Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: December 24, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00051
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


REDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PARIS DPART.
20, Rue Saint-incent-de-Paul e Anne PA IS 24 D cembre 896 N 4Uneanne, payable davance... 20 fr. 2fr.
Anne PARIS 24 Dcembre 49 Un trimestre, id. id. ... fr. 6.50
ADRESSE TLIGRAPHIQUE:"Un trimestre, Id. id. 6 fr. 6.50
ADRESSE TLeRAPHigUE: R.AXLA C A L'ETRANGER
A L'TRANGER
TLx or PA .A.IT TOTTS LES JEUDIS Uneanne, payabled'avance ............. 25 fr.
SUn semestre, id. id. ........... 13 r.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMEIRO....... fr. 25


MANIFESTE-
du Comit Franais de Cuba Libre
au Peuple Cubain


'est avec une vritable joie que
nous recevons le Manifeste que
vient d'adresser aux Cubains
le Comit Franais de Cuba
SLibre Paris. Nous lui donnons
la premiere place.
Si, comme organe de l'ind-
Spendance de notre patrie, c'est
un' devoir de consequence -politique pour La
Rpublique Cubaine d'accueillir avec re-
connaissance tous ceux qui, de quelque faon,
cooprent de leurs gnreux efforts au triom-
phe de notre idal, comme Cubains aussi, nous
sentons la plus sincere et profonde gratitude
pour les groups de nobles Franais, de vri-
tables rpublicains, qui, en defendant la cause
de Cuba Libre, rendent l'hommage d au sacro-
saint principle de la libert humaine.
Suit le Manifeste :

Cubains,
Les heures de gloire et les heures de deuil sonnent
en mme temps' pour vous. A une grande victoire
est venue se joindre une grande mort. Vous avez
perdu un de ces hommes qui se sont donns corps
et me la Rvolution mancipatrice, celui que son
courage autant que son abngation avait rendu
aussi populaire en France qu'il l'tait parmi vous.
Au mpris des lois de la guerre, au mpris de l'hu-
manit mme, Maceo, victim d'un guet-apens, a
succomb au plus lche des assassinats.
Ainsi le gouvernement espagnol, vaincu par ce
fils du people, qu'aucun de ses gnraux n'aurait
pu dompter, n'a trouv que la trahison pour s'en
dfaire.
Que ce gouvernement infme demeure ternelle-
ment clou au pilori!
Mais avec Maceo ne disparait qu'un de vos plus
vaillants. Or, ce ne sont point les hommes, mais les
ides qui font les rvolutions. Maceo mort, l'Ide
demeure, fconde encore par le sang du hros, et
plus grande, plus pure. Vous vaincrez: le droit et la
libert n'auront pas lutt en vain contre l'arbitraire
et l'oppression.
Cubains, l'cho de vos revendications est venu
jusqu' nous. Nous avons entendu vos plaintes,
qu'un sicle de patients protestations a rendu plus
vives.encore. Nous qui avons, comme vous, subi la
tyrannie monarchique, nous vous avons compris.
Que du sein de la vieille Europe, livre des
obligarchies que nulles souffrances humaines ne
savent attendrir, vous entendiez au moins des voix
amies proclamant la sainte solidarity des peuples et
affirmant le droit de tous la justice.
Petits-fils des grands rvolutionnaires franais
qui, en face de tous les despotismes coaliss, procla-
mrent les Droits de l'Homme, nous saluons en
vous, rvolutionnaires cubains, les dfenseurs de la
plus just des causes, les volontaires de la libert!
Cubains!'devant l'excrable monarchie espagnole,
qui vous a rongs de sa lpre, levez hardiment le
drapeau l'toile solitaire, rouge du sang de vos
martyrs !
Pour le Comit:
Le president,
Henri Rochefort.
La Commission d'initiative : Paul Adam,
Henry Bauer, Emile Bouisson, Louis
Casabona, Lucien Descaves, Clovis Hugues,
Lopold Lacour, Charles Malato, Elie May,
Mestre Amabile, Lon Parsons, Ltrillard,
Ernest Roche, Saint-Hamans et Achille
Steens, secrtaire du Comit.


j


ANTONIO LOPEZ COLOMA DANS SA PRISON


Le colonel cubain Antonio L6pez Coloma avait
t un des premiers chefs de la Rvolution dans la
province de Matanzas. Le gouverneur gnral de
Cuba, Calleja, ayant lanc une proclamation accor-
dant l'amnistie pleine et entire tous ceux des
rvolts qui dposeraient les armes, Lpez Co-
loma, don't les partisans taient disperss, accept
le compromis et, se confiant la parole du gou-
verueur, se soumit.
Par une flagrante violation de ses promesses, le
gouverneur le fit arrter au Morro de La Havane.
Tous les efforts faits en sa faveur furent inutiles. On
lui annona sa condemnation le matin mme de
l'excution et on le mit dans la chapelle de la pri-
son avant le supplice.


pour se rendre l'endroit o on devait l'assassiner
en le fusillant par derrire.

Beaucoup de nos lecteurs non cubains seront sur-
pris de tout cet appareil pour conduire un homme
sur le terrain o l'on va le tuer. Mais qu'ils n'en
doutent pas, cela est tout ce qu'on peut imaginer de
plus espagnol.
Le coupable condamn mort doit passer gnra-
lement vingt-quatre heures dans ce qu'on appelle
la capilla et, qu'il soit ou non catholique, tout le
clerg se croit autoriser l'aller martyriser pendant les
dernires heures de vie qui lui restent, exigeant de lui
qu'il se confesse, qu'il se laisse couvrir de scapu-
laires, et bien d'autres choses encore au moins inop-
portunes. Vient enfin l'heure d'aller au supplice et
jusqu' ce moment s'tale tout le luxe de la cruaut
et de la sauvagerie espagnoles. Le coupable, li-


UN TLGRAMME DE M. ROCHEFORT

L'INQUISITION A MANILLE


Le fameux vapeur Three Friends vient de
reporter un nouveau triomphe pour Cuba
Libre, se moquant absolument de la marine, de
l'arme et de tous les lments par lesquels se
dfend, dans l'le:de Cuba, la domination espa-
gnole agonisante.
Ce vapeur, qui transportait une important
expedition d'armes, des munitions et des provi-
sions, tait parti de Jacksonville le 7 courant.
Poursuivi par des navires espagnols qui furent
signals en.temps voulu, le Three Friends fit,
avec une chance bien mrite, la traverse
comme on l'avait rve et russit dbarquer
son chargement sur la cte occidentale de l'le et
le remettre intgralement et en bon tat aux
forces cubaines qui l'attendaient.
Le sentiment cubain a donc rpondu dj
la vilenie du gouvernement espagnol, assassin
du gnral Maceo.


L'illustre president du Comit Franais de
Cuba Libre et rdacteur en chef de L'Intransi-
geant, a adress M. Morgan, l'honorable sna-
teur amricain et dvou champion de l'ind-
pendance cubaine, le tlgramme suivant :
Le Comit Franais de Cuba Libre, don't je
suis le president, vous adresse ses flicitations
et ses veux pour le succs de la grande cause
que vous dfendez.
Henri Rochefort.


Un journalallemand, leIHamburgerN'achrich-
ten, public une lettre d'un nigociant tabli a
Manille disant que le gnral iBlanco a fait cons-
truire des appareils de torture' imits de ceux
qui furent en usage en Esp. ,ne l'poque de
l'Inquisition.
Le nombre des rvolutionna res est estim par
les journaux espagnols 100. :)0, don't la moiti
bien arms marchent sur Mi :ille. La garnison
de cette ville a d tre renfori:'.

---------* 6--------

POUR NOS BLESSS


Nous sommes heureix d'annoncer qu'il a t en-
vov M. le docteur Betanc2s, pour les blsss et
les malades cubains:
Des flacDns de quinine e: de ismuth et des rou-
leaux de ouat: hydrophile, par .:%. E. Morin, phar-
macien de i" c'asse, 6, rue du Faubourg-Mont-
martre.


*


Telle esi, telle a toujours t la manire honorable
de procder du gouvernement espagnol dans l'ile de
Cuba. Barbare toujours, infme, lche, incapable de
respecter, mme dans des cas extraordinaires, ses
pactes et ses engagements, il a procd avec le Cu-
bain Lpez Coloma comme avec tous ceux qui ont
le malheur d'ajouter foi aux promesses et aux com-
promis d'un gouvernement aussi rpugnant.
La gravure que nous publions cette page repr-
sente le martyr Lpez Coloma dans sa prison et celle
de la page 3, la porte de la forteresse dela Cabafia
au moment o L6pez Coloma allait la franchir


got, march entire deux ranges de soldats, suivi
de curs avec croix et tendards, absolument comme
s'il s'agissait d'une procession.
En ce qui concern Lpez Coloma, il faut ajou-
ter qu'il march au supplice, un billon sur la
bouche, afin de l'empcher de quitter ce monde au
cri de Vive Cuba Libre! comme lgitime protesta-
tion contre la bassesse, l'infamie et l'iniquit de la
domination espagnole.



*


Le colonel Antonio L6pez Coloma dans sa prison







Vi84#~a Ya~t'a&


24 DCEMBRE 1896.


LA MORT DE MACEO

Un nouveau crime vient d'tre commis par les
bandits de l'ordre (Weyler, Ahumada et Compagnie).
Ne pouvant vaincre Maceo, ils l'ont assassin.
A la gloire du hros cubain il ne manquait que le
martyre: il l'a eu.
Plus que tout autre, Maceo, dans cette Rvolution,
reprsentait le people don't il sortait. Tour tour
travailleur agricole, berger, muletier,, il s'tait lui-
nmme fait ce qu'il tait devenu : un,homme unissant
des manires affables et courtoises un courage in-
domptable et des capacits extraordinaires. Dans
cette le o blancs, noirs et sang-mls vivent cte
cte, il tait le lien puissant qui les unissait les
uns aux autres.
Les rvolutions, product logique d'une situation
donne, se font avec des ides, sous l'empire de
besoins ; elles enfantent les Maceo bien plus encore
qu'elles ne sont enfantes par eux. Il n'y a pas
d'hommes indispensables, quels qu'ils soient, et la
mort de Maceolaisse la Rvolution cubaine debout
et'bien vivante.
Mais s'il n'est point d'hommes indispensables, il
en est d'minemment utiles: la victim des assas-
sins alphonsistes tait de ceux-l. Sa mort ne sera
point nfaste la grande cause don't il tait le cham-
pion, mais elle sera un deuil, et non seulement
Cuba, pour tous les amis de la libert.
Nous avons vu des homes professant comme
nous-mme -en matire philosophique, politique et
social des.ides traites volontiers d'exagres dans
les milieux graves et bien pensants; des hommes
qui, rendus sceptiques par le spectacle des volutions
politiques, ne se laissent plus prendre la sonorit
des mots; .des hommes enfin, imbus du grand
conseil d'Anacharsis Cloots: se dfier des individus,
et qui s'informaient anxieusement si le champion
de Cuba Libre tait rellement mort. Ces gens avaient
de l'motion dans la voix.et nous ne jurerions pas
que les yeux de tous fussent absolument secs.
Maceo,demeureragrand par sa vie et par sa mort
pour avoir inmlig un catgorique dmenti aux
gostes jouissers qui dclaraient les temps hro-
ques irrvocablement passs.
Cosmno.



IIRJUNION POUR :C1UBA LIBRE


'Lundi 'p'dhaiY 2 dc ebre, salle 'Ptr'ele, tue
Ptrelle, le group L'Internatioivale Scientu ifqic
drina iW'e .runibn ftir l'Inmsurteotion cubaine
et gss es qtthitaosien 'espaggna, avec le .con-
c6urs de MM. CLipaiani, Malato, (Cosnmoi. .Mestre
Amiabile, Achille Steens, Ernest Roche, dput,
membres du Comit Franais de Cuba Libre,
Edouard Vaillant et Marcel Sembat, dputs de Pa-
ris.
Nous esprons que les Cubains tiendront assis-
ter cette runion patriotique.

------- 1 ,-n,---


LE GNRAL MACEO


A toutes les informations concernant le hros que
tout le monde pleure, 'sauf l'Espagne, nous conser-
verons le titre sous lequel, dans notre dernier .nu-
mro, nous avons donn les premiers renseigne-
ments sur son assassinate.
De cette faon, nos lecteurs, trouvant groups
hebdomadairementious 'ls renseignements q:ui nous
parvieiien't, se 'rendront compete plus facileme'nt.

D'ITALIE
Le D' Betances, dlgu diplomatiiue 'Paris 'de
la Rpubliqae Cu baine, a reu le 20 courant, de P-
rouse (Italie), le tlgramme suivant:
Betances,
PaYis.
'Les 'Assoeitions rptiblicirines ita'lienns de P-
rouse,'en comti'moran't Oberdan 'et Madeo, envdient
leurs souhaits pour le triomphe de la 'Rpublique
Cubaine.
Guaitini, Giuseppe, 7eyxeira.

Notre respectable ami a rpondu de la manire
suivante :
Guaitini, Giuseppe, Teyxeira,
Perugia.
Reu avec reconnaissance les vux des Associa-
tions rpublicaines italiennes de Prouse en faveur
de Cuba Libre.
Nous saluons avec respect la mmoire des grands
librateurs italiens qui sont pour les peuples des
examples glorieux.




1r'N VIEUX FAN
Nous tecevons la lettre suivante :
Paris, i5 dcembre 1896.
Monsieur le Directeur de La Rpublique
CubainB, 'Paris.
On trouve dans le Heraldo de Madrid, du Ix cou-


rant, 5' colonne, une allusion non voile l'ordre
donn par le gnral Salamanca, la veille .de sa
mort, d'assassiner le gnral Maceo qui venait d'ar-
river La Havane avec l'autorisation du gnral Sa-
lamanca lui-mme. Le temps passe, mais le carac-
tre espagnol ne change pas. Il parait que le gnral
Weyler a eu.la gloire de commettre ce crime et que
le hros cubain a cess d'exister.
Grandes rjouissances en Espagne; une reine f-
licite son people et son people l'acclame. Tout cela
parce que l'infme Weyler a t plus heureux que
son collgue et a russi, par une trahison immonde,
terrasser le lion qu'il n'aurait jamais os regarder
en face.
P. Atriota.
Voici le passage du Heraldo auquel fait allusion
notre estimable correspondent :
Il (le gnral.Salamanca) autorisa le voyage. Les
instructions qu'il donna sur cet important sujet au
chef de police, aujourd'hui rsidant Madrid, ne sau-
raient tre publies; mais on peut affirmer que si
Salamanca avait vcu, Maceo n'aurait pas fait
la guerre qu'il fit depuis cette 4poquejusqu'au
jour o il a t tu par la colonne Cirujeda.
Le voyage don't il est question n'est autre que ce-
lui de Maceo Cuba en 18go, et, en ce qui touche
l'observation faite par P. Atriota, il .faudrait tre
aveugle pour n'en pas voir le bien fond.
Quelles pouvaient tre, en effet, ces instructions
que.le rdacteur .du Heraldo considre comme de-
vant rester mystrieuses, sinon celles d'assassiner
Maceo ? De toute autre faon, en effet, Salamanca,
pas plus qu'un autre gnral quelconque, n'aurait
pu empcher un homme qu'on ne pouvait, sous
aucun motif, priver de sa libert, de faire.la. guerre
qu'il fit depuis cette .poque.
I1 ne restait que l'assassinat. Nous savons donc
aujourd'hui que cette ide tait depuis longtemps
caresse par le gouvernement espagnol.
Est-il ncessaire d'insister ?

'UNE STATUE .A MACEO
Nous recevons de M. R. C. de R., une des per-
sonnalits les plus distingues de la colonie cubaine
de Londres, la lettre suivante, que nous nous faisons
un plaisir de reproduire, tant cause de l'ide leve
qui l'a inspire, que pour donner satisfaction notre
correspondent.
Londres, 17 Dcembre 1896.
Monsieur le Dbirfeteur de La Rpublique Oubaine,
tParis.
Cher twlfinsieutetami.
Quelles que puissentitre les typinions des homes
de tous les pa3s relativement au caudillo i.mnoer-
tel de l'insurrection actuelle et de Pl'Insuftet.ion prt-
cdente de Cuba, feu le gnral Matce, per~~~soe n
niera qu'il tait u Fpittett'et Un grand patriotee 11
dfendit, en effet, -'es idh'tltiissavet toute l'nergie
don't est capable le coeUr le pl.us r#solu et :cOtfatea
sa mort de la gloire des hros --u-'cuqU'sles n..ations
civilises ont B't.jouts Iev d'es 'status. 'Mo l 'pi-
nion est qu'on toit au gra td cibin Antonio 'Maceo
une statue ct lie'.telle ltdu Libtrateurt 'lPAt':mi-
rique Espagnole, 'SiWo":ihdiv'at, dan ds Central-Padk
(New-York),e le plius: prs possible du ere e ueniiu
qu'en ce parc,,::pilanta. n r8'6o, 'Ie prince de Galles,
dans le pays claSique de la liT'beitrh A' ttn'h 'ht bi'e
avis, les frais d 'e'emte statue do\rent are f'ails pat les
colonies cubaines itd'iendantes et par les Nord-
Amricains enthousites qhi ~iSident auk Etats-
Unis, Paris, 'Londres et dLains les R,publilues
hispano-lusitanouiainariicilnes u a 'Nolifti Monde.
A vous qui miez Wiie si ',ier'gique campagner en
faveur de notre .idal : la Rpublique Cubbine, il
appartient de labner, 'd'appuNer et Ld'e 'fire russir
mon ide, la rea'lisati'.n de laeilr iie s :s'is dispos
contribuer pa-r Wion 'obole.
Recevez, etc.,
fl. C. de R.

VRI'Tl CONT'RE COALOMNIE
Afin que, par 'la plus grande abondance de dtarils
possible, tout le 'monde .putise se faire uh ide tnete
de l'homme que la calomhnie espagnole reprsemrte
comme un bandit, nous croyons 'bon de publier
deux documents officials relatifs l'invasion de la
parties occidentale de Cuba, invasion donrt nous nous
sommes occup dans notre numro prcdent.
Le premier de ces documents est une lettre -
l'assassin Weyler lui demandant de rendre moins
inhumaine la guerre savage qu'il fait aux CIbains.
Le second est une dlibration de l'ayuntamiento de
Mantua, par lequel les autorits espagnoles elles-
mmes attestent sous la foi de leurs signatures la
correction des procds du gnral Maceo :

nflSBittATION
PEDRO SANCHEZ ESPINOSA
:Scrtaire de la mttnicipalit de Mantua
'Je certified : Que dans les archives placess sous ma
garde et ma responsabilit existed l'important docu-
ment suivant :
Dlibration. Dans la localit de Mantua le
'3' jour du mois de janvier 1896, les habitants les
plus notables, sans distinction d'opinions politiques,
tant runis dans la salle des sance de l'Htel de
Ville sous la prsidence de l'alcalde municipal et le
lieutenant gnral Antonio Maceo, chef de l'arme
d'invasion, accompagn du gnral de brigade Jos


Mir, chef de l'tat-major, et du chef de la premiere
brigade de Las Villas, Juan Bruno Zayas, tant pr-
sent, il est dclar : Premirement : que la localit
ce Mantua est situe l'extrmit occidentale de l'ile
dans la province de Pinar del Rio. Deuxiement :
Que le gnral Maceo, avec les forces places sous
C ses ordres, a occup la localit et le term municipal
et que les existences et les biens de toute nature ont
t respects; que ses troupes ont sauvegard le
maintien de l'ordre public; que les autorits et les
employs institus et placs par le gouvernement
espagnol ont t laisss en function, et que, tant
donns les procds de l'Arme Libratrice et de son
chef, les soussigns adhrent aux principles et au but
de la revolution, dans la croyance que les dits prin-
cipes sont au bnfice non seulement de cette region
-appauvrie depuis longtemps par les exactions don't
elle a t victim, mais aussi du pays tout entier qui
supportait le mme traitement. Et les personnel pr-
sentes, reprsentant les forces vives du territoire dans
la proprit immobilire, l'levage, l'industrie, le
commerce, les arts, les professions diverse, le credit
et l'agriculture, ont sign avec les susdits par-devant
moi : Jos Fors; A. Maceo; Martin Viladomat,
cur; le chef d'tat-major, J. Mird; le brigadier
Judn B. Zayas; le gouverneur, Oscar A. Justi-
niani; l'auditeur de guerre, Ldo. Jos Antonio
Caihas; le premier adjoint, Jos Ferndade; Si-
mind Docal, conseiller de la municipalit; le juge
municipal, Nicolds Reyes; Dr. S. Carbonell, no-
taire public; D. Fors, juge municipal supplant;
Santiago Muguruta, instituteur; Pedro Lo;ano,
secrtaire du. tribunal municipal; Rafael Ingls,
commerant; Narciso Fontanella, secrtaire du
bureau de la marine; Jos Ruit; G. Nonell ; Judn
Ocari;; Manuel Rego; Fidel Pedraja ; Jos Gran-
da' Branlio V. Blanco; Antonio Mennde; Ma-
nuel Quintanda; Jaine Vives; Jos H. Pelde ;
le secrtaire dela municipalit, Pedro Sdnchee.
Et sur la demand de M. Jos Mir, brigadier
d'tat-major, j'ai dlivr le present certifi conforme
par M. le president, Mantua, le 23 janvier 1896.
Certifi conforme :
Pedro Sdnches.
Le President,
Fors.

LETTRE A WEYLER

RPUBLIQUE DE CUBA

'BRMskE D'INVASION
N' 504

A Monsieur le Gnral Weyler,
La Havane.
Je n'avais jaimais voulu ajouter foi tout ce que
:les joturnaux ont public sur votre compete, ni juger
sur ites 'bases vtre conduite. Un tel comble d'atro-
cits> tant de .crimes rpugnants et honteux pour un
hoilM e 'd~h'ohneur quelconque, je les estimais d'une
.excutirol Impnsslble pour un soldat de votre cat-
got ie. Elles tne paraissaient plutt. ces accusations,
oet:Vr e 'd tauviste oi ou de base vengeance per-
mnwtl elle t je crovais que vous auriez soin de donner
unti sl'tnael 'dimeienti. vos dttacteurs et que vous
vo~ts mettti tZ . l a hauteur 'exige par la noblesse
d'me et '','abri de toute imputation de cette nature
on adoptant, -dats le traiteitent des blesss et des
'pri's'onni'es 'de gguerre cubains, le gnreux systme
employ d's se "dbut par la Rvolution pour les
Sblesss et les prisotniers de.guerre espagnols.
Mti's, par mralheur, l'a doni.i:i o, n -espagnole doit
'entralther toujoitirs avec ~ ile l'infameii. Les fautes et
less abus de la 'gu'rire prcedente semblaient avoir t
corrigs au c aianenceist t 'ntd'e cele-ci. Mais aujour-
'i'hu'i, il est 14tin'htr't'ae Cc't t 'sealement en m-
'toinaissant ePtains antdes nts personn.'l, invaria-
bJles'ei inei'trad 'iit.'nnetil e ei m orrigible int rn r; ti, c.1 r .
,'u'on 'et pua c isd'er ;'ctn'rfme 'dso'rmais oublie
Pa'ri l'Espagne 'la vOt4 v ftieeS~it ita ifrocit contre des
tires 'sans 'adita'sse 't ,des 'assassiinaits impunis. C'est
qu'en :iafit i'il t ian cetairn effortt pour don-
ner'credtt ot *e~'sqi'i, dans la vie, .apparait avec le
caracr~re de 'l'aitiu'rde.
FForc est i'bten, tate'ois, A ree isendre l'vidence.
'En tia rm~aitChe pendant 'la cainmpagne actuelle, je
vois :avec atonnrem'ent, avec 'horeu'r combien se con-
'firme la triSte ;renomrre d'ont vous jouissez et com-
bien se rptent lesTaits pleins d'un barbare ensei-
gnement. Comment! Il sera dit que les habitants
paisibles eux-mmes ne parlons pas des blesss
et -des prisonniers de guerre seront sacrifis
cette rage qui tant rendit clbre le duc d'Albe !
C'est donc ainsi que l'Espagne, par votre interm-
diaire, rpond la clmence, la mansutude avec
laquelle nous procdons, nous, les rdempteurs de
ce people malheureux, en des cas identiques ? Quelle
honte pour vous et pour l'Espagne Les incendies
tolrs des chaumires, les meurtres comme ceux de
'Nueva'Paz - et de la finca El Gato , commis
par les colonnes -espagnoles, 'spcialement par cells
des colonels Molina .en Vicufia, vous .posent en cou-
pable devant l'humanit entire; votre nom sera
jamais souill d'infamie et, ici comme au deh>rs,
rappel avec indignation, dgot et horreur.
Par humanity, tant pour obir l'impulsion de la
gnrosit- et de l'honneur que pour me conformer
l'esprit et aux tendances de la Rvolution, je n'userai
jamais de reprsailles qui seraient indignes du pres-
tige et de la force de l'Arme Libratiice de Cuba.


Mais, en mme temps, je prvois que votre abomi-
nable conduite et celle des vtres provoqueront
bref dlai des vengeances particulires auxquelles
succomberont, sans que je le puisse empchermamne
.par le chtiment, des centaines d'innocents.
Pour cette dernire raison, et tant donn que la
guerre doit atteindre seulement les combatants et
qu'il y a inhumanit en faire supporter aux autres
les consequences, je vous invite revenir sur vos
'pas, si vous vous reconnaissez coupable ou rpri-
mer avec svrit les dlits signals au cas o ils
auraient t commis sans votre assentiment. De
toute faon, vitez donc qu'une seule goutte de sang
soit rpandue hors du champ de bataille. Soyez cl-
ment pour.tant de malheureux paisibles. En agis-
sant ainsi vous imiterez avec une honorable mula-
tion notre conduite et nos procds.
Je vous salue.




Cayajabos, 27 fvrier 1896.



OPINIONS SUR CUBA LIBRE

Nous avons'belle joie donner aujourd'nui l'opi-
nion du grand savant Elise Reclus sur l'effort h-
roque de Cuba. Cette opinion de l'homme illustre.
qui donne si magnifiquement au monde de la Pen-
se le rayonnement de son intelligence, pse d'un
poids redoutable sur les destines de la clricale
Ibrie:
Oui, mes amis en rvolte contre la tyrannie hr-
ditaire; oui,Cubains et Philippins,nous vous encou-
rageons de tout otre coeur la lutte. La vie ne
peut avoir de prix que par-les jouissances de la
libert ou du moins par celles du combat contre
l'oppresseur. Avec vous sont unis par la pense tous.
les hommes don't l'me est libre et fire, tandis que
vous avez contre vous tous ceux qui se plaisent la
chain et au .bton, tous-ceux -qu'enivre l'encens
official de :mensonge et ,de bassesse et qui cherchent
monnayer votre 'sang 'en dollars "et en douros. A
eux'.dt fire des veux pour l'crasement des'hom-
mes libres eet pour de nouveaux assassinats' comnme
celui de Maceo.
Mais le droit aura son tour , amis. Nous ver-
rons Cuba, nous verrons les Philippines indpen--
dantes et 'libres ;bien plus, malgr Torquemada,
malgr l'ombre de Philippe II, nous verrons natre
la libert la noble Espagne qui,. une poque .dj
lointaine, .sut, elle ,aussi, se dbarrasser ,des con-
quranits' trangers.
Elisee fedulrss.


HOTEL 'DES SOCI'TS 'S\VA.NTS
28, rue Serpente. -'Paris

Lundti 21 Dcenmbre, huit heures et demie du soir-


'DElXIlbME CODEiRFENCE
SUR LA

QUESTION CUBAINE
PAR
M. V. MESTRE AMABILE
Chevalier de la It'gion 'd'l onnmeir
Ancient officer do mialrinie. Oriinaire de Cuba

Telle est la carte d'invitation qui me fut adresse,.
il y a quelques ijours, 'me conviar.t aller entendre
de nouveau l'un des plus loquents dfenseurs de
la cause cubaine Paris.
:.Lavis idecet-te second conference avait attir un
auddiloirre nombreux. L'es persomriMatis de bonnee
renrRo'mff 'e n' u nmanquaient pas; 'et 'je ne veux vrai-
ment point ressembler un chroniqueur mondain
en dtaillant des nomss, come ion .le fait d!anrtices
de pelleterie .de 'haut luxe.
Aprs un aperu bref et :authentique de la situa-
tion conomique et financire de .I'Espagne; aprs
avoir discut ,une *une les resolutionss furieuses du
premier iministre Canovas; aprs avoir montr l'ar-
rogante Ibrie mendiantil'appui des lautres nations
d3Eu-rope, adhetanrt:des journaux, salariant de bas
mercenaires de la presse; aprs le jutste homage
rendu aux ratesiquo.tidiens de Paris .qui ne se'vau-
trent'pas dans Les :auges :de l'Ambassade espagnole,
M. 'Mestre 'nous a 'montr sur une carte les rcentes.
et victorieuses marches de l'arme rvolution-
naire.
Cette arme, personnel ,ne 'l'arrtait. 'Neuf imois,.
comme une femelle, Valerien Weyler avait port son
plan. Terr dans son palais de La Havane, terrific k
l'annonce d'une bataille qui tait toujours, pour lui,
un dsastre ; se dorlotant, se mentant lui-mme
en envoyant. Madrid dthallucinantes dpches sur
sa-sant; somm d'avoir de l'nergie, une peur
moins terrible de l'avenir, press par la nature, je
veux dire par les imprieuses dpches de Canovas,
Weyler.avait eude laborieuses couches.
Son plan, il le fit escorter par:huit' mille'hommes,
en suivant toujours la voie ferre, fortifie de fortins,
afin d'tre promptement -l'abri, si par hazard il n'-
tait pas encore cette fois Annibal ou Bonaparte.


C_________________~_________
~~






2:4; DCEMBRE: 1896.


Le g nral dui Taf, au: nom de Maceo, tremblait.
Le gnral. cubain tait le. Gnral-Epou'vante. Le
-Cid avait reni sa patrie. Quanrd Maceo; chargeaiit, i;
y avait de grands videos dans le front del l'enneini..
Des.colonnes arrivaient en, retaid,:pour viter le pre-
mier choc.
Ce hros, qu'eide: me pouvait tuer,. VEspagne. le fit
.assassiner. Le moyen tait. plus sr, et c'est.besogne
pourrie. Le mdecin, gorgeur ou empoisonneur, ce'
Zertucha, dnonc au monde, voil dsormais le
symbole de l'Espagne.
De hideuses ftes en Ibrie furent l'apothose du
grand Cubain. Les imnmondices humaines des der-
niers jours de Carthage reparurent. Ton clerg, l-
bas, sanglant Crucifi du Golgotha, fut de la
-charogne et de la boue. L'Espajrne sans doute se
ronge de ne pouvoir lacrer, ventrer,.triperMatho,
je veux dire Maceo. Mais, c'est notre dernire et
supreme joie, ce cadavre, elle ne l'aura pas. Que
l'Espagne, uniquement, se pme jeter des fientes
au pied de la vierge de Covadonga !
Cette mort d'Antonio~ Maceo' fu.t, on le devine;, le
verbe inspir de la, confrence- de: M.. Mestre' A part
quelques grands solitaires, tout ce.quilty a.d'huma-
nit propre Paris, s'tait runi .peoar saluer- le soir
de ce lundi la fin du gnral redout.
Pendant que le confrencier parlait, la voix brise
par l'motion, la foule des autres Parisiens, sans
doute gueulait'sur des trottoirs, se ruait surdes poi-
trails de femelles avines, ou. procdait des crimes
insouponns I
Ah! nous l'acclamons. de toutes rros. forces la
chaude proraison de M. Mestre. Nous pensions,
comme-lui, que l'Ibrie aura commis bientt.tant
de crimes et tant d'assassinats qu'il faudra bien que,
de partout, l'on se lve. pou, marcher contre elle et
la tuer une bonne fois, la brler soigneusement,
pourreplanter de'nouveaux homes' sur une. nou-
velle terr !





E.SU1l :Ei TION M.\L.\diT OITE

M. Rotstan, qui eut jadis son here de cl-
brit, a cru devoir sortir de l'oubli.dont il jouis-
sait, pour faire, au sujet de l'attitude des Etats-
Unis dans la question cubaine, les plus. abracada-
brantes dclarations,.
Ecoutez ce qu'a. dit au Gaulois. le maladroit
ressuscit Roustan
Le'futur president, Mac-Kinl'ey, m'ihquite quel-
que peu.... non pas parce que je le connais, mais
parce que. je ne le connais pas.
Pauvre Roustawn
Malgr son programme, malgr- ses retentissants
plaidoyers en faveur de Cu.ba aux Etats-Unis..
Est-ce mauvaise- fi .ou ignore nc.- ? M. Mac-
Kiniley.n'a jamais fait de semblables plaidoyers.
... Ou tout au moins en faveur de C.uba Libre...
Quoique Franais, M. Ro&ustan est toujours
ennemi des' pii,-les qui luttent pour leur
libert.
... Sous le protectorat moral des Etats-Unis...
Jamais M. Mac-Kinley n'a parl de cela!;, eni
tous cas, le protectorat. moral. amricain .vaut
bien la domination immoral espagnole.
,.. Il se peut bien qu'une fois au' pouvoir, il soit.
moins intransigent dans les actes qu'il le fut en pa-
roles.
M. .Roustan prte volontiers aux: autres des
qualits qui doivent tre les siennes.
Si les Etats-Unis se mlent d'intervenir, on ne
peut pas savoir o s'arrtera leur intervention.
Mais oui, on le. peut. Elle s'arrtera la of ils
n'auront plus d'intrts dfendre. Les Amri-
cains donneront ainsi l'exemple d'une mod-
rrion et d'un dsintressement que certaines
nations n'ont pas toujours montr.
La doctrine de Monro : L'Amrique aux Amri-
.cains, risquerait d'tre remplace par celle-ci.: Le
monde aux Amricains.
Vous raisonnez comme un mathmaticien,
M. Roustan. Malheureusement, la doctrine de
Monro n'a rien . fair dans la question cubaine,
qui n'est pas si complique que cela. Il s'agit
simplement d'une colonie qui veut s'affranchir
,d'une mtropole parce que celle-ci a tout fait
pour se faire dtester de celle-l. 11 s'agit d'un
people conquis qui veut chasser son conqu-
.rant pur qui il est trait, la fin du dix-neu-
vime sicle, suivant les principles du Moyen
Age.
Et vraiment, ce people espagnol que l'on disait
.dgnr...
Il n'y a pas de fume sans feu.
... Nous offre un admirable example d'hrosme
et d'abngation.
L'hrosme consiste sans doute lutter douze
contre un, puisqu'il y a dix-huit millions d'Es-
pagnols et il y a un million et demi de Cubains ;
-quant I'abngation, elle consiste prter de
.l'argent 6 0/0 avec garantie da toute scurit ;
. payer pour ne pas aller la guerre, et k d-


serter chez les peoples voisins, si l'on n'a pas
les moyens de se payer un remplaant.
Ilroi'.n-m- et abngation sont des mots qui
plaisent M. Roustan; mais les faits sont l pour
prouver que ce n'tait pas l'occasion de les pro-
noncer.
le ne crois pas, cependant, une guerre,, continue
.ce personnage, car je ne pense pas que les Etats-
Unis veuillent la provoquer.
Je n'y crois pas non plus; d'abord. parce qu'il,
est probable que les Etats-Unis ne la veulent
pas, mais: surtout parce que :'Espagne n'a pas la
pudeur qu'il. faut gingrademenIt pour se suicide.

M. Mac-Kinley dit en terminant le sieur Rous-
tan s'inspirera sans doute des paroles d'un homme
d"Etat amricaini, M. Blaine, r6publicain, comme lui,
qui disait : a..I' ne faut. rien. faire pour Cuba,. c'est
une poire qui.nous. tombera, dans la.main ds. qu'elle.
sera mre. >
Mais il me semble: que l'unnauimit des Cubains.
vouloir, se sparer die la. martre-patrie, la
symupathied'u i-.uLple, de la. press, des Cliiam-
brest et du gouvernement amrieains, sont -des:
symptmes peu quivoques die la maturity de la
poire.
Que celle-ci tombe dans les mains de .. Mac-
KiRnley ou, ce qui. est. plus probable, dans la
bouchae, des Cuba ins,.iL n'.en. est pas moins cer-
l.1:.ni '-L .Ill. ne tientplus i,,l'.l.rb rl '' .'.lagn'-1.
Ce; quii aftigse M., [Iou-Lai et quelques: autres.
FIraniiai; c'est. la p.nihle conviction q;.ei de


FLIBUSTIERS !

S'il est un art o la ruse est permise, c'est bien
celui de la guerre.
Dans la lutte de deux adversaires, la victoire
n'choit pas toujours au plus robust, et plus d'u.n
Goliath historique est demeur parfois embarrass
de sa masse mme.
Depuis le cheval, de Troie, l'ingniosit humaine
a multipli les artifices de la stratgie, et les gnraux
cubains. ne fo:nt q.ue mettre journellement en pra-
tique l'exemple lmentaire d'Horace, pour triom-
p'her d'un ennemii non pas trois fois, mais.gnrale-
dix fois, suprieur en: nomrbre'.
L'Etat-major espagnol ne s'est point fait faute
d'user de' pareils moyens et:de miulptiplier les surprises
ou les embuscades par les movements, plus ou
moins hieu.reusement eo:mbins de ses colonies.; per-
sonne ne saurait lui eni fair u.m crime et les indiff-
rents y auraient mme applau.di,. si ses succs, h-
las.t si rares, avaient donn une' autre measure des ta-
lents militaires des hommes de. guerre qu:i le ceon-
posent.
Il est pourtant un moyen que ces i:diffrents eux-
mmes, blment aujourd'hui sans rserve:et que. l'his-
toire: rprouvera plus .tard;, d'e' la manire la plus ab-
solue,. ce. moyen, c'est le Mensonge!'
Le mensonge mani avec la couardise: la. plus in-
signe'! Le mensonge a.uiquel l'adversaire n'a pu q-ue
difficilement rpondisre! La calomnie mprisante d'un
ennemi don't la lutte' lhro'ique et prolonge ne sau-
rait inspire tous que du, respect!


Le colonel Antonio Lpez, sortant de la chapelle, est coniduit au supplice


cette poire qui passe pour tre si dlicieuse
- ils.ne mangeront, certainement pas.
Allons, vilains gourmands, consolez-vous : on
vous. donnera des fruits de Madagascar, M. Rous-
tan pourra mme les arroser d'un pot de vin de
Tunisie.
Sangredo.

"--------"^c-------

TORQUEMADA A PARIS


Il y a quelques jours, notre collaborateur Sangredo
disait que Torquemada n'tait pas. mort. Notre dis-
tingu confrre La Lanterne, en relatant le fait sui-
vant, nous en fournit.une preuve rjouissante pour
nous
Hier, . l'ouverture de la Bourse, des camelots
distribuaient gratuitement, l'entre des grilles, le
supplement au numro du 16 novembre du.journal
La Rpublique Cubaine.
Les jeunes saute-ruisseaux financiers, aids un
peu dans leur besogne par quelques personnages
d'aspect plus grave, ont fait avec le lot de paper un
feu de joie, d'ailleurs promptement teint.
Sangredo avait donc bien raison. Ceux qui br-
lent ainsi La BRpublique Cubaine, brleraient
avec plus de joie encore les rpublicains de Cuba.
Quelle joie surtout ils auraient prouve, avec toute
l'Espagne, dresser un bcher pour Maceo! Il est
vrai que l'Espagne s'en est dbarrasse autrement...


*


C'est sur un mensonge que l'Espagne s'est fonde
pour commencer une guerre fratricide, c'est .par le
mensonge qu'elle l'a fomente et qu'elle l'entretiept,
mais c'est par le triomphe de la vrit sur ses ipi-
postures qu'elle va enfin recevoir le chtiinent trop
longtemps mrrit !
Les nationalits s'effondrent ou se relve.nt, les gout-
vernements disparaissent ou se succdent : la vrit
immanente, demeure; elle est ce qu'elle est, et..oi
elle est.
La vrit est, en ce moment, Cuba.: porte, sou-
tenue, dfendue par tous les enf4pts de ce pauvre
pays, las de souffrir d'une domination don't l'ignop
minie les eut empch, jamais, d'atteindre
l'lvation du niveau rv; par ces Cubains, que
l'univers admire aujourd'hui, et don't la-masse, pour
certaines raisons faciles dfinir, est incomparable-
ment plus civilise que les populations de nos cam-
pagnes et mme de nos petites villes de France!
Flibustiers! Voleurs! Bandits.......
O mes amis, hommes de lettres, mdecins, avo-
cats, ingnieurs, commerants ou agronomes! O
vous tous, appartengan toutes les professions lib-
rales, qui avez abandonnfamille, bonheur, richesses,
plaisirs, pour vous grouper dans vos forts et courir
la conqute de vos droits de citoyens! Que vous
avez d souffrir, ds le dbut de la guerre, non point
de vos privations, de vos fatigues ni de vos blessures,
mais de cet outrage sanglant, lanc la face de l'puni
vers, alors que vos reprsentants aq dehors ne pou,-
valent, comme protestation, que fair entendre leur
voix, timide encore et sans cho!
Flibustiers! Appelez-les ; rebelles, insurgs, c'est
un fait; dites, si vous voulez, qu'ils ne savent pas se


battle; calomtniez-les comme soldats; appelez-les
lches, si vous l'osez, peu. m'importe'! Ils:laveront
euu-rmmes nijur,.; mais puisque vous ne croyez;
pas devoir vous honorer vous-mmes en honorant
un ennemi qui vous tient cepend.ant en chec, pre-
nez garden Prenezgarde la vrit mme,, car vous-
tes alls trop loin dans l'abus! Cette vrit, de vos
mains impures, vous l'avez cache sciemment, m-
thodiquement sous un tas d'ordures; or, le souffle
du vent qui passe a dvoil aux yeux de tous l'indi-
gnit de vos procds!
Flibustiers, des hommes qui, se trouvant fort bien
chez eux, ne demandent qu' y rester, mais y res-
ter-seuls! Voleurs, ceux don't les richesses, tou-
jours dragues par vous, ne font qu'exciter vos con-
voitises insatialibes.l Bai~dit .des gens ne voulant
rien. de-personne, et sans autre! souci quer celui de
vivre libres, libres jamais de matres, odieu.x!
Espagnols! Encore une fois, prenez garde! L'ulti-
mna ratio, la vrit luit enfin! Tout le monde sait,
maintenant, ce que, depuis le xvi' sicle, vous avez
fait de l'Amrique! Votre vie colonial, votre tche
civilisatrice sont connues : partout et toujours elles,,
n'ont consist qu' voler, qu' piller, qu' tuer.....
Vous avez pu durer longtemps sans contest, par
l'oppression et la terreur, mais les temps sont venus
et votre rgne va prendre fin......
Flibustiers Voleurs Bandits.!: Corsaires primitifs.
dei IFAmirique; ciaineurs en titre, des tenres-.dua
Nouveatu' M a dce, gouverneurs corrompus; et: poli-,
tiques, honts d'poques disparues, conmmencea ,
regagner vos navires! Vous devez dire un dfinitif
adieu toutes ces terres cubaines qui esprent ne
plus revoir de longtemps votre sinistre pavilion!
Remnrez vite dans. votre: pays, at le feu, .mis paUtibti-
quenient ppar vous-amraes aux quatre- coins de, l'Es+
page, briez.-vous. tousl
Peut-tre sortira-t-il quelque chose-de vos. cendres?
Le. feu. purifie, tout!





----i331 C1-- *


Mi Texifonte. GGallego, qui est, une preuve vi-
vante de la justice de la cause cubain, ptis-
que parti9 Cuba come cO:iir spo:idaut `sl,/ai'"
'du Heraldo de Madrid, it en est revenue comme
dput cubain (!) nous parle encore de la
bataille de Mal Tiempo :
Le combat s'engagea, acharn, dsespr; on for-
ma des carrs, on-lutta hroirquement-,mais hor-
reur! le rgiment de Bailn ne connaissait pas en-
coree le. n,.irict du Mauser-;. Qpero charge, et
ce.fut.une boucherie.
Mais malgr la charge de l'insurg Cepero, et
malgr la boucherie, vous qualiflltes jadis de
vie toi ce que vous prsentez-maintenant come
un dsastre, cher Monsieur Ctesiphon.



Nous lisons dans le Heraldo :
Notre paarie ne paet arrendi:. aucurn i:n.ri ma-
triel du maintien de sa souverainet sur Cuba.
Voil du toupet, ou je ne m'y connais, pas.
Mais qu'importe? L'Espagne peut encore moins
attenlre up bqfice iariie. di, n, o,,-,,iin-
lien de sa souverainet; et c'est, 14- ce qui lui
pend au nez.


Le feraqdo continue :
L'Espagne a, ses portes, un territoire tendu, sa,
lubre, trs fertile,, qui,: e vertu des Iis. historiques,
doit un jour s'ouvriir l'industrie de peuples p!us
avancos.
Nous supposons que notre confrre veut parler
de l'Afrique; mais si celle-ci ne doit s'ouvrir qu'
des peuples plus avancs, l'Espagne peut-tre
certain de rester dehors.


C'est l, s'crie l'Heralcda, que nous. portent notre
intrt et notre avenir.
a, c'est vrai;, en Afrique vous serez tout fait
chez vous.
Cultivons assidment et intelligemment notre sol
et notre race.
)cidment, confrre, vous parl.e' d7or; ce se
rait l de la bonne et utile besogne. Mais pour-
quoi, diable! ne Favez-vous pas eneere fait?


I __


~Vra~ne~






24 DCEMBRE 1896


Comment ces gens-l pourraient-ils rendre
heureuses leurs colonies, alors que de leur pro-
pre pays, riche naturellement, ils ont fait un
pays miserable? Suivez le conseil de l'Heraldo,
Cids et Tormequamadas, cultivez votre sol et
votre race; nous sommes bientt en 1897, mais,
comme dit le proverbe, il n'est jamais trop tard
pour bien fire.
--

Il n'y a pas longtemps, M. Canovas disait tex-
tuellement, en pleines Corts :
Deux balles, une seule balle mme pourrait chan-
ger la phase de la guerre.
Et Maceo a t lchement assassin.
Aujourd'hui, le mme'M. fCnovas dit, en par-
lant des journalists :
Toutes les insurrections qui reposent sur le pres-
tige acquis ar quatre ou cinq personnalits ne
durent que le temps que celles-ci mettent dispa-
ratre, et )'espre a\ec confiance que nos soldats en
finiront avec les autres cabecillas de la mme manire
qu'ils ont tu Maceo.
Le grand ministry espagnol ne cesse de pr-
cher publiquement l'assassinat : en cela, il est
conforme aux sentiments de sa race. Mais que
penser de l'imbcillit d'un homme qui attribue
la revolution actuelle la cinquime depuis le
commencement du sicle au prestige de quatre
ou cinq peisonnalits?


Maceo, Gmez, Garcia, Sanchez, etc., ne.sont
que des instruments; l'me de la Rvolution ne
saurait tre atteinte par les coups des.assassins
vos gages, Monsieur. Cinovas car cettei me,
e'est la haine que-ressentent tous les Cubains
pour une mgnre-patri qui, depuis quatre sicles,
n'a fait que les voler et les humilier.
Il a une singulire faon de comprendre l'his-
toire, cet homme d'Etat qui n'a pas honte de sug-
grer publiquement ses dignes compatriots
1'assassinat des ennemis qu'il ne peut vaincre.


le ministre.qui fait assassiner les gnraux
ernenmi's et fait donner la torture la fin du
dix-neuvime sicle ajoute, pour nous prouver
qu'il ':st aussi parfait en pitre qu'en bourreau :
Les ch:,ses, continueront come jusqu'ici, et notre
rrnec continuera de combattre et de vaincre les in-
surgs.
Voil deux ans que cet idiot est en train de
vaincre les insurgs! Il doit trouver cela de son
goi, puisqu'il ne termine pas la guerre. Heu-
reusement 'que d'autres la termineront pour lui.


Weyler, s'adressant aux volontaires de La Ha-
vane qui lui faisaient fte, s'est cri :
Toutes vos manifestations, je les accepted pour
l'auguste personne... etc.
Cette auguste personnel c'est le jeune pdard
que la grce de Dieu et un pronunciamiento ont
fait le matre de l'Espagne, c'est--dire le matre
de ministres tortionnaires, de gnraux assas-
sins, de fonctionnaires voleurs, de mendiants et
de toradors.
Auguste, al Allons doncl Alphonse, oui.

-------I~-* ------


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du i5. Des dpches parvenues de diffrents
points des Etats-Unis informent que des enrle-
ments de volontaires pour Cuba se font dans toutes
les villes de la Confdration. 300 se sont prsents
Denver, un miller sont parties de Port-Huron. A
Boston, Indianpolis, quelques centaines sont prts
partir. Dans tout le pays, il se fait une efferves-
cence considerable.
Le snateur Call a prsent au Parlement am-
ricain une resolution conjointe pour.obliger le prsi-
dent intervenir dans les affaires cubaines. Il base
sa resolution sur ce fait que la mort de Maceo cons-
titue une violation des droits de la guerre et que
l'Espagne a dmontr suffisamment son impuis-
sance pour avoir recours de tels moyens.
On announce de Saint-Louis qu'un grand nom-
bre de Cubains avaient organis un concert don't les
bnfices devaient tre verss dans la caisse du
Comit Rvolutionnaire. Les autorits ont interdit
cette fte sous prtexte qu'elle constituait une viola-
tion de la neutralit des Etats-Unis.
La Fdration Amricaine du Travail, dans sa
session de Cincinnati a vot un ordre du jour de
sympathie aux Rvolutionnaires de Cuba et deman-
dant la reconnaissance de l'indpendance de l'ile.


Quatre-vingts citoyens de Minneapolis sont
parties en armes pour Cuba. On assure qu' Tacoma
s'organise un rgiment de douze cents citoyens mis
la disposition du gouvernement cubain. :
Dans la Chambre des reprsentants, M.-Howard,
membre pour l'Alabama, a propos une resolution
exprimant les regrets de l'tat pour le brutal assas-
sinat de Maceo, et demandant l'intervention des
Etats-Unis. M. Morgan a prononc un grand dis-
cours dans lequel il a dvoil les cruels et inhumains
procds des Espagnols Cuba. Il a insist sur la
ncessit absolue de seconder les efforts des Cubains.
Un autre membre, M. Woodman, reprsentant
rpublicain de l'Illinois, a dvelopp une proposition
invitant l'Espagne cesser les atrocits qu'elle com-
met Cuba au mpris des lois de l'humanit. Il
apporte les regrets du people pour la mort de Maceo
et dit que nul citoyen ne saurait rester tranger
cette infamie qui est une menace pour-tous les hon-
ntes gens. Le president Cleveland, dit encore le
reprsentant, ne saurait aller contre la volont du
people. Il y a lieu de l'inviter se soumettre aux
resolutions des Chambres.
Finalement la proposition du snateur Morgan est
adopte par le Snat.
Un tlgramme de Philadelphie apprend qu'
la nouvelle de l'assassinat de Maceo la populace s'est
porte des excs et que le gnral Weyler a t
brl en effigie.
De Baltimore, on apprend que le consul am-
ricain Valence (Espagne).a tlgraphi pour de-
mander que, par crainte de troubles dans cette ville,
on donne des ordres au vapeur.Laurada pour qu'il
n'y fasse pas escale.
On announce de Key-West que le steamer
Three Friends a dbarqu une expedition dans la
parties Sud de Cuba et qu'ensuite il a t poursuivi
par deux navires espagnols.


Une persoqne, venant de La Havane et arrive
Key-West, assure que Maceo est vivant et qu'il a
t vu dans la province de Matanzas. Il convient de
n'attacher qu'une importance relative cette rumeur.
Les prisonniers, que le rgiment -espagnol a faits
dans la Trocha, confirment de leur ct la mort du
gnral.
Le bruit court La' Havane que le gnral
Weyler serait relev de ses functions et remplac par
le gnral Marin, gouverneur de Porto Rico.

qu'un vaste meeting a eu lieu dans cette ville, en
faveur de Cuba Libre, devant une nombreuse assis-
tance et qu'on y a vot par acclamation des rsolu-
tions violentes.
Du i6. Le Comit des Affaires trangres, au
Parlement de Washington, a accueilli favorablement
la proposition du snateur Cameron en faveur de la
belligrance des Cubains et l'indpendance de l'ile.
Les Etats-Unis offriraient leur mediation pour ter-
miner la guerre.
La session tant prt d'tre close, les amis de
Cuba au Snat amricain ont demand une prolon-
gation de session pour la discussion des affaires
cubaines.
Un tlgramme reu Valencia, de Palerme,
informed que le steamer Laurada est en route pour
Gibraltar, afin d'y complter sa cargaison et conti-
nuer sur l'Amrique.
Des dpches des Etats-Unis nous apprennent
que les manifestations en faveur de Cuba Libre se
poursuivent dans toutes les villes, Wheeling, Bal-
timore, Butt, Omaha, Topeka, etc. Partout les en-


rlements de volontaires prennent des proportions
extraordinaires.
- El Correo Militar, de Madrid, dit que la
mort de Maceo n'a pas change la situation de
Weyler La Havane.
Du 17. M. Olney a fait, devant la Comnission
des Affaires Etrangres au Snat amricain, une d-
claration tendant dmontrer que, les rvolution-
naires cubains n'ayant pas un gouvernement tabli
sur des bases rgulires, il n'y a pas leur recon-
natre la belligrance et les traiter autrement qu'en
insurgs.
La Commission semble devoir faire un rapport-
favorable la resolution de M. Cameron, sur l'ind-
pendance de Cuba. Les manifestations continent.
Du i 8. Une resolution conjointe a t dpose
la Chambre des reprsentants et au Snat amri-
cain, demandant la runion du Congrs, pour dis-
cuter la question de l'indpendance de Cuba. On
demand que les Etats-Unis occupent l'ile militai-
rement jusqu' la conclusion de la paix.
Les membres de la Commission des Affaires
Etrangres croient que le.prsident Cleveland oppo-
sera son veto son vote, s'il est favorable aux rvo-
lutionnaires de Cuba. Mais une second decision
pourra obliger le president s'y soumettre,
Du ig. M. Olney, interview, dclare que de
toutes les applications de la doctrine de Monro que
les Etats-Unis ont t amens faire, aucune n'a de
rapport avec la question cubaine. Il ne s'agit pas, en
l'espce, de l'intervention d'une nation-europenne
dans les affaires intrieures d'une puissance amri-
caine, mais bien de la rvolte d'une colonie, ce qui,
son avis, ne tombe pas dans la declaration de
Monro.
De Rorie, on tlgraphie que le dput socia-
liste De Felice prpare en Sicile une expedition de
volontaires, destine Cuba.


Dans une autre interview, M. Olney, secrtaire
d'Etat Washington, a dclar que le president
Cleveland se soumettrait au vote du Snat, quel qu'il
soit.
Du so. Nous apprenons que les Cubains au-
raient de nouveaux canons dynamite, qui feraient
des ravages terrible parmi les troupes espagnoles.
Cette nouvelle arme d'artillerie serait une invention
de M. Dudley, ancien lieutenant de l'arme des
Etats-Unis. Ces canons auraient t livrs par les
Etats-Unis.
Du 21. Le ministry de la guerre en Espagne
fait prparer actuellement des cartes gographiques
et topographiques des Etats-Unis, pour tre distri-
bues aux officers de la marine et de l'arme de
terre.
Les dclarations de M. Olney, le secrtaire
d'Etat, ont soulev l'indignation des citoyens am-
ricains, qui lui reprochent son visible parti-pris
pour l'Espagne.
Du 22. De New-York, on announce qu'une
grande runion a t tenue hier soir dans la salle
Cooper-Union; une motion en faveur de la cause
cubaine a t adopte. La foule a parcouru les rues
en manifestant ses sympathies pour les Cubains.

-------*--------

LE DENIER DE LA VEUVE

Madame la comtesse de Paris vient de rendre un
bien mauvais service son fils, le jeune Gamelle.
De passage Madrid, la trs noble dame, se souve-


nant que le" dernier des Bourbons vagit sur le trne
chancelant d'Espagne, a voulu faire aussi sa petite
manifestation de sympathie pour le petit glaireux.
Elle a, nous disent les gazettes, distribu, mille
pesetas aux soldats partant pour Cuba. Madame la
comtesse fait grandement les choses avec l'argent
que les siens ont soutir la France, vaincue de
1871. Si, aprs cela, Gamelle ne retrouve point son
prestige, c'est qu'il est vraiment tomb dans le royal
rata...
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CUBA CONTRE ESPAGNE

En lisant les tlgrammes espagnols
annonant l'assassinat de Maceo.
Et quand cela serait que, vaincu cette fois,
Maceo ft tomb sur la terre natale,
Qu'est-ce que ce dlire imbcile o s'tale
L'orgueil agonisant de l'Espagne aux abois?

Et quand cela serait! -Un grand vent plein de voix
Nous souffle de l-bas, sur l'onde occidentale,
Clameur imperative et dj triomphale :
Cuba veut tre libre avec ses propres lois.

Plus de l'antique joug, plus de pacte servile-:
Pour un Maceo mort, il en renaitra mille
De ce sol fcondI par son sang glorieux,

Des hros, des martyrs, qui, du coeur et des yeux,.
Ont vu, fixe dj, par-dessus la grande le,
L' toile Solitaire en march dans les cieux.
Charles Gros.
Troyes, 12 dcembre 1896.

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LA PRESS ANGLAISE


The Daily Telegraph, Londres : Les cons-
quences que la press espagnole tire de la prtendue
mort du caudillo insurg Antonio Maceo, sont tout
au moins'prmatures. Maceo tait un des chefs du
movement rvolutionnaire, probablement le plus
habile et le plus nergique; mais il n'tait, que 'l'un
d'eux. Sa perte ?pour les Cubains est trs sensible.
Est-elle irrparable?
Au moment de sa mort, Maceo commandait une
force de plusieurs milliers de rebelles. Gmez, un
autre des caudillos qui est vivant et en bonne sant,
a sous ses ordres 30,ooo hommes. On ne' saurait
prtendre que la rebellion'a pris fin. La dernire r-
volution continue pendant une demi-gnration
peu prs; la dure de la guerre de guerillas actuelle.
ne dpend pas d'un rebelle quelconque, s'appela-t-il
Maceo et Gmez. Si l'Espagne refuse d'accepter, les
propositions des Etats-Unis, elle devra se rsoudre
une longue et ruineuse'campagne dans laquelle elle
ne pourra esprer mettre en ligne qu'une petite frac-
tion des forces qu'elle a mises en champagne et cela
cause de la nature mme du pays. Il n'y a pas d'au-
tre alternative. La guerre actuelle parait destine
tre la dernire de l'interminable srie des insurrec-
tions cubaines et des measures de repression espa-
gnoles.

The Daily Graphic, Londres: On a annonc
plus d'une fois, au course de l'insurrection cubaine,
la mort d'Antonio Maceo, le caudillo rebelle, mais
aujourd'hui la nouvelle est confirme officiellement
et il parait qu'il n'est pas douteux que Maceo a pri
dans un combat recent avec le commandant Ciru-
jeda.
Maceo tait l'me et la vie de la lutte, dsespre
que les Cubains ont soutenue si efficacement contre
toutes les forces que l'Espagne a pu lancer sur
eux. Son existence entire-il n'avaitque quarante-
huit ans -r fut consacre prparer des rvolu-
tions contre la domination espagnole, et ses qualits
militaires dmontres contre des forces accablantes
pendant la rebellion actuelle taient absolument re-
marquables.
Il rest savoir si sa perte fera chouer le mouve-
ment rvolutionnaire.

The Daily Chronicle, Londres : On a prouv
en Espagne une.grande joie en recevant la nouvelle
de la mort de Maceo, nouvelle don't la confirmation
a t transmise, parat-il, notre Foreign Office.
Mais peut-tre les Espagnols comptent-ils sans
leur hte.
L'occasion, souvent, fait l'homme, et il peut par-
faitement exister une demi-douzaine de patriots cu-
bains aussi aptes la lutte que l'tait le caudillo
mort.


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Nous prions ceux de nos abonns don't
l'abonnement choit fin dcembre, de vouloir
bien nous faire parvenir avant cette date le
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TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126-


La situation de l'Espagne


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