Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: November 12, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00044
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
2,ReSitVnPARISlUne anne, payable d'avance... 20 fr. 221
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Ire Anne PARIS- 12 Novembre 1896 uN 43 .^.: ,,e?<,,,' *.: $1 .
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Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


nL; .f li


L'ESPAGNE INFRIEURE A L'ITALIE


S ais l'Italie vient de connaitre
l'insuccs enter de la guerre!
Certes, mais quand l'Italie
comprit que la guerre d'Abys-
sinie tait le plus sr moyen
pour elle d'arriver la ruine
de son empire, elle se replia,
Sfit amende honorable et offrit
les ngociations de la paix Mnlik.
Son attitude fut unaniment approuve. Le cou-
rage et le patriotism n'impliquent pas en effet la
fin du dernier homme de la nation vaincue. Quand
les armes taient faites de mercenaires, de profes-
sionnels de. la guerre, on pouvait se permettre tous
les hroismes, toutes les audaces de la dfaite. Un
mercenaire tant pay pour se battre et s'tant vo-
lontairement enr61, il tait just qu'on le fit battre;
et ainsi ou ne le conduisait pas la bataille contre
son gr. Il fallait mme des guerres, de bonnes et
longues guerres, pour que la champagne ft fruc-
tueuse quand il en revenait.
Aujourd'hui, la chose n'est plus tout fait la
mme. Except quelques nations privilgies, toutes
les autres vous mettent bel et bien sur les paules,
- que vous soyez batailleur ou non,.- un harnais
de combat. Si la chose ne vous agr point, tant
pis 11 faut marcher tout de mme. C'est l la ser-
vitude militaire.
Qu'un people alors un jour protest, qu'il refuse
de payer plus longtemps les frais de la guerre, sur-
tout d'une guerre malheureuse, qu'y a-t-il d'ton-
nant? L'Italie s'est lasse, c'tait son droit; son
droit strict de juger qu'elle avait assez fait pour la
grandeur de sa reputation. Si j'en except d'hallu-
cins ferrailleurs, de terrible et sombres brutes du
sabre, aucun homme ne peut blmer l'attitude de
l'Italie. Une nation vaincue n'est pas une nation
morte; il y a d'imprvus retours des choses. Et
Mnlik donne l'Europe des preuves de tranquille
sagesse et de rare intelligence en tant un vainqueur
sans forfanterie,en accueillant avec les plus grandes
marques de dfrence le major italien Nerazzini, por-
teur d'une nouvelle mission.
Au contraire, que fait l'lbrie?
La vache espagnole, sans raisonner, se jette mufle
baiss sur tous les prils. Elle ne connait rien, n'en-
tend plus rien; ceux qui ont intrt la lasser, pour
mieux la tuer ensuite, appellent cela du courage.
Bravo, toro I Pique par les banderilles, aguiche
sans relche, elle va, elle vient, bondit et, tout d'un
coup, s'arrte net, hypnotise par le feu rouge. Mais
on la travaille de nouveau ; de virulentes imprca-
tions de femmes retentissent, les injures se croisent
et se mlent; c'est le dlirede l'insulte,de la lchet;
et la vache, la bte saignante, l'honneur des gana-
derias report.
De cet coeurement, que la fin soit rapide!
De toute mon me, je lui souhaite, la bte de
sang et de boue, qu'elle trouve tt le Cubain qui la
piq uera, de.faon decisive, en la bonne place !
Quel combat est plus ignoble Ainsi voil l'Ibrie
qui a commis et laiss commettre les pires excs
Cuba, et elle veut, par les armes, maintenir son
droit l'oppression! Voil un pays qui a manqu
sa foi jure; qui a t le plus vil et le plus imposteur
des. gouvernements, et- il veut encore, jamais,
teindre l'ile antilienne I De quel droit? Du droit de
la force? Alors qu'elle n'accumule pas les calomnies
sur l'arme aubaine; qu'elle command le respect


aux quotidiens d'Espagne, que' l'avenir pouvante,
et qu'elle oppose rsolument, uniquement, le cou-
rage militaire au courage militaire.
Qu'elle rappelle la pudeur la.plus simple ces
quotidiens franais don't la lchet se fortifie au
contact de rares pesetas et sur la foi de mirifiques
promesses toujours renouveles. Qu'elle soit absur-
dement tenace, obstine et pour cause, mais
qu'elle mette la conscience au nombre des vertus
monarchiques.
Que l'Ibrie soit donc convaincue" qu'elle ne
leurre plus personnel Son fameux emprunt avort,
son credit ruin, qu'attend-t-elle donc de tous ses
mensonges ? Maceo, hier, s'tait enfui, disait-elle,
pour chapper la colre de ses soldats. L'autre
jour, il voulait se soumettre. Etrange manie de vou-
loir ruser, de vouloir gagner de dcisives batailles
d'une faon aussi comique!
On attend mieux du courage entt, rsolu aussi
des Cubains. Ces hommes ont brl leurs maisons,
ravag leurs champs pour partir la guerre. Ce
n'est pas pour se rendre demain. Quelques prio-
diques franais demandent la fin de cette guerre,
l'intervention d'une puissance forte et bien assise
dans l'harmonie actuelle du monde. Cuba, en effet,
devient une question de vitalit universelle; je n'en
veux, pour preuve, que les longs et. nombreux
articles des grands priodiques ; mais que l'on
sache bien, que l'on se dise bien que le dernier
Cubain ne dsarmera que lorsque le drapeau
l'toile solitaire flottera, splendid, sur.l'ile enfin
libre.:
,a int-Ilama ns.


Le v Dau


COMIT FRAN(AIS DE CUBA LIBRE


Le Comit Franais de Cuba Libre nous com-
munique la quatrime liste d'adhsions ce Co-
mit, qui porte les noms de :

MM.
Charles Dutreix, dput de l'Aube;
Flenry Baur, de L'Echo de Paris;
Paul Adam, du Journal;
Bouisson, de L'Intransigeant;
Saint-Amans, de La Rpublique Cubaine.
Le secrtaire, A. Steens.


LE < DAUNTLESS


I.a gravure ci-jointe reprsente nos lecteurs le
navire Dauntless , qui a conduit'a Cuba l'exp-
dition de Miguel Betarcourt Guerra, un ancien
combattant de la guerre de dix'ans, o il a t gn-


ral de brigade, et don't nous avons parl dj dans
notre dernier numro.
Ce bateau, d'une extreme vitesse, se trouve sous
le commandment d'un capitaine amricain trs
expriment. Aussi a-t-il pu narguer la vigilance de
tous les croiseurs espagnols, et tout a russi: la
traverse, le dbarquement Cuba et le dpart.
Le Dauntless restera, dans l'histoire de la Rvo-
lution Cubaine, ct des Laurada, Bermuda,
Three Friends et tant d'autres, qui ont transport
Cuba des soldats, des armes, des munitions, avec
ine tmrit et un succs extraordinaires.

\---------.^,--------

L'ITALIE ET CUBA


Le dimanche 8 novembre, le D' Betancs a reu le
tlgramme suivant envoy de Monterotondo :
: Les socits rpublicaines runies Mentana,
pour commmorer la gloire des insurgs (1867), ont
demand, aprs le discours de l'orateur official, la
parole du docteur Falco, ayec insistence. Il a fait la
justification de l'ide cubaine. Son discours, pro-
nonc sur l'autel des morts glorieux pour la patrie,
a t couronn par les cris du people : Vive Cuba
Libre
Albani.

On voit que, come les armes cubaines dans
l'ile hroque , l'ide march et acquiert des sym-
pathies.














/











intless



Notre respectable ami le D' Betancs a rpondu :
Albani Rome,
Salut fraternel aux socits rpublicaines. Re-
merciements et flicitations aux citoyens Albain,
Folco, Bovio et autres amis.
Gloire aux patriots de Mentana. Au nom de
Cuba Libre, vive l'Italie !
Betancs.

Partout les Italiens ont donn la Rvolution
Cubaine des preuves de sympathie.
Au Prou, le dlgu de Cuba Libre a reu, de la
colonie italienne qui y est tablie, des sommes con-
sidrables. A Iquique, ds qu'il y est arriv, on lui
a remis vingt-cinq mille francs de la part des Italiens
seulement. Dans le reste de l'Amrique du Sud, les
sympathies qu'ils ont manifestes ont t aussi
touchantes. Cuba Libre sera heureuse de recevoir
dans son sein, ds que l'indpendance sera procla-
me et reconnue, les industrieux et laborieux mi-
grants que l'Italie envoie en Amrique. Ils seront
considrs come des frres.


*


PRISE DE .1UIMP\I11

NOUVELLES EXPEDITIONS

'LA BELLIGRANCE


Par les tlgrammes officials espagnols et par
les journaux anglais et amricains, on sait que
les troupes cubaines, commandes par les gn-
raux Calixto Garcia, Ififguez et Agustin Cebreco,
se sont empar de Guimaro (1) aprs un sig
qui dura du 17 .au 28 octobre. Les Cubains se
sont servi de trois canons et la garnison dut se
rendre.
En mme temps, le gnral MIximo Cmez,
la tte de 5,000 hommes des trois armes, mena-
ait'd'assiger la ville de Puerto Principe.


On apprend de Key-West que, pendant les
lections du nouveau president des Etats-Unis,
deux nouvelles expeditions sont parties .pour
Cuba.

On announce de Washington que dtans te pro-
chain message du president Clcveland au Snat
et la Chambre, le droit de belligrants est
nettement reconnu aux Cubains.
Cette nouvelle a produit une profonde inqui-
tude au gouvernement de. Madrid, inquitude
d'ailleurs justifie, puisque le gouvernement
amricain D'a accept que, comme un moyen de
gagner du temps, l'assurance que lui avait
donne le ministry espagnol Dupuy de Lome, h
savoir que l'Espagne toufferait la guerre de
Cuba dans deux mois.

---------*---------

LA SITUATION A CUBA


Nous lisons dans le Financial Times de Lon-
dres, les lignes suivantes, qui n'ont besoinid'au-
cun commentaire:

Les importations ont baiss pendant le semestre
coul de i19.ooo.ooo S i5.3oo.ooo, les exporta-
tions de $ 35.300.ooo 8 24.700.000. Pendant la
mme priode, les recettes des Douanes sont tom-
bes de $ 3.920.000 8 2.5oo0.000 (soit 33 o/o).

Mais cela ne nous empche pas de demandert
La Epoca de Madrid, journal de M. C inovas, si
elle croit possible qu'il se trouve dans de tells
conditions, des banquiers assez nafs pour prter
leur argent sur d'aussi illusoires garanties.


(i) Gudimaro. Village de la provincedc Puerto
Principe et situ 77 kilomtres de cetc vil!e; est
clbre comme ayant t le sige o u l"u: proclame
la Constitution de la Rpublique de Cuba cn ;8(9.
N. de la R.






12 NOVEMBRE 1896.


.CANONS ET COUPS DE CANON


Le Heraldo-de Madrid a cru devoir reproduire
le dessin du canon au moyen duiedl le gnral
Maceo a mis en pieces la colonne dt gnral Mel-
goi~tsi journal espagnolt se ga-rde Bien de dire
qfil a copi soitdessi'nw dans un jourcbal deEiftats-
tS~r~s: Iles Madrilnes pourront'coire ainsi qu'iil
s*agit d'un travail original. Maisril se garde gai-
~inent de-reprod0ire la confession faite pjare1
.5aro d'eu' Ejdrevto,, .jrnalt de I'nare a"i. Ia
fPavairr. Cette feuille, on le' sait,, a recormnut q'e
ledit canon avait fait une vritable boucherie
d'Espagnols et que, malgr les-efforts de ces der-
niers pour s'emparer de l'arme meurtrire, il
leur avait t impossible de savoir o elle avait
' mise en position jusqu'au moment o, son
uvre de mort termine, elle avait t trans-
porte sur un autre point. Le Heraldo dit seule-
ment que le journal militaire est trs fond
'croire qu'e le canon de Maceo tombera entire les
mains des troupes espagnolbs.
La logique ne dit pas sur quoi le dit journal se
fonde. Elie indique seulement que le don:qui-
chottisme est toujours fort commun en Espagne.
Les Espagnols, en effet, ont t impuissants
savoir o le canon tait plac et ils sont trs,
fondes croire qu'ils vont s'en emparer!..
Le Beraldo ajoute qu'on.ignore.si l'autre canon
destin au gnral Calixto Garcia est encore en-
son pouvoir .
Cet encore est un vritable hiroglyphe que
ceux qui ont du temps perdre peuvent, s'ils le
veulent, s'amuser dchiffrer. Nous nous con-
tenterons de dire l''Heraldo que les mitraillades
envoyes aux bizarros de Guimaro font suffi-
samament savoir si le gnral Garcia possde ou
ne possde pas le canon.
Que les Espagnols conservent donc leurs esp-
rances trs fondes, et qu'ils poursuivent leurs
investigations en vue de s'emparer des canons
eni question. En attendant, les Cubains continue-
ront leur rpondre par des coups de canon.




LES GRANDS PATRIOTS


A l'organe de M. Canovas del Castillo; au
journal n~iier La poca de Madrid; au prio-
dique espagnol qui, dans son numro du 20 Oc-
tobre, a dit avec toute la ridicule vaillance de
Don Quichotte de la Manche, que La Repblica
Cubana adresse des appeals injustifis la po-
litique sentimental , cette publication triste-
mnent clbre qui conseille aux autres journaux
de la Pninsule de pratiquer l'hypocrite systme
qui coilsiste cacher la vrit en tout et dissi-
muler tout ce qui n'est pas favorable aux tripa-
touillages du gouvernement corrompu de la
malheureuse Espagne; ladite Epoca nous
soumettons l'article suivant qu'a public, le
25 Octobre, sous ce titre: Les Grands Patrio-
tes, le journal La Voz de Guipitzcoa. Cet arti-
cle n'est que la confirmation de celu de La
RepblicaCubana, intitul : L'Espagne sans
soldats, qui a mis dans une si violent colre
toute la meute canoviste.
Voici article en question :
Le vapeur Santiago vient d'arriver. Il transport
de Cuba un grand chargement de soldats et de non-
valeurs.
Nous nous servons du mot chargement. C'est, en
effet, le plus propre si l'on tient compete des condi-
tions dans lesquelles ces malheureux voyagent: on
dirait plutt des marchandises destines au consi-
gnataire.
Parmi ces soldats, il en est un qui appartient au
bataillon de Valence : un de ceux que la ville de
Saint-Sbastien saluait avec tant d'enthousiasme au
dpart.
Il pourra dire comment s'est effectu son voyage
de retour dans la Pninsule; il pourra dire comment
les patrons de navires, grands patriots d'ordre royal,
traitent dans leurs bateaux l'infortun soldat qui va,
avec une si grande abngation, dfendre sa patrie.
A bord du Santiago, dix-sept soldats sont morts
pendant la traverse.
Et, d'aprs notre excellent confrre La Voa Mon-
taTiesa, la plu's grande parties des soldats morts pen-
dant le voyage de retour, ont succomb la phtisie ;
les autres ont t tus par l'anmie ou la dyssente-
rie. Il suffit d'noncer ces maladies pour qu'on .com-
prenne qu'il est cruel d'embarquer en troisime, sur
des bateaux mal agencs pour ce service et don't
beaucoup n'ont seulement pas d'infirmerie (il n'en
eKiste pas sur le Santiago), entasss dans les vri-
tables cachots qui leur servent de cabines, ainsi
appellerons-nous es honteuses sentines, ou
_ mme sr le pont, des centaines de soldats don't les
Sris sont-besss, d'autres impropres au service, et,
htautres, le plus grand nombre, malades, tous pta-


cs n'importe comment, soigns de la mme. ria-'
nire, manquant d'abri; le phtisique buvait amu
mme bidon, mangeant la mme gamelilqailw
bien portant et dormant . ses cts. Bien portani;s,
en effet,, reviennent les bless, guris et les non-
valeuirs (manchots, boiteux, aveugles).
Elle est vritablement mouvante, la lecture de pa-
reilles nouvelles et de .bien d'autres du mme genre
qu'on trouve dans la press de Santander.
Pauvres soldats Quel. martyre est le leur! Ils. sont
passes, presq.ue sans transition, des clianals tropi-
cauxs aas dlimats polaires,;: ils ont support& 'sur le
p!Itr 1 piuie et-la, gle : .ils ont t siadius panrla
chaleur en quittant Cuba et ils ont t gels par le
froid en avanant vers le Nord ; ils ont souffert le
martyre du mal de mer, se sont vus privs d'une
nourriture spciale et sont morts pendant la traver-'
se, sans qu'une main amie leur ait ferm les yeux
et avec la certitude, purile si l'on veut, mais hor-
rible, que leurs restes seront jets la mer.
Eh bien! il nous parat, nous en demandons par-
don aux apologistes du patriotism des grands pa-
triotes, il nous parait que le gouvernement peut et
doit obliger le marquis de Comillas, si bon catho-
lique, si ardent patriote, amliorer les conditions
.dans lesquelles les soldats maladies reviennent de
Cuba, en les sparant come il convient et en soi-
gnant avec plus de- precautions ceux qui reviennent
malades, gravement ou non.
Le gouvernement ne doit pas oublier, en effet,
que la nation paie Comillas 32 duros par chaque
soldat qu'il transport Cuba ou qu'il en ramne :
ce prix, on peut exiger de lui au moins un peu de
charit.
Et si la voix de La Vor de Guiptitcoa arrivait jus-
qu' Cuba, nous conseillerions aux riches de l-bas
d'organiser des juntas de charity ayant pour princi-
pal objet d'amliorer les conditions de la traverse
pour les malheureux soldats qui reviennent ma-
lades.
Cela serait plus pratique que de dpepser de l'ar-
gent en guirlanbes, cigares, bouquets et lampions
pour recevoir, avec un enthousiasme en apparence
dlirant, les troupes qui viennent de la. Pninsule
pour dfendre les propriets de ces riches pninsu-
laires, don't la plus grande parties a fait si peu, pen-
dant la guerre, pour venir en aide l'arme.
Ce que l'initiative particulire ne fait pas, le gou-
vernement ne le fera pas davantage, car, pour lui,
Comillas est un demi-dieu.
Et l'on sait que, tandis que la nation dit : Pauv'tes
soldats! d'autres disent avec jubilation : Riche
Transatlantique !

---------** ------------i

STATISTIQUE SURL'ESPAGNE


Si la trs grande importance de la statistique
n'tait pas depuis longtemps tablie, il suffirait pour
la rendre vidente des chiffres suivants relatifs
l'Espagne. Ces chiffres montrent avec la plus rigou-'
r-use exactitude combien la.nation voisine est terri-
blement en retard.
Sur 19,ooo,ooo d'habitants que content la pnin-
sule ibrique, la moiti n'ont aucune occupation.
8,727,519 sont sans emploi ou profession.
6,764,406 des prcdents appartiennent au sexe f-
minin.
1,964, 13 appartiennent au sexe masculine.
4,033,391 s'occupent des travaux des champs.
828,531 du sexe fminin.
97,257 sont employs dans lesadministrations pu-
bliques.
64,000 sont pensionns.
24,624 sont instituteurs ou professeurs.
14,940 sont institutrices ou professeurs.
I,oog,81o sont lves du sexe masculine.
719,110, lves du sexe fminin.
30,477 hommes exercent la mdecine et
78 femmes.
1,171 hommes sont crivains et
32 femmes.
3,497 sont acteurs ou actrices.
3,947 sont domestiques.
319,506 sont servantes.
32,279 mendiants de profession.
51,948 mendiantes.
43,328 sont curs ou frres, les dignitaires eccl-
siastiques inclus.
28,549 sont religieuses.
6,104,470 ne savent ni lire ni crire, sur lesquels:
2,686,615 appartiennent au sexe fminin.
Tels sont les chiffres. Laissons de ct une foule
de considerations que pourrait entrainer .la statis-
tique qu'on vient de lire. Bosnons-nous constater
que, sur 19,ooo,ooo d'habitants que l'Espagne
compete,
16,916,216 "
n'ont aucune occupation, mendient et ne savent ni
lire ni crire.
Et c'est ce pays qui, tous les jours, nous parle de
sa civilisation et de ses progrs !...

-----,'k -----

SYSTIME DE COMPENSATIONS


Quand les gnraux de Weyler se font rosser plus
que de raison, Cuba. le gouvernement espagnol
constate la ncessit de reporter des victoires cla-
tantes aux Philippines. Ce sont alors des rencontres
homriques, dans lesquelles les preux soldats d'Al-
phonse numro treize un chiffre qui porte mal-
heur invariablemenr infrieurs en nombre, n'en
mettent pas moins en complete capilotade d'abord,


puis en fuite, ce qui peut sembler trange, les
morts, qui ne marchent.pas,courant moins encore-
.ls t mraires qui avaient os pens leur rsister.
Aujourd'hui que la situation pour la monarchie
catholique si catholique qu'elle en meuat, dans
cet archipel en rvolte est non seulementdsespre,
mais tout faic perdrue; que la rvolte est partot,.
chez les Indiens, les Chinois, les mtis, les EuR '-
pens, la population civil et l'arme indigne; au-
jourd'hui que, de l'a'eu' de l'Imparcial et des autres
feuilles madri.lnes,, la capital mme;,. rMaralllc, est
compltemerrt bloque, M. Ciovas, prend" sa re-
vanche de l'autre c6t, et ses, tel ..i g rn m tous les,
.jours,, exterminent en grand les troupes de Maceo
qiui, chose extraordinaire, bien que quotidiennement
crases, dcimes et disperses, ne s'en retrouvent
pas moins, l ou ailleurs, le lendemain pour subir
de nouvelles dfaites. '
C'est ce qu'on peut appeler, coup sr, le systme
-'des compensations.
Melguizo est-il battu, Arolas aplati, Francs et
Hernndez dtriors ? Aussitt, les armes royales
de reporter sur les insulaires philippins quelques-
uns de ces triomphes qui honoreraient le Cid cam-
peador lui-mme
Et tout ce q.ue l'Espagne a nourri cde vailluants.
Triomphes qui seraient videmment trs avanta-
geux s'ils n'taient toujours .recommencer.
Mais come on ne peut fairevoyager dans un sac
le gntal. Polavieja, qui part, Manille, se faire
battre la place de son infortun collgue.Blanco,
et que ce replacement fait naitre naturellement
plus que des commentaires, M. Cnovas, tout Ca-
novas qu'il soit, est bien oblig d'avouer que tout va
de mal en'pis aux Philippines.
Aussi se rattrape-t-on sur Maceo qui, n'ayant pas
sa disposition de fil special, ne peut protester
contre les dfaites tlgraphiques qu'on lui inflige
chaque jour avec une gnrosit vraiment trop d-
sintresse.
Et, en mme temps que Maceo, les autres chefs
de l'arme rvolutionnaire n'en mnent. naturelle-
ment pas large. Eux aussi, ils sont battus au nord,
au sud, l'est, l'ouest, au centre.
Seulement, leurs troupes, de l'aveu d'un tl-
gramme official, viennent de s'emparer de la place
fortifie de Guaymaro.
Toujours le systme des compensations!
Cosmo.



LES EMBARRASS DE L'ESPAGNE


Nous extrayons les passages suivants d'un
article de La Reforme, de Bruxelles:
Dans la Perle des Antilles, les Espagnols restent
confins dans les ports et quelques grandes villes
que l'importance de leur garnison ou la protection
des cuirasss empchent de se soulever. Tout le
reste de 'ile est le domaine incontest des insurgs.
Les operations proprement dites viennent de re-
commencer contre eux. Weyler a-t-il des chances
d'tre plus heureux au course de cette champagne que
l'an dernier? Il- l'affirme, mais l'exprience a prouv
qu'il ne faut pas faire fonds sur les promesses de ce
matamore. Il est vrai qu'il va se trouver la tte de
deux cent mille.hommes. Ce n'est pas encore assez
toutefois pour rduire une vaillante arme conduite
par des chefs habiles et prouvs qui ont invent
une tactique rendant illusoire la supriorit num-
rique des. Espagnols, arme qu'enthousiasme l'espoir
d'un prochlain alfran.hissement, qui a pour lle la
Scom'plicit de toute la population et qu'accom-
pagnent les sympathies de tout le monde civilis.
Il ne faut d'ailleurs pas se laisser illusionner par
ce chiffre formidable de deux cent mille soldats. En
fait, cela ne reprsente pas plus d'une trentaine de
mille hommes disponibles pour les operations de la
guerre. proprement dite. Il faut en effet ne pas
perdre de vue que 40,000 hommes au moins ont
succomb sous les balles des insurgs ou ont t
emports par la fivre jaune, la dyssenterie et les
autres maladies qui exercent de si grands ravages
dans les rangs espagnols; que plus de la moiti des
hommes valides sont employs la defense des
villes et des ports encore possds par les Espagnols
ou des; tablissements. agricoles qu'ils veulent pr-
server de la devastation;. qu'une bonne parties des
troupes restantes sont affectes la protection des
voies ferres et des transports de matriel de guerre
et des subsistances, et qu'enjrin on a d distraire en-
core un fort contingent des troupes de champagne
pour garder la Trocha, la ligne fortifie qui traverse
l'ile entire dans sa parties la plus troite et don't le
but tait d'enfermrer Maceo dans la province de
Pinar del Rio, mais don't le seul rsultat apprciable
jusqu'ici a t d'immobiliser une important fraction
des forces offensives pour les livrer plus vivement
aux atteintes des fivres pernicieuses des marais.
De tout cela il rsulte que les Espagnols ne dis-
posent pour la lutte offensive contre les insurgs
que d'un nombre de combatants infrieur celui
de leurs adversaires. Or, ils luttent dans des condi-
tions, dplorables: mal nourris, mal soigns, obligs
de trainer leur suite par des chemins presque im-
praticables, jusqu' l'eau, potable, sans cesse harce-
l's par un ennemi invisible-et insaisissable, ils sont


compltement dmoraliss et incapables en tous cas
de reconqurir l'ile. Le gnral Polavieja qui s'em-
barque aujourd'hui pour les Philippines a refus de
remplacer le gnral Weylea parce que le gouv.erne-
ment ne pouvait mettre sa disposition les trois
cent mille hommes qu'il dclare ncessaires pour
vaincre l'insurrection.
.... .. ..... .... ... .... .. ... . .... ... ... ..
Enfin l'lection de Mac-Kinley porte le. dernier
coup l'Espagne. Le nouveau president amricain
a pris l'engagement formel, s'il tait lu, d'interve-
nir en faveur des insurgs cubains et, maintenant
que lai fi~vre lectorale est termine, l'attention pu-
blique aux Etats-Unis va se porter principalement
sur la question cubaine. Si au moment de l'installa-
tion de M. Mac-Kinley, le 4 mars prochain, l'insur-
rectia o n'est pas vaincue et on peut affirmer
qu'elle ne le sera pas l'Espagne pourra faire son
deuil de la perte de la Perle des Antilles.
LJon Antoine.



PLUS A CHANGE...


On lira ci-aprs un.. document relatif t l'inter-
diction en Amriquee, d'un, manifeste contre le
joug espagnol, sign d'un nomm Cotein, mem-
bre de l'- \-emnbl,'? national de Paris. Sans chan-
ger en rien l'esprit et la lettre-du document en
question, MId, Cinovas vient de prendre les mmes
measures contre les brochures parlant de liberty
et d'.,rini. jiement iunmain. L'Ibrie vit dans
l'ombre de l'Eirope, 'Je veui. dire: elle achve
de mourir.
















4aka i e., e &, .aO






ce
















Sonsieur leC.e ame de Florida Blanc' a, le 2 Pcou-
rige, la coi un,,icatiosuivante:- S M.- antin-





foreque quelques individ'us de AsrembleNtio-
naLe de Paris et entre Oures un nomm Cotein, se,

les a o yens . neSfc'iia s t io p e r su asie, se-

cou'er te, jog dc^ lafDmntin Eispa le, u3a fsuivan











l wempte ue ater la rance, a t. uil, ont


piires ob .. M .& 'ordnned lA c aommu
niueee' V E. a cn que; 'urgence one
















eMoasieu les Comtede Florida Bles ue e 2tp s cou-e
rant, a envoy, d'ordre du Roi aus mcinistre que je
diige, la communication a suivante: Se Mie. tant in-
foreque queques individuals de l el Natio-







nae de Paris et entree stres un nomwem Cotein, se-
sot proposes. d' ir'duire en Amsrique un Mani-t
rfeste sditieux pour provoquer les habitants ar ts
les moyenss das une sduction persuasive, aP se-

Olexemple que leu r donne la France, et qu'ils on

totes les voies possibles, afin d'en fire parei le
plus grand nombre. S. M. 'ordonne de le acommu-







niquer secrtement V. E., afin que, d'urgence, on
expdie les orders ncessaires et prennS touted les
prcautions- possibles pour empcher, par l'ter-
mdiaire des Evlques et des Prelats ecclsiastiques,
introduction et la distribution des papers ten-
tion ns,. don't le premier objet est esprit d'indMpen-

Et le oi, sauchaptu les. consequences fatales qpa e
pourraient avoir ces prlvocations pour les aiants
vassaux de svoes Domaines, je dr arge V. S.re per sone
Ordre Royaln avec sa plus strict discretion, d'l-ti-






ployer- imndiatement tons les modeas qne v'ous


_~_


~~,~-a~a'~ai~c~a~,~, 6~-~ia~in~





412 N' \'EMVrBRE 18%..


dicteront votre prudence, le ile pour la Religion et
le bien de l'Etat; -pour vous efforcer d'empcher
l'introduction et la distribution des papers sditieux
dj mentionns, et procder contre les coupables,
conformment au droit et selon la rigueur des Lois
du Royaume en cas de pareille nature. Dieu r-
serve' V. S. beaucoup 'd'annes. Madrid le 24
Septembre i789.
Antonio Portier.
Monsieur le Gouverneur de Caracas.
Ce document, o l'hypocrisie clricale ne peut
dissimuler les craintes qu'inzpirniit les ides de
progrs aux fils de Loyola, prove quelesmoeurs
gouvernementales-de l'Espagmnein'orit p.i- s- Iang.
Aujourd'hui, comme il y a cent ,ans, les :diri-
geants de la pninsule ibrique, qu'ils ont
ruine, demandent des measures rpressives et
essaient d'ameuter l'opinion publique contre les
Cubains qui, s'inspirant des principles proclamis
par la France en 1789, luttent pour leur ind-
pendance. Et il y a des.gens qui croient encore
aux iensonges de ces murles des inquisitlur- !
V. Mestre y Amcibile.

-------31pl li------** *

LES FINANCES ESPAGNOLES

L'Economiste Fnonaiss - C'est dfinitivement
400 millions .namiaauKx de pesetas que le gouverne-
.ment espagnol demand a ses na...nriau... L'mission
-se fer-a Sur .l:e-.cours ide ,92 .o/o, en obligations de
5So opestaas, rapportamt 5 o o. et il'amortissement en
fhait:ans. Get amortisemtent, avec l'intrt, repr-
sente I5 i/ ao/o du 'ontan't nominall. Le 'tout est
gag sur les douanes. Le productt, 378 millions de
pesetas, servira rembourser, concurrence de 62a
millions, l'avance de 50 millions de la Banque de
Paris, de 20 millions la Compagnie Transatlantique
pour ses transports - Cuba, ,et de 5o manilHions le der-
nier prt'de la Banque d'Espagne. Les 246 millions
restant fourmironit tes resources ncessaires soute-
nir la guere Ciiiba et aux Ph'ilippimes jiusqu' la fin
de janvier.. Le caiWine'tCiioovas ne perdpas de vue,
d'ailleurs, l'emipr tnt'extrieur faire ii t r teur ement.
Il est stipul que les titres du nouvel emprunt int-
rieur pourront servir souscrire, le moment venu,
l'extrieur. Le premier effect de la decision relative
cette operation financaire at de pousser le change
S270/o de perte. Si.l'autre operation n'intervient
pas dans un dlai peu loign, ce.change ne fera que
s'aggraver. Or, les' vnements ne s'y acheminent
gure. La seule chance de relvement qu'aient les
finances de l'Espaghe, c'est ique l'on parvienne, d'ici
trois ou quatre mois, par un moyen ou par un
autre, pacifier Cuba, et que Flon recoure alors un
grand -emprunt' extrieur gag sur les tabacs. Mais
partiendra-t-on dans :ce dlai & pacifier Cuba? Ici
est toute la question. Actuellement, malgr la baisse
dj'subie, les probabilits continent donc rester
aussi dfavorables.

Le Monde Economique : -Le premier effet de la
decision de cet emprunt a t de fair monter le
change au del de 27 o/o. Il peut allei- plus loin.
Mais un detail du project montre -que le 'Gouverne-
ment ne perd pas de vue l'emprunt extrieur. Les
certificates de celui qui va tre mis pourront servir
la, souscription de l'autre. Cette measure donne au-
dit emprunt intrieur un caractre transitoire bien
marqu. Sera-t-il souscrit? On en peut douter en
presence de la situation Cuba et aux Philippines.
Elle s'aggraverait dans le group ocanien, dissent
quelques dpches. Et dans la Grande Antille, les
nouveaux plans du gnral Weyler, don't on espre
un si dcisif rsultat, n'inspirent pas grande con-
fiance. D'o viendrait qu'il ait si longtemps attend
pour les mettre execution. En outre, quelle va tre
l'attitude du nouveau Prsident. des Etats-Unis? Il
parait donc que les gens qui seraient dmangs d'un
prurit de spculation sur l'Extrieure, feraient mieux
d'en vendre, mme .aux course actuels, que d'en
acheter.

La Semaine Financire : Pour le crancier
stranger, il n'est pas indifferent de voir l'Espagne
entrer, avec le nouvel emprunt, dans la voie de la
dlgation de gages spciaux. !ci, elle engage les
Douanes; rcemment, il a t parl des mines d'Al-
mraden come susceptibles de gager un emprunt
special Londres et de la redevance des tabacs
comme applicable ventuellement garantir un gros
emprunt extrieur. Si cette march est suivie, la
Dette gnrale Espagnole, celle reprsente par le.
4 o/o Extrieur ou Intrieur, verra le plus clair des
resources de la nation appliqu des dettes privil-
gies qui.primeront .la dette gnrale. C'est l une
perspective qui n'a rien d'agrable. En attendant,
une des consequences de l'emprunt intrieur a t
de 'faire monter le change espagnol 28 o/o, taux
depuis longtemps disparu et qui parait malheureu-
sement devoir tre'encore dpass.

L'Information de .Bruxelles : Nous consid--
reionsemaprtnt intrieur espagnol, don't on lira l'em-
ploi plus loin, come une grave atteinte porte aux
droits des.porteurs de rer te.Extrieure. En un mot,
en-leIsIp~ oille de la garantie des douanes.
Ce qui se passe ea Espagne nous rappelle ce qui


s'est pass au Portugal. Puisse la rente espagnole ne
pas suivre la rente portugaise.
i
Le conseil des ministres a trotfv le moyen de
payer aux companies de chemins de fer 6 millions
de subvention valoir sur le ;budget en course.
Ceci est absolument drisoire; c'est une vritable
aumnne.

SCorrespondance Bleue : Peut-on imaginer
quelque chose de plus baroque, de plus biscornu,
de plus insens, de plus incohrent, fantaisiste, anti-
financier et antinomique que l'emprunt espagnol
de M. CGnovas Drs obligations 5 0/0 amortis-
sables an huat .ans.! ,Mais c'iest de la pure folie!
Voil un Etat don't les finances sont depuis long-
temps malades par l'effet, on ne le sait .que trop, de
l'incapacit notoire des homes qui,, depuis bien des
annes, en ont eu l'a direction. La dette flottante, si
l"on y comprend le chapitre d' .exercices clos ,
dpasse le milliard. Le deficit annuel est de plus de
1oo millions.
Voil, d'autre part, une guerre don't on ne peut
.prvoir la fin, mene qu'elle est par des gnraux
tout ce qu'il y a de plus mdiocre. Ce systme de
lignes fortifies, prenandt l'ile de iCuba dans sa lar-
geur,:est 'la ngaiion de l'art militaire. Il ne peut
avoir pour effect .que d'iimmobiliser soixante mille
hommes, si ce n'est plus.
En vertu de ce systme, 'l'insurrection saittoujours
o est l'arme espagnole. 'Elle est ou stir les trochas
ou dans' les provinces qui sont prs du centre du
commandement militaire. C'est forc.
A parit sur le course de 61. de l'Intrieure ,Ma-
drid, .l'Amortissable 5 o/o en huit ans resort
94,20.
On prvoit que l'mission aura lieu sur le course
,de 82, ce qui faith ressortir parit .l'Intrieure au
prix l'on est beaucoup trop iaut aux ours actuels. Il
n'est pas le seul qui -soit de cet avis.
Si l'on fait l'mission de cette nouvelle Dette,
82, le produit de l'emprunt se chiffrera par la
some de 340 millions de pesetas don't il y a d-
duire tout de suite :
Million s
de pesetas.
Pour remboursement de la banque de
Paris ................................ 62
Pour la Compagnie transatlantique espa-
gnole (pas celle de M. Eugne Pereire,
comme il a t dit par erreur)........... 20
Pour la Banque d'Espagne............... 5o

Total............Francs. 132

Il restera 208 millions pour la champagne de Cuba.
Mais pour Cuba il faut de l'or. Ce reliquat, au
change actuel de 27 o/o d'agio, aura subir une r-
duction de 56 millions. On ne pourra donc disposer
que de i5o millions environ pour la guerre.
On se demande-si c'est bien la peine de jeter sur
le, Trsor public la lourde charge de huit annuits
de 62 millions de pesetas pour n'avoir au plus que
i5o millions de francs. C'est de l'argent bien cher.
Mme ne tenant pas compete de l'amortissement qui
reprsente .o i/2 o/o peu prs.
Les deux .points de vue que nous avons mis plus
haut en relief se trouvent, on le voit, intimement
lis. Point de vue militaire et point de vue financier
se trouvent ici rgis par l'inexorable lment.qui se
nomme le Temps. Ainsi, vers la mi-fvrier, il n'y
aura plus de cet emprunt aux caisses du Trsor le
moindre centime. Et l'on peut parier coup sr
qu' ce moment la guerre de Cuba ne sera pas
beaucoup plus avance qu'elle nest aujourd'hui, et
cela par cette raison bien simple mais trs vraie que
le systme des trochas n'est pas compatible avec la
mobilisation en. champagne.
Le gnral qui command Cuba n'a pas d'objec-
tif militaire, et il en est de mme du systme poli-
tique et financier de M. CAnovas qui n'a en ralit
pour but que de perptuer l'quivoque qui est au
fond de cette grave question.
De mme que la direction des operations mili-
taires est une ngation, la politique de M. Canovas
en est une autre, et.des plus accentues,tout autant
au point de vue des relations extrieures qu'au
point de- vue financier. Sur le terrain diplomatique,
M. C.novas est accul l'isolement, la plus dange-
reuse des ngations. Sur le terrain financier, M. Ca-
novas en est rduit la ngation du credit. En tout
cas, il ne sait pas se servir du credit de l'Etat
espagnol
Au point de yue de la Bourse, nous ne voyons
gure que la chute de M. Cno as qui puisse fair
la haUsse de l'Extrieure. Mais consentira-t-il reve-
nir de plein gr ses chres tudes? C'est la seule
porte de salut qui reste la malheureuse Espagne.
Le premier ministry espagnol tient beaucoup au
pouvoir. D'abord, il est trs sincrement convaincu
que personnel; dans le pays du Cid ni ailleurs, ne
peut lui tre compare. M. Canovas se croit un
malin.
Il l'est peut-tre. Seulement, pour cette fois-ci du
moins, on le croirait victim d'une jettatura. Le
fait est que rien ne lui a russi.
La paix tout prix: voil ce qu'exige le credit de
l'Etat espagnol.
: ; *;


LES ESPAGNOLS CONTRE LES TRANATS


Les journaux de cette semaine contiennent les
deux informations suivantes :
On vient d'apprendre qu'un honorable citoyen
Franais, M. Villeneau, rgulirement inscritau con-
sulat gnral de France Barcelone, a t, sous un
prtexte non justifi, emprisonn Valentia et sou-
mis au plus dur traitement, dans un cachot infect,
o, malgr ses vives protestations, on le laisse mme
sans lit, et sans lui accorder l'autorisation de se
nourrir du dehors.
Des svices graves ont t exercs par des soldats
espagnols contre un Franais tabli aCuba, le sieur
Marcel.i.n Lassaile.
11.y a quelques mois,les Espagnol- a"'i:lamairi-t
les Franais. Aujourd'hui quel'emprunta chon,
au lieu de crier Vive la Ft'rance et de donner
des courses de taureaux, ils maltraitent 'nos
compatriotes en Espagne et Cnaba.
Que les temps :sont changes!



LE DR. MONTALVO

Un tlgramme nous a annocnc la semaine der-
nire que le Dr. Jos Rafael M'o.talvo a t arrt
La Havane et qu'il doit tre pro'chainement dport.
Il est probable que ce Cubain est comme tous ceux
arrts jusqu'ici, accus .bien qu'aucune preuve
n'existe contre lui d'tre un l'ib'ni.'e,'. Ce n'est
pas l, toutefois,.la vraie ,cause d'un si inique atten-
tat, car nul Cubain appartenant la classes social
du Dr. Montalvo, n'a donn moins que lui des
preuves de son attachment au parti qui lutte pour
l'indpendance de Cuba.
Le Dr. Montalvo qui, par le nom, appartient
une des families les plus illustres de Cuba est, par
ses gots et ses tudes, un home de science.
Non seulement il s'est distingu comme mdecin,
mais encore comme anthropologist; il figure parmi
les plus apprcis de l'Amrique Latine. C'est ce
got constant pour l'anthropologie que sont ds
tes diffrents travaux par lui publis, soit. en vo-
lumes, soit 'dans les journaux, tantt pour vulgari-
ser la science, tantt pour claircir divers points 'de
controversy.
Lorsque, en 1878, le parti autonomiste fut form,
le Dr. Montalvo y entra en quality de membre de la
Junta Central. Parmi les membres de ce parti, sans
en excepter Glvez, Saladrigas et Montoro, aucun
n'est un autonomiste aussi convaincu que lui. On
peut mme dire qu'il considre l'Autonomie comme
le seul moyen de faire le bonheir de Cuba. Ce n'est
pas parce qu'il est dans l'erreur et que nous some's
les adversaires du Dr. Montalvo que nous pouvons
mconnaitre la sincrit de ses opinions.


Au dbut de la Rvolution, de.ix de ses fils
allrent rejoindre l'arme libratrice. Le pre peut-il
tre rendu responsible de ce fait? Evidemmrnt non,
et le gouvernement espagnol le sait, bien qu'il essaie
de profiter de l'occasion pour dcouvrir, au bout de
plus d'un an, les sentimentsflibustiers du Dr. Mon-
talvo.
Ce q'il y a de certain en tout cela, c'est que sous
le rgime de la Terreur qui domine Cuba, il suffit
d'tre Cubain et d'occuper un certain rang pour tre
immdiatement arrt et dport. On prAnet ainsi
quelque aventurier espagnol de s'emparer et de
jouir de ce don't le Cubain a t dpouill de la ma-
nire la plus infme. Telle est la raison de l'arresta-
tion du Dr. Montalvo, lequel possde une magni-
fique clientle et est,.en mme temps, mdecin de la
mason des Enfants trouvs, ce qui lui fournissait
les moyens d'entretenir sa -nombreuse famille dans
une situation aise et indpendante.
Comme on le voit, il fie suffit pas d'tre autono-
miste et.de dsirer vivre sous le drapeau espagnol,
pour tre l'abri des attentats odieux don't sont vic-
times tous les Cubains dans leur pays.
Aprs avoir crit ces lignes, nous arrive un tl-
gramme nous annonant que le 3 du mois dernier
est parti de la Havane le D' Montalvo, dport
Fernando-Poo, bord du paquebot Buenos-Ayres,
en 3' classes. Voil comme l'Espagne paye la fid-
lit d'un people qui croit encore possible de rester
dignement sous le drapeau de Castile.


t ;


I ,


Enfin, nous avons l'explication de la nouvQlle
lance par les Espagnols sur la soumission de
Maceo.
Les journaux nous ont appris, ces jours-ci, que
ligorble Weyler avait offer au clbre gnral
cubain un million de pesetas s'il se soumettait.
Naturellement il a sembl impossible aux Espa-
gnols de toutes classes qu'on ne se rende pas pour
un million.
Voil pourquoi le bruit courait avec' r'is-
tance, comme disait L'Eclair, que M eo allait'
se soumettre. La persistence, dans l'cas pri-'
sent, indique la morality des Espagnols.


Valeur des pronostics espagnols ._Le corres-
pondant Londres, du IIr l/dlo 'de Madrid, t-
lgraphiait le 2 novembre son journal : -
On calcule que la candidature de MiaKc-CKle ob-
tiendra trois ou quatre voix de majority,.
Or, Mac-Kinley aura environ, dans le college
electoral, 290 voix, et M. Bryan -envirot- 170,
soit 'une majority de 120, voix ,i p de cho~',i?
prs. :i
Nous verrons bientt ce que valent les:prno-
tics des mmes Espagnols au sujet; de la :gerre.
de Cuba. ::.


Jusqu' present, en tout cas, ils ne valett, pas
cher. La campage actuelle, diailent-ils, ldoeait
donner le coup mortel l'insurr'lioi,; eh l. hii,
l'uest, Ulaceo a dfait les grirai'x M1elg/irrzi
et Arolas; lest Mximo G'.nimz.., afe p 're.
empar de Gttimaro, met le sige devantPtto-
Principe.


Ce qu'il y a de certain, c'est ue '.nii est
battu d'avance sur le paperr; bihi entendu:,
En effet, de deux choses l'une: >u il prendrt
Puerto-Principe ou il ne le prendra pas. 'il'he l :
prend pas, Weyler tlgraphiera.: ..
Les forces insurges au nombre' de` vingt, mrtl
hommes, sous les ordres du cabecilla G6mez,-vaiept'
assig Puerto-Principe; mais elies se sont' cni..nre '
la dbandade .en apercevant la pointe de la baoii,".
nette du fusil du soldat qui marchait en tte de nos
troupes hroques.
-Ne reconnaissez-vous pas son st.l ?' hal,itu.l '


Et si rGmez .s'empare de ladite ville, voici:
quel sera le tlgramme du grotesque gnrial
d'abattoir : .
L'hroque garnison de Puerto-Principe, aprs des
efforts .prodigieux, a russi attirer l'ennenimaidanh
l'intrieur de la place o nous le tenons ma.intenah'nt '
comme dans une souricire; pour arriver ce r-
sultat, nos glorieux soldats n'ont pas hsit.k pffrit
aux rebelles leurs armes et leurs munitions...
Je propose pour l'avancement le colonel ritnos
qui, aprs avoir de ses piopres mains remnsisbraive-
ment son pe Maximo Gomfez, s'est, crannient,
plac la tte de ses troupes et, n'coutant que son
courage.... a pris
la poudre d'escampette. ..


Pour prouver que je n'exagre rien, voici un
extrait d'un ordre du jour du gnrai lBe nal,
dat du 5 octobre 1896 :
Chefs, officers et tous les soldats (sic), ,ous-avez
dmontr, une fois de plus, que la victoire accom-
pagne toujours l'arme espagnole...
Vous ne vous en series jamais douts, je aga;
c'est pourtant tellemeht vrai que si les Esiagnois
voulaient, mais l, srieusement, perdre une ba-
taille, ils ne le pourraient pas, dame victoire s'e
cramponnerait eux et ne les lcherait pas.
Les malheureux!


D'une dpche adresse au Liberal de Madrid i
L'ennemi s'enfuit dmoralis, abandonnant vingt
cadavres; de notre ct nous emes un contusionn.
C'est encore trop, cher confrre; la prochaine
fois vous n'aurez qu'un homme chalouille...
lgrement encore. : ,.


Un dernier mot Isur.feu l'enmprunt. Les.Esj a-


_ I


1~R~pa~`~,~;-~PP'~n~;





12 NOVEMBRE 1896


gnols prtendent maintenant que ce sont eux
qui oit refus le milliard qu'on leur offrait.
Si vous en doutez, lisez la Epoca (journal de
M. Canovas), i la date du 25 octobre.
SToujours V'histoire des raisins trop verts...; et
le renard crve de faim


Etrange! Etrange Nous le lisons dans le Lib-
ral du 6 novembre :
Dans Pinar del Rio, le cabecilla Lazo a fait sa sou-
mission.
Et dans le Libral du 7 :
Le eabecilla Lazo qi' a fait sa' soumission est
sdtiid dans sa cabine du bateau qui le transportait
La Havane..
Nos lecteurs se demanderont comment un
homme qui, volontairement se soumet, peut se
suicide le lendemain. C'est simple : on l'a sui-
cid.

Cela nous remet la mmoire la fin tragique
de l'avocat Oscar Reyes ' bord du vaisseau qui
le transportait aux Chafarinas.
Il est vrai que cette mort peut s'expliquer plus
facilement : l'imprudent avaitcinqmille piastres
sur lui.



REVOLUTION CUBAINE
SERVICE SPECIAL
DE




A La Havane, l'lment conservateur insisted
auiprs dui gouvernement d'Espagne pour que le ca-
itaie-gnral Weyler soit relev de ses functions.
Oi pense, dans les milieux conservateurs, que les
droutes du gnral Bernal et du gnral Melquizo
prcipiteront la chute du ministre Canovas. Depuis
ces 'dfaites, les Espagnols se sont toujours tenus
su .~ a 'idfensive, laissant les Cubains prendre de
grfnds avaritages. Chaque jour apporte la nouvelle
de a destruction de quelque proprit'inmortante et
on.i roit que les Cubains vont bientt marcher sur
La Havane.
Le corps municipal des pompiers, La Havane,
vient d'tre mobilis par ordre,de Weyler.
'-On assure que le gnral .Bernal.va s'embar-
quer pour l'Espagne, et qu'il a dit que pour rien au
mode il ne prendrait encore du service actif
Cuba.
Des nouvelles de Key-West annoncent que ls
Cubains ont incendi la magnifique proprit de
Santa Rosa Matanzas, appartenantraux hritiers de
M. Miguel de Aldamaa, equivalent plus d'un million
de piastres. La ferme Maria Luisa, Cuevilla, a t
galement brle par les Cubains. Les pertes sont
values 35o,ooo dollars.
Linspecteur gnral Losada,, chef du service
medical Cuba, dans un rapport official, rclame
plus de mdecins pour soigner les 13,657 maladies
actuellement dans les h6piiaux. Ls colonies sont
souvent paralyses par la ncessit 'de raien'er les
blesss et les malades en arrire de leurs bases d'o-
prations.
La press madrilne continue mal augurer
des intentions de M. Mac Kinley, vis--vis de l'Es-
pagne, dans la question cubaine. La Epoca dit, ce
sujet, qu'il faut prvenir l'ingrence amricaine par
tne victoire sur l'insurrection, puisqu'il est impos-
sible de se fire illusion sur l'attitude des Etats-Unis
en cas-d'chec. La plus grande inquitude rgne
Madrid'relativenient la' march des vnements de
Washington; on y attend anxieusement le message
que le president Cleveland adressera la Chambre
et au Snat, quand ces deux assembles se runi-
qnt le mois prochain, car il est certain qu'il y sera
fait allusion la reconnaissance de la belligrance.
Le'gouvernement espagnola signifies augeneral
Weyier l'imprieuse ncessit de tenter des opra-
tions dcisives en faisant valoir des considerations
de politique' intrieure et extrieure surtout. S'il ne
russit pas, il sera srement remplac cet hiver
mme, probablement par le gnral Azcarraga. En
excution de ces ordres, le gnral Weyler a quitt
14 Havane, aprs avoir expressment dfendu aux
.correspondants des journaux de l'accompagner, et il
ent arrive Mariel, d'oi il s'est immdiatcment mis
o route pour, Guanajay; il a pris le commande-
ment dcs nombreuses troupes concentres dans 'le
soisinage de la line stratgique de la Trocha. Il di-
-igefs les,oprations centre le gnzral Maceo.



DERNIERE HERE

.onmi4 Franais de Cuba Libre

fIiunion tlu Il nooembre 1896
h ~ Cn.it W'est rtuni' ; heures prcises.
{i, jir, t 'i,. l.firil. ai'rivu 3 heures moins le
quirt, w (Pt'eiule lut If nn-,


Le Comit, avant toute dlibration, a tenu 4:
adresser aux hros de Cuba qui luttent pour leur'
indpendance, l'expression de sa sympathie et drl
son admiration.
Le Comit 'a ensuite entendu lecture de deux
appeals l'un aux Fratiais, l'autre aux Espagnols,
qui ont t discuts et approuvs.
La publication de ces deux manifestes sera
faite dans L'Intransigeant et La Rpublique
Cubaine.
Le Comit s'est finalement occupy d'organisa-
tion intrieure.
Etaient presents : MM. Henri Rochefort, prsi-
dent; Henry Bauir(L'Echo de Paris);Isaac, sna-
teur de la Guadeloupe; Mestre Amabile; Amilcare
Cipriani; Bernard Lazare (L'Echo de Paris); Lu-
cien Descaves(Le Journal); Charles Malato (L'In-
transigeant): Saint-IIamans (La Rpublique
Cubaine); Achille Steens, secrtaire du Comit.
Maceo et Weyler
On made de La Havane, que le bruit d'une
vive fusillade et canonnade est entendue dans la
direction de la montagne de la Gobernadora, cela
fait supposed un engagement important entire les
gnraux Maceo et Weyler.


APPEL DU COMITE AUX FRANAIS

FRANAIS,
Aprs des annes d'oppression, aprs avoir
subi le plus insupportable joug qui puisse peser
sur une nation, aprs avoir tout tent pour obte-
nir pacifiquement la reconnaissance de leurs
droits de citoyens et d'hommes, les Cubains se
sont soulevs.
SDepuis vingt mois, avec un courage hroque,
ils luttent pour leur indpendance, contraignant
l'admiration ceux de leurs ennemis chez qui la
passion n'a pas supprim la loyaut. Depuis
vingt mois, runis autour de chefs intr-
pides, ils rsistent l'effort dsespr de la plus
formidable arme monarchique qui ait jamais
travers l'Ocan. Comme nos pres des grandes
armes. rvolutionnaires, ils veulent vivre libres
ou mourir; comme eux, ils sont dignes de tous
les respects et de toutes les admirations.
C'est en coutant les voix d'autrefois, venues
de France, qu'ils ont appris que, pour un people
opprim, l'insurrection est le plus saint des de-
voirs. Sera-t-il dit que les Franais de ce temps
front moins que la France monarchique dfen-
dant les liberts amricaines? Et ne tendront-ils
pas la main ceux qui combattent et qui meu-
rent en se rvoltant contre une odieuse et
effroyable tyrannie..
A la honte de la vieille Europe, pas une parole
ne se fait entehdre en faveur des .Cubains. Le
gouvernement, clrical et ractionnaire sous
l'oppr.:"ion duiiluel se dbat le people espagnol
peut, san, qu'une protestation s'lve, considrer
comme do's pillards et des rebelles .les promo-
teurs et les '~1idalt-'de la revolution cubaine.
En vain s'est constitute la Rpublique; en
vain, humans aprs la bataille, les gnraux
cubains font soigner les blesss espagnols et re-
mettre en libert les prisonniers; en vain Marti-
nez'Campos lui-mme a reconnu la gnrosit de
ses adversaires : l'Espagne fusille comme incen-
diaires et bandits ceux des dmocrates qui tom-
bent en son pouvoir, et elle emplit ses bagnes de
suspects don't le seul crime est de faiie des voux
pour l'indpendaice de leur pays. Terrible iro-
nie le droit des gens n'est pas appliqu ceux
qui cependant dfendent leur droit.
La royaut espagnole est soutenue par toutes
les monarchies europennes. Oublieux des belles
et nobles traditions de la Rpublique, qui ont
cr grande ora la ra more de la France et grtce
auxquelle'~elle a rayonn parmi les peuples, le
gouvernement franais prte son appui au gou-
vernement del'Inquisition et de l'obscurantisme,
qui a vou au martyre les rpublicains d'Espagne
comme les rpublicains de Cuba.
Mais au-dessus des chefs d'Etat, des ministres
et des diplomats, il y a l'opinion publique, il y
a le peuple. C'est ce people, qui cent fois a
vers son sang dans les combats contre la ty-
rannie, que nous en appelons. Qu'il prIte l'appui
de sa grande voix ceux qui tuttent pour con-
qurir ce qui leur est plus cher que la vie : la
libert. Qu'il aide une fois encore des opprims
i briser leurs chanes et que sa clameur sou-
tienne ceux qui demandent, au nom de l jus-
tice, la reconnaissance de la Rpublique cubaine.
Pour le Comit:
Le President, /
Ilenri Roche/obrl.


*


BIBLIOGRAPHIE

Il faut louer M. Alexandre Boutique d'avoir insti-
tu la Socit libre d'dition des gens de lettre. En
cette occurence, le brilliant romancier a tendu la
main ses confrres; et quelques dits detalent
justifieft pleinement l'opportunit de son acte.
Multipliant ses publications, aujourd'hui, dans
toutes les libraries, la Socit libre (12, rue d'Uulm),
met donc en vente Vers la, Justice, beau et bon
livre de M. L. Calvinhac, dput de la Haute-Ga-
ronne.
C'est l'expos des opinions d'un fervent et avis
socialist. Un expos sobre et joliment document,
qui dbute par de trs remarquables pages sur le rle
de la science, que monsieur Brunetire chargeait
nagure de tous les mfaits.
Puis, ce sont des pages sur l'arme, sur l'organisa-
tion du travail, sur le clerg, etc. Et, dans cette
forte tude, il n'y a pas de polmiques personnelles,
pas de partis-pris systmatiques; l'auteur n'a mme
pas refait la critique de notre tat social.' Il a seule-
ment fait voir quelles raisons avait retard la solu-
tion du grand problme human, et montr comment
la ncessit de cette solution s'imposait au bon vou-
loir de tous,
Les images abondent en ce volume; j'entends les
mtaphores exactes, comme elles conviennent un
language scientifique, c'est--dire dnu de mensonges.
Je ne sais quel orateur est M. Calvinhac; je ne l'ai
ni vu ni entendu; mais son livre est trop nettement
conu et trop superbement crit pour que nous ne
!e recommandions pas comme un nouveau et fort
beau brviaire des doctrines socialists.

Pour paratre prochainement La Revue de France,
revue littraire et social, fonde par nos distingus
confrres : Henri Degron et Lucien Besnard.
Cette revue, qui publiera des pages indites de
Lon Cladel et Paul Verlaine, compete parmi ses col-
laborateurs : Elise Reclus, Lon Tolsto, Laurent
Taillade, Paul Adam, Elmir Bourges, Charles Mo-
rice, Henri deRgnier, Fernand Pelloutier, Stuart-
Mervill, P. et V. Margueritte, Gustave Coquiot,
etc. etc.
Hugues A anteuil.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de -port,
deux exemplaires.

-------** ~ L-------

LES THEATRES

Le Carillon, c'est M' Eveline Janney; je veux
dire qu'elle en est tout le spectacle.
La chose n'est pas si rare; on l'a dj vue maintes
fois, M"" Micheline, l'Olympia, n'estelle pas l'at-
trait incontest de ce thtre lointain, et M'"' Liane
de Pougy ne triomphe-t-elle point absolument aux
Folies-Bergre. Elles accaparent mme, ces deux
exquises de femmes, tous les compliments usits et
inusits.
Certes, le Carillon est unelieu de plaisir fort gai
et d'hospitalit fort avenante; minais son charme sr
c'est cette jolie et mignonne chanteuse que je viens
de nommer. J'ai eu la bonne fortune de l'entendre
ailleurs interpreter des pcmes de Jean Lorrain et
de M"" Marie Krysinska, et elle tait alors exquise.
On me dit qu'elle est trs dcide chanter tout un
rpertoire Krvsinska. L'ide est fort bonne en soi;
mais le caf-concert? Il faudrait le rehausser de plu-
sieurs crans alors et aussi le public.
L'essai pourtant est ais; on verra bien. Et puis
M"" Krysinska est si connue Pourtant, Madame,
si certain de vos jolis pomes ne semblent pas alors
trop subtils, vous le devez l'intelligente interprte
que vous avez choisie, et don't la voix trs pure


chantera merveilleusefnent et brodera maintes fiori-
tures sur la musique de vos pomes.
M. Jules Rochard, directeur de l'Ambigu, a,,coam
mand M. Jules Mary, l'auteur du Rgimen't'et de
Sabre au clair, un draime intitul: Sbastopol.
MM. Jean la Rodde et Georges Rolle viennent de'
fair recevoir au thtre Djazet un vaudeville en
trois actes intitul Tout pour l'tre.
Saint-Marcel..
Au Divan Japonais, la reprise de la Chanson de
Fortunio, le joli opra-comique d'Offenbach a ob-
-tenu hier soir un norme succs, remaiqu dans la
parties. de concert, Yvain, Antony, Villars, Flavy
d'Orange, .Thrse d'Orgeval, artistes qui seront,
cans, les principaux interprtes des vieilles chan-
sons aux vendredis classiques qu'inaugurera, par
une conference, vendredi prochain 13 novembre,
M. Francisque Sarcey; que ceux qui dsirent y
assister se present, car la location march ferme,.
parat-il.
-----* -------~ :

TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous portions la connaissance de nos lecteurs
que la vente des timbres-poste de la Rpublique
Cubaine continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le dessin,repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes en me-
pour tous les sure d'affirmer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement. Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
.cinquante centimes.














20, Rue Saint-Vincent-de-Paul1

PARIS




ENSAYOS POLITICOS


ARTICULOS Y DISCURSOS

'POR

RAFA EL SERRA.


Un volimen de ciento cincuenta paginas,
de venta en la Imprenta Amrica, 284,
Pearl St. 25 cts. cada ejemplar.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

TROYES. Imprimehie G. ARBOUIN, rue Thiers. 126-


COLLECTIONS COMPLETES
DE

La pua6iqae _a -12




Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal LA RPUBLIQUE
CUBAINE, comprenant les trois trimestres chus, pour le prix net
de 24 francs. Les frais d'affranchissement restent notre charge.

Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
spr la guerre de Cuba.

Les personnes-qui dsirent acheter cette collection pourront
continue leur abonnement au journal suivant le nouveau tarif
rduit partir du 1e" Juillet 1896.


Toute demand de collection devra tre accompagne d'un
mandat-poste de 24 francs et adresse M. l'Administrateur-
Grant, 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


I


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