Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: January 14, 1897
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00054
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RtDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Bue Saint-Yincent-de-Paul e Anne U PARIS 14 Janvier 1897 NPo 52 s ea., -.ARIS DP. iT.
e AnnePARIS4ne anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
1 ja ir 87_5Un semestre, id. Id ... Il fr. 11.50
ESSE TLGRAPHIUE: .r Un trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
D.ESSE TLRPHIUE: A L'TRANGER
T -''IPNO P"A.R.AIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance............. 25 fr.
Un semestre, Id. id........... 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


LA SITUATION A CUBA


elui qui s'est occup avec quelque
intrt et impartialit de la lutte
titanique soutenue par les patrio-
tes cubains, pour tablir l'ind-
pendance absolue de l'Ile de Cuba,
ne peut manquer de constater que
le dnoment s'approche. Les for-,
ces patriots sont en train de se
,concentrer pour donner sinon un coup dfinitif, au
moins un de ces coups qui auront un grand reten-
tissement dans le monde entier et, d'ici le mois
d'avril, Cuba sera libre.
Aprs avoir, forc les deux fameuses lignes mili-
taires construites aux deux extrmits de l'Ile par
les Espagnols, lignes qu'ils considraient comme
infranchissables, l'arme cubaine march, sous les
ordres de son intelligent et hroque gnral en
chef, Mximo G6mez, pour frapper de nouveau aux
portes de la capital La Havane , et d-
montrer que la mort du guerrier Maceo, le
hros de cent combats, n'a fait que redoubler
son courage et rendre plus nergique la dci-
sion de vaincre ou de disparatre plutt que
de se laisser ranchainer.
La terreur et l'pouvante que ce chef inspi-
rait aux Espagnols, ne peuvent tre mieux
prouves que par les rjouissances auxquelles
ceux-ci se sont livrs. A peine a-t-on su que
le 7 dcembre dernier, cet hroque gnral
venait d'tre frapp dans un guet-apens prs
de Punta Brava, victim de son courage et de
sa confiance exagre, que des ftes officielles
et extra-officielles ont t clbres grand
fracas, Madrid et La Havane, et que
partout on a proclam le triomphe des armes
espagnoles.
Ridicules illusions le gnral en chef
Weyler, battu 3o lieues l'arrire-garde de
Punta Brava, rentre La Havane, reoit les
congratulations et les flicitations de la po-
pulace et des autorits, dclare la province de
Pinar del Rio pacifie et se dit prt touffer
la Revolution, avant quinze jours, dans les
provinces de La Havane et de Matanzas, mal-
gr les attaques rcentes de Guanabacoa
deux lieues de la capital.
Cette grotesque comdie n'a pas dur
longtemps Madrid.
Le gnral Weyler a abus de la patience de
certain journaux mcontents de n'avoir pas
reu une confirmation de leurs correspon-
dants. Il a communique de fausses nouvelles
sur le rsultat de sa champagne, il a exerc un-s
censure rigoureuse sur les notes transmises la
Mtropole par les correspondents et il a oblig
ceux-ci quitter l'ile pour chapper au sort de leurs
deux confrres amricains. 11 a refus de rendre
compete aux. ministres de la guerre et des colonies
des fonds de la champagne don't la mauvaise admi-
nistration est assez flagrante pour qu'on l'ait accus
de laisser mourir de faim les soldats, les malades et
les blesss.
Au lieu d'offrir sa dmission et de faire juger sa
conduite par un tribunal qui claircirait tous les
points de l'accusation, le sanguinaire bourreau de-
mande ses complices une justification: C'est aux
fournisseurs de la marine et de l'arme don't les
exactions, les rapines.et les vols ont t maintes
fois dnoncs dans toutes les guerres de l'Espagne;
c'est ces vils spculateurs sans conscience que le
gnral Weyler en appelle. On s'explique d'autant
mieux leur tmoignage favorable que, dans cette der-
nire guerre, plus de 5o o/o des dcs sont attri-
buables l'inanition ou au manque de soins nces-
saires.
Les corbeaux ne dnoncent pas le boucher, ils le


complimentent En effet, dans le document le plus
cynique qui soit jamais tomb sous nos yeux, les
reprsentants de tous les syndicats de La Havane,
mme des maisons de bains, envoient une protes-
tation Madrid, contre les dnonciations faites par
les journaux de cette ville qui fustigeaient la con-
duite du gnral Wey!er, et ils le dclarent l'homme
indispensable.
Malgr l'indignation produite dgns le monde en-
tier par la fin tragique de Maceo, la preuve de lchet
donne par les Espagnols en clbrant sa mort,
comme ils clbrrent jadis celle de Nelson, certain
gouvernements qui se disent amis de l'Espagne in-
voquent les convenances politiques et la rigoureuse
mais cruelle neutrality, pour continue offrir
cette monarchie une sorte d'appui et poursuivre
les Cubains comme des forbans et des bandits.
Nous avons laiss exprs pour la fin les nouvelles,
sans doute inspires par l'ambassade d'Espagne, par
lesquelles MAximo Gmez, l'homme respect comme
le plus intgre, est prsent sous un jour des plus
mprisables comme patriote et comme pre.
Nous dfions M. Denis Guibert et consorts, qui
osent annoncer que Maximo Gmez, gnral en chef
de l'arme cubaine, a reconnu officiellement l'im-
possibilit de lutter plus longtemps , de faire la
preuve de leurs mensongres allegations. Il n'ap-
partient pas ces habitus d'antichambre quman-
dant le louis pour une insertion tendancieuse de
traiter d'officine de fausses nouvelles et de paigostes
les agencies et rdacteurs indpendants mieux placs
qu'eux pour tre impartialement renseigns.
Ce n'est pas en pleine victoire que des hommes
comme Maximo Gmez peuvent se dcourager: un
fils venger, une patrie librer, sont des devoirs


phies prises sur le champ de bataille par M. Salcedo,
lieutenant dans l'arme cubaine.
L'effet de cet explosif, don't la composition est un
secret, fut des plus dsastreux ainsi que le prouve le
rcit suivant du lieutenant Ramos, tmoin ocu-
laire.
Aprs quelques changes de coups de feu, le gn-
ral Maceo ordonna aussitt de faire usage de la
pice. Il s'tait plac prs d'elle et observait attenti-
vement nos prparatifs. Lorsque la dtonation se fit
entendre, la stupeur parmi les Espagnols fut im-
mense. Ils cessrent, en effet, de tirer pendant quel-
ques minutes bien que le coup n'ait pas fait de
ravages dans leurs rangs. Nous mmes ce moment
profit pour faire partir un second coup : au pra-
lable, la bouche du canon avait t lgrement rele-
ve. Cette fois, le rsultat fut magnifique. Le projec-
tile alla tomber au milieu des troupes espagnoles, y
semant la mort et la consternation. Les Espagnols
disparurent. Nous les poursuivmes et l'engagement
recommena au moment o ils venaient de recevoir
un renfort de i.5oo hommes. Le combat eut lieu en
terrain plat. Il dura toute la nuit et la matine sui-
vante jusqu' midi. Pendant cette action, le canon
fit de grands ravages, bien qu'il n'ait t tir que
sept fois seulement. Mais nous avions soin de viser
l'endroit o l'ennemi se trouvait en plus grand
nombre. Aussi lui fimes-nous subir de grandes pertes.
Tout tait balay et les nouveaux arrivants pleins
d'effroi fuyaient dans toutes les directions.
Dans la bataille suivante, le 20 septembre, San
Francisco, o 3.ooo Espagnols nous furent opposs,


ul 20,000 FUSILS ANGLAIS
2,000,000 DE CARTOUCHES

APPROCHE DU GNRAL GOMEZ

VICTOIRE DES TEXANAIS


Comme dernier et nergique dmenti que
nous puissions donner la stupid farce avec la-
quelle le Gouvernement espagnol a tch de trom-
per l'opinion publique, en disant que le gnral
en chef de l'arme cubaine .avait envoy Sa-
gasta des propositions d'arrangement, lesquelles
ne contiennent pas la condition premiere et in-
discutable de la reconnaissance de l'ind-
pendance de Cuba, nous avons le grand
' plaisir d'apprendre nos lecteurs qu'en ce
moment notre gouvernement ngocie un
achat de 20,000 fusils anglais et de
2,000,000 de cartouches, destins aug-
menter le matriel de guerre avec lequel
:* les Cubains luttent pour la libert de la
Patrie.

'7 C'est ainsi que le Gouvernement cubain
rpond au mensonge espagnol; c'est ainsi
galement qu'il dmontre aux yeux de tous
combien est fausse la nouvelle de la sou-
mission du gnral Gmez.


On announce de La Iavane qu'une pro-
S fonde, inquitude, cause par l'approche
des troupes du gnral Mximo G6mez,
rgne dans tout l'lment espagnol de
Cuba; cette inquitude est d'autant plus
grande dans les centres officials du Gou-
vernementespagnol, que l'on ne s'explique
pas quel est le plan du gnralissime cu-
bain.


Le 8 courant, un combat acharn a eu lieu aux
Palacios (1), entire 160 Texanais et 150 cavaliers
espagnols. Ces derniers ont t mis en droute
et ont perdu un convoi de munitions qu'ils con-
duisaienti ils ont en outre t poursuivis ou-
trance et ont subi un nouvel chec. Les Espagnols
ont laiss sur le champ de bataille 50 morts,
70 blesss et quelques prisonniers, parmi les-
quels se trouve le lieutenant Curseo, fameux
assassin, voleur et lche.


(i) Los Pala:ios. Terme municipal de la pro-
vince de Pinar del Rio. Plus de 5,ooo habitants. -
N. de la R.


*


sacrs qui ne sauraient lasser celui qui les accomplit.
Les reptiles, les bouchers et les assassins disparais-
sent plus rapidement de la mmoire des hommes
que les hros qui combattent pour la libert.
V. Mestre y Amdbile.



LA DYNAMITE A PINAR DEL RIO

Nos lecteurs savent que le gnral Maceo fit usage
pour la premiere fois, dans l'action de Rubi (Pinar
del Rio) d'un canon la dynamite nouveau sys-
tme, don't nous avons fait connaitre le modle
nos lecteurs dans un de nos prcdents numros.
Nous publions aujourd'hui deux gravures reprsen-
tant l'une le canon au moment de faire feu, l'autre,
que nous donnons dans notre dition espagnole,
une parties du thtre de ce terrible combat dans
lequel furent compltement battus les gnraux espa-
gnols Echagie et Gonzalez Mufiz et o le premier
reut une grave blessure la jambe.
Ces gravures sont la reproduction de photogra-


le rsultat fut le mme ainsi que dans la bataille de
Guayabito. L nous luttions contre 12.ooo Espa-
gnols. Nous l'emportmes sur eux grce au canon
dynamite en visant toujours l'endroit o les
Espagnols se trouvaient runis en grandes masses.
Toujours mme rsultat : mort d'un grand nombre
d'ennemis et mise en fuite des forces restes debout.
Dans cette bataille, sept bombes de dynamite seu-
lement furent lances.
Ce monceau de soldats, de chevaux, de fusils, de
canons, etc., permet de deviner ce qu'a d tre le
massacre sur tout le terrain o la lutte se dveloppa.
Par les tlgrammes et malgr le soin apport par
le gnralWeyler ne pas dvoiler l'exacte vrit, on
a vu clairement que le dsastre a t pour les Espa-
gnols on ne peut plus douloureux. Ils durent fina-
lement se retire en toute bte vers la cte, et ce
movement, devenu ncessaire, confirm pleine-
ment la victoire du regrett gnral Maceo.


*


LA DYNAMITE A PINAR DEL RIO







14 JANVIER 1897.


LE MESSAGE ET L'OPINION CUBAINE

Manifeste adress par la Socit Cubaine
d'Etudes Juridiques
au Peuple Amricain

LS patriOtes Cubins' ont pris les arms contr- le
despotifqu gouvethement espagnol pouit tablir l'in-
dfendand politique ltgolue d'e l'ile de Ciba. IN,
it'Bft i l o~SoM ni, 'ifpotrtfft, ti l':e risqtes dt~
l O t~f pltho, 1hl ne se disffiula;ent pas ls calamity
qtlAl attieatent sUi'r eiMr pays. -is.it's 'taent' pia
assez dpourvus de clairvoyance pour oublier les
complications internationales que .devait provoquer
l'tat de guerre da'sta~ nti ays ayant dds reiatibos
commercials avec de puissantes nations trangres.
Mats-l, matrtx qti pas8istr euatt xt ntaient d'fienus
si intoltrbles, les inj'tittl ts ql'i'ES sotiffraient taient
si humiliantes et compromettaient un. poit tel
ltvenir du peupl cubain qu'illeur part prefraj.bi
d'affronter tous. les pfrlls d'un' lutte terrible et iri-
gl'e, que de voir' dons'offiret leuri f.tre mtatrielle
par la spOliation du gouv t tliendt espagnol et leur
ruine fio mortal pr l frgime dgradait et corrupteur,
l'ombre duquel on les maintenait inflexiblement.
Ils savaient fort bien, les patriots cubains, qtils
allaient risquer leur vie, porter prejudice la prosp-
rit immediate dellerf pa)s, ntoublet r'quilbre mcc-
nomique -'-a Mrtt tMh ariVarta Mie' sR re tangue et
doulouatfuse eaxSprltee leitanwlt appts que lef t-
gime espagnal &ta.t, en lin de compte, plus trIneuax
poutr l'if- que les' getter tes- ptesde taettli es
puitqu, gree lui, i'histoirei-te fiteid s Cetiba
n'tat Iatr Gdhose itl'tirte tcrise psrolongif a.,de
terrtbles att-ptiadiques-. I' espifata,..n outte,
que. la lgitrnit de leurs gft il'alat io dtA ltttrs
pri'btitpe et. a putet de leurs intetiarto jutifie-
taint::au. ?yeux des trangers leur resolution valtei-
reuse.
Sut ce point. lesets eupmlaBet ''ont pas t cotm-
pltement dues. Les sympathies de la grande R-
publique Nard-Antticair,. aSile, nature d toras
ceux qui peinent pour la libert et. example pour
tmsi les hoatitt'sq4li'aspirnt 1l dignity civique,
ces sympathies nousout it acquis-es ds le- priert
moment. Les peuples hispano-amricains unis au
ntre par une troite parent autant que par les
liens historiques. se' sontimnus de lO nos Mitlurts et
ont applaudi l'efforl.hraque dei notres peuple..
Mais, au bout de deux annes de lutte. incessante
pendant laquelle nous' n'avons pargn ni note
sang fai nos' iensr afnfr de tstrer la pousse de
'arm .la-plus .formidatllequi ai' tt avters6 l'taia:;
au, bout de ces deux annes pendant lesquelles, nous
avons dlog le gouvernement espagnol des quatre
ci'quiites de nrotre territoire; alors que nous
avoas pour nousil'immense n m jjosrit dt 1a popu-
lation de l'ile et, de coeur et d'me,. la. reste des
Cubains rsidant dans les villes occupes par l'arme-
spagnole, il nous semblait que nous avions le droit:
d'espret lfe concourse m-orai et diplomatique des
gouvernements; libres de ce.NouS.vea MoeDi,' au sein
duquel se trouve notrepatrie.
Il tait natural> dans ces conditions,, que. nous fus-
sions impatients d'entendre les paroles du Prsident'
de l nation amricaine, l'ouverture d la session
du Congrs. Elles devaient, en effet, ces paroles,
nous montrer si la. justice de. note cause, les hro-
ques sacrifices et les indicibles souffrances de notre
people taient dment apprcis par celui qui a la
charge de reprsenter l'esprit qui anime cette grande
nation, rpublicainee dans ses. relations aiec les na-
tions trangres.
Le president, nous n'en pouvonsdouter, a tudi
avec grande attention la situation de Cuba. Il a mis
en jeu, pour cela, les, moyens d'infOrmation que lui
offrent les Agents co->sulaires. des Etats-Unis dans
l'le, 11 ne nous, est pas, davantage permits de suspec-
ter la rectitude de ses vues et la noblesse de ses sen-
timents, et nous avons constat, avec respect et gra-
'tirude, qu'il met la disposition des belligrants les
offices, amicaux des EtatsrUnis pour hter la fin de
la lutte.
Aussi avons-nous dplor et dplorons-nous vive-
ment que la seule indication fournie par le Message,
pour cherche- 1 ( Iie d'une entente entire Cuba et
l'Espagne, suit en tout point impraticable. En des
moments aussi critiques, tout ce qui.peut garer
I'opinion publique entrane de graves prjudices. La
vie ou la mort d'un people sont dans la balance.
Notre devoir et notre intrt sont d'accord pour exi-
ger que noius passions connatre ouvertement notre
sentiment, afin que ni le people amricain ni ses
nagistrats ne se proccupent d'un dessein qui ne
rpoond en aucune faon' aux besoins, de Cuba et
la ferme resolution prise par ses habitants.
Le President croit que si l'Espagne offrait Cuba
la veritable autonomie, on pourrait esprer raison-
n-ablem'ent arriver, sur cette base, la conclusion de
la paix. Les raisons les plus graves rendent cet exp-
dient absolument unacceptable. Les Cubains en ont
appel la redoutable resource de la guerre, pour
sortir d'une situation intolrable et remdier dfini-
tivement aux maux de leur patrie. L'autonomie, qui
est, en some, la souverainet de l'Espagne, ne re-
mdie rien. Des raisons d'ordre conomique,
d'ordre politique et d'ordre moral le dmontrent.
Si le gouvernement de la Mtropole nous remet-


tait l'administration de l'ile, il le ferait dans des con-1
editions qui rendraient impossible le travail produc-
tif, le dveloppement de la richesse et la vie fRgu-
lire. La gestion financire de 'Espagne Cuba a'
t si dsorftlnne, si imprvoyante et si peu sou-
cieuse d' l'avenir, qu'en la'ecueillant de ses mains
il ffr:n'ous restait d'autre alternative:que la banque-
route immediate ou' l'arrt du dveloppement nor-
mal de la fichesse publique, tarie sa source par
de charges qui. bsorberaient tous les profits. L'Es-
S pgne qthn'ajii'ftais frcorrt~l ; sa colonies Mla; ptron-
nali pni pot I'ra'inlri;itrirtion de ses affaire~is' pBBR s,.
ni pfr S Wdirection ff atktne manire,-,, totjou'rg
reconnu cette personnalit dans l'ordre financier,
afin de pouvoir spolier l'ile sa fantaisie. Cuba n'a
jamais eu de magistrats elle, d'Assembles qui lui
fussent propres; mais elle a eu un Trsor particu-
lier. Particulier seulement parce qu'4l tait aliment
par les resources de l'ile ; mais exploit comme bon
lui semblait par l'Espagre. L'Espagne a trait et
s'est etigge attinom de .C.ib, sans l'autrtisation et
sans la reprsentatior des Cubains, contractant
d'normes emprunts se s l'a respwisaibill-t I.iim-
diate du Trsor colonial. Au moment o la guerre a
clat1 Cuba: avait une dettel de t900.oo,oo de' pesos,
potr liq.uelle elt payait tons.tes as, tratrr en irt'ts
que pour l'anri:.ri ~ rmenn i.k.i,54l, plsc. 55. A,- usi-
t.t. I1 e ou\vernnrricrr espagr-.ol disposal d'une. mission
spciale de bonsi cubainsqiqu'il' a\.au. ea. portefeuille
pour oprer la conversion. d'ohli. i i.,ns antericureTs;
et il greva le Trsor de Cuba de l'norme somme;d
i 2,5oo,ooo pesos 5 o/o qui reprsente un intrt
annual, da.6, t25,poo pe aos.
L'E"sp agn'e djh dtpeniSces tnppotantes: esslrt-
ees. cu4t'liiet: pour fiUs fare t gsertre et nous
Mfirntenit stis le joiug. Elle' vitt' de raliserr'un
emiprttnt inttr)eir de 86o,ooo0;ooo, e pts :-5. o/ en
idarant: que' Gulb tes paierait.aprts la-pacification.
V'il d*itc 4,eaoMoo-d& pesOs de pius' qtti'metacerit
l budget ebsainm te sotte qtftr'n supposant les ':fis
de la guerr lirmits aux &&lltlrtwsx officielles, Ie
ptlMiler budget' txrmal'de Cube' espagnle- devrait
riabntteltt unte. chrge' de E-;to0,549 pesos 55- c.,
annuelle, se litern t'piulfe 'paert~ent' ds intits tet
pour uis fabit part t'e Pd l 'ortisseent d'inedette
effrayahte touted etii,t plQ &t f l'tr~~ rget: Paut'ap-
prer 4intra cp dI'teilr fiasignitcattonh de' ,t'it dB-
aidf' Il tse aie s souvenitr d !'eraluatlon: fWlte 'en
1887 pat It Circtf4 de' ft eendhdbs ds rssolres
liquids dde ltII. es' ressources taient valuis
-,m,?>:.o pes',s. Eh supposant' qie Cuba' sipost
utEit paelll ressour-e ad lt'nf trainer de, la' paix -
e';iqti eSt'rcdat a I r abiSrtde, es ttl'hrtnain'e ent
poSible que CL is t nirhttine.' s. prodi'ction, se
libre du coult f&e', pai- se ftis d'adriniiirration
ttdei gou etrnemet, fameita L ulittuie et fssedes
aOe~ies;avwc ri6ooo4eo0 de pesos-?
S'il tait ncessaire d'appuyer davantage encore
cet argument, il suffirait de ne pas oublier que l'-
norme tribute impos,par 'Espagne et ,a sortie cons-
tant di. d-ie lsi te: importants t ont empch la
moindre- coromie , Cuba et agamenl extraiordi-
naireme~~ i le prix des capitaux qui ont afolut de 'lr-
tsanger..Le message reconnait que les ciitovens Nord-
Amricains ont pli ca dhtis otte pays pl- s dLf
5ooeioo de.pese~s Presqtesqu tiutes es' lignes 'ge rres,.
de l'le a.ppaaittitnent des capiultste' angtais et,
sont exploites par des capital: anglais. Les intirtes
toujours croissants' d ces: somrnes: importtts s:Os -
tent de' Cuba. Le.pya.yse atit vie ami~k:si ail'et
extraction normal d ccapita as s'i ataient la pa-fi~ -
mentt 'ittanger des- iht~s d-e se monstrueuse
dette.
D'autre part il n'est pas. ptirunabteque'P.Eta.gtre
renoncera fratrchement asi mo pol ~icgpmerc.al
d:ont ellel joui-t aua~oud'hi, car ses indu-stries; etrr-
dataires et l distaZne qui la spare. de n-ous nre, lui
permettraient pas de se'.maintenit autrterment sur. no-
tre marcht. Mais le monopoly en faveur de 1'Espa-
gne se .traduit d'Abord, par un renchrissenent de' lai
vie pour l'ouvrier cubain, oblig de consommer des
products espagnols de mauvaise quality et de les
payer fort cher, et ensuite par le maintien de la frau-
de qui enrichit le marchand mais dmoralise le
people.
Dans l'ordre politique, les obstacles auxquels se
heurte l'autonomie come prtendue solution du
conflict ne sont pas moindres. L'Espagne est tout le
contraire d'un Etat dmocratique. Trois ,asses
gouvernent et exploitent le people espagn.ol: les mi-
litaires, les bureaucrats, so'us le nom de politicians,
et le clerg. Chacune d'elles a sa part des dpouilles
de Cuba et elles sont rsolues ne les perdre en au-
cune faon. L'arme colonial est exclusivement
compose d'Espagnols et elle offre le champ le plus
vaste la cupidit et l'ambition des militaires de
la Mtropole. Jamais ces derniers ne consentiraient
ce que l'Espagne retirt ses troupes de Cuba. Or,
les Cubains pourraient-ils se considrer come
libres, pourraient-ils l'tre avec une arme. tran-
gre d'occupation maitresse de l'ile et une escadre
trang're maitresse de ses mers ? Les politicians es--
pagnols tirent une grande parties de leur pouvoir du
patronage qu'ils exercent sur les affaires de l'ile. Ils
ne s'en laisseraient pas dpouiller tant qu'ils seraient
les maitres de l'Espagne. Or, les Cubains pourraient-
ils amliorer et moraliser leur administration tant
que les emplois exigeant la plus grande responsabi-
lit seraient entire les mains d'trangers qui ne voient


en Cubw'qu'une tape de leur carrire et le chemin
fapi Je ver la fortune ? Le clerg de l'ile est espa-
S gti t rivalise avec les employs civils d'habilet et
de ntanque de scrupules pour dpouiller le people.
Toute son influence s'exercera contre les liberts na-
,turelles du Cubain et il sera le premier gner ou
faussettoute' tentative de gouvertrement. autonomy.
Mais si ces difficults, radicals existent du c6t de,
l'Espagne, du ct de Cubal.les diffsults, ne sont
pas moijndres. Le Cubain' veut se diriger luim-mmiii
t Btre. responsible de ses. desti:es pros res: oi
Ladteres. 11 tce% veut pas voi~ son sort l fr: celui
d'fte nationtesaropetrre ahrire' et rfratitaie auX'
ides modernes de droit. Si, aprs la guerre de dix
ania if put s'astreindre proclamer l'autonomie colo-
~ii~at. comme tant son aspiration politique, ce fut
prce qu'il esprait que cette dure leon n'aurait pas
t perdue pour l'Espagne, et parce que la. situation.
conomique de Cuba lui faisait entrevoir la possibi-
lit de former, en peu temps, les blessures de la.
guerre et' qu'il croyait possible de se consacrer, ,
l'ombre de la paix, la rforme de sa situation so-
eiale t'polittique
La conduite postrieure de l'Espagne fit vanouir
toutes les esprances du peuptle cubain, par un sys-
tEe de mystificati,:,n qui tait un outrag'e:constant
notre dignit:et ros'dtoits'et par unt rgime fis-
cal qui ne pouvait amener que la ruine, deux
dbigtr d laquelle nous nous trouvions quand nous
primes la resolution de nous jeter dans la guerre.
Aussi, ceuxrl mmes qui, pendant des annes
avaient prn et dfendu le regime de l'autonomie,
comme la. solution, inniaidiate. du problme, cubain,
ont*ils t les premniers. . rpondre .l'appel de caeux
de leurs compatriotes qui ontv pouss le cri d'ind-
pendance. lies: atniens autonomistes, presque en
totalit, sont atujotrd'htUi sur lehhamp' de'bataifle,
dans l'migration ou dans les presidios espagnol's
Les noms de beaucoup de.ceux qui signent cette ex-
position suffisent le prouver.
Bien queles-raisons que nous venrs d'in .,quer
soient, puissantes, il an est d'autres, d'un caractre
suprieur qui: s'opposent au plan indiqu par le
Ptsid-ernl Il n'y a pas de. vritable union; politique
sans une troite commrunauit de' seinrtirniert. Or,
ee-snjet, le divocee entire la consoienue cubaineet la
conscience esptagn'o'tf est radical' et irmnidi-bte.
L'histoire d'e l domination de l'Espagne Cuba,
depuis des sicles, est une succession ininterrompue
de crimes, commis avec l sanction hypocrite de la
loi. Depuis i810, l'chafaud n'a cess d'tre dress
Cuba, pour crimes dits politiques. Le: nomnbrerde
patriots cubains pendias, teangls: pa, le garrot ou
fusills par. les Espagneols, est' ipoavantfable. Les
morts impunie%, sans. ombbede procs, nesauraient
itre caltules.
Chaque fois que nous avons, nous Cubains, en
notre exaspration, fait appel aux armes pour ren-
verser le gouvernement tyrannique de l'Espagne, les
troupes espagnoles sont tombes sur Cuba, comme
des hordes de barbares, mettant tout feu et sang.
Et la. police espagnole a fait rgner la terreur dans
les; vilIes, jetant dans les c achots,. sur de simple
soupons, les citoyens, le3prlum.respectabtes.
iLes C.ubai l e n'ont o:l'e choix qut'entre Psxit, le
fresiiio u la mort. Les.d'crets des g taux espa-
gnoiis, depuis Valma'seda jusqu' \Vyclr ont prouv
qu'ils se con idi-rairnrt an. un pays; rentmiu auquel
ils ont applique la loi defet't~;r fgueretk qu'elle
existait auxr, poques tks plus barbes. En 1889i
VManased fit ser r gaseer rt o o-tental de Cuba.; et,
e: egio occidettai % r Pouarnoyer dens: le' sang le dsir
ardentB. d libert qui anime l-es Cubans. 'EspaE# gne
ra'W r e-ul derant aucun moyeun : elle a pay tl dla-
t on, fimenit la trrahison et elite n'a jamais hsit
de~vartt le crime. En ce- mmernwt' m-ne, le monde
contemrple aec pouvanite t' cadavre d'un hros
cubain h4ros que les.snaes.espagnoles a'ot jamais.
pu:vaincre., ciel ouvert, et qu'a abattu dans tombre
la main vnale d'un assassin pay. Il n'est point de
point pour traverse un pareil abime de sang. L'Es-
pagne a mis en deuil nos foyers, dvast notre sol;
elle nous a disperss travers le monde, sans patrie,
sans protection, et elle a allum dans nos cceurs la
flamme d'une horreur qui ne saurait s'teindre. A
l'ombre du drapeau espagnol, le Cubain ne pouvait
vivre en toute scniit de conscience. Dans la colo-
nie espagnole, il: ne peut pas y avoidr de patrie pour
le Gubain.
Le grand people des Etats-Unis ne saurait oublier
que les pres de cette nation libre et prospre
tablirent, come leur immuable fondement poli-
tique, que les gouvernements ont t institus pour
assurer aux citoyens la vie, la liberty et la
conscience de la libert , et, comme consequence,
que partout o une forme- de gouvernement se
transform en instrument pour la. destruction de ces
fins, le people a le droit de le changer ou de l'abolir
et de crer un nouveau gouvernement bas sur. les'
principles 'et organism dans la forme la plus conve-
nable pour la ralisation de son bien-tre et de son
bonheur . Le people cubain, sous la domination de
l'Espagne, n'a d'assurances ni pour ses biens, ni
pour sa vie, ni pour sa libert ; il ne dispose pas du
produit de son travail et ne peut, par suite, dve-
lopper en aucune faon ses lments de culture ma-
trielle et morale. On voit donc qu'il est en droit
d'en appeler aux armes pour abolir ce gouvernement


et en crer un autre qui lui garantisse ses droits;
et on voit aussi combien il agit sagement en repous-
sant une transaction qui,de toute manire, maintien-
drait la prdominance politiq4arede l'Espagne.
Le 'gouvernement de cette puissante-fdrationY a
aussi des rgles de conduite qui le guident depuis
longtemps-.. Qu'il nous soit permis de lui rappeler
qu'en ce qui concern les colonies amridain;ies-des
Etats de' l'Europe, Charles Sumner lui marquair'dj
fichemin ean 869, lorsqu'il disait : *'e temps des
colonies europenn-.., est pass,, au. mtins. dans cet
hlmisptre' o. furent proclamrs, pour: laipremire
fWeiles drois. da l'hoinme' et oa. pour la; premiere
fois, fut organis le gouverne~nrtendirect'
C.-l.-nr de- l'Espagne, hier errcore colons malme-
ns, tyrat iiss et en rebellion lgitime et ouverte,
nous Ile, pouvons croire que les bons offices de la
grande Rpublique qui donna l'exenmeple, au monde
et conserve la tradition du. gouvernemrent direct,
s'exercent pour nous. maintenir dans une' sujtion
que nous abhorrons; et neu's: continuous esprer
que ces bons offices s'exerceront pour assurernotre
droit si dispute la libert et l'indpendance.
Neew-York, ia diembre i8a(..



NOTRE PROPAGANDA


Nous avons le plaisird'insrer cette lettre que notre
directeur vient. d, recevoir par l'intermdiaire de
notre respectable. dlgu Paris, M. le docteur BC-
tancs.
Aux tmoignagesMnobreux q:ui nous ont t don-
ns dj par la presse r. Itepublic.franais et trangers,
nous sommes heureux et fiers d'ajouter cette nou-
velle preuve de l'efficacit de nos tifort., malgrs ce
qu'il y a de trop logieux pour nous dans cette lettre
gnreuse:
Gonaives, Hati, 17 dcembre 1896.
Monsieur le Directeur de La Rpubiiuqpe
Cubaine,
Paris.
Mbnsieur le Directeur,
Je me.fais un plaisir, en mme tr i'ps:qurti.de-
voir, comme Cubain,, de. vous in.:mnner que, depuis
que le:journal.que vous-dirigez avec tarit de' Wct et t
de. patiotisme viril parailt dans' notre bonne ville, il
y' est! toujours accueiltli avec le pios vif plaisi.r. Votre
patriotique journal tant le seul, dIs organes:dela
RPvolutiatt Cubaine qui se' public en franais; c'est
lui qui est appel renseigneret clairer ici l'Popihion
publique, et t'est par lui que cette noble et loyal
population,. berceau de l'indpendnce d'Haiti, est
rellement mise au courant des effort' her:'iquesi que
font les dignes fils de la Grande Antille, ces frees,
pour conqurir ce mme droit scr qu'ils ait reiu
de leurs-anctres: la Libert! bMerci donrdtevotre
oeuvre:si.patriatique;et- si nminemment etie,
Aujourtd'ni que' rotre oh,re et malthemu ese
Patrie est la vteille de voir- sonnetr 'hleurte- de' sa
rdemption; dIt est l'bb'eT de' l'adinirartion d tots
les coeurs patriots; car les lecteurs de La Epa-
blique C0bbaiie ici, je puis vous l'ffiirmet, Ml te
Directeur, fraternisent de ceur avec nos frres qui
ont tout abandonn,, tout sacrifi,, pour donner au
monde la preuve, que le, peupla Cubain est digne
d'un sort. meilleur.
La Rpublique Catbaneo, je vous le rp e,
M. le Di.ecteur, a.fait ici le plus'grand bien mora. A
la sainte cause que nou's dfendons, et elle y acquiert
chaque jour plus d'ihpoltance et d'estime; ce qui
prouve qu'un couranlt de sympathie s'est pr.:lInd-
ment tabli dans ce pays pour notre.juste cause,,qui'est
celle de tous les peuples.libres,
Recevez, monsieur le Directeur, les compliments
les plus sincres d'un compatriot.
Un Cubain.




LE GENERAL MACEO

PREUVES CONTRE Z&I',iRJVIay .
Plus les jours passent, plus la noire trahison de
Zertucha devient vidente et plus on reconnait que
le gnral Maceo assassin ou simplement bless
- a. t victim d'u.n complot tram par Weyler,
Aharmada, Zertucha, Cirujeda et autres misrables
do:;t ondcouvrira les rnoms au fur et measure que
les faits seront dvoils,
La semaine dernire, l'Express-Agence a transmis
une dpche annonant que le docteur Zertucha
accompagnerait dans ses operations le gnral
Weyler, afin de lui indiquer les passages secrets, les
dpts d'armes, les campements et autres moyens
d'attaque et de defense don't disposent les Cubains.
Ce fait qui, par lui-mme, fortifie puissamment
l'accusation porte contre Zertucha, mrite d'tre
analys avec quelque attention.
Il faudrait tre bien na'if pour croire que le gnral
Wevler a besoin de Zertucha pour que ce dernier,
soit comme guide, soit comme practice , le con-
duise plus foin que l'endroit o ses soldats ont pu
arriver. Ce serait supposed, en effet, que les Cubains
se montreront plus faibles devant la renomme dj
si grande du traitre que devant l'inutile offensive
des Espagnols. D'autre part on devrait se demander
quoi serpent les soldats et les gnraux qui vont et


I_^_ __ _I-^-----~----i-----~------


- \ 1% %\ % %)






14 JANmvRR 1897.


-viennent sans ;cesse dans :la 'province.de Pinar :del
,Rio si Weyler .a besoi'n ,.d'un itdivuidt -pelur les
conduire comme pourraient &tre pcoduits, des; iilUiers

-Ge qu'il y a de plus vnaisemblable, c'est que le
gnral espagnol. n'ayant aucu-nee .preuve de la mortt
,de Maceo et tremblant devant le.ridicule sans pr-
*cdent qui rejaillirgit sur.l'Espagne,. sur,lui et sur sa
horde de bandits" le jour o les correspondents
trangers annonceraient que le gnral cubain est
vivant, veut toutprix dcouvrir l'endroit o ce
dernier se trouve. Il pourrait ainsi en finir avec lui,
complter ce qui a t commenc par.la miserable
trahison de Punta Brava et, en mme temps, arra-'
,cher Cirujeda son aurole de hros l'es-
pagnole.
Il est comprhensible que, pour cette besogne,
Wel ',cr ait oblig Zertucha, sous 'peine de mort,
lui servir de guide. Une-fois en champagne et la cer-
titude acquise que Maceo est mort ou vivant, un
tlgramme official ne tardera pas nous apprendre
-que'Zertucha.a t tu... dans un. combat et non
-par une balle bien paye par Weyler. Celui-ci, en
effet, se dlivrerait ainsi d'un complice qui, par son
bavardage, sa vivacit, sa gredinerie, sa prudence,
sa versatility ou sa malice, pourrait demain dcou-
-vrir-tout ou partie-de l'abominable complot.
Et ce-que nous disons l s'appuie sur d'autres rai-
sons encore. Nous avons annonc, on s'en souvient,
la semaine dernire, que le correspondent ,du New
York iHera.ld' La-Havane savait qu'on n'accorde-
rait pas Zertucha l'autorisation de se rendre en
Espagne, bien -qu'il .ait son passport en.poche, t on
n'a pas .oubli que ledit .Zertuchaest actullerment
gard- par la foroe.-armne'.diaens ure case.rne de la.rue
de. as Animas, LhaiHavane.
Il suit de l que depuis 'le jour de 'ai-s ;irna, il
est souemis aux alternatives par 'lesquelles -passent
.ses complices, les faits devenant -tous les ours plus
viden'ts,.et -qu'il se voit.par-cela mn-m lie bt .,g.. aujour-
d'hui de partir- avec Weyler dans une <-'.pedii,:,
Sdont -il est probable, qu'il ne :reviendra pas vivant.
S'.il en est ainsi, on n'aura rien perdu. Il arrivera
implement ce qui arrive toujours lorsque, aprs
un crime, un -des c !miphi.es parait dangereux aux
'autres.
LA'SOMBRA DE MACEO
El Nacional de'Mexico announce la publication
sous ce titre d'un priodique qui aura pour but de
favoriser le movement de sympathie en faveur de
.la cause cubaine.
La Sombra de Maceo sera rdig par des crivains
mexicains qui contribueront' ce que le sentiment
national appuie l'ide de demander au Congrs la
reconnaissance des Cubains comme belligrants.


LE BR SIL ET 'CUBA LIBRE

.Ds le premier veil de l'insurrection Cuba, l'opi-
nion s'est proccupe, au Brsil, -de l'issue de la
lutte dans un grand esprit.de.sympathie pour les d-
fenseurs de l'autonomie et de l'indpendance de leur
patrie. A plusieurs reprises, des;manifestations non
quivoques de cette sympathie se sont produites
dans la press et jusqu'au sein de la Reprsentati6n
national. La dernire de ces manifestations, qui
vient d'avoir lieu Rio-de-Janeiro, le i5 dcembre.
dernier,.a cependant revtu un caractre particuli-
rement imposant et affect une importance toute
particulire en raison du prestige et de la situation
des personnalits qui y ont pris part. Elle a, du
reste, about une dmarche auprs du chef de
l'Etat, qui ne peut manquer de peser, le moment
venu, dans la ligne .de conduite.que le gouverne-
ment de la grande Rpublique Sud-Amricaine aura
adopter.
En effet, au meeting annonc en faveur de Cuba
Libre et auquel ont pris part plus de 3,ooo per-
sonnes, M. Jos do Patrocinio, rdacteur en chef du
journal A Cidade do Rio et un de nos plus grands
orateurs, proposal, avec son loquence habituelle, de
designer une Commissinn qui serait.charge de por-
ter au Prsident de la Rpublique les voux du peu-
ple de la capital en laveur des Cubains. Sance te-
nante, une representation dans ce sens fut rdige.
Ont sign en tte : Jos do Patrocinio, Valentin Ma-
galhois, rdacteur ce A Noticia, Estives Junior, s-
nateur, Jovino Avres et Bellamino Corneiro, rdac-
teurs du Pais, capitaine de vaisseau Baptista Franco,
Olavo Bilac, publiciste; major Figuredo; les dputs
Meduros, Albuquerque, Thimoteo da Costa, Erico
Coelho.
Le Comit organisateur du meeting s'est rendu le
lendemain au palais du Prsident de la Rpublique
et lui remit la -motion qui avait t vote la veille.
Le chef du Pouvoir excutif a rpondu aussit6t
qu'il pensait que le devoir du gouvernement tait de
tenir compete des vceux des Assembles populaires
et qu'il devait savoir s'en inspire au besoin, mais
que la question de Cuba exigeait, tant 'donne sa
gravit international, un mur examen.
Ge que ces paroles Trenferinewt de prudente,rserve
ne saurait .surprendre de ta part d'un chef d'Etat,
mais elles -mbntrent videmment quel point les
sympathies pour la cause de Cuba Libre sont vives
chez tout le monde au Brsil.



A


UNE FARCE ESPAGNOLE


No us, avons dit la .smiaine dernire, dans notre
premier article, ,qu'un igds contes imagines par le
j.:.u,--r'rin n.eni te _-pi',:nol .': rpandu par les journaux
.de Paris,et de Madrid dans les Bourses de [ees :deux
.apitales -tait que notre-gnral ,en chef Mximo
Gmez dsirait faire sa soumission.
Pour donner ce bruit une apparence de fonde-
ment, on affirmait que ce chef. a.ait,crit au gnral
Martinez Campos, ,aprs l'engagement de Coliseo,
.en lui prop:..: ,ii. d'entrer .en pourprlersavec le gou-
', rri.r nmri t e; .-n,:l.
I .suffit de:savoir que,,personne, absolument per-
sonne, pasmmie le president de la Rpublique de
Cuba,-n'a le droit, nous ne dirons pas de faire, mais
mme.d'couter des.propositions n'ayant pas pour
base l'indpendance .de l'ile, pour condamner au
mpris.,une semblable allegation. D'autant plus que
ce ut le gnral Mximo G6mez lui-mme qui, en
1,877, conformment la loi, fit arrter et conduire
.devant M. Esrada.Palma, alors Prsident de la R-
publique, les missaires du gouvernement.esp.agnol,
SEstban Varonaet.astellanos, qui apportaient des
Fri.p.r..s;t:.n- Je paix non bases sur l'indpendance.
Ces missaires furent pendus.
AMais, pour prouver davantage encore quenous ne
nous trompions pas, legnral Martinez Campos
lui-mme a confirm notre dire par une lettre qu'il
a adresse. un journal de Madrid lequel, poussant
la.plaisanterie jusqu' lagrossiret, avait eu l'in-
qualifiable ide de publier le -texte de lettre qu'il
supposait avoir t crite par.le.gnral G6mez.
Monsieur e Directeur de,El Tiempo.
. Cher monsieur,
< J'ai lu dans El Gorreo d'aujourd'hui un entre-
filet dans lequel -on donne, d'aprs le journal El
T'iempo, que vous dirigez, 'le texte approximatif
d'une lettre qui 'm'aurait t'-adresse par Mximo
G6mrez.
Cet crit tait courtois, mais il ressemblait peu
aa:'texte:qu.e otus indiquez et je 'm'empresse de le
nectifiertpomr Tendre -hommage la vbrit. Comme
preuve,.je vous envoie tlarponse que j'ai faite.
Monsieur Mximo G6mez,
La Havane, 17 Janvier 1896.
Cher monsieur : J'ai reu la lettre qu'e vous
m'avez crite de 1' ingenio San Antonio, en date
d'hier. Deux raisons m'obligent. vous en accuser
simplement reception :
La premiere est que j'ai cess depuis quelques
heures degouverner l'ile et de commander l'arme,
et la second est qu'en vrit je ne comprends pas ce
que vous voulez m'exprimer. Votre lettre est si va-
gue que, sauf quelques affirmations errones que je
ne veux pas discuter, votre pense.m'chappe abso-
lument.
Quelle qu'elle soit, j'estime que.mon digne suc-
cesseur, le gnral D. Sabas Marin, ne verra pas d'in-
convnient ,vous rpondre si vous lui en exprimez
le.dsir.
- Je suis,iietc.
Arsenio Martine.t Campos.
Je vous serais oblig, Monsieur le Directeur, de
.publier cette rectification. Si, en effet, la lettre de
Mximo Gmez avait t si nette, j'aurais commis
une faute grave en n'en donnant pas directement
connaissance au gouvernement et en ne m'tant pas
offert, d'accord avec le gouverneur gnral, pour
chercher la formule dans une entrevue avec G6mez.
Je suis, etc.
Arsenio Martinei Campos.
Comme on le voit, ce que le gnral Martinez
Campos ne comprit pas et ce qu'il appelle des affir-
mations'errones necontenait d'autre arrangement
et d'autre proposition.que l'indpendance sans une
plus grande effusion de sang, d'autant que les g-
nraux Gmez et'Maceo venaient de reporter l'im-
portante victoire de Coliseo. Et cela. est si vident,
que le journal La Epoca lui-mme a d le dclarer
dans les lignes suivantes :
Bien que Mximo Gmez s'exprimt d'une faon
vague, sa lettre pouvait tre prise moins comme une
proposition d'arrangement que comme une invite
aux Espagnols d'avoir concder l'indpendance
Cuba.
Voil quoi se rduit cette farce: Elle n'a eu d'au-
tre but que de fire monter momentanment les
fonds espagnols la Bourse de Paris .et de faire
,pleurer quelques spculateurs sur l'argent qu'ils se.
sont laiss prendre grce une machination si ridi-
cule.

---------.^ --------

LETTRES A PIERRE


In
Je te remercie, mon cher Pierre, pour tous les en-
'couragemerrts que tu veux bien me prodiguer, ils
me font un bien rel, quoique, en vrit, je-n'aiepoint
.prouv un seul instant de dfaillance : j'ai la foi
absolue tians .le -triomphe Efrnal -de 'tout ce qui doit'
&tre,-t Cuba sera prochainement libre, libre ja-
Imai (itune olieuse dominarmin, .
Ce que je n'ai pas su te dire d'une faon suffisamn-
ment claire, sans doute, c'est la rpugnance que


ijprou've, chaque jour -plus ,grande,: :traiter ides
c-i:.s 'ilEpa_.r,,:. ; measure que les forbanas :sans
vergogne qI.' ',:,u .:rent cepauvre pays.l'enfoncent
,de plus en plus dans le bourbier imnmonded'o
-seules poiuTrontAle sortir de-longues annes d'.un :ra-
'xail.silen.cieuxet recueilli..
'Il:me 'faut, crois-le bien, un rel courage pour
prendre simplement connaissance de tous les docu-
ments qui me parviennent. Les jours succdent aux
jours et tous, malheureusement, se ressemblent, car
on ne mecommunique de toutes parts que les mmes
tranges abus et les mmes ignominies! Malgr la
perche bien longue don't je me sers pour remuer ces
tas d'ordures, je sors toujours de cette besogne aussi
coeur qu'empuanti !
Ce qui me soutient, mon cher Pierre, dans une
semblable entreprise, c'est l'ide seule de pouvoir
contribuer, de mes 'humbles efforts, au triomphe
prochain et dfinitif de-la 'belle et 'lumineuse petite
Rpublique Cubaine, de ce-pays que ses souffrances
rendent digne de l'intrt mu de ses braves amis,
les vrais rpublicains de 'France, qui ont toujours
compati aux malheurs des petits et aux souffrances
des opprims!
Pauvres Cubains! Pauvres Espagnols! Je ne sais,
en vrit, ceux que nous devons plaindre davantage?
Les derniers, sans doute, car les Cubains, eux, sont
dj moralement affranchis. Il n'y a pas de maitres
possibles sans l'avilissement de ce qui fait l'homme
esclave, sans la perte de sa volont noye dans les
tnbres de l'ignorance de ses droits et de ses devoirs
sociaux. Les Cubains rvolts sont dj libres, libres
de toute entrave, de tout lien moral; les moyens
matriels seuls leur ont fait dfaut pour la foundation
de leur Rpublique, ne l'ombre du drapeau am-
ricain, mais que vont enfin consacrer leurs efforts
avec l'appui synergique de leurs amis, dcids je-
ter, cette fois, dans le plateau du Destin tout le poids
de leurs richesses, de leur parole ou de leurs crits!
Cuba est libre, parce qu'elle est instruite et clai-
re : depuis bien des annes, tous ses jeunes enfants
ont t mands par leurs families en qute de la v-
rit, non point en Espagne, aux sources tnbreuses
de la foi:aveugle ,et imperative :que command la
plus hypocritement criminelle des religions, mais
aux Etats-Unis,,en France, en, Angleterre ou ailleurs,
leur faisant rechercher la lumire aux origins posi-
tives du;vrai-par le libre examen, l'esprit d'analyse
et la mthode exprimentale. -Je puis affirmer que
toute la gnration cubaine actuelle a tudi au de-
hors et que ceux des Cubains qui, exceptionnelle-
ment, ont t levs en Espagne, n'en sont revenues
qu'avec un amour plus grand au coeur de la libert
et le dgot profound de tout ce qu'ils ont vu dans la
Mre Patrie.
Voil pourquoi je dis.queles Cubains sont libres,
libres parce que leur niveau intellectual permet de
les reconnaitre comme juges de la violation de leurs
droits, libres parce qu'ils ne veulent pas tre asservis,
libres, parce que la servitude n'existe que par l'anan-
tissement consent de l'esclave.
Or, quevoyons-nous comparativement en Espagne?
Horresco referees, oui, mon cher.Pierre,.je frmis
littralement d'horreur la pense que toutes les
atrocits qu'on nous rapporte puissent se commettre
de nos jours et si prs de nous! Tout cela.est du pur
Moyen Age : horreurs, crimes sans .nom de temps
qui nous paraissaient invraisemblables et qui pour-
tant ont pu tre, puisqu'ils sont! Tous les droits
confisqus, toutes les liberts violes, des tres inno-
cents emprisonns, torturs, dchirs, la renaissance
avre des sinistres bourreaux de l'Inquisition...
En haut : le repair dor des bandits politiques
meant grand train et large vie; tout en bas :le
peoplee, le vwclgnm pecus, merchant en sombre ca-
dence dans une mare de sang et de boue -creuse,
chaque jour, davantage; entire les deux,"chtiment
.des nations avilies : -le noir troupeau des moi'nes, le
crucifix d'une main et la poire d'angoisse de l'autre,
brisant la bouche d'o s'chappe le cri de douleur,
ou touffant, sous de pieux antiques, le gronde-
ment commenant de la multitude....!
Pauvre Espagne! C'est elle qui est esclave 'et non
pas ses colonies: celles-ci, dbarrasses de leurs
liens, entreront aussitt dans la pleine jouissance de
leurs liberts sagement quilibres; elle, cependant,
parait tre reste en .dehors de la march progressive
de toutes les nations civilises, et si sa .situation est
particulirement pitoyable, c'est parce que l'esclavage
y est obligatoire en quelque sorte, par le fait de l'ana-
chronisme mme de son niveau moral, par l'avilis-
sement, par ,l'abrutissement de sa masse don't on a
su satisfaire l'intellect par les pratiques religieuses et
les spectacles arbbares !
L'ignorance inoue du people espagnol est la seule
raison d'tre de sa servitude.
Compare, mon bon Pierre, le budget des Cultes
celui de l'Instruction publique, tablis un parallel
entire la situation de ceux qui ont pour mission
dclairer les homess et cetrX don't la tche sculai're
rt'a consists qu' les tenir piotngs dafts les tn'bres
d'une barbarie plus ou moins afihne ? Hlas tu ver-
ras, pour les premiers, la misftenoire, sans utn tiiau
vais grabat oi finir leur dernier jour, pour les autres...l
"Voil l'Espagne *esd 'r! YEspagne d'hier, dau-
jourd'hui... de demain encore, et sans la suprimie
resource de ir revok e efficace : Ce sont bien lesr-
volutiorns qu eonsacrent l'airrcipation des pepuies,
mais les rvolutions utiles ne doivent-elles pas mrir


etisepr;parer dans les.esprits et dans les coeurs long-
temp:s .avant le moment .de rec.ourir la force? Les
rvolutions vraies ,et durables ne s'oprent que par
la persuasion du livre, du journal ou dela parole,
par l'instruition rpandue galement entire tous;.or,
le -nombre ies lettrs, en !Espagne, est si iifime,
qu'on peut craindre, avec raison, qu'il leur-faille,
longtemps encore, marcher courbs sous le joug
avec l'immense majority du troupeau............

De la guerre, mon eher'Pierre, je n'ai 'rien t'ap-
prendre que tu ne saches dj : toujours les mmes
droutes, toujours les mmes mensonges officials;
les dernires nouvelles prsentent.namoins ceci d'in-
quitant que les oligarchesibriens, sachant Cuba
dfinitivement perdue, voudraient bien prolonger,
aussi longtemps que possible, l'tat de choses ac-
tuel : Comme ont cherch le dmontrer le Heraldo
et El nIparcial,,la guerre est une belle chose; n'ont-
ilspas ainsi, tous les mois, se partager une centaine
de millions, pendant que le pauvre petit soldat
bless grelotte la fivre et crve la faim, l'abri de
trochas, dvor par les moustiques et par la ver-
mine?






......... ^....."Im---


'BIRUIT PERSISTENT


C'rn:me nouas i'a'.ons dit dans notre n.uii-iro ant-
rieur, la.nouielle,que Ma.coaserait.vivantprend cha-
que jour plus de consistance. C'cst ainsi que le
Times a reu de son, correspondent de La Havane
la dpche suivante, date du 6 janvier:
Le bruit court avec persistence que Maceo est
vivant et qu'il se rtablit heureusement, malgr ses
graves blessures. Des informations particulires qu
je tiens de source trs autorise m'apportent le
mme renseignement. Cette nouvelle, malgr son
invraisemblance, n'est pas impossible. En effet, les
Espagnols n'ont jamais trouv la place o Maceo
aurait t enterr, et sa mort n'a.jamais t officiel-
lement constate.



SL'AMERIQUE LATINE
et le gnral Muceo


Diario Comercial, Veracruz :- Si la mort d'An-
tonio Maceo tait certain, elle ne devraitpas tre
tenue pour une victoire pour l'Espagne.
Toutes les nations civilises chantent les louanges
du patriote muldtre. Les plus grandes intelligence
blment les manifestations de joie stupid, faites
par les Espagnols et de toutes les bouches parent
des cris d'indignation et des protestations.
L'Espagne a donc .perdu du terrain au lieu d'en
gagner et l'appui moral qu'elle pouvait esprer dans
son malheur, de la part de certain pays, lui fera
dfaut en ce moment historique o elle joue sa der-
nire parties en Amrique.

La Convencidn Radical Obrera, Mexico : Bien
que la mort de ce chef insurg ne soit pas encore
certainn, les Espagnols clbrent une si triste nou-
ielle.
'Ein supposant que ce chef soit moit, et Cela n'au-
'rait rien d'extraordinaire dans une champagne, la
lutte ne finirait pas avec lui. Pour qu'elle prit fin, il
faudrait que tous les Cubains eussent pri.
Il ti'y a 'pas d'illusions se faire. Cuba sera libre
mme si tous les chefs qui soutiennent actuellement
*la Rvolution venaient disparatre.
Centre la force existent la Justice et -le Droit.

The Two Republics, Mexico :- Si l'Espagne
avait remport une victoire decisive, elle aurait lieu
de se rjouir. Mais la conduite incroyable qu'elle a
observe depuis qu'elle a russi tuer par trahison
le grand Caudillo cubain, ne pourrait trouver d'qui-
valent que chez les Turcs ou les Apaches. Il n'existe
aucune nation civilise pour se rendre odieuse
comme l'Espagne, par les dgradantes orgies par
lesquelles les Espagnols ont clbr cette mort dans
la capital de leur pays et dans leurs villes de pro-
vince. De pareils actes ne pourraient se justifier que
si quelque grand pouvoir triomphait d'une lutte qui
avait dpass les limits d'une guerre lgitime don-
nant lieu, comme toujours, un dbordement de
passions brutales.
Corts et Pizarre eux-mmes se tinrent pour satis-
faits quand ils eurent veng leur ambitieuse cupidit
sur les vivants; mais l'histoire ne rapporte rien qui
dmontre qu'ils se soient jamais dshonors en
satisfaisant leur vengeance sur des morts sans
defense. La nation espagnole, en ces trois derniers
jours, a fait plus pour la cause de Cuba Libre que
toutes les armes cubaines en champagne.
Maceo tait invincible de son vivant et par sa mort
mme sans defense et inconscient. il a fourni
ses compatriotes des raisons valables pour que
l'Espagne ne continue pas dominer plus longtemps'
un peoplee qui est dj capable de se protger lui-
mme.


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~\ipgj~:"~t~j~Lli~d~I; C~j~j~ne






14 JANVIER 1897


L'Amico del Popolo, Buenos-Ayres : Pendant
ce temps, l'Espagne continue se livrer ses sau-
vages manifestations de joie, l'occasion de la mort
de Maceo.
S'il est vrai que Maceo soit mort, il est honteux
d'insulter le cadavre d'un homme qui a donn sa
vie pour sa patrie.

Cuba Libre, Buenos-Ayres: Toute la press
d'Europe et d'Amrique a public la nouvelle de la
mort de cet habile et hroque gnral cubain.
En ce qui nous concern, nous ne l'affirmerons ni
:ne la nierons, d'abord parce qu'elle a t souvent
.dmentie, ensuite parce que nous ne croyons pas
que le cynisme de l'Espagne puisse arriver au point
de produire de pareilles manifestations de joie
l'occasion de la mort d'un invincible caudillo.
De toutes faons, si la mort de Maceo est une
perte sensible pour la Rvolution, elle n'implique
pas que cette dernire est affaiblie ou prdue comme
le croient les Espagnols. Il y a Cuba un grand
nombre de Maceos.


Voici un rapprochement lgrement suggestif. On
lit dans le Heraldo, de Madrid :
La press parisienne comment favorablement
l'application des rformes de Puerto Rico.
Et, dans le mme numro, un peu plus loin :
Les rformes politico-administratives pour
Puerto Rico, que la Gaceta a commenc publier
hier, n'ont pas mme satisfait les partisans les plus
caractriss de celle-ci, parce que, ainsi que nous
l'avons entendu dire un de ces partisans, ces r-
formes s'cartent beaucoup des bases votes par les
CortEs.
Les facults qu'on accordait au gouverneur g-
nral au sujet de l'organisation provincial, sont tel
point changes, qu'elles ne modifient presqu'en rien
celles qui existent aujourd'hui d'aprs la loi en
vigueur.
Ainsi, d'aprs les partisans mmes des rformes,
celles-ci ne rforment rien et cependant la press
parisienne les comment favorablement. Est-ce
assez difiant?


SDduisons :Ou nos confrres se sont permits de
commenter favorablement ce qu'ils ignoraient
absolument, ou bien ils ont dit que les rformes
taient bonnes, sachant qu'elles taient mauvaises.
Dcidment, il n'y a plus de Pyrnes et l'on est plus
Espagnol sur les bords de la Seine que dans la pa-
trie de Lagartijo. Alphonse XIII ayant sa press
, introuvable Paris, cela ne manque pas de sa-
veur.

Le fait vaut certainement la peine d'tre remarqu.
En Espagne, le Heraldo proclame Weyler inca-
pable, menteur et voleur , El Imparcial demand
qu'il soit jug et fusill si reconnu coupable ; en
France, Le Temps l'appelle un brave soldat ; en
Espagne on avoue que ledit Weyler n'a nullement
pacific Pinar del Rio; en France on donne cette pa-
cification comme un fait indniable.
Du train don't vont les choses, le fils du roi-uhlan
ne tardera pas gouverner la Rpublique franaise ;
qu'a-t-il donc, ce moutard, pour plaire tant nos
confrres ?
Et cependant il serait difficile de dire si celui-l
est plus cher ceux-ci, que ceux-ci ne sont chers
celui-l.


De tout cela, il rsulte que pour continue notre
champagne flibustire don't nous ne rougissons
nullement puisqu'elle ne cote rien personne... si
ce n'est nous nous sommes obligs de puiser
aux sources espagnoles mmes.
Tandis que L'Eclair, Le Matin et autres feuilles
hispano-indpendantes, annoncent la pacification de
Cuba pour aprs-demain irrvocablment, le He-
raldo, El Imparcial, La Correspondencia de Espaha,
c'est--dire trois des principaux journaux de Madrid,
publient des articles annonant qu'ils ont dcid de
retire leurs correspondents de Cuba puisqu'on les
empche de transmettre leurs informations. Quoi-
qu'intresss dans la parties, les journaux espagnols
de Madrid se refusent insrer servilement
les mensonges du cynique Weyler.

13
Ce sont donc les journaux espagnols de Paris qui
auront le monopole des dpches dans le genre de
celle-ci: Un sanglant combat a e- lieu X...,
entire dix mille rebelles commands par Maximo
Gmez et une colonne espagnole, forte de trois


mille hommes; la moiti des rebelles est reste sur
le champ de bataille ; l'autre moiti a t faite pri-
sonnire; le reste s'est enfui en dsordre .
Franchement, si c'tait un horribleflibustier qui
confectionnt les dpches que nos confrres pu-
blient journellement, il ne s'y prendrait pas mieux
pour couvrir de ridicule le gouvernement espagnol.


Encore Jules Roche !... L'ancien radical, devenu
opportuniste, puis panamiste, et enfin alphonsiste,
vient de prcher, dans un article de La Petite
Gironde, la guerre sainte contre le jingosme amri-
cain.
La noble et chevaleresque combien l'adjec-
tif, M. Roche ? nation espagnole ne demand rien
personnel .
Au contraire !... et feu l'emprunt? et les sondages
oprs chez les gouvernements voisins pour connatre
leur attitude en cas de conflict avec les Etats-Unis ?
L'Espagne ne demand rien personnel, mais elle
ne se lasse pas de tendre la main. Pour faire plaisir
au sympathique Roche, nous admettons qu'e!le
appartient la catgorie des mendiants muets.


La champagne de fausses et absurdes nou-
velles continue. Cela s'explique. Le gouvernement
espagnol, aprs tant de sacrifices inutiles et aprs
l'chec incontestable de Weyler, est enfin convaincu
qu'il ne peut rprimer par les armes l'ir.srrection
cubaine.
Il faut donc transiger; mais comme il n'a cess de
dire qu'il ne pourrait tre question de ngociations
tant que la rvolte n'aurait pas reu le coup mortel,
il s'efforce de faire croire que Pinar del Rio est paci-
fi et que Mximo G6mez va se soumettre.
Telle est la vrit sur la situation actuelle. Depuis
le commencement de la guerre, les faits n'ont cess
de dmentir l'incorrigible menteur qu'est M. Cno-
va;; nous avons toujours pleine confiance dans les
faits.
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REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du 6. M. Quesada, dlgu cubain Washing-
ton a dclar de nouveau que les Cubains n'accep-
teront aucune transaction base sur l'autonomie. Ce
qu'ils veulent, c'est l'indpendance absolue de l'le.
Un grand meeting en faveur des rvo'ution-
naires cubains a eu lieu Cleveland (E.-U). De
vigoureux discours ont t prononcs.
M. Edward E. Robbin, membre de la Cham-
bre des reprsentants, qui vient d'arriver Greens-
burg (Pensylvanie), venant de Cuba, affirme que
12 citoyens amricains sont dtenus dans le fort du
Morro de La Havane. Il ajoute que le gnral Julio
Sanguily avait t condamn la rclusion perp-
tuelle bien qu'on n'ait recueilli aucune preuve de
sa participation au movement rvolutionnaire.
Le snateur Call a prsent hier une resolution
demandant que M. Olney intervienne dans l'affaire
du gnral Sanguily et exige sa mise en libert im-
mdiate.
Le president Cleveland a remis au Congrs la
correspondence relative la mort Cuba du jour-
naliste amricain Govin. De cette correspondence il
rsulte que, d'aprs le gnral Weyler, Govin aurait
t tu dans une bataille. Le gnral Lee, consul des
Etats-Unis La Havane, a t oblig d'crire une
lettre nergique afin de pouvoir se procurer des
dtails sur cette question.
Voici la liste des Cubains arrts La Havane
comme suspects, le 23 Dcembre:
Manuel Francisco Agfero y Agiero, Manuel Gu-
tirrez Trujillo, Julin Diaz Nnfiez, Francisco Es-
trada Lastra, F. Montalvo y Montalvo, Pascual
Mendive y Mendive, Jos M. Canalejo, Francisce
Xiques Entralgo, Bernardo Alcazar Fajardo, Jos
Garrido Sotolongo, Pio Montes de Oca Scull, Fer-
nando Scull, Toms Anaya Iglesias, Wenceslao
Villaescusa, Carlos Varona Vila, Manuel Agero
Medrano, Francisco Rovira Llad, Juan Viv6 Fuen-
tes, Ezequiel Romero, Miguel Febles Torres, TomBs
Fernandez Guerrero, Amrico Rodriguez, Juan Fri-
gola, Pedro C.rdenas Bann, Ernesto Guafiabens,
Antonio L6pez, Lorenzo Lpez, Rafael Rodriguez
Posada, Isaac Bufill Gmez, Luis Acosta Prez, Joa-
quin de la Rosa Prez, Evaristo Brito Delgado,
Manuel Guairo Lpez, Flix Vasallo Rodriguez, E.
Batista Rodriguez, Toms Fust Bobadilla, Jos
Lorenzo Mujica, Angel Ortiz Betancourt y Jos
Hernandez Lapido.
Du 6. Le correspondent du Times, La Havane,
tlgraphie que le bruit continue courir que
Maceo n'est pas mort et qu'il n'aurait t que gra-
vement bless. Son rtablissement complete ne serait
qu'une question de temps.
Le gnral Weyler est revenue de Pinar del Rio
sans avoir russi soumettre les forces cubaines
ainsi qu'il l'avait promise.
On sait, de source officielle, que le gnral
Maximo Gmez se trouve avec de grandes forces


dans la province de Santa Clara, et qu'il march
vers l'ouest.
Le 3, des forces cubaines ont compltement
dtruit le village de Bainoa (i).
Un tlgramme. de Key West affirme que
le vapeur cubain Dauntless a dbarqu heureuse-
ment un chargement d'armes et de munitions
Cuba, malgr une force espagnole qui essaya de
l'en empcher et qui fut compltement battue par les
Cubains.
Du 7. M. Cullon a prsent au Snat diverse
petitions en faveur de l'indpendance de Cuba.
M. Mills prsente une resolution conjointe au
Snat, tendant reconnatre 1' indpendance de
Cuba , et demandant que 1o.ooo dollars soient
assigns la dlgation des Etats-Unis Cuba. La
resolution dclare, en outre, qu'il appartient au
Congrs de reconnatre l'indpendance de Cuba et
que le Pouvoir Excutif des Etats-Unis doit agir
conf"-mment la decision prise.
D'apris le correspondent du New-York-Sun,
le Dpartement de la Justice a dcid qu'il n'appar-
tient pas au gouvernement des Etats-Unis de pour-
suivre les propritaires et les officers du Threa
Friends et, qu'en consequence, les poursuites n'au-
ront pas lieu. Toutefois, M. Haimon, attorney gi-
nral, a dit qu'il ignorait que son dpartement et
adopt une telle disposition.
Une dpche de Jacksonville dit que le croi-
seur Dolphin est arriv dans ce port. Il surveillera
les ctes afin d'empcher le dpart d'expditions des
ports amricains pour les rvolutionnaires cubains.
D'aprs un tlgramme official de La Havane,
le gnral Weyler dit qu'il a quitt Pinar del Rio
pour diriger en personnel les operations dans les
provinces de La Havane et de Matanzas.
Le Mail and Express public une correspon-
dance de Cuba dclarant que la Rvolution n'a ja-
mais t plus puissante qu'aujourd'hui, et que les
affirmations du gnral Weyler, donnant comme
presque pacifie la province de Pinar del Rio et les
rvolutionnaires comme disperss, sont complte-
ment fausses.
Du 8. Un tlgramme de la Jamaque dit que
plusieurs Cubains, parmi lesquels Pedro Dias ont
pu dbarquer malgr la quarantine. On croit qu'ils
sont porteurs de documents important pour la
Dlgation de New-York.
La legislature de la Caroline du Nord a adopt,
dans un meeting, une resolution invitant instam-
ment ses reprsentants au Congrs employer tous
les moyens don't ils disposent pour faire voter la
resolution relative la reconnaissance de l'indpen-
dance de Cuba.
Le snateur Money, de retour aux Etats-Unis
- de son voyage Cuba, voyage pendant lequel il a
tudi la situation actuelle de l'le, a dit qu'il n'avait
jamais vu un pays plus riche; mais que ce pays est
transform en desert et que quelques annes passe-
ront avant qu'il revienne sa prosprit primitive.
Le Collecteur de Jacksonville a fait savoir
M. Olney que le vapeur Dauntless, de retour de son

(i) Bainoa. Terme municipal de la province
de La Havane vingt-sept miles de la capital. -
N. de la R.


voyage Cuba, a demand ses papers pour Nuevi-
tas (Cuba). Le Dauntless.transporterait un nouveau
chargement de munitions et d'armes. M. Carlisle,
secrtaire de la Trsorerie, a rpondu qu'il dsirait
avoir tous les dtails relatifs l'affaire, avant de d-
livrer les papers demands.
Du 9. D'aprs El Imparcial, l'optimisme qui
rgne dans les regions ministrielles est en formelle
contradiction avec les nouvelles de source particu-
lire. On croit que le gnral Gmez s'apprte
frapper un grand coup. Il aurait rsolu d'affirmer
son autorit sur toutes les troupes cubaines par une
action d'clat qui aurait pour thtre la province
mme de La Havane.
Du 1o. El Imparcial de Madrid affirme que le
cabinet est en proie des divisions profondes. Tous
les dmentis officieux, dit-il, ne prvaudront jamais
contre l'inluctable ncessit de reconstituer le mi-
nistre, avec ou sans Canovas.
El Dia estime que le gouvernement sera sous peu
accul un nouvel emprunt. Il faut que la pacifica-
tion progress, au moins en apparence. De l, les
tlgrammes pleins de promesses du gnral Weyler.
--Le pays prouve aujourd'hui une immense lassi-
tude. Il a produit un effort inoui et qui a dpass
les esprances les plus optimistes. Les menaces
d'une intervention des Etats-Unis a maintenu la
cohsion des forces nationals. Sans cette manifes-
tation, que la press officieuse a savamment exploi-
te, le rappel du gnral Weyler se ft impos il y
a trois mois.
Du r .- On made de La Havane au Daily Mail,
que, malgr les entraves suscites par le gnral
Weyler aux correspondents des journaux trangers,
plusieurs reporters amricains sont parvenus par-
courir les provinces souleves.
Contrairement ce que les dpches officielles
ont affirm, la pacification n'aurait fait aucun pro-
grs. C'est tort que l'on parle de dfaites infliges
aux rebelles. Ce sont les populations elles-mmes
qui forment le contingent de l'arme rvolutionnaire.
L'ile compete un million et demi d'habitants. Si l'on
en dfalque un tiers immobilis dans les, villes forti-
fies et dcid garder la neutralit, soit par intrt
personnel, soit par indolence, il reste certain que les
deux autres tiers, c'est--dire un million d'habitants
environ, sont irrconciliablement, hostile l'Es-
pagne.
Tous ceux qui ont -visit les divers centres de
l'insurrection sont unanimes prdire le succs du
parti de l'indpendance.
On crit de New-York: On se fait, en Europe, une-
ide trs imparfaite, sinon fausse, des dispositions g-
nrales des Etats-Unis envers Cuba. Il n'y a qu'une
voix dans le pays pour blmer le Cabinet de Ma-
drid, pour fltrir le rgime impos aux Cubains. Les
insurgs ont l'appui moral de l'immense majority de
l'Union. L'appui matriel de la Rpublique ne saurait
leur tre donn ni par Cleveland, ni par Mac-Kinley.
Le parti de l'indpendance n'en triomphera pas-
moins par la force des choses.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

TROYEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126-


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