Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: May 6, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00071
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE. L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue saint-Vincent.de.Paul 2e Anne PARIS 6 Mai 1897 N 68 Un s,..'...dnce... 2 f. 1
-Un trimestre, id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe REPCUBAINE A L'TRANGER
.- .AR.AIT TOTS LES JEUDIS 'neanne, payabled'avance............. 25fr.
Lesemestre, id.manuscrits ne sont pas rendus ............. o .
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO ....... 0fr. ;5


VERS L'AVENIR


^ l'heure actuelle, o tout semble
"' emport par un vent dmorali-
.sateur, o certain homes,
dnus de sens moral, veulent
rduire toutes les questions bu-
manitaires de mesquines et.peu
propres questions d'argent, o les
sentiments levs menacent de
ne plus trouver place parmi nous:
devrons-nous voir abandonner les hommes
forts qui, guids par des sentiments de
patriotism et d'abngation, au mpris de
leurs intrts les plus chers,. luttent pour
l'indpendance de leur pays ?
Devrons-nous assister ce 'spectacle
navrant, d'hommes abandonnant tout idal
lev, plaant l'escroquerie la hauteur
d'une institution ?
Hlas! c'est cependant l ce qu'il nous
est donn de voir chaque jour. Les aigre-:
fins et les financiers, ne voyant -en toutes
questions que leurs' intrts directs et per-
sonnels, menacent d'entraner l'Europe.
dans de honteux compromise et dans de
louches trafics.
Il est temps, cependant, de jeter le-cri
d'alarme et de rappeler aux citoyens, aux
vrais citoyens, de toutes, nations, qu'il est
encore autre chose et que l'heure est venue
de la rparation et de la justice.
L'heure est venue, de ne plus laisser
l'oppresseur peser de tout son poids sur
l'opprim et d'aider ceux qui ont assez de
virilit pour secouer le joug qui les
blesses.
Je ne suis pas un pessimiste intraitable;
je crois mme que la gnration qui se
lve balaiera les ddtritus, -branlera le
vieil difice vermoulu dans les lzardes
duquel nichent quantit de btes .malfai-
santes, et je crois que les dcombres du
vieux monde jets aux quatre vents des
rvolutions front place une socit nou-
velle base sur l'galit devant la vie et sur
la fraternity des hommes.
Mais ce ne sont l que spculations sur
le mystre de l'avenir qui n'tent rien
l'opprobre de l'heure prsente.
Voyez : la France'de Navarin combat les
Hellnes levs pour la Libeit.
Quelque soixante-dix ans aprs le cri de .
rvolte des Orientales, l'cho apporte les
los de la press officieuse aux bombar-
deurs de la Crte !
Quelque trente ans aprs que le mme
pote national lve-toi, Hugo! criait:
Cuba n'appartient qu' Cuba! l'cho
apporte les hurlements des mmes valets
de la press aux rpublicains antillais !
O donc est-elle, la press la grande
justicire qui 'encourage les opprims
Ssecouant le joug ? A part d'honorables


mais trop rares exceptions que j'ai dj']signales
en ces colonnes elle prend le.mot. d'ordre aux
ambassades et passe la caisse.
La libert des peuples frres 'ne pserait pas une
once dans l'escarcelle de certain journalists ind-
pendants ; les services rendus aux despotes se sol-
dent par de large rmunrations.
Voil o nous en sommes: ce ne serait gure ras-
surant si l'esprance ne restait toujours au fond de
la boite .de Pandore.
A toutes les turpitudes, toutes les abjections de
,la vie en notre monde civilis, combien serait pr-
frable la vie de grandes chevauches, l-bas, sous
l'ardent soleil, l'pe au poing, en lutte toujours,
toujours debout pour la Libert!
Ce n'est pas de l'argent, c'est le triomphe du droit
et la gloire qu'il y a au bout de vos exploits hro-
ques, frres cubains : il est des] Franais qui vous
envient.


G


CUBAINS CONDUISANT UN BLESS


Le correspondent d'un journal des Etats-Unis a
eu l'heureuse ide de croquer sur le vif le transport
d'un bless de l'arme cubaine, faisant parties d'une
extreme avant-garde o, par consquent, il n'y avait
aucune ambulance. Deux soldats trouvrent rapide-
ment le moyen de l'emporter l'hpital de la faon
la plus commode possible, comme on peut le' voir
dans le dessin que nous publions.
Ce fait.indique aux lecteurs comment les Cubains
improvisent les secours don't ils ont besoin; il suffit
dmontrer que le.peuple, qui joint la dtermina-
tion de devenir libre les connaissances pratiques n-
cessaires dans toutes les circonstances, a sans
doute la certitude d'arriver au but pour lequel il
lutte.


NOUVELLES IMPORTANTES


Nous offrons, avec le plaisir le plus vif, nos lec-
teurs, le tlgramme suivant envoy notre dlgu
Paris le Dr. Btancs, qui nous l'a communique,
par notre ministry plnipotentiaire M. Estrada Palma:
New-York, 29 avril.
Une lettre rcente du gnral G6mez dclare que
la champagne de Weyler a -t un chec
complete. Il exprime sa confiance absolue
dans le triomphe de notre cause, et ritre
la resolution ferme des Cubains de n'cou-
ter des propositions de paix que sur la
base,de l'ihdpendance.
11 dit que le brigadier Jean Ducassi,
successeur intrimaire du-gnral Rus Ri-
vera, l'informe de ce que les troupes sous
son commandement sont. pleines d'ardeur
et de foi, pourvues de munitions abondan-
tes, et persuades de continue la campa-
gne avec advantage.
Le gnral Alexandre Rodrfguez a mis
en droute, sur les hauteurs de Purga-
torio (La Havane), les Espagnols qui ont
perdu 280 hommes, morts, blesss et pri-
sonniers; le combat a dur cinq heures.
Les Cubains dominant presque compl-
tement les provinces de Santiago de Cuba
et de Camagtey. Dans ces provinces, ils
ont en leur pouvoir le fort de Banes, qui
est bien dfendu par des torpilles.
Enfin 200 volo'ntaires espagnols ont
dsert avec armes et bagages, Santiago
de Cuba.
Weyler est revenue hier La Havane,
sans bruit, aprs avoir pass six semaines
Las Villas, o il n'a fait que dtruire les
cultures, tuer des gens sans defense, et
concentrer des families dans les villes pour
les y laisser mourir de faim.







LE CANON COLT

Notre confrre.El Yara, de Cayo Hueso,
donne la description suivante de ce canon,
qui a t dbarqu Banes par l'expdition
du Laurada :
K Le canon automatique Colt est une
espce de mitrailleuse du mme systme
que le canon Maxim.
C'est simplement un canon de fusil trs
fort qui, par le moyen d'une chambre trs
ingnieuse, utilise l'expansion du gaz pro-
duit par la combustion de la poudre pour
mettre en movement le mcanisme qui
permet de tirer jusqu' 400 coups la mi-
.',-nute.
Les projectiles sont des cartouches ordi-
S'nires, d'un fusil quelconque, Remington,
lauser, Lee, etc.
Le canon pse 45 livres et les projectiles,
en moyenne, un quintal le mille. Le poids
I1 total du canon avec quinze mille projec-
tiles n'atteint donc pas une tonne.

*


Cubains conduisant un bless.


Of~-:-






6 MAI 1897.


IOUR LES BLESS S UBAIN8

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR





15ma Liste.
Francs.
M" T P.. ..-............ ...--.........- 2.0oo
Mr. rn.ac....................--. ..... .o.50
Mr. Norni............. ................ o.50
M r. Martin............................ o.5o
Une Cubaine.........- ... ...- 2..0'
Le fils d'un assassin par le gnral Con-
cha............. ....... ....... 5.oo

Total................'.. ii.oo
Total antrieur......... I.067 05

Total gnral.......... o.078.05

Nota. Les donateurs sont pris d'envroyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qu prcde ont t remises M., le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de.la R.




DU TIMES


(14 Avril i897.) (i)
La lettre de' netre correspondarit special Cuba,
que nous publions aujourd'hui, indique la situation
des affaires de cette malheureuse le, just l'poque
o se termine la campagnrie d'hiver.
La saison des pluies approche rapidement, et,
dturant plusieurs mois, il sera impossible d'entre-
prendre des opratiors militaires de quelque im-
portance.
Les homes humans, quelques soient leurs sym-
pathies politiques, doivent de tout cour dsirer qu'il
existe des motifs srieux donnant l'espoir qu'un ar-
rangement l'amiable se fasse entire les combatants
avant que la belle saison permette de commencer
de nouvelles hostilits. Malheureusement il n'existe
aucun motif srieux pour l'esprer. Les operations
de guerre pendant la saison qui vient de finir, ont
t aussi indcises que cells de l'an pass.
Les armes espagnoles ont t favorises par la for-
tune plus d'une fois; mais jamais elles n'ont retir
un advantage positif, capable d'branler la Rvolu-
tion. Pas une seule province ne parat tre au pou-
voir des Espagnols ; pas mme celle de Pinar del
Rio, malgr les affirmations officielles des autorits
qui dclarent cette province pacifie.
Les sentinelles ou claireurs des insurgs ont t
vus rcemment, pendant la nuit, dans les rues de la
capital de la province, alors que les communica-
tions avec La Havane se faisaient grce l'escorte
militaire qui protge la circulation des trains. Cepen-
dant leur march est souvent interrompue par des
explosions qui les font sauter.
On dit que la province de La Havane et celles de
Matanzas et de Santa Clara ne se trouvent pas dans
de meilleures conditions que celle de Pinar del Rio,
et que dans la parties Est de l'ile, Puerto Principe
et Santiago de Cuba, les Cubains sont plus en force
que dans l'Ouest.
Nulle part, l'exception des villes des ctes et de
leurs environs, les Espagnols ne sont matres du
terrain.
Partout o ils ne commandent d'une faon abso-
lue, ils sont exposs des attaques inattendues et
des embuscades. Ils ont t vainqueurs dans diverse
escarmouches, mais leurs victoires n'ont pas t
d'un caractre durable. Quand les soldats se retirent,
les rvolutionnaires sortent de leurs cachettes et re-
deviennent matres du territoire, jusqu' ce qu'ils
soient de nouveau surprise par les troupes, ou qu'ils
parviennent attaquer ces mmes troupes dans des
conditions avantageuses.
La tnacit et la fermnet de caractre des combat-
tants des deux parties cartent tout espoir de concerter
la paix.
11 est certain que le gouvernement espagnol a eu
la valeur et le bon esprit d'offrir aux Cubains un
project de rformes trs large. Mais quand mme ses
rfomes seraient aussi large qu'on le pretend, il est
craindre qu'elles ne soient accordes trop tard. La
guerre de guerrillas qui se soutient des deux c6ts avec
tant de resolution, a excit le dgot pour l'admi-
nistration espagnole, source ou origine d'o est ne
la Revolution.
On nous assure que les insurgs sont rsolus
combattre jusqu' briser la dernire chane qui les
unit l'Espagne.

(i) Comme nous l'avons promise la semaine der-
dernire, nous insrons l'important article, inspire
par la correspondence de Cuba, public dans ce
mme .numro du Times la date du 14 du mois
dernier. N. de la R.


Chaque mois qui passe sans que la Rvolution ne
soit teinte.leur donne du courage et leur inspire de
la valeur.
Les insurgs se sont maintenus avec fermet contre
tout le pouvoir de l'Espagne exerc successivement
par deux gnraux espagnols pendant deux ans, et,
comme ils ont vu que l'tat de la Rvolution n'est
pas aujourd'hui visiblement plus mauvais qu'il ne
l'tait aprs les premiers triomphes des Espagnols, ils
jugent qu'il n'y a pas de motif pour les empcher
de cortinuer la 1la guerre tant qu.elle sera ncessaire,
en combattant de la mrane faon et avec les mmes
reco~~s que fusqu': ce faur.
Les Cubains savent. ce que cote la guerre
l'Espagne, et confiants,en ce que, plus tt ou plus
tard, ils arriveront tarir les forces de cette nation.
Il est certain que la prolongation de la guerre im-
plique de fait la devastation de Cuba; mais, dans l'tat
d'exaltation dans lequel ils se trouvent, il parat que
ce fait imported peu aux patriots.
Les Espagnols, de leur ct, persistent vouloir
vaincre la Rvolution tout prix pour Cuba et pour
l'Espagne. Il est supposer que leurs triomphes r-
cents aux Philippines contribuent stimuler leurs
efforts, en leur faisant croire qu'ils peuvent obtenir
le mme rsultat partout ailleurs.
On croit que les rformes continues dans le
project du premier ministry' sont aussi tendues que
l'opinon populaire le permet; et rien moins que la
ncessit vidente pourra induire la nation espagnole
accorder de plus large concessions.
Notre correspondent special croit que le people
espagnol ne connat pas la vraie situation de Cuba.
Il est trs possible qu'il en soit ainsi : mais jusqu'
ce que la vrit se manifeste d'une faon vidente et
bien nette, de telle faon qu'il' ne sera plus possible
de se bercer d'espoir, il ne consentira pas de bon
ceur ce que une de ses, dernires et de ses plus
importantes colonies chappe de ses mains.
Seule la perte de tout espoir pdurra les rendre
rsigns supporter cette humiliation, mais malgr
toute la dure de la guerre don't les consequences
ont dvelopp d'ans toutes les classes du people une
valeur et une patience si admirables, les Espagnols
n'ont pas cess d'esprer.
Il peut tre impolitique et mme don quichotesque
de s'enferrer avec une si grande tenacit dans une
possession aussi ruineuse. Mais de mme que les
.individus, les nations ne dirigent pas toujours leur
conduite sons l'inspiration de leur plus grand
bnfice.
Enfin, le sentiment est un puissant facteur, et
nous, come people imperial, nous devons recon'-
natre que cel.ui qui pousse la nation espagnole .
conserver sa grande possession dans les Indes occi-
dentales, tant qu'elle a l'espoir de reconqurir ses
droits, est digne d'une vieille et valeureuse race.
Il existe un troisime facteur dans la situation,qui
peut influer dans la resolution definitive du diff-
rent.
Il ne faut pas attribuer une grande importance
aux rcentes manifestations de Juigosme du Snat
des Etats-Unis relativement aux affaires de Cuba.
Mais les hommes d'Etat expriments qui gou-
vernent l'Espagne doivent tenir compete de l'inter-
vention possible des Etats-Unis Cuba.
Il n'y a pas de doute que M. Dupuy de Lme, mi-
nistre d'Espagne Washington, par son silence et
sa digne attitude, sache traiter les provocations du
snateur Morgan et de ses amis. Mais les hommes
d'EtaL responsables qui, leur tour, dirigent les
affaires de l'Union amricaine, ne peuvent voir avec
indifference la situation d'un people voisin si imm-
diat de leurs ctes.
Le president Cleveland, le mois de dcembre der-
nier, fixa avec assez de clart les large lignes qui
doivent servir de direction la politique amricaine
se rapportant Cuba ; rcemment,, notre correspon-
dant New-York nous assurait que le president Mac
Kinley estime que, pour !e moment, il n'y a aucun
motif de se sparer de la ligne de conduite trace par
son prdcesseur.
M. Cleveland, dans son message, montra des sen-
timents d'affectueuse amiti pour l'Espagne et, pour
de bonnes raisons, refusa de reconnatre la bellig-
rance des insurgs. Mais il indiqua par des paroles
graves et sensationnelles que si la lutte se prolon-
geait trop longtemps Cuba.sans donner de rsul-
tats dfinitifs, le Pouvoir excutif des Etats-Unis de-
vrait modifier son attitude dans l'intrt de ses conci-
toyens.
Le gouvernement amricain attend avec anxit la
fin de ce diffrend, dans lequel ses sujets sont
constamment mls, qui intresse le commerce de
la nation et impose des devoirsennuyeux aux forces
maritimes de la Rpublique.
Se basant sur ces raisons, entire autres, M. Cleve-
land observe qu'il ne serait pas rationnel de suppo-
ser que l'attitude d'expectative adopte par les Etats-
Unis puisse indfiniment se prolonger.
Les Amricains, dit-il, ne peuvent considrer le
conflict sans se rendre compete que les faits suivant
leur course, ils peuvent se trouver engags dans une
situation anormale et de telle nature qu'ils ne puis-
sent attendre que l'Espagne ait achev la lutte .
Quand on en sera arriv cette poque, ajoute
M. Cleveland, et que l'incapacit de l'Espagne pour
dominer d'une satisfaction satisfaisante la Rvolu-
tion sera vidente, que sa souverainet sur Cuba


aura fini d'exister, lorsque la guerre dgnrera en
rendant le sacrifice des vies humaines inutile, les
obligations des Etats-Unis vis--vis de la souve-
rainet de l'Espagne front place d'autres obli-
gations d'un ordre lev, qu'ils ne. se front faute
de reconnatre et de remplir .
Ce moment n'est pas encore arriv, il geut mme
tre encore relativement loign. Mais il est vident
que chaque mois qui passe sans une ralisation de la
puissance de l'Espagne, il approche.
Dans le cas o il arrivera, l'Espagne elle-mme
doit comprendre que dans un- court space. de
temps Cuba disparaitra pour toujours de sa tutelle
souveraine.



LA VALEUR ESPAGNOLE


Les Espagnols aux abois, hargneux comme des
roquets fouetts, ne pouvant vaincre les braves, s'en
prennent aux femmes et aux enfants.
L'Intransigeant et L'Autorit, deux journaux d'o-
pinions opposes mais don't les sentiments de fran-
chise, de justice et d'indpendance, bien connus de
tous, sont incontestables, ont dj annonc l'empri-
sonnement, Santiago de Cuba, de la fille d'un
Franais, le docteur Flammand.
Quel crime politique a bien pu commettre cette
jeune fille ge de 14 ans?
Il est dmontr une fois de plus que la valeur et
la gnrosit espagnoles sont un mythe.
Quand un people en arrive employer les moyens
usits par l'Espagne pour exercer sa domination, il
est bon tre ray du nombre des nations civilises.
Espagne et Turquie, quel beau sujet de parallle.
Nous esprons que le gouvernement franais
rclamera lalibert de notre jeune compatriote : et
cette libert sera immdiatement accorde, comme
l'ont t toutes celles qui ont fait l'objet des rcla-
mations du cabinet Washington.
Durs avec les faibles, plats devant les forts, c'est
la rgle espagnole.



-------'~ ----


LETTRES A PIERRE

XI

Mon cher Pierre,
La moderation de ton caractre te fait simplement
hausser les paules devant certain faits, alors qu'ir-
responsable, en parties, de mon temperament, je ne
sais pas toujours en rprimer tous les clats. Con-
viens pourtant avec moi que la brute parfaite seule
est sans limits dans sa candeur et qu'il faut vrai-
ment tre Espagnol pour tirer vanit d'un coup de
pied magistral reu bnvolement dans le derrire
et en publier le compete rendu son de trompe :
Une espce de mollusque migrateur ayant nom
Morote, qui est aux journalists dignes du nom ce
que- le plus gros capitaine d'Espagne est au plus
mince de nos sous-officiers, a eu la lumineuse ide
de recourir certaines influences pour se faire ad-
mettre en presence du president des Etats-Unis.
Durant les quelques minutes qu'a dur l'entrevue, il
a russi marmotter une supplication tendant en-
tendre dcouler de ces lvres augustes une
phrase qu'il pt tlgraphier son pays; or,
n'ayant pas cru devoir luder la visit de cet infect
personnage pour ne pas rompre ouvertement avec
l'ambassadeur d'Espagne, Mac Kinley s'est born
lui dire... qu'il n'avait rien lui dire du tout, miais
que, s'il avait absolument besoin d'une phrase pour
son journal, il l'autorisait retlgraphier loisir le
mot biblique terminant son Message : Pax'in ter-
ris hominibus bone voluntatis1 Et... a t tout,
ajoute le candide sicotudo, le president Mac Kinley
lui ayant mme dfendu (prohibido) de donner la
moindre publicity l'entrevue avant d'avoir dsin-
fect de sa presence le territoire des Etats-Unis I
Voyons, mon cher Pierre, sois bon prince et dis-
moi qu'il faut tre Espagnol, rpondre au doux nom
de Morote et se croire journalist pour oser publier
une interview cingle de la sorte !
Oui, paix sur la terre aux hommes de bonne vo-
lont Paix definitive et fructueuse tous ces braves
Cubains qui, ne voulant rien de personnel, ne dsi-
rent que leur libert 1
Le joug espagnol est impossible dsormais en une
contre quelconque de notre globe : sa machine gou-
vernementale et administrative est demeure la mme
depuis des sicles ; qu'elle craque donc et s'effondre
avec son outillage d'un autre ge!
Les fils commencent s'user entire les griffes de la
bte monstrueuse qui dirige toutes les marionnettes
officielles; on ne vit plus qu'au jour le jour. Ce ne
sont plus que des petits drames en un acte, /un-
ciones por hora, qui s'lucubrent actuellement
Madrid : la champagne de Polavieja est termine,
l'ambassade de Sandoval est juge. Si le nouvel em-
prunt rate dfinitivement, quelle nouvelle et tou-
jours sinistre fumisterie va donc encore recourir
Cnovas ?


Tant de ridicules calembredaines seraient parfois
assez amusantes sans la nause qu'elles provoquent
et si nos frres ne continuaient l-bas, dans la mon-
tagne, subir leur vie de privations et de sacriBee-
Ils iront jusqu'au bout, cctte fois, et, dcids user
f*Espagne jusque dans ses moelles, ils commencent
dej entrevoir l'poque prochaine du triomphe d-
finitif.
Continuons donc, mon cher Pierre, de notre ct,
Les aider de toutes nos forces dans leur enterprise
et onians bien fort avec Mac Kinfey -
Anathme: vous, Espagnols barbares.ea x sur
oae terre aux, bo.mmes',de honne vosmant.


" mai 1897.



L'INVASION


Nous rendons grce notre collgue L'Invasion
de Port-au-Prince (Hati),d'avoir reproduit le remar-
quable article : L'Autonomie, de notre distingu col-
laborateur M. Alexandre Isaac,. q.uenous avons pu-
bli dans le numro de La Rpublique Cubaine
di 24 fvrier.
Il est regrettable que notre collgue, srement par
oubli, n'en ait pas. indiqu la provenance.




CUBA, PAR UN FRANAIS

Un digne franais, rcemment revenue de Cuba,
nous a fait la relation suivante :
Je vous suppose indcis en face des nouvelles de
la Revolution que la press espagnole public chaque
jour. Il est impossible d'inventer une plus grande
plaisanterie. Il n'est rien de plus. hypocrite et de
plus faux que les dcrets de, pacification qui ont t
annoncs, et il est absolument vrai que Weyier a
tout dtruit dans l'intrieur du pays.-C'est sa pacifi-
cation.
Je puis vous assurer que la Rv.olution est dix
minutes des villes. Qu'elle est aussi forte que l'ar-
me espagnole est faible; les marches interminables,
les innombrables combats que les soldats doivent
endurer les puisent et' remplissent les hpitaux :
Puis on a une faon de les traiter qui est atroce : L
o tombe un soldat rendu 'par la fatigue, la faim ou
la maladie, on l'abandonne, aprs lui avoir enlev
ses armes et son fourniment. En gnral ds qu'il
se rtablit il se rallie la Rvolution; quelquefois il
meurt comme un chien.
Quand les colonnes entrent dans les villes, les
soldats paraissent des spectres; agonisants ils for-
ment un bien grand contrast avec ceux que les
journaux reprsentent pleins de vigueur et de belli-
queux enthousiasme.
Ce qu'il y a d'incroyable et de suprieur, c'est le
secours donn aux rvolutionnaires par les habi-
tants, malgr la crainte que Weyler, Fonsdeviela et
d'autres barbares ont voulu inspire. Les personnel
don't on se doute le moins, ce sont des ouvriers
pleins de constance, qui, au risque d'tre dcouverts,
affrontent le pril, et servent leur patrie. La concen-
tration force a fourni un grand contingent nos
files; les personnel ainsi runies sont des femmes,
des vieillards et des enfants, et suivant des donnes
trs exactes, il y a 4 r/2 hommes pour un fusil dans
l'arme de la Rvolution.
La champagne sucrire a t presque nulle,
parce que la canne a t dtruite par des incendies.
La proprit n'ayant pu payer ses contributions
au jour fix a d tre abandonne sur l'ordre de
Weyler, puis brle par les guerillas.
Comme ceux qui ont pu payer sont peu nom-
breux, les incendies ont t horribles.




L'oEUVRE CONOMIQUE

DE L'ESPAGNE A CUBA


(Suite et fin)
Frquemment, lorsqu'on tudie les impts aux-
quels. l'le tait soumise, on ne tient compete que de
ce qui apparat officiellement, alors qu'en ralit cela
ne reprsente qu'une parties du total. Dans les
douanes, les fraudes que subissait le fisc, grce la
vnalit et la corruption des employs, montaient
plus de cinquante pour cent; mais il important peu
au producteur cubain que les droits fussent affects
exclusivement aux caisses publiques ou partags
entire les employs et les importateurs; il les payait
quand mme. Le gnral Concha, en un des
mmoires qu'il adressa au gouvernement pendant
son premier commandement, dit que du total des
marchandises importes la douane ne connaissait
que le quarante ou le cinquante pour cent, tandis
que les envoys la Junta d'information, dj cite,
dclarent que la fraude La Havane est de qua-
rante pour cent au moins et qu'elle atteint,
Santiago et dans les autres ports, soixante pour


1~P;ep~o~e( C~aP~ne:






-6 MAI 1897.


cent. En ce qui concern Santiago, je sais que le.
chiffre est exact et je dois mme ajouter qu'en cer-
taines annes il tait suprieur. Quoique trs jeune
alors, j'tais chef de bureau de la maison espagnole
la plus important de Santiago et je sais jusqp'
quel point se faisait dans cette ville la contrebande.
Trs frquemmentdes navires, don't les chargements
selon les tarifs auraient d payer douze ou.quinze
mille pesos, taient dsigns comme tant entrs
sans fret et le Trsor ne touchait pas un centime.
En ces derniers cinquante ans, les fraudes com-
mises annuellement dans les douanes, dans les
autres contributions et les tours de bton, les:
obventions et les gobelles don't le people cubain a
t victim, se sont leves au moins i5,ooo,ooo de
pesos qui, ajouts aux 25,000,000 de pesos fournis
en moyenne. par les budgets officials en cette
priode de temps, font un total de 40,000,000 de'
pesos par an, soit, en cinquante ans, deux milliards
de.pesos, some pouvantable lorsqu'on sait qu'elle
a t paye par un pays don't la population moyenne
cette poque n'tait pas de plus de ,200,00ooo habi-,
tants. Le budget fdral des' Etats-Unis en i83o,:
alors qu'ils avaient dj 12,900,000 habitants, ne:
s'levait qu' 24,400,000 dollars et, en 1840, lorsque&
la population tait de 17,069,000 mes, 31,482,000'
dollars. Le budget de la Rpublique argentine, avec'
une, population de 4,300,000ooo habitants et bien que'
charge d'une garantie d'intrts payer aux Compa-
gnies de chemins de fer,- dpense trs profitable,
puisque les Chemins de fer influent extraordinaire-,
ment sur le dveloppement du pays, ne dpasse pas
40,000,ooo de pesos, tandis que celui du Chili, don't'
la population est de 3,ooo,ooo d'mes, ne s'lve
Squ' i2,ooo,o'6.: D'autre part, Cuba, qui est une
colonie, a pay pendant les derniers cinquante ans,
pour l'arme et la marine, entire 7 et 8,ooo,ooo de
pesos par an en temps de paix. La Rpublique argen-
tine et le Chili, nations indpendantes, ne dpensent,
la premiere que 6,5oo,ooo pesos .et le second que
3,goo,ooo.
Si les sommes que je viens de citer sont effrayantes,
celles que' je vais citer maintenant le sont encore
plus. Elles me sont familires et je ne puis pas
cependant y songer sans pouvante. A premiere vue,
elles paraissent fabuleuses : selles sont cependant
une triste ralit. Celui quii voudra vrifier leur
exactitude n'a qu' prendre' la plume et faire le
calcul. C'est une affaire d'arithmtique et l'arithm-
tique ne ment pas. Bien que la priode de temps
soit beaucoup plus longue pour conomiser des
calculs, j'ai pris pour base un demi-sicle.
Il y a cinquante ans qu'on export en moyenne
Cuba, annuellement, 3oo,ooo barils de farine d'Es-
pagne. Pendant ce temps, le prix du baril de farine
espagnole Santander a t de 4 5 pesos suprieur
celui de la farine des Etats-Unis a New-York. Les
consommateurs cubains avaient donc intrt im-
porter les farines des .Etats-Unis ; mais, comme
celles-ci taient frappes par les tarifs de douane de
Cuba d'un "droit d'importation qui, pendant de
nombreuses annes, fut de.9 pesos par baril et
qu'aujourd'hui' encore il est suprieur au prix de
l'article sur place, force tait d'avoir recours au
march espagnol. En pregnant pour base la plus
petite dfffrence, nous voyons que le people de
Cuba payait au marchand de farine espagnol 4 pesos


de contribution pour chaque baril, soit une some
annuelle de 1,200,000 pesos pour les 3oo,ooo barils.
En supposant que les meuniers d'Espagne aient
ralis sur cette exportation un bnfice de 20 pour
ioo, les 3oo,ooo barils leur laissaient un bnfice de
480,000 pesos. Comme on le voit, on sacrifiait Cuba
en lui faisant payer 1,200,000 pesos, afin que les
producteurs et les commerants aient la possibility
de gagner la troisime parties de cette some, soit
480,000 pesos! Peut-on imaginer pareille iniquit ?
Poursuivons: si Cuba avait pu acheter les farines
aux Etats-Unis, l'conomie eut t de 4 pesos par
baril; ces 4 pesos seraient rests dans le pays;
restant Cuba, ils auraient fait parties du capital
collectif de l'ile et rapport au moins io o/o d'int-
rt. Ces chiffres poss, voyons le rsultat, les 4 pe-
sos par baril, soit 1,2o,0ooo pesos par an sur les
3oo,ooo barils, l'intrt compos de to o/o, en
5o ans, font i,536,358,ooo de pesos, qui ont t
arrachs la colonie pour favoriser les meuniers et
les commerants de la pninsule.
Mais ce n'est pas tout:
Pendant les derniers cinquante ans, les Espagnols
qui sont rentrs en Espagne en important leur for-
tune ont extrait de Pile, en calculant trs petitement,
3,doo,ooo de pesos par an. Si ce capital avait t
laiss dans le pays, et il y serait rest si la politique
colonial espagnole avait t diffrente, le capital
collectif de l'ile aurait t augment db ce chef seul,
pendant les 5o ans, l'intrt compos de io o/o,
de 3,840,897,000 de pesos.
SI. y ,a plus encore: lorsque les impts pays par
un pays sont dpenss dans le pays mme, la
dpense est sans profit et inutile, le capital cr de
la communaut n'en souffre pas. Bien que l'impt
soi't" cessif, on le support mieux parce qu'on ne
prive pas subitement la communaut du moyen d'y
faire face. Il est clair que si les impts sont sup-
rieurs la capacity de la masse contribuable, la
dislocation de capitaux succdera la perturbation
industrielle, le dcouragement, l'iimmobilit et la
ruinc : -mais'l'eiTeT. 'et, plus lent; le mal se prsente
.ra*..1u:ll'ra.t e i'or. a tout au moins le temps de
l'ob.:r :r et d'eser d'y remdier; mais. lorsque
par le moyen de l'impt on extrait le capital du
pays, cette esprance mme n'existe plus.
Pendant les J'erniicr- Jnquante ans, on a remis
annuellement i'EL_'.' agn., au minimum :. 2,oo,ooo
de pesos. Si cette somee avait t dpense Cuba,
bien que mal dpense, elle y serait en grande
parties aujourd'hui reprsente l'intrt compos
de io o/o par celle de 2,560,598,000 de pesos.
Je n'ai pas encore fini. Il y a cinquante ans que
Cuba paie pour l'arme et la marine espagnoles, en
moyenne, 8,000,000 de 'pesos par an. De ces
8,ooo,ooo, la moiti a t sans doute dpense en
viandes et autres products du pays, l'autre moiti a
t extraite de l'ile et a servi payer dans la .pnin-
sule et l'tranger les fournitures et les provisions
importes pour l'arme et la- marine. A l'intrt
compos de io o/o, cela fait, en cinquante ans :
5,121,i.96,000oo de pesos. i
En ajoutant toutes ces sommes, nous obtenons
un total de 13,059,049,800 pesos come parties,
et comme parties seulement de ce que cote.. Cuba
l'administration espagnole depuis cinquante ans. Ce
n'est pas sans raison que les producteurs cubains"


taient en faillite. Ce n'est pas sans raison qu'en ces
derniers temps il devenait si difficile de gagner sa
vie en un pays dou par la nature avec une si
grande prodigalit, et ce n'est pas sans raison enfin
que le people cubain est tout entier soulev aujour-
d'hui, les armes la main, contre ses iniques exploi-
teurs et rsolu triompher ou mourir.
Cuba est pauvre, trs pauvre. Cuba est ruine.
Elle a de grands lments naturels de richesse, mais
il lui faudra quelques annes de paix et de travail
pour reconqurir sa vitalit conomique. Ceux qui
croient qu'elle peut supporter sans difficults les
charges d'une dette de cent millions immdiate-
ment aprs l'indpendance, feraient bien de se fami-
liariser avec les lments du problme avant de le
rsoudre. Dans les questions conomiques, on ne'
fait pas de la fantaisie sans de graves dangers et il
est bon de nous soustraire la feneuse coutume de
faire des calculs l'espagnole.



W( C 4Zt


Dans toutes les provinces dclares pacifies par
Weyler, le mme Weyler signal tous les jours des
combats entire Espagnols et Cubains.
A ce sujet, l'Heraldo de Madrid dit avec raison :
En appelant les forces insurges des groups, en
donnant le nom de poursuite aux operations et ce-
lui de reconnaissances aux combats, nous pouvons
soutenir la fiction de la pacification aussi longtemps'
qu'il nous plaira.
Le fait est que les mensonges de Weyler ne peu-
'vent nuire personne... si' ce .n'est aux gogos qui
prteraient leur argent l'Espagne sans prendre la
precaution de se renseigner.

_k

Au mois de fvrier dernier, continue l'Heral-
do, le gnral Weyler annona fermement qu'avant
peu de jours sa colonne obligerait Mximo Gmez
, se battre ou repasser la trocha de Jfcaro.
Ce sont l les propres terms de la dpche publie
par L'Eclair cette poque; voyons ce qui en est
rsult et rendons la parole l'Heraldo :
Le gnral Weyler n'a ralis ni l'une ni l'autre
chose bien que deux mois se soient couls ; le voil
qui dclare pacifie la province de las Villas, dans
laquelle Mximo G6mez continitie sjourner.
L'Eclair aussi dclare l'le cubaine pacifie, heu-


reusement que voil deux ans que a dure. et en
deux ans la crdulit du public...



Tout cela c'est de la pure fiert castillane, c'est-
-dire de la pure fumisterie.
L'Espagne veut dcrter l'application des rformes,
et elle veut faire croire au monde que ce sera l de
la gnrosit, alors qu'en ralit ce.ne sera qu'une
tentative d'obtenir par la politique ce qu'elle n'a pu
et ne pourra.jamais obtenir par les armes.



Voici comment les choses se passent :
Cdnovas Weyler. -- Votre champagne d'hier a
t un four; tous les sacrifices que nous avons faits
jusqu'ici ont t inutiles, et nous ne pouvons en faire
de plus grands ni mme en renouveler de sem-
blables.
Weyler Cdnovas. Pas ma faute; voudrais
vous y voir.
Cdnovas. Pour tel jour, telle heure, dclarez
pacifies provinces occidentales; ai un plan.
Weyler ( l'heure dite, par dpche). Provin-
ces occidentales presque pacifies. Vous obis mais
comprends ri.en.
Alors, Cinovas communique l'univers les pre-
miers mots de la dpche de Weyler, public le plan
de rformes, et les reptiles entonnent le premier cou-
plet de l'hymne consacr la gloire des armes espa-
gnoles.


Quelques semaines se passent, c'est l'entr'acte;
puis le vaudeville recommence :
Cdnovas Weyler. Faites pas attention aux
journaux amricains qui vous traitent d'assassin, ni
aux journaux espagnols qui vous traitent de voleur;
suis content de vous et l'Etat c'est moi.
Weyler d Cdnovas. Etes bien aimable,. qu'y a-
t-il pour votre service?
Cdnovas. Dclarez pacific tout le reste, sans
presque .
Weyler. C'est raid tout de mme ce que vous
demandez, mais puis rien vous' refuser ; l'ile de
Cuba tout entire est pacifie.
Cnovas communique l'universles derniers mots
de son docile acolyte, il labore un -nouveau plan
plus liberal et. announce pour la semaine suivante
l'application des rformes.
Les reptiles entonnent un deuxime couplet, pas-
sent la caisse de l'ambassade et... et voil o nous
en sommes.


Ce qui est vident, pour tout tre ayant du bon
sens, c'est qu'on voit rarement un vainqueur accor-
dr des concessions de plus en plus grandes, me-
sure que ses victoires sont.;plus clatantes.
Ou les Cubains avaient raison dans leurs revendi-
cations, et alors les Espagnols ont t des criminals
et des imbciles en se ruinant pour ne pas leur
rendre justice; ou les Cubains n'avaient pas raison,
et alors' ces rformes sont un avu d'impuissance et
de dcouragement... Elles sont surtout un miserable
pige.


FEUILLETON
SPE -

Y^ um.


PAGES DE LA GUERRE




La Bataille de Paso Real




e toutes les tristesses par lesquelles passent les
hroques cubains qui luttent pour leur ind-
pendance, la plus grande, sans doute, est celle
de savoir ignors par tout le monde, dans toute
l'acception du mot, leurs sacrifices et leurs triom-
phes. En effet, leur manque de communications r-
gulires d'une part et, d'autre part, l'ardeur du gou-
vernement espagnol les prsenter comme toujours
en fuite, ardeur service par la press priodique, tout
cela contribute dissimuler ou altrer la vrit.
Un excellent example de ce que nous avanons
nous est fourni par la rencontre qui a eu lieu le
i" Fvrier (1896) Vuelta Abajo, prs du village de
Paso Real de San Digo. Les forces cubaines, sous
les ordres de l'hroque Antonio Maceo, y luttrent
avec courage et acharnement contre les troupes espa-
gnoles, que commandait l'obstin gnral Luque.
Elles remportrent le triomphe le plus complete et le
plus dcisif. Ce triomphe est un des titres de gloire
du hros de Paso Real, bien que les Espagnols
l'attribuent Luque.
De la fantastique relation publie par La Lucha


et par d'autres journaux de La Havane, le seul fait
vridique est que le gnral espagnol fut bless;
qu'il dut battre en retraite vers le village et que, ne
s'y trouvant pas en suffisante sret, il recula, dans
la matine du 2, vers Consolacin del Sur, harcel
pendant toute sa march par nos troupes, qui pour-
suivirent son arrire-garde jusqu' Pinar del Rio.
Les Cubains n'taient pas dans le village comme
le prtendent les Espagnols. Il est donc inexact que
ces derniers les aient charges la baonnette. Maceo
attendait dans l'immense savane qui existe hors du
village, sans bois ni montagnes pour se protger. Le
combat eut lieu en champ dcouvert. Nous l'avons
appel bataille parce que, aussi bien du ct des Es-
pagnols que du ntre, les trois armes donnrent:
l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie. Le succs en
fut dcid par une charge au machete qui tout d'a-
bord mit en droute la vaillante cavalerie de Luque
et, bientt aprs, un des carrs qu'il avait fait for-
mer. Les fuyards disperss entrrent dans le village,
tandis que d'autres, en grand dsordre, se fortifi-
rent dans l'glise.
Le gnral Luque venait de Pinar del Rio. Il avait
runi sa colonne celle du gnral Garcia Navarro,
lequel, ayant t destitu, s'embarquait pour l'Es-
pagne. Luque disposait ainsi de 4.000 hommes, tous
vtrans.
Aussi, sachant que Maceo venait de sortir de Paso
Real, dcida-t-il de l'attaquer. Il comptait sur le
courage de son adversaire qui ne reculait devant
aucun combat.
Luque traversa le village. Son avant-garde compo-
se de 3oo ou 4oo hommes de cavalerie, appartenant
presque tous la garde civil, tirrent sur les mai-
sons o il n'y avait pas un seul insurg. Tout fait
droite tait l'glise que le gnral fit ouvrir et il
continue sa route pendant 200 ou 3oo mtres, la ca-
valerie s'avanant au centre, tandis que les deux
ailes taient formes par l'infanterie. Luque resta au
milieu avec de nombreuses forces des trois armes.


S. ,i~le droite fut arrte et repousse par notre
S .ie ,.auche :. mnpose des forces de Las Villas sous.
le commaiindmcient du vaillant brigadier Tayas, au-
jourd'hui gnral, qui, avec un seul canon, fit subir
aux Espagnols, des pertes nombreuses. L'aile droite
de Luque fut 'galement repousse par ls forces de
de Vuelta Abajo et orientales commandes par l'h-
roque Tamayo.
Au centre, se trouvaitl'invincible Maceo avec son
tat-major, son escorted et un escadron d'Orient, for-
mant en tout 200 hommes. -Il -supporte le feu de
l'avant-garde espagnole, re-ulaht p. pas afin de
sparer sa cavalerie de l'infanterie. Lorsque la pre-
mire eut pris une advance de 2oo mtres au plus,
Maceo ordonna de faire face l'ennemi et command
la charge qu'il commena lui-mme la tte de
cette poigne de braves, tuant de sa propre main,
coups de machete, plusieurs soldats ennemis. Les
Espagnols supportrent le choc avec courage et'r-
sistrent une second charge par le flanc droit jus-
qu' ce que le gnral Luque ordonnt la retraite.
Alors, la cavalerie cubaine charge l'infanterie. Elle
se 'dirigea d'abord sur le carr le plus voisin o se
trouvait Luque avec les canons. Mais ce carr ne fut
pas attaqu parce qu'on l'avait form au milieu d'un
champ entour de fils de fer, ce qui fut aussitt
constat par ceux qui marchaient devant. La cava-
lerie se dirigea alors gauche, o l'ennemi ne s'tait
pas encore garanti.
Le carr espagnol fut travers et dispers par les
ntres qui s'emparrent 'des chevaux, des armes et
des munitions et obligrent l'autre carr se replier
form sur le village o ses deux flancs avaient cher-
ch une protection et s'taient retranchs dans les
maisons.
Le champ de bataille resta donc au pouvoir des
forces de Maceo. L'action avait dur prs de quatre
heures et les Cubains s'taient empars de plus de
deux cents chevaux, d'un grand nombre d'armes
feu, systme Mauser, de cartouches et' de munitions


d'artillerie. Ils avaient fait, en outre, plusieurs pri-
sonniers et relev plus de i50o morts.
Pendant la soire et pendant la nuit, on continue
changer des coups de feu avec le village, dans le
cimetire duquel plus de 1oo Espagnols avaient t
enterrs. On avait creus les fosses avec des charrues.
Au matinr, les Espagnols partirent en 'emmenant
plus de 3oo blesss. Il n'avait pas t possible de
couper la colonne. On ignorait, en effet, que les
forces de Garcia Navarro taient runies celles de
Luque. Aussi dut-on employer de nombreux Cu-
bains la surveillance du chemin par lequel on
supposait que les troupes du premier de ces gn-
raux pouvaient venir.
On a racont que 2,000 Cubains avaient charge;
que nous tions trois fois plus nombreux que les
Espagnols; que nous avions t battus; qu'on nous
avait pris des morts, des blesss, des chevaux et des
munitions; qu'on nous avait dlogs du village.
Tout cela est faux. 200oo hommes seulement char-
grent au machete; Maceo n'avait pas plus de
4,000 hommes sur lesquels 2,ooo taient des recrues
arrivant de la province de Pinar del Rio; les battus
furent les Espagnols qui laissrent des morts, des
blesss, des munitions; qui furent enfin dlogs de
Paso Real au milieu de la nuit.
Le Cubain illustre, le brave parmi les braves, l'h-
roque gnral Antonio Maceo a de nombreux titres
de gloire; mais celui don't il peut s'enorgueillir le
plus, est d'tre le Hros de Paso Ral, de cette
bataille o l'ennemi, ayant pour lui tous les avan-
tages, fut mis en droute bien qu'il et pour chef
un des soldats espagnols les plus courageux et les
plus intelligent, le gnral Luque, lequel avait sous
ses ordres des troupes instruites, disciplines et
aguerries, qui rsistrent au choc des Cubains aussi
longtemps que cela leur fut possible.

Guaniguanico.


I_


-~ 1cl ~-CIIBiL-~ - = I- IIPSP~I I leil ~ i;"--ic -I-CC~-I- i -~e


'laP;e~~~sC~.e~sI~j~,'~p~,e






6 MAI 1897.


Je vous donne en mille ce que j'ai trouv :

Ne cherchez pas, vous ne trouveriez jamais. J'ai
trouv je vous en donne ma parole un flibus-
tier L'Eclair.
Dans sa revue financire, ce journal indpendant
parle des projects du gouvernement espagnol en vue
de se procurer les resources indispensables la
guerre pendant dix mois encore.
Or, ne sommes-nous pas des flibutiers nous tous
qui refusons de croire que ' la champagne de Cuba
touche : sa fin ? (L'Eclair du 27 mars i887.)
Un flibustier L'Eclair!' Je ne saurais trouver
mieux comme mot de la fin.



UN DFENSEUR DE L'SPAGNE

Tandis que les correspondents des Journaux tran-
gers Cuba mettent tous les jours en evidence l'im-
portance de la guerre que font les partisans de l'in-
dpendance et l'infme systme d'extermination par
lequel les exploiteurs de la colonie prtendent en
vain rduire de nouveau l'esclavage des hommes
qui ont jur d'tre libres, l'Espagne est soutenue par
un pauvre diable nomm Bronson Rea qui envoie
au New York Herald des lettres pleines d'absurdits
et de calomnies contre la Rvolution et plus spcia-
lement centre le-gnral Maximo Gmez. : .:
Les journaux espagnols se jettent sur ses lettres
comme sur une planche.de salut, mais les lecteurs
seront fixs sur leur valeur quand ils connatront
l'histoir.e:de: celui: quti les'crit.,Nous. trouvons'cette
histoire dans un journal des Etats-Unis.:.
-,Mr. Brono.:n Rea;. qui tail. au mom.nent -.;j Li
guerre clata Cuba, lectriien dan, une fabriqui
de _oucre de La Havane, abandc'nna ses fils et s :
lilles. et. d'un bond, sauta dans le jo:,rnalisme.
Chass.' du camp cubain par le gnral Gmez,
Mr. Rea alla rejoindre le gnral Maceo qui, si nous
sommes bien i'nfrm~ le nomma commandant ho-
noraire. Mr. Rea. las de la Manigua, vint New-
York et le Herald ne s'occupa pas de lui jusqu'au
jour o le journal de Mr. Bennet vit que le World
avait un reporter dans le-camp cubain Mr. Scovel
qui adressait ce journal des lettres. signes.
A force d'humiliations et de bassesse Mr. Rea
obtint d'tre envoy Cuba par le Herald avec une
expedition. Il rejoignit le gnral Gmez et sa pre-
mire prtention fut d'tre nomm lieutenant-colo-
nel. Avec ou sans raison le gnral en chef refusa et
Mr. Rea commena aussitt une champagne indigne
centre le Bolivar cubain, champagne que le Herald
en publiant les lettres de cet individu, a seconde.
Voil le p.urqu:..i des lettres de l'lectricien-
littrateur.
Et voil galement un exemplaire bien commun
des dfenseurs de l'Espagne: un aventurier ambi-
tieux qu'elle rcompensera avec deux pesetas, si elle
les lui donne.



REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 27. Le gnral Weyler est arriv La Havane
bord du Pi,arro.
La saison des pluies a commenc plus tt que
d'habitude, et pour ce motif, les rencontres ont t
moins frquentes.
Le Cabinet deWashington a t avis, par le
gouvernement espagnol, de la mise en libert pro-
chaine du citoyen amricain, M. Melton, correspon-
dant d'un journal et membre de l'expdition du
Competitor.
Les navires de guerre espagnols ancrs dans
le port de New-York manquent de carbon; ils
n'osent en faire un chargement dans la crainte qu'on
embarque de la dynamite.
M. Roosevelt, secrtaire assistant de la marine
a demand une garde spciale pour les navires espa-
gnols qui sont veills nuit et jour.
Les reprsentants de la Dlgation Cubaine
ont ridiculis ces precautions en dclarant qu'ils ne
forment pas un aussi sombre project.
Du S8. Il y a eu plusieurs escarmouches dans
lesquelles les Espagnols ont eu 52 hommes hors. de
combat.
Le correspondent du Standard, Madrid, dit
que l'insurrection des Philippines est loin d'tre
vaincue.
Plus de 20,000 rvolutionnaires sont concen-
trs dans des sites inaccessibles aux troupes espa-
gnoles. On est persuade que leur nombre augmente
chaque jour. Le gouvernement espagnol se dispose
envoyer immdiatement de grands renforts : cet
effet, et dans le but de continue la guerre, il mettra
un emprunt garanti par la douane des Philippines.


Du 29. Le prsiddnt de la Rpublique des
Etats-Unis, M. Mac Kinley, a spcialement commis-
sionn M. Calhoun, pour aller Cuba, se rendre
compete de la ralit des maiivais traitements. infligs
par les Espagnols aux.sujets mricains de cette le.
Du 3o. M. Morgan a prsent au Snat de
Washington une resolution demandant au Prsident
;qu'il soumette l'examen des snateurs toute la
correspondence consulaire la guerre de Cuba.
Une guerilla de Trinidad (Villas) qui tait alle
fourrager a t entoure et sabre par des forces
cubaines.
Les survivants de la guerrilla ont t fails pri-
sonniers, puis mis en libert par le chef cubain. Ce
fait d'armes a caus une profonde impression et a
dmoralis compltement les guerrillas locales.
z" Mai. Le fils de Weyler s'embarque aujour-
d'hui pour l'Espagne, o il entrera l'acadmie de
cavalerie. Sur le mme bateau sont transports
260 malades, 24 dports politiques et 5o ihdigos.
On announce officiellement que M. W. G.
Calhoun a t dsign pour s'informer et faire des
investigations sur la mort mystrieuse du Dr. Ruiz,
dans la prison de Guanabacoa.
Le gnral Weyler a donn l'ordre de suppri-
mer la garnison de Guanabacoa et de laisser la ville
se dfendre seule.
Dans l'action livre los Melones (province de
Santa Clara) par les forces cubaines, commandes
par le gnral. Quintin Bandera, contre les Espa-
gnols sous les ordres du chef Imaz Escala, les trou-
pes espagnoles prouvrent de grandes pertes. Leur
chef ayant perdu un bras, elles commencrent


battre en retraite. Bientt les charges rptes de la
cavalerie cubaine les mit en dsordre et leur droute
devint on ne peut plus dsastreuse.
Plusieurs escarmouches ont eu lieu dans diver-
ses provinces.
Du 2. Le correspondarnt de Ellmparcial tl-
graphie de Key West: Ces jours derniers, le bruit
courait que Castillo se soumettait avec sa troupe et
on disait que le gnral Ahumada'allait recevoir les
insurgs disposs l'obissance. Cette nouvelle opti-
miste est fausse. Des troupes d'insurgs se montrent
dans la province de La Havane. On en attend d'au-
tres de Villas et de Matanzas, commandes par
Mayia Rodriguez et Quintin Bandera, Pinar del
Rio.
L'arme de La Havane a t augmente de 21
escadrons et 15 bataillons.
El Imnparcial, le Heraldo et El Liberal, qui
publiaient des tlgrammes de Key West, ont t
saisis.
El Imparcial a racont la remise d'un prison-
nier par la troupe de Rodriguez ; le Heraldo dit que
publier les dpches de Key West tait le seul moyen
de connatre les faits de la guerre.
Cette nuit, Weyler revient Campana. On at-
tend la faon don't seront prsentes les rformes,
rendues difficiles par l'tat de sige. Les partisans de
ces rformes prdisent leur insuccs, les measures
gnreuses ri'tant pas sincres. Leurs ennemis les
croient toujours inutiles.
Il est d 6 mois de solde aux classes actives de
l'arme.
La dprciation des billets rend la mauvaise


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la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement
restent notre charge.
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trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la guerre de Cuba.

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situation pire. Le gnral Figueroa s'embarque le to
pour l'Espagne. -
La vapeur espagnol Espafa a reu des coups
de feu New-Jork pour n'avoir pas obi l'ordre
de naviguer avec lenteur : cet ordre a t donned
pour diminuer les dgts.causs par la croissance du
fleuve, sur les digues dj trs prouves. Le vapeur
Espaha modra immdiatement sa march et le tir
.cessa. Personne n'a t bless a bord.


BIBLIOGRAPHIE

Notre bon ami et rdacteur M. Charles Malato
(Cosmofqui, en 1888, publia une rapide tude sur
la Philosophie de l'Anarchie, vient de transformer
sous le mme titre cette tude en un volume, qui
parat aujourd'hui dans la Bibliothque Sociolo-
gique de la librairie Stock.
Avec une grande nettet et une forme agrable qui
ne nuit en rien au srieux du fond, l'auteur analyse
la conception anarchiste. Sans violence d'expres-
sions, il fait le procs des formes actuelles de patrie,
famille, proprit, religion, etc. L'ouvrage est divis
en deux parties, l'une qui content, -revus, corrigs
et considrablement augments, les exposs tho-
riques qu'il formula en 1888; l'autre qui synthtise
les faits et le movement d'ids' accomplish depuis
cette poque-l jusqu' ce jour.
Ce livre, quelles que puissent tre les apprciations
sur les ides de l'auteur, est un'des exposs les plus
complete de l'ide anarchiste rvolutionnaire.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
.,us notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires. .


TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance e nos .lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cub.tine
continent tre mis en vented i l'Adminiistration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul, .
La collection se compose de qualre couleurs dif-
frentes : mais bres -ont de 2,
le dessin, repr- 5, 10, 2.5 cen-
sent ci-contre, i .avos. Nous
est le mme .sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres, qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont . la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.

Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.
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vous aurez un Rhume, mme une
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sr TOUTES PAuRMACIES. Envoi franco contre timbres.

L'Administrateur-Grant : FOURREAU.

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