
de la Garde,
10 en compromettant lchement ces grades pour admettre que Lescot crivit
et lant cette Circulaire de Juin-Juillet 1944 qui faisait passer pour vads les
gardes que son Gouvernement venait de permettre Armand d'assassiner en les
fusillant la nuit, sans jugement, et mme en les noyant avec la complicit
tnbreuse d'un des membres actuels du Comit Excutif,
11 en s'enrichissant scandaleusement pour, ensuite, lancer criminellement la
question de couleur qui doit (ils le croient!) empcher les masses qu'ils ont
tripes avec leurs Black-Jack de s'en rendre compete.
En se livrant enfin toutes les consequences locales voulues forcment par
l'objet de ces lignes que nous dcouvrons dans ce RAPPORT SUR UNE PROPO-
SSITION JEANNOT datant d'avant que Vincent n'ensanglantt nos Chambres L-
i gislatives: ...La Convention de 1915? Le motif allgu pour ce renouvellement
(l'Acte Additionnel) n'est pas du tout l'un de ceux qui avaient justifi sinon
' lexpliqu l'instrument initial: c'tait, dit le prambule de l'Acte Additionnel, la
ncessit (sic) d'UN EMPRUNT terme AFIN D'OFFRIR AUX CAPITALIS-
TES LA SERIEUSE (sic) GARANTIE D'UNE STABILITY INDUSTRIELLE.
Or, cette stabilit,, peut-on esprer qu'elle soit jamais haitienne sous le coco-
imacaque actuel, lorsqu'on se donne seulement la peine de retrouver ces pa-
Sroles fantastiquement rvlatrices de LA QUESTION HAITIENNE trai-
Ste par Ernest Gruening : (Abel Lger) montra que le contrle envisag des
finances haitiennes allait au del mme du Protocole de 1919 ET CONTINUERAIT
EN FAIT LA TUTELLE EXISTANTE...
Le SEUL ADVANTAGE DU TRAITE POUR HAITI ETAIT (sic) QU'IL PRE-
VOYAIT L'HAITIANISATION DE LA GARDE AU 31 DECEMBRE 1934, AU
LIEU DE MAI 1936. Mais ceci, fit-il observer, ETAIT PLUS QUE REVERSE
PAR L'OBLIGATION DE CONSTITUER UNE MISSION MILITAIRE AMERI-
CAINE AUX FRAIS D'HAITI. Pourquoi cette mission devrait-elle renfermer des
soldats ? demand M. Lger. C'est la porte ouverte A L'INSTALLATION D'U-
NE FORCE ARMEE MEME APRES LA DESOCCUPATION ...
l y avait mme une issue pour tendre, POUR ETENDRE LE CONTROLE
SAU DELA DE 1952 (!!!), remarque-t-il, dans la possibility d'mettre une nou-
Svelle srie de titres solde des 40.000.000 mission autorise par le Proto-
cole de 1915 et l'Emprunt de 1922 ...
SIl va sans dire gue ces citations sont plus faites dans le but de montrer l'es-
prit dmoniaque qui a prsid ... l'amiti de nos Bons-Voisins rooseveltiens


- 11-








et trumaniaques qu'elles ne cherchent indiquer les nouvelles modalits con-
ventionnelles qui auront pu, depuis, accomoder la viande de boucherie haitien-
ne la sauce hullesque ou bradniaque.

C'est plus que jamais l'occasion de dire, en renversant cet ordre immoral et
illogique, mais en conservant la terminologie de l'instrument de torture : Ha-
tiens, GARDE vous ! Car ce n'est pas pour rien que, le 11 Janvier 1946, le.
capitaine Lambert, mont sur une camionnette de la Garde, alors que le Tri-
umvirat de Quisling faisait sa tourne de presidents de facto, disait ceux qui
acclamaient inconsidrment le coup de force militaire : Criez vive le PRE-
SIDENT Lavaud !, et que le colonel Alexandre, actuel ministry de l'Education
National (sic), distribua de l'argent pour que les parties extrmistes aggravent
le dchirement national en s'opposant toute transmission du pouvoir aux ci-
vils ce qui tait tout fait dans la ligne de l'ambassade des E. U. et en
criant, comme on peut le lire encore dans certain journaux de cette poque
que nous avons soigneusement conservs pour l'histoire : Vivent Lavaud, Ma-
gloire, Levelt ! Nul doute qu' ce moment-l ils aient eu la prtention absurde
et anarchique, antidmocratique et contre-rvolutionnaire de garder le pouvoir
en trompant tous ceux qui ils venaient fraichement d'affirmer qu'ils le ren-
draient pourtant. Et cela, dans le but vident et contre-national de perptuer
le faux-monnayage matriel et spiritual de Lescot-la-croix des finances scan-
daleuses haitiano-amricaines ...

Etonnez-vous, aprs cela que, dans le dernier tme dsormais illustre d'EN
POSANT LES JALONS (o figure le fameux AVERTISSEMENT qui traite ses
ex-serviteurs, tant civils que militaires, de prostitus) Vincent ait ainsi fait
l'loge amusant de la Garde qui ne garde, en fin de compete, que ce don't elle
devrait garder la Nation haitienne : La Garde d'Haiti s'est maintenue en par-
fait tat. Elle remplit l'entire satisfaction du Gt. et de la Nation (sic) son
rle de gardienne de la paix publique (sic). Elle a la conscience de plus en plus
prcise de l'importance capital de son rle pour le dveloppement conomique
(sic) et social (sic) du pays.

On se rendra exactement compete de la valeur morale de cette appreciation
vincentiaque en retenant, dans le mme ouvrage, la lounge extraordinaire don't
celui que Max Sam a si bien qualifi de TRAITRE gratifie la WHITE, cette
prcurseuse assassine et frauduleuse de la SHADA, que l'ingnieur amricain J. M.
Sprecher a immortalise par sa lettre Day : ....................et la J. G. WHITE......
en assurant l'excution de projects d'utilit publique .............................
N'est-ce pas ainsi que l'on parlait de l'Emprunt-Carcan ds 1922?
Pourtant, LE NOUVELLISTE des 30 et 31 Janvier et des 1, 2, 3, 4, 5, 6, F-
vrier 1946 a rvl que cette lettre ne fut pas seulement adresse Day, MAIS
COMMUNIQUE A VINCENT, PRESIDENT D'HAITI Sprecher y dit, au course
de son rquisitoire contre le Blanc amricain : M. Day me supplia de ne pas
laisser tomber de copies entire les mains du Gt. haitien ............ (Pourtant) le
moment est venu de soumettre la White une enqute srieuse ......... Les in-
trts de la Rpublique d'Haiti xigent cela ........... En vue DE PROTEGER LES
INTERETS DE LA REPUBLIQUE D'HAITI ainsi que les miens, je dcidai de.
dmissionner ......... Je sentis que si je continuais de fournir mes services cette


-12-







Cie., cela pourrait nuire ma reputation. Une analyse complete seule peut faire
connatre les faits tels qu'ils sont..
Les intrts de la Rpublique d'Haiti exigent, surtout, que tous ceux qui
Sdtiennent encore le pouvoir pour perptuer l'anarchie Vincent-Washington et
qui ont t les piliers de toutes les WHITE, et qui seraient demain les supports
de toutes les SHADA, soient soumis une Le moment, comme le dit si heureusement Sprecher, en est venu. Car, seule
une analyse complete peut faire connatre les faits tels qu'ils sont. La Garde
ne saurait se juger elle-mme. Et toute reaction communisto-fasciste aura beau
crier : Ceux qui ne sont pas avec la Garde ne sont pas avec la Rvolution!
que les temps n'en restent pas moins irrvocablement et supra-nationalement r-
volus o Dartiguenave, nomm par le dollar simoniaque, disait ingnment : Ceux
qui ne sont pas avec l'Amricain ne sont pas avec mon Gt...

L'heure solennelle de la Grande Lessive Nationale a sonn Et le Peuple Hai-
tien, qui voudrait enfin vivre dans la propret, retourne Stnio Vincent et ses
complices haitiano-amricains l'exergue et ce passage de son discours des Cayes
du 30 Septembre 1940, prononc l'occasion de la Manifestation du Barreau:
utile, il faut bien qu'elles drivent de la nature des choses environnantes; Mais
la pratique intime des Lois projette aussi des lueurs singulires sur les senti-
ments des hommes ...
Le Peuple hatien a donc le droit, plus que jamais, de rclamer de ceux qui ont
incarcr son destiny entire la pointe sanglante des baionnettes et des fusils
s' Springfield, que la nature des choses environnantes soit nettoye et que les
sentiments des hommes qui pratiquent intimement les lois de la chose pu-
blique projettent une lumire moins obscure sur son avenir ...
Car ce ne sont pas des phrases domestiques comme celle-ci, que nous re-
trouvons dans les Flicitations au Prsident Roosevelt, du 11 Novembre 1940,
qui conduiront au dcapage national qu'une apocalypse exige: ... toute ma
joie de votre clatant succs et toutes mes flicitations pour la confiance re-
nouvele du grand people amricain DANS VOTRE UVRE MAGNIFIQUE DE
PAIX (sic) DE JUSTICE (sic) et de SOLIDARITE INTERNATIONALES (sic).

Ces Flicitations qui -montrent, dans toute sa crudit criminelle, le mal fait
au pays haitien par la sophistique washingtonienne portent la signature de
celui qui, avec M. Sumner Welles et Lonidas Trujillo, nous a donn ce cigare sa-
lomonien qu'est Locardie Lescot: STENIO VINCENT.
Or, le feu qui consume ce cigare aux deux bouts : c'est la Garde d'Haiti.
Je vous prierai, MM. les Directeurs des journaux LE REVEIL (sic), LA RE-
PUBLIQUE (sic), LE FLAMBEAU (sic) et le CONTINENTAL (sic), d'agrer
l'expression sincere de mon plus complete patriotism et l'assurance de mon
plus parfait dsintressement.
Cependant, avant de vous laisser, je m'en voudrais de ne pas vous communi-
quer une lettre que j'crivis de la prison notre bon voisin M. Roosevelt ;
i ce, afin de vous enseigner quel point je suis habitu dire la VERITE, mme


-13-







sous le couperet de la guillotine, du moment qu'il s'agit de l'avenir et de rho'n-
neur de la Patrie. Comme vous ne manquerez pas de le voir, cette lettre mon-
trait, depuis Aot 1944, toutes les dconvenues accuses par LA NATION du 13
Fvrier 1946 ( ! !) sous la plume terriblement, atrocement repentie de Max Sam,
de Georges Petit, d'un anonyme et d'Etienne Charlier, dans des phrases comme .
celles-ci, qui dnotent le peu de jugement qui conduisit une parties du pays
faire inconsidrment confiance aux hritiers de l'orgie assassine et voleuse, po-
litique et militaire, de M. Vincent et de M. Lescot :
aux impratifs de sa nature et de ses habitudes profondment anti-dmocratiques
trahissait la Rvolution ...
L'Histoire n'accordera pas aux auteurs d'une telle aberration le bnfice de
l'ignorance ou l'immunit de la dbilit mental ...
Ils savent et ils l'ont fait exprs que les lecteurs seront contrls par les
ennemis du people, arms de l'or du march noir, de l'or de toutes les concus-
sions ET DE LA PROTECTION TACITE DE LA GARDE D'HAITI ...
bourgeoisie haitienne, don't le gouvernement militaire s'est constitu le dfen-
seur ... est maitresse de l'urne ...>
La Rvolution agonise ....
La reaction fasciste jubile, parce que hier le Comit Excutif Militaire a fait
sienne la procedure chre son ceur ... (ETIENNE CHARLIER)
Ce qu'on est convenu d'appeler la Rvolution de Janvier n'a jamais t une
revolution, CAR TOUTE REVOLUTION SUPPOSE UN TRANSFER DE POU-
VOIR D'UNE CLASSES A UNE AUTRE ET LE POUVOIR N'A JAMAIS CESSE
D'ETRE DANS DES MAINS BOURGEOISES BIEN SOLIDES... (Etienne Charlier)
Nous l'avons dj dit, le Comit Excutif Militaire travaille d'aprs un plan
pralablement tabli. Nous ne connaissons pas ce plan ... (mais c'est celui r-
vl par la LETTRE AUX HAITIENS DE TOUTES COULEURS). Le doute
n'est plus permis. Le Comit Excutif Militaire a mis bas le masque, en mon-
trant le visage hideux de la dictature ... Cette manoeuvre politico-lectorale du
Comit Excutif Militaire ne tend qu' favoriser le retour du fascisme par le
jeu d'lections truques ... (GEORGES PETIT)
La Rvolution a t escamote parce que la Junte Militaire a prt une o-
reille bienveillante aux conseils mielleux des forces conservatrices du pays ...
(MAX SAM)
C'est croire, trs sincrement, que la LETTRE AUX HAITIENS DE TOUTES
COULEURS a connu les honneurs du plagiat !
Mais voici enfin la lettre Roosevelt:





-14- .
3*









La 7ettre Roosevelt...


Prison de Port-au-Prince, Aot 1944.


Monsieur le Prsident des Etats-Unis d'Amrique,

Vous me permettrez de commencer cette adresse en vous conseillant de
lire, d'abord, les trois dernires lettres que j'ai eu adresser M. Lescot et
don't copie a t remise votre ambassadeur Port-au-Prince, afin qu'il n'en
ignore, aprs deux annes et six mois d'emprisonnement illegal et arbitraire
compliqus d'une odieuse condemnation politique, d'une tentative d'assassinat
et de la perte de prs de 15.000 dollars lgalement prts sur obligations com-
merciales l'ex Prsident Stnio Vincent. Je ne compete pas, ici, les pertes que
m'a fait subir cet interminable emprisonnement en m'empchant de travailler
pendant ces deux annes et six mois.
SVous m'excuserez d'avoir l'air de vous dranger de vos hautes occupations pour
vous entretenir d'un procs conomico-politique qui, au prime abord, ne semble
lser que les intrts d'un seul Haitien. Mais, lorsque vous aurez lu les trois
lettres d'un bout l'autre, vous aurez, je le souhaite, compris, enfin, que ce pro-
cs est la base de cette pourriture excessive reprsente par un rgime poli-
tique don't le people haitien vous rend directement responsible. Ce procs est
4 le thermomtre qui donne la temperature exacte de ce rgime de scandals.
Ne vous mettez pas en tte, Monsieur le Prsident, que c'est un irresponsible
qui vous crit, ni un excentrique. Vos reprsentants diplomatiques en Haiti
vous persuaderont du contraire. Et les facteurs mme de ma dernire lettre
ouverte au Prsident d'Haiti suffiront enraciner cette persuasion, puisqu'ils vous
dmontreront que je connais si bien l'tat du pays, la structure de la politique
qu'on y mne et la valeur des hommes qui la mnent qu'il m'a t facile d'en
prdire Pavenir immdiat, lequel a trouv le Prsident d'Haiti dans un tel d-
labrement moral que c'en est une piti national !
C'est justement cet avenir politique don't l'annonce est encore plus sombre,
plus lpreuse, plus honteuse, plus dprave, plus coteuse que le dj si sombre
present qui m'oblige m'adresser vous, fatigu de rclamer justice d'un chef
local incapable, obscur, criminal, inconnu, crbralement infirme, hilare et bte,
cleptomane comme son prdcesseur et qui se trouve encore aid par une camarilla
qui est un vritable gang d'heimatloss et de fous sanguinaires.
Le pays est livr l'anarchie et au pillage.
vos collaborateurs du Dpt. d'Etat. Mais, en fait, elle en relve tellement qu'il se-
rait de mauvaise grce de prtexter l'impossibilit d'y introduire une action
amricaine humanitaire pour refuser de sauver une nation qui est l'article
de la mort.


- 15-






Ce serait dommage. Pensez notre pope, Monsieur !
Vrai ou non mais plutt vrai que non pour tous ceux qui ne se gavent pas
de sonorits sophistiques, qui comprennent ou qui savent le people haitien
demeure convaincu que, sans l'apport amricain, M. Vincent n'eut jamais pass
le pouvoir M. Lescot. C'est dire, sans dtours, qu'il vous tiendrait pour di-
rectement responsible de la mort imminent de quatre millions de citoyens han-
ts par le dgot et la ruine.
Oh je veux bien: le people haitien ne se montre pas la hauteur de sa t-
che patriotique qui consisterait rclamer, comme chez vous, souverainement,
dmocratiquement ses liberts. Cependant, l'lment thologal de la situation
haitienne ne doit pas vous chapper: persuade que s'il tombe n'importe quel
gouvernement qui soit un quisling de Washington, son effort sera perdu, la pers-
pective douloureuse de combler l'ocan le dcourage d'avance.
Point n'est donc besoin de vous dire, de vous affirmer que l'Haitien, quel qu'il
soit, demeure assur que la vie d'horreur et de honte que le gouvernement ac-
tuel lui fait mener et qui a son point de dpart en Juillet 1915 ressortit enti-
rement des concepts imprialistes du secteur dmocrate des Etats-Unis.
C'est extrmement fcheux pour l'histoire de l'Amrique.
Or, si paradoxal que cela puisse paratre, le Ngre d'Haiti, combl par des fa-
veurs qui l'ont tran dans ce cimetire moral et physiologique qu'est la voyou-
cratie Vincent-Lescot, n'attend, n'espre son salut national que d'une interven-
tion qui, l'instar de celle de 1930, qui hissa Eugne Roy au gouvernement pro-
visoire, obligerait un monstre politique se dessaisir des rnes du char dla-
br d'un Etat avili qu'il a embourb dans un vritable marcage.
Si le rgime Vincent fut une turpitude dmocratique, la prsidence de M. Les-
cot et la vice-prsidence d'pouvante de Gontran Rouzier sont une salissure fai-
te au continent amricain. La responsabilit que vous endosseriez en les main-
tenant clabousserait tout jamais le drapeau toil.
Par ailleurs, ne vous faudrait-il pas avoir un ceur de pierre pour refuser de
voler au secours des populations haitiennes qui sombrent dans un servage pire
que l'esclavage colonial ?
Une simple enqute qui aurait la main plus heureuse que celle de la Com-
mission Forbes vous convaincrait que ces satrapes mritent d'tre jugs et con-
damns par un tribunal continental comme criminals de guerre !
Sans exagration aucune, aprs les razzias de la SHADA, ce pays est litt-
ralement livr au sac et l'assassinat politiques.
Prenons seulement pour example l'emprisonnement d'Edmond Sylvain: le
gouvernement haitien affirme qu'il fut arrt comme cinquime colonniste,
l'instigation du gouvernement amricain. Silvain s'en informed auprs de M. Can-
pbell White qui dit que ce n'est pas vrai. Mais Sylvain reste emprisonn ... A ce
jour, il compete prs de trois annes d'incarcration Or, Sylvain n'a t arrt que
pour l'assouvissement d'une vengeance personnelle: en Mai 1941, comme les nu-
mros de son quotidien LA PATRIE vous le prouveront, il avertissait le people
haitien qu'Elie Lescot avait t l'instigateur des Vpres Dominicaines qui ont
cot 22.000 cadavres la Rpublique.

-16-







Le triumvirat Lescot-Rouzier-Armand est une lpre social, politique et in-
terhmisphrique. Rappelez-vous les critiques du snateur Buttler sur la con-
nivence coupable du Dpt. d'Etat avec ces intreprises de dmonie qui dshonorent
la civilisation occidentale.
S Tout rcemment, un autre journalist innocent, Damase Pierre-Louis, tait
assassin ct de nous d'une manire qui demeure une dsolation pour notre
humanity.
Rien que les monopoles rservs la famille prsidentielle approchent de
l'apocalypse.

Quand la vie des prisons, je n'ose vous la raconter. Vous me traiteriez d'hal-
lucin.

D'ailleurs, grce vos admirables services de renseignements, vous n'tes pas
ignorant de ce qui se passe en Haiti ; est-ce pourquoi je ne prends pas la peine
de rentrer, encore une fois, dans les dtails ahurissants d'un procs qui, non seu-
lement a soulev de mpris et d'pouvante le cour de tous mes compatriotes, mais
a dfray la critique douloureuse des capitals voisines.
M. John Campbell White en a eu d'ailleurs les plus infimes phases, verba-
lement et par crit. Vous ne manquerez pas, M. le Prsident, de prier S. E. M.
Orme Wilson de vous communiquer le numro sensationnel de LA NATION qui
content la Lettre Ouverte que mon pre, Ernest Rigaud, eut adresser au Pr-
sident d'Haiti la suite de la confirmation, par le tribunal de Cassation, du
verdict qui m'infligeait trois annes de rclusion ; elle vous renseignera sur la
valeur morale de la dmocratie de M. Lescot.
Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il ne peut jamais rpondre ces sortes de
lettres qui abattent son prestige.

Ce procs trange dnote chez ceux qui l'ont provoqu, malgr l'irrfragabilit
de mes droits crits, signs et enregistrs, c'est--dire chez M. Elie Lescot, aid
de Durc Armand et des ministres du gouvernement, comme d'ailleurs chez M.
Stnio Vincent et leur justice de prostitution, une mentality don't l'absence de
vergogne, de probit et de patriotism confine une boue dmocratique.
Ne trouvez pas excessif mon emportement. Il dnote moins, son tour, une
indignation goiste qu'un crve-coeur national et mme continental.
On frmit d'tre amricain!

Le verdict de condemnation qui me fut inflig manu military, en Juin 1943,
par un magistrat vendu et terrorism, ne doit pas moins attirer votre attention,
parce que, d'abord, il a oblig le people qui m'assistait de sa sympathie unanime
et de sa stupfaction, crier : A bas Vincent !, A bas Lescot ! Ensuite, par-
ce que, si, avant cette monstrueuse decision, qui tentait bien inutilement d'avi-
lir un homme de bien au profit d'un escroc, l'Hatien avait encore quelque va-
gue lueur d'espoir, depuis, la nuit s'est faite dans son me.
Je ne crains pas de vous redire que le people haitien, la race haitienne vous
en fait le principal responsible. Ma vrit doit vous servir au lieu de vous ir-
riter.


- 17 -







Il sait, ce people de martyrs ; elle sait, cette race d'esclaves qui, pour la plus
large part, nose pas se soulever parce que l'infanterie de marine des E. U. a
laiss sur son sol sacr un cordon ombilical qui est la Garde d'Haiti, arme jus-
qu' ce jour des Thompson et des Springfield du Marine Corp., qu'un seul mot de
vous, au lieu de l'inutile et blamble Quand je mourrai, on trouvera Haiti dans
mon ceur, la sauverait de la faim journalire, de la tuberculose perptuelle, de
la lpre des taudis, du mensonge politique sempiternel, de la justice prostitute
et du vol gouvernemental main arme.
Vous auriez encore plus tort, M. le Prsident des E. U. d'Amrique, de ne pas
me faire rendre ma libert, l'argent qu'on m'a vol, ainsi que l'important man-
que ggner caus par prs de trois annes de dtention qui sont une plaie h-
misphrique ; d'autant plus que ma dmarche, tente du fond de l'ergastule po-
litique o l'obscurantisme de M. Lescot, votre pupille, m'a relgu, est aussi
mritoire que dangereuse. J'ai risqu ma vie vous dire la vrit. Je suis en
droit de croire ainsi que tous mes compatriotes, tant ceux qui sont dtenus
depuis des annes par lettres de cachet que ceux qui crvent de faim et de honte
dans leurs liberts squestres que vous ne perptuerez pas, la veille d'un
quatrime mandate ... continental, l'anathme terrible que votre prdcesseur,
l'honorable Prsident Harding, fut oblig de jeter sur la protection amricaine
d'Haiti, lorsqu'il parla de ... ces actes barbares qui salissent la bannire d'une
dmocratie libre et police.
L'honorable Cordell Hull ne vient-il pas de dclarer qu'il n'y a pas de place
pour le fascisme dans l'hmisphre occidental ?
Avant Farrel et le Prsident Villaroel, cette sentence, pour ne pas tre vaine
et pnible, doit s'appliquer Elie Locardie Lescot et ses tnbreux complices.
Confiant dans un geste de justice complete et urgente, qui relve le pres-
tige amricain, je vous prie, M. le Prsident, d'agrer l'expression de mes saluta-
tions les plus distingues.
MILO RIGAUD


- 18 -






Ainsi, MM. des journaux inspirs par le caractre anti-national de cette Junte
militaire Lescotico-Vincentico-Washingtonien, vous savez present que penser de
Scette situation. Elle doit suffire, dans toute la crudit de calvaire des souffrances
qu'elle a occasionnes et qu'elle est encore appele occasionner votre patrie
ensanglante, pour vous faire voir et l'inanit de toute defense esquisse pour sau-
ver la crapuleuse morality vincentiaque, et vous forcer battre votre coulpe, bien
que je n'ignore pas qu'avec la couardise ou les mnagements coupables ordinaires
du milieu, il sera peut-tre trouv que j'aurais pu ou d viter des attaques aussi
directed et parce que Magloire ou tout autre officer de la Garde est, DANS
SA PERSONNE PRIVEE, un excellent ami ou un homme aux belles manires.
J'ai mme avou que, en ce qui me concern, l'officier que j'aurai le plus reint
au course de cette bataille national s'est toujours admirablement conduit, DU-
RANT MON EMPRISONNEMENT. Mais voyons! dans cette lutte titanesque POUR
LA PATRIE, les considerations d'ordre individual (bases sur la vie prive des
gens qui ne nous regarded pas) doivent-elles effacer la plus haute, la plus pro-
fonde, la plus important et la plus solennelle des considerations: LE SAUVE-
TAGE URGENT ET IRREMISSIBLE DE LA PATRIE? Et, sous le prtexte futile
ou pusillanime d'viter de frler la vie individuelle d'une personnalit poli-
tique qui est personnellement aimable avec vous, doit-on passer l'ponge sur
ses fautes socio-politiques, surtout quand cette personnalit comme certain
officers qui ont administr ou administrent encore une prison ou un dock, un
fort ou un quartier-matre s'enrichit sur des cadavres journaliers ou seule-
ment sur la nudit et la faim de nos compatriotes (ce qui, selon la terminologie
socialisto-communiste elle-mme en vertu de laquelle on croit navement pou-
voir nous salir pour le triomphe paradoxal de la dictature fasciste, est s'engrais-
ser de la sueur et du courage du people qui alimentent le budget de ces orga-
nismes publics)?
Ds qu'un homme si correct et obligeant soit-il dans sa vie de particulier -
occupe une charge publique: administrative, lective ou autre, il est responsa-
ble du BIEN PUBLIC, qu'il soit ou non lgalement comptable des deniers de
P. l'Etat, et il doit en rendre compete, et il faut avoir le courage public de le dnon-
cer s'il y succombe moralement : tel est, d'ailleurs, le sens philosophique du
mot REPUBLIQUE!
`Autrement, il n'y aurait qu' tre l'ami priv de chaque hatien sparment pour
en exciper qu'on a le droit de les assassiner collectivement. Que devient alors
la RES PUBLIC?
La REPUBLIQUE ou la NATION, c'est tout le monde. Et le BIEN de tout le
monde. C'est et ce ne saurait tre une amiti ou une admiration personnelle. Il faut
avoir la force morale de dnoncer l'opinion et la vindicte publiques, et trs
dmocratiquement, mme ses amis les plus chers.
Prfrez-vous un ami la PATRIE surtout et mme s'il dilapide le PA-
TRI (moine) national confi son ministre civil ou militaire? Si Vincent et
Lescot sont responsables devant la nation, pourquoi devraient y chapper ceux
qui leur permettaient de se livrer leurs sardanapales concussionnaires en bra-
quant sur le people indign les machines-guns de l'Emprunt-carcan?
Rpondez cela, thurifraires fondsecrtiers!
Qui faut-il choisir quand la nation est debout et (que) les villes disparaissent
sous les priapes dollaresques de l'imprialisme masqu: l'homme qui se cache


-19-






dans l'ombre ministrielle du pouvoir-central pour porter des coups qu'il croit
ingnment anonymes hlas! ou bien celui qui se bat dans la lumire, com-
me le hros donquichottesque de Camons?
La GRANDE VERITE est que le PAYS doit venir avant un Lescot, un Roosevelt,
un Bill, un Shaker, un Stnio Vincent-le-scatogogue, un Prosper, un Alexandre,
un Merceron. Un fait navrant vient de le prouver sur le plan si srieux de l'esprit
et de la capacity administrative publiques : la Loi Electorale du Comit Excutif
Militaire n'est pas encore publie qu'elle ncessite une revision continue qui lui
est inflige par ses propres (pardon! impropres) auteurs.
Quelle insuffisance pinale!
Lorsqu'on est aussi vulnerable, on devrait hsiter mme se cacher pour frap-
per, surtout quand celui qui frappe dans l'obscurit a profit indment des char-
ges publiques et qu'il paie pour frapper quelqu'un que ses professeurs s-anti-
patriotisme ont dpouill aussi malproprement ...
On comprendra ce sens terrible de la vie o le BIEN PUBLIC surpasse le djob
illicite, surtout lorsque, comme celui qui crit, on a pass quatre annes dans l'en-
fer vincentophage o, si souvent, l'auteur de ces lignes fut oblig d'empcher
des soldats de la Garde d'Hati de pendre des prisonniers, par ordre de leurs offi-
ciers, ou de les battre jusqu' ce que le sang giclt ou que mort s'ensuivt, coups
de cordes, de cravaches, de planches, de fer ou de bton. Car telle est la situa-
tion exacte de l'indigence proltarienne confie leurs soins pourtant si large-
ment rmunrs!!!
Ainsi, au lieu de dfendre ces petits Torquemada de l'Inquisition wallstreetienne
qui pensent que ce pays glorieux de Daut et de Boukman, de Charles Belair et
de Sanite appartient l'Amricain (parce que l'Amricain est de face ple), ces
dignes MM. les folliculaires communists et socialists feraient mieux d'aller in-
terroger Marcel Baudin, battu par vingt gardes sur ordre de Lescot, qu'il venait
de traiter de voleur, ou Larousse, crucifi jadis par l'Amricain, lequel a lgu
cette discipline... proltariste ses successeurs de la Garde d'Hati.
Et, me croira-t-on si je dis qu'il y a des ngres qui meurent du fait de ces
traitements de commanders d'esclaves que dfendent si maladroitement les Dor-
sinville, les Jean Fouchard, les Side, les Eric Simon? Et qu'ils agonisent per-
ptuellement de faim, de vermines, de nudit sous le soleil et la pluie, de manque
total de soins mdicaux pendant que le coco-macaque les oblige excuter des
travaux-forcs mme quand ils ne sont pas condamns aux travaux-forcs DE-
VANT LE LUXE INSOLENT DES AUTOMOBILES MILITAIRES ET LES VILLAS
DES OFFICERS SUPERIEURS DE L'ARMEE MERCENAIRE D'HAITI?
Pense-t-on que j'aie exagr alors que je n'ai pas dit le millime de ce qu'il
y a dire?
Pense-t-on que la conscience de ceux que j'accuse est tranquille, alors que de-
vant ce people si raisonnable, ils garden, encore caserns, soldats et officers,
tordus par la peur panique de ce people et alors que le Comit Excutif Mili-
taire a dclar, depuis plus d'un mois, qu'il avait remis l'ordre dans la Cit?
Pour vanter le Gouvernement de gendarmes actuel issu d'un coup de force, des
journalists, qui se croient trs malins, s'acharnent paradoxalement traiter le
rgime rpugnant de Vincent-Lescot de tortionnaire. Voici pourtant ce que nous
pouvons extraire encore de LA NATION, au sujet du merveilleux Comit Mili-


-20 -







taire: Les vendeurs de figues-bananes de Dondon se sont parait-il rvolts de-
vant les exigences de la Standard-Fruit (Cie amricaine complice socio-politique
d'Elie Lescot et de Stnio Vincent) qui dprcie sans piti les marchandises de
ces braves gens. Ils sont sortis dans les rues pour protester, MAIS LA GARDE
D'HAITI EST INTERVENE, ET AVEC UNE VIOLENCE SANS PA-
SREILLE CES MALHEUREUX ONT ETE MATRAQUES D'AUCUNS ONT
ETE ARRETES ET JETES DANS LES PRISONS...
Maintenant, pour les Hatiens qui n'ont pas encore compris, je vais faire une
sensationnelle rvlation: vers l'anne 1942, feignant d'ignorer les rglements de
la Garde d'Hati, je m'amusai faire comprendre au capitaine de la prison qu'il
devait s'emparer du pouvoir, vu le nombre de ses amitis dans le corps. Cela
n'avait pas prcisment l'air de lui dplaire. Il rflchit un moment, pencha la
tte, sourit lgrement comme son habitude, et, redevenant soudain trs grave,
il releva cette tte et me dit, avec la plus grande sincrit : Impossible, Rigaud!
Ce pays n'est plus aux Hatiens... Comment?!!! lui fis-je. Non. L'Amri-
cain est le matre absolu de ce pays. Nous sommes mieux placs que personnel pour
le savoir.
Nous croyons ncessaire de faire observer qu' cette minute-l le capitaine de
la prison ne laissait percer aucune satisfaction d'une telle constatation. Il sem-
blait mme la dplorer. Est-ce pourquoi nous lui reprochons d'avoir tant change,
jusqu' perdre notre estime publique et notre admiration nationalist.
D'autant plus que les derniers vnements se sont bien charges de prouver l'en-
tire et absolue vracit de son propos : si M. Roosevelt, qui fit occuper et dsoccu-
per Hati sa fantaisie, n'a jamais pu rpondre ma lettre officiellement adresse
lui par M. Wilson qui, dernirement, m'a convaincu qu'il la lui a fait remettre;
si Washington n'a pas jug ncessaire de rpondre la LETTRE AUX HAITIENS
SDE TOUTES COULEURS, le terrible propos de Magloire s'avre sur le plan
videmment anationaliste ou mme antinationaliste irrfutable ......................
Et, partant, aucun militaire n'eut pu, sans les directives et sans l'entier assenti-
Sment du Dpt. d'Etat, oprer le coup d'Etat du 11 Janvier 1946 qui escamota sa
victoire au people d'Hati.
A cette opinion troublante de l'ex-capitaine Paul Magloire de la Garde d'Hati,
vient s'ajouter le tmoignage aussi irrfragable qu'historique de celui qui fut si
longtemps plac politiquement pour dire la vrit aujourd'hui: Julio J. P. Audain.
Voici ce fantastique tmoignage : ..................pour l'dification de nos lecteurs, il
est ncessaire de reprendre les vnements vers la fin de Dcembre 1939. A cette
poque, MALGRE L'OPPOSITION DU DEPARTMENT D'ETAT, opposition en-
tretenue par Lescot, Ministre Washington, Vincent partit pour les Etats-Unis
AFIN D'ESSAYER DE FLECHIR LE STATE DEPARTMENT SUR LA QUESTION
DU TROISIEME TERME et D'OBTENIR DE CERTAIN GROUPS FINANCIERS
CERTAINS CONTRATS........................
Rien ne saurait tre plus clair.
Or, il y eut plus fort: ce fameux STATE DEPARTMENT et ces GROUPES
FINANCIERS AMERICAINS QUI MENENT LA POLITIQUE DE LA GARDE
CONTRE LA REPUBLIQUE D'HAITI, rejetant Stnio Vincent, qui tait dj si
rpugnant, lui prfrrent Elie Lescot!!!!!!!
Pourtant, aprs avoir cit le Bulletin No. 3 d'Audain, du 11 Fvrier 1946, nous
trouvons ces lignes fantastiques dans celui du 10 Fvrier de la mme anne : .........


- 21-






............nous avons mis fin notre carrire politique en dmissionnant comme chef
du cabinet du president Vincent APRES AVOIR EU DES PREUVES ECRIT'ES-- "
QUE VINCENT ETAIT DEPOURVU DE SENS MORAL.
Je veux bien penser, MM. les directeurs des journaux-dfenseurs de la Junte
amricano-militaire, que vous voil suffisamment renseigns pour me permettre de
vous prier d'agrer l'expression de ma consideration attriste; d'autant plus attris-
te, qu'aprs qu'Elie Locardie Lescot, l'Obscurantiste-Anthropophobe pour
arracher ignoblement le pouvoir Stnio Vincent, AVEC L'APPUI AVOU DE
LA FINANCE ETRANGERE lui eut clairement dit, dans sa lettre dte de
CIUDAD-TRUJILLO : Vous savez que je tiens VOTRE HONNEUR entire mes
mains... et je vous remettrai les documents COMPROMETTANTS qu'au 15
Mai 1941... ce sera encore et sempiternellement la Garde d'Hati, par ses officers
simoniaques, qui perptuera la presence abominablement contre-hatienne de ces
deux poubelles humaines au pouvoir, sous la forme spcieuse du Comit Excutif...

Or, savez-vous que ce Comit Militaire n'est qu'une constance dans l'anarchie
spirituelle qui dtruit votre pays dans la boue ?
Les vnements en course nous portent ouvrir davantage les yeux aux Ha-
tiens qui, aprs s'tre fait battre par l'outil dictatorio-militaire du duumvirat
Lescot-Vincent, s'amusent comme des gosses qui joueraient avec le feu, soute-
nir ce cordon ombilical des 36 scandals rcemment dnoncs par LA BATAILLE.
Pour cela, il nous suffit de transcrire seulement trois textes, pris de documents
historiques irrfragables.
Voici le premier texte. Il est trs accablant:
Je me rfre au prt que je vous fis pour vous mettre en condition de rem-
bourser au gouvernement hatien la some de Or. 31.250 que celui-ci vous avait
remis pour l'achat d'un certain nombre de fusils. Votre situation dans cette affaire
de Dcembre 1940 tait tragique. LA DEMAND DE REINTEGRATION DE CETTE
SOMME tait d'une urgence dsesprante. Vous avez eu recours alors moi et vous
m'avez trouv COMME DANS D'AUTRES OCCASIONS... (LETTRE DE RAFAEL
LEONIDAS TRUJILLO A LESCOT, du 1er Novembre 1943)
Voici le deuxime texte. Il est dsesprant :
No. 67. Ordonnance du Juin 89. Justice, chap. I sec. 2. P(iastres) 497/oo, mise
en faveur de STENIO VINCENT, montant de divers articles qu'il a fournis ce
dpartement, pour le troisime trimestre de l'exercice courant, etc...
La Commission conclut la non-acceptation de l'Ordonnance parce que LE
CERTIFICATE DELIVRE PAR LE COMPTABLE, M. J. Jrme, EST UNE PIECE
DELIVREE IRREGULIEREMENT, et partant, ne constitute pas le certificat-comp-
table exig par la loi.... (COMMISSION ADMINISTRATIVE DE LA CAPITAL,
Sance du 1er Septembre 90, Procs-verbal No. 44)
Voici le troisime texte; il n'est qu'une rptition et cette rptition est voulue
pour obliger profondment rflchir :
L'haitianisation de la Garde d'Hati tait plus que RENVERSEE PAR L'OBLI-
GATION DE CONSTITUER UNE MISSION MILITAIRE AMERICAINE AUX
FRAIS D'HAITI.

-22-






Pourquoi cette mission renfermerait-elle des SOLDATS? demandait M. L-
Sger..: C'EST LA PORTE OUVERTE A L'INSTAURATION D'UNE FORCE ARMEE
('amricaine) MEME APRES LA DESOCCUPATION.
Il y avait mme une issue pour tendre le contrle au del de 1952.... (LA QUES-
> TION HAITIENNE, d'Ernest Gruening)
Nous rptons: ce troisime texte donne profondment rflchir si l'Hatien
dsire qu'arrive au gouvernement de son pays un homme different de Vincent, de
Borno, de Dartiguenave et de Lescot, car, APRES L'IGNOMINIE LESCOT-DE
LA RUE, lave par Trujillo, c'est la Finance amricaine qui soutint Lescot grce
& la Garde!!! Or, c'est Vincent qui a pass le pouvoir Lescot.
Que l'Hatien se dise surtout que Magloire a dj toute la machine lectorale
en mains, surveille par la section des mitrailleuses, le dpartement de l'artillerie,
et la police, qui lui composent cette force qui vient de permettre non seulement'
de revenir au couvre-feu, mais de perptrer la monstrueuse trahison de ce que
j'ai rcemment appel les intrts et les lments premiers de la Rvolution na-
tionale : je veux parler de cette atroce chose exige par l'ambassade amricaine :
L'EXPULSION DE GERARLD BLONCOURT, que la lchet tnbreuse de l'Ex-
cutif Militaire n'a mme pas os rendre officielle!
Jamais, Hatiens! votre pays n'a t aussi loin dans le dsastre moral...
La preuve en est tellement irrfragable que celui pour lequel cette honteuse
leve de flatteries s'est faite contre -notre DEFENSE DES HOMMES DE TOUTES
COULEURS, arrive crire ces lignes compromettantes dans son FLAMBEAU
du dimanche 24 Fvrier 1946 : ...La proprit prive s'en est trouve menace,
On a eu beau jeu pour dcrter toutes les measures restrictives des liberts publi-
ques. C'est si commode d'ailleurs et si facile de gouverner par la manire forte.
C'est la tendance invincible de la loi du moindre effort qui joue un rle si capi-
tal.. Dans quelle atmosphere, maintenant de liberts rationnes vont se drouler les
prochaines consultations populaires?... Il suffira du moindre incident provoqu
epar celui ou CEUX QUI ONT INTEREST A CE QUE TOUT SE PASSE ENTIRE
L'ELOGE ET LE SILENCE ET QUI SONT SI PUISSAMMENT COUVERTS pour
que sous le prtexte fallacieux de sauvegarder la proprit prive et la paix des
rues, le robinet des liberts publiques soit ferm. La loi lectorale de 1930 a t
elle aussi modifie pour les besoins de la cause, de cette cause puissante qui redoute
le grand jour de la place publique et se prpare, se mijote dans l'ombre propice
AUX ASSASSINATS ET AUX GUET-APENS. Elle est devenue cirrvocablement,
proclame-t-on, une infernale machine pige, et chausse-trappes... Elle va
mme, COMBLE D'IMMORALITE, jusqu' favoriser les embusqus politiques, ceux
qui n'ont pas la conscience bien en paix... QUEL ENCOURAGEMENT OFFICIEL
ET LEGAL (sic) AUX PREVARICATIONS ET A L'IMPROBITE ADMINISTRA-
TIVES...
Ainsi, quelle faillite pour le Comit Excutif Militaire install par la diplomatic
amricaine contre les desiderata du people hatien, puisqu'il est frapp, aujour-
d'hui, par les serpents mmes qu'il a nourris dans son sein!
Et mon Dieu! faut-il qu'il soit irrfragablement immoral pour qu'il reoive
ainsi le venin et la bave du Brutus ngre qu'il a le plus rchauff!
N'est-ce pourtant prs ce mme FLAMBEAU renvers, ce mme FLAMBEAU
anti-bourgeois et anti-capitaliste qui, dnonant, aujourd'hui, les officers de la


- 23-







Garde qui composent les conseils communaux avec leurs amis pour pouvoir nous
imposer des lus la resemblance de Lescot, accepted de faire, pour dix dollars,
la rclame d'HABANEX : cette Compagnie qui, depuis plus de quatre ans ,affame
la Rpublique avec les capitaux de la caisse publique vols par Grard Lescot?
Or, JEAN ELIE, tremblant de voir dnoncer la firme criminelle don't une impla-
cable ironie du sort a voulu faire la firme ELIE-LESCOT, n'a confi cette rcla-
me qui est une vritable synthse de la compromission permanent qui existe
entire la fausse reaction socialiste-communiste et les reprsentants de l'ex-rgime
d'ignominies nationals que pour tenir cette reaction entre l'loge et le si-
lence, lesquels ont permis au Comit Excutif Militaire d'en arriver la r-
pression du communism socialist, par le gourdin de bayahonde fratricide... C'est
le mme jeu hypocrite de 1930 qui va se faire, avec, en plus, ce gourdin de baya-
honde homicide et hatianophage : aprs avoir trahi le people avec le Comit Ex-
cutif, certain tres, qui semblent trahis leur tour, essayent de retourner hypocri-
tement au peuple-martyr. Attention : cherchez ce que fut un St Lot dans la pr-
paration des Elections truques de 1930 qui donnrent la prsidence au scato-
crate Vincent; et cherchez quel multre l'paulait! Encore une fois, voil donc d-
montres la fausset et l'incomptence morales de l'Excutif actuel.
Actuellement, le plus grand danger national tant donc que le gang amricano-
militaire ggne du temps pour conditioner sa victoire anti-nationale, il est aussi
indispensable qu'urgent que le Peuple Souverain mdite, au sujet d3 ce dlai ho-
micide accord par les dissensions locales et le servage volontaire de quelques
Hatiens la camarilla de Lescot et de Vincent, l'expression clbre que Virgile
employait pour dfinir la renomme : ... vires acquirit eundo.
Et comme l'auteur des GEORGIQUES conseillait : Dfiez-vous de la calomnie :
elle acquiert des forces dans sa course, nous crions au people hatien : Mfiez-
vous du Comit Excutif : il acquiert des forces dans sa course.
Il faut donc le renverser, pour le salut et pour la gloire de la Patrie. Mais dans
l'ordre le plus parfait, sans oublier d'oprer la sublime fusion de toutes les po-
tentialits nationals, afin qu'Hati sorte de ce cauchemar amricain par le
triomphe racial le plus clatant!

MILO RIGAUD


















24-




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs