Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: October 29, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00042
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


REDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Bue St-nentdeul re Anne PARIS 2 Octobre 1896 U Nn 41 i estre, d.. id. .-.. : fr. .0
S. Un trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: E ALA' OOA' L'TRANGER
wT2LPx io o PT PAR IT TOUS LES JTEUDI Une anne, payable d'avance............. 25'fr.
RAI T US L JE Un semestre, id. Id.............. 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus .UN NKUMERO....... 0 fr. 25


DE CUBAA A A FRANCE

La Rpublique Cubaine prouve au-
jourd'hui la plus grande satisfaction en
donnant 'la premiere place dans ses co-
lonnes aux:lettres que note vnrable D-
lgu, Mr. Estrada Palma, a adresses aux
.minents joiuirnalistes f l'an -ais hMiM. lR:oihe-
fort et de Cassa 'nac.
Ces documents: sont .un tinuignari e du
tact exquis et de la' hauteur de vues qui ca-
ractrisent notre premier ministry l'tran-
ger come ',iissi la raniil'estatioir d la plus
profonde reconnaissance pour l'atttitude si
spontanment ,gnreuse' lii'ouit prise, en
face de la question cubaine, deix esprits
suprieurs don't le; journalism politique de
France peut s'enorgueillir.
M. Estrada Palma parle avec l'assurance
-d'exprimer ici le sentiment de tous les Cu-
bains, car it'n'y a pas de Culbain digne de
ce nom qui nes.e senate ,iblig le ,mnrai',sti'r
personnellement sa reco:nhaisianii:.e ces
deux vtrans de la press' parisienne qui
sont la fois, et chacun selon son cole et
sa- doctrine poli-tique, les reprsentants de
deux grands, couriits d'ides en France.
Voil o.porgui nous p:ioiivi i consid-
rer que, par la voix de notre' Dlgu, c'est
Cuba, luttant.hroquement pour sonind-
pendance, qui parole ,aussi la .glorieuse
France des droits de I'homiiie et de la li-
bert humaine.-
Suivent les lettres en question
Monsieur Henri Rochefort.
S Paris.

ermettez-moi, Monsieur, de
j m'adresser a vous au nom
du gouvernement et de la
Rpublique de Cuba, pour
vous exprimer les senti-
ments de gratitude que tous
/ les Cubains aimant leur
F,,k patrie vous doivent comme
2 ,. au plus rsolu dfenseur
de leurs droits devant le noble people fran-
.cais. L'Intransigeant, que vous dirigez digne-
ment, a pris parti pour notre noble et sainte
cause, grce la justice qui est avec nous et
l'amour que vous professez personnellement
pour les institutions rpublicaines, les principles
dmocratiques et les droits imprescriptibles de
l'homme. Vous savez-fort bien, Monsieur, que le
colon espagnol, en Amrique come en Asie, est
considr et trait simplement comme un paria,
come un ilote, .par ls proconsuls militaires
que la mtropole envoie dans ces rgions loin-
taines. Vous connaissez l'histoire de l'Espagne
en tant que nation colonisatrice et vous savez
que [ce pays n'lve pas, ne prpare pas pour la
libert, mais que son uvre traditionnelle con-
siste, au contraire, s'efforcer d'abaisser le ni-
veau moral 'du colon pour le dominer absolu-
ment. II n'est donc pas tonnant que vous ayiez,
vous qui n'avez cess de lutter nergiquement
en faveur des opprims, lev votre voix puis-
sante pour dire la. France, pour dire au monde
que Cuba a parfaitement le droit de s'manciper,
que [ses fils luttent courageusement, hroque-
ment pour leurs liberts, comme les Franais
ontilutt, pour les leurs en tant d'occasions, et
qu'ils seront libres, qu'ils seront indpendants,
parce que personnel ne rsiste l'lan et a la
vigueur d'un people dcid mourir avant que
de se soumettre de nouveau au joug honteux de
l'oppresseur.
Merci, Monsieur, pour votre appui si opportun,


si profitable. Il a dj commenc donner des
rsultats prcieux. Il a inspir vos compa-
triotes un sentiment de noble rpulsion l'gard
d'un prt d'argent que la cruelle et despotique
Espagne demandait humblement. Cet argent, si
elle l'obtenait, elle l'emploierait avecune frocit
intraitable agrandir les fosss de sang human
que ses proeonsuls,'ses bourreaux creusent tous
les jours, l-bas, sur le sol de l'hroque Cuba.
C'est un honneur pour moi et une joie de pro-
fiter de l'occasion- qui m'est offerte pour vous
offrir...le l,'jinoin.,i,. de mon respect et de ma
plus haute con idalonr. '
,/ "' : ", .< <' "' "t ',i.f .- o "in .


New-York, 3 octobre 1896.


Monsiepr Paul de Cassagnac.
Paris


'est t~n grand honneur pour moi,
Monsieur, .que d'avoir L'occasion
de m'adresser vous pour rem-,
p-plir un' devoir.de gratitudb, Cu
b.: :hain el treeprsetant du Gou-
i'r v-errnement Rvolutionnaire de
Cuba, je ne ,puis moins faire
-'',i que de m'empresser de vous
dresser mes meilleurs remerciements pour Il
justice que vous nous rendez et les sympathies'
que vous exprimez en faveur de notre ndbi,
cause dans un article digne de votre plume illus-
tre et de l'illustre journal, L'Autortii;, que vous
dirigez.
Des dfenseurs come vous devant 'la. grande
nation franaise, du droit des Cubains h la liberty
et h l'indpendance, russiront sans aucun doute
former l'opinion du noble people de France, a
le convaincre de la justice de notre cause et le
mettre rsolument de notre ct. Aussi,.viens-je
vous prier, Monsieur, de ne point dfaillir. dans,
votre ouvre gnreuse.en faveur'de Cuba. Notre
pays saura un.jour vous prouver, come vous
le mritez, la reconnaissance qu'il vous doit.
Je suis, Monsieur, avec la plus grande consi-
dration, votre humble serviteur.
Tomns Estrada Palma.
------*-----~----

LE DOCTEUR GONZALEZ LANUZA

On peut dire, sans crainte de se ti:-rmprer, que le
Docteur Antonio Gonzalez Lanuza represents
Cuba l'illustration et l'intelligence. Dou.d'une fa-
cilit de parole tonnante et de connaissancesi ten-
dues sur le Droit pnal, ses discours et ses plaidoi-
ries sont rputs dans la grande Antille autant que
ceux de M" Rousseau et Demange Paris et j.uis--
sent l-bas d'un gal prestige.:
Orphelin, il. fut lev par son oncle Mr. Manuel
Lanuza. II fit ses tudes de Droit jusqu'au Doctorat
sans avoir rien payer pour ses inscriptions, don't
on lui faisait remise comme prix de son travail.

I *-


L'anne mme o il commena exercer, son ca-
binet fut un des plus favorisis de La Havane, et on
ne tarda pas le nommer magistrat supplant de
cette audience, nomination accorde seulement aux
trs rares docteurs dont-les connaissances sont indis-
cutables.
Parmi les faits remarquables de son histoire scien-
tifique, on peut citer le suivant: Son professeur de
Droit pnal fut le Docteur Jos Novo (espagnol),
qui occupait cette chaire par interim depuis plu-
sieurs annes. La chaire devenue vacant, Lanuza
et Novo.se prsentrent, mais ce dernier renona


passer le second examen, aprs avoir reconnu la
supriorit de son ancien lve.
Comme chtiment son intelligence exception-
nelle qui faisait envie et portait ombrage aux avocats
espagnols, Lanuza fut dport Chafarinas, tablis-
sement de rclusion espagnol o vont les criminals
les plus endurcis.
Lanuza ayant t dpouill d'une faon inique de
sa chaire par des flibustiers, celle-.ci est actuelle-
ment occupe de nouveau par Novo, un des mem-
bres.marquants du parti conservateur qui reprsente
Cuba la haine et l'animosit exagres-contre les
Cubains.
Une nouvelle iniquit, une nouvelle infamie
pse aujourd'hui sur Lanuza. On. l'accuse d'tre
membre d'un comit imaginaire qui, d'aprs le g-
nral 'Weyler, se chargeait de dposer des 'bombes'
la d na rrite dans les.difices du gouvernmerit:!Une
,emblable accusation, sans fondement, ignoble, n'a
qu'un but : outrager et dconsidrer celui qui est,
;Cuba, le reprsentant de la civilisation.


AMR. ALFRI.EED ZAYAS:.

.-La famille de Zayas st, -Cuba, une des plus
nobles par ses sentiments et, en mme temps, des
.plus distingues, tous ses membres ayant occup
dans les lettres un rang lev. ModeSte jusqu'' l'exa-
gration, Zayas tait un des avocats les plus appr-
cis de Cuba.
Il est membre du parti autonomiste et, ds le d-
but de l'insurrection, il essaya de pousser'son frre,
Mr. Juan Bruno, abandonner les rangs des insur-
gs, o il avait le grade de colonel et o il,est mort
rcemment gnral.


On fait peser sur lui les mmes accusations que
sur Gonzalez Lanuza.
En moins de deux mois, trois de ses frres sont
morts : le premier en champagne, le deuxime La
Havane d'une maladie de poitrine, le troisime
Key-West. Sa vieille mre, dsole, a perdu la rai-
son la suite de tant de malheurs.
L'Espagne, incapable de rien de noble, dpourvue
de toute gnrosit et toujours cupide du sang cu-
bain, a, aujourd'hui, deux bonnes proies pour se
ra'sasier..Wevler' ne pourra pas"forcer Maceo;. il
In'empchera pas davantage Mximo Gmezde s'em-
parer des vi les' et des villages de l'intrieur de l'ile;
mais, pour assassiner et apostropher le Cubain sans
dfense, 'il a toute la decision, tout le courage vou-
lus. Il' est le reflet fidle de la misre et de la pourri-
ture qui font la frocit du gouvernement espagnol.
Lanuza et Zayas, qui ont t embarqus La Ha-
vane, lis ensemble par les mains, exposs comme
les criminals endurcis, continueront leur voyage
comme Jsus lors du sacrifice du Golgotha.

-------- --^T- ------

LA CROIX-ROUGE A CUBA

On sait que les Espagnols mettent feu et sang
les hpitaux cubains. La Croix-Rouge n'est donc en
fonctionnement que dans le camp espagnol et pas
dans le camp cubain.
Sous l'instigation de quelques patriots cubains,
des pharmaciens parisiens et des particuliers ont
commenc envoyer des pices de pansement, de
la charpie aseptique, de la ouate hydrophile, etc.
Nous envoyons nos remerciements en particulier
M. Tardif, pharmacien, 16, avenue Niel, pour sa
gnreuse offrande. Nous publierons les noms des
donateurs et nous avertissons que les mdicaments
les plus utiles sont la quinine, le calomel, l'ipca-
cuanha, l'iodure de potassium, l'extrait d'opium, le
chloroforme, !e quinquina, l'alos, etc.
Remerciements, au nom des blesss et maladies
cubains et du Club Federico de La Torre, orga-
nis aux Etats-Unis pour runir des sezours.
On peut envoyer les offrandes, soit au sige du
Comit Franais de Cuba Libre, L'Intransigeant,
142, rue Montmartre, soit La Rpublique
Cubaine, 2o, rue Saint-Vincent-de-Paul.
*)


BOMBARDMENT D'ARTEMISA

PA\s.\S E DE LA TROCHA ,,

,PAR .M.\(EO

On: an'noncr de Washington aui. Times. de.Lon-
dres, que le gouvernement amricain, partage
l':piin:,i ide"''fiimeins: majority de la population
relativemeft :: la guerre de Cuba.,.11pense": que.
l'Espagne rie pourra se rendre matresse de'la
Revolution par les armes. Le gouvernement am-
ricain croit donc ne pouvoir demeurer plus long-
temps indifferent k une lutte qui s'annonce ind-
finie, ce qui portrait de graves prejudices aux
intrts nationaux dans l'le, vu sa proximity de
la grande 'Rpublique. Le gouvernement de
M. Cleveland est animdes .meilleurs sentiments
vis-'i-vis de l'Esp:agnli:, mais il ne peut continued
garder cette. attitude expectative devant la pa-
ralysatioil qui.: id i ?e rii expriimente par le com-
merce amricain et la devastation des proprits
appartenant ses nationaux.
Il rsulte, de tout cela, ncessit urgente de
prendre d'nergiques measures pour garantir les
intrts amricains h -Cuba. Le gouvernement
fait constater.aussi qu'il y a quelques mois l'Es-
pagne a refus'ses offres de mdiations trans-
mises par M. Dupuy de. Lme. Il maintient au-
jourd'hui encore ses propositions pouraider
l'Espagne aboutir un arrangement, et malgr
l'attitude de cette puissance, attitude qui n'a rien
de conciliant.
Enfin, et en consideration de l'important mou-
vement d'opinion qui se prpare aux Etats-Unis
en faveur de l'indpendance cubaine pour la
prochaine ouverture du Congrs, il faut que
l'Espagne se decide immdiatement, car autre-
ment l'arrangement serait difficile.
Cette nouvelle du Times a produit en Espagne
une profonde sensation en montrant tous que
les Etats-Unis ont toujours les yeux sur la ques-
tion cubaine.

Le bourg d'Artemisa (province de Pinar del
Rio), quarter gnral des Espagnols la Trocha,
a t bombard par une parties des troupes du
general Maceo dans la nuit du 21 courant. Les
Espagnols accusent 32 grenades de dynamite et
sept quarts d'heure de combat.

Consequence de ce bombardment habilement
combin : le passage de la Trocha par Macco, du
ct de Mariel, qui, pntrant dans la province
de La Havane, a opr sa jonction avec le gnral
Jos Maria Aguirre.
Dsormais donc l'inutilit de la Trocha n'es'
plus dmontrer. Quintin Bandera l'avait force
dji, et, maintenant, c'est le tour de Maceo.


*


,S.





29 OCTOBRE 1896.


LE DSARROI EN ESPAGNE


Quand il n'y a plus de foin au rtelieg les che-
va*x, voire mme les nes, se battent.'M.'Canovas
et ses amis ayant dvor tout le foin fourni au gou-
vernement espagnol par les' malheureux 'contri-
buablgs, ces animaux c'est des .ministres -que
nous -parlors se mettent tirer hue et . dia le
har de l'Etat qui, naturellement, reste, de plus en
plts en panne. .
Le president .du. conseil sent la parties perdue et,
au fond, voudraittraiter avec les hommes qui. bien
que qualifis quotidiennement de flibustiers et de
rebelles, n'en sont pas moins des vainqueurs. Mais,
n'osant assumer lui seul pareille responsabilit, il
dsirerait substituer provisoirement au cabinet con-
servateur, don't il est le chef, un cabinet de concen-
tration de toutes les fractions monarchistes, afin de
discrditer suffisamment ses concurrents en leur fai-
sant partager la honte d'une capitulation. De cette
combinaison, MM. Sagasta et Silvela se montrent,
dit-on, peu enthousiastes.
Le miinistre de la guerre, lui, voudrait encore
marcher: c'est son mtier de gnral. Mais tout
Azcrraga qu'il soit, il lui serait vraiment diffi-
cile d'effectuer la conqute de Cuba lui tout
seul.
Combattre Maceo de Madrid comme Azucarragua,
ou de La Havane comme Weyler, ne suppose pas,
tout prendre, un hrosme extraordinaire.
Le Mriniastre de la marine s'efface. Pauvre diable
oblig de marchander l'Angleterre et l'Italie des
bateaux allant sur l'eau, les btiments de l'amiral
Nava-rro n'ayant, jusqu' ce jour, captur qu'une
vieille golette abandonne par son quipagel Avec
de pareils tats de service, on n'apas-le 'droit d',avoir
le verbe trs haut,.et son Excellence: ne: souffle mot,
navr sans doute que les boutiquiers de La Hayane,
qui viennent d'envoyer des petits cadeaux ses col- *
lgues Canovas et Azcrraga, ne lui .aient mrme;. pas
expdi une demi-douzaine de puros.
Le mme dsarroi rgne dans la press. Aucun
des gnraux placs par nous en face, du problme
n'y a rien compris et n'tait capable de le r-
soudre , dclare nettement El Globo, organe du
rengat Castelar. Le gnral Weyler a chou dans
son entreprise , constate tout aussi catgorique-
ment La Correspondencia Militar. Le mouve-
ment a pris une grande extension dans les'pro-
vinces de l'intrieur , announce piteusement La
Epoca. Je te crois, Epoca de mon csu r
Quant aux journaux qui s'inspirent nn. des- lib-
ralits gouvernementales, mais des, aspirations :et
des besoins du people travailleur, ils sont unanimes
fltrit- 1 conltnuaati,,n d'.t ee" guerre impitoyable
qui ne prendra fin qu'avec la reconnaissance de l'in-
dpendance ou la mort du dernier rvolutionnaire
cubain, guerre ii ge, gros de 'la 'r nation :ai out
perdre et-rien gagner..': .
I1 se forme,.de pilus en. plus. aujiurd'hul.eri Es-
prige. deu. parties : l'un. celui da.gou\ernenenrt et
de la minorit.qui \eut la 'guerre; Paiure. celui de
la naation"et"de 'la- maorlri,"qui sou'haite la paix.
Ju squt' present, c'est le premier-qui :a saign blanc
lesecond; il serait:temps quel'e secondd, :soii tur,
s'il *ne vut devenir tout fait cada\ re. e 'souleit I,
pour en finir avec le premier
Cosmo.




AUTORIT ESPAGNOLE


Cuba, on vole. Le gouverneiiient le sait, il
ne l'empchlie pas. Le gouvernement saii pour-
quoi.
G'neral Manuel Salamanca. (Diario de
las sesiones. 1888.)

..... ." ... ... . . .


SANS COMMENTAIRES


La Hei'ald de New-York public, dans son nu-
mro du 12, les dtails suivants sur la dernire
victoire remporte par le gnral Maceo Pinar
del Rio:

Le gnral Bernal, chef des troupes qui ont com-
battu dernirement contre le gnral Maceo, dclare
que les plans de Weyler sont inutiles et que les po-
sitions de Maceo sont inexpugnables.
Le gnral Bernal en arrive jusqu' traiter les
Espagnols de ldches, puisqu'ils refusent d'aller sou-
tenir la souverainet de l'Espagne.
A l'inactivit et l'impritie du gouvernement, il
compare l'intelligente initiative de Maceo qui s'est
prpar opportunment, et il croit que quelles que
puissent tre les forces qu'on fui opposerait, les
troupes espagnoles .n'chapperaient pas un d-
sastre complete.
Le gnral Bernal ajoute qu'il prfre mourir que
de continue combattre Cuba aivec de pareils
plans militaires.
Ces remarquables dclarations ont caus, dit le


correspondent du Herald, une profonde sensation"
La Havane. Quand le gnral Bernal, de retour de
Pinar del Rio, est arriv sur la jete; il a t siffl
par la populace et, alors, se tournant vers elle, il la
traita de ldche.

-,. -----






Lettre d'an *ex-tudiait de Paris, Cubain., au-
jourd'hui docteur en mdecine et mdecin des
troupes insurges, un camarade :
'Manicaragta, 30 aot 1896.
Monsieur le docteur X....
Paris.
Cher ami,
Voil dj quelques mois que je ne t'cris pas;
mais ce n'est point par oubli, crois-le bien.
Je viens de faire, cheval, un voyage de cent cin-
quante lieues, d'un bout de la province orientale
jusqu' las Villas. Aprs mon absence prolonge de
Cuba, je me suis parfaitement adapt au climate et
la vie d'insurg. En un seul jour, nous avons fait
une march de dix-huit lieues, sous une pluie bat-
tante, depuis deux heures du soir jusqu' dix heures.,
et je n'ai pas eu la moindre courbature.
La Revolution est trs puissante, et j'ai dj eu le
Splaisir d'entendre le sifflement des balles Mauser
dans un combat qui a t trs favorable nos
armes.
Ce combat, qui devra s'appeler du Hoyo, a t
livr par la brigade de Cienfuegbs, sous le.comrman-
dement d'Alejandro Rodiiguz, Calixto Alvanez 'et
Font Sterling. La colonne espagnole-venait du petit
village de Manicaraguaet dj, quelques-jours avant,
nous l'avions harcele en tirailleurs sans l'intention
de lui prsenter le combat, faute de munitions. Mais,
le jour de Sainte-Anne, Font Sterling arrivrent la
tte des expditionnaires qui taient venus avec
Calixto Garcia et avec moi. Ils portaient' o,ooo car-
touches. L'enthousiasme. des ntres fut superbe. Le
jour mme, on en distribua la moiti et, le 27 juillet,
avant le jour, nous occupmes des positions magni-
fiques pour attendre la colonne de 1,800 hommes,
qui devait passer sur la grande route. On envoya
quelques tiraiileurs l'attaqu.er sur les flancs et
l'arrire-garde, de manire 'tPlmeaer au point o
nous avions prpar le-combat. Ds qu'elle arrival
l'endroit voulu, elle fut reue par un feu nourri, parti
de nos positions; elle rpondit par des feux de pelo-
ton, trs rapidement rp.ts, et pv huit coups de ca-
non, san. ramme essayer de nous.dloger, commen-
ant trs vite abattreen retraite.Onla poursuivit, enla
harcelant de'tous c6t~S, jusqu'au bourg de San
Juan de las Yeras, o elle se rfugia. Au moment o
elle se retirait au pas acclr, il nous arriva un
petit capon de bronze, fabriqu dans les ateliers
de Cuba Libre.; nous lui en lchmes deux coups
qui lui firent une grande impression.
Nous avons pgerdi deux lieutenants-colonels, des
plus vaillants: Las Caballero et Artola ; deux lieute-
nants et d'autres, en tout: 8 morts et 17 blesss.
Nous n'avons pas charge au macete, parce que
nous tions spars par une rivire et cause des
asprits.du terrain. Cayito Alvarez en tait dses-
pr; on venait de lui annoncer, au milieu du com-
bat,. que son pre et son frre venaient d'tre massa-
crs coups de machete par ces troupes. Les Espa-
gnols ont eu 27 morts,'dont i colonel, chef de la
colonne, i commandart; i c:apitaine, 'tlietenants
et a2 soldats ou guerrilleros ,ils ont, charg de
blesss; deux wagons .partant pour Cienfuegos,
Entre cette ville et Santa Clara, aprs le combat
de Mal Tiempo, o les Espagnols abandonnrent
170 Mauser, celui du.-Hoyo est. le plus rude que nous
ayons livr. Du 24 au 28,dans un trajet de six lieues,
les Espagnol: n'ont pas fart un pas sans recevoii des
coups de rusil: J'ai \u timber plusieurs camarades
prs de moi, mais je n'ai pas perdu un instant mon
sang-froid et je ne me suis spar de mon chef
qu'aprs avoir soign tous les blesss.
.Les Espagnols ont public que nous avions perdu
200 hommes, et ils competent leur droute come
une victoire. Depuis lors, ils vont de ct et d'autre,
mais jamais vers nous, la conqute, disent-ils, de
notre canon cubain. Ils ont t si bien battus, qu'ils
croient que Mximo G6mez est avec nous.
Plusieurs expeditions ont t dbarques, ce qui
donne beaucoup d'entrain nos troupes. Beaucoup
de guerrilleros du pays, arms par les Espagnols,
passent dans nos rangs. Le fort de Ciego Montero
s'est rendu sans coup frir, ce qui nous a valu 5,ooo
cartouches et 14 Remington. Le fort de Mogote s'est
livr, et ses 66 soldats de garnison sont rests avec
nous. D'autres se prparent. La troupe espagnole
ne reoit pas de paie depuis cinq mois. Ces malheu-
reux soldats n'ont pas de quoi acheter un cigare.
Evidemment, l'horizon s'claircit. Les pidmies
de variole et de fivre jaune font de grands ravages
parmi eux.
Les jeunes gens des meilleures families viennent
chaque jour se joindre nous. L'opinion des
Cubains riches, et mme des- propritaires espa-
gnols, est que l'Espagne perd'dfinitivement Cuba.
Nous commenons voir de l'or, et notre trsor


n'est plus un mythe. On commence payer le soldat
et le vtir avec l'argent de la Rpublique. On ne
doit plus en envoyer l'tranger pour les expdi-
tions; on l'emploiera ici l'achat de mdicaments
et de cartouches. Je suis autoris dpenser' io,doo
francs en appareils de pansement et en mdecines.
Chaque bless reoit 25 francs.
J'ai la foi, la plus absolute en notre cause et,.
quoique les fleurs n'abondent pas dans notre camp,
je n'ai jamais prouv la moindre dfaillance. J'ai eu
faim et 'soif, c'est vrai: je me suis vu couvert de
poussire ou de boue sans pouvoir me laver, tout
poilu et hriss, sans un sou, dormant sur le sol
la belle toile, tremp jusqu'aux os sous la pluie,
sans bas avec des souliers trous; j'ai pass, enfin,
les plus cruels moments et, pourtant, je me suis
toujdurs senti capable de sacrifices doubles de ceux
que je: faisais. J'ai parfois pass quinze jours sans
manger autre chose que de la vache enrage frite avec
du suif, sans le moindre lgume; j'ai eu des semaines
suivies sans goter le caf et mme l'eau sucre, et
je t'assure que je ne regrette pas d'avoir abandonn
le Luxembourg.et Vachette.
J'ai t nomm chef du corps de sant-de la bri-
gade de Cienfugos, et j'ai commenc organiser ce
service. J'ai fait plusieurs commander d'instruments
et de mdicaments pour les hpitaux.
Soto un gentil.patriote, trs doux, trs vaillant
et trs gnreux, fort aim. des siens.et que tous ap-.
pellent affectueusement Sotico -(petit Soto) a as-
sist au combat du Hoyo et se trouve encore prs
de nous, mais il est destin la province de La Ha-
vane. Nous causons beaucoup des chosess de Paris
et nous comptons bien nous y retrouver avec les
Scamarades l'Exposition de g9oo.
En attendant, nous ne dsirons que battre les
Espagnols. Ils ont public, qu' Saratoga nous. tions
5,ooo et qu'ils nous ont fait 5oo morts et. blesss.
Eh bien nous tions 517, sous les ordres de Mximo
Gmez, et nous avons eu .12 morts ou 60 blesss. Au
Hoyo, nous n'tions pas plus de 3oo. Fais dmentir,
par le Comit de Paris,,les nouvelles donnes avec
tant de cynisme par Weyler..
Envoie-moi des journaux franais; et avec mes
souvenirs les plus affectueux :aux amis, je t'em-
brasse.
Carlos T2rUjllo.
A 'cette intressante lettre, Sotico ajoute quel-
ques lignes fort gaies o il demand, avec le
plus vif intrt, des nouvelles 'du i Salo. da
monde (Paris),. de ses ..amii,..e ..ta.citurne X,
l'minent Z, le decadent Y, et m nim la Ch'ata,
ce qui ne v'eut .pas dire l.la Catt.e, mais la
Camarde. Il ':rohmet de. 'revenir, non pas
l'Exposition de 1900, mais trois mois aprsl'in-
dpendance de la Patrie, c 'qui ne sera: pas
long..' -'.



LE 10 ,rCTOBRZ 1868


Les lettres etjournaux qu!i nous parviennent, nous
attestent qie cette ddte duI:lo' octobre 1868 a t
unanimement fte dahs les groups de l'migration
cubaine,
A New-York en particulier, o l'mnigration s'est
porte surtout, les meetings qui se sont tenus
cette occasion, laisseront des souvenirs inoubliables.
Honneur tous les Cubains qui ont contribu
la clbration de cette glorieuse fte patriotique.

.---. ---

INTERVIEW DE

M. LE DOCTEUR BETANCES


Cuba, en ce moment, redevient d'une actualit
cruelle. Les journaux amricains et les journaux es-
pagnols changent des dmentis sur le point dlicat
de savoir si rellement le gouvernement amricain
est dispos ne pas favoriser l'insurrection ; mais le
rsultat le plus tangible pour le public franais st
une baisse trs sensible snr les valeurs espagnoles.
J'ai t hier demander au Docteur Betances, Dlgu
Paris de la Rpublique Cubaine, quelques dtails
sur l'tat actuel de l'insurrection.
Beaucoup de discretion, je vous en prie, m'a
rpondu le vieux patriotecubain, qui porte la bou-
tonnire le ruban rouge de la Lgion d'honneur. On
m'a averti que dj, plusieurs reprises, le gouver-
nement espagnol avait demand mon expulsion.
Mais je ne puis vous refuser ce que vous me deman-
dez. L'insurrection ? mais partout elle est triom-
phante.. Depuis quelques mois, ils sont extraordi-
naires les progrs que nous avons faits. Quand l'-
tendard de l'insurrection fut dploy, il y avait en
tout 900 insurgs. Maximo G6mez dbarqua avec
4 hommes, et Maceo avec 24. La dernire fois que je
vous vis, je vous racontai que nous avions peine
8,00oo fusils, don't la plupart avaient t pris aux Es-
pagnols. Aujourd'hui, il y a dans Cuba soixante
mille soldats de la libert arms de fusils et cent
mille insurgs attendent les convois d'armes qui ne
tarderont pas arriver d'Amrique.
Les Espagnols se sont acharns dmentir le
dbarquement de toute la cargaison du Dauntless,


grand navire qui apporte des canons et plusieurs
milliers de fusils. Voici la dpche qui m'annonce
ce dbarquement. Tout l'est de l'ile nous appartient.
Les garnisons espagnoles sont.bloques, dans les
villes ; nous sommes maitres de toute la champagne
depuis Santiago jusqu' Martingas. Cette occipa-
tion force des villes immobilise mme les forces les
plus vives :de l'Espagne. Il 'faut bien que nos enne-
mis gardent les villes; ds qu'ils 'les abandonnent,
nous les occupons.
A l'ouest, dans la province de Pinar del Rio, o
se trouve Maceo, les Espagnols, esprant le cerner,
ont fait toute une ligne de fortifications. Maceo se
moque d'eux et occupe des montagnes don't les hau-
teurs sont imprenables. Chaque jour, le nombre de
ses soldats augmente et chaque jour le nombre des
soldats-espagnols diminue. Sur les deux cent mille
soldats envoys, cinquante mille sont morts, trente
mille sont malades et le reste est dmoralis. Ilvient
de partir d'Espagne non pas 40,000 hommes, come
on l'a dit, mais 36,ooo exactement. Ils ne serviront
qu' boucher les vides des garnisonsils ne parvien-
dront pas augmenter le nombre des soldats qui
peuvent tenir lacampagne.
Je viens de recevoir une lettre bien typique d'un
jeune Cubain, nomm Crdenas, qui a t lev
Paris, qui est sorti de l'Ecole central, et qui ds le
premier jour de l'insurrection est part l-bas faire
son devoir de patriote. Nous occupons Bans de-
puis plusieurs semaines, m'crit-il, et- plusieurs
lieues la ronde, nous n'avons point encore vu
poindre mme le kpi d'un soldat espagnol.
Bans est un gentil petit port o la vie est fort
agrable; nous dansons tous les soirs, et hier
nous avons eu une petite representation drama-
tique o j'ai,eu beaucoup de succs dans un vau-
deville du Palais-Royal. Le vapeur Three Friends
est entr trs tranquillement dans le port et a d-
barqu 4,000 fusils et 2 canons. Le capitaine nous
a offert une petite fte bord... nous,avons bu du
champagne votre sant. Cela suffit vous
montrer:l'tat d'esprit des Cubains. En revanche, les
Espagnols sont.dmoraliss. Il n'y a. plus un thtre
ouvert La Havane,.et la plupart des magasins sont
ferms.
Voil le bilan de. la situation Cuba. Ne croyez
pas un mot des dpches publies par les. agencies,
toutes transmises par le gouvernement espagnol. On
a dj tu une douzaine de fois Maceo, et ce diable
d'homme, tout mort qu'il est, vient encore d'infliger
Caracajica une nouvelle dfaite aux Espagnols La
vrit, c'est que la guerre de Cuba cote par jour un
million et demi l'Espagne et que chaque. jour le
nombre des insurgs augmente. L'Espagne peut en-
voyer tous ses. soldats :. ils fondront au soleil de
Cuba.
Mais, demandai-je, quelle est en ce moment la
situation de Cuba vis--vis du gouvernement amri-
cain ; est-il toujours question' Washington'de re-
connatre les combatants de Cuba comme bellig-
grants ?
La rponse est simple, fait le docteur Betances.
Lisez le programme de Mac-Kinley qui sera presque
certainement lu president, vous y lirez : Cuba
Libre. M. Bryan, l'autre candidate, a mis depuis,.
lui aussi, dans son programmed: Cuba Libre,
Du reste quel que soit l'homme qui viendra au
pouvoir, il sera oblig d'obir la proesion de l'opi-
nion publique. Et cette pression est formidable aux
Etats-Unis. Tous les journaux nous sont favo-
rables. Un seul nous tait hostile, le New-York
Heald. Il vient de publier un article qui nous est
plus que favorable. Je suis persuade que M. Cleve-
land lui-mme ne voudra pas quitter la prsidence
avant d'avoir donn l'opinion de ses compatriotes
une satisfaction ncessaire.
Non, voyez-vous, ni les articles inspires par le
gouvernement espagnol, ni les fausses nouvelles r-
pandues par lui, ne peuvent empcher la vrit de
se faire jour.
Ce qui est admirable, c'est la conduite des ou-
vriers cubains habitant l'Amrique. Tous, chaque
jour, ds qu'ils ont deux sous d'conomie, achtent
une cartouche... Ce sont ces cartouches runies qui
alimentent notre arme de Cuba. L'Espagne veut
faire des emprunts je crois mme qu'ils sont
manqus nous, nous n'en avons pas besoin. Le
dvouement des patriots cubains suffit nous don-
ner tout l'argent don't nous avons besoin.
Ganteaire.
(Du Gil Blas.)

------ii-* ~------


PROPAGANDA CUBANA


Sous ce titre, nous avons commenc la semaine
dernire publier, dans la parties espagnole de notre
journal, la liste de toutes les publications qui nous
parviennent en toutes langues sur la question cu-
baine. Nous v appelons l'attention de nos lecteurs
dans l'espoir qu'ils trouveront l des renseignements
intressants et mme prcieux pour l'histoire pr-
sen:e et venir de notre Rvolution.


*


I ~ _~ I
i_






29 OCTOBRE 1896.


CUBA LIBRE

A CINCINNATI


D'une intressante lettre que public, d.ns El Par-
venir,..de New-York, notre'intelligent correspondan:,
M. H. de Saavedra, nous traduisons le passage sui-
vant qui permettra nos lecteurs.de se fire une
ide de la faon brillante don't a t clbr le mee-
ting cubain dans cette important cit de l'Amrique
du Nord :
Nous sommes arrivs lundi, dix heures et demie
du matin. Nous tions attendus la station par un
group de messieurs qui nous conduisirent au
Grand-Htel; on nous logea dans des appartements
splendides que le patron reserve d'ordinaire au Pr-
sident de la Rpublique des Etats-Unis. Il fit notre
cause et au gnral Roloff le mme honneur, ajou-
tant que nous n'aurions rien payer et que sa mai-
son tait la ntre.
Les reporters arrivrent. Nous emes ensuite la
visit de personnalits marquantes; par example :
M.Markbreit, consul allemand Cincinnati et ancien
ministry en Bolivie; M. Romeyn Corbusier; le doc-
teur W.-S. Shirgley; M. Thomas W. Steep et un
grand nombre d'autres qui nous ont laiss leur carte
de visit comme marque de sympathie.
Pendant toute la journe,'nous parlmes de'Cuba,
de sa guerre, et nous fimes l'intarissable rcit des
atrocits espagnoles. Le soir, nous allmes au mee-
ting qui devait avoir lieu dans le Music-Hall, vaste
thtre qui ne content pas moins de 6,400 places.
La runion avait t annonce dans toute la ville; le
drapeau cubain se voyait partout couronnant les di-
fices levs et ornant le tramway lectrique. Il est
certain que les affiches du' Music-Hall taient s u-
perflues. '
La vaste'scne- suffisait "- peine- contenir les'
groupss forms par les-diverses Socits, les comm'is-
sions, les membres-de la: pressed etles personnalits
marquaites de la ville. On'avait plac au fond un
orchestra qui joua le YankeeDiodle notrearrive.
Nous entrmes, prcds par le drapeau cubain. Im-
mdiatement derrire venaient le giral 'Roloff et
Gonzalo de Quesada; le docteur Zayas et votre hum-
ble serviteur les suivaient, puis la commission qui
avait organis la fte. ',
Lorsque, aux accords de l'hymne national, le g-
inral Roloff fit son entre, l'assistance qui occupait
tous les siges se leva et le cri de i Vive Cuba Libre !
:retentit de-toutes parts.
Le gnral Hickenlooper, un respectable vieillard
d'aspect distingu, prit le premier la parole. D'autres
-discours furent prononcs ensuite par attorney
A.-A. Brown, le docteur Lincoln de Zaza et M.Gon-
.zalo de Quesada.
Pendant un intermde, on fit apparaitre sur un
transparent les portraits de. Washington, Marti et
Gmez. Pendant tout le temps-, les applaudissements
et les vivats se firent entendre. Est-il ncessaire de
vous dire que j'prouvais en mon me une motion
innerrable ? Tous les Cubains le comprendront,
sans doute.


Le gnral Hickenlooper dit, dans son discours,
que, pendant ces derniers dix-huitmois, les patriots,
peine arms et mal vtus, non seulement conti-
nuaient la lutte contre un ennemi trois fois sup-
rieur en nombre, mais encore qu'ils n'avaient cess
de marcher de victoire en victoire.
Ces hommes, dit-il, vont la bataille non par
amour pour la guerre, non par dsir de conqute,
mais pour conqurir les droits que vos aieux rcla-
mrent les premiers dans notre guierre de l'indpen-
dance.
C'est, dit-il en terminant, une guerre dsespre,
une guerre mort pour la libert et le bonheur don't
-vous jouiseez cette heure.
M. Brown prit la parole :
Ce soir, dit-il, nous allons jeter de nouveau la
.semence de la libert.
Il dit l'admiration que produisait dans le monde
la tnacit et le courage des Cubains. Il parla des
crimes qui se commettent Cuba, neuf miles de
notre c6te, et, dans des passages dignes d'tre ci-
ts, il dnona l'apathie du gouvernement et protest
.nergiquement contre l'indiffrence et l'anti-amri-
canisme don't le chef de PEtat faisait preuve en'ne
revendiquant pas les droits de ses concitoyens. (Ces
paroles sont textuelles.)
Ce fut ensuite au tour du docteur Zayas. Il parla
comme parent les grands orateurs. L'assistance,
suspendue ses lvres, 'co itait la douloureuse his-
-toire de nos misres. Il' rappela les dernires measures
de Weyler; il fit c.nnaitr ce people si' human
une chose qui dut lui paraitre inoue et incroyable :
l'interdiction de vendre des remdes aux paysans.
Il demand des secours pour les malades et les bles-
ss que les Cubains soignent sans se proccuper de
leur provenance, et il adressa des remerciements la
socit de Cincinnati, en prsentant les excuses de
notre ministry, M. Estrada Palma, attend avec ad-
miration et respect par ce people qui connat ses
vertus et ses mrites.
Quand Gonzalo de Quesada commena son dis-
cours, les vivats qui avaient salu les portraits de
Washington, de Marti et du gnral Maximo G6mez
retentissaient encore. La parole de Quesada est vi-


goureuse : son organe puissant emplissait la salle.
Il me rappelait un de nos plus remarquables ora-
'teurs, disparu dj : l'inoubliable Jos Antonio Cor-
tina. Quesada fitun discours'magistral sur un thme
puis qu'il russit rajeunir, et les applaudisse-
ments et les vivats furent tels que les journaux di-
rent, le lendemain, qu'on me permette de citer la
phrase dans l'original, It was a over to-be for-
gotten scene (Une scne qu'on ne pourra jamais ou-
blier...).
Je n'oublierai jamais non plus ceux qui ont fait
tant d'honneur ma patrie.
Sector de Saavedra.

-----** j~S------

LE BALAYEUR WEYLER


Quand, en fvrier dernier, Valeriano Weyler, plus
connu Cuba sous le-nom de carnicero (boucher),
prit dans l'ile le commandment de l'arme espa-
gnole, il fit tout d'abord une promesse : il affirma
qu'un mois plus tard,juste au mois de mars, la pro-
vince de Pinar del Rio serait nettoye, balaye de
tous lesflibustiers qu'elle contenait.
Le but poursuivi par le dit Valeriano tait clair:
l'Espagne comptait sur la parties occidentale de l'ile
pour trouver l'argent ncessaire ses dpenses de
guerre. Cela: lui avait, dj russi lors de la Rvolu-
tion de 1868-78 et elle esprait que cela lui russi-
rait encore. Les moulins sucre et les plantations
de tabac fournissent les deux products les plus im-
portants de Cuba, et:si la -partie occidental de l'ile
tait mise l'abri de l guerre, le gouvernement
espagnol pouvait vendre tout le s-ucre et tout le
tabac et, par suite, acheter des fusils et envoyer des
soldats pour touffer l'insurrectiorr dans la. parties
oriental.
Mais nous voici, dj en octobre et nous nous
trouvons en presencee du dilemme suivant: ou le
gnral Bum-Bum est un balayeur dplorable, ou
son balai est de mauvaise quality. Le gnral Maceo,
en effet, est entr aussi souvent qu'il:l'a voulu dans
la province de.Pinar del Rio, et il y a brl routes
les plantations de tabae, de faon ce que les Espa-
gnols n'aient pas mme un cigare vendre. Si bien
qu'on cormm'ence' s'apercevoir en Europe que le
dlicieux tabac de-La Havane. commence devenir
rare, ce qui donne lieu des scnes amusantes dans
le genre de la suivante :


Quel mauvais cigare, garon!...
Ah! m'sieur, c'est comme a depuis que l'Es-
pagne a envoy des troupes Cuba.
Mais le gnral '.e)jler n'a-t-if pas' annonc
qu'il allait balayer le gnral Maceo ?
Parfaitement,, Monsieur, 'mais il parait que
c'est le contraire qui:s'est product.
On sait donc maintenant que l'on ne trouve'ra
plus de tabac de La Havane tant que cela plaira
aux Cubains. Or-cela plaira aux Cubains jusqu'au
jour o ils seront libres. Ils l'ont jur et ils tiendront
parole.
Et au fond les Espagnols ne s'en plaignent pas.
'Il ne faut pas oublier, en effet, que l'Espagne, cette
martre de Cuba, a frapp de droits d'entre trs
levs les tabacs cubains afin de protger l'ignoble
produit fabriqu par les manufactures de la pnin-
sule. L'Espagne fera donc dsormais de meilleures
affaires puisqu'elle n'aura plus butter avec le tabac
de Vuelta Abajo.
Que M. de Canovas fasse donc lever une statue
au flibustier Maceo. Il la mrite, puisqu'il a russi
faire ce que n'a pas fait l'Espagnol Weyler malgr
ses promesses de balayage.

---------,^,-------

A L'ECLAIR


Si dsagrable que soit la besogne, nous nous
voyons obligs de nous occuper de L'Eclair qui
se dit journal indpendant come les Espa-
gnols se disent nobles, gnreux, patriots et h-
roques.
Voici le dernier chef-d'ouvre de la feuille his-
panophile :
Depuis quelques jours, les operations militaires


Cuba semblent prendre une activity inaccoutume.
Aprs de longs atermoiements, le gnral Weyler
s'est enfin dcid runir des forces suffisantes, afin
de donner la chasse Maceo dans la province de
Pinar del Rio, oi ce chef est depuis longtemps r-
fugi.
Il faut croire que si Weyler ne s'est pas dcid
plus tt, c'est que l'entreprise lui paraissait
quelque peu dangereuse.
D'aprs les renseignements officials parvenus
Madrid, Maceo ne disposerait que de cinq mille
hommes. Sa situation serait trs prcaire, attend
que le gnral Weyler, qui prend contre lui l'offen-
sive, a sous ses ordres quarante mille hommes.
Ah i nous-y sommes; pour que ces hroques
,descendants d Cid se dcident attaquer ces
poltrons de Cubains, il est indispensable qu'ils
soient quarante mille contre cinq mille !! C'est le
cas de rpter le fameux mot historique : Les
braves gens
Dans ces conditions, on espre
On espre seulement?
que le chef insurg ne pourra plus continue .
suivre la tactique qui, justlu' present, lui a si bien
russi.
Vous ne nous aviez jamais dit cela, confrre
indpendant.
Accul jusque dans ses derniers repairs sans au-
cune possibility de s'chapper. Maceo serait forc
d'accepter le combat et ds lors sa dfaite serait,
croit-on, assure.
Cela, par example, vous le dites trois fois par
semaine depuis vingt mois.
C'est pourquoi le movement offensif que vient
d'entreprendre le gnral Weyler cause la plus vive
satisfaction Madrid[, o on lui attribue.une impor-
tance- capital.
Nous aussi, nous lui attribuons une impor-
tance capital; c'est vous qui direz, lorsque le
movement en question aura chou, qu'il n'avait
aucune importance.
Il serait fort dsirer pour .'Espagne si prouve
depuis quelque temps
L'Espagne prouve ? O? Quand? Vous ne
nous avez jamais parl de a.
que les efforts du gnral Weyler soient enfin cou-
couronns de succs.
Enfin est dlicieux.
En effet, si les hostilits continuaient trainer
lentement Cuba, il serait craindre que les Etats-
Unis ne finissent par mettre execution leurs me-
naces d'intervention.
Les Cubains n'ont pas besoin de cette interven-
tion. Ils n'ont jamais compt que sur eux-mmes.
Ils sont heureux de trouver en France de cha-
leureuses sympathies, et croient que les Franais
n'oublient pas ce qu'ont fait jadis les Lafayette
et les Rochambeau, qu'ils glorifient.
Une victoire srieuse et decisive du gnral Weyler
sur Maceo aurait pour premier rsultat de faire dis-
paratre cet pouvantail de l'intervention amricaine
qui se reproduit priodiquement,
Une victoire srieuse et decisive (et beaucoup
plus probable) du gnral Maceo sur Weyler au-
rait pour rsultat de nous,,pargner la lecture
.d'inepties dans le genre de .celles auxquelles
L'Eclair donne, dans ses colonnes, une hospita-
lit plus ou moins cossise .

-------^.^-------c-


RVOLUTION CUBAINE


A La favane, tous les principaux difices pu-
blics sont transforms en hpitaux et ont peine
contenir les fivreux et les blesss, don't le nombre.
augmente chaque jour.
-Un tlgramme officiel,dat du 20 octobre, porte
qu'il y a Cuba plus de 11,700 soldats espagnols ma-
lades dans les hpitaux.
L'tat de sige et de terreur rgnant en ce mo-
ment La Havane, empche les habitants de con-
natre ce qui se passe aux portes de la ville et dans
l'intrieur de l'ile; nous rappelons, en effet, que
Weyler a dfendu la publication des nouvelles autres
que celles qu'il communique lui-mme la press.
Nanmoins, le bruit court qu'une attaque va
tre tente contre La Havane; on dit que Weyler s'y
prpare et concentre des troupes pour dfendre la
ville et pour livrer bataille aux Cubains.
Wevler a ordonn tous les petits dtache-
ments qui gardaient les fermes de se retire, et a
forc les propritaires organiser des troupes par-
ticulires.
Des excutions journalires ont lieu par les
ordres de la police ou du gouverneur gnral, et il
se passe peu de jours sans que .cinq ou six per-


sonnes ne soient ou fusilles ou mises mort par le
garrote (1).
Le petit village de San Miguel, prs de Guana-
bacoa a t incendi dans sa plus grande parties par
les troupes cubaines.
-- Elles ont galement incendi la ferme de Bue-
naventura (Matenzas).
Dans la province de Santa Clara, les Cubains
sesont empar des dpts de vivres que les Espa-
gnols possdaient prs de Quemado de Giiines. Ils
y ont ensuite mis le feu.
Le vice-consul des Etats-Unis, Santiago de
Cuba, a protest nergiquement contre l'attentat
don't vient d'tre victim M. Peter Rivers, fermier
amricain, quia t :maltrait par des guerillas espa-
gnoles dans sa proprit de la Esperanza prs de
San Luis.
Le gnral Weyler a lanc une proclamatiorf
donnant huit jours aux paysans de la province de
Pinar pour se prsenter dans les lignes espagnoles
sous peine d'tre traits de rebelles.
-Le journal de La Havane, La Discusion, ayant
public un article prconisant l'intervention des rpu-
bliques hispano-amricaines pour pacifier l'ile de
Cuba, le prfet civil proposal aussitt au gnral
Weyler la suppression du journal, l'arrestation et la
deportation de son directeur, M. Coronado, corres-
pondant politique de la feuille madrilne Le Li-
beral. Cette nouvelle cause une grande sensation
Madrid.
La descent de justice dans les bureau de La
Discussion, a amen l'arrestation de plusieurs rdac-
teurs qui furent ensuite mis en libert, sauf l'ad-
ministrateur, qui a t incarcr comme responsible.
Des papers compromettants ont t saisis. Le direc-
teur, M. oronado,.,a russi fuir.
S-' Une.dpche de Cuba-annonce qu'une terrible
catastrophe vient de se produire prs de-la station de
Gilines.-Deux trains charges, de troupes taient parties
- an court intervalle de Santar Catalina. Le second
train ayant rattrapp le premier, un choc pouvan,
.table se produisit. Les victims sonttrs nombreuses.
On compete notamment quatre.soldats tus, quatre
trs grivement blesss, deux un peu moins grive-
ment et.vingt-cinq lgrement. Un commandant a.
t gravement contusionn, deux capitaines et six
lieutenants ont t galemen.t blesss. Le mcanicien
- du second train a t arrt.
-11 rgne une grande itquitudi en Eseege
sur 'le sort des vapeurs Alictte. Guidalup,-l Sdn
Ignacio et Alfonso XIII, qui partirent de'La Ha-
vane directement pour Cadix et don't on n'a pas eu
de nouvelles depuis leur passage Sint-Vincent.


Nous trouvons, dans El Globo, de Madrid, cet
aveu dpouill d'artifice :
Il est conn et dmontr que 'nous buvons trs
peu et que nous nous lavons excessivement peu.
,C'est, en effect l, une quality ajouter h tant
d'autres caractres.de. la race : nous avions dj
la fiert, la noblesse, etc., etc. Voici maintenant
la propret castillane.

..
Il est just, toutefois, de dire qu'il 'y a quel-
ques exceptions, surtout en ce qui concern le
nous buvons trs peu . Il y a aussi des Espa-
gnols quni on ne peut reprocher de se laver e'-
cessivement'peu... parce qu'ils ne se lavent pas
du tout.


A propos d'eau; l'emprunt, le fameux eii-
prunt parat tre dfinitivement dans le lac. On
dit mme que la haute panque aurait jou
M. Ctnovas un tour d'un got assez douteux en
lui offrant, en guise d'espces sonnantes, sept
cent millions de valeurs espagnoles.
Le senior Canovas a gnreusement refus,
parce que les titres qu'on lui offrait cinq cents
francs la pice valent dans les environs de cinq
cent cinquante francs... le kilo.


Faut-il tout de mme que nous soyons ingrats!
C'est ainsi que nous tmoignons notre reconnais-
sance ces braves gens qui avaient si bien

(i) Dans un prochain numro nous donnerons
l'explication dtaille du supplice qu'exprime le mot
garrote. N. de la R.


~


5,-A 1


la~Re,~i~,~,~y;~,c;~a;~,%





29 OCTOBRE 1896


accueilli nos marines Comment avons-nous pu si
vite oublier leurs cris frntiques de vive la
France! et les joyeux accents de leurs fan-
fares? Mystre! ,
En tout cas, c'est un sale coup pour les
fanfares, si j'ose m'exprimer ainsi.


Nous lisons dans le IHeraldo de Madrid :
Par un dcret applicable la province de Pinar
del Rio, le gnral en chef ordonne aux habitants et
au btail .de se concentrer, dans le dlai de huit
jours, dans les localits occupes par les troupes
espagnoles.
Il parat que quelques boeufs ont catgorique-'
ment refus d'obir aux oidres de Weyler. -
Est-ce par rancune envers le gnral-boucher?
En tous cas, nous ne saurions blAmer la circons-
pection de ces ruminants: ils ont sans doute
voulu se soustraire au sort que l'on fait l-bas
aux prisonniers cubains.


De La Lucha, de La Havane :
Hier, aprs tre rest quinze mois sans toucher un
centime, tout le personnel municipal a touch deux
mensualits.
Quelle dche, mon empereiur! .
Si tous ceux qui servent l'Espagne sont dans
le mme cas que le personnel municipal et les
troupes, nous comprenons fort bien l'intrt de
quelques-uns ce que l'Espagne.trouve de l'ar-
gent.
S w-


REVOLUTION PHILIPPINE f
Le ministry de la "uerre a dclar cu'Il '.Iqit
a tiuelilen r.t en r.ute I .,or..,: hin.mme, dcli .- sh ar i\
Phiippricnz D.: pflus. 3.,':": h.'r-me- de renforts
partiri;:nt le 12 n:, -iintr-: p:ur i -. .Ph-ilippines avec
quatre gnraux .
SActuellement-, toutes les forces espagnoles-
Manille sont sans cesse en mouvemient pour rsister
aux troupes rvolutionn.aires.
11 rgne Madrid- une .trs grande anxit au
sujet de ce qui se passe aux Philippines, on fait
toutes espces de suppositions, et on s'attend 'de
mauvaises nouvelles. La situation est excessivement
grave.
--------* rt--------
BIBLIOGRAPHIE
Victor Hugo. Correspondance (18 5-1835). -
Calmann-Lvy., diteur.
Vient de paratre le premier volume des lettres du
maitre. On peut tre assur, par ce lumineux dbut,
de quels soins pieux M. Meurice avait entour
l'hommage une grande mmoire. Ce premier vo-
lume content d'admirables pages de tendresse, des
pages d'exquise beaut6 et d'un charme sr. Il.faut
lire surtout les lettres Adle Hugo et celles adres-
ses Sainte-Beuve. Maintes autres lettres, qui
offrent, croit-on, un intrt moindre, ont..t reli-
gieusement gardes. Nous ne saurions de cela expri-
mer trop grande gratitude M. Paul Meurice. Ni
transformations, ni arrangements, quand il s'agit
d'un monument de la pierre ou de la pense. Il faut
donner la chose en bloc, comme l'entend le mot
iameux de M. Clmenceau. Si cela sert .quelque-
-fois la 'Vanit'de 'cu.el'ueS-n-, tant m.ieux pour
ceux-l!


-* Chez I'juteur, M. Emile Arata Massa, 7, rue
Levat, . Montpellier, une curieuse brochure sur
La Question du Privilge de la Banque de France.
Avec, une dizaine de pages fort bien penses et
trs clairement crites, l'a 'ieur i ent r r..ss-.r lu.j
rangs de ceux qui se sont prordncs nettement
centree le renouvellemenit-du privil.: i, c. ii nriqu..
de France / .' :
Chez, Plon' lUne Famille endenne pendant .
la grande guerre (1,793-1795), par M. Boutillier de
'Saint-Andr ;a.vec une introduction de M. l'abb
Eug. Bossard.
Chez Stock. Les AMystres'de Constantinople,
par Paul de Rgla. Le Vice, par Fernand Cal-
mettes. La Future Dbdcle, par M. Gustave
Nrey.
Chez Simonis Empis. Le Frre, par Camille
Pert.
Hlugues Nanteuil.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.
-------~.L'*' -----

LES THEATRES

Nous avons dj parl du drame espagnol Juan-
Jos, de J. Dicenta (version franaise de Maurice
Vidal), don't le succs fut si considerable en Ibrie.
Il nous plait de dire, aprs la. lecture de quelques
fragments, que la representation de ce drame sera
Paris un vif succs pour l'auteur et le traducteur.
La version a conserv merveilleusement la couleur
exotique, les caractres et le milieu. Ceu-x qui auront


PROP A G N DA


CUBANA


MARTI
.. Y
SU OBRA POLITICAL

DISCURSO.
DE
ENRIQUE JOSE. VARONA

De venta en la Administracin de PATRIA, 81,
ew Street,.New.York, 25.centavos el ejemplar.



LENSAYOS POLITICOS

ARTICULOS Y DISCURSOS
POR

RAFAEL SERRA.

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de venta en la Imprenta Amrica, 284,'
Pearl St. :25 cts. cada ejemplar.



CUBA CONTRA ESPANA


Por Enrique Jos Varona

Ex-DIPUTADO R CdTES

Vn folleto, de venta en la Admi-
nistracin de Patria.
81, New St. New-York




Justificaci6n de su Guerra

de Independencia
POR

RAFAEL M. MERCHANT

Obra de 241 pginas y. u.napndice, dedicada
la memorial irimortal de Jos Marti


Gubaylahuria espaola

Se ha puesto 'la, venta, al pr'eio-de
25 cts. ejemplar, el folleto que contiene
el discurso del senor Manuel Sanguily,
pronunciado el 27 de Noviembre ltimo
en Chickering Hall, y que est reputado
como la mas fulgurante de sus oraciones
tribunicias.
Los pedidos pueden dirigirse la admi-
nistraci6n de Patria, 81, New St., New-
York. "



Hernes tHumildes


PATRIOTISM
'.' : 5 '-. p o"w.,' P ,R '; ' ,


GONZALO de QUESADA



Un volmen, de venta en la Adminis-
trhci6n de Patria, 81, New. St,-New-York,
4. 50 centavos el ejemplar.



LA RBVOLUGION CUBANA'
Y


BIOGBAFIAS DB REVOLU*IONAI08 CUUBAMNS La Raza de Color


POR

SERAFIN SANCHEZ
.. '.
Un volume, de ve-nt-i en lai Adniiii.-
traci6n de Patria, 8, New Sireet, N '\
York, 50 centavos el ejemplar.


(APUNTES Y DATOS)
POR
UN CUBANO SIN ODIOS
Folleto de 24 pgs. Se vende en In
Almliniitrt :i;'i de la Palria, 81, New St.,
Now-York, 20 ets. ejemplar.


COLLECTIONS COMPLETES
DE





,;.
Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal LA RPUBLIQUE
CUBAINE, comprenant les deux trimestres chus, pour le prix net
de 16 francs. fes frais d'affranchissement restent notre charge.
Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la gueirei d'e Cuba.
Les personnel' qui dsirent acheter cette collection, pourront
continue lur :abonnement au journal, suivant le nouveau' tarif
rduit partir du 1' Juillet 1896.

Toute demand de collection devra tre accompagne d'un
mandat-poste de 16 francs et adresse M. l'Administrateur-
Grant, 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


LA VOZ DE CAIN

CARTAS .ABIERTAS

Rafa'el Montoro
S POR
EDUARDO YERO.

Se vende a 25 centavos el ejemplar, en la Ad-
ministraciin de Pat:ia, 81, New Strcet,'Nueva
York.



HATUEY


Poema Dramtico
POR
FRANCISCO SELLN.

Se.yende en la I mpr er ta Amrioa, 284,
PEarl St.,.. ew-York, 50 centavos el
ejemplar.



LOS POETAS DE LA IUERRA


Hermoso volmen de 150 piginas, de
poesias escritas en la Revolucin; con un
pr6logo por Jos Marti y notas biogrfi-
cas por Serafin Sanchez, Fernando Figue-
redo, Gonzalo de Quesada, etc. -
Se vende en la A,:lmi.iistraei'in de Pa-
tria, 81, New St., New-York, A o cts. el
ejemplar..



IGNACIO IORB

Por Gonzalo de guesada


Un tomo, de venta 50 cen-
tavos el ejemplar, en la Adminis-
traci6n de Patria.


81, New St. New-York


r


la bonne fortune d'entendre ce drame sauront gr
M. Maurice Vidal de leur avoir rserv cette heure
de plaisir et d'admiration.
Apr&cs la fugue que l'on sait, M'" Va'ir Zand ii -
crer "'.Opra-Comique le rle de C.rndrill:n. J n,
':i.r: a de.M. Massenet, qui,-le fait t i rj iit.rn i-t
certain, sera jou cette saison.
SOd verra'ensuite M'" Van Zandt dans "leS rCles
qu'ele i -,..l.Frp i .de faon exquise.
La nouvelle pice de M. Paul Hervieu, La.Loi de
l'homme, comportant sans doute encore un divorce
avec rles de belles-mres et de mres, quel mer-
veilleux inspirateur de vaudeville et de comedies
que ce M. Naquet! la Comdie-Franaise vient d'en-
gager pour un an M"' Antonia Laurent. On lui des-
tine un 'rle de mre, sans doute d'ge fort respec-
table.
Puisque nous parlons de la maison de Molire,
ajoutons que les matines du jeudi commenceront
par Hamlet, qui sera donn la premiere srie
blanchee) le 5 novembre et la second srie (rose)
le 12 du mme mois.
On ne croit pas l'Odon que la premiere repr-
sentation du Danger, la pice de M. A. Arnault,
pourra passer avant le 3 novembre.
Si des cafs-concerts ne s'inquitent nullement
d'tre basement objects et plaisir inconfortables,
il n'en est pas de mme du Concert Europen, o je
vous conseille d'aller entendre Louis Chevalier et
l'exquise Dargensdri.
Vos humeurs ctrabilaires s'en iront tt en fume
et vous reviendrez ce music-hall.
Saint-Jlarcel,

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.
TROYES. Implimaerie .. ARBOi IN rue Tiihers. 126-


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