Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: March 18, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00063
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Une anne, payable d'avance... 20 fr. I 2 fr.
20, ue Saint-Vinent-de-Paul e Anne PARIS 18 Mars 1897 N 61 Sf- .y ,r',,,,.::
2_PS8 a 1 7 Un semestre, Id. id ... Il fr. 11.50
Un trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'TRANGER
PARAIT .TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance........... 25 fr.
Un semestre, id. id. ............. 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUnIMERO....... o fr, 5a


DEUX ANS APRS

uba attend avec confiance les dcla-
rations de M. Mac-Kinley visant
l'actuelle revolution. Elle ne con-
nait pas les transesIde l'lbrie, sus-
pendue aux lvres du nouveau
President des' Etats de l'Union;
car son devoir lui a trac les.meil-
leures resolutions, quoiqu'il ad-
vienne, au course de ses vibrantes chevauches vers
la Lumire.
Qu'on le-sache bien, en effet : puisqu'il appert
que ceci .doit tre encore rpt, les Cubains sont
alls la revolution, ne comptant que sur eux-m-
mes et prts vraiment combattre de faon decisive..
Ils sont retourns dans la manigua, leurs chevaux
ayant peine oubli le chemin des pricdentes luttes
et des incomparables raids, mens cette fois de l'O-
-rient au Ponant. Ils ont dmontr, de faon superbe,
leur vitalit et leur grandeur ; et si demain M. Mac-
Kinley, s'inspirant du sentiment amricain, veut re-
connatre l'indpendance de Cuba, ce sera non seu-
lement un acte de gnrosit, comme on l'a crit,
mais encore un acte de haute justice.
Et un acte de haute justice d'accord avec la cons-
titution amricaine; d'accord avec les paroles de
l'illustre Secrtaire d'Etat, M. Shermann, qui de-
mandait il y aun an, au Snat de l'Union, de ne pas
tolrer une Armnie dans les eaux antiliennes.
M. Mac-Kinley veut la paix, ont rpt joyeuse-
ment les quotidiens, ces jours derniers. Eh bien la
paix ne peut tre avec l'Ibrie Cuba. Et les Cu-
bains qui ne veulent pas quitter leursol, renverront,
cela est avr, aux champs d'Andalousie et de Cas-
tille, les infortuns soudards de M.. Canovas.
Que l'on n'espre point surtoutqu'il puisse en tre-
autrement. L'indiffrence coupable des Etats-Unis
ne prcipiterait aucun vnement. Lors de la der-
nire guerre, -qui dura dix ans, le marchal Martinez
Campos, la gloire de l'Espagne, n'obtint la paix que
sur la foi de rformes que l'on n'accorda jamais.
Et, si l'on compare les deux guerres, on voit in-
contestablement l'Ibrie en meilleure fortune dans la
premiere revolution. Moins endette, moins puise,
elle avait encore toutes les resources de l'ile occi-
dentale'que les rvolutionnaires n'envahirent point.
Aujourd'hui, aprs deux ans seulement, Cuba est
sillonne en tous sens,, traverse de l'orient l'occi-
dent, pitine toute entire par le galop des bons
chevaux :de guerre. Et dj, aprs deux ans seule-
ment, c'est encore les Rformes qui rapparaissent,
come la panace des. batailles, come la bonne
fin des rudes teaches de l'Ibrie.
La drogue fut repousse, comme soulevant trop
de dgot. Valeriano sera contraintde repartir, le cou-
teau au poing, bien escort et bien protg. Son che-
val, bon gent d'Andalousie, s'impatiente pourtant de
ne pas coppaitre la victoire, le chemin fleuri qui
mne au Capitole.
Le gnral J.ovellar dclarait une fois au Snat es-
pagnol, dans un rapport official, que dans la guerre
de dix ans, l'Ibrie avait perdu Cuba 2oo.oco
homes.
C'est ce mme chiffre de soldats que l'lbrie a en-
voy jusqu' ce jour Cuba.
Concluez, Messieurs de L'Eclair, du Figaro et
autres feuilles sympathiques !


J


ASSASSINATE DU DR. RUIZ

Afin de montrer une fois de plus quel degr de
barbarie les Espagnols peuvent atteindre, nous pu-
blions aujourd'hui trois gravures extraites du New
York Journal et relatives l'pouvantable assassi-
nat commis dans la ville de Guanabacoa (i) par
ordre du froce chef espagnol Fonsdeviela. Ces gra-
vures sont : le por-
trait de la victim,
le Dr. Ruiz, le ca-
clot dans lequel il
a t enchain et tu
coups de bton, et
enfin la faade de la
prison (Real Cdr-
cel) de Guana-
bacoa. i
Le Dr. Ricardo
Ruiz tait n Cu-
ba. Il passa Phi-
ladelphie o il tu-
dia la chirurgie den-
taire et se fit rece-
voir docteur. Plus
tard, en 1880, il
opta pour la natio-
nalit amricaine et
vint exercer sa pro-
fession dans son
pays natal, o il ac-
quit une'rputatioh n
et une clientle.
11 ne s'occupait Le Dr. R
pas de la guerre;
mais, quand le
colonel cubain Aranguren, aprs la prise et l'incen-
die de la ville de Guanabacoa, s'empara d'un train
qui allait de Regla cette dernire ville, le chef mili-
taire espagnol Fonsdeviela, digne reprsentant de
Weyler en tant que lche assassin et sauvage, fit
arrter, sans motif, plausible de nombreux Cubains
innocents parmi lesquels le Dr. Ruiz.. S'il ne fit pas
assassiner aussitt le Docteur comme les autres
infortuns qu'il avait arrts, ce fut parce qu'il tait
citoyen des Etats-Unis; mais on l'enferma dans un

(i) Guanabocoa. Ville 8 kilomtres de La
Havane, plus de 20,oo000 habitants. N. de la R.


iL


cachot infect et l, on le martyrisa d'une faon
odieuse et infme ainsi que nos lecteurs le voient
dans la gravure que nous publions. Quand on le vit
l'agonie on le transport l'hpital o s'acheva
son existence.
Mis au courant des faits, M. Lee, .consul des
Etats-Unis La Havane, commena agir avec la
plus grande nergie. Il demand au secrtaire d'Etat,
M. Olney, l'envoi immdiat d'un navire de guerre,
charge de protger
les sujets amri-
cains. M. Olney
charge le repr-
sentant des Etats-
Unis Madrid d'a-
Sdesser une rcla-
mation au gouver-
nement espagnol, et
Cnovas promit
d'ordonner une en-
qute et de chtier
les coupables.
On va voir main-
tenant l'hypocrisie
et la mauvaise foi
qui distinguent le
gouvernement es-.
pagnof. Il a com-
-menc par charger
de l'enqute Ahu-
mada, cet autre
Sn ptigre, compagnon
de Zertucha dans
l'assassi'nat du g-
cardo Ruiz nral Maceo. Il
est facile de de-
viner qu'Ahu-
mada n'a pas tard dcouvrir des mdecins espa-
gnols qui ont certifi que le docteur Ruiz est mort
d'une... congestion crbrale! Ils n'ont pas ajout
naturellement que cette congestion avait t provo-
que par les coups de bdton que le Docteur avait
reus dans sa prison.
Mais, d'autre part, le fils de M. Lee vient d'arri-
ver aux Etats-Unis. Il y a apport les preuves de
l'assassinat du Docteur Ruiz et a dclar que son
.pre est dcid continue agir avec la mme
nergie et qu'il persiste affirmer et dmontrer la
vrit du fait barbare.
Attendons.


iii L'EMPRUNT IMPOSSIBLE

DEPART DE DEUX EXPEDITIONS

DECLARATION DE M. GOVIN


Depuis quelquesjours, malgr le silence gard
par les journaux intresss la ralisation de
I'emprunt espagnol, le bruit court avec insistence
dans certains cercles financiers: que le Crdit
Lyonnais refuse d'intervenir darns cet emprunt
si ardemment souhait par le gouvernement de
Madrid. Le Crdit Lyonnais n'interviendrait
que dans les premiers jours du mois de mai la
condition express qu'k cette poque l'Espagne
aurait .vritablement vaincu la Rvolution
Cubaine..
On sait aussi que deux juifs, grands joueurs
sur l'Extrieure Paris et fort intresss la
russite de l'emprunt, ont t excuts. L'un
s'est rfugi au Caire, l'autre est on ne sait o.
Inutile de dire qu'ils ont oubli de payer leur
dcouvert.
Comme on le voit, l'emprunt, rve dor de
Canovas, est aujourd'hui moins ralisable
qu'hier.


Les dernires nouvelles des Etats- Unis
annoncent que :deux expeditions pour Cuba,
avec armes et munitions, sont parties de deux
ports de cette Rpublique. On ajoute qu'avec
une d'elles serait parti Manlio Garibaldi, dernier
fils de l'inoubliable patriote et lieutenant de
navire de la flotte italienne. S'il faut en croire
11 Progress [talo-Americano, de New-York,
Manlio Garibaldi serait venu aux Etats-Unis
avec l'intention d'aller combattre pour l'indpen-
dance de Cuba.


M. Antonio -Govin, secrtaire de la Junta
Central d'i Parti Autonomiste et premier rdac-
teur du 1-ais,.organe official du dit parti, a
quitt La Havane pour se rendre aux Etats-Unis.
11 a dclar pendant la traverse que la souve-
rainet espagnole Cuba s'effondrait et qu'il ne
voulait pas mourir parmi ses ruines.
Il n'est pas douteux qu'il existe une relation
intime entrele dpart pour l'tranger et la dcla-
ration de M. Govin et l'entre dans le Parti
Rformiste de Zayas, Cueto, Saladrigas, Montoi;
et autres, la disparition du Pais et la dsigna-
tion de Montoro comme directeur du Diario. de
la Marina. Toutes ces nouvelles, nous les pu-
blions dans notre service tlgraphique special.
Nous attendons la semaine prochlaine pour nous
occuper des faits qu'elles signalent; faits qui
montrent aux moins instruits des choses cubaines
que la force de la Rvolution reverse tous les
obstacles opposes sa march.


*


Martyre du Docteur Ruiz






18 MARS 1897.


POUR LIESt BLESSI8 CUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR


8me Liste :

M. Henri Rochefort, rdacteur en chef de'
L'Intransigeant.....................
M "' Conchita....................... ....
Un ami des Cubains....................
M A H ........................ .......
M. Carlitos Grard et saa mre.............
Le Chevalier de la Paix .................
Un ami de Cuba Libre................
Ermitafio, rdacteur de La Rpublique
Cubaine..........................
Germaine, bb franaise-cubaine, de qua-
torze m ois ..........................
M. Adrien Labarraque .................
M. A. O................... ... ......
Les Exils des Glycines..................
Un rvolutionnaire ......... ............


Francs.

50.oo
2.00
20.00
2.00
3. oo
10.00
5.oo
5.00

5 oo

2.00
5.00
5o.oo

2.00


Total.................. 166.oo
Total antrieur......... 678.55

Total gnral........... 844.55

Nbta. --Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscriptidn au directeur ou a ladministrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul,'en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms,' les- professions et les- sommes, afin.
d'viter des erreurs dans les lists que nous publie-
rons. -. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.



CUBA ET LA ClRTE

On ne peut s'empcher d'tre frapp de l'analogie
qui existe entire ces deux insurrections, clatant
deux annes d'intervalle, aux deux bouts du monde :
mme mobile, mme pass d'esclavage, mmes ten-
tative's d'affranchissement et, finalement, mme
rvolte entrainant le people tout entier, mme guerre
sans merci que rsume noblement cet aphorisme
qui -fut et qui sera le Delenda Carthago de toutes
les rvolutions : vivre libre ou mourir. Oui, il y a
parit absolue entire ces deux insurrections contre
le despotisme, aussi les patriots de tous les pays
qui ont rsist au courant de dcrpitude, d'incon-
cevable avachissement qui svit de nos jours,'unis-
sent-ils dans un mme lan de sympathie fraternelle
les flibustiers cubains et les insurgs Crtois.
Flibustiers aussi, sans doute, ces malheureux qui
vivent sous le yatagan du sultan rouge et qui veu-
lent chercher refuge dans le giron maternel de la
Grce: flibustiers ou indignes d'tre soutenus,
puisque les puissances se coalisent pour leur im-
poser le matre qu'ils rejettent.


Les ficelles diplomatiques qui voudraient dissi-
muler cette intention des puissances europennes
ne sauraient tromper personnel, que je sache. .Que
parle-t-on d'autonomie effective quand on laiss, la
suzerainet au Sultan. .: :.
Cela nous semble sortir d.u mme. to6aii que
les, rformes promises- par le gouvernement
espagnol. Et quand le people demand des expli-
cations, se refusant approuver les dnis de justice
qui se commettent, on lui-rpond en parodiant le
mot: d'un personnage, de comdie: C'est. de la
diplomatie,.tu n'y entends;rien.
Ainsi cela se passe en Espagne, ainsi cela se passe
en France, et ailleurs.
Eh bien le people se moque de la diplomatic;
cette chose si complique chappe son entende-
ment: le people est simpliste, que voulez-vous ? et
il commence s'impatienter d'tre trait en enfant
qu'on satisfait d'une tartine oratoire beurre la
margarine diplomatique.
Il le fera voir.
Je ne sais pas si le gouvernement espagnol se
rend bien compete de la situation et s'il comprend
qu'aprs l'insurrection de Cuba viendront la faillite
d'abord et immanquablement la revolution intrieure
ensuite.
Ceci aura ht-cela. Le triomphe des rvolution-
naires cubains sonnera le glas de la monarchie espa-
gnole qui finira dans l boue et dans le sang comme
toutes les monarchies. Ce n'est pas en vaih qu'on
ordonne des Weyler de massacrer des prisonniers
et des blesss, de vendre des jeunes filles aux
maisons publiques, de soudoyer des traitres qui
assassin'ent par derrire les adversaires lo.yaux; ce
n'est pas en vain qu'on use de la question pour
obliger des malheureux faire l'aveu de crimes
qu'il n'ont pas commis: gare elle viendra la justice
immanente qui s'abattra sur vous, porteurs d'pes
ou de cagoules, derniers dfenseurs de l'Autorit
despotique, derniers instruments de l'abtissement
human; elle viehdra l'heure de l'entire dlivrance
des peuples.-
Les esclaves de tous pays se rvoltent: gare vous
autres, les moines voleurs des Philippines; gare!
fonctionnaires prvaricateurs, guerriers assassins
de Cuba; gare Abdul-Hamid de partout; le sang
appelle le sang; la Libert luit; votre quart d'heure
de Rabelais va sonner, tyrans.
Gloire vous, hommes d'Orient ou d'Occident
qui tombez pour la libert, car
... La guerre est just, elle est belle
Sous son tragique bandeau vert,
Quand on peut saluer en elle
La beauty des droits qu'elle sert!
Ecoutez le citoyen-pote ajoutant les potes
sont des devins :
La Rpublique universelle
Jaillira, vivante tincelle,
Des trous du suaire entr'ouvert


9 mars 1897.


*


QUEL ESPAGNOL SAUVAGE!

Le miserable voleur, la lche canaille qui, pour
l'effrot du monde civilis et la honte de l'Espagne,
gouverne Cuba; l'assassin, le bandit de la Sierra
Morena, don't le nom efface ceux de Jos Maria et de
Corocotta et qui a conquis un des plus horribles
chapitres dans l'histoire du banditisme, Valeriano
enfin, cette bte jalouse d'Attila, de Nron etde Ca-
racalla, convaincu qu'il ne peut tre victorieux ni
par les armes, ni par l'assassinat, ni par la trahison,
a imagine un autre moyen, non de vaincre srement,
mais de tuer aussi bien nos combatants que nos
" ieillards, nos femmes et nos enfants.
Il a ordonn de rpartir dans les campagnes les
vtements des victims de la variole, afin de propa-
ger l'pidmie dans les campements et les hpitaux
cubains.
Mais ce sauvage n'avait pas prvu ce qui arriverait:
Ds qu'ils ont t aviss de ce qui se passait, les Cu-
bains ont donn l'ordre de brler bonne distance
les lieux o se trouveraient ces vtements quels qu'ils
soient, et ainsi a t rendue inutile cette nouvelle
weylerade.
Par contre, le boucher est impuissant brler la
fivre jaune, l'anmie et la variole qui dciment ses
troupes, le discrdit de l'Espagne et l'Ayacucho cu-
bain qui se prpare.




LES CARLISTES EN MOVEMENT


Depuis assez longtemps, les partisans du rey ab-
slohuto guettaient le moment de faire chavirer le
char...'pardon, la bicyclette de l'Etat, que conduit
traversI tant de fondrires le jeune sportsman
Alphonise pumro treize.
Il faut reconnaitre que, avec une complaisance
infinie, notre digne ami Canovas avait consciencieu-
senment fait tout ce qu'il fallait pour leur aplanir la
voie. Sous la monarchie constitutionnelle -du petit-
fils de la chaste Isabelle, le prtre et le bourreau -
personnages qui vont gnralement ensemble -
rgnaient en Espagne comme au temps bni de la
trs sainte Inquisition; les officers frappaient
sabre que veux-tu sur les pkins; les vols, les con-
cussions et les tripatouillages lectoraux prenaient
un dveloppement inou.
Dup par les politicians rpublicains de l'cole
Castelar, Tartufe et compagnie, le people indifferent
et accueilli sans trop d'hostilit un changement
quel qu'il ft, se disant qu'aprs tout, son sort ne
pourrait gure devenir plus miserable qu'il n'tait.
Une seule chose lcignait les carlistes d'un mou-
vement immdiat :la ncessit, s'ils arrivaient au
pouvoir, de liquider les questions cubaine et phi-
lippine. Or, cette liquidation, ils ne pouvaient l'es-
prer leur profit, Miximo Gmez ayant pris l'ha-
bitude d'infliger dfaite sur dfaite aux gnraux
espagnols et, d'autre part, les insurgs philippins se
defendant comme des enrags contre tous les Pola-
vieja envoys de la mtropole.
Cependant, on se lasse de tout mme d'attendre,
et les fidles du roi don't les exploits sur les grande
routes sont devenus lgendaires, ont fini par appr-


hender qu' force de mrir, la poire ne devint pour-
rie. Ils semblent donc avoir sorti du fourreau toutes
leurs Durandals et toutes leurs pinces-monsei-
gneurs...
Des tlgrammes signalent leurs movements dans
les provinces du centre : vont-ils se dcider fran-
chir ce Rubicon que serait le Mananafs s'il ne
manquait d'eau pendant neuf mois de l'anne ?
Cuba, les Philippines et les carlistes, ce sera beau-
coup la fois. Allons, Canovas, prends tes prcau-
tions : c'est le moment ou jamais de faire un nou-
vel appel au porte-monnaie des gogos.






SALUT A ROCHEFORT

L'intelligent crivain colombien, Mr. Juan de
Dios Urile un des plus enthousiastes dfenseurs
de l'indpendance cubaine, vient d'adresser
notre ami et collaborateur, Vicente Mestre y
Amabile, la lettre suivante saluant le vaillant
rvolutionnaire M. Henri Rochefort, laquelle nous
reproduisons avec plaisir. La voici :
Quito, le 7 novembre 1896.
Mon cher ami,
Nous livrons la bataille cofitre le clricalisme dans
son propre nid. Nous luttons pour. Cuba qui, ra-
dieuse, s'lve au-dessus des flots, embellie par le
sacrifice.
Nous remercions l'illustre Rochefort de prter
l'appui de son nom aux opprims. Si son histoire a
t sublime en Europe, elle appartient aujourd'hui
aux annales de l'Amrique, o les homes libres
l'aiment et o l'on 'n'oublie pas les lutteurs de la
dmocratie, comme dans les pays en dcadence.
Dis-lui qu'il y a de ce ct de l'Ocan des milliers
d'hommes qui versent leur sang pour les ides gn-
reuses qu'il dfend en faveur de l'espce humaine, et
prsente-lui l'hommage de mes respectueux remer-
ciements.


Ton ami,


Juan D. Uribe.


ACTUALITY

Une dpche de Madrid (Le Petit Journal du 1
mars) nous a annonc que le conseil des ministres-
a examin la question des resources affectes aux
campagnes des Philippines et de Cuba; il a reconnu
qu'aucune. nouvelle operation de credit n'tait nces-
saire.
Dans ce texte, possible et t plus exact que n-
cessaire.
Ils sont trop verts, dit-il, et bon pour des goujats,
est une jolie broderie sur ce thme de Canovas.
La situation parait aussi mauvaise aux Philippines
qu' Cuba. La dmission probable du gnral Pola-
vieja et l'envoi de nouvelles troupes Manille indi-
quent que la pacification de cette colonie est loin
d'tre un fait accompli.
A Cuba,'l'insurrection lutte toujours avec avan-
tage parce que ses combatants, bien pntrs de
leur rle, se battent avec courage pour la plus noble
des causes : celle de l'indpendance.


FEUILLETON
DE


PAGES DE LA GUERRE






CARLOS PREVAL





Santiago de Cuba peut tre fire de sa jeunesse.
De ses hautaines et vieilles maisons, de la sinc-
rit de ses pauvres, de ses champs fertiles, de
ses colleges progressistes, sortirent, h l'appel de
l'honneur, les mes dcides, majestueuses com-
me les Ames qui entourrent leur berceau, inca-
pables de se laisser vaincre par la trahison et
immuables devant le devoir comme la roche vive
de ses pics escarps, sereins et limpides comme
le ciel bleu, plein de lumire, o l'on n'arrive que
par le martyre et l'hrosme, Santiago de Cuba
jeune ne marchanda pas son sang la patrie.
Elle n'attendit pas les autres pour se dcider.
Elle fut la premiere son poste, et ce fut elle qui,
la dernire, le quitta.
Et la gloire d'avoir servi d'exemple la jeu-
nesse cubaine et de s'tre mise l'avant-garde de
cette plade qui sortit de Santiago pour laisser
sans spulture ses restes dans les montagnes
orientales, pour se confondre en un dernier em-


brassement avec ses frres du centre dans leurs
piques savanes du Camagtey, pour marquer
d'une trace de sang l'invasion triomphante de
las Villas, pour tomber la fin de la journe
- aux confins mmes de l'Occident, pour souffrir
aprs la dfaite, dans le nostalgique exil, mais
pour ne pas se rendre; la gloire d'avoir t les
premiers jeunes hommes qui dsertrent les bancs
de l'Institut revient Carlos Preval, l'adolescent
fusill avant d'avoir atteint la vingtime anne,
et Jos Maria Rodriguez.
Cousins par les liens de la famille, ils taient
surtout frres par l'identit des aspirations, l'ar-
deur et la conscience avec lesquelles ils poursui-
vaient leur idal, leur dvouement la cause de
l'indpendance. Ils naquirent en 1851; l'enfance
de l'un fut celle de l'autre. Ils firent les mmes
tudes dans les mmes livres; ils s'veillrent
ensemble l'amour de la libert; ils partirent
pour la guerre avec des chevaux coupls; les
balles de leur baptme de soldats sifflrent entire
eux deux; ils combattirent insparables; ils crois-
saient comme deux arbres jumeaux de bonne es-
sence, sems le mme jour. C'tait la mme mon-
tagne qui les faisait vivre, le mme air, le mme
ciel, la mme tourmente qui les brisa, la mme
existence. Ainsi, sans rivalits, ne cessant pas un
jour de s'aimer et de crotre en mrites, ils res-
trent ensemble jusqu' ce que la foudre dracina
l'un et laissa l'autre orphelin.





C'tait au commencement de -novembre. La
rumeur de la vague rvolutionnaire qui dferlait
Bayamo arrivait Santiago de Cuba. L'Institut
tait en fermentation. Les tudiants discutaient
les moyens d'aller joindre le corps du gnral
Miximo Gmez qui se trouvait dans les environs
de la ville.
Dans les groups qui se formaient et o avaient
lieu les conversations les plus enflammes, on
s'tonnait de ne pas voir figure Preval et Rodri-
guez, don't la popularity tait grande parmi les
lves du quatrime course. Mais si Preval et Ro-
driguez s'abstenaient, ce n'tait pas par manque


d'enthousiasme; c'tait parce qu'ils faisaient d-
j leurs prparatifs pour quitter leurs foyers. Il
y avait plus d'une semaine qu'au retour du col-
lge, et parlant de choses indiffrentes, ils s'taient
tus subitement. Aprs quelques instants de silence,
Prval dit brusquement :
Je gage que je devine ta pense et pourquoi
on t'a coup la langue, Mayia.
Tu dois le savoir, puisque c'est justement
de cela que tu te proccupes toi-mme.
Le concierge du Collge possde deux armes
reprit Prval sans plus de prambules et il
me demand pour les cder avec leurs munitions,
quatre onces.
Nous les avons, Carlos. Je vais engager ma
montre, ma parura, ma bague, tous mes bijoux,
et avant demain, les armes seront nous.
Mais comment partir?
Je connais un pilote qui nous fera sortir
d'ici pour quatre onces.
Arrange-toi pour cela. Nous trouverons
bien quelqu'un qui nous donnera de nos bijoux
la some suffisante pour le voyage et pour ache-
ter une paire de machetes. Et en route, sans re-
tard.
Dans six jours, nous serons Cuba Libre,
dit Mayia.
Et la conversation se terminal l.
Ce ne put tre dans six jours, par la faute du
pilote. Aprs avoir accept l'argent et s'(tre ca-
ch dans une maison dserte, il recula, affirmant
que la sortie n'tait pas possible, parce qu'on sup-
posait que Gi'mez se trouvait dans le Cobre et
que la surveillance tait extreme.
Dsesprs, ils rentrrent chez eux. Leurs fa-
milles taient alarmes; les mres sanglotaient.
Ah! les mres! Combien il est terrible de s'arra-
cher ses propres entrailles, la chair de notre
chair! Quelle torture de donner ce qu'il y a de
plus intime en notre tre, de se rsigner voir
partir, pour toujours, peut-tre, le fils pour le-
quel on a expos sa vie, pour lequel on a pleur,
pour lequel on a souffert, pour lequel on ne cesse
de souffrir jusqu'au grand repos de la tombe!
Vingt-quatre heures aprs leur insuccs, Pre-
val et Rodriguez taient bord d'une embarca-
tion qui faisait les voyages dans la baie. Ils con-
naissaient celui qui la commandait et celui-ci en-


voya chercher un pilote de confiance. En atten-
dant son arrive, il les conduisit dans une cabinet:
et leur lut un numro du journal El Cubano Libre.
Le pilote vint enfin et le capitaine le pria de
transporter les deux jeunes gens. 11 russit le
convaincre non sans efforts.
Ils restrent cachs pendant la traverse et d-
barqurent sans empchements. Ils trouvrent
les chevaux qu'on leur avait prpars et se mi-
rent en roule pour le campement de G6mez.
Lorsqu'ils en furent peu de distance, le pilote
les laissa seuls; une heure plus tard, des avant-
postes cubains on leur criait : Qui vive! .
Cuba Libre I crirent les jeunes gens pleins-
d'orgueil.
Le gnral Gmez les reut chaleureusement,
et ils furent affects l'tat-major du lieutenant-
gnral Luis Marcano, le distingu dominicain
qui sauva la revolution naissante. C'est sous ce
chef qu'ils firent leurs premires armes dans
l'attaque du Cobre, en novembre '1868. Ils assis-
trent au sige de Ilolguin et au rude combat li-
vr prs de Pidras et Guayabin, o ils battirent
la colonne qui protgeait Holguin.
Le gnral Donato Mrmol, dsireux de s'en-
tourer de la jeunesse de Santiago de Cuba, les.
invita servir sous ses ordres. La champagne de
1870-71 en Orient, commence avec une activity
et une nergie sans gales par le come de Val-
maseda, lui rvla la vigueur orientale. Les ar-
nmes espagnoles ne russirent pas dloger ceux
qui, en quelques mois, s'taient transforms en
vtrans et avaient appris vaincre. Dans cette
cole pratique de douze mois, Preval, Policarpo
Puedo et Silverio del Prado, morts dj avant
d'avoir termin l'oeuvre entreprise, et le major
gnral Antonio Maceo, le brigadier Francisco
Borrero et le colonel Jos Maria Rodriguez, sur-
vivants de la champagne de dix ans, chefs etguides
dans la nouvelle guerre, montrrent ce qu'ils de-
vaient tre plus tard.
Les Espagnols s'enfuirent jusqu' Holguin; lb,
malgr le dsavantage des positions cubaines et
le manque de munitions, l'hroque major g-
nral -d1ximo G6mez rsista, grce des efforts.
inous et une invincible tnacit. Mais les com-
munications furent coupes avec le gouverne-
ment qui rsidait dans le Camagiiey, o les op-


I


I L ~- i L L IL i -- - ~ --- - '


~aa~e;






18,-MARS 1897.-


Cuba mrite un sort meilleur que celui de colonies
-espagnole. Sa population est assez intelligence et
assez claire pour se donner librement une Consti-
tution et commencer sa patrie une re de prosp-
rit.
Si nous sommes presque indiffrents en France
aux nouvelles de la Rvolution, cela tient notre
ignorance des revendications cubaines.
Cependant ceux qui luttent pour la libert ont
droit nos sympathies, et nous devons au moins
une aide morale aux Cubains qui mettent en prati-
que les sentences inscrites sur certain de nos mo-
numents nationaux. Les rvolutions justes sont les
chtiments mrits des despotes.
Albert Ilriart.

-------rii4 7^~--------

LETTRES A PIERRE

VII
Mon cher Pierre,
Spectateurs de la corrida politique, nous voici
arrivs au troisime acte de la lidia et nous voyons
l'imbcile cuadrilla rpublicaine, trop nombreuse et
trop divise, se mouvoir enfin, aprs le premier
pinchazo en hueso que la bte, encore entire, vient
-de recevoir des mains du Carlisme.
Il semblait, en effet, ne plus manquer que cette
complication nouvelle pour prparer l'achvement
du Monstre: avec la prolongation des deux guerres
civiles des colonies, il commenait sentir et
proclamer mme l'puisement de ses resources.
Quel effort ultime pourrait-il produire maintenant,
si la tentative de cette troisime guerre insurrection-
nelle allait aboutir en Espagne mme ?
Je dis : tentative ou essai alatoire, car si l'on
pouvait ajouter la moindre foi la parole des hom-
mes politiques en gnral, et du bandit nomm Dion
Carlos en particulier, on croirait, suivant les affir-
mations catgoriques de ce dernier, qu'il ne dchai-
nera la guerre civil en Espagne qu'aprs le renver-
sement de la. monarchie actuelle; or, une analyse
mme superficielle des faits, nous porte penser
qu'une guerre de ce genre, ne s'improvisant pas en
quelques jours avec chances, je ne dis pas de succs,
mais simplement de -dure, l'hypocrite et fallacieux
prtendant, trouve bien malgr son dire que la
poire est mre, mais aussi n'sant pas se contenter
du dvoment assur de ses fidles compagnons, il
cherche, par l'action de petites bandes spares,
tter l'enthousiasme des populations.
Le mot d'ordre est donn partout, les armes sont
achetes, les emplois et les grades sont rpartis; en
un mot: les cadres sont prts; mais on ne fait pas
la guerre avec des cadres et le people, oui ou non,
va-t-il rpondre l'appel ?
Il est craindre que non, et qu'abattu par les
saignes Canovistes, sans courage pour l'aventure,
il ne reste sourd la voix de Dieu. Nous verrons
alors les bandes actuelles d'avant-coureurs qualifies
de flibustiers sans tiquette et ces commis-voyageurs
en Carlisme recevoir publiquement l'anathme
indign du vrai Roi, don't le drapeau blanc fleur-
delis et le pur patriotism demeureront sans
tache..... en attendant un moment plus favorable.
Il nous faut donc attendre, mon cher Pierre, et
nous pouvons attendre patiemment, car les vne-
'ments des Philippines et de Cuba marchent souhait
pour le triomphe prochain de la cause de la Libert:


Polavieia, convaincu que Manille est perdue pour
l'Espagne, se refuse jouer le rle de croque-mort et
a envoy la Reine sa dmission motive par une
soudaine maladie de foie qui l'empche mme de
monter cheval. A La Havane, le future duc de la
Manigua, qui devait dmissionner en mme temps
que Canovas aprs la liberation de Sanguily, a reu-
l'ordre de durer quelques jours encore, et il passe le
temps lucubrer.un nouveau plan de Trocha pour
achever de rattraper au dcuple les deux millions de
pesatas que, de sa cassette particulire, il a eu l'au-
dace d'offrir et de donner au Trsor espagnol pour
l'aider subvenir aux frais de la guerre (!) -
Cependant, l'Administration Cubaine s'organise et
se perfectionne chaque jour davantage afin d'tre
prte pour le mois de mai, ce joli mois de mai qui"
bientt nous revient, et je tressaille de joie, mon bon
Pierre, cette pense qu'une fois dans ma vie, jevais
pouvoir m'crier bon droit: Vive Canovas'!
Si l'insurrection n'est pas vaincue au mois de


mai 1896, je prends l'engagement, pour cette
poque, de laisser les Cubains eux-mmes.
Cdnovas del Castillo.
Mais je sens que je m'attendris trop l'ide du
seul acte vraiment, sagement patriotique de la vie
du Monstre...
C'est toi, mon bon frre, qui m'as toujours dit:
Aime le pcheur repentant plus que l'homme
just ; or, le bienfait aprs le crime,-n'est-ce pas la
confession, le remords et le rachat du pch ?


14 mars 1897.


*


1 %


Il y a quelques jours L'Eclair disait:
Il est inexact que le gouvernement espagnol
doive envoyer prochainement des renforts aux Phi-
lippines. Le gnral Polavieja a des forces suffisantes
pour assurer la pacification. Mais on lui enverra des
renforts s'il les demand.
L'habilet de notre confrre triomphe de tout; il


fallait, tout en annonant l'envoi des renforts, dire
que tout est pour le mieux aux Philippines;. c'tait
assez pineux, mais notre confrre s'en est fort bien
tir; il est vrai qu'il commence avoir l'habitude de
ces... difficults.


Aujourd'hui L'Eclair, pensant avec raison que ses
l'ecteurs ont d lire entire les lignes, announce dfini-
tivement le susdit envoi de renforts, mais avec quelle
charmante timidit!
Savourez-moi a :
Une dpche de Cadix El Imparcial dit qu'une
grande activity rgne en ce moment dans les chan-
tiers de la Compagnie transatlantique.
On croit qu'il s'agit de prparatifs pour l'envoi
de nombreux renforts aux Philippines.
Le steamer Antonio Lpe; partira sous peu,
conduisant des troupes .


Parfum d'innocence! Votre on croit est ado-
rable; mais ne rougissez pas, Mademoiselle, il n'y a
pas de mal dire que des troupes qui parent bord
d'un steamer constituent des renforts.


Toujours de L'Eclair du 7 mars. Dpche reue
par service special naturellement!
On made de La Havane que d'importantes
operations ont eu lieu dans la province de Pinar dcl
Rio...
Mais n'avez-vous pas dit et redit que cette pro-
vince est pacifie ?
Les campements et les hpitaux des rebelles ont
t tius et un grand nombre ble'ss.
Nous souhaitons une prompted gurison aux cam-
pements et hpitaux blesss, et' plaignons sincre-
ment ceux qui sont dfunts; mais nous ne saurions
trop recommander notre amusant confrre de re-
lire, avant de la publier, la prose que lui expdient,
par fil special, les crtins du boulevard de Cour-
celles.


Dans toutes ces guerrillas, il est facile de voir que
la press franaise et la press espagnole ont des
tendances absolument opposes.' La premiere s'ef-
force de faire croire que la -d''... 'l...i:. cubaine est
une chose laquelle l'Espagne pourra mettre fin ds
qu'elle le voudra, et que, si cette revolution dure si
longtemps, c'est que l'Espagne s'en amuse et s'en r-
jouit. La press espagnole, au contraire, s'efforce de
faire savoir que Cuba est perdue.pour l'Espagne,
quoi qu'en dise un gouvernement qui, au fond, sait
bien de quoi il retourne.
C'est triste, mais c'est ainsi.

-------- s-------


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
;. DE. . . .


-, ---,

Du 8. La nouvelle du remplacement prochain
de M. Taylor, ambassadeur des Ei' ii-Uhis Ma-
drid, a t accueillie avec indifference. Le gouverne-
ment verrait avec plaisir que M. Taylor ft rem-
plac par une personnel avant la confiance de M. Mac -
Kinley. Les diplomats estiment que les' relations
entire les deux pays en deviendraient plus troites.
Aprs avoir entendu les.arguments de la d-
fense demandant une nouvelle instruction, le juge
a condamn M. John Hart, amateur du Laurada,
deux ans de prison, 5oo dollars d'amende et aux
frais.
-Les Cubains ont repouss Congo Alto (Villas),
le bataillon Navas et lui ont fait supporter des pertes
srieuses, entire autres celles d'un lieutenant et d'un
capitaine. Le bataillonNavas a opr ensuite sa jonc-
tion avec la brigade Aldave. Mais .il a t repouss
une second fois par les Cubains. Les pertes des
Espagnols sont importantes. On cite parmi les
morts : le capitaine Arias.[Les blesss sont au nombre
de 28. Quatorze ont t atteints grivement.
.- Plusieurs rencontres de moindre importance


rations ne se faisaient pas encore sentir et o
l'on tait l'poque des divertissements mili-
taires et des reunions familiales.
Le gnral Mirmol envoya divers commission-
naires. Aucun ne put arriver au quarter gnral
de Gmez HIolguin, attaqu par une troupe
innombrable. Le commandant Velazquez lui-
mme, rput pour ces sortes de commissions,
dut rtrograder et faire constater l'impossibilit
de l'entreprise.
Dans cette situation, le gnral Marmol manda
son adjudant de prdilection, Rodriguez, rtabli
d'une blessure qu'il avait reue dans le combat
sanglant de Majaguabo et qui lui avait valu le
grade de capitaine, et lui dit :
Il est urgent que ces communications par-
viennent au gouvernement, et je sais que si vous
me le promettez, vous passerez.
L'officier rpondit:
Je passerai.
Il prit cong de Preval, galement adjudant
-du gnral Mirmol.
Je regrette de ne pouvoir aller avec toi,
Mayia.
Sois sans inquitude. Je te conterai tout ce
qui se sera pass. -
Trois semaines plus tard, ils s'embrassaient
de nouveau. Ils placrent leurs hamacs et Preval
dit son ami:
D'abord, conte-moi tes ventures et sans
mettre dans ton rcit ta concision ordinaire.
Je te l'ai promise, et bien que je n'aie rien
d'extraordinaire te center, je vais te mettre au
courant de ma prgrination. Je parties avec une
ordonnance et un homme connaissant le pays.
Sur le chemin royal de Barajagua, j'entrai dans
une compagnie de Mayar ; l'ennemi tait maitre
de la zone, mais il ne nous dcouvrit pas. Gmez
nous reut avec beaucoup de tendresse. iMis au
courant de ma mission, il se leva en s'criant :
-- Mais il est impossible de passer. Plusieurs
de mes officers Font tent sans succs. Donato a
tort d'employer cette operation un jeune
homme de la ville. Je crois que vous devez re-
tourner Cuba. Je lui rpondis : Mon g-
nral, il m'est impossible de rtrograder. J'ai
donn ma parole d'honneur. Je passerai ou je
mourrai. C'est bien, rpliqua-t-il. J'ai consi-


dr comme un devoir de conscience, tant don-
ne votre jeunesse, d'essayer de vous sauver.
J'aurais crit i Donato que je m'tais oppos
ce que vous poursuiviez votre chemin et que je
me chargeais de remettre ses communications
aussitt que la chose aurait t possible. Mais,
puisque vous ne vous rendez pas i mes conseils,
dites-moi de quels secours vous avez besoin. Et
il eut la bont de me fire cadeau d'une paire
de souliers don't j'avais le plus grand besoin, et
de me donner son meilleur guide. La route fut
pnible jusqu' Rio-Abajo. Nous tions entours
de guerillas qui battaient les forts, sans eau et
obligs de nous dsaltrer avec des racines, car
l'ennemi occupait les sources, dans l'impossibilit
d'allumer du feu et n'ayant presque rien man-
ger. Aprs huit jours d'angoisses, les vtements
en lambeaux et le corps meurtri, nous apermes
Rio-Abajo. Deux jours aprs, le gnral Francisco
V. Aguilera, ministry de la guerre, prenait con-
naissance des communications don't j'tais por-
teur. Je me reposai quelques jours dans le Cama-
giiey; je repartis, vis C6mez de nouveau, et la
surveillance dans ces rgions tant devenue
moins svre, j'ai pu revenir avec moins d'in-
quitudes et plus de rapidit. Et, de ton ct,
quoi de nouveau ?
La seule nouvelle grave est que le chef est,
dit-on, malade.
Effectivement,.peu de temps aprs, grace
des imprudences pendant la convalescence et
l'obstination qu'il avait mise reprendre du ser-
vice avant d'tre compltement guri, Donato
Marmol mourait en presence de Jos Maria Ro-
driguez, Narciso Silva et Carlos Preval.
Quelques moments avant d'expirer, il appela
Rodriguez: Je vous fais cadeau de mon r-
volver, lui dit-il; je vais mourir et il faut que
vous soyez au courant de tout. Dans le parc, il
y a telle quantit de munitions : les troupes con-
centres dans le Hondon sont destines atta-
quer Guantnamo ; on m'avise qu'une expedition
doit dbarquer du ct de Baracoa; faites appeler
le gnral Gmez. Les dernires paroles qu'il
pronona les yeux clos, devant ses adjudants
runis, furent les suivantes : Je meurs en pen-
sant Cuba.
Le jour suivant, on lui fit des funrailles mili-


taires auxquelles assistrent ses adjudants en
larmes et les soldats de l'escorte qui formrent la
garde d'honneur. Ses restes reposent dans une
estancia de San Felipe.
La division resta sans chef. Le brigadier Jesis
Piez refusal de prendre le commandment, don't
l'unit tait rendue difficile par ce fait que les
forces n'taient pas encore organises en rgi-
ments et en brigades,niais en bataillons spars
avec chacun son chef. Sur le conseil du gouver-
neur civil Villasana. Rodriguez fit appeler les
chefs de bataillons afin de leur fair nommer
i la majority un chef intrimaire. Il s'agissait,
en effect, de ne pas laisser les operations s'inter-
rompre jusqu' l'arrive de Gmiiez, auquel un
courier avait t envoy. Policarpo Pineda,
Maceo, Pacheco, Borrero et Prado se runirent,
et Iodriguez proposal de nommer un chef int-
rimaire. Des difficults surgirent, et bien que le
plus indiqu et t le lieutenant-colonel Pepe
Corts, il fut convenu que Rodriguez passerait
les ordres au nom du quarter gnral, jusqu'
l'arrive de Gmez. Le capitaine Jos Maria
Rodriguez fut donc nomm chef intrimaire de
la division.
Avec l'arrive de G6mez vint la separation de
ces deux mes confondues en une seule, celles
de Rodriguez et de Preval. Cette separation qu'ils
croyaient temporaire fut ternelle. G(mez exigea
de Rodriguez, comme une garantie pour Cuba,
qu'il servit sous les ordres de Pineda, homme
aux aptitudes extraordinaire, mais indisciplin.
Preval obtint d'tre affect au mme bataillon.
IRodriguez partit pour aller occuper son poste et
Preval fut envoy en commission Tempii.
Pris par une fivre violent, il se rfugia dans
le rancho de la famille Velazquez. Les Espagnols
assigrent la cabane. Ils n'y trouvrent, dans
une humble couche, qu'un jeune ihomme qui dli-
rait. Ses joues creuses et brilantes, ses lvres
sches, ses veux gris brillants come des escar-
boucles, sa chevelure blonde, come une aurole
de lumire, tout indiquait que l'unique habitant
de cette demeure tait de pure race blanche.
Ah! c'est donc toi. Mayia? dit le jeune
homme conmme s'il se rveillait d'un songe.
Allons! s'cria l'officier espagnol, charg:z-
vous de ce prisonnier, et en route.


Carlos Preval fut aussitt sur pied. Il chercha
son arme, essaya de rsister. Peine perdue. Dix
hommes le saisirent et lui lirent les mains der-
rire le dos.
C'est bien, se contenta-t-il de dire.
Les Espagnols rejoignirent la colonne ennemie.
Conduit, dans cet tat de faiblesse etd'anantis-
sement, jusqu'au Cobre, merchant quand mme
avec une vigueur et une nergie tonnantes, il
alla vers le chef espagnol.
Mes parents et mes frres, dit-il, sont h San-
tiago de Cuba. Je me nomme Carlos Preval. Je
ne veux pas qu'ils assistant mon supplice.
Faites-moi fusiller ici mme.
Le chef, mu par une telle preuve d'amor
filial, consentit.
Un officer espagnol, noble et brave, s'approcha
de Preval au moment o on allait satisfaire son
dsir.
Donnez-moi la cocarde -cubaine que vous
avez votre chapeau. Je la remettrai votre
mre, en souvenir de vous.
Cette belle cocarde avait t borde par des
Cubaines de Bayamo. Celle de Mayia tait pa-
reille.
En plaant son dernier message d'amour dans
la main du gnreux olficier espagnol, Preval
lui dit, d'une voix mal assure :
-- Donnez-lui un baiser I Mre infortunel
Mais recouvrant aussitt son sang-froid, il se
redressa: L'autre cocarde, s'cria-t-il, c'est.
Mayla qui l'a!
Et la dcharge le terrassa.
('omme une sainte relique, on conserve cette
cocarde de la liberty. Y aura-t-il quelqu'un pour
la porter plus tard !
L'autre cocarde, c'est le colonel Jos Maria
[lodlriguez (1) qui la possde. La trahison, ni le
dcouragement ne l'ont pas dshonore... et ne
la dshonoreront pas!





(i) Le vaillant colonel Jos Maria Rodriguez est le
major gnral qui a dbarqu uneex'dition Cuba
il y a quelques mois. N. de la R.


Faade de la prison de Guanabacoa


I _


.i I--~pl~aiii c ----i _-r-lll*pnis~iL~PC* -


~pa~i~ec~pa~e~





18 MARS 1897.


que les prcdentes ont eu lieu. Les Espagnols ont
eu de nombreux blesss don't dix officers.
Le capitaine du port de La Havane a t atteint
de la petite vrole.
Dui o.- Les commerants de. La Ha Ijiri.-ee
grande majority, 'insistent pour obtenir la cotisation
du paper monnaie. L'Intendant continued s'.ppIo-
ser cette mesure..
-- M. Hart a dpos une caution d 7,oo0 dollars
*et a t mis en libert en attendant l'appel qu'il, a
form devant le tribunal des Etats-Unis.-
Le Consul gnral La Havane, a tlgraphi .
Washington que M. Scovel, correspondent d'un
grand journal amricain, arrt par les Espagnols,
serait mis en hiterie .ul|.r d'hu Ctl i. '"mi'ure "st
considre comme une preuve de l'intention du
gouvernement espagncl de modifier son attitude
l'gard des citoyens amricains Cuba.
La veuve du Dr. Ruiz, assassin dans la prison
de Guanabacoa par les Espagnols, est arrive New-
York. Elle se rend Washington, afin de s'entendre
avec M. Shermann sur la trs forte indemnit de-
mander al gouvernement de Madrid.
Du i i. La veuve du Dr. Ruiz a eu aujourd'hui
deux entrevues avec M. Shermann, une au Dparte-
ment d'Etat et l'autre la Maison Blanche.
Du 12. Pendant la nuit du 9, les Cubains ont
attaqu le dtachement du village de Paredes sur la
ligne de Sancti Spiritus Tunas. Les Espagnols-ornt
eu quatre morts- et plusieurs blesss, parmi lesquels
le capitaine du-dtachement.
Les forces espagnoles ont t repousses par
les Cubains Sabanilla (Pinar). Les Espagnols ont"
prouv des pertes sensibls, Le commandant
Andres Garcia Vianc est parmi les morts.
Plusieurs escarmouches sans importance ont
galement eu. lieu.
M. Scovel, journalist amricain, a t mis au-
jourd'hui en libert.
Le gnral Gonzalez Mufi6z,, 5$o soldats ma-
lades, 40 dports et 1oo Tidii'gos s'iemnibrqurc.:,n
aujord'hui:La: Havarie p.:r I'E'.pan'
Dans la prise de Gines par les Cubains, deux
cents d'entre eu> ont 'pntre dans.laa localite qu'ils
ont mise sac. Sept tablissements et treize maisons
particulires dans lesquelles taient logs les chefs
espagnols/ont t ebrls. Plus deI roo,'oo francs'o"nt,
t recueillis. 'Les :Ctbains 'onit quitti Giines :
4 heures du matin. Ils y'taient enmtrs 9 heures.
Ils ont dans sur.la place d'Armes jusq'd l'aucore.
Ce fait a caus .La Havane une vive motion.
Les Cubainssont entrs jlc m nit in a Bejucal o
une grande panique s'estproduite..
Les Cubains ont fait sauter, le 7, un train d'ex-
ploration Pinar del Rio. Lemcanicien et le chauf-
feur ont t blesss.
Cirujeda et d'autres chefs estiment qu'ils doi-
vent s'tablir dans la ampagne "afin de permettre
aux habitants runis dans le'svilles de travailler. La
misre est en effet-trs grande.
Weyler a diminu les grniso'ns pour augmen-
ter les colonies volantes. Cette:-mesure. a 'produit
une grandeinquitude.
Le gnral Mximo G6mez est toujours .
las Villas. .
On assure que Weyler partira de. las Villas
avec l'intention d'arriver . Santiago de Cuba.
On songe tablir une nouvelle trocha sur les
frontires des provinces de Matanzas et de Santa
Clara. On utiliserait le rio Hanbana.
On assure que le nouveau plan politique
consistera expulser du pays au lieu de dporter.
--- La situation montaire de Cuba devient tous
les jours plus grave.
Le vapeur Bermuda est arriv Fernandina
(Florida). Il a t soumis une visit qui n'a product
aucun rsultat. Le Consul anglais assistant l'op-
ration. Le Bermuda, en effect, battait pavilion
anglais.
Le cabinet amricain a discut la question de
Cuba. Il a rsolu de ne pas modifier sa politique
tant que les circonstances seraient les mmes.
La veuve du Dr. Ruiz tait.accompagne par
ses enfants dans sa visit Mr. Shermann. Ce
dernier lui a demand un rcit crit et a promise de
s'occuper prochainement de son affaire. Madame
Ruiz a ensuite rendu visit Mr. Mac Kinley.
Les autorits de Fernandina (Floride) ont
refus de dlivrer au Bermuda ses papers de sortie
tant qu'il ne ferait pas connaitre sa destination.
Du I3. Mr. Shermann a prsent M. Dupuy
de Lme la reclamation de la veuve du Dr. Ruiz.
Deux expeditions cubaines sont parties de'
Texas (Floride).
M. Lancier, cubain naturalis amricain qui
avait t mis en tat d'arrestation par les Espagnols,
a t relch aujourd'hui La Havane.
Dans une rencontre qui a eu lieu dans la pro-
vince de Pinar del Rio, les Espagnols ont perdu
19 hommes et deux officers.
Il est question, La Havane, d'largir le pro-
gramme du parti rformiste. A cet effet, les autono-
mistes Montoro, Cueto, Zayas et Saladrigas entre-


ront dans le dit parti ainsi que les .iaui ,n.:i'.ni:i :. '
dissidents. Une des consequences de cette ..- :,..i"
politique sera la disparition.,.u i.-urn.il El Pa.,. On
dit que 'Mointiro sera r,:-I: directeur du Diario
de la .I..., .i. qui devien rj. 'L'- rr .. official du
nouveau parti..,"
-On attend LaHavane avec uie grande impa-
tience la solution qui sera donne par le gouver-
nement espagnol la question du papier-monnaie.'.-
Canovas a dmenti leSIbruits de crise minis-
trielle.
Sagasta qualified d'vnement grave le rempla-
cement du gnral Polavireja.
Le gouvernement espagnol a pris de grandes
precautions en provision de nouveaux soulvements
carlistes.
-.- Canovas a dclar qu'il occupait le pouvoir
par devoir, mais que personnel plus que lui ne sou-
haite en tre dcharg.
Plusieurs rencontres sans importance,. entire
Cubains et Espagnols, ont eu lieu dans les pro-
vinces de Matanzas et de Santa Clara.
M. Antonio Govin, secrtaire de la Junta
Central, du parti autonomiste, s'est embarqu pour
New-York. Ds que le vapeur qui le transportait ne
fut plus dans les eaux espagnoles, ils'cria : La
nationalit espagnole s'effondre. Je ne veux pas
prir au milieu de ses ruines et je m'en vais.


-:Le replacement du colonel Fonsdeviela, com-
manlant-iilitaire de Guanabacoa, qui a t de-
mand- Madrid, est une preuve des charges qui
psent sur lui. Ce chef est en effet responsible de la
mort du D'. Ruiz, assassin dans sa prison, et de plu-.
sieurs autres atrocits.
M. Shermann, secrtaire d'Etat, a dit que I..
Etats-Unis. n'ont pas l'intention d'annexer Cuba et
que les lois de la neutralit seront rigoureusement
observes.
Duit .. .Malgr les dngations de Canovas, les
bruits de cris2 ministrielle prennent tois les jours
plus de consistance.

---------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Dmocratie, Tarbes: D'aprs l'Espagne con-
quistadora, le sort de La Havane n'est plus qu'une
question de jours, Weyler advance. On tue toujours,
d'aprs- La Epoca, mille insurgs pour dix Espa-
gnols. Miracle .tonnant, comme la multiplication
des pains: plus on en dcime, plus il en revient.
Mais, si on lit cet Officiel public en France en deux
langues, celle des Antilles si douce, celle de
France toujours harmonieuse, mme aux lvres des


COLLECTIONS
DE








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en :vente- la-collection. complte du journal illustr Lu~p~%e.,'
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exils, si on lit La Repblica Cubana, la victoire
change de face.

..Certainement, les voisins, les Jonathans du; o rd'
et du Sud n'abandonneront pas leur petite sjeur, .
assez grande, assez'vaillante pour marcher seule mi.iu
sa propre terre.
Ell a sem courageusement, pourquoi ne rcol.
terait-elle pas la bonne moisson?

L'II,.. -.. : .:;. Moulins: La situation s'aggrave
siingulirement en Espagne. Aprs les rvoltes de
Cuba et de Manile, l'insurrection carliste est ,immi-
nente. Lin d.:pe..h-: announce qu-e de nomruses
bandes :.nr.i Fprc-: entree en champagne.
La situation du Trsor, dans ces conditions, est
presque dsespre. Le gouvernement, dit-on, veut
demander des resources la dette flottante. Les-
quelles ? Est-ce une conversion ? Actuellement, elle
serait un dsastre. Il ne reste donc que la reduction
du coupon ou le pavement en pesetas.
L'Espagne est videmment. bout de ressoutces;
elle n'a plus de garanties offrir. Elle devra nces-
sairement renoncer Cuba ou achever de se ruiner.
Peut-tre mme est-il dj trop tard Actuellement
elle doit dpenser pour'suffire aux sacrifices de ses
expeditions trois millions par jour.
Aucune puissance, mme-la plus riche ne pourrait
longtemps supporter une telle charge.
Aussi ne doit-on pas tre surprise que les carlistes,
en presence d'une situation presque dsespre, pro-
fitent du mcontentement et se tiennent prts
agir.


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Nous portions la connaissance de nos lecteus
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du j irna, 20,'rue St-Vincent-dc-Paul.
SLa collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le degsin,repr- 5, 10, 25 ce } .
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Les dits tiin- l i ii n t en
France..Ces timbres, sont la tiisositjion de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement.' Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de'deux francs
cinquante centimes.

Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timb'res-poste que les timbres franais.


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