Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: March 25, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00064
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


REDACTION & ADMINISTRATION
RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
0, Rue Saint-Vicent-de-Paul A DAT TO Uneanne, payable d'avance... PARIS DBtr.
0, RU Sit-Vi,,-- -d.ul 2e Anne PARIS 25 Mars 1897 No 62 Un.Semi ,d ... .0 r.e. 2,r.
_inn 2S Un senmestrQ, id. ,id .... 11 f. .50
TlgE Un trimestre, Id. id. 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'TRANGER
-- PA AIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance ........... 25 fr.
PARAIT TOUS Ee Un semestre, id. id............. 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 2


CUBA VUE PAR CASTELAR

ous avons laiss M. Castelar
Sen agrable contemplation
devant la rpublique espa-
gnole, gouverne avec une
S J belle rgularit par MM. C-
S novas et Sagasta, sous la
protection matrielle du
S sabre de l'homme de Sa-
i gunto et de Peralejo, et
sous l'gide morale du grand tribune.
Il tombe dans un abme de dlices l'ide qu'en
sa legislation sont inscrits tous les principles dmo-
cratiques. Cela pourra bien tre. Il en cote peu aux
Espagnols d'inscrire dans leurs lois les principles les
plus admirables. Mais il y a loin de l'inscription la
pratique. La vritable libert civil est inconnue en
Espagne. Les immunits du citoyen ne sont garan-
ties ni par la loi, ni par les coutumes. Les fameuses
liberts reconnues par la Constitution sont absolu-
ment la merci de l'arbitraire du gouvernement qui
les mconnat dans les cas particuliers et les mutile
ou les annule dans les cas gnraux par l'exercice.du
droit de rglementation don't il use dans une measure
extraordinaire. Le citoyen amricain, par example,
a une sphre d'action qu'il peut dfendre contre
toute intrusion gouvernementale en rendant lgale-
ment effective sa resistance. Aussi est-il vritable-
ment libre. Cette facult, le sujet espagnol ne la
possde pas; il n'est donc pas libre et il ne lui sert
de rien qu'en sa charte constitutionnelle soient
inscrits ces principles qui plongent dans une si
douce joie M. Emilio Castelar.
S'appuyant sur cette base slide, Don Emilio
s'tonne que les Cubains, qui jouissent come tous
les Espagnols de ce rgime foncirement dmocra-
tique, se soient soulevs une fois de plus en vue de
rompre les liens si peu tendus qui les unissent la
librale Mtropole. Grand dommage que M. Castelar
ne soit pas Cubain pour deux ou trois jours .seule-
ment et qu'il ne lui ait pas t donn de jouir du
rgime liberal de l'Espagne Cuba Si ce remar-
quable homme d'Etat connaissait vraiment l'esprit
de son people, sa situation politique et les ides
qu'il s'est faites de la colonisation et des colonies, il
ne s'amuserait pas crire les phrases creuses qu'il
sert aux lecteurs du Temps.
Le rgime espagnol est mauvais en Espagne.
A Cuba, il est pire. Chez eux, en effet, les Espagnols
netvrannisent qu'eux-mmes. A Cuba, ils tyrannisent
et exploitent des gens qu'ils considrent come
d'une espce autre et infrieure. La tyrannie domes-
tique n'est pas comparable la tyrannie trangre.
En Espagne, les Espagnols cnovistes et les Espa-
gnols sagastins occupent le pouvoir tour de rle;
Cuba, les Espagnols sans pithtes sont toujours
au pouvoir. En Espagne, il y a quelques milliers de
parasites, les politicians de mtier, qui sucent le sang
du people; mais, en gnral, ils le rendent dans le
pays mme. A Cuba, il existe une arme de parasites,
les employs, les militaires et presque tous les rsi-
dents espagnols qui dvorent tout et transportent
hors du pays la plus grande parties de ce qu'ils'lui
prennent. En Espagne, les Espagnols se font leurs
lois bonnes ou mauvaises et peuvent aspirer les
modifier. A Cuba, les Espagnols nous donnent des
loistoutes faites, et faites de tell sorte qu'elles servent
perptuer leur domination politique, leurs privileges
conomiques et leur influence social; ces lois, les
Cubains n'ont ni le moyen, ni l'espoir de les mo-
difier.


S'il tait ncessaire de fournir des examples, les
rformes mort-nes du distingu Canovas, si applau-
dies par le dmocrate M. Castelar, nous en fourni-
raient. Ces rformes ont t annonces grand
fracas; elles promettent la-dcentralisation des mu-
nicipes et des dputations; elles laissent entrevoir la
possibility de prparer Cuba les tarifs cubains;
elles parent d'un budget local... mais elles laissent
tout le pouvoir effectif dans les mains des Espagnols
rsidant dans l'ile et ne touchent pas au moule dans
lequel est coul le vritable budget colonial, budget
qui rend lgale l'exploitation de Cuba et qui sera
vot en Espagne et pour les Espagnols. Ainsi l'a
reconnu et dclar M. Labra lui-mme, chef in
partibus des ex-autonomistes havanais.
Le grand historien Castelar ne russit pas s'ex-
pliquer l'ingratitude des Cubains, aprs que leur
Mtropole les a combls des bnfices qu'il numre.
L'Espagne, dit M. Castelar sans que sa plume ait
trembl, a aboli la traite, l'esclavage; elle a accord
la representation aux Cubains; elle leur a octroy
toutes les liberts, elle leur a offert un project de
gouvernement de l'ile par elle-mme. En effet:
l'Espagne a t force par l'Angleterre d'abolir la
traite et l'Angleterre lui donna comme compensation
deux millions de pesos; l'Espagne empocha les
millions et continue pratiquer l'infme commerce
jusqu' la veille de la revolution de Yara. En effet,
l'Espagne fut force par les Cubains en armes
d'accorder la libert aux esclaves qui taient leurs
cts et qui avaient t mancips par eux, ce qui
rendait obligatoire l'affranchissement de tous. En
effet, l'Espagne signa avec les Cubains un pacte
aux terms duquel l'ile devait tre reprsente aux
Corts; et la representation fut concde de telle
sorte que les reprsentants ont t les residents
espagnols. En effet, l'Espagne a promulgu sa
Constitution Cuba en la soumettant la volont


d'un gouverneur gnral; et l'ombre de ce fonc-
tionnaire, tous les droits du citoyen ont t fouls
aux pieds et les Cubains ont t impunment expul-
ss, btonns et assassins par les agents du gou-
vernement espagnol. Pendant la priode constitu-
tionnelle, Cuba a t place sous le regime du
Componte (i), rgime don't M. Castelar n'a jamais
connu sans doute les dlices. Et, en effet, enfin,
l'Espagne a offert Cuba l'administration de ses
propres resources aprs qu'elle aura pay la dette
norme qui pse sur elle, le corps d'occupation, la
flotte qui la bloque et tous les frais dits de souve-
rainet et tablis par la Mtropole et sa guise.
Voil ce qu'on appelle dans la langue purement

(r) Componte.- Les Espagnols, Cuba, dsignent
par le mot Componte le fait d'attacher un prisonnier
et de le frapper coups de bton jusqu' le laisser
presque mort. En gnral, cela se fait dans l'int-
rieur des prisons au mpris de toute loi et en
cachette. Les malheureux qui ont perdu la vie par
suite de ce chtiment aussi lche qu'infme sont
nombreux. N. de la R.


espagnole de M. Castelar: le
de Cuba.


gouvernement direct


Le grand rpublicain lve.les yeux au ciel et pousse
les hauts cris quand il dnonce notre insolence.
Nous nous contentons, nous, de mettre la triste
ralit en presence du monument de mensonges
lev par cet imposteur politique et de le livrer au
jugement de ceux qui aiment vritablement la
libert, la justice et l'humanit.




-------^re------

SERVICE POSTAL DE LA

RPUBLIQUE DE CUBA

Dans La Rpublique Cubaine du 9 juillet der-
nier, nous avons public le fac simile d'une enve-
loppe qui portait un timbre de notre rpublique et
avait t expdie de Cuba Libre, enregistre par
l'Administration des posters espagnoles de La Ha-
vane, et finalement tait parvenue sans aucune diffi-
cult son destinataire, M. Emilio del Castillo, rsi-
dant New-York.
Nous offrons aujourd'hui nos lecteurs une gra-
vure reprsentant une des deux enveloppes adresses
au gnral Roloff, ministry de la guerre de la Rpu-
blique de Cuba et qui, d'aprs un journal amricain,
sont les premires lettres arrives aux Etats-Unis,
aprs tre passes par deux administrations des
postes cubaines. Les mots effacs en parties dans
l'angle suprieur de droite disent: Province de
Camagey .
Ce fait prouve, d'une faon indubitable, que notre
organisation postal est aussi bien tablie que celle
des' autres branches de l'administration civil,


puisque les lettres circulent avec autant de rgularit
que si l'ile jouissait d'une paix complete.

Au sujet des timbres-poste don't il est parl ci-
dessus, notre distingu confrre L'Avenir de Saint-
Germain public ce qui suit :
RPUBLIQUE CUBAINE
Nous apprenons avec la plus vive satisfaction
que les timbres-poste cubains l'effigie de la nou-
velle Rpublique libre de Cuba sont dsormais ac-
cepts l'affranchissement des lettres et correspon-
dances sur l'tendue du territoire des Etats-Unis
d'Amrique. La dlgation cubaine New-York est
charge de leur mission et mise en circulation.
La collection complete comprend, pour l'ins-
tant, quatre timbres de couleur diffrente, de la va-
leur de 2, 5, io, 25 centavos.
Les philatlistes et tous amateurs peuvent s'en
procurer la collection complete au sige de notre
excellent confrre La Rpublique Cubaine, 20, rue
Saint-Vincent-de-Paul, Paris.


*


ATTAQUE ET PRISE DE JIGUANI

MALICE EN VUE DE L'EMPRUNT


Le major gnral Calixto Garcia a remport r-
cemment une nouvelle victoire sur les troupes espa-
gnoles.
Le 14, aprs un combat acharn auquel ont pris
part l'infanterie et l'artillerie, il s'est empar de la
ville de Jiguani () don'tt il a presque compltement
dtruit les fortifications. La garnison a d se replier
pour pouvoir sauver le reste et soigner ses nombreux
blesss.
Mis le lendemain au courant de l'vnement, le
gnral Rey, qui se trouvait Veguitas, march avec
sa colonne au secours de la garnison. Mais il fut
attaqu pendant tout le trajet, avec vigueur, par les
forces cubaines. Ces dernires, bien retranches, lui
firent subir des pertes sensibles. Le rapport espa-
gnol, pour attnuer dans la measure du possible l'im-
portance de ce fait d'arme; pour les Cubains, n'ac-
cuse que cinquante-quatre morts et quinze blesss
parmi lesquels un commandant, deux capitaines, un
lieutenant et un aumnieF.
Dans cette action, le major gnral Garcia avait
sous ses ordres les troupes commandes par les g-
nraux Agustin Cebreco et Pdro Prez, lesquels ont
beaucoup contribu au succs.


Parmi les nombreux moyens, tous plus insenss
les uns que les autres, que le gouvernement espa-
gnol songe employer en vue de raliser son em-
prunt indispensable au salut du Trsor espagnol, il
en est un qui mrite tous gards d'tre connu, sur-
tout en temps opportun.
On tudie dans certain cercles officials et finan-
ciers de Madrid, le moyen de pouvoir faire partir
de Cuba, pendant le mois d'avril, un corps d'au
moins 1oo,ooo hommes de ceux qui composent l'ar-
me d'occupation de l'ile. On espre ainsi qu'il sera
facile de dmontrer que la pacification, annonce
tous les jours, est un fait indiscutable, puisque le
gouvernement espagnol peut rappeler une parties
important de ses troupes. On obtiendrait, par cet
artifice, le credit don't le gouvernement a un si ur-
gent besoin pour mener son project d'emprunt
bonne fin.
Mais ce qu'on a grand soin de taire en vain,
car la chose saute aux yeux, c'est qu'il s'agit
aussi de mettre les soldats l'abri de la fivre jaune
et d'autres maladies qui font tant de ravages pen-
dant l't dans les rangs des Espagnols Cuba. En
attendant la fin de l't, on enverrait les troupes aux
Philippines o le gnral Polavieja a grand besoin
de renforts.
Nous laissons au lecteur le soin de faire toutes les
rflexions que comporte, en ce qui touche la situa-
tion de l'Espagne, l'analyse de la grosse malice que
nous venons de signaler.


(i) Jiguani. Ville du terme municipal du mme
nom. Plus de i5oo habitants. A c10 kilomtres de
Santiago de Cuba. N. de la R.


*


LP






25 MARS 1897.


POUR LES BLESSES G UBAIN

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






9nme Liste :
Francs.
Mr.: Dulur. [Lige ................... -o.oo
Mr.-A. ;H ........... .. .... I.00
Un ami du gnral Mximo Gmez....... 2.00
Un ouvrier franais ..................... o.5o
M r. G. H ............... .... .. ..... o.5o

Total.................. 34.00
Total antrieur......... 844.55

Total gnral........... 878.55

Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rppblique Cubaine, .20, rue Saint-Vincent-
de-Paul,..en ayant soin:d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t premises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en.a donn 'reu. N. de la R.




-HOMMAGES 'A CUBRA


Qupique la questionde Grce absorbe complte-
ment l'opinion publique en Europe, il y a cependant
quelques peuples qui n'oublient pas que de l'autre
c6t de l'Atlantique existe une arme de patriots
combattant pour l'indpendance absolue de.sa patrie
et dcide, aujourd'hui plus que jamais, vaincre
ou mourir.
Le Peuple Cubain, que l'on croyait entirement
dcourag aprs la mort de son vaillant gnral
Maceo, donne l'exemple d'une decision et d'une vi-
rilit que l'histoire enregistre rarement. Non seule-
ment il a redoubl de courage, dfiant l'ennemi dans
la capital mme, maisil refuse avec indignation les
propositions fallacieuses du gouvernement espagnol,
qui pense pouvoir viter les conflicts avec d'autres
nations en faisant croire un changement de politi-
que, qu'il reprsente come magnanime ethuma-
nitaire quand c'est tout le contraire.
Nous avons eu dernirement la satisfaction de
serrer la main a un de nos bons amis, M. Bernardo
Caymari, qui vient de rentrer ,Paris aprs avoir fait
un voyage:en Italie pour rendre visit une de ses
charmantes filless, ,marie un diplomat sud-am-
ricain rsidant Rome. Dans ce voyage, M. Cay-
mari, Cubain de naissance, et son.intelligente,pouse,
la fille du martyr Domingo Goicpuria, garrott par
les Espagnols, La Havane, pendant la dernire
guerre, l'.ge de 62 ans, ont t l'objet des plus
enthousiastes manifestations dans toutes les villes
:i.il.[-.si qu'ils ont visites. Les populations italien-
nes, sapis doute; ont voulu par ce moyen faire preuve
de leur amour et de leur sympathie pour la cause de
la libert Cubaine.
Ds son arrive Rome, plusieurs dputs et
hommes politiques d'importance, qui constituent le
Comit Italien Central pour la Libert de Cuba, vin-
rent lui rendre visit, et dans les terms les plus
chaleureux Lui exprimrent leur dsir de rehausser
par sa presence les manifestations en faveur de la
Revolution Cubaine, qui devaient avoir lieu prochai-
nement. M. Caymari leur rpondit en patriote, ac-
ceptant leur invitation et les remerciant pour leur
tnacit soutenir une cause sainte que l'opinion-
paraissait momentanment oublier en raison des
vnements de Crte.
Plusieurs rdacteurs des principaux journaux de
Rome sont venus de suite lui demander des inter-
views qu'il accord avec la meilleure grce. La Tri-
buna, entire autres, dans sa second dition du i3 f-
vrier dernier, publiait quelques-unes des rponses
faites par Caymari l'interviewer; nous lts recom-
mandons tout spcialement nos lecteurs.
Crovez-vous, lui dit celui-ci, que les rformes
accordes par le gouvernement espagnol suffiront
pour touffer la Rvolution ?
Non, rpondit Caymari, nous avons eu trop
de dsillusions ; la guerre de 68 se terminal par une
transaction, aprs dix annes de luttes, et l'Espagne
ne remplit aucune des processes faites par elle dans
les camps du Zanjn. Cette nation est trop attache
au systme colonial de Philippe II et Ferdinand VII;
eile n'arrive mmre pas comprendre que nous som-
mes, nous autres Cubains, pius avancs que les Es-
paginos,'et qu'enfin nous sommes las de leur despo-
ti.,-. -pr'. :. quatre sicles de resistance,
Pourquoi ne restez-vous pas fidles lI mtro-
pole si elle.arrive accorder les rformes ?
St,le gouvernement espagnol les avait accor-
des avant, s'il avait eu plus de .prudence, s'il avait
rempli ses processes, nous n'aurions pas rpondu
la voix de notre grand agitateur Jos Marri, le pr-
parateur de notre Rvolutiion actuelle, come Giu-
seppe Mazzini prpara la 'vtre. Non, aujourd'hui


c'est trop tard, nous sommes compltement con-
vaincus que si l'Espagne fut une grande nation
conqurante, elle est la plus dtestable des coloni-
satrices, surtout sous les homes d'Etat modernes,
Canovas, Sagasta, etc. Il faut vous convaincre que
les Espagnols ont t toujours les mmes chiens
avecdiffrents-:colliers; l'orgueil domine la raison
chezz ces gens-l; Canovas et ses acolytes ne veulent
mme pas reconnaitre que nos frres qui combattent
Cuba sont les fils de tant de hros qui ont su
mourir.dans lestbatailles.-et sur l'chafaud en dfen-
,.dant la libert.Ils prtendent:.que des hom!mes-;q.uii
:dmontent.idepuis un sicle:qu'ils prfrenthila mort
l servitude, doivent rester dociles et soumis ces
hordes des proconsuls que la mtropole envoie pour
les exploiter, avec des tarifs diffrentiels qui rui-
nent le commerce et empchent le dveloppement
de la richesse du sol. Ils prtendent enfin qu'ils de-
vraient se contenter d'une representation politique
qui n'est qu'une mystification ridicule.
Les Cubains tiennent-ils beaucoup l'aide mo-
rale des nations europennes ?
Oui. Nous dsirons que dans ces grands foyers
de civilisation, s'agite la question cubaine. Notre
idal, en effet, ne se borne pas . obtenir notre ind-
pendance; nous.n'levons pas seulement nos soix
en faveur de nos victims et de nos blesss, nous les
faisons surtout vibrer pour la justice .sociale. Nous
demandons l'Europe la mme sympathie, qu'elle
accorda aux colonies anglaises .qui se rvoltrent
contre la mtropole britannique, laquelle ne massa-
.cra pas, ni ne fit mourir dans Jes cachots ou sur les
chafauds des milliers de victims, comme en sacr!-
fient journellement les Canovas et les Weyler.
Qu'avez-vous dire de la pacification annonce
par les journaux?
Quoi Cuba pacifie lorsque aux portes mme
de La Havane brlent Guanabacoa, la Vibora et au-
tres faubourgs de la capital! Cuba pacifie! quand
le fameux boucher Weyler, ce nouveau pacificateur
l'espagnole, n'ose pas rentrer par la voie de terre
et tient toujours.prt:.sa disposition un navire de
guerre pour le transporter Cuba pacifie! lorsqu'un
journalist comme Morote, correspondent. de:El'Li-
beral de Madrid, s'tant loign de quelques.mtres
.seulement de Sancti Spiritus, tombe.aux' mains des
patriotss qui, au lieu. de le fusiller comme il le m-
ritait,.le laissent aller en libert et lui donnent.une
escortepour .lereconduire au camp espagnol C'est
vraiment.une bizarrepacification.
Croyez-vous certain la victoire de vos con-
patriotes ?
Je la crois inevitable. Les Bourses euro-
pennes peuvent trs bien maintenir un prix fictif
la Rente espagnole; on peut aussi faire des traits de
commerce avec les Etats-Unis, mme en passant sous
les fourches caudines des Yankees; on peut parler
des soumissions faites par certain patriots, et mme
chanter des hymnes en honneur du fameux pacifi-
cateur Weyler; ce qu'il y a de certain, c'est que l'ar-
me libratrice occupe aujourd'hui toute l'ile, ex-
cept les villes principles. Sans avoir jamais eu plus
de huit mille combatants, la dernire guerre d'ind-
pendance dura io annes et ne dpassa pas la pro-
vince de las Villas, la guerre actuelle qui compete
plus de 5o,ooo hommes bien arms et quips et
5o,ooo autres attendant des rifles et des munitions,
pourra srement se prolonger autant que le voudront
les patri6tes cubains. Nous suivons l'exemple de
cette mme Espatn,: avec de la constance, elle
vainquitles Phniciens,.les Carthaginois, les Romains.
Avec la guerre des guerrillas, elle mit la porte le
grand Capitaine du sicle protg par son propre roi
Ferdinand VII. Nous sommes srs de vaincre. Nous
n'avons besoin d'autre chose que des armes et des
munitions et nous les prenons l'ennemi; i'Espagne
dpense 2 millions de francs par jour pour l'entre-
tien de son arme, la ntre ne reoit aucune aide
pcuniaire. Cuba sera libre et indpendante et alors
elle n'oubliera pas les peuples gnreux qui, comme
l'Italie, ont ,...:,'.-4 sa -rdemption; ils trouveront
dans ses riches territoires des vastes champs pour
dvelopper leurs industries et leurs travaux et dans
ses citoyens cubains des frres.
A peine la nouvelle de l'arrive de la famille Cay-
mari fut-elle connue, que les dmocrates italiens de
presque toutes les villes se sont empresss d'envoyer
des tlgrammes et des lettres de flicitations; nous
avons eu entire les mains quelques-uns, entire autres,
de la dmocratie de Milan, des rpublicains de Pa-
via, de la Confdration ouvrire de Gnes, du Parti
rpublicain de Toscane, du cercle Safti, du cercle
Quadrio, du cercle Possenti, de la Fraternit .mili-
taire, de la Confraternit ouvrire, Carlo Bini, des
Loges le Devoir, Orsini, Suola Campanella, de la
Dmocratie de Livourne et de la Dmocratie de Te-
ramo.
Le Comit Cubain de Terni, ville ouvrlire prs de
Rome, a voulu fire aussi une manifestation en fa-
veur de M. Caymari et prpara une grande runion
pour le 24 Fvrier, date de l'anniversaire .de la Rvo-
lution actuelle. Voici comme on a annonc ce grand
meeting sur les affiches et dans les journaux que
nous venons de recevoir :
Dans cette ville, qu-i est le centrele plus impor-
tant de la classes ouvriere, nous ne devons pas ou-
blier la date solennelle de la Bastille cubaine, le sou-
venir du jour o Cuba se rvolta pour initier une
histoire glorieuse ensanglante du plus noble er plus


pur martyre human; nous ne devons pas oublier
quau del de l'Atlantique on souffre et combat avec
un,'courage irrductible et avec une tnacit exem-
plaire pour la libert et le bien-tre d'un people au
nom d'un idal qui fut l'indice de la resurrection
italienne la dignit de nation.
Bernardo Caynmari, rvolutionnaire cubain .et
gendre du gnral rvolutionnaire Domingo Goi-
couria mort sur l'chafaud La Havane :pour
dfendre la Rpublique, arrivera dans notre ville
Sdemain mercredi '2 heures en. conppagnie du..d-
:put Pautano et d'u'D' Falco. Tous 'ceux .qui S"'in-
tressent la libert ides peuples -sont. p;is ;de se
trouver .2 heures prcises la Gare pour recevoir
Cay,mari,'Pautano et Falco .
Effectivement, le lendemain setrouvaient la gare
plus de o1,on0 ouvriers qui accompagnrent ces
Messieurs-au vaste local o avait lieu le meeting.
Pautano prsenta la runion M. Caymari qui fut
acclam par l'auditoire. Dans un discours vhment,
le dput de Terni rappela les actes 'hroques et de
dvouement accomplish par les patriots cubains, il
voqua en. terms .mus le souvenir du vaillant
guerrier Maceo, et conclut en recommandant tous
les rpublicains de continue leurs efforts en faveur
de Cuba, que la questions crtoise ne saurait faire
oublier.
Plusieurs orateurs ont pris ensuite la parole et on
a quitt le meeting pour se rendre un banquet de
2,ooo.citoyens o l'esprit le plus cordial n'a cess de
rgner. Au champagne, le D' Ealco a bu l'indpen-
dance de Cuba et a prsent une srie des resolutions
en faveur des patriots en armes centre l'Espagne.
M. Caymari, au nom de ses compatriotes, pronona
les paroles suivantes :
Je voudrais avoir le talent du Dante et l'lo-
.quence de Cicron.pour vous remercier, au nom de
mes concitoyens, des preuves de sympathie .que
vous venez de leur donner et de vos.efforts pour ai-
der leur mancipation.
Continuez-nous votre appui si prcieux, et soyez
.persuads que si le malheur vient frapper un jour la
Patrie italienne, vous trouverez Cuba Libre un
peoplee ami qui, avant.gard en soh ceur le souve-
nir 'reconnaissant de votre aide personnelle, vous
ouvrira les bras.
Je bois la prosprit et la grandeur du people
italien .
Quelques jours aprs son retour Rome, M. Cay-
mari, comme il l'avait.promis, se rendit au thtre
Esquilino o il fut de nouveau l'objet des manifes-
tations les plus chaleureuses. Reu la porte par
une commission spciale, on le conduit la prsi-
dence o se trouvait le buste du gnral Maceo, en-
velopp.du drapeau cubain. Le D' Falco le prsenta
au public qui lui fit une enthousiaste ovation.
Aprs le discours du D' Falco, qui fut trs ap-
plaudi, l'honorable dput Bovio prit la parole et
pronona une oraison de la plus sublime loquence;
.il mit dans la bouche du martyr Maceo l'histoire la
plus touchante des sacrifices et des victims dans la
lutte de Cuba contre l'Espagne.
Ce fut presque du dlire qui accueillit cette parties
du discours, qu'il terminal en saluant la Rvolution
cubaine, les patriots en armes et les citoyens cu-
bains reprsents, dans cette occasion, par le patriote
Bernarto Caymari.
Dans des phrases trs appropries, M. Caymari
remercia en finissant par un cri enthousiaste de :
Vive l'Italie! et embrassa le dput Bovio qui prsi-
dait la runion.
Il serait trop long de relater les manifestations de
-sympathie prodigues la famille Caymari dans son
voyage de retour Paris. A Florence, plusieurs
dames ont tenu lui tmoigner leur sympathie en
offrant M"" Caymari des gerbes de fleurs qu'elle a
acceptes, trs mue de cette charmante attention.
Nous tenons fliciter M. Caymari de son dvoue-
ment la cause cubaine; s'arrachant aux douces
effusions de sa famille, il s'est empress de rpondre
aux invitations des rpublicains italiens, en cl-
brant avec eux le mmorable anniversaire du 24.F-
vrier 1895.




---------^^ ^-------


LE GENERAL MACEO

A COSTA RICA


Nous nous faisons un plaisir de reproduire les
passages suivants d'un article ds a la plume d'un
crivain distingu :

La nuit pendant laquelle Antonio Maceo fut
otless par derri-re Costa-Rica. i'accourus chez lui
.avec mon frre qui tait son mdecin. Les conjurs
espagnols avaient voulu se dlivrer du future libra-
teur de Cuba en le tuant impunment dans l'ombre.
La balle pntra pr-s de la colonne vertbrale
peu de distance des poumons. La sonde du mdecin
:entrait dans une blessure profonde. Le bless ne se
dissimulait pas le danger. Nous.tions dsesprs
par ce grain de plomb, mais Maceo ne songeait pas
sa situation ; il se montrait came et souriant et,
pendant qu'on lui faisait les premiers pansements,


il s'occupait dicter au pote Loynz del Castillo,
la correspondence rvolutionnaire pour le courier
du matin. Se retournant vers le group don't je fai-
sais parties avec le gnral Plaza .et les crivains J.
Esa. Delgado et Eduardo Talero, il nous dit:
Ce contretemps est insignificant. Les Espa-
-gnols.entendront parler de moi avant qu'il soit
longtemps.
Je me souviens que son frre Jos, qui se trouvait
present, et qui. tait rest taciturne et la .tte baisse,
dressa l'oreille cette phrase comme s'il et ien-
tendu un clairon de champagne.
,,..Quelques mois plus ta.dd, Antonio Maceo-s'em-
barqua avec une poigne de braves,; Puerto Limon,
change d'enibarcation Las Balaanas .1 dil-. ;irqu
Cuba.

Judn D. f'ribe.

AUTRES DETAILS
Un rdacteur du journal mensuel, La-Sanidead,.
qui, sous la direction du citoyen Francisco Robai-
nas, se public Cuba Libre (Villas), donne les d--
tails suivants relativement l'assassinat du..gnral
Maceo. Les dtails ont t communiques notre
confrre, par le gnral Pedro Diaz:
Le gnral Maceo traversa la Trocha de Mariel
pendant la nuit du 4 Dcembre, et le 7 il. campait
avec 80 hommes San'Pedro (Province de La Ha-
vane), quand l'ennemi se prsenta devant le campe-
ment. Le feu aussitt ouvert devint bientt gnral
et, come un.des flancs faiblissait, le gnral Diaz
fut envoy pour le renforcer. Ce dernier aprs s'tre
battu un moment, remarqua que la position o il
avait laiss le gnral Maceo tait abandonne. Il or-
donna aussitt la retraite par chelon. Quand elle
s'oprait, le brigadier J. Mir, chef d'Etat-Major du
gnral Maceo, fit savoir au gnral Diaz, que Maceo.
et son aide de camp, F. Gmez, taient morts et que.
leurs cadavres se trouvaient au pouvoir des Espa-
gnols. Le gnral Diaz rassembla alors 43,hommes,
.seuls capable de.se battre ce moment, les plaa
sur un rang et leur dit qu'il n?tait pas possible de
laisser -au pouvoir:de l'ennemi des corps si prcieux.
Les hommes du gnral Diaz se prcipitrent alors
sur la colonne espagnole avec une ardeur terrible.
Quel pouvantable chtiment subirent-les enne-
mis. Le-feu mortel, qu' :bout portant faisaient les
-patriotes, causa d'innombrables pertes la colonne
qui commena .une retraite rapide et vertigineuse.
Les Cubains arrivrent l'endroit o se trouvaient
les corps de Maceo et de son aide de camp Fran-
cisco G6mez. Ils les recueillirent et leur prodi-
gurent les honneurs que.les.circonstances permet-
taient.
Voici maintenant, d'aprs le tmoignage du briga-
dier J.-Mir, ce qui s'tait pass 'pendant l'absence
du gnral Diaz. Maceo ordonnaila retraite et resta-
sur le champ de. bataille avec son seul Etat-Major.
A ce moment, il tombe frapp d'une balle qui rom-
pit l'artre carotide. -Son :aide de camp se porte
son secours, il tombe mort galement, it-i.1: que
deux autres aides de camp Nodarse et Justiz et le
chef d'Etat-Major sont blesss. Ce dernier partit
pour aller chercher des hommes. Pendant ce temps,
un guide et deux guerrilleros espagnols arrivrent
prs des cadavres et les .dpouillrent. Aprs quoi ils
firent part leurs chefs de l'vnement. La colonne
espagnole avana alors pour essaver de s'emparer
du corps de Maceo ; mais le brave Diaz arrivait ce
moment suivi de ses 43 hros. Il russit empcher
l'ennemi d'excuter son project et, grce lui, les
restes de notre lgendaire et vaillant Maceo et de
son aide de camp ne furent pas profans par la sol-
datesque.
La colonne ennemie tait celle du commandant
Cirujeda. Elle subit tant de pertes que, pour trans-
porter les blesss, le lendemain du combat, elle dut
employer plusieurs charrettes.

.--------,,-^.,rii-------

ESPAGNE ET CUBA


Les journaux espagnols continent enregistrer
les nombreux succs de l'arme de la Pninsule
contre celle de l'insurrection. Le gnral Weyler
(Heraldo du i5 mars) a crit au Ministre de la
Guerre pour lui announcer les succs remports par
ses troupes Pa'ila Baracoa, San Roque, Santa Ro-
salia. Aurait-il omis de mentionner les checs subis
Congo Alto, Paredes Sabanilla, Bejucal et autres
lieux ? On n'en parole pas.
On a beau qualifier d'optimistes les nouvelles d.e
source cubaine, il est un fait incontestable : Depuis
trois ans les Cubains brandissent le machete ven-
geur dans toutes les provinces de l'ile, et cependant,
depuis trois ans, plusieurs reprises dj, l'Espagne
nous a annonc l'crasement des rebelles, la fin de
l'insurrection.
Les dpches espagnoles nous ont donn, cmmenie
l'poque de la guerre prcdente, un nombre d'in-
surgs tus suprieur celui des insurgs eux-
rnmmes.
Certains journaux franais prennent cceur la
cause de l'Espagne; je leur rappellerai qu'ils ont
oubli I'insuite que nous a faite un. de ses rois, A!-
phonse XII : tous les bons patriots se souvienne:;t,
en effet, de la nomination de ce roi au commandc-


~l~pi~p~ecap~ne~






25'- MARS 1897.


ment honoraire du rgiment de uhlans casern
Strasbourg.
Alphonse XII est mort, mais son esprit hostile
la France vit chez ses courtisans qui continent
penser come pensait leur matre.
Le fait suivant contribute l'indiquer : M. Estra-
da, grand d'Espagne de i" classes, dput aux Cor-
ts, ancien ministry, se trouvait en villgiature
Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrnes). Il exprimait la
satisfaction que lui faisaient prouver nos dfaites de
1870-71, et disait que, si Bismarck l'avait voulu, il
aurait annex non-seulement l'Alsace et la Lorraine,
mais encore la France entire. M. H. lui rpondit :
Nous ne serions pas sujets allemands pour cela,
car nous aurions envahi l'Espagne .
Et nous ? fit M. Estrada .
On vous .aurait expdi, au. Maroc, o vous
series mieux votre.place qu'en Europe .
Il suffit d'assister. une.reprsentation de, Cadiz
pour se rendre.un compete exact .des soi-disant sym-
pathies que le people, espagnol a pour nous : C'est
un dlire q.uand trois,.ou quatre Castillans exter-
minent sur la scne une quantity de Franais, et les
gavachos-que nous.som:mes n'ont qu' se bien tenir.
Morale. N'ous.n'avons au,ue raison de plaider,
la cause de T'Ep..i n.. tandis que tout nous porte
favoriser celle de Cuba qui est celle de la libert et
de la justice.
Quiconque aidera la Rvolution Cubaine aura le
mrite d'avoir contribu l'accomplissement d'une
grande et gnreuse ide.
A. Hiriart.
------^* Ai(t rs--


M. HONOR- LAIN


Nous avons public, dans notre 'numro du 3 sep-
tembre dernier, les lignes suivantes extraites du
.Courrier des Etats-Unis :
Nous recevons de M. F.-D. Lain, de La Havane,
une lettre relative son fils, M. Honor Lain, don't
l'arrestation .par les autorits espagnoles de Cuba a
donn lieu une double intervention de la part des
reprsentants de la France, et des Etat'-Unis.


D'aprs ce, que nous crit M. Lain pre, il est
inexact que M. Honor Lan ait t mis en libert
la demand des Etats-Unis, et il n'est pas vrai non
plus que son procs ait t renvoy devant les tri-
bunaux ordinaires.; il est encore aujourd'hui sous la
jurisdiction militaire, en attendant son jugement.
Le gouvernement franais s'est enfin dcid r-
clamer M. Lain, et celui-ci se troupe aux Etats-
Unis o la Colonie cubaine lui a fait le plus sympa-
thique accueil.
Ajoutons que M. Lain est membre de l'Acadmie
-des Sciences de La Havane. Ainsi que le dit notre
confrre Patria, il est rest plus d'une anne en
prison pour avoir commis le dlit d'aimer son pays
natal et d'admirer les. hros qui l'ont rendu libre. Il
a grav dans sa mmoire le souvenir des scnes ter-
ribles auxquelles il a assist et des rigueurs qu'il a
.subies.




CE QUI SE PASSE A CUBA


M. le baron G. Gostkowski, directeur du Nouveau
MIonde, qui vient de passer quelque temps La Ha-
vane, adresse de Ne\v-York son.journal une trs
intressante lettre de laquelle nous extrayons les
passages suivants :
Le gnral Weyler, qui command aujourd'hui
en chef, mrite d'tre mis, en bonne place, ct
des plus cruels, des plus cupides tortionnaires de
peuples, don't les noms sont clous au pilori de
I'histoire. Weyler, fouetteur de femmes comme le
createe Haynau; Weyler, pendeur d'innocents comme
le moscovite Mouravieff; Weyler, pillard et incen-
liaire comme l'taient jadis les Khans de T~'rtrie;
Weyler, enfin, un Espagnol d'occasion, qui en pr-
tendant renouveler Cuba les sanguinaires prouesses
du due d'Albe .da.s les Flandrps, n'a russi qu'
rendre plus impossible que jamais toute rconcilia-
tion entire la mtropole et son ancienne colonie.


L'incurie et l'immoralit des administrations
qui se succdent depuis trente ans Cuba ont faci-
lit plus qu'on ne saurait le croire la revolution, et
il n'est pas exagr de dire qu'elles ont t et sont
encore les meilleures allies des insurgs.

La dmoralisation administrative n'est, je crois,
nulle part.aussi baindle, qu'l Cuba, et c'est grande
piti de voir le people de la Pninsule prodiguer son
or et son sang, pour maintenir l'engrais une tourbe.
de fonctionnaires qui, sauf de fort honorables ex-
ceptions, n'a d'autre souci que le lucre malpropre.
C'est en vain que certaines publications officielles
prtendent dmontrer que. tout est pour le mieux,.
dans la Perle des-Antilles, et que les Cubains ont
mauvaise grce de se plaindre d'un rgime politique
qui n'est ni meilleur ni pire que-ce'lui qui existe
dans la Mtropole; tous ceux, insulaires ou tran-
gers, qui ont vcu dans l'ile de Cuba-'et qui ont eu
traiter avec une autorit civil cu. nitiilre, ou bien
avec un juge, vous difieront mieu; et ,plus sre-
ment que tous les factums et toutes.;. les..brochures
qui s'ditent -.Madrid par la grce d;eM., Canovas
del Castillo.
Le pot de vin atteint Cuba les proportions
d'un tonneau, sans lui rien n'est possible, et auriez-
vous la meilleure i.iare .proposer, vous chouerez
lamentablement, si votre proposition n'est pas ac-
compagne d'un chque au porteur. Les exigences
sont parfois si extravagantes, qti'elles rendent toute
affaire impossible. C'est par suite .de semblables exi-
gences que les Compagnies trangres qui,. sur la
foi de promesses officielles, avaient tudi et sou-
missionn, la construction de la ligne ferre de La
Havane et Santiago Cuba ont d renoncer cette
entreprise. Il fallait, parait-il, arroser tellement
Madrid et La Havane, que les caisses de ces so-
cits auraient t irrmdiablement mises sec,
avant mme d'avoir pu-commencer les travaux.
La.justice n'est pas.moins fantaisiste et, entire
mille examples des plus probants, je recueille celui-
ci: A.la suite d'incidents qui important -peu mon
rcit, une des plus importantes socits de construc-
tions et de mtallurgie de France avait d accepter,
en pavement de fournitures considrables, une vaste
proprit sucrire situe dans la province de Matan-
zas. Des employs de la Socit furent envoys de
France pour mettre en valeur les terres et diriger la
sucrerie. A peine installs ils furent l'objet des tra-
casseries administrative et de rclamations absurdes
de la part de leurs voisins espagnols. Un procs ne
tarda pas s'r n ,-'i .r et "i..... i. d- rn.., comipatriotes,
qui connaissait les faiblesses.du juge charge de ren-
dre la sentence, leur dit : En dehors du bon droit
qui vous assisted, il imported de vous assure de la
bonne volont du juge. A la veille de se marier, il
serait trs heureux de possder une voiture, coup
ou victoria, pour conduire sa fiance l'glise..
Une semaine aprs une fort jolie victoria arrivait de
La Havane et prenait place dans la remise du ma-
gistrat. Enchant, le juge dclara que son opinion
tait faite et que la sentence serait promptement
rendue la satisfaction des dlgus de F... et L...
Confiants dans ces bonnes paroles, nos braves Fran-
ais.retournrent l'ingenio planter des cannes
sucre.
L'avocat de la parties adverse, inform de l'envoi
de la victoria, alla trouver son client: Le procs
est perdu pour vous si vous n'avisez pas aussitt.
Les Franais ont donn une victoria au juge, qui en
tait ravi, mais ils ont oubli les chevaux, ce qui le
dsole. Htez-vous, envoyez-lui une excellent paire
de bons chevaux amricains et je rponds de tout.
II fut ainsi fait, et, quelques jours plus tard, le juge
rendait une sentence motive, condamnant nos com-
patriotes sur tous les points du procs. Indign au-
tant que surprise, leur avocat s'en fut chez le juge et
lui reprocha durement d'avoir manqu sa pro-
messe. N'avons-nous pas tenu nos engagements,
nous ? La victoria que vous souhaitiez, mes clients
vous l'ont donne. Qu'a donc fait notre adversaire,
pour que, contre tout droit, vous avez prononc en
sa faveur ?
Comment! vous l'ignorez, mais il m'a
envoy une superbe paire de chevaux et, ma foi,
mon cher matre : Los caballos siempre se lleparon
el coche. (Les chevaux ont emport la voiture.)
A la suite de cette difiante declaration, les trois
Franais firent leurs mqlles, prirent passage sur La
Navarre et rentrrent en France, jurant, mais un
peu tard, qu'on ne les repincerait plus Matanzas.

- ---- .- -


LA SITUATION AUX PHILIPPINES

Voici, en rsum, d'aprs Le Cri de Paris,
l'exacte situation des Espagnols aux Philippines :
La mtropole a envoy dans l'archipel, depuis le
commencement de l'insurrection : 18 canons, 6,ooo
grenades, i5 millions de cartouches, 40,000 kilos de
poudre, 580 sabres, 802 machetes grandss couteaux)
et 120 lances; 6 gnraux, 84 chefs (colonels et com-
mandants), 598 officers et 24,540 soldats. Voici le
dtail de ces derniers :
Infanterie.............. 20.821
Cavalerie................. .60
Artillerie................ 56i
Infanterie de marine..... 2.998

24.540


Ces forces, unies aux troupes indignes et aux p-
ninsulaires qui taient dj aux Philippines, forment
un contingent de plus de 5o,ooo homes, qui sont
insuffisants.
C'est pourquoi le gnral Polavieja, qui croit pou-
voir, avec le reste de ses forces car une grande
parties de ces hommes a t.anantie par la fivre et
les balles enemies prendre Imus, mais non Ca-
vite, dfendu par Emilio Aguinaldo, Rajas et 3o,ooo
tagales, a demand, exig des renforts.
Quant la situation des insurgs, elle est loin
d'tre aussi dsespre que veulent nous le faire
croire les journaux espagnols, voire les franais.
Les tagales se battent fort bien, tel point qu'il a
fallu donner aux Espagnols officers le mme uni-
forme qu'aux simples soldats, les ennemis tirant de
prfrence sur les galonns, tmoin la mort rcente
du gnral Zabala et d'un grand nombre d'officiers
espagnols.
Les insurgs competent plus de 65,ooo homes ar-
ms, don't plus de 3o,ooo sont concentrs Cavite.
Si cette ville tait prise, l'insurrection recevrait un
coup terrible, pareil celui que reurent les Cubains
lors de la disparition de Maceo; mais le movement
ne serait pas arrt pour cela, car, au lieu de se cal-
mer, il s'tend tous les jours. Dernirement encore,
le.r3 mars, une nouvelle province, celle de Bula-
can, s'est souleve sous les ordres de Pacheco.
Au dernier moment, nous apprenons que ce n'est
pas 1o,ooo hommes, mais 28,ooo que demand le
gnral Polavieja, et, malgr toute sa bonne volont,
le gouvernement ne peut lui en envoyer que 6,ooo;
mais il a offert au terrible dmissionnaire de lui en-
voyer le reste au plus tt, quite ne pas tenir sa
promesse. Et si vous croyez avec tout cela que la
press quotidienne est bien informe et 'que l'Es-
pagne est la veille. de triompher de l'insurrection
philippine, avouez que .vous y mettez de la bonne vo-
lont.

-I


Le rose et lI noir tel pourrait tre le titre des
lignes que chaque semaine trace ma plume dans le
but d'difier le lecteur. Le noir est fourni par les
extraits que je fais des apprciations ultra-pessimistes
des journaux espagnols, anglais ou amricains sur.
la guerre de Cuba; quant au rose il provient qui
l'et cr ? de la bave des reptiles.



Commenons par le noir. Le Tinies, de Londres,
public une lettre de son correspondent Cuba,
lequel aprs avoir parcouru la province de Pinar del
Rio assure que la dite province loin d'tre pacifie
est absolument au pouvoir des insurgs. Les Espa-
gnols sont l, come d'ailleurs ils avouent l'tre
dans la parties orientale de 'ile, sur la defensive.
Mais ce qui est noir pour les Espagnols est rose.
pour les Cubains; tout n'est-il pas relatif ici-bas... et
...u1t .: mme ailleurs?



Le Heraldo de Madrid s'exprime avecamertume
mais franchement :
C'est une chose triste, dans notre communica-
tion constant avec le public, que de ne pouvoir
abandpnner la note sombre du pessimisme; c'est un
grand malheu'r que de ne pas trouper des motifs
pour nous rjouir, mme en les cherchant avec
a'idit. Ce n'est pourtant pas un flibustier qui
parle ainsi, lecteur.


Notre confrre de Madrid continue:
Il ne serait pas discret d'oublier ce qui rsulte
des renseignements que nous envoient nos corres-
pondants, ce qui rsulte de ce que synthtise la cor-
respondance abondante que reoivent presque jour-
nellement ceux qui sont lis ces provinces par les
affections, la famille, l'amiti ou les affaires.
Le fait est que les journaux de Madrid ont des
raisons pour savoir ce qui se passe dans la grande
Antille... et pour le dire quelquefois.



Et notre confrre rpte, navr :
Non, malheureusement non, il ne nous est pas
possible de reflter des impressions d'un autre
genre.
Et ce qu'il y a de plus significatif, c'est que El Im-
parcial, El Nuero Rgimen, El Globo, etc., parent
sur le mme ton... Pauvre public franais, es-tu
assez tromp par ce que tu appelles tes journaux !



Nous voici au rose. C'est de cette couleur qu'ils te
font voir la situation de l'Espagne Cuba. Et mal-


heureusement ce n'est pas toujours par suite de leur
ignorance, de cette ignorance qui leur a fait prendre
des navires pour des homes, des stations balnaires
ou mme de simples villages pour des chefs insur-
gs. Non, il y a dans l'attitude de ces plumitifs
autre chose que du ridicule, il y a de l'odieux: on
te trompe, malheureux public, parce qu'on veut
ton argent; on te trompe parce qu'on reoit des sub-
ventions, des gratifications, des pourboires.
Que de misre, grand Dieu, et que de honte !



On s'est bien gard de te parler- je sais quelles
feuilles je fais allusion de l'extension que prend
le movement carliste, de la formidable organisa-
tion de ce parti, on ne t'a pas souffl mot des me-
nes des rpublicains, des fdralistes, des spara-
tistes catalans, etc.
Que veux-tu ? des intrts d'une nature particu-
lire s'opposent ce que tu sois clair sur tout
cela.


En revanche on t'a rebattu les oreilles de lafiert
castillane, de l'hrosnme castillan, come si la
fiert et l'hrosme ne poussaient qu'en terre de Cas-
tille.
Au fait, je vais en parler de ces products soi-disan.t
ibriques.
On savait dj que les rformes du sieur Cinovas
taient la rponse de ce pleutre au message du pr-
sident Cleveland annonant que les intrts des
citoyens amricains Cuba obligeraient les Etats-
Unis intervenir, lorsque l'impuissance de l'Es-
pagne vaincre l'insurrection serait dmontre.
On savait aussi que la grce du gnral cubain
Sanguily, naturalis citoyen amricain, avait t of-
ferte comme don de joyeux avnement au gouver-
nement de M. Mac Kinley. Mais voici de nouvelles
manifestations de la fiert et de l'hrosme castil-
lans.


On lit dans l'Heraldo de Madrid, oui de.Madrid,
la date du 15 mars 1897:
Le rappel du gnral Melguizo est, sans aucun
doute, l'une des premires consquencesdu change-
ment de politique dans la guerre de Cuba.
Ce n'est pas la premiere fois qu'on parle du re-
tard qu'on a fait subir ce gnral dans son avance-
ment au grade de gnral de division pour ne pas
dplaire au gouvernement des Etats-Unis.
Tout cela parce que ledit Melguizo, qui s'est
souill, dans la zne de Jaruco, du sang des paysans
sans defense, dplaisait, en sa quality d'assassin, au
gouvernemnent des Etats-Unis.
L, les voyez-vous la fiert et l'hrosme castil-
lans ?


Quant la gnrosit et la loyaut, autres pro-
duits de Castille, sol privilgi! un fait entire
mille va vous les montrer dans toute leur beaut.
En 1878, pendant la discussion des clauses du
pacte du Zanjdn qui mit fin la guerre de dix ans,
le colonel cubain Fonseca, chef d'Etat-Major de
Vicente Garcia, demand au gnral Martinez Cam-
pos:
Et qui nous garantit, gnral, l'excution de ce
que l'on nous promet ?
Et Martinez Campos rpondit:
Tout est garanti par l'honneur de l'Espagne.
Et les Cubains ont attend jusqu'au 24 fvrier
1895!!
Voil la loyaut et la gnrosit castillanes.
Mil. Jules Roche, Denis Guibert et tutti quanti,
parent constamment de ces vertus espagnoles, mais
ils ont oubli de nous en citer des examples. J'ai
tenu combler la lacune.


Rose et noir , ai-je dit en parlant de ces guer-
rillas.
Ah si le noir pouvait tre un contre-poison effi-
cace contre le venin des reptiles bave rose!...
C'est tout ce que je souhaite.


REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du i5. Un vapeur qui vient d'arriver Key
West venant de Miami n'a rencontr pendant son
voyage aucun navire suspect.
Le gnral Roloff et M. Castillo ont fait dfaut
dans l'affaire de l'expdition du Wordale. En con-
squence, leur caution a t confisque. MM. Luis
et Trujillo ont oppos l'accusation des dngations
formelles. Leur caution a t nanmoins porte
17,000 francs.
Le gouvernement de la Rpublique de Cuba se
trouvait rcemment San Geronimo (province du
Camagey). Les troupes espagnoles, qui avaient
quitt: la capital en vue de' le poursuivre, ont t
constamment mises en droute aprs de nombreuses


;~a~P~ine~






25 MARS 1897.


escarmouches. Les Espagnols manqurent d'eau fr-
quemment, et cela avec une chaleur insupportable.
Ils n'avouent, dans leurs tlgrammes officials, que
7 morts et 20 blesss.
Les rencontres deviennent de plus en plus fr-
quentes dans les provinces de Pinar del Rio, La Ha-
vane et Matanzas, que Weyler, depuis longtemps, a
donnes comme pacifies.
6,000 soldats espagnols, qui devaient s'embar-
quer Cadix cette semaine pour La Havane, seront
envoys Manille o la revolution prend tous les
jours plus de force.
On croit que Weyler enverra en Espagne
1o,ooo hommes de l'arme de Cuba comme inva-
lides . On s'attend, La Havane une crise pro-
chaine.
Depuis que Weyler a dclar que la province
de Pinar del Rio tait pacifie, les garnisons des villes
de cette province sont constamment attaques et les
Cubains ont fait sauter douze trains.
Il est d aux troupes espagnoles Cuba 46
millions. Les soldats et les habitants meurent de
faim et de maladie.
L'lment espagnol, La Havane, estime que
le seul moyen de mettre fin la guerre serait de
traiter avec Gmez, mais que la presence de Weyler
dans l'ile rend cette solution impossible.
Du 16. El Pais, organe official du Parti auto-
nomiste, nie la fusion des parties rformiste et auto-
nomiste. Il dit que les deux parties resteront troite-
ment unis jusqu' ce que le rgime actuel ait t
modifi.
Les Cubains rsidant aux Etats-Unis competent
beaucoup, pour le succs de leur cause, sur l'arrive
au pouvoir de M. Mac Kinley, bien que cet vne-
ment ne soit pas jusqu'ici pour motiver tant d'dpti-
misme. Il est question maintenant d'obtenir la recon-
naissance officielle de M. Estrada Palma, dlgu du
gouvernement rvolutionnaire, qui a tabli publique-
ment ses bureaux dans la capital fdrale.
La Convention Rpublicaine de Rhode Island
s'est runie aujourd'hui pour nommer les fonction-
naires d'Etat. Elle a profit de l'occasion pour ma-
nifester les sympathies pour la cause cubaine.
Le vapeur Bermuda a obtenu l'autorisation
de quitter Fernandina (Floride), condition que ses
armateurs et son capitaine dclarent solennellement
qu'ils ne violent pas les lois de la neutralit des
Etats-Unis.
Le Cabinet de Washington a discut aujour-
d'hui la question des expeditions qui parent des
Etats-Unis pour Cuba. Il a t dcid que Mr. Me-
tenna, le nouvel attorney gnral, ferait connaitre
-son opinion sur le point de savoir si une force qui
doit tre apparemment transporte Cuba, sur un
navire avec des armes et des munitions, peut tre
rellement considre comme une expedition arme,
conformment l'esprit de la loi.
Du 77. Le correspondent d'un grand journal
de Londres lui tlgraphie qu'il vient de parcourir la
province de Pinar del Rio et qu'il l'a trouve com-
pltement dvaste, l'exception de quelques plan-
tations de tabac. Plus de 40,000 paysans, femmes et
enfants, obligs par le gnral Weyler de se consen-
trer dans les villes, meurent de faim. Les Cubains
en armes, au contraire, ont reu rcemment des ren-
forts en hommes et munitions. Ils occupent une
sierra situe au centre de la province. Ils descendent
frquemment dans la plaine pour livrer bataille aux
troupes espagnoles et s'emparer des troupeaux.
3o,ooo soldats espagnols se trouvent actuellement
dans la dite province pour la defense des villages et
des voies ferres. Jusqu' ce moment ils n'ont rien
tent pour s'emparer des positions occupes par les
Cubains.
Le correspondent d'un journal amricain,
La Havane, announce que les Cubains ont fait sauter
la dynamite un train qui passait le long d'une
profonde barranque au sud de Candelaria. 250 sol-
dats environ ont t tus ou blesss. Quelques-uns
ont t littralement mis en pieces. Il y a une
semaine que cet vnement s'est produit.
On announce de La Havane, la formation d'upe
commission tendant tudier les moyens d'aug-
menter l'arme et la flotte. Cette commission a
commenc ses travaux aujourd'hui. De nombreux
discours ont t prononcs.
Sagasta a dclar dans une interview qu'il se
chargerait du gouvernement si on faisait appel lui.
Mr. Mac Kinley et son Cabinet ont discut de
nouveau, avec l'Attorney gnral, la question des
expeditions cubaines. Ce dbat a t provoqu par
la demand de sortie faite par le capitaine du
Dauntless. Ce navire charge d'armes pour Cuba est
actuellement dans le port de Jacksonville.
M. John Morbray, accus d'avoir aid l'expdi-
tion Wordale en 1895 vient d'tre arrt aux Etats-
Unis. Il a t remis en libert sous caution.
Du 18. Le dpartement d'Etat de Washington
a reu le rapport de Mr. Lee, consul gnral des
Etats-Unis La Havane. Mr. Lee espre que sous
peu de jours Mr. Charles Scott sera remis en libert.


Mr. Scott, citoyen amricain, a t arrt sous le
prtexte assez curieux de possderplusieurs timbres-
poste cubains.
Du 19. Les propritaires du Bermuda ont ob-
tenu du cabinet de Washington ce qu'ils avaient
demand relativement aux lois de la neutralit. Ils
rclament maintenant des papers rguliers attestant
que leur navire part de Fernandina avec un charge-
ment d'armes et de munitions pour un port des
Indes occidentales sous la domination des Espa-
gnols. Les papers seront accords. Les propritaires
veulent dclarer sous la foi du serment qu'ils ne vio-
leront pas les lois de la neutralit ou de la naviga-


tion, que leur vapeur n'essaiera pas de transborder
son chargement sur un autre navire ou de le dbar-
quer sur un point autre que celui indiqu et, enfin,
qu'il ne prendra part aucune expedition flibustire.
On croit aprs cela qu'il recevra ses papers en rgle,
d'autant plus qu'il a t impossible de prouver que
le Bermuda, lors de son recent voyage de Philadel-
phie aux Bermudes, avait suivi une autre route et
s'tait mis en relation avec les expeditions cubaines.
M. Vives, natif de Cienfuegos, citoyen amri-
cain, a t mis en libert. Il ne reste plus dans les
prisons de Cuba que treize citoyens nord-amri-
cains.


COLLECTIONS
DE








Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal illustr 'a% QA\ ia,,
comprnant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement
restent notre charge.
Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la guerre de Cuba.

PRIME OFFERTE PAR LE JOURNAL
Nous offrons, titre (le prime exceptionnelle, une remise de 20 pour 100 sur les
prix sus-indiqus, ce qui rduit le prix de la collection 26 francs 40 pour la France et
28 francs 80 pour l'tranger.
10 A ceux de nos abonns actuels qui dsireraient acqurir cette magnifique collection;
20 A tous les nouveaux abonns au journal pour une anne.
Le dlai pour profiter de la prime a t fix :
10 Un mois pour la France (janvier 1897);
2 Deux.mois pour l'Europe (janvier et fvrier 1897);
30 Trois mois pour l'Amrique (janvier, fvrier et mars).


Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse M. l'Administrateur-Grant, 20,
Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


d'un
rue


NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection gratis.




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Prix du flacon, 2 francs. 1/2 flacon, 1 franc.
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re, ci-dessus et un timbre de garantie.


Le dpartement d'Etat de Washington n'a pris
aucune decision relativement au cas de M. Jos Gon-
zalez, qui n'a pas fait valoir sa quality de citoyen
amricain.
Le Club Libral de Madrid a t, cette nuit, le
thtre d'une srieuse bagarre. Des coups de revol-
ver ont t tirs et des coups de canne changs.
Trois personnel ont t srieusement blesses, entire
autres le fils de M. Salmern, le chef rpublicain
bien connu. Vingt personnel ont t lgrement con-
tusionnes.

TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le dessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.

Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.


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