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HIDE
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 Magloire ambroise s'est-il suicide...






Group Title: general Magloire Ambroise a-t-il été tué ou sést-il suicidé?
Title: Le general Magloire Ambroise a-t-il été tué ou sést-il suicidé?
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 Material Information
Title: Le general Magloire Ambroise a-t-il été tué ou sést-il suicidé?
Physical Description: 20 p. : ; 22 cm.
Language: French
Creator: Ambroise, Fernand
Publisher: Imprimerie Nemours Telhomme
Place of Publication: Port-au-Prince, Haiti
Publication Date: 1937
 Subjects
Subject: History -- Haiti -- 1804-   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Statement of Responsibility: Conférence prononcée le 21 Mars 1937.
General Note: Cover title: Autour de la mort du général Magloire Ambroise.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081289
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 000143602
notis - AAQ9789
oclc - 01905085
oclc - 23830410

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    Magloire ambroise s'est-il suicide ou a-t-il ete tue?
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OF FLORIDA
LIBRARIES


WTS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.






IE llIltEl

HilIE MilBROISE

-t-il iti tut

on s'est-il suicid


I


Conference prononc6e le 21 Mars 1937
PAR
FERNAND AMBROISE
A la Soci6t d'Histoire et de Gdographie d'Halti


1937


I I - --------~~~~


.i


O













MAGLOIRE AMBROISE S'EST-IL SUICIDE
OU A-T-IL 1TE TUE ?


Mesdames,
Mesdemoiselles,
Messieurs.
L'Histoire est eternelle comme la Nature ; come
aussi dans la Nature, il se perpetue en elle un lent
travail de Iransrormation qui, souvent, pour aboutir A
des 6e6ments meilleurs, attend que la poussi6re impal-
pable du Temps. par une ceuvre d'usure, transform
I'erreur en Verite.
Par example, savons-nous combien de siecles il faut
pour transformer la lignite en diamant pur? combien
de fois la vague sombre s'evapore avant de synth6liser
la blanche perle des mers ?
L'Honorable Pr6sident de la Societe d'Histoire et de
Geographie, Monsieur le Docteur Price-Mars. m'a faith
le p6rilleux bonneur de m'inviter i me presenter de-
vant un Public que je ne puis braver qu'avec les plus
6lgitimes hesitations, ( parce que j'y vois reunies de
hautes personnalilts scientiflqueset littlraires de notre
Capitale) rien que pour m'entendre fire le recil des
circonstances de la mort du Gen6ral Magloire Ambroise,
execute 6 Cabaret-Cadre dans la nuil du 6 au 7 De-
cembre 1807.
Mon 6tude ne sera pas d'accord avec certain histo-
riens, notamment le G6n6ral Guy-Joseph Bonnet, juge


~-VCIIMCIMN-M~MIICIMMMMMCVWVCMINICIMM
VIWWYn~~YVVWYYVYVI~HIIMMIYWYCYWYWY~YWIN








ct pa:rtie dans Ic process. Je nt'inspircrai dtes hot
[rai't ioni tdc fj n:ille, je meatn aiderai somvent i
le. :tIt:1tvcs micessaires.
LEccusez uina ranclhise, cllcrs audilcurs.je dois v
dire (tava:nce que, si je rti~ssis dans relic auvrc de
lan, Ai vons donner picine satisraction, lhonnct:r
ser:a an I)Dalear Price-Ni:trs, ci si jelCiouc. jC Iti
allrimuc In espol1onsaIbitil. Mais t'lonnorable 1)oclt
Price-Mars a contlimice en Ittoi, cc de (juoi je Ic rent
cie saiis reserve auctic.
I)D-tts celic ;tnnc 18I07. o(i ltios :illons dinner.
vrihCi tIistorilt' chicz nous 0ail encore .tnns Ics lant
puisquc In liberty vcnniil ii ptinc dtc oir le jour lo
((tI comincticircuL tes inlhcuircuscs ctrnpeiilions q
atvcc In niort de l'EtllJermIr. daeclatnclercnt stir not
jeune Nation iii':tricsuhle cascade dcs gneries civil,
Non. it rallait laisscr tFE:oiJwrcttr, ii 0::i6 lit. tiol
I ibteralcur, it f:alt it lYatid.'tt(r c'IIcore (ctilcktt le tct
jimttjift cc que son ictenre mii m L arl inecwclI venuti.
a0 quc le son dIu ror esl It i.st rau fond ies bto. .
Notre Emperen curul iiti Ic 17 Ociobre 1806. If ztvw
des amis inlimes ce lidcles, des hounlmc de conli.a11
leis que Ma:tgoire Atilbrojse. Yayou. ctilit ccnt aulres c
ces compagt1ots (t'at lmes qui l'avinient sccottid dat
relic cwuvre qu'uu dirajt lcgendwi; ec :Ine pjoip'nc 4
Iti~:'rcs degueiailS. lull-int puusr ]cur intdji~ciidattce, cu
hitter des soldais qui avaicni pictiatu I'iti-ope.
Je vcux dire les soldals tic Nalpoleon. Om, Dcsialinc
avai des anmis, p)cstlu e tics pnairs, par cotascqucn tic
Ihomtces eictlurcis (lulls les caillnps, fraersunt I'lle en
tkere tic I'Es it l'Ouest, du Nord an Stid. Cc rurciti de
Tilans qui, de dcssous lerre. rfaisaieti 6clalcr les union
tagatcs pour, en pleine litl)crt, conlemptcr t'Olvapt
0tottueC.






-3-


lis se concertlrent.....
Ici, nous allons commencer I'analyse raisonnee d'un
fail hislorique dtnalur6 A dessein pour jeler A jamais
un voile de t6n6bres sur des 6v&nements don't on crai-
gnail serieusement les consequences. Le General Ma-
gloire Ambroise. le jacmelien le plus influent dnns le
Sud-Ouest. qui complain parmi les homes d6vouns A
I'Empereur qu'on venait de luer dans la tragedie de
Pont-Rouge; le General Magloire Ambroise, disons-
nous, consliluait un trop grand danger avec le Genera
Marion qui commandait LEogAne, celle 4lle de ponl du
Sud el du Sad-Ouest ;donc, en cas d'un soulevement dans
celte region avec, d'autre part Christophe dons le Nord
qui, deja, menavait l'existence de la REpublique nais-
sanle de Petion, que resterait-il de ceite derniere ?
C'*eail le problem qui devail normalement se poser
A I'esprit sagace de Pelion qui, sans se le laisser dire,
fail pier le (e&nral Magloire Ambroise jusqu'A ce qu'il
eal ini par saisir le fi d'une conspiration ourdie plus
ou moins dans I'ombre, puisque le General Magloire
Ambroise avail la plus houle main dans la region de
Jacmel el dul ne pas se croire oblige6 de minutieuses
precautions.
Je vous prie, Mesdames. Mesdemoiselles et Messieurs.
de bien remarquer que, ici deja. nous abordons la zone
d'un hislorien, le General Guy-Joseph Bonnet. juge el
parties dans celle importance question d'hisloire. El c'est
precisement A cause de sa participation directed aix
6venements que je me cramponne solidemenl et pour
de bon aux memoires qu'il a redigas el que son Iils,
Monsieur Ed. Bonnet n'a publics qu'en I'ann6e 1864
(Paris.-- Aug. Durand. Librnire. Rue des Gres, 7.)
Le bon sens nous indique dejA qu'il faul retenir le
retard mis A publier ces fameux memoires, 57 annees
aprEs le drame de Cabaret-Cadre, demi siecle passe !






-4


Plusicurs acleurs el parents morts, peut-4lre les princi-
pa';x I C'est ce recit de premier jet, le premier en dale,
redig6 par le Gendral Bonnel lui-meme, qui sert de
cliche nux hisloriens futurs alors trks eloignes de I'6-
poque de I'cvCnemenl. C'est ce rfcit que je prends et
veux analyser jusquc dans ses derniers alones pos-
sibles.
Si je r6ussis a fixer volre allention stir mon raisonne-
menl, vous concluerez vile avec moi que chez certain
hisloriens, it faul ajouter plus de foi en ce que I'on ne
voil pas qu'en ce qu'on lil, el, cela, routes les fois qn'il
y a incompatibilile entire les fiils avane6s d'une part,
el de I'aulre, le bon sens et la logique.
Avant de nous y avenlurer, il me semble ulile de
vous rappeler ce que nous avons dit pius haul, savoir:
la menace que conslitnait le roi Chrislophe dans le Nord
el de I'aulre, les possibilities d'une dangereuse action
qui serait concertee dans le Sud el dans Ic Sud-Ouest
entire Magloire el Marion. Voili uns de ces fails qu'on
n'a besoin de lire dans aucun livre pour le concevoir,
puisque c'est parfailemenl dinccoid avec Ia logique el
le bon sens. Or, ni 'une ni 'aulre de ces deux qualil6s
ne manquail au Chef de I'Elat.
Une question se pose ici d'elle-meme : Le G6n6ral
Magloire Ambroise conspirait-il 6 Jacmel ?
Nous n'avons aucune donn6e precise sur ce point.
mais de fortes presomptions permellent d'accepter ce
fail pour vrai. Ce General detail mnitre de toute la re-
gion, il y l6ail nd. venerd de tous; par consequent, avec
tous ces avantages reels, ii se conUoil facilement qu'au-
cune precaution ne lui part n6cessaire pour dejouer
la police du Gouvernement, el nous ajouterons que.
mime le pillage de la Douane el du Magasin de I'Etal,
que Bonnet a relate dans ses Memoires pour essayer
de le salir, etait In preuve la plus convaincanle qu'il se








prtparnit A une enfreprise mililaire de grande enver-
gure; car, pour faire la guerre. il faul thesauriser d'a-
bord. Donc, si vous le permetlez. nous acceptons I'hy-
potb6se de la conspiration come etant un fail hislo-
rique. Que faire dans cette grave conjonclure ?
Le Commandant du Sud-Ouest doit 6tre d6plac6. On
ne pouvait faire que cela dans le moment. Magloire.
avec toule I'apparence d'tre Iobjet d'une favetr spe-
ciale, eat promo Commandant de 1'Arrondissement de
Port-au-Prince. Nous revenons A nos moutons, pour
ne pas dire A nos tigres, car ils I'taient tous devenus
apres leur tragique labeur.
Comment on choisit un Chef d'Etat Major au non-
veau Commandant de Port-au-Prince ?
Permeltez moi Mesdames, Mesdemoselles et Messieurs.
de vous citer seulement des passages succincts du lexte de
Bonnet, des passages seulement, pour ne pas trop fatigue
votre haute attention. Je cite: Mdmoires de Bonnel,-
page 172 : ( Apr6s la chute de Dessalines, Borno De-
Ieare avait 6t1 ray6 du cadre de I'Armee ). Bonnet ne
dit pas sous quel pr6lexte. S Sa vie nmem aurnit d61 en
danger, et Bonnet lui avail rendu de la naninre la plus
d6sinltress6e. .. (sic) des services don't il ne pouvnit
avoir perdu si t6t le souvenir. Un soir, allant au Gon-
vernement avec son spouse, ii rencontra Borno D6elare
qui paraissait so trouver dans une position fAcheuse.
Sur la demarche du General Bonnet qui s'interessait A
lui, Borno D66lare exprima, sans d6eour, combien ii
serait heureux d'etre remis en function. *
Bonnet nous apprend lui-meme qu'apres la chute de
Dessalines, Borno Dtleare avait 61e ray6 du cadre de
1'Armee, mais il n'a pas indiqu6 le motif de cette radia-
tion. Comment Borno D6l6are s'6tait-il conduit danx on
pendant le drame de Pont-Rouge pour que, apr6s, ii ail
61e ray6 du cadre de I'Arm6e ?


-5-






-6-


L'hislorien Bonnet n'en a donn6 ancun detail; le bon
soes dit, In logique indique qu'il ne s'Nlail pas montr6
sympathique A la cause de Petion et que. 6tant peu
important, il fut simplement elimin6- I'on peut sup-
poser. par manque de conliance. Mais par hasard, Bon-
net rencontra Borno. . Dans le siecle oif nous avons
I'honneur de vivre, nous concevons d'une antre facon
le sens des expressions: par hasard, come par hazard.
Mais ce soir-li, les deux Generaux, ancient compa-
gnons d'armes, se connaissant A fond, s'abord6rent. Ici,
presumons, permettez-le moi ; nous prtsumons leur
entrelien.
Bonnet : Votre situation n'a pas lair bonne, General?
Borno : Plul61 mauvaise.
Bonnet : Pourquoi avez-vons fail cela A Petion ?
Borno : Ma parole ltait engage de I'aulre c61 si je
vous avais promise, il en serait de mnme. Quand
je donne ma parole, c'est comme cela.
Bonnet: Voulez-vous, etc .. ?
Borno : Mais comment, je suis soldat avant tout...
Nous avons eu soin, chers auditeurs, de vous dire que
ce dialogue n'est qu'une simple pr6somption el que je
ne me permels pas d'avancer ni come tradition, iii
comme faith historique. Plus lard. tin pince sans rire,
Monsieur Justin Lhdrisson. viendra camper dans notre
Folklore un personage immortel: Boulo Negre.. .
Je suis oiseau, voyez mes ailes.
Je suis souris, vivent les rats...
Plus loin, au denouement de la tragedie, vous cons-
taterez un faith relate par Bonnet lui-m6me, el qui vous
fera voir comment Borno LMlare a 616 r6compens6 de
ses services et a donn6 raison A Bonnet sur le Pr6sident
Pe6ion qui, prevent contre Borno Deleare, n'avait pas
voulu le nommer Chef de I'Elal Major du nouveau Com-
mandant de Port-au-Prince.






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Aux recommendations fermes de Bonnet, P6tion
avail done tni par ceder, repris convince en Borno
D61lare pour faire aboutir ses plans :

Rien a'est complete. b toot it manque quelque chose :
L'homme a Ie pilori. I'ombre a Iapothlose;
Stes H6ros soot trop grands I Un m6me sort les suit;
SH6las. tous les Csars et tous les Charlemagues
SOat deux versants ainsi que les hates monlagnes
a lYnu c66l le Soleil. et de Iautre la Nail. a
( Ugende des SIdles-Retour de I'Emperer )

Ces vers ne sont pas de moi et certainement vous en
connaissez I'auleur.
Nous reprenons: Borno D616are esl h Port-au-Prince.
Chef de I'Elat Major du G6neral Magloire Ambroise;
Bonnet, nonimm dijh Commandant de Jacmel, est assis
a Port-au-Prince. Mlais lui et Borno Irouvent necessaire
de s'entrelenir, usent d'une correspondence. IIs ne se
visitent pas, ils ne se voient- Ion ne sail pour quelle
raison- et c'esl par voie de correspondence seulement
que le General Bonnel. A Port-au-Prince, juge opporlun
de dire au Chef de I'Etat Major du nouveau Commun-
dant de Port-au-Prince de lui dire franchement si son
General ( Ambroise) Mtail r6ellement meconlent de son
d6placemeni, parce que dnns ce cas il n'hCsiterail pas
a r6silier son commandement en fnveur de Magloire. A
qui ni lui. ni P6lion ne voulaient causer la moindre
contrariet6.
Ce que je viens de vous lire, c'est la prose du G6ne-
ral Bonnet lui-meme dans ses M6moires ( pages 173).
C'est vraiment d'une magnifque candeur que la r&-
ponse de Borno Deleare A Bonnet, oyez plutot :
a Mon cher General, je serais le dernier des homes
si foubliais que je Pous dois la pie a... Bonnet I'aurail-
il sauv6 de la fusillade ?.. Celte premiere phrase est






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soulign6e dans les M6moires en question. Puis, Borno
I)c6are continue. Ici, nous ne faisons pas de com-
mentaire sur la mission secrele que Borno semblail
remplir nuprbs de Magloire. Mes chers audileurs, au
course de celte conference, auront la facullc de se former
lne opinion. Je suis oblige de citer presque loules les
phrases du pseudo-hislorien Bonnet,-car i chaque pas-
sage. dans Bonnet, on renconlre un Himalaya de men-
songes i c6te d'un abime d'aveux. L'on voil bien que
Ie soldat n'est pas fail pour menlir
Repassons au lexte de Bonnet :
Plus lard, dil-il. Ic President voulant enlreprendre une
nouvelle champagne devant St-Marc. donna h Bonnet
I'ordre d'aller r6unir et d'organiser les troupes de son
Arrondissement. Le General. qui detail passer quelque
temps ia Jacmel. s'y rendit avec loute sa famille, femme,
enfanlts,elc...Aidez-moi, Mesdlms. es. Medemoiselles. Mes-
sieurs, i aimer cette candeur de I'historien el surtout du
General. II n'n aucune crainte sir la situation poliliquede
Jaemel. il n'a aucun soupcon de in conspiration de Mn-
gloire Ambroise. Tout est bien calme, done il nmene sa
femme, ses enfants el tulti quanti pour leur fire l'hon-
neur de son Commandement. Mais quelle est la dale du
depart du G6n6ral Bonnet pour Jacmel ? Le 4 Decembre
1807, justement In veille d depart de Magloire qui de-
vail avoir lieu le lendemain samedi 5 DIcembre i 6
heures du soir. (Mfmoirespage 176)
Bonnel ne pouvail I'ignorer, puisque Borno Dl6care,
Chef d'Elal Major de Magloire. li' detail la vie.
Je vous prie de retenir, chers et honorable nudileurs,
que, pour tous les fails, toules les dates donj j'ai faith
metal, je vous ai donn6 des r6f6rences pr6cises. Ir6s pre-
cises, i Bonnet lui-meme, avec indication de pages
faciles i contr6ler. Que cc fil- pour aller organiser des
troupes en vue d'une champagne contre St-Marc on bien






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pour aller prendre des dispositions militaires contre
le General Magloire Ambroise, cela, pour nous, n'a
pas encore d'imporlance. Ce quiet ind6niable, c'est
que Bonnet a quitll Port au-Prince le vendredi 4 D)-
cembre 1807, et le G6neral Magloire Ambroise le samedi
5 Decembre A 6 heures du soir. Si le G6n6ral Bonnet
avail pleine confance dans ses dispositions prises de
concert avec Pelion, le General Magloire, selon routes
les apparences. n'etail pas moins certain de la r6ussite
de son entreprise; il allail dans sa ville natale oi
toute I'elile et loute la masse lui etaient d6vouees; mais
c'est ici plus que jamais, le cas de rappeler celte vrrit6
enoncee par un autre grand poete :
SL'ordre mal concert&, occasion aal prise
a Peavent mrson auteur reaverser I'entreprie..

Ce qui pent se traduire eloquemment dans notre
beau patois: Zipina part pour oi maaman; vpi
manman part pour Zlpina s.
Poor aller prendre possession de son post I Jacmel.
Bonnet passe & LeogAne, naturellement, el dut,- je
n'affrme pa., Bonnet ne le dit pas non plus,-conf~rer
avec le General Marion qui commandait cel important
Arrondissement el lui faire part de la mission qu'il
allait remplir A Jacmel. Vous verrez un peu plus loin
toute iimportance de celte hypothbse. I.e Commnndant
de 'Arrondissement de Jncmel y entire, ii Irouve ln
ville d6ej dans un Clat d'ebritel port6e au delire; ii y a
des danses dans lous les fnubourgs; on attendait Ma-
gloire. Au lieu de Grouchy, Blucher.. Ici, je n'ai rncun
detail sur ce que fit Bonnet en I'occurrence, mais il dil
avoir redige jusque tard dans la nuit, un rapport qu'il
cxp6dia A Pilion par le G6neral Germain; el, pour as-
saisonner la sauce, ii invented line rencontre de Magloire
avec Germain sur la route de Jacmel ; cependant, le





-10 -

rapport intercept cet lu par Magloire. il n'arrele pas
Germain, ne le fusille non plus... Quel saint homme
que Magloire Ambroise !
Le PCre de Victor Hugo dirait:
Donne-lui tout de mime A boire. Mais il n'y a pas
eu de rencontre sur la route. C'est une fable, heureu-
sement, et le G6n6ral Magloire Ambroise n'utait pas
un saint.
Reprenons : ce dernier quite la capilale le 5 DCcembre
A 6 heures du soir avec, come chef de son Etat-Major,
Borno Deleare, que Bonnet avail faith nommer par PC-
lion et qui, en consequence, lui avail faith une sore de
serment d'allegeance.
Voila dans quelle galore le grand conspirateur s'lait
inconsciemmeni cmbarqu I C'est au moment meme de
cc depart du 5 Decembre que le Prcsident P lion rc-
pondail an Commandant de la Place de Port-au-Prince.
le Colonel lys qui venait lui annoncer cet Cvenemenl:
SLaissez-le aller, comine le papillon, it va se bruler 6
In chandelle.s A bien analyser ces paroles, il n'y -a pas
d'esprit vraiment lucide qui ne senate ici que Bonnet a
faith expr6s de les rapporler dans ses m6moirds pour
donner A PCtion sa vraie part de responsabilile, come
il coovient, car cette phrase est pour ainsi dire la clef
de lout le problem, la veritable chandelle A Ia laumire
de laquelle on devail faire le jour, A l'avenir, dans cette
obscurile repandue 6 dessein sur cette grande calastro-
phe. (aLaissez-le aller, comme eI papillon, il va se bru-
a la chandelles); il eut mieux value dire: dans une four-
naise bien pr6parce.
Notre GCneral est done en route; cerlainement lui
aussi, it passe par Leogane. A-t-il confr6W avec le GC-
neral Marion come nous 'avons presume pour Bon-
net ? Cela devient douteux pour nous, car si brave fAl-
il, il elait mililaire avant tout et serail ainsi plus qu'im-






-11-


prudent, bien que selon routes les probabilil6s, il fat
Iami de Marion, avec qui certainement Bonnet avail
confer6 la voille, en transit vers Jacmel. Ce qu'il y a
encore d'ind6niable, c'est que, immediatement apres le
passage de Magloire a LdogAne, un fort contingent de
cavaliers exp6dies par Pelion et sous les ordres des
chefs d'escadron G6edon et Laverdure. suivirent le
group de Magloire sur la route de Jacmel. Ce fait est
relate aussi dans Bonnet, mais qui pretend que ce n'est
pas imm6diatement aprcs. Mais enfin ils sont passes
apres, el nous avons toutes lea raisons du monde pour
affirmer sans Bonnet ni personnel d'autre, que le Com-
mandant Marion, lorsque passkrent les escadrons de
Gedeon el de ILaverdure, se mela A eux, suivi aussi
de son escorted pour aller A Jacmel, oi il devail sauver
son beau-pere, le G6enral Jean-Claude Michel qu'il
savail compromise dans Iaffaire de Magloire son asso-
cie. 11 y a ici peut-etre un petit detail qui intlressera
plus d'un dans cette selected assemblee, je voudrais
vous dire que ce Genftl Marion que Bonnet dit ~Ire
Sarti cette fin, suivi 'Z seuloguidearetenons-le bien.
Sseulace General Marion, si ma m6moire ne me fait
pas d6faut. esl bien le pere de feu Madame D. L6gilime,
notre regreltt President. S'il en est parmi vous qui en
descendent, il serait quand mEme inltressanl qu'ils
s'en assurent A 'aide des archives de la famille.
Ie Commandant de LeogAne vola nu secours de son
beau-pere Jean-Claude Michel. Lors done que le Gene-
ral Magloire Ambroise, ia In tel de son Elat-Major et
peul-6tre d'ane forte escorte qui avail pour chef Borno
D)elare, arrival A Pasquet, satr 'habitation de iMgloire
Ambroise. A quinze minutes de la ville, Bonnet les y
attendait A la tle de forces imporlantes. II avail 6l6
avist par qui, pensez-vous ? Le grant de Magloire, un
ancien soldal qui avail servi sous Bonnet, dans le Sud;






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c'esl cc dernier qui nous 1'npprend; encore in sons-
wtirin.
Bonnet laisse it enlendre que ce sont des troupes de
line que le Pr6sident a\ait lannces h la poursuile du
General Mlagloire. el celn, pour jeter plus de tfncbres
sur les 6v6nements, mais cela ne se soulient pas, car,
il avoue lui-mnime que Geddon el Iaverdure Mlaicnt
des cbers d'escadron. Si c'tlaienl des Iroupes de line,
Ic Gouverncment nurail delgut soil un chef de Bri-
gade. soil un Commandant de regiment. 11 n'y avail
pas de temps A pcrdre, on cxp6dia des homes ih che-
val i In poursuile de Magloire cl de son escorle.
Ainsi done, le group de Magloire est pris enlre Boti-
ntcl el les troupes de Gedeon et de Lnverdure. Ces pri-
sonniers ainsi que plusicurs autres personnalites arr6-
e1es en ville. ces dernicres nu nombre de 17, furent
Ious achemints vers I.ogfine par In role de Madame
Joinville et impiloyablement massacres ii Ctbarel-Ca-
dre dans la nuill de dimanche i lundi 7 Dcembre 1807.
( Memoires pages 183-188 ).
II ne nous est pas cerlainemnen possible d'indiquer
d'une maniere precise, vers quelle here ie la journ6e
ces malheureux commcnc6renl leur calvaire, mais ii
esl certain que ce fut nssez tard. Selon toules les pro-
babililbs, ii y cut dlibhralion it Pasquel ( cel autre
jardin des oliviers ), s'il fault lenir couple de ce demi-
mot de I'hislorien Ardouin ( Vol. VII, p. 142 el suio.)
cilt par Bonnet (page 187 des Memoires).
Apres avoir aflirm~6 que G(;don n'enlra pas a Jacnel,
lui, Ardouin continue : a Alors survint de la part des
aulorites, une de ces measures qu'on ne saurail trop
d6plorer et blAmer s6evrement. Des ciloyens inoffensirs,
des commer;ants paisibles furent accuses d'etre les
complices de Magloire, de lui avoir fourni de l'argent
pour parvenir it ses fins; el peul-61re sans preuves an-






13-


cones, dix-sepl d'entre cux furent arrests, lies ensem-
ble, livrts h un ddlachement de troupe commander par
Laverilure, pour elre conduits, disnil-on, ia Port-au-
Prince oi ils seraient jug6s s.
Nous notons d6jia dix-sept personnnlites de la ville.
qui furent ajoutles A lous les hommes composant I's-
corte de Magloire. lout cela, achemin, vers Cabaret-
Cadre. Ce depart n'a pu se fire que vers midi an plus
IMt.
a Its traverse. allant ou I'ouragan les lance,
Tanl6t une tempote el tant6t un silence,
LUnivers vivant et prorond
Ne les aperqoil pas dans les brouillards sans bornes.
Its passent dans la nuit coninie des faces mornes
Qui paraisent et qui s'en vont.D
( Inferi, lg. des SIels )
Christophe, dans le siCge de Jacmel. en 1800. MNri-
sier. le 3 AoOl 1883. firenl les seuls qui nient plongf
notre ville dans une lelle consternation !
de longs g6missements, c'itait Rachel pleurnt sur ses
enfants. el qui ne pouvrit se consoler parce qu'ils
n'6laient plus.*
O brnme spullcrale de Cabaret-Cadre. lu ne savais
pns qu'un jour arrivcrail ou le coup d'.clair le plus
inallendu viendrait te d~chirer pour pcrmellre d'entre-
voir. enfn. le spectre g6ant du General Mngloire Am-
broise, visilant trislemeni son grand batnillon de fan.
16mes 6pars dans In fort Non, tl ne le savais pas!
Chers el dislingues nudileurs, revenons vile i noire sujel;
car it s'agit plul6I d'un point d'hisloire a disscqucr, ana-
lyser; de d6celer la vcrilt dans les menoires qu'un chef
mililaire a rediges pour. tout en la laissant entrevoir,
essayer tout de m6me de d6naturer les fails el fire
sentir au moins la responabilitl de Iilluslre Presi-






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dent Petion. TAche p6nible en re toules el que de Ires
6minenis historiens n'ont malheureusement pas d6cou-
verle dans la suile. Vous allez voir si le Gen&ral G. J.
Bonnet detail de laille i la remplir. II avoue lui-meme
qu'aprs la Itrag6die de Cabaret-Cadre, G6d6on et La-
verdure, revenues a Jacmel avec leurs troupes, vinrent
saccager les seules maisons des victims, qu'il tenta
vainement de s'y opposer, mais dut y cunsentir pour
au moins deux heures, vu que Laverdure el Gideon
etnient un:nlis d'inslructions 6crites du President
Petion.
a Apr6s I'ffreux, l'immondc.
C'est sans double pourquoi Monsieur Beaubrun Ar-
douin ecrit que lous ces homes d'lite n'ont 61e assas-
sines que par cupidile, qu'on pensait qu'ils etaient por-
teurs de fortes valeurs.
Mais dans l'un el I'aulre cas, c'etait bien Iriste, en
effect, de voir des bommes qui occupaient un rang si
6leve dans le Gouvernement, tant dans I'ordre politique
que dans I'ordre social, se liver A cet acle inifAme'.
Tout est consomme; les prisonniers massacres, le
sac de Jacmel acheve, les families dans la consternn-
lion. L'on chuchote a voix bass:
Deux ?
Oui, ils soul seulement deux exemplts.
Lesquels ?
Le General Jean-Clande Michel que le General Marion.
commandant de 16ogAne, est venu tout expr&s sauver,
et le fameux Borno D6elare. chef de I'Elat Major de
Magloire I
Qu'esl-ce que Borno D61eare ?
Je me suis permits, Mesdames, Mesdemoiselles. Mes-
sieurs, de composer ici le dialogue qui a d, faire le
tour de la ville de Jacmel, 1'aprs-midi du 7 D6cembre.
aprcs Ia catastrophe. Je me le permits parce que, s'il






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etait facile de s'expliquer le salute du General Michel,
beau-pbre de Marion. personnel au monde ne paul dire
comment le General Borno D0leare, Ie chef d'Etal Ma-
jor de Magloire. ait pu se trouver c6te-6-c6te avec le
premier, cache dans Ia chambre de Iillustre General
Guy-Joseph Bonnet, venu pour preparer la chandelle.
Jai pr6c6demment donned. en parlant de In formation
de I'Etat Major de Magloirecomment et a quelle occa-
sion Borno D6leare en fut nommn chef.
Mais il y a mieux.
Le General DelAare, chef d'Etat Major de NMagloire
eat A Port-au-Prince a son post, Bonnel nommn
Commandant de Jacmel sejourne a Port-au-Prince
sans raison avouoe, et voila que ces deux amis et core-
ligionnaires poliliques, pour s'entrelenir de politique.
sont obliges d'employer In voie de la correspondence :
Remarquons ici la nuance : Un Colonel de la Garde
d'Halti, pour s'entrelenir avec Monsieur le Prefel de
Portau-Prince. ne le peut que par correspondence!
II y a doncquelqu'un A qui Ion veut derober 'enlrelien.
Est-ce an President PItion ? Est-ce au General Magloire.
superieur bierarchiquede Borno D6leare ? Et pourquoi?
Deja, nous decouvrons ici quelque chose de louche...
Juda ...
Cette correspondence, ce n'esl pas moi qui I'invente.
c'est Bonnet lui-meme qui nous Iapprend, el, pour vous
le prouver, je vais citer les extraits qu'il en a publics;
el je m'empresse de vous dire que je n'ai guere con-
nance dans Iauthenticilt de I'integralitA do texle. II y
eu correspondence, pour srr, mais je vais en tirer
juste ce quil faut pour vons permellre d'en saisir le
fond.
Citons Bonnet a la lettre : a On n'entendait pas impo.
ser un ofmcier a Magloire. Borno, assure de sa nomina-
lion, fit prier ce General avec lequel it avait de bonnes






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relations, de solliciter en sa faveur un emploi du Pre-
sident; il ful rinsi nommu Chef d'Elat Major de
Magloire. Borno savait tres bien quelle detail la per-
sonne don't I'inluence ravail fail rentrer an service.
Bonnet crut des lors pouvoir compiler sur sa sincerity.
II lui ecrivit done come a un ami, le print de lui
dire franchement si son General etait reellemenl
mecontent de son d6placemenl, parce que, dans ce cas.
il n'hesiterail pas a resilier son commandement en fa-
veur de Magloire. a qui ni lui ni i-lion ne voulaient
causer la moindre contrariele. 9
La r6ponse de Borno au General commenqait par
ces mots: a Mon cher General. je serais le dernier des
homes si j'oubliais que je vous dois la vie D. Nous ne
conlinnons pus A donner le texte; Bonnet dit que Borno
avait d6menti les bruils concernant le mecontement de
Magloire. C'est Borno D6elare qui dit cela dans sa
response A Bonnet, ici, A Porl-au-Prince, c6te- -c6te I Or,
le meme Deleare nccompagnera bienl6t Magloire pour
caller faire deguerpir Bonnet de son Commandement,
i'executer peut-iere et prendre les armes. C'et lui qu'on
aura retrouve npres les arrestations de Pasquet et le
massacre de Cabaret-Cadre, bien emmitoufl A c61E de
Michel, bean-pere du brave Marion I
Juda .. Juda ...
Voici comment Bonnet nous explique cette culbute:
a Desarrestations furent files parmi lea conspirateurs
les plus compromise. Mais lea denx principaux auteurs
de la revolte. Borno Deleare et Michel, avaient eu
Iadresse d'echapper aux recherches; Borno avait eu
I'audace de paraltre dans la maison meme de Bonnet,
et elait all se jeter aux genoux de Legendre jeone
( Maitre ), cousin du G6nEral, le suppliant de lui sauver
la vie. Legendre eut la ge6nrositE de le cacher dans la
chambre qu'il occupait au Gouvernement, il se trouva
ninsi en street. a Quelle magnanimilt I






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Voici mainlenant I'Odyssce de Jean-Claude Michel:
comme nous 'avons lit. c'est Marion qui le sauve. Nous
cilons (Memoires, page 184). Quant i Michel, Marion
qui commandait a LeogAne. ayant appris les avenements
de Jacmel dans la meme journee oin ils avaient eu lieu,
itait accouru le lendemain dans la mnatinee, accompagnk
seulemenl dls de scs guides, sous le pr6lexte de savoir
ce qui se passail dans celle ville, mais riellement dans
le but de sauver son ami. A son relour, la nuit, it lit
d(guiser Michel en guide el le joignil a son escorle. P
Oh Marion a-i-il pris cclle escorle piisqu'il n'eiait
rentr6 a Jacnel qu'avecSc seuiguider
Ce fameux Bonnet fail parlir Marion le lendemain
de la catastrophe, or ce lendemain 7 DCcembre oi ii
silue cc depart de LIogAne. tons les prisonniers 6laient
arr6d6s el massacres; or, puisque Marion a pu sauver
Michel dijA pris en meme lemps que les aulres p6ches
en ville. c'est en route, it Pasquel oua Marion a dit
arriver en m6me temps que Laverdure, que ce malheu-
reux fat arrach6 des griffes des vaulours Laverdure et
G6deon.
a Le puils du menteur nest pas profound dit le pro-
verbe cr6ole....
L'historien Gineral Bonnet semblait n'ecrireque pour
trre lu par les fourriers de son arnmee! Nous trouvons
encore dans Bonnet ine derniere parties purement
legendaire.
Permellez-moi. chers audteurs, de ne pas vous infi-
ger une r6elle punition en vous donnant lous les details
de cette fable. C'est le hallier de Magloire. place san'.
double A Pasquel par Bonnet, corn me Borno Dilare pres
de Magloire, c'est ce hallier qui vient prdvenir Bonnet
de I'arrivke de Magloire sur son habitation. Bonnet dlait
en pelil uniform, il se met en grand uniform. il fail
rentrer les chevaux el se rend A pied sur In place






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d'armes.II fail I'inspection des troupes, ordonne le dMle..
II s'clance dans la rtie, sans chapeau come le Marcbhal
Ney. Les soldals se ruent sur le fort Belliot a I'arsenal.
ii les suit. Magloire arrive sur la place a la le6e de son
escorle. Des coups de feu partenl, ( Bonnet ne dit de
qui ni sur qui ). IIs elaientl lires et c'*tait A bout porlant,
mais pas on soldan mort ni blessed; el bien qu'il etl fail
remiser les chevaux, son cheval va donner une accolade
i celui de Magloire, et Magloire esl arrfie. O G6nCral
Magloire. I'Histoire t'avait connu Aigle. et devant
Bonnet. tu I'es muN subilemeni en colombe pure el
inoffensive!
Enferm6 au Bureau de I'arrondissemenl, sans doute
au milieu de Borno D1leare el de Jean-Claude i.:hiel.
il ingurgile de I'arsenic. II meurl. FunIernilles nalio-
nales.
Comme vous le voyez, chers auditeurs, j'ai 616 rapid
dans la narration de cette l6gende de Bonnet pour ne
pas vous fatiguer, mais j'ai 616 pr6cis.
Nous autres. nous disons que s'il y avail parade A
Jacmnel, ce dimanche 6 D6cembre 1807. cela ne pouvait
6tre qu'avec ces petits soldals en bois peinturliurs, que
nous savions faire delilersur la table i manger les jours
le I'An, quand nous 6tions gosses. Bien que je ne sois
pas imbu des r6glements militaires, le bon sens me dit
que si Bonnet, prevenu par son espion, depuis le cre6
pascule, que I'ennemi teail aux porles de la ville et
qu'il I'y ell laiss6 pour alier is la parade vers 9 on 10
heures au lieu d'aller lui couper la 16le come naguere
il a 616 fait a Merisier, s'il eat laiss6 Magloire arriver
jusque sur 1a Place d'Armes de Jacmel d'o, ce dernier
lui-merne le fit chercher A I'arsenal oi il faisait des dis-
cours comme ii I'avoue, le moins qui eat pu lui advenir,
ce serait d'dire passe devant un conseil de guerre. 1I n'y
eul pour Magloire ni entree A Jacmel, ni parade, ni






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haigages. ni incarceration nu LBurcau ti I'Arrondisse-
mieii oft OL110115 aVolEs vuz 4jih Commente Iiespion I101-1o
I)e6are v et1ai ewanitoufl& it c616 de Jean-Claude Nli-
Chel. II n v avail point d'arscnic. [i* social ne pore pas
dlans sa poclhe un saclct dWarsciic, numis phIIlMl un pisto-
let i lIn ceinlure. II y avail pour Magliorc Amniaroise loule
son imjporliE)Ic escorle avec scs ulix-seplt amis :rreics
en vilic. 1'exode noclurnie vers Ic niornie Madame Joiui-
ville. garrollct par hvs deiax escadroms ude Gtede1on el de
I.averdure jue PicPlion avail Cxptdies tie Port-au-Prince
:ivec tics inidruclions &crilcs.
lls furcuul lous mussacries A Cabaret el Wlont tnc pas
Icurs sC-pultiuies i Jacincl.
Nois vovouus bien sur Ia Place d'Arnis de JacielW
i. iombe du Colonel Jenn-lBajptiste lflctor, mion aicul,
surmioidicc dWune side cii ina, ire tic buil pi)Wis de haut.
1i iie(!sl morl qu'cn 18221. Mla grandnui'mre. Madamn e Amllsic
Moreau avaLIl alors tdouzeiit ZI ti'Age.(juinze nitullocs scuc-
Iu(Il apr&% ia Inmorl (de Mlagloire Anmbroisc.
Or, la spultlure cde Ma:gloire est inexislanle it Jacniel,
cl dans les ciivirous.
II ne IIe parai Ipas supeaflu.: avant de finir de votis
doier uc i detail assez priccux sur cc (:olonel Hector.
111011 f aeul aussi.
Qaeulle a 0l sa position I)olilitIneC viS-ii-vis dtu (66n6-
ral Amubroise ?
Je te I'ai Irouv6 uiulle p:arlt dn Illuisloire, niuis ii V :1
q''uequc chose quc Ic b0on sens cl'i nutelliignce mec per-
'nelleni d'afirmcr, ccsl ucu Ic Colonel Jcni-llnplise
hlector. iui, a toujours 0liy lidde a Iaontel el it I16tion
ju!qu'i In fin. En effel. apris Ia niori de cc deriicr, Il
(Gouvcrincmcuul avail rail rabriquer us certain nomIlbre
tie l:nbaltwrCs Ce ecaihlc tlonlt Ia cozuvcrture porbil tine
belle effigic le I'ilMustre iri~siticnI PtLion. en or 18 cau-
rals. I.e Coloncl heclor, Ic lcr. Coumanntdntl iCe li






-20-


Place et de la Commune de Jacmel, en avail rei uline
comme souvenir. J'ai personnellement fail cadeau de
celle pr6cieuse tabaliere A un grand ami qui cerlaine-
ment ne s'en d6partira jamais.
Nous ne savons si lors de I'affare de Cabarel-Cadre,
Hector etail dteji nommi Commandant de In Comnmune,
mais il est avere qu'il militait dans I'arime come
haul-grade a Jacmel. et I'on peut admelttre que ni le
General Bonnet, ni Hector n'ont pris part personnelle-
ment aux boucheries de Cabaret ex6cutees par les deux
escadrons de Gedeon et Laverdure et sous leur direction.
Voici done la grave position de votre serviteur, d'un
c6te Magloire et de I'autre Hector avec Bonnet.
J'attire en me vengeant sa coltre et sa baine.
J'attire ses m6pris en ne me vengeanl pas a.
Le Cid Seine 'II
En des temps meilleurs ou en des temps pires, c'est le
language qu'aurail tenu un bomme emporle dans In tou-
mente des passions. Rassurez-vous, chers et honoraLbes
auditeurs, il n'y a ici ni haine, ni amour, ni m6pris, ni
vengeance, ni colre; il y a I'analyse prefonde et sereine
d'un fail historique qu'il important de transmettre aux
generations intelligentes qui content; a savoir oh
6tait la v6rite entire ces deux derniers personnages que
nous venons de citer, d'un c61t le General Magloire,
I'ami, le protege et le frere d'armes de I'Empereur, don't
it ltail en droil. humainement parlant, de poursuivre
la vengeance; d'autre parl. le Colonel Hector, haul
grade aussi, dans I'arm6e, I'ami el le protege du Pr6si-
dent P6tion envers qui Hector se crut oblige A honneur
de t6moigner sa reconnaissance et sa fidelity.
Remerclments ...........


FERNA.ND AUDROISE




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