Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: October 22, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00041
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul re Anne PARIS 22 Octobre 96 o No 40 Unene, payable d'av e... 0fr. .
re40 Un semestre, id. id. ... 11fr. 11.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: TE.O -A Un trimestre, id. id .. 6 fr. 6.50
A L'TRANGER
E eP N PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance............. 25fr.
Les aUn semestre, id. id. ............. 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO ....... O fr. 25


nfin, nous gallons donc assisted au

triomphe d'une cause just ; je di-
rais: sainte, si ce mot appartenait
moins au rpertoire catholique.
En mme tenips que le Prsident
des Etats-Unis donnait, comme
Sdernier dlai, Weyler, jusqu'au
mois d'avril peur craser l'insurrection cubaine
qui est en train d'craser Weyler, M. Canovas, le
president du conseil d'es ministres charges de d-
fendre la couronne d'Alphonse XII, avoue qu'il en a
assez et que si, la mme date, l'ordre ne rgne pas
La Havane, il en laissera les habitants se gouver-
ner come ils l'entendront.
C'est ce qu'on appelle se couper une jambe pour
sauver le reste du corps. Il est, en effet, probable
que les trois millions dpenss par jour pour la r-
pression des rvolts de Cuba et des Philippines fe-
ront avant peu dans les caisses madrilnes un vide
incomblable. Or, quand il n'y a plus de foin au ra-
telier, les chevaux se battent, et, quand la huche
manque de pain, les hommes se battent aussi.
L'migration des soldats dsigns pour aller mou-
rir de toutes sortes de faons aux colonies prend des
proportions de fuite en Egypte, soixante mille
d'entre eux avant dj pass la frontire franaise
pour chapper ce massacre des Innocents.
En outre, ces dserteurs, dsireux de rentrer dans
leurs foyers, ne ft-ce que pour y trouver un peu de
travail et de nourriture, peuvent d'une minute
l'autre se transformer en insurgs. Les carlistes,
d'autre part, s'agitent plus que jamais ; si bien que
la monarchie alphonsiste se voit menace d'avoir
toutes les opinions sur les bras.
Ce pauvre M. Canovas va donc prochainement se
trouver en tte tte avec ces extraordinaire tl-
grammes o Maceo, Maximo Gmez ou Calixto
Garcia sont hebdomadairement tus l'un aprs
l'autre et souvent tous ensemble : de sorte que ce
ministry succombera la fois sous le nombre et sous
le ridicule.
En revanche, il n'y a peut-tre rien de plus sasis-
sant dans l'histoire des peuples que ceLte guerre de
dix-huit mois' dj, commence par des patriots
munis de couteaux, et continue jusqu' la victoire
finale par de vritables armes qui se sont peu peu
recrutes par le mme procd que les avalanches.
Avant son dpart pour son ile, Calixto Garcia, le
vtran des insurrections cubaines, est venu me
rendre visit pour me recommander d'exposer la v-
rit l'Europe. Et pendant qu'il m'adressait ses
adieux, ne sachant ni o ni quand il nous reverrait,
je regardais son front affreusement trou par une
balle qu'il s'tait, pendant la prcdente prise d'ar-
mes, tire dans la tte pour ne pas tomber vivant
entire les mains des soldats espagnols.
11 aurait eu l'incontestable droit d'estimer que sa
tche de rpublicain tait suffisamment remplie;
mais la vie qu'un hasard miraculeux lui avait con-
serve, il s'en considrait encore come comptable
vis--vis de son pays. Et, g, bless, les cheveux
tout blancs et la figure fendue par la plus effroyable
des cicatrices, il partait, alerte et vivace, comme un
conscrit dcid gagner ses gallons.
J'aurais voulu montrer cet intrpide vieillard nos
petits jeunes gens qui, peine sortis des coles,
cherchent avidement autour d'eux la demoiselle
susceptible de leur apporter la plus grosse dot.


Les combatants cubains dmontrent tous les
jours que si dans l'ancien monde les temps hro-
ques sont passs, selon l'atroce expression de Gam-
betta, au del de l'Atlantique ils sont encore en
plein panouissement. Et, grce ces hros, l'Es-
pagne, malgr les emprunts qu'elle mdite, est au-
jourd'hui accule cette alternative: ou abandonner
les Philippines, sous peine de perdre immdiatement
Cuba; ou sacrifier nettement Cuba, afin de tenter de
conserver les Philippines ; moins, issue de plus en
plus probable, qu'elle ne perde du mme coup les
deux colonies.
Quant nous qui, ds le premier jour, avons cru
au succs du movement, alors que, srs de la vic-
toire de l'Espagne, les spculateurs prenaient rsolu-
ment position la hausse, il nous semble que la
proclamation de l'indpendance de Cuba sera le si-
gnal d'un de ces bouleversements qui mettent sens
dessus dessous les trnes en apparence les mieux
consolids.
Il n'y a pas que les moutons, il y a aussi les rvo-
lutions de Panurge.
Henri Roch/efort.
------, ---

AUTORITE ESPAGNOLE

Soyons justes avec ceux qui nous combattent
l:-b.as ; ils se sont rvolts pour une cause just.
Francisco Pi y /Iargall.

-------^. ~ bI1-------

L'wrH1 11 d'Piiii BRBARE et (je deux CIVILISS

La Tribuna diu 13.du courant public une lettre
du gnral Albertone, date d'EntoLto (Addis-
Ababa), 30 aot, adresse des amis d'Italie,
lettre don't le passage suivant est i noter:
Nous sommes traits ici le mieux du monde par
l'empereur Mlnik, home just, bon envers Iles
prisonniers, affable et civil, ainsi que par l'impra-
trice Ta'tou, souveraine brave, intelligence et intr-
pide. Les habitants aiss des villes come les paysans
nous montrent beaucoup d'gards; ils aiment les
Italiens. Tout cela me fait esprer qu'on pourra con-
clure trs prochainement une paix honorable qui,
j'en suis sr, durera longtemps entire les deux
peuples.
Le barbare, come on voit, c'est le ngus
Mlnik.

A Cuba, o command Weyler, deux jeunes
gensdes enfants de -17ans, taient alls passerla
journe la plantation d'un de leurs parents, prs
de Matanzas. Le soir, ils rentraient en ville, lors-
qu'ils rencontrrent un dtachement espagnol.
On s'empara d'eux. On leur attach les bras for-
tement derriere le dos, puis on les runit par un
cordon. Un home seul pouvait ainsi les con-
duire. On les amena en prison. L, dans la nuit,
on leur appliqua le componle, qui n'est que la
torture sous toutes ses forces, pour leur fair
dclarer tout ce qu'on voulait. On leur fit nom-
mer plusieurs personnel des plus haut places de
La Havane et de Matanzas, comme conspira-
teurs. Le martin, les deux enfants taient briss
de fatigue et de douleur, et, comme ils pouvaient
encore se rtracter, on les fusilla.
Les personnel suspects Weyler avaient t,
sur l'ordre du bourreau, nommes par eux.
Elles furent emprisonnes et, sans jugement, en-
voyes aux galres, aux miles Chafarines.
Le Temps a public la dpche suivante :
Madrid, 15 octobre, 9 h. 5o.
A la suite des rvlations des dtenus La Havane
au sujet de la participation des membres de la junte
sparatiste au complot des bombers dcouvertes au
palais du gouverneur, on va renvoyer plusieurs d-
ports devant le conseil de guerre de Cuba, entire
autres le notaire -Mason, le btonnier Lanuza et
M. Zayas, rcemment arrivs de la pninsule et r-
clams par le gnral Weyler.
Ces criminals, comme beaucoup d'autres, vont
passer en conseil de guerre et seront fusills.


Weyler les a rclams et Cinovas les lui ren-
voie.
Deux civiliss qui, tous les jours, aprs leur
bain de sang, adressent leurs prires a la Virgen
del Pilar.
.A. Kel.
------ ^.------

LE DR. EUSEBIO HERNANDEZ

Que la Rvolution de Cuba compete sur le con-
cours de ce qu'il y a de mieux, de plus distingu,
de plus apprciable parmi les natifs de l'ile, nos lec-
teurs en trouveront un nouvel example dans la per-
sonnalit du Docteur Eusebio Hernindez, actuelle-
ment sous-secrtaire des Affaires Etrangres du gou-
vernement de Cuba Libre.
Le Dr. Hernndez unit une ample illustration et
une bonne situation de fortune, un patriotism qui
peut servir de modle en n'importe quel pays et
n'importe quelle poque, mais surtout la ntre o
l'on trouve dans la vie politique des peuples tant de
matrialisme et de corruption.
A la fin de 1883, avec ses resources particulires,
le Dr. Hernandez prit une part active au movement
rvolutionnaire qui eut comme chefs les gnraux
Mximo Gmez et Antonio Maceo. Il contribua
l'organisation de ce movement avec une ardeur in-
croyable, parcourant, une grande parties des Etats-
Unis, la Jamaque, Colon et Saint Domingue. Il fut
aussi, cette poque, secrtaire du gnral Macco,
lequel, trs rapidement, le distingua et apprcia
beaucoup ses qualits.














t
-













Plus tard, l'occasion de la clbration aux Etats-
Unis de l'anniversaire de l'assassinat des tudiants-
le 27 novembre 1885 il pronona un discourse qui
lui valut d'tre considr come un orateur facile,
eloquent et correct.
Le movement provoqu par Gmez et Maceo
ayant chou, le Dr. Hernndez se rendit Paris
pour y poursuivre ses tudes mdicales. ; s'y dis-
tingua trs vite par son application et son intelli-
gence. De retour La Havane au commencement de
1894, il fut, lorsque la Rvolution clata l'anne sui-
vante, arrt come suspect et aussitt expuls de
l'le. Il partit alors pour New-York, o il se mit aux
ordres de notre Dlgation. Celle-ci apprciant les
mrites et les services du Dr. Hernndez et rpon-
dant au dsir qu'il manifestait d'aller servir sur les
champs de bataille, le desRv tina l'expa iton que
conduisit Cuba, dans le vapeur Be- ruda, le gn-
ral Calixto Garcia.
Nous terminerons ces lignes en rappelant nos
lecteurs la lettre du Dr. Hernndez que nous avons
publie dans La Rpublique Cubaine, le 17 sep-
tembre. Cette lettre est un document vraiment re-
marquable, tant par l'lvation des ides qu'il con-
tient que par l'enseignement qu'il donne relative-
ment l'organisation de notre gouvernement.


*


II C 'L \ L H I

DANS LES PROVINCES

CONFLICT A LA HAVANE

VICTOIRE AUX PHILIPPINES

FIASCO DE L'EMPRUNT


Notre correspondent nous communique les
nouvelles suivantes relatives la propaganda
qui se fait en province, avec un si noble patrio-
tisme, en faveur de notre cause, par le Comit
Franais de Cuba Libre.
Jeudi soir, a eu lieu, Avignon, le meeting
annonc.Ont pris la parole: MM. Parsons, rdac-
teur de La Presse, de Paris, et Steens, secrtaire
du Comit, auquel, d'ailleurs, le prcdent ap-
partient galement. L'auditoire, assez nombreux,
a cout les orateurs avec autant d'intrt que de
sympathie, et l'impression produite a t aussi
bonne que possible.
La dlgation continuera sa propaganda avec
des meetings Bordeaux, Montpellier, Bziers et
Toulouse.
Jacques A Ibin.


Par dpche de La lavane, nous apprenons
que la police, allant arrter un dserteur de
l'arme espagnole qui s'tait embarqu sur le
vapeur amricain Vigiluntia, prt quite le
port, le capitaine du bord s'y est oppos. Weyler
le fit alors prvenir que, s'il quittait le port,
ordre serait donn de le couler bas; mais le
consul des Etats-Unis, mis au courant, fit savoir
a Weyler que, si cette menace se ralisait, quel-
ques jours aprs une escadre amricaine bom-
barderait La Havane. Devant cette nergique at-
titude, Weyler en aurait dlibr avec le Comit
d'autorit , et le navire amricain a pu quitter
le port librement.


Les rvolutionnaires viennent de reporter
une victoire aux Philippines. Aprs avoir mis
en droute une colonne espagnole, ils en ont re-
pouss une autre venue son secours. Le gnral
Blanco est parti pour le lieu de l'action, aprs
avoir tlgraphi Madrid en demandant l'envoi
immdiat de nouveaux renforts.


Par les informations que fournit la press
financire indpendante et par la baisse quoti-
dienne qu'prouvent les valeurs espagnoles, on
peut considrer comme sombr d'avance l'em-
prunt que M. Cinovas comptait faire en France
et en Belgique.
Entre les causes les plus srieuses de ce fiasco,
il faut computer les derniers checs subis par le
gouvernement espagnol dans la guerre de Cuba.






22 OCTOBRE 1896.


L'ESPAGNE ET CUBA


Sous ce titre, M. Louis Berthal donne au:Radical
de Marseille un article dans lequel il s'lve contre
les Franais qui manifestent en faveur de Cuba.
Vous allez nous fcher avec l'Espagne, dit en
substance M. Berthal, indisposer contre nous une,
nation qu' n'a jamais cess de nous tmcigner son
amiti. D'autre part: . Que ne dirions-nous pas
sil'Esp:agne encourageait les Hovas 'la rsisianc e
Qu'e n'avons-nous pas dit de l'Angieterr laquelle,
nous avons attribu, un rle douteux dans les affairs;
de Madagascar?
Eh bien, n'en dplaise M. Berthal, il se trompe.
Qu'il sache d'abord que le people espagnol n'est
nullement partisan de la continuation de la guerre
cuban'i. Si le rdacteur du Radical lisait les jour-
naux indpendants publis dans la Pninsule, il se-
rait Vite fix ce sujet. Mais l'innombrable quantit
de-dserteurs qui passent, les Pyrnes pour ne pas
prendre part une guerre impopulaire doit suffire
l'zlairer.
D'autre part, il y a peut-tre quelque injustice
compare les Cubains aux Hovas. Que ces derniers
soient en civilisation nos infrieurs, cela ne saurait
faire le.moindre doute; nous pouvons donc, jusqu'
un certain point, tant donnes les extraordinaires
ides modernes, nous considrer comme ayant sur
eux le droit que donne la force. En va-t-il de mme
en ce qui concern l'Espagne et Cuba ? M. Berthal
est probablement aussi peu renseign sur ce point
que sur le prcdent. Force nous est donc de lui
apprendre que sides deux pays l'un est suprieur
l'autre comme instruction, initiative,,amour du pro-
grs, c'est videmmentCuba.
Dans la faon de faire la guerre seulemrent cette
supriorit se rvle incontestable. Les Cubains soi-
gnent les blesss espagnols et renvoient leurs enne-
mis les prisonniers qu'ils leur ont fait. Les Espa-
gnols, au contraire, fusillent impitoyablement les
blesss et les prisonniers cubains. Ce seul -fait est
typique.
Nous en pourrions citer bien d'autres, qui lgiti-
meraient les sympathies tmoignes aux Cubains
par l'opinion franaise.
Contentons-nous, pour finir, de livrer aux mdita-
tions du rdacteur du Radical, la question sui-
vante :
Cuba lutte pour proclamer la Rpublique centre
un gouvernement qui ne s'appuie que sur le despo-
tisme. De quel ct doivent aller naturellement, lo-
giquement, les sympathies des.rpublicains franais ?
SLouis Casabona.

*---------------- *

PROTESTATION


M. Jacques Albin, notre correspondent Mar-
seille, nous envoie le texte de la protestation
suivante adresse par les Rpublicains franais
contre la conduit sauvage des Espagnols Mar-
seille :
Un fait inou, sans prcdent, contre lequel nous
protestons avec la dernire indignation et qui, nous
l'esprons, sera fltri par toute la press franaise
qui a cour de dfendre le drapeau tricolore, s'est
pass Marseille.
Des rpublicains franais, les citoyens Achille
SteensetLon Parsons, membres du Comit Francais
de Cuba Libre, ayant, dans le but d'encourager les
rvolutionnaires cubains qui luttent contre la mo-
narchie espagnole pour conqurir leur indpendance,
organis une conference contradictoire la salle
Noailles, Marseille, ont t empchs de la donner
par la colonie bourgeoise espagnole, masse dans
la salle, dans l'intention manifeste de faire de l'op-
position systmatique et.de s'opposer ce que des
Franais parent chez eux.
A l'instant mme o le president allait terminer
son discours,, un drapeau espagnol ayant t d-
ploy dans la salle a t le signal d'un tumulte de-
vant lequel les Franais, afin d'viter un plus grave
conflict, ont prfr se retire. Les cris de A bas la
France et Vive le Roi ont t pousss par des
ngociants espagnols auxquels la France done ce-
pendant une si gnreuse hospitality.
Ont sign : Carnaud, dput; B. Cadenat, ancien
adjoint ; Soullier, directeur de Marseille-Ban!ieue;
Arne, correspondent de L'Intransigeant; David,
directeur de La Bataille; Marchand, etc., etc.



SABRE ET GOUPILLON


Ce sont les deux armes de la monarchie espa-
"nole, celles don't elle s'est, depuis quatre sicles,
service pour conqurir d'abord, puis maintenir
sous le joug ses colonies.
Le rsultat a t partout identique : Rvolte !
rvolte rvolte !
L'Inquisition, supprime nominalement dans
la pninsule il faut lire dans la Revue Blan-
che l'mouvant, quoique curt, article de M. Mar-
mol : ( Un mois dans les prisons d'Espagne
- a t importe dans lA't,rique latine, qui,


jusqu' ces derniers temps, est demeure, mme.
sous la forme.rpublicaine, la proie de l'intol-
rance thocratique.
Aux Philippines. moines et dominicains ont
instaur le doux rgime du moyen 3 ge: exploi-
olti jn, obscurantisme.. Une nue. de pieux vain-
pir'i.: s' .ii tf.i i i l.ie sur-les: malheureuses popu-
1:ii:.r]'lS pre-surini. outrance, leur faisant
htl.ralrni-ment ,-er l'or, e'tait au nom du-Pre,
di Fill et du Saint-Esprit qu'on les exploitait,
l es confisquait, les dpor.ait et-les torturait.
A fli fin, les insulaires se sont lasss de ce
rgime sacr, qui tait surtout un sacr rgime ;
il serait malais de leur donner tort.
L'excs d'oppression a sem les colres et
produit l'explosion : aprs l'eau bnite le ptrole.
Les capilotades de moines, don't le tlgraphe
nous porte la nouvelle peut-tre sujette cau-
tion, sont certainement trs regrettables... pour
les moines, mais qui la faute?
A Cuba, les Torquemadas modernes ont port
paulettes et se sont appels Unzaga, Tacon,
O'Donnel, Concha, Dulce, Balmaceda, Weyler.
Tandis que les colonies de souche anglo-
saxonne, dotes d'institutions autonomes, se
dveloppaient normalement, donnant essort
toutes leurs forces industrielles et commercials,
les malheureux pays d'outre-mer soumis au
joug ide Sa Majest catholique demeuraient, mal-
gr les richesses merveilleuses de leur sol et le
gnie de leurs habitants, frapps de strilit.
Que les reprsentants attards du pass le
veuillent ou non, nous sommes une poque o
l'humanit fait peau neuve et ne saurait plus se
contenter des oripeaux don't on l'a affuble si
longtemps. L' oremus du prtre, et le sa-
crebleu! du soudard ne sont pas le verbe bien-
faisant qui convient des hommes voulant vivre
et vivre libres.
Le gouvernement espagnol a tout fait pour
maintenir Cuba et les Philippines sous le joug du
plus complete obscurantisme, et, cependant, dans
ces deux contres opprimes, la conscience pu-
blique s'est veille et rvolte.
Puisse-t-il en tre de mme et bientt dans
cette Espagne, elle aussi tyrannise par son gou-
vernement l'gal de ses colonies! Puissent les
masses populaires comprendre leurs droits, leurs
intrts et mettre fin au rgime surann qui les
avilit, les exploit, les saigne blanc !
C'est notre sincere dsir, car, si nous n'avons
qu'une sympathie des plus ngatives A l'gard
du senior Canovas, nous ne ferons jamais un
homme un crime d'tre le compatriote du philo-
sophe Pi y Margall.
Cosmo.
-~-------**-------

PROCDS

ESPAGNOLS


Les journaux espagnols annoncent qu'un soldat
qui, s'ilfaut les en croire, a mis,le feu Cascorro,
la maison d'o les insurgs faisaient un feu
meurtrier, recevra la croix de San Fernando,
Mme ce point de vue, les Espagnols different
des Cubains. Lorsque, pousss par les ncessits de
la guerre, ces derniers brlent les proprits, ils sont
considrs comme des incendiaires et, ce titre, fu-
sills. Mais lorsque les Espagnols font de mme, ils
sont patriots, courageux, et pour les rcompenser
on va jusqu' leur donner les croix les moins prodi-
gues.
Il est bien certain que d'un gouvernement qui,
la fin du xix' sicle, fusille l'ennemi qui soigne ses
blesss et lui renvoie tous ses prisonniers, on ne
saurait attendre qu'iniquit, barbarie, frocit et sau-
vagerie.
---------. ,----

L'ESPAGNE S'EN VA-T-EN GUERRE


e la capture de Maceo, disent les quotidiens es-
pagnols, dpend la fin des infortunes de l'lb-
rie. Weyler, que la pluie incommodait, va, cette
fois, la saison favorable venue, partir en guerre. On
n'en est pas encore trs certain La Havane; mais
on compete beaucoup sur la tnacit des volontaires,
gens.d'humeur farouche, qui veulent, tout prix,
contempler le gnralissime arm de pied en cap.
Mais les hurleurs de la guerre dcideront-ils le
Castillan faire besogne active, s'aventurer dans la
champagne, quelques kilomtres seulement de La
Havane? Le doute est chose permise. La hyne re-
gretterait trop ses bonnes besognes de nuit, ses as-
sassinats dans les forteresses, alors que la vengeance
tait si aise et la repression si basse.
Tomber dans une embuscade, devenir le prison-
nier de Maceo, au lieu de le prendre, lui, le Cubain,
pour le torturer longuement, savamment, pour tant
d'hrosme et de grandeur dpenss, l'aventure serait
singulire, et Weyler ne la tentera pas !
Aussi bien,. il est avec l'opinion publique, cette


force! et il compete, certes, en finir tt avec cette in-
surrection maudite. C'est en pur dilettante de la
guerre qu'il n'a pas ht le dnouement, qu'il a jou
avec Maceo, qu'il l'a laiss traverser impunment
toute l'ile, pour mieux le prendre, l'enfermer, et le
tenir sa merci dans cette province de Pinar del Rio,
que barre, pense-t-il, la Trocha-de Artemisa Mariel.
Pour toutes ses hontes et pour toutes ses peurs,
pour se rcompenser de son mtier de faussaire, il
s'est promise la capture de Maceo, supreme ornement
de son triomphe. Oh! une fin comparable celle de
Mtho le Lybien, alors que tout Carthage se rue la
cure, quelle apothose et quelle gloire pour un g-
nral de l'Ibrie!
La tche sera rude, s'avoue-t-il pourtant, en des
heures de doute; n'importe, en son palais de La Ha-
vane, il regarded et regarded des plans de guerre.
Le gnral en chef doit se conserver pour ses
troupes, tel est son dire. Fort de cette declaration, il
fera, comme par le pass : il mandera Maceo et
Gmez des gnraux dpositaires de sa science stra-
tgique et de ses resolutions furieuses, se rservant
admirable connaissance de soi-mme les pro-
clamations bouffonnes, les dits hilarants.
La dernire parties va se jouer. Si les Ibriens ont
fond de grandes esprances sur les nouveaux ren-
forts, il est permis de dire, n'est-ce pas, que les Cu-
bains ne songent pas du tout se rendre, ayant pour
eux belles victoires?
Choses comiques de cette guerre! Le ministry de
la guerre Madrid a dclar que, vu le peu de ser-
vices que rend la cavalerie Cuba, les prochains
renforts ne comprendront point d'hommes de cette
arme.
Et l'infanterie, donc? Je ne sache pas que cette
reine des batailles ait fait moult 'prouesses et
hauts-faits. Il est vrai qu'il faut bien envoyer quel-
ques troupes Cuba, et, ma foi! l'infanterie a cop.
Quant la marine, savez-vous, d'elle on attend
encore plus mince vnement. Les beaux croiseurs,
en effet, qui ne peuvent mme point arrter une
expedition! Aussi la gent picire de La Havane, en
envoyant des cadeaux M..Canovas et au ministry
de la guerre, a bel et bien oubli M. le ministry de
la marine, qui est, de ce fait, vraiment du, le
pauvre!
Ce ministry sans marine a, au reste, conscience
de son indignit, car il va partout brocanter des ba-
teaux, sauf en France, naturellement, o, avec ses
collgues, il nous reserve le coup de l'emprunt, qui
est un acte de haute piraterie, ainsi qu'on l'a excel-
lemment dmontr dans ce journal et dans quelques
probes priodiques.
Sainl-Hamians.

--------.^.------

RALITS


On lit dans El Nuevo Rgimen de Madrid,
journal qui s'est toujours fait remarquer par la
competence et le bon sens avec lequel il traite la
question de Cuba :
Pendant le mois de septembre dernier les recettes
se sont leves, en Espagne, j5.ooo.ooo de pesetas
de plus qu'en septembre de l'anne prcdente. Ces
millions ont t fournis par les rachats du
service militaire, Dans la Navarre seulement les
recettes de ce chef s'lvent 236.000 pesetas.
Ce fait indique trs clairement que seuls parent
pour la guerre ceux qui ne peuvent faire au-
trement que d'y aller; que ladite guerre est
impopulaire et que le pays la verrait avec joie
termine par quelque moyen que ce ft.
Inutile de\dire qu' ce sujet, les journaux
pays par le gouvernement espagnol ne soufflent
mot. Ils continent tromper le public en lui
parlant d'un sentiment patriotique qu'on ne
rencontre que dans l'intrt mesquin d'une poi-
gne d'exploiteurs., s'.- lortint de maintenir
Cuba dans l'esclavage pour satisfaire leurs con-
venances personnelles. Non seulement le vrai
people espagnol n'entend pas aller combattre
dans les marcages Cubains, mais encore il se
libre le plus possible, en payant, du service
militaire, en souhaitant ardemment qu'il soit
mis fin i la guerre par un moyen quelconque.
Le moment est proche o CAnovas sera oblige de
reconnaitre ces ralits.



L'ESPRIT CUBAIN


Le remarquable crivain militaire espagnol,
M. Mufiiz de-Quevedo, qui se trouve dans l'arme
de Cuba, a crit La Correspondencia Militai
de Madrid, une lettre fort intressante, don't nous
extrayons l'pisode suivant:
Dans une localit de la province de Pinar del Rio,
assez connue dans la guerre actuelle, puisque c'est
un des principaux centres d'oprations, je connus
une famille forme par le marriage et compose du
mari, de la femme, de la belle-mre et de trois en-
fants, don't le 'plus jeune a un an et le plus g
cinq.
La femme m'offrait tout les jours ce qu'ils avaient


de meilleur table, elle gardait mes effects, et, sans.
que je pusse l'en empcher, elle me rendait toujours.
mon linge propre et bien rpar, de telle sorte que
je finis par prendre la famille en affection.
La fivre, flau de nos soldats dans ce pays, -
me fit tomber la porte de cette maison, et le m-
nage accueillit mon pauvre corps bris, le plaa avec
tendresse dans un lit bien propre; il y avait toujours.
mon chevet une main amie pour approcher de
mes lvres le verre d'eau, la tasse d'aliment, et le-
mdicament qui me.rendit la sant.
Dans les.moments o la fivre me serrait moins
les tempes et me brlait moins le front, je parlais
cette'femme des joies que j'avais laisses en Espagne,
des attraits de ma patrie, de -tout ce qui constitute
mes rves de soldat espagnol. Elle m'coutait avec
complaisance et souriait de mes enfantines Illusions ;
c'est ainsi qu'augmentait mon estime pour toute
cette famille.
Quelques jours se passrent. Le lendemain du
combat de Bacuriagua, dans lequel le bataillon d'Ara-
piles mit son nom la hauteur de ceux des batail-
lons qui honorent la patrie, j'arrivai de nouveau
la porte de cette famille, souffrant cruellement d'une
blessure provenant d'une balle, et je demandai la
femme si elle tait satisfaite de la rencontre de Ba-
cunagua.
Moi, pourquoi ?
Parce que l'Espagne fut victorieuse.
Cela ne me regarded pas.
Vous n'tes donc pas Espagnole?
Non, monsieur, je suis Cubaine.
Espagnole, par consquent.
Pas du tout, monsieur.
Je me rvoltai, indign :
Vous n'tes pas Espagnole! Mais vous le serez,
de force, et rendez grce Dieu' qu'on 'vous fasse
cet honneur.
Moi, je ne fais ni ne veux aucun mal aux sol-
dats, parce que je ne veux de mal personnel; mais
je fais des voux pour que les miens soient vain-
queurs.
Les vtres? Nous en finirons plutt avec eux.
Quand.vous en aurez fini avec ceux qu'il y a
maintenant, rpondit-elle en me montrant ses
petits, ceux-ci seront dj grands , et ils pour-
ront aller aux montagnes.
Depuis ce jour-l, je n'ai plus d'amis dans cette
localit.
Et par malheur, termine M. Mufiiz, ces opinions
abondent dans l'ile de Cuba.
L'pisode est sublime dans sa simplicity et
montre d'une manire frappante ce qu'est l'es-
prit cubain et ce qu'est l'esprit espagnol. D'un
ct, la gnrosit, le dvouement envers un
ennemi; de l'autre ct, vous n'tes pas Espa-
gnole, mais vous le serez de force..., nous exter-
minerons tous les vtres, etc.
Rappelons que c'est la mme Correspondencia :
Military qui nagure publiait les lines sui-
vantes: II faut noyer les Cubains dans
des lacs de leur sang; il faut exterminer
tous les suspects et sans perdre le temps
vouloir choisir parmi eux, puis qu'en
fin de compete, Dieu reconatra les siens
et les enverra la gloire ternelle.
Quand nous disons qu'il ne faut pas trop s'a-
charner contre Weyler, parce que Weyler n'est
pas plus sanguinaire que le duc d'Albe, que
Boves ou que Valmaseda, nous savons ce que
nous faisons.
Le rpugnant bourreau qui reprsente l'Es-
pagne Cuba n'est nullement un monstre, il est
tout simplement de la quintessence d'Espagnol.
Egmont.

-------*jg'----

DTAILS SUR

LA TROCHA


Bien que nous nous soyons occups assez lon-
guement de la Trocha de Mariel Majana, la
description que vient d'en fire, dans le lerald
de New-York, un mdecin espagnol, le Dr En-
rique Rojas, est si intressante que nous croyons
devoir en traduire quelques passages :
Personne ne peut comprendre l'insistance mise
par Weyler conserver cett monumental stupidity
qu'on appelle la Trocha. Le pays a t dvast
des deux cts de cette tranche. Il n'y a aucun
advantage maintenir Maceo d'un ct et Gmez d'e
l'autre. Les tablissements sucriers ont t presque
tous brls.
Weyler a souvent reu le conseil d'abandonner la
Trocha et de laisser les insurgs passer et repas-
ser sans gne afin de conserver ses soldats pour la
champagne d'hiver. Les insurgs dominant le pays
d'une extrmit l'autre, et leur -cuvre de destruc-
truction ne saurait tre plus complete.
Dans la position qu'elles occupent, les troupes
espagnoles gnent la revolution autant que si elles
taient campes dans le Prado de la Havane. Un fait,
en tout cela, provoque l'indignation. Les officers
espagnols se moquent absolument des commodits
de leurs hommes. J'ai vu, dans la Trocha, un


i i -- L _


lia~l~a~a~a~ C~a~






22 OCTOBRE 1896.


officer espagnol, pendant une tempte, minuit,
-envoyer deux soldats coucher sur le toit de sa ca-
bane afin d'empcher le vent d'enlever les feuilles de
palmiers qui la couvraient.
'il n'est pas surprenant que la fivre et autrgs mala-
dies emportent par centaines les malheureux sol-
dats. En gnral, le soldat espagnol est patient
*et ne se plaint pas. J'ai vu un cavalier, atteint de la
fivre jaune et restant sur son cheval, sans se plain-
dre, jusqu' ce que la fivre l'aie terrass. Alors, au
lieu de le coucher sur un brancard on le jeta sur la
selle et on continue la route. Presque tous mes lec-
teurs ont entendu parler de l'existence du soldat en
champagne; mais ceux qui n'ont pas vu les campe-
ments espagnols Cuba sont impuissants se faire
une ide des travaux et des misres, des horribles
souffrances qui existent dans cette contre voue la
peste.
Ici on mange, on dort, on vit et on meurt come
.des porcs, sans aucune communication avec le reste
du monde, et sans assistance mdicale suffisante.
Dans la Trocha on enterre les morts la course,
et des vapeurs pleins de malades parent journelle-
ment pour Cienfuegos et La Havane. Ceux qui meu-
rent bord sont jets la mer sans offices ni cr-
monies quelconques.

La pluie tombe torrents. Les toitures des ca-
banes laissent tomber l'eau come des foritaines et
rendus vivaces par l'humidit les tarentules et les
scorpions apparaissent menaants de toute part. Les
clairs illuminent l'espace et l'air est dchir par le
bruit du tonnerre.
La Trocha s'emplit d'eau sale, paisse et :sans
courant. Le formidable dluge cache les montagnes.
Il est terrible pendant toute sa dure. Mais les sol-
dats espagnols en ont pris l'habitude. Il finit aussi
rapidement qu'il avait commenc. Quelques instants
.aprs le ciel redevient clair et le soleil darde de nou-
veau ses rayons ardents, impitoyablement.
C'est le moment de la maladie et de la mort. Il
n'a plu que pendant quelques minutes, et les champs
sont littralement inonds. De toutes les hauteurs
parent des arroyos qui viennent se jeter dans la
Trocha. La chaleur devient encore plus insup-
portable aprs ces temptes. Il semble que la cam-
pagne brle. Les mouches s'abattent en nuages sur
le visage des malades et s'tablissent en colonies sur
leurs blessures. Les officers ont des moustiquaires;
les soldats, eux, doivent tout supporter : mouches,
chaleur et moustiques.
Quelques moments aprs la fin de la pluie, on
amne-deux hommes prsentant les symptmes de
la fivre. Demain, on les embarquera pour La Ha-
vane; mais, si pendant la nuit les boutons sortent,
ils devront rester dane la Trocha et y mourir.
L, dehors, au. soleil, un jeune soldat zigzague
comme un homme ivre. Trop d'eau-de-vie!
-crient les soldats. Ce n'est pas l'eau-de-vie, c'est la
fivre.
Le pauvre enfant tombe, roule sur le sol, se
relve. Le caporal de garde ordonne qu'on trans-
-porte l'hpital ce sale enfant de troupe . On
place le petit soldat sur *un brancard: ses dents
.claquent et sa chair brle; ses yeux allums ont
l'air d'tre'de feu. C'est la fivre. Le remde ordi-
.naire est prpar: un demi-verre d'huile de ricin
dans le jus de douze citrons. On oblige l'enfant
avaler la rpugnante mixture et, une demi-heure
aprs, on lui redonne la mme dose. Si avec ce
remde la fivre n'est pas couple, elle doit suivre
-son course.
Voici venir, dans l'aprs-midi, un corps de cinq
cents hommes cheval, qui vont attaquer un cam-
pement d'insurgs dix miles de l. Un paysan les
guide. Ils se lancent par les ouvertures de la Tro-
-cha et disparaissent.
Aprs le repas de midi, Espagnols et Cubains
:font la sieste. Il serait ennuyeux de combattre pa-
reille heure. Aussi les insurgs n'attaquent-ils point.
Les officers, pendant leur sommeil, se font venter
par les soldats.
Dans l'aprs-midi, le nombre des malades qui se
prsentent est plus grand. Les hpitaux se rem-
plissent de patients, qui crient et se plaignent. A six
heures, on relve les factionnaires et les soldats qui
taient de garde, recevant le soleil et la pluie, ils ar-
rivent en si mauvais tat qu'ils peuvent peine par-
ler. Un grand nombre va l'hpital..
La nourriture du soldat se compose presque tou-
jours de pommes de terre, de bananes et de caf.
Cela suffit avec un pareil climate. Il faut avoir un
estomac privilgi pour digrer un bifteack 'sous
cette latitude.
L'eau qu'on boit dans la Trocha est couple
avec du jus de citron, et, mme ainsi, elle est nui-
sible et cause de nombreuses maladies.


Il n'y a pas de crpuscule Cuba.
La transition du jour la nuit est instantane,
comme si le soleil tait une lumire qu'on tein-
drait. La nuit amne aussitt de vritables tortures:
d'innombrables moustiques viennent des marcages
attaquer les soldats; les sentinelles se dsesprent et
jurent. Les officers dorment tranquilles sous leurs
moustiquaires. Dans les bois surgissent des lgions
d'insectes bruyants, et les crapauds font entendre
leur chant monotone. Les cocuvos, avec leur lan-
terne allume, passent de toute part.


Rien ne trouble le silence sauf le chant demi-
voix des soldats dans les baraques et les doulou-
reuses exclamations des soldats dans l'hpital.
L'enfant de troupe, dans son dlire, parle de la
Catalogne un autre parle de la Gallice. Les vario-
leux se grattent la'face comme s'ils devaient se sou-,
lager en arrachant leurs pustules.
La nuit est humide et chaude. Tout d'un coup, le
clairon sonne et les soldats courent aux armes. Ce
sont les cinq cents cavaliers qui reviennent. Les
chevaux bronchent et pataugent .dans la boue des
mares de la Trocha. Les soldats trottent en ligne
sans parler. Ils amnent des brancards jusqu'aux h-
pitaux.
On allume des feux de bois, on accroche aux
arbres des lanternes et l'on voit alors se croiserdans
toutes les directions les chirurgiens, en manches de
chemise, les mains couvertes de sang.
Les cris et les lamentations des blesss et des mo-
ribonds blessent l'oreille par leur monotonie.
Quelques-uns des blesss gisent, la bouche ou-
verte, inertes, le visage livide, comme morts. D'au-
tres jurent, appellent Dieu leur secours. Toute la
nuit, sur toute l'tendue de la Trocha, on voit,
entire les arbres, les feux du campement.
Tout coup, un mille environ de distance, on
entend des dcharges de mousqueterie, le bruit des
armes et le cri de : Cuba Libre! . C'est Maceo qui
attaque. Encore des morts et encore des blesss qui
arrivent.
Ainsi passe la nuit. Le matin arrive avant que les
chirurgiens aient fini d'oprer les blesss. Les plaintes
et les gmissements ne cessent pas. Il y a des soldats
morts sur les brancards, mais personnel n'a le temps
de s'occuper d'eux. Alors, des cabanes, les soldats,
la tte branlante, sommeillant encore, se heurtent
et s'agitent plus que les malades eux-mmes. Une
lumire bleue sur tout cela transformerait la Tro-
cha en un enfer fantastique.
Les factionnaires, cependant, se prominent, atten-
tifs, sur les bords de la tranche, s'arrtant de temps
autre pour observer la fort.
L'aube arrive. Le rveil sonne joyeux dans les
arbres, et sa chanson se mle le bruit des selles et
des freins, le pitinement des chevaux et le grince-
ment des essieux des voitures d'ambulance. La ca-
ravane se met en march vers Mariel, tandis que
monte l'Orient le soleil de feu qui doit brler, de
ses rayons implacables, le malheureux soldat espa-
gnol.
-------* dr--------

WEYLER FINANCIER

A diffrentes reprises, nous avons parl du conflict
financier provoqu dans 'ile, par le despite qui
gouverne Cuba pour son malheur et pour celui de
l'Espagne elle-mme.
Dans un pays o la base des operations est en or,
lancer une mission de papier-monnaie est la plus
grande des imprudences.
Ce papier-monnaie est de deux valeurs, savoir:
un peso, soit cinq francs:


Comme on le voit dans le modle, les allgories
du billet sont de bien peu de got, confuses et sans
nouveaut aucune.
Et de cincuenta centavos, soit, deux francs cin-
quante, ainsi que l'indique la gravure suivante, gra-
vure d'aussi peu de valeur que la prcdente:


Le conflict auquel nous avons fait allusion, fait
dj sentir ses effects sur tout le commerce de Cuba,
mais plus particulirement sur les Espagnols, les-
quels se sont levs contre. l1 loi de Weyler, don-
nant ce paper le course forc. Ils commencrent
par exiger jusqu' deux pesos et demi de- ce paper
pour un peso de monnaie mtallique, et ils ont fini
par refuser de le recevoir, malgr les menaces s-
vres du gnral boucher.
Beaucoup d'Espagnols ont t arrts de ce chef.
Or, quand on touche leur bourse;, les Espagnols
se rvoltent contre leur gouvernement, absolument
comme l'ont fait les Cubains pour bien d'autres
motifs.
Cet vnement prouve que Weyler ne vaut pas
plus comme financier que comme gnraL Au point
de vue militaire, il a t battu par les gnraux G-
mez et Maceo; au point de .vue conomique, ce sont
les Espagnols mme qui le mettent en droute.


*


Voil Maceo qui recommence i faire parler de
lui, et qui a le mauvais got de flanquer toute
une srie de rcles aux troupes du gouverne-
ment espagnol au moment mAme o celui-ci se
dispose faire l'emprunt sans lequel'il devrait
immdiatement vacuer Cuba.
Attention, soi-disant gnral Weyler; gare au
rveil du lion !


Ce qu'il y a de remarquable, c'est la manire
don't les journaux elairs par l'ambassade d-
mentent toute nouvelle favorable aux Cubains.
Cette victoire, disent-ils, a t invente par les re-
belles pour compenser l'impression produite par les
rcents suc2s des Espagnols.
Ce dmenti, dirons-nous notre tour, ne coin-
pensera nullement l'impression produite dans le
monde par l'inutilit de tous les efforts faits de-
puis deux ans par l'Espagne.



Et puis, les journaux en question avouent
qu'ils reoivent leurs informations par un ser-
vice special; or, tout le monde sait en quoi con-
siste la spcialit.



Quoi qu'il en soit, les derniers tlgrammes
officials annoncent des engagements sanglants;
dans l'un, les Espagnols auraient eu 92 blesss
don't 4 officers; dans l'autre, 174 blesss don't le
lieutenant-colonel Chacel et 8 officers.
Quant aux morts, leur nombre est, comme tou-
jours, insignificant, et cela pour la raison sui-
vante : les chefs de colonne empochent la solde
de ceux qui sont tombs pour l'ternit.
-J

Quand une dpche espagnole annonant une
rencontre avec les Cubains se termine come
le font les dpches auxquelles nous faisons allu-
sion par ces mots : les details manquent,
nous savons quoi nous en tenir.
Aprs les batailles de Peralejo, Mal Tiempo,
Calimete, Candelaria, etc., que les journaux
espagnols qualifient aujourd'hui de desastres, -
les dtails manqurent.
Lorsque les insurgs s'empareront de La Ha-
vane, les dtails manqueront.



L'Espagne joue vraiment de malheur; elle
vient de perdre un de ses plus glorieux enfants :
le torador Espart.ero vient de mourir des
suites des blessures qu'il avait reues dans une
corrida Nimes.
Les journaux d'Outre-Pyrnes vont encore
attribuer ce malheur national l'or flibustier .



Med culpd Dans mes dernires guerrillas,
je disais que les Espagnols ne sont pas ma-
tres chez nous, en France ; je me trompais
puisqu' Marseille ils viennent d'empcher des
Franais de parler de la question Cubaine.
Pourvu, grand Dieu! que profitant de ce qu'ils
sont nos matres, les Espagnols ne se mettent pas
nous civiliser! Nous ne tarderions pas de-
venir, des sauvages.



Et c'est en respectant de cette faon les lois
de notre pays qui leur donne l'hospitalit, que
ces gens-l competent nous soutirer nos millions!
Nouvelle preuve de l'abrutissement dans le-
quel les prtres et les courses (le taureaux ont
plong nos malheureux voisins; ils en sont
aveugles.


Un bruit trange a couru ces jours-ci; il s'a-
gissait d'un fait tellement inattendu force
d'tre invraisemblable, que nous ne l'enregis-
trons que sous les plus expresses reserves: il
parait, c'est peine si nous osons le dire il
parait que \eyler va partir en champagne con-
tre le gnral Maceo.
Mais nous ne croyons pas que le gnral aux


mains ensanglantes arrive tirer l'pe; en
supposant qu'il en et l'intention, il ne pourrait
le faire, l'pe doit tre rouille dans son four-
reau.
-------..4 jt I-i~----

L'OPINION EN ESPAGNE


El Globo, Madrid : Nous avons mille fois d-
montr que la guerre ne saurait tre touffe
seulement dans le sang; les faits le dmontrent
et les journaux les plus important et les mieux in-
forms de Paris et de Londres nous l'ontdit,comme
nous le rptent sans cesse tous ceux qui sont alls
rcemment Cuba et qui. n'attendent rien de la
guerre et mme ceux qui elle offre un avenir.
Et cependant, le gouvernement aveugle et insens
ne laisse pas passer un jour sans songer autre
chose qu' un incessant envoi d'hommes et d'ar-
gent, don't les quantits normes, donnes tou-
tes comme dfinitives le jour de l'embarque-
ment, sont qualifies d'insuffisantes 'l lende-
main de l'arrivee La Havane. Ce qui prove,
entire autres choses, qu'aucun des' grn4raux
placs par nous en face du problme n'T a
rien compris et n'tait capable de le-risoudre.

Si un soldat s'habille, s'arme ou se transport
d'un bout de la Pninsule l'autre, on p.ie les. fa-
bricants et les Compagnies de chemin de fer; si l'on
envoie des troupes Cuba, on paie trs bien. la
Compagnie'Transatlantique et on la remercie par-
dessus le march; si l'on fait un emprunt, on invo-
que le patriotism de ceux qui le couvrent et, avec
ces flatus vocis on prtend solder les intrts'; si
l'opration est de peu d'importance et se fait par'la
Banque, on sait que cet tablissement paternel ne
fait pas cadeau du capital et ne nglige pas de re-
couvrer les bnfices...

La Correspondencia Militar,' Madrid: Le mo-
ment est venu de dchirer les voiles que -les conve-
nances politiques et le manque de :caudiflos
connus avaient jets sur le problme de la fin de la
guerre Cuba.
Tout le monde dsespre aujourd'hui du
succs certain, immdiat, que nous annonaient
les admirateurs des futurs triomphes du gn-
ral Weyler.

Parlons plus clair: Le gnral Weyler a
chou dans son entreprise, et come son
replacement n'est pas facile et que, d'autre
part, personnel ne se risque faire connatre la
vrit sur ce qui se passe Cuba, tout contribute
rendre l'obscurit plus complete et ti ous faire
passer le temps. On attend'que le hasad ri nous tire
du mauvais pas dans lequel nous ont mis'les hom-
mes auxquels le gouvernement a confi la direction
de la guerre et les intrts de la patrie.

El Productor, La Corogne: Dans. le village de
Santa-F, au [nord de Pinar del Rio, deux fortes
colonnes ont t aux prises avec le celbre Maceo.
Comme toujours, les Espagnols triomphrent.
Les pertes desdeux cts sont considrables, -s'il
faut en croire le tlgraphe.
On ne dit pas que Maceo a t mis en droute.
Gageons qu'il s'agit d'un nouveau Cacara-
jicara .
Sur ce point, comme sur bien d'autres, on peut
dire ce qui disent les enfants lorsqu'ils viennent de
se battre entire eux: Nous les avons fait cou-
rir... nos trousses.

La Voi del. Obrero, Ferrol: La vrit est que
sur les 40.000 soldats qui viennent de s'embarquer,
plus de cinquante pour cent laisseront leurs
os dans le gouffre cubain et, de ceux qui re-
viendront, la plupart la moiti au moins -
n'auront plus de sant et seront incapables de
gagner leur vie.
La seule rcompense qu'on puisse obtenir, aprs
avoir perdu sa virilit et son nergie dans les souf-
frances de la guerre et sous le coup des terrible ef-
fets d'un climate malsain et meurtrier, est de trainer
une vie pleine de privations et de vgter dans la
plus grande misre.

El Correo, Madrid: Que la guerre Cuba soit
aujourd'hui plus inhumaine que celle que nous
avons soutenue il y a vingt ans, cela est dmontr
par le fait que les prisonniers faits par les in-
surgs nous sont rendus, les chefs compris,
ainsi que les reporters l'ont annonc diff-
rentes reprises.

Et c'est avec une pareille ligne de conduite qu'on
veut mettre fin la guerre et avoir des partisans de
la cause de l'Espagne dans la Grande Antille.
Il est bien vrai que Canovas ralise politiquement
et conomiquement tout le contraire de ce qui
constitute ses convictions. Il pense comme un rfor,
amateur et il maintient le statu quo; Ses ceuvres vont
d'un ct, ses ides de l'autre.
Ppur rsoudre les problmes politiques, il
ne possde aucun plan. Et c'est pour cela que
sa politique est plus nuisible l'Espagne que
ne le sont les attaques de Maceo.


II ~
- --






22 OCTOBRE 1896


El Diluvio, Barcelone: De sorte que tout
compete fait avec la Banque d'Espagne, il reste en
faveur du Trsor i5 millions... Et puis?
Mettons de ct les 5o millions dj rclams par
la Banque, comme advance au Trsor public pour
parer aux ncessits de la guerre de Cuba; restituons
la Banque ses avances au Trsor des Colonies et
celui de la Pninsule, et l'op verra quoi se rduit
cette liquidation prne avec tant d'enthousiasme
par la press ministrielle.
Mais faisons abstraction de tout cela; supposons
couvertes toutes les dpenses ordinaires et extraor-
dinaires du budget national.
Et puis ? demandera encore le pays.
Et puis ? diront.ceux qui souffrent en leurs
biens, ou leurs intrts, des terrible secousses de la
gu'erre.
Les mines d'Almada resteront hypothques pen-
"'dant plus de trente ans et la richesse de l'Espagne
"'sr' livre aux usuriers, indfiniment.
' n definitive nous resterons avec un emprunt
formidablee, qui sera pour nous non seulement
'ti' e miort financire, mais encore, peut-tre,
note mort comme nation.
Cti'ovs, Navrro Reveter, Castellano et la Ecopa
qualifient'cette situation de situation difficile.
IIl est vrai que la guerre, aujourd'hui, s'appelle
meute; les armes renforts, le gaspillage, frais;
: Weyler, grand gnral, ainsi que Blanco; Maceo Cabe-
cilla;Comillas, patriote; le prix du transport Cuba,
modique rmunration; la tyrannie, gouvernement;
l'ignoriace, experience; l'agio, operation; les cou-
sins et 'les neveux-des gens au pouvoir, reprsen-
fants du people; leurs amis et leurs associs, fonc-
ti tlnnairerc put '

La Epoca, Madrid : Il est trop tt,. notre'avis,
pour porter un -jugement sur la force effective de
l'insurrection dans un pays-si tendu. La seule chose
qui rsulte des nouvelles reues jusqu' ce moment
esf que le movement a pris une grande exten-
sibn dans les provinces de Pintrieur.

El Inmparcial, Madrid: Le 31 aot, lorsque le
gouvernement annona-au public qu'une impor-
tante rebellion avait clat aux Philippines, nous
pensmes aussitt qu'il faudrait attendre longtemps
avant'de connaitre la vrit sur ce qui s'tait pass.
SIl est admis,,en effet, depuis longtemps admis
Sen Espagne, que les autorits croient diminuer
l'importance des faits en les tenant dans
.' l'qmbre.



REVOLUTION CUBAINE


L'inspecteur de la salubrit publique des Etats-
Unis, envoy Santiago de Cuba, announce que la
fivre jaune se rpand d'une manire extraordinaire
et qu'elle fait de trs nombreuses victims parmi les
Espagnols .
On crit d'Artemisa que les Cubains Yaguasa
(Pinar del Rio) sur le chemin de fer Occidental, ont
fait sauter un pont avec une charge de dynamite.
Deux autres points ont t dtruits entire Herraduras
et Paso Real.
Plusieurs fermes ont t incendies dans la pro-
vince de Mztanzas.
Les Cubains ont brl rcemment les planta-
tions de tabac Herculano et Esperen;a, prs de
Santiago de las Vegas, et les dommages s'lvent'
$ 400.000.
M. Estrada Palma, reprsentant du gouverne-
ment cubain New-York, a reu une communica-
tion de Mximo Gmez, lui annonant que Cebreco
et Menocal ont pris 'un fort espagnol appel Loma
de Hierro. L'artillerie rcemment 'reue leur ren-
du de rels services.
On announce que Santiago de Cuba que les
citoyens amricains Agramonte et Jusanz ainsi que
le gnral vnzulien Gonzalez ont t transfrs
du fort de El Morro la prison de cette ville, o
l'on dirige tous ceux qui sont jugs en conseil de
guerre.
Une correspondence de la Havane, publie par
un journal de Cadix, raconte que le gnral Weyler
a failli tre assassin en se rendant un rendez-vous
que lui avait donn une femme dans une maison o
des conspirateurs I'attendaient.
On confirm la nouvelle que le navire Daun-
tiess a trs heureusement russi dbarquer sur les
cdtes de Cuba une troupe de volontaires et le mat-
riel de guerre don't il tait charge.:
Des dpches, reues du Mexique, donnent
d'intressants, dtails spr une manifestation organi-
se contre l'Espagne pendant les ftes de l'Indpen-
dance.
On assure que le gnral Weyler ira diriger les
operations contre Maceo avant la fin d'octobre, le
gouvernement l'ayant invit obtenir des rsultats
dcisifs le plus tt possible. Le ministry de la guerre
tudie le moyen d'envoyer 40.000 hommes de la
classes 1896 avant Nol Cuba, et 3,5o00 aux Philip-
pines.
Malgr le redoublement de surveillance aux


frontires de terre et aux ports de mer, en Espa.,ni,.
les dsertions se multiplient chaque jour;. c'i-s
ainsi que dans la seule province d'Andalousie;-oi a
relev, depuis quelques'temps peine, de'x mille
dparts pour Buenos-Ayres.
Une dpche de Washington au Herald an-
nonce que M. Clveland a l'intention d'intervenir
.dans la question de Cuba, dans le sens d'une recon-
haissance de l'indpendance des Cubains.
Mximo Gmez et Calixto Garcia, la tte de
leurs troupes, ont forc la fameuse trocha (ligne
fortifie) de Jucaro-Moron qui spare la province de
Camagney de celle de Las Villas, en merchant au se-
cours de Maceo.
Le correspondent du Times La Havanecrit
que les rebelles seraient en ce moment, pour rsis-
ter aux Espagnols, dans une situation meilleure
qu'au dbut de la revolution. Antonio Maceo pos-
sde Pinar del Rio des ravitaillements suffisants
pour alimenter ses troupes durant une anne.
D'aprs les derniers tlgrammes reus de Cuba,
les Cubains encourages, par l'insuccs des opra-
tions iriges contre eux, semblent dcids plus que
jamais contirnur la resistance.

*----4 -" if------i


LES FINANCES ESPAGNOLES


L'Intransigeant :- Le premier ministry Canovas,
dans le fol espoir de rembourser l'Espagne tout ce
qu'il lui cote, n'avait rien trouv de mieux que.de
s'adresser cette.bonne France, qui a des millions
pour tout le monde, except pour elle.
De l les acclamations qui tout coup ont accueilli
nos marines dans les-ports espagnols.
Et, en change de cette monnaie de fantaisie,
Canovas nous priait de vouloir bien l'aider con-
tracter un emprunt d'un milliard, dans le but essen-
tiellement patriotique d'craser l'insurrection de
Cuba et celle des Philippines.
A la veille de la faillite qui menace les finances de
la pninsule, essayer de taper l'Europe de dix
fois cent millions, peut paratre un acte douteux au
point de vue de la probit. Nous ne saurions donc
mettre trop nergiquement en garde contre cette
operation financire nos trop gnreux compatriotes.
D'abord, parce que, loin de leur servir des int
rts, on ne leur restituerait mme pas leur capital.
En second lieu, parce que les rpublieains franais
n'ont pas' verser leur argent pour soutenir, contre
les rpublicains philippins et cubains, la monarchie
d'Alphonse XIII.

A la suite des diverse insurrections qui ont si
souvent mis l'Espagne deux doigts de la perte to-
totale de Cuba, ie mme Canovas, ministry pendant
le grand movement de 1868 come il l'est aujour-
d'hui, a mis des bons cubains sur lesquels, sre du
triomphe de la reaction, s'est jete la maison Roths-
child, dj abondamment fournie de la valeur espa-
gnole qu'on appelle des Pagars.
Actuellement les spculateurs ont sur les bras pour
environ sept cents millions de ces coupures, tom-
bes insensiblement au-dessous du paper de salle
manger. Alors, comme ils ne percent jamais la
carte, ils ont fait au dcav Canovas cette declaration
insidieuse :
Trs bien : r..s n...u c;iiar;--.:n de vous trouver
votre milliard. V\:..:i dJb-.d p,,ur .-:pt cents millions
de Pagars et de. b.-:' cubains, cinq cents francs
la pice. Ils sont tombs- trente francs, c'est vrai;
mais, pour l'honneur du Trsor espagnol, vous ne
pouvez'moins faire que de ls reprendre au taux
d'mission. > :
Aprs quoi, la haute banque fournirait en es-
pces le complement du milliard, soit trois cents
millions, sur lesquels elle retiendrait quarante pour
cent de commission.
Les possesseurs de fonds espagnols auraient ainsi
gard pour eux tout l'argent souscrit par le public
et n'auraient vers la malheureuse Espagne que
des imprims qu'elle aurait eu la facult de revendre
au poids comme bouillons .
Cette farce, don't il et t le dindon, parait ne pas
avoir souri au ministry du jeune Alphonse XIII, et
il announce aujourd'hui dans une lettre dsole qu'au
cas o il se verrait oblig de renoncer aux resources
trangres, il s'adresserait .au patriotisme de son
pays. Il s'y est malheureusement si souvent adress,
depuis le commencement de l'insurrection cubaine,
qu' Madrid pas plus qu' Paris l'emprunt defaillite
qu'il prpare n'a de chance de russir.
Ce Canovas, par .sa mauvaise foi. et son obstina-
tion ractionnaires, aura t ainsi l'auteur principal
de l'anantissement .militaire, et financier de sa pa-
trie. Dj, il avait eu affaire .l'hlroique Maximo
Gmez, avec sequel, n'esprant plus le vaincre, il
avait sign un.trait, don't il .n'avait ensuite song
qu' violer un un tous les articles,
Malgr les representations ritres du marchal
Martinez Campos, il s'entta ne.tenir aucune des
promesses solennellement souscrites aux. Cubains
la fin de l'insurrection de 1868. Maintenant les Cu-
bains, qui savent quoi .s'en tenir sur sa loyaut,
refusent d'entrer dsormais en pourparlers avec cet
homme, funeste l'Espagne non moins qu' Cuba.


Et ce chef d'un gouvernement conservateur ne
saura mme pas conserver les Philippines.
Henri Rocihefort.

Correspondence Bleue: On peut, on doit con-
sidrer l'emprunt espagnol comme avant chou.
Au sujet de cet emprunt, les ngociations peuvent
tre considres, depuis plusieurs jours, comme
ayant about la rupture. L'mission de l'emprunt
espagnol n'aura pas lieu.
Un emprunt de i milliard, c'est de l'utopie. Quand
on n'en mettrait que la moiti en Dette extrieure,
on n'chapperait pas, tout bien compt, une annuit
de 83 millions de pesetas qui pourrait s'accrotre si
le change empirait. Nous calculons sur de l'Amor-
tissable 5 o/o pour une dure de 25 ans don't la pa-
rit avec le course de l'Extrieure 4 o/o 60 resort
84.72.
Cette mission serait trs onreuse, antifinancire,
absurde.
D'autre part, si le gouvernement espagnol voulait
mettre du 4 o/o extrieur, il serait tenu, aux terms
des conventions de 1882, d'en gager l'mission par
une augmentation de l'impt direct jusqu' con-
currence du service du nouvel emprunt.
Cet ordre d'ides tonne les financiers espagnols
parce qu'ils ignorent ou font semblant d'ignorer
l'histoire financire de leur pays. A ce point de vue,
pris dans le bon sens du mot (non pas le ioins du
monde en mauvaise part), il faudrait M. Canovas
un ministry des finances qui st sur le bout des
doigts l'histoire financire des derniers cinquante
ans. C'est bien le cas de dire avec le grand orateur
remain : Nescire autem, quid ante quam natus sis
acciderit, id est semperi esse puerum. Et ce n'est pas
un enfant qui peut ngocier aujourd'hui l'emprunt
qui est: fire.
Il n'y a pas penser bien entendu des consoli-
dations de dette flottante; ce n'est pas le.moment.




REVOLUTION PHILIPPINE


Une dpche officielle de Manille annqnce
qu'un nouveau movement insurrectionnel se pr-
pare. A Jalisay les Espagnols ont t battus par les
Philippins aprs une lutte acharne. Les soldats en-
voys au secours du dtachement ont t eux-mmes
repousss. Ils ont eu 18 morts, don't 2 officers, et
23 blesss.
Le gnral Blanco restera Manille jusqu'
l'arrive des renforts et tchera de contenir l'insur-
rection dans ses limits actuelles.
Le gouvernement fait partir aujourd'hui de
Barcelone 2. 00 hommes et du matriel de guerre.
On embarquera 3.ooo homes en novembre.

---------.^.-------

BIBLIOGRAPHIE

Pour paraitre prochainement la Librairie de
l'Art, 41, rue de la Victoire, Paris, Les Cafs-
Concerts, par GUSTAVE COQUIOT.
Ce livre sera tir uniquement 0oo exemplaires
de luxe, et aucune autre dition n'en sera faite.
Je note, du mme auteur, Les Bals publics
et La Seine, livres dj parus en cette anne
1896, la mme librairie, et que signalrent nos
minents _confrres : Jean Lorrain, Lo Claretie,
Henri Degron, etc.

Le Roman de mes Romans, qui est l'histoire


de la vie littraire de M. Hector Malot, est en vente
chez l'diteur Flammarion.

La comdie hroque d'Emile Bererat. reprsen'-.
te l'Odon, avec grand succs, Le Capitaine
Fracasse, tire du roman de Thophile Gautier,
vient de paraitre chez l'diteur Fasquelle.
Hulges Nanteuil.

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.

--------.- ^. --------


LES THEATRES

Notre trs distingu confrre, Maurice Vidal,
vient de terminer la version franaise de Juin Jos,
drame espagnol en trois actes de Joachim Dicenta,
reprsent pour la premiere fois Madrid, sur le
thtre de la Comdia, le 29 octobre 1895.
Nous sommes certain que la traduction retrou-
vera Paris le grand succs qui suivit toutes les re-
prsentations de l'oeuvre original travers l'Es-
pagne.

M. Bodinier jouera cet hiver une pantomime
acrobatique, Nuit d'hymne! par M"' Lopold-
Lacour.
Les Escholiers reprsenteront galement cet hiver
le drame sans paroles Plus fort que la mort, sign
aussi de M' Lopold Lacour et de M. Bachelet, de
l'Opra, pour la musique.

M"' Lafargue a chant, l'Opra, le rle d'Hell,
dans l'ouvrage de M. Alphonse Duvernov.
La jeune cantatrice a trs brillamment russi;
aussi a-t-elle t l'objet d'applaudissements trs vifs,
de bis et de rappels.

C'est M"' Delna qui rpte, le ritede Zerline, pour
la prochaine reprise que l'Opra-Comiqu'ea fair du
chef-d'oeuvre de Mozart.

Les cabarets artistiques :
Les cabarets du Chat-Noir et du Chien-Noir ont
fait d'heureuses rouvertures.

M. Adolphe d'Ennery a autoris la direction de la
Porte-Saint-Martin reprendre.Don C$air de Baudn.
C'est M. Coquelin qui reprend.tr k r.le cr jadis
par Frdrick Lematre.

Au Concert Europen, tous les soirs la salle est
comble pour entendre la pliade de bons chanteurs
et d'exquises chanteuses qui forment la troupe de ce
music-hall.
Une saynte de Gondinet, Le Homard, termine
fort plaisamment un ravissant spectacle, don't nous
reparlerons dans notre prochain courier.
Saint-Mlarcel.


Spcialit de Caleons et de

Gilets de Flanelle


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51, Rue du .Chteau-d'Eau
PARIS


L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

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CUBAINE, comprenant les deux trimestres chus, pour le prix net

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Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on

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