Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: December 31, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00052
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PARISH DEPART.
DemrAOIUne anne, payable d'avance... 20 fr. 22fr
20, Rue aint-incent-de-Pu re Anne PARIS 3 D cembre 1896 N 5 Un semestre, i. id. Il fr. 11.50
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ADRESSE TLGRAPHIQUE: RA:AL -'.~.OCrA A L'TRANGER
'T"I'L. ONE PAR.AIT TOUS ,LES JEUDIS Une anne, payable d'avance............. 25 fr.
Un seiestre, id.. id ... ... 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


OPINION AUTORISE


ous publions avec le plus
grand plaisir les lignes
Ssuivantes, dans lesquelles
M. Estrada Palma, notre
honorable ministry pl-
nipotentiaire l'tranger,
tudie la parties du Mes-
sage de M. Cleveland,
1g ayant trait la question
Cubaine, et duquel nous
nous sommes occups, il y a quelques semaines,
cette mme place.
La justesse de ses apprciations, du point de
vue lev auquel il se place, la measure et la pr-
cision avec lesquelles il les formule, la noblesse
et la sincrit patriotique qui l'inspirent per-
mettront nos lecteurs d'apprcier come il
convient ce document :
Je crois que le Message est, en gnral, on ne peut
plus humiliant pour l'Espagne en tant que nation
indpendante. Le Message dclare qu' l'exception
des ports et des villes principles, l'Espagne a cess
d'exercer sa domination au moins sur le tiers de 'ile;
que, malgr les nombreuses forces de terre et de mer
don't l'Espagne a augment ses armes de terre et de
mer Cuba, les rebelles ont gagn en nombre, en
quality et en resources et se montrent inflexibles
dans leur resolution d'arriver au noble but qu'ils se
sont propos en pregnant les armes. Le Message re-
connat la gravit des motifs qui ont pouss, dans la
Revolution actuelle, les Cubains se soulever centre
l'Espagne; il troupe raisonnable que les Cubains
n'aient pas confiance dans les promesses que le
gouvernement espagnol pourrait leur faire, et il pro-
pose la garantie des Etats-Unis pour l'excution de
tout engagement qui pourrait tre pris par l'Espagne
envers Cuba.
Enfin, le Prsident Cleveland dclare, sans hsiter,
que la patience des Etats-Unis a des bornes en ce
qui concern la fin du diffrend par l'Espagne;
qu'aux obligations l'gard de la souverainet de
l'Espagne, d'autres d'ordre suprieur peuvent s'im-
poser; que, par raison d'humanit et par natural
dsir d'viter la ruine complete d'un pays riche et
fertile, intimement li avec les Etats-Unis, il peut
devenir ncessaire de protger les intrts compro-
mis dans la lutte en offrant, en mme temps,
Cuba et ses habitants le moyen de jouir des bien-
faits de la paix.
En ce qui concern la supposition continue dans
le Message, que le gouvernement Cubain a renonc
pour le moment essayer d'exercer ses functions, il
me suffira, pour dmontrer le contraire, de dire
qu'immdiatement aprs la prise de Guimaro par
le gnral Calixto Garcia, le Prsident C;sneros et
son Cabinet se rendirent en cette ville et lancrent
de l divers dcrets relatifs au traitement des pri-
sonniers et des operations militaires ultrieures.
Le gnral Gmez, Gnral en chef de l'arme, se
trouvait alors huit miles de Guiimaro, recevait
des ordres du Gouvernement et se disposait les
excuter. Ce fait dmontre jusqu' l'vidence que le
Gouvernement de la Rpublique Cubaine impose le
respect et l'obissance aux autorits militaires jus-
qu'au point, come dans le cas qui vient d'tre cit,
d'occuper le poste d'un gnral victorieux au mo-
ment mme de son triomphe.
Il me reste dire quelques paroles sur l'autono-
mie. L'autonomie, cela voudrait dire que le people
Cubain ferait lui-mme ses lois, nommerait tous les
employs publics l'exception du gouverneur g-
nral, et aurait sa charge l'administration des
affairs locales avec une indpendance entire et, par
suite, sans aucune intervention de la Mtropole.
Que resterait-t-il donc l'Espagne, s'il n'existait plus
entire elle et Cuba aucune espce de lien commer-
cial. L'Espagne n'est et ne peut tre un march pour
les products cubains, et elle est incapable de fournir
l'ile de Cuba les arLicles de consommation don't
elle a besoin. Le march natural des products cu-
bains est la Rpublique des Etats-Unis auxquels, en
change, Cuba achte, avec de grands advantages,


des farines, des provisions, des machines, etc. Je le
rpte: Que resterait-il l'Espagne si ce n'est l'im-
mense dette contracte par elle, sans le consente-
ment et contre la volont du people Cubain ?
On comprend parfaitement l'autonomie du Cana-
da, come colonie de la Grande-Bretagne. Les deux
pays sont intimement unis par le lien le plus puis-
sant, par l'intrt mutuel d'un commerce rciproque,
seul capable de crer et de fortifier les relations ami-
cales, la bonne volont et le respect entire les peuples.
D'autre part, c'est perdre son temps que de par-
ler aux Cubains d'autonomie. Ils ont cr une
Constitution pour leur nation souveraine; ils ont
combattu avec un courage inou, pendant prs de
deux ans, pour maintenir leur indpendance; ils
ont vers leur sang flots, perdu leurs parents, leurs
amis les plus chers et sacrifi leurs biens pour
atteindre un but si noble et si just. Pendant ce
temps, la haine contre les Cubains, toujours ali-
mente par les chefs militaires espagnols et par le
gouvernement espagnol lui-mme, est revenue de
plus en plus vidente par l'excution de sans-froid
des prisonniers de guerre, au mpris des lois de la
civilisation et de l'humanit; par le massacre de gens
sans defense y compris les femmes et les enfants ;
par le nombre surprenant de fils du pays entasss
















-











".
Estrella Moreno













Gloria












Airelia Blanco


dans les prisons et dans les cachots o ils ont t
jets sur de simples soupons; et par la deportation
de milliers de Cubains auxpresidios meurtriers d'A-
frique. Cette politique de terreur, sanctionne par la
Reine rgente, par une femme qui se flatte d'tre
minemment chrtienne et catholique, a creus si
profondment l'abime politique entire Cuba et l'Es-
pagne. qu'il est absolument impossible de le combler
avec n'importe quel project d'arrangement, en dehors
de la ratification de l'indpendance complDte du
people Cubain.
Cuba a dcid d'tre jamais dlivre de la do-
mination espagnole, et les Cubains ne competent pas
plus le nombre de leurs ennemis que celui des pa-
triotes qui succombent dans la lutte. Ils vont de l'a-
vant confiants dans la justice de leur cause, dans la
fermet de leur resolution et dans la protection de
Dieu. Ils savent bien qu'au milieu de l'Amrique
Libre on les a laisss livrs eux-mmes sans qu'une
main amie se soit tendue vers eux.; mais cela, loin
de les dcourager, stimule, s'il est possible, la vi-
gueur de leur foi, leur certitude du succs final.
T. Estadla Palina.


*


VIOLES PAR LES ESPAGNOLS


Nous donnons aujourd'hui le portrait des cinq
Cubaines, victims de la bestialit espagnole. Ce sont
filles de bonnes et honorables families, mais qu'est-
ce que les Espagnols respectent? Soldats et officers
agissent l-bas comme les Barbares d'autrefois en
pays conquis.
En presence de ces faits, l'opinion europenne
serait-elle encore avec l'Espagne? L'opinion franaise
surtout? Jamais les Allemands en ont-ils fait autant
en France en 70 et 71 ?
Et voil comment l'Espagne prtend soumettre
une fois encore la colonie don't elle a abus, qu'elle
a pressure depuis tant de sicles! Si les soldats de
Weyler se bornaient encore assassiner les femmes!
Il faut aussi qu'ils les violent. Inutile d'ailleurs que
les parents des victims songent prsenter Wey-
ler la moindre requte : on vous les fusillerait bel et



















Maria Mogado










.. i


Fuland











Dolores Garcia


bien, comme calomniateurs de cette arme don't
l'Espagne est fire et qu'elle n'a mme plus le moyen
de nourrir.
C'est un bel example de civilisation espagnole, et
par l seulement nous pourrions voir toute la measure
de reconnaissance que la grande Antille doit la
mtropole.
Ne pas oublier non plus que dans l'autre guerre,
de 68 78, laquelle Wevler aussi a pris part,
come chef de colonne, lui-mme a viol plu-
sieurs femmes et livr ses soudards, compltement
nues, de malheureuses prisonnires. Ces atroces
excs taient pour lui un spectacle amusant.
Nous n'osons mme pas tout crire.
Les honntes gens, les femmes surtout, compren-
draient, d'aprs cela seulement, combien est just la
cause que nous dfendons dans La Rpublique
Cubaine.


*.


S VICTOIRE DE CALIXTO GARCIA

DFAITE DES ESPAGNOLS

CAPTURE D'UN CONVOI IMPORTANT

INSULTES AUX TATS-UNIS

CUBA LIBRE A LYON


Nous avons dit, dans notre numro prcdent,
que les Cubains avaient dj commenc r-
pondre, avec plus d'ardeur et d'nergie que
jamais, au vil assassinate don't a t victim le
gnral Antonio Maceo, et aujourd'hui nous pou-
vons ajouter une nouvelle et important dmons-
tration celle que nous avons dj cite.
Un tlgramme de La lavane au Times de
Londres announce que les forces cubaines com-
mandes par le gnral Calixto Garcia Iniguez
ont mis en complete droute une colonne espa-
gnole forte de 2,000 hommes qui conduisait un
convoi important Bayamo. Le gouvernement
espagnol n'avoue que la perte de 6 officers et
de 115 soldats, mais par d'autres sources plus
dignes de foi on sait que les pertes ont t beau-
coup plus srieuses.

Dans quatre des villes principles de Cuba,
les Espagnols ont insult autant qu'ils l'ont pu
les citoyens et les Consuls des Etats-Unis. Pen-
dant la nuit de Nol, des groups ont parcouru
les rues de La Havane aux cris de: Mort aux
Amricains! Le Consulat a d tre dfendu
par la troupe.
A Cardenas, le Consulat a subi deux assauts li-
vrs par les Espagnols. L'cusson amricain a t
arrach et foul aux pieds, les fentres ont t
brises et le Consul a t bless par un projectile.
A Santiago de Cuba, la police a pu empcher un
attentat analogue. Enfin, Matanzas, on a d-
couvert un complot ayant pour objet d'attaquer
le Consulat pendant la nuit, En outre de ces in-
sultes h la representation officielledesEtats-Unis,
de nombreux Amricains ont t maltraits par
les Espagnols.
Ces actes de sauvagerie suffi i3nt par leur gra-
vit provoquer un conflict ent:e les Etats-Unis
et l'Espagne.

Les socialistes-rvolutionnaires lyonnais, runis le
26 dcembre 1896, salle de la Brasserie Nationale, au
nombre de 2.030, saluent, dans leur ordre du jour,
l'avnement prochain de la Rpublique Cubaine, et
chargent !e citoyen Bonard, dput du Rhne, d'in-
terpeller le gouvernement sur l'attitude qu'il compete
prendre pour que la reconnaissa ice de belligrants
aux rvolutionnaires cubains soit faite au plus tt.


*


L






31 DCEMBRE 1896.


TAT D'AME DE L'ESPAGNOL

ET POLITIQUE DE CANVAS,


A. Une scne de cannibalisme
Mostaganem, 26 dcembre.
Une scne de cannibalism s'est passe, la nuit
de Nol, Lapasset, prs de Cassaigne.
Quatre casseurs de pierres espagnols avaient
prcp.ar 'un rveillon autour d'un brasier, quand ils
furent rejoints par un cinquime des leurs, peine
adolescent, que leurs chansons avaient attir.
Que se passa-il entire eux ? On l'ignore encore,
toujours est-il que les Espagnols s'emparrent de
leur compatriote, le billonnrent et l'attachrent
devant le brasier pour le faire rtir.
Enfin las de faire souffrir leur victim, les bour-
reaux le jetrent dans un champ voisin, o, attirs
par les hurlements d'un chien, les parents du jeune
home retrouvrent ce dernier agonisant.
Les coupables ont t arrts.
La victim a t transporte l'hpital de Mosta-
ganem ; son tat est dsespr.
Et le tortionnaire Cnovas ose appeler les Cubains
des sausages.
B. Justo Garcia Vlez, fils du gnral cubain
Calixto Garcia, le Preneur de villes, qui persiste
renvoyer sains et saufs les pris:,riniers qu'il fait
l'ennemi, se trouvait depuis deux ans aux Philip-
pines o il vivait de son travail, sans prendre part
jamais aux questions politiques. Peu de temps aprs
que l'insurrection clata, il -se dcida quitter le
pays et rentrer en Espagne. Dbarqu Barcelone
il lui et t facile de gagner la frontire franaise et
de venir Paris, o son pre a de nombreux amis ;
mais sans se douter de l'tat d'esprit de la nation que
l'on se plat appeler encore chevaleresque aprs
l'assassinat de Maceo, il voulut aller visiter sa sur
marie un Amricain tabli Bilbao. L, dnonc
par un homme de la police, il fut arrt et empri-
sonn. Il vient d'tre embarqu Cadix pour les
galres de Chafarines, sans autre forme de procs. Il
tait condamn aller, de Bilbao Cadix, pied,
accompagn .par deux gendarmes qui se seraient
relays de distance en distance. Ayant demand
l'autorisation de fire le voyage en chemin de fer, on
a oblig ses parents payer son voyage et celui des
deux gendarmes, aller-et retour. Il a donc pay pour
aller aux galres.
Sa sour et son beau-frre,quoique Amricains, se
sont vus forcs de quitter l'Espagne et se trouvent
aujourd'hui Saint-Jean-de-Luz.
Et le miserable Canovas nous appelle voleurs.
El Pais, journal de Madrid qui eut l'honneur de
lutter pour la Rpublique sous les ordres de Ruiz
Zorrilla, dclarait ces jours derniers qu'il fallait ou
soumettre les Cubains ou les exterminer.
Presque en mme tempsWeylei, avec son cynisme
habituel et malgr les dfaites que lui a infliges
Maceo Pinar del Rio, dclarait que les insurgs
seraient obligs de se rendre ou de izournir de faim,
De pareilles ides, dit F. J. Scott dans le
New York Herald (dition de Paris), ne different
gure en sagesse de cells de Catherine de Mdicis
d'excrable mmnoir.
Etle sacristain Chovas nous appelle bandits.
Mais, dit The Journal, de New-Yo'rk : Nous
verrons, lorsque le Congrs se runira de nouveau, si
c'est le group amricain ou bien la sordide corrup-
tion de l'Espagne qui y est reprsente. Nous avons
le pouvoir de mettre un terme la guerre. Donc, si
elle continue, rous en aurons la responsabilit. Le
people est pour Cuba: l'dministration est pour
l'Espagne. Le congrs sera juge.
i* En attendant, toute la politique extrieure et
intrieure de l'homme minent qui et t si digne
de servir l'Espagne sous le duc d'Albe (voir les assas-
sinats des comtes d'Egmond, de Hornos et de
Guillaume d'Orange), et qui s'indigne si fort de
l'acctsation qui pse honteusement sur les Weyler
et Ahumada et sur le hros Cirujeda, de l'assassi-
nat de Maceo, toute sa politique se rduit : i" dis-
crditer ses ennemis : .A Cuba ce sont des ngres
sauvages, des aventuriers, des bandits, des assassins,
des voleurs, lorsque les siens fusillent les prison-
niers, achvent ls blesss, mettent le feu aux hpi-
taux cubains, massacrent les paysans inoffensifs,
dtruisent les plantations des insurgs Weyler
s'en vante publiquement aujourd'hui -et rasent les
chaumires, les villages, les cultures, violent les
femmes, gorgeant des enfants, torturant des vieil-
lards et s'appelant des hros.
Aux Etats-Unis, il n'a contre lui que la popu-
lace . Et cette populace content tout ce qu'il y a
de plus remarquable New-York pour former la
Grande Ligue Cubaine , o figurent les noms les
plus connus accompagns, de qui ? du future secr-
taire d'Etat, l'honorable M. Sherman.
2a A pouvanter chaque jour les gouvernements
europens en agitant devant eux le spectre de Mon-
roe, comme si toutes les rpubliques amricaines, de-
puis Boston jusqu' Santiago du Chili, n'avaient pas
adopt la fameuse resolution : L'Amrique aux
Amricains, sans que personnel qui ne soit pas im-
bcile puisse comprendre que lorsque les Chiliens,
les Argentins, etc., la rptent, cela veut dire il
s'est trouv un politician pour l'interprter ainsi -
Le monde a ix Chiliens, le monde aux Argentins,


etc., et comme si quelqu'un l'empchait, lui poli-
ticien miniscule, de crier : L'Europe aux Euro-
pens.
En change Canovas cherche effrayer les Am-
ricains en essayant de leur faire croire que toute
l'Europe va s'attacher cetangle du continentqu'on
appelle l'Espagne et lui prter toutes ses armes de
terre et de mer, pour porter la guerre au del de
l'Atlantique : l'Allemagne, qui a dix millions des
siens tablis dans l'Amrique Saxonne, prts com-
battre plutt contre la mre patrie que contre le pays
,o ils se trouvent si bien; Ubi bene, ibi patria ;
la Russie, le colosse europen uni par inviolable
tradition au.colosse amricain; la France qui a assez
faire pour surveiller, aux Vosges et aux Alpes, ses
frontires constamment menaces; l'Angleterre qui
signe en ce moment un contract d'arbitrage.
Et chaque jour apparat un journal,- Le Figaro,
Le Temps, Le Matin qui dclare la guerre, au
nom de toute l'Europe,.aux Yankees, aux Piurceaiux
de Chicago, comme les appellent, dans l'intinit,
Madrid, Canovas et les siens.
3'-A l'intrieur sa politique est encore trs simple.
Il a l'air de repousser avec indignation l'intervention
amricaine et il la cajole et il l'appelle de toutes ses
forces. Pour un peu, il offrirait Cleveland, partir
du 5 mars prochain, le commandement des galres
de Ceuta o sont entasss les prisonniers politiques
cubains confondus avec les criminals de la pire es-
pce.
La difficult c'est de faire agrer au people cette
intervention. Aussi commence-t-il lui faire croire
que les gouvernements amis, les europens don't les
sympathies ne font pas le moindre doute, lui con-
seillent, non pas d'accepter intervention amri-
caine; mais d'agir d'accord, ce qui est bien different,
,avec l'Amrique en dclarant free (libres) Cuba et
Porto-Rico. Le people .pourrait lui demander :-
Mais l'Espagne seule est donc incapable de dominer
la Revolution des Antilles ? Vous cdez donc ?
Mais le people est ignorant et paresseux, partant
crdule, et Canovas.rpond :
Moi, cder ? Jamais! Seulement je march d'accord
avec les grandes puissances. don't nous sommes.
Et chacun, sans un sou dans.la poche.ni ailleurs,
*se dit : Je suis une grande puissance,! et il se
redresse et il march et se gonfle et crve comme
une grenouille. C'est ce qu'Hbrard (du Temps)
appelle la fiewrt castillane, l'orgueil espagnol, les
qualits ckeva'eres.ques des hidalgos et c'est ainsi
que Canevas, Pl'mineim homme d'tat de La Epoca,
et ses miniistres et ses gnraux et ses publi-
cistes nouriissent la nation de vanits, de fanfaron-
nades et de mensonges et qu'elle en meurt.
Brandywine.

-------*a~ I-------

UTORIT1 ESPAGNOLE


J'ai passs pr le ministre des colonies avant le
digne ministry qui l'occupe aujourd'hui. Je sais donc
quoi m'en tenir en ce qui concern ces tl-
grammes, rpts tous les jours, dans lesquels il est
question de 25 prsents, 7 morts, 26 femmes, 16
mules et 4 chevaux, et je dclare solennellement
que si j'avais fait le total des hommes tus,
suivant les tlgrammes reus pendant les neuf
mois que j'ai eu l'honneur d'occuper le dit mi-
nistre, il en rsulterait qu'il a pri plus de'
monde que pendant la guerre franco-prus-
sienne.
MAinwl Becerra.
(Diariio de las Sesiones. 14 mai 1880.)

------*il -------

LES DEUX DEMOCRATIES


I1 y eut un temps o la France tait universelle-
ment proclame le foyer de toutes les ides gnreuses
et hardies, le pays qui dcouronnait les rois et faisait
crouler les Bastilles.
C'tait Paris que battait le cour de l'huma-
nit.
Lorsque les grands philosophes franais, rvolu-
tionnaires de la pense et prcurseurs des rvolu-
tionnaires de l'action, s'efforcrent de rveiller la
conscience et la dignit de l'tre, crases pendant
ces sicles de nuit noire que fut le moyen ge, ils ne
restreignirent pas au seul people au milieu duquel
1s vivaient leur idal d'mancipation : ils le firent
rayonner par-dessus les frontires.
Quatre-vingt-neuf proclama les droits non des
Franais mais de l'homme.
Quatre-vingt-douze proclama la solidarity de la
France rvolutionnaire avec tous les peuples insur-
gs pour la cause de la libert.
Et aujourd'hui ?
Aujourd'hui, nos rpublicains de gouvernement,
que la conqute du pouvoir a griss et aveulis, d-
clarent que les temps hroques sont passs. On s'en
apercevrait, du reste, leur attitude, si ces te-toi-de-
l-que-je-m'v-mette pouvaient avoir la prtention
d'incarner la France !
Grce la platitude de ces hommes pratiques, on
voit, dans un pays qui, mme sous la forme monar-
chique, a aid la Grce et l'Italie s'affranchir, la
dmocratie officielle s'aplatir devant le mnoutard Al_


phonse (numro treize), faire risette Canovas, le
.tprtioiinaire de Monjuich, et sympathiser avec Wey-
ler, l'assassin de Maceo.
Trs heureusement, ct de cette dmocratie
officielle, valetaille de toutes les monarchies qui d-
corent et de toutes les oligarchies qui financent, il y
a vivante et chaude encore de la tradition rvolu-
tionnaire, conscient d'un meilleur avenir de l'hu-
manit et d'une re de justice, toute une autre d-
mocratie, celle qui accompagne par cent mille la
dpouille de Blanq'ui, qui bat des mains aux Gari-
baldi, qui sale avec motion les Maceo.
Celle-l ne .pactisera pas come l'autre avec les
tortionnaires ibriques; celle-l la seule qui
compete, car elle est encore un cour et un cerveau,
alors que l'autre n'est plus qu'un venture -rserve
toutes ses sympathies et tous ses vux pour les
opprims, surtout lorsque ces opprims se r-
voltent.
Que Monsieur Pr-udhomme expectore Vive le
roi tant qu'il voudfa, d'autres ne manqueront pas
qui lui rpondront par le cri de : Vive Cuba
Libre!
Cosmo.




REUNION POUR CUBA LIBRE


Lundi soir a eu lieu le meeting que nous avons
annonc dans notre dernier numro, sur L'Insurrec-
tion Cubaine et ses consequences en Espagne. La
salle Ptrelle, o avait lieu la runion, tait trop pe-
tite pour contenir la nombreuse affluence d'audi-
teurs que cet vnement avait attirs. On peut esti-
mer huit cents le nombre des entres. Nous n'a-
vons pu nous-mme entendre que quelques ora-
teurs, parmi lesquels nos amis Malato et Achille
Steens qui ont dvelopp la question cubaine.



LETTRES A PIERRE


Tu voudrais, me dis-tu, mon bon Pierre, pouvoir
concilier ma haine d'aujourd'hui pour l'Espagne
avec l'expression charme de mes souvenirs d'antan,
souvenirs d'une poque, hlas! lointaine, o nous
grenions Madrid les insouciantes folies de notre
jeunesse? Mon embarras est nul, crois-le bien, car
avec tout mon bon sens, le distingo m'est toujours
facile. Tu n'admets pas, me dis-tu, la haine aprs
l'amour ni l'amour aprs la haine: je le sais, je sais
mme plus encore, je sais que tu es bon, bon par-
faitement, avec l'amour de tout au coeur, avec la
seule crainte et la haine unique du Mal sous toutes
ses formes.
Eh bien oui, je mesuis complu devant toi-r'iime
voquer parfois le souvenir de temps passs en
Espagne, de temps o quelque fortune et beaucoup
plus d'illusions encore se sont envoles de nous,
depuis le Teatro-Real jusqu' la Plaa de Toros
de Madrid; mais, comprends-le bien, mon bon
Pierre, c'est surtout nous que je rappelle, c'est toi
et moi, ce sont nos vingt ans que je ressuscite si
volontiers Du reste, je n'ai pas dit que je hais
l'Espagne et tu ne peux le croire toi-mme. Non, je
ne hais point l'Espagne Je l'ai aime comme toi et
je l'aime encore comme tu le fais de tous ceux qui
souffrent, nous l'aimons mme tous les deux plus
qu'autrefois Le mal hideux qui la dvore, le chan-
cre qui la ronge la tient en ce moment courbe,
casse en deux sous le poids de sa souffriance et de
sa misre; aucun espoir ne luit.pour elle dns les
tnbres de son malheur! Toutes les pieuvres du
Privilge sont encore l qui scent son sang
petites lampes, toute la bande sinistre des morti-
coles politiques, intresss la prolongation d'une
vie agonisante, veillent encore son chteet, en
touffant, sous des topiques falsifis, ses luguibres
lamentations !
Pauvre pays, qu'a-t-on fait de toi avec des chants
d'glise et des fanfares de cirque Car c'est tout ce
qu'on t'a donn avec ton argent Et pourtant tu ne
leur a marchand ni ta peine ni ton sang ceux qui
n'ont agit devant toi que ces banderillas ou ces
bannires, tu ne leur en as mme que trop donn,
car leur soif de l'or est devenue insatiable! Pour
satisfaire les apptits grandissants deta clique dore,
sans cesse croissante elle-mme, et pendant des
annes cruellement longues, tes frres d'Amriqoe
ont su, ont saign encore plus que toi, jusqu'au
jour o, las enfin de tant de rancoeurs et de misres,
ils se sont soulevs pour bannir leurs oppresseurs,
leurs bourreaux!
Et ce sont ces frres, triste ironie du sort! que
vous, enfants de l'Espagne, vous consentez com-
battre aujourd'hui! Ces frres qui vous crient
l'exemple suivre de la rebellion d'hommes libres
sous l'outrage de gouvern'eurs sans entrailles! Que
le sort des Cubains est donc enviable auprs du
vtre! Au cceur, l'amour vivant de la Patrie, devant
les yeux la lueur radieuse de leur toile de libert,
ils luttent et tombent, tous volontaires, pour con-
qurir leurs droits de citoyens Vous............. !
Vous avez, nanmoins, compris l'horreur de votre
tche et par milliers vous avez dsert l'Espagne.....
Un des v6tres pourtant. parricide invraisemblable,
don't je veux clouer le nom au poteau en le livrant


vos dramaturges d'avenir, Andr Patito, de Culle-
redo, s'tait promise de ne pas fuir sa petite Patrie
et les fils de veuve tant exempts du service militaire,
il a pu, dans un lieu bien dsert, et en co-mp.;ciii -.
avc sa mre,-plonger son couteau dans la gorge de
son pre, que ses mains tremblantes n'ont pas ei.-la
force d'achever... !
Cependant ie reste de vos frres, malgr la. peur
de ceux qui les conduisent, sont dirigs, sans armes
et sous bonne escorted vers les lieux de leur embar-
quem ent.............. .. ........ ..... ....
...-.... ..... ........ ... .... .. ....... .. . .. ..
Telle n'est pas tes yeux, man cher Pierre, la
situation actue'lle de l'Espagne et celle de ses
enfants ? N'est-ce pas le malheur arriv aux der-
nires limits de l'horrible et puis-je, au lieu de
haine pourr ces hommes perdus, prouver d'autre
sentiment qu'une compassion sans bornes devant
leur affolement incomprehensible ?
Dond rien que la piti pour eux, mon bon Pierre,
avec mes veux et les tiens pour que, revenant
bientt eux-mmes, ils puissentt comprendre enfin
que loin de fuir cette terre d'Espagne qui est leur
mre, cette terre qui est eux, ils n'ont .qu' se serrer
les .uns contre les autres et s'lancer lassaut de
leur drapeau vol, pour voir s'crouler soudain tous
ces chateaux d'ordure, au cri-unique et formidable
de:
Vive l'Espagne libre!









CUBA LA RiPURILIC&INE


Tel est le titre d'un article public par le jour-
nal Les Pyr'nes, de Tarbes, que nous venons
de recevoir et don't nous reproduisons avec plai-
sirW as passages suivants, en remerciant notre
conlrre de sa sympathie :
Nous n'applaudirons jaui ais assez aux efforts pa-
triotiques d'un excellent confrre : La Rpublique
Cuibaia;e, comrbattant avec ,grnd 'succs le, bon
combat, etprt tous les sacrificesp uour la dtli.vranee
et l'indpendance de la'patrie enrAhie. Pauvre coin
de terre si mconnu, dlicieux petit'Paradis des An-
tilles, terre lysenne qui figure de nom beaucoup
plus dans les bureaux de tabacs que dans la majo-
rit des ceurs rpublicains.
... .. .*....... ................. ...... .. ... .. .
Et ce n'est pas cette grande ile oubaie de i ,8od,ooo.
habitants occupant i '8,827 kilomtres carrs .de terre
cre pour l'indpendance, avec setsout'es,'d pros-
prit constant, abondant en tabacs, sucr,, caeaos,
cdfs, mines de eu-ivre, d'argent,.etc., qui doit recu-
ler devaht un' adversaire irmplacble qtui vrtt la
maintenir sous son joug pour tre seul profiter de
ses immense richesses.
Gaston Angladhe.

--------*----------13


LE GENERAL MACEO

CIAtIMtf I Itit N'l I
Grienble, 22 dcembre 1896.
Monsieur le Directeur de La Rpublique
Cubaine,
Paris.
Cher Monsieur,
Je vbus serais reconnaissant de publier les lignes
suivantes :
Invincible'Maceo; ils t'ont assassin!!
Lches, sauvages, honte de la civilisation, soyez
maudits, vils Espagnols!....
Vos crimes sans nombre appellerit le chtiment.
En effet, devant ls infamies commises par l'Es-
pagne depuis les temps les plus reculs jusqu' nos.
jours : emprisonriements, supplices, trahisons, tour-
ments, vols, inquisitions, assassinats commis dans
la pninsule Ibrique, en Amrique, partout o les
Espagnols ont pos leur pied immonde; en pr-
sence de l'Espagnol malpropre, brute, insipide,
grossier et rpugnant; en presence enfin, de tant de
lchet et de bassesse, tout home libre et sens.
s'impose la ncessit de pousser un cri de rproba-
tion nergique contre la nation barbare qui a sem
et sme partout o elle passe ruines et cadavres.
Oui, tant d'ignominies appellent l'extermination ?
Vous dites bien, amis Cubains : Au Machete !!
Avanti sempre avanti! comme disait Garibaldi.
Courage Vous serez aids !
UIne cause comme la vtre, soutenue par l'hono-
rabilit et la bravoure que vous avez montres
dans la lutte gigantesque que vous avez entreprise,
trouve des amis dans les deux mondes.
Vous serez victorieux parce que le droit est pour
vous et vos martyrs seront vengs.
En attendant, que le monde entier s'lve contre
l'immonde gouvernement espagnol et cesse toute
relation avec un people assez lche et assez soumis
pour souffrir un tel opprobre.
Cuba sera libre.
L'Espagne sera rayve de la liste des nations civi-
lises.


C /


'k;a~e~e~e 6'a'P~







31 DCEMBRE 1896.


Ses enfants ne pourront se rhabiliter qu'en cri-
vant sur la carte: Rpublique Ibrique.
Alors, oui, nous crierons tous:
Vive les Ibres libres!!
Jusq.u' ce moment nous nous contenterons de
crier :
Vive Cuba Libre !
Toujours votre,
Max Durand-Savoy-at.

ACCORD PATRIOTIQUE
Aucune communication ne nous ayant t faite
relativement .la Socit d'Etudes Juridiques et
conomiques, fonde depuis peu New-York, il ne
nous a pas t possible d'en parler encore. Nous
nous rservons de le faire quand nous serons en
possession des rensei-gnements ncessaires. En atten-
dant, nous publions aujourd'hui, avec le plus grand
plaisir, la proposition suivante, prsente dans une
des dernires sances de cette .Socit par notre cher
ami Isaac Carrillo y O'Farrill, digne patriot et pote
inspir.
Cette proposition nous a t remise pour .tre pu-
blie. Nous n'avons pas besoin d'en fire ressortir
l'opportunit et le patriotism. Elle a te adopte
l'unanimit et transforme en un.accord destin
,tre mis execution le plus rapidement.possible.
Voici ce document :

DECIDE:
De renouveler en ces tristes moments, avec plus
d'nergie que jamais, son enthousiaste adhsion
la cause de l'indpendance de Cuba, blesse rcem-
ment par derrire.
De rdiger un tmoignage de sa profonde dou-
leur pour le sacrifice regrettable et hroque du
jeune Francisco Gmez,tmoignage qui sera adress
. ses parents Madame D. Bernarda Toro et le vail-
lant gnral en chef de l'Arme Libratrice.
D'envoyer une communication analogue Ma-
dame Maria Cabral, veuve du Gnral de Bron:,e
qui, au point .de vue du courage, s'leva la hau-
teur de Lonidas; qui fut la personnification infati-
gable, lumineuse et auguste de la .patrie Cubaine;
le paladin le plus complete de ses irrductibles as-
pirations, formules en ses dernires paroles (i).
Elles rsumrent, ces paroles, toutes les nergies
d'une vie qu'on lui arrachait dans une embuscade
dresse par la .trahison et elles resteront jamais
graves dans le coeur de ses com.patriotes indigns
et inconsolables.
De proposer notre gouvernement que Madame
Maria Cabral soit dclare la Premire fille adop-
live de la Rpublique de Cuba et qu'il lui soit assi-
gn une pension vie, lui assurant une vritable
fortune.
Et, en attendant que cela se ralise, faire observer
la gnrosit cubaine que la dite dame ne reoit
de Maceo d'autre heritage que la gloire de son nom,
laquelle, toute grande qu'elle est, ne saurait la mettre
l'abri de:certaines amertumes de la vie....
Proposer au mme gouvernement que Santiago
de Cuba reoive l l'avenir le nom de Maceo, non
seulement en l'honneur du soldat victorieux de
Paralejo et de Paso Real, mais en celui de sa famille
don't tous les membres mles sont tombs l'un aprs
l'autre, face l'ennemi, tenant d'une main l'ten-
dard de la .patrie et de Falutre Plpe de sa
redemption; famille en laquelle, par l'inbran-
lable fermet des convictions, semblant revivre l'me
des Macchabes, loigne des hommes depuis des
milliers d'annes et comme ddaigneuse de les vi-
siter.
D'organiser une souscription publique pour per-
ptuer par un buste -de marbre ou de bronze les
traits de l'indomptable caudillo de Baragu, buste,
qui restera en dpt dans le M'use Mtropolitain de
New-York pendant la dure de notre guerre pour
l'indpendance et qui sera plac ensuite dans le
Capitole de la Rpublique de Cuba; uvre de pro-
pagande l'gard de l'tranger don't le concours
moral et m-atriel nous est ncessaire ; humble
offrande de notre part la mmoire du hros qui
semble une figure de lgende et don't le tragique
destin, comme home d'armes, peut tre tout en-
tier rsum dans ces braves paroles : Assassin,
mais non vai'ncu.
Faire parvenir ses regrets amers tous les parents
de ceux qui, traitreusement destins aux lches et
ignobles immolations de Punta Brava, remplissent
de leur sang une nouvelle et loquente page de l'a-
bominable domination espagnole en Amrique.
Autoriser son digne president s'entendre avec
les autres groups Cubains de cette ville relative-
ment la part que doit prendre notre Socit aux
manifestations collect ves qui seraient organises en
vue d'honorer la mmoire de ceux qui suivant de
graves indices, insidieusement engags se lier
la parole espagnole ont t jets, sans defense et sans
mfiance, dans un pige de misrables ot ils ont t
immols par des bandits embusqus.

AUTRE TELGRAMME
Indpendamment des tlgrammes relatifs f'as-
sassinat du gnral Maceo et publis dans notre nu-
mro du 17 dcembre, nous croyons utile, pour


(i) Le gnral Maceo est mort en criant : Vive
Cuba Libre! N. de la R.


plus de clart, d'insrer le suivant, que nous trou-
vons dans El Porvenir, de New-York :
Jacksonville Ila., 12 dcembre i86.
Enrique Trujillo,
51, New Street, N. 7.
Lettre reue Havane avec dtails gnral Maceo.
Ce dernier assassin avec tat-major. Complot Ahu-
mada-Zertucha.
Emilio Nie.

CAIN ZERTUCHA
La lettre que l'infme Zertucha a adresse au New-
York Herald n'aura servi qu' rendre le personnage
plus rpugnant. Elle rvle, en effet, cette lettre, de
faon indiscutable, que le gnral Maceo a t vic-
time d'un assassinate complot parWeyl.er, Ahumada,
Cirujeda et Zertucha. Elle montre, en outre, que ce
dernier, non satisfait par son crime, essaie encore de
calomnier ses comrpatriotes qui le repoussent et le
mprisent.
Voici quelques notes biographiques sur le Judas
Cubain, don't nous publions le portrait :






i7--




S."











*,, ,'. ,
..... .. ..








En politique, il a toujours t tenu pour trs
versatile. Expuls pour indiscipline du parti, Auto-
nomiste auquel il avait fait mine de se rallier tout
d'abord, il entra dans le part. d'Union Constitution-
nelle et se fit nommer alcade municipal de Melena.
Mais il ne conserve pas longtemps cette function
qu'il dut abandonner la suite d'accusations graves.
Aprs avoir change de parti une fois de plus et
avoir t juge municipal de Melena, .il brigua de
nouveau le poste d'alcade.
.Quand l'iriurrni.: clata, il souleva une bande
de ngres et alla rejoindre Maceo qui le prit come
mdecin.
Telle est, en quelques lignes, l'existence de ce mi-
srable. On voit qu'il a appartenu tous les parties :
au part .-l ii:m,"".'' : d'ab.:.rd, puis au Constitution-
nel, puis celui de Gauche,, puip au Sparatisle. Il
appartient maintenant au, parti Espagnol.

--------.^. -------

DOCTRINE POSITIVE


Un matre d'cole espagnol tabli Cuba examine
un de ses lves :
Le Matre. Qui a dcouvert le' Nouveau
Monde ?
L'lve. Christophe Colomb, pour son mal-
heur.
Le Matre. Pourquoi dites-vous pour son mal-
heur ?
L'lve. Parce qu'aprs s'tre sacrifi pour les
inquisiteurs de la monarchie espagnole, celle-ci le
rcompensa en le faisant mourir, charge de chanes
et de misres, dans un cachot.
Le Matre. Sais-tu quelque chose de l'histoire
d'Espagne ?
L'leve. Oui, monsieur. Il n'est pas une seule
de ses pages o l'on ne trouve des crimes.
Le Matre. Dis-moi ce que tu en sais de plus
moderne.
L'lve. Je laisserai de ct les horreurs de
l'Inquisition martyrisant l'humanit pour le plus
grand bien des superstitions clricales et je dirai quel-
ques mots du rgne des Bourbons.
Le Maitre. Je te recommande d'tre bref.
L'Elve. Depuis que cette famille rgne sur la
malheureuse Espagne, combien de ceux qui travail-
lrent pour la libert furent excuts: Torrijos, Ra-
fael del Riego, Maldonado, les sergents d'artillerie de
Madrid, ceux du bataillon de chasseurs de Mladrid,
ceux de Santa Coloma de Fams, ceux de Santo Do-
mingo de la Calzada, ceux du bataillon disciplinaire
de Ceuta. Je rappellerai encore les excutions de Bar-
celone en diffrentes occasions et l'ignoble assassinate
du brave D. Juan Prim v Prats qui, par jalousie, fut
tu par des malfaiteurs qu'on avait fait sortir des pri-
sons de Carthagne et de Santofia. Ces malfaiteurs
d'ailleurs, ne profitrent pas de leur crime. En effect, en
leur donnant les armes avec lesquelles ils devaient
accomplir leur assassinate, D. Francisco Serrano duc
de la Torre leur avait promise la libert. Cela ne les a
pas empch de mourir presque tous en prison o
ils ont confess par le:tre le meurLre qu'on leur avait
fait accomplir.


Le Maitre. Achve vite, l'heure approche.
L'lve. Je le rpte, to.utes les pages de l'his-
toire d'Espagne sont taches de sang. Mme en temps
de guerre, les Espagnols ont eu recours la trahison
pour se dfaire de leurs adversaires ainsi que le d-
montre l'entente tablie entire Weyler, le marquis de
Ahumada, Cirujeda et le mdicastre Zertuchaen vue
de l'assassinat, aujourd'hui prouv,'du brave gnral
Antonio Maceo.
Emilio Lpez.

~-----~ -------

VIVA CUBA LIBRE! (1


Honmmage au brave gnral Gnme.
HoIurrah Cuba, hourrah fire Cuba, la Libre !
Dans ton cour l'hymne saint de la Libert vibre,
Tu veux briser le bras qui t'opprima jadis,
Et la rvolte coule aux veines de tes fils.
De ton me jaillit et dans ton sang bouillonne,
Dans tes yeux tincelle et sur ton front rayonne
La mme flamme qui, pour nous, voil cent ans,
Sur la terre de France enfantait des Gants ;
Le sang de ces Gants est entr dans tes veines,
Comme.eux, tu te reprends et tu brises tes chaines,
Comme eux aussi, tu veux qu'on coute ta voix,
Car c'est celle de Dieu, non pas celle des rois.
Tu devais, Cuba, come ma chre France,
T'affranchir des tyrans et, pour la dlivrance,
Sonner le branle-bas aux autres nations,
O bientt vont surgir les rvolutions.
Les trnes et les rois, come un mont qui s'croule,
Dvor dans ses flancs par la lave qui couple,
S'affaisseront, pourris par le vice et saps,
Goliaths que la main d'un enfant a frapps.
Car les trnes partout sont une pourriture,
Et leur base est le crime, et leur sommet l'ordure,
Et le people cras, fatigu d'obir,
Sent grounder sa colre et son me har;
Et la haine du people est la haine terrible,
Qui fait couler le sang sur l'chafaud horrible,
C'est la Justice, errant autour de leurs pavois,
La vengeance de Dieu qui vient frapper les rois.
Cette-ceuvre du Vengeur n'est pas une euvre infme,
Il prend' la Libert, come on viole une femme.
Puis, contre l'oppresseur, levant un bras fatal,
De la tte des rois lui fait un pidestal.
Et pourquoi donc un seul peut-il dire: J'ordonne?
Pourquoi lachaine l'un, l'autre la couronne ?
Puurquoi l'u.n .est-il.maitre et l'autre obscur valet?
Que fut le premier homme,... empereur ou sujet ?
De quel.droit dit un seul : Je suis roi, toi, l'esclave,
,Tu me dois obir et ramper, comme un Slave,
Et s'il me plait, moi, de te cracher au front,
Tu dois ployer les reins.et dvorer l'affront ?
- Can, Abel, deux noms'!, La premiere conqute
Du fort contre le faible Est-ce l sa requte ?...
Le crime a commenc'la domination,
Et ce prtendu droit n'est qu'usurpation.
Qu'es-tu, nouveau Ca;in, plus que les autres.tres?
Es-tu-Gnie ou Dieu, n'astu.pas.eu d'anctres ?
Es-tu. nouvel Hercule ou colosse puissant ?.
N'es-tu pas de la boue avec un peu de sang ?
Est-il plus beau ton corps ou ton me plus blanche?
Ta voix, comme au sommet la foudre ou l'avalanche,
Couvre-t-elle, en tonnant, la voix des citoyens ?
Tes bras sont-ils plus forts que ceux des plbiens?
Rponds !... Non, car c'est nous qui sommes ta puis-
Tu reposes sur nous come sur une lance, [sance,
Chaque jour, de nos mains, nous forgeons tes pou-
[voirs,
Nous seuls avons des droits, toi seul a des devoirs,
Et nous ne voulons plus que quelqu'un nous op-
[prime:
La rvolte d'un droit n'est pas toujours un crime,
C'est une arme terrible et lgale en nos mains,
Contre les oppresseurs, les Csars, les Cans.
La rvolte surgit partout o la contrainte,
De sa griffe inhumaine, imprime son empreinte,
Et toujours il natra des Thiers, des Gdons,
Prs des Hrodias et des Napolons.
...La sainte Libert n'a pas besoin de trne,
Sa tte fire est nue et n'a point de couronne,
Son trne, c'est nos cours, ceux des martyrs vengs,
Sa couronne, ses Fils autour d'Elle rangs...
Salut, Ile vaillante o le trne se brise,
D'un bras ferme, en luttant, lve haut ta devise,
Appelle tes enfants, assemble tes soldats,
Dans ton sublime lan, sois unie et combats.
La Libert toujours a pouss sur des tombes,
Notre sol autrefois fut couvert d'hcatombes
Et nos champs arross du sang de nos hros;
Oui, mais la Libert triompha des bourreaux,
Car la Libert sainte est scur de la Victoire,
Et combattre pour elle est la plus noble Gloire.
Maurice Lecomlle.

(1) Nous publions aujourd'hui en remerciements
les vers que nous adresse de New-York, spciale-
ment crits pour La Rpublique Cubaine, l'esti-
mable pote franais 'Maurice Lecomte.
Nous regrettons de n'avoir pu fire cette publica-
tion plus tt cause de l'abondance des matires.
Aussi bien, d'ailleurs, notre journal ne peut donner
aux vers, mme les meilleurs, vu son caractre de
lutte hebdomadaire et le peu d'espace don't nous
disposons, toute la place que nous dsirerions leur
accorder. N. de la R.


*


PINAR DEL 140 PACIFI....

PAR LES INSURGS


Allons, bon! voil Weyler qui se vante mainte-
nant d'avoir pacific la province de Pinar del Rio.
Telle est, en effet, dans toute sa beaut, la dernire
fumisterie dbite la gent crdule des badauds par
l'immonde pitre dguis en gnral espagnol.
Bien que le monde entier sache, par experience, le
cas qu'il faut faire des affirmations de l'effront co-
quin, il convient de faire entendre quelques paroles
pour mettre en evidence une .fois de plus que Val-
rien n'est pas seulement un soudard froce, mais en-
core un grotesque et miserable Paillasse.
Il a pacific Pinar del Rio, nous dit-il brle-pdur-
point. Soit, mais raisonnons. Les insurgs de cette
province ont-ils tcrass ? Non. Ils se sont
rendus ? Pas davantage. Ils ont t dlogs de
leurs positions ? Pas le moins du monde.-Voici:
Weyler prtend avoir pacific Pinar del Rio, parce
qu'il n'y a pas trouv d'insurgs. Enfoncs, tous les
grands capitaines passs et futurs qui battaient l'en-
nemi quand ils le rencontraient! Weyler, lui, il le
bat sans le rencontrer; c'est l sa mthode et son
got.
Voyons un peu la victoire:
Si Weyler n'a pas trouv d'insurgs, c'est qu'il n'a
pas bien cherch, ou que ceux-ci ont abandonn la
province en question. Dans le premier cas, les affir-
mations du gnral d'abattoir sont mensongres;
dans le second cas, ce n'est pas un succs, c'est une
veste que Weyler a remport, puisque l'ennemi
aurait franchi sa fameuse trocha qui a cot l'Es-
pagne je ne sais combien de millions de pesetas et
environ 3o.ooo homes.
Mettons les points sur les i. Depuis dix mois,
Weyler n'a cess de dire: Grce la Trocha je tien-
drai les insurgs d'occident enferms dans la pro-
vince de Pinar del Rio; l je les craserai, moins
qu'ils ne se rendent ou se jettent dans la mer. Voil
qui est clair, n'est-ce pas ? Or, Valrien n'a rien
cras, les insurgs ne se sont pas rendus et, jusqu'
preuve du contraire, je me refuserai croire qu'ils se
sont novs en choeur. Par consquent, s'il n'y.a plus
d'insurgs dans Pinar del .Rio, o il y en avait dix
mille d'aprs Weyler lui-mme, c'est qu'ils en sont
sortis, et ils n'en pouvaient sortir qu'en traversant
la ligne fortifie qui s'tend entire Mariel et Majana.
Malgr son effronterie castillane, Weyler ne peut
prtendre qu'il a construit la trocha prcisment
pour que les insurgs la traversent. Quand on ferme
une cage, ce n'est pas pour que l'oiseau s'envole.
O donc est le succs de Weyler, puisque l'oiseau
s'est envol, l-bas, l-bas... [dans la direction de
Maximo G6mez ?
La vrit est que, suivant leur habitude, les Espa-
gnols prsentent comme un triomphe ce qui est en
ralit un piteux chec. La soi-disant pacification de
Pinar del Rio est une nouvelle preuve de ce fait in-
dniable que l'arme cubaine se meut librement sa
guise malgr les 200.oop hros espagnols et malgr
toutes les trochas du gnral le plus Trochu qui fut
jamais.
L'arme des patriots vient en effet de.prouver,
une fois de plus, qu'elle n'a pas perdu le principal
des atouts qui, jusqu' present, lui' ont [permis de
lutter avantageusement -contre des forces huit fois
plus nombreuses et munies d'un armement perfec-
tionn. Cet atout c'est prcisment la mobilit.
Si Weyler tait autre chose qu'un sclrat sans
vergogne, au lieu de se vanter d'avoir pacific Pinar
del Rio, il aurait tlgraphi Madrid: Les forces
insurges d'Occident ont franchi la trocha et mar-
chent vers l'Est o elles vont oprer leur jonction
avec celles de Mlxiimo Gmez. Gare nous! Mais,
come la plupart des escarpes, Weyler a une sainte
horreur de la vrit.
Quoi qu'il en soit, les insurgs de Pinar del Rio ne
se sont ni rendus ni vapors. O sont-ils ? Ils sont
o il leur convent d'tre.
Sangredo.

S-----
i '


Dans un article du Her;aldo, que.je recommande
cette portion de press franaise qui voit touten rose
pour l'Espagne, M. Reparaz s'crie: En i808, l'empire
espagnol tait !e plus grand du monde, et l'empor-
tait mme sur l'empire russe puisqu'il n'occupait
pas moins de in.o00.ooo de kilomtres carrs..Au-
jourd'hui il est rduit goo.ooo kilomtres carrs.
Nous avons perdu en quatre-vingt-huit ans, sur
dix-huit parts de notre territoire, dix-sept parts et
un dixime; et ce qui nous reste est en litige, dpen-
dant du sort de nos armes..
Et Le Gaulois, Le Figaro, les Dbats et tutti


__


'l~P;e~s~\~C~Pa~ne~







31 DCEMBRE 1896


quanti chantent en chour que l'Espagne est la na-
tion la plus forte et la plus vivace du monde Zue
un peu, mon bon Reparaz, si elle ne l'tait pas.



Malgr l'loquence du fait signal par M. Reparaz,
un grand crivain espagnol, don't, sans doute,
vous n'avezjamais entendu parler, ignorant lecteur-
M. Demonax, soutient que toutes les energies du
continent europen se sont rfugies en Espagne, et
que pendant que d'autres s'crient: finis Europea,
lui, Dumonax, il s'crie : 'Vie l'Espagne!
SAutrement dit, l'Europe entire est en pleine dca-
dance et ses jours sont compts; mais pour l'Es-
pagne, l'avenir lui appartient.
Quel crivain original que M. Demonax !


Et ne croyez pas que ce soit un lapsus calami,
une... btise chappe l'minent publiciste. Il y a
en effet plus d'une colonne pour appuyer cette thse
trange. Ecoutez plutt :
L'Angleterre peut avoir abdiqu dans l'affaire du
Venezuela, et avoir cd la pression du gouverne-
ment des Etats-Unis.
Donc l'Angleterre est f...ichue; bon, n'en parlons
plus. A qui le tour?


La France a oubli ces principles dmocratiques
glorieusement proclams et dfendus par le pavil-
lon tricolore.
A qui le dites-vous, illustre Demonax Aujour-
d'hui la France ne prend plus en mains la cause des
opprims... mais vous auriez tort de lui en vouloir,
car autrement vos compatriotes auraientdj t
chasss de Cuba.


La France verrait avec une sto'que (!)indiff-
rence prir ses seurs latines...
Ses soeurs latines ? Hum Et la triple alliance !
et le roi uhlan !
Au lieu de chercher en elles une force sup-
rieure toutes les combinaisons et les subtilits de
la diplomatic, parce que c'est la force de la race, de
la tradition, du gnie.
Les jolis mots que voil, mais nous doutons qu'ils
soient suffisants pour lutter contre les canons Krupp
et contre ces uhlans don't votre dernier roi tait co-
lonel.


L'Allemagne veut conserver ce qu'elle possde,
de mme que l'Autriche.
Ce que je trouve tonnant, c'est qu'un Espagnol
s'tonne de cela; il est vrai qu'il y a Gibraltar.
L'Italie, se voyant seule, a d se retire devant
les cohortes d'un roi africain.
Ncessit n'a pas de loi, grand politique, vous en
verrez bien d'autres preuves.



Les grandes puissances participant d'une com-
plicit indigne de peuples civiliss, ont tolr les
pouvantables massacres de Constantinople.
Elles tolrent bien les non moins pouvantables
rimes de votre duc d'Albe actuel, l'assassin Weyler,



Je demand pardon ites lecteurs de m'occuper
si longtemps de M. Demonax; mais on ne trouve
pas tous les jours, mme chez les Espagnols, ce
people privilgi, un homme qui mrite qu'on dis-
cute avec lui, du reste, j'avoue que je suis trs friend
du commerce des grands hommes. Je rends donc la
parole M. Demonax.


L'histoire est remplie d'exemples qui montrent
l'vidence la force des petits et la faiblesse des
grands.
Sans aller bien loin, voyez l'exemple de Cuba
contre l'Espagne.


On nous tient, nous autres Espagnols, pour des
romantiques.
Singulire croyance, en effet.
Des arrirs.
Est-ce possible?

-------**<---------


IRiVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 22. A New-York, un meeting a eu lieu
Chickering Hall, sous la prsidence de l'honorable
Bourke Cockran. Plusieurs milliers de personnel y
assistaient. Au milieu d'un enthousiasme indescrip-
tible, les orateurs ont condamn l'attitude du pr-
sident dans la question cubaine. Le Daily Chro-
nicke renouvelle le bruit d'une intervention des
Etats-Unis en faveur de l'indpendance de Cuba
contre le paiement d'une indemnit qu'i garanti-
raient.


Du 23. Une dpche de La Havane announce
qu'un conflict a clat dans la province de las Villas
entire les habitants et les autorits militaires qui vou-
laient interdire ceux-ci les operations de la ricolte.
Une centaine de personnel ont t arrtes.
Les maisons financires des Etats-Unis mon-
trent une violent opposition la resolution du s-
nateur Cameron relative l'indpendance cubaine.
La reine rgente signera vendredi le dcret au-
torisant l'introduction pratique des rformes de
Porto-Rico.
Du 24. L'amiral Branger, ministry de la mari-
ne, nie le rapport qui lui prte l'intention d'acheter
un nouveau navire de guerre.
Le gnral Azcrraga, ministry de la guerre, a
rendu compete la reine de tous les prparatifs faits
par son dpartement en vue de complications ult-
rieures.
La Epoca dit qu'avec l'arme de reserve, il y a
assez d'hommes valides pour permettre la mobili-
sation d'une puissante arme en cas de guerre inter-
nationale.
Le gnral Weyler a quitt la Trocha pour
San Christobal.
Les assigeants espagnols qui assigent Maya-
gigua, prs Remedio, ont t relevs avec une perte
de 5 tus par les auxiliaires de la colonne.
Du 25.- Il est certain que, une runion du ca-
binet tenue hier, M. Olney a flicit dans sa boutade
de samedi dans laquelle l'Etat dit qu'il avait vit
une crise dans les relations des Etats-Unis et de
l'Espagne.
On raconte que la question Cubaine avait t


peu prs l'unique thme de ce meeting et que M.
Olney avait dcidment donn l'apprciation des
Espagnols dans cette operation. Il est certain qu'un
meeting du haut personnel official de la navigation,
avait t tenu vendredi dernier, pour la defense int-
rieure du golfe Atlantique et qu'un rapport avait t,
la suite, envoy M. Herbert, secrtaire de la na-
vigation. M. Thompson, qui tait autrefois secr-
taire de la- navigation, avait fait une declaration sur
cet effet : qu' l'poque o il tait l'antagoniste de
M. Olney relativement aux observations rsumes
dans son expos de samedi dernier, il avait ressenti
une grande sympathie pour Cuba.
Aujourd'hui, dans la Chambre italienne, M.
Imbriani, dput socialist, prsente une motion en
faveur de l'indpendance de Cuba, mais sur la de-
m ande du gouvernement il a t dcid que la pro-
position serait remise une priode indtermine.
Du 26. M. Canovas, en presence de l'opportu-
nit lui apporte par les observations continues
dans le message du president Cleveland, don't le texte
official vient d'tre reu accompagn des commentai-
res sur la resolution du snateur Cameron, dit qu'il
est certain que les homes les plus important dans
la vie politique de l'Espagne devront s'occuper des
solutions et de l'ventualit possible d'une guerre
avec les Etats-Unis. Il announce ensuite la mort de
M. Manuel' Becerra, ex-ministre des colonies, qui
jouissait d'une grande popularity et qui, dans l'occa-
sion, s'tait seul occup de la question pendante en-
tre Cuba et les Etats-Unis. Le moment est venu ga-
lement de s'occuper des rformes conomiques et
politiques relatives Cuba qui devront tre rgles et
votes par les Corts et proposes par le gouverne-
ment. Puisque, au surplus, cette demand est formu-
le dans des terms identiques ceux qui avaient t
fo rmuls avant, mais l'autcnomiste Cubain attribue
ce document une trs petite importance.
Du 27.-Le Snat a adopt aujourd'hui le contract


pass par la Chambre des reprsentants, samedi der-
nier, autorisant l'allocation de 75,000 dollars pour
rparations aux navires de guerre et aux vais-
seaux.
-Le Herald d'aujourd'hui consacre un espacecon-
sidrable aux arguments mis avant-hier par le sna-
teur Cameron pour soutenir la reconnaissance, par
les Etats-Unis, de l'indpendance de la Rpublique
Cubaine. 11 soumet ce rapport en particulier un
trs srieux examen et arrive la conclusion que,
dans l'esprit des masses, il est de la plus criante
evidence que ce qui est demand aujourd'hui n'est
pas sans prcdent, et que cette resolution doit pas-
ser l'office tranger du Snat. Cet article, certai-
nement, met la cause de la reconnaissance dans une
foame trs remarquable et doit naturellement atti-
rer une grande attention.
Du 28. Le gnral Weyler sera bientt La
Havane. Ce matin, bord du croiseur Legaipi,il est
arriv Mariel, la tte de la Trocha 7 heures. La
plus grande parties de son tat-major arrive par le
train pour Artemisa.
Toutes les troupes, dans Pinar del Rio, sont
organises pour des operations. Le gnral Weyler
les dirigera personnellement et le gnral Arolas
aura, pour les operations, le commandement d'une
division de huit bataillons; trois de chaque seule-
ment avec les guerrillas en scront laisss dans la
province que les Espagnols considrent comme
pacifie.
-- Le correspondent du New-York Hrra!d Rio-
de-Janiero, dit que la dngation du ministry brsi-
lien Madrid, de la constatation proje'. de la re-


connaissance des insurgs cubains, est purement
personnelle et non autorise.
Les dpches indpendantes que nous avons
reues ce matin de la Havane laissent un doute sur
la mort de Maceo. Il est cependant certain, d'aprs
les renseignements recueillis, que le chef cubain a
t attir dans un pige par le docteur Zertucha
et la complicit de Ahumada.
Du 29.-Toutes les forces de Maceo sont restes
Pinar del Rio. Le gnral Rfus Rivra attend
Weyler de pied ferme et compete sur la victoire.
Un fils du noir Caoba, un des chefs les plus
redouts de la Rvolution de 1868, a rvl aux in-
surgs un secret de son pre qui avait tudi les ef-
fets des simples : Les racines d'une plante (on ne
dit pas laquelle) tritures et jetes dans les eaux
qui arrivent l'ennemi donnent la dyssenterie. Une
pidmie vient de se dclarer dans les camps espa-
gnols.

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LA PRESS FRANAISE
ET LE GNRAL MACEO


La Petite Rpublique :
Joie officielle. On illumin Burgos, on pa-
voise Santander; Salamanque et Valladolid sont
en fte; les tudiants, musique en tte, parcourent
les rues. A l'Opra madrilne, la rgente est accla-
me et l'hymne national retentit sous la vote dore,
aux applaudissements de la foule.
Pourquoi ces fanfares, ces feux d'artifice? Pour-
quoi cette joie et cet enthousiasme ?
Tout ceci parce qu'il est arriv d'outre-mer, trans-
mise par le cable official, la nouvelle dix fois lance
dj et dix fois dmentie de la mort du gnral An-
tonio Maceo.


Antonio Maceo est ou tait, on le sait, avec
Mximo Gmez, le principal chef de l'insurrection
cubaine.
Tandis que Gmez opre l'est de la -grande., ile,
aux alentours de Santiago de Cuba; Maceo guer-
royait l'ouest, aux portes mmes de La Havane,.
dans la province montagneuse de Pinar de Rio.
Cantonn en ces parages depuis des mois, il mena-
ait de ce poste avanc la capital. Le marchal
Martinez Campos avait us sa poudre et ses talents
stratgiques sans russir le dloger; quant au g-
nral Weyler, il n'avait jusqu'ici trouv que la dfaite,
en cherchant joindre son insaisissable ennemi.
Faut-il croire vraiment que ce fusilleur de prison-
niers (c'est Weyler que je veux dire) ait t plus heu-
reux ces temps derniers; qu'il ait pu forcer Maceo
dans.les dfils o il se retranchait, le rabattre vers.
la plaine de La Havane et finalement le coucher
mort sur un champ de bataille ?
Le rcit de ces vnements est tel point contra-
dictoire et romanesque qu'il nous est encore permis
de douter de leur vracit en dpit des affirmations
solennelles du gouvernement alphonsiste et malgr
les tristes rjouissances officielles don't l'Espagne
nous donne depuis deux jours le spectacle.
Tout d'abord ce n'est point Weyler lui-mme
qu'on attribue l'honneur de cet exploit mmorable.
C'est un vague commandant du nom de Cirujeda.
Ce bon guerrier, au course d'un combat, aurait ren-
contr soudain deux hommes sur sa route: l'un
mort, un second ne valant gure mieux et qu'un
sous-ordre acheva bravement d'un coup de pistolet
dans l'oreille.
Comme il convent des gens qui ne veulent rien
perdre, l'escorte de Carujeda procda immdiatement
la visit des poches des cadavres; et c'est alors
seulement qu' certain indices : mouchoir miarqu
d'un M, montre en or, couteau de chasse orn d'in-
crustations.et lunettes, on arait redonnu dans l'une
des victims le chef redout, le terrible Antonio Maceo.
Les cadavres furent attachs la queue de deux
chevaux par un certain lieutenant Acha, dsireux
sans doute d'exposer le glorieux et sanglant trophe
la porte du gouverneur de La Havane; mais les
deux nobles haridelles requises .pour le transport
taient si fatigues dj qu'on dut .bientt les sou-
lager de leur fardeau. Et les .ebelles (voyez donc
comme on les avait victorieusement disperss) se
remparaient tout aussitt des dpouilles mortelles
de leur chef, qu'ils enterraient en lieu discret.
Maintenant, si vous n'tes point suffisamment
difis sur la ralit, de ce beau fait d'armes, allez-y
voir.
Mais qu'importe, en some, je vous le demand,
la mort d'Antonio Maceo, et vaut-elle bien la peine
que les cannibales d'outre-Pyrnes tirent, son
propos, autant de bombes et de ptards ?
On nous dit, je le sais, que le gnral Weyler,
dlivr de la sorte de l'habile tacticien insurg qui
avait su s'tablir aux portes mmes de la capital et
le harcelait sans merci, va pouvoir son tour prendre
une nergique offensive. On nous le montre pous-
sant vers l'est, reconqurant l'ile pied pied et fina-
lement acculant Mximo G6mez et le gouvernement
insurrectionnel Santiago et la mer. On nous
affirme enfin qu'en presence de cette brusque volte-
face de la fortune les Amricains des Etats-Unis
vont perdre toute envie d'intervenir pour rclamer
l'autonomie de l'ile et abandonner les rebelles leurs
seules forces.
Autant de suppositions gratuites en vrit et qui
prouvent simplement le degr de servilit auquel est
tombe notre'presse gouvernementale opportuniste,
qui se fait l'cho et le canal de ces sottes billeveses.
En admettant mme l'exactitude parfaite des in-
formations que la rgente Christine et ses ministres
ont la bont de nous communiquer, nous avons
simplement dplorer la mort d'un hros tomb'
les armes la main pour l'indpendance de son
pays.
Mais l'insurrection cubaine ne tient point, que
nous sachions, la vie d'un homme. Elle n'est le
fait de Maceo, de Gmez ni de quiconque; elle est
le produit logique des vnements historiques. En-
fante par le despotisme que la soi-disant mre-
patrie faisait peser sur sa colonie, elle a t entre-
tenue, aide, vivifie, on peut le dire, par la faiblesse-
de la mtropole, elle-mme ruine, appauvrie et
nerve grce ses gouvernants clricaux et monar-
chiques qui traitent et la fille, et la mre, et Cuba,
et I'Espagne, comme vaches lait et pays conquis.
Pauvre people d'Espagne les tlgrammes des
agencies prtendent que tu te rjouis. Nous ne le
croyons pas. Tu pleures plutt sur tes fils dj tom-
bs par milliers dans une luttre fratricide; tu pleures
sur ceux qui demain iront les rejoindre dans la ba-
taille et dans la mort. Vingt mille conscrits, vingt
mille combatants nouveaux ne vont-ils pas s'em-
barquer cette semaine? Tu pleures; mais, comme
tu es brave, nous esprons bien qu'un jour la rsi-
gnation dsole fera place chez toi la colre ven-
geresse et que tu jetteras bas les malfaiteurs qui, en
change des sacrifices par toi consentis, n'ont
t'offrir qu'une tte saignante de hros-martyr.
Louis Dubreuilh.

L'Administrateur-Gdrant : FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rua Thiers, 126-


(D'un journal amricain.)

Ce qtui au dire de quelques-uns, pourrait arriver.


1~P;ep~i~e C~aain~




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