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HIDE
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 Preface
 Humble adresse aux electeurs de...






Group Title: Elections legislatives de 1908.
Title: Élections législatives de 1908
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 Material Information
Title: Élections législatives de 1908 humble adresse aux électeurs de la Commune de Port-au-Prince
Physical Description: 45 p. : port. ; 23 cm.
Language: French
Creator: Janvier, Louis Joseph, 1855-1911
Publisher: H. Chauvet
Place of Publication: Port-au-Prince Haiti
Publication Date: 1908
 Subjects
Subject: Politics and government -- Haiti -- 1844-1934   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081290
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 000143681
oclc - 23830486
notis - AAQ9870

Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover
    Title Page
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    Frontispiece
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    Preface
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    Humble adresse aux electeurs de la commune de Port-au-Prince
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ELECTIONGIM ISLATIVES DE 1908


HUMBLE ADRESSE

AUX 'LECTEURS

DE LA

COMMUNE DE PORT-AU-PRINCE

PAR
LOl'lS JOSEPH JANVIER
C indildatl t la Chambre des INputis.



Chacun a le droit d'exprimer
ses opinionsen outes wati6rcs,
Stl'crire. d'imprier et de pa-
S:b ir Nse pmLsi5s. LS icris ne
S peuvent trpe soumis a aucoan
cernure prialable.
Aricle 21 de la Coastitutal
l" Ibllirena du 9 Octohre 81M.









PORT-AU-PRINCE
IMPRIMERIE H. CHAUVET & C0
4. RUE DU FORT-PER. 4.
1908


El DON CHEZ L'AUTEUR. 450. GRAND'RUE, PORTE DE LtOGANE.

































LouIs JOSEPH JANVIER.









DU MEME AUTEUR


La Phtisie pulmonaire. Causes, Traitement prdventif,
1 vol. in 8, Paris, 1881, Cliez Asselin. dditeur. place de
1'Ecole de M5decine, (Oncurage couronne par la Facultd
de midecine de Paris ).
Les D6tracteurs de la Race noire et de la R6publique
d'Haiti, Deuxieme edition, Paris, 1882, Chez Marpon et
FlammaPion, galerie de I'Oddon, et 20, rue Racine, ( En
collaboration ).
Promenades an Quartier-Latin,- Les statues du Lu-
xembourg, Revue de la Jeune France du ler Novembre
1882, Parts.
La R6publique d'Haiti et ses visiteurs, i vol in 8, Chez
blarpon et Flammarion, 26, rue Racine. Paris, 1882.
(Ouurage madailli d I Exposition Universelle d'Anuers).
L'Egalit6 des Races, In-18 j4sus, Juillel 1884, P.,ris.
Le Vieux Piquet, In 18 jesus, Juillet 1881, Paris
L'Evolution litt6raire en Haiti, Revue internalionale
lilttraire, Paris ( Avril-Aout.4884).
Les Antinationaux ( Acles et Principes ), In-18 jisus,
A;ot 1884, Paris.
Haiti auxHaitiens,8 In jesus,Aoatlt884,Paris,2,Edition.
La Constitution Haitienne de 1879, Annuaire de la So
ciddl de Ldgislotion compare, tome XIV, Paris 1885.
Les Affaires d Haiti ( 1883 1881), in-12. Paris, 1885,
Chez Mlarpon Flammarion, galerie de l'Oddon, et 26, rue
Radine.
Les Constitutions d'Haiti 1 vol. in-8, Paris 1886
cbez Marpui et Flammarion.
Une Chercheuse,- Roman parisien, I vol. in 8, Paris,
1889, Chez Marpon et Flammarion, galerie de l'Od6on, et
26, rue Racine.
Dn Gouvernement Civil en Haiti -Lille, 1905, Le Bigot
Freres, imprimeurs dditeurs.
La Caisse d'Epargne et 1'Ecole en Haiti- Port-au-Prin-
ce, Imprimerie de 1 Abeille.











1Pr face


A chacun selon ses teuvres et A chacun selon son
mdrite. On se souvient peut Otre queje fus arrett dans
les rues de Port-au-Prince, a I'occasion des elections
gdanrales de Janvier 1908, sans mandate d'amener, et
jeti en prison en violation des dispositions formelles
de plusieurs articles de la Constitution; que I'on me
mit au secret, les deux pieds aux fers, du 3 Janvier au
5 Janvier; que l'on me garda en prison, du 3 Janvier
au 9 Janvier. Je me berce de f'espoir que nul n'ignore
que fai dtd elevd en Europe au:c frais de la Nation
toute entire, pendant vinyt-huit anniies consecutive,
tout express pour que je serve la Republique, soit dans
le Parlement, soit chez les nations etranygtres, et jus-
qu'au dernier soupir de ma vie. D'autre part, person-
ne n'a songeJ i jeter dans les fers M. Mayloire, M. Ne-
mours Auguste, M. Fleury Fdquiire, M Iantkcs lIel-
legarde, quand its out parld de la Incessite de rtfor-
ner la Nation Hailienne ou bien par I'application des
mdthodes franco-latines ou bien par l'rpplication des
mitholes anglo-saxonnes et, le 22 Decembre 1907. M.
Freddric Marcelin, ulors Secrrtaire d'Etat de l'ntd-
rieur, a dit, en plein Conseil des Ministres, que je de-
mandain I'ideal. Je 'ai entendu de mes oreilles parce
quefitais alors detenu et garden d vue au Palais Na-
tional dans un salon attendant au salon oiA se tenait le
Conseil des Ministres afin que je fusse insult on me-
nace par tous les ministres responsables constitution-
nellement, mais surtout par M. FrddWric Marcelin,
aprs que le Pr6sident d'Haiti et les Secretaires d'Etat
eussent entendu lecture de non Humble Adresse aux
Electeurs de la Commune de Port-iu-Prince. Cette
lecture dura trois heures environ et fut faite tour d
tour par M. Freddric Marcelin et par M. Villehardouin.
Leconte, bien que celui ci ne fut pas encore Secrdtaire
*







-8-
d'Etat. Les 6tienements don't la Rdpublique a souffert
depuis lors el que javais predits en Decembree907,
prouvent de la maniere la plus iclatante que le Pou-
voir Excutif actual peut m'honorer logiquement de
sa protection la plus magnanime ou de sa sympathie
la plus pratique en reconnaissant chetaleresquement
les services que fai rendus d la Rdpublique avec une
probity absolument puritaine J'ai rhonneur de faire
observer respectueusement. d ce sujet. que I'Adresse
du Comilt de rOrdre public aux populations de l'Ar-
rondissement de Port-au-Prince en date du 2? Dcem
bre 1908 content la phrase suivante:
aLe Gouvernement du Gneiral Nord Alexis vient
de quitter le Pouvoir devant les progies de la Rdvo-
lution du Sud, et ce fait acrompli laisse le people
haitien maitre de ses destindes. II est evident que ceci
veutsignifier. entire aultres chooses, que la press est li-
bre, d comnpter de cejour. et cor me dispose 'article
21 de la Constitution de 188!. e'est-d-dire de la ma-
niere la plus parfaile. En ce nomoent de came alcyo-
nien, qu'il me soil permis de souhaiter que, disor-
mais. chaque Haitien ait f.ruat' duns le ceIur cette
pensde profonde de Camille Desmnoulins: *Si la li-
bert de la press e.ristait dans un pays oil le despo-
tisnie le plus absdu ruunit dans une scule main tous
les pouvoirs. elle sulfirait seule pour fair le con-
trepoids* ( 1 ) Ainsi que Victor Hugo I'a dit d la
page 131 de son noble livre intituld William Sha-
kespeare, (edition Hetzel-Quantin, Paris, 1864):- La
seole decroissance de la liberty de la press diminue
la stature d'un people,. Victor Hugo a dcnontrt, dans
cette splendid ltude sur Shakespeare, susmentionne,
que, presque toujours. les libhrateurs pensants, par
r courage cirique. au milieu des perils les plus ef-
froyables. .ont des prcuvrseurs ou des complices des
liberateurs arms: dans un oopscule tcrit d St -Tho-
mas par M. V. Toussaint NoWl el publiC d Paris sous
(i) Camille Desmoulins, (Eoere completes. Tome III, page
M9. Bibliothibue Nationale. Paris 1886.







-7-

ce titre: Le Firminisme en Canevas, on lit Ip phrase
suivante d propose des parodies selections de Janvier
1908:
aLe Docteur Louis Joseph Janvier, le savant qui a
avecu trente annees consecutive A Paris et ALondres,
*fit une protestation 6nergique et marquee an coin
ada plus pur civisme.Loin de I'couter,on le jeta daos
alesfersD.On reconnait,par consiquent,quej'aios par-
ler, au pdril de ma vie et dans ma ville natale, lorsque
la Ripublique itait plongie dans un silence de fabjec-
tion sembldble d ce silence de l'abiection que l'empire
remain gardait sous Tibere et auquel Chateaubriand,
dans ses Memoires d'Outre-Tombe, a faith allusion par
quelques phrases fam wses: a Lorsque dans le silence
de labjection. Ton enlend plus retentir que la chaine
de resclave et la voix du delaleur : lorsque tout trem-
ble devant le tyran et qu'il est aussi dangereux d'en-
courirsa faveur que de meriter sa disgrdce, rhistorien
parait charge de la vengence des peuples.C'est en vain
que Neron prosptre,Taciteesl dtjd nedans 1'empire; ii
croft inconnu aupres des cendres de Germanicus et
dijd l"'intigre Providence a livrd d un-enfant obscure
la gloire du maitre du mon le. Si le rdle de rhistoraen
est beau, it est sourent dangereux; mais it est des au-
tels comme celui de l'honneur, qui, bien qu'abandon-
nds, rclament encore des sacrifices; le Dieu nest point
andanti parce que le temple est desert. Parout oat il
reste une chance d la fortune, it n'y a point d'hdrois-
me d la tenter; les actions magnanimes sont eelles don't
le rdsultat prdev est le malheur et la mort. Aprs tout,
qu'importent les revers, si note nom prononcd dans
la postiriti,va faire battre un cceur gienreux deux mille
ansapris notre vie.(i1) Bref,ayant dltd la peine,jedois
tire d lhonneur ct il est de mon devoir de donner une
deuxibme editionn de mon Humble Adresse aux Elec-
teurp de laCommune de Port-au-Prince, quinze cents
( I ) Chateabriand. Mimoires d'Outre-Tombe, tome II page
460, editionn oe 6 volumes, avec une introduction, des notes et
des appendices par Edmond Bird.







-8-


exemplaires sur lea deux mille de la premiere edition
m'ayant et pris de force ou vol,, le 22 DIcembre 1907,
par le Gouvernement qui vient de quitter le Pouvoir:
cepetit livre content d la fois la quintessence des
ides politiques franco latines et la quintessence des
iddes politiques anglo saxonnes, lesquelles.tout dernie
rement encore, faisaient les dlices de la Rdpublique ,
et don't la discussion passionnde constituait la question
do jour. Je supplies qu'on me pardonne gdinreusement
si fose me penser d'une dine citoyenne que je me
suis pdndtrd de ces iddes, et des plus parfaitement, d la
Faculty de Mddecine de Paris, d l'Ecole des Sciences
Politiques de Paris. d la Facultd du Droit de LiUe,au
British Museum, d Londres, et d la Chambre desCom-
munes du Royaume-Uni de (Gande-Bretagne et dsr-
lande, pendant vingt-huit annees cons6cutives. Jai
l'honneur d'exposer en toute courtoisie ou en toute
vendration que ce sont ces idees qui, actuellement,
gouvernant l'Univers civilise, I'enrichissent ou le ren-
dent heureux tandis que les iddes quison mend la Na-
tion Haitienne de 1804 d nos jours. I'ont rendue infi-
niment malheureuse et ne pcuvent que la maintenir
danr toutes lea miseres, misere physiologique, misre
intellectuelle, misere dconomique et financairc. La Na.
tion Ikitienne ne peut dire sauvee ou rdformie que
par le Parlement Haitien, si ce Parlement decent
et denieure un bloc de lumieres jaillies spontanmnent
du People Souverain, chaque fois,
El quasi curpores vital Inmpada tiadunt.....
au lieu que d'dtre composed toujours de deux Cham-
bres dpe Repr6Bentant, de I'arm6e h ,itienne.C'"lt ami
st que les choses se passent et sesont passes en An-
gleterre, en France. au Japon, pour ne nommer que
ces trois grand Pouvoirs.Puisst-je, Port-au Princiens,
puiss4 je redire ici que nous devons les imiter, sans
erainte el sans peur.
Pol t-au Prince, le 7 Dicembre 1908.
Louis Joseph JANVIER.










LiBERT*T EGALrUT FRAThs~rrI
REPUBLIQUE D'HAITI


ELECTIONS LGISLATIVES DE 1808

HUMBLE ADRESSE

AUX ELECTEURS DE LA COMMUNE DE PORT-AU-PRINCE

Messieurs les Eiecteurs,
L'imilalion est un des penchants primilifs on essentiels
de I'homme. C'e-t ce peicchant qui engendre I'Hmulation
dans les societis les plus riches et les plus policies;
c'est sur ce penchant que repose toute I'Fducabilhtl des
nations qui viennent de n:iare on qiii gratndissent; c'est
ce penchant qui explique I'emploi des bons et des mau-
vais examples : nous lisons s es Aniciens qti'Aristote de-
montrait que I'lomm nie diltTre dies autres aniinaux
qu'en ce qu'i est itmitaiteir ia tn1 plus hal. degree. C'est
ce penchant qui nuus a rjit inscrire sur notre drapeau
bicolore les mots : Liberte, Eqaliti, Fralernitd. En som.
me que faIotis nous, depuis cent ans?' Nous essayons
d'introduire daus les mteurs et dans les institutions
haltiennes les libertds civiles et les libert6s poliliques
que la Revolution Fr.anaise sema dans I'Univers et qui
anim6rent les glorieux fondateurs de notre Independance
National. C'est dans la vicille Cathdrule de Port-au-
Prince que la Rdpublique fut proclamee oour 1. premiere
fois et que la GCoistitutlon de 1806 fut vote; c'est a Port-
au-Primce que fut vote I: Constitution de 1843, laquelle
fut discutee longuement eetsignee par des reprisentaiits
librement 6lus, venant de tous les points de Iile A'Haiti :
ces deux Constitutions de 1806 et de 1843 sont les deux
plus libWrales q--i aient Wtd construites par des cerveaux
aliens. C'est vous. Port-au-Princiens, c'est vous qui
avez fondbla Rdpublique avec Alexandre P6tion; c'eut







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vous, par consequent, qui avez consolid lI'Ind6pen-
dance Nationale d'Haiti. Pourquoi done auriez vous
peur maintenant i'exercer les droits politiques que la
Constitution de 1806 reconn.aissait deji A nos aieux?
Sirement, vous ne sauriez avoir peur de reclamer le
droit de voter aux elections 14gislatives, senatoriales. com-
munales, car c'est un droit p-imordial que vos ancetres
ont exerce librement de 1818 A 1843, c'est a dire pen-
dant toute la presidency de Jean-Pierr lBoyer? Pourquoi
done auriez-vous peur de revendiquer I'exercice du droit
de vote que la Constitution de 1889 vous reconnait en-
core, et rormellement? Certes. vous ne sauriez avoir
peur de coups de baton imaginaires quand vos intr6-
pides aieux n'avaient peur de rien au monde. Vous iae
sauriez done donner le spectacle d'une ville Cipitale de
cent mille ames qui passe pour avoir peur d'une poignbe
de soldats sans armes. en un jour d'elections!.. Le droit
de suffrage eat le droit qu'a le citoyen de formuler sa
pensee imperieuse touchant la C(onstitution, la direction
de la politique et la direction administrative de l'Etat. II
apparait pratiquement sons forme de deux droits corr-
latifs l'un a l'autre : le droit de voter ou de nommer un
representant. le dIroit d'lilqibilit on d'etre nommd re-
prbsen:a:!t par le people. C'est Un droit primordial que
personnel ne peut conlisquer, si te n'est an pril de *a
vie ou de si fortune car. coimme Napolhon ler I'a dit lui-
mime apres qu'il cut perlu la bataille de Waterloo : *On
peut tout fair a nec des baionettele, ex,'epti de s'asseoir
dessusu. ..
FaitFs-moi l'iumdne de votre bienveillance le plus spi-
rituelle, Messieurs les Electeurs de la Capitale, ou de
votre ;:ttention le plus patriotique et permettez moi de
vous r:lppeler en toute urbanites que I'une des disposi
lions principles de la loi electora;le du 26 Aolt 1872 est
celle que conli-nt I'article 8: a II est formellement en-
tendu qu,: les mnlitaires en ylarnison dans des Communes
nutlres ique celles to ils onl leur domicile politique, ne
pouwroln pas prendre part an vote dans la Commune de
leur yarison a
Ce texte si clair a etC violet A I'occasion des elections
communales de Port-au-Prince. en Janvier 1907, et -par
terrible consequence de ces funestes electionscgnmunales
- l'equilibre baitien, don't Soulouque meme comprenait








- 11 -


I'importance, est detruit, au orejudice du Cabinet de
Port-au-Prince et de la ittpublique Occidentale d'iaiti.
Dans t8us les pays civilises. les elections communales
sont purement locales : c'est prouver qr on ne salt ni
I'histoire des institutions communiles, iii Its r:isons pour
lesquelles les elections commur.iles oiont faitis p6riodi-
quement que de vouloir .qe les conseillers communaux
de Port-au Prince soient elus par lies guerriers fisait
partie de regiments levis et organiisi aux Gonaives, au
Cap. aux C6teaux on ailieurs. Tors le.; conseillers com-
munaux nommes a la C:,pit:e'. en Janvier 19)7, au lieu
d'etre des citovens absoltiuent inldoetlants. soet des
fonclionnaires et intent des employts subalternes dans
les bureaux du Goivernement central de lhi Rpublique.
Tout cela est contraire ; I'Psprit des lois communales.
En effet, chaque qu-irtier le la ville de Port-n u-Prince,
quelque mepris6 qu il soil. aurait d'i Ire reprjsentd dans
Ie Conseil communu:l p:ar ir hnomme abso ument ind6-
pendant, c'est A-dire libr e le tole :ittaclhe oflicielle, ha-
bitant ce quarter, ou p3ssd;lln't les immeub'es dans ce
quarter. ou exer;;int un'- profession dans ce quarter.
Ut'est ainsi qti'o comprewPl 'es clhoses en France, en
Belgique, en Aneleterre. l conestablement, il est fort
impolitique ou fort insens. qlue c? pruvre mais grand
quarter du M.orne -i-Tiaf qi a pi gi'urie::sement mene la
Republique a son atiore I:- -oit iu'lleneiit represented
dans le .onseil commniuil actlel ide Porl-au Prince. Aus-
si la rue de Normandie, la rue de BretaC:ie, la rue de
Penthievre ne s'ouvrent plus e:i plein. sur la mer, come
il en dtait encore, en 1877. Or, les overtures de ces
trois rues sur la mer, quarnd ells te sont pas obstaclees,
ou masquees, ou ferrmes par des a bres. sont autant de
poumons de Port-au-Prince, absolument comme la rue
Saint Honore, la rue du Champ-de-Mars, la rue des Ca-
s.!rnes, la rue Iin Port ot l'.tlae le sont ecore; en ellet,
aux croisees re'suvectives l'- c.-i ,l:ltre leltniires rues
avec It rue de I'FE;llit(e on ie r l! I.i Ika rritrcie de-Fer, on
peut encore sentir I ir ilclici.-x oni oztmisu de la mer,
porter sur I'aile (du vent d'Ouiet, p;,rce que ces quatre
dernieres rues s'ouvrent, encore aujourld'lhui,sur la mer,
en plein, comme ii v a Lrentle n.s. Bien plus, mes cheers
concitoyens, toute la face de Port-au Prince sur la mer,
du Godet a la Croix des Bossales ou au fort Tout-Rond,








-12-
est extrdmement malsaine, en ce moment, parce qu'elle
est d'une bonteuse malpropretd, parce qu'elle est cou-
vertl d'egoltt a ciel ouvert, d'animaux morts,*de depo-
toirs, de las d'herbe de Guinee en putrefaction, de de-
p6ts d'immonlices, d'eauc croup:ssantes. le tout d'une
puanteur qui souleve le ceeur. Je suis sur que cette face
de Port-au Prince sur l: mer, uie des plus splendides et
une des plus gracieuses qui soient .a monde. de par la
main de Dieu, aurait pui tre assi saine et aussi bien le-
nue. scientifiqueinent et sans brands frais, aussi ozonis6e
et aussi attrayante que la vun magnilique de Calais sur
la mer ou la noble face de Brig.hton sur Ja mer. L'ouver-
ture de Brighton siir la mer est un des poumons de I'An -
gleterre fashionable : figursz vous une rue et une route
carross:ables de 100 pieds douceur de voie romaine. s'ktenrdait sur une distance
aussi grande, au moins, que 1; distance qu'on pourrait
parcourir e'i voiture du fort Dimauchle ou Batterie de la
I'ointe-A Rebours au fort F..ustin ou fort Mercredi et du
fort Mercredi au Phare de l:i poin:e du Lamentin, route
et rue dominant la mer de si press qu'on la voit,qu'on en-
tend le murmure berceur de la vague se mourant sur
la plage. qu'on 'e sent revivr en quielques heures sous la
chaude caresse du vent 'lui vinlt d Amerique ou sons l'hla-
leine des bruises surchargdes d'oxygune eleclrisO qui vien-
neit du P6le Nord. Le gr;nil point est davoir 6tudic
toutes ces loses, 6parses dans dilTerentes sciences fort
lointaines les unes de ;autres. et avec la presque certi-
tude de ponvoir les appliquer un jour, soi mdme, autre-
ment qu'en amateur ou fort de I'amour de ses compa-
triotes imm.ediats.
Dans tout pays de league anglaise, aristocralique ou de-
mocratique, le Gouvernement tolere et provoque mdme
l'epression pacilique ou legale des opinions politiques,
parce que 1'expressioa 1egale ou pacilique des opinions
politiques empeche les insurrections; pace qu'elle est la
meilleuredessoupapesde sOrete: parce qu'elle estla moins
coiteuse et I meilleure des polices secretes. Disons le
done hautement, alin que nul n'en ignore et pour le plus
grand bien de tous : seuls les Port-au-Princiens peuvant
avoir I'orgueil scientilique de leur ville natale aussi bien
que cette vanity instinctive de leur cite natale qui, par-
tout ailleurs, ont enfante des merveilles; seuls ils peuvent








13 -

cboisir parmi eux-memes, regulirement et exclusivemen,
leurs reprdsentants vrais au Conseil Communal de leur
Vi'le Natale. En un mot, le systime representalif Com-
munal est un system d'orgnnisation politique de par le-
quel les citoyens actifs d'une commune, celle de Port au-
Prince, par example, sont appelEs a blire civilement des
deputies speciaux charges de controller !es depenses publi-
ques de la ville de Port-au-Prince; de voter des impOts
et de concourir A la confection des lois particulieres con-
cernant la Commune de Port-au-Prince. Ce soot ces de-
putes sp6ciaux que nous appelons Conseillers Commu-
naux. Dans un pareil *ystlme, les e!us ne sauraient dtre
des individus aventureux qui ne sont que des ruraux,qui
ne sont point des natifs de Port-au Prince, c'est-i-dire
qui ne sont point de vrais Port au Princiens. C'est humi-
her tous les natifs de Port au-Prince, c'est blesser au vif
tous les Port au-Princiens de naissance que de leur dire
qu'il n'y a point parmi eux quinze citoyeos assez probes
et assez instruits pour composer le Co!seil Municipal de
Port au Prince. Nul n'ignore que, pendant les elections
Commtnales de Janvier 1907, ce sotnt le vingt cinquieme
regiment des Gonaives, le tlentieine regiment dlu Cap, le
trente-troisieme regiment des Cuteaux qui oat vote, par
escouades. ainsi que le premier regiment, le troisieme,
le onzi6me, le douzieme, et les troupes des quatre corps
de la Garde. Les officicrs de ces regiments 6taient assis
dans la salle des elections, en uniform, cependant qu'un
agent diplomatique de Grande Puissance. armed d'un ap-
pareil photographique, prenait des vues instantanees de
ces scenes attristantes ou risibles afin de les envoyer au
Gouvernement de son Pays. Celui ci en a use immndiate-
ment et au prejudice de nos interets les plus primordiaux:
la frontiere est toujours a Thomazeau, mais, depuis le
mois de Maj 1907, elle n'est plus dans les mains des Do-
minieains.Dieu veuille que les Blections communales qui
ont eu lieu i Port-au Prince, en Janvier 1907, soient les
dernieres qui se fassent militairement. Elles ont 6te nd-
faster, A tous points de vue; elles ont Rd ndfastes surtout
parce que I'on tient plans les deux plus grandes contrees
anglo saxonnes que les republiques Btrangereseou les
elections presidentielles, senatoriales, Idgislatives, com-
munales ne soot pas absolument civiles, ne sauraient se
Spr6tendre des r6publiques de liberty et de civilisation et







14 -
que si ces republiques soot petites elles ne mdritent point
de rester independantes. Toutes les fois qu'un Haltien
d'espril, parlementaire et qui a 6tC force de passer des
examens sur toutes les sciences politiques dans une Ecole
speciale de Paris parole de ces choses, il se trouve ou bien
un gobe-mouches, ou bien un cmcur pourri pour lui r&-
pondre : C'est ainsi que les choses se praliquent de-'
puis la presid.nce de Salomon,. Cette rdponse ne client
pas debout et mmie elle est abso!ument absurde; en ef-
fet, on fait des revolutions pour amdliorer un etat politi-
que. pour reformer un ktat social et nullement pour les
conserve, en s'extasiant plus que jamais devant routes
les hideurs de cet etal social et deviant routes les places
de cet &tAt politique. Et d'ailleurs, est-ce que le President
Salomon n avail pas conlii le service de la Trrsorerie i
la Banque Nationale dlllaili ? Et le Gouvernement actuel
n'a-t-il pas retire le service de la Tresorerie des mains de
la Banque Naltonale d'Hlaiti ? Le Gouvernement actuel
pourrait done, tout aussibien, mettre fin a la pratique
scandaleuse des elections militaires parce qu'elles nous
sont cent fois plus oiereuses que protilables. Si le.Presi-
dent Salomon qui est mort depuis le 19 Octobre1888 avait
eu l'habitu le de marcher dans les' rues de Port-au-Prince,
nu-pieds, faudrait-il que, desormais. tous les presidents
d'Haiti marchassent nu pieds dans les rues de Port-au-
Prince cependant que leurs thurifereres a gages diraient
tour a tour aux representants des nations etrangbres ac-
crddites en Haiti : C'est ainsi que les choses se prali-
quent depuis la preisdence de Salomon I...

**
L'article 9 de la loi du 26 Aoit 1872 dispose que: Des
le premier jour du mois d'Octobre qui precedera I'epoqe
fixbe par la Constitution pour I'ouverture des assmbles
primaires, les membres du Conseil Communal se forme-
ront en Commission, alin de confectionner la listed gend-
rale des 6lecteurs de la Commune. Cette Commission on-
vrira un registre destine a I'inscription des citoyens r6u-
nissant les qualities requises pour Atre electeursdela Corn-.
mune et elle les invitera par publications faites dans les
troisjours etrenouvelees de huitaine en huitaine, pendant
un mois, a venir se faire inscrire. La publication indi-
quera les lieu et here de I'inscription v.


- E*







-15-

SII va sans dire que la listed generale des dlecteurs de
la Commune de Port-au Prince, don't nous nous occupons
sp&ialement ici,ne saurait comprendre les-noms de guer-
ners appartenant a des regiments qui se trouvent actuel-
lement en garnison a Port-au-Prince, parce que le domi-
cile politique de ces guerriers est dans la commune don't
lear regiment porte le nom. A plus forte raison, ne peut-
on pas faire entrer dans la lisle gnrfale des electeurs de
la commune de Port-au-Prince en vue des elections 1e-
gislatives gdoneales de 1908, des militaires appartenant A
des rgiments du Cap, des Gonalves, des CUteaux ou de
toot autre lieu, qu'on ferait ven'ir i Port-au-Prince tout
express pour violer la Constitution et la loi electorale du
26 Aoit 1872. Claque citoyen doit voter ou bien dans la
Commune o6 ii a son domicile juridique ou r:el, ou bien,
conformement a I'esprit et a hi lettre de la loi 6lectorale
du 26 Aodt 1872, c'est-a-dire la o6 il a son domicile po-
litique.
L'article 6 de la loi electorate du '26 Aout 1872 qui et
notre loi organique en la matiere est ainsi cbnuu : a Nul
a ne peut 6tre membre d'une assemblee primaire, autre
que celle de son domicile riel, a moins qu'il n'ait son do-
micile polilique dans la commune oh il se tient. La rd-
a sidence dans la commune pendant une annee, constitute
a le dimicile polilique P. Le domicile rdel ou'le domicile
juridique de l'Haitien est delini par I'article 91 du Code
Civil Haitien don't voici le texte:
a Le domicile de tout Hlaitien, quant d I'exercice de
see d oits civils, est au lieu oa ii a son principal dta-
b blissement a. C'est I'article 102 du Code Civil FranCais:
g Le domicile de lout -Francais, quaint d I'erercice de
ses droits civil, est au lieu ou il a son principal ieablis-
sement Ainsi done, d'apres la T~i electoral haitienne
du 26 Aout 1872, le domicile politique de l'Haitien est
dans ;la commune ou ii se tient depuis tune anne, tandis
que, d'apres les lois fran;aises actuellement en vigueur,
le domicile politique du FrangVis est dans Ih commune
le France on, n'ayant pas'son domicile rdel ou juridique,
il a une residence de six mois. Dans son savant ouvrage
intitule : Elements de Droit Constitutionnel fraifais et
compared. Adbhmar Esmein, professeur a la Faculte de
Droit de Paris et professeur a I'Ecole des Sciences Politi-
ques de Paris, rapport un arrt que la Coor de Cassation,







- 16 -


en France, a rendu dans ce sens, le 28 Mlai 1888.

L'article 13 de la loi do 26 Aoil 1872 dispose que :
# A partir du premier jour du mois de Ddcembre qui
4 prcedera I'epoque fixee pour I'ouverlure des elections,
a les listes dleclorales seront affichees a la porte du Con-
e seil Communal par placard et suivant I'ordre alphabe-
tique, alin que tout citoyen pretendant'avoir dioit d'y
A tre inscrit et qui ne I'aurait pas Wte, puisse reilamer
g son inscription et que tout citoyen inscrit puisse recla-
a mer la radiation de celui qu'il pretendrait y tire indl-
a ment inscrit. Dans le cas ou le Consei' communal aura
Saudmis la radiation ou reluse I'inscription, la voie de
SI'appe! est ouverte au reclamant pardevant le Tribual
a Civil du resort, lequel statuera a bref dheli. sans tour
de rd!e et sur simple requdte. Le jugenjent sera exd-
cute par provision..
Je voussdpplie. mes chers concitoyens. de me per
meltre de placer aussi sous -.os yeux ies articles 15, 16.
18, 19, 22, 26 de la loi 6lectorale qui est actuellement en
vigueur. Cette loi fut propose par la Chambre; le Souat
la vota, le 2. Aout; le Pouvoir Exdcutif la promulgua sans
retard, le 26 Aodlt 1872
Actuellement, elle aurait d ditre plus que cbhre aux
Libdraux parce que ce fut le gouvernement constitution-
nel et liberal de 1872 qui la fit rddiger et voter; actel-
lement,elle dolt dlre plus que chere aux Nationauxparce
qu'il faut absolument que les Nationaux montrent qu'ils
n'ont aucune peur du gouvernement civil, tell que cette
forme de gouvernement existed en France, ni aucune peur
du gouvernement parlementaire, telle que cette forme de
gouvernement existe en Angleterre. A mon humble avis,
si les Libdraux ornt sirs de la furieuse amour de la
masse du people, ils doivent gouverner par I'amour et
non par la terreur; si les Nationaux sont sitrs de la fu-
rieuse amour de la masse du people, ils doivent gouver-
ner par I'amour et non par la terreur.
Je me berce de I'espoir que, cette foie-ci, les Libdraux
haitiens meme ne m'accuseront point
De charger mes tableaux de Lrop vives coulears;
et meme, je suis str qu'ils auronl la haute courtoisie de
digdrer les pensees dontleslignessuivantes sont menage-







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res pareequ'elles sont d'Edmond Paul : t l no suffit pa
d'apercevoir un mal et de Ie signaler sur un ton bdnin.
car, alors I esprit public n'est pas saisi de I'opportunild
du changement qu'on lui conseille. It nest pas trop 4e
toute I'effervescence il'une dine ciloyenne quand it faut
dradtiner un abuse qui s'elaie du plus fort et du plus
routinier pouvoir de I'Elat. Nul n'ignore, de plus, que
dans son livre intitule : a Les Causes de nos Malheurs P,
lequel Darut & la Jamalqaie, ei 1882. Elmond Paul re
proche le vote de lN i n haitienne sur 'I t;u de siege du
3 Avril 1880 aux chrf du part national qui en farent
lea auteurs. et le leur reproche avec 'indignation la plus
vehemente.
Art. 15. Au jour lixe par la Constitution pour les
eassemblees prim:ires el qui aura 6t1 rappel6 par deux
*publicalionsdu Macistral C mommuil, dans la quiza:ine
.precddente, a distance de huitaine let Mlagistrat Commu-
oeal. assisted de deux Con lillers Communaux designs
tpar le sort et en presence dlu Doyen du Tribunal COvil
oou d'un juge qn'il designera. d.ns les lieux ot siege uM
#Tribunal Civil. et ailleurs d un judge de paix ou d'ur
usuppliant, se rendra, d6s les huil heures du martin dane
fle local q:ui aura ete designed d'avance dans les publica-
ations ordonn6es ci-dessus pour la tenue de l'assemblde
sprimaires.
Art. 16. a Au meme jour el a l1'eure fixde pour l'ou-
averture de I'assemblee primaire. les electeurs se reuni-
tront de plein droit dans le local precedemment designed.
Art. 18.- a Le scrutiny restera ouvert sans interrup-
stion pendant quatre heures au moins.....
Art. 19.-- Lorsque la verification du scrutiny aura 6t6
trouv6e exacte. le president provisoire annoncera le rM-
asultat et proclamera president de I'Assemblee, 'electeur
equi aura obtenu la majority absolue des suffrages et vi-
sce-president celui qui ;ura eu apres le president le plus
grand nombre de suffrages*.
* Vous sentez des mieux, Messieurs les Port-au-Prin-
ciens, que c'est la masse des electeurs qui doit choisir II-
brement et de son propre movement le president et le
"vice-president de I'Assemblee primaire: ce president et ce
vice-prdsident dtfinitifs ne doivent pas dtre designs d'a-
vance sur des bulletins tout prepares par les soins officieux
du Conseil Communal et imposes par ainsi aux electeurs.








- 18 -


A ce sujet, vous pouvez vous souvenir des parodies d'6-
lections que vous avez vues a Port-au-Prince, en Janvier
1907, parodies d'elections de par lesquelles. le president,
le vice-president et les autres membres do bureau de
I'Assemblee primaire itaient tous des employes publics
soigneusemeni choisis par leurs ministries respectifs, afin
que le resultat des elections communales frut abeoluoment
tel que le Secrtaire d'Etat de I'lnterieur le desirait,c'est-
i,-dire conitraiie aux voeux secrets et aux sentiments hau-
tement manifestesde la masse des Port-au-Princiens,datns
la salle mdme des elections.Aux terms de I'article iO6de la
Constitution de1889, c'est l Petion Pierre-Andrequi aura
unjoura porter la responsabilitide ceselections nefastesou
a en rendre compete au Peuple Souverain. Port-au-Prince
n'est pas une ville conquise les armes a la main et elle ne
doit pas etre livree a des esp6ces de conquistadors dou-
bles de tartufes pour lesquels elle est une Amerique, un
eldorado, un cipango: tout esprit penetrant voit que la
Capital leur est livrde alin qu'lls la pillent, afin que Port-
au Prince enervde ou trabie, perde toute influence sur
les affaires de la Republique. Non, mille fois non, Port-
au-Prince ne vent pas que ses Magistrats Communaux
soient des ruraux, nes au Cap et a Gonaives, i Hinche,
ou ailleurs qu'i Port-au Prince et qui n'ont point etd dlus
par des Port-au-Princiens civil, mais qui n'ont det que
nommds militairement par des guerriers venant de tous
les points de la Republque.
Art. 22. -L'Assemblee primaire etant constitute pro-
cerdera l'abord a la nomination do ou des repr6sentants
ade la Commune, conform6ment i I'art. 51 de la Conslito-
ction. Cette operation terminde, elle s'occupera de la no-
amination des membres du Conseil Communal, de cells
ades electeurs qui doivent se rdunir au chef-lieu de cha-
,que arrondissement pour I'elqction des candidates i la
charge de Senateur et des membres du Conseil d'ar-
trondissements.
La loi dlec'orae que nous analysoos ici etant cell do
26 Aoul 1872 la Constitution don't elle parole est cell de
1867. Vous n'Wtes pas sans savoir, citoyens de Port au-
Prince, que I'article 51 de la Constitution de 1867 nest
qu'un echo plus ou moins fiddle de I'art. 56 de la Cons-
titution de 1816, de I'art. 52 de la Constitution de 1843,de
I'article 51 de la Constitution de 1846, de Particle 50 4e







- 19-


Ia Constitution de 1840. En voici Ie texte: a Jusqu'i ce
sque I'etat de la population soil 6tabli et que la loi ait fixe
1ie nombre des reprdsentants do people. il y en aura
etrois pour la Capitale, deux pour chaque chef lieu de
departmentn, deux pour chacune des villes de Jacmel et
ede Jerdmie et un pour chacune des autres communes,.
L'article 26 de ia loi electorate du 26 Aodt 1872 fixe
la dure de chaque assemble primaire a dix jours. Ce-
pendant*, ajoute t-il, a elle pourra I'etre de vingt-cinq
ejours pour la Capitale et de quinze jours pour les villes
ado Cap, des Cayes, de Jacmel, des Gonalves et de Jdr -
cmies.
Une nouvelle loi Blectorale s'impose.alors m6ma qu'elle
n'aurait pour objets que de disposer que Portau-Prince
est divide en 3 colleges electoraux; que chacune des vil-
lea qui nomment deux deputies est divisee en deux colle-
gea lectoraux; que chaque college electoral nomme un
deputy et est divis en quatre sections de votes; que le
scrutiny ne doit durer qu'un seuljour, etun dimanche; que
le second tour de scrutiny a lieu le deuxieme dimanche
qui suit le jour de la proclamation du resultat du premier
scrutiny. C'est a peu pros ainsi que les choses se passent
en France, actuellement et depuis 1849. On dit qu'il y a
dix mille dlecteurs inscrits a Port au-Prince. Admettons
ilt n'y en ait que six mille qui soient non-seulement
des natifs es des residents de Port-au Prince.mais des ci-
vils et qui, par consequent, soient les seuls qui aient rd-
ellement le droit de voter: comment peut-on fair voter
meme cinq mille electeurs, en quatre heures, dans un
seul local et dans une seule urne? Ne sont-ce pas des
administrateurs don't I'esprit n'a pas encore ddpass6 la
phase montagoarde ou rural, qui, souls, peuvent you-
loir e maintien de cot that de choses?..... Laissez-moi
vous affirmer. Port-au-Princiens, que I'air 6tait absolu-'
meat irrespirable dans la salle des audiences du Tribunal
Civil de Port-au-Prince, pendant les elections communa-
les de Janvier 1907; que la rotation et le depouillement
do serutin ,taientdes plusprimitifset des plus defectueux;
qgo Is querelles et les rixes entire les votants civils et
le votants militaires auraient pu & tout instant se termi-
aer ar des efasions de sang.
Parones si j'dvoque mes souvenances des elections lW-
gilatives, des elections communales, des 61ections des










membres des assemblies electorales d'arrondissement qui
eurent lieu i Port-au-Prince, en 1876. Darius Denis fut
llu president de l'assembl&e primaire; le lieu des elec-
tions fut l'aboird le Palais ide la Chambre des deputts qui
se trouvait danis la rue des Casernes, 1l ou est actuelle-
meit I'Eglise Orthodoxe Apostolique laitienne, puis la
maison of ct:tit alors I'Ecole Lancasterienne, dans la rue
du M .:1gain ie I'Eta. COs elections furent tout civiles,
c'est-Ai-dire que tons las votants se presenterent costumes
en civil et que les troupes qui formaient la garnison de
Port-au-Prince n'y prirent aucune part. Le gouvernement
provisoire institute e 23 Avril 1876 se composait des ci-
tovens Boisronid Canal, Hyppolite, Louis Audain, Mon-
brun Arnoux. Louis Tanis. Le lendemain, il s'dtait ad-
joint quatre conspillers: Thimog-ne Lafontant, A la Jus-
tice, a I'listruction Publique et aux Cultes; Ovide Ca-
meau,a I Inltrieur; Hiannibal Price,aux Finances; Mlorin
Montasse, a la Guerre et la Marine. Je les vois tous en-
core parce qu'ils eurent la chevaleresque id6e de me
mander a I'H6el du Gouvernement i'rovisoire par mon
ami Miguel Boom, de me recevoir en seance solennelle,
de me fMliciter d'a'oir emp-chi que le cadavre de Septi-
mus RamePiu fut mutild, en faisant appel a I'honneur port-
au-princien, sous les sabres lev6s. Le general Choisil com-
mandait encore la Garde. C'Utaitun nobleet vrai soldat qui
avait soutenu le feu des Dominicains en maint endroit,
entr'autres i Azua et a la riviere d'Ochoa, A Savannette
et a Tabara; il ne vint point s'asseoir au bureau electoral,
en service militaire command, a c6td de Darius Denis
et des scrutateurs.
J'ai rapport mes impressions des elections de 1876
dans plusieurs des ouvrages que j'ai publish en France,
les comparant mentalement aux impressions que j'ai res-
senties en vovant dles elections Ilgislatives et des elections
commun:les en Suisse, en France, en Belgique, en An-
gleterre. Je sais done ce je dis ici, et mieux que foule de
gens qui n'ont jamais quitt6 Haiti. Les livres que j'ai pu-
blies a Paris, die 1881 i 1889. se trouvent dans toutes les
grandes bibliothbques europeennes; ils soot connus, si-
gnos et ils n'ont 6t1 4critsque pour la defense des interdts
haltiens les plus primordiaux ou les plus sacrEs. J'ai trop
defendu dans ces livres notre Patrie, nos Gouvernements
successifs, notre Race, pour ne pas avoir le droit de con-







-21-


signer ici, et non sans tristesse, que tout le spectacle des
elections municipals de Port-au Prince, en Janvier 1907,
dtait absolument bestial et navrant: ce spectacle dtait plus
digne d'une ville turque que de la Capitale d une
RBpublique qui, depuis cent ans, ne fait que se voter
des Constitutions francaises ou anglaises et ou les elec-
tions politiques se rout depuis 1806, c'est a-dire depuis
cent ans. En elTet, c'est dans la Constitution fran;aise de
1791 que, pour la premiere fois, la formule suivante se
troupe dans une Constitution autre que la Constitution
anglaise : Aucun ordre du Ifoi ne pourra etre execult
Ss il test sign~ par lui et contresignd par urn ninistre
Sou 1'ordonnaleur du Dtparlement; i c'est conformd-
ment 4 la tradition anglaise que la Constitution fraincaise
de 1791, article ,. section ehi pitre II, titre Ill dispose
que : o En aucun cas, l'ordre du Roi, verbal ou derit, ne
t peut soustraire un niisYtre a la rsspon.sabilite. et
article, les Constitutions haitiennes Iont simplement re-
pete. tour a lour; actuellement, c'est I'article 118 de la
Constitution haitienne de 1889 et. avec votre permission,
Port-au-Princiens, j'ai I'lonneur de le reproduire ici :
a Article 118.- Les Secrttairn'a d'Etat sont respective-
ment responsables tant des ctes du President qu'ils
a contresignent que de eeux de leur de~artement ainsi
: que de l'inexdcu:ion des lois; en aucun ca., I'ordre ver-
Sbal ou ecrit du President ne peut soustraire tan Secrd-
a laire d'Elat d la responsabilitd. *
Je me berce ie i'espoir, Messieurs les Electeurs, que
I'affectueuse courtoisie dont vous daignez m'honorer trou-
vera agroable qc-e je fasse aussi passer sous vos veux les
articles 31, 33, 34, 35, 36 de laoi electordle du 26 Aoit
1872.
Art. 31. a Le president de chaque assemble est seul
a charge d'en diriger les operations, d'y faire observer la
t loi et d'y maintenir le bon ordre. Les autoritis civiles
et les commandants militaires solt tens d'ob6ir ai ses
( requisitions. *
Art. 33. Nu! ne peut peaktrer ldais 1'enceinte du
Slocal oiz se tient l'assemblhe, s'il n'es: portC sur I:t listed
a* lectorale de la Commune. a
Art. 3t. a Nul ne pourra se presenter arnim. ni revtlu
a d'aucun insigne militaire dans une assemblee primaire
ou Blectorale- Le president de I'assemblee requiert de









l'autorite competente, quand ii le croit a propose, no pi-
aquet de garde qui rest A sa disposition tout le temps
de la dance. Aucune force publique ne pout entrer dans
a le lieu des seances ni se lenir A 1'entour, et ce, sos la
a responsabil;te de l'autorite qui en aurait donned ordre *
Art. 35. g Tout fonctionnaire public, militaire ou civil
a qui aura usd ou essay d'user de I'autorite don't il est
Srevetu pour influence les elections, sera consider
a comme ayant commis un attentat centre la Constitu-
tion et punide six moisi un ua d'emprisonnement et de
a deux i trois cents piastres d'amende an profit de la cais-
se communal. II sera de plus destitute de ses fonc.
tions. *
Art. 36. I Lorsque des militaires se pr6senteront aux
a elections, ils peuetreront dans le local sans armes, iso-
l 16ment et jamais par groups, peletons, sections, es-
couades et sous le commandement ou Ih direction d'un
de leurs chefs. L'infraction aux dispositions presentes
sera frappe des memes peinea que dans I'article 35 ci-
a dessus, contre ceux qui I'auront provoquee. *
J'ose estimer, Messieurs les electeurs. que les disposi-
tions deL articles 31, 33. 34. 35, 30 m6r tent d'arrdter no-
tre attention, et srieusemert. A mon humble avis,la haute
autorite morale ou politique don't le president d'une assem
blee primaire est revetu en faith un person mage important,
m6me temporairement. Ne pensez-vous pas, Port-au-
Princiens, qu'il est meilleur qu'en qittant la salle des
elections, il ne soit pas force die se rendre dans on minis-
thre ou dans les bureaux d'une administration publique
quelconqule pour y remplir ses functions d employed su
ballerne ?... Qn ind Darius Denis rft eln president dA-
finitif de I'assemblee primaire, en 1M i 1876. il n'6tait point
employed public du Ministire de I'IntBrieur, comme le
president de I'assemblee primaire de Janvier 1907 et Da-
rius Denis avait 60t le Secretaire d'Etat ds Finances et
du Commerce de la Rdpublique. du 29 Juin 1871 au 2
Janvier 1872 En tn mot, le president, le vice-pr4sident
et tous leo membres du bure si electoral doivent 6tre des
hommes inddpendants, absolument purs de soupcons,
conenos pour leur honnrabilite et leur savoir, pour leur
probity et meme pour leur impartiality politique. On no de-
vrait avoir aucun sujet de supposed qu'ils ont 6et recrlted
spdcialement pour fausser le scrutiny, d'apr6s les ordres






-23-

do Secr6taire d'Etat de I'Intdrieur, et au detriment de
I'Inddpendanre national d'Haiti. C'est 1I le point capital.
Messieurs les Electours, si tous les citoyens hattiens sont
forces de harder un mutisme aussi stupid et ausst lache
que le silence que garden les sujets d'un pays turc, la
action Ha'tienne perdra son Independance politique,avant
longtemps : soyez en persuades, Port-au-Princiens. quoi-
qu'en disent les cameleons politiques et les inconscients,
lea s4pulcres blanchis et les pantins, les monstres d'igno-
rance et les pharisiens Ces monstres d'ignorance parent
toojours d'un cceur Ilger ou d'un esprit amolli par le byzimti-
nisme le plus rFvoltant. 11s sont meme chatres du cerveau et
do cmur: ils n'ont pas d'ides gendrales et ne sont pas
capablesd'unir entire elles les id6es generales de touted les
scences politiques qu'ils n'ont jamais 6tudibes ni m6tho-
diquement, ni meme empiriquement; par consequent, ils
ne peuvent pas voir que notre Patrie est dovenue infini-
ment plus pauvre et beaucbup moins puissante, militaire-
ment. qu'elle ne 1'4tait avant 1813, parce que. avant 1813,
les Haitiens ne connaissaient pas le papier-mounaie; avant
1813, on n'avait pas encore invent la t684graphie sous-
marine, i grandes distances; avant 1813, les forces mi-
litaires et navales des trandes contrdes riches et popu-
leses n'avaientpoint encore et6 pourvuesd'armes de pre-
cision et d'armes A tir rapide. Nos aieux, chers concito-
yens, qui 6ta;ent des homes miles et non des coque-
fredouilles emblguinds, ont fait les campagnes de 1849
et de 1855 afin que la frontiere ne fut pas i une seule
march de Port au-Prince, ceur stratUqique de netre
Patrie: cependant. depuis six mois. la frontiere nest
plus dans les mains des Dominicains, au point de vue di-
plomatique, et personnel & Port-au-Prince ne semble le
savoir; vous avez pu remarquer certainement que ni a la
Chambre, ni au S6nat. ni dans la Presse dite inddpen-
dante, personnel n'a osd p trler de cet 6venement don't
I'importance est i nulle autre pareille et don't les con-
sOquences ne penvent etre que funestes pour notre Patrie.
Soyez-en convaincus, Messieurs les Electeurs de routes
lea communes de la Republique, notre noble Patrie ne
saurait que perdre son Ind6pendance politique. si tout
le monde garde le silence de la stupidity et de la terreur.
Or, tout le mode ne peut Btre que silencieux si les dd-
putds mAmes, bien qu'ils soient converts par leurs im-







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muniths constitutioenelles. n'osent pas parler ou noe a-
vent pas parler. Jls n'interpellent jamais, ill ne question-
enatjamais les ministres.ils ne parlent jamais parce qu'ils
pensent que. no'tant point Rlus par la population civil et
n'ayant dt6 que nommds par le Pouvoir Ezxcutif et des
militaires, ils n'ont pas le droit de parler. Tout le monde
voit que, voulant etre ridius par des soldats. ils south
mancbots de leur langue, cependant que de l;a Pdtrie tra-
bie les liberties politiques et I lndpendance Nationale di-
minuent chaque jour ddvant:age. Pendant les tristes jours
des elections communales de Janvier 1907. j'ai vu. de
mes yeux vu, et tout Ie monde a vni des companies d'in-
fanterie qui se tenaient a 1'entour de la salle des elections
et qui en interdisaient I'entree aux electeurs habilles en
costumes civils,empchaant ;insi lese-lecteurs civils d'exer-
cer leur droit legal de voter;j'ai vu de mes yeux va, et tout le
monde a vu desfoacticnaires miiitaires en uniforme,entre
autreslegeneralJustin Carrie,command.taitde l'ar rondisse-
meat de Port au Prince. assis d.ans la salle des eitclions.
parmi les membres du bureau Electoual et influencant les
dites elections; j'ai vu, de mes yeux vi. et tout le monde
a vu. les militaircs appartenant aux dilrUrents regiments
que j'ai nommes plus haut. p netrer dans le local des
elections par groups, pelotouas. escouades, sections, et
s.mus le commandemen: ou la direction de plusieurs de
leors chefs. Ne sont-ce pas la de dLigrdantes parodies
d'dlections. et surtout d'dlections qui auraient dQ 6Ire
essentiellement civiles, locales, CJM]UNALES ? Si des sce-
nes pareilies doivent se voir a P'ort au Prince et dans les
principles villes de la Republique pendant les prochai-
nes elections legislative.s en Janvier 1908. ne serait-ce
pas pousser les Hailiens au desespoi et les inviter. en
quelque sorte, a continue la carriire des revolutions,
comme disent nos observatelrs de race blanche ?...
Peut-on vouloir nous persualdr. s.ans rime ni raison.
que la Nation Haitienne W'est qu'uie peuplade africaine
vivant sans lois positives juand. au contraire, la Nation
flaitienne a des lois positives ou dcrites qui garantissent
aux citoyens de la Republique d'llaiti toutes les libertds
civiles ;ussi bien que t,~utes les liberals politiques don't
les citoyens des pays les plus civilises de I'Europe Occi-
dentale jouissent en ce moment, et tres rdellement? Les
raisons pour lesquelles les elections 'dgislatives se foot







-25-


en France pdriodiquement sont si bien comprises que la
loi frannaise du 30Novembre 875qui est la loi organique
mn la matidre dispose que les militaires el assimiles de
tous grades et de routes arnnes des arinees de terre et de
mer ne prenlent part daucun.vole quand ils sont prd-
. sts d leur corps, d leur post cu dans I'exercice de
leurs fonctions; que, seults, relux qui, au moment de I'e
election, se trouvent en residence libre, en non-activitl ou
en possession d'ut congl'd iul ','. peuvent voter. dans la
commune sur les listes de laquelle ils soit rgulierement
irserits.
En Haiti, on envoie I'arm~e v,:er aux elections, com-
me nous I'avons tous vu. A Port-au Prince, ant mois tie
Janvier 1907, mais, dans toules Irs countries civilisecs de
l'Europe Occidenlale et parlemnentire I'armee ne vote
point parce que les gouverrrneents europeens pensent
tous que, d'une part, Ili discipline militaire serait compro-
mise par I'introduction de la po itique daiis I'.rmee; que,
d'autre part. la particip..lion 'e larmnne .ou vote compro-
meltrait la liberty du vote. Les gouveriieanents de I'Eu-
rope Occidentale sarent des miei'lx (que iquand vint I'1po-
que ou le people romaii ei, .rmnes constit'ia les comics,
les liberties politiques romraine.s moururentt; puis. que
I'empire remain fut vendii par !es sold.its aux empereurs.
successivement; puis, que I'Empire Romain (ut dltruit
par les Barbares parce qu'il y avait bien des soldats ro-
mains. mais qu'il n'y avait plus de citoyens rounaiiii, a;i-
ms de nobles ambitions et dcluuius a la chose publique.
On peut s'assurer de la veracitel de ce que je dis ici dans
nombre degrands ouvrages q::i font ;autorite, entre autres
dans celui de Montesquieu inititul,: Considirations sur les
causes de la yrandfeur et de la d leddene des Romains,
dars celui de Gibbon intitule Histoire de la decadence et
de la chute d- I'hmnire o nnaip,, dans ce'ui de Mommsen
intitiult Ilistoire Romaine. ,ltiiis celui de Duruy. intitu-
le Histoire des i omains, daln celui de Maurice Hauriou
intitule Precis de Droit Admninistratif et de Droit public
ygdnral. Haurion est profe.seur de Droit Administratif
I University dle Toulouse et la cinquieme addition de s:iu
ouvrge, publide i Paris, en itTMI. est actuellement a
I'usage des etudiants en lice:ice et -n doctoral ss-sciences
politiques, en France. L'article 172 de la Constitution
aitienne de 1888 est ainfi conr;u : a La force publique







-96-


Seat institute pour ddfendre lE'ata centre ls senemis
t du debors et pour assurer au dedans le maiisnti de
* I'ordre et I'exaculion des lois; et I'article 173 de la
Constitution dit ceci : L'arM n est assentielluent obdis-
sante. Nut corps d'armie ne peut, ni ne doit ddliberer.
C'est justeneut pace que le citoyen sons les armes perd
momentandment lo droit d'avoir une opinion politique,
comme I'enseigneut tous les auteurs de droit admioistra-
tif et tous les auteurs de droitconstitutionnel, c'est jute-
ment parce que 'armie est la sauvegarde de la Sou e-
rainet extdrieure de la Nation et l image de la sdearit
intdrieure. comme l'Ezpor GdnIral de la Situation de
la Rdpublique d'Haiti pour 1907 le dit, a sa page 53.
que les militaires des armies baitiennes de terre et de
mer ne doiuent prendre part d aucun vote quand its sont
presents d leur corps, d leur post, on dans rexerice de
leurs fouctions. L'armee haitienne vivante doit imiter en
cela les armies europdennes vivantes que le Ministre de
la guerre lui donne pour modele, dans le meme Exposa
Gdndral de la Situation; I'armee haitienne vivante no
doit nullement imiler les armies hiftiennes qui. de 1879
a 1906, ont pris part aux elections, en service militaire
command. Le devoir primordial de I'armee haltienne
actuelle est d'assurer I'exdcution des articles 8,31.33,34,
35, 36 de la loi Alectorale haitienne d 286 AotM 1872; le
devoir de l'armbe haltienne n'est pas de violer les articles
8, 31, 33. 34, 35. 36 de la loi electorate du 26 Aoat 1872,
en pregnant part 'aux elections, et prdparde d cela plu-
sieurs mois d'avance.
Souffrez que je vous marque. Port-au-Princiens, quo
nous sommes sous I'eil de civilis6s, nos pas au figur,
come autrefois, mais au propre. parce que les Etats-
Unis sont maintenant nos voisins limitrophes: c'est vrat-
meut I'heure de longer i sauver Rome, les dieux, les
liberths car Annibal est aux portes. Les liberties politi
ques soot les plus fcondes on les plus pr6cie:.ses, les
plus cheries et les plus delicieuses des libert6s : la So-
ciologie ou Science social enseigne que dans une contr6e
ou Ics citoyens conservent au fond du ceur le souvenir
sacrd des liberties politiques perdues, en vivant sous le
couteau, dans un pays ou tout citoyen perd son cerveau,
est abdti et rabdti phr la terreur,se ruine ou travaille en pure
perte pauce que le papier-monnale est monnaie lib6ra-








toire, dana un pays ou I'on vit en one atmosphere de d6-
lations perp6tuelles et d'espionnage comme on vivait i
Veoise aux temps du Conseil des Dix it, plus tard. com-
me aux temps de 1h girnison autrichienne, dana on pa-
reil pays personnel ne desire passionnement le maintien
de l'Ind6pendance Nationale et que meme. chacun de ses
voeux secrets, appe'le la guerre civil ou l'.tranger.
*

En appelant I'attention de !a Nation sur ces questions
de la plus capi ale importance, je ne sois pousse que par
le patriotism Ie plus pur. J'ose esperer que, au lieu de
m'eo garder rancune comme aux temps de balte dans la
bone ou de byzantinisme pur, les Pouvoirs publics, aussi
bien que tous les citoyens qui savent raisonner, auront
la grandeur d'Ame de recompenser mon devouement aux
inl rts les plus superieurs de la Patrie Haltienne. N'est-
ce pas raisonner contrairement a la raison, au sens com-
man, au simple bon sens que de pretendre qu'un citoyen
qui, i plusieurs reprises, a epargne & ce pauvre Pays les
horreurs de la guerre civil, doit mourir de faim avec sa
famille ou ne doit plus 4tre employed dans le service actif
do Pays sous prdeexte que ce citoyen est trop savant et
qu'il a eu tort de n'avoir pas profit de ses hautes fonc-
Uons pour s'enrichir au detriment des iintlrets les plus
primordiaux du Pays? L'est justement parce que j'ai tou-
jours compte sur vous, Port-au-Princiens. que j'ai tou-
jours d6daign6 d'etre un traitre et un voleur. Manque-
riez vous de bravoure civique, citoyens de la Capitale?
Je ne puis le croire et. d'ailleurs. rappelez-vous que le
Pays tout entier vous regardel En renongant a exercer
vos droits 6'ectoraux, vous dites clairement que vous ne
,vous souciez point de l'avenir du Pays et que vous n'a-
vex nul souci de vos libertos personnelles; vous autorisez
tons les abus de pouvoir, tous les actes illdgaux. vexa-
toiras ou ruineux don't Port-an-Prince souffre et don't ie
People Haitien ne peut que mourir.

Messieurs les Electeurs de 1: Capitale, je vous supplie
de me permettre d'njouter, toujours en toute venration
patriotique, que le service d'ordre dans 1i salle mdme
de Elections serait assure, et des mieux, si la police en








-28 -


dtait charge seu'e; si I'autoritd morale et I'autorit6 po-
litique du president de I'assemblee primaire etait la seale
agissante, la seule reconnue; si les agents de police
avaient ordre du president de I'assemblee primaire de ne
laisser pneltrer dang la salle des elections que les elec-
teurs costumes en civils; si les agents de police avaient
pour instructions formelles de ne laisser entrer que vingt-
cinq dlecteurs d la fois; si les agents de police eux memes
ne votaient point et priaient les electeurs qui ont voth
d'evacuer la salle, avant que de laisser entrer 25 autres
electeurs a la fois; si les electeurs sorlants quittaient la
salle par une porte autre que celle.des entrants; si cha
que votaut, au lieu de peidre un temps infiniment pro-
cieux d ecrire son bulletin ou a le faire ecrire. remettait
au president de I'assemblie primaire ou deposait dans
I'urne son bulletin imprime ou bien ecrit d'avance par
lui-m6me. C'est ainsi a peu pros que les choses se font
en Suisse et en Belgique, en France et en Angleterre.
Dans ces pays de liberty vraie, les nombres des Blectetrs
sont si grands que pour toutes sorts de raisons prati-
ques, on a abandotinn I'lsge du bulletin manuscrit obli-
gatoire.
En Angleterre. d'aprbs la loi electorale de 1884, la-
quelle est la loi organique en la matibre, un sujet anglais,
pour avoir le droit de otherr aux elections legislative,
doit posseder :
to ou bien la propri te franche d'un immeuble don't le
revenue annuel net est de deux livres sterling c'est a dire
de dix dollars d'or, s'il s'agit d'un immeuble transmis
soit par heritage, soit par contract de marriage, soit par
legs, soit par charge. soit par bendfice eccl6siastique;
2o ou bien la propridtb a titre viager d'un immeuble
don't le revenue annuel net est de cinq livres sterling,c'est-
~-dire de vingt-cinq dollars d'or;
30 ou hien doit dtre fermier d'un immeuble rural don't
le revenue annual net est de cinq livres sterling, c'est-&-
dire vingt-cinq dollars d'or;
4o ou bien doit etre soit fermier, soit locataire d'une
mnaisor urbaine nonn-meublde ou d'appartements non-
meubles dout le prix de location annuelle est de dix livres
sterling, c'est-A-dire de cinquante dollars d'or.
Nul n'ignore que jamais les soldats ne votent aux dlec-
tions l6gislatives et aux elections communales, en Angle-









terre aussi bien que dans routes les colonies anglaises.
L'idee m6me de faire particioer les militaires au gouver-
nement essentiellement civil du Royaume-Uni de (;rande-
Bretagne et d'lrlande. est tellement r6pugnante :iu tem-
perament politique anglais que ie Ministre de la Guerre
et le Ministre de la Msrine, en Angleterre. sont tonjours
des civils. On leur adjoitt des conseillers techniques,
mais ces conseillers techniques leur sont subordonus
6troitement, et de toutes les mrnanires: dans les conjonc-
tures ou dans les occasions, le Ministre de la Guerre et
le Ministre de la Marine dftendent les opinions de leurs
conseillers techniques respectils on refusent de defendre
lea opinions de leurs conseillers techniques respectifs
devant la Chambre des Communes on dats les Conseils
du Cabinet en charge.
Les Anglais tiennent comme doctrines primordiales que
la marine britannique et I'armde britannique sont les deux
bras de I Empire Britannique,mais que le Parlement m6-
tropolitain sidgeant i Londres est la tete de I'Empire
Britannique; que jamais, mdme en temps de guerre, ni
la marine anglaise, ni I'armee britannique ne pent etre
la tete de I'Empire Britannique. Si. depuis 1870. le Parti
Libdral Haitien avait song a faire prevaloir en Haiti des
doctrines pareilles a celle-ci ou ddcoulant de celles-ci,
jamais notre pauvre petit pays n'aur.it connu toutes ces
guerres civiles, tutes les scenes d'horreur et d'humilia-
tion, de devastation et de carnage, tous les incendies et
tous lea pillages de villes qu'il a connus de 1875 A 1902.
*0
Peut-dtre n'est il pas sans objet ou s'ins intfrCt de faire
observer respectueusement que d'apres la loi 6lectorale
haitienie du 26 Aotl 1872 les votes des militaives ren-
dent une election illegal et nulle; que la Chambre des
D6putes doit invalider toute election entachee d'illegalite.
En fin de compte,Messieurs les 6lecteurs port-au-prin-
ciens. vous save tous lire et vous ne sauriez ignorer que
I'article 193 de la Constitution dispose que a la Constitu-
tion est confine au patriotism, au courage des grands
corps de l'Etat et de ous les citoyen; que I'article 106
de la Constitution dispose que Ie Prrsident d'Haiti n'est
point responsible des abus de pouvoir ou autres illtqa-
lites qui secommettnnt dans une des branches de I'admi-







-30 -
nistration relevant d'un Secrtdaire d'tat en functions at
que celui-ci n'aurait pas reprimes. En vertu de ce prin-
cipe qui existe dans la Constitution de I'Angieterre de-
puis I'avbuement de Henri Ill au tr6ne, c'est-A-dire de-
puis 1216, j'ai I'bonneur de vous repeter, Port-au-Prin-
ciens, que c'est surtout Monsieur Petion Pierre Andr6
qui, t6t ou tard, aura a renire compete au People Souve-
rain des illegalits et des abus de pouvoir qui ont etl
commis pendant les elections communales de Janvieri907.
A qui regarded bien, c'est I'Angleterre qui a civilies tout
1'Univers moderne, parce que toutes les nations modernes
ou contemporaines ont emprunte, tour i tour, ce noble
et grand principle a I'Angleterre : le Roi nest pas respon-
sable ou le Roi rHgne. mais ne gouverne pas. II en rd-
suite que le Roi ou le Prdsident ne peut agir seul dans
aucune circonstance politique; il en result qu'aucun mi-
nistre ne peut invoquer un ordre du Roi ou du Prlsident
pour justifier un acie illegal qu'il a commis lui-meme on
qu'il a ordoone a un fonctionnaire subalterne de com-
mettre. Dans toutes les republiques civjlisdes et parle-
mentaires de nos jours, le Prdsadent est traits comme on
traite le Roi, en Angleterre, depuis 1216 d'abord, mais,
d'une maniere ininterrompue depuis 1688, c'est-a dire
depuis lavnaement de Guillaume III et de Marie, fille de
Jacques II : il est cens ne rien savoir, bien que son
premier ministry le tienne au courant de tout ce qui se
passe; le Roi ou le President est cens4 ne pouvoir fire
aucun mal; le Ministare ou le Cabinet en charge n'est
qu'une Commission du Corps Ldgislatif choisi pour dire
le Pouvoir Exdculif; le Cabinet tout entier est respon-
sable en corps, devant la Presse et devant le Parlement,
de la conduite gendrale des affaires; le Cabinet est ho-
mogbne rdellement; les membres du Cabinet arrivent an
Pouvoir tons ensemble et en demissionnent tous ensemble;
ils sontresponsables de toute nomination de fonctionnaire
faite par le conseil de I'un d'eux; les ministres. souls,soot
responsables tous les points de vue; la presseest libre r6el-
lement et s'occupe virilement des intdrts politiques dn
Pays au lieu de s'occuper exclusivement de questions se-
condaires ou de commerages de portieres; press d'apos-
tolat, elle dirige l'opinion publique avec virility au lien
de se faire la complice des turqueries les plus ddgradan-
tes, les plus ruineuses, ou les plus grotesques; la tribo-








-.31=

ne est lit:re rdellement; les reunions publiques soot li-
bres rdellement; les elections des d6putes du people soot
libres rellement et sootnfaites uniquement par des civils;
toutes les lois soot respectees reellement; les progr6s do
pays dans la voie dela civilisation soot contious et person-
no ne s'imagine, contrairement A la science des finances
ot Idconomie politique, que le papier-monnaie est de la
monnaie; enfin les ministres ne sont pas des iuconnus,
des champignons on des improvises, pousses en une nuit,
des muets, de purs bibts, ce sont, au contraire, les
orateurs les plus dloquents et les plus subtils,les espritsles
plus males et les plus profoods, tires tous duo Parlement,
sequel Parlemenl est constitute par la ine fleur de touts
la Nation, intellectuellemenl; les ministries ne peuvent
pas dire A chaque instant que c'e9t Is Roi ou is Prdsident
qui fait le mal. tandis que ce sont eux seuls, les ministries
qui font tout ce mal, thboriquement et pratiquement; I'e
existence de deux parties politiques, qui Idgalement, veil-
lent I'un sur 'antre, dans le Parlement et dans la Presse,
force toute le monde a admettre pleinement on cordiale-
ment la discussion de tout prdjuge, de toule affaire pu-
blique ou diplomatique, de toute ambition illdgitime d an
rdodgat ou d'un voleur. Ce syst6me de Gouvernement du
Pays par le Pays rend l'emploi des empoisonneurs et des
espions absolument inutile; il emp4che les guerres civiles
totalement; ii rend les relations privees aussi bien que
les relations publiques entire concitoyens absolument lo-
yales et courtoises, nettes et constantes, sores et confian-
tes. II s'est prouv6 mille fois meilleur, et pour touted na-
tion contemporaine que le Pouvoir royal et ie Pouvoir
imperial come Louis XIV et Napoleon 1* I'ont entendu,
en France, tour a tour. Louis le Grand et Napoleon le-
Grand oat dit I'un apres I'autre : L'Etal c'est moi, mais
en definitive, qui a souffert des consequence fnnestes de
cette maxime, digne aussi de Commode ou de Vitellius,
de N6ron on de Domitien. de Caligula ou d'Heliogabale?
La France! .. Contrairement a I'assertion de la Consti-
toante bh itienne de 1889, 1'existencee d denx parties poli-
tiques est absolumeot indispensable en Haiti et ces deux
parties doivent 6tre represents an Parlement haitien non
pas par des hommes de paille, mais par leurs chefs les
plus dminents, les plus reconnus. les plus 6loqouets, les
plus probes, les plus braves civiquement on ivilement.







-32-


C'est ainsi que les choses se sent passes en Angleterre
pendant ces deux derniers siecles, sans la moindre inter-
ruption, et c'est le librejeu, le jeu rtgulierdes institutions
anglaises, dirige par les chefs reconoms des deux parties po-
litiques anglais qui -; enrichi et qui a civilise l'Angleterre
ou qui meme lui a donul; i:1 souverainetl des mers. On
voit done combien l'asserlion des Constituants haitiens
de 1889 que j'ai rapportde plus haul. est risible et inme
grotesque. Les homes d'ELtt japonais qui, de 1868 &
1905. ont transformI le Japnn, importieent incontesta-
blement d'Ang!eterre les h.Abitudes de penser et d'agir
aussi bien que les institutions politiques de par lesquelles
cette transform.Ation : eit6 opere d'une m:ianre at ecla-
tante et si comp!6te en moins de quaranne annies. L'hom-
me auquel le Japon contemporain doit le plus ezt Hiro-
bumi Ito. II a ete premier minisre quatre lois et, en re-
compense de ses services, Mutsu Hito, I'Empereur actuel,
I'a .fait successivement baron, come, marquis, prince.
N6 en 1838. Hirobumni Ito passa 1'annee 1863 a LondreP,
6tudiant passionnement ies institutions politiques de
I'Angleterre. A son retour dans I'Empire du Soleil Le-
vant, it aida le Mikado Mutsu Hito i donner aux Japo
nais utneConstisution basee sur I'exemple de 1'Angleterre.
Depuis, le Japon a march, a pas de giant, laissant bien
loin derriere lui la Russie. la Turquie, la Chine, la Perse,
pays de pouvoir abolu et d'espions, pays de gros budgets,
de fonds secrets et de muets.
Je me souviens parfaitement de ce qui se pasta & Port-
au-Prince, le 15 Avril 1876: c'Ctait un samedi Saint et
c'est mui qui empechai, ce jour-li, que le cadavre de
Septimus Rameau fut bache de coups de sabre, au coin
de la rue du Magasin de l'Etat et de la rue des Caseroes.
Si l'on peut se rupp-ler les minilres hautaines et dicta-
toriales, dedaigneuses et moqueuses pe Septimus Rameau,
en Mars 1876 encore, on sent des plus parfaitement qu'il
est toujours a craindre que le Lion Populaire, se r6veil-
lant de sa torpeur. les ministres et les fonctionnaires in-
firieurs qui violeront de nouveau la constitution et les
lois ne soient punis, tout comme ceux de 1876, pour avoir
confisque les droits du Peuple Souverain. Dans I'tat ac-
tuel des choses et apris les punitions de Secr6taires d'E-
tat que nous avons avons vues, en 1904 encore, tout hom-
me d'Etat haitien qui detient une parcelle du Pouvoir ne










aurait que gagner a respecter la vie et la liberty de ses
concitoyens les plus humbles: tout fonctionnaire militaire
on civil dlu ou nommi. democrate sincere ou bien aris-
tocrate dans un Pays oiI le droit iilimiti de tester et le
droit d'ainesse n'exstl;rent jamais. ne peut que gagner a
respecter on a faire respecter la Consttittion et les lois,
leslois, les justes lois. corlne on dliFaita Rome, avant
I'fre des empereurs immondes et des elections militaires!..
II
Messieurs les Eiecleurs de la Commune de Port-au-
Prince, j'ai hlonneur de solliciter vos sullrages : je les
sollicite avec le plus profound respect afin que si vous
daignez mees accordler. je sois le premier elu des depu-
tes du people de I'ort-au Prince. aux elections de 1906.
Je crois, avec I lhumilitl le plus sincere, que j'ai fait mes
preuves de civisme et que je merite vote confiauce ab-
solue. En effet, je suis l.vke dliplrine de la Section Admi-
nistrative de l'Ecole dis Sciences Politiques de Paris,
1leve dipl6mb de la section Diplomatique de l'Ecole des
Sciences Politiques de Paris. licencie en droit de la Fa-
cult6 de Lille, 611ve diplomt de la section Economique et
Financiere de I'Ecole des Sciences Politiqnes de Paris.
De 1884 A 1887, j'ai 6tL le Plenipotentiaire d'Haiti aux
conferences diplomatiques de Berne ou fut preparee.
siuode et ratifiee la Convention international qui fonda
I'Union Internationale pour la protection des oeuvres lit-
tfraires et artistiques; je fus en -1887, le president de la
Commission qui unnula, a Paris, tous les tires non imis
de I'emprunt d'Haiti de 1875 et, par ainsi, j'ai sauv4 & la
Nation Haitienne des millions de dollars d'r. Je fus, de
Septembre 1889 a Novembre 1892, secretaire de la LU.
nation Haitienne A- Londres; de Novembre 1892 a D6.
cembre 1901, le Charge d'AlTaires d'Halti en Angleterre;
de D6cembre 1901 a Join 1904. le Ministre Resident
d'RFlti i la Cour de Saint James. En ces deux derni-es
quality, je t'ai jamais pris de vacances et je n'ai jamais
eu de secretaire : de cette manibre, j'ai 6conomi46 & la
Nation Haitlenne une some de quaire vinty mills dol-
lars, rien qu'en alpointemnents. C'est ou bien comme
Charge d'Affaires, ou comme Ministre R6sident que j'ai
faith construire la Crdle-d-Pieriot en toute probite puri
taibe; que j'ai empechb, a cinq reprises, que la guerre






-3'-

civile fut port6e on Haiti; que j'ai emp6chd des interven-
tions 6trangtres sur notre territoire, notamment pendant
notre guerre civil de 1902. II rdsulte irrdfutablement de
tout ce qui precede que j'ai 6tadi6 toutes les sciences po-
litiques, thdoriquement et pratiquement, en Angleterre,
en France, en Suisse, pendant vingt-buit ann6es cono6-
cotives, dans I'unique but de servir notre chbre Haiti. Je
suis le sang de votre sang et la chair de votre chair, Port-
au-Priuciens, car je suis n6 i Port-au-Prince, le 7 Mai
1865, de deux families qui 6taient Port-au-Princiennes.
longtemps avant la proclamation de I'lnd6pendance.Na-
tionale d'Haiti : vous avez tous connu mon once du cot6
maternel et mon parrain, le general Montjoie Louis Fort;
vous avez tous connu mon pere. le citoyen Joseph Jan-
vier. II fut spcculateur en denr6es dans la Grand'Rue, au
Morne A-Tut, de 1844 a 1873. Pendant vingt-neof anndes
consdcutives, de 1844 A 1873, mon pbre fut aussi le com-
missaire de l'ilet du Morne-4-Tufcompris entire la Grand'-
Rue, i I'Ouest, la rue du Centre, & I Est. la rue de Pen-
thi6vre,au Sod, la rue Saint-Honor6, au Nord. Moi-mdme,
personnellement, je n'ai jamais servi que la Nation Hal-
tienne e&clusivement, de tous les battements de mon
coeur, avec pne conscience et on ddvouement incootesta-
bleset incontestds, avec one passion de tous les instantset
avec la probit la pluspure.Jesuis rentr6 Port-au Prince
absolument pauvre parce que jai represented la Rdpublique
en Angleterre sans le ddsir ignoble de rdaliser des econo-
mies au detriment de ma Patrie et de ma Race. J'ai 6te le
reprwentant special d'Haiti aux ceremonies do Couroone-
ment de Sa Trbs-Gracieuse Majeste Edouard VII, roi de
Grande-Bretagne et d'Irlan4e, Empereur des Indes, sans
recevoir atSune allocation spEciale, c'est-a-dire d mes
frais, parce que notre Patrie etait trop malheureuse, en
1902, pour me verser I'allocation spfciale qui m'avait e6t
promise. Enlin, Messieurs les 6lecteurs de la Commune
de Port au-Prince, voos savez des mieux que la Chambre
etJe Senat hbdtiens ont d6clare, par one loi do 10 Juillet
1906, queje suis digr e de touted la sollicitude de rEtat,
parce que daus les diflirents posies que j'ai occupds en
Suisse, en France. en Angleterre, de 1884 1 1904, fai
faith honneur d la Nation Haitienne. Ma pauvret6 est la
meilleure des recommendations aupres de vous, car elle
est la preuve d'une probity absolument incontestable et


'i^
.. ir-I








exceptionnelle. Vous jugerez tous que ma probity eat ex-
ceptionnelle quand je vous aurai aflirm6 que j'ai refuse
un pot de vin ou un djob de vingt mille dollars d'or, ce-
pendant que je f.Iis;tis construire la Crete-d-Pierrol parce
que j'ftais aniim dIa lh'sir 4lt -;irrveiller l. construction
de ce vaisseau en touted conscience. J'ai rendu de bien
plus grands services a l. Nation liilienne que Monsieur
Potion Pierre Andrd. J'ai dtc victim de persecutions fd-
roces ou d'odieuses calomnies de sa part et pourtant je
a'ai jamais commis auicun crime, ni public, ni priv6; je
n'ai jamais vold mon Pays, come M. Murville Firere,
pour aller devenir fou a la Jamalque: je n'ai jamais
voei mon Pavs, comme M1. Seniaique Vi;ard, afin d'aller
servir les Auvergnats pend.ant trente anndes conscutives;
je n'ai j imais fail lbirtlr une maison et je n'ai jamais
vers6 une goutte de sain. Plusieurs de ceux qui m'ont
fail recevoir, en Octobre 195., avec tant de cruaute ou
qui m'ont fait traitor avec tant d'ijuistice par mon Pays
que je venais de sauiver dte :: gueirre civil out etd d6ja
frapp6s par la main du Seigneur.
ge
De nos ours, Port.au Princiens, on ne hait plus les
penseurs parce que les gouvernements par la discussion
font voir, de plus en plus, que I'expression pacilique ou
gale d'une pensde politique et I prop:gatnde de la m6-
me pensee polilique a coups de fusil sont deux choses
fort diff6rentes I'une de I'autre Maintaenant que la p6riole
electorale m'en procure l'occ.asion, ii est imp6ratif que
je rappelle a M. 6htion Pierre-Andre que. le 23 Octobre
1879, dtant dupute des Charldonuiries il fut un des dlec-
teurs de Salomon A la presidence dl'laiti, et sa.s y avoir
6td contraint par des soldats; qu'il etait lui,:Ption Pierre-
Andre. le chef de :L deuxieme division des troupes des
Nalionaux operant contre les Libfraux assidges dans
Mliragoine. en 1881, un a;n apr6s qu'il avait lu le livre
d'Edmond Paul irtitult Les Catusc de nis MJalheurs, tan-
dis que je defendais le gouverenement de Salomon et les
pauvres noirs d'llaiti lu.ns la PrI-sse parisienne avec le
ddsinthressement le plus rare et an peril de ma vie, moi,
seul contre tous: done, c'est en vial;ant nos lois les plus
sacrdes et en couvrant Ie Pouvoir tde ridicule que. en Jan-
vier 1907, P6tion Pierre-Andrd, Secrdtaire d'Etat de I'In-






-36-
trieur, a empechb par la main des soldats que je fusse
Olu I'un des quinze conseillers municipaux de la ville o6
je suis n., ville ou la mere de mon pere r.aquit rous
I'Ancien Regime et ou mon pere naquit en 1813; ville
ou naquit ma mere, en 1818, et ou le pere de ma m6re
et la merede ma mere naquirent sous I'AncienJ.Rgime. II
est clair que le pays se meurt faute de spcialistes en po-
litique, c'est-a-dire faute d'hommes qui aient ktudie les
sciences politiques universitairement. De meme qle I'on
ne saurait pretendre, sans faire rire de soi, qu'un sous-
veterinaire d6 regiment suddois. present a son corps, est
un cardinal membre du prochain Conclave, de meme on
ne saurait pr6tendre, sins fire rire de soi, qu'un Hal-
tien sorti d'une ecole primaire haitienne ou incapable
meme de lire la formule du serment au Snuat. peut de-
venir un homme politique serieux, et 9qui merite le res-
pect, la contiance et I'alfeclion des Hai.ens plus instruits
que lui. Quel ministry opera pretendre, sans se rendre
odieux ou ridicule, que, dleve tout expres pour servir le
Pays qui se meurt, faute de spicialistes en politique, je ne
dois dtre employee ni dans sa politique intlrieure, ni dans
sa politique exterieure; que je ne dois Wtre ni I'un des
quinze Conseillers municipaux de Port-au-Prince, ni I'un
des quatre-vingt seize deputis du Peuple. ni I'un des
trois deputies de Port-au-Prince a la Chambre, ni I'un des
trente-neuf senateurs de la Rdpublique. cela apr6s que
j'ai fait aimer Haiti et la Race Noire. a Paris et i Lon-
dres, ces deux Villes-Lumieres de I'Univers civilise, et
pendant vingt huit annees consecutives?.. Quel ministry
osera soutenir des absurdit6s pareilles, des stupiditds
aussi impolitiques, a tous les points de vue. apr6s que
j'ai sauve notre Pays de la guerre civil, a cinq reprises.
aprbs que j'ai empech6 des interventions ,trangeres sur
son territoire pendant notre desastreuse guerre civil de
1902 encore ? Port au Princiens, ayant et' probe loin
de vous,et alo's je ne pouvais dtre conlr616 par personnel.
je ne saurais que me montrer probe au milieu de vout
et sous vos yeux N'oubliez pas, Port au-Princiens, vous,
files des Port-ax-Princiens qii. de leur sang bdroique,
baptiserent la Republique a Sibert, le ir Janvier 1807,
n'oubliez pas que non seulementj'ai eu I'honneurde fair
construire la Crete-d Pierrot, mais encore que j'ai eu
I'honneur de baptiser ce vrai navire de guerre a Hull, le





"_ i







-37-


7 Novembre 1895; n'oubliez pas que je rus done le pre-
mier Haitien qui pavoist I'hiroique Cr~te d Pierrot de
nos nobles couleurs de pourpre et d'azur!..
III
Le premier article de mon programme de candidate a
la d6putation du Peuple est ine nouvelle Idgislation rela-
tive B l'etat de siege. Peut t,'e est ei!e d'Edmond Paul.
I:l phrase suiv inte : Le salute vient des grands ceurs et
10on du bourreau En tout cas. el'e se lit a la page 239
Ips Causesde nos Malheurs. N est-il pas navrant de cons-
tl.ter que Edmond Paul, e!u dtpute de Port-au-Prince,en
1870. ea 1873.en 1876. en 1878,dans i'interet de la Cause
Libdralt et devenu senateur, pendant la pr~sidence de
Florvil Hyppolite, n'ait point fait voter 'abrogation de la
lIi stir i'tal de siege du :13 Avril 1880, loi qu'il avait
critiqute avec une si noble vteh6mence dans son livre in-
tilule: Les Causes de nos M.alhears!?... N'est-ce pas na-
vrant?... Cette loi est une arme deux trantchants: a
qui peut aller au fond des chosss. cousant entire elles les
idees gendrales de toutes les sciences politiques, elle ne
fait qu'ensauvager et abrutir le Pays, de plus en plus,
au detriment des Ilaitiens seuls et au profit des seuls
strangers. Voici done le texted'une proposition de loi que
j'ai rhonneur de soumettre en toute humility palriotique
aux considerations les plus serieuses dte tout Htitien ins*
truit et qui. en aucun temps, ne renia notre Patrie pour
servir une Nation itrangere.
Article Premier.- L't at de siege ne peut 6tre declare
qu'en cas de peril nmmintent resultsiit d'une guerre 6tran-
gere ou d'une insurrection a main armee. Une loi peut
seule ddclarer I'elat de siege ; cette loi ddsigne les com-
munes, les arrondissements, les departments auxquels
ii s'applique. Elle fixe le temps lde s duree. A I'expiration
de ce temps, 1'6tat de siege cesse de plein droit, a moins
qu'une loi nouvelle n'en prolongs les effects.
Article Deux. Ei cas d'ajournement des Chaimbres,
le President de l.a Rlpublique peut dilclarer I'ttat de
siege, de I'avis du Conseil des Ministres, mais alors les
Chambes se reuniss-nt de plein droit deux jours aprAs.
Article Trois. En cas de dissolution de la Chambre
des D1put6s, et jusqu'a I'accomplissement enter des op.-
rations dlectorales, I'eat de siege ne pourra, meme pro-







-38-
visoirement, 6tre declar6 par le PrMsident de la R6publi-
que. Nhanmoi s, s'il y avait guerre etranger*, le Prd-
sident. de l'avi du Conseil des Ministres. pourrait d4cla-
rer I'etat de si6he idas les territoires menacs par I'en-
nemi, a Ia conditions de convoquer les colleges elctoruux
et de reunir les Chambres dans le plus bref delai pos-
sible.
Article Qzatre. D ins les c-as prvus pir lei articles 2
et 3. les Chambres, des qu'elles sont r6unies, maintien-
Unen ou I vent I etat do siege E i cas de dissentiment en-
tre eiles, Ietat de siige est lev6 d.& plein dIroit.
Je ii'aiura pas la v.,aitt dte la re quo lo texle qu'on
vient de fire n'est que la copie exacte des articless 1, 2. 3,
5. de la loi franCaise sulr I't;t:t *le sieie diu 3 Aviil 1878.
J'en ai sipprime I'article 4 p.:rce qu'il ne concern que
I'A 'Rrie; I'article 6 qu' mainlietet certaines dispositions
de la loi sor I'&1tt db sige di 9 Aolt 1849, lesquel es
dispositions concernent Ics colonies rrdng.aises ade Iut:inta
outremer, les places dQ guerre et les posted milaires
situ6s sur les frouti6res, en Fraance meme.
Je sassis I'occasiQn pour vo'as fIire observer avec le
plus profonA respect. Messieurs les E ecteurs de la Com-
nmu.n-i e Port au Prince. qu.. notre loi swr 'r.tat de sie6
go actieflement ea vi:n,-ur. cAlle dI, 13 Avril 1880, n'est
qu'u'e copies dt, I lui rr.a Ciise du 9 Anti 1819 sur I'tat
ise siege. Les Fr-.giis. les Anglais. les Allemnnds., les
ABaricsins qui .vivet parmi nous. savent des rmieux que
I'l6tt de si&ek, est une suspension des garantie constitu-
lionnelles. Vons saisissez imm&6liatement qn'un gouver-
inement lIaitien qui respect ses administrs, et I logique
aussi bier que F'opinion- des granles nations civilis es
tie s.aur.iit soatenlir que 1i Constitution, d'u P.ays qu'il a
sous sa ,,trle est suspendue pendant des an dee etl n
pleine paix?... Remarquez. je vous prie, quo I'tat de
ait'e en permnence d6truit toute coalianice dans le
(;ouvertirnent, i I'interieur aussi bieri qu A 'exterieur;
que I'etat d& siege jette tous les esprits dans I'anxi6t6
quotidie'.ine ot' dans 'augnoise *lu ledtlemain ; qne I'6.
ita de sice; amoinidrit les cbilTre- du commerce d impor-
tLtio, e!t l .org'mlse e! commern e d'exportaliou : que
Ietat de si6e rarfie le numeraire en or et fait monter
le taux du change; que I'6tat d1 siege tue le credit des
Haltiens, A I'ftranger aussi hien qu'a I'int6rieur; que r.-







-39-


tat de siege dimioue les revenues que l'Etat pergoit sons
forme de droits de douane et de droits de mutation; que
I'6tat de siege en permanence, au lieu de donner de la
force a un Gouvernement, affaiblit ce Gouvernement,
parce qu'il fait perdre a ce Gouvernement le prestige de
Iamour de see peoples ou meme qu'il In d6sbonore en
le faisant croire bai. au dedans et au debors!... D'au-
tre part, aucun de vous, Port au-Princit.ns, aucun de vous
n'ignore que I'article 20 de la Constitutiou ihIltienne de
1889 dispose formellement que la pine de nort est abo-
lie en malire politique; que la loi haltienne dn 5 Octo-
bre 1891 a remplace I;t peine de mort en matiire politi-
que par un emprisonnement de trois ans a six ans !...
Lorsque la Constitution la tienne de 1889. en son article
15, dispose que Nul ne pent itre distrait des juges que la
Constitution ou la lot lui assigned, le Paote fundamental
dit exactement que les civils nesauiraient 6tre districts des
triounaux ordinaires pour etre trains devant le Conseil
special militaire. La Constitution en vigueur et nos lois
or.inaires combinees dissent clairement aussi que le Con-
seil special militaire est un tribunal sp4cialement charge
de punir des crimes et des dilits militaires; qu'il ne peut
jur des bourgeois d'one ville que si cette vil!e est as-
ieee par un ennemi stranger ou est mise formellement
on 6tat de siege par le Pouvoir Ezxcutif; que, quand le
pays ne souTfre point de troubles oivils, I'etal de siege,
6taut sans objet, doit dire level immddiatement apr6s la
cessation des troubles; que dans le cas ot la Capitale
eat dclarde en Rtat de siege. I Corps L/qislalif est de
plein droit convoqui et tenu de se r/unir danq leI dix
jours an plus tard, agrhs la diclaratio, de Pouutir
Exicutil. On ne sjurair trop le demontrer: les civil-s ie
soot pas jnsticiables deviant un tribunal special militaira
quand la Republique nest pas en guerre, memw avec lea
Doiniicains; quand tout le monde voit que le Pays est
en pleine p:ix intirieure. J'ai l'honneur de vous fire
observer en toute urbanite, Messieurs les Port-au Prin-
ciens, que pendant tout le temps que I'6tal de siege dure,
la Chamtre et le Sdnat doivent rester en session. En
Haiti, les journalists. les Deputes du People, les S6na-
teurs, les Ministres m6mes ne sembient pas le savoir ni
se soucier des reprdsailles, et pourtant rien n'est plus
vrai, rien n'est plus a c'est Ga. C'est la vraie raison pour







-40-
laquelle fut votee la loi franoaise du 3 Avril 1878 sar IP-
tat-de si6ge.
En Haiti, nous nous votons assez souvent des lois fran-
caies, sans trop savoir les raisons pour lesquelles ces lois
furent votees ou sont remplacees, en France, par d'au-
tres lois plus bumaines ou moins sauvages parce que nous
n'tudions gneiralement l'histoire de France que dans de
petits man'els classiques. Ecoutez, vous. Port au-Prin-
ciens : pendant la presidence de Mac-Slabon et apris les
elections g6i.6rales d'Octobre 1877 qui donnkrentdifini-
tivement la pr6pondirance aux r6pub!ic4ins da is le Par-
lement, le parti republ cain dirig ;par Gambetta, crai-
gnant un coup d'Etat bonapartistp on utn coup d'Etat or-
Ianiste,vota al loi dii 3 Avril 1878,afir que !e Parlement
fut toujours lI. veillant sur les liberals constitutionnelles
don't la conqulte avait cotme si cher a !a France, de 1780
i 1877. Peu de personages, en Haiti, semblent pouvoir
admettre que la lthpublique Haltienne est une loute pe
rite contree qui n'a que du paper monnaie et qui, par
consequent, ne peut imposer ses m;anieres de penser A
des Haitiens qui on. passe avec succks des examens po-
litiques serieux dans des Universitts de grandes conlrdes
oi 1'or est la seule monnaie libdratoire. Soulrez done.
Messieurs les electeursde la Commune de Port-au Prince,
que je vnus expose fraternellenment qule ;la s-paration do
pouvoir miltaire et du pouvoir civil.ou pluint la propon-
deranee du pouvoir civil sur le pouvoir militaire eit une
des plus grades des garanlties des liberties individuelles
des citoyens,en Europe. Dans toutes les contrees civilisees
de l'Europe Occidentale et d:ins -l I(ipublique des Etats-
Unis d4 I'Amerique du Nord, i, preponderanice eat don.
nee an pouvoir civil sur le pouvoij militaire. C'est l Ile
secret de la civilisation et de L'enriclissement continue
Id toutes ces contrees. .i nnios corop:irons ces controls
i la anore de 1813 a 1907. Ern Flraice. par example, on
ratabl t le regime militaire sur uls cerl-ine parties do
territoire, dai;sason cas il giierre iraigaere ou dins un
cas d'insuirrectioa d min,'ii arme'.r.m:ais en fi/rant le temps
de sa durde et on I';ppelle diat de siege parce que le type
est le regime atiquel est souiini-e iii e ~alle rhellement as
sidgte. L'6tat ile siege, lel que nos le comprenons en
Haiti, n'est qu'un 6tat de siege fictiJ ou polilique. parce
que l'6tat de siege reel ne peut resulter que de faits de






- 41.-


guerre. Les effects immediate de I'6tat de sige &i 0 on
poli ique sont de suspendre l'inviolabilit4 du domicie, de
surpeodre la libertE de reunion, de suspendae la liberty
de la press, de suspendre la liberty individuelle des ci-
tojens. En some, c'est le regime de la Terreur, tel que
la Convention Frangaise le comprit, do moins de Juin
de 1793 au mois d'Aoit de 1794: I'excuse do Gouverne-
meot frangais qui organisa le r6gne de la Terreur est
que la France venait de guillotiner Louis XVI, le 21 Jan-
vier 1793. et faisait face a toute 1 Europe coalisie; mais,
on revanche. combine Victor Hugo I'a dit si splendidement
dans c Chdtiments :
Alors la Ripublique avait quatorze armies;
On luttait sur les months et sur les oceans;
Cent victoire jetaient au vent cent renommdes;
On voyait surgir des giants!
IBy avait de Io gloire enfin, et la France faisait, i ses
risques et perils, les aflaires do genre human! Sans cela,
ni Tou-saint Louverture, ni Dessalines n'auraient 6t6 pos-
sibles et, par consequent, ni la R6publique d'Haiti, telle
qu'elle existait en 1826! ..
Noos autres, Hattiens, nous imilons toujours I'Angle-
terre on la France, et nor I'Afrique, dans les textes de
nos lois; nous devrions done toujours imiter Is France
on I'Angleterre. et.non I'Afrique, dans I'ex6cution de nos
lois. L'idde que la Capitale de la R6publique reste en htat
de siege pendant des anndes conslcutives, est contraire a
I'esprit des lois et anti civilisatrice; elle est illogique,
ruineuse, impolitique. Elle W'existe dans aucune contr6e
de langae anglaise; elle n'existe meme nulle part dans
les contrdes de langue latine. et je m'assure, Port-ao-
Princiens, que vous n'etes pas sans savoir que, longtemps
apres I'Angleterre et les Etats-Unis de I Amerique du
Nord, les contreex de langue latine ltaient encore ou
bien des countries de Chartres octroy6es, ou bien des
contrees de ponvoir absolu. Cette idee ne faith honneur
au cerveau haitien i aucun point de vue; elle ne saurait
que faire rire de nous chez les grandes nations civilis6es
ou, avant que de pr6tendre a gouverner ses concitoyens,
on aristocrat veritable, aussi bien qu'un edmocrate vrai,
se donne la peine d'dtudier dans des ecoles sup6rieures
spdcales, non.seulement pour apprendre les sciences do






-a-


goovernement, mais encore afin de pouvoir parter ciee-
tifiquement des choses. afln de proaver par des diplomas
qu'il a appris ces sciences do gouvernement et qu'il le
possbde authentiquement. Une nation ne peut se ciiliser
que par le gouvernement civil. L'Histoire le dmontre :
done, c'est scientifique et c'est clair. Cette idde volera de
bouche en bouche et conquerra bientot tons les cmurs
noblement haltiens ou, si mieux l'on aime, tous les es-
prits haltiens qui se soot dmancip6s entibrement de 1'es-
clavage I...

Le deuxieme article de mon programme de Candidat i
la deputation du people eat le retrait integral et imm6diat
du paper monnaie, parce que j'ai toujours pensd que la
principal cause de nos malbeurs, la principal raison
pour laquelle ce Pays ne peut fire aucn progris continue
ou sdrieux c'est que, depuis 1813. ii est saos le regime
barbare et ruineux du papier-monnaie. Comme I'empe-
reur Napoleon 1 I'a dit, de la maniAre e plus soleonelle
et le plus saisissante, dans le discours qu'll prononoa, le
19 Decembre 1813. devant les Skn.teurs, leo Conseillers
d'Etat, les Deputes au Corps LAgislatif de I'Empire Fran-
cais, le papier-monnaie est le plus grand easmi de ror-
dre social. Tous les grand auteors en 6conomie politique
et en science des finances d6montrent i qui mieux moux
que le travail n'est pas rmun6rateur quand i o'est pas
payd en monnaie d'or et meme en moonaie d'argent. Lea
gouvernements haitiens, tour i tour. se soot 6poumon-
nds i pr6cher le travail rural exclusivement, comme s
c'tait le seul qui existat, mais leur haineuse et brutal
ignorance de I'economie politique et de la science des
finances les a toujours emp6cbhs de faire en sorte que le
travail du producteur haitien, paysan on citadin, fti r6-
munerd en or. Ils n'ont jamais pu voir
D'Alexandre d Faustin de Faustin d nos jours
que lepapier-monnaie est la ruined do Pays, par excellence.
o est vrai que le retrait internal do papier-monnaie fat
opdrd en 1873, mais if eat non moins vrai que onze ans
aprs, en 1884,Ie Pays retourna i son vomissement, 'est-
a dire au regime do papier-moonaie. Nombre de Port-
au-Princiens se sooviennent, sans douto, que pendant
les derni&res semaines de la presidence de Salnave, on







-43-


dcbangeait volontiers cinq mile gourdes de papier-mon-
naie haitien contre un seul dollar Il'or. Je m'en souviens
parfaitement. SI I'on pouvait aux grades choses compa-
rer les petites. je ferais observer ici, en loute sincere
humility, que dans le fameux Dictionnaire des Finances
public so.:s la direction de Leon Say, de 1889 a 1894, il
est dit que quand, le 19 Fevrier 1796, la planche des as-
signats fut br.see, quarante-ciini milliards cinq cents mil-
lions avaient etl einis; qu'il n ftait plus possible alors
d'acheter la moindre deiree pour quelque some en as-
signals qu'on en olTrit. L'ouvrage de Leon Say dtant pro-
bablement rarissime en Haiti. on peut, au moins, conlr6-
ler la viraciI.e de ces assertions dans le chapitre de I'His-
toire de la Rdeolulion F'ranfaise de Thiers intitule Pa-
cificalion de la Vendie. C'est de li qu'on les a extraites.
Le papier-monnaie W'a ou'une valeur lictive, variable et
seulement sur le territoire de la RPpublique d'Halti : il
n'a aucune valeur hoisd'Haiti. Le nuneraire,au contraire,
a une valeur redlle, certain. invariable, la mdme chez
toutes les nations civilisbes. La monnaie vraie ne peut
dtre que d'or parce que I'or est le metal precieux par ex-
cellence : ii a une valeur reelle; il a une valeur stable; il
est divisible ;isdment. de m aniere que la some des par-
ties a une valear tegale an tout et qu'une parties a poids
sgal n'a pas plus onu moin de valeur qu'une autre; sa va-
leur est facile A cosltater c'est a-dire qu'on ne peut pas
le fal-ilier f.acilineent ni le confondre avec un autre me-
tal; ii est facile a transporter, d'un volume peu considd-
rable. Le nickel n'est pas un mital pr6cieux et, d'ailleurs,
en Haiti, ii ne sert que de monnaie d'appoint ou m6me
de monnaie de billon au paper monnaie. Enfin je vous
attesle, mes chers concitoyens. que le papier-monnaie
est la negation de la civilisation.
Port au-Princiens. c'est a vous de parler en ma faveur
au nom de la Hepublique que je n';i jamais reniee pour
servir une Nation ctrangere: si vous m'honorez de vos
suffrages. tons mes efforts, come deputy du Peuple, ten-
dront a ce qute notre noble Patrie soil dotde immddia-
tement de la monn:ie d'or comme scule monnaie libdra-
toire, die la moaiiaie d'argent comme seule monnhie d'ap-
point, de la monaaie de nickel comme seule monnaie de
billon.
Je supplies qu'il me soit oermis d'ajouter, en toute con-







-4A-


maisuance de cause et en toute modestie, que, en Angle-
terre, la nouvelle generation d'un parti politique recon-
nalt publiquement ou avec mAleti lea fautes commises
par la g~6nration prdecdante do meme parti politique et
se propose de rdparer ces fautes ou de d6troire lea con-
sequences de ces fautes. A ces causes, je ne laisserai
point a d'autrea I'bonneur de faire observer que la loi
hailienne sur 1'6tat de siege du 13 Avril 1880 et le relour
du Pays au regime du papier-monnaie sont deux choses
quele Parti Libdral, s'il 'en avait faith abuser et mdsuser,
aurait pu rep:ocher viclorieu-ement au Parti National.
Dans son livre intitulu: Les Causesde nosMalheurs. Edmond
Paul a reproduit les discussions qui eurent lieu au Senat.
le 8 Avrilet le 9 Avril 1880, au sujet de la loi sur l'6tat
de si6ge; il a verterent reproche cette loi sur I'ltat de
siege non pas a Salomon seul mais aussi a Charles Ar-
chin, Secretaire d'Etat de la Justice, aux sdnateurs Are-
tus Duval et Innocent Michel Pierre, au Senat d'alors,
lequel Senat n'dtail pas compose uniquement de creatures
de Salomon.
En ce qui concern le papier-monnaie j'ai I'honneur
de vous laisser entendre, Port au-Princiens, et en route
sincere modestie, que ayant 6tudid authentiquement I'-
conomie politique et la science des finances au College
de France, sous la direction d'Emile Levasseur at de
Paul Leroy Beau!ieu. ay:;nt etudie les memes sciences
authentiquement. et pendant six ans, a I Ecole des scien-
ces politiques de Paris. sous la direction personnelle de
LIon Say, ayant,dtudie les memes sciences pendant quin-
ze annees cons6cutives. plus. tard. a la Chambre des
Communes et au British Museum, a Londres. je pense
chaque jour, et depuis 1881. aux malbeurs incalculable
que le paper monnaie a causes a la Nation Haitienne,
de 1813 a nos jours. Naturellement, j'ai etudie en mime
temps, les moyens de dteruire les c.Mses de ces mal-
heurs et de doter ma Patrie de la monnaie d'or come
seule monnaie liberatoire, de la monnaie d'argent comme
seulemonnaie d'appoint, de la monnaie de nickel com-
me seule monnaie de billon.
Je reclame publiquement I honneur de servir la Na-
tion Haitienne au dedans et de la maniere le plus efec-
tive, non pas en conspirateur'mais dans le Parlement, en
homme d'Etat scientifiquement ou universitairement pr&-









par4 pour une Chambre de quatre-vingt-seize membres':
si ce droit m'est refuse par les Pouvoirs publics, person-
ne ne pourra plus dire encore que je ne veux pas servir
ma Patrie, d interieur!...
Vive la Republique pure I... Et vivent les libertds les
l6ectrisantes ou les divines, les fecondantes et les glo-
rieuses liberties politiques ou sociales, inscrites deji
.dans les Constitions de 1806et de 1843, liberals .our la
conqudte desquelles les Port au-Princient. seuls. out ver-
se leur sang, beroiquement, a Sibert, le Premier Jan-
vier 1807!...
Je viens a vous en toute confiance, Messieurs, les E'ec-
tecteurs de la Commune de Port-au-Prince, non-seule-
ment parce que j~i rendu des services exceptionnels a
notre Patrie, come je I'ai piouve dunis la prsente Adresse,
mais aussi parcequeje puis rendreau Pays de nouveaux ser-
vices exceptionnels: je vous supplies surtoutechose,d'avoir
la grandeur d'Ame de remarquer que je viens a vous
lilia manibus plenis, les mains pleines do lis virginal
ou du lis candide, c'est-A*dire les mains absolument po-
res d'or et absolument pures de sang.
Veuillez agrler les assurances du profound respect et
du d6vouement vrai avec lesquels j'ai I'honneur d'etre,
Messieurs les Electeurs de la Commune de Port-au-
Prince,
Votre tr6s bumble et trbs oblissant serviteur en la
Pats ie,
Louis JosEPa JANVIER.
Eleve dipldmd de I'Ecole des Sciences Politiques de Paris
Section Economique et Financiire,
Section Diplomatique,
Section Administrative.




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