Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 29, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00076
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul

Tlgraphe REPCUBAINE

Les manuscrits ne sont pas rendus


LETTRE OUVERTE
A M. Georges Clemenceaa.


on cher et trs distingu
Confrre,

Si j'ai bonne souvenance,
,Mun collaborateur de La
Rpublique Cubaine
adressa nagure )I"P Sve-
rine, don't la compassion pour les opprims et
les faibles et la haine des injustices sociales sont
connues de tous, une vibrant requte en faveur
des insurgs de Cuba.
Cet. appel ne fut pas suivi, que je sache, de
l'adhsion qu'il semblait comporter, encore que
la sauvagerie espagnole me parait se caractri-
ser davantage dans le sac d'un hpital cubain
arborant le drapeau de la Croix--.ouge que dans
la mise ia mort d'un toro.
Avec l'absolue conviction qu'un accueil plus fa-
vorable me sera rserv en frappant votre
porte, je vous demand la permission d'attirer
vos regards sur ce qui se passe dans la grande
Antille. Mme m'tonnerai-je, en vous priant de
n'y pas voir de malveillance, que de votre plume
si gnreusement mise au service de toutes les
causes justes-- notamment dans le conflit greco-
turc et la question d'Armnie, pour ne citer que
des vnements se rapportant 'la politique ex-
trieure -.ne soient encore tombs quelques en-
couragements pour les hommes qui, mettant en
pratique les Droits de l'Ilomme, sont journelle-
ment diffams par les gagistes qui dshonorent
.la corporation que vous honorez.
Je n'aurais garde d'entreprendre pour votre
edification l'historique de l'insurrection de Cuba.
Votre haut esprit a su discerner, j'en suis cer-
tain, la vrit, qui ne se reflte pas prcisment
dans les notes officieuses, et je-ne doute pas que
vous ne vous associez tacitement l'cuvre d'man-
cipation laquelle le people cubain s'est vou.
, Ne pensez-vous pas et c'est pr'cisiment
-l'objet de ma lettre de m'enqurir sur ce point au-
prs de vous -- que l'allirmation de votre sym-
pathie pour leur cause ne saurait laisser d'tre
un stimulant pour les rvolutionnaires et leurs
am.is? Si vous en jugiez ainsi, les colonnes
de La Rpublique Cubaine vous seraient
toute grandes ouvertes et nous vous en gar-
derions une vive gratitude.
Cet pisode de la JIMe'e social par vous rsu-
me en un superbe livre, ne mrite-t-il pas
d'attirer votre attention ? Eux aussi, les esclaves
de la monarchie espagnole, ils veulent prendre


2e Anne *., PARIS. 29 Juillet 1897 N 73

PAEL.A.IT TOUS LES JEUTDIS

Directeur-fondateur : DOMINGO FIGAROLA 'CANEDA


leur Bastille, N'est-il pas temps de leur adresser
l'apostrophe de Carlyle que vous citez :

En avant donc vous tous qui avez un cnur
dans le corps! Vocifrez avec vos gosiers de carti-
lage et de mtal, fils de. la Libert! Rveillez en
sursaut toutes les facults qui sont en vous,
Ame, corps et esprit, car voici l'heure?

Je vous le demand.
Ce n'est pas la hache de Louis Tournay qui
frappe sur le pont-levis de la forteresse, c'est un
clair de Libert qui luit au fil du machele!
Quant la monarchie espagnole voyez
Montjuitch elle ne le cde en rien l'autocra-
tie sultanesque : tous ces monarques ont du sang
sur les mains !
Je ne vous fais pas l'injure de douter qu'entre
le gouvernement castillan et ses victims vous
ne vous prononciez pour ses dernires, et que
vous ne disiez de la lutte hispano-cubaine avec
Victor lugo :
Je ne regarded pas o est la force, je regarded
o est la justice.
Dans ce sentiment, etc.






Ce 25 juillet 1897.



LES PROMENADES DE WEYLER


Un tlgramme du commencement du mois
nous annonait que le gnral Weyler tait sorti
de La Hlavane; un
tlgramme de la fin
de ce mme mois
nous announce qu'il y
est rentr.
Sortir de La llava-
ne, y rentrer, en res-
sortir, y rerentrer,
etc., tel est le plan,
habile peut-tre,.mais
coup sr peu vari
dans ses dtails, que
le massacreur, mule
des Tilly et des Pas-
kvitch, oppose aux
movements (le l'in- '
saisissable MIximo
G6mnez. '
Ce plan ne semble
pas avoir produit
jusqu'ici tout l'effet
qu'en attendait son
auteur, car on s'oc-
cupe fortement h Ma-
drid, non seulement
parmi les libraux
mais encore parmin Premi Mre om
les conservateurs,
nuance Silvela, d'en
venir un convenio avec les rebelles .
A la vrit, les canovistes de Paris, par l'o:-
gane sympathique de M. Denis Guibert, qui r.e
perd aucune occasion de s'aplatir devant les
oppresseurs et de dire courageusement leur fait
aux opprims, protestent avec une indignation
toujours toucchante centre ce project de conrenio
qui, leurs yeux, ne ferait que prparer pour


oni1i


plus tard l'indpndance complete de la grande
fle antilienne.
Qu'ils se rassurent, ces plumitifs aux gages de
routes les reactions 1 Pas plus que le ministry
tortureur qui trne h Madrid, les insurgs
cubains, n'accepteraient un convenio.
Ce n'est pas plus tard qu'ils veulent tre libres :
c'est tout de suite.
Le gn'al Valerien peut continue, pour quel-
que temps encore, SES PROMENADES MI-
LITAIRES.







PREMIERE MONNAIE CUBAINE


Comme nous l'avions annonc il y a quelques
jours, nous pouvons aujourd'hui donner quelques
dtails sur la premiere monnaie cubaine qui
vient d'tre frappe New-York.
Cette frappe, ordonne par notre Dlgation
aux Etats-Unis, a t excute sous la direction
de notre commissionn des Finances, M. Jos de
Zayas, qui avait propos son mission.
La monnaie don't nous reproduisons l'image
est au titre de 9 10 d'argent pur. Elle pse le
poids d'une pice de 4 schillings, c'est--dire
348 grains (environ 17 gr. 40).
Elle a t grave par l'artiste de renom Phi-
lippe Martigny; elle est garantie par l'impor-
tante maison de Gordhard, Mfg. Co de New-
York.
Elle sera remboursable au pair, par notre
gouvernement, ds
l'vacuation de notre
ile par les troupes
espagnoles.
Elle reprsente
d'un ct la desse de
f la Libert, 'entoure
de cette inscription
Patria y Liber/ad.
-d :7.-Souvenir;
sur l'autre face il y
a : BReplblica de Cu-
ba, et six etoiles qui
reprsentent les six
Etats formant les di-
visions de la Rpu-
blique et qui sont: La
HIavane, 31atanzas,
Occident, las Villas,
Camagiiey ou Cuba-
nacmn, et Orient.
Cette monnaie etant
aie ubainun nouveau moyen
de soutenir notre
guerre de l'Indpen-
dance, il cst inutile de dire aux Cubains et
ceux q(lui sympathisent notre cause que son
acquisition est un acte patriotique.


PRIX DE L'ABONNEMENT (, 1Fi4A'i..,.
l'r :JS iKI r,
Une anne, payable d'avance... 20 Cr. 22 fr
Un semestre, id. id. ... Il fr. 11 .554
Un trimestre, id. id. ... G fr. 6.S"
-A L'TRANGER
Une anne, payable d'avance ............ 25 fi
Un semestre, id. id. ............. 13 fr
UN NUMEIRO....... 0 fr. 25


VICTOIRE DES PHILIPPINS


Confession de l'Espagne.
La droute prouve par les Espagnols Puray
a t telle que les journaux espagnols eux-m-
mes, aprs l'avoir cache avec soin,n'ont pu fair
moins que d'en parler assez pour que nos lec-
teurs puissent se rendre compete de ce qu'a t
ce dsastre.

Avant le combat.
Le gnral espagnol Primo de Rivera rsolut,
le 14 juin,.d'attaquer les forces rvolutionnaires
qui taient Puray sous les ordres du gnral
Aguinaldo.
A cet effet, il ordonna la mise en route de di-
verses colonnes vers le point indiqu.

L'excuse.
Il result' aujourd'hui que les chefs de colon.
nes ignoraient la route suivre et que c'est pour
ce motif que seule la colonne Dugiols arriva au
lieu du combat.

La dbcle.
Tout coup la colonne Dugiols s'est trouve
environne par les Philippins qui l'attaqurent
avec une vaillance telle que les Espagnols furent
compltement mis en droute.

Les pertes.
Les pertes prouves sont trs importantes,
bien que le gouvernement espagnol n'avoue que
les suivantes :
Morts : 2 capitaines, 2 lieutenants, 70 soldats;
blesss : 80 hommes ; prisonniers : ':0 hommes.
Les Espagnols ont perdu, de plus, une grande
quantit d'armements et de munitions.

Precaution espagnole.
Le gouvernement a interdit a la Presse de
Manille et ceux qui ont pu s'chapper de ce
dsastre, de dire ce qui s'est pass dans cette
action de guerre malheureuse pour eux.
Probablement dans le but de tr.nsform.r ,n
victoire pour les armes espagno-le:, ce qui, 'n
ralit,, a t une horrible db:i' l .I

Nouvelle dception.
Cette glorieuse victoire des lt'vulutilim aires
Philippins a produit en Espagiie une profonde
sensation; les EspagnoIs se rc;:dent compete (lde
ce que la pacification dle Primo J( l:ivera au<
Philippines resemble h c'lc le le Valerion iL
Cuba.




*


_ _


_L


i~iiI --~ i i I ~ ------






29. JUILLET 1897.


L'AUTRUCHE ESPAGNOLE


Ils ont bien. raison, quelques messigurs de la
press parisienne, de consacrer leurssbeaux es-
prits ad ,na.jorem gloriam HIispani(e: il ,faut
en cg/venir aprs ,tiut : J'E-pzni,;: est invula-
rabl. Sa puissar.ce est ,immatrielle ,et ell .r-
side dans il'maginpation espagAole -- ou taras- 1
cugnai-se. ~B1. n .q. c, e.c, i .1(, Do, P .Qui .h.it tle de
.il t l., ie t s irpai.,: epn ,,pl..i ts ;,s le bo.
T4InqtIin 4i r Je d. :l. i -. .
Cette imagination surchauffe au rouge blanc
donne loignon cru le got de l'ananas; elle
fait d'une sale capa perpe de trous un iantgakau
royal, Grce elle lorsque, la guerre, l'Espa-
gnol a tout perdu, mme l'honneur, autruche
hroque, il pique une tte dans le sable brlant
de sa fiert et se croit triomphant alors qu'il est
battu.
Voyez, par example, cette dpche de Weyler:
Samedi .24, 0/"/, i/,.
Deux rebelles, condamns mort par le Con-
seil de guerre, ont t gracis.
Trente insurgs ont essay de placer une
bomnbe sur la voie du chemin de Puerto Prfn-
cipe; le caporal Vicente ,F.:i ri.'idez, deux sol-
dats du furlii 50 et des voloptaires de M'.lril
les nit all.i.'us .et les ont forces se r.tirer
dans*la -manigua.
Les mmes faits, raconts 'de Cayyo Iueso par
le corritespo'rndian .d'un journal e'painl. parais-
sent sous un jour different':
Le cQnsul Le.e, dit-il, a expqos le ma4avais
effet u'a pro.duit Washington l'excution
des prisonniers qui avaient t condamns
mort par le Conseil de guerre; il a ajout
que l'Espagne aurait eu tout intrt les
gracier.
Le 15 les insurgs ont plac deux bombes
su- la ligpa i e d .uertQ-Prfn.cip., er. les for-
tins .5 et 6S; au moment o p.a'isit' une
ropqe, ces bpmbes ont clat; elles ont tu
4 hommes et bless plusieurs autres.
Le crresponda, a1oute cei, qe. VWyler ne
dit pas:
Ls rebelles ont fait sauter le magnifique
pont prs de Madruga. Dans tous les villages
de La Havane il y a des engagements cons-
tants; Weyler vient oprer dans la province,
puis il ira dans celle de Matanzas.
L'abandon de Bayamo est confirm.- La po-
pulation de Bayamo est concentre Vegui-
tas, sur la rivire Bayamo, entire deux forts.
On a aussi dcid l'abandon de Victoria
Tunas.



--*-- --


AUX AMIS DE L'ESPAGNE:

Le Temps, Le Figaro, Le Matin, Le Gaulois
L'Ec!air, La Libert, etc., etc.
A ces amis de l'Espagne, LaRpublique Cubaine
ddie cette traduction d'un article du Heraldo de
Afadrid :
PLUS DE SRIEUX
Il rsulte maintenant que .Mtximo Gmez
n'est pas bless et qu'il n'a jamais pens sortir
de l'fle de Cuba.
N'est-il pas sensible que le gnral en chef
consigne dans ses tlgrammes officials les pre-
mires nouvelles qu'on lui donne et pour si ab-
surdes qu'elles soient?
Ne faut-il pas censurer ce fait qu'au minis-
tre de la guerre on accepted tout cela avec une
si grande indifference et qu'on n'y corrige ces
dpches en supprimant tout ce qui ne repose
que sur une vague rumeur?
Que le gnral en chef veuille informer le
gouvernement de toutes les histoires qui par-
viennent ses oreilles, c'est bien; mais de l
berner le public avec des tlgrammes officials
qui n'ont pas l'autorit que donnent des faits in-
discutables, il y a une grande distance.
Pour si absurde que soit une nouvelle, lors-
que le public la voit officiellement annonce il est
port la croire relle, et elle est admise comme
prouvant le contraire de ce que disent les per-
sonnes qui savent la vrit.
On devrait, a Cuba et au ministre de la
guerre, distinguer les faits certain des faits dou-
teux, car c'est en agissant ainsi qu'il sera possible
de conserver le srieux d'une information offi-
cielle.
Depuis un an on a donn plus de trente fois"'
les nouvelles de la mort, des blessures, des fuites


de Mtiximo Gmez; malheureusement elles n'olrt
pas t confirmes, et cette faon de dire miles
choses dans les textes officials produit un mau-
vais effet chez nous et ,ne o.ias favorite pas
l'tranger.
,JLe,inme fa,i,t se ,prodwit avec la mort suppo-
,se de QuinJin Banderas.
.Se basant sur les rapports de ceux qui arri-
vrent au.campement du gnral Ruis, le gnral
,echef c.m rtuiqua que le ft.meux che f surg
Lt ait aont ,.gs une e;eo0,ggin,e livre le .', L,:,u.,
del etgo.
'Il annona la confirmation de cette nouvelle,
mais il n'a plus rien dit depuis, et a donn aux
gens le droit de se demander : Quintin Banderas
est-il mort ou non ? La chose n'est pas si insigni-
fiante pour que le gnral Weyler ait oubli de
communiquer la vrit.
Nous, savons.que la preuve de la vrit de
ces 'nouvelles ne s'obtient pas sans difficults;
mais il et t prfrable de ne pas communi-
quer cette rumeur au public sj elle pe, doit tre
cpnfirine, ..nime il et t pl.usi, oi-lda tous
de la garder secr,e quinze jqUT:s de plus, la
condition de la, faire paraitre certain.
pEn procdapt .cpmme on pr.ocde, la trite
cni funio dans l.- -ull.: vit le pays sera justifie
et au.si le doute t la mfiance avec Jesquelles
on voit tout ce qui q rapport t Ja guerre.

*- 7 M q






LA CONlGENTRATION
Notre respectable Dlgu New-York a reu
la lettre suivante qui exio'-e dans toute sa cru-
dit l'oeuvre satanique de Weyler Cuba.
lpMi.iet. Es(r.ada PalIna,
New-York.
Monsieur,
J'arrive l'instant de San Cristobal et, comme
je vous l'ai promise, je vais vous mettre au cou-
rant de ce que j'y ai vu.
Ce sont des choses si horribles qu'il me semble
te'e encre .outs le poids d'un qffreux .:ab,:hiia .
.1 y a qutelques jours j.'tais all San Cris-
tohal, mais j'y tais rest si peu de temps que je
n'avais pu voir, daos tous leurs dtails, les sc-
nes malheureuses, extraordinaires, inoues, qui
s'y droulent.
Il y a 4.000 concentrs San Cristobal ; 3.500
d'entre eux n'ont pqu emporter leurs vtements
et leurs meubles, parce que presque tout a t
brl par les troupes lors du passage de W eyler
dans cette province.
En dehors du village, c'est--dire des rues
centrales, on a construit quelques barraques qui
se composent seulement du toit reposant sur le
sol, avec une ouverture de chaque ct.
A measure que les troupes recherchaient les
pacifiques, ces derniers,effrays par les coups.de
sabre, se rfugiaient dans le village o on les en-
tassait dans les barraques: l, hommes, femmes,
enfants et vieillards sont tendus extnus; ils
mangent et dorment sans bouger de place; les
malades et les moribonds sont couchs cte a'
cte. Je n'en ai vu aucun absolument bien por-
tant.
Quand on entire dans une de ces habitations,
on voit droite et gauche les diffrents grou-
pes de chaque famille, couchs sur des sacs, ou
quelques rares fois tendus dans des hamacs.
Tous sont dcharns, presque nus; vrais sque-
lettes vivants, leurs visages indiquent une inten-
sit de souffrance telle qu'on croirait voir, dans
ces maisons de morts qui respirent, la totalit de
la douleur humaine..
A l'apect de ce martyre infini, incommensu-
rable, je crus que je ne sortirais pas vivant de
ce lieu.
Que pouvais-je faire pour soulager une si
grande infortune? Pour secourir ces malheureux
et pour les premiers soins, il et fall $ 10.000
(50.000 francs).
A droite et gauche, tous s'adressaient moi.
Monsieur, pour Dieu, mes enfants meurent
de faim , disait une femme en me montrant ses
trois petits enfants, rachitiques au dernier des
points.
- Trs prs de 1, sur un escabeau il y avait
une autre femme accroupie, avec ses deux filles
tremblantes de fivre; ct d'elles le pre, un
pauvre vieux, cuisait dans un chaudron quelques
calebasses de la plus mauvaise quality.
Voyez, Monsieur, me dit-il, c'est tout ce que
j'ai leur donner , et il regardait sa femme


et ses enfants avec un air de compassion d-
sesprir.
A'trois pas de l une femme nue, cadavrique,
me disait d'une voix qui s'entendait pine :
Mon enfant, mon cher enfant, .e vais mourir
de faiui.
Une autre allonge -dans ;un hamac fais.ait en
tendant ses ibras vers moi. Clhar Moesieur,
pensez moi: Et ainsi, le tous ,cts,j'etais a-s-
ill. poursui vi de depaandes..l .1. 1 i mnladtiub,
que perso.ne ne sa.u.rait epaier et que per-
sonne ne p.oworait ubtlier.
.Sus les appentis des magasins et des htel-
leries, des malades et des mourants sont tendus
*s.ui le sol. Un voisin vint me chercher pour que
..je visse uri de ces cas. C'tait une pelite fille de
12 14 ans, seule survivante de toute la famille
qui comprenait 9 personnies; les deux dernires
avaient t enterres le matin mme, et toutes
ta-iet mortes sur ce mme sol; la pauvre cra-
ture tait compltement nue, recouverte d'une
couverture crasseuse, rebut des soldats; elle te-
nait si peu de place que je crus qu'il n'y avait
personnel; un de ceux qui m'accompagnaient lui
dcouvrit la tte pour que je puisse la voir, et
noQts entendj'mes glors une voix mourante qui
disait : Par Dieu, ne me touchez pas, j'ai
froid. Nous lui demandmes: Veux-tu manger
quelque chose ?
Pour mourir oui, ce que vous voudrez, mais
pour m'aider vivre je ne veux rien , telle fut
sa rponse.
J'ordonnais qu'on lui apportat un pliant et du
lait et, moyennant 50 centavos (2 fr. 50) par
jour, un voisin se charge de la soigner.
Sous l'auvent d'une maison proche, il y avait
une mre avec sa fille; celle-ci, extnue de fi-
vre; la mre tait assise sur une caisse et avait
sa tte appuye sur le pliant. J'tais l. quand
une de ces pluies torrentielles de Cuba commena
tomber; les rafales de vent chassaient l'eau
sous l'avent et la mre et la fille furent bientt
mouilles jusqu'aux os; tout ce qui se trouvait l
fut d'ailleurs inond.
Cette scne, que j'ai esquisse rapidement, se
trouve chaque pas dans tout le village, et il
faudrait des rames de paper, et beaucoup de
temps pour vous relater la srie incalculable
d'infortunes qui ont dfil devant mes yeux.
Ces malheureux n'ont que deux moyens de se
procurer des aliments. Fo.urrager, comme ils
disent : on entend par cel sortir avec la guer-
rilla, car il est interdit de les laisser seuls pour
aller la recherche de gibier et de fruits.
La guerrilla sort cheval et a sa suite cette
troupe en dsordre, sale, miserable.
Ils trouvent quelquefois des resources, lorsque
la guerrilla se dirige vers les proprits o on
rencontre encore quelques mangos et autres
fruits, mais souvent ils reviennent sans rien,
aprs avoir march 3 4 lieues au pas des che-
vaux, sans avoir rien mang.
Un autre moyen de trouver la nourriture est
de recueillir les restes de la ration des soldats;
les enfants y vont spcialement; et on voit ces
groups d'innocents, chacun avec son recipient
de fer llanc, se placer autour des soldats, et at-
tendre, affams et anxieux, que les soldats aient
achev de manger pour recueillir leurs restes
dgotants.
Pendant mon sjour San Cristobal, la misre
a a-teint un tel degr qu'il n'y avait plus de
restes; par tonomie, on avait supprim aux
soldats le pain et le vin, et la more suffisait
peine leur nourriture.
Ces. pauvres petits revenaient avec des figures
si tristes et si dsoles que j'en avais le coeur
bris.
Un jour que je voyais une de ces scnes, deux
ngres se trouvaient prs de moi, et je vous
avoue que je les enviais et les trouvais bien su-
prieurs moi. Que vous tes heureux, pen-
sais-je, de n'avoir pas dans vos veines le sang
des assassins et des bourreaux.
Ceux qui mangent encore San Cristobal fer-
ment leurs portes solidement, parce qu'ils ne
peuvent remdier au mal et qu'ils veulent s'viter
des souffrances inutiles. Il y aura un moment
Vuelta-Abajo, o mme ceux qui ont de l'argent
ne pourront trouver de quoi se nourrir; quelque-
fois dj, on ne peut y acheter dq la viande
quelque prix que ce soit.
J'ai offert, pour un malade, jusqu' 2 pesos
(10 francs) pour un poulet que je n'ai pu obte-
nir; les poules, quand on en trouve, valent
2 pesos.
Les zones de culture sont une infme farce
comme tout ce qui est de Weyler.
A San Cristobal, le gnral en chef a pr-


tendu en installer une dans ces conditions. Le
laboureur travaille avec ses outils et ses boufs;
le produit se divise-en trois parts: une pour le
propritaire, l'autre pour ile commanilan't nitlti-
laire, la troisime pour celui.qui trawaille.
Ertdir, cetlii qui n'est pas 'venu 'Vuelta Abajo
n'a jamais vu dans sa plnitude la sclratesse
p .-" .:I.; c'est pour :cela que je me.suis offert
i accompagner M. Calhoun, =qui ne peut juger
pance qu'ill ;a w-u des .Lr. ieieurs de ~cette guerre.
,OP,' iie;-vou.. i0obtenir ,qU'a-n d)l/ t,_ gauver-
enent ve.ieunae ii:.:.cuit. je tu',-_.,'itMe con-
duire Vueita Abajo comme .isnple particulier
et, lorsq1ue les Espagnols s'apercevraient du fait,
il s.' .rail d de retour New-York. Il faut abso-
lument attaquer, par tous les moyens possibles,
la concentration ; c'est un devoir d'humanit et
de patriotism.
La-situation de San Cristobal que j'ai dpeinte
est la reproduction exacte de ce qui se passe a
Candelaria, Palacios, Artemisa, Pinar del Rio,
etc., etc. Si la situation continue, il ne restera
pas dans la province un dixime de la popula-
tion. L'abattement et la tristesse sont si grands
qu'ils vont se faire sentir jusque chez l'insurg,
car plus d'un a sa femme ou son enfant dans ces
villages.
Quelques femmes vinrent me voir pour que la
Dlgation de La Ilavane leur procurt quelques
secours et, parmi elies, une qui a son mari et ses
quatre fils dans l'arme cubaine.
Cette misre et les fivres sont les causes des
soumissions, mais vous pouvez. tre certain que
le soumis qui ne continue pas servir la cause
est rare, sans computer ceux qui viennent pour se
soigner et qui repartent une fois guris.
Ce qui est trs grave pour la cause, c'est la
concentration et non les soumissions. Je crois
que le plus grand bien que puissent nous faire
les Amricains, est d'intervenir au nom de la
civilisation, pour obliger l'Espagne abandonner
l'le.
Mais je vois que l'aide de ce pays viendra si
tard que nous pourrons dire comme la perruche
du conte: pourquoi maintenant? .
Je me suis procur dans la champagne quelques
documents que je donnerai au docteur.... je
crois qu'ils sont utiles.
Samedi, je vous crirai de nouveau pour vous
center un dtail d.une combinaison du gnral
Fuentes et diffrentes autres choses.
Votre ami dvou.
X.



VUX D'UN FRANAIS


A Monsieur le Directeur de La Rpublique
Cubaine.
Paris.
Monsieur,
Depuis bientt trois ans j'ai suivi avec l'attention
la plus soutenue et en me rendant compete de tous
les faits, le plus impartialement possible, la brillante
guerre d'indpendance que les Cubains ont entre-
prise.
Vous allez auLsuccs, cela est indniable; j'en suis
heureux pour vous qui aurez enfin obtenu la libert
pour la conqute de laquelle vous luttez avec une
valeur et une opinitret rares dans l'histoire des
peuples.
J'en suis heureux aussi pour nous tous qui avons
encore quelques lans d'indpendance, et qui voyons
dans un gouvernement autre chose que l domina-
tion d'un people pressurer'
Nos sentiments nationaux, l'histoire de nos luttes
contre la tyrannie, la devise inscrite sur tous nos
monuments devraient nous faire considrer les
Cubains comme des frres aider de tous nos
moyens.
Mais au contraire! Tandis que nous ftons l'anni-
versaire de la prise de la Bastille, nous contemplons
froidement la lutte des Cubains qui cherchent ren-
verser une Bastille autrement puissante et cruelle
que n'tait la ntre.
Explique qui voudra ce fait!
Cependant l'Espagne n'a mme pas droit notre
impartiality; elle a t notre ennemie de tout temps;
except cependant dans les cas dilfficiles pour elle;.
alors les caballeros, les hidalgos et les chulos unis-
sent leurs voix pour pousser des cris assourdissants
de vive l'alliance franco-espagnole, en se drapant
majestueusement dans leurs capes pouilleuses.
Esprons que cette race d'Espagnols dominateurs
abjects ne tardera pas a disparatre; une, bonne rvdo-
lution intestine ne tardera pas purger l'lbrie
de tous ses Canovas.
Et l'Espagne rpublicaine, rgnre, donnera
ses enfants la notion des droits et des devoirs de
. l'homme.
Cuba sera dj alors la nation riche et prospre
qu'elle mrite d'tre, et ses fils, la peine auijour-


la~R&p~a~- 6~Pazo~e





29- JUILLET t897.


d'hui, auront la satisfaction d'e possder une natio-
nalit envie d'e tous.
En faisant des voeux pour la prochaine indpen-
dance de votre patrie, j'ai l'honneur de vous prier
d'agrer mes salutations sincres.
A-. Villars.
25 juillet 97.



l s .r l'spp e e9.( C



UNE CONVERSATION DIFLANTE


Ruines, misre et ct 6nge. Plus de credit
L'a'utonomie inevitable'. Ingrence
alen' ande.,
Les dpches officieuses, autant que mensongres
qui courent les agencies et les organes gouvernemen-
taux de Castille sont tellement nombreuses et sou-
vent contradictoires, qu'il est, bieni difficile d'en d-
mler la vrit.
O en est la guerre cubaine ? O en est la situa-
tion en Espagne'?
Bien malins ceux qui pourraient nous renseigner
exactement, d'aprs les fatras de nouvelles publies
tort et travers partout, et parmi lesquelles L'In-
transigeant se voit chaque jour oblig d'oprer
un tri srieux pour serrer du. plus. prs possible la
vrit.
Dans ces conditions, obtenir une appreciation sin-
cre, exacte et impartial de la situation par une
haute personnalit parisienne en rapport quotidien
avec le monde official :pay-r,,,.l nous, a paru une
aubaine inespre. Nous, transcrivons. ses difiantes
dclarations sans y changer une syllabe :
L'Espagne subit en ce moment une crise
effroyable nous a dit notre interlocuteur une
crise tellement intense que la reine-rgente. et le pre-
mier ministry Cinovas ne sauraient continue long-
temps masquer la situation vraie.
Il est d Irairme six mois dce sold'e, les impts
ne rentrint, pas,, et,.de ce fait, quantity de proprits
rurales, confisques parle fisc, demeurent en friche,
improductives d-'o. ruine des. propritaires, ch-
mage et misre des ouvriers.
D'autre part,, le credit est mort. La Banque
d'Espagne, qui avanait d'es fonds au gouverne-
ment, pour les besoins urgents, sur dlgations ou
bons du, Trsor, voit ses resources diminuer et son
credit disparatre de jour en jour.
Le syndicate de la, haute banquefranaise, form
l'instigation de la Banque d'Espagne pour le prt
permanent garanti sur obligations hypothcaires
de Cuba destin au' payemenit du coupon de la
dette extrieure, s'est dissous rcemment, le gage
constitu ayant perdu toute valeur.
Le gouvernemrent espagnol est donc accul aux
pires expdients. Il songe, en ce moment, un' pro-
chain emprunt intrieur d'un milliard et la conver-
sion de la dette extrieure 4 o/o en 2 o/o. C'est de la
folie pure 1
Le premier remde consisterait appeler les lib-
raux au pouvoir. M. Sagasta, dans un recent dis-
cours-programme, a trac la conduite qu'il tiendrait
s'il prenait la place de Canovas., Son premier soin


serait de dire carrment o l'on en est c'est--dire
-la faillite et la' famine puis de rgler cote que
coite l'affaire de Cuba, Nul doute que cette fran-
chise d'attitude produisit la meilleure impression et
ft de nature sauver la malheureuse Espagne de la
catastrophe finale o la prcipite grands pas la
politique canoviste.
Quant ee qui' est de Cuba, les journaux offi-
.cieux entassent mensonges sur mensonges. Weyler
n'avance pas d'une semelle'; il demand sans cesse
des, troupes. fraiches-- qu'on peut encore lui donner
mais qui sont de quality infrieure, trop jeunes,
inaptes supporter la maladie et la fatigue et des
fonds qu'on lui promet toujours sans jamais les lui
envoyer.
De sorte que le gouvernement espagnol, pour
sortir de cette impasse, va se voir forc de finir par
o il et d commencer : la reconnaissance de l'au-
tonomie cubaine. Cet enttement stupid dans une
lutte sans issue n'aura servi qu' consommer pour
longtemps la ruine de l'Espagne et la ruine momen-
tane de Cuba.
Les seuls qui ont bnfici de la politique sans
nom du ministre C.novas-sont les Allemands, les-
quels ont d'ailleurs multipli-leurs efforts auprs de
..reine-rgente,, pour l'engager repousser l'ultima-
tum des. Cubains.
La prolongation de la, guerre . Cuba. a, en effet,
perm.is- aux Allemands la concurrence du sucre
de canne de la perle des. Antilles, n'existant plus -
d",: .p.:.rter su.r tous les ma.rehs de l'Europe leur
sucre de betterave des, prix rmunrateurs,

Ern rsum, l'ile de Cuba, quoi' qu'ils fassent, est
irrmdia-blement perd'ue poar les' Espagnois-; une
dpche rcente de La Havane announce d'ailleurs que
le chef insurg Mximo Gmez, qui tient victorieuse-
ment la campagne-, a dclar' d'an's, une-proclamation
q'ue les Cubains sont rsolus ne pas dposer les
armes tant que l'ire ne sera pas indpendante. Enfin,
l'Espagne est rduite ses derniers' hommes de
troupe, ' ses dern.iers,sous,.et. bientt,, -la terre' n?tant
plus cultive, elle en sera ses derniers sacs de fa-
rine: tel est le bilan tabli par un Castillan de
bonne foi, non gar par les passions et raisonnant
froidement sur- la situation dsespre" de son pays
qui'ont va-lu- nos- voisins, l'incurie et l'imbceillit
d'une reine incapable, associe un ministry cri-
minel.
Dj, sous la cendre accumule par ces dsastres
et ses ruines, on sent grounder le volcan d'o doit
sortir l'ruption decisive. Partout se peroivent les
prod;romes de la Rvolution mancipatrice et venge-
resse qui, seule, peut reliever l'Espagne et la replacer
au rang des nations europennes ayant poids dans
le concert du monde'.
Barcelone et Bilbao en sont aux charges de cava-
lerie, au rgine de la terreur et du sang; Saragosse,
Sville, Valence, Mad'rid sont tourmentes dtu prurit
aigu de la libert,, de ce besoin imprieux de progrs
et de justice, que la monstrueuse repression de Mont-
juich n'a fait qu'exalter et fortifier, que l'pouvan-
table misre actuelle' exaspre et incite s'affirmer
rsolument, nergiquement par des actes.
Dans les campagnes, des bandes d'affams par-
c'ouent les villages en: criant : Des armes et du
.pain!
Le gouvernement espagnol fait rpandre le bruit


qu'il s'agit de movements carlistes sans impor-
tance.
C'est mieux que cela :
Ce sont les premiers pas dans une voie nouvelle
d'un people qui se rveille. C'est peut-tre l'agonie
d'un regime, mais aussi une nation debout, revivi-
fie, sauve... grce ses malheurs mme.
Charles Roger.
(De L'Intransigeant.)


Signe des temps. Il y a deux ans tous les Espa-
gnols, croyant qu'il leur serait possible de vaincre
l'insurrection cubaine, criaient en chur : L'Es-
pagne sacrifiera son dernier centime et son dernier
homme pour l'rter contre'les rebelles
Aujourd'hui tout- l'es Espagnols sont partisans de
l'autonomie pour Cuba.
Est-ce gnrosit subite ou sagesse tardive ? Ni
l'une ni l'autre.


C'est tout simplement que deux ans se sont pas-
ss sans, que' le jour de' la. vict'oie ait lui, c'est que
utni milliiard a t dpens ou' plutt jet . l'got;
c'esti q. des deux cealtt mille hommes, envoys-
Cuba ili ne reste plus que la moiti;, dj entame'
l'heure qu'il est.
C'est qpue tous- les sacrifices ont t inutiles et
qu'on est enfin convaincu que l'insurrection ne peut
tre crase. En d'autres terms on est arriv au
dernier centime et l'on juge superflu d'aller jus-
qu'au 'dernier homme .


C'est on signe des temps, en effet, que de lire
l'Her'ldo de Madrid qui jadis s'criait:
Pas de rformes, des fusils! de lire, di-
sons-nous, ceci :
Les organes du parti libral- s'acharnent sans
piti contre les autonomistes canovistes en faveur
des autonomistes sagastins.
Les Silvelis'tes, de leur ct, et les rpublicains
sont aussi dans- le movement de sorte que les voil
tous autonomistes.
Cliimne, qui l'eut dit? Rodrigue, qui l'eut
cru ? ?-


Le temps continuant son uvre, nous verrons
bientt tous les Espagnols sparatistes. Qu'e voulez-
vous ? ncessit n'a pas de loi; n'est-ce pas MM. C-
novas, Sagasta, Silvela, et tous les a-uto-funmistes
espagnols ?


FEUILLETON
DE








PAGES DE LA GUERRE



.Eplsode d(es Maceo.

(D'une lettre au gnral Gdmer.)



El Salto;, -.i:tmbre 1877.
........... Tu as si bien fait erreur que tu devrais
plutt m'adresser des flicitations, et brfl'heure
pendant laquelle j'ai eu l'heureuse ide de laisser
,cet endroit un'iconvoi-appdt pour amuser l'ennemi,
en lui faisant plumer quelques poules, et lire quel-
ques lettres de mes amis et quelques-uns de mes
brouillons.
Cela donna du temps; et l'ordonnance Guapo La-
toison, qui tait all cherch une bouteille de lait
pour Maceo, put nous rejoindre en toute hte et
nous avertir de l'approche des ennemis. Ces derniers
nous tombaient dessus avec les bones intentions.
que tu connais et qui n'ont pas vari depuis le d-
but de cette guerre de surprises.
Nous emes, grce cet avis, quelques minutes de
rpit, et notre ami Antonio Maceo put se lever tant
bien que mal, tandis que son frre Jos, sans s'occu-
per de notre remue-mnage, runissait les six
hommes sur lesquels il pouvait computer pour la
defense.
Bientt le fandango dbuta par une fusillade
nourrie et soutenue avec fracas.
Elle intimida cet essaim de bourdons bleus (i) qui

(t) Le costume colonial des troupes espagnoles est
bleu.-N. du T.


dbordait de tous cts, persuade qu'il allait nous
prendre saws resistance et sans defense.
Nos ennemis, savaient d'avance o nous trouver,
car la famille de' la multresse Eduarda et le maitre
Justo de Los Indios, le leur avait annonc; ils leur
avaient dit, de plus, que Maceo tait mourant-et que
je le veillais avec sa femme Maria et un. personnel
peu nombreux afin de ne pas laisser les traces de
notre passage.
Le combat, ami Gmez, tait srieux et d'une
grave importance. L'tat de Maceo s'opposait une
fuite rapide; les guides Liberato Portales et Cosme
Pereira pchaient dans le Cauto; enfin, Jos Maceo
se trouvait seul avec six hommes pour contenir le
choc de cette multit''d' sous l'e feu redoubl d'pou-
vantables dcharges.
Ds le dbut du combat,qui dura depuis les pre-
mires heures de jpr.-ri,,,, jusqu' la. nuit noire,
. il paraissait impossible qu'ils ne nous criblassent de
balles.
Et cependant, par miracle, nous n'emes aucun
mal.
Nous ne dmes pas cela' aux prires ni aux pro-
tections, mais bien. ce que' Jos' Maceo, avec son
Winchester, et les hommes de l'escorte avec leurs
carabines redoublaient les pertes de l'ennemi.
Ils s'arrtaient en. s'chelonant et en se pro-
tgeant derrire les arbres, pour tirer sur la foule
de ceux qui nous poursuivaient. Le sentier, que
les-Espagnols ouvraient en troupe confuse pour
nous chasser et nous atteindre, tait couvert de
morts et de blesss.
La nuit obscure tant venue, nous nous arr-
tmes dans un endroit environ une lieue de celui
o nous avions t attaqus.
Nous entendions par intervalles, pendant le reste
de la nuit, le cri de la nmaguca que les mobiliss
produisent en joignant les mains; ce cri nous pa-
raissait le signal convenu pour se rassembler et re-
venir au centre du campement de la colonne.
Nous veillmes ainsi jusqu', la naissance du cr-
puscule.
Le gnral A. Maceo fit alors un supreme effort
de volont; nous le vimes se lever du sol sur lequel
il avait pass la nuit. Puis il donna l'ordre au guide
Liberato Portales, qui par un heureux hasard avait
pu nous rejoindre pendant notre retraite, de cher-
cher de nouveau les eaux du Bio, mais dans la di-
rection du potrero de la Savane de San Miguel.


Nous- marehmes- avec lenteur en dcrivant des
ondulations; pas pas cause du mauvais tat dans
lequel se trouvait Maceo qui n'ous, suivait affaibli,
bless aux' poumn'ons. Ses, blessures taient cepen-
.dant en voie de cicatrisation.
Nous v-inmes tous les sentiers que nous croismes
surveills par l'ennemi qui nous cherchait encore avec
soin.
Nous arrivmes enfin au potrero, sans avoir eu
d'autre incident que celui d'avoir rencontr sur
notre route les ttes et les os de la vache et du: veau
que nous avions mangs la nuit prcdente.
Nous entrimes dans le potrero que nous avions
dj travers; nous avanmes- jusqu' un kilomtre
d'e la rivire et nou-s finimes halte.
Maceo, persuade qu'il se trouvait prs du lieute-
nant-colonel Mayia Rodriguez qui pouvait nous tre
utile grce aux- quelques ca-va-liers de sa troupe, crut
pouvoir camper en ce lieu.
Nous passmes une nuit tranquille mais avec le
dsagrment unique, il est-vrai, d'tre obligs dor-
mir le venture creux.
A peine le soleil' se levaitr que nous entendimes
quelques cou.ps de fusil de notre garde qui se repliait
sur Jos Maceo;..
Ce dernier, avec une agilit incomparable, court
faire face lennemi, qui, mieux renseign, entrait
dans le champ de tous les cts la fois. Il conver-
geait vers nous en faisant pleuvoir une nue de
balles, et accompagnait ses dcharges de terrible
jurements et de plaisanteries dans ce genre :
Halle, moricauds! Nous roous suirrons jusqu'en
Guine : Rends-toi, Maceo; c'est nous qui le guri-
rons. Nous te prendrons mort ou vnivait.
La parties de la montagne sur laquelle nous op-
rions notre retraite tait un mauvais terrain crois de
broussailles qu'il fallait couper pour s'ouvrir un
chemin.
Maria, la femme insparable d'Antonio M\acco,
suivait son mari pied, sans crainte et confiante
dans la valeur et l'adresse de son beau-frre.
Jos Maceo couvrait notre march et blesssait
mort ceux qui mettaient le plus d'audace nous
poursuivre.
Cette chasse se continue sans que nous prou-
vessions de pertes et nous pmes gagner le lit du
ruisseau E Arroyo de la Municion, d'o nous arri-
vames aisment sur le champ de Barajagua.
L, le gnral Maceo demand son cheval que l'or-


dbrinance Sera'ibo menait par la bride; ds qu'on' le
lui.et amen; il v monta sans s'occuper de ses dqu,-
loureuses blessures. Il se lana au galop dans.cl-s
dtours du chemin qu'il cessa de suivre lorsqu'il se
trouva l'entre de celui qui marquait l'autre
ct d'u ruisseau de Pantezuela.
Pendant toute l'. journe, sas gardeset ses' dfen-
seurs vinrent l'y rejoindre. Ils taient retardsk dans
leur march parce qu'ils marchaient pied et on
suivant les traces de son cheval.
L'ennemi' arriva aussi jusqu'au chemin: de lBara-
jagua, mais dans les mauvaises conditions dans les-
quelles' l'avait plac Jos Maceo.
Nous le laissmes l aux prises avec Mayia Rodrir
guez, qui l'arrta le temps ncessaire pour lui faire
quelques morts qui' allrent augmenter le nombre
des' pertes que Jos Maceo lui avait causes la, veil4t.
J'ai baptis, cette journe la terrible, , cause d'e
cette chasse acharne qui fut provoque par la dla-
tion de la famlille de la multresse Eduarda.
Cette dlation a servi uniquement prouver aux
Espagnols qu'il ne faut jaemais poursuivre les blesss,
et lui dmontrer aussi que le gnral M-aceo,
come tout insurg de bon calibre, gurit mieux
avec de l'eau, du fer et du feu, qu'avec des crats et
des baumes.
Pendant ce temps le mdecin prenait des notes.;il
se proposait, si cette surprise lui laissait la vie sauve,
de poser aux professeurs et aux acadmiciens la
question suivante': Esf-il possible... dans cetie
terre de paludisme, qu'un home abattu par la
maladie, couch sur un lit de feuilles, mal couvert,
sans drap, ayant ses poumons lss par le plomb
d'une balle de kemington et le fer d'un revolver;
bless la main, au milieu et la parties antrieure
de son avant-bras droit, est-il possible, dis-je, que cet
homme puisse se lever malgr la gravit de ses
blessures, faire des lieues pied, ne manger ni dor-
mir. pendant trois jours entiers, traverser des rivires,
monter cheval, et s'lancer au galop.
Puis, aprs tant de violent exercices, dire qu'il se
trouve mieux portant et qu'il espre promptement
achever sa gurison pour prendre sa revanche, et
qu'il espre rendre avec advantage la dette contracte
vis--vis des dfenseurs de l'absolutisme colonial et
de l'esclavage.

1)r'. t'l/., li'.qniredo.


C'est gal, les Espagnols de tous parties defendant
l'autonomie de Cuba, voil, certes, un rsultat, inat-
tendu des victoires que, d'aprs L'Eclair, les Goths.
remportent journellement Cuba. Cette insurrection
cubaine est dcidment fertile en surprises ; la voil
maintenant convertie en une parties de qui perd
gagne.
Les Espagnols sont vainqueurs et ce sont eu-x qui
font des concessions !


Vous allez vous demander, lecteur, pourquoi la
guerre continue Cuba. Du moment que tous les
parties en Espagne sont d'accord pour concder l'au-
tonomie Cuba, il n'y a pas de raison pour que
l'on s'y batte encore.
L'explication est fort simple : tous les Espagnols
sont d'accord pour offrir l'autonomie, mais tous les
Cubains sont galement d'accord pour la refuser.



Voil plusieurs jours que notre confrre L'Eclaira
interrompu la publication de son amusant feuilleton
intitul L'Insurrection cubaine . Les autres jour-
naux de Paris ont bien public quelques nouvelles de
,Cuba, mais comme elles sont dfavorables l'Es-
pagne, L'Eclair n'a pas clair ses lecteurs en la cir-
constance.
Ce que c'est tout de mme que d'tre absolument
indpendant !


Je crois devoir dire un mot sur ce rjouissant ab-
solument qui constitute non seulement une' btise
-car on est indpendant ou on ne l'est pas,-"mais
encore une mchancet envers d'autres journaux qui
se disent indpendants sans adverbe, envers le Ma-
tin, par exemple.
A l'inverse des loups, les reptiles se' mangeraient-
ils entire eux?


M. Sagasta est dcidment l'homme du jour en'
Espagne. La propaganda en faveur de l'autono'mie
pour les Cubains- et du; pouvoir pour lui-mmie'--
est incessante. M. Sagasta dit pour le' moment l1i v-
rit; coutons-le donc' avant, qu'il, ne soit ministry,
car rien ne vaut un. portefeuille pour fire d'u.t' hotU.
nte homme un saltimbanque sans vergogne.


M. Sagasta a dit dans une interviiew avec un- s-
dacteur du Heraldo de Madrid que, loin. de partager
l'optimisme du. gouvernement, il tait, luiyun grand
pessimism.
J'ai reu-, dit-il, par le courier, de trs m'au-
vaises. nouvelles d'e Cuba.
Mais M. Denis Guibert nous dira bientt da'ns'le
Figaro que les-aUtett's de ces lettres sont tous des
menteUrs.


Le chef du parti, liberal espagnol a continue en ces
terms :
Le gnral Weyler s'obstine souteni: qU'e le
quatre provinces occidenftales sont pacifies; mais
mes nouvelles sont absolument contraires ces:op4
timismes.


,~d~bsY~ i - i i i i -~iii iPli-e-ri~ i si ~





29 JUILLET 1897.


M. Denis Guibert ne peut manquer de prendre la
plume pour nous dire que M. Sagasta se fait ren-
seigner par des flibustiers.
-A-

On ne peut cacher personnel, ajoute M. Sa-
gasta, que l'attitude des tats-Unis loin d'tre rassu-
rante est alarmante.
M. Denis Guibert estime, lui, lui seul, et c'est
assez que l'oncle Sam tremble de peur devant le
lion de Castille.

Pour se rsumer, l'interview declare que le ton
gnral de la conversation a l pessimiste au su-
prme degr. >
M. Denis Guibert dira, lui, pour se rsumer, que
M. Sagasta est un farcebr.
Mais farcer, farceur et demi.


De El Imparcial :
Le Ministre des colonies a reu une dpche du
gnral Weyler l'informant de son retour La Havane.
S On ignore les causes de ce retour prmatur.
C'est bien simple pourtant; par cette saison de
pluies, Weyler avait oubli son riflard et il est re-
tourn La Havane pour le chercher.
Maintenant, Mximo Gmez n'a qu' bien se tenir
et la mmoire de Napolon aussi.




REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 2-1. Suivant le Daily Mail, de Londres,
l'attitude du Japon l'occasion de l'annexion des
les Haway par les Etats-Unis, a excit un grand in-
trt. La situation espagnole parat mioins satisfai-
sante. La majority pense que l'occupation de Hono-
lulu par les Etats-Unis constituera une grave me-
nace pour la domination de l'Espagne sur les Philip-
pines. D'autres croient que la crise actuelle donnera
naissance une entente entire le Japon et les Etats-
Unis, dans le but de s'emparer des possessions asia-
tiques de l'Espagne.
Les Carlistes s'agitent et organisent des ru-
nions dans diverse provinces et spcialement dans
les provinces du pays basque, de la Catalogne et de
la Navarre. Leur attitude est dcidemment aggressive;
on sait qu'ils ont de grandes quantits d'armes et de
munitions caches la frontire franaise et qu'ils
ont fait d'importantes commander d'armes en Alle-
magne et en Belgique. Il est hors de doute que les
partisans de Don Carlos n'attendent, pour lever
l'tendard de la rvolte, que quelque trouble srieux
provoqu, soit par les questions de Cuba et des
Etats-Unis, soit par les impts onreux don't le pays
est accabl.
M. Morgan a prsent au Snat de Washington
une resolution demandant au president des informa-
tions sur les rclamations qu'il avait adresses
l'Espagne pour indemniser M. Jalon, du prejudice
qui lui a t caus par son emprisonnement Cuba,
et lui donner satisfaction pour les outrages qu'il a
reus.
Le Snat, de son ct, a approuv une autre
resolution autorisant le president , faire les dmar-
ches ncessaires pour obtenir la libert des citoyens
amricains pris bord du Competitor et la remise
de ce navire ses propritaires.
Du 22. De vifs engagements ont eu lieu entire
les Cubains et les Espagnols.
812 maladies se sontembarqus pour l'Espagne.
Dans un banquet donn Saragosse en l'hon-
neur de l'ancien ministry liberal, M. Moret y Pren-
dergast, le comte Romanones a violemment attaqu
le ministry d'Outre-Mer. Le reprsentant du gouver-
nement qui tait present est intervenu, 'une rixe s'en
est suivie, et l'agent du gouvernement a d mettre
le revolver au poing. Les convives ont t expulss
de la salle. Ils ont parcouru les rues de la ville aux
cris de : Vive la Libert 1
De srieuses meutes ont eu lieu Barcelone.
Les gendarmes ont t reus coups de pierres. Des
renforts ont t immdiatement envoys pour rta-
blir l'ordre.
Du 23. On n'accorde aucune importance,
W\Vashington, au tlgramme de Paris, public par la
press de Londres, et relatif une alliance offensive
entire l'Espagne et le Japon contre les Etats-Unis..
Au dpartement d'Etat on n'a aucune connaissance
de cet arrangement. M. Shermann, tant malade, n'a
pu tre interwiev ce sujet ; M. Day, secrtaire
auxiliaire d'Etat, avant t interrog, a rpondu'qu'il
considrait le fait si peu probable, qu'il ne mritait
,ime pas qu'on s'y arrtt. Les ministres d'Espagne
et du Japon sont actuellement absents de Washing-
ton.
En vertu du trait de 1877, le consul Lee a
assist aujourd'hui, La Havane, au conseil de
guerre jugeant le citoevn amricain Manuel Fernin-
dez Chaqueilo. Ce dernier, qui faisait parties d'une


expedition rcemment dbarque, avait t captur
par la colonne espagnole de Ochoa Jaruco. Le pro-
cureur a demand la peine mort.
Les Cubains ont fait clater une bombe de
dynamite prs d'un fort de champagne occup par les
troupes qui garden la ligne de railway, prs de Nue-
vitas. Deux soldats ont t tus.
Du 24. Les grves et les meutes se prolongent
Manresa (Catalogne) plus qu'on ne s'y attendait.
Elle sont rmotives par des dissensions politiques
entire les-patrons et les ouvriers. Le travail est coin-
pltement suspend et l'on croit que la solution de
ce conflict sera difficile. L'vque de Vich a rendu vi-
site au gouverneur de Barcelone pour examiner les
moyens de faire cesser la grve de Manresa. Des no-
tabilits de la ville sont venues confrer aussi avec
le gouverneur ce sujet.
Du 25. El Imparcial public une correspon-
dance venant de Manille, disant que l'insurrection
continue dans la province de Cavite. Cette correc-
pondanceajoute que la situation aux Philippines est
trs grave. Une colonne espagnole a t surprise
dans les montagnes de San-Mateo; elle aurait perdu
200 hommes. Les insurgs ont compris que le sys-
tme des guerrillas tait le meilleur pour fatigue les
troupes espagnoles.
Du 26. On announce qu'une expedition destine
renforcer l'insurrection cubaine a t prpare sur
les ctes de la Floride. Un steamer a dj embarqu
deux canons, un million de cartouches et plusieurs
caisses de dynamite. Cette expedition a t prpare
par le chef insurg Collazo et le dput amricain
Sulzer.
Du 27.- Dans un meeting organis Le6n par la
,concentration rpublicaine, M. Labra a fait l'apo-
logie de la Rpublique. Il a dit qu'elle seule pourrait
donner un vritable rgime autonomiste Cuba et
Porto-Rico.


Un dpt de munitions a t dcouvert par la
police de La Havane dans des maisons particulires.
La police a constat que des boites conserves ali-
mentaires contenaient des balles explosibles. On a
opr des arrestations. L'affaire va tre juge par un
tribunal militaire.
Une cartouche de dynamite a fait explosion
dans la maison du maire d'Arenas, province de San-
tander. Elle n'a caus que des dgts matriels. Plu-
sieurs personnel ont t arrtes. On suppose qu'il
s'agit d'une vengeance se rattachant des questions
politiques.
Du 28. Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis
Madrid, M. Woodford, est charge de rclamer
l'Espagne 75.000 dollars d'indemnit pour l'assassi-
nat du Dr. Ruiz. De plus, M. Woodford signifiera
l'Espagne que si pour le mois d'octobre prochain
elle n'a pas pacific l'ile de Cuba, le gouvernement
des Etats-Unis se verra forc en reconnaitre l'ind-
pendance.



BIBLIOGRAPHIE

Le Serment de la Cubaine. Un de nos jeunes
encore et dj brillants confrres, M. Roland Mont-
clavel, connu surtout pour son active collaboration
La Science Franaise et ses tudes exotiques,
vient de faire paratre chez les frres Fayard, di-
teurs, 78, boulevard Saint-Michel, une intressante
nouvlle : Le Serment de la Cubaine.
C'est une dramatique histoire d'amour se drou-
lant autour de l'pique rvolte de 1868. Prix: 1o cen-
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ouvrages don't on nous aura adress, franco de port.
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dessins d'actualits.

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