Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: January 28, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00056
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul PARIS DEPART.
SAnne PARIS 28 anvier I87 N 54 Une anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
AnAa--- Un semestre, id. id. ... 11 fr. 11.50
Un trimestre, id. id. ... 6 fr. 6.50
Tlgraphe : REPCUBAINE A L'TRANGER
-- PA-RAIT TOTUS LES JE3JDIS Une anne, payable d'avance............. 25 fr.
I U L E Un semestre, id. id. ............ 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO...... O fr. 25


AVERTISSEMENTS

Depuis le i5 janvier. la nouvelle, adresse tl-
graphique de notre journal est la suivante:
REPCUBAINE. PARIS.
Nous prions nos correspondents et amis d'en
prendre note.
Ceux de nos abonns qui n'ont pas encore
acquitt le montant de leur souscription sont pris
de nous le faire parvenir le plus tt possible, s'ils ne
veulent pas pouver d'interruption dans le service
du journal.
Nous nous trouvons dans la ncessit de rap-
peler ceux de nos agents etcorrespondants de l'Eu-
rope et de l'Amrique, qui ne l'ont pas encore fait,
de vouloir bien rgler leurs comptes avec l'adminis-
tration du journal jusqu'au 3i dcembre 1896, dans
le plus bref dlai possible, et conformment aux
conditions qu'ils ont acceptes, afin de pouvoir con-
tinuer avec rgularit leurs envois de journaux.




NOTR~E ANNIYRSBAIRE


S e 23, LaRpublique Cubaine
a eu un an d'existence. Dsi-
reux de remplir un devoir
sacr en servant dans la me-
sure de nos forces l'indpen-
dance de la Patrie devoir
qui s'imposetous les Cubains
y B et qu'aucun d'eux ne saurait
discuter nous fimes paraitre le premier numro
de ce journal le 23 janvier 1896. Notre but tait de
doter la press europenne d'un organe refltant
exactement le sentiment cubain l'heure o un
nouveau et formidable movement rvolutionnaire
dmontrait au monde qu'il existait l-bas, dans la
Grande Antille, un people jeune, intelligent et riche,
mais esclave, humili et, en mme temps, exploit
par le plus horrible des despotismes; un people
qui, de nouveau, en appelait aux armes pour con-
qurir la place laquelle il avait droit parmi les
nations ou pour disparaitre jamais, extermin par
les barbares qui le dpouillent et le corrompent.
Il ne nous appartient pas ici d'apprcier les efforts
faits chaque semaine pendant l'anne qui vient de
finir pour mettre le plus possible en lumire la lgi-
timit de la lutte mort que nous avons entreprise
cQntre la domination espagnole. Notre gouver-
nement, l'opinion indpendante et la press qui ne
se vend pas, ont bien voulu, diffrentes reprises,
nous tmoigner leur estime qui s'est manifeste plus
vivement encore l'occasion du punch qui nous a
t offert la veille de l'anniversaire de notre journal
par des membres du Comit Franais de Cuba Libre
et du Comit Cubain, et par nos rdacteurs, nos
collaborateurs et nos amis.
La place d'honneur avait t rserve M. le doc-
teur Betancis, dlgu Paris du Parti Rvolu-
tionnaire Cubain. En face, tait assis notre rdac-
teur, M. Saint Hamans; au centre, le directeur et
l'administrateur de La Rpublique Cubaine, avant
leur ct MM. Malato (Cosio), Casabona, Steens,
secrtaire de la Dlgation, Mestre Ambile, et bien
d'autres don't nous regrettons de ne pas connaitre
les noms. ,
Le premier toast fut port par M. Steens, secr-
taire du Comit Franais de Cuba Libre, qui fit de
notre journal et de son directeur le plus vif loge,
montrant ainsi son enthousiasme pour notre cause.
Aprs lui, M. Malato fit des souhaits pour les deux


Rpubliques: celle de Cuba et celle de Paris; la
grande, la Constitution de laquelle nos frres tra-
vaillent l-bas, et la modest, que nous soutenons
ici dans la press. Notre dlgu, M. le docteur
Betancs, but ensuite la press franchise, qui nous
prte son concours, et M. Rochefort, l'illustre
dfenseur de nos liberts dans le journalism fran-
ais. Enfin, M. Mestre Ambile, aprs avoir mani-
fest l'gard de notre journal les mmes sympa-
thies que MM. Steens et Malato, a dit, avec autant
de justice que d'opportunit, ce que la cause cubaine
devait notre administrateur-grant, M. Fourreau
qui, bien que franais, s'est consacr d'une faon
absolument dsintresse au succs de notre journal
comme aurait pu le faire un Cubain. Au nom de ses
compatriotes, M. Mestre Ambile a remerci notre
sympathique confrre.
Les toasts termins, M. Steens, comme souvenir
de cette. fte fraternelle o s'taient runis des amis
et des confrres, a remis notre directeur une
collection de La Rpublique Cubaine, lgamment
relie.
Il ne nous reste qu' tmoigner tous notre


et des toasts ports par nos amis Mestre Ambile,
Achille Steens et Cosmo Cuba Libre, aux dfen-
seurs de la Rvolution et la press honnte, celle
qui ne reoit pas des subsides de Cnovas. Puis,
dans une chaleureuse allocution, notre digne ami le
docteur Betancs a, au milieu des applaudissements,
port la sant d'Henri Rochefort, dfenseur de la
libert cubaine.

--~ I---


COMMENT WEYLER ASSASSIN


Le fort du Morro, don't nous reproduisons la vue
dans notre section espagnole, est situ l'entre du
port de La Havane.
Son histoire prsente notamment deux vne-
ments important. Le premier remote l'anne
1762, poque laquelle il fut presque entirement
dtruit par l'escadre anglaise qui prit La Havane.
Le second est encore moins glorieux pour la do-
mination espagnole Cuba: dans la guerre de 1868
come dans la guerre prsente, le Morro a t et
est encore aujourd'hui une prison dans laquelle sont


REVERS DE CANOVAS


PROTECTION A CUBA LIBRE


Il est eipressment confirm que les ngocia-
tions entire les Etats-Unis et l'Espagne, pour arri-
ver un arrangement pacifique dans la question
cubaine, sont dfinitivement rompues.
M. Cinovas avait demand au Ministre plni-
potentiaire amricain de lui donner la garantie
que M. Mac-Kinley suivrait la mme politique de
neutralit que M. Cleveland, au sujet de la guerre
cubaine. Le reprsentant du gouvernenent am-
cain lui rpondit qu'il ne voulait en aucune fa-
on engager la libre action du nouveau prsi-
dent et que, de plus, il considrait qu'il tait
trop tard pour entamer de nouvelles ngocia-
tions: Cette rponse a tellement affect M. Cano-
vas qu'il a quitt la conference en proie un
grand malaise.


M. Chandler, snateur amricain, a prsent
au Snat une proposition aux terms de laquelle
personnel ne pourra tre poursuivi aux Etats-
Unis pour des actes tendant aider la Rpu-
blique de Cuba. Cette proposition a t renvoye
la Commission des Affaires trangres.


Nous sommes en measure d'informer nos lec-
teurs que l'expdition dbarque sur la cte sud
d'Orient, et don't nous avons rendu compete dans
notre dernier numro, est la mime que celle qui
avait t saisie i la Jamaque il y a quelques se-
maines, puis remise en libert.
Celte expedition, qui a dbarqu une notable
quantity d'armes, de munitions et de mdica-
ments, tait conduite par le commandant Rafael
Lanza,-patriote trs connu, fondateur et direc-
teur de La Convencin Bepiublicana, journal
de La Havane fond en 1869, et condamn aux
travaux forcs dans l'affaire du Thtre deVilla-
Nueva.

--------* k-------

AVEUX OFFICIALS


Une information de source oficielle, venue de
Madrid, fait connaitre que les m lades de l'arme
espagnole Cuba sont au nombre de 24,308, ainsi
rpartis :

De la fivre jaune, i,57o ; dyssenteric, 345 ; palu-
denne, 4,550; typhode, 544; maladies diverse,
16,1o8 ; blesss, 200 ; tubercu eux, 991. Total,
24,308
Seulement cel ?..


*


reconnaissance pour l'honneur qu'ils nous ont fait
et pour leurs demonstrations si affectueuses. Cet
honneur et ces demonstrations, qu'on nous per-
mette de les considrer comme ds la Patrie,
plutt qu' un de ses humbles serviteurs.

------TS ----

DE L'INTRANSIGEANT

Nous sommes heureux de reproduire l'entrefilet
suivant qu'a public notre vaillant confrre L'Intran-
sigeant, que nous remercions de sa sympathie,
l'occasion de l'anniversaire de la foundation de notre
journal :
Hier soir, la taverne d'Anglement, pour com-
mmorer la foundation du journal La Rpublique
Cubaine, un punch a t oTert son sympathique
directeur, M. Figarola, et son dvou administra-
teur, M. Fourreau. Des discours ont t prononcs


pratiques toutes les tortures de l'inquisition espa-
gnole. Dans des cachots infects, dpourvus d'air et
de lumire, sont jets les prisonniers de guerre et
les personnel arrtes comme suspects; nul ne
peut connaitre ensuite la destine de ces malheu-
reuses victims qui sont lchement tortures puis as-
sassines par douzaines et par centaines de diverse
faons. Parmi les modes de supplice imagins par la
barberie castillane, notre gravure reproduit l'un des
moyens frquemment employs par les Espagnols
pour se dbarrasser des prisonniers: la noyade. Les
victims sont portes bord d'un barque pendant la
nuit; les uns sont jets la mer avec une charge de
lingots de plomb aux pieds; d'autres sont simple-
ment prcipits l'eau o on les achve coups de
revolvers.
Nos lecteurs pourront vrifier l'authenticit de ces
faits en consultant la press des Etats-Unis et de
Londres, voire mme L'Echo du Mexique, journal
cependant favorable l'Espagne, en date du 25 d-
cembre 1896.


*


Comment WTeyler as-asine






28 JANVIER 1897.


POUR LES: BLESSS CUBAINS

SOUSCRIPTION OUVERTE PAR






Il, y aurardeux ans le 24 fvri prochain ; que le
peOiple cubirn; la dptis. pluS:;de qutTe sicles de'
la' plliS horrilble'ies 'tyrannies-'-- d-l tyraftal'"espaiP
gnlr.:- seSlaiada's' ila"lutt8'enfasisntll erment~:t
de conqurir son indpendance ou de mourir. Deux
ans, pendant lesquels la press trangre, le gnral
Martinez Campos, lesjtu'riatx'de la 'Pniris'utes
chefs, les officers et les soldats espagnols et jus-
qu'aux rapports officials du gnral Weyler ont at-
test que les Cubains mettent en libert'les pri-
sonniers et soignent les blesss de l'ennemi.
Par' contre, les Espagnols fusillent le :prison-
niers et jusqu'aux individus arrts' comme
suspects, assassinent lesi blesss,, les femmes,
les enfants, les vieillards et les paysans' pai-
sibles, incendient les hpitaux cubainsect, enfin,
tandis qu'ils ont pour eux La Croix-Rouge, ils ont
russi par menaces empcher jusqu' ce jour que
c2tte institution humanitaire prte ses bienfaisants
services aux blesss cubains.
En presence de:ctt situati'di,. il cst irdiscutabl'.
u l'huififaritetrla civi lisa lohme'n peve'nt:pa5sres-
ter insenliblts'.:. Quell'que.'soit' laclis.se.: - laquelle
ils appartiennent, qu'ils sentr' d.' rahg::lv'.'otu de
positi'ris--ocialc modest, qu'ils 'professenti tellei *:u
telleB:opi:ir's p6olitiqu e.s; sociale 'ou.' religi:eu-sis .
tousItSle:hohrimeS:digries: decs riom's:'iiip.se:. tj-::'de-
voir' sacr::d .secourir; les'blss'sj les-: maladb~S. .. en
Ikur ercr.'y dei. md.icainents :des:appareitgsou. 'de
l'arge 'putf:ur en ach'eter.
A cett~'oevre de vritable philanthrophie, .ce
devoir d'humanit pratiqu par tous les peupls
civiliss, sans-se.proccuper de savoir d'o vient ce-
lui quien bnficie et si la raison" est'ou non de son
cth ocette noble et gnieuse manifestation de la
fraternity de toutes les races, de toutes les classes
sociales sans; distinction, nous, invitorns: tout le
monde participer. Que chacun apporte donc son
obole la souscription que nous ouvrons en faveur
de's"b'ss' cubains.
Confiants dats'. les tsentimnent.. de philanthropie
qrii'so ei lai mnarque il',aplus' apprciabler-de l'duca-
tion morale:de:.tout, hamnm-e : nous nee doutons: pas
d'tre, entendus, Nous' en avons une premiere preuve
dans la.,liste, que. nous publions aujourd'hui, des
sommes recueillies entr quelques amis et quelques
autres personnel venues ces-jours- derniers dans
notre bureau de Rdaction et d'Administration. Que
tous sans distinction nous aident dans l'oeuvre que
nous avons entreprise; que to's enoiiht leutr sdus-
cripti:on' au' directeur ou' l'administtrteU.r' de ILa
ptublliqu'e- Cblaine, 20; ruel-SaiiitdVincent-de-
Paul, en ayant soin d'crire clairem-int les nonrs,
les.prnoms;, les professions et: les. sdmmes;. afin
d?viter.des- erreurs' dans les-listes' que: rnouis'.publie-
rons.


P'e Liste':
Direction.et Administration. de LaR4puia
'blique Cubaine......................
M. le docteur H. Riedel de Porto-Alegre
(Brsil) ...............................
M. B. H .., ingnieur franais ...........
M' Auguste Roger, commerant ..........
M" A. D..............................
M '" E. S... .............................
M"' Loup..................... ........
U n lithographe ... .......................
M' VG ................................
a" n Fiance ..............................
M. L. Y. I ..................... ... ...
JournalLe Petit Tiroyen, Troves :
M. G. Arbouin, directeur............... ..
M. Louis Casabona, rdacteur en chef......
M. tivant, rdacteur....................
M1! Moriat, rdacteur......................
M. Belleteste, rdacteur ................
M. Cardon, rdacteur.....................
M. Papin, caissier .......................
M. Desplanques, chef du service d'abonne-
m ents et dpts........................
M. Meystre, chef de vente................
M. Collombon, prote......................
M. F. Mathieu, typographe, conseiller muni-
cipal .................................
M"" A. Bouche, dentellire ...............


20.00

40.50
5.00
I.o00
2.00
1..00
2.00
2.00
1.00
o. o
0.56
2 00

10.00
2.00
I .00
I .00
1.00
I .00
I.00

I.00
1.00

1.00
I.00
1 .00


Total.................... 99.00

Nota. Toutes les souscriptions figurant dans
la listed qui prcde ont t remises M. le Dr. Be-
tancs, dlgu du Gouvernement Cubain Paris,
qui nous en a donn reu. N. de la R.

---------^^. .---------

LE REGNE DU SILENCE


On innove, Cuba, le rgne du silence. A l'essai,
on se decide ne plus parlor des hrosmes cubains
et des proucsses espagnoles. La hyne Weyler, en
toute quitude, dterra les cadavres la nuit: et
eux-l ce seront les tus des batailles, les vaincus
c


des assauts, ceux qu'il remettra la Mort dans les
furieuses sonneries des siges.
Quels rsultats attend-il de ce nouveau mode 'de:
combat? Il n'est donc plus, .ce' gnral castillan, la
gloire de l'Espagne, le grand cabot'des parades mili-
taires, le stratagme invinCible des luttes ? Maceo.
assassinn, voyons, la part est bonnepourtant! N'a-
t-on'"phs rpt, ici; dans cette ville qui a lev un
temple la Lchet, que tes victoires, Valrien,
taient enfin sri'uses etd'un.ordre considerable ? Le
failx di: tagloire'est-il dieenu sbudainmentrsi' .lird:?
'ou peisles-tu,.avec jus-t M-rais-n, qu'il y a,.l'Fautr..z
Maeo'"dahih:s. cette a'ven:t -?
Celui que tu as assassin inaugura vraiment
Cuba le rgne de la terreur. Son ombre encore te
gne; et vraiment, n'est-ce pas ? il vaut mieux
comibattre avec des Zertucha come aide et comme
porte-fah'io hde ta valeur. La bonne besogne pour
vous deux : le faussaire et le traitre Les siges sont
dangerux, Weyler, les. embuscades, prilleuses et
- personnel, moins d'tre fol, ne peut te conseiller
de passer les fleuves, de chevaucher les months.
Tes dpches officielles; pendant ce: temps; cla-
ment les victoires indniables, les sres entreprises.
Tes resources en cet art compliqu de la calomnie
se dnnenrt"' vritablement libre course. Mais le plus
souvent tu n'es que simple'; car les pesetas font le
reste. G6mez se renid dix Espagnols tuent cent
vingt Cubains Ce sont ces choses que publient' ici
des quotidiens qui se vautrent dans des auges.
Non, bien qu'il t'en soucie,Weyler, la guerre n'est
pas close. C'est une pice trs longs actes; et il
nous reste encore voir des scnes trs dramatiques
et le dnouement. Cela finira plus mal, pour toi, qu'
l'Ambigu, o demain on reprsentera, je pense, une
pice en ton honneur. Nous devons bien cela
l'Ibrie ;et"je'sais dj-des clqueurs' ftntiques, de
forcens aboyeurs qui beugleront: Vive l'Espagne !
Oui:, .grand. bien lui fasse, .l'Espagne, de. trainer
derrire:elle une:bande: de: bas-forbans-et de.follicu-
laires ivres Qu'elle vide en ce Paris.ses-bas.d'aum-
neset de-vols'! Qu'elle roule dans la fange les d-
chets des consciences, les pourritures: d'mes.; mais
qp'elle-ne croie pas.cependant qu'ainsi se. terminera
lat:.pius.isacre.:des insu-rrectiorns.l.
A l'orient' come ;l'occident, quand vient la nuit,
il y a. des soldats qui s'tendent sur la terre avec
l'unique pense de reprendre demain plus active-
ment le bon combat. Cuba c'est loin, on ne s'occupe
pas d'eux; ce ne sont pas des Armniens, ces Cubains !
Oh qu'ils s'en inquitent peu; et combien: laivie:est
aussi bonne passer dans la-bataille: que dans; les':
niaises tches des proccupations' de lucr:' ou-d'x'o-
rables grues !





REMERCIEMENTS


Nous:remercions notre c.:,rnire e Rai icai A'lg.L-
r.'en d' voir repr.:.duit d' aiRpubl l -'~haini .
l'darictlde'notre distingu: collaborateur,.M M`tMeSre
Arihtbiii' surI la situa-titn : Ciba, ainsi: quun.:de..
nds :articles sur- la. guerre: eu-bine

-_-_---- *


LA REVOLUTION CUBAINE.
et: la. PresseB


Le-lche guet-ap'enis o Maceo succon'ba victimen,
de sa bravouure et-dcc , I.:-. iiAut..donne la m'esuredes'-
ignominies que'le gouvernement espagnol'o est capa.-
ble d: commettr' et, avec lui, la horde ab'jecte.de-.
financiers cosmopolites, ses complices, intresses.
Les trahisons de: cet acabit- quoi de plus-infMne.'
que l'assassinat prmdit'd'un parlementaire-dont
on avait sollicit la' venue ? ne sont pas- les-seules-
salets qui doivent tre vhimentement imputes-au:
gouvernement de Canovase et aux sinistres- chenrra-
pans qui, en France come en Espagne, emploient:
leurs efforts le seconder dans son actiorn'contre
les rpublicains de Cuba.
J'ai dit ailleurs ce que je pensais de certain press
qui altre sciemment la vrit, chaque fois qu'elle
ressent la ncessit de renseigner ses bnvoles
lecteurs sur l'insurrection cubaine. Il me semble
bon, nanmoins, d'y revenir un peu.
Journellement, !a press, don't j'entends', parler
renouvelle ses calomnies et ses pitoyables menson-
ges qui ne produisent gure l'impression recherche,
mais qui mritent malgr cela d'tre vertement
relevs.
La Rpublique Cubaine a raison de signaler,
en chacun de ses numros, les impudentes allga-
tions et les contradictions stupides de la press offi-
cieuse espagnole.
Les feuilles franaises qui nous expliquerons
tout l'heure pourquoi reproduisent et commen-
tent leur faon, trs complaisamment, ces malices
cousues de fil blanc ne mritent pas, ce me semble,
une plus grande indulgence.
Ces feuilles, don't les directeurs sont mls aux
plus louches combinaisons financires, se prvalent
d'opinions plus ou moins rpublicaines, et il est des
gogos qui se l.issent prendre aux dclamations des
mercantis qui les ridigent.
D'autres journaux, don't on n'a aucune raison


pour suspecter l'honntet, garden la mme atti-
Stde au: reu sans doute d'occultes instructions
venalntde qui ?...
C'est ainsi qu' la veille de la runion que des
membres du Comit Franais de Cubw'Libre organi-
srent Toulouse, certaines feuilles l'annoncrent,
sinon avec bienveillance du moins avec impartialit,
qui, trois jours'.aprs, reintaient notrecami
Achille Steens;.le confrencier, et nous-mn'e -
trs btement, d'ailleurs.
Singulier retour, et don't; on., a quelque.peine: :
dml.er le mobile-
Mais ce-:n'est'.:pas: tout. Ses'.folliLules ,dont r le'titrer i
rarem nt, 's'panouit aux vitres des kiosques, rdigs
part-de; famliques plumitifs, parurent portant en
mwanehette des titres mouvants : La Question de
'Cuba Toujours Cuba etc.
Dans ces journaux, les faits taient relats d'une
faon compltement inexacte, les paroles dnatures
plaisir, .l'importance et le caractre des rsultats
obtenus amoindris.
J'aurais admis ce parti pris de la part d'organes
rtrogrades, .mais-ce sont des organes dit rpubli-.
cains qui se complurent mentir.
La mauvaise foi ne va pas, que je sache, sans tre
dicte par un intrt quelconque, surtout quand' elle
vous" met en flagrant contradiction avec les'prin-
cipes.dmocratiques' que vous prtendez: dfendre:
Cet intrt, il nous rpugne de le rechercher :
n'apparat-il pas' assez-clairement aux yeux'd' ceux
qui, impartialement; apprcient la rvolte des
Cubains, si justifie, si noble; si digne d'appro-
bation ?'
Il faut qu'on le sache : il est encore une press
honnte; dvoue ' toutes les grandes causes et- que
l'argent de tous ls porteurs espagnols ne sduit
pas.
Les extraits que public La Rpublique' Cubaine
suffiraient dmontrerce que nous avanons;
Cette presse-l foule aux pieds' couronnes et
sceptres, privileges et droits' royaux fussent-
ils espagnols. On n'a pas fourr l'et-on os?'-
de l'or ibrien'"dans ses poches !









VR:GOCINE ET POLITIQUE


Vergogn' et:'poJitiq.uel: Voil deux mots.qui font
plus-quei hurlrde servoir ainsi trangement accou-
plest. A: propos' des:. choses. d'Espagne, Cosas de.
Espafia- , il: faut absolument: les figer dans la
matire pour.: qu'ils; ne: se: prcipitent pas et ne
s,Crasen-t'.lun.sur l'autre;
Cs temnps. derniers, une'trs' grosse: parties poli-
tilqe.-venaiti' des'ngager Mdridip parties. trois,
ent-re, Cnonvas. l'Espague -et. le-m'arquis de:Cabri-
flana:.Vd'iei:.en qque'ques mots, pour nos, amis de
Firance. igoranti!les- faits;-, de quoi: il s'agissait: Le
maPrquiS'de:.' Ca-brifiana' ayant' dnonc' jadis les
agissements, ultra-pnanaistes., de: la, municipalit de
Mdridi,,.' un: procs': eut. lieu. Le'nmaesiro -Canovas
dcrta:,. naturellement,, la. non' cul'pabilit des: accu-
ss., l'affaire fut classe: ety: chose.admirable, ce fut
Sle sieur; Uibina,. marquiis de Cabrinfana, qui, pour
s'tre, ml .d.ece. qu' ine le regardait pas, fut.alors
poursuivi devant les:tribaniaux5,. reconnu: coupable
et- condain- un' mois de, prison. C'tait un
comble, n'est-cepas:? Nousd di.rons implement, si
.vous le' voulez" bien; le.!comble de !'Hispanisme, car
on s lasse; la longue,, des. mmes qualificatifs.
Le fait excita dans'Madrid l'indign'ati:on.gnrale,
les rpublicains rvoluti.on:naires s'agitient-dans la
joie..et'.Un de' leurs: plus vaillants et- sympathiques
organs, .El Diluvio, de Barcelone, crut mme
l'heure venue: o: la question" Canoviste et peut-tre
Espagnole allait se-juger. Sa jubilation .tait d'autant
plus facile com.prendre que, depuisplusieurs mois,
cet' intrpidIe' journal ctoie- quotidiennement la
prison; nommant clairement' les hommes et les
choses et en appelant de toutes les infamies gouver-
neinentales la Rvolution vengeresse, seul moyen
de' sauver la nation de la dbcle. La march des
vnements semblait confirmer son espoir : le com-
merce allait dcider la fermeture gnrale des maga-
sins et, si le marquis tait oblig de subir sa. peine,
tout- le people, se considrant outrag en sa per-
sonne, se soulverait, et tous, homes politiquee et
commerants, aristocrates et plbiens, escorteraient
le condamn jusqu' la prison, ce menaant cortge
de cent mille citoyens devant s'lancer ensuite
l'assaut de la monarchie.
Hlas ces patriotiques illusions, que je n'ai pas
partages un seul instant, se. sont vanouies en
vingt-quatre heures ; le Monstre vous a vite arrang
tout cela en un tour de main ct, de ce ct-l, tout
pril est dj conjur pour sa bande ; l'entre
d'Urbina en prison doit amener une manifestation
populaire? Eh bien, Urbina n'ira pas en prison.
On a d'abord parl de sa grace, gnreusement
o:trove par Canovas, il parait maintenant que le
marquis va s'en tenir aux conseils de ses avocats
monarch istes, ceux-ci lui faisant interjecter appel
d'une sentence don't le nouveau jugement peut
demander des semaines et des mois...


Tout cela, moi, me parat trs politique, je veux
dire : fort louche; le sieur Urbina est-il un parfait
honnte home ou une hypocrite canaille? Je ne
sais; toujours est-il qu'il a eu.'le grelot. en main,..
qu.il"l'a agit devant la foule et qu'il vient tout
simplement de le glisser dans sa poche, provisoire-
mentl; dit-il:'
Citoyen:marquis, ta conduite n'est pas trs:claire,
ton, bloc. enfarin ne me dit rien qui vaille et je
crains bien. que ta blancheur ne cache quelque
chose: d'unei couleur et. d'un fumet tout,'diff-
'rents:.
Q.,ant . vous, vaillint Diliupio, de Brcelone,
vous que j'aime comme tout bon'itteur.d'Espagne
ou d'ailleasrssi j'admire votre: courage'et la pers-
vrance d'.vos efforts, je ne puis qu'tre surprise de
l'expression trop vite heureuse d'un bien candide
espoir, peu en rapport avec l'exprience, prolonge
d'un vieux champion tel que. vous; du.reste,
come j'essaierai peut-tre de le dmontrer dans
un prochain article, vous, les purs, vous tes si peu
nombreux en. Espagne, que revolution n'est.point
pour vous forcment synonyme de redemption !
Donc,, sympathique, et. infortun Diluvio, ce
n'tait' pas- encore-pour ce-te- fois,- et votre petit
cheval, dans sa, valeureuse. impuissance, en sera
quite pour multiplier- encore. les ruades entire ses
piliers, meurtrissant deirage :sur le fer de son frein
ses barres ensanglantes, cependant:que votre pale-
frenier insigne; les jambes! cales. sur son tas de
fumier, continuera,. ppur.vous.tous, .ss appeals de
langue et les claquements de.sa.chambrire.


LE. GINRAL MACEO-


A LA.CHIAMBRE M.EXICAINE,

Dans la sance du:-7 deembre, l'minent homm:
public Juan A. Mateos, dans-un movement de:lgi-
time. loquence et. guid par son amour pour la.li-
bert amricaine et. la.i justice. de.n otre-.cause, a parl
de la faon suivante du terrible vnement quee-l'Tis-
toire a; dj.ienregistr .sous:ce titre:.L'Assassinatdu
gnral Maceo :
:.Ainsi l'histoire rechercheb les cendres'de; Mceo,
mort.victorietux,,comnmeiNelsoni dans, lai bataillei de
Trafalgar. Oh' nous:te reprsente-attach la;queue
des chevaux,.commeiM'azeppa; le. hros: de LordBy-
ron et, ensuite, abandonn surle champ de bataille
comme-le-cadavre du:. roi dom Sebastian..sur les sa-
bles brlants de l'Afrique et qui, au dire du people
portugais,.. ressuscitai sous., Philippe; 11 Qui sait si
Maceo, comme:GCharls;'Qui-n.t dans: le. monastre de
Juste, n'assiste pas ses-funrailles ?
Qu'il me soit permis de faire entendre du haut
de la tribune mexicaine une solennelle protestation
contre-les-bacchanales par lesquelles:on-'c-lbre la
mort d'un martyr, (Nombreux .applaiudissements)
bacchanales qui nous rappellent les.ssau.vages'.de nos
frontires dansant autour d'un;,prisonnier:.' et., un
banquet de chair humane. (Applaudisseinents'-pro-
longs): Pour l'honneur du Mexique,:proclamons du
haut de notre civilisation que le triomphe de la R-
publique n'arrosa pas de champagne le cadavre de
Maximilien. (Vifs applaudissemen ts).
Les manifestations dans toute l'Espagne don-
nent la measure de la taille de Macco, don't la mort a
provoqu un sentiment de vnration chez les peu-
ples des deux continents.
Les Chambres italiennes, la grande Rpublique
amricaine et le sentiment unanime de notre peu-
ple viennent de glorifier Mceo. (Applaudisse-
ments).
Mais ces manifestations entrainent leur tristesse
et leur douleur pour le Mexique : ainsi les conquis-
tadores clbrrent la mort de Hidalgos et de More-
los; mais la fange de cette poque change en pous-
sire fut balaye par l'ouragan de l'indpendance et
nos hros saluent les sicles du sommet du pidestal
lev d'une imprissable gloire. (Applaurdisse-
nients).

UNE LETTRE REMARQUABLE,
Elle l'est, dans toute l'acception du mot, celle que
l'assassinat du gnral Maceo a inspire au grapd
pote argentin Guido v Spano, don't la reputation
est si grande et si mrite dans toute l'Amrique' La-
tine.
Ainsi se troupe dmontre notre allegation que le
movement favorable Cuba Libre se manifesto
non seulement dans les masses des pays amri-
cains mais aussi chez leurs hommes les plus mi-
nents.
Voici cette lettre:
Buenos-Avres, i dcembre 1896.
< onsieur le Prsident du Comil Rvolu-
tionnaire Cubain,
La mort de l'illustre candillo Antonio Macco
tant confirme, je me joins aux dfenseurs de l'in-
dpendance de Cuba pour dplorer, conformment
mes opinions manifestes et anciennes, un si doulou-
reux vnement.


~___
__ I __ I~ ~


1~P~I~J~e C~Psa~-






'28 JANVIER 1897.


La joie sauvage tmoigne par les ennemis du
hros, tomb au pied de son .drapeau, est le com-
mencement de sa.glorification devant l'histoire.
La patrie, laquelle il a-sacrifi sa vie plus r-
solue que jamais la lutte o elle s'est hardiment
.-engage, .confirmera plus tard .c-tt2 glorification.
Aujourd'hui, sa douleur profonde est partage par
tous les homes libres de touts les parties du
monde.
Maceo, le paladin cubain est mort: Vive la
Libert !
Carlos Gtido y Spano.

HONNEUTRS *FUNTIBRES
On.annonce de Tucumnn,. ladate du 22 dcem- i
bre dernier, que-les funrailles pour la mmoire .du
..gnral Maceo s'annoncent commne.devant tre: cl-
.bres.en grande pompe. L'enthousiasme est.trs
grand et les souscriptions .affluent.: Le Prsident
,.de la Commission pour Cuba, Libre est M. Jos
'Posse.
.---------.,--.---.



.LES FINANCES :ESPAGNOLES

La Correspondence Bleue: -- L'Extrieure a
:l'air'd'avoir du plomb.dans l'aile., Sur!les nouvelles
si:optinmistes mises. en circulation au:lendemain: de
la-.mort rde Maceo, il y eut, surce'march, 'des de-
mandes suivies qui .frisrent'.. rl. r i...r. -.: .I11 enrest
'.rsult:les' livrisons des .places. espagnoles ; on' ,les
.calcule -un total.de 50 mil-lions.
SOn aurait-pu croire::qu'il -y avait des,.gens bbien
renseigns quipossdaient le..secret:des Dieux.' Mais
-pas: le mmoinsdu...moide. Les. renseigns n'taient
parvenus :obtenir que: de fausses ,nouvelles,-et cest
sur le vol de hardis canards qu'on s'est orient,
quand.on s'est imagine que M. Canovas avait ngo-
ci la rendition de..G6mez. Pour n4gocier, .il faut
-tre en contact. O est le. ngociateurqui oserait
aller trouver .Gmez ou tout autre' ? Il y a beaucoup
parier.que ce.courageux ngociateur serait fusill
par G6mez ou par Weyler.
A. cette heree, on doit relguer dans le domain
des rves tout espoir de ngociation.
On est pris d'un rel effroi, quand.on. songe.aux
rsultats invitables des frais. de,,la guerre cubaine.
On. est d'autant, plus effray,quon. ne .peut .s'expli-
quer qu'il cote 60 millions, par. mois de dfrayer
60o,ooo ni mme 2oo,ooo hommes..C'est bien une
banne moiti de plus. q.u'il n'en devrait coter.. a
prvarication n'est pas. toujours Je vrai motif.de cet
excs de. frais.; souvent le;.des.ordre..administratuif
cause plus de coulage que n'en,.sauraient produire
les fontionnaires les plus corrompus
C'est ainsi que, pour ne,,pas faire grand'chose, on
a dpens tant d'argent. A cette heure,, on a laiss
.oin de soi le milliard. Et. ce qui est. curieux, c'est
que le .gouvernement cspagnol n'en montre pas
.d'inquitude. La guerre, d'aprs les dclarations offi-
cjelles, n'a rien cot; elle ne cote.rien : 'est..le
Trsor de Cuba qui en est responsible. M. Canovas
semble oublier que le Trsor espagnol est.eautiO n
de la Dette cubaine.
Aussi est-on en droit, de s'tonner.qu'il y.ait, ces
cours-ci, des acheteurs d'Extrieure. Quel but pour-
suivent-ils ? Qu'est-ce q.u'ils escomptent? Serait la
mediation des Etats-Unis ? Complication de.pl.us,
,et des plus graves, des plus striles.




L'AMRIQUE ,LATIN.E
,et le -g"nral Maceo


Los Ani'es, Mendoza (Rpublique Argentine): -
Qu'un journall qui se dit argentin,.dfenseur des
intrts nationaux.et du.gouverneme.nt, trouve mau-
vais l'enthousiasme avec lequel les descendants des
hros de Tucuman, Salta, Chacabuco et Maip-
manifestent pour ceux qui, sous le ciel embras des
Antilles, luttent pour leur libert 'comme nous
avons lutt nous-mmes en 18io; que ce journal
puise ses inspirations chez.ceux,:qui ,ne sont pas ns
ici pour dprcier et injuries les hommes qui ont
fait le sacrifice de leur vie la cause sainte de la
redemption, cela peut paraitre extraordinaire, mais
ne vaut pas d'tre blm. Il y a, en effet, des
exceptions partout et, en presence de l'opinion
publique, une voix discordante n'a aucune valeur,
aucune signification, reste sans cho et sans cons-
.quence.
C'est pourquoi nous n'avons..accorde aucune im-
portance ce fait notoire que notre drapeau et notre
nom servent aujourd'hui d'cusson pour cacherla
Veritable nationality de ceux. qui rne veulent voir
dans les r\volu.tionnaires cubains que des .ngres et
des bandits et, dans le movement sparatiste, que
l'amnbition de quelques homes sans foi ni patrie et
le.dsir de prpondrance de la-race .ngre. Et cela
quand toutes les nations civilises du monde savent
et dclarent que ce:te guerre n'est .autre chose que
l'ternelle rptition de la lutte de la libert centre
l'oppression, l'asp ra.ion d'un people civilis se
gouverner lui-mme, en vertu de ce droit que
possdent- tous les pays c'e diriger librement leurs
destinies, sans cens rs e. sans intrusions soutenues
par la fo ree.


Mais si, propos de Cuba, nous nous sommes
tu, par dfrence pour la laborieuse colonie espa-
gnole, nous ne pouvons- rester plus longtemps
silencieux lorsqu'on pousse la-passion jusqu' nous
blesser nous-mmes eni.nous jetant la face le m-
pris de nos hommes:pul.ics.
Ni la Chambre platenne, ni un .argentin quel-
conque n'ont imconnu les:rnmrites du Dr. Alem;
mais ce dernier n'tait que le.:chefd'un des parties
politiques qui divisent la:,Rpublique. 11 avait son
programme, son: idal, .qu'il n'est pas ncessaire de
juger ici, mais qui n'avaient. d'autre objet que de
cooprer d'une:manireou .d'une.autre au dvelop-
pement rapide-du;-progrs dans un .pays confiant en.
ses institutions et:en son:-iidpendance, institutions
et indpendance que.-personne .ne.songeait suppri-
mer. Tandis qu'Antonio 'Maceo, le-hros .cubain,
bien qu'ignorant et dpourvu d',rt.!ih-,-. .,: .iu dire
de ce journal, tait.lincarnation de. 'p'lr.raii n ;u-
prme d'un peuple- qui, veut tre' libre et souverain
et qui lutte, et don'tt .les fils. murent pour rom prele
lien qui les attache ;uni.autre,-ppeuple dont-le char
triomphal est oblig de 's'arr.ter. iDox lien, dira-t-
on; lien fraternel. Nous l'admettons; les Cubains,
grce lui, n'en sont pas moins des automates.sans
initiative et sans volont.
Maceo cherchait dlivrer un people, et les hom-
mes qui forment un pareil-.projet: n.appartien;-nent
pas, comme les politiciens,. un parti. Ils appartien-
nent l'humanit qui voit en eux les champions de
la justice et du droit pour lesquels 'l'Espagne, admi-
re du monde entier, lutta hroquement contre les
iRoniains, les''Carthaginois, -les-Sarrazins et-les Fran-
-ais.
Et, pour lutter et mourir pour cet idal,;il, n'est pas
-ncessaire'de possder :de 'l1instrudtion, du talent et-
d'appartenir la race caucasique; il suffit'davoir du
cceur, de la droiture et du patriotism. Et celui qui
,adonn au sol natal les-preuves d'a.mour-que:Maceo
-lui a prodigues, celui-l -mrite que' la- reprsenta-
tion 'd'-un peoplee libre et ce-peuple lui-mme -mani-
-festent:pour-lui leur ardent admiration.
Que ce journal -en soit' bien convaincu: la lutte
contre-les, sympathies :pour Cuba indpendante-ne
lui sera~,pas '.possible, mme couverte par notre -dra-
,,peau- ou enveloppe dans le sien. La-propagande est
sterilee et sans rsultat.
.En fin de compete nous:ne faisons, nous Amri-
cains, nous Argentins,.que su-ivre l'exemple qui
nous est donn. par: les grandes:nations du-monde.
Les Etats-Unis, .ce grand people, PlAngleterre, l'Ita-
lie, etc., s'inclinent devant le hros de C-ubaidevant
l'infatigable .donoetur-de -batailles, et saluent son
.cadavre avec :un respect profound. -:Qu'y a-t-il
d'tonnant: ce que,-nous, qui, sommes de la mme
Race, les frres des Cubains, n-ous no-us prosternions
devant.Maceo,- tombi glorieusement en dployant le
drapea.u. de .lalibert- et de l'galite?


Diario del Saivador, San Salvador: La nou-
:velle de la mort.de Maceo, communique quasi offi-
ciellement par M. Garcia Ontiveros, ministry d'Es-
pagne, dans le Centre Amrique, a produit ,dans tout
le pays et. dans toutes les classes sociales une .dou-
loureuse impression. Antonio Maceo, en effet;.tait
l'Achille de la guerre cubaine actuelle, le Jos Anto-
nio Pez de ces temps hroques revcus par Cuba
et par l'Espagne dans la lutte qu'elles se livrent sous
les yeux du monde tonn.
Notre esprit se refuse la conviction: nous ne
pouvons admettre la certitude de ce malheur pour
la cause de la libert; peut-tre.le cble v:eut-il..se
venger en.,donnant,pour .disparu un home qui,
pendant-.ingt'.deux ,mois, a .oblig.le fil.sous-marin
un service de fatigue constant, pour renseigner le
monde sur les faits et gestes de l'invincible homme
de guerre.
Nous devons. attendre encore, nous disait un col-
laborateur du Diario, ;ayant de commenter publi-
quement la -mort de :Maceo et de dire ce qu'elle si-
gnifie. Et ,si la consolante esprance s'vanouit, si
la mort du b-ros de la 'Manigua est confirme,
le journalist auquel nous faisons allusion apportera
au Diario del Salvador un homage de l'ame, une
branch de cyprs qui, rapproche du laurier d'An-
tonio:Macco, sera come la representation de larmes
d'un fils du people ignorr.


Les nobles, ,gnreux, fiers, chevaleresques
Espagnols en action. De la dpche officielle de
Weyler du 7 janvier:
Le gnral IIer:.ndez Velasco, continuant
oprer dans Pir:ar, a dtruit-grande quanti' de
mas, riz, cultures.


Le gnral Inclan, dans operation semblable,
a dtruit 300 habitations.
Vite, confrres, parisiens, vos flicitations
ces deux c..braves soldats, comme dirait le
Temps.
_k

.Pendant ce temps,..aux Philippines, le sang
coule . flots; les ,excutions de malbeareux, d-
noncs au milieu es tourmencs, ne cessent pas;
on pousse la.ecruaut jusqu' fire fusiller les
condamns. indignes .par. des soldats indignes.
Infime E1i.i-'n.:.-
L'assassinat, le.vol et l'-incendie Cuba, l'gor-
gement impitoyable auxPhiliippines, la torture
Barcelone;i partout o. l'on, trouve l'Espagne,
on trouve:.le crime et la. honte. Franchement,
-pouridi-re!dii.bien de ces :gens-li, il faut avoir
jolimejit... :besoin d'argent.



-Et,- pour que riein.n'y:-manque', M. Reparaz qui
a dnonc les vols .eommis au pi'i,.judit des mal-
heureux soldatsespagnols, et le marquis de Ca-
brifiana qui a dnanc les vols commis par les
conseillers municipaux de Madrid, sont tous deux
en prison.
En Espagne, on ne met en prison que les hon-
ntes gens. Aprs .tout, c'est logique.
Et l'on s'tonne que les colonies se rvoltentl



A mes hers petits -reptiles je ddie les lignes
suivantes qui mettent en evidence le patrio-
tisme castillan, la' loyaut castillane, la noblesse
idem et toutes les vertus castillanes chantes
p.ar les.J.ules Roche, les Denis Guibert et autres
bardes fin de. sicles:
Il:est:.de :notorit publique que tandis que
SlEspagne -appauvrie paie splendidement la-sub-
sistance de ses troupes, ses so4dats meurent de
faim ; il:est de. notorit publique que l'ar-
gent des remdes et de la nourriture passe dans
les mains de gens sans patriotism, sans en-
Irailles et sans conscience.
Ces jignes sont'de,:El.Inparcial, journal tout
ce qu'il y .i: d'espagnol.. i bien.:que l'tantm .oins
que L'Eclair et Le Jl~atin.



Le mme journal espagnol je parle de El
Imparcial s'crie, indign:
Il est absolument. ncessaire .que. a nation
espagnole ne so:it.pas omp:lioe, de, faits iaussi
honteux, ,mais qu'il,.soit au contraire bien prouv
Squ'elle les :dplore.,et: qu'elle les punit prompte-
ment et avectoute la svrit ,vou.lue.
C'est pourquoi le. gouvernement.de notre gn-
reuse, chevaleresque, etc., sur latine, s'est em-
press de mettre en prison... les journalists qui
ont dnonc les faits rpugnants don't il s'agit.





REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIALL
DE





Du 8.- On-croit que la discussion definitive de
la resolution conjointe de M. Camron, tendant la
reconnaissance de l'indpendance de Cuba, ne
viendra.pas en ce moment devant le Snat.
Une dpche de Key-West dit que les forces
cubaines, sous les ordres du gnral Calixto Garcia,
ont mis en droute, mardi dernier, les troupes du
colonel Segura, dans les environs de Manzanillo.
Les Espagnols ont eu 320 morts, don't 20 officers,
et 400 blessss. D'autre part, jeudi, les forces
cubaines, commandes par le gnral Rius Rivera,
ont attaqu la Trocha Occidentale, prs d'Arte-
misa. Les Espagnols ont subi de grandes pertes et
ont eu 3oo morts.
.- Le tribunal de justice de Jacksonville a dclar
que le vapeur Tree-Friends .n'a pas viol les lois de
la neutrality dans.son recent voyage Cuba. En
consequence, ce vapeur sera mis en liberty dans un
dlai de dix jours.
Un tlgramme :de Jacksonville dit. qu'on a
reu dans cctte ville une lettre du lieutenant qui
commandait le dtachement qui a recueilli et enterr
le cadavre de Maceo.
--El Tiempo, de Madrid, assure qu'une crise
.ministrielle est imminent en Espagne. Plusieurs
hommes politiques ont t interrogs sur la question
cubaine. M. Caste!ar :pense que le march cubain
doit tre ouvert aux. Etats-Unis; :M. Moret, :que.le
gouvernement des Etats-Unis travaille pour la paix,
mais qu'il est ncessaire de garantir Cuba tous les
moyens de progrs; M. Croizard qualified de traitres
leur pays tous les gouverneurs qui permettent que


la souverainet de Cuba soit attaque sans que
celle-ci prenne les crmes, et M. Pi y Margall dclare
qu'on pourrait obtenir la paix en ne marchandant
pas les concessions Cuba et en lui accordant la
plus large autonomie possible ce qui viterait toute
nouvelle guefre.
Du i9. Le gnral Wevler a fait sortir douze
bataillons et plusieurs escadro.ns de la province de
Pinar-del-Rio, afin d'activer -ses operations dans les
provinces de La Havane et de Matanzas, o des
forces cubaines, trs.nombreuses,-.fontprouve d'une
:grande.activit.
L'Assemble de l'Etat :de-New-York, runie
A'lbany, a pass, iaujourd'hui, une resolution de
sympathie en faveur des Cubains et rclamant
l'adoption-de toutes les measures susceptible d'ame-
-ner un-rglement amiable de cette question. Cette
resolution replace celle qui avait t introduite
-jeudi et qui-tendait la reconnaissance des Cubains
Sen-equalit de belligrants.
Une autre resolution de sympathie en faveur
*des Cubains a t:prsente la Chambre de'Har-
;risb.u rg. (Pesnylvanie).
Le Grand Jur de Jacksonville a abandonn
l'affaire contre le colonel Emilio Nfiez et -ses sept
-compagnons qui avaient t -mis .en libert, sous
caution, en septembre -et .quitaient accuss d'avoir
contribu l'expdition du Laurada.
La Lowen House Trenton, de l'Etat lgislatif
de New Jersey, a discut aujourd'hui la question
cubaine.. La resolution prsente demande au Prsi-
-dent :de reconnaitre l'le le droit de self govern-
ment et de dclarer que les Cubairs. ont'le droit
'd'tre considr come belligrants. Cette rsolu-
tion qui, selon toutes' les probabilits, sera adopte
une grande majority, a t prsente par :M.
Kenny.
La Lgislature de l'Etat du Colorado a gale-
ment discut la question cubaine dans un.sens svm-
pathique. La discussion a t close aujourd'hui et
.une- resolution a-t 'prsente-.demandant-au Con-
grs:'de reconnaitre la complte- indpendance ide
Cuba.
Le 'New York. Journal pu:blie un tlgramme
de 'Madrid: distant: que le gouvernement espagnol a
rsolu d'introduire quelques rformes Cuba -avant
,que'iM.'Mac Kiinley prenne possession de la-Maison
Blanche.
L'opinion publique Madrid suit avec atten-
tion le changement 'd'attitude de M. Canovas en ce
qui concerne'la politique espagnole-aux Antilles.
On assure-qu'elle est inspire par les circonstances
en vue 'des: resolutions votes 'dans les diffrentes
'Chambres amricaines. Le premier ministry espa-
gnol croit qu'il est pt.:.iii4.:- 'de changer de line de
conduite en introduisant Puerto Rico des rformes
capable de calmer le jingosme amricain.
M. Taylor, ministry amricain, le Duc de Te-
tun et M. Canovas ont eu rcemment plusieurs
entretiens. On assure que M. Taylor a dit.que les
rformes de Puerto Rico sont insuffisantes et qu'el-
les n'auront pas une grande influence sur la situa-
tion des Antilles. Il a ajout qu'il tait bien tard
pour engager des ngociations. Les entrevues entire
-M. Taylor et le duc de Tetun ont eu .un caractre
priv.'Dans l'entrevue de M. Canovas et-M. Taylor,
qui a eu lieu le lendemain, le ministry amricain a
fait allusion la reconnaissance probable de l'ind-
pendance de Cuba par M. Mac Kinley, l'envoi d'un
reprsentant au Gouvernement Cubain et l'entre
d'une escadre dans le port de La Havane en vue de
protger le ministry amricain Cuba et de faire res-
pecter ses decisions.
Un.cablcgramme official de La Havane dit que,
au moment o les canonnires Reldmpago et enli-
nela montaient le rio Cauto, dans la matine du 17
en conduisant un convoi de Manzanillo au fort de
Guamo,, une torpille fit sauter le Reldmpago. Cette
torpille avait t place par les Cubains Manjo. Le
Reldmpago couia iimmd.iatement. Les marines qui
essayaient de fuir la nage taient reus par les Cu-
bains coups de fusil. Les marines des deux canon-
ont t. tus ou blesss. Parmi les premiers on cite
le commandant du Reldmpago, Martinez, et parmi
les seconds le commandant du Centinela, Puerta.
Sa canonnire put fuir sous une pluie de balles et
revenir Manzanillo.
Un tlgraimme official de La Havane dit que
les Cubains ont fait drailler, samedi dernier, le
train de dix heures du soir, qui fait le trajet de Re-
gla Guanabacoa. Dix officers espagnols ont t
faits prisonniers. Neuf furent mis en libert le len-
demiain par le chef de la colonne cubaine et l'autre,
qui tait Cubain, fut fusill comme traitre la pa-
irie.
.- Le ministry des colonies enverra, par le pro-
chain courier, les instructions ncessaires pour l'ap-
plication des rformes Cuba.
ElJmparcial, de.Madrid, critique vivement le
gnral Weyler, . propos de l'assaut donn par les
Cubains.au. train de Guanabacoa, aux .portes mmes
de.La Havane,
On croit que. le gouvernement-de Washington
refuse de contimuer:les, ngociations avec l'Espagne
en vue.de:rtablir la-paix Cuba. Il pretend que le
temps des: ngociations, est pass.
Du 20. -- Les Cubains rsidant aux Etats-Unis se


,<~' .~


5 I~






28 JANVIER 1897


montrent trs satisfaits du rsultat obtenu sur le
Rio Cauto avec la canonnire espagnole. Ils assu-
rent que d'autres torpilles du mme systme ont t
places dans le mme rivire et qu'on en attend des
rsultats identiques.
Le correspondent de L'Etoile Belge a eu une
entrevue avec M. Pi y Margall, ex-prsident de la
Rpublique Espagnole. M. Pi y Margall a dclar
qu'on devait accorder Cuba l'autonomie la plus
complete et que, si cela ne suffisait pas, -il serait fa-
vorable l'indpendance complete de l'ile. En ce
qui concern la doctrine de Monro, M. Pi y Mar-
Sgall a dit que jamais l'Europe ne consentirait voir
les Amricains s'tablir sur le vieux Continent. Or,
cela justifie cette doctrine et le droit des rpubliques
amricaines d'exclure d'Amrique un pouvoir euro-
pen quelconque. Cet homme public a ajout que
les Etats-Unis ont Cuba des capitaux important
et que cela explique et rend naturelle leur interven-
tion autant que celle de l'Angleterre et de la France
en Egypte.
Du 2 Le gnral Clixto Garcia a mis le
sige devant le fort de Guamo, dans la province de
Santiago ce Cuba.
Dans une sanglante rencontre entire les forces
espagnoles du gnral Serrano et les Cubains Al-
tamira, les Espagnols ont brl 44,000 cartouches.
La petite vrole fait de terrible ravages La
Havane.
Le ministry d'Espagne Washington a rendu
visit au secrtaire Olney dans le Dpartement
d'Etat, pour s'occuper de la situation des Amri-
cains Cuba..
Une force cubaine a attaqu la garnison de la
plantation Jobo (Province de La Havane); quatre
Espagnols ont t tus et un grand nombre d'autres
blesss.
Des forces cubaines ont mis en droute, dans
la sierra Maestra, les Espagnols commands par le
colonel Vara.
Du 22. Un ministry espagnol a dclar que le
gouvernement tait dispos concder de grandes
rformes Cuba pour donner satisfaction l'opinion
publique et aux parties de la pninsule et de Cuba;
mais que ces rformes n'taient pas bases sur le sys-
tme appliqu au Canadi.
M. Turps a dclar aujourd'hui au Snat qu'il
mettrait en discussion lundi prochain la resolution
de M. Cameron sur la reconnaissance de l'indpen-
dance de Cuba par les Etats-Unis.
Une grande anxit rgne dans l'Espagne en-
tire. Dans les hautes sphres l'opinion dominant est
qu'on doit adopter des measures nergiques contre
tous ceux qui, d'une faon ou d'une autre, attaquent
le trne et l'arme.De plus le gouvernementest dcid
suspendre toutes les garanties constitutionnelles si les
journaux continent censurer les actes du gnral
Weyler et de administration. Les Carlistes s'agitent
beaucoup et le movement augmentera quand le
manifeste de Don Carlos sera plus connu.
On sait que M. Silas William, qui se trouve ac-
tuellement Cuba, fait en ce moment une tude sur
la situation actuelle de l'Espagne dans cette le. Cette
tude sera remise M. Mac Kinley.
Un cablegramme de La Havane dit que le g-
nral Weyler a donn des ordres tous les chefs
pour dtruire;dans un dlai de trois jours, toutes les
proprits et les habitations de la province de La Ha-
vane qui pourraienttre utilises par les Cubains.D'au-
tre part le gnral Pin a donn des ordres pour emp-
cher que les forces cubaines puissent se procurer des vi-
vres. Les propritaires trangers ont demand que ces
ordres leurs soient transmis par crit avant d'tre ex-
cuts. Les propritaires espagnols demandaient que
cet ordre leur interdit le travail et la rcolte. Le g-
nral Weyler, consult ce sujet par le gnral Pin,
lui a rpondu en le relevant de ses functions; ce chef
rentrera en Espagne pour maladie. La Chambre de
Commerce, le Cercle des Hacendados, le Casino
Espagnol et plusieurs autres socits, ont protest,
par un tlgramme adress au gnral Weyler,
contre le replacement du gnral Pin.
Le gnral Weyler,avant de partir en champagne
rcemment, a dclar quelques personnel qu'il
tait dispos en finir avec la Rvolution dans la
province de La Havane quelque prix que ce soit,
dt-il pour y arriver massacrer tous les Cubains,
hommes, femmes et enfants.
M. Estrada Palma, dlgu New-York du
Gouvernement de la Rpublique Cubaine, a public
un manifeste relatif aux bruits qui circulent sur les
rformes que l'Espagne est dispose concder
Cuba. M. Estrada Palma affirme que les soldats et
les chefs de Cuba Libre ne dposeront jamais les
armes jusqu' ce qu'ils aient obtenu l'indpendance
complete de la patrie.
Un tlgramme de Key West nous montre jus-
qu'o arrive la barbarie d'un pays qui se tient pour
civilis et chrtien. La semaine dernire, le capitaine
Desgratis entra dans le village de Melena del Sur
la tte d'une forte colonne espagnole. Sous des pr-
textes futiles il fit arrter le maire, plusieurs Conseil-
lers et employs de la municipalit. Il fit ameneratta-
chs sur la place la plus grande parties des habitants
cubains, et, en leur presence, il fit pendre le maire,
les conseillers et les fonctionnaires municipaux. Les
veuves de ces malheureux ont t livres aux.trou-
pes.Le gnral Gmez,indign par ce crime horrible,


a promise 5,000 francs ceux qui lui apporteront la
tte du capitaine Desgratis.
Le gnral'Weyler se trouve actuellement
Nueva Paz (province de La Havane).
Du 23. Des forces cubaines postes dans le
village de Tapaste (province de La Havane), sous
les ordres du colonel Aranguren, auraient indubita-
blement captur le gnral Weyler sans l'incident
suivant: Les forces cubaines attendaient le gnral
Weyler, embusques dans quelques maisons vides,
lorsqu'un coup de feu chapp un soldat donna
l'alarme. Au mme moment, les forces cubaines se
lancent sur l'avant-garde espagnole qui, complte-
ment mise en droute, fuit, poursuivie; par les Cu-
bains, jusqu' l'endroit o se trouvait le gnral
Weyler entour de son escorte. Dix-huit soldats de
la dite escorted, blesss coups de.machete et quel-
ques-uns grivement, purent chapper et arriver
La Havane o ils ont racont ce qui s'tait pass et
de quelle faon miraculeuse Weyler avait t sauv.
Le vapeur Dauntless a t arrt Jacksonville.
On l'accuse d'avoir transport une expedition Cuba.
Du 24. Le vapeur Laurada, de retour de son
voyage en Europe, est arriv Cape Henry, sans
avoir provoqu de complication international.
La canonnire espagnole Comneta a t capture
et brle par les Cubains, mardi dernier, dans les'
environs de Cardenas (province de Matanzas).
Le gnral Weyler s'est joint au gnral Reyes
pour marcher sur la province de Santa-Clara.
Le journal de Romero Robledo El Nacional,
qui reoit ses inspirations de Canovas, a dclar que
si la press continue sa champagne contre le gnral
Weyler et le gouvernement, il se verra oblig de


proclamer l'tat de sige et de suspendre la publica-
tion de tous les journaux, l'exception de la Gaceta
de Madrid. Un journal a dit qu'il ne s'occuperait
plus de la question cubaine pour ne pas fournir au
gouvernement prtexte ce coup d'Etat.
L'attorney gnral a dclar que s'il est prouv
que le Three-Friends, dans sa dernire expedition
Cuba, a tir des coups de canon contre une canon-
nire espagnole, il sera poursuivi comme pirate.
Le gnral Roloff, le docteur Luis et M. Tru-
illo, directeur du journal cubain El Porvenir, de
New-York, ont comparu, hier, devant le commis-
saire des Etats-Unis, sous l'accusation d'avoir pris
part l'expdition du vapeur Horsa. Deux chauf-
feurs du Woodhall ont affirm que le gnral Roloff
figurait parmi les expditionnaires.
Le gnral Ahumada, Palmaroti et Porra ont
djeun avec le gnral Weyler dans le village de
Alphonso XII. Les trois premiers sont rentrs imm-
diatement aprs La Havane. Les gnraux Gasco et
Ruiz continent la champagne avec Weyler.
M. Taylor, ambassadeur amricain Madrid,
dit, dans un djeuner avec Castealr, que Cleveland
faisait tous les efforts possibles pour amener la
paix Cuba avant d'abandonner le pouvoir.
Un tlgramme de Madrid announce qu'on at-
tend de grands rsultats des operations de las Villas
et que si on les obtenait, les rformes seraient aus-
sitt promulgues. Le gnral Marin serait nomm
gouverneur gnral et le gnral Weyler resterait
la tte de l'arme.
Plusieurs combats ont eu lieu dans la pro-
vince de Matanzas. Les Espagnols ont subi de grandes
pertes.


COLLECTIONS
DE









Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons

en vente la collection complete du journal illustr \hle~_~ %Cat,

comprenant l'anne 1896 chue, pour le prix net de 33 francs pour
la France et 36 francs pour l'tranger. Les frais d'affranchissement

restent notre charge.

Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la guerre de Cuba.


PRIME OFFERTE PAR LE JOURNAL

A l'occasion de la nouvelle anne, nous offrons, titre de prime exceptionnelle, une
premise de 20 pour 100 sur les prix sus-indiqus, ce qui rduit le prix de la collection
26 francs 40 pour la France et 28 francs 80 pour l'tranger.
1t A ceux de nos abonns actuels qui dsireraient acqurir cette magnifique collection;
2 A tous les nouveaux abonns au journal pour une anne.
Le dlai pour profiter de la prime a t fix :
o1 Un mois pour la France (janvier 1897)
20 Deux mois pour l'Europe (janvier et fvrier 1897);
30 Trois mois pour l'Amrique (janvier, fvrier et mars).

Toute demand de collection devra tre accompagne d'un

mandat-poste et adresse M. I'Administrateur-Grant, 20, rue

Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.

NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira aucune collection
gratis.


Deux propritaires franais, MM. Salvador et
Pierre Laborde ont t arrts pour avoir fabriqu
du sucre malgr les ordres du gnral Weyler.
Le gnral Weyler se dirige lentement vers
l'Est. Il est accompagn de plusieurs gnraux.
Les escarmouches continent dans la province
de Pinar del Rio et de La Havane. Elles augmen-
tent measure que les troupes espagnoles avancent
vers l'Est.
------->^ -------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba
L'Echo de Paris: Les Cubains sont fatigus de
travailler toujours pour la mre-patrie, de lui payer
les impts arbitraires et de ne pouvoir vendre qu'
elle, au prix qu'elle a elle-mme fix, les products
de leur travail et de leurs terres. M. Canovas promet
de rformer tout ce rgime conomique qui peut
tre le rgime de l'enfance, mais non pas le rgime
de l'ge mr lorsque.les Cubains auront dpos
les armes et reconnu formellement leur dpendance.
C'est videmment pur sophisme, car il ne tenait
qu' l'Espagne de reconnatre, il y a quelques an-
nes, les lois de la nature; mais elle n'a jamais voulu
entendre parler de l'affranchissement de Cuba, aussi
longtemps que Cuba n'entrait pas en rvolte, et,
quand elle est en rvolte, !'Espagne lui demand de
se soumettre avant de lui accorder ses liberts nces-
saires : quoi de plus contradictoire? Le grand mal-
heur, c'est que la guerre dure trop et qu'elle est trop
froce : il s'ensuivra des ressentiments ternels, et
l'Espagne se met dans le cas de ne pouvoir jamais
renouer des liens de bonne amiti avec les Cubains,
comme les Anglais le font si heureusement avec les.
Amricains, pour la gloire de deux grands peuples-
H. D.
Le Petit Parisien : L'on ne fera croire per-
sonne que les rvolts de Pinar-del-Rio, don't le
nombre atteignait vingt mille il y a un mois, soient
rduits aujourd'hui cinq cents. L'on ne saurait se-
faire illusion sur les progrs de la repression, quanl
les officieux madrilnes eux-mmes annoncent le
passage de la fameuse Trocha et l'invasion de Santa-
Clara par Maximo Gmez.
Notre scepticisme est d'ailleurs entretenu et con-
firm par les precautions que le gouvernement de la
Pninsule et le commandant des forces expdition-
naires croient devoir prendre vis--vis de la press.
Si les operations tournament contre les insurgs, les
correspondents de nos confrres madrilnes n'au-
raient pas t contraints, en dsespoir de cause, et
devant le mutisme hostile des autorits, de se rem-
barquer pour l'Europe.
Enfin, si la rvolte tait crase, si son heure cri-
tique tait dj survenue, M. Canovas tmoignerait
de dispositions moins conciliantes. Or, il est certain
aujourd'hui que le Cabinet espagnol songe appli-
quer la Perle des Antilles des rformes qui, pour
tre anodines, attestent nanmoins un vritable revi-
rement moral. La Pninsule entire dans la voie des
transactions, des compromise, parcel qu'elle sait la
Perle des Antilles peu prs perdue pour elle, et son
ancienne domination jamais ruine.
A la veille de l'entre de M. Mac-Kinley la Mai-
son-Blanche, l'Espagne va tenter une supreme par-
tie pour ressaisir Cuba. La diplomatic lui russira-
t-elle mieux que la guerre?

La Rpublique Franaise.: Quant aux pr-
tendues ngociations avee Maximo Gmez, compl-
tement dcourag, elles n'existeraient, malgr l'affir-
mation de la Epoca, que dans l'imagination des
nouvellistes, et la preuve en est que celui-ci, aprs
avoir dvast la province de Matanzas, s'avancerait
dans la direction de La Havane.
De plus, malgr tous ses pompeux bulletins de
victoire, le gnral Weyler n'aboutirait, en some,
qu' peu de chose. Mais, malgr son impopularit
et ses insuccs, le gouvernement s'entterait le
maintenir son poste.
De la T.



TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs-
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine-
continuent tre mis en vente l'Administration.
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,.
ledessin,repr- i5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.
Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.

L'Administrateur-Grant : FOURREAU.

TROYEs. Imnpriiierie G. ARIBOUIN, rue '!hiers, 126-


Comment se soumet le gnral Maximo Gmez


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l~ip~a~e C~Piae~




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