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Le Matin
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Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081213/00027
 Material Information
Title: Le Matin
Physical Description: Newspaper
Publisher: s.n.
Place of Publication: Port-au-Prince Haiti
Creation Date: May 2, 1907
Frequency: daily
 Subjects
Subjects / Keywords: Newspapers -- Haiti   ( lcsh )
Genre: newspaper   ( marcgt )
newspaper   ( sobekcm )
Coordinates: -72.2803802891673 x 18.5142993036392
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: Bibliothèque Haïtienne des Frères de l'Instruction Chrétienne
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 000358166
notis - ABZ6468
System ID: UF00081213:00027

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1 T ATNNIE, No 27.


JEUDI, 2 MAI 1907.


ABONNEMENTS : DIRECTEUR: LE NUMItRO 10 CENTIME.

PAR MOIS GOURDE. Celem e t IVagIloire, Les abonnements parent du Ier.et
SG du IS de chaque mois et sont paya-
ble$ d'avance
DEPARTMENTS & STRANGER: REDACTION-ADMINISTRATION -
Les manuscrits inserts ou non ne sont
Frais de poste en sus. 45, RUE ROUX, 45* pas remis.

Pour tout ce qui concern l'Administration du Journal, s'adresser A M. Arthur ISIDORE.


Fete de 1'Agricultiire

Exposition Cocnmunale.- Dis-
cours du Secretaire d'Etat'
Laraque et du Magistrat
Communal S. Vincent.

Hier a eu lieu l'ouverture de I'Expo-
sitionr agricole A laquelle le sympathi-
que Magistrat Communal a travaille,
durant de longues semaines, avec un
zdle et ine activity remarquables. Le
succ-s d'ailleurs l'en a recompens6 et
le public pnrt-ani-prin'Cian In',; o .
prinim, par son empressement, sa re-
connaissance d'avoir marque la fete
agricole de cette annde d'un cachet
particulier et plus digne.
A la sortie de la Cathedrale du cor-
tege official, les Secretaires d'Etat, es-
cort&s de l'4tat-major presidential, en
tenue de gala, se sont rendus A l'Hltel
Communal oh u n lunch leur a &t6 of-
fert pnis au March6 duPoste-Mar-
chand merviellusement transformed.
Voici les discours prononces par le
Secrttaire d'Etat de l'Agricuiture et
par le Magistrat Communal, a l'occa-
sion de cette fete national

Discours du Secritaire d'Etat de I'Ag riculture.

Citoyens agriculteurs,
Toute l'agriculture d'un pays forme la
source la plus directed de la fortune priv6e
et la plus important de la fortune publi-
que.
Chez nous, plus que partout ailleurs,
semble-t-il, l'Agriculture est la force vive
du people, toute l'Ame de la nation, le
moyen :presque unique de son existence
matnrielle.
Domin6e par la culture particuli6re du
cafe, qui est la principal denree national,
le product par excellence, I'Agriculture, de
mme que notre banniere aux deux cou-
leurs, symbol de notre plus grande foi pa-
triotique, ne devra jamais ktre susceptible
de ddperir. Aussi, est-ce pourquoi elle est
4lev6e A la hauteur d'un culte place cons-
titutionnellement sous le patronage des
Grands Pouvoirs de I'Etat. Aussi, le Gou-


vernement de la Republique a-t-il le plus modernes qui se sont substitu&
grand souci de lui procurer tous les avan- me, devenu lui-meme aujourd
tages et tous les encouragements qu'elle nd- accessoire de ces machines perfec
cessite sans cesse, elle qui faith toute lacon- II n'y a pas lieu d'en douter.
distance de notre dconomie social. Messieurs,conmme on le constatt
En effet, le Gouvernement actuel, per- ndgligd pour parvenir au but do
sonifit par Son Excellence le Gdndral NORD de nous devra se bien pniitrer
ALEXIS, combien n'a-t-il pas timoigne plus grand bicn dn pays oit 'A
vivement la measure de son amour et de ne saurait e:rc trop encourage e
sa sollicitude patriotique, en vue d'dtablir pe par tous les ovens utilcs.
l'dmulation entire les artisans des champs Aussi, pour continue de la
et de stimulerle gouit de la culture A tous d'aucuns soupirent-ils aprcs tin
les esprits travailleurs qui peuvent s'int6- tion non moins digne de I'ovuvre
resser aux bienfaits des productions de la A la compldter. Its appellent de
terre; car, a tout prendre, la culture est une vceux, en eifet, le jour oi les pot
profession innde dans la personnedechaque blics auront dotd la nation d'nn
individu. II a marqud, en vue du bien-etre ment de Banque Agricole.
de la collectivite toute sa volont6 ferme Qui salt ? il peut n'ctre pas
u en propager ies iueeb ulIna sauL... -"- -- ----, tt hut,
Et malgr6 les vicissitudes dconomiques honorables Miemtil,' ,-..I..J
qui passent encore sur le pays, malgrd les latives aurout marqut, par leurs
luttes commercials et financires qui res- bien inspires, cette institution
serrent encore le micanisme des attribu- operations industrielles viendro
tions administrative et l'action rdguliere mer d'autres encouragements a
des services courants, le President de la ture, aux Indust.ics en general.
Rdpublique ne vise pas moins l'(uuvre d'en- nous suffit plus que d'esperer. Ca
couragement et de developpement de 1'A- heureux auspices calculus d'un in
agriculture national, qu'll pursuit au plus digieux en I'honneur de cette sou
grand bendfice de la Nation. fortune publique, bien des concce
Comprenant dans ses hautes conceptions ront heureusement accomplice, :
que les dtablissements d'enseignement la puissance des progress en marcl
public sont des institutions d'importance cette inspiration si pleine d 'ides
qui se rangent au premier plan des besoins reuses et qui ne peuvent mirir q
les plus essentiels, les plus urgen:s pour bre ct la tranquility publiquc et y
la masse de travailleurs des champs, il a beur sins reliche, Messieurs, c
cre6 des fermes-dcoles pour inculquera nos perspective de cet advancement
enfants et a nos neveux l'application tech- economique.
unique de cette profession agricole qui ne Vive la Paix !
cesse d'apporter et de rdpandre ses bienfairs Vive l'Union !
chez l'individu, dans la famille, dans la Pa- Vive l'Agriculture !
trie commune. Vive le Pr6sident d'Hait
Et pour tenir la main Al'idbe dominan-
te du Chefdu Pouvoir Ex6cutif, le Pou- Discours du Magistrat Comr
voir Legislatif, non moins inspire, a fa-
voris6 la publication d'un manuel d'Agri- MM. les Secretaires d'Eta
culture destiny A toutes les ecoles primai- Messieurs,
res et rurales.
Tel est, Messieurs, un bilan de circons- La fite du rer mai, dans l'esp
tances heureeusesqui, considdrees dans leur de son institution, est d'abord 1
ensemble et dans leur propagation, cons- Tra\ail en general. II est bon d,
tituent un baggage complex d'idnes co- pdriodiquement les conditions
nominiques apples a ramener, A un mo- quelles s'exerce l'activite national
ment donned, notre pays essentiellement ciser son evolution ou de constant,
agricole ce temps de splendeur qu'on faillances et ses erreurs. Si le 1
luiconnut jadis.Maiscelane peut-il pasetre toujours sage, a consacre cette
ralist bien rapidement, grace a 1'introduc- plut6t A l'Agricultute, c'est qu'il
tion dans la pratique de ces instruments rappeler chaque annie- et rien


s a 1l'hom-
'hui < un
:tionnd e, ?

e,rien nest
)nt chacun
pour le
kgri culture
-t ddvelop-

favoriser,
ae institu-
Set propre
tous leurs
uvoirs pu-
etablisse-

bien Cloi-
Er^aLes
suffrages
don't les
nt impri-
l'Agricul-
Mais il n'e
ar,sous ces
:eret pro-
rc e de la
options se-
iidees par
ie; at sous
genereu-
u'A l'om-
par un la-
:rions, en
social et




i !

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er ses d6-
6gislateur,
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n'est plus


PORT-AU-PfUNICE (tiA-.Ti


4C;?T.TC> v3rX31:)IX3R:INZ.








MUTILAT[
M-l


utile- que c'est surtout vers la Terre que
doit aller naturellement notre maximum
d'efforts..
Or, nous n'avons pas ecout6 les exhor-
tations du L6gislateur, nous ne sommes
pas alies a la Terre, et c'est 1A, croyons-
nous, la cause ptincipale 6ie notre situa-
tion de marasme et de decrepitude.
Cest presqu'une duperie, ou plut6t c'est
se duper soi-mneme, lorsqu'on est appel6
a parler dans une pareille circonstance,
d'avoir l'air de s'adresser uniquement A des
masses rurales incultes, sans direction, li-
vrdes A clles-mnmes, n'ayant du travail que
la notion imparfaire et fausse des 6poques
d'esclavage. Les individus haitiens, cons-
cients et avertis, sont la, et c'est sur eux
qu'il faut essayer d'agir. Tant qu'ils ne se
dcideront pas a refaire les conditions ma-
tirielles de notre vie, par la mise en va-
leur de toutes nos resources, par une vi-
goureuse impulsion donnie A cette Agri-
culture trop commode, en vrint, de quoi
nous avons jusqu'ici tire vaille-que-vaille,
sans le fire exprcs. la pricaire subsistence
qui nous permit d'avoir encore une cer-
taine ficade, cette clause rur:.le, si digne
d'intdret, que nous saluons aujourd'hui
solennellemennt, continucra de croupir dans
son invct&r&e torpeur.
Presque tous les thdoriciens de la poli-
tique haitienne s'acharnent vainement apres
la reforme de I'Etat. Ils semblent oublier
quec'est d'abord et avant tout par la trans-
formation radical des conditions internes
de l'existence du pcuple qu'on pourra ar-
river A la transformation de ses conditions
externes d'existence, don't l'Etat,en some,
_n .une p6sentja td o
encore entrds resolunien dans cette vole.
Ainsi, loin de former, avec les jeunes
hai'tiens qui ont la chance de recevoir quel-
que instruction dans nos dcoles urbaines,
es cadres sociaux qui emboiteraienr par-ci
par-lA des portions de people et les loi-
gneraicnt de la mnortelle stagn..tion habi-
tuelle, Far ,,In movement bien diriget ct
une sailutaire cooperation dconomique,
on s'iii ie de J plus en plus A canaliser
leurs 'ncrgics n.issantes vers les passivitds du
fonctionarisme et Ic clinquant suranne des
professions libdralcs. Le milieu familial,
]'encseigncnent, les n::Iurs. les prophetei,
tous ccs diidmnts s coalisent pour contri-
buer A ce deplorable dtat de choses. lls
sont par consequent, autant d'entraves a l'-
mancipation individuelle, A l'affranchissc-
ment et A la vie de la collectivist.
II faudrait done briser ces barrages, desa-
griger au plust6t ces gangues qui enfermenl
les individus de choix, les neutralisent, en
les contraignant I'inaction eA la st6rilit.
Le pays cst atteint, en etfet, d.1ns ses
sources vives. Les nouvelles generations
ne savent pas trop o u iles vont. Des
forces se percent. Au lieu d'agir sur le
milieu pour le transformer par une vigou-
reuse croisade en faveur du Travail, les
unites haitiennes les plus consciences se
casent tranquillement dans l'inmobilisme
traditionnel et s'y conforment. Qu'elles
s'agitent dans le vide de conceptions erron-
nees qui les bloignent de plus en plus des
utiiitts immddiates :ou qu'elles resent les
bras croisds, le rdsultat est le meme.
Et pourtant, le r6le de l'individu, ici,-
de 1'individu cultiv6, devient immense.
Toutes les initiatives doivent partir de lui.


C'est lui qui doit mettre en imcuveme
toutes les activists, et, qu'on le veuille a
non, ii n'y a pas d'autre facteur du progr
national, d'autre agent de construction s
ciale par la mise en branle des multiple
resorts de la production economique.
II devient capital, des lors, d'arrach
l'individu A la funeste mentality de Far
biance et de l'attacher disormais a des i
tirits vitaux, pour lui-mrme d'abord,
pour la prosp-rite de la communautd si
aquelle ii influera a son tour par les se
timents nouveaux et bienfaisants qu'
degageront spontandment, automatiqu
ment,de son personnel vouloir-vivre.
Nous meprisons la Terre, et nous
sommes bien punis. Regardons un peu a
tour denous. Dans toutes les autres brand
de l'activit6 social pratique, et dans no
propre milieu, nous brillons par notre
sence. Nous sommes en ce moment une I
tite nation de fonctionnaires actuels ou v
tuels. Les professions qui flattent notre \
nitd, mais qui ne nourrissent plus, sc
devcnues le tonmbLau de la plus belle p;
tiondes energies nationales,et ccla, tand
qu'une grande Vie libre et facile s'dpano
partout autour de nous, au scin de cc
merveilleuse nature abandonn6e qui pal
te de joies 6ternelles et d'oii montent t
chansons profondes qui sont comime
frcmisssants et supremnes appcls...
Certe Terre que nous dcdaignons, c '
en some tout cequi rous reste,- et c
encore une grace du Ciel. L'utilseroi
nons? En ferons-nous enfin l'indispen
ble appropriation economique, ou bi
Snous laisserons nous, lI comme ailleu
TyivnrjOC y- A,.& 7-o- .-fc.^------*-^'"''*^. i
- routes ces forces dindigence et de misi
qui aujourd'hui plus que janais, fuient
s patries encombrees oil svict 'affreux p.
Sprisme pour s'en aller, comme de nc
veaux et intrdpides Argonautes, a la co
quite lointaine de la Vie.
II taut rendre cette justice au Gouverr
* ment actual de Li Rdpublique- et Iho-
Snage s'adresse en particulier au tPrside
SNord Alexis: don't I'amour du pays n'a d
al que l'amour du Travail.-qu'il s'est*
force de doter la Rdpublique d'un outilla
i economique qui facilitera, dans unetrrs lj
g lt ensure, les exploitations agricoles
t'avenir. Spicialement, sons le rapport d
voices ferrdes,les resu ltats dj i obteniis et cel
qu'on est endroit d'espdrer,garantissent.
retour favorable des esprits vers la Terr
c'est-a-dire vers le plus grave et le plus v
tal Intdret haitien dans les temps actuel
La ville de Port-au-Prince a tenu, e
Souvrant cette annee une petite expositic
communale, A provoquer cette reactior
ntcessaire enfaveur du travail agricole.Pui
sc son example ,tre suivi Et puisse t-
servir A vivitier en nous de plus en plus 1
culte de ces deux grades chses : la Patri
et le Travail.
Vive la Paix !
Vive l'Agriculture !
Vive le Travail !
Vive la Republique !
Vive le President d'Hai'ti
Toute la journ6e une affluence con
sid6rable de visitears encomnbrait le
vastes galleries, couvertes a profusior
des objets exposes et coquettemen
d6corees.
Le soir, les abords de l'Expositioi