Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 15, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00074
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (:N FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul ee Anne PARIS. Juillet I87 N0 Une anne, payable d'avance... 20fr. %Z,.
------e A PAR IS. 15 jullet 18971 71 Unfsemestre, id. 1d. 11 fr. 1.50
Ss Un trimestre, id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCU BAINE A L'TRANGER
-- PA.AIT TOUS LES JEUDIS Uneanne, payable d'avance ...........25fr.
Les manuscripts ne soUnsemestre, id. UMRO................ 135fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... 0O fr. 25


PATIENCE!


es jours derniers, je dormais d'un
profound sommeil lorsque, vers 3
heures du matin, je fus brusque-
ment rveill par le bruit de la
,., cloche qui ne sonne, d'ordinaire,
que pour runir la maisonne
aux heures de repas.
Notre surprise fut grande tous lorsque, quelques
instants aprs, notre cousin C. B..., de Guantnamo,
entr par une porte cochre reste entr'ouverte et,
devanant un tlgramme qui ne devait tre dis-
tribu que le lendemain, nous apprenait que,
fuyant une dlation aussi absurde qu'anonyme, il
avait pu, en toute hte, s'embarquer secrtement et
arriver en France sain et sauf.
Depuis l'assassinat de l'infortun Ruiz, chacun
sait qu'il ne fait gure bon dans les prisons de
Cuba.
Deux jours aprs, notre excellent-ami, M. L...,
galement de Guantnamo, englob, son insu,
dans la mme conspiration, se flicitait avec nous de
l'heureuse ide qu'il avait eue d'amener ses enfants
en France le mois dernier pour les confier une
maison d'ducation, et d'chapper ainsi une in-
carcration plus ou moins prolonge.
Les autorits espagnoles sont affoles; un pareil
arbitraire, qui ne peut durer, est l'indice certain du
commencement de la fin, car un gouvernement qui
perd la tte ce point-l sonne lui-mme son glas
funbre.
Je dois dire que mon cousin est le fils d'un
Espagnol qui, occupant une situation considerable,
- a pu rendre les plus grands services la cause de
son pays, et qui, malgr la perte de plusieurs
millions d'affaires, cause par l'tat de guerre, dsi-
rerait voir l'Espagne triomipher. Le fils quitta Cuba
enfant; envoy aux Etats-Unis, il y a fait son duca-
tion ; officer de l'arme amricaine, c'est un vri-
table Yankee , lev aux sources des ides pra-
tiques et ne voulant s'occuper, l'ombre de son
pre, que d'affaires commercials.
Quant l'ami M. L..., parti de France trs jeune,
il a su se crer Cuba, force d'intelligence et de
labeur opiniatre, une position galement consid-
rable; ancien agent consulaire de France, il est
honor de tous dans Le pays. Et voil les hommes
que la dnonciation d'un bandit quelconque, vou-
lant assouvir une rancune personnelle, peut faire
jeter en prison, sur l'ordre d'un gnral ivre qui a
din avec eux la veille!
Eux, encore, ils ont pu se drober ces embches;
-mais combien d'autres, pauvres n'ayant pu s'enfuir,
malades sans force pour le machete, sont morts tus'
.ou abandonns en prison !
L'horreur de tant de crimes fait frissonner le
temperament le plus froid, et si l'oncle Sam s'est'
mu enfin dans la personnel de l'honnte home qui
a nom : Mac Kinley, c'est tout simplement parce


qu'il a eu connaissance de presque tous ces forfaits,
lui, le chef d'une maison de travail vivant ct
d'un repair immonde, et parce qu'il est las enfin
de ce voisinage de bandits sculaires et d'assassins
avrs.


Mon beau-frre, le "commandant J. N. J., chef
d'tat-major du gnral Calixto Garcia, m'crit, le
i" juin, que tout va bien Cuba Libre. La vie est
dure en champagne pour l'enfant gt d'autrefois...
mais peu imported personnel ne se plaint: toute l'ile
est aux Cubains, l'ile si belle autrefois, dvaste
maintenant, ruine par le flibustier espagnol qui
voudrait arracher la dernire plume de son ancienne
poule aux ufs d'or!
Comme vont les choses, nous avons le droit rai-
sonn d'esprer la prochaine solution du problme,
mais nous devons savoir attendre l'heure. Je. dis
tous que s'il est
vrai que pour faire
la guerre il faut
trois choses qui
s'appellent: l'ar-


gent, il est non
moins certain que
pour gagner dfi-
nitivement certai-
nes batailles de
longue haleine, il
faut aussi trois au-
tres choses, que
j'appelle : la pa-
tience.
L'action diplo-
matique engage
par les Etats-Unis
va trs vite de son
pas rgl et sr -
steady pace.
Quand l'oncle
Sam march, il


Juin Gualbe


sait o il va; or
il march, aprs avoir prdit aux infortuns Cubains
l'aurore du jour o la paix serait sur la terre aux
hommes de bonne volont!
Donc, patience! Je crois que, prochainement,
Cuba sera libre et je crois qu'un jour, sur le paseo de
Tacon de La Havane, en face de celle du gnral
Antonio Maceo, sera rige la statue de William
Mac Kinley, don't le premier souscripteur sera, je
veux dire : est, d'ores et dj,


4-



Les Glycines, par Nogent-sur-Vernisson,
le 10 juillet 1897.




NOUVELLE HUMILIATION


Nous savons depuis longtemps qu'il ne faut at-
tendre aucune justice de l'Espagne..... except ce-
pendant lorsque cette justice est exige avec menaces
par une nation forte.
Bien que le fait suivant se soit pass il y a dj
quelque temps, nous l'annonons aujourd'hui parce
que, notre connaissance, aucun des journaux bien
informs (et surtout bons amis de l'Espagne)
comme Le Temps, Le Figaro, etc., etc., n'en ont
souffl mot.
M. Marion Hondrick, correspondent special du


New York Journal Santiago du Cuba, crivait le 3
mars dernier:
La demoiselle franaise Louise Flament, qui
fut arrte la semaine dernire comme suspect, par
les autorits espagnoles, a t mise en libert hier.
Aprs qu'elle et t enferme au secret pendant
72 heures, le consul franais demand son juge-
ment ou sa liberation immediate.
La petition, n'obtint aucun rsultat. Deux jours
aprs, un navire de guerre franais venant de la Mar-
tinique ancrait dans le port. Le consul, accompagn
du commandant du navire, renouvela sa demand,
insistant cette fois pour la libert de la captive sans
conditions. Il la dfendit pour les outrages don't elle
avait t victim, et exigea une indemnit pour le
prejudice caus.
Il demand aussi une salveroyale commesalutau
drapeau franais, et accord, pour l'excution de tout
cela, un dlai de 6 heures aux autorits espagnoles.
Pendant ce temps, les matelots franais se prpa-
raient agir conformment aux circonstances et at-
tendaient le rsul-
tat des dmarches
avec tranquillit.
La troisime
here du dlai ne
s'tait pas coule
que le canon e9pa-
gnol saluait le dra-
peau franais et
que la jeune fille,
mise en litert,
tait rendue chez
elle.

les flicitations de
ses amis, parmi
Y lesquels M. Hyatt,
consul des Etats-
Unis et, sa dame.
Les consuls
I des diverse R-
publiques de l'A-
mrique du Sud
et celui de Chine
allrent aussi la
fliciter.
rto Gmnez fOn ne dit pas
si la suite de
cet vnement les
Espagnols de Santiago de Cuba ont cri vive l'al-
liance Franco-Espagnole.




JUAN GUALBERTO GMEZ


La Havane, Juan Gualberto Gmez, journa-
liste trs distingu, est un home de couleur.
Son nom figure parmi ceux des rvolutionnai-
res, ds le dbut de la guerre de Cuba.
G6mez rsida quelque temps Paris o il fut de
la rdaction de L'Epnement; il passa ensuite au
journal autonomiste de Madrid, La Tribuna.
A La Havane, il fit ses premires armes dans La
Fraternidad et La Discuisi6n, d'Adolfo Marquez
Sterling.
Longtemps aprs, il fut rdac eur de La Lucha,
puis directeur de La Igualdad.
Il bnficia du dcret d'amnistie du gnral Calleja,
mais on lui intent bientt une nouvelle cause : il
fut condamn aux fers perptuit et envoy Couta,
o il se trouve aujourd'hui.
G6mez est un multre qui honor sa race. Par son
education et par son talent. :1 s'est fait apprcier de
tous, qui n'ont vu et n'ont pu voir en lui qu'un.
homme de mrite.
Il ne nous est pas possible de donner aujourd'hui
sa biographie, aussi nous ,nous bornons ce court
expos.


I B.\AISSE DES FONDS ESP.\GINOLS

NOUVEAUX DBARQUEMENTS

DSERTEURS ESPAGNOLS

TLGRAMME DE LA DLGATION

DISCORDE A.LA IIAVANE

Le 12, les fonds espagnols ont prouv au
Stock Exchange, de Londres, une forte baisse
motive par une dpche de Madrid. Cette dp-
che annonait que la Gaceta disait que la circu-
lation fiduciaire de la Banque d'Espagne exc-
dait de 136,000,000 de pesetas la quantit que
cet tablissement de credit tait autoris
mettre.
Dans tous les cercles financiers l'alarme a t
grande et le manque de confiance s'est accru.

Les journaux espagnols eux-mmes avouent
que deux nouvelles expeditions ont dbarqu k
Cuba: Une au cap San Antonio, et l'autre
Santo Cruz del Sur; ils ajoutent que dj les
Cubains se sont servis des armes et des muni-
tions que ces expeditions ont emmen.

Nous avons lu une lettre date de Ca'rdenas,
le 1i juin : Dans moins d'un mois et demi,
trois companies de l'arme espagnole, et un
escadron de la guardian civil (gendarmerie) sont
passs au camp cubain. Il leur est di neuf mois
de solde.

Notre respectable dlgu Paris, le Dr. B-
tancs, a reu de New-York le- tlgramme
suivant :
Le rapport du comit des affaires trangres
considre Ona Melton comme correspondent d'un
journal et non comme insurg. Retenu illgale-
ment prisonnier, aprs avoir t pris bord du
Competitor, il doit tre rclam.
Le comit invite le president demander sa
mise en -libert immediate, en pregnant dans ce
but toutes les measures ncessaires.
Notre agent La l Havane nous informed que
Perico D)ia' rorganise rapidement les forces de
Pinar del Rio. Les operations y ont une grande
activity. Dans une rencontre. les Espagnols ont
prouv (le grades pertes prs d'Arttnisa.
Qiua[re cents blesss et malades ont t dirigs
sur La lavane. Les Espagnols abandonnent les
forts de l'intrieur, faute de troupes pour les
garden. e

L'agitation et le dsordre coutinuent parmi les
Espagnols de La llHavane. Les arr'l'''s des droitiers
en sont une cause de plus. L," I)iario de la
.MJari,a, organe des rformiste,- dans une ner-
gique protestation, dit que !7 im iustriels seule-
ment et aucun harndado i:ropritaires de
sucreries) ont assist au mee!i ,i j les droitiers.
Dans ce meeting, on a dcide obligerr le mar-
quis d'.\]ieztegui'a renoncer iS la prsidence du
part de l' nioin Constitutionnelle.






15 JUILLET 1897.'


A LA CROIX ROUGE


La lettre suivante, que nous publierons en trois
langues : la franaise, l'anglaise et l'espagnole,
en dbutant aujourd'hui par la premiere, est
un brilliant expos,.bien qu'incomplet, de l'hor-
rible situation dans laquelle le sauvageEspagnol
Valeriano a rduit l'le de Cuba.
Le Club Professionnel Federico de la Torre,
en s'adressant h Mile Barton, a mis en evidence
les atrocits contraires aux lois de l'humanit et
de la civilisation, commises chaque jour par les
Espagnols pendant la guerre de la Grande
Antille.
Il a aussi montr aver raison, aux diverse
institutions de La Croi.r-Rouge que, loin d'avoir
fait le peu de bien accompli par l'Amricaine,
elles n'ont distribu leurs bienfaisants secours
qu' l'arme espagnole. Elles n'ont pas vu, ou
ont feint d'ignorer, qu'en face de l'arme espa-
gnole, il y a une autre arme qui mrite plus
qu'elle les bnfteces de La- Croix-Roge: car
l'arme cubaine remplit toutes les obligations
tablies par la Convention de Genve, vis--vis
d'un ennemi qui fusille ses prisonniers, assassine
ses blesss et incendie ses hpitaux.
Nous avons donn i\ cet article le titre de
A La Croix-Rouge, parce qu'il s'adresse sur-
tout cette institution. Si cette euvre debien ne
sveut plus entendre rclamer l'accomplissement
de ses plus grands et ses plus sacrs devoirs,
qu'elle prenne en consideration la lettre que
nous publions, et .qu'elle fasse profiter de ses
secours ceux qui mritent un si haut degr les
bienfaits de son pouvoir lgal.
Voici l'intressant document don't il est ques-
tion :
A Mademoiselle Clara Barton,
Prsidente de La Croix Rouge Amricaine.
Mademoiselle,
Dans la sance du Club Cubain Federico de la
Torre, on a rendu compete de votre communication
date de Washington le 24 du mois d'avril dernier.
Le club vous remercie de votre rponse et croit de
son devoir d'appeler votre attention sur certain faits
qui ne doivent pas passer inaperus.
Vos sentiments humanitaires, Mademoiselle Bar-
ton, et l'honneur inn du people amricain, vous
induisent croire que le gouvernement espagnol ne
peut manquer ses devoirs vis--vis de La Croix-
Rouge et de l'humanit : cela devrait tre, tout au
moins parce que l'Espagne fait parties des nations ci-
vilises et qu'elle est la nation. qui pratique le plus
ostensiblement le christianisme.
Mais les faits accomplish jusqu' l'heure prsente
suffisent dissiper toute espce de doute, et il faut
tenir compete de ce qu'ils ont t officiellement an-
noncs par les journaux espagnols.
A notre demand Si les hpitaux-ambulances,
et autres matriaux ncessaires pour le bon fonc-
tionnement des operations de secours seraient con-
sidrs Cuba comme absolument neutres, vous
avez rpondu: La Croix-Rouge est reconnue et ne
peut avoir d'ennemis; un bless, un malade, une
femme, un enfant, sont dans l'esprit de La Croix-
Rouge des tres neutres qui n'appartiennent aucun
parti, ni quelque pays ou religion que ce soit.
Cette doctrine admirable, conqute de la civilisa-
tion moderne, n'est malheureusement pas pratique
; Cuba par le gouvernement de l'Espagne, qui, ne
tenant aucun compete des droits de l'humanit les
plus sacrs, dclare publiquement qu'il ne faut
prendre aucun soin des hpitaux de Cuba, des bles-
ss ou des malades, des femmes ou des enfants.
A ce sujet, il suffit de rappeler la clbre runion
qui eut lieu dans le Casino espagnol de La Havane,
pour constituer La Croix-Rouge Espagnole Cuba.
Parmi les decisions qui y furent prises et sanction-
nes, le Prsident, M. Santos Guzmn, annona que
La Croix-Rouge Espagnole n'accorderait pas ses se-
cours aux hpitaux et aux blesss Cubains, parce
qu'tant en tat de rebellion contre le gouverne-
ment il fallait les .traiter en rebelles.
Vous rappelez que les Turcs ont tenu compete de
la large autorisation qu'ils ont donne La Croix-
Rouge Amricaine.
Vous croyez que c'et t une insulte que de de-
mander la Turquie de respecter les employs de
votre institution; considrant que l'Espagne est une
puissance qui a sign comme la Turquie le trait de
Genve, vous dites : 11 ne faut pas le demander, ni
e:n douter un seul instant: l'autorisation du gouver-
nement espagnol n'indique-t-elle pas son devoir ?
Il nous plait de dduire de cette question, et des
observations antrieures, que LaCroix-Rouge Am-
ricaine reconnait aux blesss et aux malades de
l'Arme cublaine le droit aux bnfices de cette ins-
titution humanitaire; nous croyons que convaincus
par l'vidence des faits don't nous allons parler, faits
publis par le gouvernement espagnol lui-mme,
vous admettrez que notre club a de suffisantes rai-
sons pour vous avoir pos les questions qu'il a for-
mules.


La Lucha, journal de La Havane, a public dans
les dpches officielles, le 4 aot 1866 ce qui suit.
La colonne Pints a dtruit une ambulance tablie
dans la sucrerie Tesorero, province de La Ha-
vane ; la colonne a bris les armoires contenant la
pharmacie, et le mdecin Redondo a pris note des
mdicaments qui s'y trouvaient.
Tous les journaux de La Havaneont public la d-
pche officielle suivante :
La colonne Almansa s'est empare, dans la Ci-
nega de los Cocos , d'une ambulance compose
d'une barraque, d'une pharmacie, et d'un cimetire,
qui taient dfendus par 5o hommes.
La colonne a pris les mdicaments et les instru-
ments de chirurgie; elle a dtruit les baraquements,
et a tu 3 hommes.
Une communication officielle a trait au dbarque-
ment opr par la canonnire Alcedo , le 24 jan-
vier 1897, et on peut lire dans tous les journaux :
La troupe pntra dans l'intrieur et rencontra
l'ennemi ; elle le mit en fuite et dtruisit un hpital.
Dans La Discusin (Havane, 13 octobre 1896),
on lit la communication suivante:
Le 8, la colonne compos d'une compagnie de
Navarre et de 8o volontaires de cavalerie des mobiliss
de Matanzas, commande par le lieutenant Cosio et
les officers Mndez et Nogueras, a rencontr dans le
potrero Hoyo Colorado un group ennemi. Aprs
une demi-heure de fusillade on s'est empar de l'am-
bulance aprs y avoir fait deux morts et deux blesss;
ces derniers furent le chef'Nicols Sarez et Domin-
go Trujillo.
La Lucha du 21 novembre 1896 dit : Le lieute-
nant-colonel Fonsdeviela avec les forces de la Prin-
cessa et de Las Navas, a parcouru CampoFlorido; il
a pris une ambulance, l'a dtruite, et a tu 18 per-
sonnes ; il s'est empar des mdicaments et des mu-
nitions.'
Du mme journal, le 3dcembre 1896: Les forces
des Asturies ont dtruit une ambulance et plusieurs
chaumires.
El Pais, de LaHavane, public le fait suivant arriv
Sagua : Le chef de la demi-brigade de Luidn
rend compete d'avoir surprise l'hpital Victoria; on
a tu i personnel; 7 morts furent transports
Lajas et les 4 autres furent abandonns cause des
difficults de transport.
On s'est empar de machetes, de chevaux, de
vtements, d'une boite d'instruments, d'ustensiles
de cuisine et de documents.
Parmi les morts se trouvait le mdecin en chef
de l'hpital. -
Le D' Sentine fut massacre avec 84 malades et
blesss dans un hpital de la province de la Havane;
quelques Infirmires ont t aussi sacrifices (repro-
duit par le The New York Herald).
Le 3 septembre 1896, Luis Pairol y Martinez, lieu-
tenant de la Sant, qui portait l'insigne de la Croix-
Rouge au moment d'tre fait prisonnier, fut fusill
La Havane.
Bienvenido Snchez, prisonnier, gravement bless
au venture, a t fusill Matanzas le 15 octobre 1896.
Comme il tait en danger de mort, on le jugea de la
faon la plus sommaire.
Suivant La Region, journal de Matanzas, il fut
port au lieu de l'excution sur un brancard. Pas
un seul projectile de la premiere dcharge ne l'attei-
gnit (peut-tre que l'horrible spectacle avait impres-
sionn les soldats du peloton d'excution); il fallut
renouveler la dcharge, et pour le martyriser davan-
tage, comme il n,'tait pas encore mort, on dut lui
tirer ce que les Espagnols appellent sarcastiquement
le coup de grce.
Le 27 octobre, les Espagnols fusillrent, Matan-
zas, Armando Prado y Yorka, jeune home de
18 ans.
Il1 avait t fait prisonnier prs de la sucrerie Fe-
lit, les jambes traverses par une balle ; il fut aussi
fusill sans avoir reu de soins pour ses blessures;
on le transport dans le char d'ambulance du corps
des pompiers, et comme il ne pouvait se servir de
ses jambes, deux soldats le prirent dans leurs bras
et le portrent du char au lieu de l'excution.
Dans les journaux de La Havane il est officielle-
ment constat que Teclo Prez, bless et fait prison-
nier par la guerrilla de Jagtey Grande, a t fusill
dans le chteau San Severino, Matanzas. Pour
l'excuter on dut le transporter sur un brancard jus-
que sur l'esplanade du chateau.
Il est impossible de douter de la ralit de ces
faits, don't la nouvelle a t officiellement donne.
Ils prouvnt avec surabondance ce que valent pour
le gouvernement espagnol les principles d'humanit
et de civilisation; ils font penser que l'Espagne ac-
ceptera les services de La Croix-Rouge qui lui con-
viennent, en essgyant autant que cela lui sera pos-
sible d'empcher que ses secours parviennent au
camp Cubain, car cela serait oppose au plan de d-
vastation et d'extermination espagnol.
Nous avons omis entire autres, parce que cela n'a
pas un rapport direct avec l'assassinat des blesss,
ce fait non moins significatif: l'Espagne a refuse
rcemmentdu Consul gnral des Etats-Unis, M. Lee,
l'auto.risation de distribuer 3,ooo pains pour secourir
la population d'un village voisin de la capital.
Nous n'avons pas, non plus, mentionn, pour
n'avoir pas t officiellement public, le refus que le
gouvernement espagnol adressa, avec de'svres me-
naces au D' Luces, de Puerto Principe, qui deman-


dait l'autorisation de soigner un parent bless, qui
venait du camp Cubain, alors que ce mdecin avait
soign plusieurs Espagnols les jours prcdents.
Le D' Luces est aujourd'hui dans les rangs de
l'arme cubaine.
Si nous voulions enregistrer plus de renseigne-
ments pour prouver que les Espagnols ont toujours
opr avec frocit, nous rappellerions ce fait bien
connu. En 1871, toute la famille d'un vaillant chef
cubain, don't la plus petite fille n'avait pas encore
deux ans, fut brle vive- par les soldats du gnral
de brigade espagnol Acosta ; nous dirions que le co-
lonel Gonzlez Boet aprs un repas auquel taient
invits divers Cubains distingus, donna l'ordre
ses soldats de ne pas en laisser sortir un seul vivant;
nous rappellerions la proclamation du gnral Val-
maseda ( ',..,*, que le ministry amricain, M. Fish,
qualified d'infme document, dans laquelle on dis-
pose que tout Cubain, g de plus de quinze ans,
qui se fera prisonnier, sera immdiatement fusill.
Nous citerions principalement le dcret du gnral
Dulce de la mme anne, et public plus tard Ma-
drid par le gnral Pelez, ordonnant que tout mde-
cin, avocat, crivain ou maitre d'cole qui tombe-
rait entire les mains des Espagnols soit fusill sur-le-
champ; cet ordre fut renouvel par le gnral Mar-
tinez Campos qui dcida de ne laisser aucun prison-
nier cubain vivant; il est excut aujourd'hui avec
une extreme xagration par le gnral WevIer.
Le fait d'avoir respect la vie du gnral Rius Ri-
vera est un fait isol et qui n'et pas eu lieu si l'op-
portune intervention des Etats-Unis n'avait exist.
On n'ignore pas le mcontentement manifest par
Wevier, quand il apprit qu'on n'avait pas achev le
gnral cubain bless et prisonnier.
L'opinion espagnole est ainsi exprime dans le
Heraldo de Madrid:
Dans le monde militaire, on est certain qu'aprs
le jugement sommaire du chef Rius Rivera, ce der-
nier sera fusill sans qu'on attended la gurison de
ses blessures.
Cette croyance est base sur cette consideration
qu'il serait cruel d'attendre que Rius Rivera soit
guri pour le fusiller ensuite.
Il existe des prcdents; des individus qui
avaient commis des crimes identiques contre la Pa-
trie ont t'fusills quoique blesss. '
Nous ne voulons pas abuser plus longtemps de
votre attention, mais nous ne pouvons rsister au
dsir de vous signaler le contrast de tout cela avec
la faon don't les prisonniers espagnols sont traits
par les Cubains.
Les journaux dj cits, eux-mmes, publirent la
remise par Rego des soldats espagnols faits prison-
niers Cumanayagua; ils annoncrent comment
Lope-Recio rendit, guris de leurs blessures, les Es-
pagnols capturs la prise de Guimaro; ces faits
ont t enregistrs sur des actes que les chefs espa-
gnols ont signs.
Le gnral Martinez Campos lui-mme dclara so-
lennellement au Snat espagnol que les insurgs
rendent les prisonnirs et soignent les blesss espa-
gnols; il est le meilleur tmoin de la mise en libert
de 200 blesss qui tombrent au pouvoir du gnral
Maceo pendant l'action de Peralejo, et que Maceo fit
soigner et manger avant de les rendre leurs rgi-
ments.
Et si tout cela ne sufisait pas, les lignes suivantes
duHeraldode Madrid,du 9 avril de l'an ne courante,
seront suffisantes pour dmontrer que la civilisation
de l'Espagne dans la pratique de la guerre ne peut
tre mise au niveau de celle de la Turquie, qui a su
tenir d'une faon complete ses promesses La
Croix-Rouge Amricaine, etqui certainement n'et
pas imit les Espagnols dans le cas suivant, alors
qu'il s'agissait de ses propres soldats :
Le 3 de ce mois, le chef Alberto Rodriguez, la
tte de i.ooo cavaliers, s'est montr entire Pozo Re-
dondo et Caiman, dans la province de La Havane.
Il s'est adress au lieutenant-colonel du bataillon
des Canaries, en offrant de lui livrer un caporal de
son bataillon, exempt de blessure, qu'il avait cap-
tur, ainsi que d'autres soldats du rgiment de cava-
lerie de Pizarro, blesss et prisonniers, si nos chefs
envoyaient des bratcards pour les recueillir.
Le lieutenant-colonel consult le gnral chef
en second qui, en principle, refusa l'offre qui lui
tait faite, mais sans donner aucun ordre dfinitif
jusqu' resolution suprieure.
Pour ce motif, on n'a encore rien fait pour le ra-
chat de nos blesss.
Mais le chef Rodriguez persista pour rendre im-
mdiatement le caporal, et la remise se vrifia en
effet en presence du bataillon des Canaries et
d'autres forces espagnoles.
La relation des actions annotes jusqu'ici n'et
pas t ncessaire si Mademoiselle Barton connais-
sait quelques faits arrives dans ces derniers mois. au
sujet de prisonniers gs de moins de 18 ans.
La loi espagnole defend de condamner mort un
homme g de moins de 18 ans, parce qu'elle
considre cet ge comme une circonstance diminuant
la responsabilit du criminal et le declare attnuant
pour la peine.
Eh bien, depuis le mois de septembre ont t
prisonniers La Havane : Francisco Barroso, Polo-
nio S.ez y Sez, et Antonio Perdomo y Guzmin;
Matanzas: Armando Prado y Yorka, Jos Carme-
nate, Eleuterio Martinez Niez et Alfonso Morgan


y Olano, aucun d'entre eux n'avait accompli les.
18 ans, suivant les actes du registre civil.
Pourquoi aurait-ont suppos que la loi ne serait
pas suivie et qui aurait eu la moindre crainte pour
leur vie ?
Les conseils de guerre respectifs diffrrent, et avec
la persvrance du tigre qui attend et veille le mo-
ment favorable pour se lancer sur sa proie et la
mettre en pices, les Espagnols attendirent que ces
jeunes gens eussent accompli 18 ans, et tous furent
successivement et en peu de temps condamns
mort et fusills.- On donna ainsi l'assassinat une
grossire forme lgale.
Pour terminer, nous ajouterons la quatrime
question, que le Club Federico de la Torre dsire
faire constater qu'il se propose de prendre des arran-
gements dicts par le patriotism et la dignit de ses
membres, sans vouloir le moins du monde exciter
les susceptibilits ni fausser les droits.
Les mdecins cubains, parleur exemption des ma-
ladies endmiques du pays et par amour-propre, ont
le devoir d'oprer conjointement avec le corps des
mdecins trangers qui se propose de faire face aux
prils du climate et de la guerre de Cuba..
Ils ont cherch savoir si le gouvernement leur
reconnaissait la neutralit, sans laquelle il serait en-
fantin d'aller se mettre sans defense entire les mains
des bourreaux. Si leur neutralit n'est pas reconnue,.
ils continueront comme par le pass suivre l'arme
cubaine en champagne, en se riant de la vigilance es-
pagnole. 11l nous reste seulement vous faire nos
excuses pour avoir distrait votre attention, et nous
dire, une fois de plus, vos respectueux serviteurs.
Dr .fJulio San Martin, Dr. Eduardo F. Pla,.
President. Secrtaire.
Tampa, Fla. Juin 1897.


LA JUSTICE CUBAINE


Dans notre lettre date du 5 mai, que le gnral
MAximo Gmez adresse de Las Villas M. Es-
trada Palma, nous lisons ces lignes qui sont en ce
moment d'une oportunit indiscutable:
Les soldats de l'arme espagnole qui passent
avec leurs armes dans nos rangs sont l'exemple du
mauvais tat dans lequel.se trouve cette arme.
Le dcret qui les gratifie de deux pices
d'or, et qui les autorise choisir librement
leur manire de vivre sous les lois de la Rpu--
blique, a produit trs bon effet.
Beaucoup d'entre eux sont dj pres de famille
et vivent heureux dans la fraicheur de nos salutaires
montagnes.
Il y a quelques jours j'entrais dans la maison de
l'un d'eux, et je fus surprise de l'ordre et de l'abon-
dance qui s'y trouvaient. Son avoir suffisant lui per-
mit de m'offrir, ainsi qu' tout mon tat-major, un
abondant djeuner.
Nous rcompensmes avec dlicatesse sa femme
et ses enfants, que nous traitmes avec dfrence. Et
cet homme, qui tait venu d'Espagne avec un
fusil pour tuer ses frres, fut tout motionn
par notre dpart; effet de sa gratitude certaine-
ment.
On voit certainement que la justice cubaine n'a
pas deux poids et deux measures, parce que la Rpu-
blique protge les Espagnols et les Cubains sans dis-
tinction, et qu'elle est just pour les uns comme
pour les autres.
On voit aussi par l'extrait de cette lettre, que la
politique du gnral Mximo Gmez est en parfait
accord avec ses sentiments humanitaires et avec sa
droiture de principles si souvent prouve. Au mo-
ment o il demand une loi de reprsailles, il ouvre
les porte de Cuba Libre l'Espagnol qui ne veut pas
nous assassiner et qui veut tre respect parce qu'il
nous respect.




EIL POUR EIL


Les airs contrits et les fausses indignations des
Espagnols sent bien risibles devant l'ventualit
du dcret, par le gouvernement cubain, de la loi
des reprsailles.
Quel bruit dans le Landerneau de la press offi-
cieuse On dirait d'un caillou lanc dans une mare
grenouilles.
Je dois tre un bien mauvais exgte, mais, malgr
les plus grands efforts, je n'arrive pas comprendre
quoi rime ce dbordement de prose espagnole,
nonobstant la prolixit bien connue des compatriotes
de Don Quichotte, et il y aurait vraiment motif
me dsoler si je ne me moquais des lamentations des
valets de la press comme de la. pantoufle de S. M.
Christine.
11 me semblait, en effet, que les mauvaises actions
comportaient un chtiment, que les assassinats ap-
pelaient une vengeance et qu' la violation des lois
de la guerre on dt rpondre par la mme faon de
procder. Il parait ce sont les Espagnols qui l'af-
firment que je me suis profondment abus; tout
au plus si cette rciprocit serait admise venant d'un
people civilis, mais de la part des btes de some
de Cuba, fi donc!


l~e;ep~a~q~e Ca'a~ne





15 JUILLET 1897.


On assassine leurs femmes, les vieillards et les
enfants; on pille leurs hpitaux, on fusille leurs ca-
marades prisonniers et les Cubains osent songer
tirer vengeance de cela! Quelle audace, messei-
gneurs
Nous, Espagnols, nous massacrons, nous terrori-
sons, il sied que nous agissions ainsi; vous, Cu-
bains, vous devez nous rendre nos prisonniers,.
pargner nos convois de blesss...
Pourquoi ?
Je voudrais bien savoir si les Castillans sont des
hommes d'une autre essence que celle des patriots
de Cuba; je voudrais savoir si la vie d'un Espagnol
doit peser davantage que la vie d'un Antillais et si
aux premiers le ciel assigned le noble rle de bour-
reaux, et aux seconds la bnigne attitude des vic-
Ilmes.
Les Espagnols, qui connaissent leur Evangile, fe-
raient bien de mditer cette parole : Ne faites pas
aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous
fit.
De cette meditation un peu de logique leur reste-
rait et, pour le surplus, peut-tre trouveraient-ils
grotesque de pousser des cris de paon effarouch
la simple announce de la guerre mort .
Il ne nous convient mme pas d'pandre d'hypo-
crites tristesses sur les ncessits de la guerre. A la
guerre loyale, les'Cubains eussent rpondu par des
procds loyaux; l'infamie des tueries, ils rpon-
dront avec la rigueur que, si longtemps, ils rpu-
dirent.
Qui les en blmera ? Ces hommes ont des tres
chers venger : leur vengeance veut se dchainer
implacable : personnel n'osera leur donner tort. C'est
Ja loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent; tant
pis pour celui qui l'encourt...
Puisse de la pourpre du sang rpandu et du flam-
boiement des villages incendis surgir la ralisation
radieuse de la Rpublique de Cuba !









UNE PROTESTATION


S'il est vrai que l'on doive retourner sept fois sa
langue dans sa bouche avant de parler, on ne doit
pas tre moins prudent lorsqu'il s'agit d'crire.
Dans un de ses derniers articles notre collabora-
teur, M. Hiriart, s'criait : L'Espagne et la Turquie,
quel beau sujet de parallle! Eh bien, il n'en a
pas fallu davantage pour faire pleuvoir dans nos
bureaux une multitude de lettres, les unes mena-
antes, les autres grossires, mais toutes indignes
pour protester contre l'ide d'un pareil parallle.
Inutile de dire qu'elles nous taient adresses par
des sujets, de Sa Majest Trs Mahomtane, le
:sultan Abdul-Hamid.
Parmi ces lettres, il y en avait une fort digne et
fort sense, manant sans nul doute d'un homme
d'une position et d'une intelligence au-dessus de la
mnoyenne. Nous croyons devoir la reproduire :
Monsieur le Directeur
de La Rpublique Cubaine,
Etant de passage Paris, j'ai lu par hasard,
l'htel o je suis descendu, un article de votre jour-
nal dans lequel cette phrase m'a frapp : l'Espagne
et la Turquie, quel beau sujet de parallle Je ne
connais pas assez le franais pour savoir si le mot
parallle a le mme sens que comparison; dans ce
cas, je protest. Si l'on appelle notre pays l'homme
malade, on peut dire que l'Espagne est un cadavre ;
nous venons de prouverque nous avons encore de la
Sie et je ne vois pas dans quelle circonstance l'Es-
pagne le prouve; notre administration, don't on dit
tant de mal, n'est certainement pas plus corrompue
que celle de l'Espagne, notre gouvernement et nos
institutions sont plus stables.
Pour ce qui est de la cruaut, je protest ner-
giquement contre l'ide de nous compare aux
Espagnols; nous avons gorg trois cent mille
Armniens, mais ce crime, commis dans un moment
d'garement et dans l'ivresse du sang contre des
individus de race et de religion diffrentes de la
ntre, n'est pas comparable la froide cruaut don't
les Espagnols font preuve vis--vis des Cubains,
.c'est--dire de leurs propres frres.
Veuillez agrer, Monsieur, etc...
Ali-Mohammed. >
Il faut reconnaitre que les observations de notre
correspondent sont fort justes; aussi nous nous
empressons de dclarer que nous n'avons nullement
eu l'intention de compare la Turquie l'Espagne.
La supriorit de la Turquie. sur l'Espagne ne fait
,de doute pour personnel.




POUR UNE BONNE CAUSE


Dans cette dernire parties du sicle o tout se m-
tallise, o les meilleurs d'entre nous se voient en-
trains par un courant, hlas! trop positif, sera-t-il
permis un vrai Franais de jeter un dernier cri
d'alarme, de faire entendre un suppliant appel en
faveur de ces lutteurs, de ces hros qui meurent l-
bas pour la liberty ?


Franais, qui avez su rejeter la tyrannie, vous af-
franchir d'un joug trop lourd pour vos mes fires,
ne sentez-vous pas une immense sympathie s'lever
de votre cur pour ces- frres courageux, pour ces
Cubains si braves qui veulent conqurir une patrie ?
Il y a deux annes que ce people s'est de nouveau
.soulev d'une faon plus formidable que lors de la
guerre qui dura dix ans, et pendant ces deux annes
les fils de Cuba ont lutt hroquement pour se
faire une nation libre et dmocratique, affrontant la
mort, impassibles, avec la resolution de transformer
leur patrie en un monceau de ruines plutt que de
subir plus longtemps le joug ignominieux de l'Es-
pagne.
Pour savoir jusqu' quels gigantesques efforts les
Cubains sont dcids pour leur lutte, il est utile de
se rappeler que, pendant la dernire guerre de j868-
1878, 200,000 hommes et 400 millions de dollars
forent ncessaires pour pacifier l'ile; que le gouver-
nement espagnol dcrta 4,400 saisies de bien et que
la destruction de la proprit prive dpassa 200 mil-
lions de dollars.
Aujourd'hui, comme avant, comme toujours,
l'Espagne fait une guerre barbare et impie, la mme
qu'elle fit en Flandre. Tuer, toujours tuer, telle
est la consigne de Weyler. Mais cette odieuse bar-
barie n'intimide pas les Cubains; ils n'pargneront
aucun sacrifice; ils ont parfaitement conscience de la
difficult, mais aussi de la grandeur de leur tche,
et ils ne modifieront en rien leur ligne de conduite.
Ils restent rsolus vaincre ou mourir : -
Alea jacta esi. Ceux qui les armes la main
luttent Cuba pour secouer le joug de la domination
espagnole viennent de dire d'une faon suffisamment
nette : Ou notre indpendance, ou notre extermi-
nation. Et leurs frres dissmins dans diffrents
pays et qui les aident de tout leur pouvoir l'ont r-
pt avec eux.
Eh bien nous, qui contemplons ces hros luttant
pour se gagner une patrie, ne nous ferons-nous pas
l'cho d'une si nergique resolution ? Ne nous dci-
derons-nous pas accomplir notre devoir d'hommes
libres ?
Ce ne sont pas les soldats qui manquent, ce sont
les armes et les munitions, et c'est cela que nous
Franais nous pouvons envoyer; nous devons ouvrir
non seulement nos cjeurs, mais aussi nos bourses
la plus just des causes.
Si l'Europe oublie/ son devoir, qu'une nation au
moins s'lve entire toutes, que le vieux sang fran-
ais, si prompt s'enflammer aux ides de libert,
soit plein d'ardeur la pense qu'une fois de plus
son intervention aura sauv le faible opprim par le
fort.
S. S.
m m.--


LES MINISTRES ESPAGNOLS


Afin que nos lecteurs puissent se rendre compete
de ce que sont la plus grande parties des ministres
espagnols, nous allons citer des faits relatifs Cno-
vas et Romero Robledo ; ces faits, exposs par un
Espagnol, M. Almirall, dans son livre : L'Espagne
telle qu'elle est (pages 47 et 48), sont une preuve
impartiale de la corruption des gouvernements espa-
gnols.
S M. C.novas del Castillo, dit M. Almirall, prsi-
dent pass et future (Le livre L'Espagne telle qu'elle
est a t crit en 1887) du Conseil des ministres,
est directeur de cinq grandes companies, et touche,
ce titre, de magnifiques gratifications annuelles,
quoique, au fond, il connaisse les chemins de fer et
leur administration comme il connait les volcans de
la lune situs du ct oppose la terre.
Une anecdote amusante et parfaitement authen-
tique, d'ailleurs, donnera une ide de la manire don't
se font les choses dans notre bienheureux pays.
Lorsque M. Romero Robledo, ministry de l'in-
trieur sous Alphonse XII, n'tait pas encore devenu
millionaire, il se trouva un jour vivement sollicit
en pleine salle des Pas-Perdus, pour qu'il mit en-jeu
son influence en faveur d'une affaire de tramwavs.
Pour se dbarrasser de son solliciteur, le ministry
dclara qu'il n'entendait rien ces affaires et qu'il ne
pouvait s en occuper.
Comment! lui rpliqua son interlocuteur,
qui tait encore un peu plus effront que lui, vous
tes employ d'une compagnie de tramways, et vous
dites n'entendre rien ces affaires !
Moi, employ d'une compagnie de tramways !
rpondit le ministry au comble de la surprise.
Certainement, monsieur; la some que la
maison X. vous fait parvenir si exactement tous les
mois est porte sur le compete du tramway exploit
par cette mason.
Le ministry ignorait que le cadeau qu'il recevait
tous les mois avec tant de nonchalance et d'abandon
l'avait convert, son insu, en employ in partibus
et protecteur latent d'une compagnie de tramwavs.
Et cependant ces homes politiques qui, sans
fortune et sans exercer de profession, mnent un
grand train dans une capital ola vie est des plus
chres ; ces hommes, disons-nous, repoussent fire-
ment et avec ddain toute ide d'marger au budget
en quality de snateurs ou de dputs. >


*


Revenons en France. Suite d' un flibustier
L'Eclair . Ce journal nous apprend que des tl-
grammes adresss l'Heraldo de Madrid dmen-
tent absolument la pacification .
Un bon point, confrre. Continuez lire l'He-
raldo don't hier vous ne souponniez pas l'existence,
et vous finirez par devenir presque indpendant...
comme Le Matin, quoi.



Weyler avait annonc avec fracas qu'il allait se
mettre en route pour pacifier la parties orientale de
Cuba.
Et, de fait, il s'est mis en route en bateau; il s'est
pay un petit voyage d'agrment sur les ctes, puis
il est revenue La Havane, dclarant que la plufe
l'empchait de procder illico la pacification.
Chaque fois qu'il doit se battre, il pleut. Le gn-
ral Weyler est dcidment un gnral extraordinaire
qui clipserait Csar et Napolon... si le temps le
permettait.


Heureusement pour la mmoire de ces grands
(quoique non espagnols) capitaines, la pluie vient
chaque fois empcher Valrien d'tonner le monde.
On se rappelle qu'avant d'entreprendre des opra-
tions dans Pinar del Rio, l'automne dernier, il avait
dj mis sur le compete des lments sa prudent
inactivit.


Mais cela ne pouvait durer indfiniment. Menac
de l'intervention des Etats-Unis, Canovas fit savoir
Weyler qu'il fallait pacifier quand mme.
Celui-ci, forc d'obir, se mit en chemin avec
40.000 hommes. Sa march fut une merveille de
stratgie. Il plaa 0o.ooo hommes devant lui,
10.ooo derrire lui, o10.000ooo sa droite et 10.000ooo sa
gauche, puis : en avant, march !
Et Pinar del Rio fut pacifi..... par L'Eclair. On
s'y bat bien, encore aujourd'hui, mais amicale-
ment.


A propos, nous avons des remerciemnents adres-
ser notre confrre indpendant. Il y a quelques
jours, nous lisions dans ses colonnes :
La Epoca dment que le gouvernement des
Etats-Unis ait adress une note au gouvernement
espagnol au sujet de la champagne de Cuba.
Merci, confrre, nous savons maintenant quoi
nous en tenir, les dmentis de La Epoca tant la
meilleure des confirmations.



Cinovas est pris parties dans un premier-Madrid
du Heraldo cause de sa platitude vis--vis du gou-
vernement de Washington :
M. Cinovas se montre au monde comme
l'homme d'Etat le plus endurant du, pass et du
present.
Vous faites erreur, confrre espagnol ; M. Cnovas
est le plus grand, le plus fier des homes d'Etat;
demandez plutt M. Denis Guibert, le... rdacteur
politique du Figaro.


Du Heraldo, un peu plus loin :


Les peuples qui s'habituent ne
sont sur le chemin de leur mort.
La rciproque surtout est vraie, et,
lieu pour l'Espagne.


pas s'estimer

c'est ce qui a


D'une dpche adresse au mme journal:
Dans la province de La Havane, la rebellion est
plus forte qu'il y a un mois.
Dans Pinar del Rio, elle est dans le mme tat
qu'alors.
Depuis la line de Jucaro, jusqu' l'extrmit
orientale, les insurgs conservent leur prdominance
sur les champs o ils ont accumul des resources.
Eh bien, et la pacification?. Mais chut! Je ne
veux aujourd'hui parler que de choses srieuses.



La mime dpche nous apprend ou plutt nous
confirm que tous les mois, i.3oo i.5oo soldats
espagnols sont rapatris, de sorte qu'a l'heure ac-
tuelle, il n'y a pas ioo.ooo hommes capable d'o-
prer.
Autrement dit, l'arme espagnole est diminue de
moiti.
Or l'Espagne ne peut envoyer Cuba cent mille


homes pour remettre les choses au point o elHes
taient.
D'ailleurs, le raisonnement est fort simple; avec
2oo.ooo hommes, l'Espagne n'a pu vaincre l'insur-
rection, et elle doit continue la guerre dans des
conditions bien moins avantageuses ; sans computer
que l'argent se fait de plus en plus rare.
Vritablement, nous plaignons l'Espagne qui paie
et paiera longtemps encore bien cher son aveugle-
ment, ou plutt l'obstination de ses gouvernants,
car la nation voit bien que Cuba est perdue.





REVOLUTION CUBAINE

SERVICE SPECIAL
DE





Du 6. -Un srieux combat entire les forces espa-
gnoles, sous le commandement du gnral Maroto,
et les Cubains, qui taient fortifis, a eu lieu sur la
montagne Peregrino,dans la province de La Havane.
Les Espagnols ont prouv des pertes sensibles, don't
un capitaine tu.
Dans la province de Matanzas, divers engage-
ments Ont eu lieu.
Le gnral Weyler a public un dcret promet-
tant de secourir les Cubains qui se soumettront et
de leur donner du travail.
Dans la soire du 29 juin, 400 Cubains sont
entrs Santa Maria de Rosario, dans la province
de La Havane, et s'y sont pourvus de vivres et d'effets.
Ils ont abandonn la ville le lendemain matin en
emmenant avec eux tous les chevaux. Pendant tout
le temps que les Cubains sont rests dans la ville
pour viter les surprises, ils ont occup toutes /les
routes et spcialement la, route royale de La Havane.
Cette audace des Cubains a oblig le gnral Weyler
revenir de Santiago de'Cuba en toute hte.
Le gnral Weyler est pass par Tunas et tait
hier Sancti Spiritus; il vient La Havane danM le
but de faire des investigations au sujet de la prise
de Santa Maria del Rosario par les Cubains et pour
exiger des responsabilits.
Le chef cubain Rego, qui se trouvait dans la
Siguanea, province de Santa Clara, avec une cel-
taine de Cubains, a attaqu le village de Cuma-
nayagua qui avait eu la veille des renforts espagnols
important. Dans la fureur de la lutte, les Cubains
entrrent dans le village o se livra une lutte terrible,
corps corps. Les Espagnols ont prouv de grandes
pertes; parmi les morts se trouvent le commandant
Snchez, divers officers et le juge de paix.
Le nombre des malades augmente avec rapi-
dit dans toute l'ile et particulirement en Orient. La
ville de La Havane compete 6,ooo malades de fivre
jaune et de dyssenterie seulement. Le manque de
mdecins se fait beaucoup sentir.
Le fils du consul gnral des Etats-Unis
*La Havane est parti pour New-York ; il emporte des
renseignements contraires l'Espagne pourM. Wood-
ford.
Une dpche officielle de Washington dit que
le gouverneur espagnol de La Havane a mis en
libert le citoyen amricain M. Betancourt.

Du 7. La Commission des relations trangres
au s'nat de Washington a prsent aujourd'hui une
resolution demandant au president d'exiger du gou-
vernement espagnol une indemnit de 20,ooo dol-
lars. Cette indemnit serait paye aux citoyens
amricains, MM. Bolton et Richelieu, pour les pr-
judices qui leur ont t causs par leur injuste enm-
prisonnement Santiago de Cuba.
Du 8. M. Berry a propos aujourd'hui une r-
solution priant le president d'exiger du gouverne-
ment espagnol la mise en libert du citoyen amri-
cain Melton. M. Melton se trouvait bord du Comn-.
petitor quand ce bateau fut pris, et, depuis ce
temps, il est en prison dans l'attente d'un jugement.
Cette resolution a t passe la Commission
des affaires trangres.

Du 9. Un tlgramme espagnol dit que le parti
de l'Union Constitutionnelle a dcid de protester
contre les accusations adresses Weyler au sujet
de ses cruauts.
Les ouvriers cubains de la Floride contribuent
toujours, avec 1o pour ioodeleursalaire, auxcharges
de la revolution.
La nouvelle contraire, donne par tlgramme
aux journaux d'Europe, est fausse. Weyler projette
de faire vacuer Bayamo par la garnison espagnole,
apris avoir incendi la ville (16,000 habitants).
Les forces du-gnral Gomez, qu'on disait ser-
res de prs par les troupes de Wevler, marchent de
Las Villas sur Matanzas.

Du 1o. Le caissier de la Compagnie des che-
mins de fer du sud de l'Espagne, Basilio Martinez
Lpez, a disparu important une some de 292,000
francs.
M. Silvela a prononc, Burgos, un discourse
o il se demand si l'Espagne doit dpeupler Cuba
pour dominer le pays. L'Espagne, a ajout l'era-


Ipp;ep~y C& Qne


~-_LI~-L~ __ ~


__





15 JUILLET 1897.


teur, ne veut pas de colonies ces conditions. Le
gouvernement devrait faire connaitre ses projects.
L'opinion publique est alarme; elle ne saurait pa-
tienter davantage.
Du i i. Le marquis Apezteguia, chef de l'U-
nion Constitutionnelle, parti espagnol de Cuba, a
dclar qu'il acceptait les derniers arrangements
jpris par le parti qu'il reprsente avant son dpart
pour la Havane. Il approuvera tout gnral qui
marchera dans cette voie ; mais, suivant lui, un au-
tre que le gnral Wevler pourrait le faire avec plus
d'autorit.
L'application des rformes sera difficile
Cuba.
Du 12. Le Heraldo de Madrid public une d-
pche de La Havane annonant que les Cubains ont
russi envahir la province de La Havane. Deux
principaux groups ont pass la rivire Hanbana
et se trouvent actuellement sur le territoire de la
province.
Des Cubains ont dbarqu avec des armes et
des munitions Santa-Cruz-del-Norte, au cap Saint-
Antoine et sur quelques autres points.
Le gnral G6mez aurait ordonn de tenter quel-
ques coups d'audace prs de La Havane.
Le nombre des soldats espagnols malades d-
passe 25,ooo. don't 7,)00 dans les hpitaux de La
Havane.
On signal en plusieurs endroits le manque
d'approvisionnements par suite du retard apport au
pavement des fournisseurs.
Du I3. Le gnral. Wevler est parti de Sancti-
Spiritus pour las Tunas.
Le Heraldo de Madrid, announce que les Etats-
Unis seraient disposs prsenter au gouvernement
espagnol deux nouvelles rclamations concernant :
l'une un homme d'quipage du Competitor, l'autre
un cuisinier et un chauffeur ayant fait parties des
ex.pditions sparatistes.
Une dpche prive de New-York announce
qu'un bataillon espagnol a attaqu les Cubains de
la province de La Havane, qui se sont retirs en fai-
sant clater des bombes de dynamite. 43 soldats
espagnols auraient t tus et 5o blesss.



BIBLIOGRAPHIE

Annuaire Hachette de Paris. Avoir rendu
attrayantes et lisibles comme celles d'une uvre lit-
traire, les pages arides d'un Annuaire, voil le petit
miracle que vient d'accomplir la librairie Hachette.
Son Annuaire de Paris, paru cette semaine, d-
bute par une quinzaine d'articles sur Paris : Paris-
Charitable, le Charme de Paris, Comment Paris
reoit ses htes, Paris qui s'en va, le Rayonnement
de Paris, signs Clmenceau, Baudin, d'Hausson-
ville, Rochefort, le P. Didon, etc.
A ct des matres de la plume, les maitres du
crayon: Forain, Renouard, Caran d'Ache, etc.
Puis, encore pour distraire les yeux, une quantit
de reproductions de monuments, de statues, et plus
de 6oo portraits, avec biographie, de notabilits pa-
risiennes de la politique, des arts, des sciences, de la
press, de l'arme.
C'est un miroir de Paris, une collection d'instan-
tans anims et expliqus du Paris vivant, du Paris
qui passe, qui a pass, qui passer. Le Paris spiri-
tuel et intellectual y croise le Paris qui mange'et qui
boit. Le cerveau, le cur et le venture de Paris, tous
les organes les plus dlicats, les plus simples et les
p!us puissants, tous les rouages de ce corps norme
sont dmonts, expliqus, dcrits, classs, ti-
quets.
Comme l'Almanach Hachette, l'Annuaire Ha-
chette de Paris fera parties des meubles de la mai-
son. C'est lui qu'on aura recours toutes les fois
qu'on aura besoin d'un renseignement, d'une infor-
mation, d'une adresse, ou d'un conseil. Il sera tou-
jours l, porte de la main, sur le bureau de
l'homme d'affaires, sur la table de travail du mde-
cin, de l'avocat, du publiciste, ou sur le guridon de
la femme du monde.
L'Annuaire Hachelle est tout aussi bien comprise
au point de vue pratique. Les matires sont classes
par ordre alphabtique, commae dans un diction-
naire, de sort qu'on troue q' t immdiatement l'adresse
ou le renseignement cherch.
Devez-vous ailer dans un ministre, la Prfec-
tire de police, l'Htel de Ville, au Palais de jus-
tice ? Voici l'adresse, les omnibus ou les tramwavs
qui vous conduisent, le plan de l'difice, l'tage et le
n.umro du bureau ou vous avez affaire, les noms
des chefs de service, la manire de s'v prendre pour
u!.\i cr votre dmarche, ou pour y devenir em-
ploy, si telle etait votre intention. Autre example:
ln p.re veut faire de son fils un mdecin, mais il
dsirc se rendre un compete exact de la dure des
tudes, des sommes a dbourser pour les formalits


d'inscription, pour les examens, pour la thse, pour
les livres ncessaires, pour la pension qu'il- aura
servir son fils tudiant Paris, etc.
Il trouvera dans l'Annuaire Hachette de Paris
groups au mot Mdecin tous les renseigne-
ments don't il a besoin ; il verra que les tudes sont
longues, sont chres, qu'elles cotent pour 6 annes
d'tudes un minimum de 17,586 francs, il saura
ainsi immdiatement quoi il s'engage et s'par-
gnera des tonnements dsagrables, des rcrimina-
tions tardives et peut-tre des dboires cruels.
Et il en est ainsi pour toutes les professions et
les autres choses de la vie qui touchent notre
bourse, qui nous obligent computer, mettre dans
la balance nos dsirs et nos resources. L'Annuaire
Hachette est, tout la fois, un dictionnaire-guide,
un dictionnaire des professions, un dictionnaire
d'histoire et de gographie de Paris, un dictionnaire
de legislation usuelle, le Vace-mecum indispensable
de toute personnel habitant ou traversant Paris.


C'est un merveilleux complement de l'Almanach
Hachette, un chef-d'oeuvre de typographie, et le
dernier mot du bon march.
Lorsqu'on sait que les 1.3 millions de lettres de
l'Annuaire Hachette, composant un volume qui ne
pse qu'un kilo quatre cents grammes, renferment
la matire de 34 volumes in-i8 3 fr. 5o du poids
total de 17 kilos, on peut se dire qu'on n'a pas fait
une mauvaise affaire en achetant la valeur de deux
rayons de bibliothque pour 3 fr. 75.
Nota : Pour recevoir I'Annuaire Hachette, franco,
en province et l'tranger, il y a lieu d'ajouter le
prix du port, le poids du volume tant de i kilo
400 gr.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
.jus notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.


Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal illustr \ '\ t^'Si ,
comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement
restent notre charge.
Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, et
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