Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: February 11, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00058
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINIMISTRATION
RDACTION & ADVINIST N PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20,Rue Saint- Vincent-de-Paul 2 Anne 7 PARIS Fvrier 897 No56 AsS d .
Une anne, payable d*avance... 20fr. 22 fr.
Anne PARIS ii Fvrier N 1897 56 .0 .. ,'. f.
Un semestre, id. id ... I fr. 11.50

rape REPUBAINEUn trhnetrre, d. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE
A L'IETRANGER
~ AR.AIT TOTJS LES JETUDIS Une anne, payable d'avance......... 25 fr.
S m n s p Un semestre, id. id. ...3 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25
i


POUR LES BLESSS CUBAINS


n a lu dans le dernier numro
de La Rpublique Cubaine
les trs nettes et trs assures
dclarations de M. Estrada
Palma. Si ce probe avertisse-
ment est impuissant arrter
le flot des turpitudes des folli-
culaires, du moins il faut es-
prer que bien des gens y au-
ront vu clairement ce qu'il faut penser de la situation
Cuba.
La guerre, ai-je dit dj, n'est pas close. Les gn-
raux Gmez et Maceo,ce grand donneur de batailles,
ont men les Cubains l'cole de l'hrosme; et ils
y restent. Les cavaliers et les chevaux cubains n'ont
pas, que je sache, lutt pendant deux ans pour
s'arrter soudainement et saluer le labarunm espa-
gnol. L'habitude est prise des sommeils dans la ma-
nigua, des irrsistibles attaques et des incompa-
rables raids. Ces gens ont fait vraiment le sacrifice
de leur vie; et nous ne pouvons gure les coin-
prendre, nous qui roulons tous les jours notre me
dans les charniers d'ici-bas.
Au reste, l'Ibrie opre d'une faon vraiment
sre. J'ai pris M. Rodenbach, pour un prcdent
article, le titre d'un de ces plus merveilleux livres
d'art. Le Rgne du Silence , c'est, en vrit, la
situation actuelle. Mais, en somme,Valrien Weyler
demeure un vulgaire et maladroit faussaire. Il ment
stupidement, alors qu'il faudrait ruser de faon
adroite. 11 laisse arriver en Amrique et en Europe
des nouvelles de meurtres, alors qu'on attend le
rcit d'inoubliables batailles. Quelle hroide que
l'oeuvre de Valrien Ce gnral accomplit, n'en
pas douter, les labeurs d'un criminal rsolu; et la
stupidit sanguinaire de ce picaro est sans borne!
Somm par son gouvernement de s'illustrer, cet
homme a interdit le libre exercise de la Croix-Rouge
Cuba, pour les Cubains; mieux, cet homme ne
respect aucune des clauses du trait international
de Genve. Son dernier fait d'armes, Cid Cam-
pador c'est le sige d'un hpital, le massacre
des grabataires presents par les colonnes de ce bas
Poliorcte.
Magnifique hros! valeureux Castillan .fleur des
tauromachies! tu es certes le plus accompli proto-
type de l'Espagne dsormais dchue. Tu as vaincu,
Wevler, i5o malades, don't quelques-uns rlaient.
Sonnez, sonnez toujours, cloches de Castille et de
l'Aragon Voil Weyler Trismgiste qui s'avance !
Rare prouesse que ne mentionnrent point les
quotidiens qu'abreuve l'ambassade d'Espagne! Ils
furent sans doute indigns, ces abjects sanhdrins
de cacographes! Ils doutrent que Weyler et accom-
pli l un avr schelem!
Pourtant ce n'est pas eux que je m'adresse pour
dire ceci:
La Rpublique Cubaine a public dans ses'deux
derniers numros un appel et deux listes de sous-
cription pour les blesss cubains. Cetappel s'adresse
tous: la colonie cubaine d'abord et aux gn-
reuses mes de ce pays ensuite. Les oboles les
moins lourdes peuvent tre d'un grand secours
Cuba, dans cette Taprobane souleve. Que MM. les
pharmaciens et droguistes daignent galement en-
tendre ce cri ; eux, qui je puis dire l'insuffisant tat
des campements cubains, approvisionns tant bien
que mal de mdicaments et de drogues au hasard
de la bonne ou de la mauvaise venture des expdi-
tions.
Et vous les probes crivains de ce temps, rensei-
gnez-vous, voyez de quel ct est le droit, et dites
tout ce qu'il convient de dire. Au surplus, ne redou-'
tez pas d'tre, en cette question cubaine, des annon-
ciateurs. Victor Hugo nous a devanc tous, une fois
de plus.
Personne ne songe d'ailleurs vous demander
d'organiser des concerts, des ftes en faveur des
blesss cubains. Ce projet- serait vraiment irrali-
sable. Je cherche vainement les Sverine, les Cl-
menceau, les P. Charmetant, etc., etc., de ces
4 Armniens de l'Atlantique. II n'y a pas de


doute ; la Rvolution Cubaine aurait d finir plus
tt. Les Tugen-Bund des sentiments sont pour.
ces assassins d'Asie-Mineure, qui justifient si plei-
nement la raison d'tre des diplomaties.



------^3c-----

HOPITAL CUBAIN
ATTAQU PAR LES ESPAGNOLS

A la fin du mois d'octobre, les troupes cubaines
du gnral Calixto Garcia s'emparrent du village de
Guimaro (Puerto Principe), et, lorsqu'elles pntr-


meurtrier, il a enlev la bayonnette un campement
dfendu par deux mille rebelles des trois armes .
Et le miserable chef de bandits espagnols,Valeriano,
envoie ce rapport en Espagne et, pour connaitre la
vrit, il faut attendre que la press anglaise ou am-
ricaine fasse la lumire, ainsi que cela est arriv le
3i du mois dernier.
Quelques dtails, tait-il dit dans ces journaux,
sont parvenus New-York sur l'assassinat des ma-
lades cubains, brls dans un hpital par les troupes
espagnoles. Les malades cubains et plusieurs femmes
qui se trouvaient en traitement l'hpital ont com-
battu jusqu' la dernire extrmit. Les troupes es-
pagnoles ont mis le feu l'tablissement et tu 15o
malades. >
Ces faits de vandalism, nis il y a plus d'un an
avec indignation par le Times de Londres, sont de


1 UN MENSONGE ESPAGNOL

L'EMPRUNT DE CANVAS

NERGIE DES CUBAINS

Nous apprenons d'une source autorise qu'il
est compltement inexact que le gouvernement
de la lepublique Dominicaine ait saisi une quan-
tit quelconque d'armes et de munitions appar-
tenant une expedition destine Cuba Libre.
Il ne s'agit, cette fois encore, que d'un de ces
innombrables mensonges espagnols lancs tous
les jours dans la circulation, afin d'garer l'opi-
nion publique l'tranger.

Personnel n'ignore que le gouvernement espa-
gnol a dj puis le produit de l'emprunt con-
tract rcemment et ce n'est galement un secret
pour personnel qu'il a commenc & entreprendre
de nouvelles ngociations en vue d'un second
emprunt lancer en France, l'Espagne tant
tout fait bout de resources.
On affirme que c'est le Crdit Lyonnais qui
serait charge de l'opration et qui procurerait
la plus grande parties des fonds. La tche sera
difficile, car on constate chez les capitalistes fran-
ais fort peu de got pour une entreprise aussi
prilleuse.

Les Cubains, fermement rsolus conqurir
l'indpendance ou faire le sacrifice de leur vie,
montrent tous les jours une indomptable nergie.
On sait, par un tlgramme, que samedi ils
ont fait sauter la dynamite un train sur la
line de Matanzas. Deux officers et soixante-dix
soldats ont t tus. Les Cubains se sont empar
d'un grand nombre de fusils et de munitions.
Plusieurs. combats dans les provinces de La
Havane, Matanzas et Pinar del Itio dmontrent
-que la pacification annonce par le gouverne-
ment espagnol n'est autre chose qu'une farce
ridicule.
----- I AL---i--i


POUR LE8 BLESS S CUBAINS

L'initiative prise par La Rpublique Cubaine,
au profit des blesss cubains, a t accueillie avec
enthousiasme.
Voici ce que dit notre confrre L'Express de Lige:
Un grand concert s'organise pour le mercredi
io fvrier, 8 heures, dans la salle orientale du
Continental, au profit des blesss cubains.
Le programme de cette soire est des plus choi-
si. Faut-il citer des noms? M" Galba et M"' de Ve-
rine du Thtre Royal; M. Fouyat-Radelet, du
Thtre Wallon; M. Amalou, chef d'orchestre du
Thtre Royal; MM. Martel, Guillien, Fabre, du
Tilloy, du Thtre Royal; M. Dupont, du Pavillon
de Flore; MM. Dumoulin et Mnage, du Caveau
Ligeois. C'est plus qu'il n'en faut pour assurer le
succs cette petite fte.
Aussi bien la cause, au profit de laquelle on la
donne, est minemment sympathique chez nous.


*


rent dans l'hpital qui s'y trouvait, les blesss et les
gardes-malades espagnols invoqurent les bnfices
du Congrs international de Genve. Non seulement
les Cubains respectrent les clauses du Congrs,
mais encore ils remirent au gnral Jimnez de Cas-
tellanos, chef espagnol, plus de trente blesss de
son arme qui taient soigns dans cet hpital.
Ainsi procdent les Cubains depuis le commence-
ment de la guerre. Les Espagnols, eux, rpondent
la gnrosit de leurs adversaires et respectent la ci-
vilisation et les droits de l'humanit en attaquant les
hpitaux cubains, en assassinant tous ceux qui s'y
trouvent, en volant tout ce qui peut tre de quelque
utility et en brlant enfin l'difice pour ne pas lais-
ser de traces de leur horrible crime. Plus tard, le chef
de la bande qui a commis ces barbaries envoie un
rapport, dans lequel il est dit qu' aprs un combat


nouveau prouvs aujourd'hui par un tlgramme
public plus loin, annonant qu'un fort a fait feu sur
un convoi de blesss cubains qu'on conduisait
Iguar.
En presence de ces atrocits, que fait la Croix-
Roige ? Elle reste muette, immobile, aveugle, indif-
frente prcisment l'gard de ceux qui la respec-
tent,et prvoyante, attentive et bienfaisante l'gard
de ceux qui la dshonorent en assassinant, volant
et brlant. Rien pour les Cubains, tout pour les Es-
pagnols.
Comment dans ces conditions n'inviterions-nous
pas tout le monde venir en aide
AUX BLESSS CUBAINS

*


Hpital Cubain attaqu par les Espagnols


C29n~






11 FVRIER 1897.


POUR LES BLESSES CUBAINS,

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR





3-1e Liste :


M. J. A, Portuondo, de Bustamante......
M. David Weidner......... ..........
Montant d'une qute faite au Caf Procope,
la suite d'une conference du pote
M. Jean Svre......................
Un Siboney ..................... ...
M. G. Z., correspondent de La Rpubli-
que Cubaine .......................
Trois jeunes garons Cubains.. .........
M. Tillier, architect ........... ......


Francs.
10.00
5.00


5.00
2.00

10.00

1.00
I.oo


Totalt.................. 63.oo
Total antrieur.......... 37.50

Total gnral...... .... o.5o

Nota. Toutes les souscriptions figurant dans
la liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. Les donateurs sont
pris d'envoyer leur souscription au directeur ou
l'administrateur de La Rpublique Cubainae, 0o,
rue Saint-Vincent-de-Paul, en ayant soin d'crire
clairement les noms, les prnoms, les professions et
les sommes, afin d'viter des erreurs dans les lists
que nous publierons. N. de la R.




LE CONFLICT

entire l Sl ila et le PRlietl pj s lts-,U8is


A qui est dvolu le droit de recoonnai :;indipecn-
dance de Cuba: au Prsident ou au Snat? Telle est
la grande question atuellnent pendante dans la
grande Rpublique amricaine.
Il y a eu plusieurs. prcdents dans lesquels,
chaque fois, le Prsident a fait ce que le Congrs a
rsolu; car, d'aprs la Constitution, une loi ou rso-
lution conjointe passe v une majority des deux
tiers des voix du Congrs, aprs un veto du Prsi-
dent, devient excutable par ce dernier.
Suivant la declaration de M. Olney, secrtaire
d'Etat et des Affaires trangres, le droit de recon-
naitre un nouvel tat est exclusivement confi au
Pouvoir excutif; or celui-ci vient d'approuver les
dclarations de M. Olney en reconnaissant par cela
mme, sans avis pralable du Congrs, la nouvelle
Rpublique de l'Amrique Centrale; ce qii a pro-
duit une sensation extraordintaire pa~mi les jurii-
consultes et ne manquera pas de donner lieu une
interpellation au Congrs.
Par centre, le president Jackson, dans soh message
du 21 dcembre i836 au sujet de la reconnaissance
du Texas, a fait la declaration suivante:
Il n'y a pas eu encore d'interpellation au sein
du Congrs ni des autres Corps lgislatifs en vue de
savoir qui revient le droit de reconnatre originai-
rement l'indpendance d'un Etat. L'exercice de ce
pouvoir est, dans certain cas, quivalent une d-
claration de guerre.
Ce pouvoir n'est pas expressment dlgu,
mais il est implicitement concd dans la Constitu-
t:on; en effet, il est compris dans l'un de ceux qui
sont donns au Congrs, au Prsident ou au Snat,
:pur conclure des traits avec les puissances tran-
gres, nommer des ambassadeurs et autres ministres
publics ; il est galement compris dans le pouvoir
confr au Prsident pour recevoir les ministres des
puissances trangres.
Dans le prambule de la resolution de la
Chambre des Reprsentants, il est clairement dit
que la faculty de reconnatre l'indpendance dui
Texas devrait rester la decision du Congrs (i).
En presence de ce principle formel, je ne pense
pas qu'il soit ncessaire d'exprimer un avis sur le
droit constitutionnel de l'Excutif seul ou conjointe-
ment avec le Snat. Il est prsumer que, dans
l'avenir, il ne se prsentera aucune discussion ce
sujet, car on n'en trouve pas trace jusqu' ce jour
entire le Pouvoir Excutif et le Pouvoir Lgislatif
dans l'exercice du droit de reconnaissance de l'ind-
pendance. Ce droit de reconnaissance sera toujours
considr conforme l'esprit de la Constitution, et
le moyen le plus sr de l'exercer, quand bien mme
il amnerait la guerre, serait une entente pralable
entire le Prsident et le Congrs qui, seul, peut la
dclarer et voter les resources pour y tire face.
Le fait de soumettre au Congrs, qui reprsente
les Etats de l'Union et le people des Etats-Unis,
cette grave question, qui peut avoir pour cons-
quence la guerre, donnera certainement la plus
grande satisfaction -notre pays et sera une srieuse
garantie, pourtoutes les autres nations, de la justice
et de la prudence des measures qui seront adoptes.


(i) Ces paroles, que prononait en 1836 le clbre
president Jackson, sont de la plus entire actualit
aujourd'hui. N. de l'A.


Ay'i r, d&.i.. fait mon devoir en prsentant avec
simplicit les ides qu'aprs beaucoup de rflexion
je vous ai mises sur ce sujet important, j'ai encore
vous faire part de l'expression de ma confiance
absolue que, si le Congrs ne partage pas mon
opinion sur cette question, il aura du moins trouv
une autre solution aprs une dlibration sage et
prudent; et j'ai l'entire assurance que, pendant le
peu de temps qui me reste tre attach au Gou-
vernement, j'adhrerai votre dlibration dans la
measure qui sera la meilleure pour augmenter la
prosprit et la paix de notre pays .
Aprs avoir lu ce dernier paragraphs, qui fut crit
par un home aussi illustre que Jackson et deux
mois et demi seulement avant la fin de sa prsi-
dence, il nous semble que la declaration faite par
M. Olney au mois de dcembre dernier, ainsi que
l'attitude expectante du president Cleveland, sont
absolument incomprhensibles.
Aussi, il ne nous parat pas douteux que l'arrive
prochaine de M. Mac Kinley la prsidence ram-
nera les Etats-Unis la sage politique de son illustre
president Jackson : c'est--dire un accord complete
entire le Pouvoir Lgislatif et le Pouvoir Excutif sur
la question de la reconnaissance de la belligrance
des Cubains.
D. IWeidne r.



COURTOISIE ANGLAISE


The Evening News, de Glasgow, nous fait l'hon-
neur :de reproduire un article .de La Rpublique
Oubaine o nousfaisions prvoir la proc.haine paci-
fication par l'indpendance absolue de Cuba. Nos
remerciements au grand journal anglais pour cette
preuve de sympathie:.
La pacification l'espagnole, par les assassinats
de Weyler, n'est pas prs d'tre un fait accompli :
le Heraldo de Madrid, du 4 fvrier, announce que le
vapeur Cabo San Martin emporit de Cagdix la
sourdine pour Cuba 3z soldats. Ils vont aug-
men.ter le nombre des victims de Weyler et de
Canovas.
D'autre part, nous apprenons que dans l'usine...
franaise, don't nous pourrions dire le nom, on fa-
brique, sur command du government espagnol,
un million et demi de cartouches Maser, destinies
uba. Nous com.ptoes bien que les soldats espa-
gnols, qui meurent de faim, en vendront la mioti,
iau dtail, aux insurgs, come ils en ont l'habi-
tude. On ne sait jamais pour qui M. Cinovas
travaille.



LES PROJECTS DE M. SAGASTA


C'est avec la mme satisfaction toujours que nous
enregistrons les informations tendancielles d'une
certain press franaise, mme quand ces informa-
tions prennent la forme d'un premier article du
Temps. Il faut vouloir former les yeux l'vidence
pour prsenter la question hispano-cubaine sous un
jour pareil.
D'une part, les fvolutionnaires cubains en
seraient leurs dernires cartouches; d'autre part,
le gouvernement de M. Sagasta proposerait des con-
ditions suffisamment acceptable, pour rattacher
la mtropole, avec un nouveau modus vivendi, la
grande Antille, aujourd'hui sous les armes.
Eh bien, nous ne pouvons croire ni une solu-
tion si proche, ni surtout une solution telle, qui
en ralit ne serait qu'un ajournement.
Nous savons tout l'intrt que l'Espagne a con-
server son domain de Cuba. La grande Antille est
depuis un sicle tantt son indispensable vache
lait et traite jusqu'au sang. Ni Martinez y Cam-
pos, ni Weyler, en dpit de toutes leurs atroces
measures, ne russissant .dompter la Rvolution,
nous comprenons encore que le ministre actuel du
provisoire Alphonse qui rgne Madrid soit prt
essayer de quelques concessions. Il y est d'autant
plus dispos, que le gouvernement des Etats-Unis,
s'il n'a pas pes de tout son poids dans la balance,
n'a laiss aucun doute sur l'opinion :amricaine.
M. Sagasta songerait donc faire, aussi petite possi-
ble, naturellement, la part du feu.
NMais est-il temps ?
Les Cubains n'ont pas lutt pour rien durant dix
ans; ils n'ont pas fait pour rien l'exprience d'un
premier pacte honteusement viol; ils n'ont pas
repris les armes pour rien non plus. A part quel-
ques points littoraux, la grande Antille est eux;
la domination mtropolitaine n'y est qu'un mot;
l'arme espagnole fond sur leur sol comme la neige
au soleil ; c'est l'Espagne seule qui en est ses der-
nires cartouches, et littralement quia.
Le beau moment pour les concessions! Ce n'est
plus celui d'accorder quelque chose : Les Cubains
veulent tout. Ils n'accepteront sur leur terre qu'une
seul drapeau, celui o s'irradie, fraternelle pour tous
les peuples, l'Etoile solitaire de Cuba.
Le Temps n'y peut mais. L'ingniosit de ses
sophismes historiques ne prouve rien. Libre ce
journal de compare les politicians espagnols aux
illustres stories d'Angleterre qui ont su fire point
les concessions ncessaires. M. Sagasta n'est pas de
ce bois don't on fait un Disrali, et la situation d'ail-


leurs n~a rien de comparable entre l'nuleterrc de


Leurs n'a rien de comparable entire l'Angleterre de
ces trois derniers quarts de sicle et l'Espagne ago-
nisante de cette heure-ci.
Et quel bon billet, 'M. Sagasta donnerait aux
Cubains! Pas mme le home rule canadien;
mais des dputs aux Corts avec une assemble
consultative lue . Et cet excellent Temps d'ajou-
ter : Ce sera peut-tre le germe des institutions
plus amples, d'un self government .
Notre grand journal a un style tout special et
charmant pour dire ces choses-l... C'est come
qui dirait M, Montesquicu vu travers le Panama,
On n'apprend ce style que chez M. Hbrard; c'est
une autre faon de style rfugi.
En some, nous en revenons ce que nous
avons dit dj : Si l'Espagne a encore de l'argent,
qu'elle en profit pour rapatrier avec resignation les
malheureux soldats qui lui restent Cuba. Si elle
n'a plus de finance, que Le Temps et autres organs
sa dvotion lancent tout de suite un nouvel em-
prunt espagnol. L'enthousiasme cubain est assez
ardent pour fondre, avec les soldats d'Alphonse XIlI,
l'or et l'argent que les capitalistes europens auraient
encore la tmrit de prter cette majest fanto-
matique
M. Sagasta estvenu trop tard la comprehension,
et aussi bien, l'opinion espagnole n'y viendrait
jamais.
Puisque ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles
soient , a crit Victor Hugo, partisan aussi de la
cause cubaine.


"^7^-i


POUR CUBA LIBRE

Les tudiants de l'Universit de Rome, come
ceux de l'Association Rpu.blicaine Socialiste de
Marseille, ont min;fesi. l'unanimit, leur sympa-
thie pour la cause de notre indpendance.
La Rpublique Gubaine envoie l'expression de
sa reconnaissance aux nobles et gnreux jeunes
gens remains et marseillais qui ont rpondu si spon-
tanment l'appel de la solidarity humane.



ANTHROPOIDES MODERNES


Lorsque, s'chappant des lisires de la religion
qui lui criait de tout croire, mme l'absurde, surtout
l'absurde, la science eut entrepris de reconstituer
par l'observation l'histoire des vieux ges, on dut
reconnaitre, avec ou sans orgueil, que nos anctres
d'il y a quelque cent mille ans n'taient pas prcis-
ment des anges dchus. Au lieu de la creature tout
frais moulue des mains d'un dieu anthropomorphe
et gardant encore au front le reflet lumineux de son
origine, on entrevit des tres mal dgrossis, au lan-
gage inarticul, vaguant de par les forts en cos-
tume de statues grecques, arms de triques qu'ils
cassaient de temps autre sur le crne pais de
leurs semblables.
C'taient les temps prhistoriques, o l'humanit,
achevant lentement de se dgager de la brute, ne
connaissait que la loi de la force et ne mettait pas
de gants pour catcher ses griffes.
Les sicles succdrent aux sicles et, peu peu,
l'animal se fit homme. Il arriva dominer succes-
sivement les forces naturelles qui autrefois le domi-
naient.
Cependant, de temps autre, des rechutes dans
la barbarie et l'ignorance venaient lui rappeler la
bassesse de son origine. Et ct des commotions
ramenant brusquement au pass des socits tout
entires, la bte ancestrale, par un phnomne
d'atavisme, reparaissait chez certain individus sous
le masque human.
Ces individus, qu'il serait plus logique de sup-
primer que de har, sont des monstres dans toute
l'acception .du mot : ils appartiennent la trato-
logie. Quelquefois trs subtils d'esprit, il ne leur en
manque pas moins quelque chose pour tre des
hommes. A cette espce ont appartenu les Borgia,
Torquemada, Valverde, le duc d'Albe, Philippe II,
- on voit que l'Espagne a eu sa bonne part dans
l'enfantement de ces monstres, -Mammone, Schin-
derhannes, Lacenaire, Troppmann, et appartien-
nent incontestablement Jack l'Eventreur, Cnovas,
Wevler, Polavieja et Abdul Hamid.
Dj dangereux lorsqu'ils ne sont que de simple
particuliers come le dcoupeur oprant sur les
prostitutes de \\hitechapel, ils deviennent pou-
vantables lorsque les hasards de la naissance ou de
la politique leur mettent entire les mains le moyen
d'exercer en grand.
Cuba, les Philippines, l'Armnie, la Crte, autant
de lieux d'pouvante o. parmi les ruines, les
dcombres et le sang, la bte fauve prhistorique,
reparue sous les traits de l'homme moderne, se
promne Iche et furieuse, comme le tigre dans sa
jungle. Et cela sans computer Constantinople et
Montjuich.
Plus tard, quand le philosophy et le sociologue
tudieront l'histoire de notre poque, ils demeure-
ront confondus devant le prodigieux ressaut dans la


barbarie ancestrale qui vient de s'accomplir au scuiF
du vingtime sicle.
Quelle poignant tude aurait l faire Lom-
b'roso qui a constitu, la.vrit d'une faon trop.
absolue, le type de l'homme criminal.
, Canovas; Weyler, Abdul-1-Hamiid, nos sem-
blables
Allons donc! Ce sont des anthropodes qui
sortent de leurs forts.
Sachons nous prserver.







S FIN DE ZERTUCHA

Le People de Port-au-Prince (Hati) announce que
Zertucha a disparu, assassin. Il ne dit pas si on a
jet le cadavre la mer.

--------^~ tip s-------


L'IMMORALIT ESPAGNOLE

III
Nous avons promise, la semaine dernire, de d-
montrer aux journaux espagnols le Heraldo et El
Imparcial que l'administration espagnole n'inau-
gure rien en volant l'Etat, puisqu'elle ne fait que
plagier servilement l'administration qui fonction-
nait pendant la guerre prcdente.
Il y a bien longtemps, bien longtemps, avant l'-
poque encore peu lointaine o les dits journauxchan-
taient les louanges du gnral bandit, avant l'poque
o El Imparcial organisait un concours pour r-
compenser la meilleure march patriotique destine
abrutir davantage la malheureuse.chair machete
et fivre jaune qui part des ports espagnols pour
Cuba, avant l'poque o le Heraldo, qui ne se
lassait pas d'encenser, fit que Weyler fabriqua des
dputs cubains avec cette troupe de paysans et
d'aventuriers commande par ".il'-ui;l Texifonte
Gallego bien longtemps avant, disons-nous, la
press espagnole, l'exception de la presseflibus-
tire et ouvrire, la press qui dfend la domination
de l'Espagne Cuba en avait dit assez pour que ni
le gouvernenent toujours prt nier, ni les jour-
naux qui s'indignent, ni le people qui se considre
come vol, ne puissett pas prtendre qu'ils ont t
tromps et surprise.
De toutes ces rvlations, don't la liste occuperait
plusieurs colonies d'un journal quelconque et les
ntres beaucoup plus, tant donn notre format,
nous nous bornerons citer les suivantes qui ont
trait l'anne dernire.
En juillet, La Pa&, de Madrid prcisment le
journal fond et dirig par un espagnol que les.
sbires de Canovas ont enseveli dans un cachot et
que El Imparcial et le Heraldo ont accus defli-
bustrisme, La Par dit que la maison du catalan
Balcells, tablie La Havane, fournissait la troupe
une viande si mauvaise qu'elle devait forcment pro-
voquer des maladies. En ce qui concernait la chaus-
sure et les vtements, leur quality tait tellement in-
frieurequ'ils ne pouvaient pas servir pendantplus de
huit jours.
Le mme mois, El Liberal, de Madrid, se plai-
gnait de ce que le transport des troupes qu'on allait
envoyer Cuba ce moment devait coter
22,ooo,ooo de pesetas de plus que le prix voulu.
En septembre, le mme Heraldo, de Madrid, qui
fait aujourd'hui champagne aux cts de El Impar-
cial, dclarait que la Transatlantique, c'est--dire
son patron, le jsuite marquis de Comillas, perce-
vait pour le transportdes troupes Cuba j8,370,000
pesetas de plus que ce que coitait le service.
El Tiempo, de Madrid, le mme mois, appelait
l'attention du gouvernement sur les employs de
Cuba qui, avec I,ooo francs d'appointements par an,
trouvaient le moyen de se rendre leur bureau en
voiture tandis que d'autres, avec i,5oo francs par an,
taient couverts de brillants, et que d'autres, enfin,
avec des appointments plus rduits, conomisaient
un capital de 20,000 duros (1oo,ooo fr.).
Dans le mme mois, le Diario de Barcelona,
s'tonnait du dsordre qui prsidait aux dpenses de
la guerre de Cuba et de l'exagration de certaines
dpenses.
El Diluvio, de Barcelone, et le Mlercantil Va-
lenciano, toujours l'poque indiquc, n'taient pas
moins catgoriques : Pendant que le premier faisait
connaitre qu'un fournisseur d'toffes pour les pan-
talons et les chemises de l'arme se moquait des
conditions qu'il avait acceptes, le second estimait
logiquement qu'il n'y avait rien de surprenant ce
qu'aprs tant de vols on ait dpens plu. d'un mil-
liard. Il ajoutait que le milliard que devait produire
l'emprunt alors projet ne suffirait pas davantage.
El Imparcial et le Heraldo ont l sept ,ournaux
parmi les plus rpandus en Espagne six au
moins. Comment se fait-il que l'attention de nos
confrres n'ait pas t alors mise en veil ? Comment
n'ont-ils pas t scandaliss alors par les faits que
nous venons de citer, par les details de ce vol mons-
trueux qu'ils constatentaujo-urd'hui ?
Puisqu'il est dmontr que les vols n'ont pas t
commis en un jour, comment les dits journaux


'kp~p~t~i~be C~a~






11 FVRIER 1897.


peuvent-ils se montrer surprise ? Ne voient-ils donc-
pas dans ces fraudes la reproduction de cells don't
nous avons parl dans notre article prcdent, bien
que la plus grande parties des voleurs d'aujourd'hui
ne soient que ceux d'alors?
Et du moment que la maladies n'a rien d'extraor-
dinaire, pourquoi s'tonner d'une manifestation nou-
velle de cette pidmie qui caractrise l'administra-
tion espagnole en Amrique depuis l'poque de la
dcouverte !
Nous concluerons dans notre prochain numro.

--------^ ^I,---------i


AVERTISSEMENTS

Depuis le i5 janvier, la nouvelle adresse tl-
graphique denotre journal est la suivante :
REPCUBAINE. PARIS.
Nous prions nos correspondents et amis d'en
prendre note.
Ceux de nos abonns qui n'ont pas encore
acquitt le montant de leur souscription sont pris
de nous le faire parvenir le plus tt possible, s'ils ne
veulent pas prouver d'interruption dans le service
du journal.
Nous nous trouvons dans la ncessit de rap-
peler' ceux de nos agents et correspondents de l'Eu-
rope et de l'Amrique, qui ne l'ont pas encore fait,
de vouloir bien rgler leurs comptes avec l'adminis-
,tration du journal jusqu'au 31 dcembre 1896, dans
le plus bref dlai possible, et conformment aux
conditions qu'ils ont acceptes, afin de pouvoir con-
tinuer avec rgularit leurs envois de journaux.

--------**Cl------

LETTRES A PIERRE


IV
Les inquitudes que je manifestais, mon cher
Pierre, la fin de ma dernire lettre, n'ont pas tard
tre confirmes et les rcentes informations ten-
dent, malheureusement, nous dmontrer qu'une
nouvelle phase semble commencer pour les vne-
ments de Cuba:
Avec l'ardent dsir et le ferme espoir que les ar-
mes cubaines ne permettront pas le dveloppement
et l'excution savamment prolonge du nouveau
plan des flibustiers qui commandent La Havane et
Madrid, je me borne, pour le moment, enre-
gistrer les accusations formules par les Espagnols
contre les Espagnols eux-mmes et rpter le cri
d'alarme lanc aussi bien en Espagne qu' Cuba:
Sus aux voleurs de gouvernement Sus ces vam-
pires qui ne voient dans la guerre que l'avantage de
pouvoir sucer le sang de plus nombreuses victims 1
Il parait donc que la guerre durera tant qu'il y
.aura de l'argent partager? Nous le verrons bien;
mais ce qui ne fait aucun doute, c'est que toutes
les misres actuelles ne sont qu'objet de lucre et de
speculation pour ces bandits !
Tu sais aussi bien que moi, mon- cher Pierre, que
le vol administratif a t, de tout temps, en Espagne,
une institution respecte: parfaitement prvenus
cet gard, nous trouvions, en ce malheureux pays,
.ces concussions en quelque sorte naturelles et tous


les normes abus don't nous tions les tmoins fai-
saient, nos yeux, parties de la couleur locale gnrale,
nous intressant d'une nouveaut extraordinaire.
La machine espagnole, avec la complication ap-
parente de ses tonnages, pur trompe-l'eil pour les
imbciles, est en effet fort simple: un levier, flau
de balance, don't un plateau en l'air porte les favors
du jour pateaugeant dans l'immense assiette au
beurre et se gavant jusqu' en crever, dans celui du
bas : les autres, la gueule ouverte et bavant d'envie,
attendant l'heure de l'abaissement de la bande poli-
tique oppose qui les lve, leur tour, au sommet
des richesses et des dignits. Toujours l'alternance
de deux parties : des voleurs en haut, des mendiants
en bas, mais tous nobles, tous hidalgos !
Qu'ils se dpouillent donc et se dvorent entire
eux, tous ces carnassiers d'Espagne, personnel n'y
trouvera redire; qu'ils spent leur pays dans ses
uvres vives, c'est leur affaire et non la ntre : mais
si l'Espagne a ses limits sur notre terre, le genre
human y est partout avec ses droits, et si nous cla-
mons contre les horreurs actuelles, c'est contre le
seul crime de lse-humanit que nous nous levons
en criant de toutes nos forces : malheur tous ces
hommes politiques dnaturs, mtis innomms de
tigres et de hynes, qui ne voient dans le flau de la
guerre qu'une nouvelle occasion d'assouvir leurs
apptits t'qui se repaissent de la moelle et du sang
de tant de pauvres adolescents envoys sans computer
l'abandon, la misre et la mort trop tardive,
sur les plages ou dans les forts du nouveau
monde!
Victims du seul pch de la pauvret de leur ori-
gine, ils sont dirigs sans armes en longues theories
vers le vaisseau qui les emporte au loin dans leur
exode obligatoire; ils parent, entours jusqu'au
port par des troupes de vtrans qui les encadrent
l'arme au bras : la vue de leurs pleurs est ainsi ca-
che la foule des mres ou des proches venus
pour le dernier adieu, et leurs sanglots s'touffent
sous des clats de fanfare ou des roulements de tam-
bour! Les jeunes gras d'Espagne sourient, eux,
insoucieusement en leur criant: au revoir! Ils ne
parent pas, eux; la famille est riche: il faut bien
qu'il reste des jeunes hommes Madrid; ainsi la
vente des bones cordes de guitar ne chmera pas
et les corridas de Toros ne manqueront pas de spec-
tateurs !
. . . ... . . . . . . . . . . . . . . .. .
Le jour tombe... Les restes d'une colonne en op-
rations s'acheminent pniblement vers la ville... Les
Cubains ont fait rage durant le combat et, sous les
terrible charges au machete, les trois quarts des
petits soldats sont tombs pour ne plus se reliever,
le crne fendu, dans les hautes herbes de Guine.
Toujours harcels dans leur fuite prcipite, les
survivants n'ont cess d'essuyer le feu de l'ennemi
qu'aux approaches des forts qui dfendent la ville.
Mais il fait jour encore ? Pour cacher le dsastre qui
ne doit tre oficiellement qu'une victoire, le cri de-:
halte retentit.... halte pour attendre la nuit, car
c'est seulement la faveur des tnbres que tout en
loques, le venture vide et les pieds en sang, ils rega-
gneront en silence la miserable baraque trop grande
qui leur sert de caserne, et o, mourant de faim et
de soif, ils tomberont leur arrive, sans y trouver
un baquet d'eau o tremper leurs lvres...
Une heure aprs, une maison trs claire jette


dans la nuit sombre une tache lumineuse: Au mi-
lieu du choc des verres on entend des clats de voix
o dominant des vivats et des cris de mort: Viva
Espaia Mueran los cubaniosJ...C'es.tunbanquet,
c'est le gnral qui clbre la dernire victoire, pen-
dant que les petits fantassins de Galice ou d'Anda-
lousie se trainent de porte en porte, implorant la
piti des mres cubaines pour qu'elles veuillent bien
leur mettre quelque nourriture dans des boites de
conserves vides qu'ils ont ramasses dans la rue,
sous les fentres de leurs officers I
Oui, on vole sur tout 1 On vole sur les vtements
du soldat, sur sa solde, sur sa nourriture, sur les
cartouches qu'on lui donne et le tabac qu'on lui
refuse; on vole sur sa vie; on vole sur sa mort, oui
sur sa mort, car ceux don't on ne laisse pas les ca-
davres la charge des vautours sont enterrs sans
identification aucune, de sorte qu'ils continent
figure comme vivants....!
Je m'arrte, mon cher Pierre, car'ma plume se
refuse traiter pour aujourd'hui pareil sujet plus
longuement. Je sais come toi que les Espagnols
de bonne foi, rsidant La Havane, commencent '
craindre pour leur propre scurit depuis la mani-
festation menaante organise par Weyler et ses
complices, les fournisseurs de l'arme. Tu.me de-!
mandes mon opinion relative la destitution : Sou-i
viens-toi donc de ce que je t'ai dit et prouv : Wey-
ler s'agite et Cdnolas le mne ; donc jamaisi
Weyler ne sera destitu par Canovas, et quant la.'
dure de son sjour Cuba, j'espre que MAximo:
Gmez et Calixto Garcia nous difieront tous ce
sujet, et avant longtemps.
Ton









LES FINANCES ESPAGNOLES

El Diluvio, Barcelone : Le gouvernement ayant
engag des ngociations en vue de se procurer de
nouveaux millions, il est bon de rappeler la measure
de sa correction.
Le ministry des Finances dit au pays, quand
s'ouvrit la souscription pour Pemprunt, qu'il tait
absolument indispensable de crer les resources
exiges par un effort vigoureux tendant mettre fin,
dans le plus bref dlai possible, l'insurrection
cubaine , et il eut soin d'ajouter, afin que le public
ft rassur sur l'emploi du produit de l'emprunt,
qu'il ne s'agissait que d'un moyen provisoire exclu-
sivement destin procurer des resources pour
faire face aux dpenses de Cuba et nullement-d'une
operation de credit relative aux ncessits ou aux
convenances de la Pninsule, pas plus qu' la con-
version de la Dette flottante.
Il semblait logique et lgal que les sommes pro-
duites par l'emprunt eussent la destination annon-
ce. Mais l'argent est peine trouv que le ministry
prend les resolutions suivantes : Sur le produit de
l'emprunt, on prlvera les 3i millions du budget
extraordinaire; on paiera les dlgations sur les
Douanes; on soldera les pagares garantis par le
Trsor pninsulaire et par des billets hypothcaires ;


et, enfin, au lieu d'envoyer Cuba de l'argent pour
payer, au moins en parties, les sommes considrables
dues l'arme et la flotte, le ministry dcide que
les quelques millions qui restent seront affects au
Trsor pninsulaire et serviront payer l'amortisse-
ment et les intrts des deux premiers trimestres de
l'emprunt. C'est un cas bien curieux que de con-
tracter des dettes pour les payer avec l'argent qu'elles
ont produit.
Il n'est pas permis de se moquer davantage de la
loi. On fait un emprunt pour subvenir aux dpenses
de Cuba; on dit au pays que cet emprunt n'a pas
d'autre objet, on lui laisse entrevoir que, grce aux
resources qu'on demand, l'insurrection recevra le
coup de grce; on ne fait pas la moindre allusion
au project de supprimer la Dette flottante contracte
par le ministry des colonies et, cependant, l'excep-
tion de quelques millions la plus grande parties de
l'emprunt est employe., li ;'.i-.: .;...n de la dite
Dette, l'amortissement et au pavement des intrts
des deux premiers trimestres de l'emprunt. Et tout
cela dans le but puril .'..iif...ie' de s'accroitre le
deficit du budget et de le remplacer conformment
au rve de M. Navarro P' .... .. par un superavit.
Comme si l'on pouvait -.it.:r du budget cette charge
.nouvelle Comrme si, pour,l'anrre prochaine, on
.ne. devait pas..faire figure. dans le Budget les
,60.972.640 pesetas auxquels elle s'lve, sans parler
de cells qui viendront plus tard !


I x


Nos confrres de Madrid expient actuellement
sur la paille humide des cachots leur incon-
cevable navetd.-Comment ces malheureux ont-
ils pu croire que l'administration espagnole don't
la corruption, ei temps de:paix mme, est aussi
lgendaire que la fiert, pourrait svir contre
ceux qui violent en ferip- ,1 guerre? Et dans des
colonies encore !
Il n'y a pas de galonn espagnol Cuba qui ne
soit eh train de s'assurer une honnte aisance.



Et ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il en est ainsi;
c'est le mtier et surtout la race qui veut a. Ci-
tons quelques examples:
Pendant la dernire guerre le chevaleresque
- puisqu'Espagnol Gonztlez Boet vola les
bijoux de Madame Flix Figueredo; le noble -
puisqu'Espagnol gnral de brigade Ampudia
fut dnonc Alphonse XII, par l'officier espa-
gnol Gonzilez del ioyo, comme ayant. assassin
un de ses compatriotes qui tait son crancier;


FEUILLETON
DE


PAGES DE LA GUERRE



Maceo Guane
L'entre du triomphateur



De toutes les atteintes portes l'orgueil insens
,de l'Espagne, de toutes les blessures faites sa va-
nit de Don Quichotte, nulle ne lui fut plus sen-
sible, ne lui fit verser plus de sang que la reception
de l'invincible gnral Antonio Maceo dans la loca-
lit la plus occidentale du sud de l'ile, l'extrmit
de la Vuelta Abajo, prs du cap de San Antonio.
Les Cubains qui ont assist cette reception ne
peuvent se la rappeler sans se sentir mus, car jamais
pareil spectacle ne s'tait vu. C'tait bien l l'explo-
sion d'un people, l'esprance ralise, le coup de
massue portant le dernier coup cette illusion espa-
gnole qu'il existait dans l'le des localits et des r-
gions encore favorables l'Espagne et opposes aux
rvolutionnaires.
Il faut lire la collection des journaux intransigeants
de La Havane : le Diario de la Marina, La Union
Constitutional, lle Arisador Comercial, et autres
de moindre importance pour se rendre compete de la
rage froce du vaincu, de celui qui est tomb, plus
par la surprise de se voir attaqu ot il ne croyait pas
devoir l'tre que par la brutalit du fait.
C'est que les Espagnols sont toujours surprise.
Pour eux, tout vnement prvu par l'exprience


fait parties du domaine de l'inou, et considr
comme la chute de la vote cleste, comme un cata-
clysme, car ils vivent et vgtent hors de la ralit,
hors du vrai.
Le 8 janvier (1896), l'avocat bien connu Caifias et
ses deux fils, tudiants en droit, s'taient dclars
pour l'insurrection, dans les environs de la ville de
Pinar del Rio. On savait qu'en quelques heures ils
avaient runi plus de huit cents homes, bien arms
pour la plupart, et, qu'au lieu de se diriger vers
l'Orient pour aller rejoindre le gnral Maceo, qui se
trouvait dans la province de La Havane, ils taient
parties d'abord vers le Sud, puis vers l'Occident. Il
tait, aprs cela, facile de prvoir que cette troupe
allait former l'avant-garde de l'arme d'invasion, et la
tactique la plus lmentaire commandait de se
mettre sa poursuite ou de lui barrer le chemin.
Mais l'orgueil intervint et les Espagnols s'imagi-
nrent que la grande masse de la population repous-
serait les insurgs ou les traiterait avec indifference,
de sorte que ces derniers seraient touffs entire
l'hostilit des uns et le ddain des autres.
Et Caifias recueillit des armes, trouva des chevaux,
des munitions, des quipements, surtout recruta
des hommes et envahit sans resistance les villages
de San Luis, Galafre, Sbalo, les territoires qui spa-
raient ces diverse localits et finalement entra le 17
Guane, avec un vritable corps d'arme, au milieu
de la joie des Cubains et de la stupeur des Espa-
gnols, lesquels s'empressrent de lui livrer tout le
matriel de guerre existent dans cette riche et impor-
tante cit.
Le i il reut du gnral Maceo une communi-
cation l'invitant l'attendre l avec les forces sous
ses ordres. La nouvelle de l'arrive prochaine du l-
gendaire hros transport d'enthousiasme toute la
region.
Les troupes de Caffias furent chelonnes en deux
ailes le long de la rue principal, depuis le rio Cuva-
guateje jusqu' l'extrmit de la localit. Toutes les


maisons se couvrirent aussitt de guirlandes de dra-
peaux cubains ou, si les drapeaux manquaient, de
tentures blues et blanches;, les femmes revtirent
leurs plus beaux costumes et, musique en tte, plus
de trois mille personnel de tout ge, de tout sexe,
de toute couleur, allrent la rencontre de l'idole.
Bientt apparurent les claireurs et l'avant-garde
de la colonne de Maceo. Ils furent reus par les cris
et les vivats de la multitude qui saluaient les braves
vainqueurs de Mal Tiempo, de la Reforma, de Las
Taironas, de Torado et de Guacamava. Plusieurs
d'entre eux taient blesss. Mais, dans la foule, un
silence religieux se fit. On attendait I'apparition du
gnral tant attend.
Enfin, voici Maceo. Il est mont sur un magni-
fique cheval arabe. A sa droite chevauche le gn-
ral de brigade Jos Mir6, chef d'tat-major et, sa
gauche; l'avocat Cafias. Devant eux flotte au vent le
cher drapeau, emblme de la liberty et, derrire,
vient l'tat-major et la magnifique escorted qui
accompagne le gnral depuis l'Orient.
Alors, ce fut dans la foule un veritable dlire, une
veritable frnsie. Plusieurs habitants se prcipitrent
vers l'Eglise et sonnrent les cloches toute vole;
les musiques jourent, les clairons et les trompettes
sonnrent la march et, au milieu de tout ce bruit,
les dominant, des vivats partirent de mille poitrines
l'adresse du vainqueur et en l'honneur de l'ind-
pendance prochaine, de la redemption, de la libert.
C'tait un spectacle grandiose.
A plusieurs reprises, la march dut tre interrom-
pue. Dans la rue principal, longue de cinq cents
mtres peine, le dfil dura plus de deux heures.
La foule se jetait sur les chevaux de Maceo et de son
escorted, embrassant le gnral, touchant ses vte-
ments, le saluant.
Le dlire augmentait c'iaque instant; le senti-
ment cubain dbordait parcel qu'on voyait que les
promesses de la Rivolution se transformaient en
faits; parce qu'il tait dsormais certain que l'im-


mortel Maceo avait port le drapeau cubain Guane
et avait fait boire son cheval dans son rio, qui tait
le dernier Rubicon espagnol. Et cela avivait la foi
dans le succs. Maceo dut employer beaucoup de
temps pour sortir de son logement et assister au
magnifique banquet qui lui fut offert dans la plus
belle salle de la ville. La foule tait si compact
qu'il tait difficile de circuler dans les rues, illumi-
nes giorno, mais de splendid faon, et telle
qu'on n'avait vu jusqu'alors rien de pareil. II ne
s'agissait plus, en effet, de la fte officielle impose
par le gouvernemnent espagnol pour clbrer le saint
d'un de ses maitres. Ce quoi on assistant n'tait
autre chose que l'expression de celui qui voit un de
ses plus chers dsirs accompli, qui touche, enfin,
la ralisation d'une illusion depuis longtemps ca-
resse.
Pendant toute la nuit durrent les chansons, les
bals, les musiques et les vivats pousss devant la
maison du gnral. Ils se rptrent pendant les
trois jours que le gnral passa Guane, augmen-
tant chaque fois qu'il sortait dans la rue, toujours
suivi d'une escorted d'admirateurs enthousiastes.
Il est vrai qu' La Havane des ovations sont faites
tous les gnraux et tous les bataillons arrivant
d'Espagne; mais elles sont organises par les dl-
gus du pouvoir ou prpares par des commissions
amies. Mais celles qui furent faites Mlaceo Guane
d'abord, puis Mantua, Baja, etc., furent complte-
ment diffrentes. C'tait le dsir de la liberty qui
dbordait et aussi l'amour et l'admiration pour le
Cubain illustre qui venait de repousser les colonnes
espagnoles depuis l'extrme Orient de l'ile jusqu'au
couchant. C'tait enfin la certitude o l'on tait que
l'arrive de Maceo marquait le triomphe de la Rvo-
lutio.i e. que l'heure a.ait sons de la fin de la c'o-
mination espagnole Cuba.

GuaniguOnico.


sB~pB~II~I~PBI~L~s~


67~1~a~R.







11 FvRIER 1897


les fournisseurs de l'arme espagnole Pedro Do-
menech, Baraona et Trotcha convaincus de
fraude et que l'on fit filer l'tranger.
Ce serait de la purilit que de vouloir conti-
nuer: toute l'encre du monde suffirait peine, si
l'on voulait donner une-ide de l'immoralit des
nobles castillans; ce qui est retenir c'est que.-
tous ces gredins sont toujours rests impunis
moins... qu'ils n'aient reu de l'avancement et
des decorations.

Aprs: Pinar del Rio, voil La: Havane et Ma-
tanzas pacifies tlgraphiquement par
Weyler. Quelle invincible: .pacificateur .que ..ceQ:
animal-l et sans coup frir!
Comme on sent bien que Mac-Kinley doit bien-
tt entrer en scne, et surtout qu' la fin de f-
vrier, il va falloir refaire un emprunt extrieur,
bien entendu, car en EspagnP tout le monde sait
ce qu'il faut penser des pacifications de Weyler!
L'Espagne espre que le capitalist franais lui
versera au centuple ce qu'elle a dpens chez
nous pour apprivoiser des reptiles.
r

De El Globo de Madrid :
L'opinion publique considre que le gnral
Weyler a chou; dans les onze mois de son com-
mandement, l'histoire ne peut enregistrei qu'un
heureux hasard comme fait important.
Nous sommes d'accord, confrre madrilne,
sauf en ceci: la mort de Maceo n'est pas impu-
table au hasard, mais au crime.


Les rformes pour Cuba viennent d'tre.
publies. Nous doutons que la nouvelle comdie
de M. Cnovas obtienne un bien grand succs.
Et nous disons' comdie parce que les con-
cessions que ferait l'Espagne aux Cubains ne
peuvent tre autre chose. Si l'exprience du pass
n'y suffisait, pas, le raisonnement le dmontre
pleinement.


Rien n'est, en effet, plus comprhensible : Les
intrts en politique priment tout, on peut mme
dire qu'ils sont tout; or, les intrts des Cubains
sont absolument inconciliables avec une souve-
rainet relle espagnole.
La question cubaine se rduit, en some,
ceci :
L'Espagne veut conserver Cuba pour les b-
nfices qu'elle retire de cette possession; Cuba,
de son ct, lutte parce qu'elle ne veut plus tre
opprime ni exploite. Aucune entente n'est
possible entire les deux adversaires; toute r-
forme qui ne donnerait pas aux Cubains la libre
disposition des revenues de leur pays ne peut tre
accepte par eux, et l'Espagne ne peut leur con-
cder cela, puisqu'elle ne veut Cuba que pour
l'exploiter. Tout est l.
Si l'Espagne renonait s'approprier les reve-
nus de Cuba, elle aurait plus d'intrt recon-
natre l'indpendance de la colonie qu' exercer
une souverainet de mot, qui ne serait pour elle
qu'une charge,


Toutes les phrases des plumitifs vendus, tous
les argument des politicians plus ou moins m-
prisables ne pourront rien contre la ralit qui
est celle-ci : Les Cubains sont dcids ne plus
se laisser pressure, et l'Espagne n'arrivera pas
obtenir la paix tant qu'elle ne se rsignera pas
tre tout simplement honnte.
Je sais bien qu'il est pnible pour elle de chan-
ger ses habitudes, mais on ne peut vraiment pas
demander au people cubain, intelligent, travail-
leur et voisin du people le plus-libre de la terre,
de se laisser traiter, au seuil du xxe sicle, comme
on traitait les peuples conquis aux poques loin-
taines de l'llistoire. Si l'Espagne est toujours dans
les tnbres du Moyen Age, Cuba nous apparat
blouissante de lumire. Elle est si pres de ce
jeune soleil, les Etats-Unis! L-bas, c'est la lutte
entire le pass et l'avenir, et il est impossible que
Torquemada triomphe en Amerique.




REVOLUTION CUBAINE
t SERVICE SPECIAL
DE




Du i". La Gaceta Oficial de La Havane a
public hier un nouveau dcret du gnral Weyler,
dat de son quarter gnral Las Cruces. Il ordonne
la fermeture de tous les magasins des bourgs et
villages non situs dans les limits des fortifications


espagnoles, et interdit de transporter la campaign
quelques marchandises que ce soit. Un autre dciet
tablit des zones de culture autour des :.rrii.:tirn- '
espagnoless Enfin, un troisime dacret inipi. s u
propritaires dans les pr.'-r in;ce de las Villas, Matar-
zas, La Havane et Pinar del Rio, une contribution
pour l'entretien des forces de cavalerie qui les pro-
tgent, ou l'abandon de leurs proprits.
Le Prsident Cleveland a envoy au Snat
une volumineuse correspondence sur l'affaire San-
guily. Ce dossier content une lettre du Consul
gnral, Mr. Lee, Mr. Olney, rendant compete des
faits du procs et disant que l'inculp a t maintenu
en prison, bien qu'tant dans un tat de sant
lamentable. Mr. Lee termine en disant que le gou-
vernement des Etats-Unis demand au gouvernement
espagnol la mise en libert immediate de l'inculp
la condition qu'il sorte de Cuba et qu'il n'y revienne
pas pendantla dure de la guerre actuelle. On trouve
galement dans le dossier une note de Mr. Olney au
President Cleveland, dans laquelle i.l est dit que les
demands en faveur des prisonniers ne seront pas
prises en consideration par l'Espagne. On croit,
Washington, que les demands seront prsentes si
elles ne l'oni pas t dj.
Vendredi dernier, les Cubains ont fait sauter,
la dynamite, un train militaire dans la province de
Pinar del Rio. Le mcanicien, le chauffeur et treize
soldats ont t tus.
M. Miguel Diaz a t nomm maire de
La Havane.
Le gnral Rius Rivera a pris le comman-
dement des forces cubaines dans la province de
La Havane. Mayfa Rodriguez le replace dans son
commandement dans la province de Pinar del Rio.
L'un et l'autre ont travers la Trocha.
Le bourg de Barrera, quelques kilomtres de
La Havane, a t rduit en cendres par des forces de
cavalerie cubaines.
On nie Madrid qu'il existe une tension entire
le ministry des Affaires trangres et Mr. Taylor,
ministry des Etats-Unis en Espagne.
Du 2. Une expedition cubaine a dbarqu, le
24 du mois dernier, prs de Santiago de Cuba. Elle
a mis en fuite une force espagnole qui essayait
d'empcher le dbarquement.
Le prix du pain est augment. Les ouvriers
d'Aranjuz (Espagne) ont attaqu l'htel de i le
coups de pierres et ont bris les vitres. De nom-
breuses arrestations ont t opres. On a d faire
intervenir la troupe pour rtablir l'ordre.
Le Snat des Etats-Unis a approuv la rso-
lution du snateur Lodge, et demand M. Olney
de publier des details complete sur la mort, Sagua,
du citoyen amricain Lpez.
Dans une attaque nocturne, opre par le
gnral Montaner, contre les Cubains, Alonso,
province de Santa-Clara, ces derniers ont fait clater
une mine pendant le combat; 70 soldats espagnols
ont t tus.
Le project de rformes que le gouvernement a
prpar pour Cuba sera public dans la Gaceta, ven-
dredi prochain. Ces rformes, toutefois, ne seront
pas appliques tant que la situation militaire de
l'Espagne, Cuba, ne se sera pas modifie.


Du 3. Dans un Conseil de Cabinet, tenu ce soir
Madrid, le project des prtendues rformes ra-
liser a Cuba a t adopt. Ce project sera soumis,
remain, la signature de la Rgente.
Un tlgramme de Madrid dit. que les repr-
sentants des parties antillan, autonomiste et rfor-
miste n'approuvent pas les dmarches du chef du
parti espagnol Cuba; M. Apezteguia. Ils-ont, en
outre, l'intention de dissoudre le comit de defense
qui existe La Havane.
Un tlgramme official espagnol dit qu'
Arroyo-Blanco (Camagey), le colonel Arjona a
livr un srieux combat. Le tlgramme ajoute que
les dtails manquent.
Weyler est arriv Santa-Clara.
L'intendant des finances a accus les agents
de change de La Havane de complicit inconsciente
avec la Rvolution et leur a donn trois jours pour
diminuer le change des billets de banque, qui est
aujourd'hui de 16 o/o. Les agents de change ont
tenu une runion dans laquelle ils ont pris la rso-
lution de protester contre l'accusation de l'inten-
dant, ajoutant.que ce n'tait pas sur eux que devait
retomber la responsabilit de la dprciation des
billets de banque puisque leur capital ne s'levait
pas plus d'un million de pesos et ne pouvait, par
suite, exercer une grande influence sur une circula-
tion de 20 millions de pesos. Enfin, disent-ils, la
dprciation est due la manire don't la Banque
fait ses paiements et la raret des billets division-
naires.
M. Walter B. Barker, consul des Etats-Unis
Sagua-la-Grande, s'est plaint au secrtaire d'Etat,
M. Olney, de ce qu'un officer espagnol s'est empar
de la correspondence du consulate, l'a garde pen-
dant une semaine et en a pris copie. Aprs quoi, il
l'a envoye au consul avec une lettre insultante.
Le gnral Weyler a ordonn l'officier de prsenter
ses excuses au consul, mais ce dernier a refuse de
les accepter et a avis son gouvernement.
Du 4. Un tlgramme de Madrid dit que la pu-
blication du texte des rformes pour Cuba a produit
en Espagne une trs mauvaise impression. On dit
que le gouvernement fait aux Cubains de grandes
concessions tandis qu'il n'en fait aucune aux Espa-
gnols.
Des passagers arrivs - Key-West et venant
de La Havane, disent que de nombreux tlgrammes
ont t changs entire cette ville et Madrid, par les
principles personnalits, pour savoir qui seraitcharg
d'appliquer les rformes.
Les Cubains ont fait sauter, mardi dernier, en-
tre Tacotaco etBacunagua, dans la province de Pinar
del Rio, un train d'exploration. Un capitaine, cinq
soldats, le mcanicien et un chauffeur ont t bles-
ss; un chauffeur et un soldat espagnol ont t
tus.
Le train de La Havane Matanzas a t atta-
qu hier par les Cubains. Trois soldats et un com-
mandant ont t blesss.
Un tlegramme de La Havane dit que la mar-
che de Weyler est, chaque jour, plus difficile depuis
qu'il a pntr sur le territoire de Las Villas. Une
nuit, le campement particulier de Weyler a t atta-
qu par des forces cubaines. L'attaque a t si ner-


COLLECTIONS
DE








Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal illustr \ .'^'^ S S,
comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement
-restent notre charge.

Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la guerre de Cuba.


PRIME OFFERTE PAR LE JOURNAL
A l'occasion de la nouvelle anne, nous offrons, titre de prime exceptionnelle, une
remise de 20 pour 100 sur les prix sus-indiqus, ce qui rduit le prix de la collection
2 francs 40 pour la France et 28 francs 80 pour l'tranger.
10 A ceux de nos abonns actuels qui dsireraient acqurir cette magnifique collection;
20 A tous les nouveaux abonns au journal pour une anne.
Le dlai pour profiter de la prime a t fix :
1t Un mois pour la France (janvier 1897) ;
20 Deux mois pour l'Europe (janvier et fvrier 1897);
30 Trois mois pour l'Amrique (janvier, fvrier et mars).


Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse M. l'Administrateur-Grant, 20,

Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


d'un

rue


NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection
gratis.


gique que toutes les forces espagnoles durent tre
mises en movement pour repousser les Cubains.
Ces derniers luttrent avec tant d'ardeur que les Es-
pagnols furent obligs de se rfugier Sjnti Cilre.
rendus de fatigue.
Les Cubains ont livr, pendant trois jours,une:
srie de combats, Sagua de Tnamo, contre.la
garnison et les forces de la canonnire Pinion. L'en-
nemi a subi de grandes pertes.
Le Snat de Washington s'est occup, aujour-
d'hui, du cas de Mr. Gaspar de Btancourt (sujet
amricain. arrt rcemment Cuba). Mr. Morgan,
qui s'est vivement intress cette affaire, a dpos
une resolution demandant au Prsident Cleve-
land de cqmmuniquer tous les renseignemnents qu'il'
possde au Snat. La resolution a t immdia-
tement approuve. On attend, toutefois, avec grande
impatience, la rponse du Prsident Cleveland, car,
nombreux sont les bruits qui courent sur les-actes
de Mr. Btancourt Cuba et sur le traitement qu'it
a reu des autorits espagnoles.
On parole beaucoup, en Espagne, du rappel,
prochain de plusieurs gnraux en ce moment .
Cuba.
Dans un conseil des ministres tenu sous la-
prsidence de la Rgente, Canovas a donn lecture
du project de rformes cubaines qui a t accept par
le gouvernement. La Rgente a sign le dcret. If
sera public dans la Gaceta samedi prochain. Le pro-
jet assure aux products espagnols une reduction de
40 o/o des tarifs de douanes applicable aux products
trangers.
Le project de rformes pour Cuba consiste prin-
cipalement en un Conseil d'administration . Cette
assemble se composer de trente-cinq membres,
don't vingt-et-un seront lus par le people et six par
diffrentes corporations; elle comprendra, en outre,
un magistrat, un professeur de l'Universit, un dl-
gu de l'archevque et cinq anciens snateurs ou d-
puts. Le Conseil d'administration votera le
budget avec l'approbation des Corts, nommera quel-
ques employs, l'exception des hauts fonction-
naires, et pourra tablir les tarifs de douanes, mais e.
tenant compete que les products espagnols doivent
bnficier d'une reduction de tarif de 40 o/o sur les
products trangers. Le gouverneur gnral sera le
reprsentant du gouvernement espagnol, qui aura.
seul le droit de nommer les hauts fonctionnaires,
tels que intendants, magistrats et prfets. Les conseils
gnraux et municipaux liront leurs presidents et
leurs alcades et ne seront souverains qu'en matitre
d'instruction publique. Le gouvernement se reserve
de prendre des measures extraordinaires dans le cas.
o l'ordre public serait altr.
Un cablegramme de La Havane dit que les r-
formes sont considres par les Cubains et les Espa-
gnols comme un simple charlatanisme. Elles n'ont
point fait la moindre impression sur les rvolution-
naires, qui continueront lutter pour l'indpendance
complete de Cuba.
Les autonomistes de Puerto Rico ont public un
manifeste dans lequel ils repoussent come insuffi-
santes les rformes que leur a accordes le gouver-
nement. Ils ne voteront pas dans les prochaines
lections municipales.
M. Estrada Palma, dlgu plnipotentiaire
l'tranger de la Rpublique de Cuba, a rpondu
plusieurs reporters qui sont alls l'interroger au
s.ijet des rformes, qu'il tait pleinement autoris
pour dclarer publiquement, une fois de plus,
que le people cubain, en armes, ne sera satis-
fait et ne consentira la paix, que lorsqu'il
aura conquis l'indpendance absolue.

Du 5. Dans le project de rformes pour Cuba, le
Conseil d'administration fixera chaque anne les
contributions ncessaires pour faire face au budget
des dpenses vot exclusivement par les Corts es-
pagnols. Le dit Conseil, toutefois, pourra renoncer
cette faculty, s'il le dsire.

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TIMBRES-POSTE CUBAINS


Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
ledessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.
[Vota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.


L'Administrateur-GOrant : FOURREAU.

TaoYEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers. 126-


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