Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 15, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00068
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PARIS DP&RT.
.20, Rue Saint-Vincent-de-Paul e Anne PARIS 5 Avril i897 o 65 Ue be d'avance... 20 fr. 22 fr.
2Anne PAR. IS iS AvriVl' 189IN o65 Un semestre, id. id. ... Il fr. 11.50
Un trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'ETRANGER
PAR.AIT TOUS LES JEUD)IS Une anne, payable d'avance ............ 25 r.
LesI TSUn semestre, id. id ............. 13 f
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... Ofr. 25


INCONSEQUENCE


lusieurs de nos amis s'taient,
il y a quelque temps, adresss
une personnalit jadis de
l'opposition rvolutionnaire,
aujourd'hui du group des d-
puts socialists, et lui avaient
Sdemand, au nom de la soli-
'+i^.^ darit international don't elle
fait profession, de s'intresser la cause cubaine.
Jamais de la vie, rpondit
la personnalit en question. Cu-
ba, mais ce sera une rpublique
bourgeoise .
L'auteur de cet article ne fait
pas prcisment profession d'i-
des modres. Les te-toi-de-
l-que-je-m'y-mette de la poli-
tique, qui government et trom-
pent le people avec des mots, ne
lui inspirent qu'une sympathie
negative, qu'ils soient bleus,
blancs, rouges ou tricolores; il
avoue mme, dt-il choquer plus
d'un, que ses prfrences seraient
non pour tre bien gouvern, ce
qui est si rare que cela ne s'est
jamais vu, mais pour n'tre pas
gouvern du tout. Mais cette
confession faite, il dclare ne
pas bien comprendre pourquoi -
par loignement d'une rpublique
bourgeoise il faudrait laisser sans
protestation Cuba pill et gorg
par une monarchie clricale.
Il est vraisemblable, l'tre hu-
main n'tant pas plus parfait en
Amrique qu'en Europe, qu'au
lendemain de la victoire cubaine,
il se trouvera des timors et des
utopistes, des ambitieux et des
intresss: ce n'est gnralement
pas pour eux-mmes que tra-
vaillent les ouvriers de la pre-
mire heure. Cependant, est-ce
bien une raison pour' prfrer
voir se perptuer dans l'ile mal-
heureuse et hroque le joug
d'un gouvernement qui, la fin
du dix-neuvime sicle, a rtabli
- ou laiss subsister tant
chez lui que dans ses colonies, les procds de l'In-
quisition ?
Rien n'est plus stupfiant que de voir ceux-mmes
qui excommunient les chercheurs d'au del traiter
ddaigneusement de ractionnaires d'autres qui, tout
en luttant courageusement pour s'affranchir, n'ont
pas pous intgralement leurs conceptions.
Eh oui, la libert politique sans la liberty cono-
mique est bien peu de chose; le droit de penser,
pour tre une conqute fconde, doit se doubler du
droit de vivre; enfin, il n'est plus permis, dans notre
sicle de science et de positivisme, de jeter pour


toute pture un people des phrases sonores. Mais
croient-ils donc, ceux qui se montrent si inflexible-
ment doctrinaires, que la revolution politique contre
le despotisme espagnol n'entrainerait pas des cons-
quences dans l'ordre conomique et moral.
Les Cubains ne peuvent cependant se battre pour
des questions industrielles ou syndicales, puisque
l'industrialisme outrancier de la vieille Europe
n'existe autant dire pas chez eux et que le groupe-
ment des travailleurs est une exception. Par contre,
ils sentent lourdement l'hgmonie du bureaucrate,'
du prtre, du soudard, le poids des impts, la chain
des prohibitions, l'teignoir mis sur les viriles mani-
festations de la pense et, comme ils ne sont pas en-
core piqus du dsir d'tre tous candidates, au lieu
de protester par meetings et ordres du jour, ils pro-
testent coups de fusil.
Il faut rellement que la folie du doctrinarisme se
joigne un temperament bien centre-gauche ( la
vrit, quelques-uns de nos socialists sortent de l)
pour ne pas, de toutes ses forces, crier aux rebelles :
- Bravo!


80.000



Selon les statistiques publies dernirement
par les journaux de Madrid, pendant les deux
ans d, guerre Cuba, le gouvernement espa-
gnol, sur les 190,000 hommes envoys contre
les Cubains, on en a perdu 80,000; restent
110,000 hommes; et d'aprs ce que disait le ma-
rchal Martinez Campos il n'y a pas longtemps,


il faudrait 300,000 hommes pour faire la con-
qute de Cuba I
Dans notre prochain numro, nous donnerons
des dtails.

e-------**-------

DE L'EAU! DE L'EAU!


Pendant le dbarquement de l'expdition au Ma-
riel, commande par notre subdlgu l'tranger, le
Dr. Castillo Duany, un'incident inespr et signifi-
catif s'est produit qui mrite d'tre signal et don't
nous garantissons l'authenticit.
L'expdition dbarqua sur un point de la cte
situ proximity d'un fort espagnol, dans lequel se
trouve une garnison. Au moment o les expdition-
naires s'attendaient se voir opposer quelque rsis-.
tance, ils virent venir eux paisiblement quelques
soldats, lesquels, au nom du commandant de la
forteresse, prirent le chef cubain de leur fournir
une certain quantit d'eau don't ils taient dpour-
vus. Satisfaction leur fut donne avec cette gnro-


sit qui caractrise les Cubains, et les Espagnols
rentrrent au fort sans gner en rien le dbarque-
ment et le passage des ntres.
Il suffit-de rapprocher cet incident des vantar-
dises la don Quichote don't sont remplis les tl-
grammes espagnols pour constater que l'impuis-
sance de l'Espagne Cuba est tous les jours plus
vidente.



*


f MOVEMENT EXPDITIONNAIRE


Notre confrre El Porvenir de New-York nous
fournit de nombreux et intressants dtails sur le
movement expditionnaire des premiers jours du
mois de mars. Nous nous empressons de les com-
muniquer nos compatriotes.
L'expdition du gnral Roloff, dans le vapeur
Laurada, a dbarqu le 21, ainsi que nous l'avons
dj dit, Banes, port qui avait t autrefois destin
l'exportation. Elle a transport dans File plus
de 200,000 pesos, ce qui permet de considrer
cette expedition comme la plus important de
celles qui ont dbarqu depuis le
commencement de la guerre ac-
tuelle. Les dtails de la parties
S principal du chargement, plus
f complete naturellement que ceux
qu'il .nous a t possible de pu-
blier dans La Rpublique Cu-
baine du i" avril d'aprs le tl-;
gramme de la Dlgation de New-
York, sont les suivants :
3 canons : i de douze livres, I
S la dynamite Hockins et I colt
-1 automatique;
3 tonnes de dynamite;
140 caisses de products parma-
ceutiques, imprimerie, ingr-
dients chimiques, etc.;
2,450 fusils;
3,ooo tirs de canon;
3,ooo tirs de dynamite;
3,ooo machetes;
I,5oo tirs colt;
2,500,ooo cartouches;
Des torpilles de terre et de mer,
S .' des machines lectriques, des fils
S' de fer isolateurs et un matriel
S complete pour la fabrication des
armes feu.
Le dbarquement s'est opr
sans chalands : le vapeur est
venu tranquillement quai et
pendant deux jours on le dchar-
gea la vue d'un fort o se
trouvaient cent Espagnols. Les
expditionnaires commencrent
par se mettre en communication
avec les forces cubaines com-
mandes par les chefs Betan-
court Manduley et Merinfo; puis
avec celles du gnral Marianno
Torres, et enfin avec celles du
gnral Calixto Garcia, lequel
prvenu en temps opportun, a d
se charger le 23 de sauver des res-
sources si prcieuses.

En ce qui concern l'autre ex-
pdition don't parle galement le
tlgramme de notre Dlgation
que nous avons cit plus haut,
on sait qu'elle a dbarqu 600
fusils et 500,ooo cartouches dans
les environs de Mariel et avec le
mme succs que celle de Banes.

Parmi les patriots dbarqus,
nous ne savons dans laquelle de
ces deux expeditions figuraient :
Aguirre, Carlos, colonel qui
avait t envoy en commission;
Augero, Manuel, frre de la patriote Caridad
Agero; Agramonte, Jos A.; Arstegui, Antonio
de, docteur en mdecine. Carbonne, chimiste
expert, franais. Machado, Pedro Manuel; Mestre
y Sedano, Jos; Molina, Temistocles, de l'arme
chilienne. Nufiez Villavicencio, Enrique, docteur
en mdecine. Portuondo, Juan Miguel, ingnieur
et frre du secrtaire des affaires trangres oe notre
gouvernement.
Il ne nous reste plus qu' envoyer de nouveau les
plus cordiales flicitations tous ceux de nos com-
patriotes qui ont contribu ces rsultats si heureux
pour la cause cubaine.



*


L'Espagne Ceuta







15 AVRIL 1897.


POUR LES BLESSS GUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR


e\ik'^


IJme Liste.

Sln: dferteur espagnol...................
lln am i db. la libert...... ........ ........
Un ami db Valerien .................:..
Souscription ouverte Gand (Belgique)
par le dlgu cubain, Mr. Pedro
Herrera :
Mr. Jorge Fernndez Gmez........
Mr. Alvarinho Carneiro Vaz.......
Un group de Ligeois .............
Mr. Gustave Dufreno ............
Mr. Robert Philippot ............
Mr. Dardenne......................
Mr. W. d'Heure ................ .
Mr. J. d'Heure......................
Mr. P. van Zuylen................
Mr. Fraikin.......... ... .........
M r. Voos....................... ..
Mr. Alfred Jenot, fils..............

Total ................
Total antrieur.........


Francs.
I..00
1-.oo
2.00




5.00
5.oo
16.70
1.00
1.00
2.00
0.50
o.5o
I .00
I .0o
1.00
1 .00

39.70.
I.oo2.35


Total gnral....-....... i.042 c5

Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou .l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, o2, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en avant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.

--------- ^--------

LE COLONEL SAUVANELL


-Notre collaborateur M. Mestre' Amabile nous
communique les nouvelles suivantes du chef pa-
triote cubain naufrag de la Ville-de-Saint-Nfa-
taire.
Quand j'appris que parmi les naufrags de la
Ville-de-Saint-Nazaire arrives au Havre se trou-
vait un des braves soldats de notre Rvolution,
je me suis immdiatement rendu la Compagnie
Gnrale Transatlantique o M. Baucaud et
M. le commandant Jousselin se sont empresss
de me donner des renseignements sur l'tat de
sant de mon compatriote et m'ont offert toutes
les facilits possibles pour communiquer avec
lui.
Aprs avoir confr avec Mme de Crdenas,
une des nobles et patriots dames cubaines de la,
colonie de Paris qui ne cesse pas de s'occuper du
sort de nos malades et de nos blesss, aide par
son sympathique gendre M. Pedro Arango, j'ai
adress au colonel Sauvanell, par les soins de
M. Baucaud, une lettre dans laquelle je le priais
de nous fire connatre l'tat de sa sant et ce
qui lui tait ncessaire pour se rendre Paris o
nous nous ferions un devoir de mettre sa dis-
position tout ce don't il aurait besoin pour son
rtablissement et son retour New-York.
Voici la rponse que notre ami Mestre Ambile
a reue le surlendemain :
Htel de Dieppe, Havre, le 2 Avril 1897.


Monsieur Mestre Ambile,


Paris.


Cher Monsieur et ami,
J'ai reu votre aimable et affectueuse lettre d'hier,
qui m'a procur la vive satisfaction de constater que
les Cubains sont toujours gnreux partout o ils se
trouvent; je vous remercie ainsi que nos compa-
triotes de votre offre; mais je dois vous dire que
l'agent de la Compagnie vient de me donner un billet
de retour pour New-York, et que je ne manque de
rien pour le moment. Vous devez tre au courant,
par les journaux, de tout ce que nous avons souffert
en mer. Le 12 mars nous fmes recueillis par le stea-
mer Yanariva. Son capitaine, un Amricain nomm
Mr. Neston, me traita avec la plus grande consid-
ration. J'tais trs nerveux et mort de soif; il ordonna
de me donner graduellement de la limonade ainsi
qu'un peu de rhum, ce qui m'a rtabli peu peu;
il mit ma disposition un de ses pantalons, un gilet
de flanelle, une chemise, des chaussettes et souliers
qui, quoique un peu grands, m'ont t d'autant plus
prcieux que je n'avais pour tout bien qu'un caleon.
Tous les jours entin aprs le repas jusqu'au 28, jour
de notre arrive Glasgow, il me donnait un verre
de vin de Xrez et des cigares. Au moment de d-
barquer, il m'offrit mme gracieusement une bou-
teille de l'un et un paquet des autres.
Le voyage de Glasgow Londres et au Havre n'a
pas t pour moi bien brilliant; ma quality d'tranger


n'intressait sans doute pas beaucoup les autorits
auxquelles j'ai eu faire, car on ne me gratifia que
d'un costume de matelot et d'un shelling.
Ici, au Havre, il en fut tout autrement; on m'em-
mena l'htel, et, aujourd'hui mme, je viens d'tre
appel l'Agence o l'on m'a remis une some de
Ioo francs avec mon billet de retour. Touch de ces
prvenances, je fis cadeau l'aimable agent de la
Compagnie d'un morceau du drapeau de la Ville-de-
Saint-Naiaire'que je gardais comme un prcieux
souvenir.
Si vous voulez faire publier cette lettre dans notre
vaillant journal de Paris,.La Rpublique Cubaine,
je vous y autorise volontiers, et je vous ritre ainsi
qu' vos amis et compatriotes l'expression de ma
plus vive reconnaissance.
N. A. Sauvanell.

Immdiatement aprs avoir reu cette lettre,
M. Mestre Amibile tlgraphia au propritaire
de l'htel du Havre qui rpondit ce qui suit
Monsieur Sauvanell parti pour New-York.-
A'sac.
Nous tenons exprimer ici au directeur de la
Compagnie Gnrale Transatlantique et particu-
lirement h son agent au Havre le tmoignage dc
notre gratitude pour leur conduite et leurs gards
envers notre compatriote: et si ces lignes arrivent
tre lues par le brave et gnreux capitaine
Neston du steamer Yanariva, qu'il sache que
Cuba Libre saura un jour rcompenser son hu-
manit et ses soins gnreux pour l'un de nos
compatriotes.

-------^-------

LE FILS DE MARTI


Des nouvelles de New-York nous announce que le
fils de notre inoubliable Marti a dbarqu Cuba
Libre.
C'est un jeune homme de 18 ans. Il va combattre
pour la libert de ce pays auquel son pre s'est sacri-
fi, bien rsolu se couvrir de gloire avec l'cusson
ou sur lui
Saluons le Cubain qui va, si jeune, faire honneur
sa race illustre et accomplir son devoir envers la
patrie.
---~-= di, (---


L'ESPAGNE A CEUTA


La frocit espagnole dchane contre les
Cubains, prcisment parce que ceux-ci ne peu-
vent plus la supporter, ne s'arrte pas et ne se
tient pas pour satisfaite devant les bagnes hor-
ribles o sont envoys tant de malheureux, cou-
pables seulement de vouloir leur patrie libre.
L'inquisition la plus sauvage s'exerce dans ces
presidios, grce la tolerance des nations civi-
lises de l'Europe dans les Chambres desquelles
sont malheureusement bien rares ceux qui ont
lev la voix pour la defense de la justice et de
l'humanit outrages par le gouvernement espa-
gnol ainsi que le prove la, lettre suivante que
nous empruntons notre confrre Patria, de
New-York :
Ceuta', 7 Dcembre 1897.
Mon cher ami,
Voici la rponse la question que vous m'avez
pose autrefois : quelle est la situation exacte dans
laquelle se trouvent ici lespolitiques cubains come
on les appelle?
Ils forment trois groups don't la situation parti-
culire demand une explication particulire.
i Les dports: Ce groupese compose de 88 s-
paratistes ou non, rvolutionnaires- actifs ou pa-
cifiques; lgalement, ils sont innocents puisque
le gouvernement de Cuba n'est pas parvenu ru-
nir contre eux des preuves suffisantes pour les
traduire devant ses tribunaux si peu exigeants que
soient ces derniers en matire de preuves. En vertu
de la loi d'Ordre Public en vigueur Cuba et la-
quelle le gouverneur gnral devait se reporter.pour
les exiler, il ne pouvait que les obliger changer de
domicile et les envoyer une distance de plus de
too kilomtres. Or, non seulement on les a envoys
r,6oo lieues de leur residence, mais encore le chan-
gement de domicile s'est transform en relgation
dans une enceinte fortifie, peine svre que les
tribunaux seuls pouvaient infliger. On a fait plus
encore. On ne s'est pas born les obliger rsider
dans l'enceinte de la place fortifie de Ceuta, ce qui
tait le maximum de peine, grce une interprta-
tion violent de la loi; on les force vivre prison-
niers dans le fort de Hacho, et on ne les laisse des-
cendre en ville que dans les plus troites limits,
des heures fixes et avec defense absolue de pntrer
dans l'intrieur des maisons et mme de s'asseoir
sur les promenades et les places publiques. Ils doi-
vent tre toujours, dans les maisons et les tablisse-
ments, situs de faon pouvoir'-tre vus de la rue
par la police; on les suit partout o ils vont; on
interdit aux auberges et aux restaurants de leur don-
ner manger; on dfend aux habitants de les traiter
avec quelque dfrence; on dporte en Espagne tous


ceux qui entretiennent avec eux de bonnes relations
et ainsi on les rduit l'isolement. Ceux-l seuls
descendent au village qui ont besoin d'acheter les
provisions qui leur servent prparer leurs aliments
dans l'intrieur de la forteresse o ils vivent.
Il imported de noter que les dports de droit com-
mun, les parricides, les assassins, les voleurs les
plus fameux, les bandits les plus redoutables qui,
d'ordinaire, purgent ici leur condemnation, jouis-
sent, par tradition Ceuta, de certaines liberts.
Beaucoup parmi eux sont considrs commede sim-
ples habitants, ont leur mason dans le village et vont'
jusqu' exercer des industries comme s'ils.jouissaient
de leur libert. Aussi le contrast est-il choquant :
les dports cubains qui, en droit, sont des person-
nes libres, qui devraient vivre ici comme de simple
habitants, dans le village, ainsi que cela a toujours
eu lieu, se voient aujourd'hui, par un extraordinaire
abus de pouvoir, traits comme on ne traite pas les
pires criminals, en ce bagne de froces repris de
justice.
Ce n'est pas tout. L'autorit ne s'est pas contente
de restreindre peu peu le cercle dans lequel meu-
rent ces victims de l'arbitraire. Aprs les avoir en-
ferms dans le fort du Hacho, elle a cherch la ma-
nire de rendre leur sort plus intolrable encore, et
come si elle avait le dsir de provoquer un conflict
pour le noyer dans le sang et rendre ainsi un service
qui serait srement rcompens-par le gouverne-
ment et applaudi par l'opinion publique espagnole,
elle soumet les dports toutes les vexations. Pour
un rien, par caprice, pour les exciter la resistance,
on les soufflette et on les btonne. Le dernier exploit
de l'autorit est tout rcnt : Deux dports qui al-
laient leurs affaires furent arrts par un garden
et conduits la prevention. Le garden leur dit-:
Ainsi donc, vous vous moquez de moi, hein ? Et
il leur administra un coup de fouet. Le sergent vint
qui leur en donna autant; puis le capitaine : Ah!
vous vous moquez des soldats! et il les roua de
coups. Nul prtexte cette iniquit. Les victims
sont, en effet, fort calmes et tranquilles. La seule
ide qui nous est venue est qu' ce moment les nou-
velles de Pinar ne devaient pas tre bones pour
l'Espagne. Par contre nous sommes bons, nous Cu-
bains, dtenus ici, pour payer les dfaites de Weyler
dans les planes dj historiques de l'Occident. En
essayant de faire un tout des bribes de nouvelles qui
leur parviennent, les dports don't je viens de vous
faire connaitre la situation de fait, redoutent que si
on les abreuve de vexations, d'injures et de mauvais
traitements, si on les soumet aujourd'hui un r-
gime vritablement arbitraire et inique, la nouvelle
d'un chec irrmdiable soit le signal attend par la
soldatesque pour commencer le massacre. Quelques-
uns des chefs db la milice de Ceuta ne se cachent
pas pour le dire. 'Il imported donc de pousser le cri
d'alarme. L'Europe, le monde civilis ne doivent pas
se proccuper exclusivement des massacres de-Crte
et d'Armnie. Il y a sur le vieux continent une autre
Turquie plus fourbe mais aussi cruelle que celle qui
se trouve sur les bords du Bosphore. Or ce serait un
crime de lse-humanit et de lse-civilisation que
de laisser se dchainer en cette infernale Ceuta la:
fureur sauvage dine population. demi-mairesque
contre les quelques, centaines de Cubains qui g-
missent l, sans defense.
S'il en allait autrement,, aprs les attentats dj
consomms, les trois cent cinquante Cubains inter-
ns Ceuta pourront tomber une nuit sous le pl'omib
ou la baonnette de cette soldatesque humilie
Cuba par les frres, hroques des dtenus et rendue
furieuse par la dfaite.
2' Les condamns : Ceux-ci sont au nombre de
229, et quelques autres, parties de Cadix, sont en ce
moment en route. Ils sont confondus avec les dte-
nus de d'roit commun, dans une des dpendances du
bagne, au fort du Hacho. Toute communication
.avec les dports et les personnel libres leur- est for-
mellement interdite.
Je ne sais comment commencer la description des
horreurs au milieu desquelles ils vivent. J'essaierai,
cependant. Au point de vue matriel, ainsi que je
l'ai dit, ils sont mls avec les pires criminals de la
pninsule et soumis en tout au rgime appliqu aux
condamns de droit commun. Lorsque le bagne
possde des vtements, on leur enlve ceux qu'ils
portent et on les oblige se vtir de l'horrible uni-
forme du bagne, signe de dgradation et d'opprobr.
Les observations qu'on leur fait sont toujours ac-
compagnes d'injures, de soufflets ou de coups de
btons. A la moindre faute, ou tout acte considr
comme une faute, on les roue de coups, ou on leur
met aux pieds une lourde chaine, ou bien, aprs les
avoir enchains, on les attache en blanca, chtiment
qui consiste enfermer le patient. dans un cachot
immonde, avec une chane au pied et l'extrmit su-
prieure du corps fortement lie au mur du cachot.
La chaine a un peu plus d'un mtre. Qu'on imagine
le supplice du malheureux qui, dans cette situation,
doit s'asseoir, se coucher sur le sol, car il n'a pas de
paillasse, manger, pourvoir toutes ses ncessits,
et cela pendant des mois et des mois. Ici, en effet,
on sait quand commence le chtiment; on ne sait
jamais quand il finit. L'alimentation consiste en une
livre de pain noir et deux fois par jour en une
cuelle de haricots, de pois chiches et de lard, le
tout de si mauvaise quality et en quantit si insuffi-
sante qu'il est impossible un homme d'apptit


moyen de ne pas avoir faim une demi-heure aprs le
repas. Rglementairement, la nourriture devrait tre
meilleure et plus abondante; mais, malheur qui
se plaint ou rclame! Le fournisseur est un person-
nage de la-localit, et tout ce qu'il vole aux prison-
niers il le partage l'amiable avec les autorits et
avec les employs charges de surveiller sa 'gestion.
En six sales sont entasss environ 900oo dtenus, sal-
les malpropres, mal ares, sans aucune des condi-
tions voulues pour loger des homes. A six heures
du soir en hiver et cinq heures en t, on les en-
iferme dans ces tables immondes jusqu' six heures
du matin en hiver et cinq heures en t. Une fois
enferms ils'sont sous la dpendance des cabos de
vara (caporaux de verge), individus rpugnants, g-
nralement sans education, criminals des plus frc-
ces, car ces gardens sont choisis parmi les prison-
niers qui passent pour les plus nergiques, alors.
qu'ils sont ordinairement les plus services et ceux
qui obissent le mieux aux caprices du gelier. En
tout temps et toute heure un cordon de soldats
entourent les lieux o sont enferms les prisonniers.
Les factionnaires ont ordre de faire feu sur tous
ceux qu'ils supposent dcids prendie la fuite, et
il leur est expressment recommand de maltraiter
sur le moindre prtexte les Cubains politiques,
comme on les appelle."
Au point de vue moral, nulle humiliation ne pa-
rait pour.eux suffisante. La menace est constant,
l'injure leur est prodigue sans measure. Ils ont be-
soin de s'armer de patience pour ne pas se laisser
entraner des extrmits. A quoi leur servirait,
d'ailleurs, de se rvolter ? Ils iraient un sacrifice
inutile. Ils feraient, sans profit, plaisir l'ennemi.
Cette situation aussi rigoureuse qu'invraisemblable
n'est attnue que lorsqu'on rencontre quelque em-
ploy intress se montrer just et tolrant.
L'lment militaire, par cela mme qu'il s'est fait
battre Cuba, se montre on ne peut plus irrit et
est tout dispos, ainsi que je l'ai dit, prendre sa
revanche avec les prisonniers. Or,. cet lment do-
mine, Ceuta tant une place de guerre en tat
de sige. Elle est commande en- ce moment
par un lieutenant gnral, D. Rafael Correa, qui
hait cordialement les Cubains et qui recom-
mande la plus grande svrit tous ses subordon-
ns. Parmi ces derniers, certain exagrent le zle
d'une faon indicible; l'un d'eux est le gouverneur
de la forteresse du Hacho, commandant la troupe,
qui veut avoir de l'avancement sans aller Cuba ou
aux Philippines et qui donnerait beaucoup pour
avoir un prtexte lui'permettant de rendre un ser--
vice sans danger pour sa.vie. Cette reduction d'Hud--
son Lowe croit que son rle est aussi grand que ce-
lui que joua, Sainte-Hlne, le garden de Napo-
lon... Comme gelier, il est sans rival. Vous ne
pourriez jamais comprendre et je ne pourrais jamais
vous dire jusqu'o vont ses petitesses, ses misrables
combinaisons pour nuire aux Cubains et les stu-'
pides instructions qu'il donne ses soldats. Si ceux-
ci taient aussi mauvais que leur chef, ils auraient
dj tu quelque prisonnier.
Le temps aidant, les soldats eux-mmes en sont
arrivs avoir piti des Cubains. Ils leur ont appris
qu'on les. poussait leur tirer des coups de fusil ou.
, les tuer coups de baonnettes,mme sans motif.
Un, autre fonctionnaire qui hait les prisonniers cor-
dialement est le mdecin de l'hpital. Il refuse abso-
lument de ls examiner et de les soigner. Il leur d-
clare sans ambages qu'au lieu de les soigner il les
fusillerait. Il insulte tous les politiques cubains qui
vont la visit.
Voici peu prs le dialogue qui s'engage chaque
fois que l'un d'eux se fait conduire l'hpital du
bagne :
Qu'as-tu ? J'ai la fivre depuis quel-
ques jours, j'ai perdu l'apptit et je sens des dou-
leurs dans le ct. D'o es-tu ? De
Cuba. Pourquoi as-tu t condamn ? -
Pour rebellion. Que demandes-tu ? Me
gurir. Te gurir Il vaut bien mieux que tu
meures Allons, file, l'Hacho! et si je te revois je
te fais attacher en blanca.
On comprend, aprs cela, que les Cubains mala-
des prfrent jener et se coucher lorsqu'ils n'ont
d'autres remdes leur porte.
Le hasard a voulu qu'aucun mdecin n'ait t en--
voy ici,alors que toutes les classes de la socit cu-
baine, de la plus haute la plus humble, y sont re-
prsentes.
En rsum, les prisonniers se trouvent dans un
bagne espagnol, entours de toute l'ordure mat-
rielle imaginable, soumis un rgime de violence et
d'arbitraire indescriptible, obligs de coudoyer les
tres les plus immondes de la terre, et cela au mi-
lieu d'une corruption telle, que ma plume ne veut
ni ne peut en donner l'ide. Si j'effleure ce sujet, c'est
parce que je tiens a ce que vous voyez avec toute la
clart possible, le milieu, l'atmosphre dans lesquels
la tvrannie et la barbarie espagnoles obligent vivre
des hommes l'Ame saine comme le sont les jeunes
gens cubains qui se trouvent ici et d'honorables
pres de famille, hommes de coeur et d'ducation
qui doivent chaque instant oublier toute honte
pour supporter le contact de tant de corruption, de
tant d'inconsciente bestialit.
3 Les idnigos. Les dports de situation spciale
et qu'on appelle au bagne les iaihigos sont au nom-
bre de 23. Je n'en connais qu'un parmi eux, un


~ ~~


l~pL~S~p, C~s~P~ne;






15 AVRIL 1897.


pauvre vendeur de journaux de La Havane, qui ne
doit pas avoir, j'imagine, la vertu de Caton, mais
qui ne mritait ni les honneurs de la deportation
simple, ni la sauvagerie don't il est victim. Au fond,
la majority se compose d'individus insignifiants en
politique. Ils sont punis parce qu'ils sont Cubains,
-tout simplement. On les tient pour des individus de
-mauvaise vie , audacieux et redoutables. Et on
profit de la suspension des garanties individuelles
Cuba pour les faire partir du pays. Il semblait
logique que, n'ayant t condamns par aucun tri-
bunal, on leur fixt un domicile forc au gr du
gouvernement. Au lieu de cela, on les a envoys au
.bagne, on leur a fait endosser la casaque que nous
portions, nous autres forats, et on les ,a soumis
compltement au. regime pnitentiaire. Ce n'est pas
'tout: on les a enferms dans un cachot, la chaine,
sans leur permettre de communiquer avec les autres
dtenus et avec les autres dports. On a t si dur
pour eux, on les traite avec tant d'injustice et de
-cruaut qu'on les a rendus .intressants.
Notez bien que les autorits qui les ont envoys
au bagne sont criminellement responsables autant
,que les chefs du bagne qui les ont admis. Le code et
les rglements en vigueur en Espagne sont pareils
-ceux des pays civiliss. Ils dfendent e recevoir au
bagne quiconque n'y vient pas sans un certificate de
condemnationn dlivr par le tribunal par lequel la
-sentence a t prononce. On en a fait l'observation
.au directeur de Ceuta. Il en rfra au commandant
gnral de la place. Mais celui-ci se retrancha
derrieree un ordre royal du ministre. En ralit, ce
,qui leur sert d'excuse tous, c'est la situation des
esprits en Espagne o aucun Cubain, aujourd'hui,
ne saurait trouver justice. S'il en tait autrement,
les pierres elles-mmes se lveraient pour protester
contre l'injustice commise contre ces malheureux,
maltraits pendant tout le voyage par la garde civil,
.btonns avec la dernire brutalit, sans cause ni
raison, et traits comme des btes fauves au nom
,des principles sacro-saints d'une civilisation fausse,
puisqu'elle ne s'appuie que sur la garde civil et sur
des raisons d'ordre public de la nation espagnole.
Je vous cris sans toute la tranquillit voulue. Le
lieu d'o je le fais n'est pas commode. Je crois
toutefois que ce que j'ai dit suffit pour vous donner
une ide, imparfaite certes, mais suffisamment
,exacte de la situation de vos compatriotes. Il m'est
impossible de vous donner des dtails sans vous
.crire trop longuement. Je les omets donc.
X...
P. S. On vient de me dire que cinq dports
vont arriver. Voici leurs noms: le docteur Gonzalez,
Lanuza, et les licencis Juan Miguel Ferrer, Alfredo
Zayas, Jos Saez Medina et Ignacio Lamar. Ils
nviennent de Chafarinas et sont en. ce moment
Mlaga. Les dports seront donc au nombre de 93,
les condamns au nombre de 229 et les ndhi2igos ou
. interns 23. En tout: 345.

*-------.^, ~L--------.

LA PACIFICATION


A l'optimisme du gouvernement espagnol qui
tous les jours chante sur tous les tons la pacifica-
tion de Cuba, voici comment rpondent les vne-
ments.
On lit dans une lettre de las Villas, date du io
mars, que public La Vo, del Obrero du Ferrol :
L'tat de la guerre, quoi qu'en disent les jour-
naux un sou, est le mme ou pire qu'au dbut.
La mort de Maceo a fait autant d'effet aux insur-
'gs que s'il ne leur tait rien arriv. Et cela est si
vrai que, dans la province de Pinar del Rio, les es-
carmouches continent aussi bien que si le clbre
multre vivait encore. Dans les autres provinces il
en va de mme.
Malgr ces escarmouches quotidiennes dans les-
quelles, s'il faut en croire les rapports officials, les
ennemis de la patrie sont toujours extermins,
ceux-ci doivent se rire des balles espagnoles, car ils
continent leurs operations et attaquent les villes
lorsqu'ils le croient ncessaire sans que personnel
les en empche, come cela est arriv Gines.
Par le moyen de la force brutal, c'est--dire par
la mitraille, on ne russira pas chasser du pays
les insurgs en armes, car ils aiment mieux mourir
que de subir le joug du gouvernement espagnol.
La guerre, mon avis, devrait se faire, non dans la
champagne, mais dans les villes.
Les vritables insurgs, malgr leur amour pour
la patrie, sont les commerants qui font payer une
boite d'allumettes c'est renversant! cinq cen-
lavos de pesos, soit 25 centimes.
S'il en est ainsi des boites d'allumettes, que doi-
vent donc colter les objets de premiere ncessit ?...
Inutile de vous dire que personnel n'accepte le
paper monnaie, si ce n'est moiti prix. 11 n'est
doinc pas surprenant qu'on ne puisse tirer sur l'Es-
pagne sans ajouter la guelte afin de permettre
quelques agioteurs qui crient, chaque instant,
vive l'Espagne et vive l'arme , de s'engraisser
de plus en plus et de nous ruiner le plus possible.
Voil la situation du pays : Guerre et misre.


Du Heraldo de Madrid, le 8 avril : Le 3 de ce
mois,-le chef Alberto Rodriguez, -la tte de 1,ooo
cavaliers, s'est montr entire Pozo Redondo et Cai-


mn, dans la province de La Havane. Il s'est adress
au lieutenant-colonel du bataillon des Canaries, en
offrant de lui livrer un caporal de son bataillon,
exempt de blessure, qu'il avait captur, ainsi que
d'autres soldats du rgiment de cavalerie de Pizarre,
blesss et prisonniers, si nos chefs envoyaient des
brancards pour les recueillir.
Le lieutenant-colonel consult le gnral chef en
second qui, en principle, refusa l'offre qui lui tait
faite, mais sans donner aucun ordre dfinitif jusqu'
resolution suprieure.
Pour ce motif on n'a encore rien fait pour le ra-
chat de nos blesss.
Mais le chef Rodriguez persist pour rendre im-
mdiatement le caporal, et la remise se vrifia en
effect en presence du bataillon des Canaries, et
d'autres forces espagnoles.
Les rebelles dfilrent dans un sens oppos sans
qu'il se produisit aucun incident.
On ne sait o se trouvent ces prisonniers blesss
que le chef Alberto Rodriguez a offers.
Ils faisaient parties des deux escadrons surprise
dans une embuscade et mis en droute par les re-
belles il y a quelques jours.
Samedi dernier, une troupe d'insurgs a attaqu
le fort n 11 qui protge la ligne de 'Cabarien-Rme-
dios-Placetas las Villas.
Un coup de canon ayant fait sauter deux caissons
de munitions, les Espagnols ont abandonn le fort
don't les insurgs se sont empars.
Sur la mme ligne, ils ont fait sauter le pont jet
sur le Manaquitas, tout prs de Caibarien.
La troupe cubaine s'est ensuite dirige sur le fort


n' 12; mais elle a d en lever le sige, des renforts
tant venus au secours des assigs.
Les habitants, voisins du lieu o se livra le com-
bat dans lequel le gnral Prez Blanco trouva la
mort, assurent que les insurgs qui ont lutt contre
les forces espagnoles venaient de la province de La
Havane, et qu'ils n'taient pas de ceux qui se trou-
vent dans la province de Pinar del Rio.

On made de La Havane que les soldats espagnols
se livrent sur les families des insurgs des actes de
cruauts inqualifiables. Louis Prez, un chef cubain,
sa femme, ses trois seurs et ses cinq enfants ont t
massacrs parce qu'ils ont refus de divulguer les
secrets des insurgs.
M" Prez fut dcouverte dans une chambre,
cache avec les enfants derrire un lit. Les gurillas
levrent leurs machetes pour les tuer. La mre leva
alors les bras, implorant l piti des soldats. Ils lui
dirent qu'elle devait mourir. Elle leur demand d'-
pargner ses enfants, mais pour toute rponse, elle
reut un coup de sabre qui lui ouvrit le crne et fit
rejaillir la cervelle et le sang sur les malheureux
enfants qu'elle tenait dans ses bras.

.-iB -------- ---------

LE VAPEUR BERMUDA


A la dernire heure, il se confirm que le vapeur
Bermuda, sous le commandement du capitaine
O'Brien, a quitt le port de Jacksonville dans la
nuit du 6 avril, avec un chargement d'armes et de
munitions destination de Cuba.

-------^T- b-------


L BANQUEROUTE COMMENCE

La Pall Mall Ga.ette du g avril, public une lettre
de son correspondent de Madrid sur la situation
politique de l'Espagne. Cette situation est exprime
avec une concision admirable et trs excitement
dans le titre que le clbre journal du soir london-
nien a donn la lettre : Hopefui but Hard up;
c'est--dire : Beaucoup d'espoir, pas d'argent.
Les esprances espagnoles sont alimentes par les


prouesses de Wevler Cuba, de Lachambre aux
Philippines et de Marin Puerto Rico. Pour les c-
lbrer, Madrid, Barcelone, Valence, Sville se cou-
ronnent de lampions et leur clart des bandes
patriotiques parcourent les rues en jouant de la
guitar. Mais les lecteurs sont dj fixs sur ce
point. Voici maintenant ce que dit le correspondent
de la Pall Mall Ga.ette des finances de ces enthou-
siastes forgeurs d'esprances
La question administrative est la constant
preoccupation du gouvernement actuel. M. Canovas
a de nombreuses conferences avec les ministries, des
finances et des. colonies et avec le gouverneur-de la
Banque d'Espagne, car tout le monde sait que' cette
.banque est aujourd'hui la banque du gouvernement
et'non la banque national comme en France,.en
Angleterre et ailleurs.
Les sommes produites par l'emprunt ont. t
dpenses ; les caisses sont presque vides, la guerre
continue Cuba : il faut donc chercher des ressoar-
ces, car Cuba dvore les millions, car il y a des en-
gagements qu'on doit tenir forcment, car l'intit
de la dette publique extrieure absorbe des sommes
considrables et doit tre pay en or. Le ,problme
financier est donc plus difficile rsoudre qu'il le
parait.
M. Navarro Reverter prepare le project de budget
qui doit tre, affirme-t-il, soumis aux Corts ds
qu'elles seront runies. Mais il est certain que le
temps manquera pour le discuter. Le cabinet Cno-
vas se bornera soumettre, suivant la coutume
constitutionnelle, son project aux Chambres et il ob-
tiendra aussitt une autorisation du Parlement-


pour se procurer des resources tant en Espagne
qu' l'tranger, etc.
Cette dernire operation sera, toutefois, la plis
difficile. Malgr le succs du recent emprunt int-
rieur avec la garantie des douanes, l'argent est diffi-
cile obtenir sur les places de Londres, de. Paris, de
Vienne, etc., quand on le demand pour IlEspagne.

Nous lisons dans la Gaette Espagnole' et Portu-
gaise de Paris :
Madrid, io arnil. On prte M. Navarro Re-
verter un project de loi pour la conversion de toutes
les dettes de l'Etat, avec reduction de l'intrt de
4 o/o 3 o/0o. Les porteurs de la rente actuelle rece-
vraient leur soulte qui rsulterait de la conversion de
leurs titres. Ce project, qui devrait tre prsent aux
Corts en mme temps que le budget gnral de
1897-98, comporterait deux operations de credit en
faveur du Trsor : une d'un milliard pour la conver-
sion des dettes intrieures contractes rcemment,
et l'autre galement d'un milliard, principalement
destine la conversion des dettes intrieure et ext-
rieure.
Les intrts de la nouvelle dette seraient pavs en
monnaie espagnole ou son quivalent-en or.

~-----------^----------

LA VILLE DE GUANABACOA

La gravure que nous publions reprsente une
grande parties de la ville de Guanabacoa, devenue
il y a quelque temps tristement clbre par les
crimes horribles qui y ont t commis par le chef
espagnol Fonsdeviela.
La ville de Guanabacoa a une population d'environ
23,000 habitants. Elle est situe 8 kilomtres de La
Havane et se trouve 64 mtres au-dessus du niveau
de la mer. Elle possde de beaux difices et des
bains minraux trs recommands.
Guanabacoaa t diffrentes reprises attaque par
les forces cubaines commandes par le colonel Aran-
guren. Dans une de ces attaques, les Cubains rus-
sirent arriver jusqu'au centre de la ville.


*


L'EUVRE CONOMIQUE

DE L'ESPAGNE A CUBA


(Suite)
Les ports de 'ile furent ouverts au commerce
tranger par un Dcret Royal du lo fvrier 1818.
Cette measure tait due aux incessants et persistants
efforts du patriote cubain Francisco Arango qui,
aprs de longues annes d'efforts ininterrompus,
russit persuader au gouvernement que cette fran-
chise se traduirait par un grand bnfice pour le
Trsor Royal, seul argument: qui pouvait tre de
poids. Si l'on et parl, en effect, des bnfices de
Cuba c'et t perdre son temps. Personne ne le sa-
vait mietux qu'Arango. Mme ainsi, le Dcret ne fut
accord qu'avec mfiance et titre d'essai. Dan's l'es-
prit des hommes d'Etat espagnols il n'entrait pas
que la libert du commerce ft favorable au dvelop-
pement conomique des peuples, et l'ide que les
habitants inexpriments de lagrande Antille allaient
entrer en relations directed avec les autres nations et
manier eux-mmes leurs affaires sans l'intervention
de la mre patrie, les remplissait d'inquitude et les.
tourmentait au plus haut degr.
Avec cette measure conmena la troisime'poque
commercial de Cuba et en mme temps, pour ses
habitants, celle non encore termine des grande
souffrances. A en juger par les renseignements sta-
tistiques que nous a conservs la bureaucratic espa-
gnole, les industries de l'ile ne se dvelopprent pas.
immdiatement; leur dveloppement, toutefois, ne
se fit pas attendre longtemps, et le gouvernement,
dcouvrant qu'il possdait une mine de richesse ex-
traordinaire, ne pensa plus. qu' l'exploiter par tous
les moyens imaginables et .s'en assurer tout prix
lapossession. Il transform la colonie en caserne,.la
gouverna militairement, foula aux pieds le droit et
la justice et, sans considerations, expatria, dporta
ou fusilla tous ceux qui se risquaient lui faire de
l'opposition, se plaindre ou proposer la plus pe-
tite modification au rgime tabli. Dpassant les li-
mites dans lesquelles enferme son action tout gou-
vernement demi civilis,. le gouvernementde Cuba
non-seulement dsignait, au Cubain les cultures
laquelle il devait se livrer,, mais encore imposait les
moyens employer; et, aiguillonn par le dsir v-
hment d'augmenter les recettes, chaque jour il
changeait de conduit, et.favorisant aujourd'hui une
culture et demain une autre, il les ruinait toutes.
Enfin, il considra que la culture de la canne sucre
tait celle qui lui convenait le plus pour la prompti-
tude avec laquelle on en rcolte le fruit, l'extension.
don't elle tait susceptible et le grand nombre de.
bras qu'elle exigeait. 11 se consacra donc la prot-
ger et la stimuler. Avec la canne sucre il y avait
un emploi immdiat et des bnfices considrables
pour le ngrier espagnol et le fabricant pninsulaire,
d'abondantes recettes pour le fisc, tant avec les droits
d'importation sur la quantit d'aliments qu'il tait
ncessaire d'introduire pour l'entretien des dotations
des ingenious qu'avec les droits d'exportation sur le
produit, et de grands profits pour les capitaines g-
nraux avec les nombreuses expeditions de malheu-
reux africains. qu'on emmenait Le gouvernement
ferma les yeux devant les consequences conomi-
ques, sociales et politiques de systme aussi nfaste;:
il viola honteusement les traits internationaux et
oublia l'honneur national en-se moquant des enga-
gements les plus solennels etdes obligations les plus.
sacres.
Computer sur l'existence Cuba d'un systme tri-
butaire qui en ses dtails et en son ensemble se
conformerait non aux exigences de la science, mais.
aux indications du simple bon sens, serait rver
l'impossible. Cela n'est pas la porte de l'Espagnol,
people de visionnaires arbitraires et d'hommes, d'Etat
voleurs, don't la science consiste s'emparer de tout
ce qu'il rencontre sur son passage afin de se tire
des embarras du jour, sans se proccuper jamais des
consequences que ses illgalits amneront le len-
demain. Mais Cuba on aurait pu implanter tout au
moins un systme qui, appuy sur des principles
faux et vexatoires en ses details, et t cependant
modr dans l'exaction, et et procur les resources
suffisantes pour fire face aux 'besoins de la colonie
et contribuer avec un bon excdant. aider dans sa
pnurie la mre patrie. On a.fait tout le contraire :
le systme qu'on a imagine et mis en pratique non
seulement gne,- entrave de mille manires l'action
du producteur, mais lui arrache une part telle du
bnfice de son industries qu'il rend impossible toute
capitalisation, mme aux poques o les products
cubains sont le plus demands et pays les meilleurs
prix. Pour montrer combien compliqu et confus est
ce systme, il suffit d'numrer les contributions
qu'on imposait avant la guerre de 1868, c'est--dire
en une poque de paix et de tranquillit, pendant
laquelle nuls besoins extraordinaires ne pouvaient
tre invoqus come motifs ou prtextes. Voici cette
numration : Droits sur les tablissements agricoles
(fincas), sur les esclaves, sur les troupeaux, droits
d'hypothque, de possession de mines, rente dci-
male, impt sur les salines, impts directs et indi-
rects, impts sur la consommation des troupeaux,
sur les ventes aux enchres, droits de visit de phar-
macies, sur les sorties, impt sur les tires de no-
blesse, impt sur les procs, impt potr la police,


La ville de Guanabacoa


. Q%% k) 4% u






15 AVRIL 1897.


prlvement sur les ventes et les cessions de charges,
service pour titre de courtier, amortissement, annui-
ts ecclsiastiques, dime force, habillement de mi-
lices, droits de privileges, pages, titres de subdl-
gus, droits de philosophie, de jurisprudence, de
mdecine et de chirurgie, de pharmacie, de dentistes
et d'accoucheurs, de vtrinaires, d'incorporation et
d'aptitude, de titres d'arpenteurs, droits d'exporta-
tion, paper timbr, documents. de virements, tim-
bres judiciaires, bulles, paper de remboursement,
cdules de libres de couleur, cdules de scurit
d'esclaves, cdules d'affranchis, vente exclusive de
coqs et... cette liste suffit, bien qu'incomplte.
Tout le monde sait que la multiplicit des impts,
outre qu'elle ralefitit et entrave la libre action du
contribuable, ce qui est dj un mal trs grave, a
l'norme inconvnient de faire absorber les recettes
brutes de chaque impt, forcment restreintes, par
les frais de recouvrement. Le seul but obtenu dans
ces conditions est de crer de lourdes charges qui
ne servent qu' payer les appointments des em-
ploys charges de la perception. Il est vrai que c'tait
l pour l'Espagne une grosse affaire.
'Le temps manque et l'espace pour faire une ana-
lyse de ce fatras de contributions -et d'impts. Il en
est quatre ioutefois don't il faut dire un mot : le
dixime, le droit de transfert (alcabala), les droits
d'importation et les droits d'exportation.
(A suivre.)






---.-* <~---I-


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 5. Un engagement, qui a dur plus de trois
heures, a eu lieu dans la Loma de Santa BArbara
entire les Cubains et les Espagnols, commands par
le colonel Lacoste.
Les Cubains ont repouss les Espagnols
Loma Auras et leur ont inflig des pertes l'arme
blanche.
La resolution prsente au Snat amricain
par M. Allen contre le jugement sommaire du gn-
ral cubain Rius Rivera, a t discute aujourd'hui.
M. Hoar a dclar que la resolution s'appuyait tout
entire sur des rumeurs mal comprises et se com-
posait de prophties fausses; que, d'autre part, M.
Allen ne citait d'autres faits qu'une nouvelle publie
par un journal. M. Allen a rpliqu avec vigueur. Il
a dit qu'en le concernant il mettrait en mille mor-
ceaux le cur des brutes espagnoles, s'ils ne met-
taient pas fin leurs cruauts contre les Cubains .
M. Hale a propos de renvoyer la resolution la
Commission des affaires trangres. M. Morgan, de
son ct, s'est attach arracher M. Hale l'aveu
que l'tat de guerre existait Cuba. La motion de
M. Hale a t repousse par 27 voix centre 21. La
resolution de M. Allen a t alors amende de la
manire suivante : Considrant que le Snat des
Etats-Unis a t avis que Rius Rivera serait jug
sommairement par un conseil de guerre et fusill,
dcide que le Prsident fera son devoir, si l'informa-
tion est confirme, en protestant auprs du gou-
vernement espagnol contre une pareille violation
des rgles de la guerre civilise. La resolution
ainsi rdige a t approuve l'unanimit.
Du 6. M. Morgan a maintenu sa resolution
devant le Snat, tendant reconnaitre l'tat de guerre
Cuba. Il a dit que c'tait la troisime fois dj que
les Etats-Unis avaient souffrir des guerres cubaines,
et que les citoyens amricains prouvaient de grands
prjudices du fait de la neutralit. Il a ajout que
le seul objet de sa resolution tait de placer les Etats-
Unis dans une situation lgale relativement l'Es-
pagne pour la defense des citoyens amricains.
M. Morgan reconnat, en outre, qu'il est impossible
au gouvernement d'envoyer Cuba des navires de
guerre pour appuyer ses rclamations du moment
qu'il ne.l'a pas fait quand M. Lee annona l'assas-
sinat du Dr. Riuz. Au lieu d'envoyer des navires, le
gouvernement envoie des avocats. M. Hale a alors
demand si M. Morgan aurait envoy les navires
avant l'avocat. J'aurais, a rpondu M. Morgan,
envoy l'avocat avec les navires, bien que je suppose
que l'avocat ne doive pas servir grand chose avec
des gens qui, par dpit, comme le font les Espa-
gnols, dtruisent les proprits et tuent les pri-
sonniers de guerre. Les Etats-Unis ne devraient pas
oublier, a ajout l'orateur, que l'Espagne a reconnu
les confdrs du Sud. M. Hale dit que les docu-.
ments du Dpartement d'Etat contredisent les affir- -
mations de M. Morgan relativement aux nombreux
amricains qui rempliraient les prisons de Cuba.


M. Morgan a rpliqu avec nergie, disant que tout
le monde savait quelles taient les sources d'infor-
mation de M. Hale, que personnel n'ignorait ses
relations constantes avec l'Espagne et ses efforts
pour la dfendre devant le Snat des Etats-Unis. M.
Hale a protest. Aucune' de ses paroles, a-t-il dit,
n'est inspire ,par l'Espagne, et la source de ses
informations est exclusivement amricaine, mais il
s'oppose ce que M. Morgan soulve le people
amricain et le pousse une guerre contre l'Es-
pagne.
Dans la nuit de samedi, en sortant de Fernan-
dina, un croiseur amricain, le Vesuviui, a captur
un remorqueur qui transportait, dit-on, une expdi-
tion cubaine sur le Bermuda. Ce dernier navire, qui
avait arbor le pavilion britannique et qui se trouvait
trois miles des ctes, n'a pu tre captur.
Du 7. Le gnral Weyler a parcouru la Trocha
de Jcaro Mor6n. Il est rentr Tunas de Zaza.
M. Morgan a continue aujourd'hui son discours
tendant reconnaitre aux Cubains la quality de
belligrants.
Du 8. Le chef cubain Alberto Rodriguez a re-
mis le 2 aux Espagnols, sur la route de Caiman,
province de La Havane, un caporal du bataillon pro-
visoire des Canaries. La remise a t solennelle. Les
forces cubaines, formes en escadrons, y assistaient.
Alberto Rodriguez refusa de rendre le prisonnier
un sergent espagnol et demand un officer auquel
il fit savoir en mme temps qu'il pouvait recueillir
plusieurs blesss espagnols que les Cubains avaient
en leur pouvoir, et envoyer cet effet un officer et
20 hommes avec des brancards. Les forces cubaines
et espagnoles passrent la nuit les unes en face des
autres. Les prisonniers et les blesss au pouvoir de
Rodriguez ont t faits dans le combat qui a eu lieu
dans les environs de Pozo Redondo en mars dernier,
combat o les Espagnols furent mis en droute et
laissrent sur le champ de bataille un grand nombre
de morts et de blesss.
Le 3, les Cubains ont attaqu, avec de l'artille-
rie, les fortins qui protgent la voie ferre de Reme-
dios. Une grenade a dtruit un fortin et fait.sauter
plusieurs caisses de munitions. La garnison a fui
rapidement, abandonnant les morts et les blesss,
parmi lesquels le lieutenant-colonel Perez Blanco,.
L'uniforme des artilleurs cubains qui ont pris part
ce combat se compose de kpis et de tuniques rou-
ges et de pantalons bleus.


Dans un combat qui a eu lieu dans la province
de Pinar del Rio, les Espagnols ont t mis en com-
plte droute. Ils ont eu plus de vingt morts et vingt-
huit blesss.
Les forces cubaines augmentent considrable-
ment dans les provinces de Pinar del Rio et de La
Havane.
La fivre jaune a de nouveau envahi l'ile tout
entire. Elle fait de grands ravages dans les troupes
espagnoles.
Un tlgramme de Washington dit que l'Espa-
gne a affirm au Dpartement d'Etat que Rius Rivera
ne serait pas fusill.
M. Morgan a continue soutenir devant le
Snat sa resolution en faveur de la reconnaissance de
l'tat de guerre Cuba. Il a dclar que le Snat se-
rait soulev d'indignation si l'on pouvait faire con-
natre les souffrances des Amricains dans les prisons
de Cuba. Il a ajout que le gouvernement des Etats-
Unis ne mriterait pas le respect tant qu'il supporte-
rait que des des citoyens amricains soient molests
au mpris des lois.
Un tlgramme de New-York dit que le gnral
Sanguily a t conduit Cayo Hueso sous l'accusa-
tion d'avoir aid la preparation d'une expedition
destine Cuba. Le j.uge a renvoy l'affaire
samedi.
De nouvelles expeditions provenant des Etats-
Unis ont dbarqu Cuba.
On croit que 5,ooo hommes environ ont t
incorpors dans l'arme rvolutionnaire.
Les guerrillas espagnoles de Caibaren, don't la
solde a t rduite d'un tiers, tmoignent un vif m-
contentement.
Du 9. Le gnral Weyler se trouve Sincti
Spiritus, province de Santa Clara.
Les forces cubaines, sous les ordres du gnral
Mximo Gmez, attaquent sans relche les forces
espagnoles.
Les Cubains ont fait sauter la dynamite un
pont de la voie ferre de Cesarien (?)
La nouvelle du dbarquement Cuba de nou-
velles expeditions venant des Etats-Unis est con-
firme.
Le vapeur Bermuda a quitt Jacksonville dans
la nuit de jeudi avec une expedition pour Cuba. On
sait jusqu' present qu'il-transporte : 5o,ooo cartou-
ches, r,ooo livres de dynamite, 1,ooo fusils, i,ooo
machetes et une mitrailleuse. Le capitaine du va-


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sur la guerre de Cuba.


Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse M. l'Administrateur-Grant, 20,
Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


d'un
rue


NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection gratis.


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peur est M. O'Brien. Le remorqueur Kate Spencer a
conduit les chalands charges de May port, dans
l'embouchure du fleuve St. John, jusqu'au Bermuda
qui se trouvait au del de la tarre du Cumberland
Bai.
Le gnral Rius Rivera et son chef d'tat-major
Bacallao sont arrivs La Havane par le chemin de
fer, dans un wagon blind. Ils ont t conduits la
forteresse de la Cabafia.
Du ro. M. Jos D. Amieva, dentist, citoyen
amricain, qui rsidait Matanzas et qui tait pri-
sonnier la Cabana, a t mis en libert.
Du i i. Le chef espagpol Cirujeda s'est embar-
qu pour l'Espagne. Dans levapeur qui le transport
se trouvent 219 soldats malades et 21 dports poli-
tiques.
Le gnral Sanguily a t mis en libert. Aucune
preuve n'ayant t releve contre lui.
Un individu qui dbarquait d'un bateau sur la
cte de la Floride a t mis en tat d'arrestation. Il
est souponn d'appartenir au vapeur Bermuda. Les
Cubains croient qu'il s'agit du colonel Emilio Nfiez.


TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
ledessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.
Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.

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secret. C'est grace aux Pastilles
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