Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00057
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: February 4, 1897
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00057
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text























Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Pau 2 Anne PARIS 4 Fvrier 1897 N 55 Un e A.B, e '. ne... Fr.
Un semestre, id. id .... I fr. 11.50
Un trimestre, Id. Id. ... 6 fr. 6.50
1lgraphe : REPCUBAINE A L'TRANGER
PARAIT TOUS LES JEUTDIS Une anne, payable d'avance ............. 25 fr.
SUn semestre, id. id. .......... 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas renduss UN NUMERO....... 0 fr. 25


DECLARATIONS IMIPORTANTES


os lecteurs savent que l'im-
Spuissance laquelle se
trouve rduit le gouver-
nement espagnolle pousse
tous les jours a rpandre
les bruits les plus absur-
des, les impostures les
plus abracadabrantes et
les calomnies les plus mi-
B srables au sujet de la
S guerre de Cuba. Lorsqu'il
a vu que l'agonie de'sa dsastreuse domination,
loin d'jvoir t ralentie par l'assassinat du g,n-
ral Maceo, tait devenue plus papide, il s'est lan-
c dans la voie des fausses nouvelles, des men-
songes honteux. Tantt il invented une lettre du
gnral MIximo Gmez nous nous sommes
occup de ce document cette mme place. -
Tantt il announce que notre Ministre plnipoten-
tiaire l'tranger est sur le point de donner sa
dmission, ce qui tendrait faire croire que de
graves conflicts existent parmi les Cubains qui
font champagne les armes la main, aussi bien
que parmi ceux qui resident aux Etats-Unis.
Tantt, enfin, il rpand la nouvelle de la p:cifi-
cation de la province de Pinar del Rio, et affirme
que la Rvolution recevra le coup mortel par l'in-
troduction des rformes.ou la concession de l'au-
tonomie.
A toutes ces ineptes inventions, 'honorable
M. Estrada Palma a bien voulu rpondre. Il l'a
fait de la manire la plus digne, la plus leve et
la plus concluante-dans le document official que
nous publions ci-dessous, en le faisant prcder
'des passages suivants d'une lettre qu'il a adres-
se i notre respectable dlgu Paris, M. le doc-
teur Betancs, lettre dans laquelle se trouvent
pleinement ratifies ses importantes dcla-
rations.
Voici cette lettre :
Je vous ai dj adress un cblegramme qui vous
aura permis de mettre fin la propaganda faite en
France en faveur du gouvernement espagnol. Les
phrases qui me sont attributes, relativement la
mort de Maceo, sont compltement inexactes, et il
est galement faux que le gnral en chef Mximo
Gmez m'ait annonc que l'anarchie rgnait dans le
.camp insurg et qu'il n'y avait d'autre resource que
la soumission. Tout cela est invention pure. Et
comme on continue parler des rformes qu'aucun
rvolutionnaire n'acceptera, dans le Herald d'au-
jourd'hui et dans d'autres journaux de cette ville,
j'ai pu publier les dclarations que vous lirez, par
lesquelles je fais connaitre, une fois de plus, notre
intention irrvocable de n'accepter aucune propo-
sition d'arrangement tant qu'on n'aura pas reconnu,
au pralable, l'indpendance de Cuba.
Voici maintenant le document cit :

PARTI RVOLUTIONNAIRE CUBAIN
(DLGATION)
On a si souvent parl, ces jours derniers, de la
fin probable de la guerre de Cuba; on a dit si sou-
vent que les patriots accepteraient l'Autonomie ou
les Rformes, que je me crois oblig, en ma quality
de reprsentant official du Peuple cubain, de publier
dans les journaux du pays les lignes qui suivent :
Les Corts espagnols dcrtrent les rformes.
Cela n'empcha pas la Rvolution d'clater. Les
Cubains d'alors, comme ceux d'aujourd'hui, com-
battaient pour un seul idal. Nous sommes las d'en-
tendre parler de rformes et de promesses d'auto-
nomie. Il n'est pas, dans le movement actuel, un
seul chef qui se risque discuter des propositions
de paix n'ayant pas pour base l'indpendance abso-
lue.
On prtend que le gnral Gmez est dispos
accepter de l'Espagne certaines categories de r-
formes et que j'ai reu de lui une lettre ce sujet.
Une pareille lettre n'a t ni reue ni crite.
Je connais le gnral G6mez, don't j'ai t le ca-
marade pendant la guerre prcdente ; je connais
ses opinions; il me les a manifestes avant la guerre
et depuis; je connais son patriotism sans tache et
je rponds de l'inflexibilit de ses principles. En
outre, dans ses dernires lettres il me..dit qu'il est


trs satisfait des moyens sus lesquels il compete, .et
c'est avec enthousiasme qu'il exprime sa conviction
de voir le succs de la champagne d'hiver couronner
nos efforts dans la noble lutte que nous soutenons.
Et mme, en supposant que quelqu'un de nos
chefs principaux ait l'intention de mettre fin la
guerre en acceptant l'autonomie, et le fait est
peu prs impossible ce chef pourrait se soumettre;
il se soumettrait seul. Les Cubains n'ont pas le culte
de quelques individus, ils adorent un idal.
La mort de notre hroque Antonio Maceo rem-
.plit de deuil le cour de tous les Cubains, mais nous
n'emes pas un instant de faiblesse. Les forces pla-
ces sous ses ordres ne se sont pas soumises; la R-
volution ne s'est pas arrte un moment en sa
march.
Nul trait de paix fait par les Cubains ne peut tre
valuable s'il n'est ratifi par une Assemble convo-
que cet effet. Aprs cela, il est impossible de sup-
poser qu'aprs deux annes de lutte sanglante, et
lorsque nous nous trouvons dans une situation plus
avantageuse que jamais, tant en ce qui concern, le


rgions officielles considrent, tort, l'conomie
comme la solution du problme cubain, que l'ind-
pendance seule, et rien d'autre, peut mettre fin la
lutte. Leur expos s'appuie la fois sur des raisons
politiques et conomiques.
Quelle autonomie, en effet, ft-elle la plus large
et la plus complete possible, pourrait tre 'avanta-
geuse pour Cuba, pour un pays cras sous .e poids
de sa dette et des frais de la guerre actuelle ? L'ave-
nir de notre pays serait de ruine et de misre.
La censure de la capitainerie gnrale peut emp-
cher de circuler les nouvelles de nos triomphes sur
les champs de bataille; on peut proclamer, avec une
audace inoue dans le mensonge, la pacification des
provinces de l'ile, comme cela s'est fait pour Pinar
del Rio; on peut expdier des dcrets autorisant la
meule dans les districts o il n'y a ni canne sucre
ni moulins; on peut offrir des rformes et accorder
l'amnistie; ainsi la diplomatic espagnole, fourbe et
pleine de duplicit, trompe les nations trangres et
leur fait croire que l'Espagne est puissante et ma-
gnanime, tandis que nous sommes faibles et ingrats.


VICTOIRE DU GNRAL RIUS RIVERA


Tandis que le gouvernement espagnol ordonne
au gnral Weyler d'annoncer grand fracas, non-
seulement la pacification de la province de Pinar del
Rio, mais encore celles de La Havane et de Matan-
zas, les Cubains dmentent chaque jour ces grosL
siers mensonges par des faits que, malgr son habi-
let consomme de faussaire, Weyler lui-mme est
oblig de reconnaitre exacts.
C'est ainsi que dans la province prtendue paci-
fie de Pinar del Rio, entre.Las Man'gas et Candela-
ria, les forces cubaines ont fait sauter un train la
dynamite, explosion qui a produit des dgts consi-
drables. Malgr les grands efforts du gouver-
nement espagnol La Havane pour cacher la
vrit, nous. pouvons donner les dtails suivants :
Il y avait deux bombes places sur la vbie;
et bien que l'une d'elles seulement fit explo-
sion, le bruit en fut entendu jusqu' trois kilo-
mtres de San Cristobal. La locomotive fut com-
pltement dtruite; le mcanicien, le chauffeur, le
mdecin Gonzalez appartenant au corps du gnie, et
15 soldats furent tus. A La Havane, l'arrive des
blesss, don't le nombre tait important, a caus une
profonde impression.
Dans la province de Santa-Clara, les Espagnols
ont fourni une preuve vidente que leurs combats
pendant la nuit ne leur russissent pas mieux que
ceux qu'ils soutiennent pendant le jour. Un chef
espagnol ayant eu la malencontreuse ide d'attaquer
un campement cubain pendant la nuit, il seprodui-
sit, au moment de l'attaque, l'explosion d'une mine
de dynamite causant 70 morts parmi les Espagnols
qui furent mis en complete droute.

Un tlgramme espagnol, public par La Vog de
Guipciicoa, de Saint-Sbastien, declare que le gn-
ral cubain Rfus Rivera a attaqu une colonne espa-
gnole; ce tlgramme assure-que la lutte fut achar-
ne et que la colonne se trouva dans la situation la
plus critique; elle eut 3o homes mis hors de
combat.
Nous ne tarderons pas connatre, sur ce com-
bat, des dtails que le tlgramme ne content pas.

-----------------

AVI S


Un mendiant, qui dshonore la press es-
pagnole et qui a des motifs pour catcher son
nom et son domicile, a l'audace de montrer
la main dans le Heraldo de Madrid, pour
jeter sous le mpris public, ses calomnies
contre les laborants de Paris. Ce miserable, qui
- sans que l'on sache pourquoi n'a pas en-
core t ramass par la police, prpare les im-
mondices o l'ex-balayeur ou chiffonnier Texi-
fonte Gallego vient fouiller de son crochet les
informations qu'il sert aux lecteurs de son
journal.

*


nombre de nos soldats bien arms et pourvus de
munitions qu'en ce qui concern l'tendue du terri-
toire occup par nos troupes, nous ayons la faiblesse
d'accepter une transaction qui ne rponde pas com-
pltement nos aspirations.
Il n'est pas un Cubain, il n'est pas un. Amricain
qui ne sache que l'apparente gnrosit de l'Espagne
et son esprit de conciliation drivent non de sa force
mais de sa faiblesse. Est-il donc possible qu'au mi-
lieu de ces circonstances favorables nous hsitions
seulement un moment?
Si ceux qui luttent sur le sol de la patrie aime se
sentent assez forts pour repousser avec indignation
les propositions don't on a parl ces jours derniers,
les Cubains qui resident dans les villes connaissent
trop la situation prcaire de l'Espagne'pour insinuer
seulement une indication dansce sens.
Dans ces villes, seuls boulevards de la domination
espagnole Cuba, des hommes d'un grand prestige
et d'une situation de fortune considerable, viennent
de rdiger un expos dans lequel ils dclarent sans
ambages afin d'avertir ceux qui, ici, dans les hautes


Les Cubains, pendant ce temps, continueront
combattre pour l'indpendance, pour l'indpendance
seule,.aujourd'hui, demain et toujours.
Aux chefs qui succombent ils en substitueront
d'autres de valeur-gale, car c'est l'occasion qui fait
les hommes. Gmez lui-mme a dit : Il imported
peu que je tombe dans la lutte. La Rvolution a une
force qui lui est propre; elle est ardente et vigou-
reuse et elle poursuivra sa march irresistible jus-
qu' ce que le triomphe ait couronn son uvre de
redemption.
D'autre part, la victoire sera notre excuse la plus
puissante pour avoir entrepris une guerre sanglante
et pleine de dsolation, et le seul monument digne
des victims sacrifices et de nos grands martyrs, sera
l'indpendance de la Patrie.
Toms Estra:la Palma.


*


Pour Cuba Libre!






4 FVRIER 1897.


POUR LES BLIESSS UBANS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






2mF Liste :
Fraincs.


M. Mna, avocat, Naitcy.....................
Htel d'Angoulime, Troyes.............
M. Drouin, graveur, Parins....... .......
M. Matanzas ..........................
Anonyme ........................ .......
Un m achetero ........ ...................
M. A. Caron, conseiller municipal, au Vsinet
M. Demblon, employ au Petit Troyen....


Matre, imlirimeur
Misr, idem.
Schill, idem.
Baptiste, idem.
Ricklin fils, idem.
E: Laurent, idem.
L. Cabos, papetier
Belleuvre, idem.
Ricklin pre, idem.
J. Hant, barbeur
M. Leclerc. chef de dpart
L. Huet, conducteur


Darbot, idem.
Cousin, typographe
Faillat, idem .
Combes, idem.
Canquery, idem.
Colbois, 'idem.
Fellot, idem.
Kirchhoffer, idem.
Cotrel, idem.
J. Guillon, idem.
Latour, idem.
Pougiat, idem.


Lcorch, metteuren pages
Corniot, strotypeur
Delafrayes, idem.


idem.
idem.
idem..
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idem.
idenii.

idem.
idem.
idem.
idem.
idem.

idem.
idem.


M. Albert Miot .........................


10.00,
2.00
1.00
5.oo
5.oo
2.00
5.oo
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
O 25
0.25
0.25
0.25
0.25
0.25
0,25
0.25
0.25
0.50
o.50
1,00


Total................... 38.50
Total antrieur........... 99.00

Total gnral............. 137.50

Nota. Toutes les souscriptions figurant dans
la liste qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, Dlgu 'du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.

---------- .^ -------

EN ATTENDANT LE SECOND EMPRUNT


Le premier emprunt espagnol, souscrit unique-
ment par la pninsule, ayant tout just suffi pour
payer au gnral Weyler une demi-douzaine de
vestes, le gouvernement aux destins duquel prside
n.ominalement Alphonse numro treize et effective-
ment le vieux tortureur de Montjuich, se prpare
en lancer un. second. Avis aux jobards qui ont de
l'argent perdre.
De l le regain de victoires que, depuis. une quin-
zaine, clbrent tous les tlgrammes de Madrid et
de La Havane. Weyler qui, d'habitude, opre dans
un cabinet blind peut-tre l'est-il lui-mme
vingt-cinq lieues du champ de bataille, a travers,
en personnel, s'il vous plait, les rgions les plus
dsertes de la province de Pinar del Rio, faisant tirer
de temps autre quelques coups de fusils sur des
buissons "pour simuler un combat. Les buissons ne
rpondant pas, le vaillait chourineur s'est, tout
naturellement, attribu la victoire. C'est ce qu'en
style official on a surnom.r la pacification de
Pinar del Rio.
Cette glorieuse champagne termine, Weyler a fait
mine de se porter de l'ouest sur le centre de l'ile,
annonant qu'il allait refouler G6mez sur l'extrmit
orientale.
Seulement, peine le gnral espagnol s'tait-il
mis en movement, sur son arrire-garde et ses
flancs se levaient des nues de bandes insurges et
les incendies de plantations s'allumaient aux envi-
rons de La Havane.
Le pays est pacific, avait orgueilleusement
dclar Weyler. Pas encore tout fait, object
timidement le marquis Apezteguia. Certes le gnral
W'eler est un foudre- au mme degr que la tonne
monstre de Heidelberg -mais il administre comme
une oie. Le triomphe de l'Espagne est certain, mais
il est impossible de prciser la dure de la lutte : elle
peut se terminer en cinq minutes ou se prolonger
cent cinquante ans. Enfin, l'esprit du pays devient
de plus en plus espagnol, seulement il est indispen-
sable de fair sans relache des concessions ceux
qui s'en contentment encore, autrement en fait de
population fidle la monarchie des Alphonses, il
ne resterait plus que le docteur Zertucha, ce qui est
honorable mais notoirenient insuffisant.
Ce bafouillage, qui ferait rire un s.nateur empaill,
est videmment dict par le besoin de prparer les
voies un second emprunt. Il ne reste plus Cano-
vas que la sbille qu'il tend dsesprment: une fois


qu'elle sera remplie si toutefois l'aveuglement
public va jusque-l on apprendra que la province
de Pinar del Rio n'a jamais t pacifie et que le
gnral Weyler se fait suivre de vingt mille homes
de troupes et de cinquante canons pour aller la
garde-robe.







POUR CUBA LIBRE!


Afin que ceux de nos lecteurs qui pourraient l'igno-
rer puissent se rendre compete et apprcier l'enthou-
siasme gnral et la sympathie profonde qu'inspire
la cause de Cuba Libre aux .Etats-Unis, nous don-
nons ci-contre une gravure reprsentant une mani-
festation en faveur de la reconnaissance de la belli-
grance, au moment o les manifestants s'avancent
dans les .rues de New-York. Elle prouve avec vi-
dence que dans ce pays l'action populaire, loin d'tre
entrave, est respecte et protge par les pouvoirs
publics.
Dans cette manifestation, on peut voir le drapeau
amricain port ct du drapeau cubain, des uni-
formes et des cocardes de l'arme libratrice de Cuba,
ainsi que son redoutable machete.
Pour complter les indications donnes par ce
dessin, qui a t fidlement excut d'aprs une ins-
tantane, nous ajouterons que les manifestations de ce
genre qui sontfrquentes New-York,ne comprennent
pas moins de dix mille manifestants, poussant avec
enthousiasme le cri de: Vive Cuba Libre et de-
mandant la reconnaissance de la belligrance.
Nous ferons remarquer, en outre, que cet example
des Etats-Unis a commenc tre rellement suivi
dans toute l'Amrique du Sud; c'est ainsi que, der-
nirement des manifestations analogues en faveur de
Cuba Libre ont eu lieu Rio de Janeiro, Montevi-
deo, Mendoza, en Bolivie, Santiago de Chili, etc.

---------i.D.---------

NOUVELLE CALOMNIE ESPAGNOLE


Un tlgramme de Madrid portant la date du
i" fvrier announce que les anciens chefs cubains
Juan B. Spotorno et Marcos Garcia iront trouver le
gnral Maximo Gmez avec mission de le dcider
se soumettre aprs la publication des :..:.,,',i ,
moyennant finances ainsi qu'il le fit la fin de la.
guerre de 1878 .
Il est inutile de dire que le gnral G6mez saura
excuter la loi qui exige de pendre aux branches,
d'un gudsima (L) les traitres Spotorno et Garcia,
ainsi qu'il le fit en 1877 pour les missaires YVrona
et Castellano, et conformment au dcret du mme
Spotorno don't voici le texte,:
Considrant qu'aprs sept annes de guerre en-
viron, il est impossible qu'on ignore notre ferme
resolution de ne pas nous soumettre de nouveau
la domination espagnole et notre inaltrable volont
d'obtenir notre indpendance, le Prsident de la
Rpublique a bien voulu dcider: Que les indivi,
dus venant du camp ennemi, qui prsenteront
verbalement ou par crit des propositions de
paix non fondes sur l'indpendance de CuOwa,
seront arrts et jugs .
Mais nous devons reliever surtout l'infme caolm-
nie qui consist prtendre que le gnral Gmez
dposa les armes en 1878 mo)ennantfinances. Ce
nest pas la mprisable canaille qui a invent cette
farce odieuse que nous nous adressons, c'est ceux
qui, insuffisamment informs, pourraient ajouter foi
ce mensonge. A ceux-l, nous dirons que cette
imputation se trouve dmentie par la brochure
El Convenio del Zanji publie on 1878, a J.a-
maque, par le gnral Gmez lui-mime.
On verra dans ces pages comment ce grand
patriote refusa toujours les offres ritrs que le bri-
gadier Acosta y Alvear lui faisait au nom du gnral
Martinez Campos. On y trouvera galement la copie
d'un document dans lequel le dit brigadier certified
avoir reu le remboursement du prix du passage de
la famille du gnral Gmez, de Cuba Saint-
Domingue, seule offre que le gnral cubain accept
d'Acosta y Alvear et seulement titre de prt per-
sonnel.
Que le gouvernement espagnol mente et calomnie
tant qu'il lui plaira, puisqu'aussi bien la calomnie et
lemensonge sont les facteurs les plus important de
sa diplomatic ; mais qu'il s'abstienne au moins lors-
qu'il est trop facile, comme aujourd'hui, de
dvoiler son infamie et sa sottise on lui jetant au
visage des textes indiscutables.

------.4 1.,L------


AVERTISSEMENTS


Depuis le i5 janvier, la nouvelle adresse tl-
graphique de notre journal est la suivante :
REPOUBAINE. PARIS.
Nous prions nos correspondents et amis d'en
prendre note.

(i) Arbre trs lev aux branches duquel les
Cubains pendent les traitres la patrie. -V. de la R.


Ceux de nos abonns qui n'ont pas encore
acquitt le montant de leur souscription sont pris
de nous le faire parvenir le plus tt possible, s'ils ne
veulent pas pouver d'interruption dans le service
du journal.
Nous nous trouvons dans la ncessit de rap-
peler ceux de nos agents et correspondents de l'Eu-
rope et de l'Amrique, qui ne l'ont pas encore.fait,,
de vouloir bien rgler leurs competes avec l'adminis-
tration du journal jusqu'au 3I dcembre 1896, dans.
le plus bref dlai possible, et conformment aux
conditions qu'ils, ont acceptes, afin de pouvoir con-
tinuer avec, rgularit leurs envois de journaux.


L'IMMORMLIT ESPAGNOLE


Maintenant que nos lecteurs connaissent l'article
de El Imparcial de Madrid, reproduit dans notre
numro de la semaine dernire, nous pouvons ma-
nifester notre opinion sur les faits qui y sont rap-
ports.
Tout le monde sait que ce journal et le Heraldo
de .Madrid ont attir vivement l'attention de l'opi-
nion publique espagnole en dnonant les vols scan-
daleux que te gouvernement espagnol comment
Cuba, et on sait galement qu'au lieu d'ordonner
une enqute come il l'avait d pour sauvegarder
son prestige,.M. Canovas, chef du cabinet, a pour-
suivi lesdits journaux et fait emprisonner l'auteur
d'un des articles accusateurs.
Mais s'il est vrai que ces journalists ont, dans l'in-
trt public, livr au. gouvernement une bataille dans
laquelle ils ont eu imnmdiatement tout le monde
pour eux, il est non moins certain que leur effort
ne produira rien car le gouvernement espagnol est
irrmdiablement gangren au point de vue de l'im-
moralit et le vol est, pour lui, une habitude inv-
tre.
Il a t pendant la paix le voleur le plus effront
qui ait jamais exist, comment pourrait-on penser
qu'en temps de guerre il pourrait devenir honnte,
alors surtout que la guerre a lieu si loin?
Ces journaux ont-il donc oubli les millions vols
par l'administration espagnole pendant la guerre
prcdente de Cuba? Ils sont, dans tous les cas,
inexcusables d'avoir port aux nues, pendant prs
d'un an, le satrape Weyler, alors qu'ils savaient, aussi
bien que nous, que le gnral Pieltain demand en
1873 le replacement de ce miserable convaincu de
vol et d'autre chose.
D'autre part, en Espagne, on ne doit pas ignorer
et des journaux qui se considrent comme bien
informs doivent savoir plus que tout le monde -
que le gnral boucher a dj plac environ un mil-
lion de pesos, Il y a plus d'un mois que cette nou-
velIe a t transmise de La Havane notre confrre
El Yara de Cayo Hueso et, bien qu' ce moment
toutes les feuilles de choux de la Mtropole aient
trait cette information de calomnie flibustire ,
le Heraldo et El Imparcial prouvent aujourd'hui, par
leurs dnonciations, que la nouvelle peut tre place
au rang des ralits espagnoles .
Notre journal tout entier ne suffirait pas si nous
voulions publier une tude complete des faits.prin-
cipaux qui montrent la corruption de l'administra-
tion espagnole. Nous nous bornerons donc ne ci-
ter que ceux qui nous reviennent en mmoire. Ils
suffiront prouver davantage nos affirmations.
Si nous remontons la guerre prcdente, nous
voyons combien sont nombreux les voleurs galon-
ns envoys Cuba par l'Espagne.
Citons Gonzalez Boet, qui vola les bijoux de la
femme du docteur Flix Figueredo; le gnral Por-
tillo qui, pendant plusieurs mois en 1873, fut accus
sans trve par les journaux de La Havane El Tribuno
L ;7!...' et El Gorro Frigio, d'avoir vol les trou-
peaux de Las Villas; le brigadier Ampudia, qui fut
accus devant Alphonse XII, par l'honorable mili-
taire espagnol Gonzalez del Hoyo, d'avoir assassin
un de ses compatriots qui avait au Camagey une
situation important. Ce malheureux rclamant
Ampudia le paiement d'une forte some, il le fit
fusiller. Les fournisseurs de l'arme Pedro Dome-
nech, Baraona et Trotcha que le gnral Jovellar
voulut chtier, mais qui russirent passer en Hol-
lande o ils furent laisss en libert bien qu'il ait t
prouv qu'ils revendaient aux Cubains ce qu'ils ve-
naient de vendre aux Espagnols. Citons encore les
affaires magnifiques des quartiers-maitres de l'arme
don't put si bien parler le gnral Gutirrez de la
Concha; les vols scandaleux de biens saisis qui en-
richirent tant de marauds devenus aujourd'hui des
Espagnols honntes; les contrebandes et les fraudes
dans le service des douanes qui s'levrent plu-
sieurs millions...
El Imparcial et le Heraldo ont-ils besoin d'autres
faits pour voir, clair comme le jour, que les Espa-
gnols qui violent aujourd'hui Cuba leur propre pa-
trie- cette patrie qu'ils prtendent aimer tant ne
font que suivre fidlement le productif example des
Espagnols de 1868 i878, et que le gouvernement
d'aujourd'hui est aussi voleur que celui d'alors?
Dans un prochain article nous pousserons plus
loin, avec de plus nombreux documents, cette d-
monstration.


*


BENJAMIN GIBERGA


The Sun, l'important journal de New-York, nous.
announce que notre sympathique ami, M. Benjamin
Giberga, le jeune crivain de Matanzas, a t nomm
secrtaire de la Lgation. Cubaine Washington.
La distinction peu commune de M. Giberga, sa
connaissance profonde de la socit et de la poli-
tique des Etats-Unis et son patriotism aussi sin-
cre et prouv que peu bruyant, le dsignaient pour
la function qui vient de lui tre confie. Ce choix
'montre une fois de plus la sret de coup d'ceil de
notre respectable min.istre plnipotentiaire 9 l'tran-
ger, M. Estrada Palma.
Nous envoyons nos flicitations cordiales M.
Giberga, notre camarade de lutte, pendant dix-huit
ans, dans la politique et la press cubaines.

------^ --------

CONTRE L'EMPRUNT


Notre minent compatriot et ami. M. Gonzalo de
Quesada, secrtaire de la Dlgation Cubaine New-
York, vient de publier, dans les journaux amricains,
une lettre dans laquelle il dit :
Si M. Dupuy de Lme peut montrer une lettre
quelconque du gnral Mximo Gmez offrant
de dposer les arms en change de l'autono-
mie, je m'engage verser 50,00 francs
l'institution de bienfaisance de Washington
que M. Dupuy m'indiquera. Dans le cas con-
traire, il versera la mme some pour les.
hpitaux cubains.
Le fringant ministry plnipotentiaire d'Espagne
Washington, M. Dupuy de L6me, n'a pas accept
le pari que lui offrait M. Quesada. Il a ainsi lgalis
diplomatiquement ce qu'on a dit et rpt, savoir
que l'histoire de la lettre est une invention du gou-
vernement espagnol destine faire monter ses va-
leurs la Bourse de Paris et prparer l'emprunt
auquel il songe.
Que les imprudents, s'il en est encore, ouvrent
l'oeil et ferment la bourse.




LE GENERAL MAGEO


UNE PREUVE DE PLUS
Les passages suivants d'une lettre publie par no-
tre vaillant collgue El Tara, de Cayo Hueso, dans
son numro du 9 juillet 1881, montreront une fois
de plus au monde civilis que depuis la guerre prc-
dente l'infame gouvernement espagnol prparait
l'assassinat du gnral Antonio Maceo.
La lettre a t adresse le 16 mai de la dite anne,
par l'assassin de Punta Brava, au gnral Polavieja,
l'trangleur de Cubains sans defense et charges de
liens. En voici les passages les plus important:
Non seulement le gouvernement ne se content
pas de faire contre moi une propaganda largement
paye, mais il caresse depuis longtemps dj la mi-
srable ide de m'assassiner, ide qu'il a essay d'ex-
cuter diffrentes reprises en 1870, 74, 79, Hati et
Saint-Domingue (Saint-Domingue et Puerto Plata)
et, enfin, en 81, en cette ville pour la second fois.
Mais il n'a pas t plus heureux que dans ses tenta-
tives prcdentes. Il avait, en effet, confi l'excution
de son plan au btard Francisco Laguna qui l'a fait
avorter surtout par lchet.
. ...... .......... .. ...... ....... .. ... ...........
En 1870, Manuel Hechevarria fut expressment
envoy dans la jurisdiction de Maroto, canton de Ma-
jaguabo, pour m'assassiner. Cet individu, remis par
moi au gnral Miximo G6mez avec toutes les preuves
de la mission don't il avait t charge, fut jug par un
Conseil de guerre.et excut. En 1874, le gouverne-
ment espagnol employ la mme besogne Jos de
las Mercedes Colas, individu qui fut pris dans ur.e
prison et auquel on avait offer la libert et de l'ar-
gent; mais il ne fut pas plus heureux que le premier..
En 1879 eut lieu l'vnement d'Hati, que tout
le monde connait dj, et don't on a essay de tirer
parti plus tard pour satisfaire des haines person-
nelles, bien que les dtracteurs ne se soient pas mon-
trs. En 1880, Saint-Domingue et Puerto-Plata:
dans cette ville le gouvernementdela Rpublique fut
inform et considrant le cas comme relevant.de la loi,
il fit emprisonner cette poque un employ du Con-
sulat espagnol; dans la capital, je mis moi-mme au
courant des faits le gnral Heureau, qui mit ma dis-
position tous les moyens voulus pour ma defense per-
sonnelle et prit le plus grand soin de la conservation
de ma personnel clans la sphre de ses attributions. Je
profit de l'occasion pour lui adresser ici un tmoi-
gnage public de ma gratitude et de mon amiti et
pour rendre galement public mon respect et ma
consideration pour le gouvernement de la Rpubli-
que tout entier. En 1881, j'arrivai peine dans cette
ville (Kingston}, lorsque apparut un nouvel envoy
du gouvernement qui opprime l'infortune Cuba. Il
tait accompagn d'un Fninsulaire. Apres plusieurs
entrevues avec le consul Palomino sur la conduite
qu'ils devaient tenir, ces deux individus partirent
sans avoir accompli leur mission. Enfin se prsenta.
Franisco Laguna, dj cit.


~,ir~,~.p~a~.e~C;s~a~P'~n~;~







4 FVRIER 1897.


Il faut ajouter, aux dtails qu'on vient de lire, la
declaration de Texifonte Gallego faite dans le He-
raldo de Madrid et reproduite dans La Rpublique
Cubaine, le 24 dcembre dernier, declaration dans
laquelle Texifonte Gallego affirme que si, en 189o, le
gnral Salamanca avait vcu, Maceo n'aurait
pas pris part la guerre actuelle; il faut ajouter
.aussi la blessure reue par Maceo Costa Rica quel-
que temps avant cette guerre dans une embuscade
dresse par des Espagnols. On verra aprs cela que
le complot Weyler, Ahumada et Zertucha n'a t
autre chose que la continuation d'un plan.adopt
depuis longtemps par le gouvernement espagnol.
Est-il possible de douter aprs cela que le gnral
Maceo a t assassin par les Espagnols ?

UNE PITAPHE
Notre distingu confrre El Libre Pensamiento,
dfenseur de la cause cubaine Lima, public les re-
marquables vers suivants don't il ne cite pas l'au-
teur, qui est, dit-il, un de nos meilleurs potes na-
tionaux :
A 'Jos Antonio Maceo
(Epitaphe)
Toi, qui tonnas le monde par ton audace,
Fu.as t tu par trahison : non en loyal combat.
Contre tant de pouvoir, tant de malheur I
Contre tant de courage, tant de perfidie !
Lima, dcembre 1896.

---------.^.--------

JOURNALISME FIN DE SICLE"

A Potolo.
Un qui n'a pas perdu son temps c'est Auguste
Comte, le pre du positivisme , puisque notre so-
cit actuelle est positiviste jusque dans la moelle
des os. Chacun pour soi, et ,Dieu pour personnel -
ce qui est assez natural de la part d'un tre que l'on
dit si just telle est la devise de notre gnration.
Et cette devise en vaut, certes, bien une autre; il est
certain que la vie devient tr.s dure, et qu' moins
de se rsigner son propre anantissement, on est
bien forc de struggle-for-lifer.
Maintenant que j'ai pralablement plaid les cir-
constances attnuantes, j'arrive au fait ; le voici tout
crment: Je me suis vendu l'ambassade espagnole.
Que voulez-vous ? voyez plus haut. Oui, j'ai cd
aux exigences croissantes de la vie matrielle, ma
conscience a capitul, comme celle de tant d'autres
infortuns confrres, devant l'appt de l'or. Vile
poussire que nous sommes!
Moyennant une subvention magnifique comme
tout ce qui est esp.agnol, vous voyez que je n'ai
pas t long apprendre le language des reptiles, -
je dois publier Paris un journal contre les insurgs
cubains, et, cela va de soi, la gloire de l'Espagne.
C'est pourquoi je viens, sans crainte et sans pudeur,
profiter de l'hospitalit que La Rpublique Cu-
baine donne ma prose, pour faire un brin de r-
clame en faveur de mon journal. Dans La Rpu-
blique Cubaine oui, car j'ai dj le cynisme du
subventionn.
J'avais song un moment M. Jules Roche pour
les premiers-Paris mais cela m'aurait cot trop
cher; je jouirai donc seul du prix de mon dshon-
:neur, j'crirai tous les articles du journal, et, quand
je n'y suffirai pas, ma foi, je prendrai mon bien o
je le trouverai, euphmisme qui signifie que je filou-
terai la prose des confrres. Ce n'est peut-tre pas
trs dlicat, mais quand on est sur la mauvaise
pente...
Mon journal portera ce titre: L'Anti-Flibustier,
Journal absolument indpendant. Permettez-moi,
lecteurs, de vous offrir la primeur de ce que contien-
dra le premier numro.
D'abord un magnifique article je puis le louer
puisqu'il n'est pas de moi que j'ai... emprunt
au New-York Herald du 21 Dcembre 1896:
Au Rdacteur .du * Herald .: Je acheterai
plus New iYork Herald qu'il dit toujours betises
respect Cuba contre Espana avec "Italian subscri-
ber" et Mister Call et Sherman et tous; que porquoi
:1'Italian il se occupe de Cuba ? Mnlik tait pas si
mchant que Maceo...; eh? et Mnlik l'a donn
.une pile a Italian et Espana l'a donn pile Maceo.
.Alors... Mister Call l'est un parleur. Avisez lui al-
ler Cuba et il verra, avec les autres. L'Etats-Unis
il envoie fusil munition a Cubains, c'est tous n-
gres, mais Espana n' peur rien, rien, rien... L'Es-
pagne a battu Napoleon, et l'Etats Unis il n'est pas
Napoleon, mais marchand porc sal. Donc a fait et,
comme Espanol, je protest je vous salue, si tes
imparcial poubli ma lettre.
Scusez si je ecris pas Anglais; je ecris Francais.
Jos Arnunan v LopeC.
Ainsi que vous le voyez, mon journal se prsente
bien; c'est que l'auteur de ce magistral article est un
vritable crivain de race ; mais, vrai dire, je ne sais
pas au just de quelle race, blanche, noire ou jaune.
Peut-tre est-il infrieur Castelar au point de vue
de l'lgance de la forme, mais en ce qui touche la
profondeur de la pense et la justesse du raisonne-
ment, il n'a rien envier au clbre esthte.
Viendront ensuite les : Dpches de Cuba, qui
m'arrivent par fil special et en droite ligne du
boulevard de Courcelles. Sous cette rubrique le lec-
teur trouvera l'empoignant rcit des victoires espa-


gnoles, les actes de gnrosit du brave gnral
Weyler, la mort, l'enterrement et la soumission de
MAximo Gmez... et les demands de renforts.
Nouvelles politiques. Depuis la publication
des rformes qu'on va appliquer Puerto-Rico, l'in-
surrection a clat dans cette dernire colonie aupa-
ravant si tranquille.
Echos d'Espagne. Une grande procession
vient d'avoir lieu Valence pour obtenir du Tout-
Puissant qu'il pleuve. Les rcoltes sont perdues; on
n eurt de soif.
Une grande procession vient d'avoir lieu
Sville pour obtenir du Tout-Puissant qu'il ne pleuve
plus. Les rcoltes sont perdues; plusieurs localits
sont inondes.
Les dernires courses de taureaux de Madrid
ont t particulirement brillantes; cinquante che-
vaux ont t ventrs. Le soir un diner de gala a eu
lieu au palais, Lagartijo tait assis la droite de la
Reine.
Dans le courant de cette semaine, deux mille
dserteurs espagnols se sont rfugis l'tranger, le
plus grand nombre Gibraltar.
La Bourse. L'Extrieure est en hausse sen-
sible; elle se ngociait hier en clture au poids... de
l'or, bien entendu.
Vlocipdie. Un match sensationnel vient
d'tre conclu entire le clbre coureur amricain Jo-
nathan, et le non moins clbre recordman espa-
gnol, Alphonsito. Jonathan a pour lui ses muscles
d'acier, ses poumons toute preuve, sa merveil-
leuse tactique, son nergie indomptable; niais, de
son ct, Alphonsito a pour lui sa fiert castillane;
la lutte promet donc d'tre chaude.
Bibliographie. Vient de paraitre l'Histoire
de la Civilisation Espagnole en Amrique par San-
gredo; superbe volume de deux mille pages... en
blanc.-
Thtres. Franais. Le Menteur avec
M. Canovas dans le principal rle.
Opra. Sapho ; M.Castelar chantera Sapho,
sans jeu de mots.
Ambigu. Rocambole (dbuts de M. Weyler).
Varits. Les Brigands , par une troupe es-
pagnole (grand succs).
Belleville. L'Assommoir , M. Lachambre
jouera le rle de Coupeau.
A la Porte-Saint-MIartin, la representation de
Patrie, le beau drame de M. Sardou, a t interdite
par le gouvernement. Le drame a, parait-il, des ten-
dances flibustires .
Annonces. Remplaant bon march pour
aller Cuba.
A vendre en bon tat un superbe uniform de
colonel de uhlans ayant appartenu au roi Alphonse
XII.
Le meilleur purgatif est le purgatif "Eclair".
Agit instantanment.
Dmnagements. Transports pour l'tranger.
Gmez, Mac-Kinley et C'. Grande vitesse.
Pour aplatir. Rien ne vaut les clbres machines-
rouleaux Oncle Sam ,de Washington.
A cder aprs faillite, tablissement de bains de
i" ordre Sville. Prix avantageux.
Bonne affaire. A vendre, aprs faillite, grande
quantit de savons et articles de toilette de tous'gen-
res. Calle del Cicote, Cadix.
Bains. A vendre, aprs faillite, un bel tablisse-
ment Madrid. Le matriel, appareils d'hydroth-
rapie, baignoires, etc., n'a jamais servi. Affaire
d'avenir... condition que l'on s'installe ailleurs
qu'en Espagne.

Allons, n'hsitez pas, abonnez-vous tous L'An-
ti-Flibustier !
Aprs tout, que mon journal plaise ou ne plaise
pas, qu'il dise ou non la vrit, cela m'est absolu-
ment indifferent puisque je touche une subvention.
Enfin, je suis un vrai journalist !










LES ARMES DE L'ESPAGNE


Sous ce titre fort bien choisi, nous trouvons dans
le journal Patria, de New-York, une ,preuve indis-
cutable de la corruption et de l'indignit qui mar-
quent les'procds employs par les espagnols pour
faire la guerre.
Comme nos lecteurs vont le voir, le cas de Zer-
tucha n'est pas isol. Acheter des traitres est une
coutume invtre chez l'abject gouvernement es-
pagnol :
Les documents suivants suffisent montrer
quelles sont les armes employes par les agents de
l'Espagne pour combattre les patriots qui veulent
rompre un joug ignominieux.
Il y a un .billet qui dit: Consulat d'Espagne
la Nouvelle-Orlans Numro special Don Nar-
ciso Prez Petinto, Consul d'Espagne la Nouvelle-
Orlans.
Je certified: que Don Baldomero Herrera a offer
de rendre d'importants services la cause de l'Es-
pagne et, en vertu de ladite promesse, je lui accord


ce sauf-conduit, afin que si, par suite des circons-
tances qu'il va traverser, il tait arrt par les auto-
-rits espagnoles, on suspendit toute poursuite contre
lui avant d'avoir consult, le ministry de S. M.
Washington. Nouvelle-Orlans, 15 septembre
1896 Sign: Narciso Pret Petinto. Ce document
porte un sceau l'encre violette avec l'cussson es-
pagnol et ces mots: Consulat d'Espagne la
Nouvelle-Orlans.
Au dos de ce document sont crites, de la main
mme du Consul d'Espagne, signes et scelles par
lui, les lignes suivantes :
Nouvelle-Orlans, 14 septembre 1896.
Monsieur D. Baldomero Herrera,
Cher Monsieur: Aprs avoir examin avec atten-
tion les propositions que vous m'avez faites au course
de vos trois visits, me manifestant:
Qu'une expedition trs important en hommes,
armes et munitions se prepare sous le commande-
ment du cabecilla Roloff; qu'elle doit partir pro-
chainement pour Cuba, d'un des ports des Etats-
Unis ou, peut-tre, ainsi qu'on l'a indiqu dernire-
ment, de Honduras ou de quelque autre rpublique
amricaine, et que -'ous vous tes engag en faire
parties.
Que vous m'offrez de me dire le nom du ba-
teau, le jour du dpart, le point d'o l'expdition
doit partir, et que vous vous engagez me faire
connatre avant de vous mettre en route, le point
o l'expdition doit dbarquer sur les ctes de Cuba,
afin qu'elle soit arrte par les croiseurs espagnols.
Que pour cela, vous demandez une rcom-
pense de cinq mille dollars aprs la capture et une
advance de deux cents pesos si j'accepte vos pro-
positions.
Je vous rponds:
Que je les accepted, et que je m'engage comme
consul d'Espagne et flment autoris cet effet,
vous remettre maintenant les deux cents pesos et
plus tard, si par suite des confidences que vous
offrez de faire, l'expdition est arrte par les croi-
seurs de guerre espagnols, mais seulement au cas
o la capture, aurait lieu en cette forme, la some
de cinq mille dollars qui vous seront remis aus-
sitt que la capture aura t effectue, en vertu de
l'offre que je vous fais par ce document. Sign :
Narciso Pre; Petinto, consul d'Espagne.
Tout ce document est crit de la main mme du
Consul qui l'autorise.

------*< t -----


L'AMRIQUE LATINE

et le gnral Maceo


La Naci6n, Buenos-Ayres: Cette fois, cela pa-
rait certain : le clbre gurillero cubain qui a d-
ploy tant d'habilet dans la province de Pinar del
Rio, qui a rsist pendant plus d'un an de nom-
breuses forces espagnoles, livrant de nombreux et
sanglants combats, est mort.

Ce n'est pas la premiere fois qu'on a annonc 'sa
mort, mais aujourd'hui la nouvelle ne parait pas
douteuse. Et ce qu'il y a de plus trange, c'est qu'il
tombe aprs avoir accompli une operation qui tait
tenue pour impossible : le'passage de la trocha de
Mariel. C'est pour cela que sa mort ne s'est pas pro-
duite dans cette province de Pinar del Rio qui a t
pendant si longtemps le thtre de ses exploits. 11 est
mort dans la province de L Havane, dans le com-
bat de Punta -Brava soutenu contre les forces du
commandant Cirujeda.
Il a t souvent question d'Antonio Maceo dans
les colonnes de notre journal; mais il n'est pas n-
cessaire de rappeler les faits saillants de sa vie. Celle-
ci est crite dans les nomrbreux combats qu'il a li-
vrs aux troupes espagnoles. Ds le jour de son arri-
ve dans la petite province de Pinar del Rio il s'y
tait maintenu, bien qu'il n'eut appune communica-
tion avec les autres forces insurges et malgr la.
poursuite acharne qui lui fut faite ds le principle.
Sa reputation tait devenue si grande qu'elle clip-
.sait mme celle du gnral en chef Mximo Gmez.
Il alimenta seul, pendant quelques mois, la chro-
nique de la guerre, et le gnral Weyler ne se pro-
cupa que de lui quand il commena ses operations,
l'entourant, le pressant de toutes parts, ce qui n'a-
vait pas empch ledit gnral d'chouer ou peu
prs dans son project, puisque les forces de Maceo lui
chappaient de tous cts .et avaient russi traverser
la Trocha.
Les colonnes espagnoles russirent cependant
l'atteindre plusieurs fois; mais elles ne purent ja-
mais le battre compltement. Elles durent mme,
en plus d'une occasion, rsister aux rudes attaques
des forces insurges.
On s'explique et on comprend, aprs cela, la joie
que la nouvelle de sa mort a cause dans l'Espagne
entire. Il serait risqu d'afirmer, ainsi que les Es-
pagnols l'ont dj fait dans le premier feu de l'en-
thousiasme, que l'insurrection est termine par la
disparition de Maceo. 11 reste encore aux Cubains
des chefs pleins de prestige, Miximo Gmez et Ca-
lixto Garcia, entire autres. les mmes forces demeu-
rent sous les armes; les partisans de l'insurrection
sont encore pleins d'ardeur et d'esprances.


La nouvelle de la mort de Maceo, accepte come
fonde, on ne peut moins faire que de manifester
un sentiment de sympathies et d'amiration pour le
lutteur infatigable, le guerillero expert, le gnral in-
telligent et habile qui a dfendu avec tant de tna-
cit et au prix de tant de sacrifices la cause cubaine,
ct qui est mort enfin hroquement pour elle.


La Nueva Prensa, Pachuca (Mexique) : Lors-
que, il y a quelques annes, une Commission cu-
baine salua la mre des Maceo, le president de la
Commission lui dit: Mariana Grajales, que le
fruit de tes entrailles soit bni, et que soit mille fois
maudit le Cubain qui ne vnrerait pas la femme
qui a donn sa patrie onze hros don't le sang a
arros la terre esclave de la Pointe de Maisi au cap
San Antonio.
Si la nouvelle de l'assassinat qui a mis fin l'exis-
tence, glorieuse du lieutenant-gnral de l'arme
cubaine est confirme, sur les onze fils de Madame
Grajales, trois seulement restent encore debout :
Tomis, Felipe et Marcos, qui, mutils par les
balles, et impuissants prendre part 'la guerre,
font Costa-Rica et aux Etats-Unis, o ils resident,
la meilleure des propagandes en faveur de la cause
sacro-sainte de la libert, en montrant aux jeunes
patriots les moignons de leurs bras et leurs jambes
de bois.




REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 25. Les cblegrammes de La Havane indi-
quent clairement que la Province de Pinar del Rio
est toujours fort loin d'tre pacifie ainsi que l'a
prtendu le gnral Weyler. A Rio Hondo a eu lieu
une rencontre sanglante. Il n'a pas t possible de
connatre le nombre des tus et des blesss.
Dans un combat qui a eu lieu Managua, le
capitaine Jos Talaveron et son fils ont t mortelle-
ment blesss.
Le gnral Weyler est arriv Cuevitas.
Le snateur Turpie, ainsi qu'il l'avait annonc
la semaine dernire, a demand que la resolution de
M. Caneron, relative l'indpendance de Cuba, soit
discute. Il a dit que la Rvolution actuelle n'tait
que la second priode de la guerre de 1868, laquelle
fut .simplement suspendue la suite d'une entente
des deux parties, entente que l'Espagne ne tarda pas
annuler en violent ses engagements. Mr. Turpie a
assur que c'tait au Congrs]qu'appartenait le droit
de reconnaitre l'indpendance de Cuba; que l'Es-
pagne, il y a 17 ans, avait reconnu les Cubains en
belligrants rpar le fait d'changer les prisonniers;
que le gnral Weyler n'tait autre chose qu'un rep-
tile qui ne se servait de son pe que contre les fem-
mes, les enfants et les vieillards, et n'employait contre
ses ennemis que des balles de paper; que les efforts
du gnral Weyler pour.prsenter la mort du gn-
ral Maceo comme survenue en un combat loyal et
non par suite d'un assassinate, prpuvent.la recon-
naissance de fa belligrance et l'existence Cuba
d'un tat de guerre toujours ni par l'Espagne; en-
fin que si les Etats-Unis reconnaissaient les rvolu-
tionnaires cubains comme belligrants, ces derniers
prendraient immdiatement des patentes et.jetteraient
dans l'Ocan le commerce espagnol.
Mr. Chandler a prsent un bill tendant d-
clarer que sur le territoire des Etats-Unis personnel
ne devait tre poursuivi pour aide prte la Rpu-
blique de Cuba, c'est--dire pour un fait- trs lgi-
time suivant les lois de la guerre.
Le Prsident Cleveland a inform le Snat, en
vertu d'une resolution, que 74 citoyens amricains
ont t arrts depuis que la Rvolution a clat.
Chaque arrestation a donn lieu une action diplo-
matique. Parmi les citoyens amricains arrts, sept,
y compris Sanguily et Someillan, sont poursuivis et
sept correspondents de journaux des Etas-Unis ont
t mis en arrestation et expulss.
Du 26. Le gnral Weyler est arriv Caimi-
tal (i). Le fait qu'il ait pu avancer sans tre attaqu
est considr par les Espagnols comme une preuve
de faiblesse de la part des rvolutionnaires. Mais ces
derniers affirment qu'ils attaqueront en temps op-
portun.
Des forces cubaines ont fait sauter par la dyna-
mite un pont sur le rio Tuinici, sur la ligne ferre
de la Encrucijada.
Le gnral Weyler est arriv au sud de Colon.
Du 27. L'Assemble de la Lgislature de l'Etat
de New-York, Albany, a manifest sa sympathies
pour les rvolutionnaires cubains et a exprim, le
voeu que le Congrs des Etats-Unis reconnaisse bien-
tt les droits de la belligrance aux Cubains et l'in-
dpendance de l'Ile.
Dans la ville de Guantnamo, a t fusill par
les Espagnols un jeune homme cubain du nom de
Eleuterio Bertot, cousin de l'administrateur du jour-
nal Listin Diario, de Saint-Domingue.

(I) Prs de La Havane. N. de la R.


lp ,eC~,~,'~ne







\PPe~ C~~e


4 FVRIER 1897


Du 28. Les vapeurs cubains Daunlless et
Three-Fiends ont t mis en libert sous caution.
Le premier a d verser i5.ooo dollars et le second
5.000o.
Un grand jur a t nomm au tribunal des
Etats-Unis, Baltimore, pour examiner les charges
qui psent sur le gnral Roloff et sur M. Luis, dans
l'affaire du vapeur Wondall.
Deux combats assez important ont eu lieu,
-l'un dans la province de La Havane, prs de San-
Jos de las Lajas, et l'autre Legueitio, dans la pro-
vince de Las Villas.
De nombreuses escarmouches ont eu lieu dans
toutes les provinces de l'ile. :" :
Un convoi espagnol a russi enfin arriver
Bayamo. Il a t, pendant.sa rpute, constamment
attaqu par ls Cubains.
Dans les cercles officials de Madrid, on dment
que des ngociations aient exist entire le gouverne-
ment espagnol et les chefs cubains.
Une dpche de La Havane dit, que le gnral
Weyler continue sa march. Il se trouve en ce mo-
ment.prs du rio Hanbana, proximity de la pro-
vince de Las Villas.
Cnovas del Castillo dment que des pourpar-
lers soient engags pour la signature d'un trait de
commerce entire l'Espagne et les Etats-Unis.
Du 29. On croit que le gouvernement publiera,
dans la Gaette de Madrid, le texte des rformes
qu'il a l'intention d'introduire Cuba, et qu'il de-
mandera aussitt un bill d'indemnit.
Le' bruit coutait ce soir, Madrid, que M. Az-
crraga, actuellement ministry de la guerre, serait
nomm gouverneur-gnral de Cuba. Le gnral
Weyler conserverait le commandment militaire des
forces espagnoles dans 'ile. Santos Guzmn rempla-
cerait Castellanos au ministre des colonies, et Ro-
mero Robledo succderait Gayn au'ministre de
l'intrieur.
Le gnral Weyler a pass la nuit Rodas.
On announce de Fort-Monro, New-York,
qu'on a vu .passer le vapeur La'uradd se dirigeant
vers une destination inconnue.
M. Toms Estrada Palma, Dlgu Plnipoten-
tiaire de la Rpublique Cubaine, a fait connaitre de
nouveau que les Cutains en armes.n'accepteraient
aucune proposition si.elle ne s'appuyait sur l'ind-
pendance complete de lile de Cuba.
Des navires, arrivs aux Etats-Unis et venant de
Puerto-Rico, se plaignent.d'avoir t soumis .dans ce
port une visit. Tous les journaux nord amricains
qu'ils transportaient ont t confisqus.
Le gnral Weyler a concentr 20,000 hommes
dans la province de Las Villas, afin d'obliger le g-
nral Mximo Gmez rtrograder jusqu'au Cama-
gey. Les forces cubaines, divises en guerrillas, prin-
cipalement dans les provinces'de La Havane et de'
Matanzas, incendient les plantations don't les pro-
pritaires veulent continued moudre.
Le marquis de Apeztegufa, chef du parti con-
servateur espagnol de Cuba, qui vient d'arriver'en
Espagne, a dclar qu'il tait absolument impos-
sible de vaincre l'insurrection par les armes. Iles-
time que les rformes doivent tre .tendues et.sin-'
cres, et il ajoute que le gnral Weyler ne possde
aucune des qualits de l'administrateur et qu'il est,
d'autre part,' impossible de dire quand la guerre
pourra tre termine, particulirement dans les pro-
vinces orientales qui sont, d'aprs son aveu, com-
pltement au pouvoir des Cubains.
El Imnparcci.l, de Madrid, reoit de son corres-
pindaft La Havane, p r Key West, une dpche
dans laquelle il est dit que l'opinion Cuba est trs
irrite contre Weyler, lequel, la tte de 20,000
homese, march sur Las Villas, tandis que la R-
volution se montre plus 'redo-table que jamais dans
les provinces de Pinar del Rio et de La Havane,
ainsi que le dmontre l'chec subi rcemment par
les troupes espagnoles commandes par le gnral
Melguizo. Dans cette bataille, les Espagnols ont eu
200 hommes tus. La censure a interdit la publica-
tion de ce fait. Le dit correspondent ajoute que les
gnraux Bernal et Pin rentreront en Espagne, au
commencement de fvrier, la suite de dissenti-
ments entire eux et le gnral Weyler; le gnral
Arolas, de son ct, se.plaint d'tre entrav dans ses
operations Pinar del Rio et de ce que Mufiz reste
Cuba, sur la demand de Ahumada, gouverneur
intrimaire de La Havane.
On croit qu'il est question d'approvisionner
Bayamo pour longtemps en vue des difficults aux-
quelles se heurtent les Espagnols pour l'expdition
des convois. L'envoi de ces derniers ne saurait tre
tfait par le Rio Canto plein de torpilles places par
les forces cubaines.
Du 30. Une rencontre a eu lieu hier entire les
Espagnols et les Cubains. aux environs de Bejucal.
Le combat a dur environ cinq heures; .les Espa-
gnols ont dfinitivement d battre en retraite, lais-
sant une trentaine de morts et de nombreux blesss
sur le carreau. On prvoit que les rebelles, forts de
leur victoire, se porteront vers La Havane. L'mo-
tion est grande dans cette ville. Toute la region
comprise entire Bejucal et La Havane prsente un
aspect dsolant. La plupart des platitations ont t
abandonnes par leurs propritaires. Le gnral
Wevler concentre ses troupes au Sud-Ouest de La
Hlavane. Il se prepare liver une bataille decisive.


La press conservatrice de La Havane continue
sa violent champagne contre El Imparcial et el
Heraldo de Madrid pour leurs attaques iau gairal
Weyler, inspires, dissent les journaux espagnols de
Cuba, par des haines personnelles.
On prpare au gnral Weyler, son retour de
la champagne, une manifestation avant pour objet de
protester contre les attaques diriges contre lui par
el Heraldo et El Imparcial de Madrid.
Canovas del Castillo, president du Coniseil des
ministres, a ni une fois de plus que le gouvernement
espagnol ait fait connaitre aux puissances euro-
pennes les rformes qu'il a l'intention d'accorder
Cuba.
Du 3r. Quelques dtails sont parvenus New-
York sur l'assassinat des malades cubains, brls
dans un hpital par les troupes espagnoles. Les
malades cubains et plusieurs femmes qui se trou-
vaient en traitement l'hpital ont combattu jus-
qu' la dernire extrmit. Les troupes espagnoles
ont mis le feu l'tabljssement et tu i5o malades.,
Une runion secrte a eu lieu La Havane sous
la prsidence du gnral Ahumada, assist du
gnral Palmarola, reprsentant le parti automiste,
Glvez et Montoro et par le parti rformiste Rabell
et Rivero, en vue de s'occuper des rformes que
l'Espagne a l'intention d'accorder Cuba. On
announce galement qu'un reprsentant de la mason
Rothschild assistant cette runion.
Le correspondent de El Imparcial, La Havane,
announce que l'opinion publique se proccupe de
l'action important attendue dans la province de
Las Villas entire les forces des gnraux. Mximo
Gmez et Weyler.
Les Cubains ont fait sauter la dynamite un
train entire Mangas et Candelaria, dans la province
de Pinar del Rio.
Dans une entrevue qu'il a eue avec le corres-
pondant du New York Journal, le chef du gouver-
nement espagnol a dit qu'aucune ngociation n'tait
en course avec les Etats-Unis relativement la ques-
tion de Cuba.'
Avant-hier soir, on apercevait du Parque Cen-
tral, La Havane, l'incendie 'du village de Cruz de
Piedra Bacuranao (i).
On croit que le gnral Vargas prendra le gou-
vernement civil de Cuba. Weyler conserverait le
commandement des troupes.

--------*-----------

LA PRESS FRANAISE

et le gn6ral Maceo

La Petite Rpublique: En dpit des prten-
du'es victoires du guerrier Weyler, en dpit mme de
la mort de Maceo, les affaires du gouvernement al-
phonsiste ne paraissent gure s'arranger.
Certes, les tlgrammes venus de Cuba par cble
official continent annoncer des capilotades d'in-
surgs et des hcatombes d'indignes.
Mais voyez comme vont les choses. Plus les Cu-

(i) Faubourg du terme municipal d Guanabacoa,
5 kilomtres de cette ville. N. de la R.


bains sont vaincus, taills en pices et anantis, plus
ils'avancent, resserrant La Havane en un cercle de
fer'. Maceo disparu, Mximo G6mez a pris sa place
aux avant-postes, et il recule tant et si bien qu'il
vient de refranchir avec ses troupes cette mmTro-
cha dans le voisinage de laqielle le comrfiandant
Cirujeda aurait remport son grand succ{s de d-
cembre dernier.
Weyler, d'autre part, se serait montr si heureux
dans ses operations, il aurait tel point rprim
l'insurrection qu'il n'est bruit, Madrid, que de son
rappel. Avouez que d'ordinaire on en use diffrem-
ment l'gard des gnraux vainqueurs. On les prie
de rester sur place pour poursuivre leurs avantages
et consommer leur triomphe. Le gouvernement es-
pagnol a de singulires faons de rcompenser ses
bons serviteurs.
Bien mieux, Madrid mme, on manque de con-
fiance. Canovas, l'homme indispensable, le seul qui,
de l'avis de la rgente, sut mler la dose voulue la
manire forte la manire douce , est frapp
Sdans son prestige. Les Corts s'agitent pourlui don-
ner un successeur, M. Sagasta, dit-on, qui se serait
engag panser les plaies faites son pays.
Tout ceci au lendemain de cette explosion de ma-
nifestations d'enthcusiasme par lesquelles l'Espa-
gne officielle semblait dire l'Europe : J'ai par le fer
et le feu reconquis mon empire; l'insurrection est
morte.
L'insurrection, il semble, n'a jamais t plus vi-
vante; mais en revanche l'Espagne-monarchique est
bien malade.
Louis Dubreuilh.

L'Autorit:--Suivant une dpche officielle de La
Havane, le gnral Weyler, la suite de reconnais-
sances dans les provinces de La Havane et de Matan-
zas, prtend qu'il n'y a plus dans ces deux provinces
aucune force important de rebelles, ni aucune
bande srieusement organise, qu'il reste seulement
quelques groups faciles disperser.
Toujours d'aprs le mme tlgramme, le gnral
Weyler considre ces provinces comme pacifies; le
travail de la canne sucre y aurait mme recom-
menc sur plusieurs points.
Voil des assertions qui tonneront bon droit.
Par suite de quels vnements les deux provinces
en question sont-elles pacifies ?
Aucun combat important, aucun advantage srieux
sur l'insurrection, n'y a t signal, pas plus, au
reste, que dans la province occidentale de Pinar del
Rio.
Nous n'avons pas t aviss davantage que des
rebelles aient fait leur soumission.
Encore une fois, ce dnouement, qui n'a t pr-
cd d'aucune prface, ce rsultat sans cause appa-
rente nous trouve sceptiques.
Le'gnral Weyler n'est-il pas, une fois de plus, la
dupe de son optimism ordinaire et ne prend-il pas
pour une pacification ce qui n'est qu'un parpille-
ment momentan ?

La Justice : Les fausses nouvelles de Weyler
et les habilets de M. Cnovas ne trompent plus
personnel, et le president du conseil se voit mainte-
nant attaqu par .les hommes de son propre part.


COLLECTIONS
DE








Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal illustr La~i,~ gite,

comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement

restent notre charge.

Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts

sur la guerre de Cuba.


PRIME OFFERTE PAR LE JOURNAL
A' l'occasion de la nouvelle anne, nous offrons, titre de prime exceptionnelle, une
remise de 20 pour 100 sur les prix sus-indiqus, ce qui rduit le prix de la collection
26 francs 40 pour la France et 28 francs 80 pour l'tranger.
1t A ceux de nos abonns actuels qui dsireraient acqurir cette magnifique collection;
2o A tous les nouveaux abonns au journal pour une anne.
Le dlai pour profiter de la prime a t fix :
1 Un mois pour la France (janvier 1897);
20 Deux mois pour l'Europe (janvier et fvrier 1897);
30 Trois mois pour l'Amrique (janvier, fvrier et mars).


Toute demand de collection devra tre accompagne
mandat-poste et adresse M. l'Administrateur-Grant, 20,

Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


d'un

rue


NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection
gratis.


Un de ses rivaux, M. Silvela, l'accusait mme avant-
hier, en terms peu voils, de conduire, la monar-
chie sa perte. Cela semble devoir tre, en effet,
lIpilogue des guerres coloniales de l'Espagne.

Le Messin, Metz : La nouvelle de la mort de
Maceo fait la meilleure impression Madrid.
C'est dans un grand journal rpublicain -franais
que nous venons de lire la dpche qui dbute par
cette phrase odieuse.
Alors c'est a, la politique, et c'est a, aussi, la ci-
vilisation qu nous exportons chez les peuplades de
l'Afrique.
Un people oppress, martyris, s'est soulev et
dans un admirable lan s'est insurg contre le joug
de !'Espagne aveulie. Il lutte depuis deux ans pied
pied contre des adversaires plus nombreux et mieux
arms et cependant le drapeau espagnol ne couvre
que des dfaites, il ne flotte.plus que sur des terri-
toires dserts, des hpitaux encombrs.
Le courage des insurgs n'a pas flchi un instant
pendant que l'Espagne voyait ses jeunes hommes,
appels sous les drapeaux, fuir lchement l'tran-
ger.
Toute cette race espagnole dgnre, nvrose,
peureuse et cruelle, s'affirme bien dans ces odieuses
manifestations d'tudiantinas qui vont chanter
l'hymne national dans les cafs, parce que Maceo
est mort, mort au champ d'honneur, parce
que Gmez s'est suicide plutt que d'abandonner le
cadavre du hros.
Si le people espagnol tait encore un grand peu-
ple, il et salu avec plus de respect les cadavres
des deux patriots cubains. Mais tous ces fiers Es-
pagnols n'ont pu oublier que depuis deux ans ils
sont saisis aux entrailles ds qu'ils entendent pro-
noncer le nom de Maceo.
Et d'abord, en admettant que Maceo soit relle-
ment mort ce qui ne sera dmontr que lorsque
nous en aurons une confirmation d'ailleurs que des
menteuses agencies espagnoles il faut penser que
l'Espagne avait vraiment peu confiance dans la jus-
tice de sa cause, la science de ses gnraux, le cou-
rage de ses soldats pour n'esprer la fin de l'insur-
rection que par la mort de l'un de ses chefs.
Qu'elle craigne.plutt que le sang de Maceo ne
fasse jaillir de la terre cubaine de nouveaux hros,
qui lui front payer cher une premiere et trop facile
victoire.

L'Exprience du Peuple, Nantes: Mais en at-
tendant il faut avouer que, dans la peninsule, l'ho-
rizon est singulirement noir. Malgr les victoires
quotidiennes que le gouvernement se fait annoncer
par le cble de Manille et de La Havane, malgr la
rigueur dploye par les gnraux espagnols contre
tous les suspects qui tombent entire leurs mains, la.
repression n'avance pas. Mais il y a pire.
Non seulement les journaux de tous les parties
traitent le gnral Weyler d'incapable, mais quel-
ques-unes des feuilles les plus considrables de Ma-
drid l'ont accus de tolrer dans son arme les actes
de concussion les. plus graves. Tandis que l'Inten-
dance s'enrichit des sacrifices du Trsor public, les.
soldats espagnols n'ont ni solde ni vivres et sont
pour le vdmito negro une proie d'autant plus facile
qu'ils souffrent des plus dures privations. Comme
on le comprend, ces rvlations ont caus une vive
motion, et la suspension par voice administrative des
journaux qui les ont faites n'a pas contribu le
calmer.
Quant au produit de l'emprunt de quatre cents
millions , il serait dj dvor Par suit, un chan-
gement bref dlai d'orientation dans la politique
suivie jusqu'ici s'imposerait d'une faon de plus en
plus pressante. G WVaternaux.
-------- ---

TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le dessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en mc-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en frontt la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.
Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.


SL B E3 Il T :L UZ

Dentiste Amricain

OPERATIONS GARANTIES

23, Avenue de Wagram

L'Administrateur-Grant : FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue hiers, 126'


~




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs