Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: January 21, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00055
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert

RDACTION & ADMINISTRATION
20, Re Saint-ncent-de PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
.e A ne PARIS Janvier 897 N 53 20S p* fr. 2l.2
2oe AnneePARISJ.anvier I8nePA I -Non3 Une anne,,payabled'avance... 0 fr. 22 fr.
:NUn semestre, Id. Id ... Il fr. 11.50
Tlgraphe : REPCU BAINE Un trimestre, id. Id... 6 fr. 6.50
A L'TRANGER
PAR..AIT TOUTS LES JEUDIS Une anne, payabled'avance........... 25fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus Un semestre, id. id. .............. fr.
---- ,__ UN NUMERO...... 0 fr. 25


Ej% '~~


AVERTISSEMENTS

SDepuis le 15 janvier, la nouvelle adresse tl-
graphique de notre journal est la suivante :
REPCUBAINE PARIS
Nous prions nos correspondents et amis d'en
prendre note.
Ceux de no ns bonnsqui n'ont pas encore
acquitt le montant de.leur souscription .sont pris
de nous le faire parvenir le plus tt possible, s'ils ne
-veulent pas pouver d'interruption dains le service
.du journal, .
N-- 'NMs i ous trouvons dans la ncessit de rap-
peler ceux di..nos agents et correspondents de l'Eu-
rope et de TrAirqu',. qui ne l'ont pas encore fait,
de x-ulo.ir bien' ngler leurs comptes avec l'adminis-
tration du journal .jusqu'au 3i dcembr 1896, dans
le plus bref-dlai possible, et conformment aux
conditions qu'ils ont acceptes, afin de pouvoir con-
tinuer avec rgularit leurs envois de journaux.



LA BARBARIE NATIONAL
(Lisez: ( Espagnole )


e journal rpublicain El: Pais
(de Madrid), qui,-fly aquel-
ques jours, demandait l'exter-
mination des Cubains, public
la lettre suivante d'un Espa-
gnol:
Rvilla disait que les Es-
Spagnols taient une tribu
avec de grande .prtentions et les vnements
actuels viennent donner raison au savant critique.
Nous avons les apparences de la civilisation;
mais rien que les apparences. En ralit nous for-
mons un people inculte, barbare et cruel.
Cette dsolante vrit reconnue par le peu de
personnel qui en Espagne se donnent le travail dif-
ficile de penser, on ne l'.avoue pas publiquement
par crainte des fureurs chauvines; mais il n'est pas
moins vrai qu'en ce moment nous donnons au
monde le spectacle d'une barbarie sans example chez
les peuples de l'Europe.
Sans parler des atrocits commises au chateau de
Montjuich, de l'inique et miserable massacre de No-
velda, des fusillades journalires ordonnes aux Phi-
lippines par le gnral Polavija, des prisons.arbi-
traires, des lois violes, du banditisme politique, de
la corruption d'en haut et d'en bas, sans parler de
tout cela, qui font de l'Espagne un pays incompa-
rable, parlons du respect aux vaincus, de la gn-
rosit envers les prisonniers de guerre, sentiments
dvelopps chez les peuples les plus sauvages.
Les prisonniers cubains qui dbarquent Cadix
sont conduits pied par la route jusqu'au chateau
de Figuras. On pe:ut se faireine ide de leur"sort
par la lettre suivante- que je..reois de Carpio:
Les prisonniers -arriventdans un tat dplorable,
-sans chaussures, les pieds enfls, ensanglants, pres-
que nus, frissonnant de froid. Dans les villes o ils
passent, au'lieu de trouver quelqde soulagement et
du repos, on les reoit coups de pierre, avec des
provocations, des insultes et de-grossires moque-
ries.
Le ceur s'enflamme de colre en voyant le man-
qutieRde-sentiments humanitaires'et l'absence de cha-
rit'de ces gens-l. -
Deux de mes enfants se trouvent, Cuba o ils
combattent le sparatisme et par cela mme, au lieu
de m'irrite'r-:contre.. les- .prisonniers,- je :m'indigne
.contre ceux qui les maltraitent et. les:lapident. Il


n'appartient pas un noble ceur d'offenser et d'hu-
milier les vaincus; il est.indigne d'un chrtien de
les traiter..sans la -considration que leur malheur
mrite.
J'ai t tmoin de pareilles scnes. Certainement
.rien.de semblable n'en arrive en.Abyssinie aux pri-
sonniers italiens,
Pourquoi n'envoie-t-on pas.,es prisonniers par
chemin de fer?
Hlas! tant que la monarchie et la moinocratie
n'auront pas disparu d'Espagne, balayes par une
revolution bienfaisante, il faudra nous rsigner
souffrir cette barbarie et cette honte nationals.

Nous avons parl ici mme dernirement du fils
du gnral cubain Calixto Garcia, qui tait revenue
en Espagne des Philippines sans avoir jamais pris
,part :la .politique., Nous avons dit qu'on avait
donn l'ordre de .le conduire pied de Bilbao
Cadix. On l'a transport depuis aux galres des les
Chaforrines et on le tient aujourd'hui la barre ,
pris par les chevilles dans deux trous d'une norme


bains ont franchi la fameuse Trocha lorsque cela
leur a plu et sans tre obligs de le faire par mer ainsi
que l'affirma dans son premier rcit, aussi menson-
ger que tous les autres, le tratre Miximo Zertucha.
Notre gravure reprsente une troupe cubaine fran-
chissant laTrocha sur un des points considrs, par
le gnie espagnol,. comme absolument infranchis-
sable parce qu'un homme y avait de l'eau jusqu'
la poitrine. Le gnral espagnol Arolas, chef militaire
de la Trocha avait jur qu'il se suiciderait si le g-
nral Maceo traversait cette inutile et coteuse bar-
rire : Le hros cubain l'a traverse quand et comme
il lui plut et;.. le gnral Arolas continue jouir
d'une sant parfaite.

". -----6~-----

POLITIQUE ESPAGNOLE

Notre confrre L'Intransigeant public le fait carac-
tristique suivant qui expliquerait jusqu' un certain
point le dluge de -victoires espagnoles relate avec
tant d'empressement par certain journaux. ;


'ip
VICTOIRE DU GENERAL GOMEZ

PRISE DE LA VILLE DE SANTA CLARA

MARCH SUR LA HAVANE

DBARQUEMENT DE DEUX EXPEDITIONS
CANONNIRE ESPAGNOLE DTRUITE

Un tlgramme di9 janvier,.publi dans notre
dernier. .numro, annonait que le gnral
Mximo G6nmez dispioait i frapper un grand
coup au poin:tde vue nmilitaire. On indiquait,
come: champ d'action', la province de La
IIavane, maiscela n'a:pas empch le gnral
G.'Cii ez. stratgiste consimI rnii d'.t.'.ir inflig
aux troupes i.-pagn,:,lrs une iiu,'ille et dsas-
treuse, d faite.- . :
Le 5 janvier .courant, ls .forces .'oniii ndies
par le 'gnal i.,niiez 'attaqurent la ville de
Santa Clara (1), 'Le 8, :la. Ifiillad- et le feu
d'artillerie continuaient *encore des deux cts
et le chef des E-|.>gin:Ils, le: gnral Luque, tait
bless. Le lendemain martin, grce un mouve-
ment :i.nbiii 'i d'une grande habilet, la ville
tait prise Les .Espagnols avaient perdu 900
homes, et 'les Cubains, 1,500. Les Cubains
firent, en outre, 900 prisonniers. La parties prin-
cipale du 'butin consistait en 5,000 fusils,
48 canons de divers calibres et une grande
quantity de munitions. Santa-Clara tait, en
effet, un des' points.choisis par les Espagnols
comme '-dpt pour l'approvisionnement des
troupes.

Des nouvelles postrieures confirment que le
gnral Gmez continue sa march sur La
Havane, h la tte de 18,000 homes parfaite-
ment arms et avec de nombreuses munitions.

On announce de New-York que deux expdi-
tions ont dbarqu sans aucune difficult, l'une'
au sud de la parties orientale de l'ile et sur
laquelle nous n'avons pas encore de renseigne-
ments; l'autre, Sagua (2). Cette dernire tait
commande par le brigadier et chef d'expdi-
tion, Emilio Nfiiez. 47 patriots l'accompa-
gnaient, parmi lesquels un journalist bien
connu de Santiago de Cuba, le colonel Federico
Prez Carb6, le commandant Rafael Prez Mo-
rales et Augusto Arnao, ancien officer des pom-
piers diu commerce de La Havane.
La parties la plus important du matriel de
guerre se compose de: 2 canons tir rapide;
400 charges pour les dits canons; 600 machetes
pour chefs et soldats; 1,184 fusils Winchester et
Mauser; 500,000 cartouches, des uniforms, des
chaussures, des chapeaux et des mdicaments.
On peut voir par ces faits comment rpondent
le gnral G6mez et notre infatigable Dlgation
de New-York l'infme assassinate de l'hroque
Maceo et aux mensonges, et aux calomnies du
gouvernement espagnol.

Une dpche de La II.ivane announce que les
Cubains ont fait sauter, au moyen d'une torpille,
sur la rivire Cauto, la canonnire Reldmipago.
Six Espagnols ont t tus. Presque tous les
hommes qui se trouvaient bord des deux
canonnires, ainsi que les commandants Martinez
et Puerta, ont t bless.

(1) Santa Clara. Cap ale de la province du
mme nom et une de las Cinco Villas. 14,0oo habi-
tants. A 203 kilomtres de Matanzas, 230 de La Ha-
vane et 235 de Pinar del Rio. N. de la R.
(2) Sagua. Nous supposons qu'il s'agit de
Sagua la Grande, qui fait parties du terme municipal
de la province de Sant- Clara. N. de la R.

'1 /*^


poutre, sans pouvoir en retire les pieds et tendu
par terre sur le dos. Ce supplice est souvent main-
tenu jusqu' ce que mort s'en suive. C'est ce chti-
ment qui tait appliqu Cuba aux noirs, au temps
de l'esclavage, par les ngriers don't les fils enrichis
forment aujourd'hui les aides enthousiastes du bour-
reau Weyler qui fait des plans d'assassinats:
E. A.

-. *

LE PASSAGE DE LA TROCHA

La ridicule querelle entire les autorits espagnoles
de terre et de mer refusant d'accepter que les troupes
de Maceo aient pu traverser leurs domaines respec-
tifs fait que la gravure que nous publions cette
page est et sera toujours d'actualit. Elle dmontre,
en effet, qu'avec la gnral de division Quintin Ban-
dera d'a-bord et ensuite avec le gnral Maceo,les Cu-


L'ambassade espagnole- nous tenons le rensei-
gnement de source certain a distribu depuis
quelques jours une some d'un. million ceux des
journalists (!) parisiens qui ont la reputation d'ac-
cepter l'argent d'o qu'il vienne et - n'importe
quelles conditions.
Del ces nouvelles ritres de ngociations enga-
ges par.Mximo Gmez avec les hommes d'Etat
Sespagnols, nouvelles impudentes qui servent ex-
cuter toute une srie de coups de bourse .
Il y a quelques mois, le gouvernement espagnol
offrait de'l'argent aux capitaines de vaisseaux am-
ricains qui livreraient une expedition, ainsi qu'en
fait foi d'une manire irrcusable le document que
nous publierons dans un autre numro; hier, ce
mme gouvernement achetait le traitre Zertucha;
aujourd'hui, il distribue son or certain journa-
listes pour prendre sa defense.
Si tout cela prouve clairement l'impuissance et la
lchet de ce gouvernement de Dons Quichottes et
de toreadors, il montre aussi clairement que la cor-
ruption est le fond de la politique espagnole.



7" :


Le passage de la Trocha


" "'~
I






21 JANVIER 1897.


L'IMMORALITE ESPAGNOLE


I
Nous avions dj crit un article dans lequel
nous flous occupions des vols scandaleux que com-
mettent Cuba ceux qui s'intitulent les soutiens
de la morality espagnole , du principle d'auto-
rit /: de l'intgrit national et de la
noblessse de'la mre patrie , qand est tomb
sous nos yeux le numro de El Imparcial, de
Madrid, portant la date.du 31 dcembre.
Ce numro a t saisi, comme celui de l'Heraldo
de Madrid, parce qu'il contenait, en un article, un
trs incomplete aperu des vols en question.
Afin que nos lecteurs puissent se faire une ide
exacte de ce qui se passe et se rendre compete du
bien fond des observations que nous formulons
dans l'article don't nous parlons au dbut, nous
renvoyons la publication dudit article la semaine
prochaine et nous publions celui du journal de
Madrid. En voici la traduction:

CONTRE LES INIQUITES
JUSTICE IMMEDIATE

Pour le malheur de notre people et pour celui de
notre profession de journalist, les faits dplorables
continent l'emporter sur les autres, et, cela
tant, nous pouvons dire que jamais nous n'avons
prouv en pregnant la plume, tristesse aussi grande
et aussi sincere que celle que nous prouvons au-
jourd'hui...
II est pnible, il est on ne peut plus triste que les
v,nements obligent un journalist, aimant son
pays, dire que, parmi les gnraux et les chefs de
l'arme espagnole, il en est qui ne mritent d'tre
ni gnraux, ni chefs, ni espagnols.
. A Cuba, dans cette belle ile o l'on combat pour
la defense d'un- pass excessivement glorieux et o
se joue l'avenir de l'Espagne, il est des gens qui
ralisent une. fortune scandaleuse en spculant sur
les conomies de la nation et sur la mort du soldat.
Que cela soit vrai, on ne le saurait contester
aprs les lettres de notre confrre Domingo Blanco,
lettres o se trouvent des faits prcis; on ne le
saurait contester aprs avoir lu les journaux de la
Havane, comme par examplee El Ejrcito et le
Diaro de la Marina, les lettres particulires que
reoivent les dputs des Antilles et celles qu'en-
voient, leurs amis de la Pninsule, les soldats de
Cuba. Enfin l'allgation est absolument prouve
par les soldats mmes qui ont pu sortir mourants
de la Manigua o l'on devient malade et de
l'hpital o l'on meurt.
Pourquoi donc, il y a quelques mois, la corres-
pondance de l'ile ne parvenait-elle pas comme
aujourd'hui en distillant le sang avec autant
d'abondance que nos soldats le percent?
Il y a quelques jours, requis par les dignes repr-
sentants de Cuba, nous songions entreprendre.
une champagne aussi vhmente qu'il l'aurait fallu
pour obtenir un remde tant de maux.
Nous tions retenus par cette consideration que
les sparatistes lgitimant la guerre par l'immora-
lit de l'administration espagnole, nos articles ne
tarderaient pas tre reproduits par les journaux
flibustiers et yankes et tre lus dans la capital
de Washington pour montrer que la concussion et
la malversation sont partout o l'on trouve nos
employs et sont mles nos armes.
En presence d'une situation aussi grave et diffi-
cile, nous rsolmes de tenter certaines dmarches
prives auprs du gouvernement, et de mentionner
d'une certain faon, en un article, qu'on dcou-
vrait dans l'approvisionnement du corps expdi-
tionnaire de grands dfauts qui provoquaient chez
le soldat l'anmie mortelle.
Ces dmarches faites et l'article intitul : Deman-
des du people public, nous trouvons dans le He-
raldo de ce soir un long travail de M. Leparaz, qui
tve compltement les voiles et dans lequel est
signal nettement l'irritant, l'inique, le honteux
procd de ceux qui ne savent pas ou ne veulent
pas empcher les tristesses de Cuba.
Voici les deux paragraphes o sont rsumes les
dnonciations publies par le Heraldo :
. Savez-vous ce qu'ils ont ? Ils sont extnus et
atteints de paludisme, grce la faim et la fatigue.
Le soldat souffre de la faim terriblement et de fati-
gues sans nombre..., et sans possibility de les subir.
Hier, l'un d'eux me disait qu'il- n'avait eu, pendant
cinq jours, pour vi-vre, qu'un.,biscuit. On ne fait
qu'une soupe avec de la viande frache quand il y
en a, et de cette viande chaque soldat doit garder
une tranche pour toute la journe suivante jusqu'au
soir !!!...
... Au fond de cette baie immonde, et dans des
boutiques obscures et sans fentres, o sont des
auvents exposs au soleil l'humidit et la pluie
s'entassent des milliers d'hommes avec ou sans draps
ou couvertures. Peu peu ils arrivent ; bientt on
prpare la pharmacie et la nourriture. Et en atten-
dant ? De l-bas, d'un autre hpital, on leur envoie
des vivres et un jour la nourriture manque pour
400. On ordonne de prparer une soupe l'oeuf...
elle arrive quatre heures de l'aprs-midi. Le lende-
main, 200 rations manquent. Cependant l'Etat paie


chaque jour des milliers de subsistances l'hpital,
raison d'un duro par jour. Ah cette ration-il est
bonne et saine. Dans les boutiques de Regla, Santa
Catalina et Hacendados-il existe 6,000 malades. La
plus grande parties ne possde aucun document et
n'a t accompagne par personnel, de sorte que
nombreux sont ceux qui percent l, en mme temps
que la vie, l'tat-civil. On en a enterr beaucoup
don't on ignorait l'identit ce qui est le comble du
mourir (el colmo del morir).l
Nous ne discuterons pas la question de savoir s'il
tait opportun et utile de publier des dtails appels
produire autant de tristesse en Espagne que.de
joie dans la manigua et aux Etats-Unis. Une
semblable discussion viendrait trop tard.
Il est de notorit publique que, tandis que l'Es-
pagne appauvrie paie splendidement la subsistence
de ses troupes. Ses soldats meurent de faim ; il est
de notorit publique que l'argent des remdes et de
la nourriture pour les hpttaux. passe dans les
mains de gens sans patriotism, sans entrailles, sans
honneur et sans conscience; il est tard pour pen-
ser aux moyens susceptibles de remdier cet tat
de choses.
Un seul systme doit tre adopt : Il faut de toute
ncessit agir avec la rapidit de la foudre et avec
une nergie cruelle.
Si nous avons un gouvernement ou seulement
une apparence de gouvernement, en mme temps
que la rvlation de cette immoralit criminelle, de
cette ignominie patente, doit parvenir au camp in-
surg et aux meetings flibustiers autoriss tous les
jours par notre bon ami le gouvernement de la Mai-
son Blanche, la nouvelle du replacement du gn-
ral Weyler et des chefs placs la tte de l'adminis-
tration et de la sant militaires.
Il est de toute ncessit que la nation espagnole
ne soit pas complice de faits aussi honteux, mais
qu'il soit au contraire bien prouv qu'elle les dplore
et qu'elle les punit promptement et avec toute la
svrit voulue'.
On dira peut-tre qu'en rclamant, come pre-
mire et immediate solution, le replacement du
gnral Weyler et des chefs de l'administration et de
-la sant militaires, nous procdons sans preuves suf-
fisantes.
C'est une preuve suffisante que de s'tre montr
incapable d'empcher des tripotages aussi iniques.
Et indpendamment de ces measures ou doit en--
voyer Cuba des juges d'une experience et d'une
honntet proverbiales charges de procder une
enqute. Et si ceux qui ont fait commerce de la vie
des soldats espagnols n'ont pas russi faire dispa-
raitre les preuves de leurs actes, si l'on peut dcou-
vrir les coupables, oh.! alors, il ne faut plus parler
de replacements, il.faut fusiller sans retard, si
large que soient les gallons qui devraient tre traver-
ss par les balles du piquet charge de l'excutioq.
Il est enfin de toute ncessit, pour l'honneur de
l'Espagne, de montrer que le pays est unanime
protester contre les iniquits publies et demander
un chtiment exemplaire pour les infmes qui tuent
les soldats, tout en tant tmoins de leur abngation
et de leur courage; pour une poigne de criminals
qui cherchent raliser une fortune don't la base est
l'assassinat.
Lorsque l'or et la vie sont prodigus, il n'est pas
possible de manager certain prestiges.

Aussi, demandons-nous avec toute la vhmence
possible, clrit et nergie dans les procds.
Le moment est venu o, si le gouvernement n'agit
pas, le pays imposera sa volont.

Rafal Gasset.


CANONS EN BOIS



Le Petit Parisien, dans son numro du 14, a pu-
bli une description du canon de bois don't se ser-
vent les Cubains. Cette description content une er-
reur capital qu'il convient de reliever.
L'arme cubaine se servit de cette sorte d'arme
dans la guerre prcdente; mais elle ne s'en sert pas
dans la guerre actuelle. Les canons qu'elle emploie
aujourd'hui sont de bronze ou d'acier. Le plus petit
nombre de ces canons a t dbarqu par les expdi-
tions et le plus grand nombre pris aux Espagnols.
Il est certain que lors de la guerre de dix ans on
fabriqua les canons de bois don't parle notre confrre;
mais l'impossibilit o l'on tait de leur donner la
resistance voulue fit qu'on put peine les utiliser.
Dans la guerre que nous soutenons aujourd'hui
contre l'Espagne, les nombreux forts dtruits, les
actions de Cacarajicara et de Rubi entire autres, la
prise de Guimaro et, rcemment, celle de Santa
Clara, n'ont entendu tonner d'autre artillerie que l'ar-
tillerie la plus moderne. Les gnraux Maceo et Ca-
lixto Garcia ont mme fait usage les premiers du ca-,
non dynamite don't nous avons parl diffrentes
reprises dans notre journal.



*


LES CANOVISTES DE PARIS


Il y eut un temps o le journalism tait srieuse-
ment considr comme un sacerdoce: on ne s'en
douterait gure aujourd'hui. Il est vrai que les rap-
ports des directeurs avec l'ambassade d'Espagne
taient moins frquents et surtout moins touchants.
Beaucoup d'crivains, et non des moindres, taient
pauvres; quelques-uns. reculaient .les bornes 'du
stocisme et, quelle que ft leur doctrine, mritaient
le respect de leurs adversaires autant que celui de
leurs partisans. 'On tait forc d'estimer leur vie
sinon de partager leurs opinions.
Des opinions On en avait alors: aujourd'hui, on
journalise avec des homes intgres qui se laissent
'chanter (le chantage joue un grand rle dans les
meurs modernes) par une smillante Favorite (dans
l'espce l'ambassade espagnole) :
0 mol n Fernan d, tous les biens le la terr'e
Pon'r) ton canard, mioon c(I'rui cet les don iner

Etc., musique de Donizetti.
Et nos Fernands se montrent si ravis de pouvoir
possder les biens de la terre qu'ils en demeurent
Xau!
Le gouvernement espagnol est sec et, n'ayant
plus devant lui que quelques pauvres millions, en a,
sans hesitation, sacrifi un ces jours derniers, afin
de prparer les voices un nouvel emprunt.
La rpartition de ce million, entire diverse person-
nalits du journalism, explique bien des choses.
Elle explique comment, pendant toute une se-
maine, des feuilles laxatives ont os annoncer les
offres de soumission de. Mximo G6mez, alors que
celui-ci, avant repris l'offensive, menace La Havane.
Elle explique comment les insurgs Philippins
sont reprsents comine vaincus dans chaque ren-
contre et courant par bandes se jeter aux pieds de
Polavieja, le *Weyler de l-bas, alors que l'arme
espagnole est peu prs bloque dans Manille.
Elle explique comment alors que des cris d'indi-
gnation parent de toutes les grandes villes d'Europe:
Paris, Londres, La Haye, contre les misrables qui,
Montjuich, appliquent des prisonniers les sup-
plices du Moyen Age, des valets de plume osent d-
clarer que ces supplices n'ont jamais exist que dans
l'opinion de mystificateurs.
M. Canovas a de chauds amis Paris : il est vrai
qu'il y met le prix, ces hommes qui dshonoreraient
le journalism si avant eux il n'avait eu ses Armand
Carrel et ses Delescluze, n'ayant de toute la formi-
dable some d'ides philosophiques, scientifiques,
conomiques, littraires ou autres, que notre sicle
traine aprs lui, retenu que le mot galette .




-------^------



LE GNRAL MACEO


LETTRE DE CONDOLEANCE
La Socit Cubaine d'tudes Juridiques et cono-
miques de Ne\ew-York avait charge son vice-prsident,
M. Isaac Carrillo y O'Farrill de rdiger la lettre de
condolance adresser la mre inconsolable du
jeune martyr cubain Francisco Gmez y Toro.
Voici le texte de ce remarquable document d
notre minent compatriote et ami :
New-York, 2 Janvier 1897.
Madame Bernarda Toro de G6mez,
Monte-Christi,
< Saint-Domingue.
Chre Madame,
Dans le trouble profound qui nous domine de-
puis le jour fatal o tombrent, unis par un ternel
embrassement le guerrier non vaincu et le gracieux
adolescent qui tait le sang de votre sang et la vie
de votre vie, monte cette voix voile, de viriles tris-
tesses, qui va se rfugier dans votre sein dchir,
abime des plus lgitimes esprances et'de tortures
horribles.
Lorsque nous le vimes, arriv peine l'ge
Sd'homme, si rsolu et si beau, lorsque nous le vimes
partir souriant et plein d'ardeur pour aller rejoindre
ceux qui ont dcid de rsoudre par les armes le
sort de la patrie, nous emes l'espoir que quelque
compatissante divinit, prise ce ses qualits rares,
le conduirait un but heureux par un sentier cou-
vert de lauriers.
Les lauriers?... les voici; mais voici en mme
temps, les palmes.
Les soldats cubains, accoutums au mpris de
la mort,- parcourant, consterns et muets, la plaine
dsole, le trouvrent l. L'hroque jeune homme
sur lequel nous pleurons, en de tragiques noces avec
la patrie, donna en dot sa vie. Attendris et dsols,
ses compagnons le trouvrent entour de margue-
rites mutiles; sa tte sraphique tait penche sur
la puissante poitrine du Titan abattu, ses yeux dj
teints, entr'ouverts, fixaient l'espace, et son front
o s'taient abrits les songes dors tait doucement
baign par la faible clart des toiles du soir...
Un jour viendra, Madame, o, prsids par le
chef illustre, sans trve aujourd'hui pour sentir
son propre malheur et don't l'me exalte illumine


d'clairs de gloire les champs de bataille, un jour
viendra o l'pe rdemptrice remise au fourreau,
les reliques du martyr chri seront confies en un
acte national et solennel la garde de la patrie dili--
gente.
Et les mres cubaines, qui se groupent en" pleu-
rant dans le foyer en deuil ensanglant par. le bour-
reau, inscriront sur l'urne de bronze la i'gen'de du
hros.
Acceptez, Madame, nos sentiments de condo-
lance, que notre cur oppress de douleurs ne peut
exprimer en terms loquents ; Recevez-les come
la plainte de frres d'infortunes; frres d'une famille
infortune; comme l'humble, tmoignage de notre-
plus haute consideration et.de notre respect.
La Socite' Cubaine d'Etudes
Juridiques el Economiques.

SUR MACEO

Notre minent c6nfrre, 'M. Remigio Mateos, qui
dfend avec gnrosit et courage la cause cubaine
dans son- journal rpandu, El Continente Aneri-
cano de Mexico, nous fait l'honneur de nous de-
mander l'hospitalit de nos colonnes pour un re-
marquable article biographique sur Antonio Maceo
public un moment o le hros illustre faisait l'ad-
miration du monde et jetait l'pouvante dans le cur
du mprisable gnral d'abattoir qui l'a fait assas-
siner.
Nous regrettons beaucoup de ne pouvoir publier
intgralement cet article. Nous en sommes empchs
autant par le manque d'espace que parce que les.
passages que nous supprimons ont trait, prcis-
ment, l'poque de la vie de Maceo que nous avons-
tudie le plus quand nous nous sommes occups.
de sa mort.
Notre minent confrre voudra bien nous excuser.
et croire, en mme temps, notre reconnaissance.
pour son attention l'gard de notre journal :
Dans le courant de la guerre actuelle, les actes de
Maceo atteignent, par leur audace et leur habilet, les
limits de l'incroyable.
Son premier combat, dans lequel il perdit une
poigne de patriots qui l'accompagnaient, lui enleva
les seuls adjudants sur lesquels il comptait pour
commencer la champagne et, cependant, quelques.
mois plus tard, il se trouvait la tte -d'une arme
Sde 8,000. hommes et remportait des victoires signa-
les Yateras,'Filipinas, Jarahueca et Cristo; mais.
-son succs le plus brilliant a t sans contest -celui
de Bayamo;,o les Espagiols perdirent i,ooo hommss
et o l'hrosme du brave et infortun gnral San-
tocildes, sauva la vie Martinez Campos lequel,
suivi de quelques sol&ats blesss, battit en retraite
pied et presque sans chaussures, aprs avoir t mis
en complete droute. Poursuivant son invasion irr-
sistible, Maceo traverse le rio Cauto : Sures Valds
Chaparra et Echagie Puerto Padre sont vaincus,
et, fier de ses soldats, riche en armes et en muni-
tions, Maced traverse la Trocha et arrive jusqu'
Puerto Principe. A son passage dans le Camagey,
la province entire se lve pour la libert et le brave
insurg continue sa march triomphale, force la Tro-
cha de Jcaro, traverse las Villas et Matanzas et ses.
armes, victorieuses Mal Tiempo, Coliseo, Paso.
Real et Calimete, rompent les lignes fortifies des
Espagnols. Il envahit ensuite la province de La Ha-
vane et arrive Pinar del Rio aprs avoir travers,.
sans que ses plans aient chou une seule fois, une
tendue de terrain de 800 miles.
'Les prouesses piques de l'minent multre sont
dignes d'tre compares avec les actions d'clat m-
morables de Morelo Cuautla et Oaxaca, avec la
merveilleuse traverse des Andes par San Martin et
avec la decision de Washington Bunker Hill et
York Town; elles montrent au plus haut degr ce-
que peut fire l'hrosme et l'abngation des Amri-
cains lorsqu'ils combattent pour conqurir la patrie
et l'indpendance.
Gloire Antonio Maceo, le fils invaincu de San-
tiago de Cuba, qui a conquis par son courage et son
patriotism l'admiration des gnrations futures?
Honneur Cuba qui a su produire un hros don't
les exploits constituent une page brillante dans les
fastes militaires de l'Amrique.
Remigio Mateos.

QUEL CYNISME!

Avec une tranquillit qui serait merveilleuse s'il ne-
s'agissait pas d'un journal don't l'histoire et la poli-
tique sont peu enviables, La Epoca de Madrid rap-
porte ce qui suit dans .son numro du 27 d-
cembre :
Le gnral Weyler, interrog sur l'identit du
cadavre de Maceo, a rpondu qu'il connaissait
l'endroit o tait enterr le fameux cabecilla,
mais qu'il n'a pas ordonn son inhumation pour
ne pas profaner inutilement sa spulture, puis-
qu'il est tabli qu'il a t tu dans le combat de
Punta Brava .
Ainsi, le bandit Weyler sait o -est enterr Mapee
et, pour le dire, il a attend qu'un individu quel-
conque le lui demand alors que nous posons tous
.dans le.monde entier cette question depuis plus.d'un
mois? : ..
Et, pour ne pas profa ner inutilement la spulture
autant que parce que lamort de Maceo est prouve,
il n'a pas cherch tablir une identity que le sens.
commun et l'opinion publique rclament tous les


'1~P;ep~eC~ne~






21 JANVIER 1897.


jours Il a donc profan une spulture, l'honorable
gnral Martinez Campos, pour avoir reconnu
Scomme il le devait le cadavre de Marti?
Ce miserable assassin ment et il faut tre bien d-
pourvu d'intelligence pour accepter comme vrai un
pareil tissu d'hypocrisies et de faussets. Ce bandit,
ce jsuite, cette hyne immonde ignore l'endroit o
repose Maceo, si tant est qu'il soit mort.
La soldatesque espagnole est trop connue pour sa
frocit, pour qu'il soit possible d'attendre d'elle la pi-
ti que feint d'prouver le Nron Valrien. S'il avait
pu savoir o tait le cadavre de Maceo, il l'aurait im-
mdiatement dterr afin de le promener dans l'ile en-
tire, come firent les Espagnols de Cuba pendant
la guerre prcdente pour la clbre vierge de Cova-
donga, pour le moineau tu par un chat sur la
place d'Armes de La Havane, comme ils avaient fait
en i853 pour les ttes des expditionnaires du gn-
ral Narciso Lpez, fusills devant le fort d'Atars,
ainsi que put le voir toute La Havane pouvante et
que le dcrivit l'inoubliable pote patriote et martyr,
Juan Clemente Zenea :
Boire dans le crne de l'ennemi
Et lever triomphalement le drapeau espagnol.
Parler'de respect pour la tombe du gnral Ma-
-ceo !... Quelle mprisable nation, celle qui main-
tient un chef dou d'un pareil cynisme !

HOMMAGE A MACEO
Sous ce titre, notre confrre Los Andes, de Men-
doza (Rpublique Argentine), public l'entrefilet sui-
vant que nous reproduisons avec reconnaissance :
Le tlgraphe nous announce un fait qui suffit
montrer le caractre de nos homes publics,lesquels
n'oublient pas leurs devoirs d'Amrieains au milieu
des luttes de la politique.
Les dputs de LaPlata, pour rendre hommage
au hros tomb victim de sa noblesse et de son ar-
dent patriotism, Antonio Maceo, ont fait une d-
mnonstration de respect sa mmoire en se levant
comme l'a fait la Chambre italienne.
Cet acte se passe de commentaires. Il dmontre
une fois de plus que chez les fils de Belgrano et de
San Martin existe toujours le sentiment de libert
qui fit proclamer l'indpendance argentine le 25 mai
181o, sans que le people qui lanait, aprs quatre
sicles de domination trangre le cri de la rsurrec-
tion du Sud Amrique la vie indpendante se pr-
-occupt de savoir s'il avait des armes. Son courage
et son nergie lui suffisaient pour faire respecter ce
qu'il tait rsolu dfendre.
Le cas est identique. Cuba aujourd'hui nous
rappelle les provinces du Rio de La Plata en 181o.
La cause est la mme: le principle ternel et d-
fendu par les nations de tous les temps, et les lgis-
lateurs de La Plata, en honorant la mmoire du der-
nier des Maceo, de cette famille de hros, n'ont fait
qu'interprter le sentiment du people argentin et ont
donn un example d'amricanisme que'suivront
tous'ceux qui ont vu le jour dans notre pays.



CAPITALISTS, ATTENTION!...


Le Bulletin Financier Franais porte dans son
numro du 17 janvier :
A Barcelone, l'Extrieure s'est cote encore un
point au-dessous de la parit de notre march. Du
Teste, comme nous l'avons dj dit, les Espagnols
semblent mettre profit la reprise actuelle pour
nous repasser les titres achets dans les bas course.
Nous ne nous fatiguerons jamais assez de prve-
nir les capitalistes franais pour les mettre en garde
centree les agissements malhonntes de la spcula-
rion espagnole.

---------,i4-^.ai-------

IMPUDENCE DEMASQUE


De La Tribune Rpublicaine, Nevers:
11 est peut-tre permis de se moquer du monde,
mais l'Espagne passe la measure, elle nous tient d-
cidment pour trop gobeurs.
C'est ainsi qu'elle nous envoie aujourd'hui de Ma-
drid la dpche suivante :
Une colonne commande parle gnral Luque,.
.qui escortait un convoi, a battu, dans la province de
Santa Clara, une bande de ,50oo insurgs et leur a
tu 1oo hommes ; la colonne a eu 2 tus et i3 bles-
ss.
A qui le gouvernement espagnol espre-t-il faire
croire pareille normit ? Cent homes tus du ct
des insurgs et deux seulement du'ct des Espa-
gnols Les soldats du gnral Weyler seraient-ils
d'aventure invulnrables?
'Un de nos amis s'est amus faire le compete de
tous les insurgs cubains tus depuis le commence-
ment de la guerre. Le chiffre de ces infortuns, s'il
fallait en croire les tlgrammes officials communi-
qus aux journaux par l'Espagne, s'lveraient
l'heure actuelle 775,000! prs d'un million !
Et il en reste encore !...
Comme on voit bien que les Espagnols sont du
MidiL


*


t1


Nous copions textuellement dans l'Ieraldo de
Madrid :
Les nouvelles qui dclarent pacifie la pro-
vince de Pinar del Rio et rduisent deux bandes
sans importance le nombre des rebelles dans cette
province trouvent peu de croyants .
C'est entendu, il n'y a qu' Paris que l'on croit
Weyler sur parole.


Dans un article o il reproche amrement au
gouvernement espagnol de se mettre plat
venture devant les Etats-Unis, le mme journal
s'crie :
Les peuples enorgueillis par la richesse et
plus habitus discuter sur des marchandises
que sur l'honneur ne sont arrogants que vis--
vis des faibles .
Il en est parfois de mme des peuples qui ne
sont nullement enorgueillis par la richesse ;
tmoin l'Espagne si arrogante vis-a-vis des Cu-
bains et si lche devant l'oncle Sam.



Au fait, il est permis de se demander sur quoi
repose le lgendaire orgueil castillan. Sur le
pass de l'Espagne, me rpondra-t-on; mais alors
les Espagnols modernes devraient tre tout le
contraire d'orgueilleux, puisqu'ils n'ont pas su
maintenir leur- patrie' la hauteur o elle tait
autrefois arrive; ils devraient rougir de leur
immense et vertigineuse dgringolade.
L'orgueil castillan resemble diantrement
l'orgueil de ces vieilles impures qui, toutes rata-
tines, crottes et misrables, le font encore
la pose parce qu'elles eurent autrefois des
quipages, ,ma chre .


Vous tous qui aimez la vrit, lisez LeFigaro,
ou plutt lisez M. Denis Guibert, rien que M. De-
nis Guibert. Ce monsieur assure, en effet, que
lui seul dit vrai au sujet de la Ivolution cubaine.
Tout le people cubain ment, tout le people am-
ricain ment, les journaux des Etats-.Unis, leurs
snateurs et leurs dputs mentent; les corres-
pondants mme des journaux de Madrid qui d-
mentent catgoriquement Weyler sont des flibus-
tiers et, par consquent, des menteurs; les lettres
que de Cuba crivent Amricains, Cubains, Es-
pagnols, Franais, Allemands, etc., tout cela
mensonges. M. Denis Guibert est seul vridique
et seul dsintress.
Nous souhaitons sincrement ce monsieur
que son monopole lui rapport beaucoup.



Dans une entrevue avec le correspondent du
Journal de New-York, M. Castelar s'est cri
tragi-comiquement :
S'il faut aller la guerre contre votre na-
tion, nous irons; l'Espagne se dfendra avec ses
dents et avec ses ongles .
Voyez-vous cette petite rageuse de Castelar
qui veut nous ramener l'poque des armes em-
poisonnes!


Voici deux guerrillas que je trouve toutes
faites dans l'Heraldo de Madrid :
Il nous semble trs natural que le gouverne-
ment et le gnral Weyler aient fini par s'en-
tendre.
L'un et l'autre ont aujourd'hui le mme in-
trt... ne pas tre remplacs.



Suivant les dpches officielles de Cuba, le
gnral en chef va entreprendre sur La IHavane
et Matanzas des operations dcis'ires.
Ainsi il y a plusieurs sortes d'oprations, ou
bien celles-ci tournent suivant le got de celui
qui les entreprend.
II faudra alors blmer le gnral Weyler
pour ne pas s'tre dcid, ds le premier jour,
ce que tous ses plans et tous ses movements
fussent ddcisifs. a
Merci, confrre, nous n'aurions pas mieux dit.


El Nacional, journal dvou Canovas, avoue


..qu' aprs quatre sicles de domination Cuba,
les Espagnols ignoraient absolument la topogra-
phie de la province de Pinar del Rio.
Cela se comprend trs bien; les individus en-
voys a Cuba par la Mtropole n'ont jamaissex-
plor que... les poches des habitants.



Ce qu'il y a de plus curieux, c'est qu'ignorant
compltement la topographie de Pinar del Rio,
et oprant avec des soldats malades, moiti
nus et privs de nourriture puisque mde-
cines, aliments et vtements sont rests dans les
poches des escarpes don't nos reptiles chantent
le patriotism la dite province ait t pacifie.
Et elle l'est certainement, quoiqu'on en dise
en Espagne et Cuba, elle l'est, a n'en pas dou-
ter, puisque M. Denis Guibert l'affirme.
,------, ------

TIMBRES-POSTE CUBAINS


Ainsi que pourront le constater nos lecteurs dans
notre service special de tlgrammes, la Dlgation
Cubaine de New-York a mis en circulation des tim-
bres-poste de la Rpublique Cubaine.
On ajoute que ces timbres, soumis l'examen des
autorits postales des Etats-Unis, ont t reconnus
valables et donnent la franchise aux plis qui en sont
revtus.
Nous rappellerons, ce sujet, nos lecteurs que
nous continuous mettre en vente ces timbres-poste
aux prix indiqus notre announce.

---------,^ ------

LA PRESS FRANAISE


Le Jour: Les manoeuvres d'ordre financier
continent au sujet des vnement de Cuba.
C'est ainsi que, depuis plusieurs jours, on prtend
que les rvolts sont prts dposer les armes et
traiter avec le gouvernement espagnol.
Les reprsentants Paris de l'insurrection cubaine
dclarent, au contraire, que la guerre est mene
plus activement que jamais.
En revanche, nous pouvons assurer qu'aprs le
guet-apent dans lequel a succomb Maceo des ten-
tatives ont t faites pour acheter certain chefs
cubains.
Ces tentatives ont t repousses avec indignation.
Nous ne saurions donc trop conseiller au bon
public vis par les agioteurs de se mfier des nou-
velles optimistes n'ayant pour objet que de crer
une hausse factice.

Le Tour du Monde:- D'autre part, on ne saurait
faire fond sur les proclamations officielles de l'tat-
major espagnol. A les lire il semblerait que les
Espagnols fussent toujours vainqueurs. Or les in-
surgs, aprs n'avoir occup qu'une petite parties de
la province de Santiago de Cuba, dans l'extrme sud
de l'ile, sont parvenus, au bout d'un an et demi,
menacer La Havane, dans le nord. Du reste, la joie
avec laquelle les Espagnols ont accueilli la mort de
Maceo prouve suffisamment qu'ils avaient trouv en
lui un trs redoutable adversaire.

--------^ ^--------


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 12. Les forces espagnoles ont eu deux ren-
contres avec les forces cubaines pendant qu'elles
conduisaient un convoi Bavamo. Les Espagnols
ont perdu 35 hommes.
Des forces cubaines ont attaqu les troupes
espagnoles commandes par le gnral Nario qui
conduisaient un convoi de 36 charrettes losTunas.
Les Espagnols ont perdu 87 homes. Plusieurs de
leurs officers ont t tus.
Le vapeur Olivette, arriv Key West, a apport
la nouvelle que les troupes espagnoles se sont com-
portes d'une faon absolument sauvage Guana-
bacoa, ville distant de deux lieues de La Havane. Ils
ont tu trente personnel, brl plusieurs maisons et
viol les femmes.
Une escarmouche a eu lieu prs de San Luis
(Pinar del Rio). Les Espagnols ontperdu 17 hom-
mes.
Mr. Money, membre du Comit des Affaires
Etrangres de la Chambre des reprsentants, arriv
depuis peu New-York, vient de publier une lettre
dans laquelle il dit : Tout ce que j'ai vu et entendu
Cuba dmontre que l'Espagne est impuissante
dominer la Rvolution . Il assure que telle est ga-
lement l'opinion de Mr. Lee, consul gnral des
Etats-Unis La Havane, qui l'a charge de dire M.
Olney que chaque jour la revolution devenait plus


puissante et qu'il ne croyait pas que l'Espagne fut
capable de l'emporter. Mr. Money a rendu visit
M. Olney et lui a communique les informations de
M. Lee.
La North-German Gaette public un article
sur la question de Cuba, dans lequel il est dit
qu' on ne doit pas ajouter foi aux bruits qui ont
circul relativement l'intention de la diplomatic
allemande et que le gouvernement allemand n'a ja-
mais song intervenir dans les affaires de Cuba .
Le Sun de New-York dnonce aux nations c-
vilises les procds barbares des Espagnols Cuba.
Les autorits militaires, dit-il, ont tabli l'Inqui-
sition. Le snateur Hong en a acquis la preuve dans
les prisons de La Havane. Plusieurs rvolutionnaires
cubains ont succomb, victims des tortures qu'on
leur a fait subir .
Le World public des lettres de Cubains dignes
de foi que les autorits espagnoles maintiennent
au secret come suspects et qu'on prive de nourri-
ture jusqu'au moment o ils comparaissent devant
le magistrat charge de leur arracher des aveux .
Plusieurs citoyens amricains, mis en libert grce
l'intervention du consul, confirment ces allga-
tions.
L'Espagne dment qu'elle ait accept les bons
offices des Etats-Unis au sujet du rtablissement de
la paix Cuba.
M. Lee, consul des Etats-Unis La Havane,
nie que les rvolutionnaires aient compltement dis-
paru de la province de Pinar del Rio, ainsi que l'a
affirm le gnral Weyler.
On croit que l'Espagne sera force prochaine-
ment de ngocier un nouvel emprunt.
M. Murphy, le capitaine du Commodore a t
accus devant la Court Dury de Wilmington (Etats-
Unis) d'avoir transport, l't dernier, une exp-
dition Cuba sui le vapeur Laurada.
Du i3. Les Espagnols concentrent de nom-
breuses forces dans les provinces de La Havane et de
Matanrzas, o ont lieu de frquents combats.
Les escarmouches se succdent avec frquence
dans la province de Pinar del. Rio, bien que le
gnral Weyler ait donn cette province comme
pacifie.
Des avis privs de La Havane affirment qu'on
ne doit accepter que sous' bnfice d'inventaire les
nouvelles espagnoles de source officielle qui sont la
plupart du temps inventes de toutes pieces.
Le Comit local de Rio de Janeiro a adress au
gouvernement une nouvelleptition tendant recon-
naitre les insurgs cubains comme belligrants.
M. Bacon de Georgia a dit au Snat amricain
que le droit de reconnaitre l'indpendance d'un gou-
vernement quelconque appartient au Congrs et non
au Pouvoir Excutif.
M. Mills a dit au Snat que les Etats-Unis de-
vraient reconnaitre l'indpendance de Cuba. Le
snateur Bacon a soutenu et appuy la motion et
discut les diffrents aspects des lois internationals
relativement la reconnaissance.
Du 14. Une dpche de La Havane dit que le
gnral Weyler se prpare partir pour la province
de Santa Clara.
On announce de Jacksonville, que le Dolphin a
pris ce matin le vapeur Delaware, de Boston, suspect
d'avoir transport des armes et des munitions une
chaloupe dans l'embouchure du Saint Johns; on a
dit plus tard que cette accusation n'tait pas fonde.
D'incessantes escarmouches ont lieu dans les
provinces de Pinar del Rio, La Havane, Matanzas et
Santa Clara.
M. Gonzalo de Quesada, dlgu de la Junta
Cubaine Rvolutionnaire de Washington, nie abso-
lument que M. Olney et M. Dupuy de L6me se
soient mis d'accord pour mettre fin la guerre la
suite des prtendues dclarations de Miximo G6mez.
Il ajoute que ce gnral n'a jamais fait de proposi-
tions de paix bases sur des rformes plus ou moins
tendues et que les Cubains n'accepteront que l'in-
dpendance absolue de l'ile. M. Quesada dclare, en
outre, qu'il a reu une lettre date le 2 du mois de
dcembre, du president de la Rpublique Cubaine,
dans laquelle ce dernier dclare que toutes les me-
sures sont prices en vue d'une offensive nergique;
que Gmez march vers l'Ouest; que le moral des
troupes est excellent et que l'avenir se prsente sous
de trs favorables auspices.
Le croiseur amricain Nervark est parti de
Port-Royal pour Jacksonville afin d'empcher la sor-
tie d'expditions pour Cuba.
Dans un meeting de l'Assemble de l'Etat de
New-York, une resolution de sympathie pour la
cause cubaine a t prsente. Elle tend obtenir du
Congrs la reconnaissance de la belligrance.
Le gnral Roloff et Mr.Jos Ruiz ont t arrtds
aujourd'hui New-York, la demand du consul
espagnol. Ils sont accuss d'avoir particip l'exp-
dition du vapeur \Voodall en juin 1895. Ils ont t
remis en libert aprs avoir dpos une caution de
2,500 dollars chacun.
Personne ne croit Madrid que la province de
Pinar del Rio ait t pacifie par le gnral Weyler.
Le people espagnol se mfie des nouvelles officielles.
Une maison anglaise a ofert au gouvernement


~'-- 1'

aPs~a~8~.~s~eC~uiP~,e






21 JANVIER 1897


espagnol de lui vendre deux croiseurs. On croit que
le gouvernement ne les achtera pas.
Des lettres affranchies avec des timbres-poste
de la Rpublique Cubaine ont t enregistres et
ont circul aux Etats-Unis.
Le correspondent du World La Havane tl-
graphie que Maximo Gomez march sur La Havane
et que son avant-garde dvaste la province de-Ma-
tanzas.
Du 15.- Le Cabinet espagnol, sous la prsidence,
d2 la reine rgente, a dcid que quelques rformes
seront ralises Cuba. Le dcret official paraitra le
jour de la fte d'Alphonse XIII.
On croit que le citoyen amricain M.Julio San-
guily, arrt et condamn la rclusion perptuelle,
sera mis en libert sur la demand des Etats-Unis.
Le vapeur Delaware, qui avait ti pris par le
croiseur amiricain Dolphin, a t mis en libert.
A la suite des fausses nouvelles rpandues ces
jours derniers, la Ligue Cubaine a dcid d'envoyer
Cuba un dlgu special.
Le journalist cubain bien connu, Enrique
Trujillo, directeur de El Porvenir de New-York, a
t arrt'sur la demand du consul d'Espagne qui
l'accuse d'avoir contribu organiser l'expdition du
vapeur Horsa. M. Trujillo a t mis en liberty a-prs
avoir dpos une caution de 2,500 dollars.
M. Cnovas del Castillo dclare qu'il n'existe
aucune ngociation avec les Etats-Unis en vue d'as-
surer la paix Cuba.
Lecitoyen amricain Mr. Sorneillan a t con-
damn hier, La Havane, la rclusion perptuelle.
Du 16. Les chefs de la Rvolution Cubaine d-
clarent qu'ils n'accepteront que l'indpendance.ab-
solue et qu'ils sont plus dcids que jamais lutter
contre la tyrannie espagnole.
Le gnral Roloff, secrtaire de la Guerre du
Gouvernement Cubain, a t arrt de nouveau
New-York. On le souponne de prparer la plus .im-
portante des expeditions organises jusqu' ce jour.
II a t remis en libert sous caution de 2,5oo dollars.
Le village de Buena Vista (Santa Clara) a t
attaqu par des forces cubaines. On ne connat pas
encore le rsultat de cette operation, -
M. Sherman, snateur, de retour de voyage,
vient d'arriver Washington. Le nouveau secrtaire
d'Etat espre que son.gouvernement fera.d'e.granids
efforts pour conserver la paix. Il a dclar, en outre,
un reporter Pittsburg qu'il n'tait fas partisan de
l'intervention des Etats-Unis dans les affaires de
Cuba.
Du 17. L'activit dploye par les forces rvo-
lutionnaires.est telle que les escarmouches se succ-
dent sans interruption dans les provinces de Pinar
del Rio, de La Havane et de Matanzas.
-L'expdition prpare par le gnral Roloff et
qui tait compltement prte tait, dit-on, une des
plus importantes qui eussent t envoyes Cuba.
Le jugement de l'affaire a t renvoy la semaine
prochaine.
D'aprs un tlgramme official, -les Cubains se
sont empars d'un des forts des positions de Mata
(Santa Clara). Un officiei espagnol et cinq soldats
ont t faits prisonniers.
Un tlgramme official de La Havane announce
que le gnral Weyler a prpar un nouveau plan de
champagne. Il espre obliger le gnral Gmez livrer
une grande bataille. Les Espagnols s'attendent de
grands rsultats pour la semaine prochaine et les
Cubains, de leur ct, esprent fermement que l'habi-
let du gnral Gmez se traduira en une victoire
decisive pour les troupes cubaines.
Du 18. On made de Cuba au Times, que le
parti conservateur lui mme reconnait l'impossibilit
de continue la lutte contre le courant autono-
miste. Le marquis Apezteguia, chef de la fraction la
plus rtrograde, a recu mission d'aller exposer M.
Canovas les funestes consequences de la politique
suivie jusqu' ce jour. Non seulement on n'a rien
gagn dans la lutte outrance poursuivie par le g-
nral Wevler. mais les dAsastres accumuls dans
l'ile ont amen de nouveaux partisans aux auto-
nomistes.
On dsespre de pouvoir jamais rtablir le calme
Cuba. La misre gnrale ne laisse plus aux popu-
lations d'autre resource que la guerre de partisans,
qui permet aux affams de vivre, soit par le pillage,
soit l'aide de subsides venus de l'tranger.


LA PRESS BELGE


Nous reproduisons ci-dessous la fin d'une trs
intressante interview de notre ami, M. Pedro
Herrera, le sympathique et actif Dlgu en Belgique
du Gouvernement de la Rpublique Cubaine, inter-
view public dans Le Patriote, de Bruxelles, et que
nous regrettons de ne. pouvoir publier en entier
Dites bien que la guerre que nous faisons 'Es-
pagne n'est ni une guerre de races, ni une guerre de
religion. Nous sommes blancs, ngres ou mul-
tres simplement des opprims qui se sont levs
contre leurs oppresseurs : nos 70.000 soldats obis-
sent aussi bien Gmez qui est blanc, qu' Cabreco.
qui est noir, qu' Maceo qui est mnultre...
Et.vivant? interrompons-nous.
J'en ai la plus grande certitude, s'crie M. Pedro


-'
f r r


1--




































QUATRE TRAITRES!

Judas Iscariote tialiit Jsus pour 30 pices d'argent. John Churchill, duc de Malborough, trahit
Jacques II pour un titre de fioblesse."Benedict Arnold trahit Washinigton pour 6.000 lives sterling
et le grade de gnral. M: ximo Zertucha, enfin, trahit Maceo pour 50.000 dollars (250.00 francs).
(Extrait d'un 'journal Amdricain.)

^ii^ii~~t~ti~~~fi^^i^^i^i(is:r^^<^^1r


Herrera. Je suis bien renseign. Maceo est vivant.
I1 se rtablit parmi nos amis des deux. coups
de feu que lui a tratreusement tirs son illus-
tre mdecin. Bientt il reprendra son commande-
ment.,
Cette lutte pour la libert s'est prpare aux
Etats-Unis. Il y avait l des clubs d'ardente propa-
gande cubaine don't l'me tait Jos Marti. On finit
par rdiger la charte de la Rpublique Indpendante
Cubaine, et l'on nomma son premier president,
M. Salvador Cisneros Betancourt, marquis de Santa-
Lucia actuellement parmi nos amis, Santiago
de Cuba.
L'autonomie de l'le est proclame; le gouverne-


ment provisoire gouverne, agit et est. obi; les
250,ooo soldats du gnral Weyler n'empcheront
pas les vnements de suivre leur course natural,
fatal...
En terminant, notre interlocuteur nous affirme
que, tant par leur conduite qu'en raison de la
cause qu'ils dfendent, les Cubains mritent que les
puissances leur reconnaissent la quality de bellige-
rants.
Avant de nous quitter, M. Pedro Herrera nous a
dit encore qu'il ne redoutait aucune discussion -
propos,des faits ci-dessus- avec les reprsentants
du gouvernement espagnol Bruxelles, et qu'il
dfiait toute contradiction srieuse. Si une rponse


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Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


d'un

rue


NOTA. L'Administration de ce journal prvient qu'elle ne servira. aucune collection
gratis. .-


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7r'


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autorise est faite au Dlgu cubain, nous l'accueil-
lerons comme nous avons accueilli sa version de
l'insurrection, c'est--dire dans un esprit de parfaite
impartialit.
N.

L'Express, Lige: -- Nous n'avons pas laprten-
tion de prdire l'avenir, mais de mme que la mort
de Marti a ouvert l're des premiers succs, de mme
celle de Maceo pourrait bien donner le signal du
triomphe dfinitif.


Seulement les fausses nouvelles de Weyler et les
habilets de M. Canovas ne trompent plus personnel,
et .le president du conseil se voit maintenant atta-
qu par les hommes de son propre parti. Un de ses
rivaux, M. Silvela, l'accusait mme, avant-hier, en
terms peu voils, de conduire la monarchie sa
perte. Cela semble devoir tre, en effet, l'pilogue
des guerres coloniales de l'Espagne.

La Rforme, Bruxelles : On a vu que ces rcits
ont eu dj leur cho dans les Chambres amri-
caines et il n'est pas douteux que si la version du
crime devait se. confirmer, il n'y aurait plus nulle
part aux Etats-Unis la moindre hesitation sur l'ur-
gence d'une intervention active et immediate en
faveur des insurgs.
------ "* -------


DERNIERE HERE


Notre respectable et digne ami, M. le docteur
Betances, a reu le tlgramme suivant qui a t
envoy par M. Estrada Palma, notre vnrable
ministry plnipotenciaire l'tranger :
New-York, 20 janvier.
G6mez est en march vers l'occident (provinces
de La Havane et Pinar del Rio) la tte de l'ar-
me libratrice et du people cubain, fermement
rsolus conqurir l'indpendance absolute.
Estrada.
--- -----------:

BIBLIOGRAPHIE

Un bon livre de M. A. Tournier: Penses d'Au-
tomne, chez Paul Ollendorff. Un livre de maximes
et de courts impressions sur les Femmes et la Poli-
tique, avec cette charmante scolie : une tude sur le
Chat.
Et cette dernire chose est vraiment exquise. C'est
bref mais d'un art trs achev. C'est un pome en
prose accompli, d'un tour ingnu et preste; trois
petites pages o chaque mot est pes dans de minus-
cules balances. Cela voque les meilleurs tableaux
des Ostade et des Teniers; la bonne fume de pipe
des intrieurs intimes et bien clos.

Xavier Cauny, le bon pote Corse, nous donne
aujourd'hui une pice de satire loquente: Teria-
Rima, adresse aux mandataires de la Corse.
Je voudrais,que l'on connt ce vibrant et ce pas-
sionn. Cet hte du maquis est l-bas populaire. Les
quotidiens d'Ajaccio ont public, en I891 et 1892 des
Escarmouches, contenant des cris, des satires et des
chansons. Un journal en dialecte du pays, A Tra-
mantana , public actuellement les pomes corses
du recueil Intuppicciata ; et dans la Lyre de
Pierre, qui est en preparation, il tente de fixer des
temptes et et des paysages.
Xavier Cauny est un attard con-vaincu. Sa muse
est essentiellement lyrique; elle ne se complat que
dans des paysages forcens, dans des groupements
d'hommes merchant la conqute d'une ide ou
d'un mont. Mais parfois sa muse se ddouble pour
crosser les potiticiens et les bons Pangloss du lieu.
Alors elle devient singulirement violent et image ;
elle n'insulte pas, mais elle invective ; et ces pomes,
c'est toute la joie d'une dmocratie, qui, l-bas
comme en tous lieux, geint sous le faix des Panses
rondes.



Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
s5us notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.



TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que les timbres-poste de la Rpublique Cubaine
continent tre mis en vente l'Administration
du journal, 20, rue St-Vincent-dc-Paul.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
ledessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris,.est de deux francs
cinquante centimes.
Nota. On n'accepte pas en paiement d'autres
timbres-poste que les timbres franais.
-.
L'Administrateur-Gerant: FOUBREAU.

TiROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers,,1 '


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