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SA LMEDI, 4 MA. 1907. Q4J T TIX: -NTr ABONNEMENTS: DIRECTEUR: LE NUMiRO 10 CENTIMES. 1U). lrde er t 1Va.galoire, Les abonnements'partent du ier.et '.\i \()IS GOUlDE. dnu 5 de chaque mois et sont paya- -^ bles d'avance ItET I UT nANGR HiTDACTION-AiDMINISTRA'iON b IL' ARTE-MENTs & ETRHANGER I fls mnaisci its i -s on ti i lie south Frais de post en sus. 45 RUE ROUX, 4 5* pas rt irts. Pour tout ce qui concern l'Administration du Journal, s'adresser A M. Arthur ISIDORE. Le Ch lemin eau audi 11 est deux hours apr;'s-dind. Le soleil dans touto sa puissance veut suibmerger la terre sous ses catarac- tes d'ardescence. Les bois qui r6gneitA au nord du Poste-Marchand ont de- puts longlemps tu la querelle deleurs oiseaux et le bruisselis monotone de leurs criquets. Les tamariniers las et le. carmptches 6plords courbent vers ie sol leurs rameaux oil la sevb em- paressde dolt cooler tres, trbs lente- inent. 6paissie. Parfois une pierre pyromaque eclate tout A coup en lancant un crepite- meit d'ktincelles ; une couleuvre (rtaintive aux spirales reluisantes, sa verte parure pregnant des tmintesd'une ardente pAileur, glisse, alanguie et ilentie, en quote d'un trout plus frais dans une terre plus grass. Cependant,dans la rue une mdlanco- lique clocihette ( avez-vous remarqu6 coinlien est melancoliqLce le son d'tiie clochette qui s'eloigne ? ) sem- bie, elle aussi, se laisser gagner par la torpeur caniculaire et va, son tinte- ment s'at'aiblissant, par degrees. Ce sont los vendeurs de crnme A la gla'e. Sur leur passage, des servantes madiriotes ou plantureuses, parfumte; au graillon et ai I'eau de vai sselle, pa- raissent sur le pas des portes et hblent pour la maltresse alt6r6e, le dispensa- teur du salutaire rafraichissement. Celpendant, try's la-b)as, vers la mai- son de Madame Ponor, une voix de cuivre, rogommeuse, canaille et farce, monte, dclate : Min 1d Rhum. min ld Rhum, oud la lu, Ul lu to ! Depuis des annses j'entends chaque jour ce cri ; depuis des ann6es je vois passer ce gentleman en complete de a faut etre chicn ., 1hegamment chaus- s6 de pantoufles en peau de cabrit, le chef patriotiquementrecouvert d'un large a clapeau de paille de Jacmel. * II tient de la main gauche un demi- gallon en fer-blanc rouill6 et caboss6 ; sous le bras droit ii porte une dame- jeanne d6paillde remplie d'une li- queur rousse-fausse et 4cumante. Mitt lj Rhtmn, Miin 16 Rhumn ch ante CA tiie-tUte cet interessant personnage. Milit Ie l/Ium, hin 1 (fe ium !.. La voix rigole, la voix comlmando par son impertinence, elle s'egaille par toute la rue, implacable. Un ache- teur I'interrompt par a coups, puis elle reprend. On I'entend, infatigable, a travers les mille et une venelles, qui sillonnent lo Bois Danneau et le Bois Bad,'re. Les centaines et centaines d'Ames qui habilent cette section po- puleuse, journaliers employs a laCa- th6drale, manouvriers engages par des boss-ma.ors, revendeuses, trieuses de caft,s marchandes de manger cuitt arretent te sinistre trafiquant et font ample provision, les malheureux de la terrible merchandise. Samedi soir, ils s'en empliront glou- tonnement, developpant, au milieu de cris et de vociferations en I'hon- neur d'Ibo et de Hogounm, les crises hysteriques qui andantis:'ent I'orga- nisme. Toute cette nuit, la fr6n6sie dtbri- d6e tournoira au bruit iinervant des caisses de savon rytlimiquement bat- tues du plat des mains ou avec des baguettes do bois dur. l),s incantations 6tranges, profon- d6ment impressionnaItes ameineront concuremmnent avec les grades et fr6quentes engoulees de rhunm pur, cette paroxyste et myst6rieuse ivresse don't les effetssont si curieux. Min Id rhu,i, Min iil rhuin I)epuis le miejour chaud jusqu'au minuit frais embaum6 et plein d'astres, le cri sinistre retentira A travers toute cette zone extra-urbaine du nord-est port- au-princien. Les cerveaux s'exalteront vers la d - mence; les corps se disloqueront en contorsions inattendues ; les bouches noires de faim mal apaisee, marquees pourtant au dessus des commissures, de la poudre blanche des pelures de cane a sure 6ructeront inlassable- mnent les sacramentelles etolscenes pa- roles du culte des a Mysteres et des a Saints v. Repassez vers quatre Iieures, avant le jour. Dans la case ouverte et mal eclairde, vous verrez l'ivrogne 6tendu sur la terre nue, dcrase sous le som- meil et jugaul par la fatigue, ses pe- naillons exhalant c tlo intol6rable o- Sdnirde suiuiitr et d'in:npvreuvne parti- culiere aunx iin-oriirt tie his 6tage. Son rl iiolleilenit emilarlralssc et iliter- mitant tinoignera soul d'uin reste de vie chliz c'-t 'rtj. II dort si profoliditnent I1 ,lormira encore inIalrge le concert discordant des coqs trompettanit la diane. Los pi- pirits autoiiur d lui, jetteront en vain pour saluoir l'aurore leurs degorgees d'appel claims. Qii'impiorle moine la terre jeunie et fraiche criljl6e des flH- ches d'or du Soleil inatutinal. 11 domtnira paissement, l'ivrogne. I dorrnira. 11 dormirait toujours, mAne si tout it coup, aux .quatre points du ciel 6clataient les trompettes de 1'An- ge notitiant 1'6chdance de l'humanit6 et I'ordro de d comparoir n, au Supre- me jugoinent. Tu 'dors, miserable eitre, et cepen- dant la vie reprend splendid, autour de toi. Alexis Larotiie, ai son cole dusoir, propose do to dispenser e la la bitl,,ie, de lt lt i,'r'. VIa dolln ptj)L's de lui apprendre it lire. La personnaiit, liaitieiinne a 'tO remi- se en hauteur Ipar e (douveinement; - mille journaux naissent pour ton profit et demnain I'on va inaugurer pour toi des conferences popuilaires. Strnio Vincent chatouille ton or- ,ueil eI i t conviant A exposler pour l'adiniration de tous, If produit de tes soins, de ton cerveau et de tes mains. Massillon Coicou et Charles Moravia 6du t,'ir':, ii'l o uNt ix ; .In. Chairles Guiteau, cc inaitro do 1'ellort oll'rent ta nudity d'esprit et a ton animtie mo- rale la paraire intellectuelle et lo forti- liant (11ji foi'rme i'iit tol sens d'initia- tive, exihausserolit ton uine et arine- ront ton bras. ll1veille-toi, endormi. Les 4coles rurales out Mt6 ruL1veCrtes. Lve-toi, va envoyer ton ils prts (du maltre de la lecture. lFerrnm I'oreille a la chanson du rhum : Ieeclteinineau audit pro- pagateur d'alcoolistne et de d6morali- sation doit briser sr; dame-jeanne et jeter sa merchandise empoisonnde pour ne d6sormais gagner son pain qu'A I'aide du rabot, de la truelle ou de la houe. I -ire ANNZE, No 20. PORT-AU-PRINCE (HAM) Chambre des d6putes Le :Secretaire d'Etat des 'Finances, M. Marcelin, s'est pr6sent6 hier A la Chambre des Deput6s ou il a fait le d6p6t des Comp- tes g neraux, exercise ( 1906-1907. ). Le Ministre a aussi pr6sentC les Budgets de la R6publique exercisee 1907-1908 ) et les lois de finances qui les accompagnent ainsi que les projects de loi suivants : S0 Project de loi fixant les appointe- ments du Personnel du Bureau : Recettes et Dipenses. 2 o Projet de loi sanctionnant I'arr&tC du 12 d&embre 1906, autorisant le pret de 3oo mille gourdes A la Caisse du Retrait. 3 o Projet de loi don't voici les points principaux : (a) Des que le montant des valeurs reti- rdes de la circulation aura atteint 6 mil- lions. le produit des affectations precues par les lois du iI aout 1903, du 21 aoit 1906 et toutes cells prevues par les lois antc- neures ou actuellcs pour cl retrait du pa- pier-monnaie, revicndra au service cou- rant. (b) A partir du ler octobre 1907 le ca- fi triage payera par cent livres 2 dollars 1/2 don't i dollar 1/2 sera affect au retrait du papier-monnaic et i dollar au service courant. (c) A partir du ierJuin 1907, les droits d'importation seront payables en gourdes avec les surtaxes de 5o o/o et 33 o/o, plus 25 o/o exclusivement en or americain por- tant sur le montant total des bordereaux. Le Sec-etaire d'Etat demand l'urgence pour les deux derniers projects de loi. Mise aux voix, elle est votee. Esp(ces confisqu6es La Linterne, des Cayes, informed que sur la ddnonciation du cl'ef des movements du Port, le Gendral Emile Labossiere, deux caisses d'argent (monnaie Salomon) enbar- qudcs sur le steamer iPrnsident ont 6te confisquecs par la douane. On parle d'une valour dc six mille gourdes environ. D6c6s Deces Mr ct Mine Georges Ohiricli ont cu la doulcur dc perdre Icur lille LINA OHLRICH dccdcdc hier matin I':.gc de 17 ans. -- Ses funrniillcs ont eu lieu ce martin au milieu d'un grand contours d'amis. Sincerescondoleances aux epoux G. Ohl- rich si cruellement 6prouv6s ainsi qu'aux autres parents. Echo de Lascahobas On nous prie d'insdrer : Nous formons des vceux tres sinceres pour le rtablissement de notre sympathi- que Commandant d'Arrondissement, le General Auriol Pierre Andrd, alite depuis quelques ours. Son concours ne nous a jamais faith d6faut. C'est vraiment le pIre protecteur de la population qui iui gare une eternelle reconnaissance pour tous les bienfaits don't il l'a toujours comblee. Les mauvais citoyens sont surveilles acti- vement par lui et sont rappeles a I'ordre A l'occasion. Sauf la Douane de la Rue Espagnole qui continue a percevoir des droits sur hes rapadoux, poules et autres. Point de benefices sur ces sortes de pro- duits puisqu'ils sont toujours saisis et ven- dus au detriment des bons travailleurs. Nous esperons qu'un jour le G6n6ral Au- riol surprendra tous ces faits signals A sa pr6voyance, car les habitants persecut6s sont fatigues de payer cinq gourdes et demie de ge le. A bon entendeur salut. LUCIOLE Lascahobas le 24 Avril 1907. La M6decine frangaise A HaitiI Sous ce titre L'illustration public, it la parties des cDocuments et Informa- tions la note suivante consacree a no- tre eminent compatriote le Dr Ldon Au- dain. Ces lines sont accompagnees d'un portrait du docteur dans son labo- ratoire et nous sommes heureux deles reproduire, parce qu'elles honorent inliniment notre pays, en pla(;ant au premier rang, pour l'Mtude de la m6- decine tropical, la jeune Ecole Hai- tienne . Le gouvernement francais vient de dkcer- ner la croix de la Legion d'honneur 'A un medecin d'Haiti don't le nom, A peu preIs inconnu du grand public, merite d'etre si- gnale A nos lecteurs. Le docteur Audain, apres avoir fait en France routes ses 6tudes classiques et medicales et avoir et6 admis comme interne dans les h6pitaux de Paris, est retournd dans son pays oi iLa fond, A Port-au-Prince, une veritable cole Scienti- fique m6dicale pour l'6tude des maladies tropicales. N'ayant pu organiser une assistance pu- blique analogue A la n6tre, il a cr6e succes- sivement une Societ6 de prevoyance medi- cale, une Ecole libre de m6decine et d'obs- t&trique, une clinique gratuite qu'en souve- nir de son ancien maitre il a appel6e Poly- clinique Pean. Enfin, depuis quelques an- nees, il dirige un laboratoire de parasitolo- gie et de bact6riologie cliniques rcconnu d'utilite pulblique et subventionn6 par la Republique d'llaiti C'est dans ce laboratoire que le docteur Audain a decouvert le bacil- le caractdristique du paludisme tropical, une des affections les plus meurtri&res de nos possessions d'outre-mer et encore peu connu, malgred ler travaux considerables de nos mddecins coloniaux. L'importance de cette decouverte atteste une fois de plus la valeur des methods francaiseset elle placeau premier rang, pour I'Ntude de la m6decine tropical, la jeune Ecole haitienne RENSEIGNEMEN TS M-T-OROLOGIQUES Obserx-vtoi-re DU SEMINAIRE COLLEGE St-MARTIAL VENDREDI 3 MAI Barometre A midi Tepratur minimum Terraemaximum 762,4 22,4 32,2 Nloyenne diurne de la temperature 27,2 Le cief a te6 nuageux toute la journ6e et s'est couvert apres 6 heures du soir. Direction des nuages: SE et NE. La pluie a commence vers 9 heures, accompagn6e d'eclairs. QuantitC d'eau reque: 26 milli- 1 --- -- metres. Maximum de vitesse de la brise de mer: 8 metres par second. Vent fai. ble pendant la nuit. Le barom6tre est in. decis. Macrosismies.-Jeudi entire midi et 4 hen. res 30 minutes, agitalions microsismiques frCquentes. La nuit a 6t came. Hier vendredi, trois secousses isolees A 4 heures, 4 heures 4o minutes ( dur6e 5 minutes ) et A 6 heures o1 minutes du matin. Une serie de mou. vements de to hs 40 minutes du mating ih 40 du soir. Aucuo movement n'e s p MA io divisions du microsismom6ere. Aucune secousse sensible a Port-au-Prince, sinon les microsismes. J. SCHERER Remerciements Monsieur Kernizan Etienne remerc* bien sinccrement les personnes qui lui out adress6 des compliments de condoleances, A l'occasion de la mort de sa regrettCe sour M,11e Vve CONSTANT ALBRY, n6e MARIE ETIENNE. ^..otel EBellev. DIJEUNER DU 4 MAI MI1DI A 2 HEURES Prix :G. 2.50 Melon d'Espagne Salade de bcuf tomatee Fricassee de homard Navarin de mouton aux pommes Cotelettes de veau au cresson Haricots verts sauce blanche Haricots rouges Riz blanc Sorbert d'ananas Fruits Caf6 1/2 Vin Noiuvelles Etrangeres DPECHES REUES CE MATIN PAIU 1, -- Le roi Edouard est ar- rive Ici aujourd'hui. Au course de la journee, il a eu un entretien avec M. Piclion, Ministre des Alfaires Etrange- res. Domain, ii rendra visit au Presi- dent Fallicres. Sa Majest6 restera A Paris jusqu'A samedi. VIENNE i. La journee s'est passee sans incident la pluie a empechl la manifestation monstre qui devait a- voir lieu au Prater. A l'exception de Trieste oi une collision s'est produite entire socialists et anarchistes, le cal- me a et6 complete dans toutes les vil- les de la Monarchie. - ST.PgrEERSBOURG 2. Dans sa se& sion d'aujourd'hui, le Conseil des Mi nistres a decide de faire construirE uce double voie ferree sur le Transsi- berien. MADRID 2. Le sonor Perez Cabal. lero, ex-ministre des Affaires Etrange res, a 6t6 nomm6 Ambassadeur au, pres du Quirinal, en replacement dt Due d'Arcos. LIMA 2. Le volcan Alarcon, pro- vince de Neuquen, Argentine, est en violent eruption. MExco 2. La police de Guatema- la a fait une descent a la Legation de Mexico pour s'assurer qu'aucun guat6- malien suspect del'attentat recent con- te la vie du President Estrada Cabre- ra, n'y avait trouve refuge. Cette per- quisition fut faite sur l'invitation du Ministre mexicain qui apprit que le gouvor"am& fatoattaUen aonutenait que la Ldgation abritait les personnel ayant tratm cette conspiration. Cette suspicion a cause une grande indigna- tion ici. On apprend de source auto- ris(e que le gouvernement spexicain, ressentant cette insulte, a donn6 des ordres pour que I'armbe soit prtle a partir incessamment pour la fronti;'re guatemalieniae. PARIs 2. Rente 94,95. Cafe, Haiti Cap 38. Hier soir, Paris, un arnachiste russe tira cinq coups de re- volver sur une patrouille de cuiras- siers et fantassins. Pas de soldats bles- ses, mais le criminal a ,te lynch par la foule. Bagarres assez graves a Nancy et a Dijon oh un agent de la s6iitete a ete assommr. Le Pr6sident de la RIpublique recut ce matin la vi- site du roi d'Angleterre. -M. Cidmen- ceai a assist ce matin au dejeuner offert par le prince Fuslini. -- Le g(- ndral Picquart, accompagn6 du gn i- ral Brun, est arrive A Verdun pour ins- pecter la place et les forts. M. Pichon a recu la visit du colonel Bernard, arrivant de Bangkok, qui apportait le texte du trait signed avec le Siam, le 2^) Mars dernier. La greve des Boulangers de Paris est terminee. On announce le d6ces du Professeur Poirier, Membre de l'Accad6mie de Mddecine. L'abbe Izart, archiprotre de la Cath6- drale de Saint Jean & Perpignan, a 4t nomrme dveque de Pamlets. TANGEII 2. Des nouvelles re:Sues aujourd'hui de Cassablanca annoncent que !a situation est de nouveau tres grave dans cette ville. Le Ministre de Portugal a demand au gouvernement marocain des reparations pour le meutre recent d'un sujet portugais a Cassablanca. WASHINGTON 2.- L'attitude du gou- vernement francais en refusant d'ac- cepter les conserves de viandes des EE. UU. sous le couvert de la nouvelle loi americaine a decide le gouvernement Srchrhohkr an terrain d'on4eote. L-t gouvernenient americain est tres em- barass6 pour trouver un arrangement qui puisse empecher une guerre de tarifs au cas oit le Congres n'adopte- rait pas tous les traits de r6ciprocit6 proposes par la France. i Suile x a la totalive Les Journalistes Nous publions avec plaisir I'article suivant consacre au journalisine de Tlidophlraste I enaudot, l'ancdtre de la profession, aux journalists con- temporains. Nos lecteurs apprtcie- front ces pages oi soot exposees les difftrentes phases par lesquelles pas- sa le journalism aujourd hui triom- phant. Aux contempteurs de la Presse il nous serait facile de rdpondre en 6tablissant I'o- rigine quasi-divine de notre profession. Qu'est-qe que la Bible, sinon un Journal ? Certes, ce livre des livres est encore et avant tout le journal des journaux et qui content tout ce qui est aujourd'hui la matinre denos feuilles : chroniques, 6chos, nouvelles de 'intarieur et de I'tranger, di- vertissements, tribunaux, etc. Y a-t-il per- sonne pour ressembler mieux aux prophctes que ces chronqueurs qui reolvent les va- riations de nos moeurs et nous en predi- sent les consequences ? Ce paralldle pour- rait etre suivi jusqu'au bout et dans les moindres dd:ails. Mais ii nous plait de remonter plus haut et de chercher notre origine plus loin encore dans la nuit des temps, jus- qu'aux ages primitifs de la. pierre 6clat6e ec nous dirons : Le premier journalist L'anctre des eportelrs pho)to(raph:s Si le premier qui fut roi fut un soldat heureux, le premier journalist fut un chas- seur satisfait. Cet enfant de Cain, vetu de peaux de b.tes, fut sans doute un jour tellement ravi des prouesses de ses compa- gnons et des siennes propres au course de certain chasse l'auroch ou a l'ours des caver- nes qu'il ne peut se faire a l'ide d'en voir perir la memoire. Sans computer qu'une serie de figures explicatives seraient 6minem- ment propres 5 faciliter aux auditeurs 1'in- telligenct de ses r6cits. II tailla sa plume, c'est-A-dire qu'il usa longoement un fer de lance en silex de facon A en faire un style fort aigu et, comme il savait A mer- veille de quoi il etait question, il s'em- ploya de son mieux A reproduire les inci- dents de sa chasse: le journalism sor- tait des limbes, cet home n'dtait autre que le premier ancitre du reporter- pho- tographe. Son objectif n'dtait pas peut-etre des plus rapids et, quant A sa plaque, corner de boeuf ou paroi calcaire de quel- que grotte, elle n'etait guere plus sensible que son cecur de sauvage, mais ses des- sins enthousiasmnrent si bien ses conge- neres que les imitateurs furent legion, ce qui se comprend d'autant mieux que l'honm- me, A cette epoque, dtait encore bien pres du singe ancestral don't il ne s'est, d ail- leurs, pas fort 6loignC depuis. Anciens et modernes THIEOPHRASTE RENAUDOT, Prc du journali.n:c. Le journalism 6tait en march, on ne l'arreta plus. II n'est pas une civilisations si antique soit-elle qui ne nous ait laisss quelque vestige d'une sorte de journalism me. Les homes ont toujours attache unt grande importance A la connaissance immbe diate des faits ct gestes de leurs sembla- bles. En Assyrie, en Phenicie, en Egypte- partout les rois proclamtcrent leurs victoire, i la face des peuples au moyen de papy- rus que des cricurs allaient lire haute voit de carrefour en carrefour, au moyen de stcle$ de pierre gravee qu1 l'on expos.it sur la place publique. Pour ce qui est des faits divers et des menus scandals, it y cut toujours des gaillards passes maitrel dans l'art de se trouver partout A la fois et d'etre au courant de tout. Ceux-IA, on les invitait & tons les repas, toutes les fetes et on les 6coutait avidement.gC'otaient en- core des reporters. A Rome, il en fut de mmne. Les nou- velles de premiere importance, on les gra- vait sur des plaques de pierre ou de bronze. Quand il ne s'agissait que de locations, d'annonces, on les dcrivait sur des plaques de bois ou de chaux. Les curieux se pres- saient autour des endroits ou ces plaques 6taient exposes et, par leurs commentaires, c'etaient eux qui compltaient l'informa- tion. Plus tard, C6sar faisait 4crire sur 't, 'tur'banc de Ta Regfa, ou de- meurait le grand pontife, un compete ren- dn des actes du Senat et du people. Des salaries en ( esent des copies qu'ils exp- Alaient dani les provinces. M. G. Boissier dit que c'6tait l1 quelque chose comme le Journal de Rome et ces mercenai- res qui fournissaient, moyennant finances, des nouvelles de la metropole : tous les coins de 1'empire, its ouvraient tout sim- plement la voic aux futures agencies t61d- graphiques. Et tous ceux qui, depuis, ati cours du moven Age et de la Renaissance jusqu'A Louis XLII, ecrivirent des chroniques oit l'histoire au jour le jour de tell person- nalitd, tranquilles relatcurs de faits, qu'&- taient-ils donc, sinon des journalists, grains de afaits-diversiers, de suiveursde voyaces pr6sidentiels ? Puis, nous entrons dans l'histoire du journalism moderne, du vrai journalism, quand Louis le Juste et Ri- chelieu ne dedaignent pas de rediger de leurs mains augustes de petits filets qu'ils portent A cet indiscret Th6ophraste Renau- dot, fondateur de la Gazette et de toute la press, un redaeteur en ehef qui s'y en- tendait a se procurer des reporters bien rerseignes. Pour son coup d'essai, il fai- sait un coup de maitre. Quel triomphe ne serait-ce pas pour un journal de nos joursquede publier la acopiep de Guillaume II ou d'EdoLard VII Depuis lors, des 1- gions de braves gens s'dvertucrent a cou- vrir de hitroglyphes, lisibles sculement pour les incomparables Champ, litons cjue sont nos compos teurs, des tonnes et dJs tonnes de paper. De toutes leI feuilles tires depuis I'institution de la Iresse, en les collant convenablement. on ferait plusieurs chemises don't chacune serait sus- ceptible d'envelopper la terre, cette sphere de quarante millions de kilometres de tour comme on tortille un cintaloup dans in vieux numdro du Jurial. Et ce qu'ils vous donnen: ainsi, lecteurs, les forCats bdnevoles de ce labeur ereintant. c'est leur cervelle, leur sang, leur chair, leur subs- tanee; ces journalists, parfois dtcries par les imbeciles, sont des pelicans qui se per- cent le flanc pour alimenter la curiosity publique. b ( A suivrc LINE HOLLANDAISE Le steamer < PRINS WIL LEM IV ,) attend de St. Marc dimanche matin, 5 courant, repartira a onze heures du ma- tin pour Petit-Goave, les Cayes, Jacmel. Curaqao. Port-au-Prince, le 3 Mai 1907. USINES MON-REPOS SUCRE TURBINE le plus pur, le plus propre, le plus riche en mati6re saccharine defiant toute concurrence. Tafia Sup6rieur : 20 degr6s DIPOT GINeRAL: 9', Rue Roux, 23 (anciCce liae lionne-Foi). RHUM-SYLVAIN Produit de l'Usine St. Michel (Areahaie) Vieillissement natural jusqu'A 42 et 15 arts. Pnix TntRIs MOD1RIS Veite en gros et en detail. 21 aisoul S ViVLII l 43 Rue des Fronts-Forts. 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Nous portions a la connaissance du public que nous eettous en vente au No. 146, de la Grand'Rue (Maison Fou- chard ) des vins et liqueurs de Bor- deaux & des prix defiant toute concur- renco. Excellent Vin Rouge Le gallon G. 2.00 Le derni gallon 4.0 Le quart lln lO.,R La barrique or P. 23 Excellent vin blanc Le gallon o. 2.8t Le demi gallon Le quart gallon La barrique P. Vins en bouteille A gourde, Oporto, Mi Marsala, etc. etc. 4.40 0.70 or 26 partir alaga, d'c ne Muscat, L. GROSNON & Co. Avis Durant mon absence d'Haiti Monsieur A RICCO est charge e de ma procura- tion. Port-au-Prince, !e 29 Avril 1907. L. EISENSTEIN A Vendre AU PRIX DE P. 2 L'EXEMPLAIRE TARIF des frais a percevoir dans A ll les tribunaux de la Repu- blique, etc etc, ( Loi du 30 Airil 1877) Public par Me. Charles MILLERY, avocat. Chez l'auteur, 53, Rue Pavee. Gonaives ( Me Latortue ) ; Cayes( Me Morpe:u ) Jacmel (Me St Jeau ); Aquin (Me Ls. Coster, arpenteur ) Port-de-Paix ( Dr: A. Casseus ) Jeremie ( Me Blan- chet / Anse-a-Veau ( Senateur Bance ); Petit-GoAve ( Me Cameau) ; St Marc (Me Kenol). Imp. C. 45, Er an ch element A L'ELEGANCE 1). ,FERRAR, Fabricant rde chaussaA* Porte A Ta connai.sance du putr-re i)articuliUrement de ses nombreux cli- ents de la C6te et de la Capitale, que I'Vtablissement a un stock incalcula- le de chaussures pour homes, ,mmes et enfants, en tous genres, t que, malgre l'offre de cinq pour cent .ir 1'achat en gros ( 5 0/0) fait un ra- uais cxceptioinel sur le~ prix, L'etablissemofrt se th1rp de faNe preudre des I.nsures a domicile. To o urs :' S.)~u, c., 'tc,': a ', ponctualite 42, ilue des Fronts-Forts, 42. PUotT-AL'-!BIlNCE (HAITI) Poitdre deni rice a L'IDEAL v Voulez-vous avoir de belles dents et les conserver intactes ? Usez -seulement de la Poudre dentifrice a L'Id6al > La Poudre dentifrice I'dIdale, est reellement lameilleure de toutes cel- les connues jusqu'aujourd'hui. 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| 0 | sobekcm_page_globals.display_item | Retrieving item or group information |
| 0 | sobekcm_page_globals.get_entire_collection_hierarchy | Retrieving hierarchy information |
| 0 | sobekcm_assistant.get_entire_collection_hierarchy | |
| 0 | cached_data_manager.retrieve_item_aggregation | |
| 0 | cached_data_manager.retrieve_item_aggregation | Found item aggregation on local cache |
| 0 | item_aggregation_builder.get_item_aggregation | Found 'all' item aggregation in cache |
| 0 | system.web.ui.page.page_load (ufdc.page_load) | |
| 0 | sobekcm_page_globals.constructor.on_page_load | |
| 0 | html_echo_mainwriter.add_style_references | Adding style references to HTML |
| 0 | html_echo_mainwriter.add_text_to_page | Reading the text from the file and echoing back to the output stream |
| 14 | html_echo_mainwriter.add_text_to_page | Finished reading and writing the file |