Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: November 5, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00043
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


.RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-.Vincent-de-Paul Ire Anne A PARIS 5 Novembre 1896 No 42 Ue e, .payle d'a. nce. 20fr. 22fr.
Un trisemestre, id. id ... 6Il fr. 6.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE Un trimestre, id. id .. 6 f. 6.50
A L'ETRANGER
'L ao PAL-AIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance............. 25 fr.
Les manuscripts n pUn semestre, id. id. ............13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


L'ATTITUDE DE M. ESTRADA PALMA


na lu, dans le dernier numro
de La Rpublique Cubaine,
les deux nobles lettres de
gratitude adresses par le v-
nrable Dlgu, M. Estrada
Palma, ces deux maitres no-
toires du journalismne fran-
ais MM. Henri Rochefort et Paul de Cassagnac.
Cet acte spontan et si excellemment correct de
M. Estrada Palma, nous a donn le plus prcieux
rconfort dans la lutte que nous avons.entreprise et
que nous menons de toutes nos forces, savoir:
l'indpendance de Cuba.
Cet hommage rendu nos maitres, c'est un en-
couragement pour nous plus d'efforts, une plus
entire et plus active vitalit. Al:ors que la Rvolution
touche sa fin de par les victoires cubaines -
c'est nous demander, nous journalists, de nous
attirer maintes fois les colres des quotidiens d'Es-
pagne, le Heraldo et La Epoca; ce qui nous cause
tant de plaisir.
Aussi, nous y tcherons de tout notre pouvoir.
Par d'authentiques rcits, par des faits indniables
et d'implacables statistiques, nous continuerons
notre labeur. Nous dirons la rapacit de l'ibrie, sa
civilisation et son clerg. Nous serons des commen-
tateurs prcis et probes.
La cause cubaine est just. D'minentes intellec-
tualits de ce pays viendront encore l'honorer ; et
M. Estrada Palma vient de montrer que la recon-
naissance tait le premier des devoirs.
Au milieu des incessantes proccupations de son
mandate lev; dans la-lourde tche des choses com-
pliques de chaque jour, le premier ministry de
Cuba l'tranger a pris une heure pour crire deux
lettres la France. On a lu ces deux lettres. Que re-
vendiquent-elles ? l'indpendance de la Patrie. Il n'y
a pas de syllabes plus pures offrir en hommage.
MM. Henri Rochefort et Paul de Cassagnac ont
procd paralllement et en toute indpendance de
ceur et d'esprit. Cela place bien haut la Libert,
drapeau de lumire, qui les a rapprochs.
En retour, que dfend l'Espagne ? Quatre cents
ans de barbarie ? C'est quantit trop lourde.
Aussi donc Cuba veut s'vader de ces quatre cents
ans de nuit. Spartacus s'est enfui de sa gele et fait
trembler l'Empire. Alors, on made contre le hros:
de victoire les dernires forces vives et la dernire
ranon.
Au surplus, pour Cuba, de nouvelles sympathies
se manifesteront. Et, qu'on le sache bien, les lettres
de M. Estrada Palma visent galement les articles
gnreux publis en faveur de Cuba dans des prio-
diques de Paris et deFrance. La mme belle parole
de gratitude remercie les amis connus et inconnus
de la grande ile antilienne. De mme que le cri de
M. Estrada Palma. est le cri de reconnaissance de
tous les Cubains, de mme les deux vtrans de la
press parisienne, MM. Rochefort et de Cassagnac,
sont la fois, et chacun selon son cole et sa doc-
trine politique, les reprsentants de deux grands
courants d'ids en France ; et, comme tels, hono-
rs par tous les partisans de Cuba Libre, ainsi que
l'a dit en ce journal l'anonyme et savant publiciste,
don't le verbe lumineux nous claira maintes fois
dans la resistance 'oppresseur.
Saint-Hamans.


*


LE NOUVEAU CANON A LA DYNAMITE

Nos lecteurs n'ont probablement pas oubli les
dtails que le commandant Raul Marti, correspon-
dant de La Republica Cubana dans l'arme du g-
nral Maceo, nous envoya dans une lettre publie
par nous le i" octobre, et relatifs au magnitique ca-
non la dynamite, nouveau modle, don't le gnral
Maceo dispose depuis le 8 septembre.
Nous avons demand notre excellent correspon-
dant New-York, l. Hector de Saavedra, de nous en-
voyer de nouveaux renseignements sur cette arme
considre, par les Amricains eux-mmes, come
un monstre de destruction . La rponse ne s'est
pas fait attendre. En effet, le seul modle existant.
est celui donn par un journal amricain. Nous le
reproduisons aujourd'hui avec toutes les explications
ncessaires, afin de renseigner exactement nos lec-
teurs.
Antonio Maceo, le chef cubain qui opre dans
l'extrme-ouest de Cuba, a, pour la premiere fois,
fait. usage de cette pice de champagne dans les ba-
tailles de Ceja del Negro et Sierra de Guamo, les 3
et 4 octobre, et s'en est dclar hautement satisfait.
Le canon la dynamite cubain est d'invention am-
ricaine. Le gnral Maceo en possde un Pinar del
Rio, et le gnral Calixto Garcia en possde un autre
dans la parties orientale de 'ile. Les deux pieces ont
t fabriques New-York et sont connues des offi-
ciers de l'arme amricaine comme le fusil la dy-
namite, systme Simnis-Dudley. Ils ont t essays
en Amrique la satisfaction gnrale.


Le canon se compose de trois tubes parallles, don't
un, celui du milieu, est plus long que les deux
autres. Ces trois tubes sont runis leurs deux ex-
trmits. Le projectile est lanc par le tube du mi-
lieu, lequel est en excellent acier fondu et d'un
demi-pouce d'paisseur au moins. La force em-
ploye pour chasser le projectile est l'air comprim.
A l'extrmit de l'un des tubes latraux se trouve
une culasse mobile o l'on place une cartouche or-
dinaire de poudre sans fume. L'explosion de cette
cartouche refoule l'air du premier tube dans le se-
cond, puis dans celui du milieu, dit fusil, et le pro-
jectile est chass du canon. Il part d'abord lentement
puis avec une grande rapidit. Le canon du milieu, dit
fusil, est allong de faon ce que le projectile puisse
atteindre une grande rapidit avant sa sortie de l'arme.
Le projectile est introduit par la culasse. Dans sa
parties conique se trouve la charge de matire explo-
sible. Le canon principal a 16 pieds de long et les
autres 12. Ces derniers sont en fer forg. Le projec-
tile resemble une longue flche la tte grande et
largie. Il pse 33 lives, don't 3 de matire explo-
sible. Il est muni d'paulettes qui l'empchent de
s'enfoncer dans le sol. Sans cette precaution, il s'y
erfoncerait de huit pieds avant de faire explosion.
Onze onces de poudre sans fume sont ncessaires
pour lancer la bombe un mille. Ces onze onces


produisent dans les autres tubes une pression de
850 livres par pouce carr.
A la dcharge, ce canon produit non une dtona-
tion comme les autres, mais un craquement aigu
assez semblable celui qu'on entend la rupture
d'un morceau de bois. On ne voit ni feu, ni fume,
tout tant consum dans la chambre du tube o la
cartouche fait explosion. Pendant la nuit il est im-
possible de reconnaitre l'endroit o le canon se
trouve plac, car l'exception du bruit particulier
don't nous avons parl rien d'autre ne signal sa po-
sition l'ennemi.
Si l'on s'en rapporte aux nouvelles parvenues
New-York, les ravages causs par cette arme dans
les rangs espagnols aux environs de Pinar del Rio
doivent avoir t terrible. Les bombes de dynamite
creusent la terre et clatent en ouvrant de grandes
brches dans les parapets espagnols et en semant la
mort de toutes parts. La colonne du gnral Mel-
guizo, prise d'une terrible panique, a fui dans un in-
descriptible dsordre. C'est le canon amricain la
dynamite qui a gagn la bataille livre par Maceo.
Les Espagnols en ont reconnu l'effet sur leurs pro-
pres troupes.
Le Diario del Ejrcito, journal de l'arme espa-
gnole Cuba, s'exprime ainsi ce sujet :
Les Cubains possdent un nouveau canon qui
a donn beaucoup de mal nos troupes. Il doit tre
fort lger, car on le faisait mouvoir avec une grande
facility. Nous avons essay de nous en emparer, mais
il nous a t impossible de reconnatre sa position
jusqu'au moment o ayant termin son uvre de
mort, il fut transport ailleurs. La destruction fut


extraordinaire. Des ragments des explosifs lancs
contre nous ont t envoys La Havane pour y tre
analysts l'Arsenal par des experts .
Le canon qu'emploie Maceo a quitt Jacksonville
le 4 septembre sur le Three Friends. Il a. t dbar-
qu dans la province de Pinar del Rio prs de Bahia
Honda, le 9 septembre. L'expdition tait conduite
par le gnral de brigade Juan Rius Rivera, n
Porto-Rico. Le canon est plac sous le.commande-
ment d'un ingnieur bien connu de cette ville, le co-
lonel S. R. Villaln. Les artilleurs sont Charles Rock-
well, de New-York, W. Gray See, John Drew, J. C.
Sante, C. F. Weiss et un parti d'artilleurs russes.
Le capitaine Howel P. Elwell est l'inventeur du
canon pneumatique la dynamite. L'arme fut essaye
Glen Cove L. J., le 13 avril, devant le Board of
Ordnance and Fortifications of the LUnited States
Army et les reprsentants du Navy Department et
du gnral Nelson A. Miles. Tous le considrrent
come parfaitement russi. Le canon avec ses affts
ne pse pas plus de 2,000 lives. Son recul est insi-
gnifiant, la force de la dcharge tant compltement
annule l'intrieur et l'effort la base n'augmen-
tant pas le recul.


CUBA LIBRE A MONTPELLIER ET A TOULOUSE

Nous avons annonc en temps opportun le d-
barquement de l'expdition du Dauntless. Au-
jourd'hui nous pouvons complter notre infor-
mation en y ajoutant les dtails suivants qui
nous sont parvenus de New-York iar le dernier
courier :
L'expdition tait conduite par le sous-dlgu
de notre gouvernement, le D' Joaquin Castillo
Duany. Elle tait commande par M. Miguel B-
tancourt Guerra, ancien gnral de brigade pen-
dant la dernire guerre et avec elle marchait,
ainsi que nous l'avons dit tout en rservant le
nom ainsi que le recommandaient des instruc-
tions venues de New-York, le jurisconsulte ,len
connu M. Fernando Freyre de Andrade, magis-
trat substitute de l'audience de La Havane et mem-
bre trs estim de la colonie cubaine Paris.
Voici les noms des autres patriots qui fai-
saient parties de l'expdition :
Artea, Serapio (capitaine).
Brock, Daniel.
Cruz Mufoz, Luis de la.
Diaz, Oscar M.
Frederick (artilleur).
Gurin, Armand officerr de l'arme franaise
et correspondent de La Rpublique Cu-
baine).
Gonzdlez, Francisco.
Lara, Jos (sergent); Limia, Meliton; Lugones,
Jos (capitaine).
Martinez, Aurelio.
Najarro, Benigno (capitaine); Nieto, Julio.
O' Fallan, Jos.
Pefialver, Francisco de (un des fils du comte
de San Fernando); Pifol, Jos.
Quintana, Vitaliano.
Iecio, Aquiles; Roca y Mora, Aurelio.
Soler, Juan.
Torn, Pedro (sergent); Torres, Joaquin.
La parties la plus important du matriel de
guerre transport Cuba par l'expdition con-
siste en :
. 1 canon la dynamite, nouveau systme, don't
nous donnons aujourd'hui le modle dans La
Rpublique Cubaine.
750 machetes.
1,039 fusils.
2,000 livres de dynamite.
600,000 cartouches.
Et quantity de mdicaments et d'uniformes,
quipement, machines pour la fabrication des
explosifs, etc., etc.

La runion que M. Steens a donne Mont-
pellier, dans la salle des Arts, s'est passe dans
le plus grand calme, le samedi 24 octobre.
Le jeudi suivant a eu lieu Toulouse un mee-
ting. M. Achille Steens. poursuivant sa campa-
gne, a fait devant un nombreux auditoire runi
dans la salle des Deux-Mondes, au Capitole,
l'historique de la Rvolution Cubaine et de
l'emprunt espagnol. De nombreux Espagnols
ayant tent d'empcher la runion, quelques-
uns ont t expulss de la salle et les autres
rduits au silence. Finalement, un ordre du jour
de sympathie aux rvolutionnaires de Cuba a t
vot d'enthousiasme :
Les citoyens de Toulouse, runis au nombre de
quatre cents environ, dans la salle des Deux-Mon
des, aprs avoir entendu l'historique de la Rvolu-
tion Cubaine et l'appel qui leur a t fait par le ci-
toven Achille Steens, envoient aux rvolutionnaires
de Cuba qui luttent hroquement pour leur ind-
pendance, l'hommage de leur sympathie.-Le Prsi-
dent : Flicien Court.
Jacques Albin.


*


Le nouveau canon la dynamite






5 NOVEMBRE 1896.


I V


Evy w *SJ r/rtwrr< 'r*4ew,4=LYY"L> l ec.jiMW*' -*-- -r *'*"

Qui n'a entendu parler de la Trocha ? Tout le
monde cependant tait dans lerreur au suj,et de
cette ligne fortifie qui, construite par ordre de
Weyler, a cot l'Espagne quelques millions et
environ 2,000 soldats.
GrAce la Trocha, Maceo devait rester enferm
dans la province de Pinar del Rio cote que
cote ( moins qu'il ne se jett dans la mer), jus-
qu' ce que Weyler vnt l'craser. Le salut de
l'Espagne dpendait de. cette- barrire contre la-
quelle le chef cubain devait venir se briser dans
le cas o il n'aurait pas voulu se noyer dans la
mer des Antilles.
Voil ce que.l'on croyait, parce que c'est cela
que depuis un an n'avait cess de rpter le san-
guinaire Ramollot espagnol'.


Ecoutez ce qu'il dit maintenant. Nous' lisons
dans le Temps :
Dans une interview avec le correspondent d'El
Imparcial de Madrid, le gnral Weyler a dit qu'il
comptait pouvoir chasser prochainement Maceo de
la province de Pinar del Rio.
C'est ce qu'on peut appeler un fier toupet. Et
quelle logique Enfermer Maceo dans Pinar del
pour l'en chasser!


La morale de cette histoire, c'est que Weyler
est convaineu de deux choses :
1o Qu'il n'craserar pas Maceo dans la province
de Pinar del Rio;
20 Que Maceo traversera la Trocha, quand il le
voudra (s'il ne Fa dj fait).


Connaissant bien les Espagnols, la rcente d-
claration du gnral Weyler ne nous surprend en
aucune faon.
Voici en effet ce que nous disions dans La R-
publique Cubaine (numro du 5 mars 1896) :
Chaque fois que les insurgs russissent dans leurs
plans, les Espagnols sont enchants; c'est, en effet,
fort simple : Si Gmez advance sur eux, Victoire!
nous les avons attirs dans une souricire . Si G6-
mez bat en retraite, Victoire! nous les avons chas_
ss .
La devise des Cids contemporains est celle des
marchands de macarons dans les foires : A tous
les coups l'on gagne!


FEUILLETON
De La Rpublique Cubaine


L'EMPRUNT
Tragi-comdie trs moderne, avec choeur
l'antique.


PERSONNAGES
DON RIoDiO, autrefois Cid, actuellement... rien.
ABnAHiAM GOBSECK, banquier.
LE CIEUR.un.
'ES MIARINS FRANCAIS.
U. COMMISSAIRE 1)E POLICE.
La scne se pa.sse de nos joius


SCNE I, pouvant tenir lieu de prologue
A La Corogue... ou an Ferrol, come vous voudrez.
DON IODRIGO
Allons, compatriots, apprtez-vous h fire
une reception chaleureuse et cordiale aux braves
marines franais.
LE CHOEUR
C'est entendu, il faut les )paler; mais l'en-
thousiasme ne se command pas; or, ds mon
'nfance, on m'a toujours dit du mal des Fran-
is, je ne les ai meme jamais entendu appeler
trement que franchutes, gabachos ou autres
us plutt malveillants. Aussi, je crains qu'ils
s'aper(coivent que notre sympathie est si-
e.
nDON RODRIGO
us n'avez qu' crier trs fort: Vive la
e! et ils seront enchants. Croyez-vous
vont se mettre fouiller dans vos en-
es pour s'assurer de vote sincrit? Atten-
les voici Du gosier et songez qu'il y va de
rit de la patrie. (A part) Pourvu qu'ils
bien l'air gallophile !... Ah j'ai une ide...
heur) Compatriotes, suppose que ces ma-
)nt des toradors.


Weyler nous suppose aussi dpourvus de m-
moire qu'il l'est, lui, de talents et de morality.
Tout le monde se souvient, en effet, de ce qui
s"est pass l'anne dernire. Lors du retour de
l'arme cubaine d'invasion vers les provinces
orientales, Maceo tait sorti de la province de
Pinar del Rio; Weyler ayant os se vanter alors
d'avoir nettoy cette province, Maceo y rentra
immdiatement pour donner au gnral d'abat-
toir un clatant dmenti.
Le duc d'Albe, du moins, n'tait qu'odieux,
mais Weyler est aussi parfait come pitre que
comme bourreau.


Parloens de hoses pluD gaies; nous lisons dans
L'Eclair :
Le bruit court avec persistence, La Havane, que
Maceo va se soumettre.
Notre excellent confrre doit tre convaincu
dans son for intrieur que ce bruit est dnu de
tout fondement, puisque Maceo est mort... plu-
sieurs fois mme.
L'Eclair, lui-mme, nous a annonc cette
mort avec persistence.


La nouvelle de la soumission, de Maceo ne m-
rite pas d'autre commentaire que le suivant : Il
faut que les Espagnols soient bien malades pour
en raconter de si roides.
C'est le dlire qui prcde la catastrophe.

-------^.--------

LES FINANCES ESPAGNOLES

La Correspondence Bleue : Pour ce qui est de
la rupture des ngociations relatives l'emprunt,
c'est l un fait certain, indiscutable, au vu et au
su de tout le monde, don't les journaux de M. Cano-
vas ne font du reste nul mystre.
Prenons, par example, La Epoca de Madrid. Nous
pourrions tout aussi bien citer toute la press mi-
nistrielle. En quels terms formule-t-elle l'impres-
sion que lui cause la baisse de l'Extrieure Paris
et comment dfinit-elle les causes qui s'y rattachent?
C'est d'abord, dit La Epoca du 25 octobre, l'ouvre
des flibustiers, et puis l'expression du dpit que
cause quelques banquiers de Paris le refus don't
on a accueilli leurs propositions au sujet de l'em-
prunt. Ces propositions ont t repousses parce
qu'elles taient onreuses.
Que dit un journal de Barcelone don't les attaches
officielles sont bien connues ? Nous y lisons dans le
numro qui porte la date du 22 octobre les phrases
que voici : Le march de Paris tait un mauvais
terrain- d'mission pour l'emprunt espagnol
cause des excs de la speculation minire. On et
russi cependant si l'attitude de la maison des
< Rothschild ne nous avait pas t dfavorable.
L'emprunt a chou parce que MM. de Rothschild
nous ont refus leur patronage,
Nous croyons, dit ce journal, qu'on aurait
quelques chances de russir en orientant de nou-


LE CHOEUR (avec frnsie)
Vive la France! (Les marines franais entrent.)
Vive la France !
LES MARINES FRANAIS
Quel accueil! Merci, gracias, nous sommes
touchs, on ne saurait dire quel point.
DON RODHIGO ( part)
Je saurais bien le.dire, moi (avec un sourire
diabolique), touchs au porte-monnaie.

SCNE II (vivats, acclamations, fanfares)
Le cabinet d'Abraham Golseek.
GOBSECK
Fus tre le sefioi Rodrigo, envoy bar le cufer-
nement de Sa Majest, la Reine d'Espagne; c'est
trs pien ; nous allons nous arrancher; on s'ar-
ranche touchours, pas frai? entire chens gomme
il vaut.
DON RODIIGO
Je l'espre, Monsieur le baron, tout le monde
en Espagne, comme ailleurs, rend hommage
votre amabilit, vote tact, votre gnrosit.
GOOSECK
Fus tes drop aimaple; ne barlons'pas de a;
che fais des avaires seulement, rien que des
avaires. (Se frottant les mains.) Nous allons
vaire une ponne bedite avaire ensemble.
DON RODRIGOa
Je ne demand pas mieux; voici dj, Mon-
sieur le Baron, de quoi il s'agit ; il nous faut un
milliard.
tiOBSECK
Barfaitement, caballero; un milliard, c'est
peaucoup d'archent, mais, quand on feut, on le
drove touchours.
DON RODRIGO
Heuh! a dpend; mais je vous remercie en-
core; au nom de l'Espagne toute entire sauf
Gibraltar, bien entendu, vous tes une Provi-
dence.
GOUSECK (allant son coffre-fort)
Non che suis panquier! nous faisons une
avaire, voil tout. (Il ouvre son coffre-fort, en


veaux efforts du ct de l'Angleterre et de l'Alle-
magne.
Inutile de dire que, quant nous, des ngocia-
tions du ct de l'Angleterre et de l'Allemagne nous
semblent du domaine du rve.
Dsormais, et pour quelque temps, le prix de
l'Extrieure sera rgi par les course du change sur
Madrid et par les faits militaires. Si la champagne de
Cuba a pour rsultat prochain de favoriser le triom-
phe des armes espagnoles, on verra monter l'Ext-
rieure. Au cas contraire, nous pensions que la mis-
sion du cabinet Canovas sera son terme et qu'il
doit alors survenir forcment, dans la politique es-
pagnole, une orientation nouvelle qu'il appartiendra
d'autres hommes de faire prvaloir.


Le Temps: 3 novembre, deux heures. -
Les course ont fait preuve d'une grande fermet, sou-
tenus par les cotes de Londres et des autres mar-
chs trangers. Seule l'Extrieure est faible, malgr
la situation de place, qui fait ressortir, sur cette va-
leur, une position la baisse.
L'Extrieure est en baisse sensible 65 85, aprs
57 6o, perdant 80 centimes sur sa dernire clture.
3 heures 30. Extrieure, 56 31/32.

-------,^,----------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

Le Phare du Commerce, Marseille :
Ils sont bien nombreux les insurgs, si vridiques
sont les chroniques espagnoles, nous relatant chaque
jour de nouvelles rencontres dans lesquelles deux ou
trois cents Cubains mordent la poussire tandis que
les troupes de la reine n'ont qu'un ou deux blesss.
Et pourtant voici un an et demi que cela dure,
sans que nous, Franais, pour qui cependant la li-
bert est plus que la vie, nous ayons seulement tent
d'intervenir en faveur des hros (le mot n'est pas
trop fort) qui, sans cesse crass, renaissant sans
cesse, prfrent une glorieuse mort l'esclavage bru-
tal don't ils sont les victims.
Etant La Havane, il y a deux ans bientt, avant
le dbut de l'insurrection, j'ai pu, par moi-mnme,
juger des charges crasantes et iniques don't l'auto-
crate gouverneur accablait les malheureux Cubains.
Le parlement de Washington a cependant donn
l'exemple en reconnaissant formellement aux insur-
gs la belligrance et nous devons nous attendre ce
que le nouveau Prsident que vont lire les Etats-
Unis n'ait pas les mmes raisons que M. Cleveland
pour se refuser notifier l'Espagne cette recon-
naissance.
Au point de vue commercial, Marseille est vive-
ment intresse voir cesser cet tat de troubles et
de luttes qui a depuis si longtemps interrompu l'im-
portant commerce de notre port avec la perle des
Antilles.

L'Observateur du Centre, Nevers :
La lutte pique, entreprise par les patriots cubains
contre les oppresseurs de la catholique Espagne, ne
saurait laisser indiffrente la France rpublicaine.
Pour notre part, c'est avec anxit et admiration que,


retire d'normes paquets soigneusement enve-
lopps, ficels et cachets et les range au fur et
measure sur son bureauu)
DON RODRIGUO ( part)
Un milliard! Je vois un milliard ; Seul de tous
les Espagnols, j'aurai' vu un milliard! Ah! les
jolis bataillons de billets de banque. Maceo tu es
flamb !
GOBSEK
Fus afez des quaranties ?
DON RODRIGO
Certainement; autant que vous voudrez ; les
douanes de Cuba... les bons de Cuba...
GOBSECK
Non, che ne feux rien de Gupa; fus foulez te
l'archent pur gonserfer Gupa; che ne beux pas
fus brter te l'archent sur Gupa.
DON RODRIGO
J'avoue que toutes les garanties que j'aurais
pu vous donner reposent sur Cuba; chaque fois
que l'Espagne a eu besoin d'argent, c'est Cuba
qui a t charge du remboursement. Mais l'hon-
neur castillan....
GOBSECK
Fus croyez que che peux me fier l'honneur
gastillan ?
DON IRODRIGO
Absolument; la parole des Espagnols vaut de
l'or.
GOBSECK
Alors, nous allons nous arrancher tout de
mme. (Il va de nouveau son ,/i/, .-/,,.t, en
retire des paquets beaucoup ]plus volumineux
que les prcdents, et rerient vers Don Ro-
drigo). Voici votre bdit milliard.
DON RODIIGO
Mais ce n'est pas de l'argent, cela !
GOBSECEK
Non, mais ca faut te l'or; ce sont de ponnes
lorgnettes... c'est dire de ponnes faleurs.
DON RODRIGO
Russes ou.franraises, sans doute ?


ds les dbuts de l'insurrection, nous avons suivi les
phases de cette revolution don't le noble but est l'in-
dpendance de Cuba. Nous comprenons combine il
est dur, pour la monarchie espagnole, de voir
s'chapper la plus fertile et la plus riche de ses colo-
nies. Pourtant, elle ne doit s'en prendre qu' elle-
mme des malheurs qui la menacent et doivent la
mener au gouffre final. Les impts lourds, de plus
en plus ritrs; l'arrogance des fonctionnaires; l'in-
solence des soudards et le mpris des lois humaines "
sont les causes des justes et impitoyables reprsailles
don't elle est l'objet.
Les cinquante ou soixante mille jeunes gens qui
ont pass les Pyrnes, se drobant ainsi aux enrle-
ments forcs, c'est--dire la mort probable, seront
peut-tre autant de rvolutionnaires qui, l'heure ve-
nue, se joindront leurs ans rests au pays, pour
renverser dfinitivement le trne espagnol.
Ainsi, les insurgs cubains et aussi leurs frres des
Philippines auront rendu un service minent l'Es-
pagne en brisant les chanes qui les enserraient.


Le Lyon Rpublicain, Lyon :
Les nouvelles des Etats-Unis signalent une curieuse
tendance qui se manifeste dans l'opinion publique
amricaine au sujet des affaires de Cuba. La convic-
tion est gnrale aux Etats-Unis que, quoi qu'elle
fasse, l'Espagne ne parviendra pas cette fois vaincre
l'insurrection.
L'affront des manifestations hostiles l'Amrique,
qui ont eu lieu au printemps dernier en Espagne, a
d vivement ressenti aux Etats-Unis et l'impression
ne s'en est pas encore efface; aussi, loin de dcrei-
tre, les sympathies que la cause cubaine veille dans
l'Amrique du Nord, n'ont-elles cess d'augmenter;
Smnesure que la lutte se prolonge, on se passionne
davantage.
On prouve vivement les inconvnients de la pro-
longation des hostilits avec Cuba; le commerce lo-
cal en subit les fcheuses consequences, les affairs
sont stagnantes, l'irritation devient de plus en plus
vive contre la puissance europenne qui, n'tant pas
capable de soutenir son autorit, se refuse nanmoins
toute concession de nature amener la pacifica-
tion. Aussi l'opinion se prononce-t-elle de plus en
plus nergiquement pour une solution qu.:li.nquC
pourvu qu'elle ne tarde plus.

L'Indpendant, Agen:
Il est des gens qui s'obstinent ne voir qu'une
simple insurrection dans le movement rvolution-
naire qui agite puissamment Cuba et fait perdre
l'Espagne le peu d'argent et le peu de soldats qui lui
restent...
Il est des citoyens, des patriots qui m'ont dit
prouver la plus grande admiration pour Ja lutte
persvrante entreprise par l'Espagne contre des r-
volts qui persistent d'ailleurs n'tre que cela...
J'avoue que cette admiration, je ne l'accorde nul-
lement l'Espagne et la donne toute entire ces
nobles et valeureux Cubains qui se dfendent avec la.
dernire nergie et cherchent retrouver la libert
que les Espagnols leur ravirent autrefois...
Et je me demand, avec tristesse, par quelli.aber-
ration du sens moral on en arrive lgitinmer ces
conqutes brutales qui laissent dans l'histoire de l'en-


GOBSECK
Pas ti tout; elles sont esbagnoles; che les ai
bayes bas cher, mais fus dites fus-mme que
l'honneur gastillane...
DON RODRIGO ( part)
Caramba Je suis pinc. (Haut) Je reviendrai,
Monsieur le baron, il faut que je prenre les ins-
tructions de mon gouvernement. A bientt donc.
(A par) 0 rage, dsespoir, j'tais venu pour
laper et.., je me tape. (Il sort.)
GOBSECK (seul)
S'il refient, je ferai une ponne avaire; car ces i
faleurs eshagnoles, che les ai achedes au '
boids. ,

SCNE III. Che:- le commissaire de police.

LE COMMISSAIRE
Vous avez t trouv ce matin sur un banc,
o vous aviez sans doute pass la nuit; vous
tiez moiti mort de faim et de froid ; mainte-
nant que vous allez mieux, je dois vous envoyer
au dpt come coupable de vagabondage.
)DON RODRIGO (/i''remen l)
Vous ne savez pas qui vous parlez, Monsieur;
je ne suis nullement un vagabond.
LE COMMIISSAIIiE
Alors dites-moi o est votre domicile. .-
DON nODRIcO
A Madrid. D
LIt COMMISSAIRE
Prs de Neuilly?
DON RIDRIGO0
Non, Madrid, en Espagne.
LE COMMISSAIRE (a j)arl, f/'Io1ant le sourcil)
Serait-ce un anarchiste?... Qu'tes-vous venu
fire Paris ?
10ON RODRIGO
J'tais venu pour emprunter un milliard.


(Tableau ).


Sangredo.


1


Isriii-iiii-ii- _II C--Y - -- ~ii1 -I------ i-


r I -r-f


laP~p~c~i~e C~a'ine-






~sP~a~q~ 6~a~-


LA DOCTRINE MONRO

Beaucoup de bruit depuis quelque temps, dans la
press europenne, autour de la doctifie Monro,
au sujet de la question cubaine. Rien d'tonnant
cela.-'it' est natural, tOit natural ce nous semble, de
voii la farhiuse doCtrine intervenir ici. Le contriaire-
se'hft iicoprlenhsible. Les Etats-Unis en ne l'in-
vYquant pas, inieraient leur tradition historique.-
al'sabd'iqueraien leurs propres intrts. Ils ferai'e.'t
ati sorte de faillite iroorale devant les daeux AmPi
riques qui, spectatrices jusqu' present de la lutte
hispano-cubaine, attendent de toute leur esprance,
le moment o la doctrine Monro interviendra
enfin.
Et ce n'est pas la press franaise, non! ce n'est
pas la press franaise qu'il appartiendrait en tout
cas de s'lever contre cette doctrine. D'oi vient-elle
en effet ? De la France mme. Le president Monro
n'a pas fait autre chose que suivre le courant d'ides
n n 1776; son uvre est la continuation de celle
de Washington, de celle laquelle nos pres, les
Rochambeau et les La Fayette, ont consacr leur
sang, aux applaudissements de la vieille patrie fran-
aise.
L'Amrique aux Amricains. Eh bien, quoi?
Est-ce qu'on peut discuter cela ?
Une mtropole a des droits, dites-vous, sur ses
colonies, N'a-t-elle pas plutt envers elles une obli-
gation, un devoir de tutelle, le devoir du frre an
envers ,e cadet? Si la mtropole au lieu de remplir
ce' devoir, n'use de sa force que pour l'oppression et
l'exploitaion,. si elle traite sa colonie en vache lait,
si le cadet devient le forat, l'esclave, le martyr de
l'air, il n.'y a plus qu'un recours: la revolution, ila
separation.
Vdil ;o en tait Cuaba, et voil pourquoi demain
Cuba sera libre.
Le droit et le devoir des Etais-:Unis, la puissanfe
Rpublique ane, n'est-il pas maintenant de jeter
dans la balance, pour l'indpendance de ces rpu-
bliques cadettes, le poids de son opinion ? Le poids
de son opinion et plus mme au besoin.
.Nous l'avons vu intervenir rcemment, cette doc-
trine Monro, dans le conflict contre l'Angleterre et
le Venezuela. L'Europe a-t-elle s'en plaindre ? La
France en particulier ? Loin de l. C'est grce cette
intervention que les Anglais se sont arrts. On ne
leur a pas laiss mettre un pied, (un orteil mme)
sur cette terre amricaine; sans cela, ils en auraient
dj, plus de quatre.
Aussi bien, appuye ou non de la doctrine Monro,
la reconnaissance de l'Indpendance cubaine serait
plus que favorable au commerce franais. Souhai-
tons donc, plutt que de la redouter et sans perdre
de temps en vaines lucubrations, l'intervenftion la
plus prompted de la doctrine Monro. Elle est just
ea soi, et les rsultats que nous en attendons sont
aussi profitable l'Europe qu'quitables pour Cuba.
Marcellus.

-------- ^ --------.i

UNE PROPHTIE QUI SE R.\LISE

Lorsque le distingu conomiste franais, P. Le-
roy Beaulieu, publia son remarquable livre De la
colonisation che les peuples modernes, les Espa-
gnols en firent des gorges chaudes et qualifirent de
visionnaire et de charlatan, pour ses predictions
relatives Cuba, ce profound penseur.
Aujourd'hui le rire des Espagnols s'est change en
larmes et ils dpensent, oh! bien inutilement.! -
leur dernier home et leur dernier sou pour
ne pas perdre les restes de cet immense empire
amricain sur lequel le soleil ne se couchait jamais.
11 est possible, dit Leroy-Beaulieu dans l'ouvra-
ge que nous avons cit, que l'Espagne conserve
encore une autorit de fait sur la reine des A-ntilles;
mais les jours de sa domination sont compts. Le
sicle present ne se terminera pas sans que Cuba ait
conquis son indpendance (i).
Il manque encore trois ans et deux mois avant
l'expiration du dlai fix, et, en fvrier prochain, il
y aura just deux ans que les Cubains, soulevs et,
en armes, luttent hroquement pour arracher des
gri'ffes du lion espagnol la belle et chre terre o ils
naquirent; deux ans qu'ils prchent la guerre sainte
de Maisi au cap de San Antonio, qu'ils "occupent
entirement le territoire de la grande ile l'exception
des villes et lieux fortifis. Et chaque instant, les
patriots font le coup de feu, brilent et dtruisent.
La prophtie est sur le point de s'accomplir. Les
jours sont compts , c'est certain, car la champagne
d'hiver qui vient de commencer par de brillants
suces pour nos soldats, sera la dernire.
La main sur le coeur don't les battements devien-
nent plus rapides measure que le triomphe appro-
che, prparons-nous clbrer avec joie le jour de
lumire et de bonheur qui verra le glorieux drapeau
de l'toile solitaire flotter resplendissant sur le pic

(i) Ouvrage cit, pag 268 de la 2' dition fran-
aise. N. de l'A.


escarp du Morro de La Havane transform pat
l'infme Weyler en un lieu de profonde angoisem et
de cruel supplice pour les Cubains sans dfen-e,
Et envoyons en mme temps un cordial sfl'ut a'u
publicist~ 4dirvoyant quiyavec t criterium certain
et une'.connaissance profonde de'l'histoire, a russi
p-ntrer le mtystre et lire avec un singulier
boItleur d.tns le grand livre des destines du monde.
.'ree Cuban.
31 octobre 1896.

*--------*^,
L'ECLAIR CENTRE L'tAIR


Une'fois de plus, nous avons l'occasion de prouver
L'Eclair le ridicule de ses informations qui se con-
tredisent grossirement.
Voici les faits :
Dans son numro du 3 novembre, L'Eclair a
donn, aprs ce titre pompeux :. Les Hommes du
Jour, un portrait qu'il dit tre celui du gnral
Maceo, et voil que ce portrait porte dans sa physio-
nomie quelque chose de tout le monde, hormis du
vaillant gnral. C'est, en effet, la reproduction fan-
taisiste d'un mauvais dessin de Mximo Gmez pu-
bli par un quotidien des Etats-Unis il y a environ
trois mois.
L'Eclair apprend ses lecteurs que Maceo est le
commandant en chef de l'arme cubaine Cepen-
dant, tout le monde sait depuis longtemps que le
gnral en chef est Mximo Gmez.
Ce journal ajoute qu'il ne se passe gure de se-
maine sans qu'une dpche announce tantt la mort,
tantt la capture du gnral Maceo. Mais, si je ne
me trompe, n'est-ce pas vous, confrre indpendant,
qui, depuis une anne et demie, remplissez vos co-
lonnes de ces tlgrammes ?
L'Eclair continue en disant que Maceo a un
prestige tel qu'il a pu jusqu'ici tenir en chec les
meilleurs gnraux de l'arme espagnole. Voil
une nouvelle que ce journal si bien inform n'a en-
core jamais donne dans ses tlgrammes. Ne disait-
il pas, hier mme, sous cette rubrique : L'Insurrec-
tion cubaine (par fil special) : Le bruit court avec
persistence que Maceo demanderait se soumettre.
Dcidment, confrre, vous manquez de logique !
Ce n'est pas tout : Jos, aujourd'hui gnral...
C'est l une nouvelle qui n'est pas prcismenit de la
dernire heure, puisque le gnral Jos Maceo, frre
d'Antonio, auquel L'Eclair a voulu fair l'honneur
de ses colonies, est mort au mois, de juillet der-
nier.
Quand nos compatriotes voudront avoir des ren-
seignefients prcis sur Cuba, nous ne pourrons
mieux faire, vraiment, q'e de les adresser L'Eclair,
journal bien inform, etc..., etc...

-----**I~-i e------


L'OPINION EN ESPAGNE

El Nuevo Rgimen, Madrid: On a de nouveau
beau-coup parl cette semaine de l'intervention des
Etats-Unis dans nos affaires coloniales, et un tl-
gramme du Times a donn prtexte de graves com-
mentaires. On dit que les Etats-Unis se plaignentde
la trop longue dure de la guerre de Cuba. Les int-
rts commerciaux de la grande Rpublique amricaine
se trouvent fort compromise par nos luttes. Le chan-
gement de president peut amener des complications.
Nous ignorons ce qu'il y a de fond dans les ru-
meurs qui ont circul ces jours derniers sur l'atti-
lude des yankees; mais nous reconnaissons qu'il
est vraisemblable que ces rumeurs puissent prendre
corps et se transformer en ralits. On affirme que
les Etats-Unis veulent que la guerre s'achve et on
ajoute qu'ils sont dcids l'exiger. On va mm'e
jusqu' parler de prparatifs, et les. journaux ne
manquent pas qui conseillent au gouvernement
l'adoption de measures prventives en vue de soute-
nir de nouvelles et fort probables luttes. Il ne nous
manquait plus que de nous trouver aux prises avec
de nouveaux conflicts arms! Mais, tout grave que
cela soit, il y a encore quelque chose de plus grave.
Pour la mme raison qui pousse les Etats-Unis se
plaindre de l'interminable dure de la guerre et des
prejudices qu'elle leur cause, d'autres nations euro-
pennes pourraient se'plaindre galement. L'Angle-
terre, la France, lAutriche sont dans le mme cas,
pour d'identiques raisons commercials; et il n'y
avait rien d'extraordinaire ce que, dans un avenir
rapproch, elles unissent leurs voix celle des Etats-
Unis. C'est alors que notre gouvernement devrait
prendre une determination decisive et rapid.
La prcdente guerre-de Cuba dura beaucoup plus
longtemps que celle d'aujourd'hui; mais il ne faut
pas tabler l-dessus. Alors, en effet, les insurgs
n'avaient pas russi, comme present, arrter
compltement la vie commercial de la Grande An-
tille et les intrts des dites nations n'eurent pas
souffrir, comme ils l'ont fait pendant ces deux der-
nires annes. Nous sommes dans un moment
d'attente. Tout le monde voit le nuage l'horizon.
La terre, si nous pouvons nous exprimer ainsi, a
une odeur de tempte; il n'est pas un homme poli-
tique qui n'annonce de prochains et extraordinairtes
vnements. A quelle situation dplorable nous ont


condtis, par leur incapacit et leur imprvoyance,
li gou' ernements de la restauration.

El Mercantil Valenciano, Valence: Il existed
un moyen, un seul, pour empcher l'opinion de
s'garer relativement. la guerre de Cubaiet des Phi-
lippines et, pouitne Fas laisser se prodoire des in-
quitudes sans motifs prjudiciables a l'intrt pu-
blic, et susceptibles die jeter le trouble.dans d'innom-
brables foyers. Ce seul moyen est bien sirtp'le : Que
le gouvernenrent dise toj'ours lt'Epaigne la' vrit,
rien que l' verit.
Le relchement moral est awrriv dans note pays a
an tel degr, q.u'il semble qu'en demandant cela on
demand des choses normes.
Ainsi proclame-t-on implicitement que l'accom-
plissement d'un des mandements du Dcalogue, est
nuisible, prjudiciable, plein de dangers pour la na-
tion espagnole; et que le mensonge est un moyen
de gouvernement excellent, lgitime et normal.
L'Espagne a appris, non par le gouvernement,
mais par une agence d'informations, que les insur-
gs des Philippines taient matres de plusieurs pro-
vinces et qu'ils avaient massacre un grand nombre
de prtres. Interrog ce sujet, M. Canovas s'ex-
cusa en disant que la nouvelle tait connue du gou-
vernement depuis quelques jours et qu'elle tait
vieille. Le gouvernement connaissait la nouvelle et
il ne disait rien, ou plutt il omettait de dire la v-
rit, ce qui est une espce de mensonge don't on ne
saurait trouver d'excuse dans la morale d'aucune
religion,
Des faits de cette nature dmontrent l'opinion
publique, d'une faon vidente, que le gouverne-
ment, tantt par action, tantt par omission, ou-
trage volontairement la vrit et essaie de tromper
les Espagnols, les entranant ainsi au milieu de l'obs-
curit et du doute, dans le chemin de perdition que
nous parcourons l'heure actuelle, et cela, peut-tre
pour que la lumire et la clart ne nous montrent
pas la vritable route.

El Imparcial, Madrid : Que ce soit par rou4
tine, par dfiance l'gard de notre force d'me
pour supporter les mauvaises nouvelles, par fai-
blesse d'esprit des gouvernants, ce qu'il y a de cer-
tain, c'est que depuis le commencement de l'insur-
rection de Cuba, on cache ou on altre la vrit.
Que pouvait-il arrived hors ce qui s'est pass? Par
les informations que la poste ou le tlgraphe len-
tement communiquent la press et, plus encore,
par les lettres particulires qui passent de main en
main et se lisent soit en famille, soit au casino, soit
au caf, les gens, peu peu, finissent par connatre
la vrit, comparent le renseignement ainsi recueilli
avec les nouvelles transmises par le government,
et ces dernires restent ensuite disqualifies pour le
present et l'avenir sans qu'aucun journal et per-
sonne puisse viter pareil accident.
On a dit et rpt cela cent fois depuis que la
guerre a commenc. Tous les jours les consequences
du systme deviennent plus palpables. Mais le gou-
vernement persiste dans son attitude. A qui la
faute?

L'emprunt a chou grce la faon don't on a
voulu le ngocier et, avant tout, et surtout cause
de notre champagne aux Philippines et Cuba. Sans
un grand succs militaire, sans une important op-
ration de guerre marquant une grande et important
victoire de nos armes, le capital tranger n'aura pas
la confiance voulue pour venir notre aide. Quand
on compare la grandeur de l'effort ralis par notre
pays et les rsultats obtenus jusqu' l'heure actuelle,
il est impossible de porter un jugement favorable
sur la fin prochaine de la lutte.
L'argent tranger ne vient que grce la confiance
et l'intrt. On le satisfait sur ce dernier point,
mais nullement sur le premier. Aussi ne vient-il
pas.



M. WILLIAM MAC-KINLEY


M. William Mac-Kinley est lu president des
Etats-Unis.
Nous devons saluer de nos hommages respec-
tueux et de nos plus ardentes esprances l'homme
qui vient de triompher d'un redoutable adver-
saire, le clbre M. Bryan. Nous portons-graves
dans nos mmoires les paroles chres qu'il pro-
nona en faveur de Cuba; et c'est le coeur joyeux
que noirs nous tournons encore vers le Bienfai-
teur, investi maintenant de la supreme magis-
trat ure.
Nulle majority ne fut plus imposante. L'Etat
de New-York comme la Georgia, l'Illinois comme
l'Etat de Vermont, ont remis leurs destines entire
les mains de M. Mac-Kinley. Noble gratitude!
Quelle vie, en effet, fut plus active, plus rsolu-
ment dvoue la Patrie que celle de ce manda-
taire de l'Ohio au congrs de Washington, pen-
dant les six dernires lgislatures? Quelle routy
de lumire suivie depuis l'enrlement 47 /ns
dans le 23e rgiment d'infanterie jusqu'au/bill
/
/


Mac-Kinley, don't l'adoption a t un des vne-
ments les plus considrables des Etats-Unis!
La champagne lectorale fut ardente, acharne.
M. Bryan, le chevalier dTargent .. l'fatit pied-
a p'ied, merveilleux orateur, au verbe puissant
et d'iJicontestable clat., Il parcotrait en hte
l'tl'inois, l'Q~bio, l- Pensylvanie; il faisait esp-
rer Chicago, la. rivale de New-York. I f tait
l'homme des mtaphores hardies, des images lit-
tmvaires et des persuasive proraisons.
Aua contraire, prudentt, sage, mesiar, M. Mac-
KUnley ne quittait pas sa prpri,'l" die Cantony,
oit les lecteurs le venaient viisiter. Les chos des
priodes soSnores de M. Brya'n devaient se briser
centre e-tte demeure de l'avocat rsolu des int-
rts conservateurs.
Nous, nous attendons avec confiance les nou-
velles dclarations que M. Mac-Kinley voudra
bien faire en faveur de Cuba. Les rodomontades
de l'Ibrie n'inquiteront pas la tnacit dci-
sive, le vouloir nergique de l'Elu d'hier. On a
exploit, pendant la priode lectorale, sa res-
semblance physique avec Napolon. Jai un por-
trait de M. Mac.Kinley sous les yeux; et c'est en
effet le mme regard dur, volontaire, la mme
face ronde avec les lIvres obstinment serres
dans la precision imprieuse de la volont.
Le faces, ce ne sera pas toute la ressem-
blance.
M. Mac-Kin;ley voudra les Etats de l'Union dis-
ciplins, plus forts que jamais, l'Amrique exer-
ant toute sa sutprmatie. Quel rve est plus
grand pour un chef d'etat? Napolon, oui, mais
l'Organisateur.
Et c'est pourquoi nous pensions que son clair
regard veillera sur les intrts amricains dans
la grande le antilienne; et que, de cette vigi-
lance, apparatra enfin pour l'Ibrie l'impossibi-
lit absolue de fair flotter son trne colonial sur
des lacs de sang.
Jea.n Gui ton.

------.^,------

LA FIN DE L'ESPAGNE


Nous reproduisons avec plaisir les principaux
passages d'un article public parLe Petit Ren-
nais, qui montre que la propaganda que nous
faisons pour notre just cause porte chaque jour
de nouveaux fruits :
Il se public Paris, 20, rue Saint-Vincent-de-Paul,
un journal don't le nom dit tout de suite sa raison
d'tre : il s'appelle La Repblica Cubana.
Ce n'est pas l une feuille inutile. Avec les jour-
naux franais pays, on n'a que des rapports inexacts
sur le pour et le contre de la question cubaine; avec
les journaux franais indpendants, on n'en a pas
du tout ce qui est peu, il faut en convenir.
C'est peut-tre l une tche bien difficile : qui ne
,erait partial pour les siens ? En tout cas ce journal
parle assurment plus vrai que les autres.
Et puis, je trouve sa cause belle, au fond. Que
voulez-vous ? Je ne puis prouver, quoi que je fasse,
la moindre sympathie pour les conqurants en gn-
ra:, et moins encore pourceux qui vivent de la con-
qute!

Aussi bien, quoiqu'on ait de sympathie pour l'Es-
pagne en plant que nation, il nous semble sage d'tu-
dier de prs la situation de ses finances gouverne-
mentales.
L-bas, Cuba, les gnraux se succdent, tous
battus. Le territoire est si vaste que l'es flottes espa-
gnoles n'en peuvent oprer le blocus.
L'arme des insurgs augmente chaque jour.
Le gouvernement de l'Espagne a dj l-bas
cent cinquante mille homes, et ce n'est pas assez ?
Que se passe-t-il en Europe, danrs la pninsule?
Les soldats ne veulent pas partir.
Le gouvernement espagnol manque d'argent: il
lui faudrait un milliard. Mille millions, c'est quel-
que chose, c'est trop!
Consequences :
Prive d'or, l'Espagne sera battue.
Avec un emprunt, elle restera sur la defensive -
mais les prteurs ne reverront pas un sou de leur
prt. L'Espagne, dirige par un gouvernement de
genre moyen ge ne saurait garantir le retour de
l'emprunt: ce serait donc un nouveau Panama.

Tout ce qui nous regarded, c'est de savoir si les
financiers d'au del des months seraient en measure de
rpondre pour le trsor royal.
Or il n'en est rien.
Pas d'or, pas d'hommes : l'Espagne battra en
retraite forcment.
Donc, quoi qu'on dise et quoi qu'on chante, si
l'on vous parle d'emprunts, Franais de France,plus
de naivet,
Songeons nous; gare nos poches I
Lon-L. Berthaut.


i


5 NOVEMBRE 1896.





5 NOVEMBRE 1896


vahisseur de longues et ineffaables tranes de
sang...
L'Espagne de 1868 avait les coffres mieux garnis
que l'Espagne de 1896. Son credit, moins altr
qu'aujourd'hui, on trouva l'or et les hommes nces-
saires pour touffer l'orage qui se prparait terrible.
Canovas, ministry, signa un trait de paix avec
Cuba.
Mais aucune des clauses de ce trait ne furent res-
pectes...
Les Cubains se sont soulevs de nouveau; n'est-
cepas l'ternelle histoire ds peuples esclaves?
C'est leur libert ravie qu'ils rclament.
Ils aiment mieux la mort que l'esclavage!
Etes-vous avec l'Espagne? Etes-vous avec Cuba?


Le Progrs, Agen :
.La situation devient de plus en plus grave pour
la monarchie qui repose sur la tte frle d'un enfant
de dix ans; et comme les gouvernements sont res-
ponsables, aux yeux des peuples, des malheurs na-
tionaux, on peut se demander si l'Espagne n'arra-
chera pas le gouvernail des mains de ceux qui la
conduisent au naufrage.
L'insurrection de Cuba dure et grandit par le fait
Sseil du temps qui s'coule. Jusqu' present, le pr-
'ident de la Rpublique des Etats-Unis a oppos
une resistance aux sentiments amricains -et, par
suite, les 'chefs de la Rvolution cubaine ne re-
oivent pas du continent un appui complete:
SMais, dans quelques jours, les Etats-Unis dsi-
gneront un nouveau president, qui entrera en fonc-
tions'au mois de mai prochain. Tout porte croire
qu' ce moment les insurgs seront soutenus avec
.nergie: et cette date pourrait bien tre, pour l'Es-
pagne, celle de la perte definitive de sa belle co-

Dans l'Extrme-Orient, Manille, les ffaires
espagnoles' ne.sont pas florissantes non plus, et, en
.1Eiurope,.M. Caovas cherche en vain contractor
unii emprunt poir fair "face' aux effroyables d-
penses militaires. L'argent, don't l'opinion est gn-
-ralment clairvoyante, n'apas confiance' dans la
fortune espagnole'; il n'ose 'se laisser tenter par
'l'appt du 5nfice et se risquer dans cette venture.


"La Vie Algrienne, Alger: .
En sobstinant rduire' par les armes l'insurrec-
tion cubaiine, l'Espagne a probablement assum une
Stache au-dessus de ses forces.
M. ,Cndvas est, come on dit, au bout de son
rouleau. Il dclarait nagure lui-mme qu'au i" oc-
tobre tous les credits accords par les Corts, toutes
les resources mises la disposition de l'Etat pour
Cuba, seraient puiss, et qu'il aurait besoin de
60 millions en or. On assure qu'il est parvenu se
les procurer,'grce aux conventions conclues ave
les companies de chemins de fer..
Cette goutte d'eau s'est bien vite vapore, et le
ministre, renonant au funeste systme des petits
paquets, 'songe iun emprunt d'uin milliard. C'est
-un.gros morceau.,Toutefois, moyennant la'cession
de quelques fructueux monopoles, -notamment des
"ni.es de mercury, certain financiers garaintissaient
l'emprunt. Mais ils avaient une faon de le couvrir
qui ne fait pas le bonheur de M. Canovas.
M. Canovas announce, dans une lettre passable-
ment attriste, que, du moment o les banques
trangres lui refusent leur concours, il va s'adres-
serau patrimoine de son pays. Mais les souscrip-
teurs espagnols ressemblent aux conscrits; ils ne
S manifestent aucun enthousiasme. Et ils n'ont pas
..tort, Les. finances espagnoles subissent une crise
..oitieltes auront dela peine sortir.
N'oublions pas qu'avant l'insurrection, Cuba con-
tribuait chaque anne pour 5oo millions au budget
de l'Espagne. Cuba ne les versera plus. Vaincue,
-ele ne laisserait que des ruines la mtropole. Et
l'on estime qu'aprs la guerre, la dette espagnole
aura grossi de quatre milliards. M. Canovas com-
prend la situation, et la confiance semble l'aban-
doqner. Il avoue qu'il en a assez et que si, au mois
d'avril, les Cubains: ne se sont pas soumis, il les
laissera' se donner le gouvernement qu'ils voudront.
Le gouvernement de. Washington, crit le cor-
respondanf du Tiiies, est anim, 'l'gard de l'Es-
pagne, des sentiments les plus amicaux, comme il
-, l'a prouv par son attitude depuis vingt mois; mais
il n'en est pas moins vrai que tous les jours des
proprits appartenanit a' des citoyens, amricains
..* sont dtruites et que le.'commerce entire fes Etats-
Unis et Cuba, qui avait une grande valeur, est
compltement paralys. D'o la ncessit de measures
propres assurer la protection des intrts amri-,
)-, cains.
M: Canovas doit savoir ce que parlor veut dire.
M. Canovas a trop compt sur la force. L'exemple
de Bismrarck ne lui a pas servi. Et maintenant il se
demand si, aprs avoir perdu CUba; il ne perdra
pas la monarchie. Mais tout nest pas Ferdu, et, la .
place de l'Espagne, je ferais marcher la cavale-
rie de Saint-Georges , puisque l'autre n'a pas
russi.
+.,,


r\

-J?


REVOLUTION CUBAINE.

A Cuba, les troupes espagnoles sont partout
sur la defensive.
Le consul des Etats-Unis a quitt La Havane
pour avoir une conference important avec le prsi-
dent Cleveland aux Etats-Unis.
Le paquebot Buenos-Ayjres est parti de La Ha-
vane, conduisant roo dports cubains pour Fer-
nand-P; parmi eux; se trouvent le docteur Jos
RafaeliMontalvo:et le rdacteur du journal La Dis-
cussion, M. Antonio Escobar.
Le paquebot Satruistegui est arriv La Ha-
vane, conduisant des renforts espagnols.
Dans deux hpitaux de La Havane seulment,
on compete 2,700 malades selon une information
d'origine espagnole.
Les Espagnols se plaignent de la faon habile
don't les soldats cubains dirigent leur tir, la plupart
de leurs hommes mis hors de combat tant atteints
aux jambes par les balles cubaines.
Dans le combat de Soroa, les Espagnols ont
prouv de grosses pertes.
A Manzanillo, un citoyen anglais, M. Thomas
Beattle, a t arrt, ainsi que son avocat, M. Juan
Silva, sur la grossire inculpation d'incendiaires, le
but des Espagnols, dans cette affaire, tant de saisir
les proprits de ce riche tranger.
A la douane de La Havane, on a dcouvert un
vol d'importance commis par l'inspecteur Ferrer et
les douaniers Sims, Galn et Novo, tous les quatre
Espagnols.
M. Canovas a invit le ministry de la guerre
Azcarraga donner l'ordre au gnral Weyler de
quitter son palais de La Havane pouraller lui-mme
diriger les operations contre le gnral Maceo.
On announce qu'un fils du gnral Calixto Gar-
cfa:.a quitt les Philippines, o il rsidait, et est ar-
riv Barcelone.
_- Le gouverneur civil de Barcelone vient de rece-
voir un tlgramme du ministre de l'intrieur con-
tenant des instructions prcises tendant empcher
le dpar.t pour l'tranger de tout individu g de i5
20 ans, moins qu'il n'ait effectu le dpt d'une
some de 2,oo0 picettes le librant du service mi-
litaire actif.' Les' hommes ayant dpass 20 ans de-
vront produir.ele document oblig' qui les dclare
libres du service des armes.
Les dserteurs espagnols sont chaque jour
plus nombreux, malgr la surveillance active des
autorits.
-. Un tlgramme de l'Express-Agence announce
qu'une some d'un million de pesetas aurait t
offerte au gnral Maceo.pour l'amener dserter la
noble cause qu'il dfend. Des primes, galement fort
inmportantes, seraient proposes -aux autres chefs
rvolutionnaires. Ceci dmontre surabondamment
l'impuissance des Espagnols.
:-:Une correspondence de Key'West au .Herald
dit.tenir de bonne source que le gnral cubain
Mximo Gmez va assiger La Havane. Il se dirige
vers cette ville avec toutes ses forces.
-La ville de Batabano a t attaque par les
Cubains. La garnison de la ville de Consolacion,
qui avait t envoye au secours de Batabano, fut
repousse'par les Cubains.
Le gnral Weyler a donn , des mdecins
militaires espagnols les chairs universitaires prc-
demment occupes par des professeurs cubains qui
ont t dports dans ce but.
Par tlgramme special de New-York, nous
sommes autoriss dire que le gnral Maceo conti-
nue tre matre de toute la province de Pinar del
Rio, o ses positions sont inexpugnables ;' il y a des
provisions et du matriel de'guerre en plus grande
quantit qu'il n'en est besoin pour la champagne
actuelle.
-Le gnra Weyler a dfendu La.. Havane la
vente d'un livre sur' la guerre de Cuba, crit par
M. Reparaz, Espagnol et rdacteur du Heraldo de
Madrid.
Le colonel espagnol Aldea a t battu par le
gnral cubain Lacret, qui lui a inflig des pertes
s'levant 250 homes, tant morts que blesss.
Le 3i octobre, 400 soldats espagnols, malades
de la fivre jaune, sont arrives La Havane.
Le lieutenant d'artillerie Quillen est mort de la
fivre jaune La Havane.
Le gnral Echagie, ayant fait une chute dans
un combat, s'est dmis le poignet et il porte le bras
en charpe.
-. A. La. Havane, 149 blesss, considrs comme
inutiles, viennent d'tre embarqus pour l'Espagne.
Les Cubains ont attaqu une forteresse prs de
San Cristobol.



REVOLUTION PHILIPPINE

D'aprs un tlgramme official de Manille, le
gouverneur de Batangas, M. Villanil-Lliano, aurait
quitt son poste ds le dbut d l'insurection et se
serait" embarqu pour la pninsule.
Le gouvernement a tlgraphi aux autorits de
Colombo d'arrter"l'expdition d'armes que le ban-
quier Rojas a fait prparer pour les insurgs des
Philipines.

i.


La Rvolution a pris dans la province de Ba-
tangas des proportions considrables.
Le procureur de l'ordre des dominicains de
Madrid a reu une dpche de l'archevque de Ma-
nille, constatant que la situation s'aggrave. Il faut
un nouveau gnral pour faire face au pril.
Les rvolutionnaires de Cavite ont lev des
fortifications avec fosss Trampas.
Sur la cte de Cavite, l'quipage d'une goe-
lette de l'Etat a assassin son capitaine et a pass
aux rebelles.
Parmi les 34 personnel dernirement arrtes
Manille, il se trouve trois prtres indignes accuss
de complicit avec l'insurrection; l'un d'eux cachait
des fusils dans l'orgue de la cathdrale.



BIBLIOGRAPHIE

CHEZ LAISNEY. Histoire du Monde, son volu-
tion et sa civilisation, par Etienne Guyard.
A LA LIRRAIRIE ILLUSTRE. Le Cur de Paris,
Splendeurs et Souvenirs, texte, dessins lithogra-
phis en couleurs et eaux-fortes par A. Robida.
A L'IMPRIMERIE CHAix.-- Les Matres de l'Affiche,
12' fascicule, qui achve la premiere anne de cette
publication. Des titres et tables sont joints ce fas-
cicule o figurent des pices de Chret, Steinlen,
Barisset, etc.
CHEZ OLLENDORFF. Autour d'elles: I' le Lever;
un album de Henri Boutet. La Ville de l'or, par
Arthur Heulard, un curieux project d'une exposition
financire international, pour l'exposition de 1900.
CHEZ FLAMMARION. Les derniers fascicules de
la Revolution franaise, album public sous la di-
rection de M. Armand Dayot.
CHEZ MAY ET MOTTEROZ; Comdie et Pomes.
Dpit d'Amour, deux volumes de M. Eug. Al-
berge.
CHEZ FONTEMOING. Responsabilit morale,
examen des doctrines nouvelles, 'par' M. Ed. Des-
bouits. Cet ouvrage a t couronn par l'Acadmie
des sciences morales et politiques.,
CHEZ HACHETTE..- Ronle et. l'Emnpire aux deux
premiers sicles de notre re, par Emile Thomas.
CHEZ ROUAM ET C'. Etude des Ornements, par
M. J. Passepont. Un volume orn de 651 dessins
gravs par la maison Sarar.
Ihigiies A 'nil'/.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.



SLES THE ATRES


A l'Opra. Reprises de reprises les jeunes
compositeurs peuvent attendre, sous l'ormne; Ces
sempiternels spectacles suffisent l'Acadmie:natio-
nale-de musique et son. public. Patientez, M. Char-
pentier, que diable! Demain, retour de Rouen ou
d'ailleurs, on jouera... Faust.
A la Comdie'Fr;anaise. Sans paradoxe, ce
thtre est aux jeunes le plus 'accueillant. Si. l'on
supprimait le Comit, et qu'on laisst toute liberty
M. Claretie, il faudrait attendre beaucoup de cet
esprit trs moderne et trs cultiv.
A l'Opra-Comique. A quand une pice nou-
velle ? Je sais bien'que c'est inane; rien ne fera ou-
blier Mignon. '
Chez M. Lugn-Po. On dit beaucoup de bien
de la pice de M'. Frantz Jourdain, qui a pour titre
Un Gage, et qui doit tre joue cet hiver l'oeuvre.
Les applaud.issiements ne manqueront pas l'avis
et brilliant criain qui a sign. tant de livres d'uhe
si belle utenue et d'une si entire probit.


Le grand Monsieur Coquelin connat present
l'insuccs. Frdrick Lematre, avant lui, avait
pass par l. Cependant, cela ne diminue pas du
tout l'intervalle qui les spare.
Hier soir, au Divan Japonais, M. Yvain, le tno-
rino, toile de l'Alcazar d'Et, Eden Concert, etc'. a
dbut avec tant de succs que la Direction 'a, de
suite, engag cet artiste pour toute la saison d'hiver..
La Chanson de Fortunio passant irrvocablement
vendredi, Risette ou les Millions de la Mansarde,
la jolie pice de notre oncle Francisque Sarsey,
n'aura donc plus que deux representations.
Le Concert Europen est un des concerts qui ne
ressassent pas les sempiternelles rapsodies de ca-
bots trs uss. Le spectacle y est toujours divers,
ondoyant et d'un trs rel attrait. Au rebours de
certain music-halls tapageurs et trop fervents de la
rclame, on n'y conserve pas un chanteur jusqu' ce
qu'il soit cacochyme. Le succs au reste incite au
succs. Aussi la direction Frdric Deslandes nous
prpare en ce moment un spectacle fort plaisant, au-
tour duquel rgne grande activity et don't on dit'
dit merveille. Nous en reparlerons temps.
Saint-Martel.

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Nous portions la connaissance de nos lecteurs.
que la vente des timbres-poste de la Rpublique
Cubaine continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais bres sont de 2,
le dessin, repr- 5, 10, 25 cen-
sent ci-contre, tavos. Nous
est le mme sommes gp me-
pour tous les sure d'affi'mer
timbres. qu'ils circulent
Les dits tim- librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demanded
centre remboursement.' Le prix de la collection,
affranchissement compris, est de deux francs
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