Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 1, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00072
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paulne PARISer Une ane, payable davane... Er 2fr.
Ann P RI Ju l 189 Unsemestre, id. id. Il... fr. 1.50o
Un trimestre, Id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe s REPCUBAINE A L'TRANGER'
PAR.AIT TOUTS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance........... 25 fi.
Un semestre, id. id. .............. 1 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO ....... O fr. 25


LA GUERRE


A MORT


e 13 juillet i8i3,celui quiamrit
dans le monde entier le surnom
de Librateur, Bolivar, lanait
contre les Espagnols qu'il com-
battait, le dcret dsespr de
Guerre mort, auquel l'Am-
rique latine doit son indpen-
dance. Aprs s'en tre tenu pen-
dant plusieurs annes son
systme de clmence, qui consistait rendre les pri-
sonniers, a soigner les ennemis blesss, donner
toute scurit et toute garantie aux pacifiques, sys-
tme que les Espagnols attribuaient la faiblesse et
la crainte d'tre vaincu; aprs avoir support pa-
tiemment les horreurs commises par les chefs espa-
gnols, parmi lesquels les Bovs, les Yafiez, les Anto-
flanzas et d'autres exterminaient tout, rasaient tout
et imaginaient les plus effroyables tourments ap-
pliquer aux Vnzuliens, Bolivar se reprit et re-
nona ce dsastreux systme. Entre autres tor-
tures, Antofianzas en avait une de prdilection. Elle
consistait enlever aux prisonniers la peau de la
plante des pieds et les forcer marcher sur des d-
bris de verre rpandus terre. Leurs contorsions lui
arrachaient des clats de rire d'une frocit qui pou-
vantait mme son entourage. Quant Bovs, quand
on lui amenait une femme enceinte, il se plaisait
lui faire ouvrir le venture pour lui enlever le fetus,
.graine d'insurg, don't il faisait craser la tte entire
deux pierres. lafis faisait de mme.
.- Washington disait aux families amricaines, pen-
dant la guerre d'indpendance: Faites des en-
fants. Weylerqui appartient l'cole de Bovs dit:
Tuez les enfants. Et il les tue par douzaines, par
centaines. Il ne se content pas d'en craser un, il
les parque avec leurs mres dans des villes dsoles
et les fait mourir de faim sur le sein mme des
femmes qui meurent aprs eux. Weyler a t envoy
Cuba par l'homme de Monjuich, Cnovas del Cas-
tillo.
On sait que le gnral Martinez Campos fut rap-
pel parce qu'il ne massacrait pas assez. J'empri-
sonnais les suspects, dclara-t-il sa rentre en
Espagne, j'envoyais les amis des insurgs (simpatiza-
dores) aux galres de Ceuta; je fusillais les chefs ;
mais je ne pouvais pas achever les blesss et massa-
crer des hommes qui soignaient mes sol ats tombs
sur le champ de bataille et qui me rendaient mes
prisonniers.
Les Cubains, en effet, faisaient la guerre des peu-
ples civiliss. Mais pendant que Rgo, Cubain, fai-
sait prvenir le colonel espagnol le plus rappro-h
de lui qu'il pouvait envoyer une escorted prendre dans
son camp les blesss et ramener les prisonniers;
pendant que Calixto Garcia prvenait Guimaro
le gnral espagnol Castellane qu'il pouvait envoyer
des brancards et des chars pour ramener ses ma-
lades; pendant qu'Aranguren, prs de La Havane,
,cdait ses meilleurs chevaux douze officers espa-
gnols pris par lui et les faisait reconduire jusqu'aux
portes de la capital, les gnraux Lachambre et
Luque envahissaient la Siguana et ne pouvant
atteindre les insurgs, se vengeaient sur les blesss
cubains qu'ils massacraient, sur les hpitaux qu'ils
incendiaient et sur les femmes qui assistaient leurs
maris ou leurs frres ; le lieutenant-colonel Fonsd-
viela assouvissait Guanabacoa sa rage du sang sur
des pacifiques ; Molina et d'autres officers mettaient


A


le feu aux maisons des campagnards inoffensifs et
assassinaient froidemient les habitants.
Rcemment encore The Sun, de New-York, dit
que la colonne espagnole Puig a attaqu un hpital
de blesss prs de Bejucal. On a tu dix-huit femmes
qui assistaient des malades.
. C'en tait trop et Mximo Gmez a d se dcider
prendre les mmes measures que Bolivar qui, dans
sa proclamation de 1813, disait : Espagnols et
Canariens, comptez sur la mort, quand mme vous
series innocents, si vous ne vous dcidez pas agir
activerment en faveur de la libert d'Amrique. Am-
ricains comptez sur la vie, quand mme vous series
coupables .
Mximo Gmez, lui, dit au gouvernement cubain :
S Puisque l'Espagne continue autoriser toutes
les infamies, puisqu'elle dcrte la destruction de nos
proprits, que non seulement elle consent mais
encore qu'elle encourage l'assassinatde gens inoffen-
sifs, de femmes, vieillards et enfants, sans autre
dlit que celui d'tre Cubain; puisque la soldates-
que espagnole, obissant aux ordres de ses chefs,
dtruit nos cultures
et mutile les trou-
peaux ; puisque le
vol est devenu pour .
eux un acte lgal et
que leurs plus bas- .
ses passions sont
dchaines contre
nos campagnes pro-
fanes et nos filles
violes, puisque en-
fin, aprs avoir fait
verser des torrents
de larmes et de
sang, elle ose au-
jourd'hui lancer sur
Cuba la grossire
insulte de ses r-
formes, je crois ar-
riv le moment, M.
le president, o no- John T
tre digne gouverne-
ment doit promul- SENATEUR
guer la La loi de
reprsailles.
Celte measure, d'une politique d'nergie, devient
just et ncessaire. C'est, en effet, une declaration
effective de dignit national qui dmontrera aux
nations tonnes ou indiffrentes la ralit de notre
force, la certitude de nos droits et la persistence de
notre resolution don't l'accomplissement ne nous
inspire aucune crainte, parce que, sous l'gide
triomphante de la justice, nous marchons droit la
victoire.-
Le Conseil du gouvernement, suivant le para-
graphe 3 'de l'article 3 de notre Constitution (i), doit,
mon avis, promulguer cette loi que je crois nces-
saire la guerre telle que la fait l'Espagne. Il pourra,
s'il le juge propos, y ajouter, en signe d'impartia-
lit et comme appendice, le dcret actuel d'aprs le-
quel nous accueillerons avec bienveillance les sol-
dats espagnols qui viendront grossir nos rangs, en
mme temps que ma circulaire qui leur laisse le
choix sur la manire de vivre dans la rpublique et
de la servir.
En faisant cette proposition, je remplis, en ma
quality de gnral en chef, un simple devoir. J'espre
que le Conseil la jugera de mme. En ce moment,
il est ncessaire de faire entendre tous que nous
sommes dcids marcher en avant et atteindre,
avec une nergie toute virile, le but que nous avons
envisag dans cette lutte.
Au moment o Cnovas s'enorgueillit de ses
triomphes fictifs avec lesquels il trompe le people
espagnol et les gouvernements trangers, au mo-
ment o Wevler announce cyniquement la pacifica-
tion de Cuba, o la Rvolution est plus puissante
que jamais, il est bon de faire connaitre la rsolu-
tion du people cubain :

(i) Voici le paragraphe : Accorder patente de
corse, organiser des troupes et les soutenir, dclarer
reprsailles et ratifier les traits. N. de la R.


t" De continue la guerre outrance jusqu' obte-
nir l'indpendance;
2" De repousser les rlormes, soit appliques par
Weyler, comme le voulait Cnovas, soit apportes
par Martinez Campos, comme l'annonce Sagasta.








LA BELLIGERANCE


LE SNATEUR MORGAN

le snateur de l'Alabama peut, just titre, tre
nomm le paladin de la cause cubaine dans le
Snat'des Etats-Unis.
Sa resolution est aussi just qu'opportune ; soute-
nue avec autant de tnacit que d'nergie, elle l'a
plac la,tte de l'important group d'hommes po-
litiques amricains
qui soutiennent
dans la haute cham-
bre le droit de bel-
'. ligrance des Cu-
bains.
Le snateur Mor-
gan, malgr les
efforts inouis du
ministry d'Espagne
aux Etats-Unis, a
obtenu enfin le
triomphe.
Sa resolution a
t vote par 41
voix contre 14,
c'est--dire une
.'.. majority de 27
voix favorables.
Elle dit:
Morgan Il est rsolu :
Le Congrs des
DE ALABAMA
Etats-Unis, c'est-
-dire le Snat et
laChambredesre-
prsentants runis,reconnait qu'il existe un tat
de guerre entire le gouvernement de l'Espagne
et le gouvernement proclam par le people de
Cuba, et soutenu depuis quelque temps par la
force, de ses armes; en consequence: le gou-
vernement, des Etats-Unis conservera une
strict neutralit entire les puissances enne-
mies et concdera chacune d'elles les droits
de belligrance dans les ports et sur le terri-
toire de la nation.

Les 41 snateurs qui ont appuy notre cause de
leurs suffrages sont :
Mr. Mr. Bacon. Baker. Bate. Berry.
Butler. Carter. Chandler. Chilton.
Clark. Clay. Cockaell. Cullem. -
Daquis. -- Deboe. Foraker. Gallingor. -
Gorman. Hansbrough. Harris. Heit-
field. Jones. Kenney. Lindsay. Me
Bride. Mantle. Mason. Mills. Mor-
gan. Nelson. Pasco. Pettigrew. -
Pettus. Pritcgard. Rawlins. Shoup. -
StewarI. Thurston. Tillman. Turner.-
Turpie. Walthall.

Ce que nous venons de dire marque l'importance
politique de M. Morgan, et l'intrt que le Snat
amricain porte la question cubaine; il faut assu-
rment beaucoup attendre des faits qui se produi-
sent chaque jour.
Quant nous, en publiant aujourd'hui le portrait
de cet homme politique respectable, nous voulons
indiquer, quoique faiblement, la reconnaissance que
nous lui devons en quality de Cubains, ainsi qu'aux
snateurs qui lui donnrent leur appui.


SNOUVEAUX DIEIARyUEMENTS


Nous avons la grande satisfaction de reprendre
notre tche en faisant part nos lecteurs du dbar-
quement de deux expeditions sur les ctes de Cuba.
La premiere a dbarqu le 21 mai dernier, Cama-
giey.sous le commandement deSerapio Arteaga; la
la second le 26 du mme mois l'Occident
sous les ordres du commandant Ricardo Del-
gado Trujillo.
Le matriel de guerre comprend principalement:
i mitrailleuse.
5oo machetes.
.o060o fusils.
i.Ioo.ooo cartouches.
Mdicaments, uniforms, etc., etc.
Voici la liste des patriots expditionnaires :
Prenmire expedition.
Alvarez, Eduardo; Andr, Claudio (licenci); Ar--
mas, Rapfal de; Arteaga, Serapio (commandant,
chef de l'expdition).
Bosch, Alfredo.
Camqui, Jos.
D'Costa, Arturo (pharmacien).
Escoto, Antonio.
Ferrara, Oreste; Figueroa, Leopoldo.
Lass, Rafael; Luces, Emilio (docteur).
Milans, Juan Francisco (docteur).
Navarro, Pedro.
Peral, Ricardo; Petiicione, Guillermo (comman--
dant).
Robana, L. ; Rodriguez, Baz, Julio.
Seijas, Antonio; Sorondo, Augusto; Soto, Benja-
min.
Vergara, Federico.
Deuxime expedition.
Barrios, Antonio.
Campos, Eusebio (docteur); Crdenas, Pedro;
Castroverde, Fernando; Cigarreta, N.
Delgado Trujillo, Ricardo (commandant, chef
de l'expdition).
Espsito, Nicasio.
Fernndez de Velasco, Alberto (capitaine).
Gablez, Federico, Gonzalez, Manuel.
Hernndez, Jos.
Lancis, Enrique; Landrn, Antonio P.
Marcoletta, Miguel R.
Pez, Gustavo; Pefia, Armando S.
Ramos, Juan; Rubio, Jos.
Sowecrs, Lino A.
Urbach, Carlos Pio (capitaine).
Vals, Anastasio; Varas, Lino.
Zaldivar, Miguel.
Nous adressons une fois de plus, et non avec
moins de justice que les autres fois, nos flicitations
les plus cordiales la dlgation de New-York, ainsi
qu' tous ceux qui ont contribu l'accomplisse-
ment de ces faits heureux et favorables notre in-
dpendance,




AVERTISSEMENT


Aprs quelques semaines d'interruption, La-
Rpublique Cubaine reprend sa publication.
Nous prions nos abonns de vouloir bien nous
excuser: nous n'avons pu viter cette interrup-
tion que nous rpar2rons sans faute, et d'une
faon complete.


<*?




r.






1"' JUILLET 1897.


,POUiI: LPiS BLN S i RUBAINS

: S iUSCRIPTiON OUV'ERTE'PAR




16me Liste.

* r. Hatuey. ........ .'............... .
Mr M.aby .. ...... .................
Mfi Logeei.r......... ..............
M '" Chol .............................
Mr. J. V. Mason....................
M r. J. E. Birchand'................. .
M r. J. E. d'Expaux....................
Une m am bisa ............. ...........
Un matancero.........................
Un ami de Maceo .....................
M r. Miguel Redux..... ............... .
Un de Guanabacoa....................

T otal ..................
Total antrieur........

Total gnral..........


Francs.
i .00
I .00
1 .Q00
1.00
5.oo
5.00
5.oo
5.00
1.20
i 6o
!.30
o.50
i .00

24.6o
1.078.05

i.io2 65


Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscriptiori au directeur. ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul,- en ayant soin d'crire clairement les noms,
les' pr'noms, :les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dan's les listes que nro.us publie-
ron's Toutes les souscriptions ,figurant dans la
liste qui prcde ont't. remises M; le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qti nbus en a don.reu .- N.-de la R.




S VIVIDORES "


Le joli mois de mai est donc revenue, puis
s'est coul comme les autres, important, dans le
vent de son dernier jour, la promesse faite solennelle-
ment par Canovas, l'an pass, d'abandonner com-
pltement l'le de Cuba, si l'insurrection n'tait pas
vaincue cette poque.
Dcidment il n'y a rien croire de ce prototype
de l'impudeur politique, sinon qu'on peut s'attendre
tout de sa part, surtout aprs-la faon vraiment
magistrale don't il vient de gagner sa dernire parties,
engage, cette fois, non-plus contre l'opinion natio-
nale, devenue un mythe, mais contre sa reine ,
rcalcitrante il y a quelques jours, soumise par le
monstre en un tour de main, avec la conviction
que si Cnovas et l'Espagne peuvent se passer
d'elle, il lui serait difficile de vivre sans Canovas.
Je ne me lasserai point de redire que pour tous,
en effet, depuis le plus infime employ jusqu' la
reine, les grands mots de patrie et d'honneur ne
servent qu' masquer leurs apptits de vividores ,
pcheurs en eaux troubles et avides de grattage .
On avait tenu organiser un beau triomphe pour
le favori Polavieja, de retour des Philippines, les
yeux malades force d'avoir cherch la victoire; or
la petite fte avait fait le plus grand fiasco devant la
complete indifference de Cinovas, et Sa Majest,
outre, s'tant oublie au point de manifester publi-
quement son irritation contre le chef du gouverne-
ment, ce dernier s'tait born lui turner ddai-
gneusement le derrire et presser la liquidation du
ministre conservateur.
Il n'est pas dmontr que la reine ait bien compris
toute la rouerie politique de Cinovas au course de la
dernire crise; elle croit peut-tre encore, avec les
gogos, qu'un diplomat comme Tetuan, qui ne se
lasse pas de recevoir des coups de pied amricains
dans ses fesses espagnoles, a t capable, sans ordre
premptoire, de provoquer sa petite altercation et sa
sance de' pugilat ? Elle s'imagine sans doute que,
sans combinaison pralable avec le chef de bande,
le pitre Sagasta s'est mu de l'incident au point de
sonner sur l'heure la retraite indigne de la minority
de la Chambre ? Le fait est que, profitant aussitt-
combien opportunment! de cette absence de la
minority librale, si gnante la veille, le monstre
s'est ht de faire voter par les siens tous les bills
ncessaires la liquidation de son ministre, puis,
la besogne finie, les mains laves du present et de
l'avenir, il est venu trs froid, trs digne (!), dposer
respectueusement au pied du trne le fardeau du
pouvoir.
Naturellement borne, abrutie en outre par le
nombre colossal de pitillos qu'elle fume en vingt-
quatre heures, il est possible que sa gracieuse Ma-
jest ait pu gober toutes ces pilules. La vrit est
que son appel pressant adress tous ses amis, pour
la dbarrasser du monstre , est demeur sans
effet: les vividores voulant bien vivre, mais sans
travail, prirent peur de la tche gouvernementale et
firent leur reine l'aveu sincre de leur impuis-
sance, en affirmant la ncessit inevitable de
Cinovas.
Et l'on put voir la femme qui, quelques jours au-
paravant, la porte ferme au mich en titre, faisait
de l'oeil de son balcon au gnral aim, aussi peu


malade que victorieux, ouvrant sa, porte dans in. .
soupir pour faire dti doigt au vieux qu'elle excre,
et lui murmurer sous le rictus professionnel le tra-
ditionnel : beau jeune homme, coutez-moi dpnc !
Et Crrnovas a-repris 'les rnes de la paivre mule
gouvernementale qui, les flancs saignants, le cave-
on dans l'os, se tient encore sous le jarret du pale-
frenier.
Et les vividores soumis, leur reine en.tte, au-
ront leur pitance jusqu'au .bout.
Cependant le toujours- cordial .oncle Sam
t'iille urles. ctes de4 la..loride et les. expeditions
continuent, sans trop d'encombre, dbarquer
Cuba...





13 juin 1897.



EN ESPAGNE


M. Canovas a fait fusiller Montjuich cinq in-
nocents auxquels il et bien volontiers adjoint les
deux ou trois cents autres prisonniers, francs-ma-
ons, libraux ou rvolutionnaires' qui, depuis dix.
mois, demeurent embastills dans l'infme forteresse.
Malheureusement pour la monarchic alphonsiste
don't ce monsieur est l'intgre domestique, ces fu-
sillades n'empchent pas de terrible germes de r-
voltes de cover dans la pninsule mme.
Il y a pe de temps un journal espagnol El Im-
parcial, publiait cet' article bien suggestif, qui mon-
tre la situation sous son vrai jour:
Les nouvelles dsolantes qui nous parviennant
des provinces andalouses 'o la faim torture les
classes proltariernnes sont, de nature attirer l'at.tn-n
tion, non seulement- des ministres, mais de tous
ceux qui pensent.
Le mal, en effet, tend s'tendre et s'aggraver
de jour en jour.
Des guerres prolonges ont puis nos forces
conomiques,: dans ces dernires annes; de mau-
vaises, rcoltes.sont venues s'ajouter'- ce, mal, dans
les provinces mridionales. Tout le monde sait que
la grande masse de la population andalouse vit de
l'agriculture..Or les travaux des champs sont presque
totalement.arrts et les malheureux ouvriers qui
ont eu un hiver trs mauvais viennent d'entrer dans
un printemps pire encore, et toutes leurs resources
sont puises .
El Imprcial adj urait le gouvernement de prodiguer
autre chose que des coups de fusils aux malheureux
qui meurent de faim. Ce conseil part videmment
d'un bon natural; seulement le journal espagnol
oublie que le gouvernement espagnol n'a jamais su
rpondre aux revendications les plus justes que par
l'assassinatdes rclamants.
Mais le sang vers, mme torrents, cimente mal',
les tyrannies et, d'aprs les dernires nouvelles qui
nous parviennent, le vieux criminal qui prside aux
destines de la pninsule vient de glisser dans la
flaque rouge.
Puisse-t-il entraner dans sa chute la monarchie
elle-mme !


LETTRE DE LA HAVANE


La Havane, 3o mai 1897.
Monsieur le Directeur
de La Rpublique Cubaine.
Paris.
Les nouvelles que vous demandez et que je peux
vous donner sont des plus horribles.
Les misres de la faim, avec leurs fatales cons-
quences, les maladies qui se propagent avec rapidit
dans les rgions o les conditions hyginiques font'
dfaut, sont en ce moment les armes de combat
don't se sert le criminal Weyler pour exterminer les
Cubains.
Impuissant sur les champs de bataille, il concentre
les paisibles campagnards, qui formaient les lments
de vie des cits, et porte ainsi un coup mortel la
richesse des champs, la vie des personnel et au
recours d'existence des centres commerciaux.
La politique suivie par le gnral espagnol a pour
rsultat immdiat et direct de dsesprer le Cubain
et d'craser tous les habitants qui ne dfendent pas
la cause de l'Espagne.
Le mal prvu ds les premiers jours fut qualifi
d'exagr par les plus confiants et d'impossible par
les bons.
Les faits sont venus avec tous leurs dsesprants
aspects dmontrer la vrit ; le silence contenu jus-
qu' ce jour a cess d'tre, et la voix de M. Lee dans
ses informations, ainsi que celles des autres consuls
amricains Cuba, a t coute.
Aujourd'hui, on voit que les correspondents n'ont
pas exagr la mauvaise situation conomique et
que les privations, avant, pour rsultats la famine et
la maladie, sont relles; que le systme de concen-


'tratio'n dans les villes est un moyen d'exterminer les
-familles cubaines pauvres et qu'il y a actuellement,
par ce fait, de 175,000 225,000 personnel qui
manquent d'aliments.
.La, moyenne, des morts occasionnes par la
faim peut se calculer de 60 70 par jour.
Matanzas, avec une population ordinaire de49,ooo
habitants, a t augmente de plus de 7,000 rfugis
en 5 mois; il s'y trouve aujourd'hui plus de 13,ooo
personnel dpourvues de tout secours.
Les rues sont pleines de pauvres, qui demandent
l'aum6ne. Quelquefois, des enfants meurent dans les
bras de leurs mres, dans ces rues o elles vont de-
mander de quoi se nourrir.
La misre est horrible: dans les trois derniers mois,
il est mort plus de I,1oo personnel.
A Madruga, qui compete seulement 7,500 mes, les
dcs se competent par 25 chaque jour; la fivre
jaune, la dyssenterie et la faim rgnent dans toute la
contre; il a fallu agrandir le cimetire!
A Giines, il est mort 20 o/o de la population, de-
puis janvier jusqu' ce jour.
Les renseignements des mdecins espagnols, nom-
ms pour prendre des measures hyginiques et en-
rayer la variole, ont t si alarmants que, malgr le
pril d'tre poursuivis par l'autorit, ils n'ont pu, en
conscience, qu'exposer la vrit.


Dans les faubourgs de la capital, des malades sont
dpourvus des secours mdicaux.
Le reservoir qui content l'eau destine la popu-
lation est plein de matires organiques. Dans un
hpital de 43 lits, il y a 48 malades, on met
quelquefois 2 et 3 personnel dans un mme
lit, et un mort est rest pendant plus de 5 heu-
res dans un lit dj occup.
Dans. les autres provinces, la misre et la famine
s'tendent, aussi : tout le monde reconnat que
l'origine de ces maux est le dcret Je concentration
dans. les villes des paisibles habitants de l'intrieur.
On raconte qu'un Espagnol, qui on demandait
son avis sur les horreurs de la politique de Weyler.
rpondit : Si les Etats-Unis voulaient faire quelque
chose pour leurs sujets et pour l'humanit, leur
premier pas devrait tre la destruction de la cause.
Et voil la cause, dit-il en montrant 'le drapeau
espagnol qui paraissait sur le Castillo del Morro.
Le nombre des citoyens amricains qui souffrent
de la misre est, d'aprs les renseignements fournis
jusqu' ce jour, de 600oo 8oo. Cela est officiellement
annonc et on s'attend connatre chaque jour
quelques autres'victimes. de la situation.
La petite culture est dtruite et abandonne.
On ne peut citer les vacheries, les petites colonies,
la culture des fruits: il n'y en a plus une.
L'ordre de concentration de chaque province a t
sa sentence de mort.
El Capirro.


EN AVANT !



Il y a un an M. H. Vernier, de La Libre Parole,
paraissait tre, sans probablement bien connaitre la
question, le plus fervent dfenseur de la cause
espagnole.
S'est-il trouv sur le chemin de Damas ?
Voici comment finit son article dans le numro
du 28 juin :
C'est l un procd qui en language ordinaire est
trs difficile qualifier. Il prouve quels abmes le
ministre de M. Cnovasa men son pays, avec son
obstination froce refuser toutes les rformes
lgitimes rclames par les Cubains.
H. V.
Nous nous flicitons de cette orientation vers la
vrit que nous attendions.
La Libre Parole ne dfend-elle pas toujours la
cause des opprims et des spolis ?



*


Afin que nos-lecteurs puissent se rendre compete
de la russite de notre guerre dans lapartieorien-
tale de Cuba, nous traduisons un fragment de
l'intressant expos gnral de 1896.,
Ce travail a t prsent par Mr. Carlos Ma-

nuel de Cspedes, jeune homme trs connu et.
trs estim . Paris; qui est gouverneur civil de
cette parti de l'ile.,Iepuis qu'il y a dbarqu a la
tte de l'expdition du Laurada, on octobre
1895.
Nous regrettons que l'abondance des matires
ne nous permette pas de traduire cet expos en
entier; la petite parties 'que nous en donnons
suffit cependant dmontrer l'intelligence et le
patriotism de Mr. de Cspedes-:
Depuis la rivire Jobabo jusqu' la pointe qu'clai-
rent les rayons dfiants du phare de Maisi, 3oo,ooo
mes environ vivent sous la protection du drapeau
Cubain.
Il faut exclure de ce nombre les 5 divisions qui
dans les i" et 2"' corps d'arme combattent avec
bravoure pour l'indpendance de Cuba, 4,000 fonc-
tionnaires civils, les membres de la garde territorial,
et la nouvelle, immigration des mois derniers.
A lui seul Holguin compete plus de 40,000 habi-
tants, don't 9,200 dans une de ses prfectures.
La parties virile de cette population travaille durant
15 jours dans les domaines de l'Etat, exclusivement
destins l'approvisionnement de l'arme, et exerce
des functions publiques dtrmines: le reste du
mois est employ aux affaires -particulires, entire
autres le labourage pour la manutention des families
et le petit comminerce de fruits et de products de l'in-
dustrie locale, soumis un lger impt que prlvent
les employ's'des fiu'iances.
Les ateliers dissmins dans les districts ont ren-
du en gnral d'excellents services dans les diffren--
tes parties de l'armurerie, charpenterie, sellerie,
quincaillerie, corderie et cordonnerie.
Le travail des ouvriers ne semblait pas abondant
cause du systme employ jusqu' ces derniers
temps et des demands qui taient forcment sup-
rieures la production.
Cependant le mois dernier on a fabriqu plus de
looo selles, 20,000 paires de chaussures, une grande
quantit de portefeuilles, de baudriers et de cour-
roies, ainsi que le constatent la, relation des travaux
effectus et les reus des effects runis l'arme.
Les ateliers de Mayari, Tunas,-Holguin et Manza-
nillo se sont fait remarquer, ce district ayant produit
2,225 paires de souliers et d'autres articles de pre-
mire ncessit avec un nombre d'ouvriers relative-
ment trs restreint. Avec les nouvelles dispositions,
on peut assurer une production minimum de 8ooo
paires de chaussures par mois, sans computer les
autres objets qui se fabriquent dans les ateliers; la
condition toujours qu'il ne se produira pas de com-
plications imprvues.
On calcule le minimum de la production de sel
pour l'anne qui vient de s'couler 3o,oooquintaux,
quantit laquelle l'extraordinaire activity de Luis
Marti, en sa quality de Lieutenant Gouverneur de
Holguin, a fait ajouter 12,ooo quintaux, sans comp-
ter les quantits cdes ses collgues voisins.
Les salines dfinitivement organises dans ce cen-
tre peuvent, prvoir une re d'abondance qui com-
mence dj se faire jour. Des experts dans la
matire fixent le minimum de la production dcs
salines de Cuba i,5oo quintaux mensuels ; 700
pour cells de Bayamo, et 25 3o pour celles ce
Manzanillo; je me propose d'obtenir le mme rsul-
tat, relatif leur importance et leurs lments,
dans chacun des autres districts.
Vous pourrez vous renseigner sur ce qui vous
intresse le plus et avec une plus grande exactitude
si vous voulez parcourir les cases d'observations des
listes gnrales des employs civils, et la relation
dtaille des travaux effectus, qui se prparent pour
le secrtariat de l'intrieur.
Finalement on peut garantir que la fraction invin-
cible de l'arme libratrice qui bataille et triomphe
chaque jour, est monte sur un pied formidable, et
est appuye par un solide mcanisme administratif
et gouvernemental dans cette parties extreme de l'ile.
Toutes les troupes de l'Espagne Cuba ne peuvent
diminuer la puissance de nos armes ni arrter l'essor
des aspirations populaires.
Carlos Manuel de Cdspedes.



LES SYMPATHIES


Toutes les manifestations si justes de l'opinion
publique en faveur de la Grce nous font penser
que si un pareil lan de sympathie ne s'est pas ma-
nifest pour la cause de Cuba Libre, l'ignorance du
despotisme barbare et de la basse vnalit des
Espagnols d'un ct, notre manque de rapports
avec les braves qui suivent nos grands principles de
liberty d'un autre, en sont les causes.
Personne ne doit cependant ignorer que la domi-
nation espagnole a toujours t une domination
lourde, cruelle, atroce.


Ca~B~B~o~







1" JUILLET 1897.


Depuis que Cortez faisait brler vif Montezuma
jusqu'au temps des atrocits commises par Weyler
dans la reine des Antilles, le systme a toujours t
le mme.
Aucun people conquis, aucune arme vaincue par
les Espagnols n'ont t traits avec humanit"et sui-
vant les lois de la guerre.
Le nom lgendaire du duc d'Albe est rest syno-
-nyme de bourreau dans les Flandres. Il suffit de
parcourir les relations de la champagne d'Espagne
par les soldats de Napolon pour se rendre un
competee exact de l'horrible barbarie avec laquelle
,taient traits les.prisonniers franais.
L'ile de Cabrera, les pontons de Cadix garden le
recent souvenir de ao qu'y souffrirent nos pres.
Le major Blaze (1), dans l'intressant recueil pu-
bli par M. Napolon Ney, raconte ce fait horrible
qui indique jusqu' quel point les Espagnols pous-
saient la frociti:
Un commissaire des guerres, dit-il, voyageant
avec sa femme et leur jeune enfant, accompagns
d'une faible escorted, furent attaqus et pris par une
;guerrilla. Aprs avoir trait cette dame avec la der-
nire indignit en presence de son mari, les sc-
lrats, pour prolonger l'agonie de leurs victims,
les enterrrent vivantes l'une devant l'autre, la tte
hors de terre, en exposant au milieu d'elles }eur en-
fant ventr.
Il ajoute plus loin :
Je cite quelques traits : je pourrais en raconter
mille du mme genre; ces cruauts se renouvelaient
tous les jours et sur tous les points.
Ces faits ne peuvent nous engager tre les
champions de la tutelle de l'Espagne sur la Grande
Antille, et puis, nous, fils de la Rvolution, devons-
nous tre moins gnreux et moins libraux que les
comtes et les marquis de la monarchie qui allrent
se battre pour l'indpendance de l'Amrique?...
Soyons pour les hros cubains et crions avec eux :
Vive Cuba Libre!







A PROPOS D'UN TIGRE ET D'UN LION


L'Eclair disait, il y a quelques jours dans son
Bulletin financier , que l'Extrieure avait mont
d'un nombre respectable de centimes sur le bruit du
rappel du gnral Weyler. Aujourd'hui, le mme
journal s'tonne de ce que l'on critique les measures
prises Cuba par le mme Weyler, measures qui,
suivant la feuille Courcelliste, ont produit d'excel-
lents rsultats.
Explique qui pourra comment le rappel d'un g-
nral pacificateur sinon victorieux peut faire monter
la rente espagnole; quant nous, nous ne tenterons
mme pas de dmler si notre confrre juge ce rap-
pel bon ou mauvais, car son ignorance et ses con-
tradictions au sujet de la question cubaine suffisent
nous dmontrer que nous perdrions notre temps.
Il nous est facile cependant d'expliquer L'Eclair
pourquoi on parle tant depuis quelque temps du

(i) MWmoires d'un aide-major sous le Premier
Empire, dit par E. Flammarion. N. de l'A.


rappel du tigre Weyler. Nous trouvons en effet l'expli-
cation de ce fait trange pour notre confrre dans
les lignes suivantes qu'il publiait lui-mme nagure:
La Epoca, organe de Ml. Canovas, dment l'in-
formation d'aprs laquelle le gouvernement des
Etats-Unis aurait demand le replacement du g-
nral Weyler.
Or, comme dit l'Heraldo de Madrid, on peut
toujours tenir pour certain ce que La Epoca nie, et
les faits dmentent toujours les dmentis de l'or-
gane ministriel. Nul doute, par consquent,.
que le gouvernement amricain ait demand la des-
titution du bourreau de La Havane.
Que ce triste personnage ait russi, come le pr-
tend L'Eclair, ou qu'il ait chou radicalement
comme l'affirme Le Temps, qui, dans la circons-
tance, n'a t que l'cho de la press espagnole -
nous savons parfaitement quoi nous en tenir. Pour
le moment une seule chose nous occupe, nous vou-
lons dissiper l'tonnement de L'Eclair, et lui dire
ceci: Si l'on parle beaucoup en ce moment du rap-
pel de Weyler, c'est tout simplement parce que le
gouvernement amricain a demand ce rappel au
gouvernement espagnol, et que celui-ci est en train
de se tter.
Depuis le commencement de l'insurrection cu-
baine, la fire Espagne n'a jamais cess de donner
satisfaction en toute occasion la grande Rpu-
blique. La noble Espagne qui fusille femmes et en-
fants, la chevaleresque nation qui condamne
mourir de faim deux cent mille habitants pacifiques
des campagnes cubaines, la gnreuse Espagne qui
assassine dans leurs cachots les malheureux que le
sort fait tomber entire ses mains, l'Espagne en un
mot tant chante dans la press franaise par des
troubadours salaries, s'aplatira-t-elle encore cette
fois devant les Etats-Unis, comme elle a fait dans
l'affaire Mora, dans celle de l'Alliana, dans celle
du Competitor, dans celle de Sanguily, dans celle
de Scovel, dans celle de Rius Rivera, etc ? Nous se-
rons prochainement fixs cet gard.
Ds aujourd'hui, pourtant, on peut dire que c'est
probable. Je le regrette pour la fiert castillane, mais
l'histoire enregistre peu d'exemples de platitude
comparable celle qui caractrise les relations, de-
puis deux ans, entire l'Espagne et les Etats-Unis.
Cette platitude est telle qu'elle,m'a fait revenir d'une
erreur. Je croyais le lion de Castille depuis long-
temps mort et empaill, et je m'aperois qu'il est
bien vivant puisque chaque fois que l'oncle Sam l'y
invite du geste d'un geste amical ce fameux
lion donne la patte et fait le beau.
Nous ne doutons pas que M. Mac Kinlev ne s'a-
muse fort des tours de ce pauvre vieux lion, qui
jadis fut superbe mais ne fut jamais gnreux. Tou-
tefois nous sommes convaincus que ces acrobaties
singeo-lonines, si drles qu'elles puissent tre, ne
lui front pas oublier les engagements solennels qu'il
a pris envers son pays, ni perdre de vue le devoir
que l'Humanit lui trace vis--vis de l'Armnie am-
ricaine.


Aprs avoir termin ces lignes, je lis dans Le
Temps la dpche suivante :
Madrid, 20 juin.
La runion des anciens ministres du parti lib-
ral a approuv unanimement le discours de M. Sa-
gasta proposant de confier MM. Gamazo, Moret et
Abarzuza, la rdaction d'un manifeste exposant le
programme du parti liberal dans les colonies, sa-
voir: le replacement du gnral Weyler par
un gouverneur qui dirigera la guerre confor-
mment la civilisation et demandera pour
faire cesser le rgime de terreur et de dvas-
tation des proprits, la nomination d'un dlgu
royal, un civil avec pleins pouvoirs indpendants de
l'autorit militaire.
Et voil pourtant deux ans que la press fran-
aise oh honte! encense le gnral Weyler,
que M. Sagasta, d'accord avec tous les hommes de
bonne foi, qualified de sauvage.
Ainsi, le chef du parti liberal espagnol reconnait
que Cuba est une Armnie amricaine >; mais
pourquoi a-t-il attend que le president Mac Kinley
et officiellement manifest l'intention d'intervenir
Cuba oh! amicalement au nom de l'huma-
nit ?

Vous voyez que le lion de Castille n'a pas t long
se mettre sur son... sant;... et il restera dans
cette noble attitude jusqu' ce qu'on lui dise: allez
coucher! > avant peu, on le lui dira, amicalement,
comme toujours, pour manager sa susceptibility cas-
tillane. Et vous verrez comme la brave bte obira
docilement, car elle fait tout ce que l'on veut, du
mniment qu'on le lui demand amicalement ... et
avec l'accent amricain.






-- -----

1


Le colonel Cirujeda don't les soldats assassinrent
l'hroque Maceo Punta Brava, vient de rentrer
dans son intressante patrie. Les journaux d'outre-
Pvrnes consacrent plusieurs colonnes nous rap-
porter les faits et gestes de cet officer d'assassins.
De tout cela il n'y a retenir que ces mots de ce
hros la mode d'Espagne : Est-il donc vrai que
j'aie fait quelque chose ?
Demande-le ta conscience, Cirujeda.


Dans mes dernires guerrillas j'ai montr com-
ment s'tait faite la pacification de Cuba. Voici qui
vient confirmer mesdires :


Des ministriels caractriss qui ont caus avec
M. Cinovas, dmentaient que le gouvernement et
reu la rponse attendue du gnral Weyler au
sujet de la consultation, don't il a t l'objet de la
-part du president du Conseil des Ministres.
(Heraldo de Afadrid).
Depuis, cette rponse est arrive, je l'ei fait con-
naitre au lecteur dans le numro prcdent.



Du Heraldo de Madrid :
Avec le courier de Cuba,. sont arrivs Cadix
les gnraux Nario et Fernandez Bernal.
Dans le vapeur qui quitta La Havane le 20o, vient
le gnral Solano.
Dans celui qui en partira le 30, le gnral Fler-
nandez Ferrer"compte s'embarquer.
Il1 n'y a pas de courier de la Grande Antille qui
n'amne un ou deux gnraux. On devrait tudier
la cause intime qui loigne peu peu du service
tous les gnraux qui sont alls Cuba.
La cause n'a pas besoin d'tre tudie, elle se
devine sans qu'il soit ncessaire d'tre sorcier pour
cela.


Voyageons un peu en Espagne, voulez-vous ?
Voici d'abord un dcret royal qui ne date pas de
Philippe II, come on serait tent de le croire, mais
du 3o avril 1897.
Article unique. Voulant donner un tlmoi-.
gnage de Ma Royale estime l'ile de Porto Rico, et
afin de commmorer de cette sorte le glorieux cen-
tenaire de la defense ralise par la ville de San Juan
contre la flotte anglaise en 1797,
Je viens concder la dite ile le titre de Tou-
jours fidle, qu'elle ajoutera dans la suite ceux de
Trs-Noble et Trs-Rovale don't elle jouit dj.
Fait au Palais, le trente avril mil huit cent
quatre-vingt-dix-sept. -- Marie-Christine. Le.
ministry des colonies, Tomds Castellano y Villa-.
roya.
Ventre Saint-Gris, si Porto-Rico n'est pas satisfait,
c'est qu'il est vraiment exigeant!


Continuons notre petite tourne. Nous lisons dans
plusieurs journaux d'Espagne ou plutt d'Ibric,
comme dit avec raison et avec opinitret notre
collaborateur Saint-Hamans nous lisons, dis-je,
ce qui suit :
Dans le but d'obtenir de la fameuse Vierge de
Covadonga le triomphe des armes espagnoles
Cuba et aux Philippines, on a clbr mercredi et
jeudi une procession nombreuse et choisie de la
jolie ville de Llanes ce sanctuaire historique.
La semaine prochaine, une autre procession
aura lieu Covadonga dans le mme but .
Tout cela n'est-il pas moult difiant, amy lec-
teur?... Et dire que ces dmontiss ont la prten-
tion d'avoir des colonies la porte des Etats-Unis !


Si les moeurs et les institutions n'ont pas change
chez nos voisins les Ibres, la langue en revanche
a subi des modifications tranges. Voici quelques
examples :
Heroe qui autrefois signifiait hros s'applique au-


FEUILLETON

DE


PAGES DE L GUERRE





SOUVENIR HISTORIQUE





En 1875, les forces insurges du centre envahirent
le territoire de Las Villas-; cet effet, on avait orga-
nis une colonne d'oprations don't le premier chef
tait le major gnral Mxiino G6mez, et le second,
l'officier du mme grade Julio Sanguilv. Cette
colonne tait compose d'une brigade mixte de
Las Villas, sous les ordres du brigadier Joseph Gon-
z.lez, et du rgiment de cavalerie du Camagey,
qui s'appela l'expditionnaire. command par le
colonel Gabriel Gonzalez. Ce rgiment tait form de
4 escadrons, don't le troisime avait la tie l'humble
narrateur de cet intressant pisode.
On arriva aux difficults qui s'opposaient cette
champagne, qui devait porter la guerre dans la parties
occidentale de l'ile. Le 5 janvier, on put vaincre la
resistance des forts qui dfendaient la Trocha, de
Morn Jcaro, et on pntra enfin dans le terri-
toire, longtemps pacific par le gnral espagnol
Portillo.
Une srie d'tapes qui nous approchaient de
Sancti Spiritus, et qui fut interrompue seulement
par quelques coups de feu, nous fit penser que le
gnral Gmez se disposait attaquer cette place.
Le 15, nous forcions le passage de la rivire Zazo,
appele Catafio, en livrant un combat auquel le bri-


gadier Joseph Gonzalez, qui commandait ce jour-l
notre avant-garde, prit la plus grande part.
A partir de ce jour, notre grande surprise, on
commena une contremarche force, ininterrompue,
qui dura jusqu'au matin du 17 pour la cavalerie.
tandis que l'infanterie la continuait encore.
Tout annonait une attaque prochaine; nos sol-
dats, runis en petits groups, les rnes en main,
causaient voix basse. Nous restmes ainsi plus
d'une heure. J'tais rendu de fatigue et je dormais,
debout, appuy sur l'encolure de mon cheval, lors-
que j'entendis la voix du colonel Gonzalez, qui or-
donnait de monter cheval et de se mettre en
march.
Les hommes s'agitrent et. les chefs -d'escadrons
rptrent le commandement. Une minute aprs,
nous tions en march. Au loin, chaque instant,
une vive splendeur illuminait l'espace et un bruit
distinct de dcharges arrivait nos oreilles.
C'tait l'aube du 17: le gnral G6mez attaquait le
village de San Antonio Abad del Jibaro. L'infan-
terie, qui avait march toute la nuit, tombait sur la
garnison et attaquait simultanment les forts et les
rduits de la place dfendue par les ennemis.
Un rgiment de cavalerie, command par le lieu-
tenant-colonel Maximiliano Ramos, format la r-
serve quti occupait l'entre du village. Le rgiment
expditionnaire, command par le colonel Gonzlez,
marchait l'attaque. Les dernires ombres de la
nuit n'avaient pas encore disparu quand nous en-
trmes la charge dans le village pour arriver aux
premires lignes de combat. La terrible boucherie
n'empcha pas nos soldats d'avancer, sans souci de
la mort, de rduit en rduit, de position en position
et de conqurir le terrain pied pied.
La garnison, de son ct, dfendait ses postes
avec hrosme et opposait la violence de l'attaque
une defense dsespre et tenace.
Deux heures de combat mirent fin cette lutte
dsastreuse. Un hurra sonore, pouss dans tous
les coins du village, annonca notre victoire, acheve
par le gnral Sanguily dans les derniers retranche-
ments. Les positions taient nous comme l'indi-
quait firement, peu d'instants aprs. le drapeau
tricolore qui flottait au sommet de l'unique tour du
village.
Les vivats des soldats, l'enthousiasme des officers,
le bruit du clairon et des armes formaient un con-
traste avec les gmissements des blesss. -,
Tout cela produisit, pendant un moment, cette
tumultueuse confusision' i succde au combat.
mais qui est heureusementde court dure.
J. A.


PRO PATRIA


L'officier Miguel Perez, jeune homme de 19 ans,
tait nerveux et robuste, de stature rgulire; il avait
des yeux magnifiques etdes cheveux noirs; des traits
dlicats; sa bouche, entr'ouverte par un joyeux sou-
rire, tait orne d'une moustache rudimentaire.
Aussi il semblait tre plutt sur son cheval la statue
questre de l'adolescence, ou le langoureux phbe
qui vole au rendez-vous la recherche d'un baiser,
ou d'un roucoulement plaintif, que le brave de l'im-
ptueuse cavalerie du Camagey, le guerrier qui
dfie la mort en souriant et sans crainte.
Perez n'avait pas une stature plus leve que la
hauteur d'un fusil lorsqu'il prit rang dans les armes
de la Rvolution.
Le champ de bataille fut son cole; son compa-
gnon, le soldat. Son maitre, l'illustre et svre Reeve.
De simple soldat, en peu de temps il arriva au grade
d'alfere. (sous-lieutenant).
Quelques jours avant la scne que nous allons
center, il s'tait mari conformment aux lois de la
Rpublique Cubaine.
Un matin d't, en 1877, la colonne commande
par Rafael Rodriguez campait dans le potrero (i)
el Paraiso. Perez reut l'ordre d'aller en reconnais-
sance dans les environs ; mont cavalirernent sur
son cheval jaune, le chapeau sur l'oreille, gaillard et
souriant, la tte haute, il se mit en route la tte
d'un petit group de cavaliers.
Ils traversrent au pas la savane, baigne par les
ravons d'un chaud soleil qui faisait scintiller les
lines polies des nmachetes, et se dirigrent vers le
bois de la proprit Anton, reli San Secrin par
un troit chemin dans lequel ils s'engagrent.
Perez, toujours en tte, tait suivi de ses homes
qui marchaient la file dans le sentier bord d'arbres
vieux, pineux, de lines paisses et plein d'ombre
fraiche et parfume. Les chevaux. les oreilles dres-
ses, marchaient lentement: les cavaliers contenaient
leur souffle et, les rifles en main, sondaient de leurs
veux d'aigle la profondeur du bois.
Aprs une march de quelques mtres, le bruit
soudain d'une dcharge retentit et, ds que la fumue
se fut dissipe, on vit tendu sur le soi, dans une
mare de sang, le cheval de l'ollicier cit de son
cavalier qui, gravement bless. se soulevait sur ses
poignets.
Aprs un court effort, Per:ez se met sur pieds,

o) Potrero. Lieu o se garden les chevaux.-
N. du T.


livide : un filet de sang coule de son venture; il pose
sa main sur la croupe du cheval le plus proche et,
faisant un saut prodigieux incroyable pour un bless
mort, il parvient rester en croupe d'un de ses
soldats qui part avec la victim. Pendant ce temps,
le reste du group, faisant feu de ses armes sur les
ennemis, les tient en respect et sort du sentier; ils
arrivent tous la savane, o ils construisent une cou-
chette avec des branches et des feuilles, sur laquelle
ils portent le bless au campement du Paraiso.
La nouvelle du fait circula avec rapidit dans le
camp; le bless, tendu sur sa couchette dans le
bivouac de Rodriguez, vit dfiler devant lui tous les
officers de la colonne, qui allaient lui exprimer leurs
. sympathies.
Le mdecin de l'escadron, le docteur Luaces, se
proposait de lui donner des pilules de morphine,
mais l'officier repoussant avec douceur la main du
docteur lui dit en souriant:
Conservez ces pilules pour quelqu'un qui
pourra gurir; vous manquez de mdicaments, et
pour moi ils sont inutiles.
Il se tourna vers un soldat, son fidle ordonnance,
et lui montrant sa blessure, qui laissait le pritoine
dcouvert, il ajouta :
Regarde, mon redaio (i) pourrait servir de
graisse pour les armes.
L'ordonnance, qui l'aimait beaucoup, lui rpon-
dit :
Vous ne mourrez pas, et dans une semaine la
gurison viendra.
,lerez frona les sourcils, puis, feignant la hauteur
d'un suprieur, reprit:
Un subordonn doit toujours avoir l'opinion
de son chef.
'n court moment s'coula. Perez commenait
balbutier faiblement, ou plutt chanter une chan-
son patriotique lorsqu'il sc sentit atteint par les
premires nauscs, signs prcurseuL s de la mort. l1
leva ses veux vitreux sur ceux du commandant
Domingo Ramos, lui serra la main et lui dit d'une
voix faible et peine imperceptible:
Tu as toujours t' mon ami, aie soin d'elle, la
malheureuse que je quite si tt; sois son pere,
protege-la ; dis-lui qu'au moment de mourir j'ai
pens 'ele et la patrie...
Son corps s'agita dans une hLrrible convulsion et
il mourut.




II Redaiho. EnL eloppe des intestins: cp:ploon,
1. du T.


____WL~_s__________E_____1_1_1_ I___I_ ~____~ I~_ _Y____s_____a__M____________I______


~P~eC~s~e






4 Y i1r JUILLET 1897.


jourd'hui ceux qui se battent dix bien arms
contre un mal arm.
Bandido, (jadis bandit) c'est celui qui lutte pour la
libert de son pays.
Pacificar, ne veut plus dire pacifier, mais envoyer
une dpche aprs une .promenade pied, chevali
ou mme en bicyclette.
Le mot le'plus curieux et le plus la'.mode -
c'est' blarro, qui signifie beau, noble, gnreux,
intelligent, fier, brave, hardi, charitable, pur, etc.'
N,'est-ce pas que le mot biLarro est bizarre ? Et ce
qu'il y a de plus fort c'est que tous les Espagnols -
tous, sans exception--- sont bi\arros.
Demande-leur si c'est vrai et vous verrez.



PROJECTILE DE L'ARTILLERIE CUBAINE

Nous prsentons le modle d'un des projectiles qui
sont employs par l'artillerie cubaine, et qui ont
donn de si bon's rsultats dans les nombreuses at-
taqbes contre les forteresses, les cits et les villages.
Dans le sige de Cascorro (i).qui dura du 22 sep-
tembre au 5 octobre de l'an dernier, et qui se ter-
mina par la prise de cette ville, l'artillerie cubaine
tira 219 de ces projectiles. Le tir fut si bien dirig
que l'ennemi lui-mme dclara dans ses compete
rendus officials sa grande importance, tant donn
les ravages pfoduits par ces obus.



LES FINANCES ESPAGNOLES

Le Temps: Le commerce est trs proccup de
savoir si la surtaxe de io o/o cre sur tous les im-
p6ts directs et indirects, sauf le Foncier et la Dette
publique intrieure, partir du i" juillet, frappera
galement les importations trangres et les droits
de douane de toute sorte. Des representations fort
pressantes ont dj t faites aux ministres des fi-
-.anes et des affairs rsr.ue-.. ( Madrid) par les
reprsentants de plusieurs puissances europennes.

La Libert: La press europenne montre un
certain tonnement des augmentations d'impt que
ie gouvernement espagnol vient de dcrter et qui,
pour.cette fois, montent 1o o/o du principal. C'est
l"oeuvre tnbreuse que la majority a enfante
pendant les quelques jours que la session parlemen-
taire a dur. Nous avions fait connaitre ce labeur
ingrat qui a pass inaperu, car l'opposition s'tant
abstenue de paraitre au Congrs, personnel ne lit le
Diario de las -Sesiones. Il est certain qu'il faut de
l'argent et que l'on ne peut le demander qu'aux con-
tribuables. L'opinion publique, qui a encourage le
cabinet dans la politique ruineuse suivie Cuba,
verra aujourd'hui ce qu'il en cote d'tre ttu,


On ne parait pas trs satisfait des projects finan-
ciers de -M. Cinovas qui vont entrer dans la prati-
que. Le dcret crant les impts intrieurs transi-
toires est sorti. Une surtaxe de o o'/o est tablie
sur tous les impts indirects don't la. nomenclature
est donne par la Gaceta et frappe mme les droits
sur les paiements faits par le Trsor, les Provinces et
les Municipalits, et les droits sur les traitements
des employs.
Ce surcroit d'impts sera lourd supporter, pen-
se-t-on, et il n'est pas certain qu'il donne tous les
rsultats qu'on en attend. Les droits de douane, en
effet, pour les importations des pays possdant des
traits de commerce chapperont la nouvelle taxe
et il n'y a gure que les importations allemandes et
amricaines qui les supporteront.
D'autre part, les conditions de l'emprunt des Phi-
lippines sont considres comme peu favorables
une reprise de l'Extrieure.



REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 2 r. Les inspecteurs mdicaux, envoys
Cuba par le gouvernement des Etats-Unis, ont dd-
-clar que le < vmito augmente d'une faon
alarmante.
Dans la prochaine convention de l'Etat de
l'Ohio, M. Borakel prsentera une motion favorable
aux insurgs cubains. On croit que le rsultat de
cette motion exercera une grande et decisive influence
sur l'esprit de M. Mac Kinley.
Deux expeditions ont dbarqu Cuba, sans

() Cascorro. Du cercle municipal de Puerto-
Principe, et 63 kilomtres de cette ville.--V.de la R.


(D'i n joutrnail amricain.)


Pour s'opposer au plan sauvage d'extermination et sauver la vie ses
concitoyens, l'Oncle Sam passe, si cela est ncessaire, par-dessus le panache
de Valeriano.

***************** ****************


avaries. On suppose que l'un des navires, qui ont
opr les dbarquements, est le Daunef, de matricule
anglaise.
Un tlgramme de La Havane an-nonce que la
misre dans les villages de la province cause de s-
rieux soucis.
Du 22. Le correspondent du Daily Chronicle,
de Washington, crit son journal : Le nouveau
ministry d'Espagne a reu l'ordre de M. Mac Kinley
de demander une indemnit pour la mort du citoyen
amricain Rutiz; il doit aussi prparer le gouverne-
ment espagnol la perte de l'ile de Cuba comme
colonie. On fera connaitre l'Espagne que le people
des Etats-Unis insisted sur la ncessit de l'manci-
pation de Cuba, et qu'un acte de bonne volont de
la part de l'Espagne pourra lui viter une humi-
liation et des pertes d'hommes et d'argenrt.
Le gouvernement des Etats-Unis fera tout son
possible pour obtenir de l'Espagneila rvocation de
l'ordre de concentration dict par Weyler' Le nou-
veau ministry amricain a reu de M. Mac Kinley des
instructions ce sujet.
Un tlgramme de Key-West rend compete de
la grande manifestation qui a eu lieu l'occasion du
jubil de la reine Victoria. Elle tait organise par
les survivants du Virginius en l'honneur des officers
et marines du Niobe, navire de guerre anglais, qui
s'opposa Santiago de Cuba la continuation des
fusillades. Les marines du Niobe, le consul d'Angle-
terre et les autorits locales ont assist la manifes-
tation.
Du 23. Les vapeurs Dauntless et Childs ont
t saisis par le gouvernement amricain, sur la de-
mande du consul espagnol.
Du 24. M. Murat Halstead dans un article sur
l'avenir de Cuba, a dclar que MM. de Rothschild
ont annonc au gouvernement espagnol qu'ils ne
consentiraient faire aucun nouvel emprunt partir
du juillet. Ils donnent pour raison que la guerre
n'a donn aucun rsultat jusqu' ce moment et que
dornavant l'Espagne ne pourrait avoir aucun se-
cours de Cuba. Ce mme article dit que cette com-
munication a t la cause de la dernire crise minis-
trielle Madrid.


CHOCOLATE


La capture du vapeur Dauntless par l'Indian-
chef qui l'a ramen Key-West a t due une ava-
rie. Le Dauntless avait bord 20 expditionnaires et
des armes en grande quantit. Le Childs a p
chapper la poursuite des croiseurs amricains.
Le gnral Woodford a eu aujourd'hui une
grande conference avec le president Mac Kinley; on
a trait de l'attitude garder par le gouvernement
amricain vis--vis de celui de l'Espagne ; on assure
que le Prsident press le dpart de M. Woodfort
pour Madrid.
Dans un 'srieux combat Sierra Grillo, pro-
vince de La Havane, les Cubains ont mis plus de 32
Espagnols hors de combat. Parmi eux, un lieute-
nant,-un capitaine et un commandant. Le combat a
dur jusqu' sept heures et demie du soir, heure
laquelle les Espagnols ont abandonn le champ de
bataille.'
Le gnral Weyler est arriv Cienfuegos..
Du. 25. Les expditionnaires qui se trouvaient
bord du Dauntless cnt t acquitts par le juge
M. Otto. Le Dauntless a t remains en libert com-
plte, et on lui a rendu les effects de guerre qu'il
avait bord lors de sa capture.
Du 26. La rgente d'Espagne a sign un dcret
qui tablit les rgles pour l'application du nouvel
impt de 1o o/o sur tous les impts directs et indi-
rects. Cet imptservira subvenir aux charges du der-
nier emprunt intrieur, destin payer les frais de la
guerre de Cuba. L'article 2 de ce dcret dit textuelle-
ment : Le nouvel impt de 1o o/o ne sera pas com-
pris comme une modification des tarifs douaniers
actuels ; mais il former un impt additionnel transi-
toire sur la totalit de celui qui doit se percevoir
dans chaque declaration . Ainsi partir du i"
juillet et durant tout l'exercice prochain les impor-
tations franaises en Espagne paieront io olo de
plus sur les droits actuels de douane.
Du 27.- M. Silvela chef des conservateurs dis-
sidents, a public dans El Impartial un long article
au sujet du manifeste du parti liberal. Il ne cache
pas la rpugnance que lui cause l'autonomie de
Cuba qui pourrait produire bien vite sa separation
complete de la mtropole. Il dsire aussi que l'Espa-


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gne demand des explications claires aux Etats-Unis,
sur leurs intentions, et dplore l'isolement dans le-
quel se trouve l'Espagne.
Des Espagnols qui conduisaient un convoi de-
La Havane San Jos de las Lajas, ont t attaqus:
au machete parles Cubains dans le potrero Roino-t-
rostro. 18 soldats espagnols et leur chef ont t
tus, et le convoi a t captur-par les Cubains.


BIBLIOGRAPHIE

La Camarade: Par Camille' Pert. Un vo-
lume'in-ti8:jsus. 3 fr. 5o. F H. Simonis Empis,
diteur, 21, rue des Petis-Champs, Paris.
Le bonheur, l'amour rciproque est le but que
tout homme, en se mariant, recherche en suivant
des theories diffrentes. C'est l'une de ces lignes .de
conduite que Camille Pert vient d'tudier avec scn
habituelle analyse prompted, prcise et logique, dans
le remarquable ouvrage : La Camarade, qui place
dfinitivement l'auteur du Frre parmi les grands
romanciers de l'poque.
Un mari peut-il faire de sa femme sa confidence,
son amie, lui dcouvrir franchement ses principles,
ses penses, sa conscience, sans que la femme, leve
en des ides de morale, de pudeur, de reserve
troites, s'effraie, s'pouvante, se dmoralise, et, au
lieu de s'attacher davantage au mari, s'en loigne,
sans pouvoir lui pardonner la destruction de ses illu-
sions, ni s'acclimater en l'existence intellectuelle,
virile, dans laquelle il a voulu l'introduire?
La femme peut-elle tre la camarade de l'homme;
leur esprit, leur coeur, leur tre, peuvent-ils marchcr
d'accord, intimement lis ? Le roman passionnant de
La Camarade conclut ngativement.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
buus notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port
deux exemplaires.


Mme Rodier-Gires.



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