Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: February 18, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00059
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul 2 Anne PARIS I8 Fvrier I a N -Une anne, payable l'avance... 20 fr. 22fr.
-e,-^ Anne.* PARIS -18 Fvrier 1897 NO 57 UnId. id. D .
Un semestre, id. id. ... 11 fr. 11.50
Un trimestre, Id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe: REPCUBAINE A L'TRANGER
-- P-A RAIT TO TJS LES JEUTDIS Une anne, payable d'avance............ 25 fr.
PA T T S LS E Uo Un semestre, id<. id. ............. 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


LA SITUATION A CUBA


e gouvernement espagnol se
trouve dans une situation ab-
solument dsespre. Afin
d'enrayer, bien inut lement
d'ailleurs, de cacher l'tran-
ger le vritable tat de la
guerre Cuba, de faciliter
l'emprunt.qu'il mditede lan-
cer en France et, enfin, de
faire croire qu'il n'a plus be-
soin de la force pour vaincre
a, l'insurrection et qu'il peut se
permettre de faire des rformes, il a annonc la
pacification des provinces de Pinar del Rio, de La
Havane et de Matanzas.
N'avait-il pas eu dj l'aplomb d'affirmer que le
gnral Mximo Gmez lui avait crit pour lui pro-
poser de se soumettre ?
Nous avons relev, chaque semaine, dans La R-
publique Cubaine, tous ces mensonges et mis en
garde.les nafs contre le nouveau pige auquel on
voulait les prendre et que ce gouvernement corrom-
pu considrait comme son dernier moyen de salut.
Aujourd'hui, pour rendre nos affirmations plus vi-
dentes, nous publions un plan de l'ile de Cuba o
se trouvent indiques les positions occupies par nos
troupes (I).
Voici, d'autre part, qluelque :dtails complmen-
taires:


Gn. Francisco Carrillo 4.000 h. d'inf., cav.
id. Alejandro Ro-
driguez 2.000 id. id.
A Matanzas :
Gnral Jos Lacret
Morlot 2.ooo id. id.
id. Pdro Betancourt i.5oo id. id.
id. Jos Roque i.ooo id. id.
A La Havane:
Gnral Rafael de Cr-
denas 1.ooo id.- id.
id. Castlllo 1.ooo id. id.
id. Jos M. Aguirre J.ooo id. id.
id. Pedro Diaz I.ooo id. id.
Col. Nestor Aranguren i.ooo id. id.
A Pinar del Rio :
Gnral Pedro Delgado i.ooo id. id.
id. Ducassi I.ooo id. id.
id. id. i.ooo id.. id.
Sid. Juan Rius Rivera 3.ooo id. id. id.

Total...... 43.500 hommes.

Comme on le voit, l'ile est occupe par 43,500
hommes bien arms et quips auxquels il faut
ajouter ceux qui combattent sans tre compltement
arms, les armes dbarques par les expeditions et
celles prises aux Espagnols ne suffisant pas.
En ce qui concern les operations, on peut s'en
faire une ide exacte par l'extrait suivant d'un rap-
port official du gnral Calixto Garcia au gnral en
chef, Mximo Gmez, rapport dat de Bayamo le
13 dcembre:
L'ennemi, qui essayait de conduire un convoi
Bayamo par le rio Cauto, -a t battu Caureje le 7
courant par des forces de cavalerie sous mes ordres,
au moment o il marchait vers le rio. Il s'est vu
oblig de renoncer son entreprise et de battre en
retraite depuis Cauto jusqu' Veguitas par des che-
mins perdus, sous le feu des guerillas de cavalerie.
Il campa Veguitas jusqu'au 15 en attendant
du renfort et, ceux-ci tant arrivs nombreux, il
march le 16 sur Bayamo avec une colonne de 4,000
hommes et un convoi important.
Battu ds sa sortie par des groups de cavalerie,
il le fut aussi trs rudement par le gnral Torres
Caonao; par le lieutenant-colonel Montero Rive-
ro; par le colonel Mas6 et le commandant Dieguez
la sabana de Barrancos o il fut oblig de passer
la nuit,
Attaqu par notre cavalerie le 17, au point du
jour, au moment o il se mettait en march, il fut


Virginie : Une corneille, en volant au-dessus de la
champagne, n'y pourrait trouver sa nourriture.
LegnralWeyler semble croirequele seul Cubain
loyal est le Cubain mort; la seule question est de sa-
voir'laquelle, de la famine ou de la misre, sera la
premiere revendiquer les victims.
Les soldats,avec lesquels le correspondent a voya-
g, n'avaient avec eux aucune nourriture; ils en taient
rduits se contender, comme boisson, de l'eau des
ruisseaux et de ne manger que quelques rares pieds
de canne qu'ils pouvaient couper au passage.
Le lundi i"fvrier, le gnral Weyler, en arrivant
Santa Clara, a dit au correspondent du journal
amricain : Les rebelles ne tarderont pas tre
compltement dsorganiss, ils ne pourront bientt
plus que ramper sous l'herbe comme des serpents,
mais ils ne sont pas mme partidos dignes de ce
nom.
Dans la province de La Havane, quelques kilo-
mtres de la capital, dans la ville de Guanabacoa,
le gouverneur militaire Fondeviela, qui n'est qu'un
assassin comme Weyler, a fait fusiller seize jeunes
gens qui avaient t dnoncs comme devant re-
joindre les insurgs. Des soldats espagnols parcou-
raient les cafs en criant : Voici les insurgs . La
population ferma ses portes, et les Espagnols tirrent
des coups de fusil tort et travers; trente cadavres
jonchrent les rues. L'vque de La Havane, qui se
trouvait Guanabacoa, a dpos une plainte au
consul gnral Lee, au sujet de ces massacres;
celui-ci est all voir Weyler, et lui a dit qu'il fallait
empcher tout prix les fureurs de cette solda-
tesque.
En ce qui concern les rformes, elles ont dj su-
bi l'chec si souvent profostiqu par La Rpu-
blique Cubaine. Parmi les gnraux qui se trou-
vent Cuba, Arolas croit que les rformes n'auront
aucune influence sur ceux qui luttent pour l'ind-
pendance de l'ile, Gonzlez Mufiz dit qu'il ne russit
pas dcouvrir la porte des rformes, Bernal estime
qu'elles sont prmatures.
Voici d'autre part l'opinion des chefs de parti :
Glvez n'a pas confiance; l'approbation de Fernn-
dez de Castro est sujette de nombreuse conditions;
Montoro croit que les rformes ont besoin d'tre rec-
tifies et amplifies; Rabell ne dmontre pas un grand
enthousiasme; Amblard partage cette manire de
voir.
Dans la press les rformes, ne sont approuves
que par le Diario de la Marina et La Lucha. La
Union Constitucional s'abstient de porter un juge-


lant l'encontre de l'article XI de la Constitution
(I) laquelle j'ai jur fidlit.
L'illustre caudillo rpondit de la manire suivante:
Il est temps que le monde sache une fois pour
toutes, que nous ne sommes pas une troupe d'en-
fants jouant la petite guerre, et qui peuvent tre
dtourns de leurs desseins par un compromise qui
ne nous offre que de- trs douteux avantages.
Cette guerre ne peut avoir qu'une solution: l'in-
dpendance ou l'extermination.
Et pour donner plus de poids sa declaration
Mximo Grrez remit au correspondent les lines
suivantes, portant sa signature:
Les ennemis de Cuba ont mis en circulation le
bruit que j'tais dispos accepter l'autonomie
come base d'arrangement et comme solution
de la guerre actuelle. La Constitution de Cuba ta-
blit d'une manire imperative dans son article XI
que la paix ne pourra tre ngocie que sur la base
de l'indpendance absolue. C'est pour obtenir l'ind-
pendance que nous luttons depuis deux ans et que
nous continuerons lutter jusqu' la victoire.
Toutes les dclarations dj publies ou qui le.
seraient dans l'avenir tablissant que nous acceptons
une autre solution que l'indpendance doivent tre
considres comme fausses.
Nous combattrons pour l'indpendance absolue,
comme nous l'avons proclam dans notre manifeste
de Monte-Cristo, comme il a t dclar dans notre


MXLQUE
4-c:_


OCEAN


ATLANTIQUkI


MER CAFUBE:


Cap Cruz


Dans la province de Santiago de Cuba:
Chefs. Forces. Armes.
,Colonel Flix Run, i.ooo h. d'inf., cav.
Gnral Pedro.Prez, i.ooo id. id.
id. Agustin Cebreco i.ooo id. id.
id. Jesus Rabi i.ooo id. id.
id. Calixto Garcia 4.000 id. id.
il. Salvador Rios i.ooo 'id. id.
id. Enriqe Collazo i.'ooo id. id.
A Puerto-Principe :
Gnral Avelino Rosas 3.ooo id. id.
W* A Santa Clara :
-Gnraux Mximo G6-
Smez,Quintin Bande-
ra, Jos Maria Rodri-
guez 9.000 id. id.


et d'art.

id.





id.


(1) Nous devons faire observer que, pendant que
cette carte tait dresse, l'arme cubaine a opr plu-
sieurs movements : le gnral Rius Rivera est
pass de la.province de Pinar del Rio dans celle de
La Havane. Le gnral Jos Maria Rodriguez, qui se
trouvait Santa Clara avec le gnral Gmez, a pris
le commandement de cette province. Enfin, le gn-
ral Gmez a march en avant et se trouve Placetas
ou Guaracabuya, terme municipal de Santa Clara,
qui compete plus de io,ooo habitants. N. de la R.


battu de front et d'arrire-garde et repouss jusqu'
Triabeque, o le gnral Rabi, soutenu par le lieu-
tenant-colonel Blas Mendieta, l'arrta aprs un com-
bat trs rude la suite duquel il fut attaqu sur tous
ses flancs par des forces de cavalerie sous les ordres
de ce quarter gnral.
Retranch dans les charrettes du convoi, il resta
dans la mme position jusqu'au 18 au soir. A ce
moment, il se rfugia en hte dans les tranches de
Bueycito, 2 lieues de son' flanc droit, renonant
conduire le convoi et laissant, sur tous les points o
il avait t battu, de nombreux morts, des spul-
tures, etc.
L'information suivante, envoye le 8 courant au
New-York Herald par son reprsentant, dmontre
que la situation, dans laquelle se trouvait l'arme
espagnol,' ne s'est en aucune faon amliore :
Le correspondent du Herald, qui est revenue de
Santa Clara La Havane, a fait le voyage avec un
convoi de troupes espagnoles. 11 raconte que l'tat de
dsolation et de bouleversement dans lequel se trouve
en ce moment la province de Matanzas est impossible
dcrire. Les pacificos, rassembls dans les villes
par ordre du gnral Weyler, y sont laisss dans un
tat de misre extreme. Les guerillas espagnols ont
tout brl, tout saccag, jusqu'aux racines. Ce qui
fit dire au gnral Scheridan, parlant de la valle de


ment. Le Diario del Ejrcito ne fait preuve ni de
chaleur, ni d'enthousiasme. El Comercio ne dit rien.
Enfin, ces fameuses rformes n'ont produit aucune
impression favorable dans le monde du commerce
et de l'industrie.
Mais voyons maintenant ce qui intresse le plus le
gouvernement espagnol; voyons l'effet produit par
les rformes Cuba Libre et comment elles ont t
accueillies par nos chefs les plus autoriss : Le jour-
nal nord-americain, dj cit, a charge un de ses
correspondents de visiter le president de la Rpu-
blique de Cuba, M. Salvador Cisneros Betancourt,
et le gnral cubain Mximo Gmez, afin de con-
natre leur opinion sur la march des vnements.
Voici les dclarations faites par notre vnrable
president :
Il peut y avoir de lches Cubains consentant
lcher la main qui les frappe; mais je parle pour
ceux qui luttent les armes la main quand je dis
que nous ne voulons accepter aucun project d'auto-
mie: Toutes assenions contraires ne sont que men-
songes.
En 1878, j'ai jur de renverser- par tous les
moyens possibles, la souverainet de l'Espagne. De-
puis lors, mes intentions n'ont pas change. Je n'ai
pas accept la transaction propose par le marchal
Martinez Campos et n'en accepterai pas d'autre al-


Constitution et comme nous le confirmons tous les
jours en rpandant notre sang sur les champs de
bataille .
On connat maintenant la faon de penser des
reprsentants les plus caractriss du veritable, du
lgitime people cubain, de celui qui lutte nuit et
jour pour conqurir la libert de la Patrie et non de
ce mlange d'Espagnols et de quelques tratres qui
vivent La Havane adulant le despite et le bandit
Weyler. La position occupe par la Rvolution sur
la carte gographique que nos lecteurs ont sous les
yeux est suffisamment garantie 'ur le terrain moral
par les dclarations de nos chefs civils et militaires;
tout ce que les journaux peuvent dire en dehors de
cela n'est que mensonge, invemion du gouver-
nement espagnol.
En un mot: les Espagnols ago"isent; les Cubains
continent tre victorieux et persistent dans leurs
desseins de conqurir l'indpendance ou de mourir.
Telle est la situation actuelle de Cuba.

(r) Voici l'article XI : Le trait de paix avec
l'Espagne, qui doit avoir prcisment pour base l'in-
dpendance absolue de l'ile de Cuba, devra tre ra-
tifi par le Conseil de gouvernement et par l'Assem-
ble de reprsentants convoque expressment cet
effect. N. de la R.


~ ~a-


Wiite







18 FVRIER 1897.


POUR LES-BBLESSIES UBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR



"~~BTt'^. 4


4me 1 iste

M. itrcel ep i..,,,,..........,.,,.,.
M. le Docteur E. Barbule .............
En plus : i paquet de sulfo-bore, i fla-
con de vaseline au traumatol, 3 paquets
de paper Balme au sublim.
M. S. B ...............................
Souscription ouverte par un Cubain, Lyon :
i' Cangrejero .......................
i2 Un ami'.de Cuba Libre...........
3" idem ............
4" M. P. P.......................
5" D. M. B., irlqndaise .............
6" J. M .................. ........
7", Miss J. M. T. ...................
8" D' W atts .........................
Une patriote et ses deux filles............
M. Rafael Snchez, correspondent de La
Rpublique Cubaine..............
Sarah de Niort...... ...................
Lucy de Niort............. ...........
Un bpn Cubain..,....'.. .............
M. Vaill, cordonnier :..................


Francs.
2.00
2.00




2.00

5o.oo
4.oo
4.00
20.00
10.00
5..oo
I .00
5.oo
20.00

25.oo
2.00
1.00
2.00
I.OO


Total.................. 202.oo
Total antrieur......... 200.50

Total gnral. .......... 402.50
----:
Nota. Les donateurs sont pris d'envoyer leur
souscription au directeur ou l'administrateur de
La Rpublique Cubaine, 20, rue Saint-Vincent-
de-Paul, en ayant soin d'crire clairement les noms,
les prnoms, les professions et les sommes, afin
d'viter des erreurs dans les-listes que nous publie-
rons. Toutes les souscriptions figurant dans la
liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.




1RCENT IMANIFESTE
DE

MAXIMO GOMEZ

Ginral en chef de 'airi Cubaine


Quarter Gnral. -Arite Libratrice de Cuba :
El Saltadero, Sancti Spiritus, r5 Janvier 1897.
Lorsque je publiai, avec le grand Jos Marti, le
manifeste de Monte Christi, le 25 mars i895, je n'i-
maginais gure que je devrais de nouveau ratifier
les principles que je proclamais alors devant le
monde. Je pensais moins encore que je devrais le
faire en vue de rduire nant une declaration du
reprsentant supreme d'un people auquel nous
sommes unis par mille liens et qu'on pouvait sup-
poser instruit de notre situation actuelle en tant que
gouvernement.
Notre lutte a pris des proportions telles qu'elle
peut tre considre comme le fait le plus culmi-
nant de la fin du sicle. Il ne m'appartient pas de
rpondre aux allegations que le Prsident Cleveland
met en son important document. Je ne suis pas au-
toris parler au nom des Cubains soulevs en
armes en ce qui concern des points important
dudit document, mais il y a t fait des allusions
tellement directed ma personnel, qu'il me devient
ncessaire, en ma quality de gnral en chef de l'Ar-
me Libratrice et pour rendre justice la cause
laquelle je consacrerai les derniers jours de vie qu'il
plaira Dieu de m'accorder, de rectifier des ides
fausses continues dans le message. Mon silence, en
effet, serait prjudiciable la cause que reprsente
l'idal du people cubain.
Le message laisse croire que nous avons pris les
armes dans le but d'obtenir certaines rformes poli-
tiques. Il dit aussi que nous n'avons aucune auto-
rit, sauf celle de l'officier commandant un district
donn. Mais les raisons qui poussrent les Cubains
sacrifier leur vie et leurs biens la patrie ont t
exposes d'une faon trs claire dans le manifested
Monte Christi.
Nos dclarations d'alors ont t ratifies par
tous les documents que nous avons publis depuis
cette poque pour clairer l'opinion. Les Amricains
en particulier savent bien quelles sont nos plaintes
et nos aspirations. Nous n'avons pas demand
l'Espagne ce qu'elle ne pouvait jamais nous accor-
der. Nous avons dclar que nous ne tolrerions pas
plus longtemps sur Cuba une souverainet qui a
t la source de tous nos malheurs. Cette souverai-
net n'est pas compatible avec la civilisation et les
droits d'un people qui est un modle d'abngation
et de vertus civiques.
Tout ce que nous demandons l'Espagne, c'est


de faire un retour sur elle-mme, d'abandonner ses
injustes et insoutenables prtentions et de laisser
Cuba le libre contrle de ses destines. Nous avons
fait connatre que nous ne briserions pas la tyrannie
espa,,n.:.l. p.-..r la remplacer-par une dictature mili-
taire, mais que nous poursuivons le but noble et lev
d"tablit une veritable rpublique dmocratique.
Dans l'Assemble Constituante de Jimaguay,
nous avons- proclam solennellemaent la separation
de Cuba et de l'Espagne; une constitution provi-
soire fui ad'j:,pictet l'Arme Libratrice, que je iW'h'o-
nore de commander, jura d la dfendre. En vertu
de cette constitution, le contrle de notre rganisa-
tion .rvolutionnaire fut confi au Conseil de Gou-
vernement.
Le Prsident Cleveland peut accorder ce Con-
seil la consideration qu'il croira convenable, mais il
est, pour les Cubains en ar.mes, l'autorit constitu-
tionnelle supreme, par eux lue librement et spon-
tanment. Il n'est pas vrai que j'aie, en ma quality
de gnral en chef de l'arme, invit le Conseil re-
noncer l'exercice des functions qui lui sont fixes
par la Constitution. Il n'est pas vrai, non plus, que
le Conseil ait dlgu ses pouvoirs.
Le gouvernement civil opre dans la sphre qui
lui est assigne par la Constitution. Il command et
compete sur le respect absolu du gnral en chef;de
l'Arme.
Les suppositions errones sur lesquelles M. Cle-
veland appuie ses allegations ne doivent pas servir
d'obstacle aux Pouvoirs constitus du monde pour
reconnatre notre belligrance et notre indpendance
et pour accorder Cuba la place qui lui est lgiti-
mement due parmi les nations.
Cette declaration, je la fais pour tous et spcia-
lement pour ceux qui montrent quelque intrt
pour nous, afin qu'ils ne voient pas d'obstacles o
il n'en existe pas et qu'ils nous accordent la recon-
naissance qui nous est due au nom de l'humanit,
du droit et de la justice.
Bien que cette reconnaissance ne nous soit pas
indispensable pour le triomphe de notre cause, elle
serait la bienvenue la condition qu'on nous l'accor-
derait en vue de l'honneur et de la future prosprit
de la Rpublique de Cuba. Qu'ils aient cela present
l'esprit ceux qui sympathisent avec nous et qui
dsirent nous accorder leur appui sur quelque point
du globe qu'ils se trouvent : les Amricains don't les
bons offices nous sont offers et l'es Cubains.
Qu'on me permette, d'Aj..'iutr, comme conclu-
sion, que notre seul et unique but est ;'indpendance
exclusive de Cuba, notre seule pense, la constitu-
tion d'une rpublique dmocratique, libre et sotve-
raine.
A. GCmez.
Ce manifeste a t traduit le plus littralement
possible de la version anglaise envoye par cble au
New York Herald, de Paris, du i5 fvrier courant.
II se peut que dans le texte du chef hroque de
l'Arme Libratrice cubaine le style diffre, mais les
principles formruls sont-srement les mmes.





~----^^----u



LES CUBAINS VICTORIEUX

Alors que de vaines rformes pour Cuba sont
signes Madrid, alors que M. Canovas clame, pour
l'avis de son second emprunt, les resolutions les
plus dsespres, les Cubains dans la'manigua sont
pleins d'un grand espoir.
Leurs chevaux et eux-mmes ont men rude
guerre en ces deux ans bientt. Mais du cap Maisi
au cap San Antonio, de l'Orient au Ponant, ils ont
port en croupe la victoire comme une sre com-
pagne; et jamais ne les inquitrent moins les
furieuses tentatives du polmarque espagnol.
Ils attendent, confiants, le jour o ils entreront
La Havane, en bons soldats de la bataille. Ils y
entreront de bon gr ou de force, quand le jour
appear i,.i propice. Des promesses de Castillans,
maintenant ils ne veulent plus la moindre. Cela
s'est dit et tant de fois rpt que vraiment l'on
s'tonne que tout un people, celui de l'Ibrie, ait
laiss publier sans colre les rformes de M.Canovas.
Elles seront promulgues aprs la fin. de la guerre,
ajoute M. le Premier Ministre. Oui, quand Cuba sera
libre. Ce sera un prcieux document don't la lecture
plaisante gayera les soldats retourns aux champs.
Au reste, M. Cnovas, en Ibrie mme, vos pitres
decisions n'ont pas eu un sort enviable. Critiques,
bafoues par certain, considres comes inanes
par vos amis les plus dvous, elles sont dj
ranger aux archives des papers dfunts. Quel sort
est fait ce texte don't vous attendiez tant de choses !
et d'abord, la soumission immediate des Cubains,
peut-tre ?
Ce texte, au contraire, couvre de ridicule l'Ibrie.
Weyler est plus logique, lui, qui veut la tte du der-
nier Cubain et l'ile ravage, hormis la Havane.
Bons quotidiens d'Ibrie, qui avez commenc, con-
tinuez donc applaudir aux actes rsolUment san-
guinaires de Valeriano. Dites-vous bien qu' Cuba,
- je m'en rfre aux prcises dclarations 'de


M. Estrada Palma et du gnral Gmez, qu'au-
cun *Cubain n'est prt remettre au ceinturon le
matc ete de guerre. C'est, n'en doutez pas, la
fatille .outrance, le combat de chaque jour, les
victoires accumules, les heureuses fortunes des
embuscades, les assauts forcens des siges et les
chevauches, tant que I'ile ne sera'pas libre, toute
aux Cubains, en march vers des destines meil-
leures.






LACHETE ESPAGNOLE


Dans l'aprs-midi du io janvier dernier, six dames
appartenant la plus haute socit de Puerto Prin-
cipe ont t arraches leurs foyers par la police
secrte et jetes dans la prison commune par ordre
exprs du tigre Weyler. Le crime horrible don't on
les accuse est tout simplement d'avoir des membres
de leurs families dans les rangs de l'insurrection.
Ces dames s'appellent : M"' Eva Adam de Rodri-
guez, femme du gnral Alexandre Rodriguez, un
des chefs des forces insurges de Cienfuegos; M"'
Matias Aguilar, femme du colonel et trsorier de la
'province de Puerto Principe; M"' Gabriela Varona,
sur du gouverneur insurg de la mme province ;
M"' Lope Recio, femme du gnral bien connu, et
mre de onze enfants; M"' Concepci6n Agramonte
de Sanchez, mre d'un chirurgien gnral de l'arme
cubaine; et M"' Angelina Cosio, fille d'un commer-
ant de Puerto Principe, actuellement dport au
presidio de l'Ile des Pins.
Tout fait croire que, avec cette arrestation, on a
voulu terroriser les jnsurgs qu'on ne parvient pas
rduire par les armes. Tous les moyens sont bons
pour l'hypocrite et sournois Canovas et son mis-
rable et sanguinaire side Cuba.
On arrta ces dames sans leur fournir la moindre
explication. Elles furent gardes dans la prison de
Puerto Principe pendant vingt jours, sans mme
leur accorder la consolation de voir leurs enfants.
Au bout de ce temps, on les conduisit la gare du
chemin de fer de Nuevitas, en leur faisant parcourir
les rues de la ville entoures d'une considerable es-
corte de soldats, trop forte pour des tres si faibles.
A la gare, on les jeta dans un wagon cellulaire qui
les conduisit Nuevitas et de l, par bateau, La
Havane. En arrivant dans. cette ville, elles ont t
internes dans ce lieu immonde qu'on appelle Casa
de Recogidas, la prison de femmes de La Havane,
don't le nom seuile'ment, faith firir d'horreiu et riou-
gir de honte mme les femites les plus dgrades.
Car il est impossible au monde civilis de se faire
une ide de ce que signifie cette maison infected, ce
trou pestilentiel d'aprs un heureux mot du cor-
respondant du New-Yorrk Herald matriellement
une ancienne btisse situe dans la parties la plus
malsaine de la ville, dpourvue des conditions hy-
giniques les plus lmentaires,. o se trouvent en-
tasses quatre fois plus de dtenues qu'effe n'en sau-
rait contenir. Mais c'est peu de chose en comparai-
son de ce qu'elle reprsente au point de vue moral ;
c'est l qu'on emprisonne les prostitutes, arrtes
cause de leur impudence scandaleuse et de leurs-fa-
ons cyniques et dbrailles. Il suffit de se rappeler
que la police de La Havane a toujours t la plus
complaisante, presque protectrice de tout ce qui est
attentatoire aux mceurs, pour en dduire quel de-
gr d'abaissement et de corruption sont arrives ces
misrables creatures.
C'est dans cette maison qui est la honte d'un
people civilis et qui elle seule fait la critique et
l'accusation de tout un rgime que, par un raffine-
ment de cruaut, ont t enfermes des dames habi-
tues au confort ou l'aisance dans leur honnte
foyer. Voyez plutt ce que dit cet gard le corres-
pondant du New-York Herald, qui a t admis en
compagnie du consul gnral des Etats-Unis, M.
Le car il faut dire qu'une de ces dames, M""
Rodriguez, est amricaine, visiter les malheu-
reuses :
La petite chambre assigne M"' Adam est oc-
cupe par quatre de ses malheureuses compagnes,
don't une srieusement malade, et quatre ngresses
l'aspect le plus dgotant, que la police de La
Havane a arrtes parce qu'elles taient trop sales
pour aller dans les rues; quelques-unes de ces der-
nires ont eu rcemment la petite vrole.
M"' Adam me raconta queces ngresses passent
une parties de la nuit chanter des chansons obs-
cenes.
Dans la petite chambre il n'y avait pas de lits,
et une seule petite cuvette pour toutes les neuf d-
tenues .
Ajoutons que plusieurs correspondents des jour-
naux de New-York, pris de piti pour le sort de ces
pauvres femmes, constiturent un comit pour leur
acheter des lits de sangle et des draps qui furent ac-
cepts avec des larmes de reconnaissance.
Quant M"' Cosio, elle a le malheur d'tre fort
belle; son histoire, qu'elle raconte, est la plus triste
et la plus rvoltante. Aprs avoir envoy son pre
l'lle des Pins, le gouverneur (prfet) de la province
lui promit sa libert la condition qu'elle lui accor-
derait ses faveurs. Elle refusa, et c'est pour se venger
de ces scrupvules, de cette resistance d'une jeune


fille, mme au prix de la libert peut-tre la vie
- de son pre, qu'elle a t envoye en prison.
C'est de cette faon indigne que Cnovas et ses
complices agissent Cuba. C'est ainsi qu'ils pensent
pacifier ce pays don't mme la terte qu'ils foulent aux
pieds crie vengeance pour tant de crimes et d'in-
famies.




PO LR ES BLESSED S IBAI


Nous avons reu une longue communication de
notre cher collaborateur Le CheD'lier de Vandeor-
leances, rend.ant compete d'un concert que le comit
de Lige rpondant l'initiative de La Rpubli-
que Cubaine avait organis avec un group d'ar-
tistes, concert que nous avons annonc dans notre
dernier numro.
L'abondance des matires nous empche, notre'
grand regret, de publier ce compete rendu. Disons.
seulement que la fte a t pour les artistes un vri-
table triomphe. Un bal a eu lieu ensuite. Le distin-
gu maestro Beckaud cqnduisait l'orchestre. Une
foule nombreuse et choisie se pressait dans le salon.
On y remarquait presque toute la colonie hispano-
amricaine.
Nous ..r, .:.. -,s ru...s :.l iijl aiii u ,organisateurs,
aux artistes et au noble et g.'.nri u people belge.




SAUVAGERIE ESPAGNOLE

La Epoca de Madrid essaie d'attnuer les accusa-
tions lances contre le gouvernement par El Correo,
relativement aux agressions barbares don't sont vic-
times les dports cubains et les ii.i'-.... et don't
nous parlons plus loin :
...Les circonstances tant donnAes, dit La
Epoca, on ne saurait juger assez svrement ces
alarmes populaires.
Est-il possible de prouver de faon plus honteuse
la barbaric de la canaille espagnole, qui se jette sur
un group de malheureux prisonniers qui, les mains
lies, vont par les rues entire les bayoinnettes et les
sabres ?
Et le journal ngrier ajoute :
On ne saurait exiger, chez le people, les senti-
ments que donne seule une education spciale .
Rien n'est plus vrai. Un peaeple qui a, comme le
people espagnol, le malheur d'dtre duqu par des
ministres coirne Canovas et par des journaux
comme La Epoca, ne peut tre rendu responsible
de ce manque d'ducation, spciale don't ont dorn
des preuves les Abyssins eux-niimes l'gard des
prisonniers Italiens. Non ;. ce people ne peut tre
qU'unr ml.ange nausabond d' ioi.nes, d fotrerosi
de mtidiaits et de bandits.
Si, au lieu d'tre d'infortuns ebai:fs; les injuries,
les soufflets, les lapids taient Canovas dl Cs-
tillo, P..,i er... Roble'do, le iiarqu'i de \'jaiJ ic;l.:.ia'
ou Luigi Vampa de Valeriano, La Epoca trouverait-
elle le cas aussi justifi qu'elle le trouve aujour-
d'hui ?
Et l'on vient nous parler de la noblesse espagnole
et de.la hidalguia castillanel

Voici maintenant ce que dit El Correo de Ma-
drid :
Hier soir, furent conduits, de la route d'Andalou-
sie la prison modle, 37 individus dports cu-
bains et fidciigos qu'on envoie sans doute dans la-
pninsule pour y purger quelque condemnation.
Grce un oubli de l'autorit, la conduit des pri-
sonniers eut lieu deux heures de l'aprs-midi, c'est-
'dire un moment o les promteneurs taient d'au-
tant plus nombreux que c'tait jour fri.
La foule s'amassa sur le passage des dports et
des fihiigos, et pendant tout le temps, jusqu' l'ar-
rive en prison, ce fut un scandal ininterrompu que
ne purent rprimer les hommes de la garde civil
charges de surveiller le convoi.
Sur quelques points, des pierres furent jetes sur
les voitures et il y eut des moments o les condam-
ns furent exposs une srieuse aggression.
Ils arrivrent la prison suivis par environ 2.ooo
personnel qui, sans opposer de resistance, quittrent
l'difice quelques instants plus tard.
II est ncessaire que le gouvernement accord son;
attention ce qui s'est pass hier Madrid et qu'il'
sache si d'aventure ceux qui sont charges de le ren-
seigner avaient nglig de remplir ce devoir, que de-
puis qu'on a d, grce la guerre de Cuba, dporter
de nombreux insulaires, on a eu regretter dans
plusieurs villes de la Pninsule plusieurs faits sem-
blables celui qui s'est pass hier, et d'autres plus
rpugnants encore. Puisqu'il ex ste des individus
assez dpourvus de sens commun pour commettre
des faits comme celui que nous signalons, sans
songer que les personnel qu'il; insultent sont des
vaincus sans defense et mme par ois des quasi-
innocents,'il imported que le gouvernement ordonne
aux autorits qu'elles fassent en sorte d'viter la r--
ptition de ces faits, peu hDncrables pour les senti-
ments de noblesse du peuple.espagnol.


*J^


I __ ~.... '... ~
--


'l4P;ep~s~eC~a'~,e





18 FVRIER 1897.


I \


Nous lisons dans quelques journaux espagnols
que nous ne nommerons pas, de crainte de leur
attirer des dmls avec la justice (!) espagnole -
que Weyler a dj expdi en Espagne plus d'un
million de piastres qu'il. aurait... conomises
Cuba.
Reconnaissons loyalement nos torts: nous tions
injustes envers Valrien, lorsque nous disions qu'il
n'avait obtenu Cuba aucun rsultat pratique.


Dans une dpche communique la press offi-
'cieuse, nous lisons:
M. Cnovas a ajout qu'il nepouvait pas encore
indiquer le personnage qui serait charge de l'appli-
cation des rformes. Ce devait tre, a-t-il dit, celui
qui mettrait fin la rebellion.
Pour une fois, M. Canovas a raison: il est peut-
tre encore trop tt pour nommer Mximo Gmez
ou Mac-Kinley... Mais a viendra.
-t

Dans un journal clrical, et par consquent par-
tisan de. la domination espagnole, nous copions ce
qui suit:
Quant l'information donne par le New-York
Herald, annonant une tentative des insurgs pour
s'emparer du gnral Weyler, les faits sont l pour
leur enlever tout fondement.
Enlever le fondement aux insurgs !... C'est ex-
traordinaire comme les gens dvots pensent souvent
'... cette chose-l.


A propos, Castelar fait joliment parler de lui
depuis quelque temps; on ne voit que lui dans les
colonnes des journaux.
Le Temps a mme os publier une interview ima-
ginaire d'un de ses correspondents avec le clbre
philanthrope. Cette interview tait tout simplement
la reproduction d'un article du dit Castelar, paru il
y a trois semaines dans El Libral de! Madrid.
Et Le Temps est un des journaux les plus srieux
de France !... O journalism fin de sicle Temps !
mours
t
Mais revenons Castelar; celui-ci s'est cri:
On ne demandait aux Cubains aucun service
militaire.
Tiens, je te crois! voyez-vous l'Espagne donnant
des armes des gens qui n'ont que des griefs contre
elle ?
Emile ne pouvait pas'manquer de nous servir la
scie traditionnelle :
Le people espagnol combattra jusqu' son der-
nier maravdis,..
C'est prcisment pour cela que la guerre ne peut
plus durer longtemps.
et jusqu' sa dernire goutte de sang.
Que c'est beau, la rhtorique Mais il serait int-
ressant de connaitre l-dessus l'opinion de ce people
espagnol, don't le sang cote si peu au Jules-Ro-
chesque camlon Castelar.


Nous trouvons dans L'Echo d'Oran, sous le titre:
Courrier d'Espagne, ce bijou: La fte du roi. -
Mlort d'un savant.
Niez donc la Providence !.Quelle est la chose, en
effet, qui puisse faire le plus de plaisir un roi d'Es-
pagne (pensez donc, d'Espagne!), le jour de sa fte?
C'est videmment la mort d'un savant . Heu-
reux Alphonse !


Du Liberal de Madrid:
Parmi les armes prises l'ennemi figure une
collection varie de machetes et de coutelas de bois.
Ionte vous, fiers Castillans, qui, avec trois cent
mille hommes, arms de fusils Mauser rptition,
.n'avez pu, en deux ans, vaincre ces hros. Non
seulement vous ne l'avez pu, mais vous tes pr-
sent convaincus que vous ne le pourrez jamais,
puisque vous en tes leur offrir des soi-disant
Sconcessions... quite ne pas tenir votre parole en-
suite, come vous avez fait pour les processes de
1878.


Comme l'a dit le snateur autonomiste Labra,
reconnu en Espagn- pour tre l'homme le plus
competent en matire colonial, les rformes ne sont
qu'un mensonge .du moment que, l'on ne modified
pas le systme lectoral actuel.
.Et nos rptilesrq'oant pas manq.u de dire que sur


les 35 membres du Conseil d'administration Cubain,
21 seraient nomms par le people .
Oui, par le people qui, actuellement, est repr-
sent aux Corts: i" par des correspondents de
journaux de Madrid; 2 par des gnraux qui taient
alls Cuba pour soutenir le despotisme d'une m-
tropole avare et cruelle.

-k
M. Canovas aurait t plus habile sans tre
plus gnreux si le fameux Conseil d'administra-
tion avait t entirement nomm par l'lection.
Pourquoi ne pas faire plus grandement l'aumne...
puisque c'est de-la fausse monnaie ?...
Allons !ce sera pour la prochaine fois: M. Cano-
'as donne aux Cubains une pice de cent sous en
plomb, M. Sagasta leur donnera un faux billet de
mille francs.
Et les reptiles chanteront sa gnrosit... Il est
vrai qu'eux en auront reu de bons.

-------.^.Ir -------


L'IMMORALIT ESPAGNOLE


IV
Nous demandions, dans notre dernier article,
pourquoi El Imparcial et le Heraldo de Madrid
Ss'alarmaient, alors que les vols commis aujourd'hui
Cuba par le gnral Weyler ne sont autre chose
qu'une nouvelle manifestation d'une maladie chro-
nique espagnole, ainsi que nous l'avons dmontr
par de nombreux faits qui se sont products pendant
la dernire guerre.
Nous justifierons davantage encore notre question,
ne serait-ce que pour mettre en lumire cette vrit
que les fonctionnaires espagnols Cuba n'ont ja-
mais, mme en temps de paix, nglig de s'enrichir
par le moyen de la rapine la plus effrne.
Il faut d'abord tablir, comme une vrit vidente
et indiscutable, qu' ct des voleurs d'ordre royal
qui, pourvus d'une function et compltement igno-
rants, vont Cuba pour y voler le plus possible,
non seulement leur profit, mais encore au profit
de ceux qui les ont fait nommer; il existe une cat-
gorie fort nombreuse de bons Espagnols, c'est--
dire de voleurs, qui n'ont pas besoin de se presser
pour voler, parce qu'ils ne sont pas menacs par la
mise pied.
Pour tre bon Espagnol, c'est--dire voleur auto-
ris, il faut :
i' Etre n en Espagne, Madrid ou Vallecas,
en Catalogne, Sainte-Marie-de-Ortigueira, Sgovie
ou dans la plus miserable bourgade de la Pninsule;
2' Etre chef ou officer de volontaires, ft-on ab-
solument incapable de faire l'exercice;
3 Dtester tout ce qui, de quelque faon que ce
soit, appartient au pays, sauf l'argent des Cubains;
4' Chanter tous les jours, et sur tous les tons, les
louanges du gouvernement corrompu et celles du
polisson qui exerce les functions de conducteur de
la colonie;
5 Etre quelque chose, n'importe quoi : avocat,
par example, mdecin, banquier, usurier, charretier,
prteur sur gages, gargotier, picier, limonadier,
boucher ou entrepreneur de latrines.
A ces conditions on, possde la patente de bon Es-
pagnol, de patriote sans reproches, et l'on est arm
pour se lancer l'abordage sans respect pour aucune
nationalit et mme pour la sienne, ayant grand
soin, toutefois, de ne pas faire de sottises car, sans
cela, on se fait envoyer aux galres comme Oteiza,
non en quality de voleur, mais en quality d'imbcile.
Aprs cela, la classes en question tant nombreuse,
ainsi que nous l'avons dit, on peut se faire une ide
de ses proportions dans l'ile entire. Elle constitute
une plaie plus terrible que les sauterelles don't se
plaint l'Europe; si, en effet, les gouvernements du
vieux continent protgent l'agriculture contre cet in-
secte, le gouvernement espagnol dfend le bon Es-
pagnol contre le people de Cuba dpouill.
Entre plusieurs faits, les suivants nous reviennent
en mmoire.
L'crivain asturien Francisco Cepda fit, dans son
journal de La Havane, la Revista Econdmica, une
des campagnes les plus brillantes que El Imparcial
et le Heraldo puissent rver. Il prouva jusqu' la
dernire evidence les vols que commettait, dans le
transport des soldats et des effects d'quipement, de
La Havane aux autres ports de l'ile, et dans son en-
treprise Vapores de Herrera, le vieux comte de
la Mortera, Ram6n de Herrera, colonel du fameux
5' bataillon de volontaires de La Havane et oncle de
Ramoncito, chef du parti rformiste de Cuba, mort
Madrid l'anne dernire. Que fit alors le gouverne-
ment ? Il poursuivit Cepda et protgea le bon Es-
pagnol.
Que fit La Lucha, elle-mme qui encense au-
jourd'hui Weyler et combat la cause cubaine- que
fit-elle avec Ricardo Glbis ? Elle le dnona, parce
qu'en sa quality de gouverneur de la Banque Espa-
gnole de l'ile de Cuba il prlevait, malgr les status
de l'tablissement et contre tout principle de morality
administrative, des fonds qu'il remettait au propri-
taire d'une maison de change, pour raliser des b-
nfices avec la prime qui existait cette poque sur-
la monnaie. -
Que fit le gouvernement? Il maintint Glbis dans
ses functions de gouverneur, et si San Miguel, le


directeur de La Lucha, russit se sauver, ce fut
grce M. Benito Celorio qui jouissait, comme dr
put, de l'inviolabilit, et qui accept la responsabilit
de la champagne faite. Mais un autre Espagnol, M.
Gabriel Sanquirico,. directeur de l'Avisador Comer-
cial, fut moins heureux que San Miguel. Pour avoir
second La Lucha dans sa champagne, il fut con-
damn par les tribunaux. Il faut moraliser le
pays s'criait avec beaucoup d'ardeur, mais vai-
nement, M. Celorio, puisqu'il ne lui tait pas pos-
sible de crier plus justement et plus proprement:
Il faut moraliser les Espagnols
Parmi les gnraux qui ont gouvern Cuba jus-
qu'en ces derniers temps, il y alieu de mettre part,
pour son honntet, Martinez Campos y Chinchilla.
Ce gnral dut meubler ses frais ses appartements
du palais de La Havane qu'il avait trouvs compl-
tement dvaliss. Et lorsque, en 1892, l'infante Eu-
lalie visit La Havane, la municipalit fut oblige de
meubler tout le palais. Et n'est-il pas vrai qu'aprs
le dpart de l'infante, La Lucha ne se lassa pas de
demander des explications un certain Sanchiz,
afin de l'obliger rendre compete des frais qu'il avait
faits en sa qualit de majordome du Palais ?
Nous ne voulons pas lasser la patience de nos lec-
teurs et pousser plus loin cette tude des bons Espa-
gnols. Ces quelques dtails suffisent. Nous en gar-
dons bien d'autres pour une prochaine occasion.
Mais nous ne terminerons pas sans poser l'He-
raldo et El Inparcial la question suivante : Est-il
une langue o le mot vol puisse tre exprim d'au-
tant de faons que dans la langue espagnole ?
Chocolate, Chanchullo, Manganilla, Negocio,
Filtraci6n, Busca, Combinacidn et Irregularidad ?
Expressions qui toutes se traduisent par le subs-
tantif vol ?
Aussi, tout home capable de rflchir un peu
ne pourra-t-il s'empcher de rire en presence de l'ar-
deur mise par la press espagnole prtendre que
l'indpendance de Cuba serait un dshonneur pour
l'Espagne. L'Angleterre ne s'est jamais crue dsho-
nore par la perte des Etats-Unis, et d'autre part,
l'Espagne a perdu tant de colonies qu'elle ne peut
pas tre dshonore davantage. A notre avis, le v-
ritable dshonneur pour une nation, pour un gou-
vernement ou pour un people, ne consiste pas
perdre une colonie la suite d'une guerre pour l'in-
dpendance. Il consiste entretenir des milliers de
bandits et pousser au vol par la plus honteuse des
protections. Vainement on cherchera une nation
considre comme sans honneur pour avoir perdu
une portion de territoire dans la lutte pour la li-
bert. Par contre, nombreux sont les Espagnols et
les trangers qui se font de l'Espagne, comme La
Lucha de Clases de Bilbao, l'ide suivante:
Le verbe voler est trs usit;
Nous le conjuguons tous d'une haleine;
Je vole, tu voles, le voisin vole;
Il est crit : Le vol est notre raison d'tre.
Apprenez ces lines par cour,
Et vous saurez la propre histoire d'Espagne.

__ *


AVERTISSEMENTS


Depuis le i5 janvier, la nouvelle adresse tl-
graphique de notre journal est la suivante :
REPCUBAINE. PARIS.
Nous prions nos correspondents et amis d'en
prendre note.
Ceux de nos abonns qui n'ont pas encore
acquitt le montant de leur souscription sont pris
de nous le faire parvenir le plus tt possible, s'ils ne
veulent pas prouver d'interruption dans le service
du journal.

Nous nous trouvons dans la ncessit de rap-
peler ceux de nos agents et correspondents de l'Eu-
rope et de l'Amrique, qui ne l'ont pas encore fait,
de vouloir bien rgler leurs comptes avec l'adminis-
tration du journal jusqu'au 3I dcembre 1896, dans
le plus bref dlai possible, et conformment aux
conditions qu'ils ont acceptes, afin de pouvoir con-
tinuer avec rgularit leurs envois de journaux.

---------.^o-------


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 5. The Sun, de New-York, public une d-
pche de son correspondent, La Havane, disant
que la ville de Guanabacoa a t attaque et rduite
en cendres par les forces cubaines sous les ordres
du gnral Aranguren.
Dans le project de rformes pour Cuba ne
figure pas la Dette Cubaine. Cette question finan-
nancire do.it fire l'objet d'un Bill special qui sera
.soumis aux Corts, au course de la prochaine ses-
sion. ....
Une dpoche de Ne\w-Ycrk dit que les rformes
sont reppusses par les Cubains et par toui ceux
qui sympathisent avec eux. La press cubaine de


New-York, ainsi que certain journaux qui ne se
sont pas prononcs en faveur des rvolutionnaires,
experiment la mme opinion et dclarent que l'ind-
pendance seule peut tre avantageuse pour Cuba.
Le Consul de France Santiago de Cuba,
constate que la situation sanitaire empire tous les
jours, cause des dplorables conditions hygini-
ques et de l'incurie de la municipalit qui permet
qu'on jette dans les rues les matires en dcompo-
sition, avec une temperature de 3o 33 degrs.
l'ombre. L'indignation de la population est trs
grande.
Un violent combat a tt livr entire les forces
du commandant Arjona et [es Cubains. Ces der-
niers occupaient de bonnes positions. Les pertes des
Espagnols ont t sensible. Le lieutenant Longinos,
le commandant Posada, le mdecin (Carnicero),
le lieutenant Pefa et un grand nombre de soldats
ont t tus.
Un autre combat a eu lieu le jour suivant dans
les lobias de Garroto (?) Les troupes espagnoles, qui
occupaient un fort voisin, ont tir sur un convoi de
blesss cubains. Dans les bois de San Agustin (Ma-
tanzas), un combat a t galement livr et un autre
dans la province de Pinar del Rio, contre les forces
du gnral Bernal.
Des tlgrammes annoncent que les rformes
sont des plus mal accueillies Puerto Rico.
Le vapeur Three Friends, parti de Cayo
Hueso il y a quelques jours, transportant des mar-
chandises, a jet l'ancre devant New River Julet sur
la cte de la Floride. Il a embarqu des expdition-
naires et un important matriel de guerre et est part
directement dans la direction de Cuba.
Du 6. Dans la prison de femmes de La Havane
se trouve madame Eva Adan de Rodriguez, citoyenne
amricaine et femme du gnral Alejandro Rodri-
guez, brigadier gnral des forces cubaines Cien-
fuegos et riche fabricant de tabacs de Key West.
Sont galement dtenues dans la mme prison les
dames suivantes: Maria Aguilar, femme d'un colo-
cubain et trsorier de la province de Puerto Prin-
cipe; Gabriela Varona, sur du gouverneur cubain
de Puerto Principe; Lope Recio, femme du briga-
dier-gnral cubain Recio, et mre de onze enfants,
et Concepcin Agramonte S4nchez, mre d'un m-
decin de l'arme libratrice. Ces dames ont t arr-
tes par la police secrte du gnral Weyler, le
10 janvier, sans qu'on leur ait fait connaitre le motif
de leur arrestation. Le but manifeste du gnral
Weyler est de terroriser les Cubains. Ces dames, qui
appartiennent des classes sociales leves, ont d,
lors de leurarrestation, traverser pied les rues de la
ville entire une range de 3.ooo soldats, sans qu'on
ait eu pour elles la moindre consideration et avec le
propos dlibr de les humilier et de terroriser les
habitants.
Le dpartement d'Etat de Washington a t
inform aujourd'hui de l'arrestation du correspon-
dant amricain bien connu, M. Sylvester. Scovel.
M. Scovel a t arrt las Tunas, province de
Santa Clara. Le consul gnral, M. Lee, s'occupe de
l'affaire. On croit que le prisonnier sera expuls de
Cuba.
Du 7.' La publication des rformes a product
une grande agitation. Les conservateuis sont trs
mcontents. Les ministres et les personnalits les
plus marquantes du parti ont dclar publiquement
que les rformes manent directement de Canovas,
qui veut que le parti modifie sa politique tradition-
nelle et approve aujourd'hui ce qu'il n'a cess de
repousser avec nergie. L'opinion gnrale est que les
rformes donneront plus de force la Rvolution. En
les accordant, en effet, le gouvernement a fait preuve
de faiblesse et de crainte.
L'chec de Cnovas ne saurait tre plus com-
plet. Weyler a dclar, en effet, la commission qui
l'a reu Santa-Clara, qu'il n'appliquerait pas les
rformes tant que la guerre ne serait pas termine. -
Un correspondent d'un grand journal a inter-
view les hommes d'Etat les plus en vue de la pnin-
sule. Cnovas a dclar qu'il prtendait faire des r-
formes une ceuvre national; qu'il les appliquerait
loyalement et qu'il ne juge pas ncessaire d'attendre
pour cela la fin de la guerre; Les gnraux Pando,
Bermdez Reina, Calleja, Castro, Hidalgo, Carella
et autres, ne croient pas que les rformes auront une
influence quelconque sur la pacification. Ils ajou-
tent que la guerre ne pourra se terminer que par les
armes. Silvela croit qu'on se heurtera, dans la pra-
tique, de grandes difficults et qu'on ne doit pas
charger Weyler de l'application des rformes, car il
manque de toutes les aptitudes voulues pour cela.
Martinez Campos se dclare satisfait des rformes
qui permettront l'Espagne de s'attirer la bien-
veillance des puissances; mais il ne pense pas
qu'elles auront une influence quelconque sur la fin
de la guerre. Labra approve les rformes et dsire
qu'on tablisse l'autonomie. Il regrette qu'on n'ait
pas dcrt le suffrage universal. Maura est d'avis
que les rformes suffiront satisfaire toutes les am-
bitions des parties cubains. Romero Robledo dit que
la question des rformes antillanes est le pas le
plus important de l'histoire politique contempo-
raine de l'Espagne. Elles serviront montrer aux
Etats-lUnis que l'Espagne n'abuse pas de ses colonies
en les privant de toutes les licerics, et qu'elle veut
obtenir la paix tout prix. Mais il ne faut pas
computer que ces rformes mettront finr la guerre.


~


li~i~ C~a~ne~






18 FVRIER 1897


Si elles ne sont pas appliques loyalement, l'Es-
pagne n'aura obtenu qu'une trve, et la guerre re-
commencera plus acharne que jamais.
La press espagnole tout entire, l'exception
des jcuraaux ministriels, qualified les rformes
d'ine:ficaces.
Le vapeur Three Friends, arriv hier Jackson-
ville, a t squestr par les autorits fdrales sous
l'accusation de piraterie cause de-son voyage
Guba, en dcembre 1896.
Le vapeur Dauntless vient d'arriver galemient
Jacksonville.
Le gnral Roloff et le 'docteur Luis ont t-
arrts et mis en libert sous caution. Ils compara-
tront devant le, tribunal de Baltimore .pour rpondre
l'accusation, d'avoir particip l'expedition du
Woodall.
Bien que le gouvernement de Cuba-ait interdit
la publication des dpches relatives aux rformes,
le public en connait les points principaux. Les
Espagnols libraux les croient assez large, mais ils
doutent qu'elles soient appliques loyalement. Les
rvolutionnaires les repoussent. Le gnral Gmez
n'coutera aucune proposition n'ayant-pas pour
base l'indpendance absolue. Personnel, d'autre part,
ne crqit la suspension prochaine des hostilits.
On anncnce que, par suite de la mauvaise im-
pression produite par les rformes, Canovas donnera
sa dmission. La reine fera appeler probablement le
marquis de-Pidal. On s'attend des vnements
politiques de grande importance.
Du 8. Le gnral Roloff et M. Luis, conform-
ment' la demand de l'attorney gnral, seront
jugs Baltimore, o l'on croit qu'ils ont commis
le dlit violent les lois de la neutralit dans l'affaire
du Woodall. Ils comparatront en temps voulu.
Leurs amis leur ont fourni la caution de 5,ooo
dollars exige pour leur mise en libert provisoire.
Les reprsentants de la Caroline du Sud per-
sistent vouloir lire la Chambre la declaration
relative l'indpendance de Cuba, vote par la
Legislative de leur Etat. Cette declaration a t-trans-
mise la Commission des Affaires trangres.
Les ,Asturiens de Santa Clara. ont nomm
Weyler membre d'honneur de leur club et lui ont
fait cadeau d'une mdaille.
Le clbre journalist amricain, M. Scovel,
son retour du camp cubain, a t arrt par les
Espagnols Sancti Spiritus.
Du 9.- Une Commission de propritaires ruraux
(en Espagne) s'est prsente devant le ministry de la
guerre pour lui demander que l'arme soit recrute
l'avenir par des engagements volontaires, afin que
les travailleurs des champs ne manquent pas comme
cela arrive aujourd'hui.
La Chambre des Reprsentants a approuv le
project de loi sur l'immigration recommand par le
Congrs. Le Diel dispose que, non seulement on
n'admettra pas les immigrants ne sachant ni lire ni
crire, mais encore ceux don't les femmes et les
enfants seront illettrs. Exception est faite unique-
ment en faveur des immigrants cubains pendant
toute la dure de la guerre actuelle.
Les Cubains ont livr de rudes combats aux
forcess commandes par le colonel Arjona. Les Espa-
gnols ont subi de grandes pertes Juan Criollo,
prs de Ciego de Aorla.
De nombreuses rencontres ont eu lieu dans les
provinces de Pinar del Rio, de La Havane, de Ma-
tainzas et de Las Villas.
On assure que le Dauntless, arrt hier par un
garde-cte amricain Jacksonville, se prparait
partir le soir mme avec une expedition pour Cuba.
Un correspondent arriv Matanzas de Santa
Clara, avec un convoi espagnol, a dclar que la pro-
vince est actuellement un dsert. Les paysans pai-
sibles sont enferms dans les villages o la misre
est grande.
Du ro. Le correspondent du New-York Sun a
eu une entrevue avec le gnral Mximo Gmez
dans son quarter gnral de la province de Santa
Clara. Le gnral a dclar qu'il n'accepterait pas
l'autonomie, mme la plus radical. L'Espagne,
s'est-il cri, croit-elle donc d'aventure que Cuba
peut se contenter d'une parties quand la totalit est
presque sa porte ? Je ne puis parler de rformes
sans avoir la nause. Si j'avais assez d'armes et de
munitions, en un mois je jetterais sur La Havane
75,000 homes et je pourrais conqurir sur-le-
champ la libert de Cuba.
Canovas croit que la separation des pouvoirs
Cuba serait en ce moment inopportune. Il ne voit
* aucune incompatibilit entire l'application des r-
formes et le maintien de \Weyler. Le gouvernement
ne croit pas que le moment soit venu d'appliquer
les rformes.
M. Taylor et Canovas ont eu une important
entrevue. On parle d'une crise probable dans un
avenir prochain. Martinez jCampos a eu une longue
conference avec le ministry de la guerre.
Plusieurs combats ont eu lieu dans la province
de La Havane. Les Espagnols ont perdu vingt-cinq
hommes. Un lieutenant-colonel, le colonel Mir, a
t bless grivement,ainsi. que le lieutenant Loa.
Plusieurs escarmouches ont galement eu lieu
dans les provinces .de Pinar del Rio, Matanzas et
Las Villas.
March, Alonso et Losas parent aujourd'hui


pour la pninsule. Gonzalez Mui6z est propos
comme lieutenant-gnral.
Du i i. La legislature de l'Etat de -'akpta. du
Nord a discut aujourd'hui la question cubaine.
Elle a mis un vote en faveur des rvolutionnaires
cubains et a invit le Pouvoir excutif des Etats-
Unis reconnaitre l'indpendance de Cuba et
intervenir, si cela tait ncessaire.
L'avant-garde de Weyler a essay de surpren-
dre, dimanche dernier,.un hpital cubain Reme-
'dios. Les Cubains, embusqus, ont attend l'attaque
qui a t rude, sanglante et glorieuse .pour nos
armes. Les Espagnols ont eu 225 morts et 76 prison-
niers. Les Cubains ont perdu 75 homes.
Weyler se trouve Placetas. Palmarola et l'in-
tendant des finances sont alls le consulter au sujet
de la question des billets de banque.
Un combat a eu lieu prs d'Agaacate. Le com-
mandant Francisco Guillez a t grivement bless.
Le Consul gnral des Etats-Unis, Cuba,
Mr. Lee, a fait savoir au Snat que les autorits
espagnoles ne tiennent aucun compete de ses protes-
tations, relativement au traitement inflig aux pri-
sonniers de guerre.
Le correspondent du Times de Londres Cuba
dit que l'opinion des Cubains et des Espagnols
considre unanimement les-rformes comme lettre
morte. Ce qu'ils veulent, c'est la direction complete
des finances, des douanes et de la dette. Le corres-
pondant ajoute que des combats ont lieu tous les
jours et que les Cubains reoivent des armes.
Un correspondent du New York Herald a eu
une entrevue, avec le gnral Mximo Gmez
Arroyo Blanco (Sancti-Spiritus), le 3o janvier
dernier. Il a reu une lettre signe par le gnral et
une autre du president de la Rpublique, o'' est
affirme la volont inbranlable de continue la
guerre jusqu' ce que l'ile soit compltement ind-
pendante, moins que l'Espagne accepted de traiter
avec le gouvernement cubain sur la base de l'ind-
pendance en,peu de temps. Dans ce cas, une indem-
nit devrait tre paye.
Du 12. Le governementiespagnol, par l'inter-
mdiaire de'Dupuy de Lme, a accept l'offre de la
Socit de la Croix Rouge , de donner ses soins
ceux qui souffrent cause de la guerre.
S-. La. Ligue cubaine des Etats-Unis, association
rcemment fonde, vient de recevoir la premiere
communication de son reprsentant Cuba. Il
dnonce l'intention de Weyler d'exterminer les
Cubains, intention manifeste par le dcret qui
oblige les habitants se rendre dans les villes o
ils succomberont par les pidmies ou par la
famine. .
Plusiurs combats sans grande importance ont
eu lieu dans les provinces de Pirir. del Rio, La
Havane et Matanzas.
De nouvelles arrestations de suspects ont eu
lieu La Havane. On compete parmi eux le direc-
teur de l'Ihpital civil, le docteur Emiliano NCifiez
Villavicencio.
SLe papier-monnaie de La Havane, avec course
forc, continue baisser.
Le Snat a approuv la notion de Mr. Hill,
invitant Mr. Olney exiger des autorits espagnoles


qu'elles conduisent La Havane Mr. Scovel,
reporter amricain, arrt Santa Clara au moment
o il revenait du camp cubain. Les autorits espa-
gnoles ont refus, jusqu'ici, de faire droi.t cette
demand, ce qui empche le consul amricain de se
tenir au courant de l'affaire.
Du i3.- M. Gorlin, vice-consul anglais La
Havane, est de retour de son voyage l'intrieur de
l'ile. Il a fait savoir lord Salisbury qu'il ne croyait
pas que l'Espagne fut capable de rtablir l'ordre
Cuba.
Un correspondent du Times, de Londres, se
plaint amrement du service tlgraphique espagnol,
rendu plus dplorable encore par la ridicule censure
exerce par le gouvernement, aussi bien Cuba que
dans la pninsule.
Diverses escarmouches ont eu lieu dans les
provinces de Pinar del Rio, La Havane et Matanzas.
Palmarola et l'intendant des finances Fagoaga
sont rentrs La Havane, aprs avoir confr, Pla-
cetas, avec Weyler.
Le vapeur Three Friends, est entr Jackson-
ville. Il a t oblig de rtrograder sous le feu du
garde-cte amricain Dolphin.
-_Le juge fdral a empch les autorits de
poursuivre le Dauntless, jusqu'au moment o le
verdict de jeudi sera connu.
Un tlgramme de La Havane dit que le gn-
ral Gmez a traverse les colonnes espagnoles com-
mandes par Weyler et se trouve en ce moment
Colon, point stratgique fort important.
On assure, La Havane, qu'une expedition a
dbarqu Maria la Gorda, province de Pinar del
SRio.
On assure que M. Mac-Kinley favorite les r-
volutionnaires cubains et est dcid reconnatre
l'indpendance cubaine si l'Espagne est impuissante
dominer la Rvolution cet hiver.
Du 14. On a refus de laisser partir le vapeur
Bermuda avant de s'tre assur de sa destination.
On croit qu'il-est impliqu dans une expedition que
prpare le gnral Roloff.

..------- *< -----

BIBLIOGRAPHIE

Le bon pote Jeani Svre vient de publier chez
Chamuel le premier volume des Posies Humaines.
C'est un magnifique cri d'esprance en des jours
meilleurs, de piti pour les faibles, de belle franchise
mue. La prface, qui explique le vouloir littraire
du pote, est un accompli commentaire de l'oeuvre
si diverse et si humaine vraiment; car elle puise
son inspiration aux sources les plus vives de la pas-
sion. M. Jean Svre, don't on connaissait dj une
curieuse posie : L'Lchafaud,.possde dsormais la
souplesse et la sret ncessaires son mode d'-
crire. A ct de sonnets o est glorifie, en d'ex-
quises penses, l'ide de sacrifice et de rvolte, le
pote se rvle comme un manieur de sentiments
incontestablement docte' en ces deux pices :
L'Inceste et La Volupt ; et je veux citer encore
Les Rsigns, Le Sommeil de Paris, ces tableaux
si pntrants, et d'autres encore, o toujours luit


COLLECTIONS
DE








Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons

en vente la collection complete du journal illustr \ 1l ,
comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement
restent notre charge.

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Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse M. l'Administrateur-Grant, 20,
Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


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NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection
gratis.'


dans le morne expos de l'actuelle vie l'espoir d'un
lendemain de lumire. Mais, au reste, ce livre fut
salu ailleurs, comme il convenait. A cet hommage
rendu la .sre execution de l'oeuvre, La Rpu-
blique Cubaine, en particulier, est heureuse d'y
joindre ses laudes pour l'ami dsintress et de bon
courage que fut et que demeure pour nous M.
Jean Sjre.

A la Socit libre d'dition des Gens de lettes (s2..
rue d'Ulm) un roman : J'aime ma Femme, par
M. Lon Ferbeyre.
Le livrc est volontairement crit dans une tonalit
grise, et il est ainsi d'une intimit charmante. De
brefs.mis exacts paysages encadrent une action pas-
sionnelle et attirante; mais je reprocherai aussi
1M. Ferbeyre d'avoir choisi un titre qui loigne
d'abord. Les pages de son uvre trs curieuse m-
ritent mieux que cet intitul dsesprment banal.
Une jolie couverture en couleur de G. Couturier
ajoute la note d'art de ce livre.

La lotta di Cuba, publie Rome par le Comit
Central de CubaLibre, rsume, en des textes exacts,
les origins et le present de l'actuelle Rvolution. Une
carte fort dtaille, des reproductions photogra-
phiques et des gravures maillent le livre et l'expli-
quent. C'est un superbe homage Cuba libre offert
par la solidarity italienne.

L'Association Gnrale des Etudiants de Paris
vient de publier son annuaire pour 1897. C'est un
compendium fort bien fait, contenant tous rensei-
gnements utiles. On y trouvera l'historique de l'As-
sociation et ses status, la liste de ses membres, ren-
seignements sur les Facults et les Ecoles, etc., etc.



Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
bJus notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de porter
deux exemplaires.


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Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
ledessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
centre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.
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