Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: August 19, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00079
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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qv


Patrie et Libert


PPIX DE L'ABONNEMENT EN FRANCE
RDACTION & ADMINISTRATION 28 Anne PARIS.-- 19 Aot 1897 N 76 Pp.X DE L.ABONNEMENT EN "
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Une anep yable ava.. fr. 2. f,.
SUn seimestre, id. icid... Il I. 50
Tlgraphe : IrEPCUBAINE PARAIT TOUS LES JEUDIS A" t'imResre,AE ici. idR... ER 54
Une anne, payable d'avanee.........25 fr,
Les manuscrits ne sont pas rendus Directear-fondateur : DOMINGO FIGAROLA CANEDA Un semestre, id ici ......... 13 fr.
UN LNUlHIIO : 0 fr. 25


AVIS

Nous avons l'honneur de prvenir nos
abonns qu' la suite du transfer de notre
imprimerie Pat is, le service du dpart des
numros du journal a d souffrir de certain
retards.
Pour le mme motif et jusqu' complete
installation, le journal sera public dans les
prsentes conditions matrielles.
Que ces lignes servent d'explication et
d'excuses auprs de nos abonns.


L'ESPAGN E

PKR CLEMENCEAU



ans aucun pays l'Eglise
1- catholique n'a svi plus
cruellement qu'en Espa-
gne. Les souvenirs de l'In-
',., quisition sont encore
vivants snr une terre
So le dernier bcher s'est
allum chose peinecroyable en plein dix-
neuvime sicle. La race, d'ailleurs, est violent,
et n'ayant pas peur de recevoir la mort, ne craint
pas de la donner. La mort n'est rien. Mais que
dire des tortures de Montjuich, don't le rcit a
pouvant le monde?
Ce serait une erreur de ne voir dans le cas
des condamns de Barcelone qu'un pisode des
movements de l'anarchie. Les anarchistes es-
pagnols sont, vrai dire, des rpublicains ani-
ms de sentiments socialists don't la plupart
rpudient hautement la propaganda par le fait.
Une bombe a t jete on ne sait par qui Bar-
celone l'occasion du passage d'une procession.
L'acte a t justement fltri comme un effet de
lchet criminelle par tous ceux qui ont autori-
t pour parler au nom du parti anarchiste en Es-
pagne. Mais le gouvernement de M. Canovas
n'a vu dans cette affaire qu'une heureuse occa-
sion de terroriser le parti rpublicain de la pnin-
sule, et n'a recul, pour obtenir ce rsultat, de-
vant aucune abomination. J'entends souvent
dire, quand on se permet d'attaquer la monar-
chie d'Espagne, que nous devons respecter la
faiblesse d'une femme et d'un enfant. Je plains,
sincrement l'enfant, je plains aussi la femme
qui le hasard a fait cette triste destine, mais
s'ils veulent tre respects, il faut que leur auto-
rit s'emploie autie chose qu' ordonner, ou
tout au moins permettre d'odieux supplies
qui ne pourront qu'amener un jour de sanglantes
reprsailles.
Aujourd'hui, la vrit est faite, sans contra-
diction possible, sur ce qui s'est pass dans la
citadelle de Montjuich. Sur quatre-vingt-six
condamnations prononces par le conseil de
guerre de Barcelone, renforc du conseil sup-
rieur de la guerre Madrid, cinq excutions ont
eu lieu. Le reste plus de quatre-vingts inno-
cents ont t livrs par les argousins de la
reine aux plus effroyables tortures. Les mal-
heureux qui ont t passes par les armes n'a-


vaient contre eux que leur propre tmoignage,
arrach par des supplies sans nom. L'un d'eux,
Mas, est devenu fou ; c'est un alin qui est
tomb sous les balles des soldats. Les autres
ont laiss des crits protestant de leur innocence
et racontant comment les aveux leur ont t ar-
ra, hs par le fouet, le fer rouge, les tenailles et
tout l'ancien appareil de question des inquisi-
teurs de Saint Dominique.

Le tmoignage des vivants n'est pas moins
terrible, hlas et Francisco Gana promne dans
Paris son corps couvert des cicatrices o cha-
cun des bourreaux de Montjuich peut recon-
natre la marque de ses coups. C'est un effroya-
ble rcit que celui des supplices endurs par
les malheureuses victims de la barbarie chr-
tienne, et l'on se demand comment un homme
a pu sortir vivant de cet enfer.
Dans des cachots sans lumire, sans ait', il
faut marcher, marcher nuit et jour sous le fouet
sanb jamais se coucher ni s'asseoir. Pour uni-
que nourriture de la more sale : et pas d'eau
boire. Quand l'homme tombe, des coups.
Quand il demand genoux un verre d'eau,
quand il demand mourir, on lui prsente un
paper : Avoue que tu es coupable ou dnonce
tes camarades . S'il refuse, le billon de fer
qui lui bris la mchoire, les menottes vis qui
lui broient les poignets, les petits coins de bois
sous les ongles des orteils qui le font hurler et


crier grce. Veux-tu avouer? Pas encore.
Alors les brlures au fer rouge, la torsion des
organes gnitaux, tout ce que le dlire sanglant
des tourmenteurs peut inventer de nouveau.
J'ai vu aux poignets de Gana lPs trous que les
crochets des menottes ont laiss dans la chair.
J'ai vue les ongles des orteils soulevs par les
coins. J'ai vu l'affreuse hernie rsultant du sup-
plice effroyable. Que pourraient montrer les autres
que cache encore l'intfame forteresse ? Qu'avez-
vous dire de cela, petit enfant-roi, au nom de
qui l'on fait ces choses, et vous, femme chr-
tienne, qui remplissez fidlement, j'en suis sr,
to s vos pieux devoirs, et vous dites rachete
du sang de l'innocent de Galile ? Quand sera
achev le supplice de ceux que vous gardez en-


core en vos clmentes mains, voil ce que vous
seule pouvez dire, archiduchesse d'Autriclhe,
qui avez reu de Dieu la mission de chtier
l'Espagnol coupable de demander justice et li-
bert.
A quelques-uns on a fait la grce de l'e:il.
On a seulement exig qu'ils fissent les frais du
voyage. Leurs families misrables ont vendu
tout ce qui leur restait pour fournir cette supri-
me ranon. Et puis la liberation, sous des pr-
textes futiles, a t retarde, la prison a dvor,
pour quelques adoucissements du rgime, la
petite conomie du prisonnier, et l'on ose all-
guer maintenant du manque de resources des
hommes qu'on a dlibrment ruins pour les
dporter aux insalubres colonies o 'l'on sait
qu'ils trouveront la mort.
Voil ce qui s'accomplit aux approaches du
vingtime sicle dans l'Espagne civilise par
lEglise catholique, gouverne, sous l'gide de
Lon XIII, par une fille de ces Habsbourg don't
le chef est, de tradition, le premier soldat du
Saint-Sige. Depuis beaucoup de sicles s'est
S,:_- ,.'.. la lutte entire le pouvoir d'autorit
divine ou tout au moins ceux qui s'en disent
les reprsentants, sans qu'il soit trs ais de
vrifier leur mandat-et la grande et la lgitime
rvolte de libert humaine. Ceux qui venaient
au nom d'un Dieu de bont n'ont russi a tra-
vers les ges qu' dchainer les troubles, les
massacres, les guerres, la mort avec les pires


tortures. Et quand des hommes se lvent
pour demander la paix de travail et de jus-
tice aprs tant de sang rpandu, les bourreaux
de Montjuich redoublent de fureur contre
les innocents pour terrifier toute pense de
secouer le joug, mortel l'me humaine
J'coutais Francisco Gana me dire ses mi-
sres, sans rcriminations, sans paroles de
haine. Il pleura au souvenir des cris affreux
de ses compagnons, qui peraient les murs
de son cachot. Il montrait simplement ses
places, comprenant qu'il n'tait pas besoin
de commentaires, et candidement me faisait
passer sous les yeux ses certificates de bon tra-
vailleur.
J'admirais cette tte nergique, cette volont


d'action qui flambait au regard, et je me deman-
dais combien il faudrait encore accumuler de
victims pour que le monstre d'autorit surhu-
maine, repu de sang, laisst la place enfin
l'homme libre et bon, l'homme de labeur et
de paix, don't tuportes l'idal en tonme, Gana!
et qui sera, un jour, malgr les rois, les prtres,
,et leurs soutiens de noblesse et de bourgeoisie,
don't le pouvoir tond sur les supplies doit suc-
comber tt ou tard devant l'esprit de justice,
vainqueur.
G. Clmenceau.
(La Dpche de Toulouse)





UNE PRDICION DE SCHIILLER


Nul n'ignore- sauf les plumitifs pays pour l'i-
gnorer que l'Inquisition fleurit de nos jours en
Espagne comme au temps de Torquemada, car
les rcits et les preuves matrielles fournis par
les victims mmes pseront certainement plus
sur l'opinion publique que les dmentis tant
la ligne de nos cyniques reptiles.
Nous pensions donc que nos lecteurs liront
avec intrt les lines s'uivantes du grand pote
allemand Schiller :
Tous les tribunaux d'inquisition en Por-
tugal, en Italie, en Allemagne et en France
adoptrent la forme du Saint-Office d'Espa-
gne. Cette institution suivit les Europens
dans les Indes: on rigea Goa un terrible
tribunal don't les procedures inhumainesnous
font encore frissonner simple description.
Partout o l'inquisition mit le pied, la dso-
lation la suivit; mais elle n'a svi nulle part
comme en Espagne.
On oublie les victims qu'elle a immoles;
les gnrations d'hommes se renouvellent, et
les pays don't elle a amen la devastation et
la dpopulation refleurissent.
Toutefois, il faudra que des sicles
s'coulent avant que ses traces dispa-
raissent du caractre espagnol. Elle a
arrt un people tout entier dans sa
marche vers le progrs; elle a banni le
gnie d'une region o il tait indigne,
et laiss un silence spulcral dans
l'esprit d'un people qui, de prfrence
tout autre de ceux qui habitent ce
continent, tait destin au bonheur.
Schiller ne se trompait pas; au seuil du XX,
sicle, l'Espagne donne encore la torture.
Et si elle fait cela chez elle, pensez un peu de
quelle fion elle a trait ses colonies.



*


Le Cubain blessed





laP~t~s~e C~iPine~


LE GNRAL.

RIUS RIVERA


Lecorrespondant del'A.,sociation de la Presse
a rendu visit au gnral Bius Rivera, l'h-
pital San Ambrosio o on l'a transport.
Aprs une consultation entire le mdecin di-
recteur de l'hpital, Dr. Augustin Muioz Guzen
.et le mdecin du gnral Dr Fernndez une op-
ration dans la parties suprieuredu foie a t d.
-ide. Cette operation a t pratique par les
Sdoctetirs Fernndez et Valds, qui ,ont .dcid
de faire suivre au malade un traitement complete.
Le bulletin relatif la sant du gnral dit qu'il
est atteint d'un abcs du ct droit de l'estoe
mac, prs de la parties suprieure du foie.
Le gnral Rius Rivera pense que cet abcs
a t provoqu par sa chute de cheval quand il
fut bless. Il a dit au correspondent que la bles-
sure tait dj gurie et que sa jambe n'avait
jamais eu des symptmes de gangrne.


POUR CUBA LIBRE

Profondment reconnaissants de la spontane
manifestation de sympathie pour notre cause
que l'on vient de nous adresser, nous nous
empressons de l'insrer :

Paris, le 6 aot 1897.

A Monsieur Figarola Caneda, directeur de
La Rpublique Cubaine.

Viva Cuba Libre !
Les journaux nous apprennent que les insur-
eqs -de Cuba ont attaqu Weyler jusque dans
les faubourgs de la Havane et lui ont inflig des
pertes srieuses.
Cette nouvelle venant aprs les affirmations
solennelles de la Cour d'Espagne que la guerre
de Cuba touchait sa fin et que les derniers
mrebelles avaient capitul, cette nouvelle, dis-je,
.nous a arrach une exclamation de joie et
d'admiration.
C'est le dmenti le plus sanglant qui puisse
tre inflig au gouvernement mprisable qui
.sige Madrid, ce gouvernement despotique,
dfenseur des tnbres et de l'ignorance, ce
gouvernement impudique qui, notre poque,
n'a pas craint de rtablir l'Inquisition Barce-
lone, ce gouvernement corrompu qui, pour
la satisfaction d'un fol orgueil, entrane sa
suite tout un people la ruine !-
A ct des fils dgnrs de la Vieille Espagne
qu'ils sont grands les hros de l'indpendance
C'est avec leur sang que, soldats de la libert,
ils ont crit, dans les plantations de Cuba la
page la plus. glorieuse de ce sicle !
-Et ce-pendant cette lutte extraordinaire dure
depuis deux ans dj et se prolonge encore :
toutes les armes de l'Espagne, ses meilleurs g-
nraux, n'ont pu venir bout d'une poigne de
gants C'est que ces gants, comme les sans-
culottes de la Premire , ont une foi indomp-
table dans la justice-de leur cause, c'est qu'ils
portent comme eux, au fond du cour, cet
espoir en l'avenir, cette croyance l'idal qui
soulvent les montagnes et qui auront bientt
raison des derniers assauts de la barbarie.
Quelle magnifique pope que le rcit des
pripties mouvantes de cette guerre ingale !
-Et, au-dessus des martyrs d'une cause sainte,
quelle belle et noble figure que celle de Maceo,
ce soldat, victim d'un odieux guet-apens, ce
hros don't le nom grav en lettres d'or dans
l'Histoire, redira ternellement aux sicles
venir la fiert et la magnanimit des rpubli-
cains, la lchet et la frocit de WVeylerle-
bourreau !
Runis ce soitr a t caf Procope, artistes,
homes de lettres, tudiants, de diverse
nations, nous sommes heureux, Monsieur le
Directeur, de vous assurer de notre trs vive
sympathie pour vous et vos compatriotes, nous
sommes fiers de saluer ici la mmoire de ceux
qui sont tombs l-bas pour une ide de
liberty, nous prouvons un supreme orgueil
faire part, par vote intermdiaire, de nos
Sapplaudissements chaleureux et de nos senti-
ments tout fraternels, ceux qui, par des pro-
diges de courage et de dvouement assu-
reront demain le triomphe de la Rpublique
Cubaine.
S. Fait au Procope, ce 6 aot 1897.






P. Henri Berger, Etudiant en Mdecine et
Pharmacie ; Thdodore Bellefound, Directeur du
Procopc ; Thomas Delpeu.t, Avocat ; Ar'thur
Sierune, Publiciste ; Dmmjardin, Vive Cuba
Abdrl-Kader Ben-Iclom ; Brissaumd, Professeur
de Dessin ; A. Toussaint, Artiste peintre ;
Charles Sibleigh, Homme de Lettres ; C.-J.
Nume, Artiste Peintre ; Parient, Etudiant en


Pharmacie ; Francois Lapeyrette ; Th. Terrier,
Cramiste P. Duplantier, Etudiant en Mde-
cine, Alfred Poussin (le pote) ; Faul Henrg,
Peintre; J. Large ; H. Piquet, Homme de
Lettres ; Madame J. Garnier, Publiciste ;
G. Jacquement, Peintre Eventailliste ; G. Pen-
iwick, Imprimeur ; Heldt. Etudiant en Pharma-
cie ; Ibrahim Ben-Ichou ; Nuina laflin, Pro-
fesseur l'Association Philotechnique ; B.
Malterre, Etudiant en Pharmacie ; Fourcine,
Caricaturiste ; Adolphe Gensse, Secrtaire de la
Rdaction delaReviue d'un Passant et du Procope;
Lon Hechmamos, dit Alcib Mario, Compositeur.
de Musique ; G. Parin, Peintre ; Francois de
Martigny, Correspondant Parisien de La Patrie
de Montral, des Nouvelles de Montral
.(Canada) ; Salis Andr, Volontaire 70-71,
2c zouave ; Lonce Lavaud, Etudiant e; Phar-
macie ; Morel, Etudiant en Droit ; E. Gobert ;
Aubret. Etudiant en Droit ; Lud. Gr.I,.. 1,
Publiciste ; L. Renaud, Journaliste ; 1. aami-
baud ; Delclaut ; Ch. Diemer, Etudiant en
Pharmacie.




PROTESTATION

On announce de Londres que les 'reprsentants des
rvolutionnaires cubains ont envoy la press une
protestation nergique centre l'anarchie, qui se ter-
mine ainsi :
Nous voulons qu'il soit clairement tabli que les
insurgs cubains n'ont aucun rapport avec les fana-
tiques qui prchent l'anarchie sur les places publi-
ques et se font passer pour cubains.
Nous protestons toutefois contre l'expulsion des
pays trangers de Cubains notables qui n'ont aucun
rapport avec l'anarchie, et nous repoussons trs
nergiquement touteconfusion avec les anarchistes.

i I


GU EtRIhRS


Il y a quelques jours nous lisions dans Le
Temps un article intitul Tmoignage sur
Cuba dans lequel nous avons trouv cette
perle :
Ces renseignements mritent toute con-
fiance car ils manent d'un Espagnol mais d'un
Espagnol noble .
Voil un mais qui n'est gure aimable pour
les Espagnols qui ne sont pas nobles... il est
vrai qu'ils le sont t ,us.


Oui, tous. MM. Jules Boche et Denis Guibert
ne nous ont jamais parl que de noblesse cas-
tillane mais il est vident qu'ils ont toujours
voulu dire noblesse catalano-andalouso-na-
varro-etc. castillane


Toutefois l'Espagnol en question, tout noble
qu'il soit nous semble d'une impartiality toute
relative, car il a oubli de nous dire (ce que
nous savions dj par la press de son pays)
que des deux cent mille hros envoys Cuba
il ne reste plus que quatre-vingt-dix mille
hommes... don't trente mille dans les hpilaux.


Le noble mais espagnol tmoin invoqu par
Le Temps a nglig aussi de parler de la situa-
tion politique et surtout financire en Espagne,
de l'impossibilit o se trouve cette nation de
faire de nouveaux sacrifices..... Mais bah! il
manque ce tmoignage bien des choses
pour tre complete quand ce ne serait que le
prix qu'il a cot l'ambassade d'Espagne.


Weyler dmenti par Weyler! Le 30 Dcembre
dernier le gnral-bourreau tlg4raphiait feu
M. Canvas :
Il ne reste dans Pinar del Rio qu'environ
500 rebelles diviss en deux groups comman-
ds par Rius Rivera et Ducasse
Or, l'Heraldo de Madrid a recueilli toutes
les dpches officielles transmises par le mme
Weyler du 1" janvier au 30 juin 1897; et ces
dpches attribuent aux insurgs de Pmnar del
Rio les pertes suivantes :
Morts . . . . . .. 14.836
Blesss . .... .......... '25
Prisonniers ........ .. 146
Soumis ............. ... 395


Total
Les 500 rebelles ont 2.402
homes hors de combat!!!


2.402
hommes


Nous n'avons cess de dire que Weyler est
un assassin et un menteur; aussi sommes-nous
heureux de le prendre en flagrant dlit de men-
songe et d'assassinat. De mensonge, le tableau
prcdent en fait foi; d'assassinat aussi.
Alors que pour des raisons faciles con-
cevoir le nomnbre des morts est toujours
infrieur celui des blesss, il est trange que
Weyler ait fait aux Cubains 1836 morts et 25
blesss.


Cela prouve que les 1836 morts n'ont pas t
faits sur le champ de bataille. Ces malheureux
sont des paysans inoffensifs, des vieillards, ds
femmes et des enfants que l'on colle au mur et
que l'on fusille sans piti... mais hAdroquement.
Allons M. Denis Guibert, chantez toutes les
belles choses castillanes!


Cela nous explique encore pourquoi depuis
quelque temps les dpches officielles n'attri-
buent mme plus aux Espagnols l'invitable'
contusionn qui format lui seul le total de
leurs pertes...
Les lches!... ne vous faites donc pas prier,
M. Denis Guibert, un tout petit duo seulement...
avec M. Jules Roche. Ce serait si beau!



L CUSBAIN BLISS

C'est un des tableaux vivants qui ont t le
plus, applaudis au Club Patria de New-York.
Il a t rprsent par la belle demoiselle Hor-
tense Betancourt y Varona et notre collaborateur
et ami, M. Benjamin Giberga.
Citons encore parmi ces tableaux vivants, Le
Songe du Patriote qui a t public par notre cher
confrre (le New-York, Cuba y Amdrica.

-k-

RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE,





Eu 11 Mme Canovas, se roidissant contre
les fatigues de deux nuits de veille auprs des
restes du president, a voulu tout diriger et voir
au dernier moment. Elle fit former le cercueil
devant elle, ordonna six miquelets de le por'-
ter sur le char, don't les cordons taient tenus
par huit snateurs et dputs. Appuye sur le
bras de M. Castelar, elle descendit et suivit le
cercueil. Le corps est arriv neuf heures
Madrid.
L'assassin de M. Canvas a t conduit
Vergara.
Le ministry de la guerre, Ascarraga, s'est
chargdelaprsidence du conseil des ministres.
Du 19. Le corps de M. Cnovas n'a t
expos que pendant quelques heures dans la
pice de son htel qui avait t transforme en
chapelle. Mme. Canovas a subitement donn
l'ordre de ne plus laisser pntrer personnel.
Le correspondent du Daily-Mail, New-
York dment la nouvelle d'aprs laquelle M.
Mac-Kinley aurait donn un successeur M.
Sherman, mais il ajoute que M. Sherman pren
dra probablement un cong illimit.
Les gnraux .Mximo Gmez et Carrillo se
trouvent dans la province de Matanzas. Une
colonne espagnole est en droute. Weyler de-
mande Ahumada, second gouverneur, des
renforts avec de l'artillerie retirs de Pinar del
Rio, pour tablir son quarter gnral Giines.
Du 1.3.- Le gnral Weyler est la Havane;
Il a dit que l'Espagne perdaitbeaucoup, car c'est
M. Cnovas que l'Espagne doit la conserva-
tion de l'le de Cuba.
Du 14. Aussitt aprs les obsques,
M. Sagasta, et le marchalCampos, sont re-
partis. MM. Pidal et Azcarraga sont d'accord
pour dclarer que le statu quo jusqu' octobre
est la meilleure solution.
Du 15. Les Cubains ont pris et brl San-
ta Rosalia, petite ville situe prs de Gibara
Un capitaine, deux lieutenants et trente soldats
ont t tus. Plusieurs autres officers seraient
tombs au-pouvoir des vainqueurs.
Du -16. -- Une dpche de la Havane announce
que la fin de la champagne du gnral Weyler n'a
pas t brillante. Pendnt qu'il venait, les re-
belles ont harcel son arme d'Aguacate, jus-
qu' La Havane. La reception du gnral Wey-
ler La Havane a t froide. Le gnral a tl-
graphi sadmi-ssion Madrid, et le correspon-
dant du Herald prtend avoir vu la rponse du
gouvernement. Dans cette rponse, il lui est
dit de rester Cuba tant que le ministre actuel
sera au pouvoir. L'motion La Havane est
grande. Le capitaine-gnral qui succdera
au gnral Weyler aura une rude tche. L'ar-
me de 200.000 hommes que l'Espagne a remis
au gnral Weyler n'est pas brillante. Les sol-
dats sont en trs mauvaise situation, ils n'ont
pas reu de solde depuis plusieurs mois et
sont affaiblis par la maladie. L'arme espagnole
Cuba ne parait pas apte prendre l'offensive.
Les garnisons de l'intrieur ont t retires et
envoyes dans les villes du littoral.
Le compagnon d'vasion M. deManuelPla-
nas, M. Just Garcia Vlez vient, d'tre arrt
Cette. Il va tre dirig sur Londres, en vertu
d'un arrt d'expulsion.
M. Romero Robledo a dclar que jamais
il n'acceptera de reconciliation avec M. Silvela
et les conservateurs dissidents; cette intransi-
geance met en demeure de choisir entire se
passer de son concours, ou appeler les libraux
au pouvoir.
Du 17. La sentence de mort prononce
contre Angiohlllo a t examine et confirme


par le conseil supreme et le sera aujourd'hui
par le conseil des ministres. Aussitt cette for-
malit termine le gnral Azcrraga partira
confrer avec la reine rgente des measures
prendre pour tcher de sauver une situation
qui est dsespre. L'envoi des renforts
Cuba et considr comme une question des
plus graves.
Du 18. Le gouvernement espagnol a d-
fendu toutes communications concernant la si-
tuation d'Angiolillo.
El Correo confirm que dans une interview
don Carlos aurait dit que la mort de M. Canovas
implique la disparition du parti conservateur.
Le conseil des ministres fixera les chiffres
du contingent de cette anne 70.000 hommes
pour la pninsule, 20.003 pour Cuba, 8.000
pour les Philippines et 2.000 pour Porto-
Rico. Les contingents coloniaux partiront cet
automne pour remplir les vides faits qui ont
rduit l'effectif Cuba 130.000 hommes.
On made de Washington au DailU Chro-
nicle : le dpartement de la marine a donn des
ordres pour la mobilisation d'une flotte de six
torpilleurs qui seront envoys dans le golfe du
Mexique oit ils stationneront jusqu'au printemps
prochain. On croit que cetteflottille a reu l'ordre
de se tenir prte toute ventualit pour le cas
ol'Espagnerefuseraitdese prteraux exigences
de M. Mac-Kinley en ce qui concern l'autono-
mie de Cuba.
Le ministry amricain, gnral Wood-
ford, retarde son arrive Saint-Sbastien jus-
qu' la fin d'aot, pour laisser rsoudre la ques-
lion politique l'intrieur avant la presentation
de ses lettres de crance.



BIBLIOGRAPHIE

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colonisation, de M. Brunet; un article sur le climate
de Madagascar: des lettres relatives aux voies de
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glais; l'oeuvre de pacification du gnral Gallini.
Le Bulletin parait au sige du Comit. 4', Chausse-
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114 Place du Palais-Royal.
149 Gare du Nord.
225 Rue de Chteaudun.
324 Rue du Quatre-Septembre.
111 Rue Monge.
327 Rue Rivoli.
50 Rue des Martyrs.
230 Rue Marengo (face Louvre).
Dpt gnral la Bibliothque des journaux de
province et trangers, '14, rue Montmartre.


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