Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 8, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00073
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libertd


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul A ne ne PARIS. -uillet 70 Uneanne, payable d'avance... ]r. Pr.
Ann PARIS. 8 Juillet 1897 70 Un semestre, Id. id ... Il f. 11.50
Tlgraphe EPCBAIE Un trimestre, id. Id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'ETRANGER
P R-An. A ".IT TOUS LE S JET DIS Une anne, payable d'avance............. 25 fr.
Un semestre, id. id ............ 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... Ofr. 25


LES REPRSAILLES

ien que nous ne soyons pas
de ceux qu'a pu surprendre
la nouvelle -de la requte
S% .adresse par le gnral G6-
mez notre gouvernement,
puisque tt ou tard la ques-
tion devait se prsenter
-~c come un problme de-
mandant une solution, et quoi qu'il soit trop tt
pour faire paratre une opinion definitive sans tre
fixs sur la resolution de notre gouvernement, nous
allons faire un peu d'histoire. Peut-tre pourra-t-elle
clairer l'opinion publique, profondment alarme
par la simple announce de la loi de reprsailles.
Depuis le commencement de la Rvolution, selon
le vou de Marti, et les instructions de notre gouver-
nement, suivant les ordres de notre gnral en chef,
la guerre a t faite de notre ct suivant les prin-
cipes de la civilisation et de l'humanit; l'arme cu-
baine peut aujourd'hui dire avec un lgitime orgueil
qu'elle n'a rien, absolument rien apprendre d'au-
cune nation ce sujet. Les cubains ont soign les
blesss ennemis et mis en libert tous leurs prison-
niers; le gnral Martinez Campos l'a loyalement
avou, d'abord en son palais, La Havane, et plus
tard dans le Parlement espagnol. Cependant le g-
nral Martinez Campos lui-mme n'a pu observer la
rciprocit, puisque sous son commandement furent
fusills les chefs cubains Mujica, Rovira, Gil Gonz-
ls, Amzaga, Rodriguez et Acebo, sans parler du
grand nombre de prisonniers'de guerre' qui furent
condamns aux galres.
Malgr tout, Canovas avant la stupid prtention
d'touffer dans le sang la Rvolution, on nomma le
fameux assassin Valrien pour mettre en pratique le
plan d'extermination. C'est ainsi que le ministry es-
pagnol rpondait au manifeste adress en octobre
i89g par le gnral Gomez Au monde civilis. Dans
ce manifeste, le gnral cubain dnonait le systme
sauvage mis en pratique par les Espagnols, et don- ,
nait au monde l'assurance que les soldats de l'ind-
pendance continueraient agir d'une faon absolu-
ment oppose.
Plus tard, en fvrier 1896, l'inoubliable Maceo
s'adressa Valrien pour lui demander d'empcher
qu'une seule goutte de sang ft verse, en dehors
du champ de bataille et pour le supplierd'tre cl-
ment envers les malheureux paysans pacifiques.
La press amricaine n'a cess de protester contre
la sauvagerie de Valrien, et M. Shermann, aujour-
d'hui secrtaire d'Etat de la grande Rpublique, alla
jusqu' baptiser, en plein Snat, de gnral bou-
cher le reprsentant de l'Espagne Cuba. .Enfin,
dans des pays comme la France, l'Angleterre et
l'Italie, des journaux important et des hommes
politiques influents ont lev la voix en faveur de
Cuba u nom de l'humanit et de la civilisation
foules aux pieds par l'immonde ,Weyler. Mais
l'humanit et la civilisation n'ont-elles pas t vio-*
.les en Espagne mme, aux dpens des rpublicains,
des francs-maons et des autonomistes, par les
juges inquisiteurs de Madrid, de Valence,de Barcelone
et d'ailleurs ?
Toutes ces infamies n'ont about rien, rien de
bon. Tandis que les gouvernements trangers se
sont pms, d'admiration devant l'hrosme de
l'Espagne, cause de son obstination vouloir
lutter contre un people qui veut tre libre, ou sont
tout au moins rests dans une goste indifference,
.Cnovas, le maitre de l'Espagne, a soutenu la poli-


tique infme et la guerre d'extermination que fait
Cuba son acolyte Weyler et s'est efforc de tromper
le monde en lui annonant une pacification qui
n'a jamais exist que dans ses misrables plans.
Mais pourquoi le gouvernement espagnol
s'alarme-t-il ? Pourquoi les nations s'occupent-elles
de la demand adresse par le gnral Gmez au
Gouvernement rvolutionnaire, en vue d'obtenir
l'autorisation d'user de reprsailles ? Pourquoi
l'Heraldo de Madrid qualifie-t-il de bien triste
nouvelle la dpche-- depuis dmentie suivant
laquelle le chef cubain Monteagudo avait fait pendre
trente-six Espagnols ; pourquoi craint-il que le
dcret n'ait dj t public? pourquoi a-t-il des
doutes douloureux et pourquoi considre-t-il que
la guerre de reprsailles sera terrible ?
Le gouvernement espagnol, les puissances tran-
gres, et le journal don't nous avons parl, ne jugent
sans doute pas suffisant le long space de vingt-hui't
mois pendant lequel les Cubains ont lutt contre un


concentrant dans les villes les campagnards, afin de
les faire mourir de la faim ou des maladies qui ne
peuvent manquer de svir dans des agglomrations
semblables.
Guerre terrible , dit l'Heraldo en parlant de la
guerre de reprsailles et, certes, c'est une guerre
terrible. Mais pourquoi ce journal n'a-t-il pas quali-
fi encore la guerre d'extermination que l'Espagne
fait Cuba ? Il est probable que pour lui cette
guerre est une guerre sainteou espagnole, puisqu'elle
tend dtruire la race cubaine, de mme qu'il
appelle guerre civilisatrice celle dans laquelle les
conqurants de l'Amrique anantirent les indi-
gnes. Guerre terrible ; oui, parce que l'on va tuer
les Espagnols qui, depuis si longtemps, tuent les
Cubains...
Nous ne doutons pas que la mthode suivie par
ces derniers n'ait t trs profitable au gouvernement
espagnol ; la meilleure preuve en est l'alarme pro-
duite par la measure demande par le gnral Gmez.


Non, celui qui va rpondre, c'est un Espagnol
.que tout le monde respect pour sa loyaut, pour
son savoir et pour sa sincrit politique; c'est tun
homme qui, grce sa competence en questions
militaires, a t un des plus minents ministres de
la guerre qu'ait eus l'Espagne. C'est M. Nicolas
Estvanez qui, dans son Diccionario Militar dit,
au mot Reprsailles:
Toutefois, il est des occasions o les
reprsailles sont invitables : c'est lorsque
l'ennemi ne fait aucun cas des dnonciations
ou avertissements qu'on lui adresse, touchant
ses infractions aux usages de la guerre. Dans
ce cas, on peut avoir recours cette injustice
que sont les reprsailles, car la responsabilit
income l'ennemi.
Tout le monde saura donc maintenant qui il
faudra s'en prendre si le Gouvernement de la Rpu-
blique Cubaine dcrte la loi de reprsailles. C'est
l'ennemi qui a rpondu par l'extermination aux
avertissements qu'on lui a faits, c'est l'Espagne.



UN HROS INCONNU

Juan Febles, don't nous publions le portrait, est
un vaillant soldat de l'arme Cubaine. Il faisait parties
des lgions qui envahirent les provinces occidentales,
et prit part, sous les ordres de l'illustre gnral Maceo,
l'attaque et la prise de Candelaria.
Le'dtachement don't il faisait parties fut attaqu
par des guerillas espagnoles.
D'un caractre imptueux, Febles se laissa entrainer
par la lutte loin de ses compagnons et fut bientt
environn d'ennemis.
Ce fut alors une lutte dsespre indicible.
Le fusil et le machete servent tour tour ce
vaillant soldat. Il attaque, se met sur la defensive,
il advance, il recule, et combat avec une valeur et une
force suprieures. Il parvient ouvrir le cercle qui
l'environne, et rejoindre les siens.
Il avait sur tout le corps quarante deux blessures,
don't quelques-unes peuvent se voir sur la gravure.
Nous achevons en disant que ce hros inconnu
obtint la gurison complete de ses blessures, et qu'il
continue combattre pour la libert de Cuba.



ATTENTION !

Les journaux espagnols continent engager des
polmiques au sujet de la situation de Cuba; chaque
instant surgissent des vrits comme celle de la
rponse de El Inparcial au Nacional:
La politique de vrit, voudrait que l'on dise ce
qui se passe Cuba au lieu de donner conmme paci-
fis des territoires sur lesquels la guerre continue.
De cette faon, legouvernement nese trouverait
pas dans la trs difficile situation d'avoir deman-
der des soldats pour pacifier ce qui est dj pacific.
Comment peut-on affirmer que la guerre vatrs
bien pour la cause de l'Espagne, que les soldats
peuvent revenir la Pninsule, alors qu'on demand
de nouveaux et considrables renforts?
Les capitalistes et les journaux franais voient que
lav'rit commence se faire connaitre en Espagne.
Ils peuvent se rendre compete du triste rle qu'ils
jouent en donnant du credit aux tlgrammes espa-
gnols, qui sont tous faux et destins tromper
l'opinion publique l'tranger.
Attention beaucoup d'attention !

*


ennemi don't il soignait les blesss et qui, en rcom-
pense, fusille les prisonniers et assassine femmes,
enfants et vieillards. N'est-ce pas l'Heraldo lui-
mme qui prcha pour Des fusils, pas de r-
formes ?
L'Espagne entire a assist, les bras croiss, au
dernier exploit de Weyler rasant les campagnes,
dtruisant les plantations, immolant le btail et


Mais, si notre Gouvernement se dcide dcrter la
guerre mort, qui en sera responsible ?
Nous ne le disons pas, nous, flibustiers incorri-
gibles, ennemis irrconciliables de la sauvage et
odieuse domination espagnole ; nous ne demande-
rons pas non plus la sentence aux auteurs trangers,
puisque leur science en fait des ennemis de la gn-
reuse et calomnie patrie de Pelayo.


Un hros inconnu.






8 JUILLET 1897.


POUR LES BLESSES l UBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






17mne Liste.


Un conservateur franais................
Une blanchisseuse ..................
M r. A. Delpit, ouvrier.................
Mr. Robert Lamothe............ ......
Un lecteur de La Rpublique Cubaine.
Le petit Michel. .....................
Un Espagnol migr...................

T otal .................
Total antrieur........

Total gnral..........


Francs.
r .00'
o.5o0
0.50
I.00
I OO
o.5o
0.60

5.io
I.102.65

I.107 75,
-


Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
gouscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et-les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui. prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.









Intressante lettre du gnral MxiMnO Gmez

La Gloria (Sancti-Spiritus), 16 mai 1897.
M. Toms Estrada Palma, ministry plnipotentiaire,
de la Rpublique de Cuba.
New-York.
Mon>minent ami,
Je rponds votre belle lettre, dans laquelle j'ad-
mire la fermet avec laquelle vous dfendez nos
droits. Je l'ai dj dit, et je le rpte avec plaisir,
letter l-bas et diriger les combats de la politique,
c'est une tche honorable pour laquelle il faut un
homme d'une vertu prouve et un gnral de votre
taille, capable de soutenir le prestige de ses armes.
Dans la quotidienne corve de la guerre, ne croyez
pas qu'il y ait ici personnel qui ne se souvienne de
vous et ne vous admire; tous sont pleins de respect
et d'affection pour ceux qui contribuent la grande
oeuvre.
Ici, nous sommes toujours bien convaincus de
l'efficacit de nos procds, et, sr de mo'n plan
d'oprations, je vois mes souhaits s'accomplir et
mes projects se raliser.
J'ai dmontr Weyler qui tue, qui mutile les ca-
davres, qui va semant l'pouvante et l'horreur sur
son passage, je lui ai dmontr, dis-je, grce mes
soldats, mes vaillants soldats, que pour attaquer
et anantir les dfenseurs de nos principles, l'arme
qu'il command, l'infamie qu'il ordonne, la ruine
don't il menace ne lui serviront de rien. Il va, en-
tour de milliers,d'hommes, et les combats succ-
dent aux combats, et les incendies allums par les
triomphateurs mlent leur fume au feu des Mat-
ser.
Weyler n'a pu, malgr tous ses efforts, m'obliger
par ses operations modifier les miennes; tandis
qu'il a l'audace de proclamer que la province de Las
Villas est pacifie, nous battons en rase champagne
ses fortes colonnes, et nos forces chargent au ma-
chete la cavalerie ennemie, comme elles l'ont fait,
il y a quelques jours sous les ordres du brigadier
Jos Miguel Gmez, et sous les ordres du colonel
Jos de Monteagudo. Vous savez bien que cela se
reproduit souvent, ainsi que vous pouvez le voir
dans les dpches que je vous envoie touchant nos
operations.
Les grandes colonnes espagnoles vont, faisant re-
tentir les montagnes du tonnerre de leurs canons;
elles se sont vues obliges de faire des marches for-
ces et de se catcher la nuit dans leurs camps, sans
oser mme allumer des feux de crainte d'tre atta-
ques par nous, et les journaux de Sancti-Spiritus
publient la pacification de cette region occidentale !
Ils en disent autant de Pinar del Rio et de Matanzas,
o combattent sans relche des hommes braves et
dignes, des chefs rputs pour leur savoir et leur pa-
triotisme !
Mais Weyler est oblig de mentir pour faire plai-
sir aux ministres et pour servir le maitre qui le paie,
et il ment sans scrupule d'aucune nature, avec la
mme tranquillit don't il fait preuve lorsqu'il voit
tomber le machete des assassins qui l'escortent sur
la tte d'un adolescent, ou le fer disparaitre dans la
poitrine d'une femme ou d'un vieillard...
Je puis affirmer, en ma quality d'homme avant de
l'exprience dans la carrire des armes, d'homme
competent dans les choses de la guerre, que la cam-
pagne se termine sans que notre arme ait t en-
tame et sans que l'Espagne ait obtenu le moindre
advantage sur nous.


La Revolution est en effet plus puissante que ja-
mais, et nous continuous plus rassurs que jamais
dans l'accomplissement de la tche rparatrice que
nous avons commence.
Jamais, autant que maintenant, on n'a senti la
belle confraternit du devoir accompli ; chacun oc-
cupe son poste et se rend digne du respect du peu-
ple, aussi bien les chefs de l'arme que ceux qui
sont charges des affaires de la Rpublique, les mem-
bres du Conseil du gouvernement.
C'est ainsi, que la prochaine champagne nous trou-
vera dcids ne rien attendre que de la guerre, de
l'effort propre, bien que nous soyons remplis de gra-
titude envers les hommes et les peuples qui recon-
naissant la justice de notre cause nous encouragent
de leurs sympathies et de leur appui noble et dsin-
tress.
Le mensonge est une arme espagnole qui se re-
tourne contre celui qui s'en sert. S'il tait vrai que
les Espagnols aient pris le nombre d'armes et de
chevaux publi,par leurs journaux, il n'y aurait ni
un homme arm, ni moyens de faire, la guerre; or,
vous savez que dans ce cas j'aurais trouv moyen
de donner une solution habile nos affaires; mais ce
mensonge discrdite et ridiculise celui qui l'emploie
dans le but de nous amoindrir, ce mensonge vous
donnera aussi la measure du srieux de la politique
de nos ennemis; ce sont eux-mmes qui ont les
yeux bands par leur propre mensonge.
Ils parent d'arrangements politiques : nous n'en-
tendons rien cela, nous autres Cubains; je ne sais
de cela que ce que j'ai dj expos dans des lettres
antrieures et que je vais repter avec plaisir, comme
vous me le demandez dans la lettre laquelle je r-
ponds actuellement.
Nous avons prt serment une Constitution et
nous la dfendrons. jusqu' la mort; il est dit for-
mellement dans cet acte que nous n'entrerons en
pourparlers de paix que sur la base de l'indpen-
dance absolue de la Patrie. C'est dans ce but que
nous combattons chaque jour. Si les Espagnols veu-
lent la fin de cette lutte dans laquelle nous ne
sommes pas seuls perdre des existences et des in-
trts (car les trangers sont galement atteints), ils
nous y trouverons disposs, pourvu qu'on nous ac-
corde l'indpendance. Peu nous imported qu'on nous
demand quelques millions; pour l'indpendance
nous offrons tout, et l'argent compete beaucoup
moins pour nous que la vie de nos braves ; or ceux-
ci se sacrifient journellement sur l'autel de la Pa-
trie.
La paix, c'est--dire l'indpendance, viendra bien-
tt pour nous. L'Espagne est ruine et humilie,
tandis que nous sommes forts, victorieux et unis.
Dites cela tous, et sachez qu'il semble que le jour
approche o je pourrai payer d'une accolade frater-
nelle la vieille dette d'affection*qui, chaque jour, nous
unit davantage.
En attendant, croyez qu'il ne peut vous oublier,
votre compagnon et frre pour la defense de la Li-
bert amricaine.



P. S. Le rcit des atrocits commises par Wey-
ler serait interminable; mais pour en donner une
ide je ne citerai qu'un seul fait qui vient d'arriver
ma connaissance Manajabo (Villa Clara), o habitat
une pauvre folle nomme Maria Rodriguez; les h-
ros de Weyler ont incendi sa demeure o la mal-
heureuse est morte carbonise. Ce fait suffit pour
peindre une nation.






AUJOURD'HUI ET DEMAIN

Aujourd'hui que le gnral Weyler vient d'arriver
Santiago de Cuba pour inaugurer sa champagne
d'extermination, il convient de se rendre compete de'
l'tat dans lequel se trouve cette province.
La municipalit de Santiago deCuba a port sur le
budget de l'Assistance publique une quantit an-
nuelle de 2,500oo pesos (). Lesdpenses s'lvent ,8oo
pesos et on doit les comptes des pharmacies jusqu'
fin de fvrier, qui atteignent la some de 2 3,ooo
pesos. Les comptes du mois de mars s'lvent plus
de 2,000 pesos.
Comment fera-t-on pour payer?
Le chapitre des imprvus, qui indique 6,5oo pias-
tres, et celui des calamits publiques qui s'lve
6,oo000 piastres sont puiss.
Plusieurs centaines de commerants espagnols se
sont embarqus Santiago de Cuba important avec
eux en Espagne ce qu'ils ont pu sauver.
Si cela est ainsi aujourd'hui, quel sera l'tatde cette
province quand le vandale espagnol l'aura dvaste
comme il a dvast celles de l'Occident.



L'ULTIMATUM DE

MAC KINLEY

L'important journal amricain The Journal, an-
nonce que le Message de .ac Kinley au gouverne-
ment espagnol peut se considrer comme tant di-
vis de la faon suivante :

(1) Le peso quivaut cinq francs. N. de la R.


S- L'Espagne a perdu tout pouvoir dans l'le
de Cuba. Sous ce titre se groupent toutes les preu-
ves de ce qu' Cuba il existe une rebellion victo-
rieuse.
2 L'Espagne succombe, et elle est impuis-
sante protger les vies et les proprits des
citoyens amricains. Pour prouver cette affirma-
tion on fait suivre d'une longue liste de proprits
dtruites, de dsastres, de morts violentes, et des
rapports du consul gnral Lee et des autres consuls
amricains, etc., etc.
3" L'Espagne n'a pas rempli les obliga-
tions que les traits lui imposent. A'ce sujet on
cite la quantity de citoyens anmricains qui ont t
illgalement mis en prison et au secret. Ces graves
griefs, sont les raisons qu'invoquent les Etats-Unis
pour offrir leur mediation.
La note explique pourquoi l'Espagne ne peut do-
miner la rebellion; en termes courtois et avec des
phrases diplomatiques, elle indique l'impuissance de
l'Espagne soumettre les Cubains et son habilet
faire mourir de faim quelques milliers de pacifiques.
Le Message considre ensuite les effects que pro-
duira sur les Cubains la reconnaissance de la belli-
grance ou celle de l'indpendance.
Il fait bien ressortir que si les Etats-Unis sevoient
dans l'obligation de reconnaitre l'indpendance, l'ile
occupera, par ce fait mme, sa place et son raing
parmi les nations de l'Amrique; ds ce moment
l'Espagne sera considre comme une intruse,
acharne rduire l'esclavage un people plac sous
l'gide de la politique amricaine.
Cette parties du Message traite avec clart un prin-
cipe reconnu, et quand elle se publiera elle pourra
tre considre comme une notable explication d'un
article de la Doctrine de Monro.
Enfin, les Etats-Unis offrent leurs bons offices
comme mdiateurs, en s'appuyant sur deux points
principaux pour convaincre l'Espagne.
Dans les conditions actuelles si Cuba a-sa bellig-
rance reconnue et si par la mediation ou l'interven-
tion des Etats-Unis elle obtient son indpendance,
il sera impossible l'Espagne de payer toutes les
dettes qu'elle a contractes; on fera remarquer que
si l'Espagne accepted la mediation des Etats-Unis,
les frais de la guerre pourraient tre partags. Cuba
paierait une indemnit, tablie au besoin par un arbi-
trage et gale la valeur des proprits de l'Espagne
dans l'ile, ou quivalente aux bons Espagnols qui
sont actuellement pays avec les revenues de la
Grande Antille.




NOTES ANTIESPAGNOLES


Tous les nobles hidalgos sont sur le qui vive !
Cnovas prvoit dj la ncessit d'envoyer Cu-
ba 20,ooo hommes de renforts. L'arme des 200,000
hros espagnols qui devait balayer la grande Antille
et jeter la mer ces bandits de rebelles est en dli-
quescence. Elle est rduite de moiti; et les combat-
tants qui restent, mal vtus, mal nourris et pas pays,
sont plus disposs revenir manger des garbangos
dans la mre patrie qu' affronter le fi[tranchant des
terrible machetes.

Weyler announce il y a longtemps la pacifica-
tion des provinces de la Havane, de Pinar del Rio,
et de Matanzas.
Les rcentes victoires des Cubains dmontrent que
l'illustre gnral cultive le mensonge avec autant de
facility que l'assassinat.
De l'aveu des Espagnols eux-mmes, la province
de la Havane est plus envahie que jamais: deux
pas de la capital, les Cubains enlvent des convois,
prennent des villes et soutiennent de longs combats
contre des troupes nombreuses.
Dans la province de Matanzas, les Cubains jouis-
sent de la plus grande tranquilit.
A Las Villas, les Espagnols en sont rduits br-
ler et abandonner les villages qu'ils, ne peuvent
plus dfendre.
Les trochas de Mariel et de Jcaro sont plus inu-
tiles qu'infranchissables.

Le vaillant gnral Valeriano tlgraphie son
gouvernement que Mximo Gmez pourrait bien
mourrir un jour! Nous n'en doutons pas, ce sort
tant rserv tous, mme au hros de Castille don't
le nom seul sera immortel..... dans l'histoire de la
barbarie et des turpitudes. Cet espoir de voir mourir
Maximo G6mez cache sans doute un project de lche
assassinate; mais le malheureux sort de Maceo est
une leon de prudence pour les chefs cubains... non
bis in idem.

Le Don Quichottisme Espagnol s'est manifest
une fois de plus.
Voici un rsum des impressions d'un caballero
qui assistant aux ftes du Jubil de la reine d'Angle-
terre.
Les plaisanteries pleuvent sur les envoys des puis-
sances et sur les navires trangers qui semblent tre
les vasseaux de la grande escadre anglaise. Mais de-
vant la V'iscaya (navire espagnol) les rires cessent ;
les Anglais se souviennent avec respect du pass
glorieux de l'Espagne,.. alors qu'ils ont oubli Na-
polon.


Aprs deux ans de guerre, le gnral Weyler, avec
sa rapidit et lucidit de vues extraordinaires, a jug
qu'il devait frapper la Rvolution au cur. Il s'est
embarqu pour les provinces occident-ales et va p-
ntrer dans le Camagey, don't il announce la pacifi-
cation... prochaine. Les chefs Cubains sont affols!
Ces beaux projects espagnols ne sont pas uniform-
ment roses. Leur premiere tache sombre est annon-
ce par le Heraldo de Madrid.
Les pluies continuelles de ces jours'derniers em-
pchent le commencement de la champagne que le
gnral en chef se propose de faire Santiago de
Cuba.
En rsum: Weyler aurait dj conquis les pro-
vinces orientales si la pluie n'tait venue.
C'est une douche d'eau froide sur l'enthousiasme
belliqueux du grand, puisque "Espagnol, gnral.
En attendant, Vive Cuba Libre!








ASSASSINATE DU DR, RUIZ


Nous esprons..... Ce fut la dernire parole que-
nous crivimes dans La Rpublique Cubaine du,
18 mars, alu sujet de la mort violent du citoyenr
amricain Ricardo Ruiz. Nous avions la certitude
de ne pas avoir longtemps attendre pour que cet
horrible crime, ordonn par le lieutenant-colonel
Narciso Fonsdeviela, ft bien dmontr. Son vi-
dence justifie la reclamation des Etats-Unis.
Madame Rita Lesca,. veuve de Ruiz, tait dj aux
Etats-Unis avec ses fils; elle avait obtenu une au-
dience de M. Mac Kinley et de M. Shermann ; elle
demand un secours et la protection pour elle et ses
enfants.
Le gouvernement s'est spcialement intress ce
cas, cause des horreurs qu'il dvoile et parce que
les malheureuses victims ont inspir une profonde
compassion dans tout l'univers.
La veuve de Ruiz est'une personnel de trs bonne
education, et elle a lev ses enfants dans les rgles.
de la plus saine morale.


Dans le rapport du consul amricain de La Ha-
vane, on lit la declaration suivante de la veuve:
Pendant treize jours qu'il a t au secret, on ne
m'a permis de lui envoyer ni un manteau, ni mme
un hamac. Le 9 fvrier, aprs de nombreuses sup-
plications au garden, j'ai pu lui faire parvenir
une chaise, sur laquelle vous pourre lire les der-
nires impressions d'un homme en pleine possession
de ses facults mentales.
Le consul ajoute:
Ces impressions que j'ai vues sont crites sur Le
dossier de la chaise et ont t videmment graves
avec les ongles. Elles disent:
Mercedes, Nene, Evangelina, Ricardito, adieu
nmes enfants. Je vous bnis! Obiss&q votre mre.
Ils me tueront. Si on me conduit La Havane,
dites-le tout le monde. Adieu, Rita bien aime !
Madame Ruiz fit prendre cette chaise aprs la
mort de son mari; j'ai vu des personnel dignes de
foi : elles m'ont assur que l'inscription se remarqua
quelques jours aprs que cette chaise fut rapporte
de la cellule. Cela s'explique par sa couleur claire et
le peu de profondeur des lettres inscrites sur son
dossier.
L'acte sign par les mdecins espagnols dclare
que Ruiz est mort d'une congestion crbrale; qu'il
avait au sommet de la tte une contusion ou bles-
sure, que les mdecins espagnols dcrivent comme
tant une lgre corchure n'affectant que la peau et
ayant peine un centimtre.
Le Dr. Burguess, au contraire, la qualified de forte
contusion de trois centimtres de long sur un centi-
mtre de large.
Je dduis des faits les conclusions suivantes:
Le Dr. Ruiz a t emprisonn sur une fausse
accusation.
2" On l'a soumis une jurisdiction qui n'tait pas
rgulire; il est mort avant que le tribunal n'eit
examin sa cause et ne lui et donn, par cons-
quent, la possibility de prouver son innocence.
3' Il a t au secret dans une cellule pendant trois


~_~


~PP;e~q~ 6S~8~a~ne






8 JUILLET 1897.


,cent quinze heures, en violation des droits du trait
'qui lirnitenti la dure du secret soixante-douze
heures.
4" Il est mort de congestion crbrale, provoque
-par un coup sur la tte.
5' Il5" y a deux versions au sujet de sa blessure :
Le garden dit que dans un moment d'excitation
mentall, Ruz se mit courier dans sa cellule et
donna de la tte contre la porte dans un effort furieux
-pour la fuite.
L'autre version raconte qu'il a t -frapp sur la
tte avec le bton du garden, qui lui ordonna pro-
bablement de cesser ses cris; comme il continuait
*crier au secours et demander ses fils, il lui assna
un coup plus fort qu'on n'aurait voulu, donner.
Il est aussi possible qu'il ait t frapp pour le
forcer dnoncer d'autres personnel.
M. Mac Kinley, de son ct, dsigna M. William
J. Calhoun pour qu'il se rendit Cuba tudier la
situation de l'ile et se renseigner spcialement sur
les causes de la mort du Dr. Ruiz.
M. Calhoun, avocat des plus renomms de l'llli-
nois, est l'ami intime de M. Mac Kinley.
N Pittsbourg, il a 48 ans. Orphelin ds son en-
fance, l'ge de 17 ans il travaillait comme labou-
'reur Poland (Ohip); il profitait de ses moments
de loisir pour s'instruire en suivant les course
a'Acadmie.


En 1869, il alla Arcola d illm.:,. puis a Dam-
-ville, o il continue ses tudes et se fit recevoir
avocat en 1875.
Il se cra bientt une nombreuse clientle et fut
-nomm avocat-conseil duChemiaii,de fer de Chicago,
-de l'Oriental illinois et de plusieurs autres institu-
tions et socits i.mp:rta.rte s.
Sa carrire politique commena en 1882, par son
election comme lgislateur d'Etat.
M. Cathoun prit une part frs active l'lection
du gouverneur'de l'Eit Cullom,-au 'snat des Etats-
Unis.
Pendant la derr,.'re, champagne .lectorale,. il a
rendu dans son district des services minents la
candidaturee de M. Mac Kinli- ;grce ses efforts,
les dlgus de l'Illin'ois allrent la Convention r-
publicaine de Saint-Louis avec l'ordre de voter pour
le president actuel des Etats-Unis.
A son retour de Cuba, ona vu son rapport confir-
amer sut tous les points l'opinion gnrale, utant
er ce qui concern l'assassinat du Dr. Ruiz, qu'en
ce qui a trait l'tat favorable de la Rvolution
cubaine.



POUR CUBA


'Nous avons la satisfaction d'insrer la lettre
sui'ante :
Monsieur le Directeur de La Rpublique Cubaine,
E. V.
Monsieur,
Je vous serais trs oblig de vouloir insrer dans
votre journal quelques observations que j'ai faites au
'sujet de la guerre que vos compatriotes soutiennent
si vaillamment.
La Patrie, du 9 juin 1897, a public une lettre
d'Espagne qui pare la situation d'un costume des
des plus fantaisis'.es alors qu'il faudrait, impartiale-
ment, l'exposer dans sa nudit.
Cinovas conserve la prsidence du conseil parce
qu'il n'a pas t possible de trouver un autre fos-
soyeur soucieux d'enterrer le cadavre en putrfaction
qu'est l'Espagne.
Le premier ministry espagnol n'engage pas sa res-
ponsabilit en conservant le pouvoir; il est beau cri-
terium, conditionnellement irresponsible.
L'Espagne a eu son Lang-Son et son Adrigat.
Les armes espagnoles ont t prouves Pera-
Jejo et en cent lieux divers, par les troupes
cubaines ; elles en sont rduites aujourd'hui,
occuper les grands centres que les Cubains n'atta-
quent pas en vertu de leur plan de champagne.
Aux Etats-Unis, le vote recent de la belligrance
par le Snat la mission Calhoun, et l'acquitte-
ment des chefs du Three Friends et du Dauntless,
montrent que les sentiments favorables Cuba
Libre des Amricains n'ont pas vari.
L'hrosme pique des Espagnols peut-il se com-
parer celui des Cubains :


On a dbarqu de la pninsule une arme de
200,00ooo hommes qui devait exterminer les Cubains.
Qu'est devenue cette arme ?
Quelles victoires a-t-elle remportes ?
QQuelles provinces a-t-elle pacifies ?
Au contraire toute la parties orientale de la Grande
Antille obit aux lois rpublicaines de Cuba Libre,
tandis que dans les villes occupes par les Espagnols,
les concentrations dcrtes par Wevler causent une
misre horrible!
Nous ne voyons pas sans surprise les dfenseurs
de la Crte et de l'Irlande tre les ennemis de la
cause cubaine; nous attribuons leur.hostilit leur
ignorance; et voici ce qui autorise notre affirmation :
A l'poque de la mort de l'illustre Maceo,
La Patrie a donn le portrait de Mximo Gmez
comme tant celui du gnral insurg assassin par
les Espagnols. Cette erreur n'est pas, d'ailleurs, la
seule qui ait t commise.
Nous sommes persuades que si tous les Franais
connaissaient la cause cubaine ils seraient unanimes
la dfendre.
Agrez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments
dvous.
Jules de -.II,9"''.
-------_-- ----


.L'ARME CUBAINE


Nous recommandons ces extraits du livre El Ge-
neral Martine" Campos en Cuba,.publi Madrid,
ceux qui ignorants des conditions de lutte des
Cubains, ne peuvent s'expliquer comment ils ont
pu et peuvent lutter contre tes 2oo,ooo hommes de
l'arme espagnole. Ce livre public par M. Ochando,
aujourd'hui gnral, au lendemairi du traitde Zanjn
fut promptement saisi par ordre du gouvernement.
Dans ces extraits don't l'impartialit ne fait pas de
doute on trouvera des .faits qui caractrisent notre
arme et qui ont contribu lui crer des. admira-
teurs. Il faut considrer que l'crivain est un mili-
taire espagnol des plus renomms et qui a fait la
guerre antrieure jusqu' Zanjn.,
Il a combattu aussi pendant la guerre actuelle,
mais ses dissentiments avec Weyler l'ont oblig
regagner l'Espagne.
. . .. . . . . . . . . . . . . ... . . ... . .
Les insurgs possdaient d'indniables et pr-
cieuses qualits militaires: Des hommes qui ont
men, dix annes durant, une vie de fatigues
normes d'incroyables- privations, q-ui ont affront
tous les jours les plus. grands prils, ont suffisam-
ment inontr leur resistance, leur sobrit, leur
constance et leur courage.
. Exils des villes depuis le commencement de la
guerre, loigns pendant dix ans de la vie civilise;
privs des commodits et des resources que pro-
cure la socit : la fort a t leur patrie et leur de-
meure. Ils y ont trouv le bois, les palmes, les
lines, tous les lments ncessaires pour la cons-
truction de leurs habitations; des cordes dans la
Majagiia (.i), des plats, des verres -et d'autres usten-
siles dans le coco et la giira, des vtements dans les
cotonniers et les guacacoas, des chapeaux dans le
yarey, des aliments par les fruits, les boniatos (2),
les yucas et autres racines et du sucre, du miel, de
la cire, des mdicaments, enfin routes les resources
ncessaires la satisfaction de leurs besoins.
La fort n'a pas eu de secrets pour eux, et de
jour et de'nuit, au milieu des bois monotones par
leurs frondaisons paisses, ils se dirigeaient sans hl-
sitation vers le point dsir, avec autant d'assurance
que le marin dans l'immense tendue de l'Oc1can.
Ils ont russi lire dans la fort comme dans un
livre et ont dpass de beaucoup les fictions du grand
romancier nord amricain qui nous a dcrit la sa-
gacit des Indiens suivant la piste des anciennes tri-
bus qui peuplaient les boiset les prairies du Nou-
veau Continent. Ils trouveront sans hesitation le gi.
bier que vous poursuivez, la plante ou la racine don't
vous avez besoin, le fruit qui doit satisfaire votre
faim, le lieu o srement on trouvera de l'eau pour
apaiser votre soif. Le besoin, le danger et '.haLitude
ont donn leurs sens une finesse merveilleuse ;
l'herbe peine foule, la branch couple, la feuille
tombe, le chant et le vol de certain oiseaux, la trace
demi efface de certain animaux, la disposition
des tisons d'un foyer teint, la couleur de la cendre,
l'odeur de la fume, les particularits de chaque race
humaine et mille autres indices imperceptibles pour
tout autre, observes avec une inconceivable perspica-
cit, avec une sagacit admirable, sont, pour le Cu-
bain qui a pratiqu la fort, autant de renseigne-
ments certain; des pages dans lesquelles il lit clai-
rement tout ce qu'un tmoin oculaire pourrait lui
dire. lis vous diront s'il y a quelqu'un dans les en-
virons, combien de personnel ont camp dans un en-
droit combien ont pass dans un sentier,leur sexe, leur
race, s'ils allaient lentement ou s'ils taient presss,
depuis combien d'heures ils sont parties, de quel ct
ils se dirigeaient, et ils vous donneront, sans prendre
jamais une fausse piste pour la vraie, des renseigne-
ments surprenants au premier abord et auxquels on
n'ajouterait pas foi s'ils ne raisonnaient l'origine de

(1) Majagua, giira, guacacoa et yarey. -Noms
de quatre arbres de Cuba. N. de la R.
(2) Boniato et yuca. Noms de deux tubercules
de Cuba. N. de la R.


leurs allegations et si les faits n'avaient pas con-
firm leurs dires les plus invraisemblables.
A l'poque des operations actives ils n'ont eu pen-
dant longtemps pour nourriture que quelques fruits,
quelques racines.ou des dbris de canne sucre et
ont donn ainsi des preuves d'une sobrit vraiment
incroyable pour ceux qui ne l'ont pas constate eux-
mmes. Ils ont fait des marches incessantes et sur-
prenantes; presque toujours ils ont t mal vtus,
sans abris, sans rations et sans solde, et leur cons-
tance et leur dsintressement ne se sont jamais d-
mentis au milieu d'une existence aussi amre et p-
rilleuse.



TOUJOURS DUPES


Je suis trs heureux de reprendre ma place parmi
les collaborateurs de La Rpublique Cubaine au
moment o les organes la solde de la .cailica Es-
paTia recommencent leur champagne contre les insur-
gs de la grande Antille, champagne perfide et ignoble
s'il en fut, champagne de petits papers officieux, de
tlgrammes mensongers, de copie mane des
ambassades, de fausses nouvelles complaisamment
reproduites par les feuilles subventionnes par la
haute finance.
Malheureusement, les agissements de certain
press ne sont pas les seuls actes susceptibles d'in-
fluencer l'opinion qu'il y ait signaler nos lecteurs.
Des faits-d'une porte plus grande, marqus de' l'a
complicit inconsciente de certain homes non
suspects, se sont products en ces derniers temps
dans le midi de la France et ces faits nous semblent
mriter d'tre publis. -
La banda de artilleria de Sgovie vint, il y a, peu
peu -de temps, cueillir Marseille les lauriers dvo-
lus aux socits musicales les moins tortureuses du
tympan; le talentdes excutants-et nous ne songeons
certes pas le dnier leur valut un premier prix.
Jusque-l, rien redire.
Les villes de Toulouse, de Carcassonne, etc., heu-
reuses de s'offrir des auditions ayant quelque attrait
de nouveaut prirent le gouvernement espagnol
d'autoriser les musicians sjourner aux frais des
contribuables en leurs murs.
Je ne vois l non plus rien de rprhensible, mais
ce n'est pas tout.
A Toulouse, il y eut des concerts varis, des ban-
quets ei l'honneur des instrumentistes et que sais-je
encore ? Or, une solennit plus important vint
couronner la srie 'des rjouissances : une fte fut
organise au jardin public du Grand-Ron.d, sous les
auspices de la municipality, au profit des blesss
espagnols Cuba.
La ftefut, parait-il, splendid et produisit plusieurs
milliers de francs. Or, le jour mme o les quotidiens
rendaient compete de-ce succs, paraissait la condam-
nation du gnral Rius Rivera. Joli contrast, n'est-il
pas vrai? Eh bien I il ne se trouva pas un conseiller
municipal pas mme parmi les socialists un
publiciste indpendant pour lever la voix contre
l'audition bnfice du Grand-Rond ; il ne se trouva
personnel pour rappeler que la soi.datesq.ue du sieur
Weyler, gnral de comdie.qui joue les tratres dans
la tragdie hispano-cu`baine, au mpris de la conven-
tion de Genve, massacre impitoyablement les
blesss, incendie les hpitaux, rpudiant les plus
lmentaires sentiments d'humanit, assassine les
prisonniers.
'Que pour mendier les sympathies franaises la
musique de Sig'' .u Ou d'ailleurs vienne parader
chez nous, soit, mais que, dans un pays soi-disant
libre, dans une Rpublique, foncirement dmocra-
tique, on vienne presenter la tire-lire vide de
l'Espagne monarchique en invoquant les besoins-de
'laluttecontre les libertaires des colonies, cela dpasse
'la measure.
Nous ne flisitons pas nos compatriotes qui con-
triburent, par leur obole, l'oeuvre oppressive don't
l'Ibrie pursuit aveuglement la ralisation, 'et si une
seule protestation se devait faire entendre devant
pareille complicit inavouable nous revendiquerons
l'honneur de l'avoir formule.










LA PACIFICATION


Causons un peu de la pacification de la province
de La Havane. Causons-en sans avoir recours nos
renseignements particuliers ni ceux de quelque
ennemi du gouvernement espagnol.
Il nous suffit de donner des extraits du Heraldo
de Madrid, un des journaux espagnols des mieux
informs. Nous extrayons de son numro du 27 du
mois dernier :
Nous ne concevons pas, et il est impossible que
l'on puisse expliquer d'une faon satisfaisante que
les chefs insurgs soient aux environs de la capital
et avec les mmes forces qu'il y a huit mois.
11 est incomprehensible qu'avec les bataillons et


les rgiments qui ont opr dans une province si pe-
tite, si ouverte, croise en tous les sens par des lignes
ferres, il y ait des groups d'insurgs qui puissent
raliser des surprises et des charges au machete,
comme celle don't on nous a tlgraphi la nou-
velle.
Il y a quelques jours des groupesd'insurgs sont
arrivs Gotorro, qui est une distance de 12 kilo-
mtres du Parc-Central de La Havane ; aujourd'hui
ils surprennentet tuent nos guerrilleros sous la ligne
des feux des forts avancs de la capital.
' Il est honteux certainement que dans les envi-
rons de la capital il puisse y avoir des groups qui
se fortifient, attendent les colonnes, surprennent les
peti9 dtachements et attaquent les villages voisins
les plus important.
To'ut cela survient quand des lettres particulires
nous disent que la promenade du Parc, le Caf
d'Angleterre et les thtres de La Havane sont inon-
ds d'uniformes.
Combien de gnraux pouvait-il y avoir quand
des faits aussi graves que ceux qui nous ont t
communiqus de Key-West se passaient ? >
Il suffit de cela pour que les journaux et les bour-
siers fraiais voient ce qu'il y a de vrai dans la
pacification de la province de La Havane.
Que leur faut-il de plus ?



WEYLER OFFRE L'AMNISTIE


Nous lisons dans notre cher confrre L'Intransi-
geant:
On tdli'raphli de la Havane, 6 juillet:
Legnral Weyler a public une proclamation par
laquelle il accord l'amnistie aux insurgs qui vien-
nent faire leur sbumission, et leur offre des secours,
des vivres et du travail.
Il est impossible de mieux avouer, par cette dp-
che officielle, que tous les fameux plans de champagne
du bourreau de la Havane ont rat. Malheureusement
pour lui, il est condamn faire long feu avec la
conciliation comme avec la rigueur, les rvolution-
naires le connaissant trop bien pour se laisser prendre
ses promesses et tant d'ailleurs aussi rsolus qu'au
premier jour continue la lutte jusqu' ce que Cuba
soit libre.




BIVOLUTION CUBAINE

SERVICE SPECIAL






Du 28.- Le gnral Weyler est arriv Santiagp
de Cuba; il a dclar qu'il allait continue sa guerre
d'extermination.
Divers combats ont eu lieu .dans les provinces
de La Havane, Pinar del i,. ci Matanzas.
Du 29. Dans le. combat qui a eu lieu il y a
quelques jours la Sierrade Gil..., dans la province
de La Havane, entire les troupes cubaines, sous les
ordres de Raoul Arango, et les Espagnols, comman-
ds par Aguilera, ces derniers ont prouv des pertes
'beaucoup plus nombreuses que celles qui ont t
offciellement, dclares. La colonne espagnole se
composait -de goo.hom mes.
Le -total des nmalades de l'arme espagnole qui
se trouvent dans les hpitaux de Cuba est de 20,ooo.
A cause des grandes chaleurs, il y a plus de cas de
fivre jaune et de dyssenterie. On croit que cette
anne le nombre des malades sera le double de celui
de l'an pass.
M. Lee, consul des Etats-Unis, et son fils, ont
protest contre un article de El nIparcial. Dans
cet article, on disait que le fils de M. Lee avait
vendu au journal The Journal, de New-York, le
rapport du consulate sur la question du citoyen
amricain Ricardo Ruiz, assassin par les Espagnos
Cuba.
Du 3o. Weyler a dclar un correspondent
d'un journal de La Havane que le btail manquera
bientt dans l'ile et qu'il faudra en importer de
l'tranger. L'opinion publique observe avec raison
quecettatde choses est d au plan d'extermination
du gnral espagnol.
En raison du mauvais tat dans lequel se
troupe l'arme espagnole, le commerce de Santiago
de Cuba s'est vu dans la ncessit de monter des
hpitaux pour 2,0oo00 malades.
Du i" juillet. Une dpche prive de La Havane
dit que les Cubains ont fait clater une bombe de
dynamite sur la ligne de Jicaro Cairdenas, au mo-
ment o passait un train. La machine a t compl-
tement brise.
Canovas a dclar avant-hier qu'il faudra pro-
bablementenvoyer 20,000ooo hommes de renfort Cuba
aussitt que la saison des pluies aura cess. Ce ren-
fort est ncessit par les pertes nombreuses des
troupes espagnoles. Le gnral W\eyler, qui avait re-
fus de nouvelles forces depuis le mois d'avril, a
demand ces 20,000 homes pour la fin sep-
tembre.





8 JUILLET 1897.


L'effectif des troupes espagnoles actuellement
Cuba est de 140,ooo hommes, don't 20,000 sont
malades dans divers hpitaux de l'ile.
Depuis le dbut de la Rvolution en fvrier
1895, les Espagnols ont perdu ou rapatri comme
invalides 60,ooo hommes. D'un autre ct le ministry
de la guerre se voit dans l'absolue ncessit de rapa-
trier pour cause de sant un miller d'hommes par
mois. Cet t les pertes de l'arme espagnole seront
plus grandes que celles de l'an pass, cause de j'ex-
tension des maladies et des marches fatigantes que
les soldats sont obligs de faire.
Les dpenses occasionnes par la continuation
de la guerre se chiffrent par 5o.ooo.ooo par mois.
Le dernier paiement des soldats et des fonc-
tionnaires civils de Cuba date du mois de janvier.
Du 2. Une dpche particulire de La Havane
dit que le gnral Julio Sanguily est actuellement
. Cuba, et qu'il y replace le gnral cubain Rfus
Rivera actuellement en prison.
On prtend que le gnral Blanco remplacera
probablement le gnral Weyler Cuba.
Le gnral Mximo G6mez a travers la trocha,
de Jcaro Morn et est entr dans le Camagey.
Du 3. Le journal espagnol El Jhnparcial
affirme que le nouveau ministry des Etats-Unis
Madrid, M. Woodford, est charge par son gouverne-
ment, non seulement d'activer les rclamations dj
formules, mais encore d'indiquer bien clairement
l'Espagne que les Etats-Unis ne sont pas disposs
tolrer la prolongation de la guerre avec-les proc-
ds actuellement employs. Les Etats-Unis offriront
ieurs bons offices l'Espagne si cette dernire n'ob-
tient la pacification brve chance.
On anndnce de Californie que le professeur
S. H. L. Luck a invent un appareil dynamite pour
les Cubains. Cet instrument de guerre porte sept
livrs -de dynamite qui, projete sur les forts espa-
gnols, causera une explosion terrible.
Des dsordres motivs par la question des
octrois ont clat :avant-hier Albacete. Un group
de femmes a incendi les postes d'octroi. Les gen-
darmes ont rtabli l'ordre; ils ont t reus coups
de pierres. Quelques-uns d'entre eux ont t con-
tusionns. La populace a essay de frapper le fermier
des octrois.
Du 4. Une dpche de La Havane announce que
les insurgs ont pntr Santa Maria del Rosario, prs
de La Havane, saccageant l'glise et les magasins ;
une autre troupe a pntr Camaya aprs une lutte
acharne. Les insurgs ont t repousss, laissant
dix morts.
M. Sagasta a dclar que le voyage Paris et
Londres de M. Woodford, ambassadeur des Etats-
Unis Madrid, ne manque pas d'une certain gra-
vit. Il dit aussi que le moment tait opportun pour
un changement de politique en Espagne. Si le parti
liberal l'appelait au pouvoir, il obirait son devoir,
mais en faisant connatre la vraie situation du
pays.
Du 5. Le gnral Weyler a termin sa tourne
par mer sur les ctes des provinces orientales; il est
revenue Santa Clara.
Dans les hpitaux de La Havane, il y a 6,ooo
malades.
M. Sagasta, press hier par les dputs libraux
de dfinir sa formule d'autonomie, dclara qu'elle
tait pareille celle du parti autonomiste cubain,
c'est--dire une espce de home rule avec une
Chambre insulaire et un gouvernement local respon-
sable nomm par le gouverneur de la colonie; seule-
ment, il y aurait assimilation complete entire les ha-
bitants des Antilles et de la mtropole, au point de
vue des droits politiques et civils. Le budget et les
tarifs coloniaux seraient, laisss l'initiative de la
Chambre insulaire.


BIBLIOGRAPHIE

Nos Fils, que feront-ils ?(Calmann Lvy, diteur.)
Tel est le titre du nouveau livre de Hugues le Roux.
Le brilliant crivain examine notre situation en faisant
le procs de notre education actuelle et surtout celui
de notre tat social.

Un nouveau volume de M. Andr Theuriet vient
de paraitre chez Lemcrre : Bois fleury. On y retrouve
toutes les qualits de style qui font de M. Andr
Theuriet un de nos crivains les plus dlicats et aussi
lesplus sympathiques. Il s'agit d'une histoire simple,
mais conte avec une grce accaparantc.


La 120' dition revue et augmente des Usags du
Monde; rgles du savoir-vivre dans la socit moderne,
vient de paratre chez l'diteur G. Havard fils (27, rue
Richelieu). Les Usages du monde de la baronne
Staffe sont assurment .un des succs les plus consi-
drables de la librairie de ces vingt dernires annes.

La Revue du Brsil, n' 17, vient de paraitre.avec
un sommaire des plus intressants. Citons spciale-
ment l'Etat de Minas Geraes jug par un ministry
.amricain (Thompscn), la traduction .d'une
belle tude d'A. d'Atri sur Bel Hori{on, et le Thd-
tre brsilien Paris, de notre confrre Xavier de
Carvalho.

Les Lettres de George Sand Alfred de Musset
et Sainte-Beuve, (almann-Lvy, diteur) qui fi-
rent tant de bruit lors de leur publication dans la
Revue de Paris, viennent de paraitre en volume.
Elles sont prcdes d'une introduction M. S. Roche-
blave, rsumant d'une manire lumineuse et dfini-
tive la vritable histoire des amants de Venise, et
contenant en outre de nombreux fragments tout
fait indits.

Le Courrier des Antilles. Nous souhaitons
la bienvenue et une longue existence notre nou-
veau et bon confrre 'de Port au Prince (Hati), Le
Courrier des Antilles.
L'esprit de justice et de progrs de sa rdaction,
sont grants de sa sympathie pour la cause de Cuba
Libre.


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