Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: March 4, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00061
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Full Text






















Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-P aul PARIS'N! & DRT.
o, -,,._ e Anne PARIS 4 Mars 1897 N 59 Un rImeae,Pl id. Id.... 6fr. 65.50
Un trImestre, id. id. 6t fr 6.50
T1graphe: REPCUBAINW A L'TRANGER
P--- 'A.nAIIT TOUTS LES JEUTTDIS Une anne, payable d'avance........... 25 fr.
; P A IT.Un semestre, id. id.. ........... 13 fr
Les manuscrits ne sont pas rendus Uns NUMI IRO....... fr. 25
UN NUBO.... 0f.Z


d.y


OH! DIPLOMATIC!


i peu observateur qu'on soit et
quelque mdiocre intrt qu'on
prouve pour la question de
Cuba, il n'est personnel qui n'ait
prt attention au spectacle qui
nous est offert par les nations
europennes depuis quelque
temps. Ces nations sont intervenes dans le
conflict trco-hellne par la voie diplomatique, et
certaines d'entre elles ont tenu dmontrer
coups de canon que la phrasologie diploma-
tique n'est qu'un leurre et qu'il en est de mme
du droit des gens, de la libert humaine, etc.,
etc., lorsque quelque intrt vient se
mettre en travers.
l y a quelques mois peine, au-
jourd'hui encore, les pouvoirs con-
servateurs, et d'autres qui se prtendent
libraux, combattent avec acharnement
la possibility d'une intervention des
Etats-Unis dans les affaires de Cuba.
Cette intervention, les en croire, serait
une violation du droit de l'Espagne sur
l'le, une usurpation que les autres puis-
sances avaient le devoir d'empcher,
avec d'autant plus de raison que la
grande Rpublique ne visit rien moins
que l'annexion de l'le, mettant ainsi en
vigueur cette doctrine de Monroc atten-
tatoire aux intrts europens dans le
Nouveau Monde
Mais voici qu'clate l'insurrection
crtoise. Ce people infortun, las de
souffrir, las d'tre l'esclave de cette au-
tre Espagne, la Turquie, essaie de briser
ses chanes, combat pour devenir matre
de ses destines. Aussitt, oh! jus-
lice! oh l conscience et sincrit des
Puissances! -les gouvernements s'-
meuvent: on arme des navires, on mo-
bilise des soldats, on envahit le terri-
toire tranger et l'on -bombarde, non
l'oppresseur, mais l'opprim, non le
plus fort, mais le plus faible, au mpris
du droit et de la raison, par le droit de
la, force, de l'intrt, de l'gosme !
Pourquoi donc les grandes puissances ne se
sont-elles pas risques a faire dans les eaux et
sur la terre cubaines la troisime parties seule-
ment de ce qu'elles font en Crte? La rponse est
facile : elles ont peur, et avec raison, du pays
qui, il n'y a pas longtemps, a oblig l'Angleterre
renoncer ses vues peu pacifiques sur le
Vnzuela. S'il n'en avait pas t ainsi, depuis
deux ans que dure la Rvolution Cubaine, il se
serait produit plus d'une reclamation et mme
une intervention, non sans doute comme celle
qu'on reproche aux Etats-Unis, bien qu'elle n'ait


pas eu lieu, mais comme celle qu'on vient de
raliser en Crte impunment.
Il y a dans cet vnement pour les Cubains un
enseignement special et une preuve indiscutable.
Nous savons aujourd'hui que nous n'avons rien
attendre, absolument rien, pour le bien de
notre cause, des gouvernements europens. Si
ces gouvernements n'aident pas l'Espagne
nous enchainer plus que nous ne le sommes,
c'est parce qu'ils ont la conviction que cette
venture inutile leur coterait fort cher. 11 nous
est prouv, d'autre part, que nos chefs illustres
L6pez, Cspedes, Marti, Agramonte, Maceo et
Gmez, ont eu raison de nous faire comprendre
par le fait et par la parole que la diplomatic
qui, d'esclaves d'une factorerie que nous
sommes, doit faire de nous des citoyens d'une
rpublique indpendante, se 'trouve dans le
canon du fusil et au fil du machete.



BRUTALITY ESPAGNOLE

SNous laissons la parole M. Frdric Remington,.
correspondent du New-York Journal Cuba et au-
teur de la gravure qui porte le titre de ces. lines.
M. Remington crit de Gtines, la date du 15 Jan-
vier:
Les actes de terrible sauvagerie des troupes es-


POUR LES BLESSES CUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






6me Lite :


La fille d'un Cubain ....................
M. Frantz Jourdain, homme de lettres ...
Los Mameyes .........................
M. Marius Cladel.:.... ; ................
Deux soeurettes parisiennes.............
M. Louis Solvet, conducteur lithographe.
Un baracutey .........................
M. Ajas, Toulouse.; .....................
M. Toitoine, bb franais ..............
M. R. B, Yonne...................
Produit de la tire-lire de M. Jean Svre,
au Caf Procope...................
M.Toinon, officer cubain franais de 4 ans,
Neuilly-sur-Seine.................


Francs.
20.CO
2.00
20.00


1.00
2.00
18.oo
2.00
5 oo

3 8o'

5;oo


Total ................. 82.80
Total antrieur......... 534.75

Total gnral........... 617.55


CUBA LIBRE '>

Au cri de liberte! nos aeux de 1789, nos ains
de 1848 et les fdrs de 1871. se levrent, les vail-
lants, contre quelques pri ilc6gis qui dtenaient le
pouvoir hors de toute raison, en vertu de la tradition
autoritaire ou en dpit d toute justice de par la stu-
pidit du hasard et la duplicit d'une politique igno-
minieuse. C'est ce mme cri de libert I qui retentit
aux Antilles et qui pousse nos frres cubains s'in-
surger centre le joug infme de la mtropole ib-
rique. Comment les dmocrates franais, ceux qui,
s'inspirant des examples du pass,. sont vraiment
dignes de ce-nom, resteraient-ils indiff-
rents aux efforts des libertaires qui ar-
borent, Cuba, le drapeau de la Repu-
blique?
Il n saurait y avoir, que'les cumeurs
de la politique, les rastaquoures du jour-
nalisme, en un mot les dos du parle-
mentarisme pu de la press qui osent,
.sans vergogne, au mpris de toute pudeur,
crier haro sur les rpublicains 'qui luttent
en. terre cubaine. C'est peut-tre crment
exprimer ma pense, mais je' laisse aux
thurifraires intresss du gouvernement
espagnol l facult, s'ils se sentent imor--
veux, de se moucher leur guise.
Je suis d'autant plus mme d'exprimer
librement mon sentiment sur la Rvolution
cubaine que je ne professe aucune espce
S d'antipathie pour le people espagnol, au-
quel j'impute seulement d'obir avec trop
de passivit aux ordres des matres don't
il ne sait se dbarrasser.
A mon point de vue, la question se pose
trs simple: d'un ct, se trouvent des r-
volts qui rclament leur libert, leur auto-
/ nomie, c'est--dire le droit de grer leurs
finances, leurs intrts comme il leur con-
vient; de l'autr, se trouve une monarchie
qui, de longue date, pressurant, spoliant,
humiliant tout un people, veut continue
pressure, spolier, dominer.
Entre ceux qui spolient et qui oppressent
et ceux qui se rvoltent, mon choix est fait
tout de suite: je suis avec ceux qui se r-
voltent.
Vous tous Armniens, Crtois, Cubains,
versez le sang gnreux qui teindra l'aube
rouge de vos justes revendications
et que notre fraternelle admiration vous soit un
encouragement lutter pour la Libert!





(1) En mme temps que nous publions aujour-
d'hui des articles qui auraient d tre insrs dans
le prcdent numro, mais qui sont arrivs trop
tard pour y trouver place, nous commenons don-
ner la traduction de ceux qui ont figure dans la
parties espagnole pour ceux de nos lecteurs qui ne
connaissent pas cette langue. N. de la R.

*


pagnoles dites guerrillas dpassent tout ce que peut
supposed un homme civilis. Les indiens amricains
ne se sont jamais rendus coupables de crimes sem-
blables ceux que commettent les soldats de la reine
Christine.
Leur faon de traiter les femmes est inquali-
fiable et, en ce qui concern les hommes prisonniers,
je ne puis penser aux supplices atroces qu'on leur
inflige sans que mon sang se gle dans mes veines.
Mon dessin reprsente une de ces atrocitb com-
mise par une gurilla sur des prisonniers don't plu-
sieurs taient sans doute innocents.
Ceux-l sont les prisonniers et les amnistis don't
parle dans chacun de ses rapports le bandit Wey-
ler.....


*


Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les lists que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. iA. de la R.



*


Brutalit espagnole


% ~.:\. ~,







\~~&


4 MARS 1897.


SOUHAITS !


Le people cubain, qui combat avec tant d'ardeur
et de courage pour son indpendance, devrait trou-
ver -plus que des sympathies dans le coeur de la
France, nagure encore si cheialersque, si gn-
reuse et si bienveillante aux opprims I
Puiirquoi donc ce sublime effort que tentent ces
quelques milliers de patriots pour secouer le joug
tfanger et rendre Cuba Libre est-il peu prs
ignor du people franais, ce people franais qui -
marque son nom, dans l'histoire rvolutionnaire
des peuples, par ses luttes inoubliables contre la
tyrannie et son amour pour la Sainte Cause de la
Libert?...
..... ... .... .. ........... ................
C'est que, pourdes raisons inexpliques de politi-
que extrieure et de tactique gouvernementale, la
press officieuse, qui reoit ses informations du
goiverneinent que nous avons, s'applique faire
le silence sur la Rvolution Cubaine, en dnaturer
l gravit ou en travestir la pense. On ne connait-
pas ou on connat mal, chez nous, ce qui se passe
Cuba.
Aussi souhaitons-nous de tout coeur que La R-
publique Cubaine, ce vaillant journal, fond par
un patriote ardent et dsintress, inspir et sou-
tenu par le seul amour de la patrie et de la vrit, -
aussi souhaitons-nous que La Rpublique Cu-
baine' devienne chez nous rapidement populaire et
que,,mieux connue et mieux comprise, la Rvolution
qui s'accomplit l-bas trouve des dfenseurs et des
allis. Que le souffle patriotique qui l'anime passe
sur notre France..rpublicaine, et qu'elle ne reste
plus indiffrente tant de bravoure dpense par tout
un people debout et arm pour sa dlivrance et
pour.la Rpublique !


Cuba doit tre libre Le people opprim a consa-
cr sa vie - l'euvre de l'mancipation et Dieu forti-
fiera son bras.





'"- -......-' -- ."-


INDPENDANCE OU EXTERMINATION


La question palpitante de ces temps derniers a t
celle des rformes que, pour aplanir le chemin de
la paix, nous concde, avec son hidalguie habituelle,
notre chre et gnreuse mtropole. Que peuvent
-demander de plus les Cubains ? N'ont-ils pas assez
d'un illusoire Conseil d'administration, de quelques
titres de Castille rapetissant toute grandeur, et de
quelques grands-croix qui ne sont malheureusement
plus de celles des sauvages nations.
Il parait que le project est fort du got du brilliant
marquis de Montoro, bien que les. pacifiques habi-
tants de Porto-Rico eux-mmes aient refus de
jouer un rle indigne dans cette farce cynique; mais
ce qui est prouv, c'est que nous n'accepterons,
nous rvolutionnaires, aucune rforme sous l'infa-
mante souverainet espagnole, quel que puisse tre
d'ailleurs le vtement autonome don't on songe
couvrir les impudiques nudits de l'esprit de domi-
nation sur une colonie irrvocablement sparatiste
et rebelle et dcide ne se soumettre jamais.
Toms Estrada dclare que notre devise est:
l'indpendance ou l'extermination , et Mximo
Gmez a fait la mme declaration en ces paroles,
qui sonnent comme un clairon dans un combat:
La guerre durera tant que Cuba ne sera pas
libre .
La libert de Cuba et l'Espagne sont deux terms
incompatible.



~---2--

New-York, 15 fvrier 1897.

---------*---------


LE GNRAL MACEO


El Porvenir de New-York, public, dans un sup-
plment, une parties du journal de champagne du
vnrable Prsident de la Rpublique de Cuba,
M. Salvador Cisneros Betancourt. Nous empiuntons
cette publication l'mouvant rcit suivant qui,
nous en sommes assurs, sera lu avec le plus grand
intrt:

Nous tions peine installs dans notre camp
lorsqu'arriva, de Matanzas, une commission nous
apportant la confirmation officielle de la mort d'un
des gnraux les plus glorieux de notre pauvre
Cuba; tu peux te figure le campement cette nou-


velle; sur tous les visages se lisait une douleur pro-
fonde.
Aussitt, j'allai, la tte du Conseil, prsenter les
dolances du Gouvernement au gnral Gmez, pour
les compagnons disparus et pour son fils en parti-
culier. Nous arrivmes, et le secrtaire de la Guerre
par intrim, Garcia Cafiizares, prit la parole. Le g-
nral tait affect un degr, tel qu'il ne put nous
rpondre; il voulut fire un effort, mais la douleur
l'emporta et nous le laissmes seul avec sa. peine.
Aprs.nous, vinrent les sous-secrtaires d'Etat, mies
aides-de-camp, chefs et officers hors de service. Le
chef des Finances, C. Nodarse, prit la parole. Le G-
nral en chef se leva pour les recevoir, son chapeau
la main et, tous la fois, nous l'imitmes, et le
citoyen Nodarse mu, lui dit : Gnral, je viens, au
nom des chefs de service, des aides-de-camp, des
chefs et des officers du Gouvernement, vous tmoi-
gner la vive part que nous prenons votre peine. La
perte que vous avez faite sera toujours pleure par
Cuba et par ses enfants. Le Gnral,.faisant un
violent effort, rpondit : Pardonnez-moi, mes-
sieurs (deux ruisseaux de larmes coulrent de ses
yeux), je vous remercie de cette manifestation si
spontane. > Et il s'arrta de nouveau, interrompu
par ses larmes. Messieurs : reprit-il enfin, le sol-
dat ne doit jamais pleurer ses compagnons; il doit
les imiter. Ceux qui sont tombs n'ont fait qu'accom-
plir leur devoir: ils sont venus Cuba pour mourir
come vous y tes venus vous-mmes. Je ne vous
demand pas de venger la mort du hros et du ca-
marade. En des coeurs-nobles et en une cause sainte
comme celle que nous dfendons, la vengeance ne
saurait trouver place; le coeur la repousse; mais nous
devons imiter ceux qui sont tombs. Pardonnez-moi
ces larmes, messieurs, mais je suis pre. Un mem-
de la Commission dit alors: Gnral, je suis
pre aussi, et je pleure. Le gnral Gmez lui r-
pondit : Merci. Il salua de la main, inclina len-
tement la tte et nous nous-retirmes pleins d'une
profonde douleur en voyant ce vieillard qui, ds qu'il
avait appris la nouvelle par les rapports de l'ennemi,
avait dit : Mon cour ne m'a jamais tromp et la
mort de Maceo, mon inoubliable et cher camarade,.
aussi bien que celle de mon fils chri, sont cer-
taines.
Le Conseil de gouvernement, en sance extraor-
dinaire, prit la resolution suivante :
i' Dcrter dix jours de deuil sur tout le territoire
de la Rpublique. Le deuil sera observ rigoureuse-
ment. Il commencera le jour o le dcret parviendra
la connaissance du chef ou de l'autorit du Dis-
trict.
2' Envoyer une communication de profonde oon-
dolance la veuve du-vaillant Gnral.
3 Faire visiter par le Conseil de gouvernement
d'abord, par les employs, les chefs et les officers de
la residence du gouvernement, le gnral en chef
reprsentant l'arme, pour lui exprimer les condo-
lances de tous.
4' Porter l'ordre du jour que les chefs et les offi-
ciers seront exempts de service et qu'ils se prsente-
ront, le soir mme, la residence du Gnral en
chef, pour accomplir le mme devoir.
Le Conseil de gouvernement ayant appris en
mme temps que la mort de Maceo celle de l'adju-
dant du lieutenant-gnral Francisco G6mez Toro,
fils du Gnral en chef, dcida :
i' D'envoyer ses vives condolances au Gnral en
chef.
2" D'envoyer un souvenir, de la part prise par le
gouvernement, a la mre du vaillant adjudant, et
3" De publier toutes ces decisions dans les jour-
naux de la Rpublique.
P. et L. Residence du Conseil, le 28 dcembre mil
huit cent quatre-vingt-seize.
Le Secrtaire du Conseil,
Jos Clemente Vivanco.

Ordre du jour de l'arme.
Le Lieutenant-Gnral Antonio Maceo est mort le
7 courant, dans un rude combat contre les ennemis
de la Patrie.
Le hros est tomb San Pedro, terme de Hoyo
Colorado, dans la province de La Havane.
La Patrie pleure un de ses plus nergiques dfen-
seurs; Cuba, le plus glorieux de ses fils, et l'arme,
le premier de ses gnraux.
SOLDATS: Le gnral Antonio Maceo est mort, et
il faut suivre son example de bravoure et d'hroque
patriotism pour la defense de la Patrie.
L'arme portera le deuil pendant dix jours. On
n'entendra d'autres sonneries que celles d'ordon-
nance, et le plus grand silence et le plus grand re-
cueillement rgneront dans les campements.




Santa Teresa, Sancti Spiritus, 28 dcembre 1896.




La guerre pour l'indpendance de Cuba content
dans son histoire deux dates glorieuses et jamais
mmorables : le ro octobre 1868 et le 24 fvrier 1895.
Ces deux dates marquient d'une faon inoubliable,
imprissable, le dbut des deux grandes campagnes,
dans lesquelles se lana le people cubain sans souci
de ses biens, de ses sacrifices, de ses souffrances, du


sang de milliers d'hommes grerux offert en
holocaust sur l'autel de la patrie, afin d'arracher la
libert et l'indpendance absolue son impie et
tyrannique mtropole europenne et de lui jeter au
visage les anneaux briss de la chaine vile et infme
de la servitude colonial.







La guerre est une triste ncessit. Mais quand un
people a puis tous les moyens humans de per-
suasion pour obtenir d'un oppresseur injuste le
remde ses maux, s'il en appelle enfin la force
afin. de butterr centre l'agression permanent qui
constitute la tyrannie, ce people use d'un droit de
lgitine defense et son acte est justifi devant sa
conscience et devant le tribunal des hatio6is. Tel est
le cas de Cuba dans ses guerres contre l'Espagne.


*J ..- Y H


LETTRES A PIERRE


La 'tragi-comdie se droule identique elle-
mme et mon avis, cher Pierre, est exactement le
tien relativement aux fameuses rformes que l'oppor-
tunisme politique de Canovas a eu l'audace d'offrir
au gouvernement provisoire de la Rpublique
Cubaine. C'est l du plus pur cynisme : en civet ou
saut chasseur, le pauvre lapin Siboney n'en serait
ni moins dpouillable, ni moins comestible merci.
J'ignore si les Etats-Unis rpondront ce deuxime
plan de rformes comme ils l'ont fait au premier,
par un simple haussement d'paules : paruriunt
montes...... Quoi qu'il en soit, les dernires vibra-
tions produites par le coup de pied de Jonatham
s'teignent peu peu dans les fesses du Monstre,
car tout s'efface pour. lui devant l'ternelle, la tou-
jours actuelle et pressante question d'argent. La
voil qui se dresse devant lui plus pre que jamais:
plus de paroles donnes reprendre, plus de pro-
messes oublier ni de serments parjurer; il est l,
au bord du foss, bout de mensonges et de
moyens de duperie !
Quelle rtrospection potuyantable que celle de ces
deux dernires annes! D'abord, la guerre exclusive:
on triomphera rien que par la guerre, dt-on perdre
jusqu'au dernier home, dpenser.jusqu'au dernier
sou Puis, la clameur amricaine indigne imposant
l'Espagne, pour les Cubains opprims, un project
de droit la vie et des rformes indispensables.
Pour sauver l'honneur des armes et expliquer cette
transaction clmente et soudaine, on aurait bien
voulu reporter sur les troupes rvolutionnaires
une victoire au moins apparent; aussi s'empressait-
on de dclarer pacifie la province de Pinar del Rio,
alors qu'une censure imparfaite laissait transpirer la
. ralit des plus tristes dfaites espagnoles.
11 fallait quelque chose de plus dcisif, une mar-
que de puissance plus relle ? .Un moyen rapide-et
sr s'offrait; car l'assassinat du: lieutenant-gnral
Maceo portrait sans doute un coup terrible l'in-
Ssurrection. Eh quoi ? ce n'tait donc point suffisant
encore, puisqu'au lieu des flicitations universelles
attendues, Cnovas ne recueillait partout qu'impr-
cations menaantes ? Patience ? La garde veillera
soigneusement dsormais: aux portes de la poste et
du tlgraphe: ce n'est plus d'affirmer une victoire
qu'il s'agit, ni de l'assassinat d'un gnral bless,
ni de la pacification d'une seule province; pour le
coup, c'est toute l'Ile, vous entendez bien ? toute
l'Ile cqui va tre pacifie... que dis-je ? Elle l'est dj !
L'insurrection va mourir..... l'insurrection est morte!
Et la preuve, c'est que Weyler, blind de pied en
cap et escort de vingt mille hommes, traverse l'ile
de l'Ouest l'Est. Donc, il n'y a plus d'insurgs, et
puisque le triomphe dfinitif couronne enfin l'effort
des armes espagnoles, tenez, voici les rformes les
plus amples, gnreusement octroyes par le plus
magnanime des vainqueurs.
Homres Ibriens, ructez donc loisir, sur vos
guitars enrubannes, cette lumineuse pope! Et
vous, citoyens Franais..... prenez garde vous!
Gare vos bourses que l'on va tcher d'allger! Ce
gouvernement gnreux c'une colonie rvolte
n'hsitera pas, soyez-en certain, faire appel
votre concours, comme il n'hsite pas davantage
affirmer aux outranciers de l'Espagne que ces
rformes, purement illusoires, ne seront jamais
appliques. Le dilemme est clair : Si l'emprunt
russit, on empochera l'argent... et les rformes; s'il
choue, croyez-vous qu'on aura cure d'accorder au
pays Cubain la moindre des concessions ?
Je ne puis m'empcher de rpter ce cri d'alarme :
que l'emprunteur soit Canovas, Sagasta ou Castelar,
peu imported, les chances de l'opration resteront les
mmes, car si l'hydre espagnole parait tricphale, son
venture est unique, la trinit sinistre de ses ttes ne
faisant, du reste, qu'une seule et mme personnel.
Les renseignements que tu m'envoies, mon cher
Pierre, se rapportant la retraite prochaine (dans
les coulisses) de Canovas, m'ont t confirmes
d'autre part; oui, le Monstre va se reposer et pr-


pare, parait-il, sa litire; il rappelle auprs de lui son
auxiliaire de Cuba, et dj un petit tas de crottin,
doux oreiller pour reposer la tte de son obissant
SWeylr, est, m'assure-t-on, prpar de ses propres
mains; car, tu l'ignores peut-tre, nous avons song
lui attribuer, son retour, une-royale recompense;
nous le -faisons... quoi ?"Devine-le en mille... Eh t
bien, nous le faisons... Duc Oui, cher, l'arrive
de ce fidle ami qui nous a si scrupuleusement
conserv notre part dans les bnfices, et qui nous
' promettra certainement d'observer Madrid le
silence le plus prudent, nous le nommerons duc,
duc de quoi ? mais de la Manigua, probablement...
Quels mots trouver pour ces choses ? Parbleu I si
je m'criais un jour: bravo, toro tu m'excuserais,
mon cher Pierre, car avec l'horreur ne de toutes les
banalits, il m'arrive parfois de m'arrter en me-
bouchant le nez devant le Monstre a puanteur
rayonnante, qui a eu du moins la franchise d'crire
lui-mme, sur son chapeau, en large traits de sang:
C'est moi" qui-suis Antoine Cnovas, chef de la
bande espagnole et qui n'hsite pas le dmon-
trer chaque jour par des forfaits retentissants, mais
qu'enchaine, aprs tout, la logique la plus vidente.
En revanche, quels sentiments prouver autres
que celui du plus froid mpris pour ces sous-ordres
intermittent' tartufes avachis par toutes les plati-
tudes, qui empruntent nos cosmtiques pour se
parfumer notre odeur, comme cette vieille
girouette musique qui s'appelle du nom partout
honni de Castelar ? Tu avoues,'mon bon Pierre, que
tu as t ahuri par cette interview subie Madrid et
publie Paris pour les besoins du gouvernement?
Crois-moi, tu en verras bien d'autres, car le cuistre
ne demand qu' vivre et il excutera tous les ordres
reus eih 'ommiis fidle et larbin soumis. Quant
son fatras verbeux d'ithos et de pathos, il devrait
comprendre qu'on-le juge, enf vrit, trop svrement
pour l'exporter en terre de France, et nous souhai-
terions ardemment qu'il conservt, pour son pays
seul, la gerbe artificielle et baromtrique des fleurs
fltries de sa rthorique polychrme. Ne goterait-il
pas lui-mme un bonheur moins mlang, si, loin
des bruits politiques et des homes d'action, son
manteau de brocard fan sur ses chairs rides, il se
bornait dsormais promener ses sandales sur les
Sdalles jonches de roses de son cloitre "._rianTr,, en
'modulant, entour d-'phbes, la douceur du souffle
d'Eros sur ses airs de flte ?









L'Espagne a remplac ses gnraux, a envoy des
milliers de jeunes gens une mort obscure,-s'est
ruine, est pass de sa politique d'Intolrance une
politique d'extermination ; et cependant les.Cubains
ont rendu vain le blocus des navires de guerre
espagnols, dbarqu leurs gnraux de la guerre
prcdente, achet ou captur des milliers de fusils;
occup l'ile presque entire, l'exception des ports
de mer, mis en droute les troupes rgulires espa-
gnoles ; tabli un gouvernement civil; fait la guerre
conformment aux rgles de l'humanit; conquis
les sympathies du monde entier par leur courage,
leur persvrance, leur union et leur dignit; ils
ont fait chouer les mprisables roueries de la diplo-
matie espagnole et ont prononc l'univers que
d'un bout du monde l'autre l'esprit de rvolte
contre le despotisme et l'exploitation est invincible,
et que le coeur de Cuba bat pour un seul idal: l'in-
dpendance absolue.





I---. ^i.i-----


AYACUCHO


La mmoire des Espagnols n'est pas plus fidle-
que ne sont bonnes leurs intentions et recomman-
dables leurs procds en ce qui concern la coloni-
sation dans le nouveau monde. Ils oublient avec:
une facility surprenante tout ce qui, d'une manire
quelconque, est un enseignement, pour ne se sou-
venir que de leurs hauts faits et de leurs gloires et'
les rappeler par tous les moyens. Et mme ils ngli-
gent de mettre profit les leons don't n'et pas
manqu de profiter une race autre que la leur.
Aussi les avertissements de l'inflexible histoire
sont-ils pour eux lettre morte. Il faut donc leur rap-
peler que depuis bien longtemps dj le soleil se
couche sur leurs domaines et que le traditionnel
lion de Castille n'a plus ni ces dents ni ces griffes qui
firent jadis sa reputation.
Nous allons donc, en ce jour si indiqu pour
nous comme pour les Espagnols, du 24 fvrier, leur
remettre en mmoire une date qu'aucun gouverne-
ment de la Pninsule ne devrait avoir oublie, celle
du 9 dcembre 1824. C'est ce jour-l que la domina--
tion espagnole dut s'incliner devant l'indpendance
amricaine dans la plaine d'Ayacucho.
Mais nous ne parlerons pas nous-mmes. Nous
laisserons la parole l'minent historien amricain.
Bartholom Mitre. Que les Espagnols l'coutent et.


ad~ U

Y 111~7






4 MARS 1897.


qu'ils comprennent que la demi-douzaine de bandits
et de flibustiers qui commencrent avec Bolivar
briser leurs chanes et achevrent leur uvre avec
Sucre, poursuivaient le mme but'que les Cubains
de Yara, et que ceux qui, aprs avoir pouss le cri
de guerre de Baire, vont au pas des vainqueurs
sous. les 'ordres de l'invincible Gmez, raliser l'Aya-
cucho de Cuba.
Voici comment s'exprime l'illustre historien ar-
gentin :
........... .................. ........ ...........
Au matin du jeudi 9 dcembre 1824, le soleil se
leva radieux derrire la cime gigantesque des Andes
orientales. Sucre passa cheval devant l'arme, di-
sant aux soldats haute voix : Des efforts de cette
journe, dpend le sort de l'Amrique du Sud A
ce moment, les colonnes espagnoles descendaient
les..pentes.,de Condorkanqui. Sucre ajouta sur un
ton inspir: Un nouveau jour de gloire va cou-
ronner votre constance . Le feu des guerrillas et
quelques coups de canon tirs de part et d'autre
donnrent le signal du combat. Il tait 9 heures du
matin. A 1,o heures, les Espagnols mettaient en
position cinq pices d'ahtillerie, protges par un
bataillon, au pied de la hauteur, et avanaient de
front, en masse serre par la gauche et le centre,
cachant leur droite destine repousser la gauche
rpublicaine. Le vice-roi marchait pied, la tte
du centre.
Le champ de bataille sur lequel allaient se mesu-
rer les deux armes est une plaine qui, du pied de
Condorkanqui, s'tend jusqu' lavalle ou pampa
d'Ayacucho. Sa configuration est celle d'un carr et
son tendue est de 6o0 kilomtres, du sud au nord,
et de 350; de l'est l'ouest. A son extrmit occiden-
-tale, s'lve une colonne pente douce qui se
dveloppe sur toute la longueur. C'est l que se
trouvait l'arme unie. (4,500 Colombiens qui consti-
tuaient sa base et sa force principal; 1,2oo Pru-
viens, don't les corps taient commands en parties
par des chefs argentins, et 80 Argentins, derniers
restes de l'arme des Andes.) Les flancs taient cou-
verts par des tranches naturelles trs pres ; celle
-du sud (droite indpendante) tait absolument im-
praticable. La plus grande parties du front, en son
prolongement du nord au sud, tait traverse par
une barrire que les Espagnols devaient franchir,
mais qui allait s'abaissant vers l'extrmit sud.
C'est sur ce point que les Espagnols tablirent leur
premiere batterie.
La division Valds commena la bataille par sa
droite, dlogeant les companies de chasseurs des
indpendants, places en avant du front des troupes.
Ds les premiers coups de feu, une parties du centre
royaliste attaqua au ,pas de course avec deux
bataillons runis par .une line de tirailleurs, afin d.e
repousser la ,droite de l'ennemi. La division colom-
bienne, qui dfendait cette position, resta immobile,
de pied ferme. Sucre renfora sa gauche d'un
bataillon et ordonna Crdoba de charger sous la
protection de la cavalerie de Miller.
Le jeune gnral leva son chapeau et fit le com-
mandement fameux qui a mis en relief son hroque
figure: En avant! Pas des vainqueurs! Armes
volont Et il charge avec une imptuosit irr-
sistible, form en deux colonnes parallles. L'infan-
terie ennemie qui s'tait avance fut attaque la
baonnette et, pendant quelques minutes, la victoire
fut indcise. Les Espagnols crurent l'emporter en
lanant fond huit escadrons ; mais ils furent re-
pousss par les rgiments de cavalerie de Colombie
sous le commandement du gnral Laurencio Silva.
La position resta au pouvoir des iddpendants.
L'artillerie royaliste de ce flanc fut rduite l'im-
puissance avant d'avoir pu ouvrir le feu. La droite
du centre des royalistes (gnral Monet), qui tait
intacte, accourut ; mais avant d'avoir franchi la
barrire, elle fut attaque par la division de reserve
sous le commandement de Lara, appuye par la
cavalerie colombienne, et elle recula en dsordre.
Trois nouveaux escadrons furent envoys sa ren-
contre. Les cavaliers colombiens, de pied ferme,
avec leurs' normes lances baisses, les remplirent
d'pouvante et ils furent extermins. Le vice-roi se
prcipita alors courageusement au milieu de ses
troupes en droute, pour essayer de ranimer la
lutte ; mais renvers de cheval, avec six blessures, il
fut fait prisonnier en mme temps que plus de 1,ooo
de ses soldats.
Pendant ce temps, Valds, avec trois bataillons et
quatre pieces de montagnes, avait entam la gauche
rpublicaine et ouvert le feu sur le flanc de la division
pruvienne commande par La Mar, qui commenait
dj faiblir lorsqu'accourut le bataillon colom-
bien destin la renforcer, bientt suivi des hus-
sards pruviens de Junin, commands par Su.rez,
soutenus par les grenadiers de Buenos-Ayres sous
les ordres de Brueix, avec Miller leur tte. Ils dci-
drent du sort de la bataille, gagne ds lors sur
toute la line. 11 tait une heure de l'aprs-midi:
Valds, dsespr en voyant ses troupes en fuite,
s'assit sur une pierre pour attendre la mort; mais
ses officers l'obligrent se replier dans la mon-
tagne o se runirent tous les gnraux vaincus
avec leurs soldats disperss, privs de leur vice-roi
et gnral en chef. Canterac prit le commandement
in nonmine et capitula. Le vainqueur lui accord des
conditions honorables. La guerre d'indpendance de
l'Amrique mridionale tait termine et l'manci-


pation du Continent sud-amricain assure jamais.
Selon l'expression du pote, l'heure d'Ayacucho eut
la valeur de mille annes.
Nous sommes dj une grande nation. Nous avons
vcu mille ans en une heure d'Ayacucho.
Ayacucho fut appel en Amrique la bataille des
gnraux, come celle des souverains en Europe.
Quatorze gnraux espagnols, avec tous leurs chefs
et-leurs officers, rendirent ce jour-l leur pe en
presence de la souverainet d'un nouveau monde
rpublicain.
L'arme royaliste laissa sur le champ de bataille
1,400 morts et 700 blesss. Les pertes des rpubli-
cains furent de 3oo morts et 6oo blesss. Le quart
des combatants furent tus ou blesss.
La capitulation d'Ayacucho mit fin la guerre
d'indpendance de l'Amrique du Sud. Toutes les
forces royalistes du Bas Prou se soumirent, l'ex-
ception du Callao, o Rodil continue rsister un
an encore avec 2,2oo hommes. .11 se rendit enfin ep
1825. Les villes de Cuzco, Arequiqua et Puno ou-
vrirent leurs portes au vainqueur, qui traversa le
Desaguadero et fut reu en triomphe La Paz,
Oruro, Potosi et Chuquisaca. L'arme royaliste du
Haut Prou fut dissoute par un soulvement dans
lequel prit le gnral Francisco Antonio Olaneta.
Le gnral Sucre occupa militairement le pays et
convoqua une Assemble dlibrante. L'escadre
espagnole s'loigna pour toujours des ctes du
Prou et subit un dsastre dans l'Ocan Pacifique.
L'ile de Chilo, o les Espagnols rsistrent encore
quelque temps sous le commandment de Quinta-
nilla, se rendit comme celle du Callao. Le pote du
sicle, transport par l'imagination sur le sommct
du Chimborazo, jetait les yeux sur toutes les par-
ties du Nouveau Monde et n'y dcouvrait pas un
people esclave.




La mort de l'hroque Maceo, le Lonidas cubain,
n'arrtera pas un instant la march en avant de
notre Rvolution victorieuse jusqu' ce jour, puisque
les Cubains, comme un seul homme, ont dcid
d'en finir une fois pour toutes avec la sinistre domi-
nation espagnole. Le succs de notre guerre pour
l'indpendance ne dpend pas de la vie d'un homme
quelque grand qu'il soit, ni:de celle de mille : l'in-
surrection cubaine est l'oeuvre d'un people entier;
elle est le produit logique du despotisme et de
l'gosme espagnols o chaque Cubain est un nou-
veau Patrick Henry s'criant dans un lan de su-
blime indignation: Donnez-moi.la libert ou donnez-
moi la mort!
Lorsqu'un people, aprs des sicles d'humiliation
et de tyrannie, de souffrances et d'esprances .tou-
jours dues, se lance enfin la lutte, dcid
l'emporter ou mourir, disparaitre plutt que de
rester plong dans l'ignominie, ce people, comme
le people cubain, n'a qu' persvrer pour
vaincre. Nous persvrerons et nous vaincrons.


f


Pour changer, c'est toujours la mme chcse; aux
Philippines, les Espagnols remportent des victoires
clatantes, et demandent des renforts.
Dcidment, ils croient le public bien bte, les
Ramollot castillans 1


Un tlgramme de Madrid nous apprend que trois
Catalans et trois Basques ont t arrts La Havane
comme anarchistes. Ces six Espagnols avaient l'in-
tention de faire sauter les principaux difices de La
Havane.
Ddi ceux qui reprochent aux Cubains de
mettre le feu leurs proprits, pour couper les
vivres l'Espagne. O sont les sauvages et o sont
les patriots ?
_k
Aveux retenir. Parlant de la mort du docteur
Ruiz, dans la prison de Guanabacoa, le Heraldo de
Madrid confesse que c'est une brutality qui, par
malheur, ne serait pas la premiere commise Cuba
et, parlant du snateur Sherman, secrtaire d'Etat
du president Mac-Kinley, il nous montre, en ces
terms, ce qu'est la fiert castillane :
Il faudra que, plus d'une fois, les journaux fa-
miliers M. Canovas adulent M. Sherman.
Ce que c'est tout de mme que la peur!


Voyez la grce de Sanguily attribue par nos
reptiles la gnrosit espagnole, et une de-
mande amicale de M. Taylor, reprsentant des
Etats-Unis Madrid, alors qu'elle est le rsultat
vident des menaces du Congrs amricain.
Ces petits reptiles ont parfois des trouvailles
charmantes et une gentille petite faon de... baver.


La demand amicale de M. Taylor nous rap-
pelle une jolie priphrase du Temps, rendant compete
du bombardment de la Cane; ce bombardment
a t qualifi, par le journal de M. Hbrard, de
sommation correct appuye de quelques obus.
Un journal srieux, reprsentant l'opinion sense
et modre, s'exprimant ainsi, cela donne le diapa-
son de la morality de notre triste poque. Etonnez-
vous, aprs cela, que les reptiles...


Tous les journaux ont reproduit ces jours-ci le
relev des pertes de l'arme espagnole Cuba.
D'aprs ces documents officials, les Espagnols au-
raient perdu au moins 45.000 hommes.
Le chiffre vritable doit tre beaucoup plus fort;
-"mais, en tous cas, nous nous demandons comment
deux blesss par mois peuvent faire 45.000 morts au
bout de deux ans.



L'AMRIQUE LATINE

et le gnral Maceo


El Diario, Valencia, (Venezuela) : El Tiempo,
arrive hier,.apporte la nouvelle que le ministry d'Es-
pagne Caracas a reu de Washington un cablo-
gramme annonant que le gnral Antonio Maceo
bless a t fait prisonnier par les forces du gnral
Weyler. Les dtails manquent.
Bien que la nouvelle porte l'estampille officielle,
nous la mettons en quarantine. Notre incrdulit
est fonde, car les Espagnols ont fait tout ce qu'ils
ont pu pour nous prouver que Maceo tait invinci-
ble et immortel.
Toutefois si la fortune, capricieuse et changeante,
a abandonn'en ces moments suprmes l'hroque
lutteur, le coup, nous devons en convenir est terri-
ble pour la Cause Cubaine, mais il n'est pas mortel.
De la poussire souleve par le gant dans sa chute
surgiront les Maceos de l'avenir.
Cuba sera libre, malgr le patriotism et le cou-
rage lgendaire des fils du Cid.

El Diario, Buenos-Ayres : La Rvolution
Cubaine a dj tous les caractres d'une pope
amricaine qui attire l'admiration du monde entier.
Cette intrpidit, cette constance hroque entrai-
nant les plus grands sacrifices et provoquant toutes
les horreurs d'une guerre sans autre perspective que
l'extermination du dernier Cubain prouvent qu'il y
a Cuba une conscience national, un sentiment du
droit l'mancipation. C'est cet example, cette
preuve de virilit qui rendent l'opinion de toutes les
nations des deux continents favorable ce people et
qui font que de partout on salue ses martyrs et on
forme des veux pour le succs de la lutte qu'il a
entreprise.
Il est explicable que les pays amricains consid-
rent cette Rvolution avec la sympathie due une
cause qui leur serait propre et qu'ils ne pourraient'
condamner sans renier la tradition, l'histoire et les
principes juridiques qui leur ont donn une person-
nalit. Mais ces manifestations d sympathie la
Revolution Cubaine viennent aussi de l'opinion et
des gouvernements europens, ce qui montre que
ladite Rvolution intresse l'humanit et cesse d'tre
une insurrection vulgaire, une venture, pour attein-
dre la solennit d'une tragdie de la libert, en-
toure de l'adhsion et du respect.de tous les
hommes et de tous les peuples qui la contemplent,
se rendant compete de son but hroque : la constitu-
tion d'une nationalit.
Les derniers vnements de cette tragdie ont fait
vibrer en Amrique et en Europe les fibres de la
sympathie. La mort du caudillo rvolutionnaire a
fait se lever, en signe de deuil, le parlement italien, a
inspir la press europenne les plus vives condo-
1-ances comme un tmoignage de respect pour la
cause qu'il dfendait. Dans les pays amricains, cette
mort a vivement impressionn l'opinion, et, comme
un courant de solidarity fraternelle, de New-York
Buenos-Ayres, les initiatives de manifestations sym-
pathiques ont surgi comme une inspiration, comme
l'expansion vigoureuse d'un sentiment amricain.
La faon don't a t ft par les rivaux de la Rvo-
lution le sacrifice de ce patriote don't le courage
indomptable et les prouesses honoraient ses adver-
saires mmes, a contribu encore ces manifesta-
tions. Cette joie, qui a t pousse jusqu' l'extrava-
gance, a t une provocation qui a stimul la reaction
de sentiments pour donner la conviction que cette
guerre, place sous les auspices de l'humanit et du
droit au foyer, se terminerait par une intervention
amicale, sans qu'aucun des belligrants perde de
son prestige. L'Espagne finira par reconnaitre que sji
elle ne peut se maintenir que par les armes et par
une tyrannie impose par le fer et le feu, elle aura
contre elle l'opinion universelle.


En ce qui nous concern, nous avons conserve
jusqu'ici une attitude modre et tolrante. Nous
avons pens qu' une propaganda d'influence mo-
rale, il n'tait pas ncessaire de donner la chaleur et
la persvrance d'une question militant susceptible
de trouble spontanment la paix offerte par notre
cosmopolitisme une colonie trangre. Mais les
derniers vnements ont eu leur rpercussion dans
l'opinion national : un group de citoyens se met
la tte d'une manifestation de sympathie la Rvo-
lution Cubaine, et il ne conviendrait plus la fer-
met et l'lvation des mobiles qui inspirent le
sentiment national d'endiguer plus longtemps le
courant de solidarity amricaine' cr en d'autres
occasions, avec la moderation et la tolerance que
nous cohseillaient les devoirs de l'hospitalit que
nous offrons la colonie espagnole.
Aujourd'hui, les faits donnent cett manifesta-
tion la sincrit d'un acte de conscience. Cet, acte,
nous l'accomplissons en appuyant l'initiative de la
jeunesse argentine et en nous associant elle pour
entourer de prestige moral, le people qui est le hros
de cette pope amricaine. ,i..
Il est temps que l'Espagne, pour son bie1n pour
son honneur, accord Cuba et aux Cubains ce
qu'elle a conquis elle-mme en versant son 'sang
hroquement quand l'tranger foula son soliet vu-
lut la soumettre.
Il n'est pas possible de conserve la fin du
xix' sicle les formes vieillies et c.:.n.Jrmnritr de la
domination du Moyen Age impose unet ere loi-
gne de la mtropole, un pays qui n'est dj plus
une colonie, et o 'existe une conscience. rationale
qui se manifeste sur les champs de batall.:. L'intrt
mme de l'Espagne lui conseille de nio.difier pour
qu'il ne se brise pas, le lien et la solidarit de fa-
mille qui doivent exister entire la mire-'patie et ses
filles loignes.
Qu'elle fasse son profit, s'il en est temps encore,
de l'exemple de l'Angleterre qui, si elle a .perdu la
souverainet absolue sur les territoires coloniaux, a
su conserver entire eux et la mtropole un esprit de
nationalit qui les runit en un empire vas.te et dis-
smin, sans qu'aucun d'eux, mme les plus agits,
aient soumettre au pouvoir central les intrts par-
ticuliers qu'entrane avec lui l'amour de la terre o
l'on est n.

La Prensa, Buenos-Ayres : Maceo, par sa

grande activity et.par ses nombreuses resources de
stratgie locale a contribu, sans doute, prolonger
jusqu' ce jour les operations dela guerre pour l'in-
dpendance de son pays natal, guerre qui, avec celle
de l'Italie en Afrique, peut tre considre comme
l'vnement le plus retentissant de ces dernires
annes. Aussi les homes qui y prennent part sont-
Ils d'actualit.
Le fait mme que le bruitt de la mort de Maceo ait
couru deux ou trois fois, rend aujourd'hui -la nou-
velle plus intressante bien qu'elle nous parvienne
comme toujours enveloppe dans une obscurit
funbre.
En ce qui touche le fait lui-mme, le lecteur le
trouvera dans nos nouvelles :tlgraphiques; nous
ne nous proposons pas, en effet, pour le mo-
ment, de faire le portrait du caudillo plein de
prestige qui vient de disparaitre et qui s'tait fix
pour but, l'indpendance de son pays.




REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 5. Dans une interview, Canovas a dclar
que M. Olney faisait l'loge des rformes, qu'il
croyait que la situation militaire tait bonne;
que Weyler arriverait jusqu' Jcaro et renforcerait
la Trocha Orientale, partageant alors l'arme de fa-
on battre les Cubains en Occident; qu'il retarde-
rait l'application des rformes jusqu'aprs avoir
vu le rsultat.des operations de Weyler; qu'il n'a-
vait pas encore tudi la modification du cens lec-
toral de Cuba. Il croit galement que les ports des
Etats-Unis seront ferms aux rvolutionnaires cu-
bains. Il ne sait pas quel sera le montant de la dette
de Cuba et il ignore le nombre d'hommes qui reste-
ront Cuba aprs la guerre. Il est possible qu'il soit
'fix a o,ooo.
Le correspondent de La Lucha a eu une inter-
view avec W\evler Placetas Celui-ci lui a dclar
que le plan du gnral Gmez tait d'envahir les
provinces de Matanzas et de La Hfavane, mais que
les troupes espagnoles l'avaient si bien poursuivi
qu'elles l'avaient oblig rtrograder. l1 a ajout
qu'il ne retournerait pas La tlavane jusqu'au mo-
ment o il aurait organism la champagne dans la pro-
vince de Las Villas et qu'il tait dcid diriger per-
sonnellement les operations si rien d'urgent ne l'en
empche. I se montre tres satisfait de la concentra-
tion des paysans qui vient augmenter la population
des villes ei :ait renatre l'industrie. Comme conclu-
sion, il se declare hautement satisfait du succs de
sa champagne. En ce qui concern la speculation sur
les billets de banque espagnols, il songe envoyer


l 1 4 & %u~ne







~pwpe~& C~~~e


4 MARS 1897.


Fernando Poo tous les coupables. Il a, en outre,
l'intention de favoriser la culture du tabac de prf-
rence celle de la canne sucre, car il la suppose
plus productive.
Le gouvernement des Etats-Unis a dcid de
ne pas laisser partir le vapeur suspect Bermuda jus-
qu' ce que ses armateurs et son capitaine aient d-
clar, sous la foi du serment, qu'ils n'avaient pas
l'intention de violer les lois de la neutralit en
transportant des expeditions Cuba..Cette decision
est considr comme une exagration lgale non
justifie par le droit et l'quit. Elle sera combattue
nergiquement par.les amis de Cuba surle terrain
Smme du droit.: Les armateurs- allguent- que le va-
peur Bermuda est un bateau anglais qui arbore le
drapeau britannique et que par ce fait, le gourerne-
ment des Etats-Unis n'a pas le droit.d'im Iosr de
pareilles conditions. Les autorits rpondent que
Sla matricule-britannique est purement-nominale, le-
Bermuda tant la proprit de plusieurs capitalistes
tablis Philadelphie. Les intresss nient le fait. Ils
p protesteront devant sir Julian Pauncefote, ambassa-
deur d'Angleterre Washington, en le priant de de-
mander la mise en libert du vapeur indment s-
questr.
Le tribunal supreme s'est occup, aujourd'hui,
de l'affaire du vapeur Three Friends. M. Calde-
ron Carlisle, lettr pour l'Espagne, a obtenu de pr-
senter un rapport comme amicus curie.
Dans un grand meeting organism Tacoma, par
les amis de Cuba, il a t dcid de dnoncer la con-
duite du premier ministry Cnovas. Aprs le meeting,
le drapeau espagnol a t foul aux pieds et brl.
Du 16..- On announce de La Havane, de source
autorise, que les cercles espagnols sont trs inquiets
du grand nombre de combats qui ont lieu dans les
provinces que le gouvernement donnait comme pa-
cifies. On value 2,0oo le nombre des Cubains
qui, de nouveau, ont franchi la Trocha et aug-
ment ainsi les forces qui taient restes
Pinar del Rio. Dans les provinces de La Havane et
de Matanzas, les forces ont t subdivises; mais
Sancti Spiritus et Camagiey se trouvent, au con-
traire, les forces du gnral Gmez don't l'tat-ma-
jor espagnol ignore compltement les movements.
Ce qu'il y a- de certain, c'est que le caudillo cubain
a donn l'ordre, aux chefs placs sous ses ordres, de
ne pas attaquer sans tre absolument assurs de
vaincre. On croit que le plan du gnral Gmez est
de retarder la champagne jusqu' l't.
Le gnral Weyler est arriv Cabaigun. Les
hostilits paraissent suspendues pour le moment.
On dit que sir Julian Pauncefote, ambassa-
deur britannique Washington, ferades reprsenta-
tions au Dpartement d'Etat afin qu'il mette en
libert le vapeur Bermuda.
Du 17. La commission des affaires trangres
du Snat a pris en consideration, aujourd'hui; la r-
solution de M. Call demandant au president Cle-
veland d'exiger la mise en libert du citoyen amri-
cain Jules Sanguily. On dit que la commission qua-
lifie le cas de grave, et qu'elle recommande au Snat
d'approuver la resolution.
Weyler est arriv Sancti Spiritus.
Le procs fait M. John Hart, amateur du
vapeur Laurada, a continue aujourdhui Washing-
ton, Les dclarations des tmoins n'ont pas t dfa-
vorables.
Devant le tribunal de Baltimorc est venue au-
jourd'hui l'affaire cngage contre le gnral Roloff,
accus de prparer une expedition dans le vapeur
Woodall. Le gnral Roloff n'a pas comparu et une
caution a t exige. Aussitt aprs, le tribunal s'est
occupe du D' Luis, sur lequel pse la mme accu-
sation. L'affaire a t renvoye au 9 mars.
Dans une rencontre Las Villas, les Cubains
ont tu neuf Espagnols, parmi lesquels le capitaine
Pedroso.
Dans une autre rencontre Colmenar, Seiba
Mocha, rencontre qui dura trois heures, l'ennemi a
subi des pertes sensible. 11 a perdu,entre autres, un
lieutenant et 18 soldats.
Diverses escarmouches ont eu lieu dans les
dilfrentes provinces.
On dit que le traitre Zertucha a t assassin.
Le capitaine Pardo, qui cimmandait la troupe
espagnole, ordonna de massacrer tous les prison-
niers, ce qui fut fait aussitt. Le capitaine Pardo a
dclar qu'il n'avait fait qu'excuter les instruc-
tions du marquis de Ahumada, lequel a ordonn
de tuer les Cubains.
Les Cubains ont fait sauter un train et, pen-
dant le combat qui a suivi, ils ont tu 25 Espagnols,
dispers les autres et se sont empars d'un grand
nombre de mules et de munitions.
Du 18. On dment formellement le bruit qui
avait couru que le gnral Calixto Garcia tait la
Jamaque.
La dprciation des billets de la Banque espa-
gnole de Cuba cause de grands prjudices au pu-
blic et inspire aux autorits des craintes srieuses.
Les vivres sont actuellement hors de prix.
M. Olnev a inform la commission des affaires
trangres du Snat, que l'Espagne a consent la
mise en libert immediate de Jules Sanguily. Si ce
prisonnier n'tait pas mis en libert avant mercredi
prochain, la commission du Snat dposera un rap-
port favorable la resolution de M. Call.
On assure que le gnral Roloff est parti, cette


nuit minuit, bord du Bermuda. Les armateurs
de ce vapeur ont russi ne prendre aucun engage-
ment relativement au transport d'expditions
Cuba.
Le correspondent d'un journal de Madrid, La
.Havane, tlgraphie de New-York que les rformes
de Cnovas n'auront aucune influence sur la Rvo-
lution.
Trois cents volontaires sont parties de Dallos
(Texas), pour Cuba. Cette expedition a t organise
par des particuliers.
Plusieurs escarmouches, sans grande impor-
tance, ont eu lieu dans les diffrentesf provinces.
Lundi, Artemisa, ont t achetes et reven-
dues des maisons de prostitution, dix jeunes filles
cubaines, mais elles ont t remises en libert sur
la protestation de l'Evque de La Havane. L'vque
a tlgraphi sa protestation Madrid, mais la
censure de La Havane a refus de laisser partir le
cablegramme.
Du i9. Le* parti espagnol de Puerto Rico s'est
empar compltement des municipalits aux r-
centes lections. Les autonomistes s'taient retirs.
Des forces cubaines, embusques sur la cte de
Baracoa. ont fait feu, le 14, sur le vapeur Julia, an-
cr dans le port. Les forts voisins et la canonnire
Vasco Nutle ont rpondu l'attaque.
Du 20. Dans une rencontre entire la colonne du
colonel Recio et les forces cubaines Perico Sojo
(Pinar del Rio), les Espagnols ont eu 5 morts, 2 offi-
ciers et 29 soldats blesss.
Plusieurs autres escarmouches ont eu lieu
dans les provinces de Pinar del Rio et de Matanzas.
Le gnral Pin s'embarquera aujourd'hui.
M. Estrada Palma, dlgu du Parti Rvolu-
tionnaire Cubain, a dclar que le gnral Roloff est
parti pour Cuba sur l'ordre du Gouvernement.
On dment de La Havane la nouvelle de l'as-
sassinat du traitre Mximo Zertucha.
Du 2 1. On assure que M. Ricardo Ruiz, citoyen
amricain, a t tu dans sa prison. M. Lee, consul
amricain, n'a pu obtenir aucun moyen d'informa-
tions ce sujet et il dclare que les autorits de
Washington ne l'ont pas aid. On croit que si une
rparation n'est pas exige de l'Espagne, M. Lee
dmissionnera.
M. Lee a tlgraphi de La Havane, M. Olney,
que les autorits espagnoles lui ont refus l'autori-
sation d'exhumer le corps du dentist amricain,
Ricardo Ruiz, trouv mort dans sa prison. Les gar-
diens ont dit que M. Ruiz s'tait suicide; mais M.
Lee a appris par des rensignements particuliers
qu'il avait t assassin.
M. Lee, consul. des Etats-Unis, La Havane,
a demand l'envoi Cuba de quelques navires de
guerre en vue de l'attitude des autorits espagnoles
dans l'affaire Ruiz.
Du 22. M. Le, consul des Etats-Unis La
Havane, a demand aux autorits espagnoles la
mise en libert immediate de M. Scott, citoyen am-
ricain, arrt il y a onze jours, maintenu au secret,
et contre qui n'existe aucune charge.
Du 23. M. Sherman, le nouveau secrtaire
d'Etat, a dclar que l'assassinat de Ruiz et celui de
plusieurs autres citoyens amricains, dans les pri-
sons de Cuba, exigent l'emploi de la force contre
l'Espagne. C'est, estime-t-il, le seul moyen de mettre

fin de pareilles atrocits.
M. Olney a fait savoir au consul gnral Lee,
que le ministry espagnol Washington, M. Dupuy
de Lme, a conseill son gouvernement de con-
sentir l'enqute relative la mort de Ruiz.
Le village de Bayamo, dans la province de
Santiago de Cuba, a t pris par les Cubains.
Le gnral Mximo Gmez se trouve dans les
montagnes de Santa Clara, o il a fortifi ses posi-
tions l'arrire-garde de Weyler. Il a 8.ooo hommes
bien arms, de bons chevaux, des vivres et des muni-
tions en quantit suffisante. Le gnral estime qu'il
pourra empcher les quelques usines o l'on tra-
vaille encore'de moudre la canne sucre et qu'il
passera bientt dans la province de Matanzas. Il a
grande confiance dans le triomphe final.
On parle'beaucoup dc la dfaite des troupes
espagnoles, qui ont eu 40 morts.
Le conflict relatif aux billets de banque con-
tinue. Les commerants de dtail ont dcid de
payer les marchandises aux importateurs en billets,
mais ceux-ci refusent de les accepter. Ils disent
qu'ils doivent payer les importations et les droits
de douane en or. Les corporations et le commerce
demandent, de leur ct, qu'on permette de coter le
billet pour rendre la situation normal.
Plusieurs combats ont eu lieu dans les pro-
vinces de Matanzas et de Vuelta Abajo. Les trains
sont attaqus journellement.
Cinovas a dit qu'aucune des nouvelles offi-
cielles qu'il a reues ne lui permettent d'affirmer
que M. Kinley interviendra dans la question cu-
baine.
La Dlgation Cubaine a dclar que l'arme
libratrice s'lve plus de 40,000 hommes, diss-
mins sur toutes les parties de l'ile, et que les forces
les plus nombreuses se trouvent, naturellement,
avec le gnral Mximo Gmez, Las Villas, et avec
le gnral Calixto Garcia, Santiago de Cuba. Dans
ce chiffre, il ne faut comprendre que les hommes
pourvus d'un armement suffisant.
Les bruits les plus graves continent circular


aux Etats-Unis, relativement la mort du dentist
amricain Ruiz. On ne peut rien savoir, Washing-
ton, en ce qui concern la dmission de Mr. Lee,
consul gnral. Le gouvernement, en effet, a refus
de l'autoriser demander la mise en libert des
amricains dtenus dans les prisons de Cuba, et n'a
pas consent davantage envoyer des canonnires
La Havane, pour appuyer sa demand. On assure,
d'autre part, dans les bureaux officials, que le
gnral Lee n'a jamais fait pareille demand. Toute-
fois, sa dmission parait trs possible. Mr. Lee est
en route pour Washington et, s'il.dmissionne, il ne
fera qu'obir la coutume qui veut qu' l'avnement
de tout gouvernement nouveau les-diplomates se
retirent. M. Ihurber, secrtaire de M. Cleveiand a
dclar que jusqu' ce jour Mr. Lee n'avait pas
dmissionn et d'autres fonctionnaires affirment
qu'il est trop prudent et d'un caractre trop froid
pour agir la lgre et sans avoir longtemps rflchi.
Le Snat de Washington a approuv une
resolution de 'Mr. Mills, demandant au Prsi-
dent d'envoyer une declaration des faits relatifs
l'arrestation et la mort de Ruiz, avec une copie de
la correspondence officielle sur ce sujet.
La Chambre des Reprsentants a repris la
discussion sur le Bill Naval. Mr. Barret, rpublicain,
des Massachussetts, a dclar que si les Etats-Unis
avaient fait leur devoir, ils auraient dj fait dispa-
raitre des mers la marine espagnole ou auraient
obtenu d'elle qu'elle traite avec humanity les
citoyens amricains.
M. John Hart, directeur de la Ligue de vapeurs
Hart, a t convaincu de complicit dans la der-
nire expedition du Laurada. Un nouveau procs a
t demand et l'accus a t mis en libert provi-
soire, sous caution de 7,000 dollars. Cette measure a
t prise parce que M. Hart a un fils gravement
malade. Le tribunal a estim qu'il- n'tait pas just
de priver un innocent des soins paternels au
moment o sa vie tait en pril. On a considr,
d'autre part, que Mr. Hart avait besoin d'un dlai
pour mettre ordre ses affaires et recueillir de nou-
velles preuves et que, si on le mettait immdiatement
en prison, il serait compltement ruin.
M. Olney a inform le Snat, en rponse son
vote approuvant la resolution Morgan, que, prati-
quement, on lui a remis tous les documents relatifs
l'affaire du Competitor, et que rien de nouveau et
d'important ne s'tait produit ce sujet.
Les autorits espagnoles ont refus de mettre
en libert M. Scott, citoyen amricain, bien que le
traitement qu'on lui fait subir soit meilleur. L'opi-
nion gnrale est que le gouvernement des Etats-
Unis ne fait pas de grands efforts pour garantir la
vie et les biens des citoyens amricains: Le consul
gnral .se plaint de ce que toutes les tentative
faites en vue de faire observer le trait relatif aux
Amricains, ont t annihiles par la politique du
cabinet de Washington.
Du 24. M. Lee a fait savoir qu'il ne resterait
pas Cuba, si le cabinet de Washington ne dmon-
trait pas plus nergiquement son intention de fire
respecter les citoyens amricains. Il a tlgraphi
samedi M. Olney en lui donnant des dtails au
sujet des dmarches du Consulat dans l'affaire
Ruiz, dmarches qui n'ont pas t approuves. Il
estime, en consequence, que l'on considre sa con-
duite comme trop radical, et qu'elle dpassait les
limits de la diplomatic suivie par le Prsident vis-
-vis de l'Espagne. Il demand tre relev de ses
functions si son attitude n'est pas approuve.
Le snateur Allen a prsent une resolution
tendant ce que le Prsident protge nergiquement
et sans retard la vie et la libert des citoyens am-
ricains et insisted pour obliger l'Espagne .faire la
guerre conformment aux principles de la civilisation.
Cette demand doit tre appuye par les navires des
Etats-Unis.
Le Snat a approuv la resolution de M. Mills,
demandant M. Olney copie de toute la correspon-
dance et de tous les rapports de M. Lee relatifs aux
citoyens amricains dtenus Cuba.
M. Gibson, rpublicain, deTennessee, a prsent
la Chambre des Reprsentants une resolution con-
jointe. Dans son expos des motifs, M. Gibson d-
crit les outrages infligs aux Amricains Cuba. La
resolution autorise le president exiger la mise en
liberty immediate de tous les dtenus amricains et
appuyer sa demand par un envoi de navires en
nombre suffisant pour bombarder les ports cubains
si, dans un dlai de vingt-quatre heures, l'Espagne
ne remet pas les prisonniers aux commandants des
navires. La resolution a t renvoye la commis-
sion des Affaires Etrangres.
Conformmient au vote unanime de la com-
mission des Affaires Etrangres du Snat, M. Mor-
gan a prsent une resolution demandant la mise en
libert immediate et sans conditions de Julio San-
guily, arrt en violation des droits des deux gouver-
nements et du droit international. La resolution de-
mande en outre que le Prsident exige de l'Espagne
des dommages pour le traitement inflig Sanguily.
M. Morgan a propos que sa resolution soit discute
demain. M. Sherman a manifest l'espoir que le
Snat agirait demain.
Dans une lettre officielle, M. Lee, consul gn-
ral, dit que depuis son arrive La Havane, il est
indign en presence des outrages infligs ses com-
patriotes et son drapeau par les Espagnols. C'est


tout ce que les fonctionnaires de Washington con-
sentent dire relativement l'attitude du consul.
On a distribu aux membres des deux Cham-
bres, Washington, une brochure demandant .
M. Kinley de protger le drapeau amricain Cuba.
Les autorits de Jacksonville ont permis au
vapeur Dauntless de partir pour oprer un'sauve-
tage Fernandina (Floride), en ayant bord un em-
ploy du port.
M. -lart, amateur du Bermuda, trouv la
caution de 7.000 dollars exige par le tribunal.
Du 25. Les forces espagnoles ont t mises en
complete droute par les Cubains sous les ordres de
Garcs Mendieta Goyo Ruiz, prs de Santa-Clara.
De magnifiques charges de cavalerie ont mis en
fuite l'ennemi, qui a laiss le champ de bataille sem
de-cadavres et a abandonn ses'morts, ses blesss et
son artillerie.
Des forces cubaines, sous les ordres du com-
mandant Moya, ont attaqu le village de Vega Alta
dfendu par cinq forts. Une parties des troupes cu-
baines a pntr dans le village.
Les rformes accordes Cuba par l'Espagne
n'ont produit aucun effet malgr tout ce qui a t
dit ce sujet. Les chefs militaires et les troupes re-
fusent d'accepter un arrangement quelconque,
n'ayant pas pour base la complete indpendance de
Cuba.
Le correspondent du New York World, arrt
par les Espagnols Sancti-Spiritus son retour du
camp cubain, a envoy son journal plusieurs docu-
ments manant du gnral en chef Mximo Gmez,
du gouvernement et des chefs principaux. Ces do-
cuments sont tous hostiles toute rforme non
base sur l'indpendance de Cuba.
Des forces cubaines avancent de Las Villas
dans la province de Matanzas.
On croit que le gnral Weyler rentrera bientt
La Havane l'occasion de la crise provoque par
les billets de banque.
La resolution prsente par M. Morgan au
Snat de Washington a t approuve par 40 voix
Scontre 27.


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