Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: October 8, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00039
Source Institution: University of Florida
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''


Patrie et Libert


ReDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Sait-Vincent-de-Paul re AnnPARIS 8PARIS Octobre 1 38 ART.
Une anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
201_ IreAnne PARIS -- 8 O tobre I896 NO 38 Unasemestre, id. id. Ilfr. 11.50
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Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 25


LE MEILLEUR


PART


A M. Canovas.
'en est fait. L'Ibrie est arrive au
dernier priode de sa combativit.
Je vggx dire qu'elle est mainte-
nant inerte et inrme en presence
de la farotuche tnacit des- Cu-
bains..
Les assassinats, les dportations
n'ont pu en venir bout.' Pour-
tant les bagnes'choisis par la mtropole ont belle et
inquitante renomme, et.Fernando P6o est une ile
non pareille pour la malfaisance de son climate. In-
fortun M.,Canovas,! Les beaux temps de l'Inquisi-
tion sont donc loini ?et Weyler est-il, malgr tout,
infrieur l'inclyte duc d'Albe ?
Vous voquiez rcemment les heures heureuses
des longues et savantes tortures qui rendaient l'art
de gouverner si facile,- par la peur. Vous contiez
qu'avec de l'nrergi, encore de l'nergie -- en paro-
diant Danton on eit pu prvenir cette formidable
rvolte d'opprims. Avec du savoir-faire -.mqt si-
nistre dans votre bouche vous disiez encore que
l'insurrection aurait pu tre touffe dans l'euf.
Mais, n'est-ce pas, ce n'taient que des paroles,
come on dit en votre pays ?
Car vous saviez, mieux que quiconque, que
n'yant pas le droit, vous n'aviez pas..la force. Vous
connaissiez l'tat de vos finances, de.votre arme, de
votre marine. Vous saviez. qu' l'enthousiasme et
la valeur des insulaires, vous opposeriez des soldats,
irrsolus, de trs jeunes hoinmes arrachs la glbe,
la misre, et n'ayant jamais maPii un fusil de
guerre. Vous saviez .bien aussi, pour n'tre pas tout
fait un grand d'Espagne pleinement hallucin, que
ces choses-l, nombre de gens les connaissaient.
N'importe, pour l'inutile tche de reprendre Cuba,
'vous n'avez pas hsit mutiler l'Espagne et la
jeter toute pantelante aux Juifs. Que pense de cela
votre clerg, votre farouche clerg sanglotant aux
pieds de Jsus dans les plus noirs couvents des villes
mortes ?
Oh je sais bien que ce clerg, en retour, ne mar-
chande pas ses harangies:folles aux soldats qui vont
partir pour les Antilles. Vos journaux, M. Canovas,
disent galement que la reine d'Espagne2.assiste aux
services funbres clbrs en l'honneur des soldats
morts Cuba. Mais je ne puis oublier tes admirables
planches, Goya; et je vois, nettement, d'un ct,
ces moines billants, moines goinfrants, ttes car-
res d'assassins se prparant matines, ttes ruses,
hypocrites, fines et mchantes comme des profils
.d'oiseaux de proie; et je vois aussi, dans une atti-
tude morne et impassible, comme des brutes, des
enfants que l'on vient d'enrler au Guipzca, en
Biscaye, et qui ne comprennent pas ce que voci-
frent ces prtres.
'Les bras ballants, les petits carabiniers partiront.
.Ils partiront sans fusils, comme s'ils n'ayvient qu'
.combattre, l-bas, le v6mito negro.Sans fu~ls, 'ils
les trouveront en dbarquant Cuba car on a
,peur qu'ils rsistent et refusent de partir.
Le Niv-York Daily Tribune, organe du vnr
M. Mac Kinley, conte comment la chose se passe.
On procde leur embarquement comme si
c'taient des criminals ou des esclaves. Les armes et
les munitions sont places dans un autre bateau, et
un troisime, un vaisseau de guerre, suit les 'deux
premiers pour viter qu'ils communiquent entire eux.
Quand ces infortuns jeunes homes snt arrivs
,Cuba, alors on les charge de leurs armes et on les


oblige marcher entire les baonnettes persuasive
de leurs vtrans. Les dsertions, les fivres et les
machetes ont vite raison d'eux.
Le Heraldo de Madrid, qui a bien voulu me don-
ner la joie de cette lecture et de quelques autres
lines, tout en faveur des Cubains,. regrette que le
journal prcit reprsente la politique d'un home
qui, demain, peut tre appel remplacer M. Cle-
veland.
Infortun priodique! Voil tout ce que vous dicte
votre colre 1 O sont vos fureurs d'antan ? Autant,
n'est-ce pas. en emporte le vent? Vous.~ez tompris
( rinr que vos impr catcons taient vraimhit chose
trs sotte etfde'nulle terreur pour ceux qui vous li-
saient, amuss par l'sprit de: cniradilc'ii r et de:
bouffonnerie.
Aussi bien, vous suivez, vous, ainsi, une politique. .
plus sage : la politique du' renoncement. Vous com-
mencez tout de inme voir clair dans la besogne
de sang et de boueque l'on vous-impose. Nous nous
rjouissons, nous, de voir que vous prendrez dsor-
mais come modles les innocentes tartouillades de
quelques quotidiens franais que l'ambassade d'Es-
pagne abreuve et nourrit.
Et je vous le dis : Avant la Suprme dfaite, c'est
le meilleur parti suivre
Saint-Ilamans.


LE THREE



CLUB MERCEDES VARONA


Le Club Mercedes Varona, fond par les dames
cubaines New-York, en l'honneur de la noble h-
rone fusille par les Espagnols, fait appel au con-
'cours des compatriotes pour envoyer des secours
aux blesss et offre un magnifique tableau du c-
lbre peintre espagnol Jos Maria Romero, estim
cinquante mille francs, tirer au sort, en tombola,
entire ceux qui prendront un billet de cinq francs
avant le mois de dcembre.
Renseignements au sige de La Rpublique
Cubaine.


*


HROS ET CRIMINALS

On lit dans 'Ileraldo le Madrid:
On a expuls de l'ile de Cuba une dame Aurelia
Castillo, appartenant la bonne socit de La Ha-
vane. Cette measure a t motive par ce fait que la
dite dame a envoy M. Zayas une lettre de condo-
lances l'occasion de la mort de son frre, le clbre
chef cubain, lettre dans laquelle on lisait ces mots :
Son nom glorieux vivra et sera bni tant que.Cuba
..existera .
M. Porrna, gouverneur civil de La Havane, pro-
posa l'expulsion au capitaine-gnral, afin de mon-
trer qu'on ne peut impunment appeler hros des
>crim'inels.

La mmoire du jeune et hroque Zayas, mort
en combattant pour l'indpendance de sa patrie,
ne peut tre atteinte par les injures d'un fonc-
tionnaire espagnol, parasite de Cuba; il convient
toutefois d.faire remarquer que ce sont les com-
patriotes du sieur Porrda qui appliquent jour-
nellement le qualificatif hros des gnraux
qui assassinent les campagnards sans defense et


FRIENDS


les blesss, ainsi qu' des soldats voleurs et in-
cendiaires.
Le mot criminal est d'ailleurs on ne peut
plus dplac dans la bouche de ceux qui n'ont
gouvern que par le crime des contres qu'ils
avaient conquises par le crime, de ceux .qui ont
laiss, partout o ils ont exerc leur domination,
le souvenir d'insatiables spoliateurs et d'gor-
geurs froces.
Nous pensions, come le gouverneur civil de
La Havane, qu'on ne peut impunment appeler
hirus des criminals; un avenir trs prochain d-
montrera qu'on ne peut davantage appeler im-
punment criminals des hros.
Egmnont.


*


SVIVE CUBA LIBRE!

GRANDE VICTOIRE DE MACEO
TRIPLE DFAITE.DE MELGUIZO
DROUTE D'AROLAS,

NOUVEAU DBARQUEMENT
RAPPEL DE BLANCO

EMPRISONNEMENTS A PORTO RICO

Des dpches envoyes de La Havane en Es-
pagne et de celles transmises dans une chaloupe
de La Havane Key-West pour le New York
Herald, il rsulte que le gnral lMace a rem-
port trois victoires successives sur les troupes
espagnoles commandes par. le gnral Melguizo,
qui fut rejet sur la cte aprs avoir subi des
pertes normes en hommes,.armes et munitions.
D'autre part, on sait que le gnral Maceo a com-
pltement battu le gnral Arolas Artemisa et
qu'il a fait dtruire, au moyen de la dynamite, une
grande. parties de la Trocha. Weyler a dfendu
de nouveau que l'on envoie en Espagne et l'-
tranger d'autres nouvelles que celles qu'il com-
munique, afin de prsenter comme une victoire
ce qui a t en ralit un des dsastres les plus
terrible pour les Espagnols pendant la guerre
actuelle. On- trouvera. plus loin des dltai;s sur
cet chec qu i aie:it iit 1i:- plan '.le. cmipagnre 'sur
lequel le gnral Weyler fondait de s grades
esprances.

Une dpche de La Havane announce qu'une
expedition de Cubains a. dbarqu. Bacuranao,
k 12 kilomtres environ de La Havane. Un ba-
teau de guerre espagnol s'est empar d'une
golette battant pavilion anglais et que les Cu-
bains avaient abandonne.

Le clerg espagnol vient d'imposer au gou-
vernement le.rappel du gnral Blanco, gouver-
neur des Philippines, pour le remplacer par l'un
des gnraux Polavieja, Borrero, ou Primo-de
Rivera.

Le gnral Marin, gouverneur de Porto-Rico,
sous prtexte d'avoir dcouvert des socits se-
crtes ayant un caractre politique, a fait arrter
et emprisonner MM. Julio Osvaldo Abril, associ
de la Banque Silva et Ci, dans la province d'A-
guadilla; Felipe Cuebas, propritaire d'une in-
dustrie sucrire Cabo Rojo; le docteur Jos
G6mez; A. Mndez, propritaire; A. Rever6n,
commerant; et un grand nombre d'autres
citoyens. Les prisons ne suffisent plus ; les con-
tenir. Le gouvernement a dcid de distraire
quelquesnavires en route pour Cuba et de les
faire arrter Porto-Rico .par measure de pr-
caution.


*


i.

' ~.


P~B~E~
--- -

-~E-~
~--I
P
P






LA RPUBLIQUE CURA~YNE


8 OCTOBRE lc9(i.


LA SITUATION A CUBA

En un long et lumineux article public dans le
Picagune, M. Gonzalo de Quesada, secrtaire de
la Dlgation Cubaine New-York, expose,
devant'le public nord-anmricain, ses opinions
sur la-situation de.-uba. A notre.-grand regret,il
nous -est:iapossible de publier intgralement
dans La.eppubliqauetCubaine ce remarquable
travail idau Seurtaire du iParti Rvolutionnaire
Cubain. N,'u- devons nous 1bornier en donner un
rsuin.
M: Quesada a su placer la question sur un ter-
rain d'une nettet parfaite. !Il a.rduit le pro-
blme cubain l'investigation des trois points
suivants.:
1o L'Espa'gne pourra-t-elle avoir raison de la
Revolution par les armes?
2 o Les Cubains accepteront-ils, de la part de la
mre-patrie, une'transaction quelconque, si lib-
rale qu'elle puisse tre?
30 La Rvolution dispose-t-elle de resources
suffisantes pour obliger le Gouvernement espa-
gnol abandonner l'le?
Il n'est pas possible de poser le problme ,en
terms plus clairs.
A la premiere question, aprs avoir dit que:le
movement rvolutionnaire actuel a t unanime,
sans distinction de classes sociales; que la Rvo-
lution peut computer aussi bien sur les Cubains
rsidant dans l'fle :que sur ceux qui habitent
l'tranger; qu'enfin le champ -de la lutte s'est
tendu dans.l'le entire, M. Gonzalo de Quesada
ajouter:
. L'arme espagnole ne peut faire autre chose
que conserver ce qu'elle possde et entamer de
temps autre quelques operations pour la gale-
rie :*les troQhas prouvent simplement que les
Espagnols restent stationnaires et se contentent
d'une tactique defensive.
Les maladies, les attaques continuelles, les
dsertions et les surprises dciment tous les jours
les lignes espagnoles composes de mcontents
mal pays, mal vtus, mal nourris et maltraits.
Il faudrait, pour que l'Espagne remporttquelques
advantages, qu'elle et la possibility d'empcher
.que l'arme cubaine devint plus nombreuse (or
cela ne saurait tre, car, sans le manque d'armes,
la dite arme .serait immdiatement double. Et
lesinsurgs remdient tous les jours cette si-
tuation).
Et il faudrait galement que l'Espagne aug-
mentit d'un coup sa propre arme de 450,000
hommes de plus. Sur ce point, les autorits cu-
baines et espagnoles.sont d'accord. L'Espagne ne
peut faire ce dernier effort lequel affaiblirait
la Revolution pour un temps mais ne la dtrui-
raitpas- elle ne peut le faire, car comment trou-
verait-elle dans sa pninsule, dj dpeuple, un
nombre d'hommes aussi considerable? Et si elle
le trouvait comment se procurerait-elle les res-
sources ncessaires pour payer leur transport et
maintenir Cuba une arme de 300,000 hommes?
Tout cela reprsente des frais que la pninsule
,ne supporterait pas seulement pendant un an.
Mais en admettant que l'Espagne fasse des
miracles et qu'elle paye les soldes arrires, l'in-
trt toujours croissant de sa croissante dette, les
pensions, les croix et les titres, plus nombreux
chaque rencontre; en admettant que l'adminis-
tration cesse de voler; que les gnraux et les
officers ne se montrent plus-ports prolonger
la champagne qui est pour eux une source de pro-
motions et d'autres avantages; en admettant tout
cela, nous aurions une arme cubaine de 60,000
75,000 hommes rsolus continue la lutte jus-
qu' la dernire extrmit, vivant sur le pays,
recevant des armes et des munitions de leurs
amis; car l'Espagne aurait besoin des flottes
runies de l'Angleterre et de la France pour ta-
blir avec succs le blocus de Cuba. Et cette ar-
me, puissamment organise, est commande
par des chefs intelligent et expriments, con-
naissant la valeur de chaque vingt-quatre heures
de prolongation du conflict et disposs le faire
durer par le moyen d'une incessante lutte de
guerrillas .
M. Quesada expose ensuite ce qu'a cot l'Es-
pagne la guerre de 1868 1878, laquelle, tant
donne l'impuissance de la mtropole, dut prendre
fin par un arrangement avec les rvolutionnaires.
A la second question, aprs avoir dit qu'au-
cune rforme, pas plus celles Abarzusa ou Maura
que celles du home canadien, ne sera accepte
aujourd'hui par le Cubain le plus timor, M. Que-
sada pursuit :
L'Espagne ne peut donner l'autonomie qui
n'aurait d'autre signification que de laisser flotter
son drapeau sang et or sur l'le. Elle sait trop
qu'une fois son arme et sa flotte parties, ledit


drapeau ne flotterait plus. L'Espagne devrait rap-
peler ses milliers de soldats et d'officiers. 'ik
trouverait-elle les employer sinon dans la rio-
lution de la pninsule? L'Espagne ne pourrait
pas doner'l'autonomie, car cette measure qui-
vaudrait: dpouiller de leurs grasses sincures
cases hoirdes d&employs et leur enlever en mme
temps les moyens'de voler .
Plus loin, en ee quieconcerane!3a question co-
nomique, M. (ueesada ajoute: *Cu ia ne pourrait
janitis,prenire i sa ch.a r.gi1 4iC0.<).0iiO deipesos
:.2,0i0,00,00ui de.!faCnelesquels 6 OOf.sepr-
senteraient un intrt annuel de 20,000,000 de
pesos (100,000,000 de francs). Un pays qui pro-
duit, en temps de paix, 20,000,000 de pesos se
suiciderait s'il acceptait une charge si norme .
Sur la troisime question, le Secrtaire de la
Junta du Parti Rvolutionnaire, entire autres con-
sidrations, met les suivantes :
Cuba aura chacun de ses enfants sur le
champ de bataille ds qu'elle pourra:fournir une
arme chaque combattant : Cuba n'a pas besoin
d'hommes. Le patriotism, la faim et la pers-
cution brutale augmentent le nombre de ses sol-
dats. Ceux-ci ne diminueront pas par miracle. La
fivre jaune, le paludisme, la variole, le cholra
et les ulcres chtieront, dans l'arme espagnole,
l'avarice et la cruaut d'un gouvernement du
Moyen Age. Les Cubains ont, dans la champagne,
des vivres.en quantit suffisante. Ce qui sert
les nourrir empoisonne l'usurpateur. La.nature
protge et aide les Cubains. .ls connaissent, en
outre, toutes les positions avantageuses. Si mau-
vaise que.puisse tre leur situation, ils pourraient
vivre pendant des annes et poursuivre une
guerre irrgulire qui puiserait l'Espagne. Cette
dernire, prive des resources de l'le dtruites
dans ce but, ne saurait.ni empcher les mutine-
ries dans son arme, ni fire que ses chefs com-
battent. Elle n'aura plus la possibility de con-
tracter de nouveaux emprunts et elle devra aban-
donner l'le.
Rduits l'occupation de quelques ports et de
quelques villages de l'in-trieut, les Espagnols se-
ront chasss de ces derniers refuges ds que Cu-
ba disposera de l'artillerie ncessaire. Pousss
alors vers les ctes,- sois la protection de leurs
navires, leur pouvoir s'vanouira : les mres es-
pagnoles se lveront avec dsespoir contre un
inutile sacrifice d'existences innocentes; les frais
ncessaires au maintien devant le monde d'une
apparent souverainet ne diminueront pas, tan-
dis que les resources, non seulement de l'le mais
de la pninsule entire disparatront peu peu.
Chaque jour amnera une complication nouvelle
provoque par les citoyens trangers menacs ou
tus et don't les proprits auront t dtruites.
Alors, dans leur dsespoir les gnraux espagnols
conduiront une arme dmoralise la dernire
bataille.

--------.^,I-------

COMIT FRANAIS DE CUBA LIBRE

Le Secrtaire du Comit Franais de Cuba
Libre nous communique la troisime listed d'adh-
sion compose.des noms de :
MM. Clovis Hugues, dpuii de Paris.
Lucien Descaves, rdacteur au Journal.
Victor Basset, directeur du Radical Algrien.
Jean Gadrat, directeur de l'Avenir de l'Arige.
Joseph Mna, avocat la Cour d'appel de
Nancy.
Max Durand-Savoyat, collaborateur au Peuple
de Lyon.
Chatelain, directeur de la Revue Europenne.
Le Comit se runira jeudi 8 octobre a trois
heures dans le bureau de rdaction de L'Intran-
sigeant.
Le secrtaire,
Achille Steens.



LETTRE DE ROME

M. le Directeur de La Rpublique Cubaine.
Paris.
Rome, 4 Octobre 96.
Les journalists espagnols en Italie
Monsieur le Directeur,
Presque en mme temps que la crme des
chrtiens se runit en congrs Trente pour
discuter sur les moyens les plus pratiques de
tromper tout le monde une dizaine de journa-
listes espagnols ont tenu aller baiser cette
mule que Joachim Pecci (dans sa jeunesse) a
traine dans d'autres glises que celle don't il se
dit le protecteur et le pape.
Il est superflu de vous dire que ces journalists
ont manqu de tact et de sens politique (il est


'vrai qu'iliaurait fallu qu'ils en eussent) envers ce
. gouv'rnte'menrl. qui les a gavs de discours flat-
'teus *- et mme de macaroni, car, la reserve
garde par les journaux officieux qui sont catho-
liques et par les journaux catholiques qui sont
officieux,'dit .,sseoz'de choses l-dessus.
Cependanit, s'il'y a en Italiedbeaucoup de jour-
naux come la Trbl,"nu,, qui se mettent a plat
venture devaint ile premier panamist@et trangleur
.dies.libett- publiqu-es il se trouve aussi des tin-
'dpendants qui 'commenrtent :librement et fi ni-
'themerit la pros~ imprudent,:-. t les ,vantar'dises
du.dput aux Corts, le marquis Waldeiglesias.
'Lorsque celui-ci dbarqua Gnes, un rdac-
tenur :e la Corrispondenza Verde sollicita de
'lui une interview, dans laquelle il n'hsita pas
qualifier de hros les soldats espagnols qui se
battent quatre centre un et traiter les Cu-
bains- de couards.
Voici comment il s'exprime:
Nos soldats je vous l'assure combattent,
souffrent-et meurent comme des hros, luttant
contre un ennemi (codardo) couard qui n'ose nous
attaquer de front; il recourt toujours la trahison,
aux bas stratagmes et la destruction du pays,
sans jamais nous permettre de l'attaquer d'une faon
franche et loyale...
Saisissez-vous, cher lecteur, la dose de jsui-
tisme et de mauvaise foi que renferment ces quel-
quelques lignes?
Ainsi, les Cubains qui se battent un contre
quatre, sont des lches, tandis que les soldats
espagnols, qui ont leur actif l'assassinat Ides
prisonniers, celui des femmes et des enfants,
les vols et le pillage dans les maisons, etla sai-
sie, par Weyler, de tous les .biens des Cubains,
eux, sont des hros, des braves!
Mais la Corrispondenza, bien que Verte, n'ac-
cepte pas ces inconguits du marquis sans les
fire suivre par une judicieuse et trs exacte
appreciation :
En lisant'le programme de Froce Rpression tra-
c par le publiciste castillan, dclare-t-elle ce-
lui qui ne le savait pas, devine que chez les Espa-
griols (pourquoi pas, chez tous les peuples ?) le titre
de conservateur -est synonym de ractionnaire. Par
ce fait, le marquis de Waldeiglesias a froidement r-
sum tous les prjugs, toutes les theories de gou-
vernement, desquels tous les vieux parties sont im-
bus.
Et, plus loin:
L'ile de Cuba est peuple de fonctionnaires et de
spculateurs ibriques, qui traitent les indignes,
non pas comme des compatriotes, mais bien.comme
des serfs, comme des esclaves.
Ainsi qu'on le voit, M. le marquis a perdu une
bonne occasion de se taire!
SLe Corriere di Napoli traite de -mal lev
l'Italien qui cria (au milieu des acclamations po-
licires) : Vive Cuba rpublicaine t parce que,
dit-il, quand on invite quelqu'un chez soi, on
doit bien le recevoir !
Le Corriere di Napoli voudrait-il nous faire
.connatre par qui ces gaillards-l ont t invits
venir s'asseoir notre table, et poussant l'im-
-pudence jusqu' oublier qu'ils ne sont pas chez
enx, nous provoquent dans ce que nous chris-
sons le plus; l'idal rpublicain et notre manci-
pali,:n :'
-Leguleio.


GUILLERMO COLLAZO

Dans l'article de notre prcdent numro:
Guillermo Collaso, au lieu de : come un com-
mencement de civilisation, il faut.lire: come
un couronnement de civilisation.

--------. .-------

LE THREE FRIENDS

Rsum de son recent voyage
Le capitaine de l'audacieux petit vapeur le Three
Friends, dit le Illustrated American, ferait honneur
une arme quelconque. Et, en effet, nombreUses
ont t les expeditions que le capitaine Broward, si
populaire chez les habitants de Jacksonville (Etats-
Unis), a russi, au mpris du blocus espagnol de-
vant Cuba, introduire dans la grande Antille.
Le correspondent du World, qui accompagnait la
dernire expedition de l'intrpide navire, don't nous
donnons un dessin dans ce numro de La Rpu-
blique Cubaine, a fait un rcit complete et intres-
sant de la faon don't l'expdition a t mene de-
puis le dpart du Three Friends, la prise du char-
gement fait en pleine mer avec l'aide d'une golette
jusqu'au dbarquement accompli, pour ainsi dire,
la vue du croiseur espagnol Lega;pi et guid par le
feu de Bahia Honda.
Il raconte comment les expditionnaires trom-
pent les nombreux espions que les consuls espa-
gnols tiennent dissmins dans tous les Etats-Unis,
l.embarquement habile de faon ne pas veiller les


soupons et la sortie silencieuse, au milieu de la plus
profonde obscurit, de la brave embarcation. Un
cannot aurait fait plus de bruit.
Depuis le dpart, une embarcation s'aperoit. 'Se--
rait-c un ennemi ?... Quelques instants aprs, on
:voit hiss sur.Le grand mt de celui-ci le. drapeau;de
l'Etoile solitaire. C'est;le schooner Kate Durient,.
sous le commandement du capitaine Neal,-portant
mille fusils, quatre cent mnille.cartouches,.un canon
pneumatique dynamite, deux: mille livess .de rcet
'explosif, mille machetes et un nombreux .assorti-
'ment.de mdicaments. Durant le transbordement,.
:trois sentinelles dans Les hunes dcouvrentun lger
panache de fume l'horizon.
, Si nous disposons de dix minutes; s'crie le ca-
pitaine Neal. te puis faire tout le transbordement !
Ge'-thead !!! s'exclame le capitaine Broward, je
puis leur donner une bonnee course jusqu' la nuit
tombante, et ils nous -perdrontide vue. Je ne crois
pas, cependant, que ce soit un vaisseau espagnol.
Nous le saurons lorsque le dernier caisson sera em-
barqu.
Dix minutes aprs, le dernier paquet de dynamite
se trouvait.'sur le Three Friends; on spare les haw
sers; on dit: Farewell au petit schooner ami qui a
arbor le drapeau anglais, tandis que le vapeur ex-
pditionnaire march dans la direction du banc de
Caysal. La nuit tant venue,.le 'capitaine Broward
donne l'ordre : .All heights outt! Pas de feux! Et
cette ombre glisse. travers les tnbres, important
une poigne de patriots allant s'unird leurs com-
pagnons.
Le bruit des 'pas fivreux -et nombreux veille au
milieu de la nuit mme les plus profondment en-
dormis. Une voix, sur le pont, announce un vapeur
en avant.
Je le vois s'crie le capitaine Broward. A tri-
bord vite et, present, silence tout l monde.et.
ne rpondez pas aux appeals !...
Ainsi fut fait. Et l'norme ombre marine passe
une porte de fusil des vaillants expditionnaires,.
sans marquer autrement sa presence que parle bruit.
cadenc des pistons et le murmure de:l'hdlice. Q.ul.
est ce navire ? Chi lo sd ?
Le martin du troisime jour (7 septerrfbre),la ipluie
arrive. La mer, assez agite, ballotait intrepide pe-
tit navire.
Si tout marche bien, dit le capitaine BroI ard.
nous dbarquerons demain matin 'la premire-
heure.
Mais tout ne va pas bien marcher. A la tombe de
la nuit, la voix des vigies annonait un grand vapeur-
vers le sud.
Oui! et Espagnol.! s'crie le capitaine Broward,.
en examinant le navire avec sa lunette ; si je ne me
trompe, c'est l'Alphonse XIII : il nous parfaite--
ment reconnus. Maintenant, compagnons, il s'agit
de se remuer ; laissons-le courir tant qu'il pourra :
je me charge du reste.
L-bas s'avance l'emblme d'une barbarie et d'un
despotisme lgendaires dans l'histoire; il essaie d'at-
teindre le message de jours meilleurs pour un
people enchain l'entre du Golfe du Mexique.
Il ne tireront pas sur nous une distance de
quatre miles, dit le gnral Rius Rivera, chef mili-
taire de cette expedition.
Il ne m'e faut qu'une heure s'exclame depuis
le pont le capitaine .Broward. Je me perdrai dans cet-
amas de brouillard l'ouest.
En effet, le brouillard n'avait pas encore compl-
tement envelopp la poupe du Three Friends, que
les expditionnaires pouvaient voir s'avancer toute
vapeur, dans leur direction, l'Alphonse XIII. Un
instant aprs, le bruit d'un coup de canon rvlait
aux expditionnaires le dpit des marines espagnols.
en voyant cette proie leur chapper.
Qui, dans ce group de Cubains, aurait eu envie'
de dormir durant cette nuit, veille de l'arrive dans.
la terre chrie ?
A trois heures du matin, apparaissaient les phares.
de Bahia Honda. Le capitaine command la ma-
chine de ralentir, et le Three Friends glisse sans.
bruit dans la direction des deux phares. Une heure
plus tard, on aperoit les montagnes o dorment
cette here Maceo et ses forces. Au lever du jour,
c'est le port de Cabafias, dix miles duquel s'op.
rera le dbarquement.
Vive Cuba Libre!ViveMaceo Vive Mximo G6-
mez !!! Ce sont les cris que poussent les expdition-
naires la vue du pays natal. Peu aprs, ces excla-.
mations sont rptes depuis la terre par les forces
du gnral cubain Pedro Dfaz, qui, la tte de
mille hommes, attend l'expdition. Le dbarque-
ment de celle-ci s'effectue avec le plus grand ordre
et au milieu du plus chaud enthousiasme.
Tandis qu'il s'accomplit, un sergent cubain vient
annoncer qu'au bord du croiseur espagnol Lcgaspi
on va procder diverse excutions. Comment
l'empcher ? Un seul coup de feu attirerait l'atten-
tion du croiseur royaliste, et la perte du Three
Friends serait inevitable, sans sauver pour cela la
vie de ces compatriotes.
Le correspondent du World, cach dans les brous-
sailles, voit toute la scne et les dtails de l'excution
d'un jeune, prisonnier cubain, lequel, debout sur le
pont et en face de ses bourreaux, entr'ouvre sa che-
mise et dsigne son cur aux balles des compa-
triotes de Jean de Vargas, du torador Lagartijo et
du cur de. Santa. Cruz.
Le Three Friends, aprs avoir effectu le dchar-






8 OCTOBRE. 1896.


LA -REPUBLIQUE' CUBAINE


.gement, trouve moyen de tromper la vigilance du
croiseur Lega-pi, trop occup en ce moment fusil-
ler les prisonniers, et se dirige vers le nord-est.
Qu'une aussi heureuse issue couronne toutes les
expeditionss qu'entreprendra le vaillant capitaine
Broward-et son intrpide Three Friends! C'est le
veu de tous les amants de la Libert dans le monde
entier.
Guillaume d'Orange.

*--------*7?^Ij ~~C------

L'OPINION EN ESPAGNE

Du~ Mercantil Valenciano, Valence : Si, aprs
de si grands sacrifices, le gouvernement des Bour-
bons choue dans son entreprise: s'il accentue en-
core son impuissance politique et militaire, l'heure
aura sonn des grandes responsabilits et de la li-
quidation des comptes.

De La Vo4. del Obrero, Ferrol : En peu de
jours, nous avons vu augmenter le nombre des pau-
vres soldats partant pour Cuba et les Philippines.
Si nous continuous agir ainsi, il ne nous rcstera
bientt plus une seule recrue pour le jour o nous
en aurions besoin.
Dj l'on. expdie l-bas les excdents de 18g5 et
de 1894; l'on appelle mme ceux de 1893.
Toutefois, tous ceux'qui ont pu verser six mille
raux restent dans leurs foyers.
De cette faon, ils vitent d'tre traits de fuyards
et ne s'exposent pas aux coups de machetes des
rebelles.

De El Productor, Corofia : La champagne de
Cuba fauche en sa fleur notre jeunesse. Celle des
Philippines promet le mme sort aux jeunes soldats
qui seront envoys l-bas.
Les carlistes nous menacent d'une nouvelle guerre
civil. A Puerto-Rico, les affaires vont de mal en pis.
D'autre part, le gouvernement de M. Canovas
trouve son profit dans ces grandes entreprises, au
prejudice et en face du people qui le dsapprouve.
11 augmente les imp6ts, dj si lourds ; et il en cre
,de nouveaux, aid en cela par le parti liberal avec le-
-.quel,. par la plus vile des impudences, il a fait un
.acte infme.
Mais tous ces maux ne nous suffisaient pas.
A Barcelone et Valence, Alicante. t dans toules
nos provinces, on incarcre les citoyens pour la
,seule raison qu'ils ont dit tout haut la douleur que
:cause leurs families le dpart de nos jeunes sol-
-dats des enfants. presque que, pour dfendre
la patrie, on embarque vers des climats meurtriers.

De El Globo, Madrid : Lorsque, il y a quel-
ques mois, nous crivions up article prdisant que
nous aurions un t fort triste, nous redoutions, et
:avec raison, de voir nos predictions s'accomplir.
La ralit est pire que nos predictions mmes. Les
revers et les malheurs accablent tour tour notre
nation, comme pour nous mettre une fois de plus
l'preuve.
* De El Diluhio, Barcelone: On lit dans un jour-
nal : Des centaines et des centaines de families du
haut Aragon ont migr soit dans la Rpublique
Argentine, soit au Brsil, pour fuir la famine. C'est
*parfait A quoi bon nous en attrister ? Il nous reste
encore une esprance: celle que, pour faire produire
la terre, la Pninsule manquera de bras l'anne pro-
-chaine. Faut-il s'en effrayer ? Cette anne-ci, ils sont
*cent rsister; l'anne prochaine, ils seront mille
:fuir.

De El Correo, Madrid : Chaque fois qu'un con-
flit clate dans nos possessions d'outre-mer, on
blme les gouvernements et les autorits de leur im-
prvoyance.
Evidemment l'incurie est cause que bien des mal-
heurs sont arrivs et arrivent, parce qu'on n'a pas
attach aux questions coloniales toute l'attention
qu'elles mritent.

De El Liberal, Madrid : Il n'y a plus le moin-
dre doute que Quintin Bandera ait pass la Trocha
de Mariel Artemisa. Le fait est officiellement con-
firm. 11 tait temps ; puisque, cette date, il avait
non seulement travers les provinces de La Havane
et de Matanzas, mais, si nous avons bonne mlnoire,
nous le rencontrions encore en Orient, sans avoir
pu lucider s'il quittait ou non Pinar del Rio.



LE ROLE DES MINORITS


Si la rvolte est souvent l'accoucheuse indispen-
sable d'un grand progrs, tmoin la rforme reli-
gieuse du seizime sicle, la revolution anglaise du
dix-septime et la revolution franaise du dix-
huitime, une autre loi naturelle fait des minorits
pensantes et agissantes les agents de ce progrs.
Toute l'histoire le dmontre : c'est une minority
qui s'insurge avec Spartacus contre, l'esclavage an-
tique, avec Luther contre la tyrannie papale, avec
Voltaire, d'Alembert, Diderot et les encyclopdistes
contre l'autorit sculaire et absurde. Quelquefois la
minority est rduite un seul homme : Colomb est
un contre tous pour affirmer l'existence d'un nou-
veau monde; Galile est seul aussi lorsqu'il pro-


clame, en dpit de l'Eglise omnipotente, du saint
office et de la tradition, le movement de la terre.
La majority, elle, sauf lorsque de grandes com-
tions la galvanisent pour un moment, est ou hostile
ou indiffrente.
Ces gnralits sont pour dire que ceux qui suivent
de leur pense et de leurs vaux l'admirable pope
cubaine, auraient bien tort de se dcourager parce
qu'ils se trouvent en petit nombre au milieu de
foules plus portes s'enthousiasmer pour des inep-
ties de cafs concerts ou des exhibitions croustil-
lantes, que pour des ides gnreuses.
Est-ce que a compete, cette multitude de com-
parses et de claqueurs, criant, injuriant, apotho-
sant, sans savor pourquoi, acclamant aujourd'hui
Weyler comme elle acclamera demain Maceo... quand
celui-ci sera dfinitivement le plus fort !
Htons-nous avant qu'on ne se compete disait
Chabot au fort de la revolution franaise. Les hom-
mes qui transformrent de fond en comble non
seulement leur pays, mais encore la.vieille Europe
monarchique, n'taient pas, en effet, la majority;
s'ils eussent voulu, avant d'agir, additionner tous les
adversaires, tous les. suspects, tous les tides, tous
les fluctuants, la vue de leur isolement les et para-
lyss. Mais ils allrent de l'avant, forts de leur au-
dace, de leurs convictions, de leur conscience et,
en y laissant la vie pour la plupart, ils triomphrent.
Le rle de ceux qui, sans distinction d'tiquette
politique et social, se sont runis pour constituer
Paris un Comit Franais de Cuba Libre, est infini-


ment moins prilleux, nous n'avons devant les
les yeux, ni l'acier de l'chafaud ni la fume des
batailles tout au plus quelques croisements de fer;
- il peut tre, nanmoins, extrmement utile. Par
une champagne ininterrompue de press et de ru-
nions, il est possible d'arracher sa torpeur la cons-
cience publique, de montrer sous sa vraie forme ce
que sont la civilisation et l'ordre qui ont Weyler
pour agent; il est possible surtout de faire chec
au coup de l'emprunt qu'on nous prpare.
La France prenait jadis parties pour les causes g-
nreusese; aujourd'hui, ses hommes d'Etatdclarent
la priode hroque termine. C'est possible, mais
si la peur des ventures peut expliquer le renonce-
ment aux croisades rvolutionnaires, tout au moins
conviendrait-il de ne pas se mettre, mme financi-
rement, du ct dee bourreaux.
En faisant acte d'initiative sans avoir dpasser
les plus strictes limits de la lgalit, les membres
du Comit Franais de Cuba Libre n'acompliront
pas seulement un acte louable de solidarity interna-
tionale; ils empcheront qu'une tache indlbile soit
inflige leur pays, jadis foyer de la dmocratie uni-
verselle.
Cosmno.

-------,^ drcr-r--


LES FINANCES ESPAGNOLES


Correspondance Bleue: La vraie question d'ac-
tualit pour la Bourse de Paris, c'est l'emprunt es-
pagnol. L'mission (il ne s'agit pas du place-
ment; c'est l un autre ordre d'ides) en sera-t-elle
possible? Et, comme il est facile de s'en rendre
compete, si peu qu'on veuille serrer la question de
prs, s'il n'est pas possible d'mettre cet emprunt,
que deviendront les Compagnies du Nord de l'Es-
pagne, du.Saragosse et des Andalous? Et, par
rpercussion, qu'adviendrait-il du stock irrali-
sable d'Extrieure, qu'on ne peut valuer moins
d'un capital nominal de 700 millions de francs, que
possdent les tablissements de credit y inclus la
Banque de Paris et la coulisse des valeurs?
Quant au gouvernement espagnol, que l'mission
soit impossible ou qu'elle ne le soit pas, ce sera
peu prs pour lui tout come. Car, quoi qu'on fit,
on aurait beau mettre, on ne placerait pas. A ce
sujet, il ne peut exister le moindre doute. Si le porte-
'feuille franais n'avait pas perdu depuis longtemps
toute confiance dans les procds financiers de l'Etat
espagnol, il aurait achet de l'Extrieure. Or, depuis
1882, jamais il n'a t possible de lui en faire
prendre. La clientele des fonds ultrapyrnens a,
depuis cette poque, toujours t s'amoindrissant
jusqu' se rduire zro. Ce fait est incontestable.
Pour cette rpugnance trs caractrise, il doit
exister d'invincibles, de trs logiques et puissantes
raisons. Elles existent. On essaiera d'en viser quel-
ques-unes dans la suite de ces notes.


Bien entendu, lorsque nous disons emprunt es-
pagnol, il ne peut s'agir ici que d'un emprunt de
deux cents millions effectifs en titres gags par le
revenue de la ferme des tabacs. De l'opration rou-


lant sur 'le fameux milliard, il n'est plus srieux
d'en causer. Et cela serait d'ailleurs d'autant moins
opportun qu'il ne peut faire le moindre doute, aux
terms de la loi d'emprunt, que c'est cette some
qu'il faut valuer, pas davantage, le total mettre
en dette extrieure.
Pour ce qui est des huit cents millions effectifs
d'Intrieure, il n'est gure probable que le gouver-
nement espagnol ait l'intention d'en lier l'mission
aux conditions nonces dans l'article premier de la
loi. Sur ce terrain, les Compagnies des chemins de
fer ne peuvent lui tre d'aucun secours. D'autant
qu'il ne peut s'agir que dun change de paper. Et,
la rigueur, on peut mme prvoir le cas o, la
rflexion, le gouvernement espagnol arriverait se
convaincre d'une vrit vidente: c'est que l'mission
des huit cents millions d'Intrieure (et il en faudrait
bien un milliard pour avoir 800 millions effectifs)
ne peut avoir pour rsultat que de surcharger le
budget en pure perte, tout en alinant sans profile
un gage que la plus simple prudence conseille de
garder soigneusement.
Et puisque, en some, l'mission d'Intrieure
n'aurait d'autre effet, selon toute probability, que de
grossir le stock immobilis de la Banque d'Espagne
ou d'augmenter la circulation fiduciaire, il est per-
mis de croire qte le gouvernement espagnol ne
cdera pas au vertige.
D'admettre que de semblables provisions soient
peu motives et que M. Cnovas ait l'intention d'-
mettre un milliard d'Intrieure pour liquider cette
heure critique la dette flottante, c'est comme si l'on
disait que le gouvernement espagnol est aveugle.
On se bornera donc ici peser, en toute impar-
tialit, les chances plus ou moins grandes d'mis-
sion d'un emprunt espagnol de 200 millions effectifs
or sur le march de Paris.
Prenant les course actuels de l'Extrieure cots
Paris, c'est--dire le course de 63.5o, quelles sont les
conditions. sine qud non de la possibility de l'mis-
sion ? Il y en a au moins deux qui sont de toute
evidence.
D'abord, il faut que les ngociations Madrid
aient about. Aux terms de la loi d'emprunt, il
s'agit d'une prise ferme de 200 millions. Si l'on
admet que le fonds mettre soit du 5 o/o amor-
tissable, et partant de la parit des course, sans tenir
compete pour le moment de l'amortissement, on au-
rait 79.365 en 5 o/o comme quivalent du 4 o/o
63.50. Et comme les banquiers rie peuvent stipuler
une marge de moins de cinq points au. minimum,
on doit poser, pour premiere condition sine qud
non, l'octroi par le gouvernement espagnol du course
de 72, de sorte que l'mission pt avoir lieu sur le
course de 77. On est ce sujet, dit-on, loin de
compete.
La deuxime condition sine qud non, c'est de
maintenir les course de l'Extrieure 4 o/o au niveau
actuel et mme d'en faire la hausse, si c'est pos-
sible.
Cette deuxime condition semble d'une ralisation
trs difficile. Les tablissements de credit pourraient,
en effet, fournir la grande maison don't le nom a
t souvent, depuis quelques semaines, mis en
avant, ou toute autre, des tires d'Extrieure en
grand nombre, et bien plus certainement que cette
maison ou toute autre n'en voudrait prendre. Et,
de certain moments, il en viendrait des avalanches.
On en serait quite aprs pour dire: c'est Londres
qui vend, il est de bien mauvaise humeur...
Une troisime condition peut tre ajoute, et c'est
l'appui de la place de Londres, non pas autant au
point de vue du placement que pour ce qui a trait
aux approvisionnements de certaines devises dans le
but de rduire la plus minime expression les drai-
nages d'or.
Ce lger aperu est suffisant faire comprendre
combien l'emprunt espagnol prsente de difficults.
Il en prsente, on le voit, pour le trait faire; il en
prsente pour le modus operandi la Bourse : il en
offre Londres, et d'autant plus compliques et ur-
gentes qu'il n'est pas bien sr que la Banque de
France, sans mot dire, permit de but en blanc la
sortie de 200 millions or.
Pour cet emprunt, il n'y aurait gure espacer
des versements jusqu' huit, neuf ou dix mois ou
plus, come cela s'est pratiqu avec le gouverne-
ment russe. Ici, ce nest pas a du tout; c'est de
l'argent qu'il faut tout de suite.
Nous n'avons pas mis en line une dernire con-
dition sine qud non de l'mission, car elle va de soi
et elle est sous-entendue: le concours de soixante
ou quatre-vingt-cinq ou cent banquiers qui se par-
tageraient le fardeau.
Il n'y a videmment pas pour cet emprunt
computer sur le public.
Il est une observation qui a t faite plus d'une
fois depuis que, dans les dbats de la press, le
nouvel emprunt est sur le tapis. On prtend qu'il
s'agit d'un emprunt gag et que, ds lors, on n'est
pas en droit d'en tablir la parit, come il vient
d'tre fait, sur les course de l'Extrieure 4 o/ 0o.
Ceux qui raisonnent ainsi oublient sans doute
que, depuis la conversion de 1882, toute la dettte
espagnole est gage. Aux terms de la loi de con-
version, et sur la proposition du comit des bond
holders de Londres, accepte par les pouvoirs pu-
blics espagnols, la dette de l'Etat est gage par la
totalit de l'impt direct peru directement par les


soins de la Banque d'Espagne qui doit elle-mine
en payer les coupons. Et c'est ainsi que cela se pra-
tique depuis 1882.
Le gage de l'Extrieure 1882 est donc aussi bon
que celui du nouvel emprunt.
Nous en tions l, lorsque nous prenons connais-
sance d'une dpche qui announce le succs probable
et trs prochain des ngociations de l'emprunt espa-
gnol. Il yest dit que l'emprunt mis Paris en Dette
extrieure sera d'un effectif de 50oo millions, amor-
tissable en vingt-cinq ans, et que ce nouveau 5 o/o
sera mis 92.
L'annuit serait donc, pour les 50o millions effec-
tifs, mis Paris en 5 o/o amortissable en vingt-cinq
ans, de 38,995,000 francs (il y aurait mettre un
nominal de 550 millions). En y ajoutant 20 o/o pour
perte de change, l'annuit serait de 46.794,000 pese-
tas. En y ajoutant en plus 38,995,ooo.pesetas pour
l'emprunt intrieur de 5oo millions, on aurait un
total de 85,789,000 pesetas. La garantie serait de
95 millions.
Tout cela n'est pas mal. Mais o trouvera-t-on
placer du 5 o/o espagnol, quoique amortissable
- et si amortissable qu'on veuille le supposed au
course de 92 ?
Jamais de la vie on ne pourra en faire le place-
ment,
L'Extrieure, aux course actuels, produit 6,3o o/o.
Pourquoi veut-on qu'on prte au mme dbiteur
5,40 o/o.
Il faudrait commencer par faire monter 'l'Ext-
rieure et l'tablir solidement au course de 70.
Mais, pour y arriver, il faudrait d'abord liquider
la position des tablissements de credit en leur pre-
nant tout le stock qu'ils possdent. Cette operation
coterait bien prs de 5oo millions en beaux lauis
d'or.
D'o nous dduisons que cet emprunt tel que
le dcrit la dpche en question 'est iiip..t':.l..
Ce ne serait pas un emprunt, mais une insanit.
La parit en 5 o/o amortissabl.e du course de 63,5o
en 4 o/o extrieur est de 85,365 et non 92.
Mais la teneur de cette dpche fait bien'com-
prendre qu'il n'est nullement question d'un emprunt
pris ferme.et qu'il s'agit tout unimnt d'un place-
ment commission. De sorte que -l'on a voulu se
donner l'air d'avoir emprunt sans qu'on ait ep
ralit fait le moindre emprunt.
Pour en revenir la dp.che en 4:' t;.r.. et en
tenant compete de l'amortissement dans le laps de
temps de 25 ans, la prime doit en tre calcule six
francs environ, ce qui tablit la parit au course de
85,365. Il n'est que just cependant d'ajout'r 'que ce
calcul, calqu sur la thorie mathmatique de M. de
Reinach, n'a jamais t ratifi par les course de l'amor-
tissable franais. Mais toujours est-il qu'il y a loin
de ce course jusqu'au soi-disant prix d'mission
92. Le gouvernement espagnol aurait donc la pr-
tention, si cette dpche traduiit la vrit, que le pu-
blic lui fit cadeau de sept points environ, ou
soit, en chiffres ronds, au change actuel, de 62 mil-
lions de pesetas. Ce cadeau est tout ce qu'on peut
imaginer d'improbable. C'est de la pure illusion.
Il faudrait alors, pour que l'cnil;:i..r de cet.em-
prunt pt tre propose au public en'termes srieux'
faire monter l'Extrieure 70, tout au moins.
Avec l'argent du Trsor?.Ce n'est pas possible. Cela
coterait beaucoup plus que, l'effectif de l'emRrunt.
Et ce n'est certes pas, croyons-nous, la mason qu'on
dsigne qui se lancerait dans cette bagarre.
Donc, l'emprunt espagnol est toujours l'tat de
point d'interrogation, sinon d'imbroglio 'inextri-
cable.


Le gnral Weyler est dcidment un grand
soldat; il vient de publier encore un dcret:
Dsormais, les correspondants ne pourront
plus encoyer leurs journaux la moindre pe-
tite depche concernant les opralions mili-
taires; dsormais, il sera interdit aux jour-
naux de Cuba de fire le plus petit commenl-
taire sur les dpches don't Weyler se reserve le
monopole.
Ce que les Espagnols vont gagner de batailles,
maintenant Dame, c'est la moindre des choses
que Weyler donne son concours en vue de l'em-
prunt. Cependant Weyler ne peut tre maitre
chez nous, en France; par consquent L'Eclair
continuera de recevoir ses intressants tl-
grammes par fil special.



Et il est fort heureux qu'il en soit ainsi ; il est
si amusant, L'Eclair! Il nous apprend que


: >


-A






LA RPUBLIQUE CUBAINE


8 OCTOBRE 1896


Le colonel Henindez aeu une rencontre sanglante,
Lomas de Lechuza, avec Maceo, don't les forces
ont t disperses aprs avoir prouv des pertes
considrables; deux colonnes espagnoles sont la.
poursuite de l'ennemi.
On est empoign par un tel rcit, et l'on ne
donneraitpas deux sous strangers de la pea
de Maceo -'aussi dttendon, ave I une impatience
fbrile, le proch.Kin numro pour lir' les details
de la capture d~ clbtre chef insuri?. .,:



Enfin, 'le" lendemaiin rrive ;vite vous'~ z les
yeux sur L'Eclair, et vous lisez :
Suivant une dpche.,de' L Havane.ies ,iS igs
commands par Maceo ont attaqu les Espagnols
prs de Mantua avec quatre canons, mais ils on.t t
repousss.
Les Espagnols ont eu six morts et quarante bles-
ss; les insurgs dix-neuf mort et de nombreux
blesss.
Ce fait dmontre que les insurgs ont mainte-
nant de l'artillerie.
Ainsi, Maceo, battu dans un endroit et pour-
suivi par deux colonnes, apparat le lendemain
d'un autre ct, ayant l'offensive. Dcidment,
ils manquent d'esprit de suite, l'ambassade'
d'Espagne.



N'est-ce pas amusant, L'Eclair constatant, la
mort dans l'me, que . les insurgs ont mainte-
nant de l'artillerie ? En tous cas,il resort de
la prcdente dpche que l'agen,-e du Boulevard
de Coircelles a pris a son service uni. vnokveau
Sfabricant de vicloires.
Ala'veille de l'emprunt, Tartarin ne sufisant
plus la besogne, on lui a adjoint Calino. :'
... .. : .. :. C' i : '
.4 ; i :


Ce dernier, en bon compatriote du CidIa -voulu
pour son coup d'essai, un coup de matre .
C'est pourquoi nous lui devons cette dcouverte
qui fait honneur sa perspicacit : du moment
que les insurgs attaquent avec'des canonsj c'est
qu'ils ont de l'artillerie....
Quand je vous disais que L'Eclair est trs
amusant.



Pour moi qui le lis rgulirement depuis le d-
but de la Rvolution Cubaine, et qui vois tous
les. jours : -
. 1. Les insurgs battus avec de trs grandes
pertes.
2 Les Espagnols vainqueurs avec des pertes
insignifiantes, .,
J'ai t trs. longtemps sans pouvoir m'expli-
quer comment l'insurrection dure si longtemps,
et pourquoi: l'Espagne envoie renforts sur ren-
forts, comme me l'apprend L'Eclair lui-mme.
J'ai fini par croire tout est possible, ex-
cept que L'Eclair me trompe j'ai fini par
croire que c'est aux insurgs que -l'Espagne en-
voie des renforts.

.., .._::-- -- ----


.RVOLUTION CUBAINE


La fivre jaune augment de violence Cuba
et les soldats nouvellement arrivs en sont les ;pre-
mires victims. Le directeur gnral de l'hpital de
la Marine, Washington, a reu des nouvelles de
source certain au sujet des pidmies, de fivre
jaune et de variole.
Les rapports des inspecteurs sanitaires du ser-
vice de l'hpital de marine des Etats-Unis accusent
71 dcs la Havane. Sur ce nombre, il y en avait
51 l'hpital militaire; de ce mme hpital mili-
taire, il restait en outre 123 malades en traitement;
il y en avait 22- Matanzas; autant Santiago;'25
Sagua la Grande avec go0 nouveaux cas. Partout o
les forces espagnoles sont masses, l'tat sanitaire
se trouve d4ns les mmes conditions dplorables.
L'inspecteur deLa Havane dit, dans un rapport
special, que la fivre jaune est trs pidmique, et
qu'elle se propage sur une grande chelle parmi les
civils. A .Santiago, .le colonel Vallespin, du gnie
espagnol, est mort aprs avoir t malade 48 heures
seulement, fait trs rare dans les cas de fivre jaune,
s'il faut en croire l'inspecteur sanitaire des Etats-
Unis.
Les hpitaux, les thtres et les maisons particu-
lires sont remplis de malades. Ces malheureux meu-
rent comme des mouches.
De nombreux malades arrivent tous les jours de
la Trocha; beaucoup de ces soldats se plaignent de
ce que, en guise d'aliment, on ne leur a donn, pen-
dant plusieurs jours, que.de la galette, de l'ail et des
oignons.


a t augment du double de sa superficie,',t-
rieure, car le nombre des inhumations jou, lir-s,
avait compltement rempli ancientn terrairl a-
datres sont enterrs deu\ a de\ et les piesde Fun
en face la tte de l'iatre. Le '.iro de la Marina,
qui public la si,stre nouvelle ci-dessus, dit que"
dans le:terrible chaos qui rgne dans l'ile, .es.f.:,s-
s-,':Leuts sont"':es seuls qui gagnent de l'argeinti ,
On crit de'"Pinar del Rio. que le gnral-
Echainge -est n-ia'lade ie la ,I'.re jaune9. Cande-
'laria. ,..: ' ,'
Le gnral Albert est malade et est arriy en
"Espagne.
Une grande parties de la ligne du chemin de fer
Centre Itabo et Recreo a t dtruite par les rebelles.
Le vapeur anglais Ardanha venant de Santiago
de Cuba a apport la,nouvelle . Philadelphie, que
Mximo G6mez s'tait mis en march sur Guantna-
mo la tte de 5,oop hommes. Ce movement a
caus une grande alarme dans la contre. Le mme
vapeur a appris que Gmez a visit plusieurs fermes
appartenant des Franais, et a conseill leurs pro-
pritaires de se retire Santiago.
Malgr les efforts de l'autorit militaire ce n'est
donc un secret pour personnel que Mximo Gmez,
avec une force 'ongmbreuse bien arme, quipe et
discipline march vers l'Ouest pour se runir An-
tonio Maceo. Calixto Garcia se dirige galement vers
l'Ouest la tte de ses.forces.'
Une multitude d'habitants de la champagne arri-
vent tous les jours La Havane. Ces malheureux
.manquent des aliments: les plus indipensables. En
outre, les gurillas espagnoles tuent impitoyable-
ment toutes les personnel qu'elles rencontreut et
incendient les maisons.
t' ,t .'
De nombreuses personnel ont t arrtes et in,
carcres au"'f' d'u 'r.M '
Juan Miguel'.F.erre et Oscar de los Reyes
ont t dportes adi'f es Cihafarinas.
On annoncedee 'Santa Clara, qu'un convoi de
munitions, envgy pat les Espagnols,.a t capture
par les Cubains,'entre Esperanza'et Jicota.-Ils avaient
fait drailler le train et l'ont attaqu. L'escorte espa-
.,gnole a t mise en droute et,s'est rfugie dans un
.ag',n blind' servan.t ie post aux- gardens civiles.
On'annonce de Mor6n, sur la lignede la Tro-.
.. ;C.... a i.:" .,, .e .
cha qu' es uans se sont empares d'uig autre
convqi espagnol part ,e Giego de Avilapr0r:Pie-
*dras. Tous les Espagniqs qivt .c.:.mp.sairient l'scorte"
ont t tusIblesss. a ou fait '.prisonniers. .Les Cu-..-
bains ont d~irm le commandant de l'escorte et
huit officers et les ont remis en libert.
..A La Havane,. M.-Samuel Tol6n, -commerant',
de Cardenas e,citoyen amricaii, a t. arrt au
Sromento'il s'embarquait pour, New-York. I1 a t
emprisoQin et rgis au secret. Le conspi gnraldes
Etats-Unis a prtest centre cette arrestation arbi-
traire. et a tlgraii: Washington.- -O ignore
l'accusation qui 'se'sur M. Toln.-. Washington,
le-ministre des- -affaires-trangres vient d'envoyer
des instructions au consul gnral la Havane,
pour faire une enqute au sujet de l'arrestation du
'citoyen' amricain Tol6n.
Le movement rpublicain gagne d'intensit
en Espagne; les rpublicains progressistes de Madrid
ont offert un banquet l'ex-capitaine Casero, et au-
quel ont assist de nombreux rvolutionnarrs,:qui
furent'longtemps proscrits pour le' soUlvement de
septembre.
L'agitation est trs grande dans toute la Pnin-
sule. A Gijn, notamment, la police a arrt de nom-
breux- citoyens accuss de ptopagande {rvolution-
riaire et de distribution: de. placrds attaquant lar-i
mee. :..
Barcelone, le journal El Regionalista a t
saisi pour s'itrt efforce d'.expliquer 'que mieux valait
les rformes accordes Cuba avant la guerre, que la
promesse d les accorder une fois'la mtropole et la
colonies ruines par la lutte engage.
Un soldat appartenant une famille distingue
' .de Zamora, ayant assist un banquet carliste cl-
S.br Arachando, ;a t dfr au conseil de guerre
Save cinq autres dans le.mme cas.
A.Madrid,des personnel au courant de la situa-
tion, affirment qu'en cas dei changei nt de minis-
:te, ce ne serait pas le Mr. Pidal qui serait appel
S':iriger le cabinet, mais que vu tes circonstances, il
est probable que le gouvernfrment serait mis entire
les mains de l'lment militaire.
A la frontire, les :dsetions'sont'si nombreuses
qu'elles donnent impression. d'n pays envahi; un
tlgramme de..Saint-SbaSti.n a agnqnce que, pour
les empcher, legQuvernementia d tablir de nou-
veaux postes de garden civil; inais,'malgr toutes
ces measures, il est impurissitf. .' enrayer le mouve-
ment qui s'est gnralisi sut' ,tdus les points et qui
serait hme trs activemegi f par des agencies
de dsertion.. A .Barcelore, i.nit~mment, la police a
dcouvert une agence clandestinen' qui traitait for-
fait avec les dsrteirs'et -ls'exSpdiait l'tranger,
soit direc'tement sur tMairseile, pari mer, soit sur Per-
pignan, par Bourg-Madame ou Cerbre. La pr-
sence d'un si grand nombre de dserteurs dans les
dpartements frontires ,proccupe au plus haut
point les autorits frangises. Cette situation anor-


male a dtermin .un abaissement du taux des sa-
laires.
-'Une active propaganda est faite auprs de ces
dserteurs par le parti rvolutionnaire espagnol, qui
distribue un placard rvolutionna.i grportan: po.ur
titre : A los desertores? et ,o il est dit que le
gouvernement espagnol, le clergy. l'aristocratie, la
Sbourgeoisie sont la cause des dirficulits terrible:
dans lesquelles se:dbat l'Espagne,'t que la carm-
pagne de Cuba n'est pas.faite dans un but patrio-
tique ni pour sauvegarder l'intgrit;de la..patri,
come le prtendent les.journaux stipendis. par le
gouvernement espagnol, mais pour enrichir une
bande d'exploiteurs.
Une srieuse mutinerie de volontaires espagnols
a eu lieu dans la garnison de la ferme La Esperania.
Ils ne veulent plus rester sous les armes s'ils ne re-
oivent pas leur solde. Ils vont tre jugs par un
conseil de guerre.
Le gnral Weyler a suspend la circulation
d l'ouvrage intitul' Annales de la Guerre Cuba.
Les dernires livraisons ont t saisies.
La police continue une active champagne centre
les socits secrtes de La Havane. Quatre vingt-
douze personnes'ont t mises en prison, et soixante-
deux individus ont t arrts ensuite. Ilest presque
certain que tous seront transports Fernando
P6o. L'avocat Pedro Becerra a t arrt et mis au
secret.
Les Cubains ont brl la ferme Santa Isabel
(Matanzas). Le propritaire, J. Valds, perd $225,000.
Dans la province de Matanzas, ils ont galement
brl la plantation La Vega, situe prs de Colon,
ainsi que la plantation de tabacs Reglita, dans la
mme province. Les pertes s'lvent cent cinquante
mille dollars. Dans la province de La Havane, ils
ont fait sauter le pont de Purita Brava.'
Les Cubains ont, de mrnme,.compltement d-
truit, au moyen de la dynamite, i.e magnifique point
.de fer qui traversait la rivire ,Pedrenales, prs de
Mangas, dans la province de Pinar del Rio: Un train
militaire, qui a't en parties dtruit 'Dagame, a d
rebrousser chemin vers Artemisa, dans. la. mme
province.
Le gnral Weyler doit donner l'ordre, la
press de Cuba, au dbut de la champagne d'hiver,
de ne. pas- publier d'autres nouvelles .qj..lles faits
divers- et les tlgrammes officials.
A Guanabacoa,,a t fusill un soldat nomm
Garcia, natifde Madrid, pour;-avoir tu le sergeit
de sa-compagnie. ..; .... ...
'En raison du grand ombree de Cubains d-
ports Fernando-Po, le gouvernement espagnol
est dans la ncessit d'augmenter les troupes de la
colonie de l'Afriqie ccii'dentale..--- ; i:
es.ubains. .rt .rttaqui le: pctitvifag d de
San Francisco de 'Paula, un des faubourgs de La
Havane: La garnisoti espignole, compose de 3oo
homes, a t faite prisonnitre et a t mise en
libert apr avoir t dsarme;" ;
--APassages (Gipzcoa),. au.momen; o-un-va-
peur franais, le Campinas, levait l'ancre, on s'aper-
ut que le navire avait son bord 40 dserteurs es-
pagnols. Les personnes-qui-se .trouvaient adressrent des reproches aux fuyards, les traitant
de mauvais patriots. Les dserteurs rpondirent par
les cris de: Mort l'Espagne! Le duc de T-
tuan, ministry des affaires trangres, a donn l'or-
dre,d'adresser une reclamation au capitaine du Cam-
pinas, son arrive La Corogne.
On rappelle que l'emprunt Rothschild a t
donn come une measure urgent pour se procurer
des fonds, et ne pas avoir augmenter la.ette flot-
tante, et aujo.urd'hui on augrmente cette mme4ette,
pour ai.- urner cette opration qui est vo.te depuis .un
mois, '
-.Ls nouvelles de La Havane reues New-York
donnent les Idtails de la sanglante dfaite inflige
par les Cubains. so:us les :ordres"di- gnral Maceo,
la semaine:passe, aux forces espagnoles comman-
des par le gnral Arolas, o ces dernires ont
perdu mille homess en. morts et blesss,. L'attaque
avait t soigneusement prpare pai le gnral. Ma-.
ceo. Elle a eu lieu, dans.la nuit, centre les Espagnols
camps la.Trocha, prs de la ville d'Artmisa. Le
gnral Maceo, en personnel, commandait les Cu-
bains. Plusieurs officers espagnols: ont t tus et.
le gnral Arolas a t bless. Les Cubains ont pris
six canons;- vingt millHe'cartouiches et cinq' cents
postes arms (stands et armes). Les forts de la Tro-
cha, sur une longue section, ont t ensuite dtruits
par la dynamite, sur l'ordre.du gnral Maceo.
D'autre part, le correspondent du Herald La
Havane, envoyant sa dpche par bateau Key West,
tlgraphie que les premiers'm0uvements du gnral
Weyler dans sa champagne, conue avec l'intention
de faire tomber, Maceo dans un pige, ont fini par un
avortement dsastreux. Lorsque le gnral Maceo
connut que les troupes espagnoles avaient reuI
l'ordre d le chasser de la province de Pinar del Rio,
il alla lu;-mme leu.r rencontre :-il attaqua en per-
sonne, la tte de ses troupes, les colonnes combi-
nes du gnral Melguizo et des colonels Francs et
Hernndez, dans les passes montagneuses de Pinar
del Rio. Une lutte dsespre corps corps s'en
suivit, mais le gnral Melguizo, qui, avait le com-
mandement en.chef, fut dfait successivement trois


fois et, aprs avoir subi des pertes pouvantables, iE
a battu en retraite vers la cte.
Pendant la bataille de Tunibar notamment,
l'jrtillere a jou un rle important. .tes ..net
diri.rniie des artilleurs espagnols Cni t tus .r
leurs pieces .par les Cubains, qui bnt donn lu-
sicurs a.iauts Iuirieu.. Des:deux c:ts, on a.tom-
baitu alec une grand braoure,et la lulte a Pris un
carjacti.e si jcharrie que pceque toues les bt'ssures
.ont t faites coups d machete et coups de
Sabre En mme temps, les Cubains sesont servis
de canons la dynamite qui ont caus.de terrible
ravages dans les rangs des troupes espagnoles.
Cinq trains charges de"fsoldats blesses sont ar-
rivs' LaHavane. Les habitants de cette ville sont
stupfaits du dsastre, que le gnral Weyler avait
annonc comme une victoire espagnole.

.,. .-- -. i.,,; ,.

REVOL UTION PHILIPPINE

Le gouvernement a ordonn le dpart imm-
diat de renforts d'artillerie pour les Philippines ; ces
renforts partiront le 30 septembre, au nombre de.
8,0oo hommes.
Le gnral Blanc.o a tlgraphi qu'il fait pro-
cder la saisie et vente des pprpits et rentes des.
personnel impliques dans l'irisurrection, pour en
appliquer le produit aux dpenses extraordinaires,
en accordant six jours pour la presentation de pro-
testations.
Dans les cercles: politiques de Madrid, on est
inquiet sur la situation, et.on se plaint vivement
du peu de dtails que communique le gnral
Blanco.
'-''Oi tl'gr'aphi'd c Singapour au Times: La
rvolte des Philippines prend, de .ilextepsion. Les
bands armies attaquent' les villas, o elles terrori-
sent les partisans.,du gou-ernement; elles disparais-
sent l'arrive des troupes et-reparaissent aprs leur
dp,art. Les insurgs occupent huit villages prs de
Ga'fte';'ils ont' n 'approi isionnement d'armes con-
sidrable et eh: attendant da antage encore.
L-s Ls fenimes indignes et les mtis font une sc-
tive propaganda pour la rebellion. Quelques-unes
ont pris part au feu. .. ... .
S On assure que le nombr dles rIolutionnaires
-:de Cavite s'lve r5,ooo. Les Philippines aitendent
.des armes de H6ng.Kong. Les :arrestautins conu-
nuent.-Les autorits ont dcouvert ds documents
.portant .l'n-tte I'Gouvernement Rpublicain des
Philippines';. :. .
Le gouvernement cherche cacher la gravit
de la situation ; mais il est dans la ncessit de faire
de nouveaux prparatifs pour..l'~n\oi de renforts.
C'est ainsi qu'il organise une batterie d'artillerie avec
des canons Krupp en acier.
Le gnral Sanchez Bregua, tudiant la.situa-
tion, rclame pour les Philippines un corps d'arme
perriahen't de dix mille homes.
Une dpche de Hong-Kong dit que les avant,.
posts ds insurgs entourent Manille et que Cavite
est toujours le centre de la rebellion. Douze cents
insurgs occupent le fort.
Les troupes espagnoles n'avanceront que lors-
qu'elles auront reu des renforts.
Une dpche officielle de Manille announce que
les insurgs ont essay de forcer la position de Ba-
tangas.
L'injurrection se propage dans la province de
Laguna. Le 5 octobre, .un nouveau .bataillonde caza-
dores partira de l'Espagne pour Manill..
Vu la gravit des:circonstances, le gouverne-
ment espagnol se voit dans, la ncessit de prparer
des renforts considrables et des important envois.
de matriel aux Philippines. Jusqu'ici, les dpenses
montent dj une vingtaine de millions.
Les autorits ont ..dcouvert des documents
portant l'en-tte: Gouvernement Rpublicain des
Philippines.
Le paquebot Isla de Parnay vient d'arriver
Barcelone ayant bord le prisonnier Rizal. Pendant
la traverse, il y a eu des dcs.
Le paquebot Coln a quitt Cadix, emmenant
I.5oo'soldats pour Manille.
Le gouvernement organise trois nouveaux ba-
taillons destins l'Archipel, sans computerr les ba-
taillons de volontaires.
4- Le -paquebot Catalunfa est- arriv Manille,
conduisant un bataillon d'infanterie de' marine.
Parmi les rvolutionnaires des Philippines se
trouvent plusieurs riches Espagnols appartenant
la haute socit de Manille, ainsi que des prtres et
des.officiers de l'arme hispano-philippine. L'im-
primerie du journal Diario de Manila t visite
par la police, bien que ce journal soit. partisan du
gouvernement espagnol.
-: L'opinion publique dans toute l'Espagne est
que l Rvolution philippiine et la Rvolution cu-
bain'e sont invincibles, et que le government sera
forc d'abandoniner brief dlai ces deux colonies.

L'Administrateur-Gdrant: FOURREAU.

TROYEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126-


C. i i




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