Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: September 23, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00082
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


1 .PRIX DE L'ABONNEMENT EN FRANCE
RDACTION & ADMINISTRATION 2e Anne PARIS.: 23 Septembre 1897 No 80 Une annepayabled'avance.. 0 rI.. .
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul PARAIT TOUS LES JEUDIS n itre, ii. i... o I 50
A L'TRANGER
Tlgraphe : REPCUBAINE Une anne, payabi' td'avance......... 25 Ir.
T 1UDirectecir-fondateur : DOMINGO FIGAROLA CANEDA Un semestre, iL. iA ......... 13 r.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERIO : 0 'r. 25


il


L'ESPAGNE ET CUBA



a prise de Tunas, que dfen-
daient sept forts, et aprs
un sige de quinze jours,
sans que la ville ait pu tre
secourue par le gnral
Weyler, attire de nouveau
l'attention sur les insurgs
cubains et leur hroique
resistance, qui va, comme on le voit, jusqu'
l'offensive victorieuse.
C'est l, en effet, un fait de guerre consid-
rable, et nous comprenons qu'il soulve, par
toute l'Espagne une vive et lgitime motion.
Nous l'avons dj dit et c'est l'occasion de le
rpter bien haut, on s'abuse en Europe sur ce
qui se passe Cuba.
Ce n'est point une sdition ordinaire, ce n'est
mme pas une insurrection partielle, c'est une
vritable revolution national.
Une nation est dresse contre l'autre, tout en-
tire frmissante et avide de secouer le joug de-
venu.odieux, intolrable, de compatriotes plus
hais dsormais que s'ils taient des trangers.
Vainement, l'Espagne a fait un effort surhu-
main.
Cuba a dvor deux cent mille hommes et un
milliard.
L'Espagne n'y a pas pas gagn un pouce de
terrain, pas un, depuis deux ans.
Et contre elle, par un singulier retour des cho-
ses d'ici-bas, s'est organise la plus formidable
guerre de guerillas qu'on ait jamais vue.
Les co'onnes de son arme rgulire se pro-
mnent dans l'ile, passent partout, presque sans
obstacles, et on tlgraphie Madrid que la r-
volte est vaincue.
Mais peine les colonnes sont-elles passes
que l'insurrection, volontairement disperse de-
vant elles, se reform, se resserre et se fei'me
sur l'arme espagnole, entoure de piges, de
surprises, de fureurs et de vengeances.
Vainement, on a envoy l-bas un homme au
coeur froce, l'me impitoyable, l'odieux Wey-
ler.
Ila tout ravag faisant une guerre d extermina-
tion, massacrant au hasard et, l'exemple de
Simon de Monfort, laissant Dieu reconnatre les
siens, brlant les plantations et les maisons
pour s'adjoindre la famine comme allie, se mon-
trant aussi cruel que sait l'tre un Espagnol quand
il veut l'tre, et se conduisant, en un mot, d'une
faon entirement diffrente de celle qui avait
tant honor le ma chal Martinez Campos.
Or, ces moyens atraces ont produit un effet
exactement oppos.
Ils ont aviv la rvolte et l'ont rendue plus
aigu'encore, incurable.
Si, avant Weyler, on pouvait esprer ferme-
ment que des rformes librales, intelligentes,
auraient raison du soulvement des Cubains,


- aprs l'oeuvre inhumaine de ce chef, on se
trouve accul fatalement l'autonomie, la spa-
ration, comme unique solution.
Plusieurs fois, on ne l'a peut-tre pas oubli,
j'ai manifest mon extreme surprise de voir
l'indiffrence avec laquelle l'opinion publique
en France, accueillait les vnements de Cuba,
me demandant comment il se faisait que notre
pays, gnralement chevaleresque, pris des
causes sentimentales, se montrait si froid
l'endroit des insurgs cubains, si admirables
pourtant de constance, de foi, d'intrpidit?
Car enfin, le coeur dela France a successive-
ment battu pour la Pologne, l'Italie, la Grce,
l'Irlande, toujours en faveur du petit, du faible
de l'opprim, contre l'oppresseur.
Mme aux yeux des rpublicains qui ont les
ides gnreuses et il y en a quelques-uns
la Vende ne fut-elle pas toujours l'objet
d'une relle sympathie, d'une respectueuse
dfrence ?
Partout o l'on se bat pour un but noble et
avec courage, n'a-t-on pas le droitd'veiller au
moins la bienveillance, chez le spectateur,
ft-il lointain '?
La raison de cette reserve, je la vois bien, et
je la comprends.
Elle provient simplement de notre amiti pour
l'Espagnb.
L'Espagne, en plus, dans cette circonstance
douloureuse de son histoire, a dploy tant de
virile nergie, tant de patriotism merveilleux.
que, malgr tout l'intrt qu'inspiraient les pau-
vres Cubains, on tait du ct de la nation
amie et allie, qui sacrifiait son dernier homme
et son dernier cu, afin de conserver ce qui lui
restait de son ancien empire colonial, de cet
empire glorieux, unique, fabuleux, o, suivant
l'expression connue, le soleil ne se couchait
jamais, tellement il tait immense.
Il a fallu l'odieux Weyler pour rendre quel-
.que faveur aux Cubains.
Ce sera le plus clair de son dcuve sanglante.
El la question se pose de nouveau, imprieuse
irresistible, cette fois, du droit qu'a toujours un
people d'chapper a une domination, ft-elle
consanguine.
L'le de Cuba, aprs tout, recommence ce
que les Etats-Unis, ce que le Prou, le Brsil,
le Mexique, le Chili, ont dj fait.
Elle a les mmes raisons.
Les Espagnols, personnellement si courtois,si
avenants, d'une exquise amnit, sont malheu-
reusement des administrateurs coloniaux dplo-
rables.
Chez eux, quand l'exaction s'en mle, elle va
loin !
L'Espagne a perdu toutes ses colonies pour
les avoir pressures, pour avoir tondu l'agneau
jusqu'au sang,
C'est l'avidit espagnole qui a extermin la
race aborigne d'Amrique et rvolt ses pro-
pres enfants croles.
Elle n'a pas pargn Cuba, et Cuba, son tour,
veut s'en aller.
Ce droit de s'en aller, quand il devient mora-
lement et matriellement impossible de vivre
ensemble, colonie et mtropole, est un droit
absolu, quand la population TOUT ENTIRE le re-
vendique.
L, il y a revolution.
Et c'est jouer sur les mots, c'est travestir les
faits, c'est vouloir nier l'vidence mme, que de
nous dire qu'il n'y a Cuba, qu'une insurrec-
tion.


Ce n'est pas vrai.
Si c'tait vrai, il y a beau temps que 1 Espa-
gne l'et 'ouffe avec ses deux cent mille sol-
dats et son milliard.
Cependant, si Cuba ale droit de s'en aller, je
reconnais que l'Espagne a le droit galement de
faire tout le possible afin de la retenir.
Seulement; je doute fort qu'elle y parvienne
par la violence.
La violence n'aura servi qu' creuser le foss
et le remplir de sang.
. o .- .









L'ESCLAVAGE DU NGRE

Les vains efforts de l'Espagne pour maintenir
Cuba l'esclavage des blancs rappelle sa grande lutte
contre la liberation des esclaves noirs.
Encore aujourd'hui, aprs les annes qui se sont
coules depuis l'abolition de l'esclavage des ngres,
on se souvient avec horreur du martyre de cette
race qui a produit des hommes de la trempe deMaco.
Guillermo Moncada et Quintin Bandera!
La plus douce des punitions tait celle de la chain


(grillos) que l'esclave tait condamn trainer
pendant des semaines, des mois, des annes, et plu-
sieurs fois toute sa vie.
C'est dans ces conditions qu'il tait oblig d'excu-
ter les travaux journaliers, et si des plaintes lui
chappaient on lui infligeait de nouveaux supplies
Le lecteur peut supposed combien le spectacle d'un
group de malheureux trainant ces fers tait dsagr-
able et dsolant.
Un autre chtiment barbare consistait en ce qu'on
appelait La Maza..


C'tait un gr's et lourd morceau de bois attach
l'extrmit de la chane que l'esclave portait au pied.
Il tait impossible la victim de se mouvoirsans
se charger de son insparable fardeau.
Aussi quand on voit un Cubain blanc se battre en
faveur des Espagnols on le mprise, mais que penser
du Cubain ngre qui prend les armes dans les mmes
conditions ?


*


LES INSURGS CUBAINS


Sous ce titre, nous lisons dans Le Matin
du 22 :
Les grands chargements envoys en aot sont
au pouvoir des Cubains. lieux millions de car-
touches, mille mausers et remingtons, mille
machetes, une grande quantit de dynamite, des
vtements, des chaussures composent ces pro-
visions.
Trois expeditions ont t dbarques la
Havane (province), Pinar del Rio, las Villas.
DIe nombreux prisonniers restent volontai-
rement dans leurs rangs. Les Cubains victo-
rieux, activent les operations Matanzas. Hol-
guin a t pris. Les guerilleros ont t sabrs.




PACIFICATIONS


Le prtendu gnral XWeyler a dmenti la nouvelle
des rcents succs qu'auraient remport les insurgs.
Mais comme la nouvelle de la prise de las Tunas
avait aussi t dmentie, nous sommes autoriss
douter de la vracit des dpches espagnoles.
Le bouillant gnral announce de nouveaux la pro-
chaine pacification de Cuba; Dans 6 mois, dit-il,
j'aurai compltement pacific l'ile..... l'Espa-
gnole!
Nous avons dj eu un example typique de ce
genre de pacification.
Aux Philippines le 15 Avril dernier, il y a 6
mois, il ne restait d'aprs les Espagnols,quie quel-
ques rares insurgs perdus dans les brousses et prts
se soumettre. Aujourd'hui, en ralit, l'insurrection
est plus forte que jamais.
L'admirable Weyler a adress de Cuba son mi-
nistre une dpche qui ne manque pas de suggrer
quelques reflexions tous ceux qui s'occupent de la
cause Cubaine. Voici comment s'exprime le pacifi-
cateur quand nIume, la date du 15 courant.
N'ayant pas encore commenc mesoprations actives
en Orient ( cause des pluies, souvenez-vous en chers
lecteurs) je n'ai puempCcher la runionde l'assem-
ble des insurgs qui se serait effectue dans un au-
tre lieu si nous avions oczup c3lui qui tait dsign
d'avance !
N'est-ce pas l un aveu d'impuissance ?
Le cruel saltimbanque prtend avoir pacific les
provinces d'occident; il dispose d'unearmede200,OOU
bizarros qui devraient oprer depuis le mois de Juillet
dernier dans les provinces orientales. Il nous a trans-
mis les nouvelles de ses divers succs, des pertes nom-
breuses subies par les insurgs, et des soumissions
en masse.
Quel est le rsultat?
De l'aveu de Weyler lui-mme les insurgs font
un peu ce qu'ils veulent. Ils annoncent l'avance
la runion de leur assemble en, indiquant l'en-
droit o elle se fera, et le gnral vainqueur est im-
puissant s'opposer au project des patriots Cubains,
Il faut dduire de toutes ces contradictions, que
l'Espagne se voit dans une phase des plus critiques.





Septembre 9, 1897


Elle essaie, force de mensonges de soutenir un peu
de prestige, dans l'espoir peut-tre de voir des allis
lui prter main-forte.
La France qui a vu naitre la notion des droits de
l'hom me la laissera se dbrouiller seule, car son rle
serait plutt de favoriser la cause just de la Rvo-
lution Cubaine. .







LES FINANCES ESPAGNOLES

Nous lisons dans la dernire circulaire de
M. Weidner et Cie, 15, rue Auber :
En ce qui concern la Rente Extrieure,
nous ne voyons pas, du moins quant present,
la reprise durable de cette valeur; cependant la
position vendeur qui nous semble exister sur
ce fonds pourrait bien, d'ici la liquidation cou-
rante, provoquer elle seule, en dpit de la
hausse consid'able du change, de la politique
intrieure dplorable et des vnements cubains,
une advance momentane qu'il s'agirait de saisir
soit pour se dbarrasser, soit pour vendre
dcouvert.
Voici une trs bonne perspective pour faire
l'emprunt....

------- ------


LES CRIMES DEWEYLEIt


Aveux des gnraux espagnols

Aprs la press espagnole, voici que les gn-
raux espagnols avouent les crimes de Weyl. r
Le gnral Ochando qui fut pendant plusieurs
mois chef d'Etat-Major Gnral de Weyler a
Cuba, a eu avec un rdacteur du Heraldo de
Madrid une interview au course de laquelle il a
dit :
Il ne convient pas pour obtenir la paix Cu-
ba, de fusiller, dans les fosss de la CabaFa, les
insulgs blancs ou noirs quand mme ils au-
raient t condamns par un Conseil de guerre.
Je considre galement comme une erreur la
destruction des proprits ralise aprs mon
dpart de Cuba, car le pays reste ruin non seu-
lement pour les insurgs mais aussi pour l'Espa-
gne; en outre il devient impossible d'assurer la
la subsistence de l'arme
De son ct, le gnralPando, ex-commandant
des troupes espagnoles dans la parties orientale
de Cuba, s'crie dans une lettre don't la publi-
cation a fait grand bruit ces temps derniers:
Ce sont les crimes des Espagnols qui ont fait
la force de l'insurrection!
Pour montrer une fois de plus au public fron-
ais de quelle faon il est renseign par ses jour-
naux, il nous semble intressant de rapprocher
du tmoignage de deux gnraux ayant exerc
Cuba les commandementsles plus important,
de rapprocher, disons-nous cette dpche qu'on
a pu lire nagure en toutes lettres dans la plu-
partdes feuilles parisiennes. Les gnraux espa-
gnols, retour de Cuba. dmentent que des a;ro-
cits y aient t commises Or d'aprs ce qui
prcde, on voit ce que pensent les gnraux
espagnols, retour de Cuba)).
Comment douter du servilisme d'une pareille
press? Les dclarations toutes rcentes des
gnraux Pando, Martinez Campos et Ochan-
do ont eu danstoutel'Espagneun retentissement
considerable, don't le ministry de la guerre, gn-
Azcarraga, s'est mu au point d'interdire aux
officers suprieurs de faire des dclarations
politiques. Eh bien ,les quotidiens en question
n'ont pas dit un mot, pas un seul, des dclara-
tions des gnraux Martinos Campos, Ochando
et Pando.
Il y a mieux encore. Le plus vil et le plus cy-
nique parmi les reptiles parisiens a public une
interview d'un de ses correspondents avec un
colonel espagnol, rcemment arriv de la Hava-
ne. Or, le colonel espagnol s'est empress
n'adresser la Correspondencia de Espana une
lettre pour dmentir catgoriquement qu'il ait eu
une interview avec qui que ce soit, et pour pro-
tester contre les absurdits lui attributes
comme paroles textuelles. L'impartialit la plus
lmentaire commandait de rectifier les faits,
mais la feuille tout dire-pourvu qu'on eclaire
-s'en est bien garde. Pensez donc, si l'ambas-
sade allait lui supprimer sa pte.
Et ces gens-l trouvent mauvais que nous les
traditions de reptiles!
Ce sont plut6t les sauriens et les ophidiens
qui auraient des raisons de nous en vouloir.








*


VALEUR CONVENUE

On ne saurait trouver un gouvernement de
plus mauvaise foi que celui de l'Espagne.
Il essaie aujourd'hui de fausser l'opinion en
promettant de prendre des dispositions pour la
roccupatiou de la ville de las Tunas.
On sait que jamais les Cubains ne se fortifient
dans les villes et les villages don't ils s'empa-
rent cela tant contraire leur systme de
guerre
Pinar del Rio, Candelaria, Casco:ro, Guima-
ro, Banes Jiguani, Guantnamo, Marianao et plu-
sieurs autres villes, villages et ports ont t au
pouvoir des Cubains qui n'ont jamais essay, de
s'y maintenir.
Le gouvernement. Espagnol le sait aussi bien
que nous mmes, en evanche il ignore si Calixto
Garcia pense faire le contraire, c'est dire res-
ter dans la cit qu'il a si brillamment conquise,
Mais comme l'Espagne a mesur la gravit
morale et matrielle de sa dfaite, elle prpare
temps et avec un succs assur une nouvelle
qui lui procurera quelques avantages; entire au-
tre le premier celui de faire monter le
course de la Bourse
11 n'y a aucun mrite annoncer la prise de
las Tunas Conserver la ville, que les Espagnols
avaient fortifie, et t plutt une victoire a
leur actif que de la reprendre quand elle sera
vide de Cubains


OPINION AUTORISE

On communique de Saint-Sbastien El Imn
parcial, le 14 courant :
La famille du marquis de Apezteguia s'instal-
lera Saint-Sebastien. Elle renonce quant
present revenir Cuba tant donn la march
des vnements dans la grande Antille.
La marquis d'Apezteguia juge avec un grand
pessimisme l'tat de la question Cubaine ; il
regrette de ne pas s'tre tromp lorsqu'il pensa
qu'il tait ncessaire de changer -la direction
des affaires de l'ile.
Parfait! Comme ce marquis est le chef du
parti espagnol de Cuba, nos lecteurs peuvent
juger de la valeur de son opinion sur la vraie
situation de l'Espagne dans la grande Antille.
Cette situation est loin d'tre celle que fabri-
que journellement l'ambassade, et que les jour-
naux srieux et indpendants comme Le Temps,
L'Eclair et Le Matin publient chaque jour.



,PROCLAMATION
du i nral en chef des forces
llvolutionnaires des Philippines

Citoyens,
Du haut de ces montagnes toujours fidles
notre Libert, o nous inaugurons la nouvelle
re de la-lutte acharne contre la tyrannie, nous
nous adressons tous ceux qui abritent dans
leur ceur des sentiments nobles et gnreux,
tous les hommes libres partisans de l'Hon-
neur, de la Dignit et de l'amour de la Patrie.
Sans distinction de races, nous faisons appel
tous les partisans de notre honneur national,
Philippinois, asiatiques, amricains et euro-
pens, nous ptissons tous dans ce Pays. A vous
tous qui souffrez s'adressent les cris d'un peu-
ple tyrannis: unissez vos efforts aux ntres et
rgnrons une Patrie avilie! Nous n'exceptons
pas mme l'espagnol, car des nobles espagnols,
libres de prjugs et convaincus de la justice
de notre cause et de la noblesse de nos aspira-
tions, combattent parmi nous.
Assez de souffrances! A nous cours gn-
reux ? Aux armes citoyens! Revendiquons les
droits d'un people entrain la dgradation
et qui pleure l'avilissement de ses enfants.
Regardez nos autels souills par les prtres
espagnols qui ont fait des objets les plus sacrs
du Culte l'objet d'un marchandage dvergond.
Sans se soucier nullement de ses devoirs de
charit et d'humanit, ni mme des convenan-
ces sociales, et se guidant seulement de leur
infme passion de l'or, ils traitent les pauvre'
avec mnpris et seuls les riches jouissent des
bienfaits de la Religion Chrtienne.
Contemplez le triste spectacle de notre famille
et de notre foyer. Nos tyrans, tout en se van-
tant de leur humanity nous dpouillent, et nous
violent les fruits de la terre fconde avec le
sang de nos anctres. Malheur la famille aise
et riche Malheur aux parents des jeunes filles
honntes Malheur celui qui a cherch a s'ins-
truire! Hlas l'honntet chez la femme, l'ins-
truction chez l'homme et la richesse chez tous,
sont des crimes qui aux yeux des espagnols
doivent tre punis avec le bannissement, l'em-
prisonnement ou l'exil.
Les pots de vin sont l'ordre du jour dans
notre administration, de laquelle sont exclusles
indignes, les seuls capable de connatre les
besoins du Pays. La libert des citoyens est la
merci du dernier agent du Gouvernement.
L'enseignement monopo'is par des prtres
ignorants, est rempli des principles errons du
moyen ge. La press est soumise la censure
gouvernementale. Partout ne rgnent que l'i-
gnorance, le vol, l immorality et la corruption.


Les protestations indignes, et les rclama-
tions parles voies pacifiques, n'ont mrit que
le mpris et le silence. Quel cas a-t-on fait de
la just petition de bannir les prtres des Iles
Philippines ? Quel rsultat a-t-elle donn la lon-
gue champagne entreprise dans la press pour
avoir nos reprsentants dans la Chambre des
Dputs? Tous ceux qui se sont adr.sss au
Gouvernement espagnol, ont t rcompenss
avec le blme, le ridicule, l'exil et la saisie de
leurs proprits.
Assez de scandals! Aux armes enfants de la
Patrie !
Guids par le Bien Public, nous aspirons
notre Libert et notre Indpendance.
Nous voulons une Loi unique et sans privi-
lges qui soit la garantie de tous les citoyens
sans distinction de classes.
Nous aspirons tre gouverns par les hom- \
mes les plus capable et les plus dignes par
leurs mrites personnel, sans tenir compete ni
de leur naissance ni de leur race.
Nous voulons bannir jamais les prtres de
notre pays et que dsormais n'y existe aucun
couvent ni aucun lieu de corruption ni d'immo-
ralit. Nous exterminerons les partisans de
cette Thocratie qui a fait de notre malheureux
pays, une autre Espagne inquisitoriale avec
toutes ses horreurs.
L'ordre et la justice seront svrement obser-
vs sous notre Drapeau.
Injustement privs de notre nationality, nous
enfants de la liberty, montrerons au monde en-
tier que nous sommes dignes d'avoir une Patrie
et un Gouvernement propres, comme nous
avons un idiome propre.
Nous protestons nergiquement contre les
infmes calomnies et les criminelles accusations
de nos ennemis. Nous sommes des fils dvous
prts sacrifier nos vies et nos fortunes au
Salut de la Patrie, au Bien tre de nos frres et
a la [Rgnratton de nos enfants.
i VIVA FILIPINAS LIBRE i
Emilio Aguinaldo.
Philippines, Juillet 1897.


WEYLER

D'aprs El Imparcial de Madrid :
Les rebelles avaient annonc que les notables
de la cause separatiste se runiraient Gutima-
rito (Puertc-Principe) pour lire le nouveau pr-
sident, et le gnral Weyler n'a pu empcher
l'excution de leur programme.
Il et t d'un certain effet qu'ils eussent d
se runir dans un autre lieu, que celui indiqu,
puisqu'il tait impossible d'viter leur runion
solennelle.
Les rebelles avaient annonc que Calixto Gar-
cia s'emparerait d'une important cit prs de
Manzanillo, et le gnral Weyler n'a pas pris ses
measures pour viter cette ptise.
On savait que l'attaque tait dirige contre
Victoria de las Tunas, et malgr cela on n'a pas
renforc la garnison de cette ville.
Qt and Victoria a t au pouvoir des insurgs
le gnral Weyler a annonc que la cit serait
reprise sans difficult.
Cependant on ne l'a pas encore roccupe :
peut-tre parce que le gnral Weyler n'a pas
cru utile de faire ce lger effort, bien que l'Es-
pagne le considrt de si grande convenance.
Le gnral Weyler a annonc dans ses der-
nires dpches qu'il a parcouru la province de
la Havane avec uue petite escorted sans ren-
contrer de rebelles; il rsulte aujourd'hui que
la march du capitaine gnral tait flanque
de 21|[bataillons.
Il y a cinq mois le giral \Veyler alfirma,
que les provinces de Pinar del Rio, Havane et
Matanzas tant pacifies, il allait entreprendre
en Orient des operations sur une grandechelle.
Nous savons maintenant que dans la dernire
zone il y a seulement 22 bataillons tandis que
dans les provinces soit disant pacifies, il y en
a 84. .
Tous ses plans si il en et jamais ont
chou. Depuis le gnral Azcarraga jusqu'au
plus modes'e des citoyens, il n'y a pas un seul
espagnol qui ait confiance dans cette malheu-
reuse gestion.
Personne ne le dfend avec enthousiasme.
La consigne ministrielle, avec toute sa dret,
ne peut arracher la press gouvernementale
les loges obligs ; tout au plus peut-on l'excu-
ser, et dire que les dsast es qui se produisent
sont invitables.
En effet : dans la champagne dle Cuba il y a
des chooses invitables,imais il en est aussi
d'invraisemblables.




REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 16. Uu train de btail draill prs de
Madrid par suite des inondations. La circulation
estinterrompue.
La prise de las Tunas. Le correspon-
dant du Dailj CJhronicle Washington dit ce
qui suit :


L'artillerie des insurgs dtruisit seize forts.
Les Espagnols eurent 400 hommes de tus;
beaucoup dsertrent l'ennemi, quand la gar-
nison capitula, aprs un sige de quinze jours.
Le commandant de la place se suicide. Les ha-
bitants reurent les vainqueurs avec joie. Les
Espagnols ont d se retire du district.
Du 17. M. Taylor, ancien ministry des
Etats-Unis, Madrid, a quitt Saint-Sbastien
allant Paris. Le nouveau ministry AM. Wood-
ford ne prsentera aucune reclamation pour le
moment.
Les Cubains ont dbarqu dans la province
de Matanzas, des armes et des munitions en
grande quantit.
Le correspondent de la Gazette de Franc-
fort, Madrid dit avoir appris de source sre,
que la ville de Holguin, dans l'le de Cuba, est
assige par les Cubains et srieusement me-
nace.
Du 19.- Le ministry des affaires trang-
res d'Espagne a eu, avec la Reine-Rgente, un
entretien au course duquel il lui a rendu compete
des rsultats de son enti'evue d'hier avec M,
Woodford. La reserve la plus absolue est gar-
de.
Weyler aurait ordonn la destruction de
six villes.
Du20. Dans les cercles ministriels
Madrid, on assure que le duc de Tetuan irait
l'ambassade de Paris par permutation avec le
duc de Mandas.
Les 299 soldats espagnols de la garni.-on
de las Tunas faits prisonniers ont t remis en
libert, mais les volontaires (cubains) auraient
t fusills come traitres et assasins.
-Le prix de plusieurs articles alimentaires a
augment Madrid par cause de la dprciation
de la monnaie d'argent et des billets de bnque.
Une dpche de El Imparcial de Madrid
dit qu'une nouvelle expedition a dbarqu dans
la province de la Havane.
La question de l'vque de Majorque est
de nature provoquer de l'agitation parmi les
calistes.
On tlgraphie de New-York que le consul
des Etats-Unis Cuba, a eu avec le president
Mac Kinley une entrevue. Le gnral Le a
donn des explications sur la situation Cuba.
Du 21. -- Veguerio a t pris par les Cubains
(province de Pinar-del-Rio).
-;Le ministry des affaires trangres d'Espa-
gne, a eu. une entrevue avec Mr. Woodford le
reprsentant des Etats Unis, Il s'est limit
une exposition des pertes subies par
les Etats-Unis, par suite de la guerre de
Cuba et a insist sur l'impossibilit pour l'Es-
pagne de parvenir craser l'insurrection
dans un dlai raisonnable. Il a dclar que
si tout n'tait pas fini avant octobre, les Etats-
Unis se considreraient comme libres de faire
ce qu'ils jugeraient alors indispensable pour
assurer la paix Cuba. Le duc de Telun au-
rait donn acte Mr. Woodford de sa commu-
incation.
Les Cubains commands par le chef Baldo-
meroAcosta ont occupla ville de Managua situe
14 kilomtres dela Havane. Des troupes espa-
gnoles envoyes pour remplacer la garnison ont
galement t disperses.
Le gnral Maximo Gomez s'est empar
de Placetas, (province de Santa Clara.)


BIBLIOGRAPHIE

Mechveret. Organe de la Jeune Turquie
public sous la direction de Ahmed Riza. Redac-
tion : 48, rue Monge.

L'Argus de la Presse.. Fond en 1879. -
Fournit aux artistes, littrateurs, savants, hommes
politiques, tout ce qui parait sur leur compete dans
les journaux et revues du monde entier. Eit le colla-
borateur indiqu de tous ceux qui prparent un ou-
vrage, tudient une question, s'occupent de statisti
que etc., etc. S'adresser aux bureaux de l'Argus, 14,
rue Drouot, Paris. Tlphone. L'Argus de la
Ilresse lit 5,000 journaux par jour.

L'Ami du people. Journal d'union socia-
liste. Directeur : Docteur Belugon. Mar-
seille.

NOTA. Aux auteurs et diteurs nous donne-
rons, sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous
les ouvrages don't on nous aura adress, franco de
port deux exemplaires.


THEATRES

Ba-Ta-Clan (50, boulevard Voltaire). Tous
les soirs, 8 h. Reschal, Maria Pacra, Colette,
Famechon, Marchal Une Nuit de Paris
C('oncert-Parisien. -Le Concert-Parisien vient
de faire uneexcillente rouverture et la coquette bon-
bonnire du faubourg Saint-Denis ne dsemplit pas
de spectacteurs empresss, pour applaudir Dranem,
Teste, Max-Dearly, Mmes Damoy ,Jane Henry et la
joyeuse Sarah Duhamel dans les Contes de Piron
L'administrateur-Grant: A. HIRARIT.
Paris. Imprimerie GASTON MAlRICHAL, 55. rue d'Hautevillo.


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