Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: November 26, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00047
Source Institution: University of Florida
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'j J


Patrie et Libert


SUPPLEMENT AU NUMERO DU 26 NOVEMBRE 1896


HISTORIQUE


FINANCIER DE


L'ESPAGNE


ET MOTIF DE L'EMPRUNT ESPAGNOL


DON QUICHOTTE A LA BOURSE


Pr-ienle par Tartarin.

Un nuuvel 4miprunt espaguol. "''

850,000,000 DE FRANC'S, S. V. P.;


Une.grande sensation a t. proiduite darn t ous les
cercles financiers du monde, par la nui elle que la
nation euri;.pen'ne la plus pauvre, donni l."situation
actuelle est des plus critiques et don't l'avenir -appa-
rat pire encore que le, present, a cs.i :,.n'-er iUn
emprunt que le pays le plus riche et le plus rempli
.d'esprances ait pu raliser jusqu' ce'jour. Nous
'faisons exception pour l'emprunt franais de 1871,
-car cette occasion, la France, grce au patriotism
de ses enfants, put se passer de demanded iun sou
une nation queldcnque. C'es.t 'Espagne, charge de
dettes, avec ses deux seules colonies (faut-il parler
des les Carolines dsertes ?) enrrvolution complete
et avec une 'histoire financire qui a laiss, ainsi
qu'on' le'verra .plus loin, d'amers souvenirs dans
J'esprit de 'ss cranciers, c'est l'Espagne qui veut
-essayer de raliser un emprunt, cormmne nul pays
tranger n'en.a projet un en France et aillurs. "
La nouvelle a eu pour premier' ffet de aijir au
moins sourire les pays essentiellement financiers,
comme l'Angleterre, o l'on sait parfaitement quand
l'Espagne nia sa dette, combien de fois elle en a
suspend le pavement, combien d'arrangements sp-
ciaux elle a fait sous forme de conversion avec
ses cranciers, lesquels ont d se contenter de ce
qui leur tait offert. Ah certes, ce n'st pas sur le
march anglais que cet emprunt peut tre tent!
On y sait parfaitement qu'en 1851, la Direction
de la Bourse de Londres interdit l'inscription
sur sa cote de no~ivelles valeurs espagnols,
quelles qu'elles fussent. On verra plus loin ce
que pense la Grande Bretagne des transactions fi-
nancires avec l'Espagne. En ce qui concern l'Alle-
magne, son extremee prudence dans les opratiQns
avec des paysau credit problmatique la font s'aven-
turer'beaucoup moins encore que le, people an-
glais.
C'est la France et la Belgique qui se sont toujours
risqus placer leur argent de l'autre ct des Pyr-
nes. Peut-tre faut-il chercher la cause de ce. fait
dans la gnrosit:du premier de ces deux pays,
gnrosit.qui lui fait oublier souvent que, dans les
questions d'intrt, la froide rflexion doit l'empor-
ter sur le sentiment..
Le people franais, qui a vu en ces dernires
annes les millions de- tant de ses petits capitalistes
compltement perdus dans des entreprises folles ou
mal diriges, doit rflchir chaque fois qu'une nou-
velle valeur se prsente sur la place. Il ne suffit pas
que le premier Tartarin, reenpant de Tarascon avec.
la peau du lion aveugle et l'chamieau de-ses place-
ments peu productifs dans quelques entreprises de
chemins de fer, essaie de regagner le temps perdu
en Afrique, ou dans les Alpes, et se prsente nous
en morning-coat et Derby-hat, en pleine Bourse
pour y vendre des valeurs de Port-Tarascon ou les
reliques de la pauvre Tarasque transpyrnenne.
Dire qu'une nation dans la situation actuelle de
l'Espagne ne mdite pas seulement, mais va essayer
de lancer sur la place un emprunt de 85o,ooo,ooo de
francs effectifs est chose que jamais ni Don Qui-


chotte, ni le hrbs tarasconais n'ont rvWie. Aprs
tout, les hallucinations de Il'idalgo de laMlanche
et cells de Tartarin -he portient-prjudice q r' etii-
:irnm es; mais celle. don't il est question en ce me-
ment est d'une nature tell, qu'ori e demanded si
elle doit a\c.ir ppor thtre l'difice d la place de la
Bourse, ou B;ctrc. Don Quichott .psentA, la
Bourse par Tartarin, jgmais ni Cervan tes,-hi Daudet,
ne l'eussent rv, Et pourtant nh ilh nor umii sib se.
11 estfdonc bon, en presence de l'annonce de e
monstrueux emprunt, de jeier n incoup d'ceil rtros-
pectif sur le pass et le presentt de. IEspagne au
point de vue finaiicieir..C'est dans la presse.de 1'An,,
gleterre de l'Angleterre, 'eie' cdomme'ciale d'u
monde qu'il convient de reduillir des renseigne-
ments chaque fois qu'il. s'agit de questions d'argent.
Il n'est pas un pays au mcnde qui n'ait eu, dansiWe..


measure quelconque, des affaires de cette nature avec
Golden land (i), anagramme de Old England.
Si l'on parcourt les publications financires an-
glaises de ces dernires annes, on trouve dans le
Inverstor's Review (Fvrier 1892) une des princi-
pales revues de langue anglaise, un article rtros-
pectif document sur les dettes de l'Espagne et sur
la faon don't se comporte ce pays pour tous ses
emprunts. Qu'on lise le trs clair et judicieux article
que nous traduisons de'cette revue.


(i) La terre de l'or.


ORIGIN DES. DETTES ESPAGNOLES

": L'ESPAGNE NIE SA. IETTE
(t82 3).

Nouvelle suspension de pavement
en 1837.

Seul les joueurs endurcis achtent
les titres espagnols.

SDe l Invest0ors' Review

Quelques faits pris dans l'histoire de la dette:
publique, des recettes et des dpenses de l'Espagne
suffiraient pour faire comprendre tous, except


aux joueurs endurcis, qu'ils doivent viter les va-
leurs espagnoles comme placement de leurs cono-
mies.
(A feew facts from the history of the public debt
and about the revenues and expenditure of spain
should suffice to warn ail but the most enveterate
gamblers to avoid spanish bonds as a receptacle por
money saving. Investors' Review. . Londres, f-
vrier 1892, page 79.) En 1873, le total de la dette es-
pagnolefut valu 454,191,000 ( 1,354,775,o00 fr.)
desquelles 373,000,000 (9,335,ooo,ooo de francs)
furent consolides. Une parties de cette dette fut cre


probablement l'poque de l'invincible. Armada
(1588); 'mais par hasard nous nie smes jamais
rien d'elleen inotre quality de nation ayant con
:senti :le prt, jusqu'en 1820.' Acette date seule-
ment, les:'titres. 5 o/ du "'GOUVERNEMENT
'CONSTITUTIONNEI ESPAGNOli furent p6ur
la premiere fois cotS sur apl:cede'Lodres.AU
RETOUR DE FERDINAND VII, :EN '823,
CES BONS FURENT RENIES.
SCette h tsi-.ire ne .pourrat-elle pas se- rpter avec
I''emrprunt qu'il:esteuiestioitnde lancer en'e.'moment
sur les places de Paris et de Bruxelles s. dans un
avenir 'plus du moins 'rapproch ,'la isuaiion poli-
tique de 'Espagne change' iompltement? Qui
pourrait viter qu'un nouveau gouvernement, tant
dorine,ia prodigaliit a. ec laquelle Canovas del Cas-
tillo a' grve. l'es' 2ndratdi.ns futures' de son pays,
refuse de .se rendre responsible d'un gaspillage
d'un milliard de pesetas. Qui sait si cet em-
prunt une fois fait'ne sera pas une des raisons les
plus puissantes de l'arrive au pouvoir des carlistes
ou des rpublicains; Aiposteri l'ardua sentenla. Le
Balthazar de la Manche qui prside le conseil des
ministres espagnol >a vu crite depuis longtemps sur
les murs de son, salon la prophtique menace :
Pes, compt, divis , le Mane, Thecl, Pha-
res de la lgende babylonienne;. et il n'ignore pas
qu'avec l'emprunt oi sans lui, ses jours' odt. comp-
ts et que son empire est 'sur,1ie point d'etire i\ Jr.
S'il ne triomphe pas Cuba; -i et il n trii-:nip hera
pas, il a besoin d l'emprunt pour cela, il tombe
du pouvoir. S'il charge d'une nouvelle dette la na-
tion espagnole, dj anmie conomiquement sous
le poids de charges qu'elle est impuissante sup-
porter, les parties hostiles qui n'auront pas" donn
leur consentement cette danse des millions
dans une cause depuis longtemps moralement
perdue -pour' l'Espagne, les parties hostiles front
bien facilemnent ce.que Cyrus. fit de Babylone.
Toutefois, ajoute El Inverstors' Review, les
besoins 'du'. roi' Ferdinand VII l'obligrent' plus
tard reconnatre au moins le 5 o/o de 1820-1823
qu'il prit des mains des prters pour payer 'en 'par-
tie les nouv'aux emprunts. Aprs sa mort, un'igou-
vernement liberal reconnut la dette nie et cra pour
elle de nouyeaux titres; les deux tiers avec un int-
Srt de 5 o/o et l'autre tiers 'passif , c'est--dire
sans intrts. Des intrts arrirss furent galement
rgls et l'Espagne obtint alors un nouvel emprunt
de 4,000,000 nominales (ioo millions de francs) en
titres de 5 o/o et 60, cette transaction tant un co-
rollaire de la premiere. Ces operations firent que la
dette espagnole en 1835 fut de 69,o0o,000 (i mil-
liard 729,000,000 de francs). En 1837, les exigences
de la guerre civil obligrnt L'ESPAGNE A SUS-
PENDRE DE NOUVEAU SES PAIEMENTS.


ARRANGPIENT AVEC LES CRAN-
SCIERS EN 1841i

NOUVELLE SUSPENSION DE PAIE-
3MENT EN 1851

CHASSEE DE LA IBOURSE
DE LONDRES

Err 1841, un nouvel arrangement fut cotclu et,
pour la premiere fois, le 3 o/o espagnol fait son ap-
parition. Londres. Ces arrangements avec les


1t FRANCE. Pas pour ta tte.
20 ALLEMAGNE. Nenni.
3 ANGLETERRE. J'ai assez de mes embarras.
4) ESPAGNE. Pour iuoe pauvre nation, S. V. P., qui a
besoin d'argent pour faire la guerre Cuba.
50 WEYLER. Projets d'extermination de Cuba.
(D'un journal des Etats-Unis.)


.







26 NOVEMBRE 1896.


cranciers ont toujours marqu une baisse
d'une faon ou.de l'autre, soit dans l'intrt,
soit dans le principal. DIX ANS PLUS TARD.
L'ESPAGNE NGLIGE DE PAYER UNE
PARTIE DE SA DETTE et conclut un arrange-
ment gnral, l'exclusion du 3 o/o de 1841 qui ne
fut pas touch. Par cet arangremeri t, tes titres actifs
5 o/o, avec la' moiti de leurs coupons impays
par consequent, furent transf~ims en un gr...upe .-i
stock diffr avec un intrt de i o/o qui -'el.'. eraii
peu peu 3 'o/o. 'La dette passive de 1834 russit
galemenm se fair assigner une some mensuetl'e
pour l'achat de ces valeurs aux enrchres pub'iqu es.
LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL
AYANT CONFISQU LA MOITI DES COU-
PONS DE LA DETTE ( ACTIVE , LA DI-
RECTION DE LA BOURSE DE LONDRES'
INTERDIT LA COTISATION SUR SES LIS-
TES DE TOUTE NOUVELLE VALEUR ES-
PAGNOLE. CETTE SAGE DECISION FUT
PRISE EN 1851 ET IL EUT T BIEN PR-
FRABLE QU'ON Y EUT PERSIST. Enfin
le gouvernement espagnol cda. Il mit les titres
3 o/o et paya la moiti des arrears en retard des
des coupons confisqus en i85i.
Aprs cela, en 1867, un nouvel emprunt espa-
gnol de 4,ooo,ooo effectifs. (fr. ioo,ooo,poo) fut plac
Londres. L'anne suivante, la reine Isabelle II piit la
fuite et un gouvernement proyisoire fut install. >


COMMENT L'ESPAGNE GASPILLE
SON CREDIT.


Elle reconnat 43,428,000 pour
:recevoir seulement 10,000,000 de .


Nouvelle suspension de paiement
en 1873.


Nouvel arrangement en 1875.


Avec l'avnement de ce nouveau pouvoir, lequel
.ne pouvait vivre qu'avec l'agrment des contri-
buables, des. retards dans les contributions et de
plus grands deficits que jamais dans le budget se
produisent. AU MOMENT DE LA RVOLU-
TION, LA DETTE PUBLIQUE DE L'ES-
PAGNE, INTRIEURE ET EXTRIEURE,
S'LEVAIT A 240,0QO,000 (6,000,000,000
,de francs), sur lesquelles 56,ooo,ooo (i,3oo,ooo,ooo
.de francs avaient t mises l'tranger .
En 1869, le gouvernement dut mettre des va-
leurs 3 o/o nominales pour 43,428,000..nominales
(io,o85,oooo de francs) pour recevoir seulement
Io,ooo,poo (250,ooo0,oo de francs) en effectif
(c'est--dire 23 1/2 pour cent; moins du quart) et
.en octobre de. la mme anne, le pays fut gratifi
d'une .autre revolution qui vint s'ajouter la confu-
sion et au deficit .
En 1870, on obtint de l'argent par l'emprunt
sur les mines de mercure et, en 1871, le gouverne-
ment vendit 20,907,0oo nominales (522,475,000
francs) du lot de 3 o/o pour runir 6,375,000
(159,375,000 francs). Cette vente tait meilleure
que la prcdente et sur tous les marchs ces va-
leurs furent recherches. Mais il tait impossible de
payer les intrts de la dette par de tels emprunts et,
APRES DIVERSE TENTATIVES D'AR-
RANGEMENT EN 1872, LE PAIEMENT
FUT SUSPENDU EN 1873, non toutefois sans
que l gouvernement ait, au pralable, vendu
35,025,265 nominales de valeurs 3 o/o pour
rdnir 10,625,000 livres de plus. Cette operation
financire fut la dernire du rgne du roi Amde.
SON ADMINISTRATION LAISSA LA DETTE
EXTRIEURE A 157,500,000 LIVES
(3,937,500,00ooo francs) SANS COMPTER LA
DETTE INTRIEURE QUI CONTINUE A
GROSSIR. Nul moyen n'existait pour combler le
deficit. Un paiement partial des intrts en retard
fut fait en 1875 avec l'aide de la Compagnie de Rio
Tinto. L'hypothque de cette Socit, qui tait entire
les mains du gouvernement, fut passe aux por-
teurs de la dette publique. Des porteurs de quelques-
uns des coupons chus reurent 3o o/o en actions
5 o/o des mines de Rio Tinto et 70 o/o en titres de
la dette extrieure espagnole 3 o/o. Ce n'tait l
qu'une bouche, sans importance, et, cependant,
elle ajouta 3,ooo,ooo de livres (325,ooo,ooo de fr.)
la dette consolide, tout en enlevant au gouverne-
ment un trs apprciable asset.


Nouvel arrangement en 1876.


Reduction de 2/3 de l'intrt.


Nouvel arrangement en 1882.


Reduction de la moiti du capital.


En 1876, un nouvel arrangement eut lieu. L'in-
trt de la dette extrieure tait rduit un tiers
partir de janvier 1877; mais on adoucissait l'amre
aouvelle par la promesse d'un fond d'amortisse-


ment accumul don't la base tait i,ooo,ooo d'e
livres (25,000,000 de francs) destines . l'achat de
valeurs sur le march. On devait, en outre, payer
partir de 1880 la moiti de l'intrt de la dette 3 o/o,
ainsi que 3. o/o sur toutes les autres' dettes de l'Etat.
Le paiement intgral serait repris quand la dette
aurait t rduite dan.s de grandes proportions. Il
est inutile de dire que cela ne se ralisa jamais.
LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL PAYA
L'INTRT PENIXANT QUELQUE TEMPS,
MAIS BIENTOT IL SE; TROUVA DANS LA
NCESSIT,. EN 1882, DE PROPOSER. UN
ARRANGEMENT. Ce nouveau comprmnis eut
pour rsultat la creation du 4 o/o intrieur et ext-
rieur actuel de la dette espagnole et LA RDUC-
TION DE LA MOITI DU CAPITAL NOMI-
NAL DE LA DITE DETTE .
En 1881, le montant total de la dette espagnole
tait d 512,094,000oo (12,802,150,ooo francs).
La conversion de 1882 effectue par le Conseil
of foreign Bond-Holders (Comrit de porteurs de
titres trangers) abaissa ce chiffre a38,000,000 de
(5,95o,ooo,oao de francs). L'intrt du 4 o/o nou-
veau de la dette a t pay depuis l'arrangement,
mais LE SYSTME FINANCIER ESPAGNOL
N'A PAS T MODIFI ET LES SYMP-
TOMES QUI ABONDENT INDIQUENT QUE
L'POQUE (ceci a t crit en 1892, avant l'exi'stence
des rvolutions actuelles de Cuba et de Porto-Rico):
D'UN NOVEL ARRANGEMENT EST AR-
RIVE. C'est afin de rafrachir la mmoire des
porteurs de tires que le rsum qii prcde a t
fait


Intrts pays pour induire en erreur.


Rsultat finaL


Remboursement de 10 centimes
par franc,


Les grands fabricants de dettes .


Faillite prochaine.


L'Investors' Review, poursuit en faisant dans le
mme numro une tude rapid mais- sense de la
Banque espagnole; de l'insuccs de l'emprunt que
l'Espagne essayait de raliser cette poque et de la
baisse des valeurs espagnoles en 1892-
L'tendue du travail, don't la traduction qui pr-
cde a fait connatre l'intrt et l'importance, nous
oblige ne donner que quelques extracts du reste.
Parlant de la dite baisse des valeurs espagnoles,
L'Investor's Rervew dit au public anglais :
Quand la baisse se sera accentue davantage, il
est natural qu'nn nouvel arrangement avec les
cranciers de l'Etat (espagnol) devra tre propos.
Et les gens de la Ci'ty, qui tirent profit de ces arran-
gements, s'empresseront de chanter les louanges de
l'honntet du gouvernement espagnol, lequel fait
tout ce qu'il peut dans les circonstances difficiles
qu'il traverse. Vous ne pourriez mieux fire, dira
le Grand Papa des Comits des inconsolables por-
teurs de' titres que de prendre CES DIX CENTI-
MES, PUISQUE LA PESETA ENTIRE NE
PEUT VOUS TRE DONNE , et le porteur
de titres, patient, rechignera, mais il devra se sou-
mettre. La course du cheval de cirque dans la piste
n'est pas plus uniform que celle de l'Espagne avec
sa dette. C'est seulement une question de temps.
Plus loin, la Revue que nous citons met certaines
considerations qu'il est bon de porter la connais-
sance du grand public, c'est--dire des petits capi-
talistes, afin qu'ils sachent pourquoi certaines va-
leurs sont parfois cotes la Bourse plus haut
qu'elles ne devraient l'tre et pourquoi ces mmes
valeurs donnent pour un temps, mais avec ponc-
tualit, un intrt qui, au fond, n'est que fictif.
La bureaucratic espagnole, ajoute la Revue
Londonienne, est beaucoup plus corrompue que le
Parlement ou les gouvernants de ce pays. Sa cor-
ruption fait que les recettes sont moins productive
qu'elles pourraient l'tre; mais la corruption d'une
part et de l'autre, la haine de l'impt, rendent bien
difficile la tche d'quilibrer le budget.
Tout cela sert montrer seulement COMBIEN
IL EST RIDICULE POUR UN PEOPLE
STRANGER D'AVOIR AFFAIRE, D'UNE
FAON QUELCONQUE, AVEC LA DETTE
DE PAYS PAREILS. Cette dette n'offre qu'une
scurit : La scurit de ce qu'on peut appeler
les intrts immdiats des usuriers en gros
qui la fabriquent. LORSQUE CES USURIERS
SE TROUVENT AVOIR FAIT DES AVAN-
CES A UN DE CES GOUVERNEMENTS
SEMI-BARBARES, ILS S'EFFORCENT TOU-
JOURS D'ASSURER LE PAIEMENT DE
L'INTRT DE LA DETTE, EN MME
TEMPS QU'ILS VENDENT DES TITRES,
AFIN DE SE PAYER EUX-MMES (les sp-
culateurs). Mais c'est l une sorte de scurit qui,
en ralit, doit finir par disparaitre un jour ou
l'autre, tandis qu'un des dangers de l'avenir, et d'un
avenir prochain, est LA FAILLITE DE GROU-
PES ENTIERS DE CES GRANDS FABRI-


CANTS.DE DETTES. Ils ont soutenu la parties
trop longtemps. Ils sont au bout du rouleau et ne
'peuvent'chapper (they in and cannotget out).
y El iI re mritent, car toute compensation disparal-
trait si de pareilles banques se sauvaient, alors
que ceux qui avancent leur'argent seraient seuls
supporter les consequences. Malheureusement, les
.banques en question ne seront pasIseules souffrir.


EXCDENT A L'ESPAGNOLE.~

Ou le pot atu lait.

Vieilles dettes payes .avec des
nouvelles.

DE L' < ECONOVIIST DE LONDRES.

Le 27 juin de cette anne, l'importante publication
anglaise The Economist a public une intressante
critique des comptes enchanteurs, sur lesquels le
ministry Navarro Reverter appuie l'histoire finan-
cire de l'Espagne depuis 1875 jusqu' l'anne.der-
nire. Pour le dit ministry, tout est amlioration
dans la situation financire pendant cette priode et
il n'est pas jusqu'aux budgets qui ne soient en ex-
cdent. Il'est probable qu'en faisant les calculus il
a pens que le.,papier acceptait tout;. mais il a ou-
bli qu'aujourd'hui le monde est trs clairvoyant,
surtout en ce qui concern les questions d'argent.
Pour qu'un bourgeois franais ou anglais, aprs
le Panaima et la Liberator Soiety 'cui rendit c-
Ilbre l'extradition de Balfour dans la Rpublique
Argentine, lche un centime, il imported qu'il tudie
attentivement la valeur conomique de l'entit la-
quelle il prte ses fonds. C'est mme pour cela qu'en
Espagne les questions conomiques ne sont pas
intressantes pour le people. En Espagne, la dis-
cussion des budgets ou de toute autre affaire finan-
cire fait dormir bon nombre de: dputs et de sna-
teurs, quand elle ne les ,tupfi.i pas.
L'Economist, parlant des gteaux et. des pains
dors que M: Reverter place dans son rapport sur
les finances espagnoles pendant ces vingt dernires
annes, dit :
Toutefois, s'il avait ajout (le ministry) que dans
ses chiffres ne sont pas compris, les frais extraordi-
naires entrains par la Rvolution de Cuba (plus de
5oo,ooo,ooo de francs par an), son rapport aurait eu
un aspect different.
La dite publication fait ensuite une tude des va-
luations candides ou des moyens que le ministry
Reverter considre comme quite simple, trs sim-
ples, pour niveler L'norme budget extraordinaire
qui psera sur l'Espagne pendant de nombreuses
annes et fait les sages rflexions suivantes :
Fort bien, on peut admettre que l'ide de payer
des emprunts chus en en contractant de nouveaux
et de dpenser soi-mme l'argent prt pour rem-
bourser des dettes antrieures chues mais non
payes, ainsi que pour faire face aux dpenses'cou-
rantes de l'arme et de la flotte, on peut admettre
Sque ce moyen soit, comme le prtend M. Reverter,
trs simple. C'est la resource laquelle tout gou-
vernement aux abois est oblig de recourir. MAIS
GOE N'EST CERTAINEMENT PAS UN MOYEN
CERTAIN D'INSPIRER CONFIANCE DANS
LA SITUATION FINANCIRE DE L'TAT
QUI PROCDE DE LA SORTE. Et quand on
songe, d'autre part, que le budget de M. Reverter
NE COMPREND PAS LES FRAIS DE LA
GUERRE DE CUBA et que, dans le course des trois
mois prochains (ceci tait crit en juin pass) les
resources obtenues par l'engagement des
Bons Cubains 5 0/0, avec lesquels on a pay
les frais de la guerre, seront puises en tota-
lit, ou peu prs, on en conclura que malgr le
verbiage du ministry des finances, L'AVENIR DES
FINANCES ESPAGNOLES EST DES MOINS
BRILLANTS (the conclusion must be that in
spite of the Finance minister's sanguine talk THE
FUTURE OF SPANISH FINANCE IS ANY-
THING BUT BRIGHT.


CHAOS FINANCIER A CUBA.

Finis, les bons Cubains.

LE COURSE. FOIac A CUBA.

La Banque Espagnole refuse ses
propres billets.

Le Gouvernement les refuse de son
ct.

Sera-ce la mnme chose aprs le nouvel
emprunt.

DU TIES .

Ainsi qu'on l'a vu dans le paragraphe qui prcde,
l'Espagne a subvenu aux dpenses de la guerre ac-
tuelle de la Grande Antille avec les bons Cubains
5 o/o. Qu'on considre maintenant la situation finan-
cire actuelle de Cuba, sans computer les horreurs et
la destruction des proprits dans l'lle. Le gouverne-
ment de Madrid a autoris la Banque Espagnole de


La Havane mettre 12,ooo,ooo de pesos (60,000,000.
de francs) de papier-monnaie, contre un encaisse
mtallique du quart de cette some en argent,
c'est--dire 3,000,000 de pesos (15;ooo,ooo de francs). y
Le rsultat de cette operation est, parfaitement indi-
qu dans une lettre du correspondent d Times de
Londres La Havane, lettre que ce journal a publiie
le 29 septembre. Voici ce que dit le correspondent
Le pas le plus. important fait rcemment dans
les affaires cubaines par le government espagnol,
a t l'introduction dans l'ile d'un papier-monnaie
avec COURS FORC. C'est un signed incontestable,
malgr toutes l'es protestations autorises, que L'AR-
GENT POUR LA CONTINUATION DE .CES
OPERATIONS EN APPARENCE GUER-
RIRES (COSTLY WARLIKE OPERA-
TIONS) COMMENCE A MANQUER. Nomi-
nalement, ce papier-monnaie a t mis par la Ban-
que Espagnole avec la sanction spciale des au-
torits; mais en ralit L'MISSION EST LA
CONSEQUENCE DIRECTED DES NCESSITS
URGENTES DE L'ADMINISTRATION, DE
SON BESOIN D'OBTENIR DES FONDS POUR
CONTINUE LA CHAMPAGNE ... Le capi-
taine-gnral Weyler a menac des peines les plus.
svres toutes les personnel qui refuseraient de re-
cevoir CE PAPER INCONVERTIBLE. pour sa
valeur crite (its face value). (Cela, en Espagne et
dans les colonies espagnoles, s'appelle administerr:
dans le reste du monde, cela s'appelle voler : visage
dcouvert). Mais tout le pouvoir autocratique dl-
gu au reprsentant de l'Espagne Cuba n'a pu
russir maintenir le dit papier-monnaie au pair..
(Le 30 septembre, le Times public un tlgramme.
annonant que ce billet de banque perd dj 20 o/o..
LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL LUI-
MME EST LE PREMIER A DSACCRDI-
TER LE PAPIER-MONNAIE EN QUESTION.
IL REFUSE, EN EFFET, DE .L'ACCEPTER
EN PAIEMENT DES DROITS DE DOUANE.
LA BANQUE ESPAGNOLE, DE SON COT,,
A AUGMENT LA CONFUSION EN REFU-
SANT D'ACCEPTER SES PROPRES BIL--
LETS EN PAIEMENT D'UN CHQUE SUR.
L'ESPAGNE. Si le gouvernement qui l'autorise et
la Banque qui l'met s'unissent pour dsaccrditer
le papier-monnaie, il n'est pas possible d'esprer du
public en gnral qu'il le reoive avec une confiance
complete .
Dans le mme numro, contenant les passages
qu'on vient de lire, le Tines public, le 29 septembre
1896, un long ditorial o' il est dit:
A Cuba, une pareille absurdit financire est une
preuve de plus de l'impossibilit d'e pousser plus
loin, dans les conditions actuelles, une chose quel-
conque pouvant s'appelergouvernement . (Mais les.
rtrogrades espagnols ne l'entendent pas ainsi.)


FRAIS IDE LA GUERRE, ACTUELLE.

Plus de 55.000.000.000 de francs pays
jusqu' present pour Cubs.

Cet,e v ache ne onnae plusde lu de t.

DU STANDI.ARD DE LONDIES.


Depuis qu'a clat la Rvolution actuelle de Cuba,
la fin de Fvrier 1895 jusqu' ce moment, dit le
Standard, la date du 25 Septembre, l'Espagne ad-
pens prs de 7,oo0,ooo,o00o,op de pesetas (28,000,000
de ) reprsentes par la valeur nominal de bons
cubains 6 o/o de 1886 et d'un. nombre beaucoup
plus considerable de bons 5 o/q de 1890 que le
ministry des Colonies fut a iut:risi par le Parlement
vendre ou donner en garantie des avances faites
par le Trsor Cubaig ... Ces 22,oopoo0 de livres
sterling (55o,ooo,ooo de fr.) reprsentent la majeure
parties des frais pendant les premiers 18 mois de la
lutte de Cuba : Mais cette some n'a pas t
suffisante puisque les troupes et les employs
civils de la colonie, ainsi que les pensionns
civils et militaires, ne reoivent pas leur solde
complete depuis le mois d'avril .
Avec les derniers bons cubains qui lui res-
taient au commencement d'aot, le ministry des
Colonies obtint de la Banque d'Espagne i6,ooo,ooo
de pesetas ( i,36o,ooo) pour le transport de 40,000
soldats, il obtint que cette sqmme lui ft avance
par la Banque d'Espagne, la condition que le mi-
nistre des Finances la garantirait.
Un tel tat de choses justifie l'allgation.de Cano-
vas del Castillo devant le Parlement espagnol quand
IL DCLARA QU'ON NE POUVAIT OBTE-
NIR DU TRSOR CUBAIN DE NOUVELLES
RESOURCES ET QUE L'HEURE TAIT
VENUE O L'ESPAGNE DEVAIT SUPPOR-
TER LES FRAIS INDISPENSABLES A LA
CONTINUATION DE LA GUERRE .
Pauvre Don Quichotte! Aprs les coups que les
Rvolutionnaires Cubains lui donnent depuis plus
d'un an et demi, coups que sa tte pleine de moulins
vents ou, comme on dit en France, de hannetons,
transform en victoires, tre encore oblig d'ouvrir
la bourse! Il aimerait mieux s'arracher dix dents
que d'en arriver l. Et voil l'explication des oeillades
que, depuis quelque temps, il lance du c6t de Tar-


j


"lii ,eCj~i-~4ce.






26 NOVIEMBRE 1869.


tarin, pour voir si celui-ci se dcide. payer les verres
casss. Mais Tartarin, retour de Panama, ne se livre
pas la culture des baobabs gigantesques en pots et
ne prpare pas une nouvelle excursion en Afrique.
1l est devenu plus calme, plus sens, malgr son ca-
chet joyeux et- moqueur, plus calme et plus sens
que beaucoup ne le supposent.



*-E .:U'EST L'IMPRUNT.


iUn milliard -de pesetas ,en effetif.


L' Espagne bout de resources.


nu FI~IAWCIAL NEWSS .


Afin que les lecteurs puissent 'tre mieux fixs sur
l'nrnorme er'mpriunt espagn il qu'r.n veut' lancer sur'la
*plaee, nous -traduiso s -en -partie 'un -article "fort
senrs public le 18 septeimbre 1896 par-u'ne atre pu-
blication financire de Londres.
Les .e'teurs, idt be 'Fi'a'ncial.'News, saven't dj
,que:M. Cncva: a t autoers-'par les-Gorrs lan-
cer u.n *enmpr nt 'd'au ia'eins i,r..:'o,,''.:.,:,,:,o de pese -
tas, se it 40,000o9 0oo de , si l'e change tait au pair.
Que l'E.pagre ai un -urgent 'besoin 'de :,rnds, per-
-'somie *'mea saurait outer -un instant': nas si'la
niessit di project d'emprunt est admise, som
,exeoutien, par Contre, parait plus ,diilcile. Les
dpenses de Cuba.-augmenteront tous les mois, -bien
qu'on n'ait faith aucun pas en avant dans'la voie de
-la sou.mission de l'ile. Il nest pas jusqu' la possibi-
lit d'un succs -final qui n'ait diminu de beau-
coup rcemment, bien qu'une nouvelle arme de
40,000 hommes ait 't 'envoye depuis peu dans la
colonie...
Le gouvernemeent a maintenant sur les bras une
nouvelle-insurrection aux Philippines, don't l'exten-
sion -va coter de nouveaux efforts- laa 'mre-patrie.
COMMENT L'ESPAGNE PEUT-ELLE FIRE
LES :FRAIS DE DEUX EXPEDITIONS PA-
REILLES (TiNE A CUBA, L'AUTRE AUX
PHILIPPINES), ALORS QUE SES RECETTES
NATIONALS NE COUVRENT JAMAISLES
DPENSES ORDINAIRES ? *(How is Spain to
payfor two such expeditions in the face of a natio-
nal revenue which. never covers the ordinary ex-
pendfiture ?)... -
Un dcret snatorial dat du i" septembre,
sanctionn par les Corts, content les dtails de 'la
bonne affaire (bargain ou,.comme on dit en France,
de la bonne occasiori). Le 'document a cinq articles.
Par le premier, le gouvernement est autoris ngo-
cier, personnellement ou oollectivement, ..avec les
Companies de Chemins de fer en vue de proroger
leurs concessions-jusqu'au t" juin 198o, la condi-
tion que ces dernires, par leur ..appui -et leur in-
fluence sur leurs banquiers, facilitent I'E.spa.i~r
une operation de crdit - qui n e doit pas tre
moindre de .,o0o,ooo,ooo de pesetas nettes . (Deux
mots, s'il vous plat: Attention de ne pas me crever
l'oeil avec la pointe de votre parapluie ) Les titres
jouiront de la garantie 'gnrale du pays (c'est--dire
la garantie des deficits constants dans les budgets-
et de deux rvolutions formidable Cuba et aux
'Philippines. Connais-tu le pays o... ces choses
fleurissent?) et, en outre, des garanties spciales
telles que celles prvues par la loi du io juillet 1896.
Sur ces fonds, une some de 1oo,ooo,ooo
200,000,000 de pesetas devra .tre remise en or
effectif.
La dure de l'emprunt sera fixe par le Conseil
des ministres et il sera tabli un sinkinngfund (capi-
tal d'amortissement), grce auquel le rembourse-
ment concidera, autant que possible, avec la fin
des conventions .avec les Compagnies de Chemins
de fer .



Les Compagnies ile Chemins de fer
et l'emprunt.


Double interpretation dans la rdac-
tion du dcret d'emprunt.


Comment la France l'entend.


On connait, par les tlgrammes, les concessions
que le gouvernement espagnol fera aux Compagnies
de Chemins de fer si elles russissent placer l'em-
prunt parmi leurs banquiers. Mais il parait, si l'on
en croit le Financial News, que la rdaction du pro-
jet prte une double interpretation nouvelle
difficult laquelle s'est heurt l'emprunt espagnol,
come s'il n'en avait pas dj suffisamment sur-
monter omme cela. Voici comment s'exprime le
dit priodiqve anglais :
La rdaction du project prte, en outre, une
double interpretation. Nous entendons que ce project
signifie que les Compagnies doivent se charger de
trouver la totalit des i,ooo,ooo,oco de pesetas, les
ioo,ooo,og@ .u 300,00 oo de pesetas or includes;


mais il'parat que les Franais croient que, bien
qu'il s'agisse d'un emprunt forc, les Compagnies
n'ont fournir que la some de roo,oooo,ooo
200,000,000 de pesetas or. (But the French seen to
think that, although it -is a forced loan, the
railways need only supply the roo,oooooopese-
tas or, 200,000,000 pesetas in gold). Si la dernire
version est exact, la charge se diviserait en propor-
tion, au mileage, quantit de mille .



'LIES BANQOUIRBS
DES CHEMINS DE FER.


ISagesse des Rothbchild.


*Fiamai. :a3titraits. .

L'(EMPRUNT TIr DAN'S L'EI'F.


SIX MOIS PASSERONT ENCORE.


Les principaux chemins de fer espagnols, pour-
suit le pe:.ri.dique a.r ijis,.soi nt :
Nord de l'Espagne : lignes exploites
directement... 1,294 miles
-- affermes.. .... .92I -
Saragosse.......... ...... ........ ,83o -
Andalousie........................ 668 -

Longueur totale........... 4, 713 -
La question est don\c de savoir comment ces com-
pagnies pourront se procurer l'argent et quelle est
leur influence surleurs banquiers. Le Nord de l'Es-
pagne estfinanced (accrdit ?) par le C-dit Mo-
bilier Espagnol, et il est raisonnable de penser que
.cette banque.ne pourrait lui avancer une some de
,95,ooo,,.ooo par example. ,(Et cela, dans le cas ,o
initrprFcidiat.'r faite de l'ferrpru ni par les Franais 'se-
rait certain. Suivant l'interprtation espagnole, la-
dite banquet devrait avancer un plus grand nombre
de millions) Le .chemin de fer de Sarragosse tant
patron. par les Rothschild de Paris, serait indubita-
blement en meilleure posture; et celui d'Andalousie
en relation i /j,a,:iii avec da Banque de Paris et des
Pays-Bas, est galement fort bien plac; c'est--dire
que MM. Rothschid, comme la Banque de .Paris,
pourraient trouver l'argent s'ils avaient la volont
de le fire. (Si je vais Rome, mais je n'irai pas,
et que je voie le Pape, mais je ne le verrai pas, je
t"apporterai un rosaire bnit, mais je ne l'apporterai
pas) dicton -espagnol.
En ce qui concern l'attitude des Rothschild
l'gard de l'emprunt espagnol, il est .bon de con-
natre le jgemeant -que porte sur leur ligne de con-
duite financire le Diplomatic and Consular Re-
view. la date du 4 juillet dernier, 'd'aprs le Sun de
New-York : l n'y a pas au monde de financiers
plus rigoureusement attentifs pour leurs prts que
, la mason de Rothschild; la prudence qu'elle met
traiter avec l'E.pigrne indique la coutume adop-
te par les Rothschild pendant des gnrations.
.(Not in the morld are thereanyfinanciers more ca-
reful about their invistements than the house of
Rothschild and their cautiousjess in dealing with
Spain illustrates a habit which the have followed
fort generations.) Comme toutes les grandes mai-
*sons financires du monde, la maison Rothschild
sait que l'horizon de l'Espagne est actuellement
charge de nuages, fort redoutables mme pour les
Espagnols les plus optimists.
D'autre part, la conduite de l'Espagne l'gard
de ces mmes chemins de fer protgs par le capital
franais, a laiss en France de dsagrables souvenirs
ainsi qu'on s'en.conivraincra par la lecture des lines
suivantes du Financial News : Les Franais esti-
ment.qu'on les a personnellement mal traits (per-
sonally ill-treated) grce la faon don't l'Espagne
se comporte et s'est toujours comporte avec les
companies. Que cette impression soit des plus rai-
sonnables, on pourrait le discuter; mais cela n'a cer-
tainement pas d'importance POUR LES AN-
GLAIS,' LESQUELS, FORT HEUREUSE-
MENT, NE POSSDENT AUCUNE VALEUR
DES CHEMINS DE FER ESPAGNOLS. >.....
D'o il suit que si l'emprunt de i,ooo,ooo,ooo de pe-
setas depend du succs que les companies de che-
mins de fer obtiendront prs de leurs banquiers, nous
estimons que ledit emprunt sera CRAS DANS
L'OEUF (it will remain a still born child.) Par le
dcret du I" courant (septembre) SIX MOIS AU
MOINS PASSERONT AVANT QUE L'AR-
RANGEMENT ENTIRE LES CHEMINS DE
FER ET SES ACTIONNAIRES parties essen-
tielle de la transaction PUISSE TRE PAR-
FAIT, ET, PENDANT CE TEMPS, IL EST
PROBABLE QUE LES FRAIS DE LA
GUERRE ABSORBERONT TOUT L'ARGENT
QUE LE GOUVERNEMENT AURA PU RA-
CLER (scrape). Une victoire Cuba pourrait en-
core sauver l'Eepagne; mais les probabilits en sont
bien prcaires (but her chances are very remote.)
Un emprunt qui produirait un milliard de pesetas
nettes, s'lverait environ i,65o,ooo,ooo de pesetas
4 o/'o, et C'EST LA UNE SOME TROP
GRANDE, EN EFFET, POUR TRE RA-
LISE. On dit que le president du conseil est trs


pessimiste en ce qui concern l'avenir : il doit tre
videmment le meilleur des juges en la matire.
Le pessimisme de M. Cnova del Castillo. n'est pas
douteux. Il a annonc, en effet, urbi et orbi, qu'il
se laverait les mains de tout. Homme intelligent, il
a pu apercevoir les clairs qui illuminent le Golgo-
tha cubain et qui annoncent la redemption d'un
people esclave et, en mine temps, l'indpendance
de Cuba.


POUR NE PAS ABANDONNER CUBA.


BANQUEROUTE POUR L'ESPAGNE.
'CHAOS POUR CUBA.


DU FINANCIAL TIMES ,.


Un autre journal anglais dit, la date du io sep-
tem'bre :
Tous ces temps derniers, l'Espagne a t sou-
mise un drainage d'argent pour fire face aux
sineivs de gnerra, et le minister de la marine calcule
Squ'il lui faudra ce mois-ci 35;ooo,ooo de pesetas cet
effet. 'Cette some, c'est le Trtsi:sr qui'd'evra la four-
nir, 'UAR L'PARGNE WEST PAS :OPPOR-
'TUNE 'POUR LES EMPRUNTS. SI L'ES-
PAGNE 'SE DCIDAIT A ABANDON"NER
CUBA, CELA 'SERAIT PRFRABLE DE
PART ET D'AUTRE. MAIS DE NOMBREUX
MILLIONS SUIVRONT LE MME CHEMIN
AVANT QUE PAREiLLE CIOSE ARRIVE.
Quel sera le rsultat final ? Il est difficile de le pr-
voir. Je prvoiqs que si .a guerre continue encore un
an ou deux, avec les frais actuels, on pourrait dire
que-ce serait la BANQUEROUTE POUR L'ES-
PAGNE ET LE CHAOS POUR CUBA.



POUQUOI UN EMPRUNT EXT-



Tristes: perspectives d'un emprunt
intrieur.


DU GLASGOW HERALD .


A la date du ro septembre, ce priodique anglais
faisait les observations suivantes :
, D'aprs les bruits qui couraient la Bourse de
Paris, le novel emprunt 'espagnol doit se diviser en
deux parties gales : une qui doit tre mise en Es-
pagne,. titre d'emprunt intrieur; l'autre qui doit
tre place sur le march de Paris comme addition
la dette extrieure espagnole actuelle. Toutefois,
dans les cercles bien informs, ce bruit tait accueilli
avec quelque scepticisme. On faisait observer que
l'Espagne ayant besoin d'or pour 'l'envoyer soit
Cuba, soit aux Philippines, il tait plus que probable
que la majeure parties de l'emprunt serait place
l'tranger. En effet, la situation financire de l'Es-
pagne tant donne, toute demand du gouvernement
tendant un emprunt intrieur NE POURRAIT
TRE TENUE POUR UNE OPERATION
PLEINE DE PROMESSES.



L'ESPAGNE NE TROUVERA PAS
D'ARGENT.


DU MANCHESTER GUARDIAN .


Le 24 septembre, le Manchester Guardian, aprs
avoir dcrit la situation Cuba, termine ainsi :
Quelques fins critiques croient que la fin de
l'tat de chose actuel est plus que probable. Elle
arrivera parce que L'ESPAGNE NE RUSSIRA
PAS A TROUVER DE L'ARGENT POUR
CONTINUE LA LUTTE DANS LES QUEL-
QUES POSSESSIONS COLONIALES QUI LUI
RESTENT.


DIFFICULTS DE L'EMPRUNT.


ACTIONNAIRES FRANAIS MAL-
TRAITS EN ESPAGNE.


Le course actuel de l'Extrieure espa-
gnole n'est pas justifi.


Paris n'a plus-de goit pour de nou-
velles operations.


DU FINANCIAL TRUTH .


Le 8 octobre dernier, cette publication londo-
nienne publiait les lignes suivantes :
Si le ministre espagnol choisit, pour tter sa
chance, le moment present, il le fera dans des con-
ditions bien peu engageantes. ON SAIT BIEN-QUE


LES DIFFICULTS QUE TRAVERSE LE
GOUVERNEMENT ESPAGNOL SONT NOR-
MES. L'insurrection cubaine n'est pas une des
moindres, et, aux frais de cette guerre qui dure de-
puis si longtemps, s'ajoutent ceux exigs par la R-
volution des Philippines. Parmi les autres difficults
don't est seme la route de l'emprunt, nous men-
tionnons la flouesse (weakness) actuelle.de la Bourse
'de.Paris, la chert croissante de l'argent ET L'IR-
RITATION EXISTENT PARMI LES NOM-
BREUX FRANAIS ACTIONNAIRES DES
CHEMINS DEFER ESPAGNOLS POUR LA
FAON DONT.LES COMPANIES ONT T
TRAITES PAR LA LEGISLATION ESPA-
GNOLE ...... Il ne nous est pas possible de pr-
voir que cet emprunt puisse se faire et nous allons
mme jusqu' ne pas comprendre pourquoi l'Ex-
trieure espagnole est en ce moment si forte-
.ment soutenue Paris (rcemment elle a beau-
coup baiss). IL EST DIFFICILE DE JUSTI-
FIER LE COURSE SUR UN BON TERRAIN
FINANCIER (it is hard to justify the quotation
on any soundfinancial ground) .



L'EMPRUNT ET LES ESPAGNOLS.


Pourquoi ne soeserivent-ils pas ?


INSTABILITY DU GOUVERNEMENT.


Ce que percent les trangers,


DU. NEW-YORIK 'ERA LD '
DE PARIS.
' '"' ;. i ,

Le correspondent que le New-York. Hera.d a; en-
voy rcemment Cuba:et dans la Grande Antille
tlgraphie ou crit de Barcelone, la date du 5
octobre dernier :
Les Espagnols acceptent que leurs compatriots
ne souscrivent pas un emprunt populaire gouver-
nemental, parce qu'ils n'ont pas confiance dans la
stability du gouvernement. SI UNE PERTE DOIT
TRE SUBIE, ILS 'PRFRENT QUE LES
STRANGERS LA SUPPORTENT. Ils sont si
bien persuads de l'incertitude des vnementst ve-
nir, qu'ils croient qu'aucun gnral espagnror a Cuba
ne saurait se risquer livrer aux insurgs une ba-
taille range, parcel qu'ils sont tous -c.:nr..ir. ,; ....,
dans le cas o cette bataille se livrerait et serait per-
due, ELLE AURAIT POUR RSULTAT. LA
CHUTE DU GOUVERNEMENT ESPAGNL.



OPINION ESPAGNOLE.


L'EMPRUNT, UN PANAMA..


DE MERCANTILE VALENCIANO .


L'opinion d un grand nombre de publications an-
glaises relativement l'emprunt projet par l'Espa-
gne tant connue, voyons maintenant ce que disait
ce sujet, le 26 septembre, un journal qui, bien qi'il
s'occupe de questions conomiques, se public .en
Espagne : El.Mercantil Valenciano. Voici comment
s'exprime ce journal :



UN PANAMA EN PREPARATION.


Un scandaleux Panama se prpare.
UN PANAMA EN PARTIES DOUBLE OU
TRIPLE.
La loi vote par les Corts et publie le 21 courant
dans la Gacela, dispose que le Gouvernement -peut
s'entendre avec les Compagnies de chemins de. fer
pour proroger les conventions, condition que le
gouvernement fera un emprunt de la valeur .MI-
NIMA D'UN MILLIARD'DE PESETAS EF-
FECTIF.
La valeur minima de cet emprunt sera le milliard
indiqu. Il s'ensuit que si ce chiffre n'est pas atteint,
la loi n'a pas reu d'excution. La prorogation ne
saurait tre accorde.
Bien que le texte de la loi soit trs clair et trs pr-
cis, on cherche dj la turner en rduisant le
montant de l'emprunt 5oo millions. Cela est-i
possible ? Lgalement, non. Mais, pour le gouverne-
ment actuel, tout est possible.
Il est probable que les Compagnies auront trouve
exagr l'emprunt d'un milliard, et le gouvernement,
toujours comi:laisant avec elles, essaie de rduire la
some de moiti.
VOILA LE PREMIER PANAMA.
Mais il y en a un autre et le voici : L'emprunt
d'un milliard a t autoris pour les frais de la
guerre, uniquement pour les frais de la guerre.
Le gouvernement, cependant, avec un'manque de
vergogne insolent, va le destiner favoriser les in-
lrts des actionnaires de la Banque d'Espagne et
d'autres PERSONNAGES ESPAGNOLS OU
STRANGERS.


'l'a~ep~i~,~ec~,~,~,ane






4 ik1 __________


ET IL Y A PLUS, BEAUCOUP PLUS: que
l'emprunt soit grand ou petit, le gouvernement veut
avant tout payer les actionnaires de la Banque d'Es-
pagne. Que les soldats qui se battent Cuba s'arran-
gent comme ils pourront.
S'il-sefait, l'emprunt d'un rmilliard sera appliqu
de la manire suivante :, r : i
-. . M illions

Dette lfottante. : .................... .. .i -~
.C Grdit-de la-Banqrue de Pari- (enrifrandrcs. 6.
<' 'Etrts du Tsor Cubiin ......... . . 8 '.
rA.va es-- d.a f banque au 3ai'Tres6r'a'..ec
'aal de la Pninsule.................. 250
Total............ 847

C'est--dire qu'il faudra dduire du milliard la
some exorbitante de 847 millions, ce qui laissera
une some liquid de, 153 millions de pesetas,
Et si l'emprunt ne peut tre fait, le gouvernement
cherche le moyen d'accorder une prorogation pour
la moiti du prix -bnvenu. .
Dans un cas ou dans l'autre, le Panama est si
scandaleux que' nous doutons que la patience du
pays le tolre.
Quelques jours plus tard, le mme journal pu-
bliait que l'emprunt tait retard cause de la peur
(trs justifie) des financiers qui il avait t offert.
Vo.ci comment il s'exprime :
.Ce n'est un secret pour personnel ;que LE GOU-
VERNEMENT DE M. CNOVAS SE HEURTE
A DE GRANDES DIFFICULTIES POUR ME-
NER L'EMPRUNT A BONNE FIN. Pour ce mo-
tif, les ngociations ont t suspendues avec les ban-
quiers et les reprsentants des grands tablissements
financiers du pays voisin.
t MALGR LES CONCESSIONS NOR-
MES FAITES AUX ISRALITES, CEUX-CI
ONT PEUR. L'appt du gain ne suit pas leur
f"iie oublier qu'un dsastre, d'ailleurs fort possible
''din oo' so:'lonies; pro.voquerait' dans la Pninsule





s
ne icat'-i tropi e qui i' i metraiLt urs;t:piitfi .! eri"p -
:-" i!... > .-' :.:..'l; *.",i ^:' ::.: ,; ."*.. I


-:;" *"-'*';"-Di F!iT ' ESPAGNOLS. :"'


iE- 50o A 100 MILLONlS PAR AN.

L, ;l trns . bo.uchs pay les dettes.


De LA FRANKFURTER ZEEITUNG.


S..LaGa;ette de Francfort. qui-jouit dans le monde
enter de: la reputation d'un des journaux les plus au-
toriss'en matires conomiques, a public, dans les
preminlres semaines du mois dernier, une analyse
:fort sense de la situatioinfinancire actuelle de.l'Es-
pagne. La manire de voir du journal allemand-est
er. conformit parfaite avec celle des journaux an-
glais exprimes dans les traductions qui prcdent et
avec celle, de notables conomistes franais comme
M..:Leroy-Beaulieu, don't nous ferons connatre plus
Sloin l'opinion.'Tous s'accordent reconnatre le
-gcihis administratif de l'Espagne et le manque de.
-crdit o l'ont conduite ses propres sottises.
LES BESOINS D'ARGENT POUR CUBA,
DISAIT, LA FRANKFURTER' ZEITUNG ,
SONT DEVENUS NORMES._Il y a un an on
le.s c,.lua.lt 5oo,ooo francs par jour. En fvrier, on
parlait -de 3o,ooo,ooo de francs par mois et, il y a
quelques jours, le ministry de la guerre estimait les
frais ip,ooo,ooo de. dollars, soit 50 MILLIONS
'DE.FRAANCS PAR .MOIS,pour une arme de
aoo,ooo hommes. .
< Si. lon tient compete de tout cela, on comprendra
LA CRAINTE. MANIFESTED PAR M. CA-
:OVAS QUAND IL A DIT QUE SI LE NOU-
VEL EMPRUNT NE POUVAIT TRE RA-
LIS PROCHAINEMENT, IL SERAIT NE-
CESSAIRE D'INTERROMPRE LA GUERRE,
CE QUI NE SERAIT AUTRE CHOSE QUE
LA PERTE. DE CUBA, c'est--dire un immense
malheur pour l'Espagne.
C'EST SURTOUT PAR.SA FAUTE QUE
L'ESPAGNE EST TOMBEE DANS CETTE
CALAMIT FINANCIRE et non par suite de
questions itrangeges nin prvues. '
"Aprs avoir signal les sources de revenus'de l'Es-
:pagne; La Franrkfur;te 'Zeitung dit : .Mais les
riches contribuables savent, grce la corruption, se
.soustraire, au *paiement intgral de .l'impt. D'pii il
suit que le petit contribuable est surcharg. Quand,
un moment donn (1894), le gouvernement eut
l'intention de mettre ordre cette situation, il fut
oblig 'v&alhuer l~s' c-ritrbuion's'eri" retard ' i55
millions de pesetas' a'moihs, sans computer les cr-
dits pour biens nationaux, etc., qui s'lvent, dit-on.
32i milli.dris tie pesetas% C'est pour. cela que le
budget accuse, dans les calculs:publis, des deficits
annuels qui se sont levs en cinq annes, de i885
1890, . la some no.rme de 329 millions de pese-
tas, soit, EN MOYENNE, 60 A 100 MILLIONS
DE FRANCS PAR. AN. . .. .
.Pour boucher ces trous, on a contract des
*dettes i.'.ti2.iic. Ces dettes avaient dj atteint, la
somr c de 378 millions ,e peseta: Je.:; octqbre 894.
*d"'.' n-' m< l:,c .eh ,-895,'et elles taient arrives:en


SL'OPINION FRANAISE..

P. LEROY-BEAULIEU.


CRAINTES DES CAPITALISTES.

OuIl'Espagne emploiera tout ce
capital.

De L'CONOMISTE FRANCAIS .

La premiere autorit'd' la France contemporaine
en matire conomique, M. Paul Leroy-Beaulieu, a
publi it n'y a pas longtemps, i ans ''P~ffonomiste
Franais, un long article sur l'emprunt espagnol.
Nous en extrayons''ls phrases sui\antes% : '
IP faut 'rifficir lh:que' Esp'gni ests'ngage ac-
tuellement dans une affaire TELLEMENT DAN-
GERUSE et ihcertif'e, 'la rpressii: de l'insur-
rection de Cuba, et que;d'autre part, CERTAINS
PLACEMENTS ESPAGNOLS ONT DONN
TELLEMENT,- DE DBOIRES;, qiu'un grand
nombre des petits 'et .des. moyens capitalistes sera
'fort dispot . abstentionn en face d'un emprunt es-
pagnol, mme trs bien gag. Or, il n'est gure pos-
sible de russir un emprunt de 85o millions effec-
tifs sans une forte' parties, tout au moins, de la
clientele habittelle des pe,tits'et d'es mQyens capita-
listes.: UN EMPRUN.T ESPAGNOL, MME
AVEC UN GAGE EXCELLENT, PARAITRA
TOUJOURS, A BEAUCOUP DE MOYENS ET
DE:-PETITS CAPITALISTES,"'UN PLACE-
MENT HARDI, et il n', a jamais qu'une quantity'
de'.apit.aux limilte qui i.:.st disp.'s avoir une
certain hjrdesse (et .i en l'aut"pour s'embarquer
dans les emprunts espagnol si aventurs. Il y a'
longtemps qu'on tient-pour un axiome, que les in-
trts offers ou.distribus sont toujours en relation,
inverse desgaranties du capital. L'Espagne'a offert
beaucoup, mais n de qui concern les garanties,zro
ou peu prs) .
Le distihgu conomiste franais s'occC pe ensuite.
de l'sage 'qe ferait ('Espagne de la some nri.'rme
qu'elle a os demander l'tranger'dans le cas. im-
probable .:,u celui-ci seidciderait lalui prter. Il
dit i.
.. D.in. l ijj, s l'.:.praii: n (l'emprurint) ent-:ure
de t.jute; les les ridii,.:)s d'affectation spciale et irr-'
*":,able. d'e'.Tmprtii'n, d'n'ip;-., de '3al nmeiri en or,
ise- rcaliserd. que feirait.'' iEspagne,de ces 85o mil-
lions de friric: ? La destination de -la plus grande
parties de cette some est, malheureusement, bien
vidente: elle irjia a Cuta.I (C'est--dire l'abime.)
Voyez plus loin les frais. q i.-se dcette ile actuelle-
ment.. Jusquk prs'ent _Cub aait pu faire face '
toutes les dpenses des rvolutions antrieures,
subvention aux postes des Antilles, ambassades
d'Espagne en Amrique, guerre du Mexique.
guerre de Saint-Domingue et 'un budget norme.
Mais les Espagnols seraient capable d'puiser la
corne d'abondance elle-mme.



DPENSE DE CUBA.


78s5 MILLIONS DE FRANCS PAR AN.

AVEC- UNE POPULATION D'UN
DEMI-MILLION D'HABITANTS.

.-. ,. .
Afin que les p.rteurs franalis sachent combien de
:temps l'Espagne peut,faire durer:les 85o millions de
francs qu'elle tente- de se: faire prter, voici les res-
.ponsabilitis conomiques- auxquelles elle doit fire


1896 457 millions, sans que cela implique Iltota~
lit de la dette.
Il y a quelques annes, les dettes rlittajIteau- a-
raient pu tre consolide.Cette opratiirin h'adrai
pas t difficile quand'.e 4 o/o valait 80 o/o. Depuis
'lors, il est de:.-ndu a 60. o/o (et 56 1/2 o/) par
suite: de 'la mauvaise politique des Espagnols;,les-
quels,.au lieu de consolider,*ont lch la mal'n la
resource de l'augmentation 'des billets de a Banque'
d'E p e "
i' us- d cid.-i-:n, 'eri 891, d'aut.:,riser la dtie
Banque supmenter son mission de paper lusqu'
,.5'e:-rri illi:ns, avec un encaisse d'un hiers, dont la
moiti seule tait en or . (C'est pour cela, sans
doute, que les Espagnols dtestent Mac-Kinley, le
partisan de l'talon d'or. Toutefois, Bryan lui-mme
ne serait pas capable de pousser sa libralit argen-
tiste jusqu'au point d'autoriser une banque met-
tre des aleurs iavec un encaisse mtallique:de- la
sixime parties seulement en or. Mais, hispanus sum
et nihil hispantim a me alienum puto. On a mis
Cuba du papier-monnaie avec un encaisse en argent
de la quatrime parties de l'mission. Il n'est donc
pas extraordinaire que.les Espagnols considrent .la
Banque Espagnole comme archi-garantie avec la
sixime parties en or. Mais ce n'est pas l ce qu'il y
a de pire. Ainsi que le dit la Ga{ette de Francfort:
Une des grandes fautes de la loi a t de consid-
rer les 465 millions de pesetas de la-dette amortis-
sable que la -Banque conserve immobilise comme
une'valer facilement ralisable .


face"actuellement Cuba seulement, le qui, aujour-
dui.'I ne produit rien.
':Service annuel de la dette cubaine.. 4.000.000
Intrts de l'argent dpens pour;.la .
guerre de 1896........ ............ .o0.ooo
Entretien d'une arme de. 2;o.ooo-. ,.
hoQmes'et autres frais de i86 l- 0. 2:.ooo.oop'
Intrt et fonds/d'amortissement du'. "
novel emprunt':de 85o m;lli2n'..... .. 240. oo

S,: : :' : T t-al-.-.. --; .'.'. .: .. -I':" ':::'
SC'est--dire -" millions de tranc- pjr an. soit
.presque l tataliLide I empruni que I'E'pagne a es-
say de lancer en France.
Dans les chiffres qui prcdent ne se trouvent pas
compris, ainsi qu'on'a pu le remarquer, les frais de
la revolution actuelle des Philippines ni ceux que
reprsentera le deficit du budget pninsulaire. On
.:,peut;donc.calculer facilement.que tous les million.-
dont la colossale fantaisie d'Alexandre Dumas dota
le populaire comte de Monte-Cristo ne suffiraient
pas satisfaire le dlire de gaspillage qui s'est enm
par du pays d'Europe le plus pauvre financirement
parlant.



1NAIVET ESPAGNOLE

. "
LA DERNIRE PESETA ET LE
DERNIER HOME.


QUr[cIlOTAIDES , AD NAUSEAM .


SDU GLASGOI; HERALD .


Malgr l'chec du Tartarinesque emprunt rv
par l'Espagne, ce pays persist vouloir de nouveau
frapper aux portes de. la H'aute- Barinqu 'trangre
pouir demander 'ds millions 'jeter dans la Iburnaise
cubaine.' Quos villt prder'e Jpi'tr' dmtnentt: priu..
Mais les dieux n'ont pas eu besoin de:'reidre'Doh
Quichotte fou, car il est venu au' monde latt pleine
de modlins 'veht.
iL'Espagne a lass l'Univers 'avec' sn outre-
cuidante affirmation qu'elle sacrifierait 'Cuba sa
dernmirpestaet Setsoh derhier h*nrm're' , tel'un bouc
obstin qui va s'craser la:'ebrvelle ;'cntre un mur
dans son violent:dslr d'le jeter par 'ferier Eii Es-
pagrie, c'ela s'appelle 'tenait,: et- dans :'e este du
mfonde 'sottise. '.En 'ce qfi co'ndern' ia diriire p-
Sset a rien de plus vain : Il 1 a'Iohgtenips- q'ue la
Sbourse espagnole est puise et, pair suite, 'Pleine de
*veit.'Pour ce 'qii to'uch> l adernier homme , la
phrase est ambigu. S'iSl s'agit de la: derriire 'entit
valide don't puisse disposer une nation, l'Espagne, il ,
a beau temps, l'a peidue Peralejos. Weyler et les
autres celbrs nuilits militaires 'tqe la imtropole
de Cuba enfanie 'en si'.'grand'nombre- n russiront
qu' prouver qte, depuis longtemps. le gnral At-
Ssenio) Ma'rtinez Camp':s a empdrt de la grande An-
tille le drapeau espagnol'sius le bras.
Pour prouver que la. rOdomontade espagnole rela-
ti\e a la dei'nire peseta a produit sur le mo.nde
'effete de 'ipcacuana -ml au tarirate d'mitique,
il isulit de citer l'aricle soi:ant d'un des principaux
j journaux d'Ecosse,"qui compete en mme temps
parmi les s plus rput de la Grande Bretagne. \Lici
ce que disait' le 'Glasgow Herald dans soi numro
'.du-.29goctobre : .. .
Le gouvernement espagnol, come le player-
queen d'Hamlet, doth protest too mtuchh (fait beau-
coup 'top de: protestations, c'st -dire lance des
rodo'm'ona'dds jusqu't la satit). 'Le ministry des
affaires trangres a cri 'ipportu'i dJ lancer un
c Onltiii,'qiit en f.:.rmr pour dmentir les inr i.rma-
tonirs qui Teprs.-ntent son g.:,u\ernement comme
"impuissanti runir Ies :fsulircec pcuninres, n-
cessaites pourr continue la lutte Cuba. Ces ru-
"mii-urs ont- t' c'onrirmes par l'chec rcveni des
'ri ,girati:,ns entsmies Padrse n'v.tue.d'un nouvel
emprunt :. mais: LE MINISTRY, AVEC UNE
NAIVETE VRAIMENT ADMIRABLE, SE
FAIT PRCISMENT UN ARGUMENT DE
L'EFFONDREMENT ( -BREAK DOWN )
DE CES NGOCIATIONS. Il pretend que l'em-
prunt n'a pas t ralis parce'que les conditions
proposes par les banquiers' de Paris talent trop
onreuses. (De 1 traiter les dits banquiers de
Shylochs, 'il' n'y a qu'un pas, un petit pas). Et le
*minist're ajoute 'que le gouvernement sera capable
d'obtenir' de l'argent des banquiers espagnols
competee drdessus, mon bonhomme...) associs
d'autres capitalistes (c'est le Glascow Herald qui
souligne ces derniers mots) dans de meilleurs condi-
tions. (Le ministry croit 'peut-tre que'l'on attache
encore les chiens avec des saucisses. Bienheureux
les forts d'esprit,. car ils seront'consols). En atten-
dant que cette prediction s'accomplisse, ajoute le
journal cossais, il-semble' raisonable de penser que
LE SYNDICATE FRANAIS AIT FAIT LE
NCESSAIRE' POUR- EXIGER DES' GARAN-
TIES PRECISES, PARCE QU'IL AVAIT DES
DOUTES SUR LA SOLVABILIT DU :CAN-
DIDAT DBITEUR (ivoild be borroiver). Et, en
effet, il estdifficile de comprendre comment le gou-
vernement espagnol, don't la situation financire


26( NOVEMBRE 1896.

aux meilleures poques a toujours t difficile, a pu
trouver le moyen de faire face aux normes et'co-
teuses operations qu'il a jusqu' present ralises
Cubi. (Oh! cela est bien simple. Il .ne pale per-
so'.ne. La solde de ses troupes :Cuba, s.uivant le
correspondent du,. T. ,n., de Londres, est impaye
depuis des i.ois. L'envoi je ses soldats'ur les
vapeurs de lia 'C... ,pa.ne Tr insatianrique est fait
'crdit.. Le gouverfrnermnt csp.~re que ubi paiera
les ,verres casss, come pour. l'a P'. .lu.:n de-
Ii j 878 A le'e. .,:.;i;r, des. fus;ls M.liu er, si tant
Squ'i .les ait .pays tous. lI r. cmm- par
c\emple.,l'envoi d ; tant de nillier m d'hommes .
Cuba, rnd pas demand au 'gouiernemreni espagnol
de riros deb,:iurs. Le Glaeir, Heral le prouve dans
les li;nes sui\antes: Il est devenu absolument
noltoire, pendant ces derniers mois, que la situation
financire on ne peut plus prcaire de l'ile est
-.extrme.'Le paiement des troupes: ett des emnploys
civils est suspend depuis plusieurs mois, et le
credit public est puis d'une faon si complete,
qu'une'rcente tentative- de lancer avec course forc
dans la circulation un papier-monnaie du gouverne-
ment (les billets de la Banque espagnole) a absolu-
ment chou. Ce paper n'a pas mme t accept
en paiement des impts .
Le ministry espagnol des affaires trangres d-
clare que le pays est prt fire n'importe quel sa-
crifice en'hommes et en argent : mais des.affirma-
tions d cette nature, qui ont t faites ad nauseam
pendant toute l'anne dernire, sont inconciliables
avec des faits notoires. Est-ce que la tentative faite
pour mettre en vigueur le nouvel impt sur les ob-
jets de consommation n'a pas provoqu des troubles
dans les principles villes d'Espagne ? Est-ce que les
dpartements de la frontire franaise ne sont ras
pleins de rfugis espagnols qui ont voulu chapper
aux service obligatoire Cuba? e

Par ce qui prcde, les lecteurs ont une ide gn-
rale de l'histoire financire d'EsIagrn, depuis les
temps les plus reculs jusqu' nos jours, et de l'ide
qu'.qi e: fait; ujtord'hui d.e ce pa;,.6, point de
vue conomique, das.: le monde enter, mais plus
particulirement en Angleterre-c'est--dire dans le
pay Is plus disP6is auh s praitoi'n~' fitancires et
aux placements risqus. Malgr cela l'Angleterre,
ainsi qu'oena py s'enconvaincre, ne veut entendre
parler de rien a\ec l'Espagne en fait d'emprunts,
d'obligations, etc.
.Le gouernemerni espagnol actuellnous faJit savoir
qu'il frappera de nouveau. prochainemen. la porte
des banquiers, trangers; .1l est bien capable de le
Sfaire, mais on peut,, en toute assurance, p rdire que
l''chec qu'il subira sera plus grand. que celui- qu'iL
viet de subir r.qemment. .
Se mettre, en'qute d'un emprunts .:travers les
.Bourses d'Europp, .en .portant-le heaume de Mam-
.brino. quelque peu,;dfonc Bare et.,.Peralejo, et
l'ped Brnardo:'gremeat dtrioe par lescoups
de Mal'Tiempo, Cacarajicara .et Guimtnaro, est, en
.rite, peu'pratique. Le fait est trs. espagnol; mais,
au premier chef, comique. La monnaie,,,tre essen-
.tiellertientdlicat et timide, fuira toujours l'appro-
Sche d'un individu aussi trange. Lorsque l'Espagne
abandonnera Cuba,- .Porto-Rico et: les Philippines,
s'enfermera dans ses frontires naturelles, et se gu-
rira d'un coup de la plaie..de la bureaucratic .qui la
laisse exsangue, alors il. lui-sera possible de se pr-
senter 'dignement dans les Bourses Europennes:
En-attendant elle y joue un rle plus comique que
celui de Sancho.








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teurs que. nous. mettons; en vente 'la collection
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