Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 22, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00069
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Viicent-de-Paul Pe Anne PARIS- 22 Avril I897 N 66 uean"e, payable dnce r.
2n- PSzi8oUnSem e id._id. ... 11 fr. ll.50
Tl e Un trimestre id. id. .. 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'TRANGER
--PAR.AIT TOUTS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance ......... 25fr.
Un semestre, id. id.. ... fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMRO ...... 25
0 ... 0f.2


~ kt b1 d


L'ARME ESPAGNOLE A CUBA


n lit dans le Heraldo de Ma-
drid, . la date du 11 avril:

A la recherche de rensei-
gnements
La Havane, Io.
Cayo Hueso, 1o.
S '' Mettant profit mon s-
jour accidental La Havane, j'ai voulu savoir le
nombre exact de soldats espagnols existant dans
l'le. i

Ils ne sont pas 200,000
A chaque instant on parle, dans la Pninsule, de
cette arme comme conistitue par plus de 200,000ooo
:soldats pninsulaires.
Des chefs distingus se plaignent qu'en formulant
des apprciations, on ne tienne pas compete du vri-
table contingent utile.

Ceux qui sont venus
D'aprs les renseignements que j'ai recueillis et
que je crois autoriss, les envois de troupes jusqu'
la fin de dcembre dernier s'lvent 190,413
hommes.

Ceux qui sont morts de maladie
Depuis le commencement de mars 1895 jusqu'au
15 mars 1897, i6,683 hommes sont morts dans les
hpitaux, de maladie ou des suites de blessures.

Sur le champ de bataille
En ce qui concern les morts sur le champ de ba-
taille, sans passer par les hpitaux, je n'ai pu re-
cueillir aucun renseignement. 11 m'aurait fallu avoir
sous les yeux tous les rapports des chefs de colonnes;
mais le total n'est pas relativement important.

Ceux qui sont rentrs en Espagne
Les statistiques que j'ai russi examiner relati-
vement aux soldats rentrs dans la Pninsule come
malades ou impropres au service en portent le chiffre
io,138.

Ceux qui restent
J'ai pris grand soin] de calculer le nombre de sol-
dats pninsulaires qui se trouvent actuellement dans
l'ile. On n'a pu naturellement me fournir de chiffres
bien prcis parce qu'en une priode si mobile il est
impossible de tenir un tat des forces au jour le
jour.
Toutefois je crois qu'on peut valuer sans trop de
risques d'erreurs le nombre des soldats venant de la
Pninsule et actuellement dans l'ile I65,ooo.

Opinions autorises
Ds mon arrive La Havane, je me suis efforc
de recueillir des apprciations de mdecins et de
chefs distingus sur l'importance du nombre d'hom-
mes qu'il conviendrait de renvoyer dans la Pnin-
sule sur les navires qu'on prpare cet effet.

Beaucoup doivent [tre rapatris
La conclusion de ces opinions est qu'en presence
du dveloppement du vomito et.des fivres palu-
dennes pendant les grandes pluies, on devrait- ren


voyer dans la Pninsule les soldats qui, pour cause
de maladies, prdispositions reconnues, anmie ou
tuberculose empliraient les hpitaux pendant l't
au pril de leur vie et en augmentant d'une.faon
alarmante le chiffre de la mortality.
Retour de troupes
Des raisons d'humanit et d'conomie justifient
cette measure qui devrait tre applique 35 ou
o 40,o0 homes.

:D'aprs le compete de ce journal, il resterait
'dns l'le de Cuba 123,17)9 soldats. Mais le He-
raldo ne donn pas le chiffre des morts surle
champ de bataille. Il a t pourtant public dans
les journaux de
Madrid et valu
officiellement
14,000 hommes.
Il ne resterait
donc plus que
109,179 soldats.
Or, ce chiffre est
encore exagr.
D'aprs les jour-
naux de La Ha-
vane, le nombre
des morts est de
6,000 chaque
quatre, mois. En
deux ans, les
pertes des 'Espa-
gnols se sont
donc leves
36,000 hommes.
Les forces qui
restent pour oc-
cuper les villes,
dfendre lesvoies
ferres, les forts
et les points de
concentration,
seraient donc de
73,179 hommes.
Oit sont les au-
tres? O sont les
300,000 soldats
ncessaires pour
conqurir, selon
le gnral Marti- '
nez Campos, I'le
une second fois?
Cela suffit mon-
trer que l'ind-
pendance de la
Grande Antille
est certain et
que tout l'orgueil
Le soldat esp
de Canovas, sa-
crifiant l'argent
et la vie de tant d'hommes utiles de son pays, se
dpense en vain. Weyler, aussi criminal que son
chef don't il excute les ordres, peut son aise
essayer de fire croire , -: cela se rduit
toute la politique du gouvernement espagnol en
qute d'un emprunt, que l'le est pacifie.

E. A.


*


LE SOLDAT ESPAGNOL A CUBA



Voici, pris, sur le vif et d'aprs nature, un exem-
plaire de soldat espagnol Cuba. Il suffit de le regar-
der pour se rendre compete des souffrances auxquel-
les sont en proie les malheureux qui se voient obli-
gs aller combattre dans la Grande Antille. Et
encore celui-ci est-il un des mieux vtus et des mieux
nourris. Comment doivent tre les autres !..

On nous dira que le soldat espagnol a une, sold.
Nous rpondrons qu'il ne la touche pas. Qu'il doit
'tre bien vtu. On
n'a qu' voir no-


tre fix sur ce
point.


agnol Cuba


ministry de la guerre qu' la
il y avait dans les hpitaux d
lades.


En ce qui. con-
cerne son alimen-
tation, il nous suf-
fira de rappeler
qu'il est forc d'-
changer avec les
paysans ses muni-
tions pour un
fruit ,un fromage,
du tabac, de l'eau-
de-vie, etc., s'il ne
veut pas' mourir
de faim.

Et ainsi vtu de
loques, sans
chaussures et affa-
m, on l'oblige
marcher sous un
soleil brlant,
dans un pays don't
le climate le tue, et
faire d'immenses
trajets sans trou-
ver un peu d'eau
pour boire et avec
la perspective de
tomber dans une
charge, 'sous le
machete des Cu-
bains, ou victim
de la fivre jaune.

On ne sera pas
surprise aprs cela
quand on lira
dans l'article de
notre collabora-
teur qui signe El
Bachiller Anti-
parras, que l'ins-
pecteur gnral de
la sant militaire
ait fait savoir au
a date du 28 fvrier,
e Cuba 16,000 ma-


Combien y en a-t-il aujourd'hui que la mauvaise
.saison a commenc pour les Espagnols ?

Et c'est avec cette arme que Canovas del Castillo
compete vaincre I



*


II NOUVEAUX DETAILS



Aux renseignements que nous avons donns. sur
les deux expeditions dbarques Cuba, nous pou-
vons ajouter les suivantes:

L'expdition commande par le gnral Roloff,
sur le vapeur Laurada, se composait de cinquante
ou cinquante-trois patriots parmi lesquels le fils de
Marti, le Dr. Adolfo Brunet et le commandant Cas-
troverde. Le colonel Charles Aguirre, chef d'E. M.
de cette expedition, et neveu du gnral mort rem-
ment, crit de Cuba notre cher compatriote M.
Rivero, directeur du journal Cuba, de Tampa, une
lettre de laquelle nous dtachons le passage sui-
vant:
Vous pouvez tenir pour assur que le..charge-
ment que nous transportons est le plus important
de tous ceux qui sont arrives jusqu'ici str le thtre
de la guerre. Je ne vous envoie pas la liste des fusils,
des munitions, etc., un autre s'tant charge de le
faire. Mais vous vous ferez une ide de l'importance
de notre chargement quand je vous aurai dit qu'il
nous faut 48 heures pour le dbarquer.
Je finis cette lettre le 21, et comme je suis chef
d'exploration, je ne pourrai pas vous donner de d-
tails sur le dbarquement qui s'effectuera dans la
baie de Banes et prs d'un fort espagnol ;v
Un tlgramme de'La Havane New-York, dat
du 15, announce que les Cubains, maitres du port de
Banes (i), depuis le dbarquement de l'importante
expedition du Laurada, se sont fortifis sur les
hauteurs qui entourent ce port et en ont ferm
l'entre par une ligne de torpilles.
Cette nouvelle (et d'autres dtails qu'il ne nous
est pas permis de faire connatre en ce moment)
coincide avec le dpart de La Havane pour l'Orient
de deux navires de guerre espagnols, sur l'un des-
quels se trouve le vice-amiral Navarro et sur l'autre
le chef d'Etat-Major du poste Marenco. Ce dpart a
t dcid d'urgence.


L'expdition dbarque Mariel tait place sous
le commandement du brave commandant de la
guerre prcdente, Rafael de Armas v Montenegro,
qui avait comme second le capitaine Armando
Andr, le patriote bien connu.


(i) Banes. Disons, pour complter les rensei-
gnements gographiques que nous avons dj four-
nis dans notre numro du i" avril, qu'on connait
Cuba, sous le mme nom, le port, le faubourg rural,
le fleuve et le village de Banes, appartenant au terme
municipal de Guayabal, province de Pinar del Rio; et
Banes, port et village au nord de la baie de Nipe,
terme municipal de Holguin, province de Santiago
de Cuba. Ce port est trs profound et ett-'n.u. Il a t
ferm il y a quelque temps par Valeriano. -
N. de la R.


*






22 AVRIL 1897.


POUR LES BLES S CbUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE P-AR



'~ ~seC~R


13 i Liste.

Mf- didr .... . ;...:.:...-
M.f; A. Hiflft....; ....... .. ..
Un petit Parisien.......... .......... .
L'oncle Lopold................ .......
Las Gusimas ........................
Cacarajicara...........................
M" Pacification .....................

Total.................
Total antrieur.......

Total gnral........


Fraitss'



o.5o
0.50



4.50
i .042.05

I.046 55


Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeir oU l'adminiistrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, 'les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les lists que nous put.lie-
rons. Toutes les. subscriptions figgtrait dans la
liste qui prcde ont t remiiss M, le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernemnt Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.




NOIR ET BLANC


Le chef du gouvernement espagnol est absolument
incapable de s'occuper de la guerre de Cuba sans
formuler une calomnie ou sans profrer une injure
contre les ngres. Il lui imported peu que cela soit
just ou non; du moment qu'il s'agit de la question
politique, de la question .conomique ou de la ques-
tion militaire de quelque faon que ce soit, il n'est
pas possible que M. Canovas del Castillo n'accuse
pas- les ngres comme s'ils taient les instigateurs et
ls seuls soutiens du movement rvolutionnaire
actuel et comme si Cuba devait continue d'tre la
Toujours fidle, partir du jour o les ngres
qu'elle content pourraient tre extermins.
Et pour accentuer davantage encore son obsession,
lorsqu'il s'occupe des ngres, il prend pour example
le gnral Maceo; mais un example compltement in-
vent par la haine espagnole ferme toute civilisa-
tion, toute conception humaine et qui voit avec rage
que ces sacs de carbon qu'envoyaient chercher en
Afrique les Zulueta et les Durafiona, sont devenus,
grce au dcret de la Rvolution de Yara, des homes
qui versent leur sang pour l'indpendance de la pa-
trie.
Ignorants, vicieux, mal intentionns, paresseux, im-
moraux, voleurs, savages, assassins... toutes ces qua-
lits, qui tant abondent dans les chargements d'Espa-
gnols envoys Cuba depuis l'poque du froce Digo
Velazquez, jusqu' celle du bandit Valeriano, Cano-
vas del Castillo les attribue son type du ngre cu-
bain : Antonio Maceo. Et, bien que nous ayons, jus-
qu' ce jour, mpris toutes les grossires insultes
que ce vieux Quichote de la dtestable politique
espagnole croit lancers contre la Rvolution Cubaine,
nous croyons bon, une fois pour toutes, de liquider
son compete par un parallle. Nous allons voir qui
de l'Espagnol et de Maceo a t le ngre et qui a t
le blanc. Le lecteur dcidera.
Maceo avait la peau noire; Canovas l'a blanche.
De mme le grand Dumas n'tait pas blanc, tandis
que l'odieux Torquemada l'tait. Et, cependant,
combien Maceo a t plus blanc que Canovas et
combien plus noir est cet oiseau de proie!
Qu'il le sache bien, qu'il ne l'otiblie jamais, cet
orgueilleux soutien de la monarchie des Bourbons :
Maceo se tenait pour ce qu'il tait, c'est--dire
pour un home come les autres. Canovas se prend
pour un Jupiter.
Pauvre muletier de Santiago de Cuba, Maceo n'alla
pas au Collge et ne s'assit jamais sur les bancs de
l'Universit; mais il savait que le premier des droits
est celui de la libert humaine; et toi, jurisconsulte,
lgislateur, homme d'Etat, acadmicien, historien et
ministry, tu es incapable de concevoir un rgime
autre que celui du despotisme contre l'individu; de
l'humiliation de la famille et de la dgradation de la
socit.
Cuba idoltre Maceo et le monde l'admire; l'Es-
pagne te hait et l'Univers te mprise.
Pendant toute sa vie de soldat, il soigna de nom-
breux blesss de ton arme et te rendit des milliers
de prisonniers, et, grce ta frocit, des milliers de
Cubains sont morts et meurent sur l'chafaud ou
dans les bagnes.
Par son ordre on paya les professeurs de Pinar del
Rio; par ta faute les maitres d'cole de la pninsule
ont d demander, pour manger, une aumne au
President de la Rpublique Franaise.
Sa famille fut gouverne conformment aux cou-
tumes et aux principles chrtiens: il est permis de
penser que les principles et les coutumes des tiens ne
furent pas meilleurs.


Il respectait le mrite partout o il le trouvait,.
coutait tout le monde, recevait les conseils et s'ins-
truisait par l'observation et l'exprience; toi, vdflii
teux et grotesque, tu as la prtention, en ta lgen-
daire et in;i.p.-.rritl' superbe, de semer la doctrine -
et les principes des couvents, des, casernes et des
plaes de tauitreax espagnoles.
Maceo est mort pour dlivrer sa patrie; tu as dj
cinquant ou soixante ans et tu as pass ta vi
redre tofi pays esclave, l'humilier, l'abrutir,
Nitra'igesf6;
II1 l-Meff, enfif;- qi g n gnral MaS :ia;it l
-eaju h tire; friia, l-Tkiiirt i du sa vie .:it lPfiri e. Pf
contre tu es blanc; mais combien sont noires tes en-
trailles !


SUR CUBA LIBRE


Nous retevonS-la comrhfunication suivante :
Samedi 24avril, 4 heures, M.'Achille Steens don-
nera une Confrence sur La Rvlttion Cubaine ses
causes, ses moyens, ses hopmms, la Maison d'Art,
69, boulevard Clichy, pris la Plae' Blanche.

-*- '.

D'APRS, TJN DPCHE

espagnole, la .fortune des armes n'aurait pas t
favorable aux Cubains Candelaria.
L'enthousiasme provoqu La Havane par la
nouvelle de la capture du gnral Rivera dmontre
combien ce succs tait inespr, et certain jou'r-
naux espagnals l'attribuent, avec raison, un heu-
reux hasard.
Il faut le constater avec la Correspondencia : La
censure laquelle sont soumises les dpches de
Cuba est telle que les journaux espagnols eux-
mmes doivent avoir recours aux correspondances
de Key-West pour avoir des renseignements sur les
faits de la guerre.
Dans ces conditions les succs des Cubains sont
rarement mentionns.
Cependant nous avons appris de source certain
que deux expeditions d'insurgs, les plus importantes
jusqu' ce jour, ont heureusement dbarqu
Cuba.
Elles auront largement compens les pertes subits
par la fraction de l'arme cubaine de Pifil'd del Rio,
si ces pertes sont relles.
Les Espagnols aux abois se servent pout designer
les Cubains des qualificatifs de sauvages et de
brutes. Il ne faudrait cependant pas priver de ces
pithtes les tortionnaires de Barcelone qui elles
reviennent de droit.
'Toute l'histoire de l'Espagne est fconde en faits
dignes des temps barbares, et dans certaines con-
tres de l'Amrique on a conserv un si bon souve-
nir de la domination espagnole que traiter quelqu'un
d'Espagnol est la plus grave injure qui puisse lui
tre faite.
En 1808, l'arme franaise 'eut souffrir de la
sauvagerie espagnole, et nous pouvons citer ce
sujet la relation de Ducor (i), chirurgien militaire
de l'arme de Dupont. Les journalists franais qui
dfendent tort et travers la cause de l'Espagne
pourront la mditer.
Pour certaines femmes le poignard tait trop
doux l'gard des blesss franais don't elles cre-
vaient les yeux avec des points de ciseaux.
Les muletiers, les gitanos et les bandits-s'eni-
vraient du sang franais mlang avec le vin de leur
peau de bout: >a
Dans ce pays fanatis il existait un cathchisme
qui dclarait les Franais suppts du dmon et fai-
sait de leur assassinate un prcepte religieux.
En voici un extrait textuel :
Demande: Est-ce un pch de tuer un Franais?
Rponse: Non, c'est au contraire un grand
mrite. -
Aux yeux des Espagnols les bandits de leur ind-
pendance sont des hros, tandis que les Cubains,
qui luttent contre leur tyrannie avec des armes
loyales, sont des sauvages.
Mais nous, Franais, n'oublions pas le pass.
Aidons les Cubains de toutes nos forces : tout nous
engage dfendre leur cause qui est celle de la
libert; n'avons-nous pas fait pour elle la plus grande
des rvolutions ?




----------*-------

LA PACIFICATION


Nous croons intressant de publier malgr sa
longueur l'article suivant du Diluvio, de Barcelone,
qui prouve que la fameuse pacification de Cnovas-
Weyler n'est qu'une farce :
En lisant ce que dit El Correo de ce soir, en cou-.
tant ce que disent des personnalits importantes de
Cuba, en tudiant les atfirmations vagues que fait
en presence de ses intimes le marquis de Apezteguia,
on arrive cette conclusion : Que la guerre est au-

(i) Recueil de Lordan Larchev. N. de l'A.


jourd'hui ce qu'elld tait il y a trois mois ; que la
guerte he se termine pas par les armes, et qu'aprs
lt gUftre l'ile de Cuba sera un amas de ruines. Wey-
ler rivalisant avec Maximo G6mez dans la destruc-
tion.
Entre temps, le gouvernement pursuit sa route.
La guerre est terinine, dit-il ; les rapports -officiels
ne mentionnent que des comtbats livrs de petits
groups ; cela tient ce qu'il n'existe plus dans l'ile
que quelques insurgs ; les fabriques de stire tta-l
vaillent, ce qui ne s'tait pas encore produit; et,
pour chaque eafitbat iialheufeut' dans lesIquels IBm-
bent ufie dousaine de soldts, @gi recuteIll di norn*
breiik cadavres d'insurgs en cent reconnaissances.
Il S'tit de lire les rapports officials. '
D'.:u viennent donc, disent les politicians, les dif-
frences d'apprciations qu'on constate lorsqu'il s'a-
git du problme cubain ? Oh la question est claire
comme le jour. Nous sommes dans le secret : Les.
rapports officials ne disent pas la vrit ; ils sont le
rsultat d'une combinaison du gouvernement. Si
l'on ne parle jamais dans ces rapports de combats
livrs par nos troupes contre des groups nombreux
de rebelles, c'est parce que le gnral en chef adonn
des ordres pour qu'on ne parle pas de pareils com-
bats. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire El Correo
de ce soir. Si des fabriques de sucre qui ne travail-
laient pas travaillent aujourd'hui, c'est que la meule
du sucre tait interdite par Weyler et qu'elle est
maintenant autorise. Mais les fabriques qui travail-
lent sont celles qui ont toujours t prtes le faire:
celles qui ont un personnel suffisant pour former un
rgiment de defense quand une bande approche. Et
si dans les rapports officials les insurgs tus sont
cent pour chaque dix des ntres, c'est implement
parce qu'on ne mentionne pas tous les morts don't
rfous parent, ensuite les lettres particulires. Elles
sont l, ces lettres, et il suffit de les lire pour se faire
ine conviction. Voil comment il se fait que cer-
tains croient ou aient cru jusqu' present que l'insur-
rection cubaine tait vaincue alors qu'elle est aussi
ardente qu'autrefois.
L'insurrection ne prendra jamais fin par les armes
seulement, dit le marquis d'Apezteguia. Cette opinion
vaut d'tre cite. Le chef du parti de l'Uniofi, qonsti-
tutionnelle a t, en effet, un des dfenseurs les plus
ardents de la guerre l'exclusion de tout autre
moyen. Mais le personnage a change d'avis, quoi-.
qu'un peu tard, et il ne voit aucun inconvnient le
dire.
Dans ma finca, ajoute-t-il, on travaille ; mais cela
veut-il dire que.l'tat de choses Cuba se soit mo-
difi. En aucune manire. Dans ma fabrique on n'a
jamais cess de travailler sauf quand le gnral Wey-
ler l'avait dfendu, par son ordonnance insense.
Dans ma finca, qui est de quarante lieues carries,
trente-sept forts ont t construits. Grce cette me-
sure de dfense, le travail est possible. Mais il n'en
va pas de mme dans les tablissements dpourvus
de forts, de la quantit d'hommes et d'autres choses
ncessaires. Parler de fabrication de sucre non inter-
rompue dans ces tablissements, c'est altrer la v-
rit. Les interruptions de travail y sont aussi nom-
breuses que le veulent les bandes insurges.
Maximo Gmez avait dit que la faim chasserait
les Espagnols de Cuba.
Cette affirmation est immorale, horrible, impi-
toyable et digne d'un home de guerre sans en-
trailles; elle ne laisse pas cependant d'tre vraie
dans une certain measure. Le gnral en chef ne te-
nait pas compete de l'inpuisable patriotism de la
mr patrie ; mais l'affirmation venait en some du
chef des insurgs. Et qu'a donc fait notre gouverne-
ment en face de ce chef qui compete que les Espa-
gnols pousss par la faim seront obligs d'abandon-
ner Cuba ? Il a voulu que la destruction de l'ile soit
complete. Et ce que les insurgs avaient laiss de-
bout les ntres se sont charges de le raser.
Et j'ignore, ajoute le marquis en ses dolances, si
les maisons de Madrid, qui constituent la richesse
de la capital de l'Espagne, tant ruses, il y aurait
intrt conserver le terrain sur lequel la ville s'le-
vait. Il me parait qu'il serait absolument indifferent
de le perdre ou de le garder. Ei je demand mon
tour : si pour empcher les insurgs de se ravitailler
on rase les fermes, les cultures, tout ce qui consti-
tue la vie ; si pour comble de malheur, on concen-
tre dans les grande villes des milliers de families
de gens affams, de dsesprs qui sont insurgs
de corps et d'me, et qui le deviendraient par ce fait
s'ils ne l'taient pas, ne tombe-t-il pas sous le sens
que ce qu'on dtruit pour que les insurgs ne puis-
sent pas s'en servir sera cause de la ruine complete
pour tous ?
Pacifier ce n'est pas dtruire ; vaincre ce n'est pas
annihiler; en finir avec une colonie ce n'est pas
sauvegarder la souverainet, c'est la faire dispa-
ratre.
Le fractionnement est impose par la necessit de
la subsistance. Peut-on dire que cela soit un progrs
en I'art de la guerre, un triomphe ? En aucune ma-
nire. 'a t un malheur pour l'ile parce qu'en ra-
sant des rgions entires pour touffer l'insurrection,
on a russi faire rgner la misre dans les grands
centres. D'o ces derniers tireront-ils les resources
aujourd'hui dtruites ? Ils devront les faire venir
grands frais du dehors et la population rurale con-
centre dans ces villes, en mme temps qu'elle est un
objet de piti par sa misre, est un pril par son d-


_ i
~


sespoir. Et en change on n'a retir de la inesure au--
cun bnfice au point de vue de la guerre, car le
nombre des amnistis s'lve peine une cen-
taine.
Tout ce qu'on a obtenu en ces derniers six mois,
'a t de dtruire ce que l'insurrection avait laiss
debut ; celle-ci compete aujourd'hui sur tous ceux
qui taient avec elle au dbut ; si elle n'a pas de
nouvelles forces c'est que les armes lui fmanquent ;
mais au train don't vont les choses, aux frais qt'exige-
l guerre, l'avenir l'Espagne devra coripter les
itili.:.n-: cqui seront nCessaires pour stitehir un
fflilion d iU cent ,i'lle hbithats que comtpte l'ile,
car l'indu.sttl et l'agriculturee Snt sur l' point de
:n.:.urr gfR'e au systme d-. g erre ,Id..pie. Si cela
suffit al a1.iU.,-.i-riin, et aux journaux minist-
riels Uti'r chanter victoire et pour qu'ils nous disent
que les affaires de Cuba vont bien, on a, convenons-
en, perdu le sens de la ralit encette malheureuse~
Espagne. Encore une anne de, guerre comme
celle qui se fait et il sera absolument indifferent que
lile appartienne l'Espagne, aux insurgs-ou aux
Etats-Unis. Il n'y aura plus que souvenirs et tom-
bes d'Espagnols, enveloppes dans des ruines, tom-
bes dans lesquelles aura t ensevelie en mme
temps la richesse de notre pays.
Voil ce qui'rsulte des lettres de Cuba et de ce
que chacun dit, et surtout ceux qui .connaissent
Cuba et qui y .avaient leur fortune.
Que vous en semble ?
Et cependant je crois que la guerre va bien ; tell
est mon opinion. Cnovas.:..
B.

---;-----u^Y1 ^--------;

LETTRES A PIERRE


IX
Mon cher Pierre,
Chaque jour qui s'coule nous apporte la nou-
velle du triomphe continue des armes cubaines: j'ai
l sous les yeux le dernier tlgramme reu- de
Madrid, annonant que dans la provincepacifie
de Santa Clara les insurgs viennent d'attaquer
deux forts, ce qui revient dire que les Cubains,
introuvables quand ils le vulent, savent aussi-
prendre l'offensive lorsque cela leur convient. Le
tlgramme ajoute que le combat a t sanglant,
avec beaucoup de pertes de part et d'autre; en
attendant de plus amples renseignements, cela signi-
fie simplement pour nous qu'une victoire nouvelle
vient de s'ajouter tant d'autres, dans les annales
glorieuses de la dernire guerre de l'Indpendance.
Tu avais bien raison de croire, mon cher Pierre,
que l'indiffrence apparent du nouveau Prsident
des Etats-Unis. tait toute diplomatique, car malgr
la correction police de son attitude vis--vis du gou-
vernement espagnol, lequel ne peut ainsi rien lui
reprocher, les expeditions d'armes et de munitions
se multiplient plus rapidement que jamais, et mal-
gr toute la vigilance des croiseurs amricains , il
en est dbarqu neuf, ces jours derniers, dans la
seule province pacifie de Pinar del Rio.
Tu aurais tort de croire que j'ai reproch aux
Etats-Unis de ne pas reconnaitre immdiatement
une belligrance qui s'impqse: je sais bien que la
politique doit avoir de sages et sres lenteurs et j'ai
simplement manifest ce dsir que les circonstances
puissent permettre l'homme de tte et de coeur qui
s'appelle Mac Kinley d'intervenir officiellement dans
ce sens, car le gouvernement lui-mme souffre vrai-
ment de se voir li par. des conventions qui l'em-
pchent, non pas de secourir les insurgs, mais sim-
plement de les laisser libres, en supprimant, pour le
ravitaillement de leurs armes, les barrires injustes
et les lches obstacles.
Il se pourrait pourtant que la reconnaissance de
cette belligrance soit bientt une measure inutile,
car, d'aps les dernires nouvelles, de graves
vnements se prparent en Orient: l'Espagne s'use
aux yeux des Espagnols eux-mmes, les braves
soldats vtrans, ceux qui ont survcu aux bles-
sures, aux fatigues et aux privations, commencent
comprendre pour qui ils travaillent; l'intuition leur
vient peu peu de cette infime minority de bandits
qui, des hauteurs du pouvoir, n'ont suggestionn la
Nation que pour la longer dans la dsolation et
dans la ruine! Que drent penser dernirement ces
petits fantassins du bataillon des Canaries, lorsque
- en opposition avec les atrocits qu'on leur com-
mande de commettre chaque jour .e chef cubain
Alberto Rodriguez fit leur commandant la remise
gnreuse et spontane de tous leurs frres blesss et
fait prisonniers ? N'envirent-ils pas le sort glorieux
de ces troupes cubaines qui dfilrent pour la pre-
mire fois devant leur front de bandire, inclinant
noblement leur drapeau l'toile solitaire devant les
blesss qu'ils venaient de rendre l'ennemi vaincu ?
Qu'on cherche maintenant parmi ceux-l le peloton
d'excution pour fusiller le sympathique gnral
Rfus Rivera !
Grandis-toi pour venir en aide ceux qui
souffrent. Tel fut toujours ton cri, mon bon
Pierre,. pour secouer ma paresse et ma torpeur
extremes, cri, hlas! rest sans effet, excitant sans
rsultat, mais' don't l'inefficacit porta parfois avec
elle un fugitif mais cuisant remords : ma petitesse,
don't je suis si heureux, me fait souffrir aujourd'hui,


l~ep~s~ie C~i;tP'an~






22 AVRIL 1897.


et que ne donnerais-je pas pour arriver jusqu'au
ceur des puissants du jour que je finirais bien par
convaincre de I'horreur de cette lutte plus pouvan-
table et plus cruelle pour l'Espagne que pour Cuba
mme! Heureux Cubains! Pauvres Espagnols!
Je t'ai dj crit, mon Pierre, qu'un nomm Andr
Patiio de Culleredo s'tait efforc d'assassiner son
pre pour viter le recrutement; or je. viens d'ap-
prendre que, le mois dernier, un pauvre journalier
de Linares s'est coutel et tu lui-mme pour
exempter du service, comme fils de veuve, le dernier
et trop cher enfant que la guerre lui avait laiss!
Crimes, hrosmes inous, leur ide seule abime
notre esprit et dsole notre cour. Pauvres gens !


Ii avril 1897.


L'OEUVRE CONOMIQUE

DE L'ESPAGNE A CUBA


(Suite)
Que le dixime soit un dms tributes les plus on-
reux et les plus prjudiciables, tous ceux qui ont
quelque ide de la nature et de l'influence des con-
tributions le savent. Il l'est non seulement parce
qu'excessif et ingal, mais par le cot de sa percep-
tion et par les vexations auxquelles il soumet le con-
tribuable, grce aux vrifications et aux recherches
des agents du fisc. A Cuba, cet impt se paya en
nature jusqu'en 1845. C'est la plus mauvaise forme,
celle qui donne lieu aux plus grandes exactions et
qui produit le moins. Il est facile de le dmontrer.
Supposons qu'un cultivateur rcolte 1oo quintaux
de tabac, don't le prix au march est de 20 duros et
que cela lui laisse un bnfice liquid de 3o pour
cent; le product net de la rcolte serait de 600
*luros; mais come le fisc-prlve 1o quintaux qui,
. 20 duros, donnent 2oo duros, il est clair que le
cultivateur a vers'non pas o1 pour cent, mais le
.tiers du bnfice de son industries: Ce n'est pas tout.
La fertility de la terre varie et avec elle la quality du
*produit; ou encore mme si celle-ci est gale, di-
verses circonstances altrent le cot de la produc-
tion, telles que la distance du march consomma-.
teur, la difficult des transports, l'augmentation de
-leur prix, etc. Supposons donc que sur les terres
,qui se trouvent dans les conditions les moins favo-
:ables, le cultivateur n'obtienne qu'un bnfice li-
quide de 20 o/o, cela ferait pour les cent quintaux,
400 duros; mais, comme le fisc, en ce cas comme
dans l'autre, prlve 1o quintaux qui, 20 duros,
font 2oo duros, il est vident que le cultivateur paie
un impt quivalant au 5o o/o de son bnfice net,
ce qui est une proportion absolument ruineuse pour
-toute industries si lucrative qu'elle soit. L'exagra-
tion de cet impt pousse la fraude, si l'on peut
designer par ce mot le fait par le producteur de dis-
.simuler une parties du rendement de sa rcolte afin
de se laisser moins dpouiller. Pour viter la fraude,
le gouvernement doit faire des frais de surveillance,
d'inspection et de reconnaissance qui, rduisant les
,entres du fisc, psent d'une faon ou d'une autre sur
les contribuables, lesquels, en outre, sont tour-
ments par la perptuelle intervention des agents du
fisc dans leurs affaires particulires. D'autre part,
comme le gouvernement est toujours un mauvais
spculateur, un mauvais commerant et un mau-
vais industrial, quand il lui prend fantaisie de le
devenir, les frais de la vente sont suprieurs ceux
que cette operation exige des particuliers don't l'in-
trt est de les rduire le plus possible; il s'ensuit
que le produit de l'impt est de ce chef considra-
blement rduit. Et il ne faut pas oublier non plus
que le gouvernement, pouss par le dsir de se d-
faire des products, fait des concessions sur les prix,
affected les course du march et porte prejudice au
producteur, qui se voit frquemment dans la nces-
sit de faire son tour des concessions et d'accepter
les course tablis par les ventes fiscales. Le dixime
en nature est, tous les points de vue, un impt
dsastreux pour l'industrie. A Cuba, je l'ai dit, il
subsista jusqu'en 1845, et fut, en cette anne, rem-
plac par le pavement en espces du 2 I 2 pour cent
pour les grands tablissements agricoles et du 1o o o
pour les petits.
Avec peu de difference, ce qui a t dit du dixime
pourrait l'tre du droit de transfer. Celui-ci n'est
pas seulement trs lourd, il entrave extraordinaire-
ment la circulation de la richesse. Augmentant le
prix de la proprit chaque transfer, le droit finit
par l'absorber s'il est quelque peu lev. A Cuba, il
fut fix 3 pour 1oo pour les grands tablissements
agricoles, et 6 pour oo00 pour les petits. Pour se
fire une ide de l'normit de cette contribution, il
suffit de considrer que si une de ces petites pro-
prits, c'est--dire de celles qui.changent de mains
le plus frqueimment, est vendue quatre fois au
course d'une anne, ou bien son prix augmente de
plus de 26 pour 100, ce qui srement ne se product
pas, ou bien les divers acheteurs et vendeurs percent
une some quivalente plus de 26 pour 1oo de la
valeur de la proprit pour satisfaire l'exaction
fiscal. Comme tout impt excessif, celui-ci excite


3


la fraude; pour l'viter, le gouvernement nomme
des taxateurs, don't les appointments augmentent
sans ncessit les charges publiques et qui ont
l'opportunit, qu'ils ont bien soin de ne pas ddai-
gner, d'exiger des gratifications et des rcompenses
que le contribuable se voit dans la ncessit d'accor-
der pour viter de plus grands maux.
J'ai dj dit que le gouvernement, outrepassant les
limits dans lesquelles doit s'exercer son action,
poussait l'arbitraire jusqu' designer au Cubain la
culture . laquelle il devait se consacrer. Cette affir-
mation, qui, peut-tre, a paru risque, nous allons la
voir' pleinement confirme par les deux faits que je
vais prsenter. Comme je l'ai indiqu, lorsque le
paiement du dixime fut indiqu et qu'un impt
gal fut appliqu sur ses bases, on appliqua aux
grandes fermes un impt de 2 1/2 pour Ioo et aux
petites un de Io o/o, tandis que le droit de transfer
fut fix pour les premires. 3 pour ioo et
6 pour 1oo pour les seconds. Sur quel principle
conomique de justice ou d'quit s'appuyait cette
difference ? Sur aucun, videmment. Elle n'avait
pour objet que de dcourager la petite culture et de
stimuler la grande don't le fisc tirait de plus impor-
tants bnfices. Cuba exportait des centaines de
mille de tonnes de sucre et elle devait importer les
pommes de terre, les oignons, les haricots, le mas
et autres tubercules, lgumes et grains qu'elle con-
sommait, et cela bien que son sol et pu les pro-
duire meilleurs et, dans des conditions convenables,
un prix moindre. D'un ct on sacrifiait le pays
par d'exorbitantes exactions et, de l'autre, en restrei-
gnant le champ de l'industrie, on empchait ses
habitants d'appliquer leurs aptitudes diverse de la
manire la plus profitable. Par ce procd, non
seulement on violait de trs important principles
conomiques, mais encore on outrageait les lois de
la nature humaine, on ddaignait les leons de
l'exprience de tous les temps et l'on refusait de
suivre les indications du plus vulgaire bon sens. Le
bien-tre et la prosprit des peuples ne s'acquirent
pas, on le sait, en stimulant par des moyens arbi-
traires l'exploitation de quelques industries et en
engourdissant les autres. On ne les atteint, au
contraire, qu'en laissant le champ ouvert l'initia-
tive particulire et une ample libert l'action pro-
ductive, afin qu'elle cre les objets ncessaires la
consommation et quelle puisse mettre avantageuse-
ment profit les richesses naturelles du pays. La
varit des industries est une ncessit. Quand elle
n'existe pas, les forces conomiques de la commu-
naut ne peuvent pas atteindre le maximum de leur
capacity .productrice, parce que les individus ne
trouvent pas appliquer en toute efficacit leurs
aptitudes spciales. A Cuba, le gouvernement a
toujours conspir contre ce principle lmen-
taire, tantt en crant des obstacles, tantt en
accordant des prfrences, jusqu' rduire.le pays
la situation prcaire de dpendre pour sa vie cono-
mique de deux, et on pourrait mme dire d'un seul
produit. Pour comprendre combien la politique
colonial espagnole a t contraire tous les saints
principles et funeste pour Cuba, il suffit de rappeler
que le souci de tous les gouvernements a toujours
t d'largir le champ de l'industrie national,
tandis que le gouvernement de l'Espagne dans l'lle
n'a pargn aucun moyen pour restreindre, limiter
l'industrie et pour l'obliger suivre dans son dve-
loppement le course qui lui convenait, lui gouver-
nement, et non le plus favorable et profitable aux
habitants de la colonie.
Mais l'absurdit et l'iniquit allaient plus loin
encore. On gnait, on entravait la petite culture; on
empchait le pays de produire les substances
alimentaires don't il avait besoin; il fallait les fire
venir de l'tranger et on les grevait de droits
ad valorem de trente pour cent et mme -davantage
sur des volutions leves, ou de droits spcifiques
qui quivalaient, en de certain cas, au double du
prix des articles sur le march d'o on les ame-
nait (i). Par ce moyen, on enchrissait la vie, on
levait le course des salaires et- l'on augmentait le
cot de la production des products qui devaient
aller sur les marchs trangers soutenir la concur-
rence d'autres products rcolts dans des conditions
plus favorable. Et come si cela ne suffisait pas
pour placer le produit cubain dans une situation
absolument dsavantageuse, on le frappait sa
sortie d'un droit d'exportation.
Pour tablir avec precision combien lourdes taient
toutes ces charges pour le malheureux agriculteur"
cubain, il faudrait signaler l'influence qu'exerce, en
diffrentes conditions, le cot de la production sur
la determination du prix des articles. Mais cela de-
manderait des recherches plus tendues que celles
que je puis faire ici. Je me bornerai indiquer un
fait : Tandis que les sucres de Cuba reprsentaient
une proportion croissante de ceux qui contribuaient
satisfaire la consommation gnrale, l'agriculteur
cubain russit supporter, avec de grandes difficul-
ts, les charges qui l'crasaient parce que le consom-
mateur tranger, quoique sur une petite chelle,
tait oblig de les partager avec lui; mais (et cela ne
date pas d'hier) la production du sucre augmentant
dans d'autres pays, Cuba perdit son rang comme
centre producteur; ses agriculteurs durent suppor-


(i) Par contre, les sangsues taient exemptes de
droits d'importation et entraient en franchise. -
N. de l'A.


ter tout le poids des impts et leur situation devint
non pas critique mais dsespre; si dsespre que
malgr les amliorations introduites dans les proc-
ds de fabrication, malgr les conomies ralises
dans les frais d'administration, en liquidant les
comptes de la rcolte, ils se trouvaient tous les jours
plus endetts et compromise; et cependant ils devaient
continue produire, n'eusse t que pour vivre,
jusqu' ce que la catastrophe finale vint les sur-
prendre.
(A suivre.)



n4;~ii


Vous aurez beau faire, vous et d'autres, vous
n'empcherez pas la justice de triompher. Au sur-
plus, nous avons pour nous consoler des imau'vaises
nouvelles que chaque jour vous nous donnez, nous
avons, dis-je, la press espagnole qui ne se fait plus
beaucoup d'illusions sur la guerre de Cuba.
Et penser qu'un people qui lutte pour "son ind-
pendance compete plus d'amis chez ses' ppresseurs
mmes que chez les fils de quatre-vingt-neuf!



On ne se doute gure dans le public'franais que
le snat amricain a recommenc sa champagne en
faveur des Cubains.
MM. Allen, Morgan, Dawit, pour ne citer que
cepx-l, ont fait entendre leurs vrits aux Espa-
gnols.
Quoi qu'il en doive rsulter, le silence gard par
la press franaise ce :nret,s',~r est pas i::.n.i.
difiant. O Portalis, 6 P-anema, Jul.. oche,
journaux indpendants!. .
,*. -.- ,, *"

Les journaux espagnols, je parle de ceux qui se
publient de l'autre ct des Pyrnes, les jour-
naux espagnols, dis-je nous, : apprennent que
M. Allen a prononc un discours furibond dontre
l'Espagne.
Mais vous entendrez d;ri q. .jM. Allen n'est pas
un home honorable, et cela par des paroissiens
qui ont les poches bourres de pesetas.



La resolution de M. Allen, appuye par M. Mor-
gan autre bandit, naturellement a t vote
l'unanimit tous des canailles, quoj !
M. Dawit a dclar que l'heure est arrive o la
Rpublique amricaine doit...
Mais, chut!... ne fisons pas baisser les fonds
espagnols, cela ferait trop de tort quelques
confrres (?).


Peut-tre avez-vous dj entendu dire par des im-
bciles, qui se croyaient trs malins, que la Rvo-
lution cubaine n'tait pas 1l'iT.:.ri i d'un people
opprim, mais une. .iijl -c i-.',-i'ii r.: .: entreprise
par un synd. :u in. i! .' n .
Eh bien! le ..:.-i.: .:.. ni.,. du New-Yor/k Herald,
qui a pass quelque temps au quarter gnral de
Mximo Gmez, a adress son journal une lettre
trs intressante, reproduite par le H,. -.'.i'.., de Ma-
drid, o nous lisons:
Il y a aujourd'hui, dans les rangs des insurgs,
dix-neuf amricains don't i.: vais citer les princi-
paux .
Mais toutes les calomnies ne sont-elles pas per-
mises quand on veut dnigrer un people qui lutte
pour la justice ?... Cubains, Grecs et Crtois fi,
quelles canailles! Les Turcs et les Espagnols, la
bonne heure!


Ce qui est une entreprise commercial, c'est... au
fait, nos confrres de Paris le savent aussi bien que
nous... et pour cause.


Nous tisons dans le Heraldo, de Madrid:
Rien n'est plus ridicule que d'accuser de ilibus-
tiers tous ceux qui ne croient pas que la guerre de
Cuba touche sa fin .
A bon entendeur...


Du mme journal:
En persistent nier qu'il y ait encore dans la
province de La Havane d'impor:antes forces spara-
tistes, la press o'icielle comment une faute excessi-


vement grave. La dpche officielle, qui annonait
la surprise don't a t victim la compagnie de San
Quintin, disait : des forces nombreuses .
Qu'en pense L'Eclair? 11 convient encore de faire
remarquer que les journaux espagnols donnent le
nom des forces sparatistes , ce que notre,
presse soi-disant inidpendante appelle des bandes.


De l'Iinparcial:
A La Havane, on ne croit pas la neutralit du
gouvernement des -Etats-Unis .
Quand je vous dis qu'on n'y croit qu' Paris.


C'est comme la pacification opre sur command
par Weyler pour permettre Canovas de publier
ses prtendues rformes. A ce sujet, le Heraldo-s
s'crie:
Est-ce notre faute s'il y a dans la province de
La Havane des groups insurgs de mille homes
Nous avouons qu'il n'y en devrait pas avoir, du mo-
ment que cette province a t donne commepresquie
pacifie .
Oh ce presque de Weyler !... C'est comme si
on disait que L'Eclair est presque indpendant .


La lecture.des dpches de Weyler.-es't, depuis
quelques jours, d'une monotonie dsesprante:
Nous avons pris tarrt, nus avons tu'tant .
On croirait lire des rcits de chasse 'crits par
Tartarin.
Et puis, - bien rflchir, les Espagnols Cuba,
mme en temps de paix, ont-ils jamais fait autre
chose qtue prendre et tuer? Depuis la conqute'de
l'Amrique jusqu' nos jours, leur politiiq'e colonial
n'a pas eu d'autres bases.
Oh! la gnrosit castillane!




L'OPINION EN ESPAGNE


El Dilrvio, Barcelone:-Nous ne devons pas tre
surprise de ce que la population madrilne ne se soit
pas mue lorsqu'ont t demands de nouveaux ren-
forts pour les Philippines et qu'elle :n'ait pas paru
se proccuper des nouvelles qui viennent d'Anda-
lousie relativement la famine qui tue les travailleurs.
Elle a accueilli avec la mme indifference les nop-
velles des victoires remportes aux Philippines par
nos troupes. Certains journaux peuvent dire ce qu'ils
voudront, la vrit est que rien n'a .rvl un chan-
gement dans le people de Madrid. S'il'y a eu des
illuminations, elles n'ont pas dpass la demi-dou-
zaine, et s'il y a eu quelques demonstrations de joie,
elles ne sont pas alles au del des thtres, o l'l-
ment official tait en majority s'il ne format pas la
totalit du public. Que ce soit pour une cause ou
pour une autre, il est certain que la population de
Madrid se montre aujourd'hui aussi indiffrente en
presence des journaux qui lui parent de victoire
qu'il l'tait hier en lisant les nouvelles de la famine
en Andalousie. Et cela est en trs mauvais symp-
tme.
La Bourse, de son ct, n'a pas salu ces victoires
par une ha.usse extraordinaire. Mais, d'aprs les gens
bien informs, il parait que cela est d ce que la
prise de Cavite tait dscompte. Le gouvernement dit
la mme chose lorsqu'on veut donner de l'impor-
tance au plan de Polavieja.. C'et t une autre
affaire, disent les gens de Bourse, si, avec la prise
de Cavite, on avait pu s'emparer des cinquante mille
tagalos arms qui, d'aprs ce qu'on affirme, dfen-
daient les positions conquises. Mais.ces derniers
tant demeturs libres et munis de leurs armes qui
leur permettent de guerroyer dans le reste de l'archi-
pel, il n'existe encore aucun motif de se faire de trop
grandes illusions. I1. faut souhaiter, ajoutent les
Boursiers, que les fonds puissent tre maintenus aux
course actuels. Cela ne serait pas un mauvais signe.
Ce qu'il y a de probable, c'est qu'il va falloir mainte-
nant des forces plus nombreuses aux Philippines si
l'on veut poursuivre les insurgs disperss sans d-
garnir les villes nouvellement conquises. Et alors,
adieu notre argent. Voil se qu'on dit la Bourse.
Les operations militaires peuvent tre considres
comme termines par le dernier coup donn l'in-
surrection, ditLa Correspondencia. Et le correspon-
dant de l'Heraldo continue, pendant ce temps,
demander les vingt bataillons de renfort qui lui pa-
raissent ncessaires aux Philippines. Quelqu'un
pourrait-il expliquer ce mystre? tUn ministry disait
hier : L'insurrection des Philippines peut tre consi-
dre come termine; et une dpche de Port-Sad,
plublie par un' journal du soir, affirme que Primo,
de Risvera, mis au courant des victoires remportes
par nos troupes, s'tait montr tris impatient de se
rendre Manille. Et pourquoi ? demandons-nous
notre tour. Primo de Ri'vera a-t-il donc quelque
chose fire dans l'archipel si l'insurrection est ter-
mine, ainsi que l'assure le ministry ? Il eut t lo-
gique de penser que Primo de Rivera devait se proc-
cuper de revenir dans la Pninsule ou qu'il ne devait
pas tout au moins tre impatient de rentrer Manille,
o ses talents militaires ne font nullement dfaut.
Par centre, d'autres journaux et d'autres politi-






22 AVRIL 1897.


ciens se consacrent l'tude approfondie du pro-
blme des Philippines. Les victoires remportes sont
d'une importance norme, clament-ils. Mais de l
les croire dcisives il y a loin. Primo de Rivera a
encore fort fair aux Philippines, et Dieu veuille
que la nation ne soit pas appele raliser de son
ct un autre grand effort pour envoyer dans l'ar-
chipel un nombre d'hommes plus considerable.
Occuper une position ce n'est pas faire des prison-
niers. Et il ne faut pas oublier qu'on nous a parl de
plusieurs milliers d'insurgs. Ces insurgs, o sont-
ils donc ? Ont-ils demand l'amnistie? Non. S'est-on
empar de leurs armes ?- Pas davantage. Il est donc
logique de supposed qu'ils sont disposs transpor-
ter le thtre de la guerre dans une autre province.
Dans ces conditions, come nous sommes forces
garnir convenablement les positions don't nous nous
sommes empars, sur quelles forces comptons-nous
aux Philippines pour poursuivre ceux qui, diviss
en de nombreux groups, ravageront rapidement de
nombreux villages? Nos forces sont bin restreintes.
Il ne reste donc Polavieja que l'os ronger. On
comprend que Polavieja, lorsqu'il a appris que le
gouvernement n'tait pas dispos -lui envoyer des
renforts, ait rsolu de rentrer en Espagne. C'est ce
qu'on appelle avoir un coup d'ceil sr.
Il ne reste plus qu' savoir ce .que front les vil-
lages de l'archipel dans lesquels se prsenteront les
insurgs dlogs de Cavite. S'ils les repoussent,ou
les reoivent froidement sans leur prter leur con-
cours, alors on sera en droit de supposed que l'in-
surrection ne-tardera pas prendre fin. Si au con-
traire ce qui se passe Cuba- se reproduit aux Phi-
lippines, la-guerre durera encore longtemps. Il ne
faut pas oublier, en effet, ce que P.:l'a.ieji disait au
gouvernement. Si l'on n'envoie pas de rrnforti p..jur
s'emparer- des insurgs au n'-:.mcri, d r la prise de
Cavite, la saison des pluies viendra et la situation
deviendra difficile et mme dangereuse. De sorte
que mme si le rsultat obtenu est important, il n'y a
pas lieu de se laisser aller un trop grand opti-
misme. La premiere parties de la prediction de Pola-
vieja s'est ralise. Si la second, son tour, se ra-
lise, qu'elle dsillusion. Il- faut attendre les vn-
ments.
En ce qui concern l'autre .colonie, o en sont les
ngociations et quand aurons-nous la paix ? Le diable
pourrait-il rsoudre la question ? Tout ce que nous
savons touchant Cuba, c'est que tandis que El Li-
beral nous reprsente Mximo Gomez entour par
nos troupes, le mme Liberal affirme, quelques
lines plus loin, avec le plus grand srieux, qu'on
ignore o se trouve Miximo Gomez. Le gouverne-
ment se plait entretenir la Pninsule d'esprances
agrables. Mais la vrit est qu'il lui est impossible
de savoir o se trouve Mximo G6mez et que per-
sonne Madrid se risque ajouter foi aux bruits
qui circulent.
Nous sommes, comme toujours, absolument igno-
rants de la situation et nous ignorons o nous
allons au point de vue militaire s'entend, car,
pour le rest, tout le mond est fix : nous allons
'la banqueroute.
Weyler en sa quatrime expedition perd son temps
comme il l'avait perdu dans les trois prcdentes.
Mximo G6mez nest jamais pris ; et ses forces sem-
blent s'vaporer aprs chaque coup de main sur un
point ou sur un autre.
Pour ce qui a trait aux ngociations don't on nous
parle, c'est la dixime fois qu'il en est question et
chaque fois nous sommes rests o nous en tions.
Qu'y a-t-il de vrai en tout cela ? Si nous en croyons
ce que dit Fener en son journal, voici quelle serait
la vrit: Le gouvernement avant besoin d'argent
tout prix et ayant rsolu de tenter pour la dernire
fois l'tranger l'emprunt si souvent rv, il con-
vient de fire renatre certaines esprances l'int-
rieur et l'extrieur, afin que les travaux relatifs au-
dit emprunt portent leurs fruits. Et... voil tout. Eh
bien cela est intolrable! Nous sommes la fin de
la troisime saison sche et nous n'avons pas
avanc d'un pas. C'est--dire que la seule chose
vraie est que nous essayons de raliser un emprunt
pour continue la guerre pendant des sicles sans
espoir de la voir finir Nous sommes frais.
Pendant ce temps l'Andalousie meurt de faim. Et
parce qu'il n'est pas un village o la classes labo-
rieuse qui manque du strict ncessaire ne se sou-
lve, le gouvernement se prpare renforcer les im-
Spts en pargnant les porteurs de titres, le clerg et
les autres classes privilgies du budget. C'est--dire
que les travailleurs mourant de faim, on va aug-
menter un peu le prix des objets de consommation.
Dcidment, on a perdu la tte dans les hautes
sphres gouvernementales. Comment ne voyez-vous
pas, gouvernants, qu' force de tirer la corde vous
finirez par la rompre.Mais les gouvernants ne songent
gure cela. Ils ne voient qu'une chose, savoir
que la guerre exige des frais immense. Et ils ne
comprennent pas que sils continent on finira par
leur demander des comptes. Qui donc a caus ces
guerres ? Qui les a provoques,et les ternise, sinon
eux? Comment, dans ces conditions, convaincre


ceux qui meurent de faim du fait des dites guerres,
c'est--dire du fait des gens qui nous gouvernent,
qu'ils doivent faire un sacrifice plus grand que celui
qu'ils font aujourd'hui en mourant d'inanition dans
les rues? Le sens commun a disparu de certaines
sphres, cela n'est pas douteux.
R.

.------* ------

RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 1 .-Ordre a t donn au croiseur Vesuvius
d'empcher l'embarquement d'un corps de Cubains
bord du Bermuda. Le croiseur est stationn en
face de la cte de la Floride et l'embarquement du
corps expditionnaire aura lieu cette nuit trs proba-
blement.
Plusieurs rencontres sans grande importance
ont eu lieu dans les diffrentes provinces.
Du 13. Dans une rencontre dans la province
de La Havane, les Espagnols ont perdu plus de dix
hommes et un capitaine.
Dans un autre combat, galement dans la pro-
vince de La Havane (Montes San Joaquin), les Espa-
gnols ont t battus. Ils ont eu plus de 25 hommes
hors de combat.
Le gnral Weyler est Santa-Clara.
Le gnral Bernal s'est embarqu aujourd'hui
pour l'Espagne.
Le gnral Quintin Bandera a travers la tro-
cha orientale de Jcaro Morn le 21 mars dernier,
avec une forte colonne.
M. Morgan a continue son discours au Snat
pour appuyer sa proposition relative la reconnais-
sance 'de l'tat de guerre Cuba. Il a dclar qu'il
tait temps d'obliger l'Espagne reconnaitre l'tat
de guerre.


Le capitaine du Vesuvius announce qu'il a visit
le vapeur Bermuda.
On nie formellement Washington que l'An-
gleterre ait offert sa mediation entire l'Espagne et les
Etats-Unis dans la question cubaine.
On croit qu'une grande parties de l'arme espa-
gnole sera rapatrie avant la saison des pluies.
Du 14. Dans un combat qui a eu lieu dans la
province de Santiago de Cuba, les Espagnols qui
tentaient de ravitailler des forts ont subi de grande
pertes.
Dans une autre rencontre, dans la province de
Pinar del Rio, les Espagnols ont perdu un grand
nombre d'hommes, parmi lesquels le capitaine
Ayene et les lieutenants Blejo Gutirres et Jose
Arana.
Les Espagnols ont perdu plus de 65 hommes
dans des escarmouches qui ont eu lieu dans d'autres
provinces.
Du 15. Les fabricants de tabacs de La Havane
se sont runis pour protester contre l'exportation du
tabac. Ils demandent l'excution de l'ordonnance
qui interdit cette exportation et ils estiment que
l'ordre du ministry Castellanos est injuste et qu'il a
t donn pour satisfaire les Yankees.
200 Cubains ont attaqu le village de Vereda
Nueva et s'en sont empars. Ils ont mis sac et
brl plusieurs boutiques. L'alcalde Ricardo Domin-
guez a t bless.
Une dpche de La Havane dit que le vapeur
Laurada a russi dbarquer l'expdition cubaine
commande par le gnral Roloff Banes, prs de
Gibara. Le gnral Calixto Garcia, avec 5,ooo hom-
mes, a protg le dbarquement. Les armes et les
munitions ont t transportes. l'intrieur. Le
gnral Roloff et les Cubains ont fortifi les hauteurs
autour de Banes et ferm le port avec des torpilles,
Les Espagnols prparent un plan 'd'attaque par
terre et par mer afin de reprendre ce port qui est
d'une trs grande importance. On s'attend une
grande bataille.
Du 16. Suivant des informations dignes de foi,
l'Espagne commencera rappeler ses troupes de


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Cuba ds que viendra la saison des pluies. ro,ooo0
homes partiront tout d'abord et plus tard 3o.ooo.
Du 17.- M. Day, l'envoy de M. Mac Kinley, qui
se rend Cuba pour tudier au nom du president la
situation de l'ile, a dclar que 15 jours lui suffiront.
pour accomplir sa mission.
Le gnral Weyler s'est permis d'envoyer direc-
tement une communication au dpartement d'Etat
de Washington, au lieu de la faire transmettre par
le gouvernement espagnol ou par le ministry d'Es-
pagne aux Etats-Unis. Weyler fait l'historique de la
Revolution son point de vue personnel'et la pr-
sente comme une longue et monotone chronique de
victoires espagnoles. Il dclare que dans toutes les
rencontres qui ont eu lieu en ces douze derniers,
mois, les Cubains ont toujours t battus. La relation
-du gnral Weyler n'est pas d'accord avec les faits.
A Washington on doute de l'authenticit de ce docu-
ment et l'on n'a pu avoir aucune information ce
sujet la lgation espagnole et au dpartement
d'Etat.
Plusieurs navires de guerre espagnols ont
quitt La Havane se dirigeant vers l'Est avec l'inten-
tion apparent d'intercepter une expedition cubaine.
Mais on sait que leur but principal est d'attaquer
les Cubains, maitres de Banes.


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continent tre mis en vente l'Administration
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le dessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre,. tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour. tous les. sure d'affirmer
timbres. qu'ils ~circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
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