Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00060
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: February 25, 1897
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00060
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text



















Patrie et Libertd


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul 2e Anne PARIS zS Fvrier 1897 No 58 E:s:e:re iePIS dDPART.S"
,oRe Sint.Viont-d.aul Anne PARIS 25 Fvrier I No58 Une anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
Un semestre, id. Id.. fr. 11.50
Un trimestre, id. id. ... 6 fr. -6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'TRANGER
SPARA IT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance ........... 25 fr.
mUn semestre, id., id. ............. 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


AU PUBLIC

Le present numro de La Rpublique
Cubaine, malgr les frais exigs par ses
conditions extraordinaires, ne doit tre
vendu, come toujours, que 25 centimes.


1895-1897


ier, il y a eu deux
ans que le people cu-
bain a entrepris la
lutte contre l'Espa-
gne. Le soleil du 24
Fvrier a lui une fois
de plus, et, une fois
de plus, le monde
constate que cette guerre reprsente
comme une rvolte de ngres et de bandits,
par la mauvaise foi traditionnelle du gou-
vernement espagnol et de ceux qui le ser-
vent est la Rvolution Cubaine des Ar-
menteros, des Agiero, des Narciso Lpez,
des Ram6n Pint, d'Estampes, de CArlos
Manuel de Cspedes et de tant d'autres qui
prirent les armes sur le sol cubain pour se-
couer le joug ignominieux de l'Espagne.
Une anne de plus s'est coule en de
quotidiens combats contre une nation qui
s'est impos des sacrifices don't la strilit
n'a d'gale que l'norme importance; une
anne pendant laquelle la tnacit et l'h-
rosme des Cubains ont provoqu l'admira-
tion des peuples les plus lointains, pendant
laquelle, comme dans l'anne antrieure,
toutes les nations civilises, absolument
toutes, ont vu leurs peuples sympathi-
ser avec notre just et sainte cause et leurs
gouvernements contempler avec une crimi-
nelle indifference notre inconceivable abn-
gation et notre 'effort sans gal et, par fai-
blesse, crainte, ambition ou gosme, aider
l'Espagne, sinon ostensiblement, du moins
avec l'hypocrisie d'une neutralit fort dis-
cutable ou la ridicule excuse d'une amiti
rcompense plus tard par des banquets ou
des decorations; une anne, enfin, pendant
laquelle nous avons prouv que nous pos-
sdons une organisation civil et militaire,
que nous respectons les lois et les traits
les plus humanitaires qui rgissent la
guerre, que nous rendons la libert les
prisonniers, que nous soignons et ren-
voyons les blesss de l'ennemi.
Par contre, qu'a donc fait cet ennemi en
cette anne? Obissant fidlement aux
ordres barbares du bandit qui le gouverne,
il fusille tous les prisonniers, vole et d-
truit la ville et la champagne, prend les


hpitaux d'assaut et les incendie aprs
avoir assassin les blesss et les malades,
et gorge le paisible travailleur des champs
et le vieillard sans defense, la femme et
l'enfant innocents.
Et, cependant, en presence d'une guerre
d'extermination si terrible, au lieu de faire
un pas en arrire, le Cubain est all de
l'avant et continue avancer en victorieux
tous les jours. Dcid conqurir son
mancipation ou mourir sur le champ de
bataille ou dans les supplices, il n'entend
d'autre voix que celle de la Patrie qui lui
demand de la dlivrer. Avec la foi la plus
profonde, l'nergie la plus indomptable, il


support, sans se laisser abattre, l'injustice
des gouvernements; l'assassinat de Maceo
augmente son ardeur; il ddaigne le nou-
veau pige espagnol connu sous le nom de
Rformes; il repousse svrement toute
entrevue officielle ou officieuse n'ayant pas
pour base l'indpendance absolue et pour-
suit, imperturbable, sans se lasser, au
pas des vainqueurs , son but : la libert
de Cuba. Il l'atteindra dans une semaine,


dans un mois, dans'une anne s'il le faut,
sans se proccuper de la protection qui lui
est due par l'Amrique qui reste les bras
croiss, ni de la prtendue motion de l'Eu-
rope au bruit que les Etats-Unis allaient
intervenir en notre faveur ; de l'Europe
o l'on a tant parl de la doctrine d
Monro sans la connatre, et o l'on ne
trouve pas, cependant, assez de canons et
de fusils pour intervenir dans le conflict
greco-turc...
Telle est la situation de la question cu-
baine la fin de la second anne de sa p-
riode actuelle: telle est la situation d'un
people qui, sans, le secours de personnel,

*


lutte pour conqurir la place laquelle il a
droit depuis si longtemps entire les nations
les plus riches et les plus civilises. Et en
un jour si glorieux, tous ceux qui savent
que celui-l n'a pas de patrie quine la pos-
sde libre, La Rpublique Cubaine se fait
un honneur d'offrir l'hommage de son af-
fection et de son concours sans limits.
Nous avons d'abord demand l'opinion
d'un group respectable d'hommes, comptant


parmi les plus distingus dans la politique,
la press, la science et la littrature fran-
aises et amricaines, sans nous proccuper
de la faon de penser de ceux don't nous avons
l'honneur de publier aujourd'hui la signa'u:'e
et auxquels nous envoyons nos plus vifs re-
mercments. Nous avons ensuite double le
nombre de pages de notre journal, choisi
un paper et une encre meilleurs, employ
des caractres neufs et illustr notre texte
de nombreuses gravures ayant toutes trait
l'histoire de notre Indpendance. En un
mot, sous la forme d'un priodique, nous
offrons une ouvre don't il ne nous appar-
tient pas d'apprcier nous-mmes l'utilit.
L'effort de travail et de dpenses qu'elle re-
prsente, surtout pour un journal qui a
une sphre d'action bien modest et limite,
est largement pay par le sentiment qui
nous anime de rendre, quelques services
notre cause en ce jour de fte de la Patrie.
Ainsi le comprendront tous nos compa-
triotes et nos abonns auxquels nous en-
voyons un fraternel salut et avec lesquels
nous partageons l'ardent et noble dsir de
voir bientt Cuba libre, digne et respecte.

-------*'------- ;-

POUnR LES BLEISSBS CUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR




5me Liste :
Francs.


M. Alexandre Isaac, snateur de la Gua-
deloupe........... .... ........... .
Un Espagnol justicier..................
Trois petites Cubaines et leur mre.......
M. Jan Grave, directeur des Temps Nou-


20.00
20.00
15.oo


veaux........................... .... .00
M. R. C. de R.......................... 56.25
Betanzos ......... .......... ......... 5.oo
Un tudiant de Costa Rica............... 3.oo
Un crole flibustier..................... 2 oo
M. Auber ...................... ..... 0.oo
Total.................. i32.25
Total antrieur.......... 402.5o
Total gnral........... 534.75

Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 2o, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
listed qui prcde ont t premises M. le Dr. Be-
tancs, Delgu do Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.







25 FVRIER 1897.


POUR CUBA


eux qu'on appelle les insrgs de
Cuba me demandent une dclara-
tion, la oici :
Dansce conflict entire 'Espagne
et Cuba, 'insurge c'est l'Espagne.
"De meme que, dans la latte de
doambre ,85i, l'insurg c'tait
Bnmaparte.
Je ae regarded pas oh est In foTce, je regarded h est
la justice.
Mais, dit-on, la mre-patriel est-ce que la mre-
patrie n'a pas un droit?
Entendons-nous.
Elle a le droit d'tre mre, elle n'a pas le droit
d'tre bourreau.
Mais, en civilisation, est-ce qu'il n'y a pas les peu-
ples ans et les peuples puns? Est-ce que les ma-
jeurs n'ont pas la tutelle des mineurs ?
Entendons-nous encore.
En civilisation, l'anesse n'est pas un droit, c'est
un devoir. Ce devoir, la vrit, donne des droits;
entire autres le droit la colonisation. Les nations
sauvages ont droit la civilisation, comme les en-
fants ont droit l'ducation, et les nations civilises
la leur doivent. Payer sa dette est un devoir; c'est
aussi un droit. De l, dans les temps antiques, le
droit de l'Inde sur l'Egypte, de l'Egypte sur la Grce,
de la Grce sur l'Italie, de l'Italie sur la Gaule. De
l, l'poque actuelle, le droit de l'Angleterre sur
l'Asie, et de la France sur l'Afrique; la condition,
pourtant, de ne pas faire civiliser les loups par les
tigres; la condition que l'Angleterre n'ait pas Clyde
et que la France n'ait pas Plissier.
Dcouvrir une le ne donne pas le droit de la mar-
tyriser; c'est l'histoire de Cuba; il ne faut pas partir
de Chistophe Colomb pour aboutir Tacn.
Que la civilisation implique la colonisation, que
la colonisation implique la tutelle, soit; mais la
colonisation n'est pas l'exploitation; mais la tutelle
n'est pas l'esclavage.
La tutelle cesse de plein droit la majority du mi-
neur, que le mineur soit un .enfant ou qu'il soit un
people. Toute tutelle prolonge au del de la mino-
rit est une usurpation; l'usurpation qui se fait ac-
cepter par habitude ou tolerance est un abus; l'usur-
pation qui s'impose par la force est un crime.
Ce crime, partout o je le vois, je le dnonce.
Cuba est majeure.
Cuba n'appartient qu' Cuba.
Cuba, cette heure, subit un affreux et inexpri-
mable supplice. Elle est traque et battue dans ses
forts, dans ses
valles, dans ses
montagnes. Elle a
toutes les angoisses
de l'esclave vad.
Cuba lutte, effa-
re, superbe et san-
glante,contre toutes
les frocits de l'op-
pression. Vaincra-t-
elle ? Oui. En atten-
dant, elle saigne et
souffre. Et, comme
si l'ironie devait tou-
jours tre mle aux
tortures, il semble
qu'on entrevoit on
ne sait quelle raille-
rie dans ce sort f-
roce qui, dans la s-
rie de ses gouver-
neurs diffrents, lui
donne toujours le


mme bourreau,
sans presque pren-
dre la peine de
changer le nom, et
qui, aprs Tacn,
lui envoie Concha,
comme un saltim-
banque qui retourne
son habit.
Le sang coule de
Puerto-Principe
Santiago; le. sang
coule aux monta-
gnes del Cobre, aux
months Carcacunas,
aux months Guaya-
vos; le sang rougit
tous les fleuves, et
Cauto, et Sagu'a la
Chica; Cubaappelle
au secours.


POUR LA RPUBLIQUE CUBAINE


Qui peut affirmer que l'admirable insurrection
cubaine, tenant, depuis deux ans, tte aux cent cin-
quante mille soldats envoys d'Espagne pour l'cra-
ser, n'a pas encourag les braves Crtois se lever,
seuls aussi dans leur le, contre toute l'Europe qui
s'est.mise sans vergogne au service du sultan?
,L'hrosme est une semence qui se rpand vite sur
tout le globe et qu'on voit bientt germer un peu
partout. Les Cubains n'auront donc pas seulement
fond leur libert, ils ont travaill victorieusement
la liberi des autres peuples.






----------*--------

MONSIEUR LE DIRECTEUR,


Vous m'embarrasseriez grandement, monsieur, en
me demandant quelques lignes pour votre journal,
si quelque chose pouvait jamais embarrasser ma
franchise et ma loyaut.
Vous tes rpublicain et je hais la rpublique.
Vous avez les Espagnols en horreur, et j'ai pour
eux de vieux sentiments d'estime et d'amiti.
Mais tout eela n'empche pas que j'aime et j'ad-
mire les vaincus tant un vaincu moi-mme -
partout o ils combattent et meurent pour leur Foi
et luttent pour ce qu'il y a de plus sacr, ici-bas,
aprs Dieu, la Libert, l'Indpendancel
Voil pourquoi j'ai salu le cadavre de Maceo,
comme on doit saluer les restes glorieux d'un hros
et pourquoi mon coeur saigne chaque fois que les
bulletins du thtre de la guerre racontent qu'un
des vtres est tomb.










Quelle terre charmante est notre belle ile de Cuba
qui s'tend en une longue courbe dans les eaux
transparentes de la mer Carabe Avec quelle volupt
le voyageur arriv d'Europe discerne haut dans le
ciel le profile de ces montagnes bleues, puis long la
cte seme de palmiers ombrageant des maison-
nettes peintes! Presque toujours la mer est douce,
peine ride; travers l'eau profonde, on voit pour-
tant les rcifs de corail avec leur chevelures de lines;
les nautiles rost et bleu voguent sur le flot, et les
petits archipels qui bordent le rivage semblent d'in-
nombrables jardins ct de l'immense champagne
verte qui se droule sur la grande terre.


La supplique que je vous adresse avec la
plus intime bonne foi et la plus grande sin-
crit est qu'entre tous rgne l'esprit de con-
corde, que vous cartie de vous tout sentiment
susceptible de donner naissance des scissions
et des troubles, et que vous n'ay'ea au cur
qu'un seul dsir et un seul intrt de solidarity
pour servir et aider la Patrie qui s'adresse
vous, aujourd'hui plus que jamais, et, en toute
justice, vous appelle son secours.




Chef de la Rvolution de 1868.


Quand il s'agit d'esclaves, on s'augmente de ce
qu'on perd. Cuba affranchie accrot l'Espagne, car
croitre en gloire c'est croitre. Le people espagnol
aura cette ambition d'tre libre chez lui et grand hors
de chez lui.




Hauteville-Houae. 1870.


Nulle contre ne
semble mieux desti-
ne devenir un v-
ritable paradise; c'est
la terre des merveil-
les, et si le fisc es-
pagnol l'avait per-
mis, plus de dix
millions d'hommes
y auraient trouv
une existence heu-
reuse.
Mais peine Co-.
lomb, grand navi-
gateur etgrand mar-
chand de chair hu-
maine, y eut-il d-
barqu que l'exter-
mination commen-
a. Un demi-sicle
aprs l'arrive des
Espagnols, il ne res-
tait plus qu'un pe-
tit nombre du mil-
lion de Cibouneyes
qui avaient peupl
Cuba: ils avaient
t massacres ou
bien s'taient laiss
mourir, refusant de
se laisser baptiser
pour ne pas aller
dans le mme ciel
que leurs bour-
reaux. Puis vint l'es-
clavage avec ses abo-
minations, et mme
lorsque la traite eut
t officiellement
abolie, les mar-
chands pninsulai-
res introduisirent
en contrebande un
demi-million de
noirs et s'oppos-


rent de toute leur nergie l'mancipation rclame
par les indignes. Il n'y a pas onze ans que la lib-
ration definitive a t enfin prononce.
Que de malheurs eussent t vits si l'ile de Cuba
s'tait affranchie de l'Espagne en mme temps que
les colonies de la terre ferme !
Mais elle tait tenue par la complicit de ses plan-
teurs, espagnols, amricains, franais et autres, avec
les marchands d'esclaves. Pourtant les insurrections


succdrent aux insurrections et pendant dix an-
nes les rvolts constiturent une rpublique guer-
rire dans la parties orientale de 'ile. Il s'agit main-
tenant d'tablir une rpublique triomphante dans
l'ile entire..
Les Cubains veulent tre libres dans leur terre de-
venue libre, et cela malgr les deux cent mille sol-
dats que l'on a recruts pour aller mourir dans leur
le, malgr les trochas bordes de fosss et de che-
vaux de frise, malgr l'argent des financiers qui veu-
lent sauver leur mise dans le budget de i'Espagne,
malgr les tratres qui se glissent la suite des plus
vaillants champions et les poignardent par derriere !
Cuba sera libre et le jour viendra o ces villes si
charmantes entrevues sous les palmeraies seront
habites par des hommes vraiment heureux !





-L----t 14--


L'AUTONOMIE


Tandis que la plupart des journaux parisiens glo-
rifient le ministre


Canovas d'avoir
conu pour Cuba
un plan gnral de
rformes qui ach-
vera, disent-ils,
l'oeuvre de pacifica-
tion si bien com-
mence par les ar-
mes espagnoles, '
des correspondan-
ces rcemment arri-
ves par la voie de
New-York trans- "'
mettent, sur l'tat
des operations mili-
taires dans la gran- .
de le, les dtails les
plus contraires ces
apprciations opti-
mistes.
Voici quelques
passages d'une de
ces correspondan-
ces :
La champagne de
Weyler consiste
suivre, la tte de
14.000 hommes, les
lignes ferres et les
grandes voies de
communication, et
celaau pas de course
encore, semant sur '
son chemin la ruine
et le crime. Il est .
vrai que c'est sur
son ordre que les
champs de cannes
situs sur sa route
sont mis en flam- Les tapes des peupi
mes...
... Il est dso- leurs poques de soum
lant de voir vos jour- se competent par leurs
naux se laisser pren-
dre la glu men- sont pas les homes
songre des politi- peuples; ce sont ceux
ques de Madrid. Les
Espagnols auront ples ne sont pas beau:
beau mentir pour et gras, come les bt
tcher de donner le
change la finance au maitre moqueur. Il
europenne et pou- coup de reins puissant
voir fire un nouvel
emprunt, la brutal
et cruelle vrit se
fera jour...
... L'indpen- Chef d
dance ou la mort
est sele possible;
la guerre durera
tant que l'Espagne aura un sou vaillant, et avant
que cela n'arrive, nous aurons la Rvolution Ma-
drid mme, c'est--dire une vacuation de Cuba,
vous le verrez.
L'arme espagnole Cuba est dmoralise, et
il ne se passe pas de jour que des officiers'sans
vergogne ne percent au jeu la solde du pauvre
soldat...
Qui parole ainsi ? Ce n'est pas un chef de bandes
irrvocablement engag dans l'insurrection; ce n'est
pas un ennemi de l'Espagne; c'est un spectateur
politiquement impartial, qui se proccupe surtout
des intrts matriels du pays qu'il habite. Il dit au
Journal des Fabricants de Sucre, auquel sont em-
pruntes les citations qui prcdent (n du io fvrier),
que la prochaine rcolte de cannes sucre est sin-
gulirement compromise; il affirme mme que cette
rcolte ne se fera pas, ce qui ne sera pas pour d-
plaire aux sucriers d'Allemagne, d'Autriche et de
France; et il ajoute, ce qui est plus grave, et don't
on se doutait bien, que les soldats du gnral
Weyler ne rtabliront pas la paix Cuba. Alors que
signifie ce concert d'loges entonn par advance
l'occasion d'un project de rformes que personnel,
du reste, ne connait, et qui donc a-t-on l'intention
de trooper?
Il est manifeste, aujourd'hui, que la mort de
Maceo n'a pas bris l'essor de la rebellion. Ruiz
Rivera, le successeur du gnreux Cabecilla, la
tte de 8.000 hommes, tient la province de Pinar
del Rio sous sa domination; Mximo Gmez, qui
ne songe pas du tout traiter, dispose, ds pr-
sent, d'une arme de 43.000 combatants, et
n'attend qu'une occasion favorable pour s'lancer
sur La Havane avec I5.ooo hommes; les troupes
espagnoles sont dmoralises , et l'lment pos-
sesseur espagnol Jui-mme, dit le correspon-
dant, est secrtement avec les insurgs. Pour
teindre cet incendie que les trochas n'ont pas
arrt, et qui menace de tout dvorer sur son pas-
sage, proximus ardet Ucalegon on y jette quoi ?
Une promesse d'autonomie. C'est avec cela qu'on
espre effacer le souvenir de toutes les souffrances
endures, de tant d'autres promesses restes sans
execution, et du sang vers autour du drapeau de
l'independance.
Cette initiative part d'un bon sentiment peut-
tre; mais elle a la mauvaise fortune d'arriver trop
tard.
Nous sommes en presence d'une situation. On
peut en parler sans parti pris et sans rcriminations,
sans chercher amoindrir ni Cuba ni l'Espagne, -
malgr les crimes non dmentis, et en s'attachant


les
ziss
he
q
qu
x l
tes,
s s
ils



e la


seulement tirer des faits les enseignements qu'ils
contiennent.
La faute de l'Espagne a t de n'avoir pas profit
des avertissements antrieurs, de n'avoir pas com-
pris plus tt qu'une grande colonie habite par une
population intelligence ne peut pas tre indfiniment
tenue sous le joug, et qu'il arrive fatalement une
heure o elle aspire vivre de sa vie propre, dans
le libre exercise de ses facults particulires. Quand
la mtropole est sage et prvoyante, elle fait pro-
gressivement la part d cette aspiration ; elle habitue
de plus en plus la colonie la gestion de ses affaires
locales; elle vite soigneusement des immixtions
intempestives d'o pourraient sortir de dangereux
conflits; elle pratique, en un mot, la politique d'au-
tonomie, et par l, elle prolonge, autant que la nature
des choses le permet, sous la protection du drapeau
national, une association d'intrts et de sentiments
qui se fonde, en ralit, beaucoup moins sur la force
que sur le consentement rciproque des deux parties
intresses. Ainsi a fait l'Angleterre, aprs la dure
experience de la guerre d'Amrique. Mais si la M-
tropole, par ses exigences et son esprit de lucre, par
les abus d'une administration tyrannique, contraire
aux droits comme aux intrts de la colonie, a
pouss celle-ci au dsespoir, si la guerre a clat,
entranant avec elle des horreurs sans nom et d'im-
placables rancunes, ce n'est pas par des promesses
d'amlioration du rgime intrieur qu'on parviendra
ramener le calme dans un milieu si profondment
troubl.
L'Espagne en est l Cuba. Il y a longtemps dj
qu'elle aurait pu, qu'elle aurait d prter l'oreille
aux protestations qui lui venaient du fond de J'At-
lantique, aussi bien
qu'aux conseils du
p , parti autonomiste
Squi s'tait form
'-*/.;,. jedans son propre
. XParlement. Elle ne
l'a pas voulu. Et
voil maintenant
Squ'aprs avoir pui-
s les rigueurs,
Saprs avoir vers
flots sur la terre cu-
baine son or et ses
soldats, elle en est
Srduite essayer de
finir par o elle au-
rait dO commencer.
SMais il ne suffit pas
qu'elle promette
l'autonomie, il fau-
drait encore qu'elle
S ft en measure de
l'appliquer. Or, on
a beau proclamer,
dans des bulletins
triomphants, que
les progrs dela pa-
cification s'accen-
tuent-tous les jours,
qui oserait affirmer
que le moment soit
Sproche o les insur-
gs et leurs chefs,
-. meurtris par tant de
Sq.' batailles, se dcla-
r eront les fidles su-
S c. jets du roi Alphonse
XIII, et n'auront
d'autre ambition
que d'aider la
ne se competent pas par consolidation de
l'autorit mtropoli-
ion infructueuse. Elles taine ? Voulussent-
ures de rebellion. Ce ne ils mnme accepted
les institutions an-
ui cdent qui font les nonc4es, pour dli-
ri se rvoltent. Les peu- vrer leur pays de
l'affreux cauchemar
orsque, bien harnachs de la guerre civil,
ils servent de monture qui ne voit que ds
les premires initia-
ont beaux lorsque d'un ties des nouveaux
dsaronnent le matre. pouvoirs locaux,
l'antagohisme cla-
g r eter it violemment
Centre ces pouvoirs
et les reprsentants
Revolution de 1895. de la Mtropole ?
Ceux-ci auraient
une tendance natu-
relle reprendre in-
directement ce qu'ils auraient donn, sous la pres-
sion des vnements, et ceux-l n'auraient aucun
repos qu'ils ne fussent parvenus se dgager des
dernires entraves.
Si ces consequences ne se produisaient pas, il en
faudrait conclure que les rformes tant vantes n'au-
raient eu de l'autonomie que le nom, et qu'elles au-
raient, par consquent, laiss la porte ouverte tous
les mcontentements, toutes les rvoltes.
C'est que la fin naturelle des grades luttes entire
mtropole et colonies n'est pas l'autonomie. Ces
luttes ne peuvent aboutir qu'au triomphe ou l'-
crasement de la cause pour laquelle elles ont t
engages. L'autonomie ne se conquiert pas par les
armes, parce qu'elle ne serait alors que le prelude
et le premier acte de la separation inevitable.
Il convient enfin de tenir compete d'une difficult
qui nest pas de mince importance, et qui risque bien
d'entraver srieusement l'effet des louables inten-
tions du cabinet Cnovas. Depuis deux ans que la
guerre de Cuba se pursuit, le gouvernement de
Madrid a dpens un certain nombre de millions de
pesos, qu'il a emprunts. Il brle d'en emprunter
encore. Mais qui remboursera tout cet argent?
L'Espagne ? L'autonomie de Cuba quivaudrait donc
pour elle une vritable catastrophe financire -
Cuba ? Mais alors celle-ci aurait achet bien cher
une prtendue solution qui ne ferait qu'enchaner,
pour un temps tres long, sa liberty d'action. Des
obligations budgtaires la lieraient de tous cts, et
par consquent, elle ne serait nullement auto-
nome.
L'Espagne se trouve donc accule la ncessit de
vaincre, moins que, faisant rsolument la part du
feu, ballotte entire ses embarras intrieurs et ses
responsabilits extrieures, elle ne prenne le parti
d'offrir sa colonie autre chose qu'un peu moins de
sujtion.
On peut dire, sans lui faire la moindre injure, que
si elle parle aujourd'hui de modifier son vieux sys-
tme d'administration colonial, c'est qu'elle ne se
sent pas sur le point de vaincre. Les Cubains pen-
seront peut-tre qu'au point o en sont les choses,
la liberty pure et simple vaut mieux qu'une consti-
tution remanie par le ministre Cnovas.





~ ~a7


---iiii~----iii~iiiiii~~






25 FVRIER 1897.


CONSTITUTION


du Gouvernement Provisoire de la Rpublique de Cuba


A Revolution pour l'indpendance et la creation d'une Rpublique
dmocratique Cuba, dans sa nouvelle priode de guerre commen-
ce le 24 fvrier 1895, dclare solennellement la separation de Cuba
de la Monarchie espagnole, et sa constitution comme Etat libre et in-
dpendant, avec un Gouvernement propre, par autorit supreme, avec
le nom de Repibica de Cuba, et confirm son existence toutes les puis-
sances, et en son nom et par la procuration que lui ont donne cet
effet les Cubains en armes, dclarant devant la Patrie la puret de ses
sentiments, libres de violence, de prevention, et seulement inspirs par
:l'ide d'interprter convenablement les votes populaires pour l'institu-
tion du rgime'et du Gouvernement provisoire de Cuba en Assemble
Constituante ont, d'accord, devant Cuba et le monde civilis, avec la
foi de leur honneur, engag l'accomplissement des articles suivants de
la Constitution :
ART. i. Le Gouvernement supreme de la Rpublique consistera
en un Conseil de Gouvernement compos de : Un Prsident, un Vice-
Prsident et quatre Secrtaires d'Etat, pour l'expdition des affaires
de la Guerre, de l'Intrieur, des Affaires trangres et des Finances.
ART. 2. Chaque Secrtaire aura un Sous-Secrtaire pour le sup-
pler en cas d'empchement.
ART. 3. Les attributions du Conseil de Gouvernement seront:
i' Promulguer toutes les dispositions relatives la vie civil et politique
de la Rvolution; 2' Imposer et recevoir .les contributions, contractor
des emprunts publics; mettre du papier-monnaie; rpartir les fonds
recueillis dans l'ile: quelque titre que ce soit, ainsi que ceux recueillis
l'tranger; 3" Concder des patentes de course, lever et quiper des
troupes, dclarer la conduite suivre avec l'ennemi et ratifier les traits;
4' Donner l'autorisation, quand il le jugera utile, de soumettre le Prsi-
dent et les autres membres du Conseil au pouvoir judiciaire; 5" Rsoudre
toutes les difficults, sauf celles du resort du pouvoir judiciaire, que
tous les hommes de la Rvolution ont le droit de lui prsenter; 6' Ap-
prouver la loi, les rglements et ordonnances militaires que lui propo-
sera le gnral en chef de l'arme; 7' Confrer les grades militaires des
principaux chefs de l'arme, aprs rapport de leurs chefs suprieurs im-
mdiats et du gnral en chef, et la nomination de ce dernier et du lieu-
tenant-gnral qui doit le remplacer en cas de vacance; 8' Ordonnel
l'lection de quatre reprsentants par chaque corps d'arme, chaque fois
que, conformment la Constitution, la convocation de l'Assemble.
sera ncessaire.
ART. 4. Le Conseil de Gouvernement interviendra seulement
dans la direction des operations militaires; quant son avis, il le jugera
absolument ncessaire la ralisation d'autres vues politiques.
ART. 5. Les actes du Conseil de Gouvernement ne seront valables
que si les deux tiers au moins de ses membres ont pris part aux dlib-
rations et s'ils ont t vots la majority des membres presents.
ART. 6. La charge de Conseiller est incompatible avec les autres
charges de la Rpublique et ne peut tre occupe que par un citoyen
g d'au moins 21 ans.
ART. 7. Le Pouvoir excutif sera exerc par le Prsident ou, son
dfaut, par le Vice-Prsident.
ART. 8. Les actes du Conseil de Gouvernement seront sanctionns
et promulgus paf le Prsident, qui prendra les measures ncessaires
pour qu'ils reoivent leur application dans un dlai qui ne pourra exc-
der Io jours.
ART. 9. Le Prsident peut signer des traits, avec la ratification
du Conseil de Gouvernement.
P ART. 10. Le Prsident recevra les Ambassadeurs et distribuera les
ordres tous les fonctionnaires.
ART. I i. Le trait de paix avec l'Espagne, qui doit avoir prcis-


ment pour base l'indpendance absolue de l'ile de Cuba, devra tre rati-
fi par le Conseil de Gouvernement et l'Assemble des Reprsentants,
convoque expressment cet effet.
ART. 12. Le Vice-Prsident supplera le Prsident.
ART. I3. Dans le cas o les functions de Prsident et de Vice-Pr-
sident cesseraient d'tre exerces par suite de dmission, de destitution,
de mort, ou pour toute autre raison, l'Assemble des Reprsentants se
runira pour procder l'lection de nouveaux titulaires. Les Secrtaires
les plus gs seront charges de l'intrim de ces functions.
ART. 14. Les Secrtaires prendront part aux dlibrations et aux
votes de tous les dcrets de quelque nature qu'ils soient.
ART. i5. Les Secrtaires auront dans leurs attributions la charge
de proposer les titulaires des divers bureau.
ART. 16. Les Sous-Secrtaires suppleront les Secrtaires d'Etat
et auront, comme eux, le droit de prendre part aux dlibrations et aux
votes.
ART. 17. Toutes les forces armes de la Rpublique et la direction
des operations de la guerre seront sous les ordres directs du gnral en
chef, qui aura ses ordres et pour le remplacer, le cas chant, le lieu-
tenant-gnral.
ART. I8. TOus les Cubains sont obligs de servir la Rvolution de
leur personnel et de leurs biens, selon leurs aptitudes et leurs resources.
ART. 19. Les fonctionnaires de n'importe quel ordre se prteront
un appui mutuel pour l'accomplissement des resolutions prises par le
Conseil de Gouvernement.
ART. 20. Les proprits appartenant aux trangers seront sou-
mises un impt en faveur de la Rvolution, tant que leurs gouverne-
ments respectifs n'auront pas reconnu la belligrance de Cuba.
ART. 21. Toutes les dettes et obligations contractes au course de
la guerre actuelle jusqu' ce que cette Constitution ait t promulgue,
par les chefs de l'arme au service de la Rvolution, seront reconnues.
ART. 22. Le Conseil de Gouvernement pourra destituer ceux de
ses membres qui l'auront mrit. Cette measure devra tre vote par les
deux tiers des Conseillers, et il devra en rendre compete la plus pro-
chaine runion de l'Assemble.
ART. 23. Le Pouvoir judiciaire procdera avec une entire ind-
pendance sur tous les autres points; son organisation et sa rgle'menta-
tion seront la charge du Conseil du Gouvernement.
ART. 24. Cette Constitution sera applicable Cuba pendantdeu-..--..i
ans, partir de sa promulgation, si la guerre de l'Indpendance n'est
pas termine avant. Pass cette date, l'Assemble des Reprsentants
sera convoque de nouveau, pourra modifier cette Constitution et pro-
cdera l'lection d'un nouveau Conseil de Gouvernement et au juge-
ment du prcdent.
Ainsi l'a sign et, au nom de la Rpublique, l'a ordonn, l'Assem-
ble Constituante, en Jimaguay, le 17 septembre 1895, et, en tmoi-
gnage, l'ont sign les Reprsentants dlgus par le Peuple cubain en
armes.

Salvador Cisneros y B., president. Rafael Alanduley, vice-
prsident. Raimundo Sdnche. Fermin Valds Donin-
gue,. Pedro Pifidn de Villegas. J. D. Castillo. Ma-
riano SancheZ Vaillant. Pedro Aguilera. Enrique Cs-
pedes. Lope Recio L. Francisco Diag Silveira. Rafael
M. Portuondo. Dr. Santiago Garcia CaFniiares. Enrique
Loynd del Castillo. Severo Pina. Rafael Pre Mo-
rales. Mdrcos Padilla. J. L6pe\ Leiva, secrtaire. -
Jos Clemente Viranco, secrtaire. Orencio Nodarse,
secrtaire.


*R


I.. -----------


C .'b


- 1 % 1


I1I~PIP~Y~~
-

~p~a~l~


---~Y~C~=S~-;S~-~S~-~.~j~'c~-~-F3_~--- -~-i
_ ~~
i~ . -----~


'I' U'


IYIiIPSYliiPIYY~
--
i-~-~p
I I~ -i


* r


1 i Ui%%) NI 1 wuz


1: 1-1


?s~s ~j~ 389~






25 FVRIER 1897.


Cher citoyen,
En 1793, la Rpublique franaise rpondait
l'appel des peuples opprims. Elle accourait leur
premier cri de dtresse et leur portait dans les plis
de son drapeau fraternel l'Egalit et la Libert.
Notre concours tait d'avance acquis tous les
peuples qui luttaient pour leur indpendance con-
fisque par des sclrats.
Sublime mission de la France, qu'elle n'a jamais
oublie, mme sous les pires rgimes qu'elle a subis
depuis Brumairel Tradition hroque, impose
nos rois eux-mmes, qui bien malgr Ceux-
furent forcs de secourir la Grce, la Belgique et
l'Italie 1
Aujourd'hui, c'est Cuba sanglante qui, depuis
deux annes, lutte contre ses bourreaux et tourne
'les yeux vers nous. Ceux qui, pour quelque temps
encore, gouvernent notre troisime Rpublique, res-
tent sourds. Ils sont dans leur rle de classes diri-
geantes.
Victor Hugo chantait jadis les brlots de Canaris;
Byron allait mourir Missolonghi; Gustave Flou-
rens allait rejoindre les Crtois; de nombreux fran-.
ais s'enrlaient dans les Mille de Garibaldi, et le
hros italien, son tour, venait un peu plus tard
combattre dans nos rangs.
Les ains ne sont plus Aux jeunes de les rempla-
cer et d'entrer dans la carrire. Paris entier doit se
joindre vous, Cubains, pour clbrer le second
anniversaire de la lutte sublime que vous avez entre-
prise et que vous mnerez bonne fin, j'en ai le
ferme espoir!
La date du 24 Fvrier, que vous invoquez, est
ntre; elle a fait tressaillir ma jeunesse; elle me rap-
pelle que le premier acte de la Rpublique franaise,
en 1848, fut de proclamer l'abolition de l'esclavage;
qu'elle devienne la date glorieuse de l'affranchisse-
ment de Cuba !
C'est ce que vous souhaite de tout coeur votre
vieil ami,







24 FVRIER


L'anne 1897 verra avec le triomnphe de la Justice
la fin de la domination espagnole.
Nous clbrons aujourd'hui le second anniversaire
de la dernire lutte, saluant avec une foi patriotique
l'toile solitaire qui brilla pour la premire fois le 19
mai i85o dans les champs de Cuba.
L'anne 1898 ouvrira une re nouvelle dans notre
histoire, l're de l'Indpendance, et nous clbrerons
en 1899 le premier anniversaire de la Libert.
En attendant, un souvenir, une larme pour les
hros et les martyrs, et En avant 1
Au machete Vive Cuba Libre !







L'ANNIVERSAIRE


Il y a just deux ans aujourd'hui que les Cubains
luttent aux champs antiliens contre les
hordes de l'Ibrie. Mais c'est la bataille
sainte qui rjouit, les bonnes chevau-
ches, les irrsistibles sonneries des
assauts pour la liberty. Les cavaliers
cubains ont pass les rios, bondi de
l'orient au ponant, accumul de la
gloire sut 8e la gloire, ajout Los Negros
Rdmon de las Yaguas, El Guandbano
Jarahueca; et l'cho des vibrates
catilinaires de Marti rsonne encore aux
months del Cobre Sublime offrande
Cubal Son verbe inspir rappela la
guerre et Maceo et Gmez et Cuba. Le
galop des chevaux, de nouveau, fut
l'ouragan de la bataille. Campechuela,
Yuraguanas et Peralejo furent des
treintes folles, des mles opinitres.
Cuba se couvrit de gloire et fit trem-
bler l'Espagne. 2oo.ooo hommes furent
mands pour garrotter le sinsulaires ;
mais Valeriano succdant Martinez
Campos, ce fut l'assassinat succdant
la bataille.
Maceo disparu, Cuba garde son atti-
tude de guerre. La mmoire du hros
de Peralejo est le zamph. vnr que
l'Ibrie ne peut arracher ces soldats qui, dans
la manigua et aux seuils des villes, mnent de
tous leurs efforts le galop des chevaux de Cuba la
Grande.


24 fvrier.


Les peuples qui, sans arrire-pense d'ambition ni
de conqute, combattent pour leurs foyers, sont di-
gnes de la libert, et les lois ternellesiqui rgissent
le monde sont ainsi faites que, tt ou tard, intervient
le triomphe final de la justice.
Si cette sanction ncessaire venait manquer, tout
croulerait. Morale, religion, vertu seraient des mots
vides de sens rayer de la langue humaine, et il n'y
aurait plus de nation, plus de famille, plus de patrie.
L'histoire prouve que l'me d'un people libre ne
meurt jamais. Cuba vivra.un jour, fire, indpen-


dante et libre. Il est des tombes qui se dressent de-
vant loppresseur comme pour lui crier : Tu n'iras
pas plus loin !
L'esprit de Maceo subsiste, si le chef est mort: il
enflamme les cours et enfante les hros.
Qu'importe les mots, la libert vit!
Ton people est sauv, ta patrie est grande.;
Ne mesurons pas la perte l'offrande.
C'est un ciel de gloire o Dieu les ravit.
Qu'importe les mots, la libert vit 1
Demain, Cubains, oui, vous pourrez, je le jure,
chanter les beaux vers de Drouldel





-------..------

RENAISSANCE

En s'insurgeant contre l'impitoyable oppression
de l'Espagne monarchique et clericale, les Cubains
ne combattent pas seulement pour eux et leur race :
ils rendent service l'humanit tout entire.
L'avait-on assez dit : Les temrps hroques sont
passs! A en croirieles rpublicains arrivs et satis-
faits, il ne devait plus y avoir place dans le monde
que pour d'heureuses digestions : l'idal, l'audace,
le sacrifice taient grands mots vides qu'il devenait
ridicule de prononcer.


Depuis deux ans dure la lutte sans merci, elle du-
rera jusqu' ce qu'il n'y ait plus Cuba que des ca-
davres ou des hommes libres.
Cet example n'a pas t perdu : la vieille Europe,
regardant les hommes qui, de l'autre ct de l'Atlan-
tique, taient encore capable de combattre et mou-
rir pour une ide, a senti passer sur elle comme un
souffle vivifiant.
Hier Cuba, aujourd'hui la Crte qui demain?
- les opprims de la terre peuvent se reprendre
esprer.
Comment agiront les Cubains, les Crtois et les
rvolts de demain, quand ils seront libres? Ceci est


leur affaire et non la ntre : bornons-nous saluer
une re de renaissance. morale. Les opprims de la
terre relvent le front : courage!




-------.^ ------

LETTRE AUX CUBAINS


-Nous autres, anarchistes, vous le savez, parti-
sans de la fraternity universelle, nous avons dpass
le stade des luttes nationals, fussent-elles pour
s'affranchir du joug de l'tranger, ou tout au moins
nous croyons ces luttes insuffisantes.
Nous pensions, en effet; qu'tre exploits par des
trangers ou par vos compatriotes, la difference est
minime, et que c'est contre tous les exploiteurs,
quelque nation qu'ils appartiennent, que doit se
turner la lutte. Je veux dire que, considrant la
lutte politique comme trs accessoire, c'est surtout
contre l'exploitation conomique que nous voulons
porter toutes nos forces.
Est-ce dire que la lutte hroque, soutenue par
les Cubains, nous laisse in'diffrents ? Non, certaine-
ment. Nous savons que l'volution humaine ne se
fait que par tapes. Les Cubains sentant peser sur
leurs paules le joug de la domination espagnole,
c'est d'abord contre elle qu'ils luttent. Si nous trou-


Bayamo


Les Cubains n'ont point partag cette manire de
voir. Ce noble esprit de rvolte auquel l'humanit a
d toutes ses conqutes et sans lequel elle croupi-
rait, troupeau servile, dans un abme de fange, les a
transports et, comme les hros de l'antiquit,
comme les paladins des merveilleuses popes, ils se
sont lancs sur l'ennemi sans computer, sans nombre.


vons que ce n'est pas assez, ce n'en est pas moins
un pas de fait vers l'affranchissement.
Quand Cuba aura chass ses matres espagnols,
qu'elle pourra vivre selon ses moeurs, son gnie,
les tiavailleurs cubains s'apercevront que la libert
politique est bien peu de chose lorsqu'on est asservi
conomiquement. Quoi qu'il en soit, tous ceux qui


veulent la libert complete souhaitent que Cuba,
qui sera bientt libre, chasse ses matres froces et
impitoyables qui, en plein dix-neuvime sicle, ont
rtabli la torture contre les dfenseurs de la libert
anarchiste de Barcelone, qu'elle a ainsi uni dans
le mme traitement aux soldats de la libert
cubaine.






L'ESPRIT CHRTIEN

ET LA LIBERTY


Les gouvernants espagnols font actuellement d-
penser la nation espagnole des milliers de vie de
ses enfants, des millions de ses richesses,et tout cela
pour conserver Cuba, malgr Cuba. Ils veulent do-
miner les Cubains et ne reculent point devant l'em-
ploi de la force pour imposer leur domination
d'autres hommes. Et les dirigeants espagnols, au-
teurs de ces luttes fratricides, s'affirment catholi-
ques, se proclament chrtiens!!
Sans doute ils ignorent que le Christ qu'ils ado-
rent a dit : Mais vous, ne vous faites point appeler:
Matre, car vous n'avez qu'un maitre, et pour vous,
vous tes tous frres. Il n'y a point de matrel
enseigne Jsus, et la consequence logique est : Au-
cun homme n'a pouvoir sur un autre homme. Et
les dirigeants espagnols, s'affirmant chrtiens, n'ont
point pouvoir sur les Cubains. Et dans leur guerre,
ils violent les prceptes du Crucifi, car ils veulent
imposer leur domination d'autres hommes. Le
grand docteur catholique, saint Augustin, l'a for-
mellement dit: Dieu n'a point tabli la domina-
tion de l'homme sur l'homme, mais de l'homme sur
la brute. Or les Cubains ne sont pas des brutes,
donc les gouvernants espagnols, en voulant les forcer
rester sous leur domination,mprisent l'enseigne-
ment du Christ, se moquent des prceptes de Dieu.
Ils sont anti-chrtiens, eux qui se croient si chr-
tiens!








DE NOTRE DLGU A PARIS


En rponse une information venue de Madrid
et affirmant qu'un M. Bueno, vice-prsident de la
Junte cubaine New-York, aurait donn sa dmis-
sion, satisfait des rformes de M. Canovas, M. Be-
tancs, notre respectable dlgu Paris, a adress
le dmenti suivant:
Il n'y a eu aucun conflict dans la Junte, qui n'a
jamais eu de vice-prsident et don't M. Bueno n'a
jamais fait parties. Quant aux rformes, elles sont
repousses, mme par les autonomistes de Porto-
Rico qui y voient un pige comme dans le pacte de
Zanj6n. A Cuba, les combatants de l'arme
cubaine, Maximo Gmez l'a assez dit dans son
manifeste, et l'extrieur leurs auxi-
liaires, les rejettent tous avec la mme
indignation. Nous avons tous dclar
Paris, New-York, partout, que ce que
les Cubains rclament c'est l'indpen-
dance absolue .

Nous avons, en outre, le plaisir de
placer sous les yeux de nos lecteurs les
tlgrammes suivants, qui sont une
preuve de la sympathie que trouve dans
le monde la cause de Cuba Libre :
. 21 fvrier 1897.
P. Ancona,
Les Socits dmocratiques d'An-
cne, runies pour dlibrer au monu-
ment de Garibaldi, vengeur des oppri-
ms, saluent les Cubains hroques,
dfense.urs de leur patrie, de la libert
et de la Rpublique.
Vive Cuba rpublicaine !
Barilari, Negroni, Feloini.


Messieurs Barilari, Negroni, Feloini,
Au nom de Cuba Libre, je remercie
les Socits dmocratiques de leur lan
de sympathie pour les Cubains qui,
comme les Crtois, luttent pour la
libert de leur pays. Crte et Cuba sont sceurs
par les souffrances et par l'hrosme. Nous rendons
hommage aux grands librateurs Mazzini et Gari-
baldi et la gnrosit des patriots italiens.


C3

La maison de Cspedes






25 FVRIER 1897.


L'insurrection est le plus sacr des devoirs. Nous
l'avons oubli en France depuis que les temps hro-
ques sont passs et nous n'avons pas lieu d'en tre
plus fiers.
Fort heureusement pour l'humanit, les petits
peuples ont repris pour leur compete les traditions
abandonnes par les grands.
Ici, c'est la Crte qui se soulve contre le despo-
tisme turc et qui impose l'Europe, abrutie par le
scepticisme, le respect de la justice.
L-bas, de l'autre c6t de l'Ocan, c'est Cuba in-
surge contre la tyrannie espagnole: quelques mil-
liers de hros luttant pendant des annes contre
deux cent mille hommes, tenant tte sans se lasser,
avec un courage inou, l'arme la plus formidable
que l'Europe ait envoye en Amrique, infligeant
leurs adversaires dfaites sur dfaites, resistant
tout, la violence et la ruse, au canon et la trahi-
son, proclamant devant le monde tonn que le
droit l'emporte parfois sur la force.
Elle pourra tre fire, la Rpublique Cubaine,
quand elle aura vaincu, 'c'est--dire bientt, elle
pourra tre fire de sa premiere page d'histoire, o
l'on trouvera non seulement le rcit de ses efforts,
mais encore et surtout une leon qui devient de plus
en plus utile.
Vivent les petits peuples qui ont rallum dans no-
tre sicle o tout s'teint le flambeau de l'insurrec-
tion pour l'indpendance et la libert !








POUR L'ANNIVERSAIRE


11 y a aujourd'hui, 24 fvrier 1897, deux ans que
les Cubains, sans computer le nombre de leurs enne-
mis et n'ayant compt que leurs maux , se sont le-
vs en armes contre la'mtropole qui les opprime
et les pressure.
L'abngation et le courage de ce people mritaient
les sympathies, le respect, l'admiration, j'oserai
mme dire l'appui du monde entier. Voil pourtant
deux ans que le monde reste indifferent devant le
spectacle de cette lutte hroque. Indifferent! pas mme
toujours. Une press prostitute a pris tche de ca-
lomnier, moyennant pesetas, ces hommes qui ver-
sent gnreusement leur sang pour les mmes prin-
cipes que nos pres ont proclams.
Mais qu'importe! Soutenus par leur idal, qui


(i) Voici'l'article XI: Le trait de paix avec
l'Espagne, qui doit avoir prcisment pour base l'in-
dpendance absolue de l'le de Cuba, devra tre ra-
tifi par le Conseil de gouvernement et par l'Assem-
ble de reprsentants convoque expressment cet
effet. N. de la R.


fut le ntre fortifis par l'exemple de leurs mar-
tyrs, les Cubains n'ont pas eu la moindre dfaillance;
leur foi est tellement inbranlable, que la douleur
mme que leur cause la perte de leurs hros les plus
chers ne fait qu'exalter leur patriotism. Les reli-
gions naissantes font de ces miracles. Nul ne peut
empcher le triomphe des Cubains.,
Cela est si vrai. que l'Espagne vient d'avouer
l'inutilit de tous ses efforts, la strilit de sacrifices
si grands qu'elle ne peut les renouveler. Convaincue
enfin de son impuissance de vaincre par les armes,
elle offre des concessions aux rvolts; malgr son
lgendaire orgueil, l'Espagne capitule.
Humiliation inutilel Les Cubains savent par ex-
prience ce que valent les promesses de l'Espagne
don't le Marchal Martinez Campos lui-mme a fltri
publiquement la dloyaut. Et puis, ils comprennent
que si l'Espagne ruine, puise et saigne leur
offre une apparence de libert, c'est qu'elle devra
bientt se rsigner leur reconnatre la libert vri-
table qu'ils mritent.
En rendant justice ses fils, pour lesquels elle n'a
t qu'une martre, l'Espagne se rvlera enfin mre-
patrie. Mais quand l'heure sonnera, ne parlez pas
de tendresse maternelle ni de gnrosit castillane,
pangyristes tant la ligne; car c'est, en vrit, une
trange tendresse et c'est une trange gnrosit que
celles qui ne se manifestent qu'aprs quatre sicles,
aprs une guerre malheureuse et aprs l'puisement
de l'Espagne. Si celle-ci avait t, non pas gn-
reuse, mais simplement just, il n'y aurait pas au-
jourd'hui de Rvolution Cuba... et ce serait tant
pis pour ceux qui sont encore capable de s'enthou-
siasmer au spectacle de belles et grandes choses.











SURSUM CORDA!


En ce jour d'anniversaire jamais glorieux dans
l'histoire de notre Cuba si chre, vous, amis con-
nus ou ignors qui voulez bien nous aider au triom-
phe d'une cause just, vous tous, salut!
Salut vous, hros disparus ou victims enfin
venges de luttes antrieures, don't les noms, inscrits
aux premires pages du Livre d'or, seront appris re-
ligieusement nos enfants, qui ne les entendront
qu'avec respect et admiration !
Salut vous, mes amis, gnraux d'arme ou
simples soldats, combatants actuels de la finale
pope, don't les bras arms du machete vengeur
vont pouvoir trancher enfin le noud gordien de la
destine de la patrie cubaine!
Salut aussi vous, administrateurs habiles, diplo-


mates consomms, crivains ou orateurs inspirs,
qui avez su crer, pour le pays, cette atmosphere
d'estime, de sympathie et de respect universels I
Salut vous surtout, morts glorieux, toujours
vivants, don't le souvenir nous guidera, imprissable,
dans le sentier, volontairement choisi, du dsintres-
sement et du sacrifice I
Prophte de bonheur et de gloire, je,sens que les
temps sont proches... Coupable de la faute unique
de n'avoir pu touffer dans l'oeuf une domination
barbare, le Sisyphe cubain a gravi sa montagne pour
la dernire fois. Sursum corda! Oui, levons nos
curs, car je l'aperois clairement au sommet de sa
loma, sur le bord d'une profonde cavit creuse de
ses ongles meurtris, o sa pierre, jamais enclave,
sera la meilleure assise d'une haute tour bientt cou-
ronne d'tendards l'toile solitaire; drapeaux glo-
rieux d'une Rpublique nouvelle, libre et indpen-
dante!


C'est avec la plus viye satisfaction que nous
offrons nos lecteurs les intressantes communica-
tions suivantes :

Lettre du gnral Calixto Garcia Ifliguez.

La Mule-Cauto, 18 janvier, 97.
Mon cher ami, ci-jointe je vous envoie la dpche
de la premiere operation de mon fils Carlos. Ne vous
tonnez pas si je suis orgueilleux de son triomphe:
ce n'est pas tous les jours qu'on fait sauter une ca-
nonnire et qu'on en inutilise une autre. Pardonnez
au pre et rjouissez-vous avec l'ami. Je vous envoie
aussi la dpche o je rends compete au gnral
en chef de ma rencontre avec le dernier convoi que
j'ai battu. Les Goths (les Espagnols) avouent la
perte de cent trente hommes; mais ils en ont per-
du plus de cinq cents. Si je reois bientt les pro-
jectiles pour l'artillerie, avant trois mois tout l'int-
rieur de l'Orient sera libre comme l'est dj le Ca-
magey, et je marcherai sur l'occident avec dix mille
Orientaux.
La mort de notre hros, Maceo, a produit une
profonde douleur; mais en mme temps, tous ceux
qui avons t ses compagnons d'armes nous avons


jur de le venger et nous levengerons. Sa mort n'a pas
arrt un seul instant la march triomphante de
notre Rvolution qui triomphera et passera par-des-
sus tous les obstacles. Si les vieux de 68 nous tom-
bons dans la lutte, les jeunes de 95 sont l pour
s'emparer du drapeau. Dans cette patrie Cubaine,
du sang du hros qui tombe surgissentdix patriots
aussi braves et mme plus que celui qui est tomb.
Mes souvenirs bien affectueux tous les amis de Pa-
ris. Je ne les oublie pas, et vous recevez l'expression
de toute l'amiti de
Votre frre.







Citoyen Gnral Calixto Carcia, Chef du Dpar-
tement Oriental.
Gnral,
J'ai l'honneur de porter votre connaissance
qu'aujourd'hui, dix heures du matin, au moment
de traverser une des deux lignes de torpilles, une
des canonnires, le Reldmpago (L'Eclair), sous le
commandement du lieutenant de vaisseau .Don
Federico Martinez Villarino, a t coule et submer-
ge. Des dix-sept hommes qui composaient l'-
quipage, trois seulement se sont sauvs. L'autre
canonnire, Santocildes, a pu chapper, mais avec
de graves avaries, aprs avoir soutenu avec nous,
aide par la Avispa (La Gupe), un feu de canon
et de Mausers pendant une heure. Elle est rentre
Manzanillo, sans avoir avanc jusqu' l second
ligne de torpilles.
J'organise un corps de plongeurs pour essayer de
retire du navire submerg l'armement et autres effets.
Je vous cris la hte et ne puis vous donner les
dtails de l'opration. Le lieutenant Narciso Lpez
est charge de vous les donner de vive voix. Je me
rjouis d'avoir vousIsignaler la belle conduite de
tous ceux officers, sous-officiers et soldats qui
ont pris part ce combat.
C'est aux capitaines Gald6s et L6pez que revient
surtout l'honneur d'avoir retenu la. canonnire
Reldmpago sous nos feux. Le capitaine Gald6s a agi
en quality de chef de la ligne torpilles qui a fait
explosion.
Patrie et Libert.
Commandant : Carlos Garcia.

Coso del Agua.
17 janvier 1897, midi.


Il peut y avoir de lches Cubains consentant lcher la ]
main qui les Jrappe; mais je parle pour ceux qui luttent
les armes la main quand je dis que nous ne voulons
accepted aucun project d'autonomie. Toutes assertions con-
traires ne sont que mensonges.
En 1878, j'ai jur de renverser par tous les moyens
possibles la souverainet de l'Espagne,. Depuis lors, mes
intentions n'ont pas change. Je n'ai pas accept la transac-
tion propose par le marchal Martiney Campos et n'en
accepterai pas d'autre allant l'encontre de l'article XI
de la Constitution (i) laquelle j'ai jur fidlit.




President de la Rpublique de Cuba.


1;& -ttle-


Il est temps que le monde sache une fois pour toutes, que
nous ne sommes paslune troupe d'enfants jouant la petite
guerre, et qui peuvent treddtourns de leurs desseins par un
compromise qui ne nous offre que de trs douteux avantages.
Cette guerre ne peut avoir qu'une solution : l'indpendance ou
l'extermination.




Gnral en chef de l'Arme Cubaine.


C~s~






25 FVRIER 1897.


LE BILAN


Le 24 fvrier 1895, les Cubains ont pris les armes
contre l'Espagne. Cette insurrection tant la cin-
quime qui clate l-bas depuis le commencement
de ce sicle, je ne puis douter que l'es Cubains aient
raison; c'est pourquoi je souhaite de tout ceur leur
succs.
Je dois dire que ce succs me parat peu prs
certain. Depuis deux ans l'Espagne a envoy Cuba
23o.ooo hommes et dpens au bas mot un million
de francs par jour. Le rsultat de ces sacrifices a t
absolument nul, ou plutt il a t ngatif : l'insur-
rection a gagn constamment du terrain, car la
mort mme de Maceo semble avoir redoubl l'ner-
gie de ses compatriotes.
L'Espagne voudra-t-elle continue jeter dans un
gouffre sans fond son or et rpandre en vain le
meilleur de son sang ? Et le voult-elle, cela lui
est-il possible ?
L'Espagne est pauvre et elle a puis jusqu' son
credit. Ruine et dsillusionne, elle cherche aujour-
d'hui transiger; mais, on lui rpond : L'indpen-
dance ou la mort
.... .... ....... ....... ................ ......
Oui, nous assisterons avant peu un spectacle
qui devient de plus en plus rare : le triomphe d'une
cause just.






: ----*l- ----


DOUBLE COINCIDENCE


Le 24 fvrier I... Cette coincidence de la Rvolution
Cubaine avec nos glorieuses journes de 48 ne doit-
elle pas tre pour l'opinion franaise ce que nous
pourrions appeler un aiguillon de sympathie ? Les
gnrations nerves d'aujourd'hui voient sans doute
de l'illusion l o nos pres ne voyaient que l'h-
rosme. La Rpublique, crivait alors Lamartine,
sera dmocratique et social, ou bien elle ne sera pas.
La France, disait-il encore, a pour raison d'tre dans
le monde d'y reprsenter la Rvolution. Et notre
autre pote, le chansonnier Pierre Dupont, traduisait
l'unanime sentiment de ce gnreux pays, prt se
saigner aux quatre veines pour la Pologne, la Hon-
grie ou l'Italie :
Les peuples sont pour nous des frres,
Et les tyrans ds ennemis.
Ah! si alors les Cubains avaient plant l'arbre de
la libert!... Il se serait trouv encore des Lafayette
et des Rochambeau dans les gnrations franaises
de ce temps-l, et notre sang aurait arros ces loin-
taines racines de Rpublique, fraternellement, sain-
tement offert.
Est-ce dire que nous ayions abdiqu notre rle
traditionnel ? Nous ne le croyons pas, et une fois de
plus les faits du jour nous donnent confiance. A ce
moment mme, quelle que puisse tre notre attitude
officielle, la jeune opinion franaise ne se prononce-
t-elle pas assez haut en faveur de la cause crtoise ?
Nos sympathies vont l'occident comme l'orient.
Si la Pologne n'tait pas trop loin, si la Crte n'est
pas trop loin de la France, Cuba non plus n'est pas
trop loin. L'me franaise est partout son poste de
combat, le poste de sa vocation et de son devoir, l
o un people conscient de ses droits les revendique
par les armes. Les conflagrations orientales ne d-
tournent point notre pense de la grande le d'occi-
dent, "et en clbrant l'anniversaire du 24 fvrier
franais, nous tendons la main par-dessus l'Atlanti-
que ceux qui ont acquis aussi dans l'histoire cette
date immortelle; nous crions avec eux : Vive Cuba
libre !







En cette fin de sicle, poque d'gostes et de vi-
veurs, les Cubains d'une part, les Crtois de l'autre,
nous donnent l'exemple du courage, de la bravoure,
du dvouement, de l'hrosme; le rcit de leurs
guerres nous rappelle les grandes pages de notre
histoire national.
L-bas, au del de l'Ocan, un vaillant petit peu-
ple, avec une poigned'hommes, soutient depuis
deux ans une lutte hroque contre tontes les armes
de la vieille Espagne, de la vieille Espagne de l'In-
quisition et de l'Erreur.
L'Espagne accule la ruine est affole. La r-
pression est atroce.
Les Cubains sont dcims : Maceo est mort, Fran-
cisco Gmez est mort, et combien d'autres Et, jamais
dcourags, les soldats de la Libert combattent jus-
qu' la mort.
Comme nos pres, les Cubains veulent vivre libres
ou mourir.
Les Cubains sont des braves!
La cause qu'ils dfendent est une cause sainte.
Honneur aux soldats du Droit! Gloire aux con-
vaincus qui sacrifient leur vie pour une ide !
Salut aux hros de Cuba!

.S c I


POUR LA LIBERTY

Pendant que la vieille Europe s'abime dans les
prjugs, dans le caporalisme outrecuidant et dans
le jsuitisme abject, une poigne de braves monte
l'assaut de l'Inquisition et de la tyrannie, bravant la
mort et les tortures pour son affranchissement et
pour sa libert.
Les hros cubains ont fait leurs preuves et en fe-
ront d'autres encore.
Abandonns leurs propres forces, sans moyens
pcuniaires, sans gros bataillons et presque sans
armes, ils viennent de donner de fires leons aux
gnraux espagnols et aux gouvernements pourris


MOMIE FANTOME


Par la situation actuelle de Cuba, deux faits
deviennent vidents :
i' Les six provinces sont occupes par la Rvo-
lution.
2' L'Espagne est aux abois.
i' Pinar del Rio sous le gnral insurg Ducassi,
un Franais, tient tte aux troupes espagnoles. A La
Havane se trouve aujourd'hui le Portoricain Rius
Rivera avec Aranguren.
Matanzas se bat sous les ordres de Lacret. Las
Villas sont occupes par Maximo Gmez. Cama-
gey et l'Orient se trouvent peu prs libres d'Es-
pagnols enferms dans les villes fortifies et sont


dfendues par Calixto Garcia, Rabi et d'autres.
Toutes, avec les vieux de 1868 et les jeunes de 1895,
voient passer travers champs le drapeau victorieux
de l'Etoile Solitaire, malgr Cirujeda, le hros aux
guet-apens; malgr Fonsdeviela, le boucher de Gua-
nabacoa, o l'on a vu des chiens rentrer ponant la
gueule des lambeaux de cadavres laisss sur les
chemins sans spulture; malgr le petit Attila
Weyler dtruisant tout ce qui vit, hommes et
plants, quand il passe au centre de sa colonne de
vingt mille fauves en libert.
Aprs deux ans de cette lutte, ta Rvolution vit;
donc elle triomphe.
2" L'Espagne a fait son grand effort. Epuise au-
jourd'hui avec sa dette de dix milliaids, son budget
de sept cents millions don't l'arrir seul en absorbe
quatre cents, et les ministres, les gnraux, les ve-
ques en mangent cent autres, avec sa dpense jour-


de gtisme, ce qui prouve l'amour de la fibert et le
vrai patriotism.
Dj, aussi bien dans le nouveau monde que
dans l'ancien continent, quiconque sait juger et
apprcier sainement les choses et les vnements,
suit avec sympathie les vaillants de Cuba et fait des
voux pour leur russite.
Les difficults du moment seront l'xemple de
l'avenir, car ce people digne d'loges nos dmontre
qu'en politique, vouloir, c'est pouvoir,

y cZ-"


nalire de deux millions, elle march droit la ban-
queroute.
Cent mille hommes perdus en deux ans, sur les
deux cent trente mille qu'elle a envoys Cuba, la
laissent dsarme, et la saigne continue. Un milliard
et demi dpens a vid le trsor. Elle a beau annon-
cer son de trompe victoires sur victoires, ses gn-
raux dsertent. Sept d'entre eux, Pin, March, Gon-
zalez Mufi6z, Bernal, Alonso Snchez, Losas y
Figueroa, rentrent aujourd'hui en Espagne. Ses sol-
dats passent l'insurrection avec leurs Mausers.
Elle s'est mis vivre de mensonges et de calomnies ;
elle vocifre des insultes et elle en meurt. On ne
croit plus ses bravades; elle s'puise en vain ; elle
est ple, efflanque, anmique, dessche; elle est
devenue la momie fantme.
Et pendant que des rpubliques libres, grande ou
petites, frmissent d'horreur sa vue, et s'arrtent


lui tenir conversation, comme dans un conte
d'Edgard Poe, les enfants de Cuba jouent avec ce
spectre.
En cette situation, flibustiers et laborants, mes
frres, que nous reste-t-il dcider ?
Nous n'avons plus, aprs avoir anobli ces noms
jets sur nous comme des insultes, qu' prendre la
devise du flibustier Garibaldi : En avant! ou
bien celle du flibustier Lafayette : Perseverando ,
et nous aurons sous peu une patrie, la patrie du
24 fvrier o la mmoire du flibustier Marti et du
flibustier Maceo sera vnre.
24 fvrier 1897.




Dlgu du Gouvernement Cubain Paris.


A LA BELGIQUE


La lutte hroque de Cuba a trouv les plus gran-
des sympathies en Belgique.
Ce n'est pas en vain que nous nous sommes adres-
ss au vaillant people belge et la press gnreuse
de Belgique. Toutes nos tentatives de propaganda
ont t encourages, tous nos cris ont t entendus.
Je suis heureux de pouvoir adresser, l'occasion
,du 24 Fvrier, mes hommages de vive gratitude au
people et la press de Belgique. Dans la rude guerre
que nous poursuivons, cela est d'un bel encourage-
ment; d'autant plus noble qu'il est quasi unique en
Europe, o les cris en faveur de la libert semblent
ne plus avoir d'cho.










LETTRE DE TAMPA


Tampa, 3i Janvier 1897.
Monsieur le Directeur de La Rpublique Cubaine,
Paris.
Les dlgus envoys par le gouverneur de la Flo-
rida afin d'tudier le project de defense des ctes ont
pass la semaine dernire dans notre ville. Cette
visit a donn notre cit un motif d'animation et
de ftes.
L'vnement qui proccupe l'opinion publique est
la march en avant du gnral Mximo Gmez. Les
nouvelles des dfaites qu'il inflige en chemin aux
troupes de Weyler sont accueillies, naturellement,
avec un vif plaisir.
La gnrosit espagnole vient de se manifester
une fois de plus. On donnait ici comme certain que
le 23 courant, jour de saint Alphonse, le gouverne-
ment gracierait plusieurs prisonniers, et, de prf-
rence, les citoyens amricains. Or, l'amnistie ne fut
accorde qu' quelques dtenus en quality de sus-
pects et quelques prvenus de droit common.
Deux journalists allemands, qui se sont propose
de parcourir le monde pied, viennent d'arriver
La Havane aprs avoir visit pied l'ile de Cuba.
Ce sont le Dr. Guil-
laume Daneil ou
Daniel et M. Ar-
thur Treilhein don't
je vous envoie le
portrait. Ils ont re-
cueilli de nom-
breuses impressions
sur la guerre de
Cuba; mais jusqu'
present leur silence
a t absolu. Ils ont
l'intention de publier une brochure La Nouvelle-
Orlans.
Mademoiselle Clmencia Arango, sceur u colonel
Raul Arango, qui
opre dans la pro-
vince de La Hava-
ne, a t expulse
de cette capital par
Weyler. Cette de-
S moiselle est une ex-
Scellente patriot. Il
n'est donc pas sur-
.' bie n/ pregnant que Weyler
l'oblige migrer.
On donne ce soir, au thtre Cespedes Hall, une
representation don't le product ira grossir le Trsor
de la Patrie. Cette representation est organise par
le club Gon&alo de Quesada. M. Benjamin J. Guerra,
qui arrive de New.York et se trouve en ce moment
Tampa, prendra la parole.
A bient6t,
Votre compatriote et ami,
E. 6.


MATINE D'AUTEUIL


M. Argyriads a runi le 21, chez lui, Auteuil,
des dmocrates de tous pays. On a parl de la Crte,
de l'Armnie et de Cuba. M. Steens a fait une con-
frence trs intressante sur notre Rvolution. Nous
rendrons compete, dans le prochain numro, de cette
charmante et chaleureuse runion.


Il est temps que le Peuple cubain ralise son rve
lgitime de faire parties du concert des peuples in-
dpendants; et qu'on ne l'accuse pas si, pour arri-
ver son noble but, il transform en un amas de
cendres tout ce qui existe sur le sol de Cuba.



7 *'----*-^~"

Ministre plnipotentiaire du Gouvernement Cubain
l'tranger.


********** *********^-k B -t **** **** ***^*t


~aP~RR-f~S~'~s~% C~a`aP'~,,,,e







25 FVRIER 1897.


KEY WEST


L'ile de Key West ou Cayo Hueso est situe au
sud-est de la pninsule de la Floride, et fait parties
du comt ou district de Monro, dans l'tat nord-
amricain de la Floride. Les floridiens ont voulu
donner ce nom la signification de Clef de
l'Ouest . Mais Key West est simplement une cor-
ruption du nom espagnol Cayo Hueso donn l'le
par ceux qui la dcouvrirent cause de la grande
quantit d'ossements qu'ils dcouvrirent sur ses
ctes.
La ville principale porte le nom de l'ile et l'on peut
dire que la cit est l'le toute entire, sa situation
faisant d'elle le seul centre important.
Key West il faut l'appeler ainsi puisque c'est le
nom que lui donnent ses matres, ne possdait en
1870 que 5.ooo habitants. Elle en possde aujour-
d'hui 25.000. Cette augmentation extraordinaire de
population est due l'tablissement dans l'ile du
commerce du tabac, inconnu avant 1870.
La difference considerable entire les droits d'expor-
tation aux Etats-Unis du tabac en feuille ou piqu
et ceux des cigares ou des cigarettes, fit que plu-
sieurs tablissements se fondrent Key West ainsi
que dans le port de Tampa, situ dans la pninsule,
grandes manufactures dans lesquelles des ou-
vriers cubains fabriqurent avec du tabac cubain des
cigares et des cigarettes de mme quality que ceux
qui proviennent des manufactures de La Havane.
Ils ont fond, en outre, divers priodiques, parmi
lesquels El Yara, un grand nombre de clubs adh-
rents au parti rvolutionnaire cubain, des coles,
des colleges, des lyces et toutes sortes d'industries.
Des 25.000 habitants de Key West, 20.000 sont
'Cubains. Il est prouv, en effet, que le fabricant de
cigares nord-amricain est incapable d'arriver la
perfection de travail laquelle arrivent les fils de la
Grande Antille; et comme les migrants cubains
sont, de rares exceptions prs, rvolutionnaires
dans l'me, il en rsulte que la petite le est un foyer
de conspirations contre l'Espagne, et qu' trs peu
de distance de Cuba, il y a 20.o00 hommes qui em-
ploient leur argent et tous leurs efforts venir en
aide ceux qui luttent sur le sol cubain.

-------- *---------


QUELQUES GRAVURES


La maison de Cspedes

Parmi les souvenirs principaux de notre pope
de 1o ans figure la maison d'habitation qu'avait
Bayamo l'illustre caudillo et qui fut, comme les
autres de la ville, rduite en cendres lorsque les Cu-
bains abandonnrent cette ville.
Notre vnrable Dlgu, M. Estrada Palma, a re-
cueilli sur cette maison les intressants dtails sui-
vants que nous sommes heureux de reproduire:
Les parents de Carlos Manuel furent don Jess
de Cspedes et dofia Francisca de Borja del Castillo.
Ils habitaient une petite maison, qui leur apparte-
nait, dans la rue de San Salvador, faubourg de San
Francisco, dans laquelle Carlos naquit, fut nourri
-et passa un oy deux' ans aprs son marriage avec sa
cousine dofia Carmen de Cspedes. C'est l qu'il eut.
son premier fils Carlos Manuel. Don Jess possdait
un terrain trs tendu, contigu sa maison d'habi-
tation. Il y leva, vers 1848, la maison reprsente
par notre gravure. Carlos Manuel, la premiere ou la
second anne de son marriage, partit pour l'Espagne
o il se fit recevoir avocat des Conseils Royaux
comme on disait alors. Lorsqu'il revint Bayamo,
la maison qu'levait son pre tait peu prs ter-
mine, et je me souviens que sur la demand de Car-
los et sous sa direction furent tiges les colonnes
de la porte principal.
Le corps d'habitation se composait d'un vaste sa-
lon avec ciel ouvert; d'une salle manger spare du
salon par des arceaux et des colonnes, et de plusieurs
chambres. La salle manger communiquait par de
grands corridors avec la cour. Tout le long d'un de ces
corridors taient des chambres, et il communiquait
l'entre principal don't la porte donnait sur la rue.
Le pre de Carlos Manuel, don Jesus (don Chucho
ainsi qu'on l'appelait familirement) tait un homme
trs estim, d'un caractre digne, jaloux de son hon-
neur et nergique. Il mourut dans la mason neuve
en i85o ou i85i. Il semble que cette maison soit
reste donia Borja;et, aprs sa mort, tous ses en-
fants : Carlos Manuel, Francisco Javier, Ladislao,
Pedro et Borjita (Francisco de Borja).
En presence des ruines de cette habitation, l'ima-
gination des Cubains voque constamment l'ombre
du grand homme vnr. On le voit se promenant
lentement dans ce beau salon, absorb par les mdi-
tations profondes qui prcdrent longtemps sa ma-
gnifique entreprise d'affranchir Cuba.

Bayamo
Ruines du thtre et de la place Saint-Dominique,
incendis en 1868.

La Demiajagua
La modest maison que nos lecteurs ont sous les
yeux est le monument qui rappelle la postrit


l'usine de sucre La Demajagua, proprit de Carlos
Manuel de Cspedes. Elle a emprunt son nom la
baie qui s'tend depuis Campechuela jusqu'au rio
Gu, dans le terme municipal de Manzanillo, pro-
vince de Santiago de Cuba.
Dans cette plantation se runirent le 9 octobre
1868 les patriots qui, le jour suivant, entrans par
Cspedes, poussrent le cri d'Indpendance dans le
village de Yara.
A la fin du mme mois, le navire de guerre espa-
gnol Neptuno bombarda La Demaiagua, unique-


ment parce qu'elle appartenait au caudillo cubain.
Rien n'en resta debout. Les Espagnols prouvrent
par ce fait et par bien d'autres qu'ils furent les pre-
miers entreprendre l'ouvre de destruction.
Plus tard, la plantation devint un lieu d'levage
(potrero). La maison reprsente par notre gravure
est habite par l'leveur.


Le jagiiey de La Demajagua
Nous avons dit que le bombardment de La
Demajagua n'avait rien laiss debout de ce que la
main de l'homme avait lev en cet endroit.
Comme pour perptuer cet acte de barbarie espa-
gnole, entire les rayons du volant de la machine ser-
vant fabriquer le sucre a pouss un vigoureux
jagiiey, cet arbre de Cuba si beau et si corpulent.


Baire
Nous donnons nos lecteurs une vue gnrale du
village de Baire, clbre dans l'histoire de notre in-
dpendance. C'est de ce village qu'est parti, le 24 f-
vrier 1895, le cri de guerre. Il fait parties du terme
municipal de Jiguani, province de Santiago de Cuba.
Il est distant de Jiguani de neuf kilomtres environ..
Pendant la guerre prcdente, Baire fut le thtre
des principaux combats et de bien d'autres livrs
diffrentes poques pendant cette guerre.


Jiniaguayu

Jimaguay fait parties de la province de Puerto Prin-
cipe. Une de ses maisons a t choisie pour tenir
l'Assemble Constituante du Gouvernement pro-
visoire de la Rpublique de Cuba. C'est l aussi que
fut signe la Constitution don't nous publions le
texte dans notre numro d'aujourd'hui.


Le cheval de Marti
C'est le cheval de guerre que montait Jos Marti
lorsqu'il fut tu dans le combat de Dos Rios, le
19 mai 1895.


Dbarquement du Three Friends
C'est le dernier dbarquement qu'a effectu
Cuba le vapeur bien connu Three Friends, en
conduisant une expedition d'armes et de munitions.


LA VOIX DE MARTI


Pour tout ce que rappellent les paroles convain-
cues du patriote sans faiblesse; pour ce qu'elles affir-
ment une fois de plus le principle sur lequel s'appuie
le programme du Parti Rvolutionnaire cubain: l'In-
dpendance ou la mort; enfin pour leur actualit en
ces jours o l'Espagne, don't la situation est dses-
pre, n'a d'autres resources contre les Cubains que
la fraude, le mensonge et la trahison, convaincue
qu'elle est de ne pouvoir les soumettre par la force,
pour ces raisons nous croyons de grande opportu-
nit la reproduction de la Circulaire aux Chefs sui-
vante envoye du quarter gnral, Campafia, le
26 avril 1895.
Elle est, cette circulaire, un des derniers conseils,
mais non le moins inspir, le moins viril, le moins
patriotique, donn ses concitoyens par l'inoubliable
Marti.
Voici ce document:
Ni le gouvernement espagnol, ni personnel
en son nom ne peut offrir sincrement Cuba des
concessions que l'Espagne, par sa Constitution na-
tionale ne saurait confirmer. Ces concessions, quel-
que tendues qu'elles fussent, ne rpondraient pas
aux dons suprieurs et au degr de dveloppement
du pays. Elles ne sauraient tre considres que
comme une vritable insulte la dignit cubaine.


La guerre pour l'indpendance d'un people exis-
tant. et pour l'honneur de citoyens humilis est
une guerre sacre, et la formation d'un people libre
par elle amene est un service rendu au monde. Ce-
lui qui pretend arrter par la tromperie la
guerre pour l'indpendance comment un crime.
Cela tant, la Rvolution, par ses reprsentants
lus et autoriss jusqu'au jour o elle se sera don-
n de nouveaux pouvoirs, vous donne, conform-
ment son devoir, l'ordre suivant : An cas o
sous quelques formes et par quelques per-


sonnes que ce soit, on vous prsenterait des pro-
positions vous invitant vous rendre, cesser les
hostilits ou accepter des arrangements autres
que la reconnaissance de l'indpendance abso-
lue de Cuba, propositions qui ne pourraient tre
qu'une machine de guerre destine jeter le trouble
dans la Rvolution, vous chtierez sommaire-
ment ce dlit par la peine fixe pour les tratres
la Patrie.
Salut vous et aux forces que vous commander.
Patrie et Libert.
Le Dlgu,



Le Gnral en Chef,




----,----- -


. 1 \


Epilogue de la fumisterie connue sous le nom de
La soumission de Maximo G6mez . Tous les jour-
naux ont public les lignes suivantes :
Le gnralissime insurg a fait savoir qu'il ferait
pendre, comme tratre, tout missaire qui viendrait
dans son camp pour ngocier, et que si cet missaire
tait le gnral Weyler, il le ferait pendre come
assassin.
Bravo, Gmez !


D'une dpche officielle de Manille :
Todor Plata et huit ministres insurgs ont t
fusills hier. Un condamn est mort en chapelle
la suite d'une crise nerveuse.
La crise nerveuse don't il s'agit est videmment
de celles qui ont fait la gloire de Torquemada.


El Nacional, de Mexico, nous apprend que, du-
rant les derniers mois passs, de nombreux officers
mexicains ont sollicit leur retraite et ont t se
joindre aux insurgs de Cuba.
On doit se rappeler qu'il n'y a pas bien longtemps
six cents mulets quittaient le Mexique pour aller
Cuba prter leurs services Weyler.
Les Mexicains ont dcidment une clairvoyance
qui leur fait honneur; des officers aux Cubains,
des nes aux Espagnols, chacun est ainsi sa place.


Conclusions d'un article de El Imparcial, de Ma-
drid, sur les rformes :
Le gouvernement de l'Espagne s'est dclar
impuissant nous conserver la possession de Cuba.
Le temps, pas celui de M. Hbrard, ne tardera
pas donner raison notre confrre... et nous-
mmes.


The Sun, de New-York, reoit de Dallas (Texas),
la nouvelle que trois cents flibustiers se sont embar-
qus pour Cuba.
Comme il est probable qu'il s'agit d'Amricains,
nous souhaitons bonne chance ces braves qui sont
les premiers trangers qui s'embarquent pour Cuba.


D'une dpche adresse El Imparcial de Ma-
drid :
La colonneMira a tu onze hommes l'ennemi;
le commandant Mira a t bless; toutefois, il a con-
tinu diriger sa colonne.
Tiens a l'amusait, ce brave Charlot, pardon !
- ce brave Mira.
Il n'peut pas ldcher la colonel (Air connu.)


D'une autre dpche, officielle celle-l :
Le feu tait trs nourri.
Malheureusement, les soldats l'taient moins,
n'est-ce pas, Monsieur Reparaz ?


Le gnral Lachambre, dit l'Invalide la gueule
de bois , est en train de se couvrir de gloire aux
Philippines; il command l'artillerie dans l'attaque
contre Cavite.
Toujours prs des canons, l'alcoolique, c'est--
dire l'hroque gnral Lachambre.
r

Les journaux nous apportentla nouvelle que ;e
docteur Ruiz, Cubain naturalis Amricain, a suc-
comb aux mauvais traitements que lui ont inflig,
dans sa prison, les autorits espagnoles.
Si les autorits agissent ainsi contre un prisonnier
sans dfense, il est facile de s'imaginer comment
peut agir la soldatesque brutale et ignorante qui


La Bemajagua


Jagiiey de La Demajagua


~
I- -


- %e %% u % uw






25 FVRIER 1897.


combat pour conserve une vache lait
l'Espagne.
.Nous ne devions pas manquer de signaler cette
,nouvelle manifestation de la gnrosit et de l'h-
rosme castillans.... aux chantres des vertus ib-
riques.
Prenez vos lyres, MM. Jules Roche, Denis Guibert
et tutti quanti...l

L'horizon politique s'assombrit en Europe. Inu-
tile de dire que toutes nos sympathies sont pour
ceux qui luttent pour leur liberi, et pour les Grecs
qui viennent d'avoir un lan digne de leurs glorieux
anctres.
Toutefois, la disparition de la Turquie serait fatale
l'quilibre europen: qui ferait contre-poids la
Turquie d'Occident qui a pour capital Madrid, si
celle d'Orient venait disparatre ?
Nos diplomats feraient bien de songer cela.
--i-------*it -------

BIBLIOGRAPHIE REVOLUTIONNAIRE

A ct de la besogne de guerre vient se placer
toute la suite des crits, discours et priodiques ins-
pirs par la lutte hroque des Cubains. Il nous a
paru intressant, pour ce second anniversaire de la
Revolution, de noter ces tches. De prcdentes
euvres n'y sont point, car nous n'avons voulu noter
que les livres,, brochures et journaux parus depuis
le 24fvrier 1895. Cette tche du present, nous sou-
haitons qu'elle soit connue, de tous les esprits qui
recherchent ardemment la vrit. On sera surprise de
la moderation de ces textes. Nul appel la violence,
nulle dclamation condamnable. L'expos- des faits
suffit justifier l'actuelle Rvolution, qui est autre
chose qu'une insurrection de mcontents et de
multres , comme on l'a rpt longtemps en
France. Aprs la lecture des uns et des autres, cha-
cun se rendra compete, j'espre, que cette le, aux
portes des Etats-Unis, aurait pu aisment devenir
une terre florissante et envie, si des Espagnol ne
l'avaient point si longtemps dtenue.
Voici les noncs de ces textes :
L'Invasion en Occident. Rapports officials
publis par M. TomBs Estrada Palma. Avec un
plan de l'invasion et notes diverse.
Cuba contre Espagne. Par Enrique Jos Va-
rona, ancien dput aux Corts.
Jos Marti et la Rvolution Cubaine. Dis-
cours par Manuel Sanguily.
La Belligrance Cubaine. Ptition de Tmas
Estrada Palma.
La Question Cubaine et le Conflit hispano-
amricain. Par V. Mestre Ambile.
Notes historiques. Propagande et mouve-
ments rvolutionnaires cubains. Par E. Trujillo.
Carlos Manuel de Cspedes. Par Carlos Ma-
nuel de Cspedes y Quesada. Un volume de
343 pages avec portrait, autographe et grande parties
de la correspondence officielle et prive du chef de
Yara.
La Voix de Cain. Lettres ouvertes Rafal
Montoro. Par Edouard Yero Budun.
La Revolution de Cuba et les Rpubliques
amricaines. Discours prononc la nuit du
io octobre 1896 dans la solennit clbre Chicke-
ring Hall, en commmoration du vingt-huitime
anniversaire de la Rvolution de Cuba. Par Ma-
nuel Sanguily.
Premire tape de Jos Marti Cayo Hueso.
- Avec deux gravures.
La lutte de Cuba et la solidarity italienne. -
Pages de Franois-Frdric Falco, avec une prface
de Giovanni Bvio. Rome, 1896. Une brochure
de 90 pages, avec une carte et 17 gravures.
Cuba. Justification de la guerre de l'Ind-
pendance. Par Raphal M. Merchan.
Discours prononc Chickering Hall le
10 octobre 1896.- Par Edouard Yero Budun.
La Revolution Cuba.- Par le Comit Cubain
de Londres.
Cspedes et Marti. Par Manuel Sanguily.
La confusion espagnole en Amrique. Par
Fidel G. Pierra.
La Guerre de Cuba.- Par Jos Mir y Argenter.
De Cuba Libre. Lettre ouverte du gnral
Mximo Gmez son pouse.
Abcdaire cubain.- Par Daniel Fajardo Ortz.
Opinion cubaine sur le Message du Prsi-
dent. Manifeste adress par une Socit cubaine
au people amricain.
L'Anarchie espagnole et l'HroYsme cubain.
Par Manuel Sanguily.
La Dbbcle colonial de l'Espagne. I' P-
riode colonial; 2' Priode rvolutionnaire. Par
Enrique Jos Varona.
Essais politiques. Articles et discours. Par
Rafael Serra.
Cuba et la furie espagnole. Par Manuel San-
guily.
Patriotisme. Par Gonzalo de Quesada.
La Revolution Cubaine et la race de couleur.
Par un Cubain sans haines.
Hatuey. Pome dramatique par Francisco
Selln.
Hros humbles. Biographies de rvolution-
naires cubains. Par Serafin Snchez.


Les Potes de la Guerre. Prologue de Jos
Marti et notes biographiques par Seraffn Sanchez,
Fernando Figueredo, Gonzalo de Quesada, etc.
Ignacio Mora. Par Gonzalo de Quesada.


Journaux rvolutionnaires
Patria. Organe official de la Dlgation du
Parti Rvolutionnaire Cubain New-York, fond
par le grand patriote Jos Marti en mars 1892. Il est
dirig aujourd'hui par M. Enrique Jos Varona et
parat le mercredi et le samedi.
El Yara. Journal cubain. C'est le doyen de
notre press l'tranger. Il a t fond en 1878 par
M. Jos D. Poyo, dans la ville de Cayo Hueso.
Cuba. Journal politique. Organe official du
Parti Rvolutionnaire Cubain Tampa. Direc-
teur : M. Ram6n Rivero y Rivero; fond en 1886.
Parat le samedi.


El Porvenir. Journal hebdomadaire, poli-
tique, littraire, d'informations, et d'annonces. -
Directeur-propritaire : M. Enrique Trujillo. Parait
le mercredi. Il a t fond en mars 1890.
El Americano. Organe de propaganda et de
defense de l'indpendance de Cuba au Chili. Pa-
rait le jeudi et le dimanche et a t fond par M. Ni-
colas Tanco, dlgu du Parti Rvolutionnaire Cu-
bain au Chili. Le premier numro de El Americano
a paru le 14 juillet 1895.
Cuba Libre. Organe de propaganda et de d-
fense de l'indpendance de Cuba Buenos-Aires.
- Directeur, M. Govin.
El Propagandista. Organe du centre de pro-
pagande cubain Marti . -- Publication hebdoma-
daire. Politique, tranger, industries, sciences,
varits, nouvelles et annonces.- Directeur-diteur:
Francisco de Arredondo. Parat le dimanche
Caracas et a t cr l'anne dernire.


COLLECTIONS
DE








Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal illustr RR\SR\h*,,
comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement
restent notre charge.
Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la guerre de Cuba.

PRIME OFFERTE PAR LE JOURNAL
A l'occasion de la nouvelle anne, nous offrons, titre de prime exceptionnelle, une
remise de 20 pour 100 sur les prix sus-indiqus, ce qui rduit le prix de la collection
26 francs 40 pour la France et 28 francs 80 pour l'tranger.
1 A ceux de nos abonns actuels qui dsireraient acqurir cette mnagnifique collection;
20 A tous les nouveaux abonns au journal pour une anne.
Le dlai pour profiter de la prime a t fix :
1 Un mois pour la France (janvier 1897);
o2 Deux mois pour l'Europe (janvier et fvrier 1897);
30 Trois mois pour l'Amrique (janvier, fvrier et mars).


Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse M. l'Administrateur-Grant, 20,
Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


d'un
rue


NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection
gratis.


El Pabell6n Cubano. Organe du Parti Rvo-
lutionnaire Cubain. Directeur : Emilio Artavia.
- Parat le dimanche San Jos de Costa Rica.
La Redencin. Journal hebdomadaire, con-
sacr propager les principles de Cuba Libre dans
les Etats de Yucatn et de Campeche. Directeur :
M. Alberto Trujillo. Elle a t publie pour la pre-
mire fois dans le courant de cette anne.
La Defense. Journal hebdomadaire. Il a pris
comme devise : Cuba aux Cubains. Directeur-
propritaire : S. Cancio Bello. Se public la Vera
Cruz et a t fond en avril dernier.
La Independencia. Politique gnrale, scien-
ces, littrature, commerce, arts, annonces, etc., etc.
- Directeur : J. Arrillaga Roqu. Parat tous les
deux jours la Guaira, depuis le mois de juin der-
nier.
La Libertad. Journal politique, commercial,
etc. Directeur: Antonio B. Linares.- Parat trois
fois par semaine Puerto Cabello.
La Doctrina de Marti. La Rpublique avec
tous et pour tous.- Journal biographique, politique,
littraire, d'intrts gnraux et d'annonces. Di-
recteur : Rafael Serra. Parat New-York tous les
dix jours. A t cr en aot dernier.
La Propaganda Cubana. Revue paraissant
tous les dix jours. Cuba. Puerto Rico.- Malo
periculosam libertatem quam quivitum servitium.
- Directeur : Tiburcio Aguirre. Se public San
Jos de Costa Rica. Cr le Io aot dernier.
Cuba Libre. Priodique public par la colonic
cubaine l'occasion du glorieux anniversaire de l'in-
dpendance national. Lima, 1o octobre 1896.
La Estrella Solitaria. Journal indpendant,
organe du Club Estrada Palma . Tegucigalpa.
Rpublique de Honduras.
La Rpublique Cubaine. Patrie et Libert.-
Journal hebdomadaire. Parat le jeudi. Se pu-
blie en franais et en espagnol, et a t cr le 23 jan-
vier 1896. Directeur fondateur: Domingo Figa-
rola y Caneda.

Journaux de la Guerre
Nous donnons ci-dessous pour la premiere fois la
liste complete des journaux cubains qui se publient
sur le thtre de la guerre :
El Cubano Libre. Patrie et Libert.- Journal
politique indpendant. Directeur: Mariano Co-
rona Ferrer.
Boletin de la Guerra.
La Repblica.
La Sanidad.
La Independencia. Journal des rvolution-
naires cubains. Directeur : Jos Guinot.





TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le dessin, repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.
Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.


.L Lr MEl ML T n TEL Z
Dentiste Amricain
OPERATIONS GARANTIES
23, Avenue de Wagram



--
CUBA CONTRA ESPANA



Por Enrique Jos Varona

EX-DIPUTADO A CdRTES

Un folleto, de venta en la Admi-
nistracin de Patria.

81, New St. New-York


L'Administrateur-Grant : FOURREAU.

TROTES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue hiers, 129'


Garanti de l'emprunt


___
__ __I__~


1i4~~k ~~l~t It~~ik-i~r~ ~it~t~i~~ ~~t r~~~t-~k~~J~ ~~itrilr~~ Iit~r~it-k


l~P~9~ss~ci9~e C~P~ne:




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs