Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: December 17, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00050
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul IreAnne PARISD 17 DPcembreRT896 N o 8 ,p l d .... .
20,RueUne anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
Un semestre, id. id. ... Il fr. 11.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: E=aLXT-A3 X3OG3A Un trimestre, id. id .. 6 fr. 6.50
T E O A L'TRANGER
PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance........... 25fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus Un semestre, id. id. ............ 13 fr.
UiN NUMIJERO......... 0 fr. 25


CUBAINS, AU MACHETE!


VIVE CUBA LIBRE!

a. dernire et aussi la plus d-
goutante infamie du gouverne-
nement espagnol pendant la

S'il manquait quelque chose
pour complter la dgradation,
la vilenie de ce gouvernement,
il peut le montrer aujourd'hui
au monde civilis, aux nations honntes avec le
mme droit et la mme raison qu'il a, depuis quatre
sicles de dominati-on en terre amricaine, tir va-
nit de ses autres crimes.
L'assassin Valeriano Weyler, le bourreau choisi et
envoy Cuba par Canovas del Castillo pour y ex-
terminer tout Cubain faisant obstacle au rtablisse-
ment de l'esclavage, du vol et de l'exploitation, vient
de rendre son mandant un service d'une impor-
tance extreme. Le lche, le miserable, le voleur, le
corrompu Weyler, le gnral toujours battu par
Maceo dans tous les combats, ne pouvant vaincre
son adversaire par les procds ordinaires des mili-
taires avant la moindre notion de l'honneur, a achet
un homme, le Docteur- Mximo Zertucha, et l'a
*charg d'assassiner le gnral Antonio Maceo.
Et cet infme, profitant de sa situation auprs du
gnral,'a pu accomplir cet acte de trahison.
Quelle honte! quelle lchet! quelle indiscutable
preuve de l'impuissance de l'Espagne, et quel si-
gnal triomphe pour la cause de Cuba Libre!
Entretenir sur le pied de guerre une arme de
2oo00,000 hommes, computer sur la neutralit, tout au
moins du monde entier; tre en lutte contre un
ennemi qui n'arrive pas au chiffre de 5o,ooo com-
battants bien arms et avoir recours la main d'un
assassin, afin d'obtenir par la trahison la victoire qui
se refuse vous tre favorable par les armes, voil
photographie en pied l'Espagne de Canovas del
Castillo, laquelle n'est que la reproduction fid-le de
l'Espagne barbare, de l'Espagne sauvage de Tor-
quemada et du duc d'Albe qui assassine aussi bien
par la potence 'que par le poignard, par la torture
que par le poison.
Et qu'on n'aille pas croire que c'est la premiere
fois qu'un gnral espagnol emploie de pareils pro-
cds. De la mme faon, au cas o le poignard
n'aurait pas donn de rsultat, les gnraux
Cdmte de Valmaseda et Caballero de Rodas avaient
envoy dans le camp cubain des missaires charges
d'assassiner le caudillo Carlos Manuel de Cspedes
et les gnraux Manuel de Quesada et Ignacio Agra-
monte. Mais ces patriots prvenus purent en temps
opportun faire pendre les trois envoys.
Combien il est regrettable pour le bien de la civili-
sation que le gnral Maceo n'ait pu en faire autant
avec \'eyler, Ahumada, Mximo Zertucha et toute
l'immonde canaille qui a particip dans une measure
quelconque ce complot miserable, rpugnant et
odieux.
Et il pourrait se dire civilis, le gouvernement qui a
-besoin de l'assassinat pour sedbarrasser d'un adver-
saire qui le combat avec les armes nobles don't on se
sert pour faire la guerre ? Et il pourrait rclamer une
place ct des gouvernements qui se respectent


LES E


assez pour ne jamais s'abaisser jusqu' l'assassinat ?
Ah! parmi les militaires qui component l'arme
espagnole, combien il doit y en avoir qui considrent
comme outrags leur uniform et leurs gallons par
la plus indigne, la plus basse, la plus abjecte flonie
commise par le gnral en chef de l'arme espa-
gnole Cuba ? Et les nations qui ont le culte voulu
des lais sacres de l'humanit_ et de la civilisation
n'prouveront-elles pas un sentiment d'pouvante et
de terreur la nouvelle de l'acte de Cafres que vient
de perptrer le gouvernement d'un pays qui, tous
les jours, proclame pleine bouche sa gnrosit, sa
noblesse, sa grandeur d'me ?
Il n'appartient qu'au people espagnol, lui seul
spcialement, de clbrer avec une joie immense,
non pas seulement la mort d'un adversaire, mais
l'assassinat auquel a d recourir son gouvernement
pour se dbarrasser de Maceo. A tant de joie sau-
vage, un de leurs potes rpond : Seul l'homme
vil clbre la mort d'un adversaire valeureux . Aussi
mprisons-nous, avec tout le dgot qu'elle pro-
voque, l'esprance que la Rvolution est vaincue
grce l'assassinat du gnral Maceo. A la guerre,
les hommes prissent, mais jamais les ides. Victim
de l'infme lchet des Espa'ncls de Cuba, un


ASSASINE?


;SPAGNOLS


admirable soldat cubain disparait, mais le principle
sacr pour lequel il a combattu avec toute sa
famille reste vivant. Pedro Figueredo, Ignacio
Agramonte, Bernab Varona, Jesus del Sol, O'Ryan,
Pedro de Cspedes, Reeve et Carlos Manuel de
Cspedes, sont morts pendant la dernire guerre, et
bien que les Espagnols, la mort de chacun de ces
patriots, aient donn la Rvolution pour termine,
elle ne prit fin qu'avec le pacte du Zanjn. Jos
Marti, Juan Bruno, Zayas et Jos Maceo sont morts
au course de la guerre actuelle et celle-ci, loin d'tre
affaiblie, se fortifie au contraire dans le sang de ces
hros, acquiert une vigueur nouvelle et pousse le
gouvernement espagnol la situation critique qu'il
a rvle lui-mme par l'obligation o il s'est trouv
de se dbarrasser de .Maceo en le faisant assassiner
misrablement.
Et c'est le gouvernement .qui hier encore traitait,
par la bouche hypocrite de Canovas et par sa press
indigne, .Maceo de multre et de bandit ; le gouver-
nement qui brla le cadavre d'Ignacio Agramonte,
qui fusilla les jeunes tudiants en mdecine inno-
cents, qui assassina des femmes, des enfants, des
vieillards, qui incendia les hpitaux, qui paya Casta-
fleda pour qu'il livrt Narciso Lpez, comme il a


pay Zertucha pour qu'il livrt Maceo, le gouverne-
ment voleur, sauvage, rpugnant, sans la moindre
notion de pudeur, sans vergogne, honte de la civili-
sation moderne !
Le gnral Antonio Maceo est mort, c'est vrai,
mais non pour les Cubains. Son nom, comme un
son de clairon, rsonnera sans cesse et partout o il
y aura deux Cubains ayant la sentiment de la di-
gnit et de leurs devoirs envers la Patrie. Que le cor-
rompu, l'inique gouvernement espagnol continue
exterminer les Cubains en les assassinant, puisque
par les armes il ne peut obtenir que dfaites sur
dfaites; que le Nron de Cuba, grce des sicaires,
remporte des triomphes qu'il n'a jamais pu rempor-
ter avec des soldats. Les patriots qui ont jur de
faire l'indpendance de Cuba ou de mourir dans la
lutte ne front qu'une rponse : Ils pousseront tous
comme un seul homme ce cri que le gnral Anto-
nio Maceo leur a laiss comme un heritage sacr :
Cubains, au Machete !
Vive Cuba Libre !


RECONNAISSANCE


Dans ce moment de tristesse o la mort du vail-
lant patriote Maceo nous a plongs, c'est avec un
sentiment de douce fiert que nous avons reu
hier, 16 dcembre, la communication suivante que
nous adresse le Comit Franais de Cuba Libre, runi
ce jour dans les bureau de L'Intransigeant:
Le Comit Franais de Cuba Libre, adresse au
vaillant organe de Cuba, Paris, La Rpublique
Cubaine, son trs courageux et trs probe direc-
teur, ainsi qu' ses collaborateurs, l'hommage de sa
sincere estime et les flicite de leur action dsint-
resse et fconde en faveur de Cuba Libre.
Pour le Comit :


Le Prsident,
Henri Rochefort.


Le Secrtaire,
Achille Steens.


Nous remercions, en notre nom et au nom de
tous nos collaborateurs, le Comit Franais de Cuba
Libre, de sa bienveillance en faveur de La Rpu-
blique Cubaine et surtout des grands sentiments
de patriotism qu'il exprime en fiveur de notre Cuba
Libre, dbarrasse jamais de l'usurpateur qui l'op-
prime. Modestes soldats, qui dfendons avec cou-
rage dans ce journal les droits de la Patrie, nous
sommes heureux de savoir, qu'en France, il existe
des homes de cour qui secondent nos efforts et
soutiennent nos ccurs vaillants que rien ne pourra
abattre, tant que Cuba n'aura pas reconquis, la
face du monde, son indpendance et sa libert.
Merci, nos frres de Paris; il; peuvent computer
sur notre persvrance et notre nergie, pour la d-
fense de nos droits mconnus, et c'est avec recon-
naissance que nous envoyons 1I salut fraternel du
Comit Franais de Cuba Libre, aux vaillants hros
qui combattent l-bas, pour la Patrie opprime.


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17 DCEMBRE 1896.


LE GNRAL MACEO


Bien que La Rpublique Cubaine-ait public
dans son numro du 6 fvrier, un portrait et
quelquies iotes biograpiiqwes-rapides du gnral
Maoeo, nous croyons utile, pour renseigner l'opi-
nion',etsatisfaireila vive curiosity que les vne-
mints ont 'veilite, de i publier un .autre portrait
dur 1iaei oxiitaipre et teos ies renseiglaen ents
sWr -sens eospte .i.e no.us icoinaaissans. :omae
"wiras.
Nous donnerons ainsi un dmenti mrit la
parties de la press espagnole, laquelle -consi-
dre aujourd'hui comme un hliros redoutable
celi, .qu'elle .taitait .de, ldche. bandit et qu'elle
continue calomnier dans ses origins, d'ans sa
famille et jusque dans.sa vie prive.

SA NAISSANCE,:SA FAMILLE

'Le major-gnral Antonio Maceo y Grajales naquit
dans la.ville de Santiago de Cuba, le 14 juillet 1848,
du lgitime marriage de Mrcos Maceo et de Mariana
Grajales, galement ns l'un et l'autre Santiago. de
Cuba. Sa mre se maria deux fois : la premiere avec
Manuel Reglieferos,..la,seconde avec Mrcos Maceo.
Quatre fils naquirent.:duu ppreumier. matiage : iFelipe,
Manuel,: Fermin .et .Justo. Du second i mariagesont
issues sept. enfants : Antonio, Jos, MiMrcos,: Rafael,
Miguel,.Julio. et Toms.
MRrcos.Maceo, ses ..sept fils, et les.quatre: enfants
de sa efemnaine,-.co.rmbattirent contre l'Espagne.;:penda!nt
la Revolution de Yara; et-si.dans la.guerreactuelle,
des douze personnel qui constituaient !a faniriilc, ':.i
ne retrouveplus qu,'AatocBio e.et.iJos,, c'est :q.ue les
autres.dix sont, ou bien morts sur:le chami.p, de ba-
taille ou des suites des blessures reues, ou bien,en
exil, ou bien invalides cause de leurs blessures.
Parmi ces derniers se trouve Felipe Reglieferos,i le
frre ain. Les trois autres.du mme nom sont morts
pendant la guerre de 1878.
Rafael Maceo gravement bless pendant .cette
guerre, alla mourir l'tranger; Miguel prit la
bataille de Nuevitas et Julio dans une escarmouche
Nuevo Mundo. Toms,. Felipe et Mircos vivent
encore estropis par les.balles. Marcos Maceo, le
pre, mourut galement en 1878, et legnral Jos
,Maceo fut tu, dans l'action de la Loma del Gato, en
juillet dernier.

*AVANT YARA

Jusqu'au 1o octobre 1868, poque laquelle clata
la Revolution de Yara, Maceo avait t un inconnu,
conducteur de mules, trs .actif et trs honorable
puisque jamais les Espagnols eux-mmes n'ont pu
empoisonner du venin de la calomnie la vie du pa-
triote. Aimant .sa famille, simple en ses gots, d'un
caractre srieux et rserv, d'un courage et d'un
sang-froid extraordinaires, enfin d'une constitution
exceptionnellement herculenne, 'Antonio Maceo
vcut jusqu'au jour glorieux ,de .Yara dans cette ser-
vitude laquelle le despotique gouvernement espa-
gnol soumettait tous les: Cubains.

PENDANT LA PREMIEREE -GUERRE

Nous. disons ailleurs que toute la famille de Maceo
se lana dans la Rvolution de 1868-78. Nous rela-
terons ici brivement, .suivant les exigences d'un
journal hebdomadaire, la carrire glorieuse de Ma-
ceo pendant la dite guerre.
Maceo n'avait que vingt-et-un ans lorsqu'il s'en-
gagea dans les rangs rvolutionnaires. Un an plus
tard peine il avait dj reu seize blessures. Dans
le course de cette premiere anne, il fut nomm suc-
cessivement sergent, lieutenant, capitaine et major.
Peu de temps aprs avoir obtenu ce grade, on lui
ordonna de prendre Ti-Arriba (i). Il s'en empara
avec trois cents hommes seulement et obligea les
Espagnols, aprs un combat acharn, se rfugier
Santiago de Cuba. Ce fait d'armes lui valut d'tre
lev au grade de colonel et, peu aprs (1870), il
command un autre engagement dans lequel avec
quatre cents hommes, il battit El Ramn (2) le
gnral Martinez Campos, alors brigadier.
Quelque temps plus tard il se trouvait dans les en-
virons de Monte Obscuro, quand il fut attaqu par le
gnral Valera commandant une colonne forte de
mille hommes et renforce:de. plus par celle du bri-
gadier Martinez Campos. Maceo charge l'ennemi
avec fureur, le mit en fuite et l'obligea entrer
Santiago de Cuba.
Cette nouvelle droute du Pacificateur donna lieu
au dialogue suivant entire ledit gnral et le funeste
comte de Valmaseda, connu sous le nom de Tigre
du Cauto :
Vous prtendez, brigadier, que dans notre ren-
contre avec Maceo, la gloire a t de -notre ct.
C'est fort bien, mais de notre ct aussi sont les
pertes.


(i) Ti-Arriba. Fait parties du terme municipal
de Alto Songo, province de Santiago de Cuba. N..
de la R.
(2) El Ramdn. Situ sur la cte sud; terme
municipal de Manzanillo; province de Santiago de
Cuba. N. de la R.


Votre Excellence pense-t-elle que les insurgs
tirent avec des balles de coton ?
Trs peu de temps aprs Martinez Campos quiJt-
tait l'ile.
La victoire:de Maceo don't nous.venons de parler
fut suivie de celle de Zarzal (r) dans laquelle une
colonne espagnole de deux mille cinq cents homes
fut snise en droute.
Vient ensuite la.sanglante action de Santa Maria (2)
Dans cettei bataille, Maceo, sous les ordres du gn-
alCalisxto'Gardia, fit iune: de ses, plus clbres, char-
.ges a;u-iaahete. Quatre cents'Espagnols -restrent
.:.Irt- sur l.: cbn nip bapi;!. et le lieuitenant-co-
lonel Gmez Diguez, plus connu sous le nom de
Gdime le Ca-mard (El Chats G6mez), fut grive-
ment bless et fait prisonnier.
Vers cette poque, on vit le gnral Maceo en pr-
sence des forces que commandait le gnral Vale-
riano Weyler, alors brigadier, aujourd'hui le Nron
de l'ile de Cuba. Weyler fut mis en fuite honteuse-
:ment la bataille de Guimaro, (3). Le gnral bou-
cher laissa sur lechamp de bataille cinq cents morts.
Il ne s'arrta dans sa fuite que lorsqu'il se vit dans
les murs de la ville de Puerto Principe.
Cette bataille fut. bientt suivie d'une.autre dans
laquelle Maceo, la tte de cinq cents homes, at-
taqua le bataillon de San Quintin, fort de mille
homes et command parle colonel Yoyer, bataillon
qui perdit lui seul deux, cents homes et qui dut
de n'tre pas compltement dtruit l'appui des
forces commnandes par le chefiTirso.
Nomm, pour cette,action, major gnral,. Antonio
Maceo seidistingua ensuite dans.les batailles de San
Feliipe (4), Baragua (5)Hato del Medio (6), Sabana (7),
Guiniao (8) et Cayo del' Rey (9).
Dans cette dernire, il fut sur le point d'tre tu.
Au milieu d'une pluie de balles incessante, il char-
gea avec l'intention de faire prisonnier le chef espa-
gnol. Une de ces balles lui traversa le poumon.
Sans le .secours du lieutenant-colonel Pacheco,
Maceo serait certainement tomb de cheval. Voyant
combien tait critique la- situation, le colonel Rodri-
guez commena une nouvelle charge qui mit les
Espagnols en complete droute.
Trois mois plus tard, Maceo tait rtabli. Il entre-
prit avecson frre Jos l'invasion de Guantnamo (ro).
C'est l que vint le surprendre la nouvelle de la
paix.

LORS DU ZANJN

Le gnral Maceo s'opposa nergiquement la
convention ou pacte du Zanjn. Mais il: n'y avait, il
ne pouvait et ne devait y avoir que deux parties
prendre: ou l'indpendance, ou continue la guerre,
sans quarter, mort, et si on ne pouvait la faire d'une
faon plus avantageuse, au machete uniquement.
Maceo tait convaincu qu'il ne fallait attendre des
Espagnols l'accomplissement d'aucunes processes
si sacres et publiques qu'elles fussent. Et,: pntr
de cette conviction, le gnral Martinez Campos
crivait Cnovas, le 19 mars 1878: .Mais, Cuba,
il n'a pas t possible d'avoir des itruc.iib-ncL; dans
le camp ennemi, o il n'y a pas.de moyen de faire
la lumire, o command un certain Antonio Maceo,
qui tait muletier et qui est gnral. Ce Maceo a une
ambition norme, beaucoup de courage, beaucoup
de prestige; sous sa rude corce, il cache un grand
talent natural. Il a t impossible de rien:faire,
malgr tout ce qu'espraient la Chambre et le gou-
vernement .
En fin de compete, pour faire sortir Maceo de
l'le, ses compagnons durent lui confier une mission
la Jamaque, commission ayant trait, en appa-
rence, la continuation de la guerre. Quelques
annes aprs, Maceo crivait propos de cette
mission :
Je ne cdai ni au pacte, ni la situation angois-
sante de cette poque fatale. Je parties pour l'tranger
et, je n'ai pas honte de le confesser, tromp par mes
amis et par mes compagnons les plus chers, lesquels,
suivant une lettre du docteur Flix Figueredo au
gnral Mximo G6mez que je conduisis sans le
savoir la Jamaque, prfrrent me faire sortir du
pays que de me voir prir sur la terre cubaine .
Ainsi, seulement, on. put obtenir que le lion des
.forts de l'Orient abandonnt le thtre de ses
triomphes.glorieux et rpts.

(r) Zartal. Appartient au terme municipal de
Manzanillo, province de Santiago de Cuba. N. de
la R.
(2) Santa Maria. Dpend du terme municipal
de Holguin, province de Santiago de Cuba. N.de
la R.
(3) Gudimaro. Dpend du terme municipal de
Port au Prince. N. de la R.
(4) San Felipe. Dpartement oriental. N. de
la R.
(5) Baragud. Dpend de la province de San-
tiago de Cuba. N.'de-la R.
(6) Hato del Medio. Dpartement Oriental. -
N. de la R.
(7) Sabana. Terme municipal de Baracoa, pro-
vince de Santiago de Cuba. N. de la R.
(8) Guiniao. -'Terme municipal de Baracoa,
province de Santiago de Cuba. N.A de la R.
(9) Cayo del Rev. Arroyo, affluent du Cauto,
province de Cuba. N. de la.R.
(io) Guantdnamo. Terme municipal de la pro-
vince de Santiago de Cuba. N. de la R.


JUSQU'EN 1890
'De'la Jama'ique, 'e gnral Maceo fut appel avec
beaucoup d'autres Cubains ayant pris part la R-
volution, servir la Rpublique de Honduras, don't
Marco Aurelio Soto tait alors president.
Maceo servit en quality de gnral et fut gouver-
neur de Puerto-Corts. o il sut conqurir les sym-
pathies et l'admiration, de tous. Toutefois, il fut li
toutes les tentatives faites pour provoquer la guerre
Cuba et il et certainement, particip au mouve-
ment de i -'., .race l'intervention des autorno-
mistes, le gouvernement espagnol n'avait riussi
.suffoquer cette insurrection.
Maceo continue conspirer l'tranger, sans se
dcourager jusqu'en 1890. A cette date, muni d'un
nouveau plan qu'il avait conu, il put arriver La
Havane, se transporter Santiago de Cuba et tenter
un soulvement. Mais le manque de preparation fit
que la tentative choua ses dbuts et le gnral
Maceo, come Crombet et d'autres Cubains, fut
dport par le gnral Polavieja.

-RETOUR.A CUBA
Maceo s'tablit alors Costa-Rica o, tout en se
consacrant l'agriculture, il attendit qu'clatt le
movement que prparait le grand Jos Marti.
Ce movement commenc, le 25 mars (1895),
Maceo quittait la Rpublique .de Costa-Rica ,bord
du vapeur Andirondack, avec vingt-deux compa-
gnons.
Du dit vapeur, dans L'lle Fortuna,!ilpassa dlans la
golette anglaise:Honor et dbarqua sur la plage de
Duaba (Baracoa), dans la nuit du 3i .mars au
i avril..

L'INVASION A L'OCCIDENT
Nous ne disposons ni du temps, ni de l'espace nces-
saires pour crire ici cette dernire et glorieuse page
de la vie militaire du gnral Maceo. A l'histoire des
grands militaires de notre poqueest rserve la
tche de relater come, elle mrite de l'tre cette
march admirable qui a attir l'attention du; monde.
Nous devons nous borner consigner que du
3 novembre 1895 au 22 janvier i896, la colonne d'in-
vasion parcourut 'ile de l'Est l'Ouest, c'est--dire
une distance de 379 lieues, y comprise les contre-
marches, battant chaque instant les forces espa-
gnoles, les obligeant se rfugier La Havane, et
,proclamant l'tat de guerre jusque dans le dernier
village, de l'ile.

.LE DR. ZERTUCHA
Le docteur Zertucha ayant conquis en quelques
lheures une notorit aussi universelle que peu
.enviable, nulle occasion meilleure ne saurait nous
tre :'.lli .-te pour faire, connaitre les renseignements
.que nouspossdons sur son compete.
'M-ximo Zertucha y Ojeda est n dans l'ile de
Cuba. Il a aujourd'hui. une quarantine d'annes. Il
est le frre d'lsidro, un des tudiants en mdecine
condamns La Havane quatre annes depresidio
.en novembre 1871.
Comme son frre, il, tudia la mdecine, se fit rece-
voir docteur et vint s'tablir Melena del Sur (i) ou
S .Gira de Melena (2). 'Homme habile, capable
..i'.:t, un mdecin de petit village, et avant toute la
resistance physique que la pratique demand dans la
champagne cubaine, il ne tarda pas devenir le m-
decin de toute la contre, et arrival acqurir au
bout de quelques annes, une bonne situation so-
ciale et pcuniaire.
A cette situation il dut, sans doute, d'tre nomm
maire et c'est alors qu'il donna la premiere preuve,
tout au moins publiquement, de sa versatility. Nous
ne savons plus quel parti, autonomiste ou conser-
vateur, il dut son election ; mais nous sommes assu-
rs qu'en plus d'une occasion, tant dans des articles
que dans des correspondances de El Pais, organe
official des autonomistes La Havane, des plaintes et
des blames ont t publis contre le maire Zertucha.
En effet, sa quality de Cubain et son affiliation au
seul part .cubain dans la politique active de cette
poque, le parti autonomiste, ne pouvaient que
faire envisager avec un certain dplaisir son attitude
peu correct, louche et suspect, d'autant qu'il figu-
rait d'un ct parmi les autonomistes (les Cubains)
et de l'autre parmi les conservateurs (les Espagnols).
En ces derniers temps, en 1893 ou 1894, il finit par
tre considr simplement comme conservateur.
Lorsque l'invasion de la province de La Havane
eut lieu, les journaux de la capital annoncrent un
matin que le Dr. Zertucha tait all rejoindre, les
rvolutionnaires. A partir de ce moment on n'enten-
dit plus parler de lui, et l'on ne sut pas non plus
qu'il avait avec Maceo des relations d'amiti assez
intimes pour l'accrditer comme mdecin en cam-
pagne auprs d'un gnral de cette importance.
C'tait l une raison plus que suffisante pour que
le docteur Zertucha, malgr sa presentation aux
autorits espagnoles, ft immdiatement fusill par
la bte fauve qui porte le nom de Weyler, lequel pour
priver de la vie tous ceux qui ont ses yeux le mal-
heur d'tre Cubains, a assassin et assassine jus-

(1) Melena del Sur. Terme municipal de la
province de La Havane. Plus de 5.0oo habitants. -
N. de la R.
(2) Giira de Melena. Terme municipal de la
province de La Havane. Plus de 8.oo0 habitants. -
N. de la R.


qu'aux vieillards, aux enfants et aux femmes. Mais,
chose extraordinaire! le Dr. 2ertucha se prsente
aux Espagnols; il leur raconte que Maceo est mort
dans un combat et, immdiatement, sans le ::sou-
mettre aucune formalit, sans attendre seulement
ainsi que cela tait natural, l'arrive prochaine du
gnral' Wevler La-Havane, on le laisse en com-
plte libert, aussi libre que l'est le commandant
Cirujeda lui-mme, par example.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Quel vnement
.s'est produit, tnbreux, infme, criminal, horrible
:-aux yeux de toute conscience honnte?,'Que peut-
on :penser du .Dr. Zertuccha q.ui ,-e soitau, dernier
degr pouv.antable pour un.-hiomme -et :pour un
citoyen ?
Nous n:e porterons pas de jugement. Personne
n'en peu-porter encore d'une manire concluante et
definitive sur une affaire que.nous ne connaissons
que par les fausses, les inexplicables,l es contradic-
toires nouvelles communiques, par le.gouvernement
espagnol, menteur sans vergogne et qui a le plus
grand intrt dissimuler la vrit. Mais ce qu'il
n'est pas permis de discuter mme une minute, ce
qui est absolument sanctionn par l'opinion univer-
selle, c'est que le Dr, Zertucha se.trouve en presence
d'un dilemme terrible :
Ou le Dr. Mximo Zertucha, d'accord avec
les Espagnols et obissant leurs indications,
a assassin ou contribu :l assassiner d'une
manire quelconque.le gnral.Antonio Maceo,
et, une fois l'horrible crime consomm, est
revenue tranquille *et isans crainte parmi. les
Espagnols;
Ou le Dr.M 1xim '::Zertucha.S'est rendu et a
achet sa vie enpromettant de dclarer comme
tmoin oculaire tout ce qui conviendrait le plus
la russite de quelque ruse des Espagnols.
Nul ne pourrait tablir un autre .dilemme.;.no.us
:attenidonsi l-des ss i.les infr...r rr i.:. n, q.ui -.. ur-. mn r
-merneoss maaniquereamt1-ppoin3 t.

DES TATS-UNIS
Notre respectable ami le docteur Btancs,;dlgu
du gouvernement cubain Paris, nous a transmis
les tlgrammes suivants qu'il a reus des Etats-Unis:
New-York, 12'dcembre.
De source digne de foi, on m'affirme que Maceo. et
son tat-major ont t assassins la suite d'un
complot entire le gnral espagnol Auumnada et le
docteur Zertucha.
Estraoia.

Key-West, t3 idcembre.
Devant la nouvelle de la mort.de Maceo, l'migra-
tion,dans..un solcnnel meeting, renouvelle .son adh-
sion au gouvernement, l'arme et. la dlgation
cubaine.
Poyo, Calderdn, Carrasco.

New-,York, 13 dcembre.
Devant les rjouissances espagnoles .cause de la
mort de Maceo, dans l'espoir d'teindre la Rvolu-
tion, les migrs dcident de tmoigner leur dvo-
tion la cause et demandent tous les Cubains de
faire un supreme effort pour envoyer des armes.
Fraga, Camero.

MAGEO DANS L'INTIMIT
Guaniguanico nous a envoy spcialement pour
notre journal les renseignements que nous publions
ci-dessous, relatifs la vie intime du gnral Maceo.
Nous avons dj dit, dans notre prcdent numro,
que la personnel qui nous fait cette communication
a assist tout .ce qui a trait !'invasion de
l'Occident.
Nous lui laissons la parole:
Maceo ne fumait .pas, il ne b.uvait, ni .liqueurs
ni bire; il n'avait.mme pas.la passion de tous .les
Cubains-pour le .caf. Tout .au plus. prenait-il un
sorbet, moins par.got que pour faire plaisir .
celui qui le lui offrait. Il mangeait trs peu;. une
fois par jour seulement sans interrompre les
operations pour djeuner, car ce n'est que le.soir,
lorsque le campement tait tabli,.qu'il faisait.pr-
parer ses aliments. Il ne.se fatiguait jamais ou, s'il
se .fatiguait, il ne le montrait pas. En effet, dans
les grades marches de Vuudta Abajo, o .nous
allmes si longtemps, aussi bien .que dans cette
pouvantable champagne que dans ;les provinces
de La Havane et de Matanzas, toutes sillonnes de
lignes ferries, en plein mois de fvrier et de mars,
ayant toujours autour de nous vingt-quatre colonnes
espagnoles au moins, et nous battant tous les jours
et souvent, deux ou trois fois par jour, jamais je ne
le vis reposer sa jambe sur l'aron de la selle, ce qui
est, on le sait, un soulagemen.tpour le cavalier rendu
de fatigue.
Maceo ne dormait jamais dans un lit ou sous
un toit. Il couchait dans un hamac, dans les vesti-
bules ou sous les arbres et, toute heure, il tait
rveill et vigilant. On ne le voyait ni trouble, ni
impatient, ni prcipit, ni colre. Il connaissait
l'art de demander, jusqu' ce qu'il arrivt savoir
ce qui l'intressait. Il s'occupait des plus petites
choses: pourquoi celui-ci courait cheval sans
motif; pourquoi celui-l tait mont, alors qu'il
devait tre pied; si les chevaux mangeaient; si
les blesss taient suffisamment.soigns, etc. C'tait
un exemplaire rare, et je crois qu'ainsi de-valent
tre Annibal, Csar et Napolon .



----


~cZPB;e~~\~.e CV~.~P~2.






17 DCEMBRE. 1896.


L'ITALIE A MACEO

Nous lisons dans La Sera, de -Milan, qu' la
Chambre des Dputs-:lecitoyen Imbriaii a.demand
la parole pour prsenter la proposition suivante :
Je demand que la Chambre prenne avec moi en
consideration come u-n devoir de rendre homage
la mmoire d'Antonio Maceo, tomb vaillamment
Cuba en luttant contre les'Espagnols pour l'ind-
pendance de son pays. (Approbation.).


250,000 'FRANCS

L'Atlante Constitution dit que le gouvernement
espagnol a offer la so''mme de 25o.ooo francs pour'
l'assassinat du. gnral M.aceo, ce. qui dmontre que-
le- docteur Zertucha n'a pas seulement obtenu
comnme: pavement d sa trahison la vie sauve et la
libert absolute.


MON; FILS S'APPELLERA MACEO i

M. le D' Betancs vient de recevoir la lettre sui-
vante que nous sommes heureux de publier:

Lyon, 14 dcembre 1896.
Monsieur,
Je ne.sais si Maceo est rellement mort. En tous
cas la joie:que:l'Espagne manifesto ce sujet est au
moins indcente:. Ces rjouissances pour la mort
d'un vaillant-adversaire sont; en fait, des manifesta-
tationis- de.-cruelle:lchet: L'Espagne-en cela s'abais--
se plus, bien'; ptu.s 'qu'aucune victoire du :hros cu-
bain n'aurait pu le faire.
J'ai l'ihnneur :d' vous informer, qu'alitre 'de-pro-
testation, devant bientt tre.pre'.un.e.fois dplus;
si l'enfant ique.'ma femme::et:mrroi atte'ndons est un
garon, nous l'appellterons Maceo. J'espre. ainsi
faire revive non seulement un 'nom consacr par la
bravoure, mais l'me du dfenseur hroque des
droits d'un people. Droits imprescriptibles que, cha-
que.peiple.a jd-.s'appartenir .soi-mrre, que..Cuba
possde, au :mtmetitre que. l'Epagne,. que l'opprim
possde touj.ours au 'mme titre que. .l'oppresseur.
St. vous le- permettez, je ,vous: enverrai pour la
noble cause que vous reprsentez,. mon obole de,
tra-vailleur.
Votre bien dvou.concitoyen. dans la libert,

Louis Guetanl.
i5, .rue Guvier, Lyon.

A.TOUS i MEROCI

Un public nombreux, appartenant toutes les
classes de la. socit, s'est rendu ces jours derniers
tant la dlgation cubaine-,Paris, que chez.l'en-
voy diplomatique, Monsieur Crdenas, et dans notre
bureau de rdaction, afin de.connaitre ce qu'il yva de
certain dans la. terrible ;nouvelle -qui. a 't- publie
sous des formes par trop contradictoires par les jour-
naux quotidiens.
De plus, un grand nombre de lettres; tlgrammes
et cares postales exprimant les sentiments de la
plus profonde condolance ont t reus dans -ces
trois places':
Dans. l'impossibilit de manifester ;chacun en
particulier la reconnaissance avec laquelle ont t
accueillies ces demonstrations de sincere adhsion
la cause cubaine et: son hros assassin, nous. les
prions d'accepter les remerciments' que nous formu-
lons dans. ces quelques lignes au'nom.de notre d-
lgu. -M le.docteur Btancis, de notre envov diplo-
matique M'.. Crdehas, et en celui de La Rpubli;
qtle Cubaine.


D'UNE LETTRE: DIE: MACEO

Le Citizen de Jacksonville public, dans son nu-
mro du 26 novembre dernier, le passage suivant
d'une lettre du.gnral Maceo.
Nous avons rsist l'ennemi dans de nom-
breuses rencontres:et nous sommes: prts, pour:tout
movement qu'il pourrait faire. Nous lui avons fait
beaucoup de mal. et nous.pourrons rsister pendant
quelque temps n'importe quelle attaque de sa part.
Assurez nos nobles amis des Etats-Unis que la cause
de: la libert ne souffrira pas Pinar.del Rio.
Salut aux amis de notre cause.






D'ACTUALIT.

Conference publique par M. V. MESTRE A.1aBIL:i,
chevalier de, la Lgion d'honneur, ancien officer de.
marine, originaire de Cuba.
La QttestiOn- Cuibaine' et ses consequences, na-
tionales et internationales sous les diffrents points de
vue politique,,. diplomatique, conomique et mili-
taire, propos de: la- terrible hcatombe o. furent
assassins l'hroque Gnral'. Maceo et son Etat-
Major.
Places. rserves.: 5 francs. Htel des Socits.Sa-
vantes-. 28, rue Serpente, Paris.' Lundi 21 d-
cembrB,d.8 hetues,'s/2 du soir.


DE GUILLAUNE: D'ORANGE
A

M'ACEO


The contest was long, and he
fell. in the struggle, but the victor
xwas to the dead hero Death of
William of Orange in Motley's.
PRi:c'i_ -:f the Dutch Republic.
C'est seblement par la trahison; et par les ruses
qui la font citer depuis- Guillaume-le Silencieux que.
celle qui a t la Mtropole- des Pays-Bas aurait pu
abattre ce titan: des' forts' amricaines, Antonio
Maceo. Les balls: espagnoles, restant impu.issantes
contre ce corps de granit; les hordes salaries'que
la martre de la Grande Antille avaient mises la
poursuite de Maceo tremblant de peur ' l'annonce
seule de son nom, l'Espagne a d recourir, comme
elle l'a fait si solventt. aa course de-son histoire, aux
procds qu'employa Philippe-IIl pour se dbrrrasser
du grand patriote flamand. Mais, de mme que le
sang du Prince d'Orange, cimentant toutes les
volonts sur les rives de l'Escaut, assura vritable-
ment le triomphe des Pays-Bas, de mme le meurtre
inavouable.du. hros perfidement sacrifi Punta
Brava est le Golgotha qui announce la prochaine
redemption du people Cubain..
Le cri d'indpendance de Grande Antille n'avait
encore t pouss que dans-la province de Santiago
de Cuba quand une.mort analogue, celle du grand
Marti, tendit la revolution d'une extrmit de l'ile
l'autre. Le sacrifice de cet illumin sublime fut l'me
du soulvement de toutes les provinces de Cuba. Et
ni les trochas, ni les places de guerre, ni les centaines
de mille de soldats soudoys ne purent empcher
l'ihvasion de l'arme libratrice. Les mmes clats
de rires d'alcooliques, les mmes bacchanales hontes
par lesquels les maitres'froces de Cuba troublent la
paix du spulcre, dans lequel dort son dernier
sommeil le redout Antonio Maceo, rsonnrent
lorsque s'ouvrit la tombe du martyr de Dos Rios :
Urbi et orbe ils annoncrent alors, comme ils le font
aujourd'hui, que cette mort mettait fin la lutte
pour' l'indpendance de Cuba, ignorants qui ne
comprenaient pas que c'tait par le baptme du
sang' que- la'rvolution se' consacrait! Jos Mrti,
personnification de l'ide sparatiste, gnial organi-
sateur.-de la revolution -actuellte, aptre qui, durant
dix-sept ans, eut la constance de runir tous les '-
mnents utiles' chapps au naufrage du 'Zanjon,
devait aux yeux de -l'Espagne, entrainer avec' lui en
disparaissant tous les rvolutionnaires cubains et
cela; peut-tre, pour toujours. Trop ahurie, trop
aveugle, elle ne vit pas que c'tait prcisment alors
que, dans l'me du people cubain, commenait
vivre la figure-glorieuse.' du grand patriote, assurant
pour toujours la lutte pour l'indpendance, de la
Grande Antille.
De-la tombe' profanede Jos Marti partit le. cri de
guerre qui rveilla toute la colonie foule aux pieds,
come de la tombe' ignore d'Antonio Maceo sor-
tent:les premires 'tincelles annonant le triomphe
de Cuba Libre et Indpendante. Il n'existe pas
aujourd'hui une seule -famille vrai:ment.cubaine qui
soit prte rdui:re sa demeure ,en cendres plutt
que de'supporter plus, longtemps le despotisme espa-
gnol. La mtropole pourra clbrer de nouvelles.
bacchanales lorsque: tombera, par les mmes ruses
criminelles, une autre personnalit cubaine, les
jours de sa domination sont 'compts. L'assassinat
du grand patriote flamand dcida l'indpendance des.
Pays-Bas, comme celui de l'insigne Antonio Maceo
reprsente le signal de l'indpendance de Cuba. On
peut dire de lui avec Molley : The:contest was
long,.and he fell in the struggle, but the victory was
to the dead hero. La guerre fut longue et il tomba
dans la lutte, mais la victoire appartint au hros
mort.





--------* ~r--------

CONFESSION


C'est aujourd'hui le cas ou jamais de s'crier :
quelque chose, malheur est bon Nul n'ignore que
les morts ressuscitent souvent en terre Cubaine,
mais si le gnral Maceo est vraiment mort, par ma
foi, c'est bien tant pis'pour l'Espagne !
Et je dis: tant pis Car en Se faisant le hros mal-
habile de l'assassinat d'un- bless vanoui, Weyler,
le lche capital des hordes' espagnoles, par la pr-
sentation cynique du reum confitentein, a bien port
la cause qu'il veut dfendre le coup le plus terrible
qu'elle ait pu recevoir aprs ses dfaites multiplies.
L'homme unique en France et peut-tre au monde
don't la voix rsonne toujours pour-le Bien comme
un clairon' d'avant-garde a frapp;' dans L'In:transi-
geant de samedi, de sa Duranda' jamais lasse,'un
arti'ele se terminant par ces mots: Maceo-est-mort,
soit Vive Maceo I Rochefort rpand- t, comme
Id'ha'bitude; tout son ccur au bout de' sa-plumie,
mais sa-perspicacit le trompe; s'il croit que-les Es-
pagnols, aprs'la-mort de'Maeo, ne s'en- porteront'
ni mieu., ni plus-mal.


La nouvelle du forfait infme a dj port ses
fruits: aux Etats-Unis, dans certaines contres, c'est
une vritable explosion contre l'arme de sbires et
surtout contre le gouvernement de l'Espagne et l'on
ne voit qu'une injure, gratuitement inflige toutes'
les nations civilises, dans la'publication du fait r-
voltant et'monstrueux qu'un gnral ennemi bless,
trouv par hasard par un fuyard attard sur le-
champ de bataille dpouiller les cadavres, a t
achev par lui coups de coutelas ou de revolver !
En France mme, o les choses lointaines ne se
rpercutent qu'avec tant de peine, le retirement du
ct de la Vrit et du Droit est en train de se faire.
complete et dfinitif. Nous lisons dans La Libre Pa--
role du i r :
Ce guide qui achve un bless, ce lieutenant qui
traine des cadavres la queue -de ses chevaux, je me
refuse les admirer. Ces faons de pourvoyeur de
charnier'et de bourreau d sultann. ne m'inspirent
que de-l'horreur.
. Le massacre des' blesss; l'ihsulte aux morts, ont
toujours pass pour une-lchet.............. C'est'pour
cela que, dans ce journal, o nous-avonS toujours
soutenula cause'de:''Espagne, nous faisons appel'
la clmence,' seule rparatrice- de la' guerre etde la
victoire.
Nous n'avons 'pas de remerciements dresser
notre collgue pour' cette saine appreciation d'un'
fait; le jour est ven'u o la vrit luit et s'impose;
nous-n'avons pas' exprimer une plus grandeestiim,
acquise entirement tous les francs lutteurs d'
toutes les ides, aussi distinctes des ntres qu'elles,
puissent tre; nous nous bornons enregistrer-avec
bonheur ce nouveau sentiment ds choses, senti-
ment qui ne variera plusu, car'les'vnements pro-,
chainsne peuvent que l'affermir.
-Franais rendez hommage ..'c ir-.: it.:.irb.; Jd
luttes hroques Inclinez-vous devant elquelque chose'
de grand qui n'est plus! Antonio Maceo! Dernier
survivant d'une famille-de braves; ton .norrm jamais
imprissable'va s'ajouter, sure livre d'or de la R-
demption tous ceux de tes frres d'armres'tombs-
pour la bonne cause Et toi, Francisco Gmez, ta
mort belle entire' toutes, ta fin volontaire 'et sublime
unit jamais ton nom au nom glorieux de ton
gnral !
Antonio Maceo'- Frantisco G6mez
Prparez vous, historians, potes, peintres et
sculpteurs, artistes des grades et des bell'es'choses !
Accomplissez vote mission sur la terre, et devant 'le
corps du gnral' Mace, la tte de son fiddle aide de
camp reposant sur sa poitrine, faites passer 'en nous
le frisson des viriles rsolutions'qui nous retrempent
et des'nobles enthousiasmes qui nous transportent!





-T. ^p



REVOLUTION G1f ClME.
SERVICE S'CIAL
DE





Du 7. Du rapport de M Olriey, qui a servi
M. Clevel'and pour la rdaction de la parties de son
message relative aux affairs extrieutres, il rsulte
que les rclamations formes par des citoyens des
Etats-Unis rsidant Cuba s'lvent dj dix-neuf
millions de pesos. Le'rpport dit en outre que M.
Olney a exig que les droits des citoyens'amricains
dtenus Cuba soient respects et, en ce qui con-
cerne l'quipage du'Competitor, il dclare avoir pro-
test nergiquement contre le dcret qui a enlev
aux trangers non inscrits le droit de' recourir aux
tribunaux.
-Le gnral Weyler est camp Arroyo Grande,
prs de San Cristobal.
Divers habitants de San Diego de los Bafios (i)
ont t envoys La Havane. Ils'sont accuss faux
d'avoir pris la resolution d'incendier la localit lors-
qu'elle serait attaque par les Cubains.
600 chevaux venant de la- Nouvelle Orlans et
destins la troupe, viennent d'arriver La Havane.
Le gnral Gonzalez Mufiz, bien que malade
encore, a t charge de fortifier d'urgence Guana-
bacoa.
Les forces arrives dernirement' a La'Havane
ont t distributes dans la province'du mme'nom.
--Ohn tlgraphie de'Key-West (Floride)'qu'un va-
peur arriv cet aprs-midi de La Havane announce
que, vendredi dernier, cinq cents Espagnols blesss
ont t ramens La Havane; Le personnel du va-'
peur- h'a pu dire quelle-bataille avait-t livre, mais
on croit que le gnral Weyler a 'd -subir-une' d-
faite.
Maceo a quitt le corhmaridemehtenlu'il'exergit
dans les montagnes et vient de prehdre ladirection
deLa Havane pour se runir avec' M;~ximb G6me z.
Les Cubains tinoignent d'unie grarid activi-
t dans le'Sud de la province' de'La' Havarie.

(r) San Diego de tos 'BaTIos': .-'Terme murticipal
deaia'Proviice de'Piriar' del Rio.'Plus' de 500ooohabi-
'tants'. -- N. de ta R:'


Les troupes du gnral Figueroa ont attaqu les
Cubains sous les ordres de Castillo. Elles ont t
repousses et ont eu i o officers et 20 soldats tus et
i officer et 22 soldats blesss.
Dans la province de Mantanzas, prs de.Saba-
nilla, u'ne colonne forte de 5o0 hommes a t mise
en droute par les Cubains. Ses pertes s'lvent 70
hommes, tus ou' blesss.
Prs de Limonar, les troupes espagnoles ont t
galement repousses' aprs un vif combat et des
pertes srieuses.
Du 8. Le gnral Maceo a franchi la Trocha et
le gnral Weyler est bless.
Un tlgramme de La Havane. Madrid dit
qu'un sanglant combat a eu lieu entire Punta Brava (r)
et Marianao (2) entire la colonne du commandant
Cirujeda et des places sous le commandement du
gnral Macco. On dit que ce dernier a t tu pen-
dant le combat.
-Un tlgramme envoy El Imparcialde Madrid
par son correspondent de La Havane affirme que
personnel ne s'est assur personnellement de la mort
du gnral Maceo et de celle du fils du gnral
Gmez.
Du,.. Un tlgramme espagnol announce qu'un
combat a eu lieu entire San Jos de las Lajas (3) et
Nazareno (4). Les Espagnols ont eu le colonel Aguayo
et un soldat tus et 23 blesss.
Le correspondent de La Havane, de El :Impar-
cial de Madridy announce, dans un long tlgramme,
qu'un sanglant combat -eu lieu entire' Punta Brava
et Marianao,. entire une force cubaine de 2,ooo
hommes et la colonne espagnole du commandant
Cirujeda, Ce dernier, manquant de munitions, dut
battre en retraite et se retire-r Punta Brava en ame-
nant un grand nombre de blesss, ce qui prouve le
dsastre subi par. ce chef. Le tlgramme* ajoute
qu'un soldat dpouilla de leurs -vtements les cada-
vres d'u.n multre et d'un blanc; .que les dits: vtc-
ments taient marqus respectivement aux initials
A. M. et F. G. et que, de plus, on recueilit d'autres
objets et des documents qui furent reconnus conmme
ap.partenant au gnral Maceo et- au. fils.du: gnral
G6mez lesquels, pendant la.nuit du. 4,, avaient frat:-
chi la Trocha entire Mariel (5) et Cunaj}ay (6). Enfin,
lorsqu'on revint pour .reconnaitre -le champ de ba-
taille, les cadavres avaient disparu.
Du i o. Les Cbainhs ont tir des'cou'ps-d feu
Arroyo Na:anjo (7) et au Calabazar {8).' Pl'iseuirs
soldats "ont t bltesss;'
Une- manifestation a eu lien dans le Parc
Central' de La Havane en l'honneur du-cormmanidant
Cirujed, Elle tait organise par le Diario de la
Marina:
Des informations' de' source espagnole fodt
connaitre que Maceo adressa la parole -au soldat' qui
lui volait le brilliant qu'il portait au-doigt, et que le
dit soldat l'acheva, d'uni coup de revolver. Les mmes
informations ajoutent que les cadavres de Maceo et
du fils du'gnral-Gmez furent attachs la queue
de deux chevaux; mais' qu'on dut les abandonner,
les chevaux'ayant 'refus de marcher.
Le Herald de New-York a frt- un vapeur'ra-
pide destiny transporter les nouvelles de ses cor-
respondants de:'Cuba i'elatives au gnral Maceo. Ce
vapeur sera offert au dit gn,ral au cas o il en .au-
rait besoin.
On announce de Washington que M. MAills a
prsent au Snat une resolution invitant le Prsi-
dent des Etats-Unis prendre militairement posses-
sion de Cuba et .occuper l'i4e jusqu'au jour o les
Cubains auront constitu un gouvernement et se se-
ront organisms et arms suffisammerit pour se d-
fendre contre une invasion quelconque. D'autre part,
le gnral-snateur Palmer a prsent une exposition
trs dtaille dans laquelle il maintient 'l'impossibi-
lit de mettre fin la: lutte entire Cuba et l'Espagn'
autrement que par l'indpendance de l'ile.
Quatre individus inconnus New-York'se sont
prsents aujourd'hui au dlgu du Gouverneitient
Cubain, M. Estrada Palme, et ont eu avec lui une
longue conference prive, sur laquelle on a fait de
nombreuses conjectures. L'opinion la plus ghna-
lement admise est que ces individus sont des dl-
gus du gouvernement espagnol, investis des pou-'
voirs ncessaires. pour offrir l'autonomie aux
Cubains.
Deux nouvelles resolutions ont t prsentes
aujourd'hui au Congrs des Etats-Unis. La pre-


(r) Punta Brara. Dpendance du terme muni-
cipal de Bauita; province de La-Havane, 4 kilbmtres
de Hoyo-Colorado. N. de' la' R.
(2). Marianao. Terme municipal de'la province
de La Havane. Plus de 7,o00 habitants.- N.delaR.
(3) San Jos de las Lajas. Terme municipal de
la province de La Havane. 8.000 habitants. -
N. de la R.
(4) Na;areno. Terme municipal de Managua,
28'kilometres de la'ville de La Havane. -N. de la R.
(5) Mariei: Terme municipal de la province de
Pinat dl'Rio, 40 kilomtrs l'ouest de La H-la-
vaneii N. de la R.
(6)"'Gianajay. Terme municipal de la province
dePinar del -Rio, d'une superficie de r r5.kilomtres,
Plus; d g,0oo0 habitants.-- N: de-la R.
(7) Arro.'o Nranjo. App.rtierit au Terme mu-1
nici~padeLa-Havane. N. derla R.
(8) "alaba'2ar. Appa.rterit au Terme municipal
'de Santiago de la Vega. N. de la R.


~ ~


l~i~p~e~ F~raO-~ne






17 DCEMBRE 1896


mire, manant du snateur Camron, est relative
la reconnaissance de l'indpendance de Cuba; la
second, du snateur Call, de caractre obligatoire,
est en.faveur de la reconnaissance de Cuba comme
Rpublique, et de ses droits comme gouvernement
libre et indpendant dans les ports des Etats-Unis.
La Commission des Affaires trangres du S-
nat amricain a tudi aujourd'hui la question
Cubaine et, particulirement, le Message de M. Cle-
veland et le rapport de M. Olney, et a accord un
vote de sympathie aux rvolutionnaires Cubains.
La mort de Maceo, annonce jusqu' aujour-
d'hui par le gouvernement espagnol seul, a provo-
qu une joie trs vive parmi les Espagnols 'de Cuba.
A La Havane, on prpare une manifestation Wey-
ler, qui est arriv lundi Arroyo Grande (?)
On signal des escarmouches sur divers points
de l'ile.
On announce de Madrid que 'la joie est immen-
se dans l'Espagne entire propos de la prtendue
mort du gnral Maceo. On s'arrache les suppl-
ments des journaux. Les tudiants de Madrid ont
essay de faire une manifestation devant la Lgation
des Etats-Unis. La police les en a empchs. Les tu-
diants, toutefois, ont parcouru les rues, troublant la
paix publique d'une faon scandaleuse et sauvage.
Au coin d'un grand nombre de rues et sur les de-
vantures des magasins on a placard des portraits
de Maceo qui sont insults chaque instant par les
passants.
Le conseil des ministres a t suspend sous
prtexte que M. Cnovas est malade; mais la vrita-
ble cause est que le chef du gouvernement espagnol
ne veut pas encore faire connatre son opinion en ce
qui concern les derniers vnements de Cuba, d'au-
tant plus mystrieux qu'ils sont incroyables.
Du ri. Compltant ses informations sur la
prtendue morE de Maceo, le correspondent La
Havane de El Imparcial de Madrid announce que
cette mort est due au hasard, malgr tout ce que
racontent leur profit ceux qui prtendent tre les
hros de l'vnement. En effet, lorsque l bruit se
rpandit que Maceo tait un des deux morts qu'on
avait trouvs, la colonne Cirujeda se dirigea vers
l'endroit o on disait que les deux cddavres se trou-
vaient; mais elle fut mise en complete droute avec
plus de pertes qu'elle n'en avait subies pendant le
combat antrieur. Le mme correspondent ajoute
que Maceo avait franchi la Trocha ralisant un plan
excellent qu'il avait combin. Il s'agissait d'attaquer
La Havane pendant que Weyler essayait de le refou-
ler dans la province de Pinar del Rio. Une parties de
ce plan tait la prise de la ville de Guanabacoa (i)
o les colonnes passrent une journe entire sans
tre inquites. Touchant le Docteur Mximo Zertu-
cha, le correspondent dit que ce dernier tait le m-
decin du gnral Maceo, qu'il se prsenta au colonel
Tort et dclara que Maceo avait t tu le 7 par deux
balles qu'il avait reues. L'une tait entre dans
l'abdomen, et l'autre aprs avoir travers la mchoi-
re tait sortie par la nuque. Le correspondent dit
enfin que sur le corps di fils du gnral G6mez on
avait .rouv une lettre adresse sa famille, lettre
dans laquelle il dclarait qu'il se suicidait pour ne
pas abandonner le corps du gnral Maceo.
La censure de La Havane a interdit la publica-
tion du message de M. Cleveland et d'un grand nom-
bre de nouvelles venant de Madrid.
Le gnral Weyler se trouve Guanajay.
Un engagement important a eu lieu Santa
Rita (2). Les Espagnols avouent qu'ils ont eu six of-
ficiers et quarante-cinq soldats blesss.
Le snateur Cullom a prsent aujourd'hui au
Snat de Washington une resolution joint en fa-
veur de l'extinction du titre de domination et de
gouvernement. espagnols l'entre du golfe du
Mexique, extinction rclame par l'intrt bien en-
tendu des les et de la population des Etats-Unis.
A l'appui de sa resolution, M. Cullom a dclar que
la situation des Etats-Unis les obligeait prendre
des measures pour reconnatre dment les droits res-
pectifs de l'Espagne et de Cuba dans les circonstan-
ces actuelles. L'Espagne est alle en dcroissant gra-
duellement au point de ne se maintenir en parties
qu'avec l'or drob Cuba, Porto-Rico et aux Phi-
lippines. C'est une nation voleuse et, en faisant cette
constatation, M. Cullom parle de la nation mais non
du people, car beaucoup de personnel honorable
obissent la royaut espagnole. Les Etats-Unis doi-
vent annoncer, en vertu de la resolution propose,
que la situation actuelle ne peut durer et qu'il doit
tre mis fin une guerre d'extermination. Cuba tait
perdue pour l'Espagne. Gographiquement, Cuba
appartient au continent des Rpubliques amricaines
et son droit est d'tre en Rpublique. M. Cullom
croit que le devoir des Etats-Unis est de dcrter
l'abolition des droits de l'Espagne dans les eaux an-
tillanes.
Nous n'avons pas, nous, continue le snateur,
provoquer une guerre afin de conqurir des territoi-
.res. Nous ne demandons pas Cuba le prix de son
salut. 11 faut arriver un arrangement et, pour que
cet arrangement soit bon, nous pourrions demander

(i) Guanabacoa. Ville de la province de La Ha-
vane. Plus de 20,ooo habitants. Situe 8 kilo-
itres l'Est de La Havane. N. de la R.
(2) Santa Rita. Village du .terme municipal de
Jiguani, province de Santiago de Cuba. N. de
la R.


la cooperation de toutes les Rpubliques amricai-
nes. Le grand point est de faire cesser l'oeuvre de la
devastation. Les Etats-Unis doivent provoquer l'oc-
casion si elle ne prsente pas. Si tous les moyens
chouaient, nous pqurrions considrer la convenance
d'une vente sur des bases quitables, non parce que
nous dsirons le territoire, mais parce que nous
sommes anxieux de voir la paix rtablie par de justes
accords. Les Etats-Unis ne peuvent moins faire que
de raliser cette entreprise d'humanit et de libert.
Du i Le Daily News de Londres dit qu'un
correspondent de l'Agence Reuter a eu hier une
entrevue avec le capitaine Juan Fernandez qui a
servi dans l'arme cubaine. Cette entrevue avait trait
la mort du gnral Maceo. Le capitaine Fernandez
a appartenu l'tat-major du gnral Maceo et a
quitt le service aprs avoir perdu l'ou'e au moment
o les forces cubaines plaaient une mine de dyna-
mite destine faire sauter un train qui transportait
des troupes dans les envisions de Bahia Honda. La
mine clata avant l'heure, tuant un grand nombre
de Cubains. Le capitaine Fernandez fait montre
d'une grande admiration pour Maceo qu'il a connu
intimement. Il ne croit pas la. mort de ce chef.
Comment se fait-il, s'est-il cri, que les Espagnols
n'aient pas expos son cadavre alors que les autorits
espagnoles avaient offert pour Maceo mort ou vif
20,000 pesetas ? Il est dans l'intrt du commandant
Cirujeda et du gouvernement espagnol de lancer la
nouvelle de la mort du fameux chef cubain. Mais
si l'on tient compete que, pendant la champagne
actuelle, Maceo a t tu dix fois, ses partisans
n'ajouteront foi l'affirmation espagnole que lors-
qu'elle sera confirme par le gouvernement cubain.
Le capitaine Fernandez reprsente Maceo comme un
homme fort et actif, de 48 ans environ, aux cheveux
gris, peu proccup de son vtement, portant l'uni-
forme d'officier cubain mais frquemment vtu en
civil et adoptant divers dguisements et en parti-
culier celui de grajero (braconnier).
Du 12.- On made de Londres que les fonds
espagnols ont baiss. Au Stock Echange on met en
doute la mort de Maceo.:
On announce de Rome que le dput Imbriani
a propos un vote de deuil pour la mort de Maceo,
vote que la Chambre a approuv l'unanimit.
On made de Washington que l'attorney
gnral Harmon a considr comme non acceptable
les rclamations espagnoles, les Etats-Unis ayant
parfaitement le droit de vendre des armes qui-
conque et de les embarquer librement.
Le correspondent de El Imparcial La Havane
tlgraphie ce journal que Zertucha affirme que
Maceo a travers la baie de Mariel pendant une nuit
d'orage dans un bateau don't les rames avaient t
enveloppes de lines. Il n'tait accompagn que de
quelques officers. Avant le combat de San Pedro il
avait divis ses forces en deux ailes et s'tait plac
au centre avec ses officers. La colonne Cirujeda fit
plusieurs dcharges. Maceo tomba et en mme
temps que lui furent blesss les adjudants Mendieta,
Mir6 et Bermdez.'Les Espagnols reculrent et un
group command par Bermdez recueillit le cada-
vre de Maceo et alla l'ensevelir prs de San Antonio
de los Bafios (i) en un endroit que Zertucha dit ne
pas connatre.
La place d'Armes de La Havane est pleine
d'Espagnols au milieu desquels on remarque de
nombreuses personnalits militaires. On attend
Weyler pour lui faire une reception triomphale.
Le Docteur Mximo Zertucha s'embarquera
trs prochainement pour l'Espagne.
Du r3. L'agent de la junte rvolutionnaire
cubaine New-York" a reu une lettre de Cuba lui
confirmant la mort de Maceo et donnant sur cet
vnement les renseignements suivants : Maceo
avait auprs de lui comme mdecin un certain doc-
teur Zertucha que l'Espagne a couvert d'or pour tre
l'intermdiaire de ses intentions auprs du chef.
Maceo reut une lettre du gnral Ahumada, qui
command en second l'arme espagnole, le priant
d'entrer en pourparlers avec lui pour s'entendre sur
un trait de paix. Quoique Maceo avait jusque-l
toujours refus d'avoir des relations avec les Espa-
gnols, sur les instances pressantes du docteur Zer-
tucha, il accept. La conference devait avoir lieu
quelque distance seulement de la Trocha. Or, arrive
au rendez-vous, Maceo eut la surprise d'y rencontrer
les troupes du gnral Ahumada et le major Ciru-
jeda. Il comprit de suite qu'un guet-apens lui avait
t dress.
Il cria Vive Cuba Libre et aussitt une mul-
titude d'Espagnols fondirent sur lui et les quelques
officers qui l'accompagnaient. Tous furent massa-
crs. Parmi eux se trouvait Francisco G6mez, fils du
gnral en chef.
Le correspondent du New-York Sun La
Havane, dit que Maceo est tomb dans une embus-
cade de 500 Espagnols qui lui avait t dresse par
le docteur Zertucha qui a reu 25.000 dollars pour
prix de sa trahison.
De Jacksonville on informed que la nouvelle de la
mort de Maceo s'est traduite en Amrique par une
violent agitation en faveur de l'indpendance cubaine.
A Mayajigua, en Las Villas, un coup de fusil
parti des rangs espagnols a fait clater une bombe
de dynamite qui a tu deux artilleurs amricains.

(i) San Antonio de los Banos. Terme muni-
cipal de la province de La Havan". N. de la R.


Du 14. De Madrid, une dpche informed que
le gouvernement espagnol va adresser une note
diplomatique aux puissances europennes pour pro-
tester contre l'ingrence des Etats-Unis dans les
affaires de Cuba. Le gouvernement de Madrid y
affirmera que les rformes ncessaires dans l'le ne
peuvent tre tentes qu'aprs l'crasement dfinitif
de l'insurrection.
D'un long tlgramme de Cuba sur la situation
actuelle dans l'ile, nous extrayons ce passage disant
que Maceo avait un tel ascendant sur ses troupes et
considrait tel point le courage, qu'il punissait
tout soldat ayant un movement, mme de simple
indecision devant l'ennemi.
Le gouvernement espagnol vient d'interdire la
transmission des dpches concernant la mort de
Maceo.




LA PRESS FRANAISE
ET LE GNRAL MACEO


L'Intransigeant :

Vive Maceo Le gouvernement espagnol, le
plus menteur de tous, fait annoncer officiellement la
mort de l'hroque Maceo. Il donne mme, proba-
blement dans le but de fire monter ses pagars
la Bourse, des dtails circonstancis sur la faon
don't le grand librateur a t tu.
Il est possible que, par hasard et tout fait excep-
tionnellement, les tlgrammes de Madrid contien-
nent la vrit l'intrpidit de Maceo l'exposant jour-
nellement et plus que tout autre aux balles enne-
mies.
Cependant les dpches du franc-fileur Weyler
sont empreintes d'une telle incohrence au sujet de
cet vnement, que l'opinion publique, jusqu' pr-
sent ballotte entire trois ou quatre versions abso-
lument diffrentes, se demand s'il y en a une qui
soit la vraie.
D'abord, d'une part, Weyler prtend tre en pos-
session du corps du hros et de celui du fils de
Mximo G6mez; tandis que, d'autre part, les in-
surgs auraient repris le cadavre de leur chef.
Si on l'a apport Weyler, qui ne serait certaine-
ment pas all le chercher lui-mme, comment n'a-
t-il pas dj expos aux yeux et la joie de tous les
Espagnols de La Havane les restes de ce redoutable
et invincible ennemi ? On avait fait antrieurement
la promenade.des cadavres des cabecillas de quelque
importance tus dans les rencontres. Comme la tte
de Danton, celle de Maceo vaut cependant la peine
qu'on la montre au people.
Si, au contraire, ce sont rellement les rvolts
cubains qui ont emport du champ de bataille leur
chef perc de deux balles, sur quelles donnes s'ap-
puient les Espagnols pour affirmer avec cet aplomb
que Maceo tait parmi les. morts ? Pour corroborer
cette assertion, ils ont, il est vrai, le propre mdecin
de Maceo, qui, selon un cblogramme de La Havane,
se serait constitu prisonnier entire les mains de
Weyler.
Voil o l'imposture canoviste se manifeste cat-
goriqumnent. Quel est ce mdecin, qui se nomme-
rait Maximo Certucha et qui aurait fait toute la
champagne avec Maceo , don't il confirm la mort?
A quel propos s'est-il ainsi volontairement constitu
prisonnier entire les mains d'adversaires qui fusillent
tous ceux qui se trouvent volontairement ou non au
bout de leurs baonnettes ?
Si l'histoire n'est pas invente plaisir, ce Certu-
cha serait tout autre chose qu'un mdecin et, selon
toutes probabilits, Maceo aurait succomb non
un coup de fusil, mais l'absorption de quelque
poison que lui aurait vers un traitre envoy auprs
de lui pour en dbarrasser Weyler, lequel, en sa
quality de bourreau, ne doit en quoi que ce soit r-
pugner un assassinate du genre de ceux que pra-
tiquaient la Voisin et la Brinvilliers.
Ainsi s'expliquerait cette obstination dissimuler
aux Espagnols de La Havane la dpouille mortelle
du plus grand des gnraux de l'insurrection.
Cette supposition est d'autant plus acceptable que
le mdecin qui a fait toute la champagne avec
Maceo et a, par consquent, port personnellement
les'armes contre l'Espagne, laquelle il a tu le plus
possible de soldats, a t, dit la dpche, laiss en
libert.
Etant donnes les mceurs et les habitudes de
Weyler, il faudrait que ce Miximo Certucha lui et
rendu un service diantrement signal pour bn-
ficier d'une telle indulgence. On conviendra que
rien n'est plus singulier et plus louche que ces rcits
presque incroyables, et qu'on nous cache certaine-
inent au moins une grosse parties de la vrit, tant
on aurait honte la faire connaitre tout entire.
Au reste, que l'illustre \laceo soit mort ou vivant,
j'ai ide que les -Espagnols ne s'en porteront ni
mieux ni plus mal. L'indpendance de Cuba est
maintenant acquise, et la disparition d'un chef, si
grand qu'il soit, n'enrayera ni ne fera reculer cet
admirable mouven-ent national.
Les Cubains ont, d'ailleurs, pour le faire dfini-
vement aboutir, des Mximo G6mez et des Calixto
Garcia qui sauront parer tout. Comme sous la
Revolution franaise de 1792, les commandants qui


tomberont sous les balles ou sous les coups des as-
sassins seront promptement remplacs, le sang des
hros possdant la proprit d'en enfanter d'autres.
Maceo est mort, soit Vive Maceo !
Henri Rochefort.

Le Petit Troyen, Troyes:
La mort de Maceo. Les tlgrammes de
source espagnole annonant la mort d'Antonio
Maceo sont comme le dessin au trait de l'tat d'esprit
des Espagnols, de leur barbarie Cuba et de leur
affolement.
Rien de plus inou d'abord que la joie manifeste
par les royalistes de la pninsule la nouvelle non
encore confirme de la mort du chef cubain. Comme
si les troupes de Weyler si souvent battues avaient
remport une-victoire clatante, ils vont dans les
rues, poussant des hurlements d'enthousiasme, sans
se douter que leur dlire est indcent et, de plus,
rvle une formidable frayeur. Si, en effet, la dispa-
rition de Maceo les transport au point de les faire
crier, c'est qu'ils considraient ce multre hroque
comme un adversaire qu'ils taient impuissants
vaincre. Ils ont Cuba 200,oo0 hommes arms de
fusils longue porte, de canons et de mitrailleuses,
et Maceo seul les tenait en respect. Cette cons-
tatation n'est pas prcisment faite pour rehausser le
prestige castillan.
Mais il y a mieux. Si Maceo est rellement mort,
il n'a pas t tu loyalement pendant la bataille. Il a
t assassin ainsi que cela rsulte de la dpche
officielle suivante:
Le commandant Cirujeda raconte que, aprs le
combat, le guide de la colonne espagnole trouva les
deux hommes tendus terre. Par leurs vtements
et par d'autres signes distinctifs, ils paraissaient tre
deux chefs important des insurgs. L'un de ces
hommes tait mort, et l'autre, qui respirait encore,
avait reu deux balles. Le guide enleva un anneau
du doigt du bless. Le multre serra alors la main
du guide et lui dit: Es-tu Espagnol ?
Le guide se dgagea et tira sur le bless un coup
de revolver qui l'acheva.
Et l-dessus les royalistes espagnols illuminent. Il
n'y a vraiment pas de quoi. Le rcit qu'on vient de
lire prouve, en effet, deux choses; la premiere est
que les Espagnols dpouillent les blesss, leur violent
leurs bijoux, et la second est qu'aprs les avoir
dpouills ils les achvent. C'est du banditisme pur.
Continuons plucher les tlgramtes espagnols.
Il y. est dit :
Le lieutenant Acha'vit les deux' cadavres et
voulut les emporter. Il les attacha la queue des
deux chevaux; mais il dut plus tard les abandonner
car les chevaux, fatigus par seize heures de march,
ne pouvaient plus trainer les corps.
Ce dtail doit tre exact. Dans les corridas quand
ils se sont mis vingt pour tuer un taureau aprs
l'avoir affol par des jeux de cape grotesques, par des
banderillas et des ptards, les toreros attachent leur
victim ,la queue d'une troupe de'tmules et la font
trainer hors de l'arne. Alors la fouite enivre par
l'odeur du sang manifeste sa joie, ts dames agitent
leur ventail, les hommes fon- \oler leurs cigars et
Slurs chapeaux et les capas et les espadas saluent en
rond. Ce lieutenant Acha qui atiuche les mcr.s la
queue des chevax est bien de o:.n pda s.
Des manifestations, ajouteni lIes depche., ont
eu lieu dans toutes les villes d'Espagne. Partout.les
manifestants ont cri: Vi',c irujed! Vive
l'Arme! -
Il n'y a qu'un malheur cela et''e malheur est
assez grand pour tre signal: le dit Cirujeda et la
dite arme, loin d'tre victorieux, ainsi que semblent
le croire les Alphonsistes, ont t malgr la mort de
Maceo, battus 'une fois de plus. En effet, les
dpches communiques aux journaux franais e-t
espagnols par le gouvernement de la reine Christine
nous apprenent en manire de conclusion que:
Les insurgs reprirent le cadavre d leur chef.
Le major Cirujeda qui conduisait la troupe espagnole
fut oblig de battre en retraite.
Voil, certes, une histoire bien singulire et qui se
termine d'trange sorte. Jusqu'ici quand on bat en
retraite,- c'est qu'on est vaincu. Les Espagnols eux
fuient quand ils sont victorieux. C'est l un procd
nouveau, indit. Si les Italiens l'avaient employ en
Abyssinie, il y a beau temps que Menelick ne serait
plis sur son trne. Mais, peut-tre, ne faut-il lire
des longues depches espagnoles que le posts
scriptumn. Ne serait-ce pas pour effacer l'impression
de cette mise en droute du major Cirujeda et de ses
soldats qu'on nous parole si longuement de la mort
d'Antonio Maceo, souvent annonce et toujours
dmentie ? Notez que chaque fois qu'ils ont subi
Cuba une dfaite et cela leur arrive souvent, -
les Espagnols nous ont fait savoir que Maceo avait
t tu et qu'ils avaient'vu son cadavre. Ils l'avaient
si bien vu que le lendemain le chef. cubain leur
envoyait de ses nouvelles accompagnes de quelques
paquets de mitraille. Mais en Europe l'effet tait
produit. La nouvelle de la mort de Maceo faisait
oublier celle de la droute des troupes alphonsistes.
A 'l'heure o nous crivons, nous ignorons s'il
n'en sera pas de mme cette fois encore. Mais si
d'aventure Antonio Maceo a et rellement tu,
les royalistes espagnols ont peut-tre tort de se
rejouir trop bruyamment. Maceo n'tait pas le seul
rpublicain capable de mener au feu les insurgs de
la grande Antille et de tenir en chec les 2oo,oco
hommes du gnral Weyler. Sans parler de Mximo
Gmez, qui command en chef les troupes cubaines,
combien d'autres patriots sont capable de prend:e
en main lasuccession du chef disparu ? C'est quard
un people lutte pour son indpendance qu'il enfante
des hros. Nous serions donc bien surprise s'il ne se
trouvait pas, parmi les compagnons de Maceo, un
home dou de toutes les qualits ncessaires pour
prouver aux Espagnols qu'ils ont chant trop tt
victoire.





L'Ec/ho de Paris:
La fortune, dit un proverbe, apporte le mal avec
le bien et le bien avec le mal ; et souvent nous avons
vu les plus mauvaises nouvelles succder, du jour
au lendemain, aux meilleures et les meilleures aux
pires. Aujourd'hui, les Espagnols considrent l'in-
surrection cubaine comme tue elle-mme avec
Maceo.
Ils pourraient se tromper. L'insurrection cubaine
a des origins et des causes qui ne dependent pas de
la vie ou de la mort d'un chef, si brilliant et prou
qu'on le veuille; et, aprs le premier coup de cons-
ternation et de douleur qui ne peut manquer de
frapper les soldats de Maceo, on verra peut-tre l'in-
surrection prendre bientt de nouvelles forces ct
trouver de nouveaux chefs. H. D.

L'Administrateur-Gdrant : FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiors, 126-


l~iR~s~e C~P~e




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