Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 1, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00065
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Anne PARIS I Avril I897 N 63 .ne ane, payable d'ance... fr. ,
1897 UR semestre, id. i. ... fr. 11.50
Un trimestre, id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCU lAI NE A L'ETRANGER
PARA. IT TOTTS LES JEUT.DIS Une anne, payable d'avance ............. 25 fr.
AUn semestre, idi. id. ............ 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


MESSAGES


Sa foi! il n'y a vraiment pas
lieu de s'indigner des nou-
velles qu'envoie aux nobles
quotidiens de ce pays -
: quelques probes journalists
excepts l'Ambassade
d'Espagne. Cela est si ridi-
cule, si bte ou tellement bas
que les lecteurs de ces feuilles passent outre, pour
se jeter sur l'irrsistible appeau des
feuilletons. Seulement, pour la noble
Ibrie, qui ne veut pas -dchoir ,
la question est tout autre.
Au dbut de cette guerre, l'Espa-
gne avait en effet la force et l'occa-
sion de corser ses mensonges. Ses
gnraux, Cuba, pleins de fougue
en arrivant, comme de valeureux
castillans, partaient en champagne ,
taient battus, et annonaient des -..
victoires. On citait des prises de
villes; on s'enorgueillissait de quoti-
diennes hcatombes de Cubains.
Mais tout lasse la fin. Battus et
pas contents d'tre toujours.correc-
tement trills, les gnraux de Vale- -
riano ne gotent plus du tout les '-
aventures des batiilles. Du moment -
que les Cubains ne veulent pas c-
der, ils jugent qu'il vaut mieux, sous
divers prtextes,- le meilleur tant
la maladie regagner le bon gite
.aux terres d'Andalousie et de Castille.
Et alors, cur, perplexe, Vale-
riano a imagine ce moyen trs sim-
ple : laisser M. Canovas et l'Ambas-
sade d'Espagne dicter dsormais les
bulletins de guerre.
Et les messagers de l'Espagne ont
tout de suite jug que, l'argent fai-
sant passer la drogue, il tait vain de se mettre en frais
de littrature. Et alors ils ont consciencieusement
bafouill, annonh de' stupides rcits. Tellement
tranges, que l'on ne sait ce qu'il faut admirer le
plus: les dits messagers ou les quot:diens qui re-
cueillent ces immondices ?
Pourtant, l'Ibrie avait, indniablement, un autre
rle iouer.
Eructs, colligs, publis par quelque forban du
journalism, les bulletins de guerre auraient pu tre
une histoire moins mdiocrement imagine de la
guerre Cuba. L'Ibrie aurait ainsi mijot ses em-
prunts, les aurait lancs avec une gerbe adequate de
srs mensonges, dment classs et publis en bon
ordre ; et, en ce pays vautr devant les tabernacles
des Banques, il est quasi certain que l'Espagne et
trouv plus aisment la ranon des pillages et la
dime des vols.


J~a^ /a/Mcz


INIQUITY ESPAGNOLE



Le sauvage Valeriano, fidle son plan
d'extermination, a ordonn que tous les paysans
soient arrachs leurs demeures et emmens
dans les villes o, nous apprennent les tl-
grammes, ils meurent de faim ou victims des
pidmies.-

Notre gravure reprsente une de c:cs sines
du despotisme espagnol. Une famille dlagricul-
teurs se voit menacer de mort si elle ne suit pas
la troupe qui doit la conduire la ville la ilus
voisine.

Voil comment le gouvernement espagnol fait
la guerre, et comment il pacific lilc.


~2::-:
c~c.:
p :3-1.



.i,


FUSILLEURS IMPUISSANTS


Guillotiner n'est pas rpondre , dclarait e.i
l'anne pique 93 le sans-culotte Desmoulins, pol-
miquant avec les frres ennemis qui devaient l'en-
vover bientt l'chafaud... et l'y rejoindre.

Fusiller n'est pas vaincre , pourrait-on dire de
mme aux Weyler et aux Polavieja.
A Cuba comme aux Philippines, les bourreaux
chouent honteusement. Dans la province de San-
tiago, Calixto Garcia, le glorieu vieillard vient de
s'emparer de Holguin. Celle de Pinar del Rio, re-
prsente come soumise, pullule d'insurgs que
les colonnes espagnoles, malgr les vantardises
de leurs chefs (Tartarin n'est pas mort, il s'est sim-
plement rebaptis Tar,.rinos), n'osent mme plus
aller affronter. A la vrit, les trains militaires, qui
jadis mettaient au moins deux jours pour faire
quinze lieues, prennent maintenant, sous l'impulsion
de la dynamite, une allure beaucoup plus acclre,


mais comme c'est pour s'garer bien au-dessus du
sol et n'y redposer leurs voyageurs qu' l'tat de chair
pte, le gouvernement espagnol ne se flicite pas
de ce progrs.
Aux Philippines, il en est absolument de mme.
Trois ou quatre prtendues victoires trompetes
grand fracas avaient presque russi faire croire
l'turope, toujours gobeuse malgr tout, que-les g-
nraux alphonsistes qui oprent l-bas, comme
Mammoue oprait en Calabre, Schinderhannes en
Alsace, et Troppmann Pantin, n'taient pas, en
mme temps que d'atroces gorgeurs, de fieffs
crtins.
On en arrivait un instant se dire :

Eh bien, oui, Lachambre est un ivrogne qui
ferait honte Coupeau; Polavieja le squestreur
de fortunes et le fusilleur de francs-maons, est un
assassin double d'un dvaliseur, mais ce sont tout
de mme de bons gnraux. On peut tre fort au-
dessous de la bte la plus brute en tant que mo-
ralit et tre d'une jolie force dans I'art de la


guerre : l'un n'empche pas l'autre, et c'est mme
assez souvent le contrary.

Ce raisonnement tait compltement erronn. Les
vainqueurs ne vainquaient que sur le paper, ce qui
en imposait bien l'opinion pendant que'que temps,
mais tait tout fait insuffisant pour rtablir leurs
affaires.
Aussi Polavieja, fivreux, diarrhtique, s'il faut l'en
croire ce qui est possible mais par-dessus tout
impuissant, signe-t-il sa dmission en se tenant le
venture, et le pieux Canovas est-il prt vendre son
me au diable si messire Satanas veut bien lui fouF-
nir des soldats qui ne soient pas des sacristains et
une artillerie un peu plus efficaces que les fameux ca-
nons de l'Eglise.


PRISE DELA VILLE DE IIOLGUIN

LA FARCE DE PUERTO RICO

DEUX GRADES EXPEDITIONS


Le gnral Calixto Garcia, poursuivant le magni-
fique plan de champagne qu'il s'est trac, aprs avoir
battu les Espagnols en s'emparant de la ville de Ji-
guani, vient de reporter une nouvelle victoire par
la prise de l'importante ville d'Hol-
guin. Ce movement a t trs cer-
tainement opr d'accord avec Je
gnral Roloff, don't l'expdition a
t protge par les forces du .gn-
ral Garcia.


f. Puerto Rico est en ce moment le
thtre d'une farce bien espagnole.
Le gouvernement de Madrid con-
vaincu que les rformes avaient
compltement chou au moment
S mme o elles taient annonces,
il n'a rien trouv de mieux, pour
en retarder l'application, que d'in-
S venter une r,rolution Puerto Rico.
On n'a pas eu de peine trouver
quelques malheureux qu'on a accu-
ss de conspiration, en assas-
siner quelques autres comme re-
belles ayant pris la champagne et
enfin dcouvrir un dpt d'armes
maginaire, des proclamations, des
drapeaux, etc. Aprs quoi.... un t-
lgramme de l'imbcile gnral Ma-
rin a annonc la pacification et C-
novas a pu justifier le retard mis
l'application des rformes. Est-il
ncessaire de montrer plus claire-
ment les procds infmes auxquels
l'Espagne est force d'avoir recours
Spour viter d'tre prcipite dans
I'abiie ?

Notre respectable dlgu Paris,
M. le Dr. Betances, nous remet une
copie du tlgramme suivant que lui
envoie la Dlgation New-York, don't nous n'avons
pas besoin de faire ressortir l'importance :
New-York 29 Mars.
Grande expedition de Roloff heureusement dbar-
que Banes (i) (Holguin) conduisant: un canon
Hockinss, autre Colt, autre pneumatique pour.dyna-
mite; un million de cartouches pour fusil, mille
cartouches pour canon; trois tonnes de dynamite;
grande quantit de torpilles et autres explosifs; deux
mille fusils, revolvers et machetes.
Une autre expedition important a dbarqu dans
la province de La Havane que We'ler donnait com-
me pa.ifie.



A la reception de ces nouvelles qui nous donnent
l'assurance de promptes et grandes victoires, nous
ne pouvons que fliciter cordialement tous les pa-
triotes qui ont contribu un rsultai aussi satis-
faisant pour le triomphe de notre ca-se.

(i) Banes. Port situ sur la cte nord et appar-
tenant au terme municipal de Ifolguin, province de
Santiago de Cuba. N. delay R.


*


d J


LES MAUVAIS


Iniquit espagnole


- -- --


%k~;:9






1" AVRIL 1897.


POUR LES BLESSES CUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






10me Liste :
Francs.
Mr. M. Coroalles, Panama .............. 3.oo
Un tudiant cubain...................... 2.00
Mr. F. M.................. ......... .. 00.00
M r. A. Hiriart.......... .......... ...... .00oo

Total...... ............ 1o6.oo
Total antrieur......... 878.55

Total gnral........... 984.55

Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons.- Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.




L'UVRE CONOMIQUE.

DE L'ESPAGNE A CUBA


Malheureusement pour la France et pour Cuba,
h Paris on connat gnralement fort mal la
question cubaine et, par suite, fort peu un point
trs important, trs capital de cette question
l'histoire et l'tat actuel de la situation cono-
mique ou financire.
Cela, nous l'avons constat lorsque La Rpu-
bique Cubaine publia dans ses colonnes d'a-
bord, ensuite en brochure Cuba contre Es-
pagne, du profound penseur et publiciste cubain
M. Enrique Jos Varona. La faon don't ce tra-
vail appela l'attention prouva combien vivent
dans l'erreur les journaux et les publicistes qui,
pour se renseigner sur Cuba, se contentent des
informations mensongres, calomnieuses et inf-
mes que fabrique le gouvernement espagnol afin
de cacher sa scandaleuse dfaite en tout ce qui
a trait la question cubaine, pour maintenir
une hausse factice de ses valeurs et noyer dans
la mer sans fond de ses trs speciales combinai-
sons de bourse les imprudents.
Il est certain qu'il ya Paris des sommits trs
au courant de l'histoire financire, tous les jours
plus dsastreuse, de l'Espagne ; mais combien
ceux-l sont peu nombreux. La majority ne sait
rien de la vrit et c'est pour cela que nous com-
menons, dans le numro d'aujourd'hui, la pu-
blication de l'intressante conference faite
New-York par M. Fidel G. Pierra, un des hom-
mes les plus comptents et les plus autoriss en
matire de finances espagnoles et plus spciale-
ment en tout ce qui, plus ou moins directement,
se rapporte Cuba.

Conference faite au Steinway Hall de New-
York, dans la soire du 9 Janvier
Mesdames et Messieurs,
Le Club Jos Marti ne pouvait mieux honorer le
nom qu'il porte de l'aptre et du martyr de nos
liberts et de notre indpendance, qu'en organisant
ces conferences si heureusement inaugures. Il nous
a donn en mme temps un example lev de pr-
voyance et de patriotizme aussi digne d'tre applaudi
qu'imit. La connaissance claire et formelle des l-
ments divers et complexes qui forment et consti-
tuent la vie d'tun people civilis, est une condition
pralable indispensable pour cooprer et contribuer
avec discretion et utility la ralisation da-ses desti-
nes et pour assurer aux associs le plus grand bien-
tre et le plus grand bonheur possibles. Et, quand
des circonstances spciales comme celles trs mal-
heureuses dans lesquelles s'est trouv, jusqu' ce
jour, le people cubain, ont empch ses citoyens de
se familiariser pratiquement avec ces lments par le
moyen de la participation directed et active la ges-
tion des affaires et des intrts publics, le travail en-
trepris ici est d'autant plus important qu'il est le
seul moyen don't nous disposons pour arriver l'ac-
quisition de cette connaissance si ncessaire et in-
dispensable.
En acceptant avec reconnaissance la bienveillante
invitation du Club de vous entretenir de la situation
conomique de l'ile de Cuba, je ne voulus pas me
rappeler que cette tribune avait t honore par des
confrenciers aussi distingus que le sont mes amis
estims MM. Enrique Jos Varona et Nicolas Here-
dia; je ne voulus pas me le rappeler parce que le
sentiment de mon insutlisance et la certitude que


je devais offrir ici un contrast dsagrable ct de
ces penseurs minents, m'et fait hsiter beaucoup
,avant d'accepter une mission fort honorable certes,
mais trop au-dessus -de mes faibles moyens. Je ne
voulus pas davantage m'arrter considrer la na-
ture du sujet qu'on m'indiquait comme thme de
mon travail, car j'aurais trouv de nouveaux motifs
de doute et d'hsitation l'ide que l'aridit de la
matire et mon manque d'habilet mettraient forc-
ment une rude preuve la bienveillance de cet au-
ditoire distingu. Mais si je ne voulus ni me rappeler
ceux qui m'ont prcd cette tribune, ni me lais-
ser arrtei par mon insuffisance, c'est que je compris
ds.le premier moment que, par son aimable invita-
tion, le Club m'appelait remplir un devoir patrio-
tique. Je ne pouvais, par suite, donner d'autre r-
ponse que celle de venir ici pour accomplir ce devoir
de mon mieux, quels que fussent mes scrupules,
trs fonds malheureusement, mon inaptitude et
mon incompetence.
L'ouvre conomique de l'Espagne Cuba corres-
pond exactement l'oeuvre politique et l'oeuvre
social par elle ralises dans la Grande Antille
comme partout o elle a exerc sa funeste domin'a-
tion. Si les deux dernires nous entranaient avec
une violence irresistible la banqueroute morale, la
premiere nousa mens avec une inevitable fatalit -
la banqueroute matrielle. Pour nous sauver de la
premiere, au moment o nous tions au bord du
prcipice, nos frres sacrifient cette heure leur vie
et les derniers restes d'une richesse, aussi pondre
que factice. Pour nous reliever de la second, lors-
que le pouvoir ignominieux et destructeur de l'Es-
pagne aura disparu pour toujours de notre pays,
nous comptons sur la fertilit du sol, sur la bont
de notre climate, sur les avantages de notre situation
gographique et sur nos propres efforts, lments
qui, sans tre les seuls, suffisent pour nous assurer
un avenir de prosprit et d'abondance, si une or-
ganisation conomique adopte nos besoins offre
notre people, surtout au dbut, les secours et l'ap-
pui don't il aura besoin et si une administration
publique intelligence et just lui garantit la pleine
jouissance du fruit de son travail et de son industries.
Jusqu' ce jour nous.n'avons rien eu de tout cela et
il n'tait pas raisonnable de l'esprer sous un gou-
vernement qui monopolisait toute initiative, qui
touffait toute activity et qui ne se proposait d'autre
but que l'exploitation et l'exaction. Ce que nous au-
rons demain, et il faut rappeler qu'au point de vue
conomique comme tous les autres, tout Cuba
est encore faire, dpendra compltement de !'effi-
cacit de nos efforts, car l'embryon n'existe mme
pas, qui pourrait servir de point initial aux institu-
tions futures, et ces efforts seront d'autant plus heu-
reux et profitable, que nous aurons une connais-
sance plus srieuse et plus complete de l'organisme
don't nous dsirons faciliter et provoquer le dvelop-
pement. Malheureusement sur ce point, plus peut-
tre que sur les autres, l'investigation se heurte
chaque pas 'de grande et, parfois, d'insurmon-
tables difficults et c'est seulement ttons qu'on
peut se rapprocher de la ralit concrete des faits.
D'un ct l'incurie et la paresse des bureaucrats es-
pagnols et de l'autre le systme de dissimulation si
ncessaire l'oeuvre de rapine laquelle ils sont atte-
ls, ont conspire pour nous primer mme des rensei-
gnements les plus lmentaires et les plus indispen-
sables la claire conception de notre tat de choses.
l1 y avait quelque chose, cependant, que ni la ma-
lice, ni la perversity des Espagnols ne russissaient a
cacher : Le triste rsultat de tant d'annes de vol et
de spoliation devait enfin devenir visible, et le
monde put contempler avec stupeur le spectacle
d'un pays qui, dot par la nature avec une prodiga-
lit sans bornes et encore dans l'enfance de sa vie
conomique, paraissait dj vieux et en complete
prostration. Au commencement de la guerre de
1895, la banqueroute tait gnrale parmi les pro-
ducteurs.
Arrtons-nous un moment pour examiner quel-
ques-uns des antcdents principaux de cette mal-
heureuse situation, afin qu' leur lumire, elle se pr-
sente nous plus clairement et qu'il nous soit per-
mis de la comprendre avec moins de difficult.
11 faudrait restreindre beaucoup et mme changer le
sens des mots pour dire avec une apparence de vrit
qu'il y avait Cuba, avant les dernires annes du sicle
dernier et peut-tre mme pendant les premires du si-
cle present quelque chose qui put tre appel vie cono-
mique. Jusqu'alors le people cubain, envelopp dans
le crpuscule d'une conscience qui commenait
peine s'veiller et domin par le marasme que
produisent l'isolement et la solitude, ne faisait autre
chose que vgter. De temps en temps, les flottes
qui se dirigeaient vers le continent o celles qui en
partaient pour se rendre dans la Pninsule s'arr-
taient quelques jours dans le port de La Havane et
ces visits priodiques interrompaient seules le course
monotone de la vie des habitants de la capital.
Pendant cette longue priode qui embrasse prs de
trois sicles, les recherches historiques we rencon-
trent que quelques faits isols et placs dans l'his-
toire comme pour nous annoncer qu'un people res-
pirait dans ces champs silencieux, sous le poids
crasant du despotisme colonial espagnol. Un de ces
faits caractristiques de la domination de l'Espagne en
Amrique mrite d'tre cit ici. Il montre que ds
que la terre de Cuba commena tre fconde, grce
la sueur de ses enfants, l'avare et rapace mre


patrie se prsenta non seulement pour 1 :ur arracher
le fruit de leur travail, mais pour amoindrir leurs
efforts et touffer leur industries par des entraves
aussi absurdes qu'injustes.
Si les nations, domines par les fausses doctrines
politiques et conomiques qui prvalurent jusqu'
la fin du sicle dernier, se rservaient jalousement le
monopole absolu du commerce de leurs colonies,
aucune ne songea exagrer son droit au point
d'arracher ses colons le produit de leur industries
au profit du Trsor mtropolitain, et bien moins
poursuivre et punir de mort ceux qui s'opposaient
une spoliation si inique. Il appartenait l'Espa-
gne, toujours jalouse de se distinguer dans le mal
et le crime, de donner ce rpugnant example et
notre patrie d'tre le thtre d'un si horrible attentat.
Le 21 fvrier 1723 sera jamais tristement mmora-
ble dans notre histoire conomique. A cette date, le
plomb des arquebuses espagnoles mettait fin la
vie de douze malheureux agriculteurs cubains, arr-
ts la veille pour avoir refuse de remettre leur rcolte
de tabac au gouvernement au prix fix par ses
agents; et les douze cadavres, attachs pendant plu-
sieurs jours Jesis de Monte, avertissaient les au-
tres habitants de la contr'e de la fin qui les attendait
s'ils persistaient dans leur resistance.
Les historians espagnols foulant aux pieds la v-
rit et outrageant le bon sens dans leur soin inutile
de cacher les mfaits de leur nation, les historians
espagnols, en rapportant le fait, nous laissent-en-
tendre et vont mme jusqu' dire formellement que
l'opposition des agriculteurs cubains venait non de
ce qu'on avait fix pour le tabac un prix infrieur
celui qui avait t pay jusqu'alors par les commer-
ants et les spculateurs, mais aux instigations de
ces derniers, lesquels, craignant de perdre leur com-
merce, n'avaient pas trouv de moyen plus efficace
de se protger que de pousser les cultivateurs re-.
fuser de faire aucune remise au gouvernement qui
offrait, s'il faut en croire lesdits historians, un prix
suprieur. Nulle part on n'a vu les vendeurs d'un
produit rsister et se soulever parce qu'on leur of-
frait un prix plus lev pour leur merchandise. De
pareils phnomnes, en contradiction avec les lois
qui dterminent les actions humaines, ne se pro-
duisent que sous le gouvernement espagnol, et des
historians espagnols seuls sont capable de les rap-
porter srieusement.
La vrit des faits est que, cette poque, malgr
les abondantes remises d'or que les colonies du con-
tinent versaient dans le sein de la Mre Patrie, la
pnurie du trsor espagnol tait arrive sa dernire
extrmit. Un quart de sicle avant, l'ensorcel idiot
Charles II avait d mettre en vente la vaisselle de son
palais, l'argent lui manquant pour acheter les pro-
visions de sa table royale et les fournisseurs refu-
sant de lui vendre credit. Pendant le rgne de Phi-
lippe V, les financiers franais qui l'accompagnaient
essayrent de mettre un peu d'ordre dans les finan-
ces; mais le gaspillage et la confusion taient tels
qu'ils ne purent presque rien faire dans ce sens. Les
besoins d'argent continurent aussi violent et in-
quitants qu'avant. Quelqu'un eut alors l'ide que
la rente du tabac p.o'ai t tre augmente en mono-
polisant toute la production de Cuba, et, sans perdre
de temps, des agents furent cn\.;., dans l'ile pour
mettre le projet, execution, mais de telle sorte que le
ni -inoople projet se transforma en coniscatii n d'une
parties de la rcolte. En outre, les agents tant auto-
riss fixer'les prix et dcider de la faon don't de-
vait se fire, la cla,~sficatiL.n du produit, une large
porte leur fqut ouverte pour l'abus et il est facile de
supp.:.ser jusqu'o. ils allrent dans cette voie quand
on songe que les cultivateurs rsolurent d'avoir re-
cours la force pour dfendre leur proprit. Il est
vrai qu'ils ne rtissirent pas dans leur entreprise et
qu'ils durent finir par se soumettre la volont du
gouvernement et aux exigences de ses agents. Le
gouvernement, non content de fixer les prix et de
dterminer la classification de la feuille, dsignait
chaque agriculteur l'tendue de terrain qu'il devait
cultiver, les plants don't il ne devait pas bnficier
parce qu'ils n'avaient pas atteint le-dveloppement
qu'il plaisait de trouver convenable, et imposait
d'autres restrictions qui rendaient plus que malheu-
reuse la condition du cultivateur. lrsulta de tout
cela que l'industrie du tabac, au lieu d'augmenter,
diminua considrablement, et le cas suivant, trs
curieux mais trs natural se produist : Le gouverne-
ment n'obtenait plus le tabac don't il avait besoin
pour ses fabriques et les cultivateurs ne rcoltaient
plus tout le tabac qu'ils auraient pu produire.
Aprs des annes de mcontentement gnral et
de lutte entire les cultivateurs et le gouvernement, le
monopole passa-aux mains de plusieurs companies
particulires et de ces dernires de nouveau au pre-
mier qui l'exploitait directement en 1773, quand la
fabrique de Sville se trouva un beau jour avec un
excdant de 180,000 quintaux. Le gouvernement
n'imagina rien de mieux, pour assurer l'coulement
de cet excdant, que de dcider qu'une parties des
semences de Cuba dans chaque plantation serait
dtruite de faon ce que le produit total de cha-
cune n'excdt pas la quantit qu'il dsirait acheter
cette anne-l. Et ainsi fut fait.
Enfin, en 1817, le monopole prit fin. On peut se
faire une ide des prjudices ports l'industrie du
tabac et des entraves et des restrictions mises son
dveloppement par les entraves que laissa subsister


encore le Dcret Royal du 23 juin de cette anne,
dans lequel ladite industries tait grand fracas
dclare libre.
Voici les dispositions de certain articles:
4. La vingtime parties de la rcolte sera le tribute
royal qui devra tre pay.
5. Le paiement de ce tribute se fera en espces;
cette disposition sera observe dans les classes pre-
mire et second, les seules' qui doivent toujours
tre comprises comme feuilles.
6. Les fabricants de Cuba constitueront un
group dans lequel sera comprise la Maison de Bien-
faisance.
7. Tout habitant particulier de l'ile pourra la-
borer pour sa consommation le tabac don't il aura
besoin. S'il dpasse cette production, il sera compris;
dans le group. Si ce moyen ne lui suffisait pas, on
lui infligerait des peines pcuniaires et autres selon.
la gravit du dlit.
8. Pour chaque livre de tabac labor, de quel-
que classes qu'il soit, le group paiera un ral argent.
9. L'exportation du tabac sera autorise dans
des embarcations espagnoles. Elle est interdite dans.
des embarcations trangres, sous peine de saisie.
m1. Pour droits d'exportation l'tranger ou sur
les points de la Mtropole qui seront dsigns, il sera'
peru un ral argent pour chaque livre de tabac en=
rame; un autre ral argent pour chaque livre de tabac-
priser; deux raux argent pour chaque livre de tabac
tordu; deux raux argent pour chaque livre de
cigares, puros, paper ou paille, et deux raux argent.
pour chaque livre de tabac en poudre, le tout en
monnaie d'Amrique. Ces droits seront indpen-
dants, pour le moment, des droits municipaux.
tablis dans l'ile.
Voil ce -que le gouvernement appelait une
industries libre. Faisons par curiosity le calcul de
ce que rapportait, au cultivateur, une rcolte de
ioo quintaux de tabac par example et de ce que lui:
prenait le fisc.
En dduisant les 5 quintaux du tribute royal, il'
restait au cultivateur de tabac 95 quintaux qui,
12 piastres l'un, rapportaient I,1400co piastres.
Le fisc recevait:
piaitres.
Pour les 5 quintaux du droit royal
12 piastres ............................ 60.oo'
Pour droit d'laboration et d'exporta-
tion sur 20 quintaux 30 piastres....... 600oooo
Pour droit d'exportation sur 35 quin-
taux en rame o1 piastres ............. 35o.oo
Pour droit d'laboration sur 3o quin-
taux consomms dans le pays ro piastres 3oo0.oo
Total.................... i.3io.oo
Difference en p!us reue parole fisc: 17.000 piastres.
(A suivre.)









----li d---
COMIT FRANAIS DE CUBA LIBRE


Dans sa sance du Lundi 29 Mars dernier, le Co-
mit Franais de Cuba Libre ayant rsolu de pren-
dre de nouvelles et urgentes decisions, se runira .
nouveau Lundi 5 Avril prochain, neuf heures du'
soir, sur convocations individuelles.



INTERVIEW DU GENERAL SANGUILY


Un rdacteur du Herald de New-York a eu avec
le gnral Sanguily un entretien. Voici les dclara-
tions que ce chef, aurait faites notre confrre am-
ricain :
Je n'ai fait aux Espagnols aucune promesse-
J'ai accept ma libert sans conditions. J'ai t con-
damn la prison perptuit. Cette condemnation
a t change en celle du bannissement. Je ne puis.
pas dire ce que je ferai. La guerre prendra fin cette-
anne. L'Espagne est impuissante faire les efforts,
ncessaires pour maintenir Cuba dans l'esclavage.
Tous les jours notre force augmente. Nous avons la
sympathie des .Amricains. Nous attendons beau-
coup du president Mac Kinley et du nouveau gou-
vernement. Qu'on nous laisse embarquer des armes
et des munitions et nous vaincrons. Il nous serait
agrable qu'on nous fit d'autres concessions, mais.
celle que je viens de dire suffit pour que la guerre
prenne fin promptement.

------*-*i a L-------

ASSASSINAT D'UN ANGLAIS A CUBA.

Nous traduisons du Times, du 23 mars:
La Havane, 21 mars.
Aprs de nombreuses difficults, j'ai obtenu
enfin aujourd'hui la declaration digne de foi d'un
tmoin de l'assassinat de Mr. Henry Dabrigeon,.
commis le 6 octobre dernier. Mr. Dabrigeon avait
t administrateur d'une grande fabrique de sucre
Parque Alto. Il tait n au Canada. et avait fait son
education d'ingnieur ens Belgique: et en France. Il
possdait dix mille acres, de- terre-dans, le. district de.


2 '


__


1~J~eC3~a~ne:






.1er AVRIL 1897.


'Cienfuegos-et, au moment de son assassinate, il
vivait avec sa femme et ses sept enfants dans sa
maison particulire de Cartagena, village situ
:24 miles au nord de la ville de Cienfuegos.
Il rsulte de la declaration du tmoin, que ce
.dernier se trouvait dans la maison de M. Dabrigeon,
le 6 octobre deux heures de l'aprs-midi, lorsque
le caporal Collado et deux soldats en uniform
vinrent demander Mr. Dabrigeon. On leur rpondit
~qu'il n'tait pas l, mais qu'il ne tarderait pas
Srentrer. Le caporal et les soldats revinrent cinq
heures. On leur rpondit alors que Mr. Dabrigeon,
.ndispos, s'tait couch. Le caporal insist pour
le voir, disant qu'il avait une communication
'lui faire de la-part du commandant militaire.
Mr. Dabrigeon le fit entrer. Le caporal et un
soldat entrrent, tandis que l'autre soldat tait laiss
- la porte en sentinelle. Les deux Espagnols trou-
vrent Mr. Dabrigeon couch. Sa femme tait assise
au.pied du lit et allaitait son dernier n. Le drapeau
anglais tait appliqu la muraille derrire le lit.
Mr. Dabrigeon demand ce qu'on lui voulait. Le
-caporal marmota entire ses dents quelques mots o
il tait question de troupeaux, s'approcha du lit,
dchargea sa carabine sur Mr. Dabrigeon et lui fit
sauter la cervelle. Aprs quoi le soldat s'avana
son tour vers le lit et dchargea son fusil dans le
ceur de Mr. Dabrigeon. Les deux hommes sortirent
-ensuite de la chambre en toute hte, montrent
chevall et partirent au galop.
Les autorits qui recueillirent les dclarations
de la veuve, dclarrent que les assassins taient des
insurgs et non des soldats. La veuve demand alors
. tre confronte avec le caporal Collado qu'elle
dsignait comme tant l'assassin. Le commandant
refusa l'autorisation. La veuve fit part de l'vne-
ment au vice-consul d'Angleterre Cienfuegos,
lequel m'a personnellement fait savoir que les faits
ne pouvaient tre nis, mais qu'il ne russirait
.obtenir des autorits espagnoles aucune satisfaction.
L'affaire subit quelque retard, M"' Dabrigeon ayant
donn le jour un enfant aprs l'assassinat de son
mari. La malheureuse veuve et ses huit enfants sont
aujourd'hui dans une misre complete; leurs pro-
prits ont t brles,:leurs troupeaux vols, leurs
-biens dtruits.
Le tmoin dclare que le seul motif qu'on puisse
donner de l'assassinat de Mr. Dabrigeon est le sui-
vant: Un mois avant l'assassinat, un officer espa-
gnol de Cartagena avait employ, l'gard de la
reine d'Angleterre, des expressions injurieuses.
Mr. Dabrigeon l'avait aussitt renvers d'un coup
*de poing. De notre correspondent special.

-*---

PRISON DE FEMMES A LA HAVANE


D.ans un de nos prcdents numros, 'nous avons
rendu compete de l'infamie et de la lchet de Vale-
riano, le bourreau de Cuba, qui n'hsite pas enfer-
mer dans la-prison d'e repenties (Casa de Recoji-
.das) de La Havane, prison destine aux femmes les
plus abjectes, des dames et des- demoiselles sus-
pectes de sympathiser avec la Rvolution ou d'avoir
*des parents dans le camp cubain.
Pour complter cet article, nous donnons aujour-
d'hui une copie de la faade de l'immonde et dgra-
dant difice.
Tel est le moyen employ par l'Espagne pour
augmenter la morality publique et prive. Les sau-
vages du centre de l'Afrique ont-ils trouv mieux ?


1 \


Les prtendues rformes du sieur Canovas prou-
vaient dj que le gouvernement espagnol a perdu
'l'espoir de vaincre l'insurrection cubaine; l'aveu seul
manquait, le voici :
II faut essayer, par des influences politiques et
par des transactions, d'empcher la ruine complete
de la patrie puise dj par ses sacrifices ant-
rieurs et incapable d'en faire de nouveaux.
Comme ce sont l paroles du sieur Canovas, il est
inutile de faire le moindre commentaire.


Le president du conseil espagnol a des motifs plus
que suffisants pour s'exprimer ainsi, et les journaux
d'Outre-Pyrnes ne le contredisent certainement
pas.
El Correo, de Madrid, s'crie :
Les lettres de Cuba, reues aujourd'hui Ma-
drid, ne peuvent pas tre plus d:ourageantes. L'in-
surrection, au point de vue purement militaire, est
dans le mme tat, si ce n'e t plus mal qu'avant que
le gnral Weyler e;t d;clh r' Faci ies les provinces


de Santa Clara, La Havane, Matanzas et Pinar del
Rio.
Mais alors, L'Eclair... se trompait?


Et le Correo, qui n'est pas un journal indpen-
dant, n'tant qu'espagnol, continue, toujours d'a-
prs les lettres de Cuba :
La capital elle-mme qui depuis longtemps
n'tait pas inquite par les rebelles, rare est la nuit
o elle n'essuie pas leur feu.
Tiens, tiens... voil des lettres qu'on devrait bien
afficher la Bourse.



Mais voici quelque chose pour MM. Jules Roche,
Denis Guibert, etc.; c'est un nouvel example du pa-
triotisme espagnol ou plutt castillan, puisque ce
mot leur plait :
Les nouvelles ne sont pas moins dcourageantes
au sujet de la morality dans certain services. Le
pain que mange le soldat, d'aprs ce que nous avons
lu dans quelques-unes de ces lettres, est non-seule-
ment mauvais, mais encore il cote i/ centavos,
tandis que celui que le public achte, tout en tant
de meilleure quality, n'en cote que neuf.
Franchement, messieurs les anti-flibustiers, ne se-
rait-il pas plus logique de parler de la pourriture
castillane ?


Toujours, du mme tonneau :
On dit aussi, dans d'autres lettres, qu'aprs
avoir rcolt, grce aux habitants riches de Pinar
del Rio, 7,000 pesos pour construire des baraque-
ments, la date de ces lettres, on n'avait pas encore
construit les dits baraquements destins abriter des
families sans foyer.
Ce qui m'tonne, c'est que les Espagnols s'ton-
nent de choses pareilles, l'administration castillane
n'est-elle pas connue du monde entier?


Et pour terminer, El Correo dit :
On signal enfin, dans ces lettres, d'autres im-
pressions et d'autres faits qui, bien que garantis par
des personnel tout fait dignes de foi, sont tels que
nous n'osons les reproduire. Il suffit de dire que ces
impressions sont d'une grande tristesse et bien d-
courageantes.
Allons, tant mieux !



Pourtant L'Eclair, lui, ne se dcourage pas. -
Oh! les mes fortement trempes!
Il public tous les jours :
Victoire des Espagnols Cuba. Mort de Mid-
xinmo-Gd6me. Dfaite de Calixto Garcia.
C'est que les journaux espagnols sont espagnols,
tandis que L'Eclair est indpendant que
dis-je! il est absolument indpendant .
Les Cubains veulent l'tre aussi, cher confrre,
mais pas tout fait de la mme faon.



Tenez, jugez de 1'absolue indpendance de
L'Eclair. Tous les journaux de Madrid ont public
ceci :
M. Canovas a dclar un journalist que la
champagne d'hiver Cuba tait termine.
Ce qui tait une vrit de la Palisse, puisque nous
sommes au printemps. Eh bien, L'Eclair du 27
mars nous apprend que :
M. Canovas a dit un journalist que la cam-
pagne de Cuba touche sa fin.
Nous ne demandons pas L'Eclair o il touche,
lui.



Comme abondance de biens ne nuit pas, voici
encore de l'indpendance de L'Eclair.
La feuille alphonsiste nous a dit maintes fois que
M. Canovas appliquerait ses soi-disant rformes
ds que la situation serait amliore. Voil qui est
clair, n'est-ce pas ?
Bon; L'Eclair du 26 mars nous dit:


M. Canovas juge que le moment n'est pas en-
core venu d'appliquer les rformes Cuba.
Cela revient videmment dir que la situation
militaire de l'Espagne ne s'est pas amliore.


Mais alors, confrre, pourquoi dites-vous tous les
jours que cette situation s'amliore? Ce qu'il y a de
plus inexplicable c'est que depuis le commencement
de l'insurrection, vous dites que la situation est ex-
cellente et que malgr cela elle s'amliore.
Vous oubliez que le mieux est l'ennemi du bien;
ra'is, prenez garde, force d'tre indpendant vous
altez vous brouiller avec M. Canovas, puisque vous
dites blanc quand il.dit noir.
Ce serait bien fcheux pour vous.




LES FINANCES ESPAGNOLES

La Correspondence Bleue : Les movements
nerveux de l'Extrieure entire 59 et 60 1/4 doivent
tre attribus l'chelle qui tantt a besoin de titres,
et tantt en a revendre.
Pour ce qui est du fond de la situation militaire
Cuba, il n'y a pas de changements apprciables.
On ne peut s'empcher de constater (cela crve les
yeux) que cette expedition cubaine est mene aussi
mal que possible, pour ce qui a trait au point de vue
militaire, et, pour ce qui regarded le point de vue fi-
nancier, bien plus mal que tout ce qu'on pourrait
imaginer.
Le paradoxe parat tre le fond de la politique de
M. Cnovas tout aussi bien pour la direction des
deux guerres que pour le systme financier mis en
pratique. Del qu'on ait envoy 200,ooo hommes Cu-
ba .la poursuite d'un ennemi insaisissable et que l'on
ne veuille pas envoyer de srieux renforts au gnral
Polavieja qui se troupe avoir affaire, aux Philippines,
des masses compactes qui ne fuient pas. Il est vi-


dent que c'est tout le contraire qu'on aurait d se
proposer. De l, galement, que les sommes em-
pruntes pour la guerre aient t inverties, en grande
parties, aux consolidations de la dette flottante du
du Trsor espagnol. De l aussi qu'on ait emprunt
au moyen d'un ensemble d'annuits de 64 millions
qui grvent la budget d'un poids si lourd. Et alors
que, pour la guerre, on avait besoin defrancs et non
de pesetas,, on a emprunt 400 millions de cette der-
nire monnaie qui, au course du change, ne faisaient
que 3oo millions de francs, lorsque, moyennant une
inscription de 18 millions de francs de rente 4 o/o
extrieur, il et t facile d'obtenir cette some
sans grever un budget obr par un deficit end-
mique.
On se demand comment il sera possible, dans les
prochains budgets, de faire face aux accroissements
de la Dette publique ainsi qu'au pavement de la Dette
cubaine. Sur le paper, rien n'est plus facile que de
mettre le service de la Dette cubaine dans le budget
des colonies et d'en faire le paiementsur resources
coloniales. Mais, en ralit, c'est bien le Trsor es-
pagnol qui aura se charger de ce service et trou-
ver des voies et moyens pour en oprer le pavement.
Il y aura donc de ce chef une augmentation dans le
service annuel de la Dette publique qu'on doit va-
luer jusqu' ce jour une some minima de 200
millions en chiffres ronds.
Il est incontestable que le gouvernement espagnol
aura crer de nouveaux impts jusqu' concur-
rence d'une some minima de 200 250 millions.
Jusqu' present, il n'a pas l'air de s'en proccuper.
Il ne se proccupe pas davantage de publier des
comptes srieux d'inversion des sommes que les
fonctionnaires cubains ont perues avec affectation
spciale aux dpenses militaires et qui s'lvent
plus d'un milliard. Le ministredes colonies n'a public
que des comptes drisoires qui se traduisent par un
dbit don't on ne donne pas la contre-partie. Voi!
un systme fort commode. Et ce qu'il y a de bizarre,
c'est que l'opposition n'en prend nul souci. On a
l'air de trouver tout natural que le public soit tenu
dans l'ignorance de l'inversion d'une some men-
suelle de 6o millions. Personne ne s'inquite de sa-


voir quoi peut-on bien dpenser une si forte
some pour une arme de 200oo,ooo hommes presque
immobilise.
En fait de proccupations, les deux parties parle-
mentaires semblent surtout possds du dsir d'enri-
chir les actionnaires de la Banque d'Espagne. Dans
l'assemble gnrale qui vient d'avoir lieu, on a
fix le dividend du dernier exercise 25 o/o
pour chaque action libre de 50o pesetas. Ce
scandaleux dividend synthtise la situation po-
litique et financire de la nation espagnole : cynisme,
inconscience, audacieux dfi jet la misre pu-
blique... On est en plein dans la situation que d-
peint la forte parole de l'historien remain : hos inter
in ruinan prceceps concordia : nec cura nisi under
citior majorqiuefortuna pararetur.


La Bourse Pour Tous: -Les nouvelles de Cuba et
des Philippines restent mauvaises, malgr les pr-
cautions de la censure espagnole. De Cuba,
en particulier, on announce que le gnral Weyler a
fait enfermer, dans diverse localits de la province
de Pinar del Rio, de nombreuses families cubaines
comprenant environ quarante. mille personnel avec
femmes et enfants, mourant littralement de faim!
Est-ce que l'Europe civilise, qui s'est tant mue des
massacres .'Armnie , ne finira pas par se proc-
cuper un peu de ce qui se passe Cuba?
Au point de vue financier, la perspective n'est pas
moins' sombre. Que ce soit en billets de banque
ou en billets de Cuba, le gouvernement espagnol ne
peu plus se crer des resourcess qu'en paper, et
naturellement ce paper perd de sa valeur measure
qu'il augmente en quantit. Voici le change 28 1/2
o/o, en attendant pire, car il va falloir acheter de
l'or pour les grosses chances d'avril.
Il ne faut donc pas prendre la reprise des course
de l'Extrieure au momentde la liquidation de quin-
zaine pour une hausse de bon aloi. Un retour en
arrire peut tre considr comme.certain, et il y a
lieu de.vendre les valeurs espagnoles.


De la correspondence de la Bourse, de M. Mark
M. Lvy, o02, rue Richelieu, nous copions ces li-
gnes :
Malgr quelques succs aux Philippines, l'Ext-
rieure ne se relve pas; on se proccupe chaque jour
davantage de la situation financire de l'Espagne. Le
change a atteint 3o o/o. Dans ces conditions, tout
movement de hausse srieux ne parait pas durable

c------- .-----


LA PRESS FRANAISE

Et la Guerre de Cub


L'Autorit:- Aprs Cuba, les Philippines; aprs
les Philippines, Porto-Rico.
Voici que, dans cette dernire ile, son tour, une
rebellion se manifeste.
Une dpche officielle de Porto-Rico avoue l'appa-
rition d'une bande arme de 5o hommes.
La gendarmerie s'est mise sa poursuite, mais
jusqu' present sans rsultat.
En outre, le bruit court que le gouvernement ma-
drilne a reu la nouvelle de menes sparatistes.
Voil une nouvelle complication grave pour l'Es-
pagne.
Il est craindre, en effet, pour elle, qu'une insur-
rection, analogue celle de Cuba et des Philippines,
ne se dveloppe Porto-Rico; or, ces rvoltes-l,
on ne sait jamais quand elles prennent fin, surtout
quand la mtropole est puise de sacrifices en ar-
gent et en hommes; ce qui est le cas pour l'Espagne
aprs de longs mois de luttes aux Philippines et
deux annes de guerre Cuba.
On sait que Porto-Rico se trouve dans l'archipel
des Grandes-Antilles. Cette ile compete 646,000 habi-
tants environ, sur lesquels 386,ooo blancs, 216,000
multres et 44,000 ngres.
Sa superficie est de 9,314 kilomtres carrs, soit
i5o kilomtres sur 70.
D.




REVOLUTION CUBAINE

SERVICE SPECIAL
DE





Du 22. Samedi, 3oo soldats malades ou bles-
ss ont t embarqus pour l'Espagne.
D'aprs des renseignements officials, le 28 f-
vrier, il y avait dans les hpitaux de Cuba 16,ooo
malades parmi lesquels 400 taient atteints de fire
jaune et 4,000 de fivres paludennes.
Le gouvernement convoquera les Chambres
vers le milieu du mois de mai. Les projects financiers
seront discuts ainsi que les resources nouvelles
pour continue la guerre Cuba et aux Philippines.
Le dpartement d'Etat de Washington a reu
notification de la.mise en libert de M. Frank D.
Cazafias, citoyen amricain, rcemment arrt
Cuba, sous la prevention d'avoir fourni des provi-
sions aux Cubains.


Prison de femmes La Havane


~~


L~,~P.p~F~-eC`Pa'~ne~






" e AVRIL 1897.


Du 23.- Le gnral Weyler s'est embarqu
minuit bord du Lega'pi.
Des combats ont'eu lieu dans la province de
Pinar del Rio et sur d'autres points de l'ile.
M. Cazafias, que les Espagnols viennent de
mettre en libert, tait dtenu Sagua la Grande.
Le snateur Allan, a prsent une resolution
Sdemandant au Dpartement d'Etat, d'envoyer au
Snat toute la correspondence change entire les
Etats-Unis et l'Espagne y compris les rapports de
M. Lee, relatifs l'assassinat du D' Ruiz, dans la
-prison de Guanabacoa. La resolution demand ga-
lement des dtails sur les dmarches faites en vue
de connaitre exactement les circonstances dans les-
quelles cet assassinate a eu lieu. Le Snat a approuv
la resolution et l'opinion attend impatiemment la
rponse de l'Excutif.
Le secrtaire d'Etat, M. Shermann, a'dmenti le
bruit d'aprs lequel il aurait confr avec M. Dupuy
de Lme relativement l'achat de l'ile de Cuba.
Les Cubains ont attaqu et pris la ville de
Holguin, une des cits les plus importantes de la
province de Santiago de Cuba qui compete 7,000 ha-
,bitants. On assure que l'attaque a t dirige per-
sonnellement par le gnral Calixto Garcia. Cette
nouvelle a caus une profonde impression dans les
- .cercles officials cubains et espagnols.
Du 24. M. Maura a prononc un discours sur
le problme cubain. Il a attaqu vivement M. Ca-
novas l'occasion de sa politique Cuba. Il a dit
que les rformes appliques avant la guerre auraient
t une garantie, tandis qu'aujourd'hui elles ne sont
qu'une source-de discorde. M. Maura critique gale-
ment l'envoi d'expditions de soldats sans aucun
.objet, ce qui ne sert qu' puiser les forces vives du
-pays. Il.croit que la guerre de Cuba ne saurait con-
tinuer longtemps et que la paix cependant est im-
.possible, parce que Weyler aussi bien que les Cu-
-bains dsolnt le pays. Il a ajout que jes difficults
.viennent de Madrid et non de Cuba. Parmi les per-
sonnages important qui ont cout M. Maura, on
remarquait un grand nombre de snateurs et de d-
puts, des anciens ministres et Castelar.
remain on offrira un banquet Morote. Cas-
'telar prendra la parole pour faire, dit-on, des dcla-
tions importantes.
L'affaire Roloff et Luis, relative l'expdition
du Woodall, vient d'tre reprise Baltimore. Le
Rgnerai Rl1t n' pas compare. Le capitaine Hudson
a dpos que le Woodall a quitt Baltimore avant
bord le gnral Roloff; qu'une fois arriv sur les
ctes de la Floride, il a embarqu i5o hommes por-
tant l'uniforme cubain et transportant des armes et
de la dynamite. Les hommes et les armes furent d-
barqus sur les ctes de la province de Santa Clara.
Une dpche officielle de Madrid dit que le
chef cubain Prez a t tu dans une rencontre dans
la province-de Santa Clara.
Du 25. Le correspondent d'un journal espa-
gnol tlgraphie de La Havane que le public se
montre trs inquiet et mcontent de la raret des
combats. Le correspondent ajoute que le bruit de la
prise de Holguin et du dbarquement d'expditions
cause de vives alarmes. Arolas demand du renfort
en vue d'augmenter l'effectif de la Trocha. Les gar-
nisons des villages de la province de La Havane
sont renforces afin d'viter que ces villages tom-
bent au pouvoir des Cubains, comme cela est arriv
pour Gaines. La situation conomique est effroyable
et la crise montaire s'aggrave tous les jours. Le
gouvernement paie les coupons en argent; mais on
craint qu'il n'ait plus assez de numraire et qu'il soit
oblig de payer en papier-monnaie les 3o millions
qu'il doit verser aux cranciers du Trsor. Le conseil
d'administration s'abstient de faire connaitre son
opinion sur le budget. 11 estime que la situation du
pays s'oppose l'tablissement de nouveaux impts.
L'incendie des champs de canne sucre conti-
nue, annulant compltement la prochaine rcolte.
On affirme que la rcolte actuelle arrivera difficile-
ment 200,000 tonnes.
Fonsdeviela, charge du commandement d'une
colonne, demand tre renvoy dans la Pninsule.
Il est fort irrit d'a' oir t destitu de ses functions
de gouverneur de Guanabacoa.
M. Lee, consul des Etats-Unis La Havane,
dsire abandonner ses functions. Il refuse de servir
le gouvernement rpublicain. L'Excutif hsite le
remplacer parce qu'il connait fort bien la situation
des Amricains Cuba ainsi que les procds espa-
gnols.
Du 26. On continue signaler des rencontres
entire Cubains et Espagnols dans les provinces de
Pinar del Rio, La Havane et Matanzas, provinces
que le gnral Wevler a depuis longtemps donnes
come pacifies.
Les cercles cubains de New-York sont inquiets
du manque de nouvelles du vapeur Lauraida qui
tait part avec une important expedition pour Cu-
ba. On croit qu'il a eu quelque avarie dans sa mna-
chine. On dit que le Berminuda a quitt Fernandina
se rendant Saint-Domingue et avec ordre de cher-
cher le Laurada. Un autre remorqueur est galement


parti de Panzacola dans le mme but. LeLaur-ada
a t vu Watlings Island.
La saisie du Three Friends Jacksonville a
caus une certain impression.
On assure/que le president Mac Kinley dsi-
gnera un envoy La Havane, pendant quelques
mois, charge de se rendre compete de la situation de
File. Il sera ensuite envoy Madrid en remplace-
ment de M. Taylor, actuellement ministry des Etats-
Unis en Espagne. On.cite pour ce poste le gnral
Woodfort, de New-York.
Du 27. -- Le procs Luis a pris fin hier Balti-
more. Le jury a reconnu la culpabilit, mais en re-
commandant la grce. Le dfenseur a fait appel;
mais le D' Luis ayant refus de verser une caution a
t maintenu en tat d'arrestation.
L'arrive du gnral Julio Sen-uily Philadel-
phie a caus une grande joie. Une reception solen-
nelle a t faite au chef cubain qui a dclar qu'il re-
viendrait Cuba avec son fils pour servir la Rvolu-
tion don't le triomphe est certain.
Le Snat des Etats-Unis a adopt aujourd'hui
une resolution prsente par M. Lodge, demandant
les copies des documents et correspondances diplo-
matiques relatives l'arrestation Cuba des citoyens
amricains Richelieu et Bolton.
Le gouvernement de Madrid est rsolu laisser
Weyler Cuba, malgr tous ceux qui rclament son
rappel tant Cuba qu'en Espagne.
Le gouvernement espagnol vient d'appeler
sous les drapeaux toutes les recrues non encore in-
corpores.
Du 28. Le vapeur Bermuda a dbarqu une
expedition sur la cte nord de Cuba. Les Espagnols,
qui s'taient embusqus, ort attaqu les Cubains
leur arrive; maisceux-ci, ayant t renforcs par un
autre corps de rvolutionnaires, ont mis l'ennemi en
droute. Tout le chargement a t ainsi sauv et mis
eqi lieu sr.


BIBLIOGRAPHIE


La Revue du Brsil, revue bi-mensuelle fonde
et dirige par M. A. d'Atri, est maintenant en plein
succs. Publie en franais, en italien et en espagnol.
elle joint un.texte fort loquent de superbes gra-
vures, qui ne sont pas le moindre attrait de la Revue.
Le texte est abondant et divers: portraits, tudes,
chroniques, etc., etc. Mais je veux surtout louer la
Chronique parisienne, signe A. de Corn. Il me
plait de retrouver ici, en effet, la verve et le bo.n
talent de notre collaborateur Ch. Malato (Cosmo).


Vient de paraitre Le Guide, de l'tranger la
Bourboule. C'est la trs jolie description de la
station et des tablissements thermaux. Ce char-
mant petit livre content tous renseignements utiles,
et il est illustr de nombreux et pittoresques dessins.
A ct d'agrables descriptions de sites, on lira avec
intrt l'histoire de la Bourboule et de l'tablisse-
ment de ses bains.


Nous offrons nos meilleurs vux de succs et
de bonne confraternit au nouvel hebdomadaire,
L'Invasion, organ des intrts cubains en Hati.
Le rdacteur en chef, M. S. Giraudi Btancourt, a
merveilleusement prsent au public les premiers
numros de son bon journal.




Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port
jeux exemplaires.


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