Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: September 16, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00081
Source Institution: University of Florida
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S. Patrie et Libert

No7 PAIX DE L'ABONNEMENT EN FRANCE
RDACTION & ADMINISTRATION 2" Anne PARIS. 16 Septembre 1897 No 9 Une ane payable davanP.. 2.
0, e Sainn -PaPARAIT TOUS LES JEUDIS Un trimeetre, id. i,... 6. 50
TlIgraphe : IREPCUBAINE A L'TRANGER
TgrapE Directear-fndateur : DOMINGO FIGAROLA CANEDA Unnetre, aabl d'.vanid........ 13 .
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMRO 0 fi. 25


FOLIES D'ESPAGNE





Les Philippines s'tant
rvoltes presque en m-
me temps que, Cuba pre-
nait les armes, le ministre
don't CAnovas a longtemps
fait l'ornement a promise
'' aux Cubains toutes.sortes
'. de rformes susceptibles
de calmer les plus ombrageux et de satisfaire les
plus difficiles.
Or, voici le plan que le ministry des colonies
espagnoles a soumis l'approbatiou de ses col-
lgues et don't ils vont faire part aux habitants
de Manille :
Leur archevque rentrera dans ses droits,
don't, parat-il, il tait sorti. Le code pnal sera
sensiblement aggrav en ce qui concern les
attentats l'ordre public. Des dispositions sv-
res seront prises contre tous ceux qui front
parties de socits politiques.
Et voil ce que le gnral Azearraga, prsi-
dent d'un conseil qui a l'air d'tre bien mal con-
seill, appelle des rformes Le pays se
soulve centre la domination du clerg : on ren-
force le pouvoir de l'archevque de Manille.
Le people demand la libert d'association: on
dicte les peines les plus graves contre ceux
qui tenteront de s'associer.
On peut juger, par cet chantillon de libralis-
me, des dispositions rformatrices que les ali-
ns d'Aranjuez et autres lieux circonvoisins se
proposent d'appliquer Cuba. L'incapable Wey-
ler, qui pour tre froce n'en est pas moins
piteux, se fait flanquer par les chefs de l'insur-
rection cubaine des tournes presque journali-
res. C'est comme aux macarons: chaque coup,
chaque demi-douzaine.
Hier encore, notre intrpide ami Calixto
Garcia, qui, au moment de partir pour la dli--
vrance de sa patrie, tait venu me faire ses
adieux et qui j'ai souhait toutes les victoires
que mritaient son patriotism et sa bravoure,
s'emparait,aprs quinze jours de sige. de l'im-
portante ville de las Tunas, don't il faisait toute
la garnison prisonnire.
L'emotion est immense parmi la population
madrilne. Le gouvernement seul se dclare
enchant et nous fait savoir que las Tunas est
une quantit ngligeable don't il n'y a pas lieu
de se proccuper, l'insurrection dans les au-
tres quatre provinces occidentales et centrales
pouvant tre considre comme peu prs fi-
nie .
Jamais on n'aura vu une rgente perdre
aussi gaiement le royaume qu'elle est charge
de transmettre un jour son fils. Depuis deux
ans, Mximo Gmez et Calixto Garcia sont an.
noncs, dans les dpches transpyrnennes,
comme errant dans les bois la tte d'une cin-
quantaine d'hommes. Seulement, il ne se passe
pas de semaine o l'on n'apprenne tout coup
l'apparition de ces chefs devant une ville munie
de canons Krupp, mais que ces cinquante
hommes dnus de tout font quand mme ca-
pituler.
Ces constationsindniables, puisquelaprisede
las Tunas est reconnue exacte par les tlgram-
mes officials, sont le cabinet espagnol devrait
le comprendre on ne peut plus humiliantes
pour son Weyler. Quoi 1 ce chef militaire est la


tte d'une arme de plus de deux cent mille
soldats, et cinquante rvolutionnaires, non con-
tents de les tenir en chec dans toutes les par-
lies de l'ile, leur prennent d'assaut des villes o
ils leur font cinq cents prisonniers !
Juge un peu si, au lieu de cinquante, ces
maudits insurgs taient deux ou trois,cents!
On voitque les mensonges do.ntles possesseurs
de pagars et les ministres espagnols encom-
lrent le tlgraphe sont au moins aussi niais
qu'ils sont flagrants. A diminuer ainsi le nom-
bre et la quality de ses adversaires, on se ds-
honore bien plus qu'on ne les atteint, surtout
quand on est forc.de reconnatre qu'on s:est
vu contraint de mobiliser, pour les combattre
la plus formidable arme qui ait jamais travers
l'Ocan.
La Perle des Antilles est aujourd'hui perdue
pour l'Espagne, qui n'aura mme pas su la per-
dre galamment. Weyler, battu sur toutes les
coutures, rpond aux maldictions don't on l'ac-
cable que las Tunas sera bientt repris par ses
troupes. S'il lui est si facile de reprendre cette
ville, solidement fortifie, il lui tait encore
plus facile de la dfendre.


La monarchie espagnole reprsente par le
petit Alphonse XIII, peut laborer son aise
pour Cuba les mmes rformes que pour les
Philippines. C'est, plus que probablement, la
rpublique qui les appliquera.









UN DISCOURS D'ASCRRAGA !


Azcrraga, Basque d'origine sans doute, doit
plutt s'appeler Azcarrada, traduction basquaise
de il est fort (Lefort) .
La force du premier ministry espagnol consis-
te surtout en un toupet peu ordinaire.
Ce gnral politician adresse parait-il une cir-


Comme champions des grands principles politi-
ques de la colonisation europenne en Amrique,
ajoute le successeur de M. Canovas, nous comptons
sur les sympathies de l'Europe, qui ne consentira
pas que nous soyons expulss de Cuba. Le jour o
nous abandounerions la' grande Antille serait la
veille de la perte du Canada et de la Jamaque pour
l'Angleterre et du dpart des Franais de leurs colo-
nies amricaines. Dans le cas o la guerre claterait,
l'Espagne trouvera le moyen de montrer ce qu'elle
est l'heure supreme.
Quelle puissante logique La perte de Cuba
pour l'Espagne entrainerait la perte des colonies
amricaines pour les autres nations ! Les faits
passs n ont pas eu ces consequences et rien
n'autorise cette affirmation hasarde .
La Libert dit: Le gnral Azcrraga se trompe;
les colonies trangres auraient tout perdre se
sparer de leurs mtropoles qui ne les oppriment
d'aucune faon. "
Cette rflexion vaut un bon point la La Libert
qui a si frquemment dfendu la cause de la royale
et catholique Espagne. C'est un aveu dguis de sa
dsillusion. Elle nous fait percevoir sa pense:Cba
ne peut que gagner tre spare de sa mtropole,
et l'ile opprime a quelque droit de secouer le joug
qui pse sur elle.







LAS TUNAS
Trois fois prise par les ubains

Les troupes sous les ordres du major gnral
Calixto Garcia Ifiiguez viennent de reporter
une nouvelle victoire.
Le 14 du mois dernier ce chef assigeait las
Tunas. Le 29 cette ville tombait en'son pouvoir,
et la garnison s'levant plus de 400 hommes,
et presque exclusivement compose d'Infanterie
de ligne se rendait en mettant bas les armes.
Weyler lui-mme avoue dans son rapport offi-
ciel que les Cubains lui ont remis 87 prison-
niers; cet aveu suffit rendre douteux un tl-
gramme public par les journaux de Paris dans
lequel il est dit que.ces prisonniers ont t


La cit de las Tunas est situe au centre, ou
a peu de chose prs, de sa jurisdiction.
Elle compete 4.500 habitants tandis que la ju-
ridiction entire en a 12,466 sur une tendue de
300 kilomtres carrs.
Le territoire est presque entirement une
immence plaine; au nord se trouve le port de
.Nuevas Grandes, au sud Bayamo, l'est est
born par Holguin, l'ouest par Nuevitas. et le
Camagiey.
La ville est une distance de 76 kilomtres
de Bayamo, et 214 de Santiago de Cuba.
Elle est protge par sept forts, et des retran-
chements. Deux canons Krupp la dfendent.
C'est un important dpt d'arrhes et d muni-
tions. Comme pour les Cubains, la ville et lajuri-
diction de las Tunas sont pour les Espagnols
d'une grande importance stratgique.
Aussi ds le dbut de la guerre antrieure
las Tunas fut l'objectif des combattants des
parties.
Dja le 12 octobre 1868 deux jours aprs
le Grilo de Yara, legouverneur de la ville se for-
.tifiait pour repousser, le lendemain mme, l'atta-
que des Cubains dirige contre la place.
Le gouvernement Espagnol dut immdiate-
ment envoyer une colonne commande par le
capitaine Abril renforcer la garnison de la ville.
Cette colonne prouva une dfaite le 1 5 dans
la Sabana du Corojo et on dut Ini adjoindre une
nouvelle force sous les ordres du capitaine Mar-
tinez, qui alla sur le champ au secours de la.
garnison de la ville assige.
Le 9 le colonel Lofio avec le rgiment de la
Reine, ledeuxime bataillon de la Havane et un
demi bataillon de chasseurs de Saint-Quentin es-
sayait une sortie de las Tunas.
Il dut y rentrer aprs avoir prouv de
grandes pertes. Pendant toute la priode qui
s'coula jusqu'au 16 aot 1869 la jurisdiction et la
ville furent le thtre de-nombreux combats.
Le jour indiqu le gnral Manuel de Quesada
attaqua la ville et la prit l'assaut. Il brla les
magasins et les proprits Ju gouvernement
espagnol et mit en libert plusieurs prisonniers.
Il se retira ensuite aprs s'tre abondamment
pourvu de provisions.
Ce fut alors que les Espagnols dcidrent de
donner la ville le nom de Victoria de las Tu-
nas.
Plus tard, le 22 septembre'1876, la Ville fut de
nouveau prise par le gnral Vicente Garcia.
Les forts, le quarter, et divers autres ouvrages
de defense furent abandonns ou rendues. Le
commandant militaire D. Felix Toledo se cons-
titua prisonnier. Le gnral Cubain lui rendit
son pe et lui donna ainsi qu'aux autres offi-
ciers espagnols, la ville pour prison.
La garnison espagnole se composait de 230
hommes de troupe de ligne.
Le gnral Garcia imposa aux commerCants
espagnols une contribution de guerre. Il mit en
libert les prisonniers et les blesss et se retire
bien ravitaill.


culaire aux chefs des divers parties de la politi-
que espagnole, dans laquelle il announce tre prt
dclarer la guerre aux Etats Unis plutt que
de consentir une intervention des Amricains
dans les affaires de l'le.
Dans quelle galre ce nouveau sous-chef
d'Etat va-t il embarquer son pays ?
La Libert (ce journal deviendrait-il l'organe
dfenseur de la cause don't il porte le titre '?)
nous donne un aperu du discours prononc
par le ministry de la guerre espagnol.


changs. Ce serait admettre l'impossible
car le bandit Valeriano ne peut observer et res-
pecter les lois de la guerre.
Il est opportun de faire unpeu d'histoire pour
indiquer nos lecteurs, les erreurs et les men-
songes que la majeure parties de la press Ma-
drilne a lancs de tous cts pour diminuer
un triomphe obtenu par le major gnral Calixto
Garcia.


Ruines de Bayanmo




__~

En considrant la guerre actuelle, nous
voyons toujours las Tunas tenir un rle iden-
tique celui qu'elle eut pendant la guerre pr-
cdente.
Elle a t encore attaque et prise par nos
troupes.
Aprs cet ex,pos les lecteurs pourront mieux
apprcier l'importance. de note triomphe eti'
li..te quelle est'la .puissanceen lutte qui peut.
jusie llre nomminer i, /,.rit las TLinas.



RUINS DE BAYAMO

Dans un numro du mois de fvrier nous
avons public une vue qui reprsentait une par-
lie des ruines de la cit historique de Bayamo.
Aujor rd'hui nous donnons une gravure repr-
sentant l'ai-c du Couvent de Saint-Dominique
qui est rest debout aprs l'incendie.
On sait que la ville de Bayamo est une de
celles don't l'histoire est la plus important dans
la guerre de l'Indpendance.
- .. ... Le jour aprs le Griitode Yara le li octo-
bre 1868 une colonne du rgiment de la
Corona se rencontra avec les Cubains. Le 18,
la ville fut prise, et le gouverneur espagnol, Ju-
lian Udeata, se vit-oblige s'enfermer dans le
quarter avec toute la garnison. Il d'it se rendre
le 20. 1 Eirin le 41 .anvie-ie 18690 les patriots
in,:edefh rent la 'ille. Ils voulurent qu'a :son ar-
ri' e, le ferece et, sauva,e Contle de Nalmrnasdd..
n' irencontra que ce que mritait t'Es-iagne -
d~s c-ndr,'s: !


LES

NOUVEAI UX CAPRICES DE IARIiANNE


A MM. Jnles Roche,
Denis Guibert et
Millevoye.

SCNE 1 -
Une place publique Washington
Lagartijo..
Nous voici arrivs, Marianne, dans la capi-
.le de cette riche et puissante nation. En visi-
tant.avec toi ce pays o le merveilleux est une.
chose toute naturelle, j'prouve un lgitime
orgneil penser que ce sont mes pres qui
oont dcouvert cette grandiose Amrique...
Marianne.
-,:Je croyais que c'tait le gnois Christophe Co-
lomb.
Lagartijo (sans se dconcerter).
Ah! il tait de Gnes ? J'avais pourtant cru
toute ma vie qu'il tait de Cadix ou de Malaga..
Mais qu'importe ? S'il n'tait pas Espagnol, il
tait digne de l'tre. Tu reconnatras cependant
que ce sont ms pres qui ont civilis ce Not-
veau Monde; ils y ont apport leur religion, leur
langue...
Marianne.
Tu te trompes encore, mon chri; ici on parle.
anglais et la grande majority des habitants appar-
tiennent la religion protestante
L agartijo.
,Tu crois ?... aprs tout, tu as peut-tre rai-
son.
N'empche que ,tu vas voir quel respect,
quelle vnration les citoyens de cette grande
Rpublique ont pour ma patrie. Voici justement
trois caballeros ici on les appelle gentlemen;
remarque avec quelle politesse ils vont me
parler ds que je leur aurai dit qui je suis (Il
s'approche des trois nouveaux venus) Messieurs,
vous avez devant vous l'illustre Lagartijo.
Premier gentleman.
Un toreador La personnification mme de
l'Espagne.
Lagartijo.
C'est cela mme (A Marianne) Hein que
t'avais-je dit?
Deuxime gentleman.
Oui, vous personnifiez merveille l'Espagne,
car vous tes l'ignorance, l'immoralit, le cabo-
tinage et la cruaut. De l'or aux vtements et du
sangauxmains.. : Comme votregnral Weyler,
un boucher en uniform !
Lagartijo (avec colre) -
Vous insultez mon pays !
Troisime gentleman, (intervenant)
Pas de scandal, calmez-vous (Baissant la
voix et s'adressant ses deux compagnons) Mon
cher Morgan, et vous, Sherman, un peu de mod-
ration. VYous direz tout ce qu'il vous plaira cet
individu, maisdites le lui en anglais; il comprend
notre langue, mais il ne se fchera pas.
Deuxidme gentleman (A Lagartijo)
General Weyler is a butcher whose hands are
red of children's and women's blood.
Laqartijo (compltement radouci)
All right Vous tes bien- aimable, en vrit,
eher gentleman. A qui ai-je l'insigne honneur de
parler ?
Deucine gentleman.
Je suis Mr. Sherman.


Lagartijo.
Enchant et flatt de faire votre connaissance
Et ces messieurs ?.
Premier gentleman.
Je suis le snateur Morgan.
Troisime gentleman.
Et moi le in:deur Lodge
Lagairtii" (il s'incline avec respect)
:Je sui'Votraserviteur, Messieurs; croyez bien
que...
(Lestrois gentlemen lui tour/tent le dos et sortent)
..* ,- .Maritirie. ..
.Dis moi, in;,n beau Gid quest ce qu'il -t'a dit
en anglais, le nomm Sherman? "
Lagartijo. '
Il m'a fait des excuses, parbleu !
Marianne.
Ce n'est pas tonnant, tu le prenais sur un
ton...
L agartijo.
Avec ces marchands de porc sal il ne faut
pas se gner; mais je ne mrite pas ton admi-
ration pour cela, car
A vaincre sans pril on triomphe sans gloire
Man'ianne.
,Mais si je t'assure que tu as t sublime, On
aura beau dire, il n'y a que les Castillans pour
avoir cette belle fiert.
L.',,/,' .tj.',. .
Il n'y a pas que les Castillans; tous les Espa-
gnols sont de mme.
1 Marianne.
a ne fait rien; laisse moi dire la fiertcasti-
llane, je trouve que cela sonne bien; chez nous
quand unephrase sonne bien, cela suffit, person-
ne nevrifie si elle est just ; passe-moi donc ce
caprice.
1. agartijo.
Comme tu voudras.. .
(Il sorlent)


ScNE II
Une plage sur les ctes
IIl fait nuit
Lagartijo.


de la Floride.


Vois, quel admirable site, ma douce compa-
gne; quelle majestueuse nature!
Marianne.
O sommes-nous ?
Lagartijo.,
Sur les ctes de la Floride. La mer que nous
avons devant nous, nous spare de notre Cuba,
la perle des Antilles. C'est de ce rivage o nous
sommes que parent les armes et lps munitions
que les conspirateurs Cubains envoient aux in-
surgs. Ah! sans ces armes il y a longtemps
que nous les aurions crass.
Marianne.
Et ce serait justice..., des bandits, des in-
cendiaires. Mais regarded l-bas, tout 'au fond de
l'horizon, cette immense lueuc au-dessus de
.l'Ocan.
Lagartijo.
Ce sont les champs et les villages de Cuba
qui brlent.
Marianne.
Encore ces misrables Cubains! Ces gens-l
ne mritent aucune piti.
Lagartijo.
Non, c'est le gnral Weyler, notre Napolon
qui commence ses operations militaires; il brle
tout ce qui pourrait bervir aux ennemis.
Marianne.
Et les habitants de ces villes en flames! Ils
restent donc privs de tout, entire le ciel et la
terre? Mais, j'y pense, ce sont l des maux n-
cessaires. (1)
Lagartijo.,
Les habitants don't tu parles suit concenrtrs
dans les villes de garnison, pa!r ordre de notre
invincible Weyler. .'- -, a
Marianne. -
Et qu'est-ce qu'ils y font?
Lagartijo.
Ils y meurent de faim par milliers. (2).
Marianne.
Mais c'est horrible!
L agartijo.
Bah! ce sont des rebelled.
. Marianne.: _.
C'esi jute, cela rentre aiussi dans les maux
ncessaires..... iOh! quel vent s'est lev depuis
un instant; rentrons, la lepniple va se dchal-
ner... Ecoute... 'est '4tranige.:.. .,ao irait que
le ventt parle... (Elle prte -l'oreitle);Dui, ce.sont
des voix humaines qu'il apporte jusqu' nous.
Lagartijo.
Ce doit tre une illusion; coutons encore.
Marianne (mue)
C'est un chant... je ne me trompe pas,...
c'est un chant que je connais... je l'ai entendu
il y a bien locigtemps. (Tandis que Marianne
coute, arrivent des voix lointaines, touffes
comme celles que nous entendons dans les rves).
Les voix.
Amour sacr de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs;
Libert, libert chrie,
Combats avec tes dfenseurs.
Marianne (avec des sanglots dans lai voix)
Partons! ce chant me fait mal, cette immen-
sit m'effraie.


L agartijo.
C'est le chant des flibustiers Maudits soient-
ils'I Voil qu'ils te font pleurer maintenant. Ne
pense plus cette vieille chanson qui t'a attris-
te; ces vieux airs dmods n'en font jamais
d'autres. Tiens, pour chasser ton chagrin,
chante-moi quelque chose de nouveau, tu sais,;,
ta jdlie romance: ..
O mon Alphons3,
A toiTmon oeur;
S Pouf toi j'm.n-ofonce
Danins lE ur. .i:
- a, ia i e : '
Tu anraisoU emais fuyons ie'x.-
.(11s soient; on entend Marianne qui chiante
ein s'loignant)
Ah qu'il est beau tmon Alcindor,
Mon.petit picador!
Mon petit pipi,
Mon petit caca,
Mon petit picador.
Lagartijo (dans la coulisse)
A la bonne here; voil une chanson de nos
joui's !





Il -- ---I-"Ii'


HONNTE MINISTRY.

Les ministres espagnols comme Navarro
Reverter sont excommunis pour s'tre empars
du bien des autres. Voici une dpche que pu-
blient La Libert et Le Temps bons amis des hi-
dalgos.
L'vque de Majorque a public hier, dans son
diocse, .une circulaire dans laquelle il dclare
que le ministry des finances est frapp d'excom-
munication pour avoir capt les biens du sanc-
tuaire de Lluch, soumis son administration.
L'vque a procd contre le ministry des finan-
ces et les fonctionnaires qui ont obi ses or-
dres, sans recourir au ministry de la justice.
On voit que non seulement le bandit Weyler
tripatouille; mais encore les ministres qui
maintiennent le drapeau exterminateur de Ca-
novas.
Et ...... Viva la Espanla con honra !




GUERRIh.S


La prise de las Tunas par les insurgs a t
pour nous l'occasion de quelques' remarques
assez intressantes.
En premier lieu, nous avons constat que
ce fait d'armes a beaucoup d'importance pour
les journaux espagnols,mais n'en a aucune pour
les reptiles parisiens.
C'est assez comprhensible.


Notons en passant que celle mme ville fut
prise par les Cubains pendant l'insurrection de
1868-1878. Cette victoire des patriots fut
cette poque donne comme un fait insignificant
par la press espagnole, mais quelque temps
aprs les Espagnols reprirent la dite ville et ils
considrrent cel comme une grrrande victoire
-i tel point qu'ils baptisrent las Tunas Victoria
de las Ta.s.
Toujours logiques, les invincibles mais non
invaincus descendants du Cid.


En second lieu, nouis avons eu le plaisir de
constater que L'Eclair est toujours un journal
( absolument iindpendant . En effet, notre
estimable confrre :a'tile seul dins la press
parisienne qui ail.pass! sus silence l peSre de
las Tunas par-les Espagnols.' .. .
Mais le lendemain, il nous aninoniait que
ston ami Weyler' allait reprendre 1u: place en
Question, de sorte que.ses lecteurs ont du se
di'e .
- Tiens;d les Espagnols ont done perdu une
ville ' Cuba'? Dcidment notre jourhatl annous
donne que-des renseignements. .'incomplets.
v ,-. :" -: : '. '* '

Deux jours aprs, toute la press parisienne
sauf L'Eclair annonait la prise par les
insurgs de Consolacion diel Sur, ville situe
dans la province de Pinar del Rio, province d-
clare pacifie depuis lemois de janvier dernier.
Le lendemain encore, L'Eclair dmentait la
prise de Cansolacin del Sur, d'o certainement
nouvelle rflexion plutt dsobligeante des lec-
teurs de L'Eclair.
Quelle belle chose tout de mme que l'ind-
pendance!

(1) C'est ainsi que Le Temps a qualifi la destruction
du pays par le gnral Weyler. -A N. de l'A.
(2) Voir l'Heraldo de Madrid, don't ce sont les propres
paroles. N. de l'A.


Notre respectable confrre est bien plaindre
dcidment. Mais aussi pourquoi n'use-t-il pas
d'un moyen qui bien que fort simple, sauve tou-
tes les apparences? .Ce moyen consiste
donner les nouvelles dfavorables a l'Espagne
prcdes de la rubrique Sous les plus ex-
presses s; es '. ?.
Le Matin, ls DI),bil., et quelques autres
: feuilles s'en trouvent forti'bien,, e': nouw.sommes
Spers'uades que I 1 nmi'.,sad d'Espagne. ne leur
en garden pas r.in'.e. lame-Il magriimit cas-



Encore un mot, huniorni.i.' Eclair. Il y a
quelque temps vous avez public une interview
d'un":de vos correspondents avec le marquis de
Mendigorria, colonel espagnol rcemment arriv
de la Havane,
A la suite de cette interview, le marquis de
Mendigorria a adress La Correspondencia de
Espafia une lettre o nous lisons ce qui suit :
Il est absolument faux que j'ai eu un inter-
view ou une conversation quelconque avec des
journalists espagnols ni strangers ; il est in-
exact que j'aie dit ce que' l'on m'attribue
comme paroles textuelles cette absurdit (sic)
qu'en l'tat atuel de l'insurrection, je serais ca-
pable de parcouir l'le avec une simple escorted
de huit hommes". '
Absurdit est dur, quoique exact; pauvre
Eclair

Mais revenons -la prise de las Tunas. A
propos de cette victoire des Cubains, M. Paul de
Cassagnac a public dansL'Autorif un magistral
article ou il dit ses vrits l'Espagne et
l'odieux Weyler .
La sympathie dsintresse que M. Paul de
Cassagnac. tmoigne aux hroques soldats de
l'indpendance Cubaine nous console de bien
des dceptions.
Si l'Espagne est soutenue par des plumitifs
affams et cyniques, les Cubains ont pour amis
des hommes sans tache. Peul d,- Cassagnac et
Henri Rochefort sont des homes universelle-
ment respects, parce que toutes lespsptas du
monde ne leur feraient pas .c ir"e ce qu'ils ne
pensent pas.

Paul de Cassagnac et Henri Rochbfort! Les
deux ples de l'opinionfranaisepourrait-ondire.
Les hommes d'esprit se rencontrent, dit le
proverbe ; les hommes de coeur se rencontrent
aussi, mme lorsqu'ils sont aux antipodes les
uns des autres.



REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 9 El Mercantil Val.nciano announce
que d'aprs des lettres dignes de foi il y a actuel
element Cuba plus de 40.000 soldats dans les
hpitaux, et qu'il n'y en a pas plus de 300 400,
qui puissent rendre des services, par bataillon.
.- Le correspondent du Daily Chnonilce, .
Washington, dit que l'attach militaire espagnol
est souponn d'inspecter les fortifications de la
cte des Etats-Unis. Si les faits sont exacts,
son rappel sera demand l'Espagne.
El Noticiero Universal de Barcelone a public
.hier une lettre du pre Sempau Barril : il nie que
son fils soit un anarchiste et demand qu'on le
juge en tout came d'esprit.
-Victoire des Cubains. -Prisedelas
Tunas Une dpche de la Havane announce que
le gnral Calixto Garcia, muni de canons, s'est
avanc, le 14 aot, csntre Tunas, don't il a dtruit
une parties des retranchements avancs, au
moyen de la dynamite.. La place s'est rendue le
29. Il y a eu quatre-vingt-sept prisonniers, y
compris le commandant militaire.
Le consul gnral des Etats-Unis la Havane,
qui vient de rentrer New-York, dit que la situa-
tion Cuba est terrible. Il ajoute que l'on ne
vaincra jamais la resistance des Cubains par
les armes. Le consul est porteur des conditions
de paix proposes par les Cubains c'est dire
l'independance et une indemnisation par IEspa-
gne garantie par les Etats-Unis, ainsi que des
documents tablissantque le prestige de b'Espa-
gne diminue de plus en plus dans l'le.


PRIME MUSICAL GRATUITE

PIANISTES lecteurs de La Rpublique Cu-
baine, coupez ce bon et envoyez-le, avec votre
adresse, M. BAJUS, diteur a Anvesnes-le-Comte
(Pas-de-Calais) ; vous recevrez gratis et franco un
joli morceau de musique pour piano.

L'administrateur-Grant : A. HIRIART.

Par;s. -- Imprimerie G.ASTON MARICHAL, 55, rue d'Hauteville.


__ 1


Septembre 9, 1897




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