Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 8, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00067
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincet-de-Paul e Anne A P--- 8 Avril Une anne, payable d'avance... 20 fr. 2 fr.
SAnne PAR 8 Avril Un semestre, id. id. ... fr. 11.50
1 Un trimstre, id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe": REPC'UBAI NE A L'TRANGER
--- 'PAIRAIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance........... 25 fr.
Un semestre, id. id. ............. 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


UN JUST APPEL

A Madame Sverine.

ous quelque aspect qu'on le re-
garde, ce temps, vritablement, est
abject. Le Veau d'or lche prement
les rchis des maitres d'Empire, -
banquiers et rois; et l'on vient
de le revoir fientant dans le Vati-
can, ce fanal des vieux espoirs
Une trombe d'immondices a pass au-dessus des
Sodomes et des Gomorrhes. De l'Orient au Ponant,
les Etats se sont levs pour la croisade rebours, -
contre l'opprim. Et vos heures sont loin, Mavro-
cordato, Byron, Chateaubriand; voyez, c'est
maintenant la venue de Troppmann-Jocrisse, de
Cartouche-Pantalon.
Il y a en France des gens qui se disent les manda-
taires du Sanglant Crucifi du Golgotha Il y a des
vques, attards des tches vaines, et pas un n'a
boug, ri'a parl en faveur des chrtiens de l'Ar-
mnie. Celui-ci qui se dit le matre de voustous,
mercantis, Joachim Pecci, le matre supreme, est
rest, lui aussi, sans voix. Ce pape veut se refaire ,
Sixte-Qitint !
Les quotidiens, avec les flottes, partirent en guerre
et lourent la force.. En ces temps de Courtille, on
blagua Lonidas; on jugea le Parthnon telle qu'une
case vaine, aprs la venue des actuelles architec-
tures; et, pour dfendre ta- banque, et la jeur,
Abdul Hamid, ils se firent sans dgot eunuques,
bostangis, les publicistes de cette Rpublique.
Seule, Madame, avec quelques-uns, vous avez,
sous toutes les forms littraires, longuement parl
des crimes de l'infatigable Sultan rouge..Vous n'avez
pas song louer 1' nergique attitude des puis-
sances se divertissant au bombardment de la Cane;
et vous l'avez bellement exprim les explica-
tions des quotidiens franais-ottomans ne vous satis-
font point.
Le got des ventures hroques est loin; on est
pratique maintenant. Avant tout, il s'agit de ne
pas se compromettre, et l'on coute en souriant les
nouvelles de la guerre. Le procd est, au reste,
simple; on regarded d'o vient l'argent, et l'on se
repait gueule-que-veux-tu !
Cuba et la Crte !.On a montr, sans computer les
mots, la lutte similaire, leurs regards fixs mme-
ment vers l'horizon de lumire. Matres divers, gale
servitude. Ici, assassinats pour des motifs de reli-
gion, l-bas assassinats pour la toute certitude des
pillages. Les deux miles se dbattent devant les loges
fleuries des Etats, au spectacle.
Ici des affams, l-bas des blesss, que nulle Croix-
Rouge ne secourt. 11 ne peut rien tre tent contre
le blocus ; mais pour les blesss de Cuba une sous-
cription est ouverte; et c'est en faveur de ces der-
niers que je viens, Madame, demander aujourd'hui,
votre appui.
Ecrire pour Cuba dans des quotidiens de la
Ville libre ? Non, cela est tche impossible; ja-
mais les caisses des Ambassades ne furent mieux
dfendues par Cerbres doubles et triples ran-
ges de crocs. Mais, ce journal, Madame, La


Rpublique Cubaine, vos ouvre ses colonnes,
vous laisse juge du bon combat qui pourrait tre
men pour les blesss de Cuba, contre la barbarie du
polmarque Weyler.
Car il est just, semble-t-il, qu'au nombre formi-
dable des soudards d'Ibrie soit oppos l plus
grand nombre possible de Cubains, les valides et
les blesss; ceux que l'on aura remis debout
encore, grce d'humains secours, pour les
rudes galops des batailles de Cuba Libre.




-"-------* ~-------'

EN BELGIQUE


L'infatigable et dvou dlgu de notre gouver-
nement en Belgique, M. Pedro Herrera, ne laisse
pas passer de semaines sans lutter de faon efficace
pour le triomphe de la cause cubaine.


gNous recevons aujourd'hui avis de la mmorable
conference qu'il a donne la Socit Gnrale des
Etudiants Libraux.
En dcrivant la march de l'arme rvolution-
naire travers l'ile antilienne, les siges et les irr-
sistibles chevauches des cavaliers cubains, l'ora-
teur a obtenu un succs considerable, couronn par
- d'enthousiastes applaudissements quand fut dploy
dans la salle le drapeau cubain.
Nous adressons avec grande joie nos plus vifs


remerciments au people berge et particulirement
aux membres de la Socit Gnrale des Etudiants
Libraux.
Voici au reste en quels terms le Journal de Gand
apprcie cette conference :

M. Pedro Herrera, dlgu provisoire.du gou-
vernement de Cuba, membre du Parti Rvolution-
naire Cubain, a donn hier soir une trs intressante
conference aux membres de la Socit Gnrale des
Etudiants Libraux.

M. P. Herrera connait la question cubaine
fond, il l'a prouv hier soir. Aprs avoir expos suc-
cinctement les causes de la Rvolution, il a parl des
maux supports par les insurgs, de la tatique
espagnole et des vnements principaux de la Rvo-
lution. Aprs avoir fltri les procds malhonntes
don'tt se sert l'Espagne dans-cette lutte de l libert
contre la soumission, M. Herrera, qui parle trs
couramment et agrablement, a engag tous ses
camarades tudiants participer dans la measure de


leurs moyens larussite de la cause noble et-juste
des insurgs cubains.
Un tudiant espagnol qui assistant la conf-
rence a pris la parole ensuite pour dfendre l'Espa-
gne, ce qui a soulev une discussion-des plus
animes.


I1 L'IT.ALIE POUR C'I-A\ LIBRE
TERRIBLE COUPS DE MACHETE
UNE RPONSE DU DR. BETANCES

La cause cubaine gagne tous les jours du terrain
non seulement dans les centres populaires ou dans
certain groups politiques, mais aussi dans les
sphres officielles. Le tlgramme suivant, adress.
notre respectable dlgu Paris, M. le Dr. Betances.
par le maire de Penne (Italie), en est la preuve :
P. Penne, 4 Avril 1897.
Le people pennais runi au thtre communal de
cette glorieuse ville de martyrs dela tyrannie des Bour-
bons, admirant dans une conference touchante du
Dr. Falco les douleurs horribles et les efforts
hroques de notre noble pays, envoie l'expression
de son ardente sympathie et tous ses souhaits pour
le triomphe rapide des insurgs'.
: . Lopardi, maire.
Nous ne pouvons rpondre ces souhaits qu'en
envoyant au digne le maire et la population de
Penne, l'expression de la reconnaissance pro-
fonde des dfenseurs de l'indpendance cubaine.

Pendant que Valeriano et Canovas chantent sur
tous les tons la pacification de Cuba, notre arme
ne cesse d'attaquer les Espagnols' et de leur infliger
des dfaites. Elle vient de leur en faire essuyer deux
nouvelles, don't l'importance n'a chapp per-
sonne, malgr le soin mis par les fabricants de tl-
grammes officials dissimuler comme toujours la
vrit.
La premiere de ces rencontres glorieuses pour nos
troupes a eu lieu Baracoa (i). La troisime com-
pagnie du bataillon de San Quintin, commande par
le capitaine Ruiz Carmona,-a t mise en pices
coups de machete par les forces cubaines comman-
des par le chef bien connu, Baidomero Acosta. Le
mme jour un autre combat aussi aoharn a eu lieu
Aguacate (2), mme dsastre pour les Espagnols.
To.us les homes tus ou blesss l'ont t l'arme
blanche. On voit comment est pacifie la province
de La Havane.

Le gouvernement espagnol essaie naturellement
de tirer le plus grand parti possible de la prise du
gnral Rius Rivera. Il essaie de faire circuler la gro-
tesque nouvelle que le gnral Mximo Gmez est
dispos ngocier pour obtenir la paix, condition
que Rius Rivera sera amnisti.
En rponse cet ignoble mensonge, M. le doc-
teur Betances veut bien nous envoyer la communi-
cation suivante :
D'aprs un tlgramme de New-York, je puis
affirmer que la nouvelle des propositions de sou-
mission de MNximo Gmez, si l'on met en libert
les chefs insurgs, est absolument fausse.
Calixto Garcia a 250 prisonniers espagnols, offi-
ciers et soldats, qui rpondent de la vie de Rius Ri-
vera, le chef rvolutionnaire captur.
Voil comment le gnral Maximo Gmez a l'in-
tention de traiter avec les Espagnols.

(i) Baracoa. Ne doit pas tre confondu avec la
la province qui former l'extrmit orientale de l'le. 11
s'agit du faubourg rural de Baracoa, appartenant au
terme municipal de Bauta, province de La Havane,
avec un petit port 17 kilomtres l'Est de Mariel,
N. de la R.
(2) Aguacate. Terme municipal de la province
de La Havane, 62 kilomtres de cette capital. -
N. de la R.

*


Le gnral Rius Rivera


. l'i -, 4 .








8 AVRIL 1897.


POUR LES BLESSES UBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR



\^ C^^ n^


time Liste.

Un, admirateur de CGnovas............
- r. Charles Hogg ...... .. .. .......
NM r. Victor Albert.....................
M'" Manolita ............... ..... :.....
Mr. Paul Lot .................. ..
Mr. A. H.] ............................
Mr. J. Mna, avocat, Nancy..... ......
Mr. Pablito ......................
Mr. P. F. ..........................

Total.................
Total antrieur........


Francs.
2.00
0.50
o.5o
0.50
o.50
I. OO
5.00
..5o
6.3o

17.80
984.55


Total gnral......... I.oo2 35

Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, o2, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
lIs prnoms,.les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les lists que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.




LE GNRAL RIUS RIVER


La nouvelle que nous avons donne dans notre
dernier numro est malheureusement confirme. Le
gnral Juan Rius Rivera, chef des forces cubaines
de Pinar del Rio, a t fait prisonnier par les Espa-
gnols aprs avoir reu dans un combat acharn trois
blessures qui l'avaient mis dans l'impossibilit de se
mouvoir. Bien que nous ayons, dans La Rpubl'ique
Cubaine du i" octobre dernier, public le portrait
'de ce garal suivi de quelques courts notes bio-
graphiques, nos lecteurs nous saurons gr de leur
fournir des dtails.
Rius Rivera est n Mayagz (Porto-Rico) en
1847. Son pre tait colonel de l'arme espagnole et
originaire de Vendrell (Catalogne). Sa mre tait de
Porto-Rico. Il se rendit Barcelone o il tudia le
droit, disent les uns, les sciences, disent les autres.
.Lorsqu'en i868 la Rvolution clata, il passa New-
York et dbarqua Cuba avec l'expdition du vapeur
Anna, en 1870.
D'abord adjudant du gnral Inclin, puis secr-
taire du gnral Calixto Garcia, il commena plus
tard se distinguer dans les operations de la juridic-
tion de Holguin et dans celles de Las Villas, et par-,
ticulirement dans l'action du Cafetal Gondile, o
les Espagnols furent mis en droute sous les yeux
du gnral Jovellar. Rius Rivera revint en Orient. Il
s'y fit remarquer dans de nombreux et trs brillants
combats jusqu'au moment du Zanjn. Refusant
d'accepter le pacte propos par le gnral Martinez
Campos uni au gnral Maceo, Leyte Vidal et
autres, il quitta l'ile bord du vapeur de guerre es-
pagnol Fernando el Catlico qui le dbarqua la
Jamaque.
Revenu dans l'ile, il prend part au movement de
1879, rside quelque temps La Havane aprs l'chec
de cette tentative, puis dans diverse villes d'Am-
rique et d'Europe.
Fidle ses ides,il prend le commandement d'une
expedition important destine renforcer le gn-
ral Maceo et dbarque dans la province de Pinar del
Rio le 8 septembre de l'anne dernire et replace
l'infortun gnral dans le commandement en chef
des forces de cette province.
En ce qui concern le combat dans lequel il a t
bless et fait prisonnier, ce qu'il y a de certain jus-
qu' ce jour, c'est que le gnral Rius Rivera se
trouvait seul avec quelques hommes de son tat-
major, lorsque les Espagnols trs nombreux l'atta-
qurent et tirrent sur lui, non seulement des coups
de fusil, mais des coups de canon.
11 est certain que de cette faon seulement pouvait
tre fait prisonnier le chef cubain que les Espagnols
n'avaient jamais pu battre en tant de combats achar-
ns. Mais quelque plaisirqu'prouve l'Espagne tenir
en son pouvoir le gnral Rius Rivera, il est bon de
lui rappeler que l'absence de ce chef dans nos rangs
ne contribuera nullement mettre fin la Rvolu-
tion. Que les Espagnols n'oublient pas la dsillusion
qu'ils prouvrent l'occasion de la mort de Maceo.
Alors aussi ils avaient suppos que la guerre allait
finir et ils ne tardrent pas la voir continue avec
plus de vigueur. Il est certain qu'en Rius Rivera la
Revolution perd un chef d'importance; mais Maceo
comptait beaucoup plus que lui et les Espagnols
pourtant ne retirrent de sa mort aucun advantage.
Mais mme en supposant que la valeur des deux
chefs ait t gale, leur disparition ne saurait avoir
la moindre influence sur une guerre provoque par
la volont du people.


Les Espagnols n'ignorent pas que deux ans aprs
le dbut de la Rvolution de 1868, ils avaient dj
fait prisonniers et conduit au supplice des chefs im-
portants tels que les gnraux Pedro Figueredo,
Federico Cavada, Francisco Mufiz Rubalcava et
Goicouria, et l'insurrection dura huit anis encore.
Aujourd'hui, si nous considrons que l'Espagne a
mis deux ans pour s'emparer d'un seul chef de la
valeur de ceux que nous venons de citer, nous nous
demandons quelles esprances peut former le pays
de Don Quichotte.
En ce qui touche le sort rserv au bon patriote
portoricain, nombreux sont les bruits qui circulent.
Mais personnel n'ignore que les lois barbares de la
froce Espagne se prnoncent pour la mort. L'Es-
pagne estime, en effet, que les homes qui aiment
la libert et qui luttent pour elle mritent le dernier
supplice. C'est donc cela qu'attendent ceux qui con-
naissent l'Espagne et qui savent qu'ainsi moururent
Lpez, Pint, Estrampes, Pedro Cspedes, O'Ryan,
Bembeta et Jesus del Sol pour n'en citer point d'au-
tres. Mais si cette provision ne se ralise pas, si L'Es-
pagne respect la vie du gnial prisonnier, ce sera
tant mieux pour le gouvernement de la Pninsule.
Nous pourrons dire alors, qu'il commence com-
prendre que ce n'est ni par la force, ni en faisant
couler le sang qu'on mate la volont d'une race lut-
tant pour devenir libre.

------.^ ~~c--------

EN FAVEUR DE LA GRCE


Nous recevons avis d'une conference que donnera
le 8 avril prochain, salle Procope, M. Jean Svre, le
bon pote de Posies Humaines.
La Grce hroque, tel est le thme choisi
par le confrencier. Nul doute qu'il n'apporte au
service de cette cause sainte le solide clat de son
loquence et la sret de son rudition dpenss,
tant de fois dj, pour le plus grand profit des tches
libertaires.

-------* --*-----

FRANAIS, LISEZ


Nous croyons intressant de mettre sous les
yeux du public les lignes suivantes.
On lit dans l'Heraldo de Madrid :
Enfin la press ministrielle, aprs avoir rpt
cent fois pendant deux ans qu'e, pour affirmer la
souveraihet de I'Espagne sur ses colonies, nous de-
vrions sacrifier jusqu'au dernier adolescent et jusqu'
la dernire peseta, la press ministrielle, disons-
nous, a reu la consigne de fire volte-face et de
soutenir qu'on 'ne peut exiger du pays de nouveaux
et extnuants (extenuadores) sacrifices. Pour conci-
lier les bravades d'hier avec les lchets d'aujour-
d'hui on a recours ce sophisme que l'Espagne, te-
nue pouf faible, a dj, fait tout ce qu'elle devait
faire, et a rei, nqui; lI'etirrii.- et le respect des autres
nations.
Nous- :r'arrivons pas comprendre comment on
peut penseri et crire de telles choses. Le pays a
donn ses fils et le fruit de son pargne non pas ppur
des ostentations vaniteuses et des jactances de pou-
voir qui apparaissent contradictoires en regard de
l'exigut du rsultat obtenu; on a dit la nation
que si elle prtait nos gouvernants le concourse
demand par eux, nous toufferions la rebellion et
arriverions ensuite ce qu'elle ne pousst pas de
nouvelles branches, moyennant la rectification d'an-
ciennes et funestes erreurs.
Le pays crut comme nous que le sang rpandu et
l'argent dpens taient plus que suffisants pour
obtenir la pacification de Cuba; le pays, comme
nous, s'aperoit depuis quelques mois qu'il s'tait
tromp.
M. Cnovas a-t-il cru qu'avec 200,000 homes et
un milliard il terminerait la guerre de Cuba, ou ne
l'a-t-il pas cru ? S'il l'a cru, il n'est pas autoris
demander de nouveaux sacrifices; il n'est pas auto-
ris non plus demander l'absolution pour une
faute aussi grave que celle qui consiste avoir
puis le pays sans obtenir le moindre rsultat.
Il n'a pas cru cela; alors ou il esprait raliser de
nouveaux efforts, comptant sur la possibility de les
obtenir possibility don't il se montre aujourd'hui
dfiant ou bien il eut tort de ne pas dire franche-
ment et loyalement a, sa patrie qu'il y a des entre-
prises flatteuses pour l'honneur, mais irralisables
cause du manque de moyens appropris.
Quelle personnel sense pourrait songer dpenser
sa fortune et sa vie tablir les foundations d'une fa-
brique, sachant qu'il est impossible d'en profiter et
mme de la terminer...

Il est temps encore de demander au gouvernement
s'il pense que la champagne des Philippines a pour
unique objet, come il avoue maintenant qu'avait
la campagne de Cuba, de montrer au monde que
l'Espagne est capable de faire des sacrifices colos-
saux sachant qu'ils seront inefficaces...
Il serait douloureux, en effet, que le gouvernement,
dans quelques mois, vint nous dire au sujet des
Philippines ce qu'il nous dit maintenant au sujet de
Cuba :
Il faut voir si grce des influences politiques et


des transactions, nous russissons empcher la
ruine total de la patrie, puise dj par ses sacri-
fices antrieurs et incapable d'en faire de nouveaux;
ce qui a t fait n'a eu pour but que de montrer
aux autres nations de quels.efforts notre Espa-
gne est capable.
Ainsi parle le gouvernement espagnol. D'autre
part, nous lisons dans notre optimiste confrre
L'Eclair, du 27 mars :
M. Canovas a dit un journalist que la campa-
gne de Cuba touche sa fin.
Notre confrre de Paris pourrait bien dire
vrai... sans le vouloir; en tout cas, le public
franais pourra se ren'dre compete de la faon
don't il est renseign.



^-----^--

*-------o ^ ------


LE SORT DES INSTITUTEURS EN ESPAGUNE

Si la tauromachie fleurit de faon active en Ibrie,
mme aux temps les plus troubles du royaume; si
l'on dpense pour les jeux sanguinaires des plaas
de quoi lever de superbes monuments au savoir;
on ne trouve plus d'argent ni d'gards quand il s'agit
de rtribuer et de reconnaitre les services des institu-
teurs.
Il rsulte d'une statistique officielle que, sur 49
provinces, il en est sept seulement ayant rempli
leurs obligations vis--vis des infortuns maitres
d'cole; et, parmi ces sept provinces se trouvent
justement les trois provinces carlistes des Pyrnes.
Si nous relevons en mme temps les sommes dues
aux instituteurs primaires, on tfouve que la province
de Mlaga, entire autre, leur doit 1.134.376 pese-
tas; celle de Cuena prs d'un million; Grenada
780.000, etc., etc. Madrid mme ne peut arriver
payer rgulirement ses serviteurs, et il y en a qui
ne touchent que 400 pesetas par an. Il ne faut
donc pas s'tonner si sur loo habitants, 70 ne sa-
vent ni lire ni crire.
Par contre, les quotidiens de la noble Castille
mentionnent avec gloire que Guerrita a touch
370.000 pesetas; une autre fleur d'espada 200.000;
et la Gaceta Taurina mentionne avec dlices les for-
tunes diverse des gan'aderias les plus renommes.


LETTRES A PIERRE


Tu as parfaitement compris, mon cher Pierre, le
sens ironique de la fin de ma dernire lettre : l'esprit
le moins candide pourrait-il jamais ajouter foi une
promesse de Cnovas ? Tout pour lui se rduit la
ncessit de gouverner , en ayant recourse, sans le
moindre scrupule, aux expdients de toute sorte.
Il s'agit de vivre, il n'est question que de durer, et
comme c'est surtout en politique que la fin excuse
les moyens, le mensonge n'est pour lui que la main
courante banale du pont volantjet chaque instant
sur les difficults qui surgissent. Du reste, le men-
songe adroit, opportun, n'est-il pas l'essence mme
de la diplomatic? Tous les bommes politiques en
vivent, et c'est prcisment cette.aptitude continuelle
et cette facult ininterrompue qui me les rendent
curieux voir comme des btes exotiques ou des
clowns dsarticuls.
Lorsque, l'an dernier, Cnovas prit l'engagement
d'abandonner les Cubains leur destine si l'Insur-
rection n'tait pas dfinitivement vaincue au mois
de mai, il est certain qu'il se disait:
Avant l'affaire,
Le roi, l'ne ou moi nous mourrons.
Il est possible qu'il ne se soit pas tromp et que,
d'ici deux mois, la question Cubaine soit entre
dans la priode de la solution que nous attendons,
mais il est non moins possible qu' ce moment-l le
Monstre ait dgringol ou soit simplement descendu
sua sponte de son escabeau prsidentiel; alors,
n'aura-t-il pas beau jeu de se laver les mains'
des vnements, puisque sa retraite du pouvoir le
dgagera naturellement de sa parole, en lui tant le
souci de toute responsabilit ? O politique, ce- sont
bien l de tes coups !
C'est la lecture des journaux espagnols eux-
mmes qui nous montre le degr de turpitude et
d'abjection auquel la nation a t progressivement
abaisse; nos apprciations les plus justement sv-
res ne sont rien auprs des critiques aussi dsesp-
rment exposes que rigoureusement documentes
que nos collgues de l'autre ct des Pvrnes font
entendre chaque jour sur les procds gouverne-
mentaux actuels; ils ont beau crier: la ruine,-au
dsastre, rien n'y fait, la machine tourne toujours
grinante jusqu' la revolution finale En ce moment,
elle dvale en folie, roulant sur ses jantes, les pneus
crevs et sans action de frein possible, vers la pelle
supreme et l'crasement irrparable !
Je ne puis que hausser les paules, mon cher
Pierre, lorsqu'on me parle, comme d'un remde,
de l'arrive possible aux affairs du parti liberal.
D'abord: il n'y a plus d'affaires, pour la raison
qu'il n'y a plus d'argent; ensuite qu'y aurait-il de


change ? Une -tiquette officielle avec le personnel
budjtivore et voil tout. Sagasta, ptri dans le
carton-pte des plus plats pantins politiques, n'est
que la nullit principal, le premier larbin gouver-
nemental de la valetaille librale, entirement aux
ordres du Monstre.
Car, entendons-nous bien : qui veut dire: Espagne,
doit dire: Canovas.
Canovas est le seul cerveau qui pense, le seul
home qui dcide, le seul chef qui soit capable de
vouloir et de commander.
La revolution seule peut enfanter un tat nouveau.
Hlas mon cher Pierre, tu te demands s'il existed
en Espagne un noyau suffisant d'hommes libres,
foi puissante et dsintresse, dispos faire le
sacrifice de toutes leurs forces pour entreprendre et
soutenir la lutte centre les abus sculaires qui cau-
seqt la perte du pays ? Je veux croire qu'il en est
ainsi, mai; que peuvent les efforts de cette minority
malheureuse ? Rien, rien qu'un plus grand dsordre
et qu'un dsarroi plus complete, car l'Espagne n'est
pas mre pour la libert; elle est incapable de se-
gouverner elle-mme, l'esprit de son people y vivant
encore terrass dans la fange obscure des lgendes.
du moyen.ge et se mouvant peine sous le talon
dogmatique d'ducateurs clricaux !
'La Rpublique unitaire avec une administration
centralise ne produirait que des fruits maigres et.
tardifs, la seule Rpublique possible serait la
rigueur une Rpublique consulaire, c'est--dire la
dictature une ou plusieurs ttes, gouvernement.
rsolu, poigne, d'hommes purs et courageux,
voulant, au milieu de difficults considrables, con-
duire provisoirement !e pays avec fermet et avec
sagesse, tout en 'oprant chaque jour la seule rvo-.
lution effective, en travaillant cesse, par le livre et
les conferences publiques, la transformation des
esprits.
Et pourquoi, le seul gouvernement honnte et
pratique, en attendant l're des socits nouvelles
prvues par les penseurs et affirme par les philo-
sophes, pourquoi la Rpublique fdrale, prche
par le seul homme politique respectable de l'Espa-
gne, par le vnr vieillard Pi y Margall, ne serait-
elle pas constitute ?
Pourquoi ? Parce que les Catalans, nos frres.
d'Espagne, tiennent encore la boutique castillane
o se vendent (chrement) les titres nobiliaires et les
plaques dcoratives; parce, qu'emports eux aussi
dans le torrent d'impuret qui circle dans la mre-
patrie, ils n'ont pas manqu d'y perdre peu peu
le culte des souvenirs de leuir histoire et la rigueur
de leur ancienne fiert.....
Si la Catalogne donnait le signal, avant longtemps.
la Rpublique fdrale serait un fait en Espagne.
Mais..... Il n'y a plus, dit-on, que des Espagnols
en Catalogue; les Catalans d'autrefois se rduisent
quelques catalanistes, simples dilettantes, rsu-
mant, dans des tendances purement artistiques et
littraires, les souvenirs et les aspirations d'autre-
fois....
Fils de Jaime! Je vous ai vus, homes consid-
rablps par vos qualits natives et vos mrites acquis,
faire longuement antichambre dans les palais de
Castille, regards avec mpris par la valetaille minis-
trielle, don't les gallons dfraichis trainaient sur les
plateaux douteux de leurs refrescos, pendant qu'ils
se complaisaient diriger vers votre visage la fume
corrompue de leurs cigarettes !
Catalans C'est payer cher Castille le clinquant
qu'elle vous done.
Fils de Jaime, rveillez-vous!


-^ c-


21 mars 1897.


L'UVRE CONOMIQUE

DE L'ESPAGNE A CUBA


(Suite)
Non content de grever le produit d'une charge su-
prieure son prix courant et, par suite, de res-
treindre la demand, car la consommation diminue
au fur et measure que le prix augmente, le gouver-
nement interdisait l'exportation sous pavilion tran-
ger et en assurait au pavilion national le monopole,
don't on pouvait abuser d'autant plus facilement que
la marine marchande espagnole tant dchue et peu
nombreuse, aucune concurrence n'existait entire les
armateurs qui imposaient chacun leurs conditions et
fixaient le course du frt qui leur paraissait conve-
nable, sans qu'il ft possible de combattre leurs exi-
gences ou d'amoindrir leurs exactions. Tout cela,
indpendamment de l'impt direct, pesait sur le pro-
ducteur cubain. On attendait de lui qu'avec une in-
dustrie naissante, non seulement il fournit les res-
sources suffisantes pour couvrir les dpenses exorbi-
tantes du gouvernement de la colonie et satisfaire la
rapacit des employs, mais encore qu'il tirt d'af-
faires le Trsor de la mre patrie et alimentt ses ar-
mateurs incapables de rsister la concurrence des
autres pays. Et, bien que l'impt sur le tabac, qui
avait pour base la production cubaine, ft le plus
productif de tous ceux sur lesquels comptaient les


~Pi~iai uumu9ane


8 AVRIL 1897.






8 AVRIL 1897.


finances espagnoles puisqu'il s'levait au cinquime
du total de tous les autres, que fit le gouvernement
pour favoriser l'agriculteur cubain, pourfaciliter l'ex-
tension de la culture? Rien, absolument rien. Voici
comment, plusieurs annes plus tard, en 1866, s'ex-
primaient les envoys la Junta de Informacion
sur les rformes Cuba et Porto-Rico, dans un
rapport sign par des Cubains et des pninsulaires :
Le territoire prcieux de Nouvelle-Philippine,
qui a acquis une reputation universelle sous le nom
de Vuelta Abajo, se troupe encore dans la situation
la'plus dfavorable qui se puisse imaginer. Au lieu
de voir habit quelqu'un des ports de facile accs
don't la nature l'a favoris, il est oblig d'aller cher-
cher celui don't on le force se servir exclusivement
et d'oprer ses transports dos de mulet, aucun
chemin et aucun pont ne permettant de les faire
d'autre manire...
De sorte que nul commerce stable n'existant qui
soit de nature fournir aux habitants de cette fertile
region les articles ncessaires leur consommation,
ils se voient soumis la plus pouvantable usure, et
sont exploits par des spculateurs de bas tage qui
leur prtent un taux horrible ce qui leur est nces-
saire pour se nourrir et se vtir. Et comme, d'autre
part, ils se heurtent aux mmes difficults pour
transporter leurs products au march, ils sont ga-
lement victims des quelques individus qui se con-
sacrent ce traffic. La grande distance du port d'ex-
portation, les autres difficults sus mentionnes, les
frais de tant de charges et de dcharges, les commis-
sions, etc., ne permettent pas que leur speculation
soit lucrative. Elle est au contraire coteuse pour le
producteur grce la situation qui lui est faite, alors
qu'il lui faut traverser des rivires fort dangereuses
si l'on en juge par les nombreux accidents qui se
produisent.
Si la supriorit du tabac cubain sur tous les autres
tabacs du monde n'tait pas aussi connue et extraor-
dinaire, il y aurait longtemps que sa culture aurait
disparu compltement. Le gouvernement espagnol,
en effet, qui avait commenc par lui former le mar-
ch de la Pninsule, n'a pas fait un seul effort pour
lui assurer une plus grande consommation l'tran-
ger. Regardant au contraire avec une supreme indif-
frence la quasi exclusion de niarchs aussi impor-
tants que les Etats-Unis et l'Argentine, il a contribu,
par sa politique malhonnte et stupid, au dvelop-
pement de la fabrication dans ces deux pays et par
suite son amoindrissement Cuba. Que peut-on
attendre d'un gouvernement qui n'est seulement pas
capable de dfendre et de protger ce qui le fait vivre
et comment qualifier tant d'incurie et de paresse
unies une exploitation sans bornes de ces intrts
qu'on nglige et qu'on abandonne?
Il n'y a rien d'tonnant aprs cela ce que les
cultivateurs de tabac Cuba soient endetts au su-
prme degr et ce que les dettes transmises de
pre en fils, loin de diminuer, aient augment chaque
jour. Le gouvernement qui, au dbut, leur confis-
quait une parties de leur rcolte et qui les frappait
bientt d'impts exhorbitants, qui leur refusait les
faqilits de communications.et de transports et qui
les empchait de se les procurer, qui ngligeait la
defense du produit sur les marchs consommateurs,
alors qu'il pouvait et devait-la tenter, qui n'entendait
pas ou qui ddaignait les plaintes autorises et les
demands de remdes au mal, ce gouvernement fut
aussi celui qui donna naissance l'tre parasite qui,
depuis de longues annes, s'alimente et s'engraisse
du sang du cultivateur cubain : le dtaillant espa-
gnol. Rduit ou peu prs la condition de serf,
cras par les dettes qui augmentent rapidement
parce qu'il doit payer des prix excessivement le-
vs tout ce qu'il consomme et qu'il s'eflorcerait vai-
nement de solder parce que l'intrt de 18 ou de 24
pour cent annuel augmente du double tous les trois
ou cinq ans, le malheureux cultivateur de tabac,
pour rendre son existence supportable, se laisse aller
l'imprvoyance et l'abandon de soi-mme. Pour
lui l'conomie n'a point d'objet et l'pargne de motif.
Convaincu qu'aucun effort ne modifierait son triste
sort, pourquoi se proccuperait-il de l'avenir? Pour-
quoi lutterait-il contre ses fantasies? Pourquoi s'im-
poserait-il des privations? A ce lamentable tat il a
t rduit par le gouvernement espagnol et par son
coadjuteur le dtaillant pninsulaire; il n'en sortira
que lorsque la libert, le droit et la justice ne seront
plus Cuba des paroles vides de sens et lorsqu'un
gouvernement prvoyant et attentif assurer le bien-
tre et le'bonheur des gouverns, lui offrira ce don't
il a tant besoin : des voies faciles de communication
et de transport, les moyens d'obtenir un taux qui-
table les capitaux qui lui sont ncessaires, la rcom-
pense de ses privations et un stimulant l'pargne.
Passons maintenant d'autres considerations :
Longtemps aprs le commencement du xix' sicle,
on n'avait pas en Espagne la moindre ide de la trs
grande importance de l'lle. Dans l'esprit des em-
ploys et mme des hauts fonctionnaires du gou-
vernement, les noms de Cuba et de La Havane
taient confondus. Ils prenaient souvent l'ile pour la
capital et la capital pour l'ile. L'usage tendu du
tbac avait familiaris le people avec le nom de La
Havane; mais ce nom mme, pour la grande majo-
rit, ne signifiait rien d'autre qu'un lieu quelconque,
l-bas, en Amrique, qui servait d'escale aux navires
raversant l'Ocan. A cette poque les pninsulaires


qui venaient Cuba rentraient rarement dans la P-
ninsule et le people n'avait personnel pour le rensei-
gner sur cette terre o se produisait la feuille qui
tant le dlectait.
Dans le dictionnaire des Finances public en 1827
par l'homme d'Etat espagnol bien connu, don Jos
Canga Aigeyes, l'article Cuba et Porto-Rico ne con-
tient que ce qui suit : Etendue, 4,430 lieues car-
res; population, 800,000 habitants. tandis que
l'article Havane ne donne que la population en 1817,
ls navires entrs et sortis en 1802 et i8o3, le vin, le
vinaigre, l'eau-de-vie, la farine et les ngres imports
pendant ces deux annes, les caisses de sucre expor-
tes, un tat des recettes en I8o3 et quatre lignes
donnant le montant en argent de l'exportation et.de
l'importation en 1816 et. 823. Si c'tait l tout ce
qu'on disait de Cuba en une ceuvre spciale destine
aux fonctionnaires charges de la direction- supreme
des finances espagnoles, que devait-on en dire dans
des ceuvres de prtention moindre? Nous allons, le
voir, bien que lgrement.
Dans le Diccionario Terico, Prctico, Hist-
rico y Geogrdfico del Comercio, de don Jaime
Boy, ceuvre en 4 volumes in-4 de 8oo pages chacun,
publie en 1840 sous les auspices de la M. 1. Junta
de Commerce de Barcelone, il est dit que la longueur
total de l'ile est d'environ 210 lieues, soit une er-
reur de 70 miles en moins, et le dictionnaire ajoute :
Une longue chain de montagnes la divise pres-
que en deux parties : de ces montagnes descendent
de nombreux rios qui charrient un or trs fin entire
les cailloux, ce qui indique, sans aucun doute, des
mines de ce mtal; mais jusqu' ce jour ces mines
n'ont pas t exploites, pas plus que cells d'argent
et de cuivre qu'on suppose situes trois lieues de
Santiago.
Au pied des montagnes s'tendent de vastes
prairies que les naturels dsignent sous le nom de
savanes, dans lesquelles on lve une quantit in-
nombrable' de troupeaux domestiques et savages,
don't tes peaux forment une des principles richesses
de l'ile, car elles sont les plus estimes de toutes
celles qu'on export des Indes occidentales. Les autres
products de Cuba, aprs les peaux, sont le sucre, le
caf, le tabac, le suif, les confitures, le gingembre, la
casse, la gomme, l'alos, la salsepareille et de nom-
breuses carapaces de tortues qui, au moment de la
ponte, viennent dposer leurs oufs terre sur les
petites iles qu'on appelle le Jardin de la Reine, et
qui se trouvent trs rappproches des cts de la
grande le.
Les meilleures peaux viennent de Puerto Prin-
cipe, et le meilleur tabac de la petite ville de Tri-
nidad et celle de Espiritu Sancto.
Le plus grand commerce de toutes ces marchandi-
ses se fait La Havane, dans le port de Palma, Bara.c-
oa, Puerto Escondido, Trinidad, et particulirement
Santiago de Cuba o vont les navires des Canaries
qui les changent contre leurs vins et autres articles
du pays.
L'auteur de l'histoire philosophique des deux
Indes dit que cette le est le dpt d'un grand com-
merce et il la considre comme le boulevard du Nou-
veau-Monde. Le coton est l'article qui devrait, natu-
rellerent se multiplier le plus, puisqu' l'poque
de la conqute cet arbuste tait connu. Sa conser-
vation exigeait peu de frais, peu d'industrie et peu
de bras, et la scheresse d'une grande parties du
terrain le rendait singulirement propre cet
usage.
II semble incroyable que cela ait pu tre crit en
Espagne, en 1840, par un spcialiste en la matire
et sous les auspices de la Junta de Commerce d'un
des ports les plus important de la Pninsule. Indi-
quer les cuirs comme le principal article'd'exporta-
tion de l'ile et citer spcialement les carapaces de
torture qui n'ont jamais figure que come une petite
et insignifiante industries, lorsque dj on extrayait
annuellement de Cuba 15o,ooo tonnes de sucre,
14o,ooo pots de miel, io,ooo barriques d'eau-de-vie
et 5oo,ooo quintaux de caf, ne peut que provoquer
le rire. Qu'on ajoute la designation de Palma, Puer-
to Escondido et Baracoa comme les grands ports
commerciaux de l'ile, et on compltera le tableau de
l'extravagante ignorance qui rgnait en Espagne
relativement aux choses de la colonie. Mme si les
hommes d'Etat espagnols s'taient toujours distin-
gus par leurs grades connaissances et par leur
rare habilet dans l'administration et dans le manie-
ment des choses de leur resort, il n'tait pas pos-
sible qu'ignorant presque compltement les condi-
tions et les besoins de l'ile, ils fussent capable de la
gouverner mme avec un succs relatif. Et lorsqu'on
se rappelle que si ces hommes d'Etat se sont signals
en tous les temps, c'est surtout par leur ignorance
crasse et leur extraordinaire inaptitude, on com-
prendra, sans qu'il soit ncessaire d'entrer en de
grands dtails, ce qu'a d souffrir Cuba sous leur
empirique, absurde et stupid administration.
(A suivre.)


DZIM'! BOUM! BOUM!


La grosse caisse espagnole prcde le boniment.
Ses sons chantent la victoire sur les tons les plus
.levs, mais Dieu que la note est fausse !
Une colonne de Weyler a rencontr sur sa route
un crottin de cheval qui s'est transform, aux yeux
des fils de Don Quichotte, en campement du gnral
en chef de l'arme cubaine.
On en dduit, avec une rapidit qui fait honneur
l'imagination espagnole, que le gnral insurg est en
fuite, ses troupes en dbandade, et que l'arme espa-
gnole est victorieuse sur toute la ligne. Elle aurait
mme extermin les microbes de la fivre jaune.
Canovas a dclar un journalist que la cam-
pagne de Cuba touchait sa fin.
De quelle faon?
L'Espagne se dcide-t-elle reconnatre l'indpen-
dance de la grande Antille ?
Est-elle rsolue rappeler ses troupes ?
Il est absurde de dduire la soumission de 40,000
insurgs de ce que 16 d'entre eux se soient rendus.
Si ce fait tait un argument, l'anantissement de
l'arme espagnole serait prouv depuis longtemps
par la dsertion d'un grand nombre de ses soldats.
En considrant la quantit d'hommes, d'armes et
de munitions que l'Espagne a embarqus pour Cuba,
on se demand comment les Cubains, mis hors les
lois de la guerre, peuvent lutter contre de pareilles
forces: on en conclut que le patriotism et l'abnga-
tion de l'arme cubaine sont dans toute leur inten-
sit, et il est absolument inadmissible de croire sa
reddition.
Tout, au contraire, fait penser son succs.
La dure de la guerre qui lui a permis de s'orga-.
niser et qui a dcid les irrsolus entrer dans les
rangs des insurgs.
Les correspondances des journaux impartiaux qui
dmentent la pacification annonce de certaines
provinces.
L'esprit de la population entirement favorable
la Revolution.
Polavieja, de son ct, a dfinitivement battu l'in-
surrection des Philippines. Les rvolts sont rduits
en poussire..... impalpable. Malgr.ses succs cons-
tants et absolus, le gnral espagnol demand -des
renforts. Comme tout cela parait logique.
Nous entendrons, sous peu, le boniment qui sera
un appel vos bourses,,chers lecteurs.
Bien que Canovas ait annonc, il y a peu de jours,
n'avoir besoin d'aucun credit, les caisses sont
vides et le deficit occasionn par la Rvolution Cu-
baine se chiffre par des centaines de millions.
Un emprunt est indispensable. Serrez les cordons
de vos bourses.


1 %


Avant tout, j'ai un devoir remplir. Je fais mes
excuses L'Eclair, que j'ai tant soit peu plaisant
au sujet de son tlgramme disant que : l'insurrec-
tion cubaine touche sa fin .
Ce fameux tlgramme tait bien du 27 mars,
Sainsi que je le disais, mais du 27 mars 1895.
J'espre que notre confrre sera satisfait de cette
peite rectification.


Maintenant, que j'ai la conscience tranquille: en
avant !
On tlgraphie de La Havane El Imparcial:
La situation conomique a empir et la crise
montaire est de jour en jour plus grave:
L'Etat doit pour les les frais courants environ
3o millions de pesos (150 millions de francs). Il vient
de payer les dpenses correspondantes no-
vembre .
Il est plutt gn, ce que l'on voit, l'Etat espa-
gnol, mais il compete sur l'argent des capitalistes
franais soigneusement... travaills par les reptiles
.la solde de Canovas.


Du mme tlgramme... et ddi aux mmes rep-
tiles:
L'esprit public est abattu. Les incendies con-
tinuent dans les campagnes, anantissant la pro-
chaine rcolte .

L
Du Heraldo de Madrid, touchant la fiert castil-
lane: .
Il y a plusieurs jours que nos correspondents
nous transmettent des cablegramms au sujet du
retour de quelques vailli'ts fficiers de l'arme, les-


quels ont t vainqueurs sur le champ de bataille
mais sont.: antipathiques. au gouvernement des
Etats- Un is '. ..
Dcidment, la capital actuelle de l'Espagne c'est
Washington.
Rodrigue as-tu du cour?
Non, ma's, 'ai une de ces frousses!!


Toujours d'aprs l'Heraldo, parmi ces vainqueurs
antipathiques l'Oncle Sain figure M. Fondes-
viela, l'assassin du docteur Ruiz.
Que voulez-vous ? Les Amricains ne peuvenit pas
sentir les assassins, confrre.


Sur la pacification; tlgramme du Liberal da
Madrid:
Le gnral Weyler oprera d'abord au nord de
la Trocha (de Jcaro Morn) et peut-tre aussi
(il n'est pas bien fix le Weyler) sur la 7'rocha elle-
mme, jusqu' ce qu'il oblige Mximo Gmez se
battre ou reculer en prient.
Ensuite il oprera Cienfuegos, puis il dirigera
personnellement les operations dans la province de
La Havane.
Il est vraimeit inconceivable que les bandes
continent dans cette dernire province-sur les
mmes points qu'elles occupaient il y a un an
et demi.
Voil la pacification de Cuba, messieurs de
L'Eclair, du Figaro, des Dbats, etc.


Pour qu'on ne m'accuse pas de puiser mon passi-
misme dans un journal faisant de l'opposition au
sieur Canovas, je ferai remarquer au lecteur que j'ai
dj cit trois journaux espagnols (Liberal, Heraldo,
Imparcial) appartenant des opinions diffrentes.


La vracit castillane, d'aprs le Heraldo de Ma-
drid:
Le mois dernier, les informations officielles nous
apprenaient la mort du marquis de Santa Lucia, et
au commencement de mars elles enterraient Mximo
Gmez.
Aujourd'hui, le correspondent de El Liberal con-
firme nos informations en assurant qu'il a la preuve
que le marquis de Santa Lucia est vivant, et tous les
correspondents sont d'accord pour dire que Mximo
Gmez est toujours sur le territoire de Las Villas .


A tout cela nous n'aurons pas la peine de faire de
commentaires, nous les trouvons tout faits dans
le Heraldo :
Maintenant elles peuvent pleuvoir les rectifica-
tions officielles de l'espce de celles qui sont tou-
jours dmenties immdiatement par les faits.
Que pourrions-nous ajouter ?


iMais l'on. revient toujours ses premires....
guerrillas. Savez-vous comment L'Eclair a an-
nonc ses lecteurs que Rius Rivera, frapp de trois
balles, a t fait prisonnier avec deux de ses adju-
dants, galement blesss ? Lisez :
Une rencontre assez important a eu lieu Rio
Hondo (province 'de Pinar del Rio). Le cabecilla
Rius Rivera, le successeur de Maceo, a t fait pri-
sonnier avec son tat-major.
N'est-ce pas que a sent l'indpendance plein
nez?


Et notre impayable confrre fait suivre cette nou-
velle manifestation de son absolue indpendance
des apprciations suivantes :
Les tlgrammes de source amricaine avaient
rpt que Rius Rivera tait fortement retranch dans
les montagnes, la tte de plusieurs milliers de re-
belles qui n'existaient que dans l'imagination des
nouvellistes.
Nous allons, confrre, vous mettre les points -
je veux dire les points sur les i.
Ce qui navait exist que dans l'imagination des
nouvellistes, c'est la pacification de la province de
,Pinar del Rio, dans laquelle les dpches officielles,
signes Weyler, signalent, tous les jours des com-
bats.
Vous rendez donc des points ,vWeyler, dit Mon-
sieur de La Havane, confrre absolument ind-
pendant .
---- ^ "-----

CHIFFRES LOQUENTS


Le Temps du 3 mars :
Les flibustiers, quel cauchemar! de Hong-
Kong prparent un envoi d'armes aux Philippines.
Le ministry de la guerre (d'Espagne) en cas de be-
soin, peut mettre sur le pied de guerre 20,000
homes arms de fusils .\Maser.
Paroles et chiffres de poids.
Le Temps du 5 mars :
On attribue une grande importance au conseil
des ministres qui s'est occup hier du project relatif
l'envoi de 15,000 hommes aux Philippines.
Le ministry de la guerre les tient prts au cas


Li~ep~e C~P~ne- ,






8 AVRIL 1897.


o le gnral Polavieja aurait besoin d'eux si les re-
belles, aprs la prise de Cavite, se fractionnent et
continent la lutte.
Influence du climate. Deux jours ont suffi pour
fair diminuer les chiffres!
Le Temps' du I3 mars :
On announce .la"publication, .dans un journal:
official trs li avec le gnral Weyler, d'un article
'dans lequel on conseille l'envoi ;aux Philippines de
10,000 homes pris sur l'arme de la'Grande:.
Antille o l'insurrection a perdu beaucoup 'de ionn
importance.
:Les chiffres ontfdiminu de" moiti.
Le Temps du I5 mars :
Le gouvernement ayant annonc qu'il accepte-
rait l'engagement'de 6,000 volontaires de la.pnin-
sule pour renforcer l'arme des Philippines, ce chif-
fre a t rapidement dpass.
La maigreur croissante des chiffres inspire des in-
quitudes.
El Imparcial du II mars:
-< Le nombre des volontaires sera de 6,000 pour
Cuba et d'autant pour les Philippines; la moiti
s'embarqueront dans un dlai de trente jours (!) et
l'aItre moiti trente jours plus.tard. (!!)
Mettons 3,000. C'est dj le marasme.
El Imparcial, I5 mars :
En ce moment naviguent pour cet archipel (Phi-
lippines) 750 volontaires qui vont remplir des vides
(il ne s'agit plus de renforts). Le 25, 3oo.ou40oo au-
tres volontaires s'embarqueront Barcelone ainsi
que 900 hommes de l'infanterie de marine,'en tout
2,000 hommes.
Si de ces 2,000 hommes on dduit les 750 iem-
plaants nous aurons 1,250 hommes.
Comime on le voit, l'es chiffres sont arrivss au der-
nier degr de l'affaissement. '
,\Abi:lui'leht co:mmrrn s'ils laient s':.is la trule ps-
lei rielle de \\' \ ler.
20,0 00
15,00oo
10, O0 0
6,000
3,000
2,000
1,250
Une dbcle!
Commencer par dire qu'on dispose de 20,000 hom-
mes tout prts dans le cas o le gnral Polavieja en
aurait besoin et, lorsque ce besoin devient imp-
rieux, dgi-ingoler jusqu' I,250, c'est raide!
Ou il manque des hommes ou c'est Polavieja qui
tait de trop.'
SLe Baclelietr Lunettes.



LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

Revue des Revues:, Et come si la measure
n'tait pas pleine, des nouvelles non moins doulou-
reuses ne cessent de nous arriver de Cuba, o les
victims de la cruaut espagnole se competent dj
par centaines, par milliers, o tout un pays se
trouve en feu depuis des annes et o tout un people
se meurt, victim d'une lutte aussi.hroque qu'in-
gale. Personne n'lve la voix en faveur de ces
pauvres martyrs des droits de l'homme.



REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 29. Dans une rencontre entire Cubains et
Espagnols Cabezadas, Rio Hondo, Pinar del Rio,
le chef cubain Rius Rivera a t fait prisonnier avec
son-chef d'tat-major.Bacallao. Tous deux ont t
blesss ainsi que le lieutenant Terry. Les Espagnols
Sont eu 26 hommes mis hors de combat, parmi les-
quels le lieutenant Wolgesoaffen. Rius Rivera a t
transport San Cristobal.
Dans une autre rencontre Vista Hermosa,
province de La Havane, les Espagnols ont eu six
hoimmes hors de combat, parmi lesquels le capitaine
Cullen.
Le gnral Weyler tait hier Cienfuegos.
Le gnral Rius Rivera a t grivement bless.
11 a reu trois balles. On lui prpare un jugement
sommaire.
Une rencontre srieuse a eu lieu dans la pro-
vince de Santa Clara.
On croit que M. Crosby, correspondent du
Chicago Record, qui se trouvait avec les insurgs
cubains, a t tu pendant la bataille d'Arroyo
Blanco, livre il v a quelques jours. La press am-
ricaine a demand des dtails ses correspondents.


Le docteur Luis, accus d'avoir pris part.
l'expdition du WVoodall, a t condamn , drJ-huit
mois de prison et 2,500 fr..d'amende. Le jie' A re-
pouss la demand d'ap'pel. .
Le president .M.c Kinley se propose de faire
partir un enivoy special Citba avec mission de
.participer l'enqute relative : la mort du docteur
-Ruiz,..qui aurait t assassin dans sa prison par des
officers espagnols. La vraie mission de cet ehvov
consistera tudier la .itUi'r.,.n .i1kule de lle, afin
d& permettie l'admnri trdt' n de choisir lia n,. de.
Cond'uite suivre l'gard de l'Espagne.
S'Du 3o. Plusieurs rencontres ont eu lieu' 'las
Villas.
On dit dans les cercles officials de Madrid que
le ministry des colonies a commenc prendre ses
dispositions pour mettre les rformes en vigueur
avant la fin d'avril, si la march des operations se
prsente sous un aspect favorable. Le gouvernement
a l'assurance que ni Weyler, ni le parti de l'Union
Constitutionnelle de Cuba, ni le group Romero Ro-
bledo ne s'opposeront un changement de poli-
tique.
Du 3i. Quinze dports politiques et vingt-huit
Ridfzigos partiront aujourd'hui de La'Havane.
Les Cubains commands par Castillo et Del-
gado se sont rencontrs avec les Espagnols Barreto.
Un tlgramme de source espagnole ne signal, du
c6t des Espagnols, que sept homes blesss et
seize chevaux tus.
M. Morgan a prsent au Snat une resolution
demandant au Prsident de dclarer s'il a reu une
lettre de Mximo Gmez et:de communiquer au S-
nat les nouvelles officielles qu'il pouvait avoir sur
Cuba.
Le Prsident Mac Kinley a dsign M. John
R. Day comme envoy special Cuba. M. Day est
un, ami,.intime di Prsident. Il.est charge de, re-
cueillir totes. les informations voulues sur la mort
du docteur Ruiz et de fire un rapport sur la situa-
tion actuelle de l'ile.


-M. Lee, consul gnral des Etats-Unis La
Havane, a tlgraphi Washington que M. Crosby,
Scorrespondant du Chicago Record, a t tu par une
balle perdue. M. Crosby tait n en. Angleterre. Il
avait t lve de l'Ecole Saint-Cy-r. :
Les amis du docteur Jos Luis esprent que
son affaire sera porte devant la Cou''fdfrale su-
prme pour vice de forme.
Dupuy de Lme a .tlgraphi au gnral
Ahumada, pour l'inviter faire, redhercher le corps
de M. Crosby et l'envoyer New-York .
Le Chicago Record croit que son correspon-
dant a t assassin'par les Espagnols pour avoir
signal les atrocits qu'ils commettent tous les jours.
Du i" Avril. Le gnral Julio Sanguily a t
nomm, en replacement du gnral Rius Rivera, au
commandement des forces cubaines de Pinar del Rio.
Le dpartement d'Etat de Washington n'a pris
aucune decision relativement'au replacement de
M. Lee et n'a pas encore accept sa dmission.
Des informations particulires font croire que
les Espagnols ont subi des pertes srieuses dans les
batailles qui ont eu lieu dans les provinces de Pinar
del Rio et de La Havane.
Le vapeur Dauntless a jet l'ancre dans le port
de Jacksonville. Il a renouvel sa demand relative
la dlivrance de ses papers de sortie qui lui ont t
refuss de nou-"eau jusqu' ce qu'il ait prouv qu'il
ne transportera aucune expedition Cuba.
M. Allen a prsent au Snat une resolution pro-
testant contre le conseil de guerre sommaire du g-
nral Rius Rivera.
La resolution prsente mardi au Snat et ten-
dant la communication de la correspondence
change entire Mximo G6mez, Cleveland et Mac
Kinley a t approuve.
M. Mo'rgan a prsent une nouvelle resolution
conjointe, demandant que la quality de hblligrants
soit reconnue aux deux parties en lutte Cuba.
Du 2. Dans le Message qu'il a lu hier l'occa-
sion du Congrs -mexicain, le president Diaz a.cit


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11 Un mois pour la France 'Ija ini:r 1897) ;
20 Deux mois pour l'Eui:L.rpte i janvier' et v1i'ir 1897);
30 Trois mois pour l'Aiiiijr'ilU (janvier, fvrier et niairs,).


Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse IV. l'Administrateur-Grant, 20,
Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


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NOTA. --L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection gratis.





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divers Mexicains qui ont t arrts pour avoir com-
battu dans les rangs cubains, et que les Espagnols
ont remis en libert sur la demand du consul,
condition qu'ils quitteraient l'ile. : .
Le gnral Sanguily est toujours New-Yoek.
Il dit qu'il restera aux Etats-Unis et' qu'il ira pit-
tre-en Floride pour soigner ses rhumatismes con-
tracts dans la prison de La Havane. '
::- Le"correspondant de:L'Evening-Sun Key-
'T~est, tlgraphie son journal que le gnral Rius
Rivera a t jug par un conseil de guerre et
qu'il a t condamn tre fusill ce matin. De plus
amples dtails ont t demands La Havane. On ne
les a pas encore reus.
Le gnral Gmez a envoy aux Etats-Unis le Mes-
sage suivant par l'interimdiaire du corespondant du
New-York-Herald qui se trouve avec les insurgs :
Dites au people des Etats-Unis que. le vieux G6mez
se trouve Los Hoyos o il se balance confortable-
ment dans un hamac; que les Espagnols l'ont cherch
pendant quelques jours, mais qu'il ne combattra que
lorsqu'il sera compltement prt; que les Espagnols
essuient chaque instant le feu de mes claireurs,
sans qu'ils puissent savoir d'o parent les coups de
fusil, et que tt ou tard ils verront leurs peines per-
dues, le seul plan des Cubains consistent lasser
l'ennemi en vitant les forces suprieures aux leurs.
Dites aussi que j'ai un officer qui porte le mme
uniform que moi et qui monte mon propre cheval
bien connu de l'ennemi; que cet officer se montre
frquemment dans les environs du camp espagnol
et qu'aprs avoir essuy plusieurs coups de feu il
disparait dans les bois de Santa Teresa.
Les Espagnols croient que je me trouve dans
ces bois. Il les ont fouills pendant une semaine en-
tire. Or, vous voyez que je suis ici trs conforta-
blement. Mes avant-gardes me tiennent au courant
des plus petits movements de l'ennemi.
Du 3, -: Le'i Sn V.e"New-York dit,'dans son di-
torial d'aujourd'hui : Si le gnral Rius Rivera est
fusill, le sang vers retombera sur la tte de Grover
Cleveland, devant Dieu et devant les h4mmes.>
,' r

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Nous portions la c:,nnarisani e n de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublilique Cubaine
continent tre mis en vente Tl'AdJminisitiaion
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-P.uiiil.
La collection se compose de"quatre couleur i' dif-
frentes : mais bres sont de 2,
ledessin,repr- f, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.


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timbres-poste que les timbres franais.

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