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Group Title: Collection "Les Groits"
Title: L'avenir du pays et l'action nefaste de M. Foisset
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 Material Information
Title: L' avenir du pays et l'action nefaste de M. Foisset
Series Title: Collection "Les Groits"
Physical Description: 45 p. : ;
Language: French
Creator: Denis, Lorimer
Publisher: Imprimerie de l'etat
Place of Publication: Port-au-Prince Haiti
Publication Date: 1949
 Subjects
Subject: History -- Haiti   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Notes
Statement of Responsibility: par Lorimer Denis, Francois Duvalier, Michel Aubourg, et Leonce Viaud.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081286
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: ltuf - AAQ9619
oclc - 01902854
alephbibnum - 000143434

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LORIMER DENIS et Dr. FRANCOIS DUVALIER
MICHEL AUBOUR6 et LEONCE VIAUD



L'AVENIR DU- PAYS
El

L'ACTION NEFASTE DE M. FOISSET



U


COLLECTION
IMPRINERIE DE L'ETAT
RUE HAMMERTON KICLICK
PORT-AU-PRIKE, HAITI










L'AVENIR DU PAYS
ET L'ACTION NEFASTE
DE M. FOISSET

Lorsque vous marchez au com.
bat, souvenez-vous de vos as-
cendants, et pensez a vos des.
cendants. TACITE

Depuis ph~u de vingt ans, Pavenir
de la Conmmunaut6 Haitienne a tou-
jotms ,t6 au centre de nos pr6occu-
pations. Nous avons consacr6 la mail
lekre portion de notre jeunesse a
rechercher lea causes profondee qui
out empech6 lee gin6rations de r6a-
liser l'unaiication moirae di pays.
Depuis 1927, nous avions danse Le
Petit Inpartiai,, en compagnie de
Louis Diaquoi et de. Jacques Ron-
main signal le grave danger qui me.
nagait la conscience haltienne. Notre
action se poursuivit daie 'rAcgioM


-1-










National, et dl'Assaut, at c6te de
MM. Ren6 Piquion et Julio Jn-Pierre
Audain. Reprise dans -Le Revei'>
avec Marc S6ide, Kl6ber Georgee
Jacob et feu Princivil Pierre etc.,
cette croisade parvint A son plein
6panouissement dans la Revue Griots- sans oublier le bon combat
mend ensendile avec le Depute Luc
Stephen dans Le Messager du
Nord*.
Quel fut le th6me central de cette
lutte sur le plan spiritued? II es'tait
toujours agi de oaract6riser le mat
haitien comnme 6tant avant tout un
mal moral. Ce mal moral est 6troite,
ment li6 lo) a la persistence de la
mentality colonial; 2o) as mopris
temoign6e A- a valeur d'une education
a base d'Histoire Nationale; 3o) a
]'action n6faste et dissolvante d'&tran.
ers qui oat toujours pris A tache
de d6shaitianiser I'Fme national.


-2-









Mais. pourquoi sommes-nous reve-
nus aujourd'hui encore sur cette
grave et palpitante question? II ne
s'agit nullement de susciter une
guerre de religion ou de faire montre
d'une certain xenophobie. Au con.
traire, nous avons toujours. soficit6
la collaboration d'dtrangers lib&*r de
tout sectarisme.
Ill s'agit piut6t de mettre l'accent
sur les attaques du Pere Foisset con-
tre nos plus belles institutions ctultu-
relles, centre d'anciens ministres de
I'Ed'ucation Nationale et d'ecriwains
de vaJleur tel Phito Marcelin -
qui ont exploit les ressources de
notre folklore. Ma Foieset porter
parole du Glerg6 Frangais s'est subite-
ment prils d"un saint amour pour
notre folklore que hier il assimilait
a des manifestations diaboliques, et
pour notre cher pays dopt il pr6.
tend d6fendre le renom a l'ext6rieur.










Depuis quand cette catgorie de
gens savaient.ils s'apitoyer Ser le de-
vwnir moral et spiritual .de la com-
munaut6 -haitienne? Inrterogeono
l'Histoire politique de ce pays pour
signaler le comportement des, &6nca-
teurs 6trangers aux heures de grave
danger pour la patrie haltienne.,
D'abord, ce fut sous l'Oceupation
aub6ricaine, lors de la premiere Com.
mission d'enquete pr&id6e par Mac
Cormick. Nous attendions a ce no-
nent-la des pr&cheurs de la doctrine
du Christ une aide morale damn la
lutte que nous menions au nom de
la Justice et du Droit. None ffimes
d~es. Un eminentt concitoyen, M.
Victor Cauvin, dans un article
public le 2 Mars 1925 dans La
Posted, No. 126, rapporte oes fits
troublants: Dbs le lendemain de
I'anrivie de la Comnmission d'enquate,
oenx qui etaient intirees&e oe que


-4-











ja -iitmntion ne changeit point d~i.
gni~rent it Manm. CorniAc pour des con.
versations seeretos certain individual
iun intdfligeace avec lee oconpante 61
riue I'Opinion ha~tletme avait- (163
d 'wqb,: 6trangers ingrate, fib de
niWt~qu~es oiilbiieux, Ift num de me.
bienfaits s~ane anombre et'sans mmemet
at les autiies de la grande faiveur die
nos loi ude =essortis e ccokI -
nies, ont fait 'eiux de, v6ritiable ci.

gens lit firent des depositions con-
traires an sentnujent de la nmajorWt
du pays. Coest Mae. Cormick lui-
-mime qui 1avoua- dans son rajport.
Contrairenbent it Pattenite g6n~i~l~e ce
fut l'opinion doanne en secret par
ces in-dividqm 6trangere an pays, opL
nion opposee at oeile doe la nmajorit,
qtut radlia, le suffrage de I& Compxie-
sion; on gait que parnu lee pemeonnee
eonsulties et aveic lesqueille M.L Mac.


-5-


~--~











Cormick causa longtemnps, longtenmps,
figurent en toute prenmiere .place lee
strangers snivants: Monseigneur Ju-
lien Conan, Monseigneur Frangois
Marie Kersuzan; celuLci, on se le
rappelle, fut le premier des 6vequee
frangais de notre pays qui se fit le
defenseur de r'oocupation militaine
americaine dans un manidement qui
ne contribua pas peu i refroidir no-
tre z&le de catholiques et a ruiner
l'inluence frangaise en, Haiti. (La
Poste No. 126, 2 Mars 1925).
Et le Dr. Gruening, dans The Na-
tion d'ajouter qu'il n'a trouv6 en
Haiti, parmi les personnel pour lni
dire du bien de John Ruseel, que
Mgr. Conan et Mgr. Pichon.
I1 y a m6me plus. N'est.il pas rap-
port6 par les nationalists catho-
liques de l'poque que les cures, du
haut de la ohaire, 4lisaient des man-
dements qui faisaient saigner le


-6-









coeurs des patriotes parce qa'il leur
6tait diemiandi de prier pour I'ooed.
pant. us savaient m6me r6diger et
signer ,des articles qui cohdamnaient
le nationalisme haltien.
Apres le massacre des 20.000 pay-
sans noirs d'H'alti en Dominicanie,
le Nonce Apostolique d'alors, an
conrs d'un voyage effectu6 en 1943
i Santo-Domingo, fit A la Presse do.
minicaine les dildarations les phlus ca-
lomnieuses sur le people catholique
d'Haiti. (La Nation du 11 F6vrier
1949). Et nous en passons.
Que faut.if deduire d'une pareaile
attitude? Devant I'abeeaanoe de toute
sodidarit6 mlme de la part des 6dn-
cateurs strangers chaque fois que le
pays confront. de graves dangers qui
menacent son existence, comment de.
mander a ces mimes strangers do
travaitler a forger a nos jeuuessee
wine. me ziationale. N'ont-ils pas, au


-7-










contraire, tout mis en "euvre pour la
&dtruire, essayant de ternir le eokeil
de 1804, a'Si faut en oroir'e un de euna
anciente ~l~ves, le grand pobte natio-.
nA, Christian Wedleig, de regrett6e
nvmoire: cFAle (I'inuience fran-
.*aise) cr6a et maintint la division
parmi les enfants d'Haiti et eHe di-
visa le pays avant de divider ile.
D'abord i'infiuenoe 6trang9re et
tout en s'6vertuant i garder une so-
lide pgxpondraance dissocia a la
longue nos forces, eMA affaibi.t It
pays avant mnime de ke liver, croyant
servir ses propree int&krts, a la main
mise Atrangire.
Apris avoir d6tournm le counr de
notre Histoire, egle en alt6ra le sens
en d6formaint la physionomie des ae-
tears. Maitresse incontestable dee E-
6ole6 eile deshatianisa l'Ame Hal-
tieme, ele raewsit ce tour de fore
d ila indre toute fran aise; e-le li


-8-









apprit ia npri~er ees hiroe nationaux
et j'entends encore le Tras Cher
Fr6re nous dire au lendemain des
fetes du Centenaire de Notre Ind&-
pendance a nous, lee pauvree petite
enfants que nonu etione: salines, it est en train de brfder en
enfer pour tous 'les crimes qu']l a
comnmis. 'Sous l'occupation ambi-.
caine, c'est tout un drame qui se d6-
roula. On eut le tort de'm connaitre
Ilattachement que lee haitiens avaient
garden a leur IndApendance, malgri
tout, farouchement ancr6 en leur ame.
La chaire des 6coles et oelle mgme
des Eglises retenatisent des parolee
qu'on ne saurait jamais regretter...
et ceux don't on pouvait avouer
qu'ils sont on Haiti pour le triomphe
de lPinluence fraAgaise, la tuerent
'tout simplement dans 1'ame dee
adults a q ui lee 6v6nements avaient
ouvert les yeux,. dans l'ame des en-'


-9-










fants que les 6v6nements instrui.
saient. Faute de perspioaciti, par,
manque de clairvoyance, I'influence
franqaise fut maladroite et causa ce
retirement: la haine de la France,
qui explique cet africanisme dont la
jeune g6n6ration se fait le porte.
6tendard. (R6ponse i une Enquete
de M. G6rard de Cataflogne in L'In-
formation du 11 Juillet 1936.-Chris-
tian Werleigh).
Cette oeuvre de destruction de
l'ame national signall6e par Werileigh
s'est poursuivie sans reliche au sein
dc nos 6coles. Nous en tenons pour
preuve l'action inqualifiable de nos
bons freres qui ont pris it tAche de
supprimer h leur guise et suivant un
but inavouable certain passages du
Manuel d'Histoire d'Haiti de J. C.
Dorsainvil et oit iH eat question de
nos origins africaines. Un exem.
plaire don't 11 s'agit est tenu & la dis-


-10 -









position du public au Bureau d'Eth-
nologie d'Haiti.
On comprend naturellement pour.
quoi 1'ex6cution de la loi Emile
Saint-Lot sur l'Eneeignement
de 1'Histoire Nationale par des
Professes urs Haitiens a U6t sa-
botee. Quo voyons-nous dit Pierre
C. Alexandre dans la cVoix de ITU.
N.I..H.? Dans un certain 6tablisse-
ment secondaire congr6ganiste, I'en-
seignenvent de 1'Hitoire Nationale
(P6riode Indienne) a 6t6 confik i un
religieux haitien. Paradoxe, crient les
gens lucides, car on n'a pas besoin
d'etre grand historien pour recon.
naltre que cette parties de notre his-
toire n'apprend rien A nos bIlves re.
lativement ia rHistoire Nationale.
Et il y a m6me lieu de penser qu'il
s'agit d'une action syst6matique don't
le but vise a empecher chez 1'haltien
1'6veil de la conscience national.


- 11-










C'est 1'escamotage de 1'enseignement
de 1'Histoire, c'est aunsi et suwtout
I'ceuvre criminelile enterprise contre
los instittutions cuiturelles, gardiennes
de nos traditions nationals. Depuis
Lescot, on ourdissait un comnplot en
vue de la fermaeture du Bureau d'Eth.
nologie d'Haiti. De guerre lasee, M.
Foisset, a la veille de l'Exposition
Internationade du Bi-Centemaire de
Port-au.Prinoe, sous pretexte de s'at-
taquer au folldlore national, se done
pour mission de di6nigrer le pays
dans les colonies de La Phailiange.
Get abbl francais sait tr6s bien, dans
tous les pays en instance de so cr6er
tine personnadit6 collective, l'impor-
tance que prennent les traditions et
les institutions culturelles. Paul
Henri dans -Le Probleme des Natio.
nallit6s9 rapporte que le people mag-
yar a un moment d'une ppriBe die
conscience national, cr6a i c&te des


-12 -









&ooles d'agriohture un Muee et un
Theatre national. ini-nme a ev6 du paitriotisme prwe.
sien a 1'iMdee allemande, sait que un-
nit6 ne pourra paaser dans lea faits
que le jour ofi ed]e reposera sur hla
conscience national, c'est- aire la
conscience que la nation aura de sa
nationalities. Et c'est pourquoi il re.
coinmande de fagon expreese ld'etude
approfondie de la langue et de la
litterature nationals, le maintien ja.
loux des traditions nationals, coe-
tumnes, f6tes, etc., et qu'il demand
aux 6crivains de multiplier d'une
part les recueils -de folklore national,
d'autre part do chanter avant tout
la loire du passe.
Pendant que M. Foisset souhaise la
kasneture diu Bureau et de l'Iatitut
d'TIlmologieet voit-dana les manuiee-
satlams du folklore national quwlque
.obs de diaboilique, lee maitree de h


-13 -


-; q'-.









science frangaise constatent l'appel
fait d'une facon syst6matique a 'i-s.
toire, a la linguistique, a 1'ethnogra-
phie, pour tenter d'asseoir sur une
base scientifique les revendications
des peuples. pour en tirer un droit historique, 1'on
6tudie le folklore et la langue pour
determiner des rapprochements en-
tre groups limiains s6par6s jusqu'ici
et qui se retrouvent fr6res, 1'on d6-
oouvre des parents de sang pour en
concdure a des communaut&e d'ori-
gine et a des unit s ethniques,.
Dans leur tentative de vouloir re-
tourner aux traditions du Moyen-
Age, its demanderent au dictateur
Elie Lescot de faire consacrer le pays
a Notre.Dame du Perptual Secours
le 8 D6cemibre 1942. strangers organiserent dans la suite
la criminelle campagne anti-supers-
titieuse qui, au dire de Jacques Rou-


-14-









main, a'donnr lieu a des dilats pe-
nibles et r6v616 une fissure dans
1'unit du peupile haitien i une here
qui r6dlamait an grave et unanime
rassembhlement de nos forces. *Cette
canmpagne anti-superstitieuse fit enor-
m6ment de torts au prestige du pays
A l'ext6rieur. C'est 1iimportanoe po-
litique des derniers incidents, lew
problemes qu'its posent, les solutions
.qv'ils imposent, qui guident notre
conduite -et notre pens6e,. De .1804,
a la date du Concordat, dans un pays
i population rurale dispersee, man-
quant de routes, d'ecodes, d'h6pitaux,
il efit &t6 6tonnant que la teinture
catholique ne ffit tros mtince et ton-
jours pr6te A s'6cail/er sur le vieux
fonds des croyances africaines. Mais
comment se faitil que de 1860 & nos
jours, depuis 82 annbes, avec un
cl er g6 concordataire auquel leas
moyens n'ont jamais manqu6, un


-15-










meileur syste~me de comiubilication,
tie plus grande distribution de 'en.
. seignement redligieux et laique, des
6glises dans chaque vilfle, chaque
bourg, des chapelles rurales et, un
contact administratif et culture plus
etroit, cohenret et constant entire la
viBe et la champagne, comment se
fait-il et pourquoi avoue.t-on une
retentissante fail ite de 1'6vang6lisa-
tion catholique tout en rendant res-
ponsable le seuld peuplde haitien, re-
presente conmne une sombre masse
primitive, livr6 tout entire a des su-
perstitions irriductibles? -.
Mais IA oii la question devient plus
serieuse, c'est quand ces 6trangeTs
nop contents de retarder 1'unification
morale de la nation par un enseigne-
nment de mauvais aloi, non contents
de s'attaquer a nos principals insti-
tutions culturelles, h nos traditions
mais encore pr6conisent le maintain


-16-









de nos masses rurales dans leur 4tat
d'ignorance. Un eminent prelat, rap-
porte J. C. Dorsainvil, nous laissait
un jour entendre qu'il n'etait pas un
bien chad partisan de 1'instruction
du paysan. Cependant son ignorance
de primitif n'a guere jusqu'ici faciilit6
l'Nuvre d'evang#lisation du pays.
Tout de n6me, le mialicieux pr'1at a
une raison, car sembleit-il, il croit
sincerement qcue 1'instructiin donnie
A un paysan sous sa forme actuelle
le d6prave, finit meme par l'Bloigner
de la terre. Dans la measure oji cette
observation est vraie, eile est simple-
ment la consequence dua petit nom-
bre de paysans qui arrivent i acqu6.
rir vaidle que vaidle cette instruction.
Tous les memnbres di clerge n'ont pas
toujours d'aussi bonnes raisons dans
1'appreciation des choses du milieu.
Certains oublient la reserve que leur
impose la part de responsabiili't


-17-









qu'ils partagent avec nous dans la
faillite de notre oeuvre national. De-
puis 1860 n'ont-iib pas accept 1'ac.
cablante mission de conduire morale-
ment la nation? Nos femmes, no6
enfants, nos soeuMs, ne les ontiile pae
petris a leur guise sane une r6dele
action concuTrrente de. l'Etat ou de
la famtille? Ne sont-ils pas nombreux
nos dirigeants politiques qui n'ont
connu d'autre discipline que la leur?
11 ost vrai qu'il rest. 'argument de
tout anthropologist de la bone
cole, l'inf6riorit native de la race,.
Maligre qu'il en ait, raime natio-
nale demieure, puisque, come aux
jours rouges de 1803, ele vient de vi.
brer et vibre encore devant la me-
nace d'un danger extbrieur.

Lorimier DENIS
et Dr. Franqois DUVALIER


-18-










NOTRE RESPONSE
A M. FOISSET

Par Michel AUBOURG
et L6once VIAUD


Apres avoir pass plusieurs annees
a s'attaquer systema.tiquement a I'in-
tellectuadlit- haltienne, a nos institu-
tions et tout recemnmIent au mouve.
ment folldorique national, M. Foisset
revient nmaintenant a la charge avec
uine nouvel1e tactique. 11 se constitute
le d6fenseiur du folklore. C'est ainsi
que le Jetudi 17 Mars dernier, il a
6crit dans de Quotidien Catholique
La PhalangeD un article intitul6
cLe Folklore,.

I
Voyons, en somnme, ce qu'il a bien
votdu dire. 11 essaie, tant soit peu,
de donner tine definition du fol-


-19-











klore qui, 6tyniologiquement, signi-
fie: ,savoir populaire ou science,
connaissance du peup'le. Et pour
faire montre de son erudition, ii cite
imenie pas bien orthographier. Cet
autetir s'appelle et s'eorit ainsi: Ar.
nold Van Gennep. Mais eoyons de
honne foi .et reconnaissons qu'il a
accompli quelque progres, puisqu'il
a lu Van Gennep. II a suivi un
peu nos conseils. Allant mnme jus-
qu'a interpreter la definition de Van
Gennep, ii dit: aLe folldore ne re-
tient que la litt6rature orale, contest,
legendes ou proverbes populaires qui
ne peuvent se reclamer d'auicun a.u.
teur particulier, d'auoune epoque de-
torminbe, souvent d'aueun lieu d'o-
rigine pr6cis. It 6tudie sous le mAme
angle les croyances et les m eurs lo.
cales, les chansons et les danses, les
costumes et les outils...,


-20-










Nous retenons qu'il a parlM de
nmcurs locales, de chansons et surtout
de croyances. Nous surprenons ici M.
Foisset en flagrant d61it de contra-
diction, puisque ilui-m6me eorivait
dans le Quotidien -La Phailange, du
30 Decemnbre 1948: cDes apologies
pseudo.scientifiques n'ont-elles pas
essay de valoriser ce que condam-
nent, avec la derniere vigueur, le
bon sens et la fierte national? Des
professeurs de lycee, des methno-
logues> du Bureau d'Ethnologie de
Port-au-Prince ont chants et exalt6
les vertus mirifiques des CROYAN-
CES AFRICAINES, cproduit du ter-
roir, ensemble d'6laments dispa.
rates destinds pourtant a former un
jour une vigoureuse religion natio-
nale. Et sous la poussee de je ne sais
quel mystgrieux bovarysme, des car-
tistes- et des -dramaturges- ont surgi
pour jeter sur la scene ou 6taler (sic)


-21-










ti la radio les. danses impures et les
chansons obscen'es de notre Jfol.
klore>.
Vous admettez done avec nous,
avouez-le M. Foisset, que le Vodou
est un ensemble de croyances. Par
consequent, toutes les manifestations
vodouesques tombent dans le do-
maine de la science folkldorique.
Pourquoi aMlors vous lever contre lee
folkloristes haitiens qiui 6tudient le
Vodou, puisque c'est Van Gennep
lui.-n6me don't vous vous pr&valez
tant qui a 6erit ceci: cLe domaine
que j'assigne ici au folldore est bien
plus 6tendu que colui qu'avaient ad-
mis les premiers traditionnistes.
qui ne regardaient commne -transmis6
par la tradition que les conteus et lea
legendes, les chansons, les croyances,
ot observances, les pratiques de sor-
cellerie, etc. Le progr6s de notre
science nous a oontraints d'y ajouter


-22-










l'etude de routes les ceremonies, des
jeux et des danses, du culte. popu.
laire des saints, de la miaison et du
village, des ustensiles de men'age, des
outids de toute sorte, des arts mi-
neurs et majeurs, des institutions
cr66es par le people ou survivant de
p6riodes anciennes, enfin des ma-
nieres de sentir et de s'exprimer qui
diff6rencient le -popuf'aire dti stup6.
rieur*. (Van Gennep, Arnold in Le
FOLKLORE, Pages 30-31, Librairie
Stock, Paris 1924).


Ensuite M. Foisset, par manque de
probite intd]eciuuolle a mutil le texte
de I'auteumr dans la citation suivante:
(Sic), n'est pas, comme on s'imagine,
la simple collection de petits faits
disparates et plus ou moins curielux
ou amusants: c'est une science syn-


-23-











thetique.' Nous reproduisons, pour
l'6dification de nos lecteurs, la phrase
entire ou l'ineffafble ahbb en a volon-
taireinent onlis la paritie la plus si-
gnificative, comme il out a le fair
deja a 1'eminent Dr. Price Mars:
*Le folklore n'est done pas, comme
on s'imagine, la simple collection de
petits faits disparates et plus ou
moins curieux ou amusants: c'est une
science synthetique, qui s'occupe sp&-
cialement de paysans et de la vie ru.
rale, et de ce qui en subsiste dans les
milieux industries et urbains.
*
*
Plus loin, M. Foisset continue, en
ces termes: aChez nous, toute une
categories de gens, depuis quelques
anaees, s'occupe de folklore; mais
parmi eux, conrbien y en a-t-il qui
en font un objet d'etude!b.
Nots nous expliquons mall l'&ton.


-24-










nement de 1'Abbe, puisqu'il y a bien
longtemps que le folklore constitute
I'objet d'&tude de plus d'un de nos
conrpatriotes. Nous lui apprenons
que, des 1830, des themes folklo-
riques ont servi d'inspiration i nos
poetes, h nos litt6rateurs. Coriotan
Ardouin, dans son ceuvre, relate une
parties de plaisir inti.talue Un bar-
baco, fete chamniptre en homneur
dans nos c a m p ag n e s. Plus tard,
Chailes S6guy Villevaileix, vers 1866
environ, de ,PEcole romantique hai.
tienne, eorivit -Le Figuier Maudit.
Cet arbre fait l'objet de nos divers
contest et legendes. Oswald Duran4
lui-m6me, notre barde national, en a
'tire grand parti ein ecrivant ce beau
poeme d'inspiration locale: -Le Vau-
doux.
Si nous ailons plus loin, nous trou.
verons le po6te Allcibiade Fleury Bat.
tier, de la mAme Ecole qu'Oswald


-25-











Durand, qui a laisse -Sous les Bam-
bous et le Baniboulaz, une origin.
nade description d'une danse pay-
sanne connue pour son allure mon-
vementhev. Nous pouvons citer en.
core certain ecrivains tell que Jus-
tin Lh6risson dans cLa Famiile des
Pitite-Cailie; Hannibal Price, dans
CDe la R6habi'litation de la Race
Noire- ofi il consacre tout un cha.
pitre i nos superstitions africaines, i
nos croyances et nos dances popu-
laires. Vers 1895, nous trouvons Du-
vearneau Trouilllot qui a 6erit une mo_
nographie sur le Viodou. A son tour,
,Dr. Price-Mars fit paraitre, en 1928
un ouvrage-dlef cAinsi Para 1'Oneles
dont toute la premiere parties eat con.
sacr6e au Folldlore.
Puis vient 1'Ecole des GRIOTS i
laquelle nous appartenons qui a exer-
ce et qui exerce encore une infEoeue
decisive sur la generation mentante.


-26-










Nous citons eptr'autres une aCer6mo-
nie dAu oulte PNtho don't les 6mi.
neuits ethnotogues Lorimer Denis et
Dr. Frangois Duvalier avaient fait hI
relation dans le No. II Vol. H de la
Revue'-LES GRIOTS- de 1938. C'est
la premiere fois que cet aspect du
Vodou a 6t6 envisag&. Et dans la
nime Revue, outre les beaux poimes
de Carl Brouard, une magistrate
6tude du Dr. Constant Andr6 eat faite
sur le folklore, 6tude qui a pour
tire: 'Notes sur le Fcol~klre.
D'autres 6orivains contemporains,
de vaieur notoire, tels que Antoine
Innocent dams Mimola, (1906), Pe-
tit Tableau de MoBurs Locales; J. B.
Cineas dans cLe Drame de la Terrew;
Jacques Roumain dans cLa Mon-
taghe Ensorcelle ee sent inspires de
sujets folkloriques.
I Enfin. survient la creation du Bu.
reau et de Irlnstitut d'Ethnologie.


-27-










Des lors, une serie de publications
orientent les 6tudes vera le folklore.
Mentionnons les ouvrages de Kliber
G. Jacob GContribution a l'Etude de
I'Homnme Haitien; de Lorimer De.
nis et du Dr. Fianmois Duvalier
-Evolution Stadiale du Vodou; de
Jacques Roumain Le Sacrifice du
Tamnbour Assotor; de M. Pdtion Sa-
vain, -La Case die. Danmbala; du Dr.
Louis Mars: La Crise de Possession
dans le Vodou; du jeune et distia.
gu6 ethnologue Emnianuel C. Paul,
iNotes sur le Folklore d'Haiti, Pro.
verbes et Chansons,; du Dr. Louis
Maximilien, -Le Vodou Haitien-; du
tallentuoux ecrivain, RenA Victor:
- Marcelin: cCaniap6 Vert, et don't
l'un, Milo Marcelin, vient dte pro-
duire MythoIogie Vodoun. Et pro.
chainement nous aurons iIaanmb*6
(hi diatingue poete, Maurice Casseus,


-28-










l'auteur du po6me oel1bre 'Tambour
Racial*. Enfin tons ceux parmi lea
brilliants 6crivains qui s'inspirent de
nos faits folldoriques don't, par me-
garde, nous avons oubBli les noms et
les ouvrages.

*
En outre, M. Foisset advance: -Des
movements folkloriquesD ont pris
naissance dans la suite; movements
inspires beaucoup moins par un pa-
triotisme bien compris que par la
vanity d'artiste, par L'ESPRIT DE
LUCRE, par le zdle aveugle des vo.
douisants-.
Vou's osez parler d'esprit de lucre,
alors qiue vous mnuitipliez les me-
dailles et les images, les scapulaires
et les livres de cantiq'es pour armas.
ser beaucoup d.argent! Vous parlez
d'esprit de lucre, tandis que vo6s
faites 6diter vos livree cdassiques an


-29-




L..


'Canada afin d'avoir le monopole de
la vente! De quell esprit de ucere
parlez-vous? Vous avez comenercia-
lis6 la vraie religion du Christ en
dlassant Yes messes, lea f.un6railles etc.
Vous les chantez et clebrez Iee ma.
riages des houngans et des frainjc-
magons que vous oomnbattez a ou-.
trance. Vous ne lee aimez pas, mais
vous adorez .leur argent. Rappelez.
vous, M. Foisset, 'la saisie-arrt pra-
tiqu6e sur un cercueill I'6 glise de
Ste.-Anne .par l'aneien cure breton,
parce que les parents dua d6fut ne
pouvaient payer le cofit des o6r6mo.
nies. ]Tous ne savons comment qua.
lifier un tel acte.
Vous parlez d'eeprit de lucre! Mais
les fun6raiilles du feu houngan St.
Evlonge Abrahawm ont 6t chant6ee i
'Eglise Ste. Anne et le pretre con-
duisit le cercueil jusqu'au cimetibre.
Pourquoi?. Paroe que ,Eglise avait


-30-









lgrasement touchA! Ne pr6textez pa
qu'on ignorait qu'Abraham fut houn.
gan: il 6tait notoirement connu et
avait de bonnes relations avec le curi
de la paroisse en question.
Loin d'entreprendre e@rieusement
'cBuvTe d'6vange~isation de nos mias.
ses et la formation dunm lergo indi-
Sgene, vous nmullipliez vos sales de ci.
n~aia dans nos villes pour pouvoir
r6ailiser plus d'argent. Ah! laisem-
nous rire.
II
Apres avoir pass en revue nos
romanciers, nos artistes et mmn e un
ancien Ministre de rEduoation Natio-
nale, M. Foisset en arrive a considl-
rer notre fascicutle infituil: Folklore
--Ceremony of Petro Rite (Voodoo
Cult). II dit que nous ravone tie ia
15.000 exemplaires. Comment le sait-
il? S'est-il rendu anprea de notre
imprimeur pour avoir des reneeigne..


-31-









inents pmbcis? Nous d6tenona Ie .leu
de ce dernier. Dans ce cie, qui eKt le
menteur? En v&rit&, i noas en oofi-
terait fifniiment de mettre en dioute
la probitW du priftre confessed, r'ab-
be Foisset. C'eat un cas de consoienace,
if faut I'avouer, qui ne relive pas de
notre com~ptence.
Poursuivant son articdil examma
les diffirentes parties de notre dee.
cription tout en faisant une mnauvawse
interpretation de la tradlection an-
glaise. En effect, ilA raconte que Kce
sacrifice vodouesque offert au d mnon
en pleine capital e'eet acompli
presque dans les pHis du drapeau na-
tional, la veille de NobiP.

Notre texte frangaia dit:

-Le pretre va s'accroupir sous *M
* drapeau largement diployd el Swms
per des hounsis a hauteur de poi.


-32-










trine. II procede a la toilette du co-
chon ddnommg en language vodoues-
que asousou*. (Voir une. oerinonie
du Rite PItro Extrait du Journal
-La VWix des Jeuines, No. 7 dn Same.
di 30 Mars 1946.

Voici la traduiction anglaise de ce
passage:

-The houmsis unfurled a great
banner which they took up and
spread out to the height of their
chest.

.Under a national flag, the Voodoo
priest bathed the pig called in Voo-
doo language (Sousou),.

L'6pith6te national, ne figure pas
dans le texte frangaid. C'eet notr tre.
ducteur- qui, par association d'id&ee,
Ia ajout6 au mot fiag. *Pour toute
verification voir le Journai La Voix


-33-










des Jeunes, No. 7 du Saimedi 30 Mars
1946 dans lequel nous avions fait la
relation de cette c6r6monie. Par pro-
hit6 scientifique nous mentionnona
Addition du qualicatif national faite
par le traducteuir.
11 fant noter aussi que, dan 'la
tra'duotion anglaise, nous avons le
ternie -.under- qui iignifie au-dea.
sous. II ne s'agit nilUement d'un co-
ohon envelopp6 dans les pls d'un
drapeau national, commune 1'insinue
M. Foisset. C'est le protre. plut6t qua
offici.ait sous le drapeau tenu i hau.
tour de poitrine par Ies servants du
culte. Drapeau, ici, ne repr6senite pas
le drapeau national. Dans le Vodu,
chaque Soci6t6 a sa couleur propre,
comme dans 1a religion catholique,
chaque confr6rie a la sienne. Et, de
plus, chaque diviniA6, dans le pan-
thion vodpuesque, a sa couleur-sym.
hole. Par exempile, si une sooi6t6 vo-


-34-










douesque a pour dieu proteoteur
Ogun Ferail don't les couleurss.ym.
boles sont le bleu et le rouge, forc-
mont la banniere de la soci6b6 sera
de coultous bdeue et rouge.
Nous ne voyons lI qu'une inter-
pretation tendancieuse de r'Abb6
Foisset. IL parole de patriotisme, com.
me s'll 6prouvait brusqiuemeIt un
saint amour pour le pays, come s'il
'ainmait plus que nous autres. M.
Foisset se r6vehe a nous sous un nou-
veau jour. Nous ne le savions pas din
tout un di& agogue. Car nous n'ou-
liierons jamais les paroles que, au
dire d'un de ses anciens 616ves don't
le s6rieux ne peut 8tre mis en doute,
il out a prononcer en pleine dMasse:

-CE PAYS EST MUR POUR UNE
AUTRE OCCUPATION-.

Et continuant son article, il aillIgue
dans ce passage:


-35-










cQu'on y songe bien! Ce sacrifice
vodouesque, offer au d6mon en
pleine capital, s'est accompli dans
les-plis du drapeau national, la veille
de Noel. Et 15.000 plaquettes ont 6t6
imprimees pour faire connaitre cette
abomination aux strangers de passage
ici et les inviter a venir admirer une
pareille ignominie!*.

Ici, M. Foisset ignore sans doute
que ce sacrifice vodouesque n'eet pas
un fait folldorique spontank, qu'il
s'integre dans le cadre do noe tradi.
tions popdulaires. Un sacrifice ro-
douesque accomopli a 'interieur d'un
houmfort ou on pilein air eat une xra-
lit social qui tombe dans le do.
maine foldlkorique. Ainsi le grand fol-
kloriste bedge, Albert Marinus 6crira
avec raison: .-Le Folklore n'est pas
non plus une science de choses mor-
tes. HI est sUrtout une science consa.

-36-









eore a des faits vivants, des faith ap-
partenant a la r6alite sociele. C'eet
ce camactere qui lui done sa veri.
-table importance scientifique. (Ma.
rins, Albert.-LA VALEUR SCIEN-
TIFIQUE DU FOLKLORE, page 4.
-12, Vieiiie Heae au Bl6, Bru-
xeles).
M. IAbb46 n'a qu'A se rappeler
aussi la Ceremonie du Bois.Caiman
o labr6e dans la nuit du 14 Aofit
1791. C6r6monie au coum de laquelle
la pretrease poss6d6e sacrifia un co-
ohon noir. Le sang fut servi i tons
les easlaves qui jurremnt d'exacnter
les ordres de. Bouknran et mursat
' d'extemainmer lee colons frangais qui
taiernt bien pour eux de vraie d-6
mons dans renfer colonial de Saint.
Domingue. La creinonie du BOIS-
CAIMAN rappelle, de fagon fmap.
pante, ceEe que none avone d6crito
Sauwt du 24 Dcenebre 1944. Poe.


-37 -









sez-y bien, M. Foisset! La Cer6monie
Historique du BOIS-CAIMAN qui
constitute le premier pas des eelsaves
vers leiur affranchissement et plus
tard vers notre Indl6pendtence Natio.
na:le, cette C6r6monie, disons-nous,
est rapport6e dans le MANUEL
D'HISTOIRE D'HAITI du Dr. J. C.
Dorsainvil 6crit en collaboration
avec les Freres de FINSTRUCTION
CHRETIENNE. S'agit-il ici d'une
ignominie don't nous devons rougir?
Lorsque nous d,6crivons ces ph6no.
nimnes, qe n'est pas que nous pr6-
chions le maintien die ces traditions,
ni non plu s que nous les observions;
nous enmloyons pureanent la me-'
thode descriptive pour connaitre la
psychologie et Ie degree de. culture de
notre nenu people et aussi afin de
permettre aux dirigeants d'adapter
notre civilisation a son stade d'6vo.
nation L'ense.mbde des monographies


38-










sur les divers aspects de la culture
populaire vous permettra A vous
aussi, M. Foisset, de d6tecter les ten-
dances profondes de nos masses po.
pulaires et vous aiderait surtout, si
vous le vouliez, a les convertir sin.
cerement, partant les gagner i la foi
chr6tienne. Eooutez Van Gennep que
vous aimez tant: tAinsi le Fokldore
vient ici se relier a ce qu'on nomme
la psychologie collective, laquelle
s'exprime dans la vie lurale tout au-
trement que dians les masses indus-
trieles ou urbaines. EBle s'y exprime
en effet par toutes sortes de cou.
tumes, souvent tres anciennes, parfois
po6tiques, parfois grossieres, ma-is qui
sont i cause umeme du nombre de
personnel qui les ex6cutent, lee vrais
anneaux de cette tchaine tradition-
npcle- qui constitute l'616ment cons-
tant de la vie national considi66e.


-39 -










dans son ensemble.. (Arnold Van
Gennep, loco citato-Pages 28.29).

**
Parvenu h la fin de son artice, M.
Foisset ose 6erire cette phrase:

dlEglise Catholique ne condamne
pas en bloc le folkldore .
II comet une erreur teiBeeent
gave que nous nous gamadoni de la
qualifier. Le Folklore, M. Foisset, eat
une science qtri a sa m&thode, son
objet, ses lois; oomnaent done en
conodanmer une partie et en approu-
ver une autre? Le FoIldIore eat un
tout qu'on ne saurait diesocier; ou
I'Eglise condantne le folklore, on elle
rapprouve. H s'agit de science, et non
de foi. M. Foisset semile pereomwn
fier I'ERise CathoIlque en Haiti: :H
pontifie, vaticine, coindmne et ap.
prove.


-40-









C'est oomme s'il disait que rEglise
ne condamne pas en bIoc la Biolo-
gie, la Sociologie, etc. Bt nous dit Al-
bert Marinus: 4Mais le Folklore dok
avant tout s'inspirer defs mnethodee
enmploy6es dane les sciences natu.
relesv. (Marinue Ailbert, page 4, loco
citato).
*

Nous avons pubdi4 la relation de
cette oernmonie dans le num6ro du
Samedi 30 Mars 1946 diu Journal La
Voix des Jeunesi.
Des amis nous ont conseilli d'en
faire la tradultiom en anglais i Pin.
tention des chercheure de league ao-
glaife qui s'int6re9eent aux nmanifes.
nations de notrie culture. Mime'-les
visiteume 6trangers demandent des
puidications en anglais. Lee Inetil-
tions d'outre.mer aussi ne cement
d'o'ire an Bureau d'Ethnologie dam


-41-









ce seas. Nous n'avons trouv6 auocune
ignominie i d6eriire lee manifesta-
tions cultureles dte chez nous, parce
que chaque pieuple a ses traditions,
ses costumes et ses meuurs.
Etrange paradox! Un grand 6di-
toriailiste du Quotidien Catholique
-La Phalange, M. Dantes BeRegarde,
a public, en collaboration avec M.'
Mercer Cook, un ouvrage intituil:
-THE HAITIAN.AMERICAN AN-
THOLOGY, Imprimerie de I'Etat,
Port-au-,Prince, Haiti 1944. Ouvrage
d(ans lequel ii mentionne: lo) Voo.
doo by John Vandercook, page 60;
2o) Voodoo Dance and Sortilege,
page 55; 3o) Death in a Haitian
Valley- ofi l'on parole de Zombis etc.
Nous avons devant nous la Revue
-PRIMITIVE MAN, de l'Universit6
Catholique des Etats-Unis, Vol. XIX
Nos. 1 et 2 Janvier et Avril 1946, dans
laquelle se trouve publi6e une int e


-42-










ressante 6tude de Mme. Odette M.
Rigaud intitulie: cThe Feasting of
the Gods in Haitian Vodu. (Le
Mang6 Loa dans le Vodu Haitien).
Qulle sanction, M. Foisset, allez.
vous appliquer centre 1'Univereite
Catholique de Washington, principa-
lemnent centre '6miinent pr&lat, le Re-
v6rend John M. Cooper qui, depuis
de nomnbreuses anndes, 6tudie lee
cultures des soci6t6s dites primitives?
Et I'6mi'nent Aditorialiste de La
Phalange,, sera.t-il frapp6 d'excom-
mnunication?
III
En 6tudiant done cette manifesta-
tion de la cuVture popuiaire, 'Cere-
mony of Petro Rite, Voodoo Cult,
nous avons vouliu implement mieux
fire connaitre les ordyances de notre
menu people. C'est par une 6tude
objective de ses us et costumes, de
ses traditions et de sa religion que


-43-









nous parviendrons a le comprendre
pour mieux raimer. Si note objectif
ulrime est diarriver a I'6ducation de
nos masses, At est essential d'interro.
ger d'ores et dijij et sans fainsee houfe
les diverse nmodialtes de sa culture.
Nous dirons, enfin, pour terminer,
quie nous avons adopt& la mithode
descriptive pour permettre i nos dies-
cendants de se fixer sur la vie social
de notre 6poque. C'eat pour cela que
P1'inent professeur russe de l"Uni-
versit6 de Moscou, M. louri SOKO-
LOV a 6crit a just titre: *Nous ne
possedons pas de renseignements di-
rects sur le folklore des 6poques re-
culees de notre histoire. La littgra-.
ture wcrite de la Russie f1odale avait
un caractere essentiellement reli-
gieux. L'Eglise considerait d'un ceil
hostile la poesie orale du people, oit
elle voyait des manifestations de 'i-
deologie paienne qu'elle devait com-


-44-










battre. En effect, les chansons, les
contest, les jeux et les rites populaires
devaient alors contenir, sous une
forme apparent ou dissimulde, de
nombreux vestiges de cultes paiens,
des anciens mythes, de la magie.
Aussi comprend-t-on qu'aucun docu.
meant &crit ne nous ait conserve des
ichantillons de cette literature folk-
lorique'. (Sokdiov, louri-LE FOLK-
LORE, RUSSE, page 17, Payot, Pa.
ris 1945).
Michel AUBOURG
et L6once VIAUD
Dipl6mgs de F'nstitut d'Ethnologie de Port-
au-Prince,
(Universait d'Haiti)

Membres du Comiti de Folklore du Bureau
d'Ethnologie d'HaFti


-45-




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