Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: November 19, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00045
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text






















Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Ire Anne PARIS 9 Novembre 1896 a N 44 Unsemetre, i. id.. f.
Un trimestre, id. Id ... 6 fr. 6.50
AD~ESSE TLGRAPHIQUE: :tRAL.BT' OG A L'ETRANGER
rIELBE PO(D P-IR.AIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance............. 25fr.
Un semestre, id. id. ............. 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


LA PRESS CUBAINE

A L'TRANGER


i a Rpublique de Cuba, comme
nous l'avons dj fait connai-
tre nos lecteurs, a une Cons-
titution, un gouvernement,
une arme compose de trois
armes, un service des postes,
une organisation complete
de dlga-
tions et de clubs dans tous les
peuples civiliss et une srie de
lois partielles bases sur la Cons-
titution mme. Nous donnons
aujourd'hui le fac-simile de la
plus grande parties des journaux
cubains publis l'tranger, nous
rservant de le fair galement
pour ceux qui se publient Cu-
ba Libre.
Nous regrettons que deux ou
trois journaux nous manquent
parmi lesquels Cayo Hueso y Cu-
ba et Mexico y Cuba. Mais il a
t impossible de nous les procu- ,
rer malgr toutes les dmarches
que nous avons faites et bien que
notre publication soit dj bien
connue dans l'Amrique entire.
Nous ne devons pas ngliger
de dire que par les mots jour- .
naux cubains nous n'entendons L
que ceux exclusivement consacrs
la cause de l'indpendance de
Cuba, sans oublier pour cela
tout ce que nous devons la
press qui, en Europe et en Aml-
rique, dfend avec autant de pa-
triotisme que de conscience rpu-
blicaine les droits sacrs qui nous
soutiennent dans la lutte pour la
libert de notre Patrie.
:Afin de renseigner plus exacte-
ment nos lecteurs, nous publions
des notes bibliographiques de
chacun de ces journaux:

Patria. Organe official de la
Dlgation du Parti Rvolution-
naire Cubain New-York, fond
par le grand patriote Jos Marti
en mars 1892. Il est dirig au-
jourd'hui par M. Enrique Jos
Varona et parait le mercredi et le
samedi.

El Yara. Journal cubain.
C'est le doyen de notre press
l'tranger. Il a t fond en
1878 par Mr Jos D. Poyo, dans
la ville de Cavo Hueso.

Cuba. Journal politique. Organe official du
Parti Rvolutionnaire Cubain Tampa. Direc-
teur : M. Ramn Rivero v Rivero; fond en 1886.
Parait le samedi.

El Porvenir. Journal hebdomadaire, poli-
tique, littraire, d'informations et d'annonces. -
Directe ir, proaritaire : M. Enrique Trujillo. Parait
le mercredi. Il a t fond en mars 1890.


El Americano. Organe de propaganda et de
defense de l'indpendance de Cuba au Chili. Pa-
rait le jeudi et le dimanche et a t fond par
M. Nicols Tanco, dlgu du Parti Rvolutionnaire
Cubain au Chili. Le premier n.umero de El Amie-
ricano a paru le 14 juillet 1895.

Cuba Libre. Organe de propaganda et de d-
fense de l'indpendance de Cuba dans les rpu-
bliques de la Plata. Directeur: M. Ramn Vald-s
Garcia. Parait le dimanche.

El Propagandista. Organe du centre de pro-
pagande cubain Marti . Publication hebdo-
madaire. Politique, tranger, industries, sciences,
varits, nouvelles et annonces. Directeur-di-
teur: Francisco de. Arredondo. Parait le diman-
che Caracas et a t cr l'anne dernire.

El Pabell6n Cubano. Organe du Parti Rvo-
lutionnaire Cubain. Directeur : Emilio Artavia.
- Parait le dimanche San Jos de Costa Rica.,

La Redencin. Journal hebdomadaire, con-
sacr propager les principles de Cuba Libre dans
les Etats de Yucatan et de Campezhe. Directeur:


M. Alberto Trujillo. Elle a t publie pour la
premiere fois dans le courant de cette anne.

La Defense. Journal hebdomadaire. Il a pris
comme devise : Cuba aux Cubains . Directeur
propritaire: S. Cancio Bello. Se public la
Vera Cruz et a t fond en avril dernier.

La Independencia. Politique gnrale, scien-


ces, littrature, commerce, arts, annonces, etc., etc.
Directeur: J.- Arrillaga Roqu. Parait tous les
deux jours la Guaira, depuis le mois de juin der-
nier.

La Libertad. Journal politiq e, commercial,
etc. Directeur: Antonio B. Linares. Parait
trois fois par semaine Puerto Cabello.

La Doctrina de Marti. La Rpublique avec
tous et pour tous. Journal biographique, politi-
que, littraire, d'intrts gnraux et d'annonces. -
Directeur: Rafael Serra. Parait New-York tous
les dix jours. A t cr en aot dernier.

La Propaganda Cubana. Revue paraissant
tous les dix jours. Cuba. Puerto Rico. -
hIalo periculosam libcrtatem quani quivitum servi-
lium.- Directeur: Tiburcio Aguirre. Se public
San Jos de Costa Rica. Cr le io aot dernier.

Cuba Libre. Priodique public par la colonie
cubaine l'occasion du glorieux anniversaire de l'in-
dpendance national. Lima, io octobre 1896.

La Rpublique Cubaine. Patrie et Libert. -


Le mme journal que La Repblica Cubana, les
deux journaux n'en formant qu'un seul bien que le
texte de l'un ne soit pas absolument la traduction
de l'autre. Parait Paris une fois par semaine depuis
le mois de janvier dernier.



*


DOUBLE DR1OUTE DE WEYLER

LA BELLIGRANCE EN BOLIVIE

Le plan de champagne de Weyler vient d'tre
ananti ds le dbut. Tout ce qui a t dit ce
sujet par la press se rduit
l'chec subi par le gnral
Echagiie, don't la colonne fut
compltement mise en droute,
et qui fut lui-mme grivement
bless la jambe. Le gnral
Mlaceo, par des mouvemeits
habilement combines, infligea
aux autres colonnes envoyes-
par Weyler des pertes sensi-
bles. Le gnral espagnol Gon-
z:ilez lMun6z et le colonel Se-
gura durent battre en retraite.
) Un recent tlgramme de La
, hIavane nous announce que
Weyler a t battu de nouveau
par le gnral Maceo, peu de
/ distance de Cabafas (1). Le
combat fut acharn, il dura
toute la journe de jeudi der-
nier et se poursuivit jusqu'au
lendemain matin. Weyler fut
forc de. se rfugier dans Ca-
bafias. Les Cubains, en grand
nombre, sont descendus des
imontagnes dans l'intention de
mettre le sige devant cette
place et d'craser les troupes
-de Weyler,
il D'autre part, on announce de
,v iWashington que le gouverne-
anent espagnol aurait dcid de
S-rappeler Weyler s'il n'a pas
remport avant quinze jours
mun succs dcisif. Dans le cas
contraire, le president Cleve-
land reconnaitrait la bellig-
irance des Cubains.


Come rsultat de la symn-
pathie du people amricain
pour la cause cubaine, un tl-
gramme de Sucre announce que
le Congrs bolivien a adopt
une resolution en faveur de la
reconnaissance des Cubains
come belligrants, et que lc
Snat a adopt cette resolution.
Cette nouvelle a produit une
profonde sensation, non seule-
ment en Europe, nimais dalus
l'Amrique. Nous savons qu'un change de tl-
grammes a eu lieu it ce sujet.


(i) Cabainas.- Commune de la province de Pinar
del Rio. Population de plus de 8,500 habitl.ts. -
N. de la R.

*






19 NOVEMBRE 1896.


AU PEOPLE ESPAGNOL


Nous avons -le plaisir d'insrer le patriotique
appel que le Comitt Franais de Cuba Libre vient
de lnttier au people espagnol:

ESPAGNOLS,

N 3s qui rclamons l'indpendance cubaine,
rious sommes vos amis. Parce que nous fai-
sons des veux pour la liberty de vos frres
d'Amifique, une press vnale et des crivains ven-
dus vous diront que nous voulons l'abaissement de
votre pays. Espagnols, nous ne voulons que sa
grandeur.
Vous aussi, vous tes charges de lourdes chaines
e' le gouvernement de despotes et de prtres qui
pse sur vous, vous envoie loin de la terre d'Es-
pagne, verser dans une lutte fratricide un sang pr-
cieux et que vous devriez garder pour les futures
batailles contre la tyrannie de ceux qui vous mnent
la ruine et la mort.
Espagnols, n'coutez pas ceux qui vous en-
dorment avec les grands mots d'honneur, de gloire,
ou d'intgrit national. Il n'est pas honorable, il
n'est pas glorieux d'aider une autocratie clricale
replacer sous le joug o vous tes tenus vous-
mmes ceux qui veulent s'en vader.
Femmes d'Espagne, dites vos fils qu'il faut
mourir pour la Justice et non pour dfendre l'op-
pression. Peuple malheureux qui vois partir tes en-
fants alors que le fils du riche demeure, la monar-
chie qui te saigne te tiendra demain plus que ja-
mais en son pouvoir si elle triomphe, et tu ne
pourras lever la voix, car tu auras aid la
victoire de l'injustice et de la cruaut contre le
drvit.
Espagnols, les Cubains combattent aussi pour
vous, ils sont aussi des fils de l'Espagne. Si leur
Rpublique est victorieuse, vous la veriez rayonner
jusqu'aux planes d'Aragon et de Castille, et vous
nous trouverez prts vous tendre une main frater-
nelle, prts vous aider, come nous voulons
aider ceux d'au del de l'Ocan, tous ceux qui
luttent, qui prissent et qui meurent pour la
Libert.
Vive la Rpublique Espagnole! Espagnols, nous
sommes vos amis!
Pour le Comit:
Le President,
IHenri Rocheforl.

------^------__

EN AVANT!


Un de nos correspondents du midi de la France
naus fait part de la fureur que La .Rpublique
Cubaine soulve parmi la population espagnole :
Le vendredi, ds l'arrive de votre journal, nous
crit ce correspondent, les Espagnols se prcipitent
vers mon kiosque et en quelques minutes tous mes
numros sont vendus. On voit alors les Espagnols
dchirer avec fureur votre journal et s'acharner jus-
qu' en dtruire les morceaux. Envoyez-moi le
double d'exemplaires la semaine prochaine .
Nous ne pouvions laisser passer inaperue cette
lettre qui nous apportait deux joies: celle de com-
bler de colre nos voisins et celle de doubler notre
vente.
En avant !

--3---------B^ ----------

CHOSES D'ESPAGNE

Le mdecin chinois

Pas d'impatiences, s. v. p., dit Canovas (i),pas de
frayeurs, pas d'alarmes. Aux combats du Rosario et
de Rubi, nos pertes en hommee ont t consid-
rables, c'est vrai; Weyler a t oblig de demander
deux vapeurs La Havane pour le transport des
blesss, c'est encore vrai. De plus, aux Philippines,
nous avons perdu beaucoup de monde. Mais qu'im-
porte tout cela? Les insurgs des deux colonies en
ont perdu bien plus que nous.
Le gnral Echage a t bless puis amput
d'une cuisse et c'est le quatrime de nos gnratix,
Santocildes tu, Luque bless au genou, Echague
. la cuisse, Mui6oz mort, que cet endiabl Maceo
nous dboulonne; mais ce sont l des faits de guerre.
Faut-il s'en tonner? Ce qui serait surprenant, e'est
que moi, ministry president, ou vous reporter, sans
bouger de Madrid, nous fussions touchs par une
balle, quoique nous ne demandions que places et
bosses.
D'ailleurs, je suis trs satisfait: l'argent rentre.
Mon emprunt intrieur se couvre. Je vais avoir mes
premiers cents millions dans ma caisse. Le people,
par un miracle de San Isidro, change des sous en
or. Oh l'or Voyez-vous, le vrai patriotism, cest
l'or. L'Espagne est sauve Pouvait-on imaginer que
qaelques n'gres marrons Cuba et les magots des
Pa.ilippines tiendraient devant notre arme, notre

(i) Interview de M. Canovas. Voir Le Temps du
i. novembre 1896. N. de la R.


hroique, notre invincible, notre incomparable ar-
me ?
Quant aux vnements qui se passent dans la
parties orientale de Cuba: le dbarquement de nou-
velles expeditions de flibustiers, la prise de Gui-
maro par Calixto Garcia, la dfaite du gnral Cas-
tellanos par Mximo G6mez, il faut s'en fliciter. Et
si ce gnral avait t bless ou tu, s'il est prison-
nier, tant mieux! Cela n'a pas d'importance. Les
insurgs, confiants plus que jamais en eax-mnrmes,
se dcideront braver les fameuses concentrations
de Weyler, de l'hroique Weyler, et du coup ils se-
ront crass par ce foudre guerre. Paraissez, Cas-
tillans, Andalous, Navarrais Mettez de l'or dans
ma caisse, et vous verrez sortir des hros. Le vri-
table hroisme, c'est l'or!
Ainsi a parl ou peu prs le grand home
d'tat..... rclames qui, pour en venir l, a invoqu
d'abord la puissance de Dieu, puis celle du Pape,
est aujourd'hui celle des moines ventriloques des
Philippines.
J'assistais cette interview, et il me semblait en-
tendre sauf l'accent la voix d'un mdecin clii-
nois que j'ai connu Guimaro. Mon ami Calixto
Garcia n'tait pas encore pass par l.
Ce Chinois parcourait le monde en faisant, disait-
il, des cures extra-naturelles, comme jadis ce fin
multre de Surinam qu'on appela Paris le Docteur
Noir, qui n'tait ni noir ni docteur, mais qui, sa-
chant que l'impratrice Eugnie raffolait de fana-
tisme ou de merveilleux, eut l'audace de se faire
prsenter et fit tant de dupes, aprs avoir t pro-
men par elle au Bois de Boulogne dans les voitures
de l'Elyse.
Mon mdecin chinois ne traitait ses malades qu'a-
vec des poudres de pierres prcieuses. Il ne les
voyait qu'une fois et se faisait envoyer des perles,
des rubis, des meraudes et des diamants. La tritu-
ration se faisait secrtement dans son laboratoire.
J'eus la curiosity de suivre l'observation d'une des
malades. C'tait une personnel de ma connaissance.
Elle avait un simple mal de gorge.
Oh! me dit le docteur: Grande irritation nous
prendrons des adoucissants. Portez-moi quatre bel-
les perles de Samana et vous viendrez tous les jours
me donner des nouvelles.
Je me chargeai de la commission. Le docteur
s'enferma avec les perles. Aprs deux heures d'at-
tente il me donna une poudre grise insuffler.
Poudre perle, me dit-il. C'est notre orge; mais
pas anodine come la vtre.
Le lendemain la malade toussait trs fort. Je lui
en portai la nouvelle.
-Qu'importe! me dit-il. Tant mieux! tant mieux!
L'organisme se dfend et veut se dbarrasser des
poisons. Rougit-elle en toussant ?
Naturellement. Elle touffe.
Ah tant mieux tant mieux Portez-moi deux
beaux diamants. Vous insufflerez trs fort.
Ainsi fut fait. Mais le lendemain, la malheureuse
avait un fort frisson suivi de fivre. Je crois bien
que la poudre avait pntr dans les branches.
Quand je revins chez le docteur :
C'est le fait de la maladie, me dit-il. Ne vous
tonnez pas. C'est tant mieux. A prsent il faut
chasser la bile. Portez-moi trois meraudes.
Tout l'crin de la malade y passait et son tat
empirait vue d'ceil.
Je remarquai que chaque fois que je lui portais les
bijoux, il les examinait dans sa main, il souriait et
marmottait : Satisfait, trs satisfait, je suis trs
satisfait. Un jour je me hasardai lui dire :
Docteu r, votre malade est plus gravemnent at-
teinte de jour en jour.
Tant mieux rpondit-il' avec assurance. La
crise, c'est la crise. La poudre de pierres prcieuses,
voyez-vous, c'est... prcieux; c'est de l'or. La vraie
thrapeutique, c'est l'or!
Je comprends; mais on remarque en ville que
plusieurs de vos clients meurent facilement.
Ah dit-il, il en est mort bien plus en Chine.
Faut-il s'en tonner ? Le climate, le climate.
Il me demand encore de lui porter des rubis,
remde hroque, me disait-il. Et quand j'allai le len-
demain lui annoncer que la malade tait l'agonie,
mon grand homme avait dcamp et je vis bien que
la poudre perle n'tait pas anodine comme l'orge.
J'ai su depuis que ce Chinois tait un tagale de
Cavite.
Je ne dsespre pas de voir un de ces jours
M. Canovas Paris... pour lui raconter mon histoire.
Picaiyune.

*---Yi--a ^ IIDi-----

LES VICTOIRES DE WEYLER


Malgr la multiplicit et l'importance de leurs vic-
toires tlgraphiques, les Espagnols, ou plutt ceux
qui dirigent les destines de l'Espagne, car le people,
naturellement, n'a gure voix au chapitre, commen-
cent se sentir inquiets. La prise de Guimaro. l'in-
vestissement peu pris complete de Puerto-Principe
et en fin de compete, l'lection virtuelle la prsi-
dence des Etats-Unis de M. Mac-Kiniey, partisan de
Cuba Libre, ont caus un affolement tel... que l'h-
roque. gnral Weyler a fini par bouger de la Ha-
vane pour aller Mariel se mettre la tte de ses
troupes.


Faut-il que la situation soit dsespre pour que
le bourreau galonn cesse de prsider aux strangu-
lations et aux fusillades pour se dcider enfin aller
exposer aux balles sa prcieuse carcasse !
C'est que le dnouement semble proche: un gou-
vernement infiniment plus riche que celui de l'Es-
pagne se ruinerait jeter chaque jour un million ou
mme deux dans le terrible brasier de la guerre, qui
fait fondre les lingots come de la chandelle.
Aussi Wevler a-t-il d en prendre son parti et
aller prsider en personnel l'excution de son fa-
meux plan, qui dei-heurera sans doute aussi piteuse-
ment lgendaire que celui de Trochu.
Le dbut -n'a pas t prcisment heureux pour
lui. Arriv le premier sur le terrain o devait s'op-
rer la jonction des colonnes espagnoles Weyler,
lui, ne se pressait pas, le gnral Echague a failli
tre cern, cras, et a t mis hors de combat ainsi
qu'une parties de son effectif. Puis quand les deux
autres colonnes furent arrives, elles n'ont plus ren-
contr personnel, ce qui, d'ailleurs, a permis au g-
nralissime des troupes royals de s'tablir sur des
hauteurs dsertes, en qualifiant cette occupation du
nom bizarre de victoire.
Cette victoire a t telle que Weyler a immdiate-
ment demand La Havane deux mille homes de
renfort.
L'histoire ancienne nous transmet le souvenir d'un
guerrier nomm Phvrrus un peu plus fort que
Weyler tout de mme qni, lui aussi, remportait
des victoires dans ce genre-l.
Cosmo.
-------- --- ... -----


ENTRAIN IRRESISTIBLE

Dans le bouquet des dpches officielles pu-
blies avec un empressement trop visiblement
intress par certain press parisienne pro-
pos de la'soi-disante victoire de Wevler sur le
gnral Maceo, nous cueillons cette Ileur:
L'enitrain des Espagnols fut irresistible ; aussi,
apr)s un rude combat, les insurgs en fuite aban-
donnrent-ils toutes leurs positions.
En some, cet entrain irresistible a about
un dsastre complete des troupes espagnoles, qui
s'est traduit en style official par ce dlicieux
tlgramme : Le gnral Weyler n'a pu dispo-
ser de forces sufflisantes pour occuper les retran-
chements ennemis .

,,---~e- kP---

NOTRE PRESIDENT HENRI ROCHEFORT

Les journaux de l'lbrie, rendant compete de nos
manifestations sympathiques en faveur des Cubains,
non come Cubains, mais parce que opprims,
nous accusent de rdiger nos manifestes en language
des maquerelles !sic), et appellent Henri Rochefort
le clbre exalt.
Mon Dieu! nous ne tenons pas du tout nous
glorifier de la valeur littraire des maniifestes en
question ; l'un de nous les a crits pour le people et
rien que pour le people. Ils sont trs nets et d'cri-
ture trs claire, voil l'essentiel. Avec une criture
plus artiste, il y a maints crivains dans notre
Comit qui auraient pu arracher des cris d'admira-
tion aux bons journalists ibriens; si ces gens
n'taient pas d'avance absolument incapables de
comprendre quelque littrature.
Quant au second point qui visa l'illustre rdac-
teur en chef de L'Intransigeant, rien n'est plus
risible.
Tous ceux qui ont approch de pris ou de loin
M. Henri Rochlefort riront avec nous. Je sais; il v a
les lgendes, les prjugs, les choses convenes. On
ne peut se figure le merveilleux mancipateur, le
remueur d'ides fcondes et libertaires, que tout
vtu de rouge et le brandon enflamm la main.
Goncourt, pour avoir crit La Fille Elisa, fut
accus de passer sa vie dans les lupanars. Un artiste
ne peut porter que de longs cheveux et ne s'aimer
que dans de mirifiques habits. J'en appelle vous,
Huysmans, le plus merveilleux artiste de ce temps.
C'est chose fort drle que ces choses aient si long-
temps course.
Mais, au reste, les journalists ibriens nesont pas
dupes; ils remplissent leur rle, simplement. Quand
ils appellent M. Rochefort l'exalt, ils savent par-
faitement qu'ils mentent. Ils connaissent tous, aussi
bien que nous, l'homme paisible qui vit entour de
tableaux, de livres et de bibelots d'art, et qui s'est
simplement, magnifiquement sacrifi pour le people,
alors qu'il aurait pu, comme tant d'autres, regarder
les feuilles tomber ou les arbres reverdir, dans
l'amoureux orgueil de soi-mme. Ils savent que cet
homme est le type de la Probit dans un pays o
presque toutes les consciences sont vnales. Nous
l'aimons et le vnrons ; et les journalists ibriens,
eux aussi, sont contraints de l'admirer; de l leur
colre.
Rochefort la tte de notre group, c'est notre
joie d'ajouter un peu de notre gratitude sa gloire.
Il est just que nous avons les yeux tourns vers le
Chef qui nous honore et qui fait la force persuasive
de notre Comit Franais de Cuba Libre.
Sain t-Hamans.


*


AUTORIT ESPAGNOLE


L'Espagne, qui avait fait tant de progrs de-
puis la disparition de la maison d'Autriche, a
rtrograd au xvni sicle. Le recul en quatre
lustres a t gal au progrs de deux sicles.
Nous sommes en plein rgne de Charles II, avec
des rogations pour qu'il. pleuve, des bataillons
organisms par des vques, des scapulaires pour
battle Maceo. Notre corps expditionnaire em-
porte en partant, come une ombre mauraise,
la bndiction du Nonce, afin que leur arrive ce
qui est arrive i tous ceux. qui ont combattu mu-
nis de la bndiction pontificale : aux Carlistes
de 18833, aux armes de Maximilien, aux zouaves
pontificaux. La bndiction du Nonce n'a pas
gn beaucoup les troupes de Maceo, et elle n'a
pas mis les ntres h l'abri des atteintes de la
fivre jaune.
A,. < v'' Estevanes.

-------- ^^ ^iiii-;-----

IL PLEUT, BERGRE


Le gnralissime Weyler, ayant concentr
40,000 hommes dans la seule province de Pinar
del Rio, s'est dcid (denique tandem), h atta-
quer Maceo. Ses lieutenants Mubliz, Segura et
autres hros, ou zros ne voulant rien
changer leur habitude de se faire battre plate
couture, Weyler,
Supreme espoir et supreme pense,

Weyler donna.
Auparavant, il expdia par grande vitesse son
tat-major, ses destriers soi-disant de bataille,.
puis
Il quitta hroquement La Havane .. bord
d'un vapeur ultra-rapide.
Sonnez, clairons Weyler a dbarqu, Weyler
s'est mis la tte c'est une faon de parler -
de six mille homes, placs exclusivement sous
les ordres de son auguste personnel; Weyler a
fait venir en outre deux mille volontaires, -
c'est encore une faon de parler il a fait venir
aussi de nombreuses batteries et en route!... La
fte a commenc.
Weyler avait un plan ; dans ce plan, comme
dans tous ceux qu'il fait, toutes les colonnes es-
pagnoles, de quelque point qu'elles fussent par-
ties, devaient arriver mathmatiquement
l'heure fixe, pour former le fameux cercle de
fer (voyez L'Eclair) au centre duquel Maceo de-
vait tre crrras.
Mais, hlas! ce plan devait avoir le mme sort
que tous ceux que Weyler, le compass la main,
une table de logarithines place devant lui, la-
bore dans.le majestueux silence de son cabinet :
il y eut des colonnes en advance, il y eut aussi
des colonnes en retard, celle de Weyler parti-
culirement. Le gnral Echagie, don't la montre
sans doute avanait, vint se heurter contre les
insurgs, il fut bless, tandis que sa colonne
(pas la vertbrale) tait mise en pieces. Et crac !
Adieu, beau plan.
Les Espagno's de toutes les Espagnes atten-
daient avec une anxit ineffable la dpche qui de-
vait donner les dtails de cette operation (qui ne
pouvait tre qu'une victoire), qu'on avait annon-
ce au monde entier comme ayant une impor-
tance decisive. Enfin, les Espagnols de La lia-
vane reurent une dpche ainsi conue:
Envoyez bateau pour ramener blesss, sign
Weyler .
Ce n'taient plus les dtails de la victoire dci-
sive, mais le rsultat complete des courses
folles des malheureux vaincus.
Quant aux Espagnols d'Espagne, ils eurent
aussi leur dpche; celle-ci disait: les opra-
tions militaires sont de nouveau suspendues
cause des pluies . Cela ne nous surprend pas;
nous avons sans cesse rpt qe Weyler ne se
battrait pas et les vnements ne font que notis
donner raison.
Aprs un an de sjour a Cuba, le gndral as-
sassin se dcide, sur l'ordre former de son gou-
vernement, sortir de la capital, mais avant
d'obir, il constulte son baromtre. Pluie et
vent; allows, je ne risque rien, en avant!
Et voila comment, aprs avoir envoy ses sol-
dats la mort et h la dfaite, Weyler, lorsque
son tour est venu d'entrer dans la mle, profit
de ce qu'il est mattre absolu du tlgraphe pour
inventer la pluie.
Il pleut, dit-il lchement.
Rentre tes moutons, crapule I
Sangredo.


*


1 '


'kP~-~d~a~e C;i~a~n~i






19 NOVEMBRE 1896.


TOUTE LA LYRE


Les joyaux de La Libert

La Liberty, cette resource de tous les bons
esprits en qute de renseignements prcis, public
la dpche suivante :
Le gnral Gonzalez Mufiz n'a pas t bless. Le
gnral Eschage souffre beaucoup moins de sa
bleesure la jaimbe.
Now Bse '6anoins d'autant mieux que le gn-
ral Mufilz n'ait pas t bless, qu'il est dj mort,
et que son collgue Eschagile souffre beaucoup
moins de sa jambe, attend qu'il ne l'a plus.
Une second dpche, toujours La Libert,
lui announce :
On dment que les Chambres de Bolivie aient vot
la reconnaissance des insurgs cubains comme bel-
ligrants.
Il y avait certainement une place toute indi-
que dans les colonnes de notre scrupuleux con-
frre pour ce tlgramme, qui'est bien le pen-
dant de l'autre.
Un contre dix
Le Temps a public la dpche suivante qui
nous laisse rveurs :
Une dpche de Manille announce que le comman-
dant Arteaga a battu avec 400 hommes 4,000 re-
belles, au village de Montalvan. Les insurgs ont eu
plus de 6o morts. Les Espagnols n'ont perdu qu'un
homme.
Un contre dix I Et n'avoir qu'un seul homme
tu Le prcieux mathmaticien qui a adress ce
tlgramme a oubli de nous dire que les Espa-
gnols, ce jour-l, s'taient arms de fusils tir
rapide et que les insurgs n'avaient pris que
leurs ombrelles pour se garantir des balles.....
Au Journal
Un certain M. Gaston Routier, que Le Journal
a envoy en Espagne avec mission de lui adres-
ser des lettres favorables la mtropole, s'ex-
prime ainsi dans une correspondence du 8 no-
vembre :
L'opinion publique est, en Espagne, trs impa-
tiente et trs anxieuse; elle s'indigne de voir le gn-
ral Weyler, don't on attendait des prodiges, rester
immobile avec 200,003 homes contre un ennemi
tel que Maceo.
M. Gaston Routier voudra bien nous dire le-
quel des deux adversaires, ou de Maceo, ou de
Weyler, fait le plus d'honneur l'autre. Un en-
nemi tel que 'Maceo, c'est parler avec aisance
d'un homme que le reporter du Journal ne con-
nat pas, pas plus du reste qu'il ne connat les
affaires de Cuba.
L'Emprunt espagnol
Du Sicle :
C'est un placement avantageux, qui le sera du
moins si les intrts de 5 pour cent promise sont r-
gulirement pays; car c'est une reserve qu'il est
sage de faire quand il s'agit de valeurs trans-
pyrnennes.
Ceci comme conclusion un article favorable
la finance espagnole. Voil un rdacteur qui
entend bien mal les intrts de son journal 1
P. H.

------~e-T r-----

ERRATA


Dans l'article public dans notre prcdent numro
sur Le Dr Montalvo, au lieu de : d'un people qui
croit encore possible de rester-dignement sous le
drapeau de Castille , il faut lire: d'un people don't
la minority croit, etc.

-------~~~L-^-----


CE QUI SE PASSE A CUBA


Nous croyons intressant de reproduire certain
passages d'ane correspondence de La Havane en-
voye le 3o octobre La Voi del Obrero, du
Ferrol, qui l'a publie le 8 courant. Nos lecteurs
verront combien les vrits du gouvernement espa-
gnol different de celle qui rsulte des faits.
La guerre suit son course ou, pour plus d'exacti-
tude, continue exister, car malgr les 300o,oo pro-
ltaires venus de la pninsule par force la plupart
du temps, elle ne fait pas mine de vouloir prendre
fin.
Cela dit pour que vous ne .assiez aucun cas des
nouvelles propages par les journaux bourgeois et
ayant trait la lutte fratricide qui se pursuit ici.
J'ai eu, en te qui me concern, l'occasion de fire
une petit' promenade dans la champagne et j'ai pu
voir en quel tat se trouve ce qui tait autrefois-un
centre de tratode exploitation.
L'incendie et la mitra;l:e ont tout dvast.
Il n'est p.. inutile de fair remarquer que ce n'est
pas l uniquement l'oeuvre des separatittes ,D'aJttes


se sont charges leur tour de dtruire ce qui leur
convenait, afin de satisfaire de basses vengeances ou
ralissr de bonnes affaires.
J'ai eu, par hasard, une conversation avec un
soldat de la flotte qui avait t bless et voici ce
qu'il m'a ipondu relativement la surveillance des
ctes :
Un jour, nous tirions des bordes quand nous
apprmes tout d'un coup que les insurgs faisaient
des provisions d'armes et de cartouches sur la cte.
Le commandant ordonna de se diriger vers l'endroit
indiqu et, moiti chemin, une autre canonnire
se joignit nous.
Aprs s'tre mis d'accord, les deux comman-
dants prirent les measures voulues afin de donner la
chasse aux ennemis de la patrie.
Tout tait prt pour l'attaque: chaque marin
tait son poste et les canons charges mitraille.
Ds qu'on aperut les ennemis, on fora la ma-
chine et, en un instant, nous nous trouvmes prs
d'eux.
Mais les insurgs, qui ne sont pas aussi sots qu'on
veut le faire croire, disparurent comme par enchan-
tement.
En presence de cette disparition, on command
de mettre terre la compagnie de dbarquement -
32 hommes pour les deux canonnires Ils taient
peine dbarqus, qu'ils furent salus par une
dcharge de Mauser suivie bientt de plusieurs
autres.
L'ennemi faisait un feu si nourri et tait si bien
abrit, que les commandants des deux navires durent
faire sonner la retraite sans avoir russi atteindre
leur but. Grce l'artillerie qui opra rapidement, il
n'y eut dplorer d'autres malheurs que quelques
marines blesss peu grivement. Malheureusement
pour moi, je suis du nombre de ces derniers.
Comme vous le voyez, camarades, bien diffrents
sont les rcits faits par les marines et ceux que public
tous les jours la press bourgeoise, cette press sala-
rie qui ne peut servir au public que les nouvelles
recueillies dans les centres officials et qui annoncent
toujours des victoires pour les troupesfidles.
Aussi, mon avis, mes chers amis, la guerre ne
parat pas tre sur le point de prendre fin. Tous,
d'ailleurs, y marchent allgrement, tous except les
malheureux soldats qui vont pied, tous sont
contents parce qu'ils voient l la meilleure occasion
de monter l'chelle, de gagner, sans trop exposer
sa peau, des primes et des decorations, afin de pro-
mener bientt dans les rues de la pninsule, de
manger au budget et de consommer, dans quelque
temps, la ruine de cette le si riche.
n. B.
------.^.~k~C--L--


RVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE





Du lo. A'Santiago de Cuba, au moment o il
allait s'embarquer, le Cubain Jos Bacardi, fabri-
cant de rhum qui porte son nom, a t mis en tat
d'arrestation. On ne connait cette measure d'autres
raisons que celles de dpouiller M. Bacardi de
75.000 dollars qu'il possdait en valeurs sur les
Etats-Unis et l'Europe. M. Bacardi a t ensuite
enseveli dans une prison.
Le correspondent d'un journal de Madrid dit
que plus de cinq cents amazones cubaines com-
battent Vuelta Abajo.
Des nouvelles reues rcemment de Kingthon
(Jamaque) annoncent que, dans cette ville, l'en-
thousiasme pour la cause de Cuba Libre augment
tous les jours.
On announce de la Havane que Madame Aurelia
Castillo a t dporte aux miles Canaries.
Le gnral Weyler a pass six mille hommes
en revue Mariel. Il est parti ensuite dans la direc-
tion des lomas du Cuzco (i) et a couch dans les
lieux autres que ceux qu'il indique.
On a dcouvert dans le Lyce de Regla un
certain nombre de paquets de cartouches envelopps
dans des journaux rvolutionnaires. Plusieurs arres-
tations ont t opres.
Du ii. On announce de la Havane que le
21 Dcembre sera plaide l'affaire du gnral Julio
Sanguily, arrt le 24 Fvrier 1895 pour participation
non prouve au movement rvolutionnaire actuel.
Le gouverneur de la Banque espagnole de la
Havane a donn sa dmission la suite d'un
dsaccord avec le gnral Wevler et l'intendant des
Finances dans le conflict cr par le paper monnaie
course forc.
Les colonnes commandes par les chefs Gon-
zalez Mufi6z, Echague et Segura, se sont mises en
movement sous la direction du gnral \Weyler.
Une grande anxit rgne la Havane o l'on
entend un feu nourri d'artillerie et d'infanterie dans
la direction de la sierra Rubi (i).

S() Lomas du Cu\co. Appartenant Cayajabos,
province d'e Pinar dcl Rio. N. de la R.
(i) Sierra Rubin (par corruption Rubi) : Petite
lvation entire Cabafnas et Cayajbos, province de
Pinar del Rio. N. de la R.


La junta de defense constitute la'Havane par
les trois parties politiques, a approuv l'acte consti-
tutif et a rsolu de se proccuper des moyens les
plus propres amliorer la mauvaise situation du
trsor espagnol de l'ile, afih de parer aux frais de la
guerre.
Le colonel Garamendi announce que, dans une
rencontre, lI gnral Wevler aeu six officers et qua-
rante-sept soldats blesss.
Du 12. Une dpche de Washington assure
que les prparatifs faits actuellement dans les forces
navales des Etats-Unis sont dus la probalit d'une
guerre avec l'Espagne. M. Taylor, ministry plnipo-
tentiaire de la Rpublique Nord amricain, Ma-
drid, announce qu'il a t inform que le 28 aot der-
nier, M. Cinovas del Castillo, a adress une note
aux Ambassadeurs des puissances europennes,
Madrid, leur demandant qu'elle serait l'attitude de
leurs gouvernements respectifs, au cas o la con-
duite des Etats-Unis dans la question de Cuba, fut
susceptible de provoquer une protestation de l'Es-
pagne. M. Taylor fit observer qu'il demanderait ses
lettres de rappel, si le gouvernement espagnol ne
retirait pas la note en question.
La ville de Puerto-Principe est assige depuis
le 2 courant. La nouvelle est arrive Nuevitas le 6.
On dit que les assigeants font parties de; forces du
gnral Maximo G6mez.
Des renseignements de source espagnole relatifs
la prise de Guimaro, rendent compete de l'attaque
et de la capitulation de la place. Ils dissimulent
cependant, dans la measure du possible, l'importance
de cette nouvelle dfaite des Espagnols, dans le d-
partement central. Des forces, sous le commande-
ment des gnraux Calixto Garcia et Cebreco, assi-
g'rent la place et commenc)rent par faire sauter la
dynamite le pont du Saramaguacn (i) et trente
mn tres de la voie ferre de Nuevitas Puerto Principe
Ils couprent ensuite la rivire qui conduit l'eau la
ville, et, l'aide de deux canons, ils commencrent la
destruction des dix-sept forts et des tranches, mais
sans pousser les choses l'extrme, afin de ne pas
verser inutilement le sang pour une capitulation qui
tait inevitable et qui ne pouvait tarder. Le 18, les
Cubains occupaient dj tout le front des tranches
et avaient dtruit dix forts. La garnison se rendit en-
fin et les Cubains devinrent maitres de la ville. Le
gnral Garcia Ifiiguez fit sortir les habitants armes
et envoya Puerto Principe dix-sept blesss espa-
gnols et le chef de la place, le commandant Marti-
nez, grivement bless au bras et qui mourut des
suites de l'amputation. Le capitaine Jos Rosario
essaya, affirme-t-on, de se suicide quand il vit que
la garnison refusait de faire feu sur les assigeants.
Ceux-ci obligrent les habitants dtruire les d-
fenses ainsi que les maisons, l'glise et tout ce qui
constituait un advantage pour les Espagnols sur ce
point stratgique. Enfin, tous les prisonniers furent
laisss en libert, y comprise le facteur Miguel Angel
Mola et le commissaire de guerre, et, les armes et les
munitions recueillies, le gnral Garcia se mit en
march dans la direction de Cascorro.
Les forces commandes directement par le
gnral Weyler sont de 25,000 hommes. Il a gale-
ment sous ses ordres les gnraux)Aguilar, Melguizo,
Echague, Velasco, Hernndez et le colonel Segura.
Le vapeur Guaniguanico, venant de Cabaias,
est arriv la Havane. Il transportait les blesss de
la premiere dfaite subie par le gnral Weyler. Par-
mi eux se trouvaient le gnral Echagfe, les capi-
taine G6mez et Escobar et les lieutenants Matos,
Torres,-Argelles et Egido. La blessure du gnral
Echage a t faite par une balle. Un muscle a t
atteint et la balle a pntr dans l'os.
Du i3. On dit Madrid qu'on ne craint pas
en ce moment un changement d'attitude de la part
des Etats-Unis.
Les correspond-nts de quelques journaux de
New-York, Washington, assurent que M. Olney a
fait savoir au gouvernement espagnol qu'il ne tol-
rera pas plus longtemps le traitement injuste auquel
sont soumis les navires nord-amricains par les
autorits de La Havane.
On dit que Sir J. Pauncefotea reu des instruc-
tions afin d'employer ses bons offices pour viter
une rupture entire les Etats-Unis et l'Espagne.
On announce de New-York que les bruits de
guerre tendent disparaitre et que le gouvernement
amricain est dispos accorder l'Espagne un
dlai suffisant pour mettre fin la Rvolution. Si,
aprs l'arrive dans l'ile des derniers 20.000 homes
on ne constatait pas un progrs sensible dans la
champagne et que la mtropole ft lasse de tant de
sacrifices, il est certain que M. Canovas se verrait
oblig de dmissionner. Il est plus que probable que
les Etats-Unis alors interviendraient.
Du 4. On announce de La Havane que, cause
des pluies, le gnral Wevler interrompra les opra-
tions ; mais on sait que le veritable motif est que le
gnral espagnol a besoin de temps pour rorganiser
ses troupes aprs les importantes dfaites que le
gnral Maceo leur a infliges.
Il parait que la blessure du gnral Echage est
plus grave qu'on ne l'annonce de La Ilavane.
Le capitaine Mun6z Pintado a t bless dans


(1) Saramiaguacdn. Rio de la Cte Nord, prs
de Puerto-Prinkice, de 84 kilom'tres de long. -
.. de la R.


un train qui a t assailli coups de fusil par les
Cubains dans le trajet d'Alquizar las CaRas.
Du i5. Oii announce de la Havane qu'il existed
en ce moment dans les hpitaux dix mille maladies
parmi lesquels beaucoup sont atteints du vdmilo.
Des combats de peu d'importance ont t livrs
sur divers points de l'le.
Les Espagnols de la Havane s'lvent contre le
transport dans les fortresses espagnols d'une parties
des dports cubains. Ils exigent, en mme temps,
que tous soient transports Fernando Poo.
Les forces cubaines commandes par le chef
Ducassi ont livr un combat dans la province de
Pinar del Rio. On en ignore le rsultat.
Du 16. Les autorits espagnoles ont dcid de
ne pas regarder le citoyen anglais, M. Thomas Beat-
ty, propritaire d'une plantation Manzanillo, comme
coupable de l'incendie qui a dtruit le village de Me-
dia-Luna. Par contre, son frre, M. Richard Beatty,
a bien t arrt.
Le gnral Weyler, qui est de nouveau dans la
parties nord de la province de Pinar del Rio, a eu
quelques escarmouches dans les montagnes du
Rubi.
Le gnral Jimnez Castellanos announce quel-
ques escarmouches entire ses forces et celles du
gnral Mximo G6mez pendant sa march du Ca-
magiey Guimiaro.
Les Espagnols font rentrer leurs garnisons de
San Miguel (i) et de Cascorro (2) et les concehtrent
dans des villes plus rapproches.
Le gnral Weyler announce qu'il va continue
son exploration dans la province de Pinar del Rio,
aprs avoir envoy les blesss la Havane et rationn
la garnison de Cabanas.
Condado, village situ entire Cienfuegos t San-
ta Clara, a t attaqu avec de l'artillerie par le chef
Serafin.(?)

-----3-iD.il---------

LA FAMILLE D'UN HROS

L'intressante histoire de la famille du gnral
Maceo, don't nous publions la traduction ci-dessous,
fut premise en 189o la Havane, par le gnral Maceo
lui-mme, au directeur de notre journal.
Mariana Grajales, de Santiago de Cuba,'se matia
deux fois : la premiere avec Manuel Reglieferos, la
second avec MArcos Maceo. Quatre fils naquirent
du premier marriage: Felipe, Manuel, Frmrin et'
Justo. Du second marriage sont issues sept enfants :
Antonio, Jos, Mrcbos, Rafael, Miguel, Julio et
Toms.
Mrcos Maceo, ses sept fils, et les quatre enfants
de sa femme, combattirentcontre l'Espagne pendant
la dernire guerre ; et si dans la guerre actuelle, des
douze personnel qui constituaient la famille, on ne
retrouve plus qu'Antonio et Jos, c'est que les autres
dix sont, ou bien morts sur le champ de bataille ou
des suites des blessures reues ou bien invalides
cause de leurs blessures.
Parmi ces derniers se trouve Felipe Reglieferos, le
frre ain. Les trois autres du mme nom sont morts
pendant la guerre de 1878.
Rafael Maceo gravement bless pendant cette
guerre, alla mourir l'tranger; Miguel prit la
bataille de Nuevitas et Julio dans une escarmouche
Nuevo Mundo. Toms, Felipe et Mrcos vivent
encore estropis" par les balles. Mrcos Maceo, te
pre, mourut galement en 1878.
Jos Maceo mort, il ne reste plus qu'un seul des
frres luttant contre l'Espagne : C'est Antonio, :le
chef qui, dans la province de Pinar del Rio, attire
sur lui l'attention du monde entier.
Antonio Maceo a t bless trois fois pendant la
Revolution actuelle et vingt-trois fois pendant la
prcdente. Son corps a t plusieurs fois traverse
de part en part, et les mdecins qui l'ont examin
s'merveillent qu'il puisse vivre sans se ressentir de
ses terrible blessures et sans en tre gn en rien.


Ca chauffe : l'Espagne n'a plus d'argent et n'a
pas mme russi en emprunter au dehors; Mac-
Kinley est nomm president des Etat-Unis; l'ho-
rizon tant des plus mena-ant, le sefibr Cnovas
a donn Weyler l'ordre de fire en six semai-
nes ce qu'il n'a pu fire en un an, c'est--dire c'e
reporter sur les Cubains une vi:toire dcisi\e.
C'est pourquoi :
\\'e\ er L'en va-t-en guerre,
Les soldats Par devant, lui derrire;
'We.ler _'en va-t-en guerre;
Ne sait qua-.d reviendra.

Il reviendra z' Pque s,
Lui dea.a:t, et : es soldats derriere;
11 reviendra z' Pques,
Peut-tre mme avant.

(i) San .igueil.-Faubourg rural du terme muni-
cipal de Nuevista, province de Puerto Principe.--'.
de la R.
(') Cascorro.-Faubourg rural du terme municipal
de Puerto Principe, 63 kilomtres de cette ville. -
N. de la R. .


1~Re~q~e C~c~p~ne-





\k~\- ec&n


19 NOVEMBRE 1896


Et s'il y a une justice, il ne reviendra pas du
tout.

Mais il est probable qu'il reviendra; le bon
aptre prend toutes les precautions ncessaires
pour cela.
Les.journaux de Madrid nous apprennent en
effect que ce gnralissime, don't on ne saurait -
dfaut d'autres qualits contester la... pri-
dence, s'est rendu de La Havane h Mariel en ba-
teau; de Mariel au quartier-gnral espagnol, les
troupes formaient une double haie sur son pas-
sage.
On se serait cru aux ftes franco-russes.


Risquer sa peau face face avec les Cubains!
Pas si bte, le Weyler. Vaincre ou revenir!
lui a dit M. .Cnovas, et M. Cinovas a raison : la
devise des flibustiers: Vaincre ou mourir!
n'est pas pour des chenapans de l'espce de Val-
rien Weyler, marquis de Tnriffe, en attendant
qu'il soit duc de l'eacuation de Cuba.


Ecoutez le joli conte suivant que public le IHe-
raldo de Madrid, sous la forme de dpche deLa
vane :
Dans les environs.de Riscades, nos soldats furent
la cible d'un feu nourri de la part d'une important
bande qui occupait diverse maisonnettes perches
sur le sommet des collins.
Notre colonne avana un kilomtre sous le feu de
l'ennemi; les soldats, en montant, durent laisser
pendre leurs fusils dans le dos, parce qu'ils avaient
besoin de leurs deux mains pour grimper les collins.
Dans ce-combat prirent, hroquement, le lieu-
tenant d'infanterie Gme, Asnjo et trois soldats
d'Almansa.
N'est-ce pas que c'est joli?


Quelle charmante existence que celle du soldat
espagnol Cuba, penserez-vous.
Hlas! la mdaille a son revers : les rapports
officials nous apprennent, en effet, que 14,000 de
ces invulnrables sont en traitement dans les h-
pitaux, et des dpches, galement officielles,
demandent avec urgence qu'on expdie l-bas
tous les mdecins disponibles.
Pauvres soldats espagnols! Pas de solde, mau-


vaise nourriture, fivre jaune, dyssenterie, mar-
ches difficiles, ce n'tait dj pas mal; mais ce
n'tait rien auprs de ce qui les attend, car si les
balles, le climate et les maladies pardonnent quel-
quefois, le mdecin espagnol, lui, ne pardonne
jamais.
--------. ^l-------

REVOL UTION PHILIPPINE
SERVICE SPECIAL
DE




Du i5. Les insurgs des Philippines ont rem-
port une grande victoire. Noveleta ayant t atta-
que par les Espagnols, ceux-ci ont t compl'te-
ment battus et ont eu quarante morts et trois cents
blesss. Le mercredi, l'assaut a t de nouveau tent.
Il a eu le mme rsultat pour les Espagnols. Ceux-ci
ont perdu deux cents hommes de plus, tandis que
les pertes des rvolutionnaires sont relativement in-
signifiantes. Les insurgs occupent de trs fortes
positions, et on value leur nombre 1o.ooo hom-
mes. Ils se sont servi, avec grand succ's, pour re-
pousser les Espagnols, de canons tir rapide.

------l-R -------


DERNIERE HE URE

Comit FranaisI de Cuba Libre

Bunion du mercredi 18 Novembre
Etaientprsents : MM. Amilcare Cipriani, Lo-
pold Lacour, Casabona, Mestre Amabile, Charles
Malato, (Cosmo) Bouisson, Saint-IIamans et
Achille Steens.
La prsidence est offerte M. Amilcare Ci-
priani qui se rcuse.
L'ordre du jour porte la discussion sur le
meeting que le Comit doit organiser b Paris.
Un long dbat se produit sur cette question.
LeComit prend la decision de ne pointrendre
publics ses dbats.
Le Comit nomme M. Achille Steens trsorier.


*


BIBLIOGRAPHIE

Vient de paraitre, la Socit libre d'Edition (12,
rue d'Ulm), un nouveau roman de Henri Datin.
Matresse et Femme est le titre de ce roman
d'une absolute modernit. Le stvle est d'une belle ve-
nue, et l'action est trs ingnieusement conduite. Il
y a des pages o l'on a la sensation d'un dialogue
de thtre fort bien crit; c'est le fait d'un sceptique
plein d'aisance et de culture mondaine. Si les femmes
pouvaient encore lire, voil Four elles un clair miroir
de leurs sentiments. Mais pourquoi l'auteur, qui est
un crivain de talent, choisit-il des titres de volumes
chers Jules Mary ou Monsieur Montpin, empoi-
sonneurs avrs de l'intelligence publique?
Chez Rouam. La librairie met en vente la
premiere parties d'un travail de M. Passepont sur
l'Etude des Ornements. Le texte est sans intrt et
les dessins sont tout fait insuffisants.
Chez Armand Colin. Pages choisies des au-
teurs contemporains : E. et J. de Gancourt, par
Gustaev Toudouze. On sait que M. de Goncourt a
malignement oubli d'appeler M. Toudouze dans le
sein de sa petite Acadmie. M. Toudouze ne lui en
veut pas; c'est l le fait d'une belle me!
Chez Ollendorf. Les Clefs d'or, par Camille
Mauciair. Nous regrettons de ne pouvoir parler de
ce livre come il conviendrait, ne l'ayant pas reu;
nous l'annonons avec grande joie, eu gard au ta-
lent de l'auteur.
Chez Dentu. Ah! encore! La Joueuse d'orgue,
la Bureuse de larmes, etc., etc. Ne crera-t-on ja-
mais une ligue contre l'abrutissement des foules ?
Chez Simonis Empis. Cours de Soldats, par
Michel Corday. Voir les prcdents!
Chez Perrin. Les Temps sont proches, par
Lon Tolstol. MM. Paul Bover et Charles Salomon
ont russi nous donner, travers la traduction, la
saveur de la force et de la persuasion de cet minent
esprit. Le livre est lire et relire, comme un br-
viaire de haute puissance intellectuelle et morale.
Hugues anleuil.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.

-------^ ..o-------

LES THEATRES

Porte Saint-Martin. J'ai t co.ivi la, pre-
mire de Don Csar de Batan par un vieil homme
de lettres fort connu : et, imme.ise Monsieur Coque-
lin, pendant tout le spectacle, /'ai eu grande piti de
vous. On vous a dj dit, n'est-ce pas! Que vous


n'aviez pas fait oublier Frdrick Lemaitre. Nous
n'avions pas, pour notre part, la navet de croire
que vous series l'gal du grand comdien; mais,
aprs la bonne rclame, nous attendions mieux,
Monsieur, de votre emphase. Que dire-de vous
mme ? sinon que vous avez t trs insuffisant.
Que dire de votre troupe? sinon qu'elle n'a pas
voulu clipser son imperator. On vous prte l'inten-
tion de vouloir divertir la province avec Thermidor
de Monsieur Sardou. Voil une ide louable Puis-
siez-vous rester longtemps, trs au-del de la zone
parisienne, faisant admirer aux intelligence mres
pour les Bedlams, la littrature de Monsieur Sardou,
rival malheureux, oh combien! du divin Shakes-
peare.

Thdtre Franais. Le Thtre Franais don-
nera la premiere representation de l'Evasion, lundi
23 novembre.
Nous souhaitons le plus grand succs l'auteur
et M. Jules Claretie, l'administrateur avis et si
bienveillant. Ce sera l'histoire d'une haute intelli-
gence et d'une merveilleuse organisation que celle
de sa presence la tte de la Comdie Franaise.

Opra. On continue seriner les vieilles ren-
gaines et la Direction juge que c'est assez Les
abonns sont galement satisfaits; et tout est donc
pour le mieux !
Pendant ce temps, les compositeurs de talent
peuvent attendre sous l'orme ou aller l'tranger.
C'est ce dernier parti qu'ont choisi MM. Paul et
Lucien Hillemacher. Au surplus, ils ne doivent pas
s'en plaindre, maintenant. Le Drac, don't on vient
de donner la premiere representation Carlhruhe,
sous la direction de l'minent chef d'orchestre de
Bayrenth, Flix Mottl, a remport un triomphe que
les frres Hillemacher n'auraient point eu aussi
grand avec la trs insuffisante troupe de l'Opra,
double d'un mdiocre orchestra.
L'interprtation a t splendid; on m'a vant la
grande artiste M'"' Flix Mottl, et M"' Mexer, No
et Tomschick, et MM. Pokorny, Bussard, Nebe et
Haag, qui tous ont men la victoir l'oeuvre si
pleinement belle et lumineuse de MM. Hillemacher.
A la dernire heure, on m'apprend que la Direc-
tion de l'Opra va enfin monter une ceuvre nouvelle;
c'est de Faust qu'il s'agit.
Nous reparlerons de l'Acadmie national.
Saint-Ma rcel.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers. 126-


PROPAGAN DA


Justificacion de su Guerra

de Independencia

POR

RAFAEL M. MERCHANT


Obra de 241 piginas y un apndice, dedicada
la memorial inmortal de Jos Marti




CUBA CONTRA ESPANA



Por Enrique Jos Varona

EX-DIPUTADO A CORTES

Un folleto, de venta en la Admi-
nistracin de Patria.
81, New St. New-York




ENSAYOS POLITICOS

ARTICULOS Y DISCURSOS
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Un volmen de ciento cincuenta pginas,
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Pdarl St. 25 cts. cada ej nmplar.


HATUEY


Poema Dramtico
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FRANCISCO SELLN.


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Pearl St., New-York, 50 centavos el
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CUBANA


Cuba y la turia espafola

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exemplar, el folleto que contiene el dis-
curso del senior Manuel Sanguily, pronun-
ciado el 27 de Noviembre (1895) en Chi-
cleriing Hall, y que esti reputado como
la mas fulgurante de sus oraciones tribu-
nicias.
Los pedidos pueden dirigirse la admi-
nistraci6n de Patria, Si, New St., New-
York.


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mandat-poste de 24 francs et adresse M. l'Administrateur-
Grant, 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


MARTI
y

SU OBRA POLITICAL


DISCURSO
DE
ENRIQUE JOSE VARONA

De venta en la Administracin de PTmA, 81,
Dew Street, New York, 23 centavos el ejemplar.



LOS POETS DE LA GUERRA


IIermoso volmen de 150 paginas, de
poesias escritas en la Revolucin, con un
prlogo por Jos Marti y notas biogrfi-
cas por Serafin Snchez, Fernando Figue-
redo, Gouzalo de Quesada, etc.
Se vende en la Administracin de Pa-
tria, 81, New St., New-York, 50 cts. el
ejemplar.



CUBA

Organo official del Partido Relolucionario Cuhano


Dreetor *


RAMON


RIVER Y


RIVER


Oficinas : 80 Avenida, 1.215

Se public los sbados en Tampa (Florida)


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