Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00046
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: November 26, 1896
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00046
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text






















Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
ASN PaRs DnP&RT.
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Ire Anne A PARIS 26 Novembre 1896 o No 45 UnSemtr.,,, '^'ne. r. 5r.
Un semestre, id. id. Il fr. 11.50
ADRESSE TLGR PUn trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
ADRESSE T#LGRAPHIQUE: 3.a A>O-A A L'ETRANGER
T 'PE dOvro' PA R.AIT TOUTS LES JET-DIS Une anne, payable d'avance............. 25 fr.
Un semestre, id. id. ...........13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr.a 2


27 NOVEMBRE 71


Demain il y aura vingt-cinq ans qu'aura
t consomm, La' Iavane, cef odieux
assassinate juridique qui restera dans l'his-
toire -la date du 27 novembre: 1871..
Au souvenir de ces jeunes gens inno-
cents, tudiants en:mdecine, victinies de
la frocit d'une foule de volontaires espa-
gnols, la moiti ivres, mais tous gale-
ment sanguinaires, et par la lchet des
autorits, qui jamais n'ont subi le chti-
ment mrit par cette infamie; la mmoire
de ces vnrs martyrs de nos liberts,
La Rpublique Cubaine vient offrir son
homage d'amour de confraternit et
d'inextinguible respect.


GOUTTE D'EAU

S'emprunt national Espagnol a
t covert dans des conditions
telles, que nous n'aurions ja-
mais os esprer une dmons-
tration aussi clatante de notre
conviction, savoir : que l'Es-
pagne est et se sent perdue.
C'est la suite et la fin pro-
chaine de la folie.
Le grand politique, le politi-
que ,monstre, comme ils l'ap-
pellent orgueilleusement, n'a russi qu' donner la
measure de son enttement et de son manque d'op-
portunisme.
Il avait pourtant la parties belle : lefiasco de l'em-
prunt l'tranger, en mme temps qu'un enseigne-
ment salutaire, lui offrait la meilleure occasion
d'une retraite honorablement motive.
Le grand politique n'a rien comprise de tout cela.
Il a solennellement promise, pour le mois de m'ai,
d'abandonner les Cubains eux-mmes, s'ils persis-
taient, cette poque, vouloirs'arracher des bras
de la martre patrie; en avanant simplement de
quelques mois cette determination inevitable, il
pouvait rendre sa Patrie le seul service bien evi-
dent de toute sa carrire politique.
S-II ne l'a pas fait.
Que-reprsentent en effet les 400 millions du:der-
nier emprunt? Permettent-ils pour un long temps
la continuation d'une -guerre qui cote une cinquan-
taine de millions par mois?
D'aprs le Correo le produit de l'emprunt aura
t de 372 millions; or, de ce chiffre il faut dduire :
6o millions pour la Banque 'de Paris, 5o millions
pour l'opration des douanes, 20 millions pour la
(; Transatlantique, 31 millions pour les advances des
Tabacs et 80 millions pour le ministre d'Ultramar;
il ne restera donc que 129 millions disponibles, c'est-
-dire de l'argent pour deux mois, peine.
D'ailleurs, l'Espagne en a assez; saigne aux
quatre veines, elle n'a qu'un seul dsir : la termi-
naison de la guerre.
L'emprunt national est un mensonge.
Quels en sont les souscripteurs? Est-ce l'Espa-
gne ? Est-ce le people? Sont-ce les petits qui sont
accourus, foule patriotique, .pour joindre leurs
offrandes et sauver l'honneur du drapeau ?
Non! le people d'Espagne ne possde que son
sang et sa chair et il a donn largement sa chair et
son sang, jusqu'au jour o l'iniquit de la guerre
lui est apparue.
Les souscripteurs, ce sont les grands, ce sont les
gras d'Espagne, poigne de bandits galonns qui
constituent le dessus du panier; ce sont les int-
resss la guerre, les dtenteurs de grasses pr-
bendes et de privileges inous, don't Cuba est reste,
jusqu' ce jour, la meilleure vache laitire.
Ce n'est donc pas la nation que le monstre s'est
adress, mais aux siens seuls, et il leur a dit :
C'est pour vous que je fais la guerre; c'est pour
assurer votre existence, votre raison d'tre avec le
dessert de vos tables, la graisse de vos ventures et les
orgies de vos nuits, que je travaille et que je lutte
avec cette opinitret que vous ne pouvez empcher
d'admirer, en perdant Cuba, et ce que Cuba nous


donne depuis quatre sicles, voil ce que vous
perdez!
Il m'a fallu des hommes, j'en ai eu.
J'avais besoin d'argent, j'en ai trouv.
Les hommes sont devenus rares et je n'ai plus
d'argent! A dfaut d'hommes, en gardant bien nos
ports et nos frontires, je trouverai encore des en-
fants pour porter nos armes, quant nos coffres
vides, nos coffres vids pour vous, c'est vous seuls
de les emplir!
Du reste, hsitez simplement, et j'abandonne la
partie-en me lavant les mains (sic), on me dchar-
geant sur vous tous, hommes de guerre ou de fi-
nance, de la responsabilit des vnements ve-
nir!
Ainsi parla le Monstre et tous les siens, hurlant
de la douleur prochaine, dans un pressentiment du
dnouement fatal, levrent lui leurs mains trem-
blantes, charges de ce peu d'or qu'ils n'apportent
que pour leur salut....
Une goutte d'eau dans un gouffre!
Frre Jacques.

-------- -*------

INNOGENTS !

Comme une protestation de la justice foule aux
pieds ; comme une maldiction de la loi outrage et
comme le cri le plus profound et le plus clatant du
people cubain, cette inscription est la seule qu'on
se sur le monument don't nous reproduisons la
gravure aujourd'hui :


Innocents !
SOui, innocents; ils l'taient les tudiants en m-
decine de l'Universit de La Havane:
Alonso Alvarez de la Campa;
Jos de Marcos y Medina;
Carlos Augusto de Latorre ;
Eladio Gonzalez Toledo;
Pascual Rodriguez Prez ;
Anacleto Bermudez;
Angel Laborde ;
Carlos Verdugo;
fusills La Havane, le 27 novembre 1871, pour le
prtendu crime d'avoir profan la spulture du jour-
naliste espagnol Gonzalo Castafnn, fondateur et
directeur du journal espagnol La Vo de Cuba.


Ce jour-l fut un de ceux pendant lesquels la fro-
cit de l'Espagne fut dchane avec le plus de force
dans l'ile de Cuba. Les volontaires espagnols, dans
leur immense majority, mconnaissant les autorits
effrayes, qui n'osrent mme pas faire usage de leur
prestige, demandrent la tte de jeunes tudiants qui
n'taient coupables d'aucun crime.
Mais nous laissons la parole un crivain fran-
ais, M. Hippolyte Piron. Voici comment il s'expri-
me dans son livre L'lle de Cuba, page218 (Paris,
1889) :
A La Havane, ils (les volontaires) se sont dis-
tingus par une prouesse qui a eu du retentissement
jusqu'en Europe. Les journaux d'Angleterre et de
France en ont parl. Cela se passe au mois de no-
vembre de l'anne 1871. Quelques tudiants en m-
decine, en attendant l'heure des course, se prominent,
entrent dans un cimetire et, sans penser mal,
cueillent des fleurs sur les tombes. Par malheur
pour eux, ils sont vus, et deux jours aprs ils sont
tous arrts; enferms dans une prison. Aprs avoir
rcus un premier conseil de guerre compos par
les soins du gnral Crespo, les volontaires se con-
tentent d'un second presque entirement tir de leur
corps et tout dispos servir leur cruaut. Sur qua-
rante-cinq, accuss. qui comparaissent, huit sont
condamns mort, trente et un quatre et six ans
de galres. Ces derniers, aprs un martyre de plu-
sieurs mois, ont t gracis.; mais les autres durent
subir leur peine immdiatement: le plus g d'entre
eux avait vingt ans et le plus jeune n'en comptait
pas seize
C'est la mmcire de ces martyrs qu'a t lev le
monument que nous reproduisons et qui est dO au
ciseau d'un artiste de talent, M. Joseph Vilalta de


Saavedra, notre compatriote; ce monument rappelle
un des assassinate juridiques les plus monstrueux
don't l'histoire ait fait mention.
En publiant cette gravure, ainsi que les portraits
de deux hommes qui ont bien mrit de la Patrie:
Federico Capdevila et Fermin Valds Dominguez,
La Rpublique Cubaine ne rend pas seulement
l'anniversaire qui tombe demain, l'hommage d
ses compatriotes sacrifis par le gouvernement espa-
gnol de tous les temps; elle rappelle aussi la Civi-
lisation et l'Humanit un des innombrables crimes
commis Cuba par une mtropole despotique et
barbare.


*


1


DSASTRE & FUITE DE WEYLER
MOVEMENT A PORTO-RICO

La fameuse champagne du gnral Weyler vient
d'aboutir un dernier et ridicule dsastre : c'est
un fait accompli que le chef des forces espagnoles
vient de fuir prcipitamment de Pinar del Rio et
de rentrer par mer La Havane avec une telle
precipitation que le gouvernement espagnol n'a
pas mme eu le temps d'annoncer habilement
au public cett nouvelle inattendue et dsastreuse
pour la politique espagnole Cuba. Dans la m-
tropole, aussi bien que parmi les Espagnols de
Cuba, cet vnement a produit la plus grande
dmoralisation; et en mme temps qu'on reproche
Weyler la dfaite qu'il vient de subir, on de-
mande, de toutes parts, qu'il soit immdiatement
remplac. Ceci confirm, avec clat, le triomphe
que vient de reporter le gnral Maceo sur les
40,000 hommes qui lui. ont t opposs et sur le
fameux plan de champagne du gnral Weyler.

On announce de Porto-Rico qu'il vient de se
produire un movement rvolutionnaire qui,
par suite d'un malentendu dans les combinaisons
de la dernire heure, a empch la ralisation du
plan des librateurs. On dit que les plus compro-
mis ont russi se rfugier Santo Domingo et
a se soustraire ainsi la frocit du gouverneur
de l'le, le gnral Marin, qui est dans une grande
inquitude par suite de l'extension du mouve-
ment qui s'affirme chaque fois davantage parmi
les Porto-Ricains.


SOUVENIR


HISTORIQUE


Le 25 juillet 1511, le cacique IIatuey qui avait
t fait prisonnier aprs avoir combattu comme
un lion, fut brl vif. Parlant de ce fait, William
Robertson, dans son Histoire d'Amrique (tome
I, page 245) s'exprime ainsi :
Quand Hatuey eut t attach au poteau pour
tre brl, un franciscain s'effora de le convertir, lui
promettant qu'il jouirait immdiatement de tous
les dlices du ciel, s'il embrassait le christianisme.
Y a-t-il des Espagnols dans ce lieu de dlices
don't vous me parlez, demand Hatuev aprs un mo-
ment de silence.
Oui, rpondit le franciscain, mais ceux-l seu-
lement qui ont t justes et bons.
Le meilleur d'entre eux, rpliqua le cacique in-
dign, ne peut avoir ni justice ni bonte. Je ne veux
pas aller en un lieu o je pourrais rencontrer un
seul individu de cette race maudite .,
Si l'on se souvient qu'en mai 1873 fut brl
par les Espagnols, dans la ville de Port-au-Prince,
le cadavre du grand Ignacio Agramonte, on cons-
tatera clairement qu'il est impossible de dire avec
Quintana : C'est la faute de l'poque (Culpa
(Iel liempo fued).


Iirixac ezits !


i 1,1,





26 NOVEMBRE 1896.


On a dit avec raison qu'il tait tacile de mesurer
la dcadence d'un people au mpris qu'il professe
pafr k justice et' le' dpait. Aussi ne sauriortsaous.
.4dmettri, avec N. Cornlydu Gaulois, que fra ~mai'e prise dans sa masse intellectuelle refuse sa
sympathie aux Cubains luttant pour la libert et fait
des, voeut pour l'Espagne officielle luttant pour le
d*efgtis ime; Si nous admettions pareille normit-,
il, nouts faudrait reconnaiire en mnme tem ps que
nous avons cess d'tre le people ardent et vigou-
reux d'autrefois pour devenir une poussire d'hom-
mes que la preriire tempte dispersera.
Il est donc prfrable de penser qu'en ceci comme
en bien des choses M. Cornly se trompe. N'est-il
pas de ceux qui tiennent l'lite de la. nation fran-
aise pour acquise la monarchie? Quand on com-
met des erreurs de cette importance sur une ques-
tion qui nous touche si directement et qu'il est si
facile d'lucider, comment se flatterait-on de connal-
tre les vritables sentiments du pays sur des ques-
tions moins nettes ?
La vrit est que beaucoup de nos compatriotes
n'ont pas encore pris parti dfinitivement pour les
Cubains, parce qu'ils ignorent ce qui se passe
Cuba libre. Nous n'avons eu jusqu'ici pour nous
clairer que des informations et des articles rdigs
Madrid.
Notre press ne nous a servi, inconsciemment
nous voulons le croire, que des renseignements.
mensongers manant de l'ambassade d'Espagne. Il
n'est pas surprenant aprs cela que 'nul courant
,puissant d'opinion ne se soit form parmi nous en
faveur des rpublicains cubains et que nous avons
conserv quelques doutes sur la lgitimit de leur
cause. Comment s'intresser, en effet, un ramassis
de bandits ne poursuivant d'autre but que l'incendie
et le pillage ?
Mais peu peu la press parisienne restant muette,
on est all chercher ailleurs la vrit, dans les jour-
naux anglais, dans les journaux nord-amricains,
mme dans les journaux espagnols. Et alors la lu-
mire se fait. On ne tarde pas apprendre que ce
qu'on nous avait donn comme une rvolte de fli-
bustiers est en ralit, le soulvement de tout un
people las d'tre exploit et de vivre sous le joug
d'un des gouvernements les plus arrirs du monde.
On apprend, en outre, que tandis que les Cubains
combattent loyalement, rendent aux Espagnols les
prisonniers qu'ils leur ont fait, soignent les blesss
sans se proccuper de leur prove.nace, les soldats
espagnols, commands par un certain gnral Wey-
ler, fusillent tous les Cubains qui leur tombent sous
la main, achvent les blesss et tuent les enfants et
les femmes.
On apprend en outre, que le gouvernement espa-
gnol, depuis un an, trompe l'Europe sur les vne-
ments des Antilles, que tous ses bulletins de victoire
sont faux; que malgr les 2oo,ooo hommes qu'il en-
tretient Cuba, il se fait battre outrageusement et
n'ose mme plus sortir de la defensive. On apprend
enfin et ceci- est plus grave, plus significatif
aussi, que le people espagnol, le vrai people,
non pas celui qui vit de son pays, mais celui qui
travaille et qui meurt pour lui, souhaite ardemment
la fin de la guerre et va jusqu' fire des voux pour
le succs de ses frres cubains. Lisez les journaux
indpendants de la pninsule, M. Cornly, et si vous
n'avez ni le temps ni la possibility de les lire, voyez
dans nos dpartements de la frontire, les milliers et
les milliers d'Espagnols exils volontairement pour
ne pas prendre part une lutte qu'ils[rprouvent.
Vous comprendrez alors pourquoi quelques rpu-
blicains franais trouvent non pas plaisant come
vous le dites, mais just d'adresser aux insurgs
cubains des encouragements et aux Espagnols con-
tinentaux des appeals pour les inviter chasser leur
gouvernement monarchique et se mettre en Rpu-
blique.
Et en agissant ainsi, les rpublicains franais res-
tent fidles l'esprit et au gnie de leur race. Ils
savent que la France n'a t grande que par son ar-
deur faire siennes toutes les causes justes; et ils
souhaitent que cette cause de grandeur ne dispa-
raisse pas. Ils le souhaitent d'autant plus que, dans
un certain milieu, dans le milieu o vit M. Cornlv,
on s'efforce de nous faire croire que nous avons
perdu toute vigueur et toute gnrosit.
Louis Casabona.

---------*c-------

A LA EPOCA DE MADRID

A la date du 20 octobre dernier, La Epoca
nous reprochait de rpandre de fausses nouvelles
relativement aux mauvais traitements don't sont
victims les Franais ;i Cuba de la part des Es-
pagnols. Or, un journal franais publiait la nou-
velle suivante, le 1i novembre pass :
M. Hanotaux, notre ministry des affaires tran-
gres, a obtenu du gouvernement espagnol des pour-
suites contre les soldats espagnols qui avaient mal-
trait Cuba notre compatriote Lassaile.
D'autre part, nous lisons que M. Rleverseaux,


notre ambassadeur a Madrid, vient d'avoiar mi'
longue conference avec M. Cinovas.
L'officieuse Epoca voudra-t-elle s'enqjititraua-
prs de son inspirateur du rapport qui existed'
entre-aesdeux iin.uelle ?.

--------*-------

LESPAGNE AUX ESPAGNOLS!


La, monarchie ai puis l'Espagne: d7hommes et
d"'argent, ii.ie son. credit, forc larvolte ses
colonies pressures outrance et livres la
merci de soudars ou d'inquisiteurs.
Dsormais, Cuba peut tre considr comme
libre et il est vraisemblable que les Philippines
ne tarderont pas l'tre galement.
A la dmocratie rvolutionnaire de la pnin-
sule de fire oeuvre de salut public.
Ceux qui, dans la grande le en rvolte, se
sont inspirs de l'pope franaise de 1793, font
la guerre au gouvernement despotique et clerical
d'Alphonse XIII. Ils n'englobent nullement dans
la mme excration les W.iyl-'r etles' Pi y Mar-
gall, les fusilleurs galonns de La Iavane et le
people malheureux don't on enlve de force les
fils pour les transformer en bourreaux. La con-
duite gnreuse des flibustiers qui soignent
leurs ennemis blesss et rendent la libert a leurs
prisonniers montre de quels sentiments ils sont
anims.
Eh bien il y aussi des Espagnols qui ne veu-
lent pas se transformer en fusilleurs au service
d'une monarchie maudite. Le nombre immense
de dserteurs et d'insoumis soixante mille -
qui ont pass les frontires franaise et portu-
gaise, pour ne pas aller se faire les aides-bour-
reaux des Weyler et des Blancs, en est la preuve
irrfutable.
A eux, ces hammes conscients des ides de
justice et de dignit, aller jusqu'au bout. Qu'ils
opponent une autorit despotique non plus la
force d'inertie, mais la force active. Qu'ils pro-
testent et non par des paroles manifestent
et s'insurgent.
Que les rpublicains que la comdie politique
n'a pas irrmdiablement vicis se reprennent;
que ceux qui ont un idal autre que la conqute
d'un maroquin relvent la tte. S'ils le veulent,
la situation est eux.
Une fois la monarchie balaye, l'Espagne, tout
en respectant la liberty conquise par les esclaves
d'hier, saura panser ses places et, transformant
dans le sens du progrs et de la libert ses insti-
tutions sociales, reprendre le rang que ses tyrans
lui ont fait perdre.
Cuba aux Cubainst Les Philippines aux Phi-
lippins! L'Espagne aux Espagnols I Et la libert
pour tous!
Cosino.
-,,,--- -- ---


COMIT FRANAIS DE CUBA LIBRE


Nous recevons du Comit Franais de Cuba Libre
communication de la cinquime liste d'adhsions,
qui porte les noms de
MM. le docteur James Dupont, ancien consul de
France Guantnamo (Cuba) ;
Henri Degron, de La Plune:
Valry, secrtaire de la Ligue Intransigeante,
de Paris;
Ltrillard, de la Ligue Intransigeante;
Louis Guano, ingnieur.
Le Secrtaire,
Achille Steens.



-- *
L'OPINION EN ESPAGNE


El Nuevo Rgimen, Madrid:-Que nous diraient,
si nous pouvions les entendre, les milliers de mal-
heureux qu'on a transports Cuba, comme un
troupeau, grce au patriotism du marquis de Cor-
nillas, qui peroit plus de 30 douros par soldat
qu'il embarque!


La guerre des Philipines prend une tournure
beaucoup plus mauvaise que celle que nous atten-
dions tous. Comme Cuba, le moment est venu de
changer d'pe. On sait que l'pe est l'excuse de
tous les mauvais toreros. C'est elles qu'ils imputent
leurs coups rats. Polavieia va remplacer le gnral
Blanco que les prtres ont enfin russi dposer.
On dit que le gnral remplac est indign contre
les ordres religieux. Il a vu trop tard la cause des
msaventures de l'Archipel. Les insurgs semblent
avoir tous les jours plus d'entrain. On ne les
comptait que par centaines au dbut de l'insurrec-
tion. On les compete aujourd'hui par milliers. Cette
guerre suit la mme voie que celle de Cuba et l'on


va jasqu' souponner que les insurgs des Phili-
pines sont, eux aussi, aids par quelqu'un.
A. Cuba, nous avons subi une dfaite; c'est du
moins ce que nous laissent croire les rticences du
gouvernement relativement .ce qui slest' pass
Guimaro. Guimaro a t assig par les insurgs.
et tout fait penser qu'ils s'en sont empars,. On' dit
que l'e sige a dur dix jours. Il est trs.extraordi-
que le gouvernement manque de nouvelles claires
et dtailles .sur cet vnement qu'il a airssitt
essay de reprsenter comme dpourvu. d'im-
portance. On a galement parl ':.. ucuL p cette,se-
maine d'une blessure probable de'Maceo. Certain's
vont mme jusqu' affirmer qu'aprs avoir cd son
commandement, il s'est embarqu. Ce sont l nou-
velles mettre en quarantine. On a si souvent tu
Maceo sur le paper que, s'il mourait rellement,
nous ne le croirions pas.

El Globo,,Madrid : Nous perdons une anne
pour fortifier la trocha de Mariel- et la trocha de Ma-
riel ne sert rien. En supposant que les troupes
eussent'enferm: Maceo dans la province de Pinar
del Rio, cela quivaudrait enfermerles souris dans
le buffet.
.Personne ne nous assure que Maceo n'est pas ca-
pable de passer seul dans le dpartement oriental.
Or, come il y trouverait des forces gales , celles
qu'il aurait laisses Pinar del Rio, lesquelles ne
sont pas davantage une arme rgulire, il s'ensuit
que la Trocha est la carabine d'Ambrosio. L'impor-
tant pour les insurgs est d'occuper et de dtruire,
et, malgr laTrocha, ils occupent les meilleures
positions et dtruisent tout ce qu'ils veulent. Et, en
ce qui concern le bnfice tirer du pays, le gn-
ral Weyler sait ce qui s'est pass nous le savons
comme lui.
En attendant, le temps passe. Une montagne d'dr
a t engloutie. Des centaines de soldats meurent
dans des combats sans importance et l'on n'a aucun
espoir d'aboutir prochainement un rsultat d-
finitif.
En presence d'un chec aussi manifeste que celui
du gnral Weyler, le gouvernement aurait d de-
puis longtemps reliever ce chef de son commande-
ment. Il aurait d, en outre, rechercher les moyens
les plus propres empcher le gnral qui l'aurait
remplac de tomber dans les mmes erreurs. Ces
moyens existent. Les uns sont la porte du parti
conservateur; les autres, non. M. Canovas devait
appliquer ceux don't il dispose et s'ils ne suffisaient
pas, se retire. Voil ce que dicte le patriotism
quand il est autre chose qu'un mot, un fantme ser-
vant cacher des toiles d'araignes intellectuelles,
des vanits qui paraissent fminines tant elles sont
peu fondes.
Aujourd'hui, M. CInovas, en se faisant le soutien
du gnral Weyler, partage la responsabilt de ces
sottises dans toutes leur dplorable tendue, laquelle
commence aux jugements techniques et certain, et
va jusqu'aux dernires rumeurs du mcontente-
ment.

La Vo del Obrero, Ferrol :-Les soldats qui ont
le bonheur devenirmourir prs de leur famille ont
lieu d'tre satisfaits.
Le leader de la bourgeoisie, El Imparcial, a ou-
vert une souscription pour secourir les sold'ats ma-
lades.
Il et peut-tre t prfrable que ledit journal
mit en jeu ses influences afin que la guerre prit fin
une bonne fois.
Il et t dbarrass ainsi de la besogne que lui
donne la souscription et des frais auxquels l'obligent
les juntas qu'il a constitutes.
Et de leur ct les infortuns soldats seraient dis-
penss de rentrer blesss et malades.
Et mme, si ledit journal avait en cette affaire
perdu quelque popularity, qu'importait cela ?
C'est que la souscription pour les soldats malades
entraine.... la vente d'un grand nombre de numros.
Et grce la vente, les recettes augmentent.

D'opportunit :
Le clbre Perrone, reprsentant la maison Ansal-
do, de Gnes, a remis pour cette souscription cinq
mille pesetas.
L-dessus, la press quotidienne chante les louan-
ges de Perrone, oubliant qu'il n'y a pas longtemps,
lors de l'affaire des croiseurs, elle dit de lui pis que
pendre.
Ce ne fut pas pour rien que quelques journalists
espagnols allrent Gnes assister au lancement,
puisqu'ils oublient aujourd'hui comment la maison
Ansaldo soulag le trsor national de quelques
millions.
Il ne lui est pas difficile, avec ces millions, de dis-
poser en faveur de nos soldats de quelques milliers
de pesetas...
Un vieil adage dit : Du pain de mon compre
je donne mon filleul une bonne tranche.
C'est ce que fait Perrone, maudit hier, digne d'-
loges aujourd'hui.



AU PETIT REPUBLICAN > DE TROYES

On me met sous les yeux un article public pai
Le Petit Rpublicain de Troyes, don't l'auteur se
drobe prudemment derriere les initiales L. P. Cet


article, parmi d'autres insanits du mme genre,
content les plus basses accusations contre l'oeuvre
si loyalement entreprise par le Comit Franais de
Cuba Libre en faveur de la grande Antille: et. son
president Rochefort, que le:rdacteur de cetterfeuille
de chou salit vouloir le confondre avec ses amis.
Le Comit s'inquite fort peu de savoir si ses mani-
festations' dplaisent aux rtrogrades de la press
franaise; il lui suffit de les savoir tiles la
cause cubaine, bien autrement intiessante pour lui
que les cus que M. Chaovas a,'rcolts.en faussant
scandaleusement la'vrit. Il n'y a pas de comparai-
son soutenable, quoiqu'enm disent les.initiales L. P.
entire un people qui lutte comme le:peuple Cubain
pour son indpendance et un autre, le Chinois, qui.
s'oppose; l'invasion franaise. Soutenir Cuba, c'est
soditenir le Chinois ou le Hovas contre nous, con-
clut. notre confrre; non, c'est, implement' soutenir
le Droit contre la Tyrannie et la: libert contre:l'es-.
clavag.
Achille Steens..



HIER ET AUJOURD'HUI


Nous lisons, dans Le Temps du 23, cette d-
claration du gnral Weyler :
Je ne rentrerai La Havane qu'aprs l'entire.
pacification de Pinar del Rio .
Et, dans Le Temps du lendemain 24:
Le gnral,Weyler est arriv hier soir La Ha-
vane, venant par mer de Mariel (province de Pinar
del Rio). Il a pris cette route cause des difficults
des communications par terre.
Bien que les fanfaronnades espagnoles repro-
duites par les journaux parisiens ne qous.
tonnent plus, celle-ci surpassait trop la measure
pour que nous la laissions chapper. Ce foudre
de Weyler, qui voulait tout pacifier avant de
gagner un repos bien mrit, est rentr prendre
ce repos avant que d'avoir rien: pacific. Ce
destructeur de moulins vent tait tout au
plus bon commander une arme d'opra-
comique !


1 %


La press franaise, bien pensante et bien (?)
paye, ne tarit pas d'iloges sur le patriotism
espagnol propos de la sorscription de l'em-
prunt intrieur. Oh! les, belles priodes- sur le
dsintressement de nos voisins sur la vitalit
du cadavre nomm Espagne !'
Pourtant, nous ne voyons pas ce que le pa-
triotisme vient fire lit-dedains; le gouvernement
espagnol fait un emprunt avec les garanties des
douanes et le public, jugeant l'affaire bonne,
apporte des cus, qu'il avait si bien gards
jusqu'ici etqu'll n'avait jamais song offrir
la patrie, bien qu'il st combien elle en avait
besoin.


Pour La Libert,. Les Dbats, Le Gaulois,
etc., le meilleur patriote espagnol est, sans
contredit... Rothschild; puisque celui-ci, si on
lui avait donn la garantie des. douanes, aurait
avanc le fameux milliard.



Avec la garantie des douanes, Rothschild pr-
tait donc un milliard, tandis que la nation espa-
gnole ne prte, pour la mme garantie, que six
cents mlillions; par consquent, de deux choses
l'une: ou Rothschild est plus patriote que les
Espagnols, ou les Espagnols sont plus juifs que-
Rothschild.
Il n'y a pas h sortir de l, chers confrres.



Mais on se rappelle que M. Canovas avait
rpondu Rothschild, lui demandant les
douanes :
L'Espagne n'est pas la Turquie.
Ce joli mot qui, en some, n'exprime-
qu'une opinion qu'on peut partager ou non -
ce joli mot cote donc quatre cents millions au
Trsor espagnol.
Fier, mais bte M. Canovas ou, si vous aimez.
'mieux,:firement bte.


---- I::


1~P;e~.eC~l~;lr~n~;.






26 NOViEMBRE 1896.


Mais revenons i l'admiration sans bornes, la
tendresse que r,?ssentent nos co.nfrres :pour la
nation don'tt le. dernier roi vint t Paris, quelques
jours api.'- avoir t nomm colonel de uhlans.
Ls Espagnols prtent avec empressement
leur argent pour que leur gouvernement puisse
continue la guerre Cuba. En ce faisant,.les
Espagnols sont sublimes, c'est entendu ; vous
n'avez pas de mots pour exprimer votre admira-
tion.
Quel sentiment prouvez-vous pour les Cubains
qui donnent leur argent et leur sang pour la
libert du pays o,ils sont ns.?



Nos confrres ne peuvent ignorer que les
soldats cubains sont tous des volontaires, que
les .armes et les mnunitions don't ils -se servent
proviennent lorsqu'ils ne les Ont pas payes
de'letrs propres deniers- des dons que fodt
vtolontairemvent.-ceux 'qu'on 'appelle des flibus-
tiers; ils ne peuvent ignorer, d'autre part, que
le Trsor espagnol a dj encaiss un nombre
considerable de millions provenant du rachat des
Espagnols qui ne veulent pas aller Cuba; ils
ne.peuvent ignore, enfin, qu'environ 15,000 d-
serteurs espagnols ont franchi rcemment les
Pyrnes.
Ainsi, les Espagnols payment ou dsertent pour
ne pas se battre, tandis que les Cubains dsertent
le6us -foyers et patient pour se battre; les Espa-
gnols lri'''.lit de l'argent bons intrts et avec
une garantie de premier ordre,'tandis que les
Cubains donnent, chacun suivant ses moyens.
Les Espagnols, dites-vous, sont des hros; que
sont alors les Cubains?
Ah! je l'oubliais, ce sont des bandits; vous
no'is l'avez dj dit et redit.



Combien vous placez mal votre admiration,
votre sympathie! puisque vous savez que les
Espagnols combattent pour conserver une vache
lait, et les Cubains pour les droits les plus sa-
crs, les mmes droits que vos pres ont pro-
clams. '


Mais o sont les immortels principles ?
O sont d'Alembert, Condorcet et Diderot?
Bah! qu'importe? N'avons-nous pas L'Eclair',
Le Figaro et Les Dbats ?
..-----^- a1mb----


M. FEDERICO CAPDEVILA


Notre journal s'honore en publiant aujourd'hui le
portrait de M. Federico Capdevila, alors capitaine
d'infanterie espagnole.
M. Capdevila, qui est n en Catalogne, est un des
militaires .les plus honorable et les plus braves de
l'arme espagnole.
Dsign pour dfendre les tudiants en mdecine
devant le premier Conseil de guerre qui fut form,
le noble soldat pronona une defense brve, ner-
gique, digne et just, qui restera grave en lettres
d'or dans l'histoire de Cuba. En voici les dernires
paroles:


Messieurs, present depuis le commencement de
l'affaire, j'ai entendu la lecture de l'acte d'accusa-
tion, les dclarations et les tmoignages verbaux et,
ou. je suis fort ignorant, ou je ne trouve aucune,
absolument aucune trace de culpabilit. Avant d'en-
trer dans la salle, j'avais entendu raconter partout
que les lves ou tudiants en mdecine avaient
commis des actes de profanation et de sacrilge
dans le cimetiere ; mais, pour l'honneur de la
vrit, rien n'apparait dans l'enqute. O donc se
trouve le dlit, cette profanation sacrilge? Je crois,
et j'en suis fermement convaincu, qu'il n'a germ


que dans l'imagination obtuse qui fermente dans
l'ivresse d'un petit nombre de sditieux.
Messieurs, avant tout, nous sommes des soldats
honorables, des hommes de ceur. L'honneur est
notre guide, notre orgueil, notre devise. Nous trou-
vons du ct de l'Espagne toujours la noblesse,
toujours la grandeur chevaleresque, mais jamais la
passion, la bassesse et la peur. Le militaire fidle au
point-d''honneur nieutt son rposte; qu'on nous
assassine donc ; mais les hommes d'ordre, les
hommes civiliss, les nations, nous ddieront un
opuscule, une mmoire immortelle .
Il fut difficile, dit.dans son Livre le docteur Val'ds
Dominguez, ce noble militaire de terminer sa tche
humanitaire. En effet, du.groupe devolontaires qui
assistaient la stancee du conseil de guerre, de
bruyants murmures partaient qui n'avaient d'autre
but 'que de couvrir sa voix. Et, si 'le presidentt ne
l'avait pas oblig se cacher dans une chambre voi-
sine, quelque, chose de plus triste se serait pass. Un
des volontaires,;en effet, plus os que les autres,
essaya'de le souffleter et il dut mettre l'pe la
main'pourse dfendre. Aussi bien dans la cour de
la prison que dehors, on demandait l'a tte du
vaillant capitaine.
Il est inutile de dire que, depuis lors, M. Capde-
vila a t mis l'cart. La frocit espagnole ne lui
a jamais pardonn ce acte d'honneur et de courage
et il vient d'tre dport Fernando Poo, par ven-
geance de sa conduite exceptionnelle en 1871.

--------*.~$ I-------

LE DR. FErMIN V. i MlNl UEZ


La personnalit du Dr. Valds Dominguez com-
plte celle de l'honorable et noble officer espagnol
M. Capdevila.
Le Dr. Valds Dominguez est n La Havane.
Arriv en,Espagne, il se fit connaitre en publiant, Le
27 novembre I871,un livre dans lequel il protestait
contre les horribles assassinats commis par les vo-
lontaires de La Havane sur la personnel de huit tu-
diants en mdecine, ses condisciples.


De retour La Havane, aprs le Zanjn, il se con-
sacra l'exercice de la mdecine en mme temps
que, par sa collaboration la press ou ses discours
dans les Loges maoniques et les Socits d'instruc-
tion.et de rcration, il ne cessait de protester avec
la plus grande nergie en faveur des malheureux
assassins juridiquement par l'Espagne. La tnacit
du Dr. Dominguez dans sa pieuse autant que patrio-
tique entreprise, lui valut de devenir une personna-
lit; fait d'autant plus apprciable, si l'on tient
compete que dans ces temps de dcouragement,
d'indiffrence et d'esprances en l'implantation de
l'autonomie Cuba, pour la grande majority la cam-
pagne entreprise par Valda Dominguez passant
uniquement pour une obsession sans importance
et sans aucun profit.
Cependant, au moment o l'obstin Cubain lui-
mme n'y songeait pas, un journal de La Havane
annona un soir que le lendemain martin M. Fer-
nando Castafin se rendrait dans l'ancien cimetire,
pour y recueillir les restes de son pre,Don Gonzalo,
afin de les transporter dans son pays, les Asturies.
On tait au 14 janvier 1887. A la premiere here du
martin, M. Castafnn et d'autres Espagnols se trou-
vaient dans le cimetire. Le Dr. Valds Dominguez
s'y rendit son tour, et, s'adressant M. Castafin,
il le pria de lui donner, pour rendre homage la
vrit, une lettre constatant qu'il avait trouv intact
le tombeau de son pre. M. Castafn accept, et le
lendemain La Havane tait mue par la ratification
crite de la vrit : les tudiants en mdecine n'a-
vaient pas commis de profanation; l'Espagne avait
fusill huit enfants innocents; la tnacit de Valds
Dominguez tait couronne par la gloire du
triomphe.
Immdiatement, Valds Dominguez fit imprimer
une nouvelle dition de son livre, notablement
augmente de l'histoire de la rehabilitation de ses
camarades fusills et de ceux qui, comme lui,
avaient t emprisonns, et il commena lui-mme
.le magnifique monument construit par souscrip-
tion, dans le cimetire de La. Havane, la mmoire
des tudiants fusills.


Plus tard, il prit sa charge la direction de El
Cubano, journal fond par M. Antonio Zambrana ;
mais quelques mois aprs, convaincu de l'inutilit
de toute action autre que l'action rvolutionnaire,
il abandonna le journalism et alla s'tablir dans la
parties orientale, o ilput-tudier avec fruit les pr-
cieux lments sur lesquels on pouvait computer
pour notre second guerre de l'indpendance. Il
passsa ensuite aux Etats-Unis et, ds que le cri de
Fvrier et t pouss, il entra dans l'expdition
des gnraux Roloff et Sanchez, qui, ainsi que le
savent nos lecteurs, dbarqua heureusement
Cuba.
'Il fut lu sous-secrtaire des Affaires Etrangres
dans l'Assemble Constituante, aprs avoir pris part
l'invasion de la parties occidentale de l'ile et tous
les combats livrs cette poque.
Intelligent, opinitre, patriote et discipline, le Dr.
Valds Domingnez a dj gagn largement la recon-
naissance de la Patrie.

--------*< -i------


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du 17. M. Esteban Cspedes, citoyen des
Etats-Unis a t expuls de l'ile de Cuba.
On donne comme certain que l'Espagne a reu
une note d.aille des rclamations des citoyens
franais molests, dans leurs personnel ou leurs
biens par les Espagnols de Cuba.
A la date du 26 octobre dernier, on anncnce de
Santiago de Cuba l'Herald que plusieurs Cubains
ont captur le paquebot Porvenir qui transportait
de Baracoa des provisions au croiseur Jorge Judn,
dans la baie de Nipe. Aprs avoir dbarqu le char-
gement, les Cubains brlrent le navire et conduisi-
rent l'quipage devant le brigadier Ruenes. Celui-ci
fit mettre en libert trois matelots de nationalit espa-
gnole et en garda un, qui tait-Cubain, prisonnier.
On announce des Etats-Unis qu'on vient de
commencer l'enqute de l'affaire du colonel cubain
Nufiez et de M. Dickman, accuss de complicit
dans la dernire expedition du vapeur Laurada
On dit que'le gnral Maceo se trouve San
Juan Contreras (i) et que ses avant-postes sont
quatre lieues d'Artemisa.
On announce que le gnral Maceo a livr un vif
combat aux troupes du gnral Weyler et les a chas-
ses, diffrentes reprises,des fortes positions qu'elles
occupaient. On announce, en outre, qu'une vive lueur
a t aperue pendant toute la nuit dans la direction
de Pinar del Rio. Il est probable que plusieurs
villages ont t incendis.
Le capitaine Demetrio Garcia Villalba est mort
du vmito Guanajay. Deux autres officers atteints
de la mme maladie sont toute extrmit.
On dit que le gnral Wevler est toujours dans
les lomas de Soroa.
Des commissions ont t formes la Havane
pour demander tous de contribuer ce qu'elles
appellent l'trenne du soldat. Les Cubains se voient
dans l'obligation de donner ce qu'ils ont, sous peine
d'tre poursuivis et condamns la deportation
come suspects.
Du rapport official espagnol relatif aux opra-
tions dans la province de Puerto Principe, il rsulte
que le gnral Jimnez Castellanos a quitt las
Minas (2) le 3, et a d soutenir huit escarmouches
contre des forces cubaines. Le 4, vigoureusement
attaqu pendant six heures, il a t oblig de se ser-
vir de l'artillerie et a russi, avec de trss grande
difficults et de nombreuss pertes, se rfugier le 5
Cascorro (3), o il fut attaqu de nouveau pendant
la nuit par les Cubains. Le combat dura jusqu' six
heures du matin. A ce moment, le gnral Jimnez
Castellanos, voyant qu'il ne pouvait ni dfendre le
village, ni fire face nos forces, rassemble la gar-
nison et les garnisons voisines et battit en retraite
par la route de San Joaquin. Pendant tout le trajet il
fut constamment assailli par les Cubains, qui n'a-
vaient d'autre but quede lui cause le plus grand
nombre de pertes possible.' A leur sortie de cette
route et arrivs sur le terrain connu sous le nomin de
Palmnarito, o les Cubains avaient choisi une ex-
cellente position, les Espagnols eurent subir la
dernire et la plus important dfaite qui ait marqu
cette affaire. Attaqus la fois sur le front et sur
les flancs, ils durent battle en retraite et' se rfugier
San Miguel (4)- Les Espagnols avouent vingt morts
seulement et cent seize blesss, parmi lesquels, un
commandant et un lieutenant: mais on cait que
pendant la dure de cette operation dsastreuse ils

(r) San .Judn Contreras. Nous supposons qu'il
s'agit de San Juan dtl Sur, faubourg rura! du terinme
de Candelaria, province de Pinar del Rio. ",. de
la R.
(2) Minas.- Village situ sur !a aligned' Nuvi'tas
' Puerto Principe et 40 kilom-trec de cette 'dr:;ire
ville. A. de la R.
(3) Cascorro, village du term de Puerta Princi;pe,
68 kilomtres de cette ville. A. de [a R.
(4) San Miguiiel. Village du tcrm'" de Nu vita:.
Province de Puerto Principe. N. de ik R.


ont enterr un nombre de morts beaucoup plus con-
sidrable que celui qu'ils avouent.
Un tlgramme de Cadix public par La Epooa
d'hier dit que parmi les onze dports arrivs par le
Buenos-Aires figure M. Escobar, rdacteur ,n chef
du priodique autonomiste La Discusidn. Escobar
considre comme injuste l'ordre d'exil qui pse sur
lui et il croit qu'aprs avoir expliqu sa conduit,
il pourra se dispenser d'aller Fernando Poo. Le
dport Dr. Montalvo a crit au comte de Ma-
curiges, M. Labra et d'autres personnel, pour
leur demander de ne pas tre envoy sous un climate
meurtrier. Il se defend d'tre sparatiste et dit qu'on
n'a trouv chez lui aucun document de nature le
compromettre. Un autre dport, nomm Cenattreu,
est le neveu du commandant du gnie D. Juan
Gayoso, qui est all de Madrid pour le voir.
Cenattreu dit que le gnral Weyler l'a condamn
l'exil simplement parce que sa famille est avec les
insurgs.
Du i8. 800 malades sont arrivs La Havane.
On en attend de nouveaux.
Dans sa march sur San Cristobal (i), le gn-
ral Gonzalez Mufi6z a eu 'un apitaine et un soldat
tus et vingt-cinq blesss.
En ce qui concern la nouvelle politique du
New-York Herald, on sait de bonne source que 'le;
correspondent de ce journal Madrid'a, sur l'ordre'
de M. Gordon Benett, propritaire du Herald, rendu
visit M. Canovas del Castillo, afin de lui faire'part
du changement qui va s'oprer dans ladite publica-
tion relativement la question cubaine. La nou-
velle a d tre, sans doute, fort dsagrable M. Ca-
novas et ses collgues du gouvernement.
Les Cubains ont tir sur le quartier-gnral es-
pagnol d'Artemi'sa (2). Le gnral Weyler lui-mme:
s'est vu oblig de dormir, cette nuit-l, sur la terre
nue, avec une pluie ininterrompue, et sans avoir
soulement un biscuit manger. Les communica-
tions, en effet, avaient t, ce moment, complte-,
ment interrompues, grce aux surprenantes conibi-
naisons du gnral Maceo.
Dans la march qu'il a effectue le 13 t le r4,
c'est--dire pendant vingt heures, le bataillon des
Arapiles s'est trouv dans une situation absolument
critique. Abahdonn par son guide pendant la nuit,
et sous une pluie torrentielle, il perdit son chemin
et tomba dans les terres en friche. C'est grande
peine qu'il a pu se retrouver et arriver avec un re-
tard srieux et un nombre considerable de ma-
lades.
Les colonnes e'pagnoles places directenment
sous les ordres de Weyler continent dtruire les"
plantations et les tablissements qu'elles rencontrent'
dans la province de Pinar del'Rio.
On a install un nouvel hpital Candelaria,
alin de pouvoir soigner les nombreux blesss et les
nombreux malades existant depuis que le gnral
W'eyler a commenc ses operations. Le nonibre des
hpitaux du Mariel et de Pinar del Rio a t gale-
ment augment.
Les rapports des chefs et des officers font con-
naitre qu'il est absolument impossible de mener
plus activement les operations de Pinar del Rio. On
sait que, dduction faite des blesss, des malades et
des forces employees conduire les convois, il ne
reste de disponible pour les operations que la moiti
du contingent sur lequel comptaient les Espagnols.
Les gnraux Gonzlez Mufinz et Wevler font,
en ce moment, un movement combin, le premier
au Nord, le second au Sud.
Le colonel Moncada announce qu'il a soutenu
pendant trois heures un combat dans les lomas de
Grillo (province de La Havane) et qu'il a d battre
en retraite aprs avoir eu six morts et trente-huit
blesss, parmi lesquels un capitaine et deux lieute-
nants.
Du ig.- On announce de La Havane que M. Soto,
ex-prsident de la Rpublique du Honduras, est
mort dans une rencontre, dans la province de La
Havane, - a tte des troupes cubaines qu'il com-
mandait.
On announce pour demain le dpari en campa-
gne de quatre bataillons de volontaires de La Ha-
vane.
Le general Gonzalez Muflz a cd, pour cause
de maladie, le commandment de sa colonne dans
la province de Pinar del Rio. Il est atteint de dys-
senterie. Le gnral Bernal le replace.
On constate le rapid changement qui s'opre,
en faveur de la cause cubaine, dans les rares jour-
naux des Etats-Unis qui avaient, jusqu' ce moment,
soutenu le gouvernement espagnol.
La nuit dernire, dans les environs de La Ha-
vane, des forces du bataillon de Orden Piiblico, em-
busques. ont fait feu sur quatre individus qui, d'a-
prs les Espagnols, se rendaient auprs des rvolu-
tionnaires. Mais on sait qu'il ne s'agissait, en ralit,
que d'un coup prpar pour assassiner certaines per-
ssnnes indiques. Deux d'entre elles ont t tues,
les deux autres ont russi fuir. A La Havane mme
d:x Cubains ont t arrets come suspects.
Plusieurs de ceux qui formaient la garnison de
Cas;orro sont arrives La Havane.

(!) San Crislobl. Terme municipal de la pro-
vince de P-inar del Rio. Plus de 4,5300 habitants. -
'N. de la R.
() .lArlemisa. Terme municipal de la province
de Pinar del Rio, 7,0oo habitants. N. de la R.


>


~,p~p~~~~,ec~ap'~ne~




T'~~U~*-~I-IU-'Y~LYCI~YI~~1~(Y-IIPI I-I XI:--I--lliB i~


eL-- 26 NOVEMBRE 1896-- --- ---


Les Cubains ont fait drailler, par le moyen de
deux bombes de dynamite, un train au 72' kilomtre
de la,ligne-de la Vuelta Abajo. Plusieurs soldats, le
mcanicien et le chauffeur ont t blesss, non par
l'explosion, mais par les dcharges faites ensuite par
les Cubains. .' '
-.Le gnral Weyler a pass hier quelques mo-
ments Candelaria (i). Il est arriv cette nuit San
Cristobal. -
.Du 20'.- M. Belisario Zayas Bazn, patriote
cubain, est mort la fin du mois dernier,dans son ,
hacienda de la ville de Grecia(Costa-Rica).,
Il vient de paraitre, au Guatemala, un journal
El Grito de Yara, organe du club Cuba Libre, qui
fonctionne dans cette.ville.'
Prs de Punta Brava (2) les Cubains ont fait
sauter un train qui transportait.des renforts espa-
gnols. Plusieurs soldats ont t grivement blesss.
Le train a t compltement dtruit et l'opration
prpare par le general Weyler, et laquelle corres-
pondait cet envoi de renforts, a chou.
-M. Gins Escanaverino de Linares, ancien direc-
teur de La RegeneraciOn de Bayamo, vient d'arriver
de San Jos de Costa-Rica. Il se propose de publier
la second dition des Ecos de la Sel a, collec-
tion complete de la potesse Ursula. Cspedes. Cette
dition contiendra une prface crite par Carlos Ma-
nuel de Cspedes..
L'ex-gouverneur de laBanque espagnole est
part par le. vapeur San Domn ingo. :
On announce de La Havane qu'on ignore o se
trouve le gnral Weyler.
On announce de Mexico que les sympathies
pour Cuba Libre augmentent tous les jours. De Gua-
dalajara, on a envoy au president de la Rpublique
une petition pour lui demander de reconnatre les
Cubains come belligrants. Cette petition est si-
gne par mille huit cent trente citoyens, paimi les-
quels des banquiers, des mdecins, des commer-
ants, des avocats, des propritaires, etc. Une pti-
tion de mme nature a t envoye de Ozuluama
(Ett de Vera-Cruz).
Du 21. Crdenas (3) a t envahie par de nom-
breuses forces cubaines.
A Madrid'vient de paratre un livre: La guerra
separatist de Cuba, de 5oo pages, don't l'auteur est
M. Juan Bautista Casas.
Du 22. Aux Etats-Unis, le colonel cubain
Nfiez et M. Dickmann ont t acquitts par le
Jury. .
De Artemisa (4), on attend des nouvelles des
operations de Weyler combines avec celles du g-
nral Bernal et du colonel Segura.
2,225 malades de la fivre jaune sont arrives
La Havane, venant de la province de Pinar del Rio.
i,50o malades sont rests San Antonio de los Bafos.
I,3oo soldats du gnralWeyler ont t envoys dans
les hpitaux Candelaria. A La Havane, il y a ac-
tuellement 12,500 malades. L'installation de nou-
veaux hpitaux rencontre d'insurmontables difficul-
ts, tous les difices publics tant affects cet
usage.
Les Cubains maintiennent l'offensive avec des
forces importantes sur Santiago de Cuba, Cama-
gey et Las Villas.
La situation de Maceo Pinar del Rio est meil-
leure que jamais.
Un Canadien, nomm d'Albrigeon, a t tu
Cienfuegos. La rumeur publique accuse le gnral
espagnol commandant le district d'avoir t l'insti-
gateur de ce crime. Le gouvernement anglais in-
forme.

.---------^.--------

AUTORIT ESPAGNOLE

S'il existe en ce moment une guerre Cuba,
c'est nous et nous seuls qu'en est la faute.
Francisco Pi y Margall.

------ -*- ------- '-

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Fraternity: -Le 24 fvrier 895, la Rvolution
clatait Cuba. Depuis bientt deux annes, Cuba
lutte contre l'Espagne. Avec le mme acharnement,
sinon avec I'a mime cruaut, les combatants luttent
d'efforts hroques qui feraient honneur aux uns
come aux autres, si les uns n'taient les dfen-
seurs du droit:et de la libert mconnus et opprims
par les autres. Cuba, au prix du sang de tous ses en-
fants, veut conqurir son indpendance;' l'Espagne,
par ses.armes nombreuses, don't les riches ne font
pas parties en payant la prime rglementaire, veut
tout prix maintenir la grande le sous son autorit
et continue ainsi son systme de parasitisme. Aux

(t) Candelaria.- Termn municipal de la province
de.Pinar del Rio..Plus de 6,ooo habitants. N. de
I: R. ..
(2) Punta'B>;ava. Appartenant au terme muni-
cipal'de Bauta, province de La Havane. N. de
la R -"
(3) Carde nas. Situe '39 kilomtres de La
Havane. N. de la R.
(4) Artemisa," Ville de 7,500 habitats, sige
des operations' de la Trocha de Mariel-Majana. -
.\. a la R.


yeux de tous, il apparait clairement que les Cubains
combattent pour une cause just et sainti.; -
.On est donc quelqu'e peu surprise que-la, l.ltte in-
gale soutenue de l'"autre ct de l'Atlantique par ces
braves rvolutionrinaires, ne troui e pas un cho plus
favorable dans la press europenne. En .France,
notamment, bien des journaux sont hostile .la
cause cubaine. Le Matin et La Patrie, avec son r-
dacteur en chef, M. L.: Millevoye, se font.remarquer
au premier rang. M. Millevoye oublie, sans doute,
que c'est faire acte'd'antipatriotisme que. de rabais-.
ser la France jusqu' demander qu'elle souscrive,
par son silence, aux massacres d'Armnie en Orient,
et l'crasement des Cubains en Amrique, elle qui
avait mrit le titre glorieux de nation mancipa-
trice, en faisant les Croisades et en aidant les Etats-
Unis proclamer leur indpendance.
Mais, pour la bonne renomme de la gnreuse
press franaise, il s'est trouv quelques journaux
rpublicains pour plaider la cause des insurgs.
L'Intransigeant, La Petite Rpublique et aussi Le
Petit Rouennais, journaux socialists , ont vail-
lamment expos les griefs de ces hommes qui, par
leur tnacit la lutte, font voir combien grandes
sont leur confiance et leurs esprances. Rochefort,
Ernest Roche, G. Rouanet et tous les socialists,
n'ont pas perdu, encore cette fois, l'occasion de d-
noncer aux Franais une bonne action accomplir.
Chose curieuse et qui prouve que la vrit, celle qui
ne laisse aprs elle aucun doute, parle tous les
ceurs o subsistent encore quelques nobles senti-
ments, M. Paul de Cassagnac, si peu habitu des
lans libertaires, abandonne le roi d'Espagne, qui est
un peu son maitre, pour dfendre, dans L'Autorit,
la cause cubaine. Il est toujours agrable d'enregis-
trer une belle action, qu'elle vienne d'un ami ou d'un
adversaire. Cela laisse esprer que tous les cours
non encore ferms au bien se runiront un jour pour
fltrir, d'une mme voix, la grande iniquit social.
Il me serait impossible d'numrer ici toutes les
causes qui ont pouss les Cubains se soulever ou-
vertement contre l'Espagne. Ce n'est pas, du reste,
la premiere fois qu'ilk essaient de'secouer le. joug
qui les opprime.


Le Phare du Commerce, Marseille : L'emprunt
intrieur a russi en Espagne, et ce, grce au patrio-
tisme forc des grosses fortunes qui, craignant la
chute d'un gouvernement sous la protection duquel
elles peuvent impunment s'taler, ont consent
sacrifier quelques milliers de pesetas, dans l'espoir
de voir continue l'tat de choses actuel.
.Malgr cet enthousiasme .plus apparent.que rel,
il n'y a pas en douter, l'expdition cubaine est im-
populaire en Espagne. Je n'en veux d'autres preuves
que l'migration continuelle des jeunes soldats con-
damns aller mourir dans la grande ile. Prs de
loo,ooo ont pass la frontire et envahi nos dparte-
ments du midi. Si l'Espagne perd Cuba c'est bien
par sa faute. Elle pourra faire son mea culpa .
Les procds des Corts et des Pizarro qui, au d-
but du xvi' sicle faisaient, l'aide de dogues nor-
mes, la chasse aux naturels, se sont perptus jus-
qu' nos jours. L'Inquisition rgnait encore Cuba
il y a peu de temps, et le compounto employ
rcemment par le 'nral Weyler, dans un interro-
gatoire, n'est autre chose que la torture.
Et l'on s'tonne que les. descendants du cacique
Hatuey..qui refusa, au milieu des tortures, de se lais-
ser-baptiser, pour ne pas aller dans le mme ciel que
les Espagnols, l'on s'tonne, dis-je, que ces hommes
se rvoltent!
D'ailleurs, au point de vue politique, il suffit de
se rappeler le massacre des tudiants en 1871, pour
avoir ide des moyens employs par l'Espagne, dans
le gouvernement de sa plus belle colonie. Dans un
autre ordre d'ides,.un coup d'oeil jet sur les statis-
tiques prove irrfutablementqu'au lieu d'augmenter,
le-commerce de-Cuba diminue. d'annes en annes
et, cependant,, la production pourrait au contraire
aller en croissant, puisque une grande parties de ter-
rains fertiles sont encore en'friche.
.. .. .. ... .. .. ........ .. .. . .. .. .. ... .. ..
Les Cubains ont dj leur actif de nombreuses
victoires et, de plus, la force morale que leur donne
l'espoir de la prochaine intervention des Etats-Unis.
Mak-Kinley a formellement port dans son pro-
gramme la reconnaissance de la belligrance aux in-
surgs, et l'on peut dire que le jour o le nouveau
President entrera la Maison-Blanche sera, pour les
Cubains, le jour du triomphe.
Mais, qui sait, ce jour luira peut-tre plus tt
qu'on ne le croit. Car. il faut que la situation soit
bien grave pour que le gnral Weyler se soit dcid
a se mettre la tte de ses troupes au lieu de conti-
nuer les diriger de son.cabinet.
C'est la dernire manifestation de la puissance es-
pagnole agonisante.
Quelles que soient les sympathies que nous prou-
vions pour l'Espagne, nous ne pouvons que consta-
ter les courageux efforts des Cubains. Aujourd'hui
une question se pose : La grande Rpublique euro-
perrne,. arbitre de l'ancien monde, ne doit-elle pas
tendre la main et souhaiter-la bienvenue aux Cubains
rpublicains, comme le font les Etats-Unis, nos al-
ter ego du Nouveau-Monde?...


:*


SRVOLUTION PHILIPPINE
SERVICE SPECIAL
rDE
.,D E ,. .




Du i9. -:A Mindanao, les indignes sont inter-
ns dans les prisons en tel nombre que plusieurs
sont norts asphyxis dans les cachots. Ces citoyens
ont t emprisonns sur. de simples soupons.:Les
rvolutionnaires se sont empars des fortresses
Mindanao; deux canonnires espagnoles ont chang
par .erreur des coups de canon et se sont fait de
graves dommages. Le vapeur Ile de Ludn a pass
Port-Sad transportant 97 dports des Philippines
parmi lesquels se trouvent deux femmes, don't une
accuse d'avoir tu plusieurs soldats espagnols dans
:un combat. Pour ce motif, l consul d'Espagne
Port-Sad l'a fait mettre la barre. Le movement
rvolutionnaire va s'accentuant aux Philippines, ce
qui rend la situation du gouvernement espagnol
chaque jour plus critique.
Du 21 Les Philippins se sont empars de
Mayumo. Le gnral Blanco est rentr Manille.

i------- -*--------

IL MONTE IL MONTE !!


Nous lisons cette laconique dpche :
Le change monte toujours, il est 26 fr. 45.
Jusqu'o ne montera-t-il pas ?




LES FINANCES ESPAGNOLES'


Du Nuevo Rgimen, Madrid :
-Sans les avantages accords au nouveau paper
au moment o on le prsente sur le march, per-
sonne, n'en aurait voulu. On l'met au type de.
93 pour roo avec un intrt, annuel de 5 pour ioo et.
un trs court amortissement de huitannes, payable
sur les entres des douanes par la Banque d'Es-
pagne, libre de tout impt present et future, privi-
lgi come jam.ais ne l'avait t, jusqu'ici, aucune
valeur. Et, mme dans ces conditions, il a fall
annoncer l'emprunt son de trompes, le recomman-
der dans les journaux, par des affiches et jusque
par des documents publics.
Il eut t possible d'attribuer ce movement au
patriotism, si les industries et les capitalistes,
pousss par la situation prcaire de l'Etat et par les
charges qui psent sur le Trsor, s'taient empresss
d'offrir leurs fonds sans intrts ni garanties d'au-
cune sorte, sans consentir ce qu'on affectt la
restitution du capital une de nos meilleures res-
sources, sans permettre qu'on augmentt, pendant
huit ans, de plus de 60,goo,ooo pesetas le chapitre:
de la Dette et qu'on songet couvrir, au moyen de
nouveaux impts, le deficit des douanes.
Mais, comme on n'a pas procd de cette fao'n,.
ce n'est pas le patriotism qui a pouss les sous-
cripteurs de.l'emprunt, c'est l'ordinaire appt du
gain. Ils vont ce qui leur offre le plus de bn-
fices, sans se proccuper de savoir si les dits bn-
fices ne leur seront pas fournis d'abord par les
contribuables et plus tard par cette malheureuse le
de Cuba, laquelle nous avons enlev les billets
bypothcaires mis en 1890 pour convertir les dettes
antrieures, recueillir les billets de la guerre prc-
dente et les traites de l'arme, et que nous char-
geons maintenant de 400 millions de plus, sans
computer les frais d'mission. L'mission de 1890 ne
s'levait pas moins de 875 millions.
Ah! nous voulons tromper les autres et nous
mmes; nous voulons cacher le chemin par lequel
nous allons au discrdit et la ruine. L'emprunt est
dtestable par les conditions dans lesquelles il a t
fait et ces conditions sont l'unique mobile, l'unique
appt des souscripteurs. Aujourd'hui comme tou'
jours, derrire le masque du patriotism se dissi-
mule la rpugnante figure de l'usure:.


Lorsque'la Banque d'Espagne a obtenu le droit
de porter i,Soo,ooo,ooo de pesetas le chiffre de sa
monnaie fiduciaire, elle. inspira. des craintes s-
rieuses et de graves mfiances. Conformment ce
droit, elle a mis l'heure, actuelle des billets pour
la some de 1,087,816,350 pesetas, alors :qu'elle
n'avait, il y a quatre ans, en circulation, que
814,284,375 pesetas. L'augmentation croissante de
cette mission a galement provoqti de nombreuses
alarmes.
Eh bien, malgr tout, le discrdit dans leqtiel
l'Etat est tomb est si grand, qu'il a d recourir
l'intervention de la Banque pour faire russir son
emprunt. Il a d lui confier la ngociation et le
paiement des obligations et l'autoriser en bonne et
due forme, afin qu'elle r.serve sur les entries des
douanes. les sommes ncessaires l'amortissement
et au pavement des intrts.
En d'autres occasions, l'Etat avait eu recours la
Banque pour augmenter son credit. Nos lecteurs se
souviennent des cdules hypothcaires mises il y a
quelques annesn avec la garantie de pagars sur
les biens nationaux. La Banque inspirait et pouvait


inspire alors une plus grande confiance, d'abord
parce qu'elle n'avait pas exagr son mission et
ensuite parce que son portefeuille n'tait pas, comme
l'heure actuelle, rempli de valeur- Stijettes la
dprciation et trs dprcies. En est-il dec'mme
aujourd'hui ?
Le discrdit dans. lequel est tomb l'Etat ne sau-
rait tre ni plus manifeste, ni plus dplorable.
.--------- ^o-------____l

BIBLIOGRAPHIE

CHEZ CALMANN-LVY:, Colomb, par Prosper
..Mrime, dition illustre par J. Vuillier; Une Cor-
.rdspondance indite, de Prosper Mrime; La Con-
qule, par Jean Madeline.
CHEZ HETZEL. Clovis Dardentor, par Jules
Verne.
CHZ.L..CHAILLEY. Crime de passion, par Jules
Mary; Conte de Nol, par Maurice Bouchor.
CHEZ ALPH. LEMERRE. Un Crime d'amour, par
Paul Bourget (dans la petite bibliothque elzvi-
rienne); Les Vauclusiennes, posies, par Marc
Bonnefoy; Angle de Blindes, de Frdric. Plessis;
l'Hortillonne, une tude de murs picardes, par
Lon Duvauchel.
CHEZ, FLAMMARION. Tombouctou la myst-
rieuse,.par Flix Dubois.'- Les Plaisirs gratuits
de Paris, par J. Chancel.
CHEZ FASQUELLE. L'Ennemie, par Paul Brulat;
Muse pittoresqu'e du voyage du tsar, par John
Grand-Canteret.
CHEZ ARMAND COLIN. Le Parthnon et le gnie
grec, par Emile Boutmy; Impressions d'Egypte,
par Louis Malesse.
CHEZ STOCK. Tapis vert, par Henri Beauclair;
la Vrit sur les massacres d'Armnie,-par un Phi-
larmne. .. :
CHEZ P. LETHILLEUX. Les Lamoignon, par
Louis Vian.
CHEZ OLLENDORFPI. *' Le Drame de Rosmeur, par
Pierre Mal. Les Hautaines, posies par Marcel
Rouff. Les Treize, par Guy-Valvor. L'Inno-
cente, par Edouard Rod : illustrations de Kowalski
(n' 14 de la collection 'Ollendorff illustre).
Hugues Nanteuil.

Nota, -,Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
iuvrages don't on nous aura adress, franco de port,
jeux exemplaires.

-M.

LES THEATRES


A l'Olympia. Une tragique idylle d'amour, les
aventures-de la princess Violante et du page Perri-
net, un.ballet de flocons de neige au clair de lune
dans une fort, un ravin de givre et de glace o
nous assisterons la mort e deLia de Pougy ense-
velie sous la neige et au dsespoir de Mlle Rose De-
may, la premiere en travesti, la second en prin-
cesse moyen-ge, voil la ferie,.que.nous offrira
prochainemnt la direcuc-n de I'Olir mpia. Ce rve
de Jean .ortain est encadr d'une partition de M.
Diet, le musicien de la Belle et de la Bte. Les dli-
cats,. les .artistes et les arnants auront cet hiver
un spectacle exquis avec *Reve de Nol,
A la Bodinire. Vendredi, quatre heures et
demie, Scnes de la vie triste et Scnes de la vie
gaie.
Samedi, trois heures, chants patriotiques et po-
litiques de France, par Mme Amel (de la Comdie-
Franaise); conference de M. Henry Fouquier.
A la Comdie-Franaise. Mlle Lara rpte en
double le rle de Mlle Bartet dans l'Evasion, la co-
mdie nouvelle de M. Brieux.
Au Divan Japonnais. -. Tous, les soirs, salle
comble pour applaudir la Chanisoi de Fortunio, qui
n'aura plus que quelques representations ; la parodie
les Deux Mmes devant passer prochainement.
Remarqu dans la parties de concert: Yvain, Antony,
Villars, Raivac,. Flavy d'Orange, Thrse d'Orgeval,
Myrrha Vaast, etc., etc.
La vevue d'hiver aura pour titre Sur la Butte,
elle sera signe par le bon chansonnier Eugne Le-
mercier.
Saint-Marcel.

----- CUBA*--N--

TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que la, vente des timbres-poste de la Rpublique
Cubaine continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
ledessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme Sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
cinquante centimes.

L'Administrateur-Grant. FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G.' ARBOUIN, rue Thiers. 126"


.-


26 NOVrEMBRE 1896




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs