Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: March 11, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00062
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

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. Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul -e Anne I PARIS il Mars 1897 No 60 Un e, d ... R fI. .
2e Une anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
Anne PARIS ii Mars 1897 N"60 Un semestre, id. id. ... i fr. 11.50
Un trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPC UB AI NE A L'ETRANGER
-PARAIT TOUS LES JETUDIS Uneanne, payable d'avance............. 25fr.
Un semestre, id. id. ............ 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus _UN NIUMI:RO....... o fr. 25


UN DISCOURS DE M. SHERMANN


Ses Cubains auront vu avec une
grande joie M. le snateur Sher-.
'mann lev la function illus-
tre de Secrtaire d'Etat. Qui ne
se souvient, en effet, de l'lo-
quent discourse qu'il pronon-
a, il y a un an, au Snat des
(k Etats de l'Union, alors que,
President du Comit des Affaires Etrangres, il avait
intervenir dans le dbat cubain, pour en tre l'lo-
quent et lumineux historien?
Son discours, long et touffu, nourri de phrases
prcises, soucieuses seulement de la vrit, tonna.
Il y eut des exclamations de colre et des affirma-
tions de rvolte. Nul expos ne fut plus document,
impartial et probe. Aprs l'examen du rapport sign
par M. Toms Estrada Palma, M..Shermann fut
amen dire avec quel tonnement il avait consi-
dr la Rvolution Cubaine,
Grande fut ma surprise, dclara-t-il, car je m'-
tait form une ide gnrale, tout d'abord, que ce
soulvement tait seulement un parti de mcon-
tents, sans organisation, avec lequel nous ne pou-
vions nous entendre; et ce rapport, communique,
au Secrtaire d'Etat, dmontre, au contraire, qu'ils
ont pris le soin de remplir toutes les obligations
inhrentes l'institution d'un self-government aussi
absolu que celui du people des Etats-Unis au com-
mencement de la Rvolution.
Un expos suivit de l'hrosme tranquille des Cu-
bains en face de la cruaut calcule des fonction-
naires et des soudards de l'Ibrie. M. Shermann re-
prit l'histoire des colonies espagnoles, l'histoire des
crimes dcisifs et des violence les plus injustifies.
Cuba n'chappait point la savante repression de la
mtropole; et, restant l'ile dernire du grand empire
colonial, elle tait ranonne d'une faon singulire-
ment- active.
L'minent et actuel Secrtaire d'Etat dnona en-
suite les actes sanguinaires de Valeriano. Il fit lire,
en plein Snat, le rcit des monstrueux attentats du
polmarque espagnol. De la besogne de sang et de
boue; toute la soldatesque se ruant sur des inno-
cents, massacrant des moribonds, violent des fem-
mes, incendiant des hpitaux, pour l'entire gloire
de l'lbrie.
La tche de M. Shermann date de loin. Ses illustres
sympathies pour Cuba se retrouvent l'origine de
la Revolution de 1868. Et je ne puis mieux terminer
cette trop brve appreciation d'une parole gnreuse,
qu'en citant ces phrases dernires, superbe hom-
mage Cuba :
< Je suis sr d'tre l'interprte du people amri-
cain en disant que nous ne voulons pas annexer
Cuba. Nous voulons uniquement continue dve-
lopper notre commerce avec cette ile qui est notre
principal pays d'exportation. Mais nous ne pouvons
pas permettre plus longtemps que les lois qui r-
gissent le monde civilis, que les usages et les
coutumes entire peuples chrtiens, continent tre
ignors par l'Espagne en ce qui concern Cuba.
Il est certain que l'esprit de notre poque l'exige,
et permettez-moi d'ajouter que ce n'est pas seule-


ment l'opinion des Etats-Unis, mais de tous les peu-
ples de l'Amrique. Pour la premiere fois l'opportu-
nit de tracer la ligne de conduite entire l'Amrique
et l'Europe se pose. Cette ligne de conduite peut
tre trace ds present Cuba si les Etats-Unis
arrivent comprendre qu'il est utile de prter la
main aux rebelles comme on les appelle pour
constituer un gouvernement qui lui soit propre ; et,
si nous agissons ainsi, nous ne serons pas seuls. Si
Weyler met execution ses projects, il n'y aura pas
un coin de cet hmisphre, du nord au sud, depuis
l'ocan Boral jusqu' l'ocan Austral qui ne se sou-
lve pour mettre un term ces violence qui n'ont
dj que trop dur. On doit permettre ce people
de choisir le gouvernement qui lui convient et d'tre
libre comme nous autres le sommes.

Quel que soit, Messieurs, la sanction quel'on
donnera cette measure, je dsire en revendiquer
toute la responsabilit, et, avec une foi aveugle,
une confiance illimite en Celui qui rgit les desti-
nes de l'Univers, je crois que ce serait faire oeuvre
de prvoyance d'aider, et nous aurons l'appui de
toutes les nations d'Amrique, donner Cuba les
mmes liberts don't nous jouissons nous-mmes.


Il y a eu le 28 fvrier dernier un an que M. Sher-
mann, alors ministry de la Commission des Affaires
Etrangres du Snat, prononait ces paroles catgo-
riques. Si la haute situation qu'il occupait cette
poque leur donnait une grande autorit, les fonc-
tions de Secrtaire d'Etat du Gouvernement de l'U-
nion don't il vient d'tre invest les revtent aujour-
d'hui d'une importance beaucoup plus grande; c'est
l un fait certain que personnel, pas mme le gouver-
nement espagnol, malgr sa mauvaise foi, ne saurait
nier.
Les Cubains n'ont donc pas besoin de chercher
se faire des illusions; les illusions, en effet, ne se
font pas sur des ralits. Ils pouvaient attendre avec
confiance la ralisation des ides mises l'an pass
par l'homme qui occupe aujourd'hui l'une des plus
importantes functions du gouvernement amricain.






CAPITALISTES, ATTENTION !


Nous empruntons au Diluvio, de Barcelone, les
lignes suivantes ; elles sont de nature clairer les
capitalistes franais et leur ouvrir les yeux :
Ceux qui ont pris part au dernier emprunt sont
toujours dans la mme situation. Ils n'ont encore
touch ni les coupons, ni l'amortissemeut du pre-


mier trimestre chu le i5 janvier dernier, et ils at-
tendent toujours le paiement des coupons chus le
i" octobre et le i" janvier. La press officieuse essaie
de les rassurer en affirmant que toutes les factures
reues la Direction gnrale taient expdies, et
on announce dj que le gouvernement a l'intention
de demander au public de nouveaux fonds pour le
paiement des frais de la guerre Cuba et aux Phi-
lippines.
O seront les nafs qui consentiront confier
leur argent au gouvernement, quand on voit com-
ment il tient ses engagements ?
.Si le gouvernement n'a pas pu faire face la pre-
mire chance, on nous ferait plaisir de nous dire
ce qui arrivera pour les autres.





POUR LES BLESSIS CUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






7me Liste :


M. C. S. M. Duval, rentier .............
M Em cg ............................
M'"' A. B. C............................
M "' Jeanne d'Arc......................
M Vailler, tailleur .....................
Une Parisienne, fille de parents cubains..
M. Eugne Chatelain, ancien rdacteur en


Francs.
20.00
5.oo
20.00
10.00
I.00
I.00


chef de la Revue Europenne ........ 2.oo
Un Cubain ....................... ...... 2.oo

Total.................. 61.0oo
Total antrieur.......... 617.55

Total gnral .......... 678.55

Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.




EXAMPLE DE PATRIOTISM

On lit dans Le Temps du 9 mars :
Un fait curieux s'est produit hier la gare inter-
nationale de Cerbre. A l'arrive du train venant
d'Espagne, dans la salle de visit de la douane, le
contrleur de service dvisageant une superbe An-
dalouse remarqua son air embarrass. Il ordonna
la femme propose la visit des dames de faire
une visit complete de la voyageuse. Celle-ci dut se
dshabiller compltement. Quelle ne fut pas la stu-

pfaction de la visiteuse en dcouvrant que l'Anda-
louse n'tait autre qu'un jeune et solide dserteur
qui, pour ne pas aller Cuba, s'tait habill en
femme afin de pouvoir passer la frontire sans en-
combre.
Comment Le Temps, qui a fait si souvent l'loge
du patriotism espagnol et qui nous a si souvent
vant l'ardeur avec laquelle nos voisins parent pour
Cuba, comment Le Temps peut-il nous center une
pareille et si suggestive histoire ?
L'ambassade espagnole ne va pas tre content.


*


' VICTOIE DES CUBAINS

AGITATION CARLISTE

WEYLER ET POLAVIEJA

FIASCO DE L'ESPAGNE


Les dernires nouvelles du thtre de la guerre,
manant de sources diffrentes et partant confir-
mes, annoncent que les forces cubaines se sont em-
pares de la ville de Gines (province de La Havane).
D'autres forces cubaines ont tir des coups de feu
sur les positions des Espagnols la Vibora, faubourg
de la ville de La Havane. Enfin, dans les montagnes
de Rubi, les troupes du gnral Ruis Rivera, parfai-
tement retranches, viennent de repousser victorieu-
sement les bataillons commands par le gnral
Surez Incln, qui dut tre renforc par le gnral
Obregn. Les Espagnols confessent que les Cubains
taient trs nombreux, qu'ils ont fait usage de la
dynamite et que le combat a t trs sanglant; mais
ils ne dclarent que soixante-cinq blesss et vingt
morts.


C'est un fait avr que les Carlistes ont dj com-
menc la guerre par petits groups. L'agitation de-
vient chaque fois plus grande dans la press, dans
les cercles politiques et dans les provinces o les
partisans de Don Carlos de Bourbon sont en majo-
rit, et l'on dsigne mme des fonctionnaires im-
portants de complicit avec eux.
De son ct, le gouvernement s'efforce par tous
les moyens en son pouvoir de nier l'importance du
movement.


Les gnraux Weyler et Polavieja ont demand de
nouveaux renforts, malgr les victoires qui sont
annonces quotidiennement par le tlgraphe. Ceci
vient assurment augmenter les difficults de la
situation dans laquelle se trouve le gouvernement
espagnol; car, en outre du manque de resources
ncessaires pour ces envois de troupes, l'agitation
carliste oblige ne pas loigner les forces qui sont
indispensables pour la defense du gouvernement
dans l'intrieur de l'Espagne.
C'est pourquoi Canovas del Castillo s'est vu con-
traint de repousser la demand de Weyler, bien que,
contre son dsir, il ait t oblig de faire droit celle
de Polavieja.


Il est aujourd'hui certain que le project de rformes
annonc pour Cuba a compltement chou. Notre
vnrable president, comme notre vaillant gnral
en chef, de mme que le dernier des Cubains qui
combat dans les rangs de l'Arme libratrice et ceux
qui se trouvent l'tranger, tous, sans exception,
ont repouss et repousseront toujours toute propo-
sition qui n'aurait pas pour base l'indpendance
absolue de Cuba.
Dernirement, la dlgation envoye Pinar del
Rio pour proposer au gnral Rius Rivera les r-
formes et la paix, a compltement chou. Non
seulement les envoys essuyrent le refus le plus
catgorique, mais mme ils furent avertis qu'ils
seraient condamns mort comme traitres s'ils re-
venaient avec d'autres propositions que celles ayant
pour base l'indpendance.
Le gouvernement espagnol vient de faire un nou-
veau fiasco. En effet, on announce qu'il n'a pu payer
au terme fix le premier coupon chu de l'emprunt
intrieur mis il y a peu de temps.
Comme on pouvait s'y attendre, ce fait vient
aggraver considrablement la situation morale et
matrielle qui rgne dans toute l'Espagne et qui lui.
rend bien plus difficile le moyen de se procurer un
peu de credit l'tranger.


*






11 MARS 1897.


COMMENT ON FAIT LA GUERRE A CUBA



On dit qu'il s'agit d'une guerre de partisans. Fort
bien; mais il s'agit aussi d'une guerre rgulire.
Les forces branches, les simples guerrilleros, les
parties isols, ne livrent pas de batailles en champ
dcouvert comme celle de Peralejo et de Coliseo;
elles n'attaquent pas davantage et ne dtruisent pas
mthodiquement une ou plusieurs lignes de forts;
elles ne font pas de charges de cavalerie obligeant
l'ennemi se former en carr, dernire extrmit
laquelle on arrive dans un combat dfensif et la-
quelle on n'a recourse que dans le cas d'une droute
imminent, cas qui doit s'tre prsent souvent au
course de cette champagne, car, chaque instant, le
tlgraphe nous announce que les Espagnols se sont
vus obligs de se former en carr.
Des journalists et des diplomats peuvent dire ce
qu'ils pensent ou ce qu'ils ne pensent pas, mais les
homes de guerre ne peuvent, sans faire tort leur
science technique, affirmer l'excellence d'une action
de guerre sans motifs plausible et sans preuves.
A Santiago, capital du Chili, o se trouvent Cha-
cabuco, Maip et Pudeto, noms tamiliers aux ter-
nels vainqueurs des Amricains, il y a un corps
d'officiers suprieurs qui possde une instruction
militaire positive.
Ils sont excellent juges en la matire : Interrogez-
les sur la champagne de Cuba. Plus ils seront intelli-
gents, plus ils manifesteront leur vive admiration
pour la direction et la conduite de cette champagne.
A Berlin, il y aun cercle militaire et d'autres clubs :
le tlgraphe nous a appris que les membres de ces
associations, tonns de l'habilet des nains dans
leur lutte contre les gants, avaient rsolu d'tudier
la cause de la supriorit montre par les petits sur
les grands.
Un autre people intelligent, de notre race, presque
partial pour l'Espagne force d'tre tenu la cir-
conspection l'gard de la masse espagnole la-
quelle il donne l'hospitalit, a galement des cercles
o l'on se voue l'tude des choses de la guerre :
Convaincus qu'il existe quelque important raison
technique, logique, cette trange supriorit des
infrieurs en tout sauf en intelligence et instruction,
ces cercles ont dcid de mettre l'tude les motifs
raisonns de ce qu'ils n'ont pas hsit considrer
comme le caractre scientifique de la guerre de
Cuba.
Et mme sans s'appuyer sur des autorits, le pre-
mier, venu ayant appris voir par lui-mme, constate
que l'organisation de l'arme d'Orient par Maceo,
poursuivi par un ennemi discipline; que l'organisa-
tion de l'arme du Centre, au milieu de colonnes
volantes diriges centre elle; que la march vers
l'Occident au milieu et souvent la vue de prs de
quarante mille hommes posts pour l'empcher; que
la prise de Pinar del Rio; que la sortie faite comme
par magie de cette mme contre lgendaire, n'in-
diquent nullement, pour quelqu'un qui sait voir, une
guerre de partisans.
Guerrilleros, certes, les Cubains le sont. Ils ont
imit mieux que personnel ceux qui ont, contre Car-
thage, contre Rome, centre les Goths, contre Char-
lemagne, et avant et aprs ce grand Franc, contre
les Arabes de Tolde, de Cordobe et de Grenade,
contre les Autrichiens, pendant la premiere guerre
de succession, contre les Franais pendant la der-
nire guerre d'indpendance, contre les Christiniens
et les Alphonsistes dans la second et la troisime
guerre de succession, enseign la guerre du faible
contre le fort, du non arm contre l'arm, du subju-
gu contre le joug.
Comme les Espagnols pendant la Guerre d'Ind-
pendance qui les rendent si admirables dans l'His-
toire; comme les Flamands contre les Espagnols;
comme Paes contre Boves; comme Manuel Rodri-
guez contre Marc, ou contre les soldats de Marc ;
comme toute arme de citoyens contre toute arme
de soldats, les Cubains rptent l'histoire car, pour
morntrer la correlation des causes et des effects, l'his-
toire se rpte.
Faisant ce qu'ont fait tous les peuples soulevs
pour en finir avec une domination, ils se sont tout
d'abord rfugis dans les montagnes. Ne connait-on
pas le rle jou par la Montagne dans l'Histoire?
Quand la montagne manque on prend le marais.
Ignore-t-on le rle des marcages dans l'histoire mi-
litaire et politique de Rome, de la Germanie, des
Saxons contre les Normands en Angleterre? Quand
" manque le marais, la manigua (la fortt. Oublie-t-on
qu'en vertu de la loi des procds cosmologiques
qui s'appelle l'adoption, toutes les existences sont
protges par la nature contre les forces qui pour-
raient les dtruire, par la nature qui leur donne cou-
leurs, formes, aspects, abris, tout ce qui rpond
leur besoin de se prserver des contingencies de leur
faiblesse ?
Se servir de la manigua contre les Espagnols,
comme les Espagnols se servirent des buissons de la
sierra de Jaca contre les Arabes; se cacher dans la
brousse de Zapata, comme les dfenseurs saxons
d'Angleterre se cachrent dans les marcages du Neu
et de l'Ousa, cela n'est pas pour l'histoire un motif
de mpris; c'est au contraire un motif de louange.
Et lorsque de ces resources adaptes la nces-
sit on tire parti pour une guerre de dix ans contre
une arme rgulire de ,plus de deux cent mille sol-


dats et plus de quatre-vingt mille volontaires, ainsi
que cela eut lieu pendant la dernire guerre, l'his-
toire serait une euvre d'eunuques si elle n'avait pour
ces faibles des cris d'admiration. Et si, come c'est
aujourd'hui le cas, la connaissance parfaite et facile
et la possession absolue de ces resources donne aux
faibles le gouvernement du sol, l'usage complete du
territoire non domin la fois par des forces de terre
et de mer, la libert du movement dans toute la
zone situe hors du littoral, il faudrait tre un bien
mauvais historien pour ne pas dduire de ces faits
l'existence relle, effective et positive d'une force or-
ganise tell'e qu'elle doit tre d'aprs l'embryonnaire
Droit des gets pour assurer un combattant la bel-
ligrance.
La force est organise, parfaitement organise;
d'abord en units tactiques et stratgiques, confor-
mment aux ncessits et aux convenances imm-
djates de la guerre de resources; ensuite en tant
qu'institutions militaires prpares de longue main
pour l'usage et le maniement d'une arme dter-
mine.
Units tactiques, les escadrons, bataillons et sub-
divisions de chacun des corps qui composent l'ar-
me libratrice; units stratgiques, chaque corps
d'arme occupant des positions stratgiques : l'un
dans la parties orientale de l'ile en vue de tenir en
chec les forces espagnoles de Santiago de Cuba,
Guantnamo et Bayamo; l'autre dans le centre de
l'ile, oppos aux forces du Camagey, de las Villas
et de Colon; un autre dans les environs de Matan-
zas, menaant La Havane du ct de l'Orient; un
autre, enfin, dans la position la plus stratgique de
cette guerre, Pinar del Rio, ayant pour objet d'im-
mobiliser une parties de l'arme espagnole et de main-
tenir dans l'inquitude la capital de l'ile, centre
d'attraction et sige principal de l'arme libratrice.
Autour de La Havane, pour rendre plus efficace
l'action des forces de Matanzas et de Pinar del Rio'
oprent librement, en conservant leur autonomie,
des groups de partisans charges de distraire l'atten-
tion des forces espagnoles, de maintenir en veil
l'excitation des villages voisins; de profiter des cir-
constances favorables, en some, de remplir la fonc-
tion d'explorateurs, function reconnue aujourd'hui
par tous ceux qui s'occupent des choses de la guerre,
d'une importance capital.
Dans ces conditions, il n'est rien dans l'tat ac-
tuel des forces militaires des indpendants qui puisse
autoriser qui que ce soit considrer comme une
guerre de partisans, une guerre parfaitement orga-
nise.
Parfaitement? Non. Des quatre institutions nor-
males d'une arme moderne organise, il manque
aux Cubains l'artillerie. A l'exception des 4 canons
pris par le gnral Serafin Sanchez, lors de l'inves-
tissement et de la prise des forts de Taguasco;
l'exception de 6 ou 8 autres pices prises en d'autres
occasions, la seule artillerie don't l'arme libratrice
de Cuba dispose consiste en deux ou trois Hawkins,
une ou deux machines lanant la mlinite ou la dy-
namyte, et peut-tre quelque autre instrument in-
complet de cette espce; mais proprement parler
l'arme cubaine n'a pas un corps d'artillerie.
En revanche les Espagnols disposent de toutes les
resources fournies par l'artillerie une arme orga-
nise de longue date. Il n'y a pas longtemps, dans la
bataille de Segura, les Espagnols durent leur artil-
lerie de ne pas tre mis en droute, et c'est aussi
leur artillerie qu'ils doivent la possession de La Ha-
vane.
Mais de l'ingalit de forces et de la signification
effective de l'effort fait par l'Espagne pour envoyer
Cuba plus de deux cent mille hommes, je dirai
quelques mots ncessaires :
Par deux ou trois faits de guerre on voit comment
combattent les Cubains.
Ils combattent comme Fabien; mnageant leurs
forces; esquivant toute rencontre dans laquelle ils
ne sont pas suprieurs; attaquant chaque fois qu'ils
sont convaincus de leur supriorit et qu'ils peuvent
prendre l'ennemi quelques resources, des vivres,
des munitions. Telle est la tactique fabienne; elle est
adopte aussi bien par les groups de partisans que
par les masses militaires.
Ils combattent comme Lautaire; fatigant l'enne-
mi, l'affaiblissant, galisant ainsi les chances, oppo-
sant des fragments de forces, d'abord un group,
puis un autre, toujours quelqu'un lorsque l'ennemi
est dj harass. Telle est la stratgie lautairienne.
Ainsi qu'on vient de le voir Pinar del Rio, un
autre procd de la tactique cubaine consiste dis-
perser les forces chaque fois que l'ennemi est sup-
rieur et oprer contre lui comme la digue contre
les vagues, c'est--dire par la division ainsi que cela
eut lieu Las Villas. Au contraire, ils concentrent
leurs forces chaque fois qu'ils veulent avoir raison
d'un ennemi gal ou infrieur en nombre.
Si cela n'est pas une organisation, ou si cette or-
ganisation n'est pas digne d'tre tudie quand il
s'agit de connaitre tous les facteurs de cette noble
lutte pour l'indpendance, qu'on dise quels sont les
faits qui peuvent servir de base un pareil jugement.
Les paroles sont des paroles; tous les jours le tl-
graphe en apporte de nouvelles.
Eugenio M. Hostos.



*k


Lettre du gnral Lacret Morlot
au Docteur Btancs.

Campement de Santa Brigida. Matanzas.
Me voici parfaitement bien, luttant et combat-
tant toujours contre les Espagnols; mais toujours
content parce que je fais mon devoir.
J'ai le commandement militaire de cette' province,
la plus difficile peut-tre et la plus dangereuse
dfendre, toute faite qu'elle est de grandes planes
croises en tous sens de chemins de fer. Je m'y tiens
bien cependant. Parmi nos combats, le principal a
t celui de Jicarita, de six heures du matin jus-
qu' la nuit. Les colonnes espagnoles n'ont pas pu
s'emparer de notre campement et nous les avons
poursuivis coups de fusil, jusqu'aux bourgs o
ils sont rentrs. Nous avons trouv sur le champ
de bataille, plusieurs fosses o ils avaient enterr
leurs morts et peut-tre quelques 'malheureux
soldats l'agonie, et ils sont rentrs Bolon-
dron avec deux cents brancards charges de bles-
ss. J'ai vu depuis qu'ils avaient envoy La Havane
une dpche o ils racontrent une victoire.
Ainsi luttons-nous toujours pour l'euvre de notre
indpendance, toujours prts mourir mais sans
flchir jamais. Cuba sera indpendante ou elle sera
rendue la mer carabe.
L'indiffrence du monde nous touche peu. Celui
qui, parmi nous, douterait du rsultat favorable
serait considr comme un criminal.
Malgr tout nous atteindrons le but, quoique les
progrs eux-mmes de la civilisation, lignes lec-
triques, chemins de fer, vapeurs, armes de precision,
se soient mis, contre nous, au service de nos
ennemis. Mais ce n'est pas avec la foi seulement des
premiers chrtiens s'imposant par la perscution et
par leurs souffrances que nous luttons; c'est au
bras du soldat inflexible et l'enthousiasme du.
patriote que nous devrons notre libert et la joie
d'acclamer Cuba et Porto Rico libres et indpen-
pendantes.
C'est ce rude soldat qui, la fin de sa lettre,
rclame un objet qui n'a de la valeur que pour lui,
une petite boite renfermant quelques lettres de sa
pauvre femme, morte avant son dpart et don't le
souvenir lui est toujours cher.
Et ce sont de pareils hommes que les Espagnols
veulent faire passer pour des sauvages et des
bandits.

-------. ^,-------


LE GNRAL MACEO


DETAILS SUR SA MORT
Les lignes suivantes sont extraites d'une lettre
publie par notre confrre El Yara de Cayo Hueso:
Las Villas, 3o Dcembre 1896.
M. Jos D. Poyo.

Le Conseil de Gouvernement ayant appris, par
une communication du gnral Mir, la mort du
lieutenant-gnral major gnral Antonio Maceo,
survenue le 7 courant, dans les environs de Maria-
nao, province de La Havane, se runit en sance
extraordinaire et piit des decisions, don't copie certi-
fie fut envoye, pour tre publies aux journaux
officials de notre colonie.
Prs du gnral, et conformment son devoir
d'adjudant, plein d'honneur, tomba galement le
fils du gnral en chef, digne de son pre par sa
mort et du poste qu'il occupait. Il accompagnait le
gnral Maceo qui mettait un soin special le con-
duire prs de son pre, pour la consolation de ce
brave vieillard en cette rude champagne.
Cuba a t ainsi prive de ses fils les plus vail-
lants, et le malheur qui la frappe a rempli de dou-
leur, aujourd'hui plus que jamais, le cour des
Cubains qui dplorent la perte du plus vaillant et
du plus brilliant de leurs gneraux et, en mme
temps, du fils le plus soumis et le plus respectueux
de leur pays. Le Gouvernement, qui a dcrt le
deuil le plus complete dans toute la Rpublique, n'a
fait que se conformer la ralit. 11 a interprt le
sentiment de tous les Cubains, sentiment partag
par tous ceux qui dependent de la Dlgation
l'extrieur. Vous leur transmettrez donc les decisions
du Conseil pour donner satisfaction leur douleur.

La mort nous prive, mon cher ami, non seule-
ment du plus redoutable de nos gnraux, mais
aussi du plus ferme soutien, pendant la paix, des
principles dmocratiques si chers tous les bons
Cubains.
Nous ignorons encore officiellement les dtails de
ce dplorable vnement, mais voici la version semi-
officielle qui nous a t transmise et qui me parait
la plus vraisemblable : Le gnral, suivi de son chef
d'tat-major, le gnral Mir6, et de trois aides de
camp, parmi lesquels le fils du gnral Gmez,
s'tait cart du gros de ses forces pour aller placer
un flanc. Il tomba en un endroit o s'tait embus-
que une force ennemie, qui essaya de s'emparer du
cadavre et n'y russit pas, grce l'imptuosit avec


laquelle accoururent quelques cavaliers commands
par le brigadier Pedro Diaz qui venait d'apprendre,
par le gnral Mir et les aides de camp, tous bles-
ss, le malheur survenu. On croit que l'ennemi avait
t inform que le gnral Maceo se trouvait en cet
endroit avec cent hommes seulement et qu'il avait
l'intention d'attaquer pendant la nuit le village de
Marianao, afin de faire une entr brillante dans la
province de La Havane.
Le Secrtaire de l'Extrieur,.





ACTE
Les soussigns: Brigadier Jos Mir6, chef d'Etat-
Major de l'Arme Libratrice du Dpartement de
l'Occident, gnral de division Pedro A. Diaz, et
brigadier Silverio Snchez, dclarent solennellement
que dans la journe d'hier est mort le lieutenant
gnral Antonio Maceo, des suites des blessures
qu'il avait reues dans un combat livr le 7 courant,
sur le territoire de San Pedro, terme municipal de
H-oyo Colorado, province de La Havane, et que son
corps, auquel ont t rendus les honneurs dus la
hirarchie leve de l'illustre dfunt, a t dpos
dans une spulture, don't les soussigns connaissent
la situation, ct de celui de son aide de camp,,
Francisco G6mez Toro, fils. du gnral en chef de
l'Arme Libratrice.
Et afin qu'en tout temps soit perptu le souvenir
de ce dplorable vnement, ils ont rdig le present
acte en double exemplaire dans Patrie et Libert, le
huit Dcembre mil huit cent quatre-vingt-seize.
Le chef d'Etat-Major, J. Mird. Le Gn-
ral de Division, Pedro A. Dia'. Le
Brigadier, Silerio Sdnche.

L'ITALIE ET CUBA
Les Italiens nous tmoignent, depuis quelque
temps, leurs sympathies. Les Cubains les remercient
vivement de ces manifestations honorables. Hono-
rables, disons-nous, parce qu'elles viennent d'un.
des peuples les plus grands dans l'histoire par son
intelligence, son art incomparable l'poque de la.
Renaissance, et aujourd'hui par la revolution qu'il a
commence dans l'anthropologie criminelle et le.
Droit civil. Mais, laissons la parole La Tribuna de
Rome, le journal le plus rpandu de la Ville ter-
nelle:
Pour Cuba
A la mmoire de Maceo
Plus de mille personnel se pressaient, aujourd'hui
2 heures, au thtre Espalien, place Victor-Em-
manuel.
Sur la scne, au milieu des drapeaux de plusieurs:
Socits de Rome et du drapeau Cubain, se dta-
chait un buste recouvert de soie verte.
A l'entre se trouvaient Bovio et le cubain Cay-
mari, entours des membres du Comit Central
Italien pour la Libert de Cuba. Nous remarquons,
parmi les autres personnalits prsentes: Bazilai,
Zuccari, Ferrari, Fratti, le colonel Gastorfio, Felice
Albani, le conseiller Nissolino et de nombreuses
notabilits de la dmocratie romaine. Dans les gale-
ries, beaucoup de dames. Les messieurs portaient
la boutonnire l'cusson cubain. Parmi les repr-
sentants de la press figuraient quelques correspon-
dants allemands. L'orchestre jouait l'Hymne Cubain,
frntiquement applaudi par le public.
Le docteur Falco a prononc quelques paroles et
a rendu compete des travaux du Comit Central. Des
marques d'approbation interrompent frquemment
l'orateur, surtout lorsqu'il parle de l'importance de
la Rpublique Cubaine au point de vue du progrs
de l'humanit.
M. Caymari, charge par l'Italie d'apporter au
Peuple cubain un salut fraternal, se lve et crie:
Vive l'Italie
Au milieu d'un enthousiasme dlirant, au son de
l'hymne de la redemption cubaine, toute l'assistance
debout, on dcouvre le buste de Maceo. Ce buste,
cuvre du sculpteur Valente, est en bronze dor.
Le docteur Falco donne lecture de tlgrammes
d'adhsion reus de divers points de l'Italie, et
M. Bovio prend ensuite la parole. Il est impossible
de rsumer son magnifique discours. Le philosophy
napolitain a trait merveilleusement la question de
Crte et celle de Cuba..........................

Parlant de Maceo, il dit que ses actions d'clat
semblent appartenir la lgende. Il appelle Marti le
Mazzini Cubain. Son discours plein de feu, d'amour
de l'humanit, d'admiration pour le people de Cuba
qui soutient hroquement la lutte contre la monar-
chie espagnole, a lectris le public. La figure de
Maceo prend vie et movement, grce la parole
de l'loquent orateur.
L'assistance se prcipite pour fliciter et embrasser
Bovio, pendant que rsonnent de nouveau, dans la
salle, les accords de l'Hymne Cubain.
A quatre heures la runion prend fin. Sur la place
Victor-Emmanuel, le people acclame Bovio, Ca-
puani, et fait des veux pour le triomphe de la R-
volution Cubaine.
Comment remercier l'illustre Bovio, honneur de
la science italienne, de la propaganda dsintresse
qu'il fait en faveur de la dlivrance de la Grande
Antille ?


~pp;e~i~e ~j~a~i~R






11 MARS 1897.


Combien nous console et nous fortifie le spectacle
donn par l'Italie en ces heures d'amertume pour
les Cubains !
Non, nous ne sommes pas isols! Le cour de ce
grand people d'artistes et de penseurs bat l'unis-
son du ntre.

-~------- -* ----------~-

ET ALORS ?


On sait que pendant le bombardment de la Crte
l'escadre allemande lana des projectiles la dyna-
mite. D'autre part, un tlgramme du 7 courant fait
connatre que les chrtiens ont essay de faire sauter
. la dynamite une position Malaxa.
Eh bien du moment que des pays comme l'Alle-
magne et la Grce se servent pour combattre des
plus terrible explosifs conn-us, en vertu de quelle
justice, de quel droit, de quel raisonnement a-t-on
os reprocher aux Cubains d'employer la dynamite
contre les Espagnols? Pourquoi n'appelle-t-on pas
assassins et bandits ces Allemands et ces Grecs qui
font la guerre comme les Cubains ? Et s'ils ne le
sont pas, pourquoi font-ils la guerre comme les
-Cubains ? Et enfin, puisqu'ils ne sont ni bandits ni
assassins, pourquoi alors les Cubains le seraient-ils?



LA FOLIE ESP.AG NOLE


Des tlgrammes, aussi officials les uns que les
atres, annoncent que le gnral d'abattoir est la
fois Santa Clara, Siguanea et- La Havane: c'est
beaucoup de drangement pour un seul homme.
Que des mcrants, aprs cela, viennent nier la
presence relle de notre seigneur Jsus-Christ dans
plusieurs millions de rondelles de farine livres
chaque jour, la mme heure, l'apptit des
fidles Le gnral Weyler n'est ni le fils de Dieu, ni
mme son valet de chambre, et il n'en trouve pas
moins le moyen d'tre sur les points les plus
opposs.
De temps en temps, une dpche announce que
Weyler pursuit sa march . C'est, du reste, la
seule chose qu'il soit capable de poursuivre.
Du. reste, tout ce qui touche au gouvernement
,espagnol est un mlange d'odieux et de grotesque.
Ministres, gnraux, fonctionnaires se conduisent
comme de parfaits bandits, mais aussi comme d'in-
curables alins.
Trouverait-on, par example, mme au pays des
Mille et une nuits, quelque chose de plus inou que
l'histoire de Bacala, tout rcemment conte par
L'Intransigeant. Ce brave homme, un Franais
habitant Porto-Rico, est accus d'avoir assassin un
nomm Francisco Torres et enterr son cadavre.
Malgr ses protestations indignes, on l'arrte, on le
passe tabac; puis, pour le confondre, on creuse le
sol l'endroit indiqu et on exhume... le squelette
devant le juge civil, o apparat soudainement la
prtendue victim en excllente sant.
De pareilles incohrences donnent la note. On a
fortement blagu au thtre les shahs, pachas et
padischahs : il faut cependant reconnatre que
Schahbaham n'avait pas atteint le degr d'alination
mental auquel nous voyons arriver les serviteurs
du jeune roi Alphonse numro treize.





---,~-----^-----

LETTRES A PIERRE

VI
Mon cher Pierre,
A ce moment du phnomne intressant qui met
en opposition complete l'esprit et le ceur de tous
les peuples d'Europe en faveur de la Crte avec les
decisions plus qu'tranges de leurs gouvernements
prtant l'appui bnvole de leurs obus la barbarie
turque, je ne veux qu'enregistrer en passant, et sim-
plement pour mmoire, l'attitude de l'Espagne osant
se ranger du ct de la Grce, comme si ces Turcs
d'occident avaient envier quoi que ce soit, sous le
rapport du crime, leurs dignes frres orientaux!
Dans le pays, dsormais lgendaire, de toutes les
antinomies, rien ne saurait plus nous surprendre...
La logigue la plus lmentaire nous force croire
que Cuba n'a plus computer dsormais sur le sou-
tien moral ni matriel des gouvernements europens,
mais elle nous fait penser aussi que la honte qu'-
prouvera bientt leur diplomatic de sa conduite ac-
tuelle, l'obligera moralement ne plus essayer de
nuire l'effort des rvolutionnaires cubains. Quant
aux hommes de finance aviss, qui ont su profiter
jusqu' ce jour de la situation de l'Espagne, il est
bien probable que l'puisement des garanties vala-
bles les obligeront, en bonne raison, couper dfi-
nitivement les vivres au famlique Canovas.
Donc, du ct de l'Europe, indifference et plus
d'argent; les Etats-Unis seuls demeurent intresss,
comme les meilleurs amis ou les pires adversaires
de la cause cubaine. Tu rejettes, me dis-tu, mon
cher Pierre, la second hypothse comme inadmissi-
ble pour les causes si multiples que tu te plais


m'numrer, puis tu me demands ce que nous
pouvons esprer du changement de gouvernement
amricain et si je crois que le nouveau Prsident va
s'empresser de reconnaitre l'indpendance de Cuba?
Sans aucune information prcise l'heure o je t'-
cris ces lignes, je te rpondrai donc par un simple
avis tout personnel et qui, par consquent, n'a au-
cune autre valeur que celle que tu voudras bien lui
accorder toi-mme.
Il nous faut avant tout, aux Etats-Unis comme
ailleurs, distinguer la nation et ses tendances du
gouvernement et son opportunisme. Est-ce dire
que 1 un de ces lments soit hostile la cause cu-
baine ? Non; je suis convaincu que si le fait dpen-
dait exclusivement de la volont de M. Mac Kinley,
Cuba serait libre aujourd'hui mme; mais malgr
les voux ardemment exprims des Amricains et les
sympathies personnelles du nouveau Prsident,
crois-tu, mon Pierre, qu'il existe aujourd'hui un
moyen vraiment lgal, gouvernemental, de dcrter
ainsi l'indpendance d'une colonie? Pour mon
compete, je ne le pense pas. D'ailleurs le gnral
Maximo G6mez a-t-il demand aux Etats-Unis de
lui octroyer, par ce moyen, des vacances soudaines
et prmatures ? Ce que les Cubains veulent, c'est
pouvoir se battre jusqu' la victoire definitive, et
la seule chose qu'ils demandent et qu'ils rclament,
en toute justice, c'est qu'on leur laisse au moins la
liberty pleine et entire de leurs movements.
Puisqu'ils sont belligrants de fait, pourquoi ne
pas les reconnatre en principle? Pourquoi ne pas
traiter en'belligrants officials des hommes qui guer-
roient depuis deux ans, en braves gens et courageux
soldats, avec le respect de tout ce qui en est digne
et sans'vouloir rpondre par des reprsailles, la fin
excusables, toutes les atrocits des:assassins es-.
pagnols ?
Voil, mon bon Pierre, ce que les Amricains,
obissant simplement la logique la plus calme et
la raison la'plus froide, seront obligs de reconna-
tre, comme ils reconnaissent dj que les gnraux
cubains et leurs troupes ont donn ls marques les
plus clatantes de talent et de courage, pendant que
leurs dlgus l'tranger ont su faire part d'une
prudence et d'une sagesse incontestables. Oui,
nous pouvons, nous avons le droit de nous crier:
Amricains, nos frres! au nom de nos principles et
de vos traditions, par ce phare lumineux de la rade de
la York nouvelle qui symbolise la libert universelle,
laissez-nous combattre notre combat! N'entravez
plus le dpart de nos expeditions qui, si elles em-
portent des balles pour les adversaires, emportent
aussi quelques vivres, des vtements et surtout des
objets de pansement pour les malheureux blesss du
champ de bataille; ne vous rendez pas coupables de
ce que l'on pourrait considrer comme une lchet,
en paralysant, sans danger pour vous, le bras vail-
lant du plus sympathique des combatants : la lutte
ainsi est vraiment trop ingale. Ne craignez pas de
paratre trop jeunes aux yeux chassieux des hommes
du vieux monde et n'enviez point l'Europe ver-
moulue le triste rle du troisime larron de la fable,
rle savamment conu pour consacrer la faillite d-
finitive de sa diplomatic fin de sicle .
7 mars 1897.


VICTOIRE ESPAGNOLE

Plusieurs journaux parisiens ont public le tl-
gramme suivant qui leur a t envoy de Madrd :
On made de La Havane que d'importantes op-
rations ont eu lieu dans la province de Pinar del
Rio. Les campements et les hpitaux des rebelles ont
t tus et un grand nombre blesss.
Enfin! le gouverneur espagnol se dcide confes-
ser la vrit sur ses victoires : il tue des campe-
ments et des hpitaux cubains !
Quel brave gnral, le boucher Valeriano I

-----sc----.^------


LA PACIFICATION

La guerre de Cuba ne parat pas
devoir se terminer si facilement.
Plus on donned un province come
pacifie, plus naissent de son sol
come par enchantement des
groups d'insurgs, qui font sauter
les trains et livrent nos troupes
de terrible combats. Weyuler rentre
La Havane. Ces alles et venues
ndu gouverneur gnral de l'ile
donnent fort penser.
(El Nueco Rgimen, Madrid,
20 fvrier.)
Afin que nos lecteurs puissent se faire une ide
exact de la mauvaise foi avec laquelle le gouverne-
ment espagnol s'efforce de tromper l'opinion pu-
blique en gnral et, en particulier, l'tranger en
faisant croire une pacification qui n'existe pas
Cuba, nous donnons nos lecteurs un extrait des
.nouvelles publies par les journaux de la pninsule;
nouvelles qui confirment celles de notre service
special.
On verra ainsi combien grande est notre impartia-
lit et combien exacts sont nos renseignements.
El Correo, Madrid, 26 fvrier: Cinq cents re-
belles, sous le commandement de Naya, ont attaqu


le village de Vega Alta (Remedios). Cent cinquante
d'entre eux ont russi y .pntrer. Dans cette
attaque, les rebelles furent conduits par un caporal
dserteur, qui les fit entrer dans le village par une
fondrire.
On vient de dcouvrir La Havane plusieurs
Espagnols qui avaient form le project de faire sauter
divers difices.
Les rebelles ont enlev les troupeaux qui pais-
saient, sous les yeux des troupes de Santa Clara.
Un autre group a fait sauter un tunnel de la
voie ferre de La Esperanza.
On constate que les insurgs marchent vers
Matanzas. L'inquitude est grande La Havane.
La crise commercial commence avoir une
une influence dans la distribution des fournitures et
des vivres l'arme. En effect, les fournisseurs, obli-
gs d'acheter l'tranger et de payer en or, refusent
de recevoir les billets.
Les correspondents La Havane de El Impar-
cial et du Heraldo tlgrafient, de Cayo Hueso, que
les rformes n'ont produit dans le camp ennemi
aucun effet. .
On considre comme abandonne l'ide don't
il avait t question d'envoyer Marcos Garcia auprs
du gouvernement cubain, afin de lui proposer d'ac-
cepter les rformes.
Le correspondent de El Imparcial dit qu'il ne
faut pas se laisser aller par le patriotism et de
bonnes intentions des ides trop optimistes et
contraires la triste ralit.
La troupe Tubau, qui donne des reprsenta-
tions La Havane, a t dissoute par suite de la
crise cre par la dprciation du papier-monnaie.
On connat dj les dtails de l'attaque de la
plantation de San Antonio, prs de Santa Clara.
Nos forces marchaient en un troit sentier couvert
par une fort paisse. D'un ct partit une formi-
dable dcharge et, au mme moment, du ct
oppos, 200 rebelles chargrent nos soldats au
machete . Le choc fut.pouvantable et la clameur
horrible. Nos cavaliers tournrent bride, jetant la
confusion dans nos rangs et se prcipitant sur les
fantassins et les pompiers. Nous avons eu quarante-
six morts, parmi lesquels trois sergents et cinq
caporaux.
La Epoca, Madrid, 27 et 28 fvrier: Le va-
peur Alfonso XII vient de transporter Cadix
i3 marines, 12 sergents et 575 hommes blesss et ma-
lades; i5 dports flibustiers, sept interns et 43
iiciigos. Quatre soldats, embarqus La Havane
dans un tat grave, sont morts pendant la traverse.
La plupart des malades sont atteints d'anmie, de
dyssenterie et de tuberculose. Nombreux sont'gale-
ment les hommes blesss ou devenus impropres au
service par suite d'accidents de champagne. Ils se r-
partissent ainsi: neuf blesss, onze malades grave-
ment atteints, deux aveugles par suite de maladies
contractes pendant la guerre, soixante-treize im-
propres au service pour raisons diverse. Le reste se
compose de convalescents. Le vapeur Alfonso XII
transportait galement trois gnraux de brigade, un
lieutenant-colonel, trois capitaines et deux lieute-
nants. Le lieutenant-colonel D. Emilio Prez
Palomo a eu le bras gauche fracture dans le train de
Gines, que les insurgs ont fait 'sauter; le capitaine
D. Marcos Rueda a reu une balle dans la region
lombaire, pendant le combat de Cuevas de Savala
(Pinar del Rio) ; le capitaine D. Luciano Torrente a
reu deux balles dans les jambes et six blessures
sur diverse parties du corps aux combats livrs par
la colonne du gnral Segura, et le capitaine Ram6n
Escobar a reu une balle dans l'paule et une autre
dans le bras droit.
Les Cubains ont attaqu Jiguani le 24; un sol-
dat a t tu.
Forces, second zone Matanzas, ont battu
groups dans months Pedroso.
Lieutenant-colonel Aguilera reconnut Cienaga
et battit Tinajita troupes d'Alvarez et Betancourt.
Colonne eut un mort et vingt-deux blesss.
Dans d'autres reconnaissances, province Ha-
vane, les colonnes ont eu trois blesss et deux
hommes contusionns.
Forces San Marcial reconnaissant Hoyos, rio
San Marcos et Callejn de Robles (Pinar del Rio),
ont eu deux blesss.
Commandant Valbuena battit group Pare-
dones.
Commandant militaire de Los Palacios reconnut
Loma del Toro;. il eut un bless et deux hommes
contusionns.
El Imparcial, Madrid, 1" mars : Le courier
est parti de Cadix le 28 pour Cuba, avec 30 chefs et
officers et 3oo soldats.
Prs de Santa Teresa (province de La Havane),
les rebelles ont attaqu une colonne espagnole com-
pose du rgiment de cavalerie de Pizarro. Le combat
a t long et acharn. La colonne a subi des pertes
considrables. Le capitaine Santa Maria a t blessed
au moment o il commandait une charge. Douze
soldats ont t tus et quatorze blesss. Le lieute-
nant Santa Pau a t contusionn.
Des guerrillas de Santa Catalina ont combattu
Rancho Viejo pendant deux heures et demie. Nous
avons eu trois morts et deux blesss. Le lieutenant
Minico Rodriguez a t contusionn.


*


1 .


A tous les journaux fin de sicle qui, dans l'espoir
de palper quelques pesetas lorsque l'Espagne viendra
solliciter les capitaux franais, trompent quotidien-
nement le public en lui donnant comme un fait ac-
compli les mensonges de Weyler, nous ddions les
fragments suivants d'un premier-Madrid du He-
raldo :
Non seulement nous n'avons pas avanc en
quoi que ce soit en ce qui concern la guerre, mais
nous avons beaucoup recul depuis l'poque du g-
nral Martinez Campos.
Quel malheur que le parti franais ne puisse lire
-les journaux de Madrid, et se rendre compete du
nouveau Panama que lui prepare une.presse avide
et sans.scrupules!


Continuons les citations; puissent-elles tre utiles
ceux qui les liront :
Tous les courriers apportent nos ministres des
informations prcises et trs amples sur ce qui se
passe l-bas, et mme des renseignements d'un ca-
ractre confidential et rserv sur beaucoup de
choses don't il serait indiscret de parler publique-
ment.
Vous tous qui avez des conomies, faites-vous tra-
duire, dans votre intrt, les journaux espagnols.



Mais ce n'est-pas fini; coutez encore le Heraldo:
Ce qui arrive nos gouvernants, c'est sans doute
qu'ils ne considrent pas patriotique de communi-
quer l'opinion leur propre.pense, et de dire qu'ils
croient certain maux irrmdiables...

S
Voici le bon morceau; il content l'exacte vrit
au sujet de la prtendue pacification d'une parties de
l'le par le cynique Weyler :
Les provinces pacifies continent nous co-
ter du sang presque journellement, et l'on n'obtient
pas d'autre rsultat visible que d'loigner les bandes
insurges de la route suivie par les fortes colonnes
sous les ordres du gnral en chef...
Damt!...'C'est toujours le fameux cercle de fer es-
pagnol; lorsque ce cercle est bien frm, on s'aper-
oit que les insurgs ont nglig de se laisser niettre
dedans.


Le Heraldo conclut en ces terms :
Malheureusement dans une guerre comme cel-
le-l, tendue aux six provinces et maintenue dans
les six avec des forces plus ou moins considrables,
il n'est d'aucune importance militaire que les insur-
gs laissent le passage libre nos troupes. Tant
qu'ils ne dposent pas les armes, tant qu'on ne les
voit pas extermins ou rendus, il est indifferent
qu'ils soient notre droite ou notre gauche,
notre front ou sur nos derrires.
C'est le bon sens mme qui parle; aussi gare vos
poches, lecteur, et... prvene vos amis et connais-
sances.
--------^,$ -------

TOUJOURS LES MIMES


On lit dans les Efemrides Americanas, de
M. Pedro Rivas, la date du 16 novembre 1532:
Le noble Inca du Prou, Atahualpa, avait donn
l'hospitalit la veille, dans une de ses villes, Fran-
cisco Pizarro et ses "gens, lesquels, sur la foi de
leurs prestations de paix et d'amiti, ayaient t
reus gnreusement et combls de tout. Dans cette
ville de Caxamalca, qui leur avait t donne pour
residence, ils ont une entrevue afin d'changer leurs
protestations d'amiti; mais Pizarro, mettant en jeu
les moyens les plus vils et se servant de la force,
s'empare par surprise de l'Inca Atahualpa qui
s'tait prsent aux trangers auxquels il donnait
l'hospitalit, avec une si grande noblesse et sans
suspecter une trahison.
Nous voyons par ce fait que Pizarro au Prou ne
fut pas moins bandit que Hernn Corts au Mexique
et que Diego Velzquez et Pnfilo Narvez Cuba.
Qu'on compare leur esprit chevaleresque avec
celui des Valmaseda, des Polavieja et des Valeriano
et l'on verra que si les temps sont autres, la frocit
et la fourberie des Espagnols n'ont pas change.
On constatera en outre que si ceux qui ont
apport la civilisation en Amrique, ainsi que le
crient sur les toits Cinovas et Castelar, ont pro-
cd de faon si inavouable, les Corocotta et les Jos
Maria auraient civilis comme eux.


*


Y


-'lawmuUUULU







11 MARS 1897.


REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 26. M. Olney, secrtaire d'Etat des Etats-
Unis, a reu, aujourd'hui, une dpche du consul
gnral de La Havane, annonant que le gnral
cubain Julio Sanguily avait t mis en libert.
On dit La Havane que le gnral Ahumada a
dcouvert une conspiration. Plusieurs arrestations
ont t opres.
M. Eduardo Varela Zequeira, directeur de El
Pueblo, de Puerto Principe, ancien reporter de La
Lucha et correspondent de La Discusin, de La
Havane, sera envoy Chafarinas.
Le 6 fvrier dernier, ont t arrts, pour dlits
politiques, et mis la disposition du gouverneur
gnral, D. Eduardo Hernindez, Rafal Hernndez,
Luis Caso et quarante-trois fidTrigos.
Andrea y Sanchez, seur de Francisco et Espe-
ranza Sanchez, arrtes il y a quelque temps Pinar
del Rio, ont t emprisonnes dans la Casa de Re-
cojidas de La Havane.
Le prisonnier de guerre Manuel Alos Llevas a
t fusill La Havane. Il faisait parties de la guerilla
Peral et tait pass, avec armes et bagages, dans le
camp cubain.
MM. Jos Morel Xiques, Carlos Adn, Enrique
Agero, Vicente Ramirez, Juan de la Cruz Agra-
monte, Aurelio Urra, Ramn Boza, Jos Mor Pesa
et Elucipio Bertas, viennent d'arriver la prison de
La Havane.
M. Rafal Almaguer, prisonnier de guerre ve-
nant de Santiago de Cuba, vient d'arriver La Ha-
vane, et plusieurs autres prisonniers, parmi lesquels
M. Francisco Arango, ont t conduits Puerto
Principe.
Mesdames Angela Silva Zayas, Concepcin
Agramonte, Maria Aguilar et Gabriela Varona ont
t mises en libert le 6 fvrier dernier. Elles sont
parties aussitt pour le Camagtey.
Du 27. Le gnral Julio Sanguily, citoyen
amricain, partira demain pour les Etats-Unis.
M. Mac Kinley a dclar, dans une interview,
qu'il tait rsolu protger efficacement tous les ci-
toyens des Etats-Unis, et qu' la premiere nouvelle
d'un attentat commis contre un Amricain, il agirait
sans retard et nergiquement.
Le Dr Ricardo Ruiz avait t naturalis amri-
cain Philadelphie en i880.
MM. Eduardo Varela Zequeira, directeur de El
Pueblo de Puerto Principe, Enrique Agero Abad,
de la famille du chef cubain du mme nom, Carlos
Adams et Jos Morell, propritaires, sont arrivs
Cadix, sur l'Alfonso XII, comme dports poli-
tiques.
Du 28. M. John Hart, convaincu, Philadel-
phie, d'avoir pris part l'expdition du vapeur Lau-
rada, sollicite le poste de consul gnral, La Ha-
vane, au cas o M. Lee l'abandonnerait.
M. Mac Donnell, propritaire d'une plantation
situe dans les environs de La Havane, est venu
Washington pour demander justice. Il dit que les
Espagnols ont pill sa plantation et l'ont arrt parce
qu'il se plaignait de l'attentat don't il tait victim.
Une reclamation officielle eut lieu ; mais le gnral
Weyler jeta terre le passe-port de M. Mac Donnell
et tourna le dos au consul M. Lee, qui protestait
contre l'acte commis. M. Mac Donnell fut mis,
toutefois, en libert. Mais, insult dans les rues par
les espagnols, il s'est vu oblig de quitter le pays
sans avoir pu mettre ses affaires en ordre.
Du Mars. Les forces espagnoles ont t
mises en droute par les Cubains San Antonio de
Vegas. Elles ont ou 56 hommes hors de combat, par-
mi lesquels le capitaine Santa Maria, chefde la co-
lonne, et plusieurs autres officers.
Parmi les navires amricains qui surveillent les
ctes pour empcher les expeditions pour Cuba, se
trouve le cuirass Indiana.
On croit que le Dauntless et le Bermuda
essaient de s'unir pour transporter une expedition
Cuba.
Ahumada a dclar que le Dr. Ruiz, citoyen
amricain, est mort de congestion dans la prison
de Guanabacoa. Cinq mdecins ont sign cette d-
claration.
On dment, Madrid, la nouvelle que Weyler
doive donner sa dmission cause de la mise en li-
bert du gnral Sanguily; mais, d'autre part, les
bruits de crise ministrielle prennent plus de consis-
tance.
Du 2. Le gnral' Julio Sanguily partira cette
nuit pour W'ashington, aprs avoir t ft Key-
West.
-- Le consul des Etats-Unis, La | Havane,
avant donn sa dmission en presence de l'attitude
de Wevler l'gard des citoyens amricains,
Mr. Olney lui a envoy des instructions afin qu'il
exige, en vertu des traits, la libert immediate de
tous les citoyens amricains arrts pour plus de
trois jours. On dit, d'autre part, que Canovas, en
vue de l'attitude de Weyler, a rsolu de le reliever de


ses functions et de le remplacer au gouvernement
par Primo de Rivera et la tte de l'arme par
Marin.
En vue d'viter l'irritation que pourrait causer,
en Espagne, la mise en libert du gnral Sanguily,
Cinovas a dcid de publier dans la Gaceta, en
mme temps que la measure prise en faveur du
gnral Sanguily, des rclamations adresses depuis
longtemps par les gouvernements de France, d'An-
gleterre et de Costa-Rica. A l'avenir, pour viter les
rclamations constantes des Etats-Unis, le gouver-
nement espagnol a dcid d'expulser tout tranger
qui s'occupera de politique Cuba.
La press espagnole s'lve contre l'affaire
du gnral Julio Sanguily. Le gouvernement
rejette sur la Reine rgente la responsabilit de cette
measure.
Canovas a dit que l'affaire Ruiz n'a aucune
importance. Il a ajout que Mr. Lee avait provoqu
cette algarade par dpit, Ruiz tant son ami et celui
de sa famille. Ahumada affirme qu'il est prouv que
Ruiz est mort de maladie.
Weyler tait hier Placetas et le Legapi; il est
parti dans la direction de Caibarin.
On assure que dans son discours d'inauguration,
Mac Kinley parlera peu de la question cubaine et
qu'il attendra une autre occasion pour faire les
dclarations exiges par les circonstances.
Weyler, irrit par l'affaire du gnral Julio
Sanguily, a offert sa dmission et partira le plus tt
possible.
Le nouveau torpilleur Farrugut, a t mis
l'essai dans le Potomac. Il a atteint, sans forcer ses
machines, la surpienante vitesse de 3o nceuds
l'heuie.
Du 3. Une golette et une barque charges de
bagages et de voyageurs et remorques par un
vapeur ont fait leur apparition devant la cte de
Hornagat. Quelques moments plus tard, un second
vapeur se prsentait sur lequel taient transbords
les bagages et les personnel. Ce vapeur est parti
ensuite dans la direction du Sud.
Le vapeur Laurada a quitt Baltimore ven-
dredi, faisant, en apparence, route vers Philadelphie,
mais important une provision de carbon suffisante
pour faire la traverse de l'Atlantique et un charge-
ment de pommes de terre. Le Laurada n'est pas
encore arriv Philadelphie et on assure qu'il a
continue sa route pour Cuba o il transport une
expedition important.
Du 4. Une dpche 'de La Havane announce
qu'un combat acharn a t livr dans les environs
de Manzanillo, entire les Espagnols et les Cubains.
Ces derniers taient commands par le gnral Ca-
lixto Garcia. La dfaite des Espagnols a t com-
plte. Plus de 600 des leurs ont t mis hors de
combat.
Weyler a tlgrafi au gouvernement qu'il
tait la veille de rentrer La Havane afin d'y ex-
pdier diffrentes affaires et que sa presence dans la
province de Santa Clara n'tait pas indispensable.
Les forces espagnoles dans cette province atteignent
le chiffre de 3o,ooo homes.
Du 5.-Une commission compose de M. Gonzalo
de Jorrin, avocat, M. Emilio Guasp, notaire, et M. Jos


Maria Paz ex-fiscal, dment autoriss et munis d'un
sauf-conduit, a eu une entrevue avec le gnral Rius
Rivera en son quarter gnral de Las Lomas de
Pinar del Rio en vue de connaitre ses intentions re-
lativement la paix. Les envoys ont t reus par
un comit de chefs dans laquelle se trouvaient les
frres Ducassi, Leyte Vidal (lequel a t donn offi-
ciellement pour mort), le brigadier Gil, les colonels
Pablo Gonzalez et Arencibia, les capitaines Baccardi
et Lesage (Franais, secrtaire de Rius Rivera). Ds
que M. Jorrin eut expos l'objet de sa mission, le
comitl charge le gnral Rius Rivera de rpondre en
son nom. Celui-ci a dclar qu'il refusait de prendre
en consideration toute proposition de paix n'ayant
pas pour base l'indpendance absolue de l'ile. Le
gnral remit ensuite au chef de la commission une
menace de mort, rdige conformment aux ordres
du gnral Gmez, et dirige contre quiconque fe-
rait de nouveau des propositions comme celle don't
s'tait charge la commission. Les membres de la
commission. ont pass trois jours au quarter gn-
ral. Ils affirment que les soldats cubains sont assez
bien nourris, vtus rgulirement, qu'ils ont grande
confiance dans le triomphe final de l'indpendance
et qu'ils viennent de recevoir une bonne expedition
qui leur a apport des munitions nombreuses, deux
canons et un lance-torpilles. Ils possdent des mu-
nitions pour deux ans et cinq mille hommes parfai-
tement arms et quips. Le gnral Gonzalez a as-
sur la commission que c'est lui qui a bless, il
y a quelque temps, le gnral Echage.
Ahumada a reu du gouvernement de Madrid
l'ordre de mettre immdiatement en libert tous les
prisonniers trangers contre lesquels n'existe aucune
accusation srieuse et prouve et d'ouvrir rapidement
une enqute sur la mort du Dr. Ruiz survenue dans
la prison de Guanabacoa. Mr. Lee, consul des Etats-
Unis, devra tre entendu et des poursuites seront
exerces contre les coupables si on en trouve.
Une troupe cubaine de 5oo homes, sous les
ordres de Jos Gonzalez, a mis le sige devant la plan-
tation Dolores (Remedios) avec une pice d'artille-,
rie. Avant l'attaque, Jos Gonzalez a somm le com-
mandant, nomm Bernardo Cadal, de se rendre. Le
commandant espagnol n'ayant pas rpondu, le sige
commena et les Espagnols furent bientt forcs de
battre en retraite. La plantation, aujourd'hui dtruit,
tait une vritable forteresse, sa tour leve tait un
excellent observatoire pour la surveillance des exp-
ditions cubaines sur cette parties de la cte. Des
troupes sont parties pour recueillir les morts et les
blesss abandonns par les Espagnols.
Weyler, venant de Caibarin, est arriv hier
La Havane, 4 heures de l'aprs-midi, sur le Le-
ga;pi.
Les vapeurs Laurada et Bermuda ont quitt
les Etats-Unis. Ils transportent des expeditions pour
les rvolutionnaires cubains; on dit, d'autre part,
qu'un troisime vapeur vient de partir dans le mme
but.
Le Conseil des ministres, prsid par Canovas,
a dcid ce soir de demander un credit extraordi-
naire destin armer six nouveaux navires de
guerre et complter le matriel ncessaire. Le Con-
seil a discut l'affaire Ruiz et chang des vues sur


COLLECTIONS
DE









Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons

en vente la collection complete du journal illustr B. k'
comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour

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Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


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NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection
gratis.


la politique que le gouvernement doit suivre en pr
sence du message de Mac Kinley.
Hier a eu lieu, avec le crmonial ordinaire,
l'installation du nouveau Prsident des Etats-Unis,
Mr. Mac Kinley. Aprs avoir prt serment le nou-
veau president a donn lecture de son Message. On
croit que c'est intentionnellement qu'il n'a pas fait
allusion aux'affaires cubaines. Le Congrs se runira
le 15 en session extraordinaire.
Du 6. Le gnral Sanguily est arriv New-
York.
Dans une entrevue avec le correspondent de
El Imparcial, Canovas a dclar qu'il n'enverrait
pas un soldat de plus Cuba, bien que Weyler ait
demand 20,ooo hommes de plus.
La situation conomique de l'Ile devient tous
les jours plus grave. Les commerants de La Havane
ont eu une nouvelle conference avec Weyler, mais
sans aucun rsultat. Les affaires sont compltement
paralyses.
La runion des dlgus des centres commer-
ciaux, prside par Weyler, a eu lieu dans le bureau
du gouverneur. L'Intendant y assistant. On s'est
occup de la question du papier-monnaie. Weyler a
donn trois jours aux commerants pour trouver
une solution definitive. L'Intendant s'est oppos
la cotisation des billets.
Du 7. Des forces cubaines se sont empares du
village des Gaines o se trouvait une garnison espa-
gnole. Le village tait fortifi. Plusieurs tablisse-
ments espagnols ont t rduits en cendres par les
Cubains.
Le gnral Weyler a dclar qu'il n'avait 'pas
donn sa dmission et qu'il partirait prochainement
en operations.
Une rencontre a eu lieu dans les montagnes
de Rubi. Les Espagnols ont eu plus de 20 morts et
80 blesss. Les Cubains occupaient des tranches
chelonnes. Ils se sont servi de la dynamite qui a
fait de grands ravages dans les rangs ennemis. La
colonne Obregn est venue reliever les blesss.
Mercredi dernier, des forces cubaines ont tir
des coups de feu La Vibora, faubourg de
La Havane.
De nouvelles forces cubaines ont envahi la
province de La Havane. Elles sont sous les ordres
du chef cubain Alejandro Rodriguez, qui replace
le gnral Aguirre.
Les nouvelles relatives l'inefficacit des
rformes sont confirmes. Tous les chefs cubains
les repoussent.
Les juges de La Havane se htent d'expdier
tous les procs contre les trangers.
Le message de Mac Kinley n'a pas produit une
bonne impression dans la press ministrielle espa-
gnole. La reserve du nouveau president, en ce qui
concern la question cubaine, inspire de la mfiance
et est fort commente. L'attitude antrieure de
M. Mac Kinley est peu faite d'ailleurs pour rassurer
l'opinion, et il en est de mme de celle adopte.
rcemment au Snat par Mr. Shermann. On croit
'que la situation actuelle sera rsolue d'une manire
inattendue.
Un journal amricain, le New-York Journal,.
assure que l'Angleterre a invit l'Espagne traitor
avec plus d'humanit les prisonniers anglais, et
qu'elle lui a adress une reclamation relativement
aux Chemins de Fer de l'Ouest.




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Nous portion's la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le dessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.


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