Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: September 24, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00037
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20o Ru:saint-,incent-de-Paul Ire Anne PARIS 24 Septermbre o896 No 36 ,et .-.... il
24Seteer iUn semestre, id. id .. Il fr. 11.50
ADRESSE TLGRAPHIQUEI: IL A OCA Un trimestre, id. id ... 6 fr. 6.50
S- A L'ITRANGER
n,:-o:- PAR.AIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance ........... 25fr.
--- Un semestre, id. id. .............13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NU3aRO....... O fr. 25


AVERTISSEMENT


Nous prions ceux de nos abonns don't
l'abonnement choit fin septembre, de vou-
loir bien nous faire parvenir, avant cette
date le montant de leur nouvel abonnement,
s'ils ne veulent prouver aucune interrup-
tion dans le service du journal.




LES RPUBLICAINS ESPAGNOLS


epuis longtemps les rpubli-
cains espagnols l'auraient eu
belle pour culbuter la mo-
narchie, si le parleientaris-
me ne les avait gts et sur-
'7:' B tout loigns d;es masses po-
S pulaires.
Comment! les cadres de
l'arme sont disloqus par les expeditions d'outre-
mer et les dsertions; les caisses de l'Etat sont vi-
des, la population regimbe et se cabre, manifeste,
se rvolte parfois ; les colonies prennent feu l'une
aprs. l'autre : tout craque, en un mot, dans la main
de Canovas; et les dmocrates de la pnipsule,
moins entreprenants que les carlistes, se contentment
de disserter.
Qu'attendent-ils donc?
Sans doute que le jeune bicycliste couronn
Alphonse numro XIII, leur remette les clefs du
Palacio Real, en les priant de s'y installer sa
place.
Les rpublicains espagnols, nous dit-on, nous
ne leur faisons point l'injure de comprendre parmi
eux le camlon Castelar sont avant tout patriots,
et ils ne veulent ni humilier leur pays ni porter at-
teinte son intgrit.
Reste savoir s'il est plus patriotique de laisser
mourir a'puisement complete la malheureuse Es-
pagne qui, force de saignes, n'a plus trois gouttes
de liquid rouge dans les veines,et d'attendre qu'elle
n'ait plus ni hommes, ni resources, ni credit, avant
de liquider la situation.
Le people lui, qui n'entend pas grand'shose aux
finasseries de la politique, mais qui sent le poids de
ses misres et se soulve, lorsque ce poids devient
par trop intolrable, a depuis longtemps, par des
manifestations et des meutes, affirm son intention
bien arrte de ne plus envoyer mourir ses fils
Cuba. Si les rpublicains attards qui n'ont su
prendre la tte du movement n'y entrent tout au
moins en queue, ils pseront d'un bien faible poids
le jour o' la masse, lasse d'tre mise en coupe r-
gle au profit d'une clique de spculateurs et de
courtisans, signifiera ex-abrupto ses matfes sa
volont de transformer de fond en comble le vieil
'ordre politique et social.
Cosmo.


..-.. *.


UNE CALOMNIE ESPAGNOLE
LETTRE DU GNRAL MACEO

11 y a quelques semaines, une lettre, de fabrique madrilne, tait colporte dans les journaux eui'o-
pens. Il s'agissait de tromper le public afin de crer un courant d'opinion de mpris et de rpulsion
contre le systme de guerre adopt par les Cubains. Dans cette lettre attribue au gnral Maceo -
on montrait le gnral en chef de l'arme cubaine come un anarchiste sans retenue, conseillant
l'incendie et l'assassinat comme le faisait le cur espagnol de Santa Cruz pendant la dernire guerre
carliste.
Bien que cette maneuvre n'ait repos sur autre chose que sur une infme calomnie, mritant tout
au plus le mpris avec lequel nous l'avons traite, nous profitons aujourd'hui de l'occasion qui nous est
offerte de reproduire pour nos lecteurs une lettre autographe du gnral Maceo, adresse un journal
de New-York. On pourra connatre ainsi les vritables principles sur lesquels s'appuie la politique du
brave gnral Cubais, lesquels sont exactement ceux de notre gouvernement.
Voici la lettre:



yV 4 44&-- -e -i



^ct^ /aPt4 A'is^' dde C4LAl cA


ee.r. ~ ~ ~ /C-4d ~ ~?.e.. f


~-" d~ cr~Auc
c~~e ~ -""-





e i- c4 du~oe.~'e- -






LLd ~iie~e~


TRADUCTION

Je ne voudrais pas que nos voisins eussent a
verser leur sang pour notre libert. Nous nous
suffirons nous-mmes si, dans le droit des gens,
nous pouvons trouver tous les lments don't
nous avons besoin pour chasser de Cuba le hon-
teux pouvoir de l'Espagne en'Amrique. Ma
seule preoccupation est pour les victims que
font les Espagnols et pour les pauvres et inno-
centes families qu'ils assassinent tous les jours.
Plaise a Dieu que sur ce point les Amricains
emploient leurs bons offices, afin que la bte fauve
espagnole cesse de massacrer des gens sans d-
fense que par humanity doivent protger tous
les pays civiliss, toutes les nations intresses
au progrs moral et matriel des peuples.
A. Maceo.


*


COM1T FRANAIS DE CUBA LIBRE

Nous recevons du Comit Franais la commu-
nication suivante :
Pour faire suite a notre prcdente liste, nous
avons reu les adhsions de :
MM. Severiano-de Hrdia, ancien ministry;
Gaston Arbouin, directeur du Petit Troyen ;
Jules Le Teurtois, directeur de la Gaette Bar-
naise;
Augusto Crotti, correspondent Paris de L'Ita-
lia del Popolo;
Flicien Court, rdacteur L'Avenir de Foix.
Le Comit Fran-ais de Cuba Libre envoie son
fraternel salut tous les Clubs et Comits rvo-
lutionnaires Cubains d'Europe et d'Amrique.
Le Secrtaire,
SAchille Steens.




DEBARQUEMENT
DU GNRAL RIUS RIVERA
AGITATION A ORAN

Pour complter la nouvelle donne dans notre
prcdent numro, disons que la vaillante exp-
dition du gnral Juan Rius Rivera a heureuse-
ment dbarqu sur les ctes de Pinar del Rio, o
elle tait attendue par des forces du gnral
Maceo.
L'expdition tait dirige par le Dr Joaquin
Castillo y Duany, sous-dlgu de la Rpublique
de Cuba a 'tranger. Le commandement mili-
taire avait t confi au brave vtran .de Porto-
Rico, le gnral Rfus Rivera.
La parties principal du chargement tait com-
pose de :
1 canon la dynamite du dernier systme.
1,017 fusils Winchester.
2,000 livres de dynamite..
460,000 cartouches.
Enfin une grande quantit de machetes, re-
volvers, uniforms, remdes, chaussures, cha-
peaux, etc.
Voici la liste des expditionnaires qui accom-
pagnaient le gnral Rius Rivera :
Alvira Epifanio (de Porto-Rico).
Blanco, J.-F.
Conroy, J.-F.; Coceus, Nicolas; Constantinowich,
Eustache.
Delgado Enrique filss de M. Joaquin Del-
gado, riche propritaire foncier de Matanzas, mort
Saint-Domingue); Drew, John (artilleur amri-
cain).
Fernandez Chacn, Salvador.
Gmez, Francisco filss du gnral en chef de l'ar-
me Cubaine); -Garcia, Prspero; Garcia, J.-M.;
Gray Lee (artilleur amrain); Gimnez, Augustin.
Hugo, Ernest (sergent).
Laborderie, Ren (sergent).
Marti, Raul (commandant, El Inglesito); Marti-
nez Alonzo; E. Mombrun, Honorato; Morales,
Francisco.
Quintan Arturo.
Rockwell, Chas.
Salas, Csar (capitaine); Sauter, J.-C. (artilleur
amricain); Sini6 Luis; Soto, Donato (capitaine);
Strelzow, Peter.
Velazco y Almansa, Anselmo; Villalon y Snchez,
Jos Ram6n (ingnieur).
Weys, C.-F. (artilleur amricain).
Zero, Enrique.
Nous n'avons pas besoin de signaler nos
compatriotes l'importance de ce nouveau dbar-
quement qui, par lui-mme, reprsente la vic-
toire complete dans une srie de batailles. Il est
galement inutile de faire ressortir les bons r-
sultats par lesquels sont couronns les efforts de
nos compatriotes, lesquels, leur heure et sans
aucune excitation, contribuent, par leur appui,
n assurer la victoire definitive de notre cause.
La ralit est la meilleure des demonstrations.
Elle devient vidente une fois de plus, dans le
nouveau dbarquement qui vient de s'oprer de
de si heureuse faon.

Un tlgramme d'Espagne announce que la po-
lice d'Oran s'est empare d'un dpt contenant
372,000 cartouches de fusils. Ces munitions
taient, croit-on, destines aux kabyles, qui son-
geraient attaquer Ceuta et Melilla. L'agitation
est grande Oran.
..^ ^*


*


Qtl





LA REPUBLIQUE CGAINE


24 SEPTEMBRE 1M96."


LA LUTTE CUBAINE
Du Times


Des intressantes lettres envoyes'de Cuba au
Timg, (le'l juilleg et l li et iO at, nqs
exkayons es pasage,'suivan:s :.
J'ai eu cemnrgnt, Jit I. co: r .:p:.rijdnt au Time.s'
.:a dat ,du Il uIb:T un- I.:.gu.,: n .:,n; ri .it;r;.n aye..
y sifde t iAt gsrp qui vient i'rriner t La H
..1 ap.r: i n.int de g p.agg dagi~ 1t.4 .rovi W '
de'Pcn r del Rio. La relation.faite par. cet urimier
corrobore en dtail les informations continues
dans mes prcdentes lettres, relativement la situa-
tion des districts ruraux. Mon ami me fit le tableau
du pays, depuis les lignes espagnoles jusqu'au cap
de San Antonio (i). Cette contre resemble abso-
lument un dsert, les villes sont brles jus-
qu'aux foundations et tous les tablissemerits
agricoles sont dtruits (the. villages burned to
the ground and every plantation and farm des-
troyed.)
C'est ce que, au nom de ses compatriotes, les Fla-
mands, jura de faire aux Pays-Bas Guillaume
d'Orange, dit le Silencieux, dans une lettre au bar-
bare Philippe II d'Espagne (2). L'officier me dpei-
gnit les habitants couverts de vtements en lambeaux
et, parfois, nus. Les vivres sont rares partout et
beaucoup de personnel meurent de faim (in a star-
ving condition). Il m'affirma que les rebelles se
trouvaient dans tous les trous, dans tous les
recei .s, du pays (every hole and corner of the
country) et qu'ils enlvent tous les troupeaux
ncessaires la.subsistance (3). Je demandai
mon ami pourquoi on n'envoyait pas un plus grand
nombre, d'lhori rin-ie dans cette province afin de 'ep-
leyer aux rebelles? Il me rpondit que cela tait,
pour le moment, impossible, les rivires et les
ruisseaux n'tant pas guables cause des pluies.

40,000 soldats espagnols malades.
Les aveux d'un officer suprieur
espagnol.
Parlant d'une faon gnrale avec le dit officer,
je lui demandai pourquoi il semblait exister toujours
quelque difficult invincible quand il s'agissait de
runir un corps de troupes plus important afin
d'attaquer activement les rebelles. Il me rpondit
qu'actuellement 25 0/0 des soldats espagnols
Cuba se trouvaient sur la liste des malades
ou des non-valeurs. J'acceptai cette assertion
comme une exception, et je fis ressortir qu'elle ne
concordait pas avec les rapports officials sur la sant
de l'arme. Mon ami, cependant, m'affirma qu'il
n'avait dit que la vrit, et il est certain qu'en sa
quality d'officier suprieur (senior officer), il est en
situation de connatre le vritable tat des choses. Je
suis convaincu que c'est l la seule cause pour la-
quelle on ne peut jamais disposer d'un grand nom-
bre de soldats pour oprer avec activity dans les
provinces du centre contre les forces importantes
(strong forces) des rebelles dans les provinces
de La Havane, de Matanzas et de Santa Clara.
Cette proportion de 25 o/o sur la liste des malades
signifie 40,000 soldats inaptes au service. -
Terrible dpense pour l'Espagne et lourd obs-
tacle (handicap) pour le gnral en chef.

Diminution de'la production du sucre,
de 18 0/0 2 0/0 du total uni-
versel.

Indpendamment de la revolution, la principal
industries cubaine, la culture de la canne et la fabri-
cation du sucre, se trouve dans' une situation dses-
pre. En 1894, la production total du sucre fit de
8,1oo,ooo tonnes, c'est--dire :
4,975,000 tonnes de betterave.
3,125,000 tonnes de canne.
Cuba produisait le 15 o/o de ce total (soit le tiers
du sucre de canne produit dans le monde). En 1896,
Cuba, dans la rcolte qui vient d'tre .value, ne fi-
gure plus que. pour 200,000 tonnes, c'est--dire 2 o/o
de la production d monde. Il.semblerait trs natu-
rel de supposed que l.prix du sucre devrait monter
par suite de cette diminution dans la production
cubaine. Mais ce. rsultat ne s'est pas produit. Le
sucre est cette heure plus bas. prix que lorsque
les fabriques de sucre taient:en pleine activity. La
cause-de cet trange' tat de choses se trouve dans
l'augmentation de production des sucres de betterave
sous le bounty fed systems en vogue sur le continent
eropen. A Cuba, le cot moyen de production est
de 9 lives par tonne. inclus les frais jusqu' l'em-
barquement. La valeur actuelle sur place, La Ha-
vane, est un peu moins de 9 livres par tonne.
C'est pour cela que la situation du fabricant de
sucre est dsespre. Si, en temps de paix absolute
les fabriques de sucre ne donnent pas de rsul-
tat, qu'en peut-on attendre dans les circonstan-
ces actuelles ?

(1) C'est--dire toute la Vuelta Abajo o se rcolte
un tabac renomm. N. de la R.
(2) Voir Motley. The Rising of the Dutch Repu-
blic. Edition Routdlege, vol. Il, page 416. N'. de
la R.
(3) Que restera-t-il pour les Espagnols? N. de
la R.


Mcontentement dans l'arme. O Q -;,
tre mois et demi sans solde. iRe.
arme afiame.
Le i" a,o ledit correspgndani ,anglais crivait les
lignes sui. a ri t.- :
~ Un grandmcontentement existe aussi bien chess
le odi0c-i que chez les soldats cause de l'irrgu-.
larig avec laquelle on les paie. Il y a, "l-cur a,-
tqelle (i' aot) 4 moist et demi que leur solde ne
er a pas t. rgle. On leur doit, en f'r.:, la.,dOr-
.niiri- quinrznIr de .ars, Sti l'air..c tait atiryenenpl
enyle^Qyg en tra-vaU,- d campagne et L.umfijnimr
Srationne, cette question du paiement rgulier n'au-
rait pas une grande importance. Mais les circons-
tances actuelles exigent que les soldats possdent
l'argent qu'on leur doit. Sur beaucoup de points
de l'le les rations sont services de la faon la
plus irrgulire et, en outre, en quantity si
infime que le soldat se trouve dans la ncessit
d'augmenter sa ration en achetant des vivres
avec ses propres deniers. Sans argent, il lui est
impossible de se procurer des aliments par les
moyens lgitimes. Mais comme le soldat ne saurait
avoir faim quand iI existe des vivres dans le voisi-
nage, il prend ce qui lui tombe sous la main sans
demander la permission au propritaire (r). De l
les nombreuses plaintes relatives des dprdations
commises.

Impuissance espagnole.- Les Cubainss
conservent leurs positions. Une
intervention sera-t-elle nicessaire.
A une date encore plus. rcente, le, 2.. ~o ot,
M. Charles Akers, l'intelligent cprrespopdant du
Times, crit ce qui suit :
Ceux qui attendent anxieusement une solution
du conflict cubain doivent s'armer de patience. Cette
solution n'apparat pas encore dans le lointain. Elle
ne semble pas devoir arriver un rsultat dfinitif
(climax) dans un avenir prochain, si l'on doit lajs-
ser les Espagnols et les Cubains rgler ensemble
leur diffrend (2). Les Cubains ne montrent, pas la
moindre tendance a entrer dans la voie d'une ren-
contre gnrale et decisive avec les forces espa-
gnoles (3). Les Espagnols se sont montrs jusqu' ce
moment impuissants (lacking in.power) obliger
leurs ennemis lutter ou abandonner les pro-
vinces occidentales (Pinar del Rio et La Havane).
L'tat actuel de la revolution ne doit donc tre tabli
que par la position gnrale des deux adversaires de
temps autre. Il est ncessaire d'examiner priodi-
quement les rsultats de quelques mois, afin de voir
o a eu lieu une march en avant ou un recul, et
qui, des deux combatants appartient, l'avantage.
Pendant quatre mois j'ai observ avec soin les v-
nements passs et la conclusion la plus sage laquelle
je suis arriv aprs mre rflexion, est que les rebelles
ont conserv leurs positions contre les troupes
(espagnoles) malgr des pertes comme celle de Jos
Maceo le frre du gnral cubain Antonio Maceo
- Santiago, et celle du D' Juan B. Zayas La Ha-
vane.

A 20 miles de la Havane. Droute
de1 Espagnols. Notre pain de
chaque jour.
Les districts agricoles qui font la richesse de Cuba
sont compltement au pouvoir des rebelles de-
puis environ trois mois. Les Espagnols sont im-
puissants balayer les forces cubaines de la petite
province de la Havane. A chaque instant une ren-
contre trs vive a lieu quelques miles de cette ville
(La Havane). Un certain nombre de rebelles ont t
tus mais rien n'est change la situation en g-
nral.
Il y a trois jours, une rencontre s'est produite
vingt miles de La Havane, San Jos de los Lajas.
Une colonne de mille Espagnols tait en march sur
la route (4). Une colonne cubaine marchait de son
ct quelques miles de distance. En l'endroit o
les deux chemins se rejoignent les deux troupes se
rencontrrent. Les rebelles chargrent et enfon-
crent les lignes espagnoles, pregnant immdia-
tement position sur un terrain lev l'arrire-garde
des troupes. (De sorte qu'ils durent couper compl-
tement les dites lignes). Les Espagnols essayrent
de les dloger sans y russir. Finalement, ils
battirent en retraite avec deux officers et six
homes tus et huit blesss. De pareilles rencon-
tres sont le type du systme de guerre employ
Cuba. Partout il ne s'agit que d'une succession de
batailles de guerrillas, sans aucun espoir d'une ac-
tion decisive susceptible de faire pencher la balance
d'un ct ou de l'autre.

Vritable tat de guerre. Cuba tout
entire contre l'Espagne.- PaJysans
come habitants des villes.
Les paysans sont toujours disposs indiquer
aux Cubains les movements des troupes espagnoles,


(1) Faon anglaise de dire dlicatement qu'on vole.
Il imported de le signaler afin que les Espagnols le
sachent. N. de la R.
(2) Est-ce que cela n'est pas une invite l'inter-
vention d'autres puissances ? N. de la R.
(3) Parce que c'est la tactique de notre guerre. -
N. de la R.
(4) Il existed entire les deux villes un chemin splen-
dide sur lequel passent les voitures. N. de la R.


li Ad;i qu. lorsqu'on les questionne au sujet de l'en-
dr:.' i . trouve l'ennemi, ils prtendent l'ignorer
,ju don o.:ri des indications inexactes (i). En outre,
c'est par Les paysans que les C-jbin, b.l-.i;inn .
leurs provisions de vivres et de iCtei..rt. provi-
sions que les, Ejnagnols ont ~t im issant,s~
supprimer mg gr tous 1s efforts, qu'il# on
fats pour y parvenir (2).
Etce n'estpas seulement dans c.: di:i.i;. rurag;u
que les rebelles trguvent.une p phiey smr a .hie boge@.
a~ps tot, s, ,s villes, da, tous les villages
important, dOe clubs rvolutionnaires rienoeu
des rinip4s ek, reeueileAt, des .$;a., pour la.
rebelaHon. De ces centres on envoie aux chefs 'cu-
bainrs d.: nouvelles sur les movements des troupes
.gur les actes du Gouvernement, de faon ce que
ceux-ci se servent de ces renseignements pour for-
mer leurs plans. L'Espagne nie que l'tat de guerre
existe Cuba. Cela peut tre vrai thoriquement,
mais dans la pratique, l'assertion est absolument er-
rone. Au moment mme o un Espagnol pose
le pied dans l'le, il se trouve en pays ennemi.
(The instant a spaniard vets foot in the island he is
in hostile country). La ville de La Havane, elle-
mme, plus espagnole que n'importe quelle autre
cit ou,.que n'importe 'quel autre district de l'ile, est
imprgne d'animosit contre le Gouvernement Es-
pagnol. Bien mieux, elle est un foyer d'intrigues
pour ceux qui sont toujours disposs aider dans
l'ombre tout complot ayant pour but de favoriser la
Revolution.

L'impossibilit absolue dans laquelle nous nous
trouvons, de publier tout ce que content d'irtiri.-
sant la lettre du correspondent du Times, nous
oblige renvoyer le reste de cette correspondence
notre prochain numro.
Les extraits qui prcdent permettent 4e se rendre
compete de l'importance des forces cbaines et 4e
l'iiipu: jan.r: des E.p.inria:l. avoir raison de, la.re-
bellion. L'Espagne, ignorante comme toujours, ne
veut pas comprendre qu'il est i.nutil.e de lutter contre
tout un people. Elle fera couler inutilement flot le
sang innocent pour en arriver quitter Cuba,
comme elle est parties de partout o elle avait pos le
pied, maudite par lHumanit entire. Et elle aura
encore 'audace de rpter, comme le pervers Juan
de Vargas, au sujet de l'administration du sangui-
naire D. Fernando Alvarez de Tolde, duc d'Albe,
que son extreme misricorde nimia misericordia
- a t la cause de sa ruine. Oui, tous les jours les
journaux espagnols rptent, au sujet de l'adminis-
tra.tion et de la politique espagnoles Cuba, ce que
ledit buveur de sang human disait son froce su-
prieur h-', ir-Lb.qt. le duc d'Albe, tristement c-
lbre.
Erm ita ino.



CAPITALISTES, ATTENTION!


Du Bulletin Of/iciel du Syndicat Gnral des
Porteurs de Titres, numro du 10 septembre
1896 :
Qu'est-ce que le gouvernement espagnol rclame
des Compagnies?
Un milliard prendre en France.
Qu'est-ce qu'il leur donne en retour?
L'autorisation de modifier les conditions de leurs
emprunts, d'en prolonger la dure et, cela va de soi,
de stipuler que les intrts seront pays en monnaie
national dprcie de ao o/o.
Voil ce que veut dire la loi de septembre, ou bien
alors elle n'a aucun sens.
Capitalistes franais, on a construit les chemins
de fer espagnols avec votre seul argent. Aujourd'hui
on vous dpouille et l'on prtend que vous donnerez
encore un milliard.
Ne protestere--voos pas ?
Nous pensions, comme notre confrre, que le
public franais a acquis suffisamment d'exp-
rience dans ces sortes d'affaires, plus ou moins
douteuses, oi il donne toujours son argent. Pa-
nama n'est pas si profondment enterr qu'il ne
senate encore le mort...


FOUS ET COQUINS


Un spectacle, la.fois amusant et triste, est celui
qui nous est donn par la monarchie espagnole
dans la guerre au couteau entreprise contre les Cu-
bains, qu'elle voudrait soumettre, ou rduire de
gants. qu'ils sont en petits atomes; aprs quoi
seulement, M. Canovas del Castillo pourrait ra-

(i) En agissant ainsi, ils se comportent simplement
come de bons patriots contre le despotisme lgen-
daire espagnol. On n'est pas vainqueur d'un people
comme le people cubain qui veut tre libre.- N. de
la R.
(2) Les efforts don't parle le correspondent sont
les condamnations mort et les cruauts sans nom-
bre don't l'histoire de la domination espagnole, quel
que soit le lieu o elle a exist, a laiss des signes
palpables. Le prtre, le torero et le bourreau, telle
est la triste trinit que l'Espagne, comme emblme
du Progrs, a promene de par le monde. N. de
la R.


liser son rve d'tre un grand home, ncessaire
son pays.
S'il est vrai qu'il y a un trs gri-ad lCubr: ..lt
f..-u qui se prominent ii-.rm.:i-ni. .ii is lei ruesis 4 '
H Iles et des capitals, je ne saurai: Ir.:.p 'ri.:A .Ir n
gardle.ls -"pu! ].1; r- de Madrid et d: r.-.uic. I I'-
pags e c9ntre:,l premier ministry d'Alf,oso, qu me
parait -. ainsi qu'.tout le monde .,ein. du la
plus cdangeieuse des folies: celle des iril.:.nl..
SCet, totinnt: iinistre, qui promne sesg, qdats,
ses, marines travers les ocans, en qute d- mani-
festatiois sympathiques, au bout desquestes il es-
pre, tout.coTmme un vulgaire Tiapeur >,- nous
vider les porches pour remplir, les sig.les, ce mi-
nist:-.. qui ne J..ct que pour rver de millions, et qui
ne ?.ii, q.u p., r nous les emprunter, seule fin
d'armer les pauvres de son pays contre les Cubains,
leurs amis et leurs frres, appartient la pathologie
criminelle, et forme, avec Crispi, un joli couple,.bon
enfermer en attendant que Lambraso ait statu sur
leur cas qui, htons-nous de le dire est le
.mme, car l'un fut ministry d'Italie et a dj son
actif des milliers d'hommes assassins, et l'autre
'tant encore en profit pour en faire autant.
Ainsi, un ouvrier, confiant dans. ls resources
que lui procure son travail, resources moins pro-
blmatiques que celles don't dispose Canovas qui
aurait la vellit d'aller emprunter mille francs
Rothschild, se ferait immdiatement arrter pour-
tre conduit ensuite l'infirmerie du dpt en vue
de subir un examen sur son tat.mental.
Et bien! M: Canovas, premier ministry d'une mo-
narchie en faillite, et grant de la 'fortune d'lfonso,
qui se chiffre par o + o, et de la dette la plus con-
sidrable, de toutes celles des pays monarchiques,.
a le cynisme ou l'iconscience de vouloir emprunter
un milliard, quite accepted 5oo nii;li;.:,r.. il.--.:iu-
ment de la mme faon que cet ami de rencontre
qui vous emprunte un. louis et.se content de 50
centimes!
Tout cela, c'est de la dmence pure, qu'en dites-
vous, Espagnols qui la subissez? En voyant cet
trange homme d'Etat se dbattre, s'aplatir devant
tout le monde inutilement, pour-arriver dompter
l'nergie et. la vaillance des hros cubains, on est
pris de piti.....!, Mais si 'Canovas est un incops-
cient, ces, jurnalistes qui se font recevoir , Gnes
par la police, charge par le maire (autre policies)
de les acclamer, sont des couards don't le mtier
consiste frapper souvent au guichet des fonds
secrets.
Crotti Augusto.

_----------*~--------- *

D'APRS NATURE


Du Rpublicain de l'Est:
Savez-vous, dfenseurs du gouvernement actuel,
qu'il y a en Espagne des homes, des pres, des
enfants qui, encore aujourd'hui, ne, se nourrissent
que d'herbes, presque comme des animaux? savez-
vous que les pauvres sont enterrs tout nus, sans
cercueil ? savez-vous qu'il y a.des curs de village qui
prtent leur argent des taux. usugrires qui font.
frmir, et cela leurs pauvres ouailles? C'est l'au-
mne Savez-vous qu'il y a des matres d'cole qui,
depuis dix ans, n'ont pas touch un sou de rtribu-
tion, qui vivent de, la charit de quelques habitants
du village aussi pauvres qu'eux? Mais aussi, savez-
vous que des courses de taureaux et des novillos,
on en donnera autant que l'on pourra? Pourquoi ?
Parce qu'avec les maities d'cole le people ouvrirait
les yeux, tandis qu'avec des courses de taureux, il
s'abrutit et son intelligence descend au niveau de la
bte.
Il- n'tait nul besoin de Cuba, des Philippines
et de Porto-Rico pour achever l'oeuvre de la gan-
grne qui ronge. le vieux corps vermoulu, de
l'Espagneagpnisapter... Capitalistes, voil la ga-
rantie !...

*------**< ~-------

UNE RPONSE


Aprs le Ijeraldo de Madrid qui lui a consa-
cr deux notes. successives, voici La Correspon-
dencia de Valencia qui sale la naissance du
Comit Fri D.ai, de CubaL.ibre sous la dnomina-
tion trs honorable pour lui de Comit flibustier.
Nous relverions peut-tre quelques erreurs
dans l'entrefilet de La Correspondencia qui nous
concern; par example, lorsque notre confrre,
plaant deux tAtes sous le mme bonnet, apprend
ses lecteurs que nos amis Bernard-Lazare et
Lopold Lacour ne sont, en bons frres siamois,
qu'un seul membre du Comit. C'est sans doute
de cette faon par trop succincte que sont libel-
les les dpches que le government espagnol
lance aux journaux franais pour leur annoncer
ses victoires: deux Espagnols tus font un Cu-
bain hors de combat.
La Epoca, revenant sur la naissance du Co-
mit Franais, donne de sa frule au HIeraldo de
Madrid qui, dans une note humoristique, plai-
sante 1' Or flibustier . La preuve de son im-


---~


... . iV .






2-4S E PTENi B R E iE .


LA RPUBLIQUE CUBAINE


portance, dit le journal de M. Cinon'-i, est: qu'il
a servi la foundation de ce oiit quini 'rtmit'
nautour de Rochefort un group de dcla.sss. 0
Iferaldo! soupire encore l dcsole Epoca, vous
reviendrez de votre erreur quand l'or flibustier
aura donn,quelque nouvelle preuve de sa vita-
ilit.
Que La Epoca se rassure, l'or flibustier n'est
pour rien dans la foundation :de notre Comit.
La pratique des proods espagnols trouble La
Epoca et lui fait voir des hommes vendre par-
tout. Quant l'appellation de declasse's qu'elle
nous octroie, nous sommes, les uns et les autres,
en trop bonne compagnie potr nous en forma-
liser.
A. S.
*------- .------ ,





Nous lisons dans le Journal 'al'ygine :
C'est avec un profound sentiment de tristesse que
nous empruntons La Gaceta Medica Cat/alana
quelques donnes sur la situation actuelle de l'ile de
Cuba, et en particulier sur La. Havane, sa capital .
L'article est sign du nom trs honor du D' Ra-,
phal Rodriguez Mndez,, et les rflexions qui. le
,compltent ont t inspires notre collgue et ami
le D' Btancs par un patriotism qui impose le res-
pect et l'admiration.
Pour ce qui concern, dans le plus bref dlai pos-
'sible, l'intervention et la mise en oeuvre de' LA Caoix
ROUGE, nous nous joignons de grand coeur i tous
nos confrres d'Espagne pour que, dans les lamen-
tables pripties de cette guerre fratricide, son noble
drapeau flotte librement au, milieu des blesss. et
des malades.
La Croix Rouge tant, en Europe,, l'image incar-
ne du Progrs humanitaire et social, il faut que son
prestige et sa bienfaisante influence s'exercent de
.mme au del. de l'Atlantique.

I
Je dois un distingu mdecin de Cuba, don't
Tamiti nmhonore, crit le D' Rodriguez. Mrndez, les
,donnes suivantes au sujet de l'ile en gnral, et sur-
tout de La Havane :
Milieu cosmique. Le thermomtre ne descend
pas au-dessous de 29",et ne. dpasse pas 33"; mais la
,chaleur est suffocante cause.de l'excessive humi-
:dit qu'augmentent des pluies torrentielles (1).
La capital, comme beaucoup dautres villes, est
toujours un modle d'imperfections hyginiques. La
,clbre trocha linee de grands fosss fortifis) tra-
verse 'ile du Nord au Sud en. passant par des con-
ires couvertes de marais aux effluves mortelles. La
rcolte du sucre et du caf n'a pas t faite.
Milieu human. La misre rgne sur tout le
territoire. La concentration dis campagnards dans
,de mauvaises conditions a, augment l'agglomra-
tion sur un petit space. En certain points,, c'est un
Svritable encombrement. Les magasins sont dserts,
-et les thtres en faillite (2). Souvent le soldat
mange mal, et apaise sa soif avec des eaux infectes,
Confluence. Le paludisme s'tend partout et
svit surtout' la trocha, qui envoie chaque jour
cette- capital vingt-cinq, ou trente malades pris de
fivres ou d'autres infections analogues. La fivre
typhode et la dyssenterie. existent partout o il y a
des hpitaux, La variole a. envahi tout le pays, et
elle est frquente La Havane. La fivre jaune fait
de grands ravages surtout parmi, les soldats non ac-
climats. Les hpitaux, surtout ceux de la capital,
regorgent de malades. La mortality est norme; les
enfants succombent par troupes.
Rflexions. I' La meilleure preuve d'atavisme
'que puissent donner 1,es hommes dans les' temps
presents, c'est la guerre. Ils s'gorgent les uns les
autres,.comme si les maladies ne faisaient pas assez
de victims.
2" Le mdecin est un de ceux qui profitent le
:moins des calamits publiques; il travaille avec.
-excs, sans rmunration.
3" Les peoples appels cultivs, les civiliss, ceux
qui professent, le Christianisme, ceux qui se donnent
pour modles, ceux qui. ont promise de remplir le
cinquime commandement de Dieu, se.conduisent
come des sausages, comme des hrtiques, come
des rprouvs,.et ils tuent. Toujours Can et Abel.
Maudits soient ceux qui ont provoqu et ceux qui
continent le carnage I

IIl
Pour complter ces observations, nous dit le
D' Btancs, il faut y ajouter des faits.
Or, en temps de paix, l'arme espagnole.perdait
Cba huit hommes sur cent par an; en temps de
guerre, elle en perd trente-cinq quarante sur cent.
Depuis un an etdemi, l'Espagne a perdu cinquante-


(i) Cette temperature est,.celle, de, la, saison, des,
pluies, du mois de mai au mois d'octobre. Dans la
saison sche, le thermomtre descend souvent 12'
au-dessus de zro. -'N. de l'A.
(2) La Reovista de Sciencias ldicas, de notre
distingu' confrre, le D' Martinez, publication, au grand detriment de la science et de
la.profession mdicale. N. de l'A.


deux mille hoinmes sur'cent trente mille. L'encom-
britieft, le climat, les mauvaises conditions hygi-
rl4yq4sts' it' re.dui plus ur- 'piddmies la fois de
fi,Vre iune. de dyssheteiie, de fievres -paludennes,
t la variole ioire, transported d'Espagne par des
soldats non vaccins, est venue se joindre aux autres
flaux. Aussi les hpitaux sont-ils remplis de ma-
lades. A. La Havane, on transform en hpitaux
I'Universt'-;'le grand tablissenhnt 'de bienfaisance,
la'Maternit, et l'on songe la transformation des
glises pour recevoir imalads'et blesss, tous Espa-
gnols. Je ne parle pas des Cubains, que l'on fnas-
sacre et que' l'on brle sias piti dans leurs hpitaux,
si on les dcouvre. On tue la fois les malades; les
ti'dedciis et le inrfirinites. La'GCroix ouge n'y est
pis tolie.
A Cbloni, ;ille J. I'ifitrtiu trs saine, i fi'ry'avait
qu'un'hpital, presqtie tolujours vide. Aajot:rd'hui,,
it y en - trente et il n'y - pas ssez de p'l'aces.
D'aprs les j'ourriaux de Madrid, on peut computer
aujourd"'htii, dans toute l'ile, seize mill .homrmes
eiltasss dans les li/pit:~ui des villes.
J'ai dit que, depuis le comimnceieent de la-guerre
(24 fvrier i895j, les Espgndls ont perdu cinquante
mille homes. Les Cubairis en ont perdu tout au-
tant.
Dr J.-J. Cyirnos:

--~------^,- D-i------

PERTES DE L'ARMI, ESPAGNOLE
Cuba


Du 1er mars aui 28- janvier 1896, 98,900 sol-
dats ont dbarqu' Cuba sous les otdres de
.MairtinezCiampos. Du 12 fvrier au 30'juin i1896,
Weyler reut 7,500 homes de plus. Soit, avec
les 9,000 soldats qui se trouvaient C Cuba,
126,400 hommes auxquels-il faut ajouter encore
quatre bataillons organiss, des guerrillas, des
volontaies et :autres, ce qui. fait un total de
1i4,5o00 homnmes.
D ce chifre,' i: faut extraire 2,600-hommes
reni ys ddrisi la pninsu:le cditme hialades o
n'w--valurs', et 33,000' holmmes tus -par les m'a-
ladies ouupar ls ballles, total': 35,600.
Avec l'es 40,000 homes que Weyler demiande,
il y aura dans l'lIe une arme de 118;900
homes, laquelle ne servira, en fin de compete,
qu' i mettre deux- choses en. evidence : son im-
puissance avoir raison de la Rvolution, et
l'insigne incapacit de ses gnraux. La France,
avec 25,000 hommes, russit s'emparer en six
mois du royaume de Madagascar. L'Espagne,
avecune arme quatre fois suprieure, esti a Cuba
dans une situation pire que' lorsque le movement
clata.



LETTRE D:'ITALIE

M'. le Directeur de La Ripublique Chbaine,
Paris.
Florence, i5 septembre 1895.
Je me suis trouv l'autre jour avec mes confrres
italiens, l'arrive'dans le port de Gnes, des perio-
dsta~'espagnols.
A vous le dire franchement, ce n'tait pas la'peine
de se dranger pour assister leur dbarquemett;
tant m'a parue grande l'indiffrence du people
leur gard ; car, ,malgr les pressants appeals de la
press locale et des autorits pour chaufler'l'enthou-
siasme, les journalists espagnols n'ont' t reus
que par des bandes de ;.:lii.c:r;, auxquels s'taient'
joints le conseil municipal, le maire et toute'la'mUte'
fond-secrtire.:
Si ces'messieurs ont cru voir dans' les rares vivats
qui ont clat parmi la foule, une manifestation
sympathique et, spontane' du' people italien; je re-
grette profondment de leur enlever cette illusion,
en leur disant qu'ils se sont tromps, de mme qu'ils
se trompent s'ils croienttcompter sur son alliance et
sur sa bourse, pour se procurer des armes et s'en
servir contre les Cubains.
Les Italiens, franchement amis de *"F-pa.Cii.: pro-
fessent une rpugnance marque pour. ces voyageurs
officials,, expressment charges d'une mission peu
delicate et sans dignity, car ils savent que ce n'est
pas pour eux que les periodistas ont dbarqu
Gnes, mais bien pour chercher ce qu'ils n'ont
pas trouv en France et ailleurs; et' probablement
chez Rothschild.
Il est' cortair4que, si lei criid : ViveiCubai qui a
retenti Gnes, n'avait pas t touff par la po-
lice, et par. le-. coup de canine du lche larbin
d'Umberto; ce cri.serait devenu gnral, et-le people:
aurait donn aux laquais, de Canovas une leon de.
dignit et de convenance.
Les Italiens, qui-, ont perdu.depuis pas. mal d'an-
nes-l'habitude de voir la couleur de l'or et qui ont
pour monnaiedu sale- paper et de, pices.en nickel,
- et que d'autre, part, le- gouvernement, ne. sachant
plus o battre de la tte, o trouver l'argent pour
combler l'normedficit cr par les flies africaines,
- se-demande:si.-on ne vapas le saigner et inventer
un budget special pour- venir en. aide:- la. monarchie.
espagnole qui agonise.


Api s avoir sjourn quelque peu Florenee, o
ils furnt acclams par des messieurs qu'il m'est ab-
solument impossible de prendre pour srieux, ces
argonautes d'un nouveau genre, ayant remplac
Agamennone par-un marquis, zuze z'un pu! .-
sdnt parties vers la capital d'Italie, o on leur pr-
pare des lunchs et de nombreux divertissements.
Les periodistas ont quitt leur pays avec dans le
dos le vent formidable de l'meute qui grandit
Cadix, Barcelone, les oreilles encore meurtries du
fracas des bombers aragonaises, ils se reposeront
l'oue, en coutant, en sa baveuse rhtorique, -
M. Visconti Venesta exalter toutes les vertus du
ba'inbi'n de l'Escorial.
A c6t de ces banquets monstrueusement officials,
don't la holte jaillira et couvrira jamais la face de
certain prsonrlages, le dput Macala, spciale-
ment, le people, le vrai people, organise des ma-
iiifestations en faveur ds Cibains.
A Rofi, le *a'illant D' Federi'co Falco, celui qui',
le priemiet, fit appel aux Italiens en vue d'ouvrir des
souscriptions, aid de cela, par la press rpubli-
caine, se propose de donner une nouvelle impulsion
et d'largir au possible la sphre de la propaganda,
en faisant des confrencess afin d'clairer mieux
ceux que la press officielle de tout le pays trom-
pe journellement et effronl.ment dans un but
facile deviner.
Je vais vous signaler un article du Corriere di Na-
poli et du journal Il Resto del Carlina,,qui, bien
que monarchiques, commentent d'une faon dfa-
vorable l'attitude de l'Espagne Cuba, et fltrissent
les agissements de l'assassin Weyler.
Dans ma prochaine lettre, que je vous enverrai de
Rome, je vous renseignerai davantage sur ce qui se
passe ici.
Leguleio.



VENTURES LOINTAINES


M. Camille Pelletan, l'minent dput des
Bouehes-du-Rhne, fils d'Eugne Pelletan, au-
teur de la clbre brochure Le Monde Marche,
vient d'crire, dans La D'pche de Toulouse,
un article don't sious reproduisons les passages
suivants.
Nos lecturs ci:,nn.l;trn int insi l'opinion, sur les
finances espagnoles, d'un des hommine' les pliis
autoriss en matire finhancire'.


Chez nos voisins, ce n'est pas une entreprise nou-
velle qui exige du pays de plus lourds sacrifices; cori-
sentis problablement' en pure p'erte. Ce sont- les
vieilles colonies qui' se rvoltent. Et dans' quelles
conditions !
Les finarices espagnoles sont' puises; c'est
peine si, une date encore rcente, on pouvait payer
les fonctionnaires publics. Malgr tout cela, voil
l'Espagne avec deux rvoltes sur les bras, aux deux
cts du globe: l'une dans1l'Extrme-Orient, l'autre en
Amrique. La voIl oblige d'expdier toutes ses'
forces disponibles travers toute l'immensit des
oceans, la fois au soleil levant et au soleil cou-
chant. On calcule que les ti-oupes qu'elle doit en-
voyer l-bas reprsenten:t plus du double de son
effectif europen de paix. Comment pourra-t-elle y
suffire ?
Il parait infiniment probable qu'elle succombera
dans une tentative aussi crasante. Une organisation
militaire des plus puissantes suffirait peine une
p..'ii. llc tche.;
...... ....... ..... ....... -... ...... -
Une guerre longue distance est surtout un pro-
blme debonne administration etde bonnes finances.
Il semble douteux que l'Espagne soit en measure de
le rsoudre.
Si elle choue, elle sera:ruine. et aura fait couler
des fleuves de sang pour rien, ou. plutt pour abou-
tir, au plus douloureux-chec. Supposez qu'elle rus-
sisse: sera-t-elle en une bien meilleure situation.?-
L'amour-propre sera sauf, mais quel prix! On ne
nous dit pas ce que content ces efforts dsesprs.
D'ailleurs, de l'un des deux cts, aux Philippines,
cela commence peine. Mais il est ais de calculer
les charges-crasantes que-nos malheureux voisins


.3


ont ou auront supporter. Nous savons qtels sont
le frais de pareillets occupations. Encore n'avois-
nous eu mettre en ligne, sur les rivages lointains,
que des -forces ihfiniment moindres. Calculez les d-
penses de transport et d'entretien d'effectifs aussi
nombreux, et qu'il faut incessamment renouveler;
calculez-les, multiplies par le dsordre du budget
espagnol!
.. . .............. .........
Nos resources d'iii'i... sont les plus consid-
rables du monide, et l'Espagne succombe sous des
taxte infiniment moindies. Nous avons, pour faire
Sappel aux prteurs, un credit infiniment suprieur.
* *- -................. *.......... -......
L'Espagne ne possde aucune de ces resources.
Alors mme qu'elle craserait les rvoltes de Cuba
et des Philippines, elle se trouverait donc le lende-
main dans une situation financire dsastreuse et
peut-tre irrparabl. llle aurait ruin du mme
coup les colonies qu'elle aurait si laborieusement
conserves. Quel profit en tire-t-elle? Le temrps est
loin o les anciennes possessions lointaines de
l'Espagne alimentaient son budget, et o la grande
Srecette du Trsor tait l'arri'e, des gallons. En
teinps normal, les colonies espagnoles couvrent leurs
dpenses etc'esttout. L'Espagnen'estpas unpays assez
industrial pour cherclrer l de srieux dbouchs. Le
chiffre formidable de millions dpenss pour cdn-
server ce doma'ine d'outre-mer, si par impossible
il produit le rsultat cherch, n'en restera pas moins
une perte sche.
Cdmite PeUletan.



PATRIOTiSM"

ESPAGNOL

On. lit dans le lierhldo dc ,l/l ,dl :
II' est vrai que les Jover sont riches,- opulents;
mais combien d'autres 1 sont autant etplus qu'eux,
qui; cependant, refosent de venir eil iaie au pays
dans les conflicts les plus graves ou qui exploitenit
les angoisses de l'Espagni pour accroitre leur foi-
tune!
Le marqiiis de Co5millas, par .exemiplt. Et 'o'iCi
encore une preuve fournie par urT autre jouriat'
espagnol :
L'envoi des 167,000 hommes ajouts aux 40,000
sur le point de partir, fera monter'le chiffre des d-
penses, pour les troupes de Cuba, 26,720,ooo pe-
setas.
Faite par l'Etat, cette operation aurait cot
8,35o,ooo pesetas.
La Compagnie Transatlantique :(cela lui man-
quait, la pauvrette), percevra, come prime sou
patriotism, 18,370,000 pesetas de plus qi'elle
ne devrait.

--------^-------- *-

VIVES SYMPATHIES...


A propose de demonstrations sympathiques (?)
envers l'Espagne, organises par la police de
Gnes pour le lancement dttvaisscau Ch'ristophe
Colomb, Le Franc Parf'e;, de Reims, s'expriine
ainsi :
Un citoyen, avant cri: Vive Cuba Libre! , fut
arrt aprs avoil t frapp coups de bdton par le
maire.
Doux pays, o le premier magistrat d'une ville
passe lui-mme tabac ses administrs au lieu de
laisser ce soin de simples argousins!
N'importe, je n'aurais pas confiance en ce Gnois
peu gn; ce qu'il doit pratiquer les tours et les
retours de bdton !


Nous lisons dans L'intransigeant une dpche
de Key-West,.d'aprs laquelle les Espagnols rsi-
dant dans cette villeauraient manifest l'inten-
tion de l'incendier; sous prtexte qu'elle est Unr
repair dc flibustiers:
Si les Cubains, qui sont chez eux et qui incen-
dient en temps de guerre leurs plantations pour
couper les vivres l'Espagne, sont pour cela des
bandits, que sont alors ceux qui, dans un pays o
rgne la paix et don't ils sont les htes, font de
pareilles menaces?
Oh-! mon Dieu, ce sont' des Espagnols; tout
simplem'erit.


~< ~
I


1. 1-%






LA RPUBLIQUE CUBAINE


24 SEPTEMBRE 1896


On raconte que le prince de Bismarck, qui
l'on demandait son opinion sur la Rvolution
Cubaine, aurait rpondu : Je ne puis donner
mon avis, n'tant pas au courant de la question;
mais je pense que les injustices infliges
cette colonie-doivent tre- bie'i r1'ad. loo.
quee la generation se soit rvolte:deux'
fois, les armes la main.
Voici le pendant. L'autre jour, je causaisavec
un monsieur qui manifestait de chaudes sympa-:
thies pour les Espagnols; vient passer un Cu-:
bain de mies.amis. -Tetlez, dis-je mon interlocu-
teur, voici un Cubain; demandez-lui ce qu'il pense
de la Rvolution Cubaine.
Mais vous vbus trompez, fit alors laini 'de.
l'Espagne, je connais trs bien cette personnel;
ce n'est pas un Cubain, il est de La Havane.
!!! !
Authentique.


Cela n'a rien qui nous surprenne. N'avons-
nous pas dj signal les bourdes commises par-
les journaux qui dfendent l'Espagne?
La Patrie a pris le bateau Virginius pour
des Virginiens .
Le Temps a pris une station balnaire (San
Antonio de los Bailos) pour un chef insurg.
L'Eclair, pour continue la srie, prenait
l'autre jour le ministry cubain, Carlos Roloff,
pour un vapeur flibustier. . -
Pauvre Espagne !Etre si mal dfendue quand
elle dpense tant d'argent!


Voyez-vous, je suis maintenant convaincu
d'une chose : La plupart des Franais jugent les
Espagnols d'aprs Le Cid ou Iernani.
Il y en a pourtant d'autres qui ont fait parler
d'eux et don't nous trouvons les noms ailleurs
que dans des drames ou des lgendes, par exem-
ple: Torquemada, Philippe II, le duc d'Albe,
Bovds et mme Weyler, gnie entr vivant
dans l'immortalit.



A PORTO-RICO


Bien que l'insurrection n'ait pas encore ouver-
tement clat Porto-Rico, en presence de l'agi-
tation inquitante qui se manifeste dans cette
le, le gouvernement espagnol a dcid d'y en-
voyer un bataillon d'infanterie qui s'embarquera
le 30 septembre.



LES FINANCES ESPAGNOLES

L'Economiste Franais:- Pour triompher de l'in-
surrection de Cuba ou mme pour aboutir une
transaction honorable qui ouvrirait la grande le
de nouvelles destines, l'Espagne n'a pas seulement
besoin d'entretenir une gigantesque arme de 140,000
i5o,ooo hommes aux Antilles, il faut aussi qu'elle
se procure des sommes colossales. Ces sommes doi-
vent tre d'autant plus importantes que la politique
financire de l'Espagne depuis vingt ans a t dfec-
tueuse. Non seulement on a laiss accumuler les
les deficits, mais on a recouru au pire moyen d'y
pourvoir. On a emprunt la Banque d'Espagne
des sommes excessivement considrables, au lieu de
faire un grand emprunt public, ce qui et t facile
il y a cinq ou six ans, alors que la Rente Espagnole
4 o/o Extrieure se tenait aux environs de 80 fr.
Outre 160 millions d'avances fixes au Trsor, la
Banque d'Espagne a encore prt au gouvernement
sur gages divers, rentes amortissables, obligations
du Trsor, pagars, etc., une some qui dpasse
6o0 millions de francs. La plus grande parties de tous
ces prts de la Banque au gouvernement a t faite
en pleine priode de paix et avant l'insurrection de
Cuba, On ne pouvait, certes, imaginer une poli-
tique financire plus deplorable que celle d'em-
prunter ainsi un tablissement de credit, don't les
resources propres sont naturellement trs limites,
d'entasser une dette flottante, la plus prilleuse de
toutes les formes de dettes, alors que le credit espa-
gnol tait encore assez bon pour que l'Espagne pt
se procurer des fonds directement par des emprunts
publies, soit au dedans, soit au dehors.

On a voulu faire une sorte de marchandage avec
les Compagnies, dans des conditions d'ailleurs que
celles-ci ne peuvent aucunement accepter d'aprs
leurs status, qui sont leur loi.
Voici le texte du premier paragraphe de l'article
premier de cette trange resolution :
Le gouvernement de Sa Majest est autoris
traiter, conjointement pu sparment, avec les Com-
pagnies de chemins de fer, une convention prolon-
geant leurs concessions respective jusqu'au 1"
juillet 1980 au maximum, condition que, avec le
concours et l'intermdiaire desdites Compagnies, de
leurs reprsentants ou des tablissements de credit
avec lesquels elles ont des relations, le gouverne-


ment ralise une operation de credit d'au moin$s
I,ooo millions de pesetas effective, avec la garantie
gnrale de la nation ou avec la garantie spciale.
qu'il est. autoris d.:.nr r par la loi du 1o juillti.
1896, laquelle reste en vigueur, etc.
On croit rver en lisant ce texte; il y a, cependant,
des juristes au Parlement espagnol; comment n'ont-.
ils pas vu toute l'impraticabilit d'une decision de ce
genre? Les Compagnies de chemins de fer sont des
Socits.anonymes ; toute Socit anonyme est rgie
par ses status; ses status eux-mmes sont dter-
mins par son objet. Or, une Compagnie de chemins.
de- fer est. cre pour faire exploiter des chemins-
de fer, non pour contractor ou garantir des em-
prunts d'Etat. Toute decision d'une Compagnie de
chemins de fer garantissant un emprunt d'Etatserait
nulle de plein droit, puisque cette operation n'est
nullement prvue par les status. D'ailleurs, avec les
hypothques spciales que la loi espagnole a ta-
blies sur les diffrentes lignes, comment les Compa-
gnies pourraient-elles se procurer des fonds pour les.
verser au gouvernement espagnol ou garantir ces
fonds ?
Paul Leroy-Beaulieu.

La Petite Rpublique: Aujourd'hui, heureuse-
ment, il n'y a pas autant de groups; mais il y a le
milliard, le milliard de l'emprunt en expectative, le
milliard demand sur le tard, le milliard du soir...
Espoir! les groups se formeront. Mais le trouvera-
t-on, ce milliard, pour abattre la revolution de Cuba ?
cornme dirait le Temps.
M. Canovas est prt mourir debout c'est
encore le Temps qui parle, s'il ne le trouve pas, et
comme il pense, en Romain et mme en dictateur
remain qu'il est, que la maxime Salus populi
supreme lex n'est pas tombe en dsutude, et
comme, toujours d'aprs le Temps, il sent-deux
hommes en lui lui et Sagasta eh bien il
espre retarder de quelques jours le krack espagnol
en ruqissant quelques bribes de l'emprunt une fois
lanc. On 'sait que Sagasta, ancien et future president
du conseil, son compre, chef aujourd'hui de la soi-
disant opposition, est en mme temps president du
conseil d'administration de la compagnie des, che-
mins de fer. Il a donc fait voter les siens comme un
seul homme pour le privilege accord pendant prs
de cent ans cette compagnie, oh par pur patrio-
tisme, en change du concours effectif de celle-ci
dans les ngociations de l'emprunt.
Pauvre people espagnol !
Il devait dj, avant la guerre cubaine, prs de
sept milliards.................... 7.000.00000.ooo
Aprs la guerre qui finira par
l'indpendance de Cuba, il aura
en plus une dette de quatre mil-
liards........................... 4.ooo.ooo.oo000
Total........... Ii.ooo.ooo.ooo
Sans les cinq cents millions ou peu prs que
Cuba suait pour lui tous les ans, en impts de toute
nature, pourra-t-il jamais payer les intrts de cette
dette cinq cents millions au plus bas avec son
budget de sept cents millions ?
Aussi l'honneur castillan, l'orgueil chevaleresque,
la fiert espagnole, etc., font-ils des efforts dses-
prs pour ne pas lcher la proie. Et pour encou-
rager le people se faire gorger pour leur patrio-
tisme monarchique et armori,:on fait figure dans
les dpches de Weyler jusqu' 17 victoires (dix-
sept)!'par jour. D'aucuns cependant commencent
conseiller l'vacuation des. deux. provinces orien-
tales de Cuba: Santiago et Camagey.
La plus grande parties du people se mfie dj,
mais march l'abattoir par cette raison qu'en Es-
pagne, pays de chevaliers (caballeros), sur 16.ooo.ooo
d'habitants :
II.ooo.ooo ne savent ni lire ni crire;
i.5oo.ooo savent lire, mais psas crire;
I.5oo.ooo ne se donnent jamais la peine de lire
ou d'crire ;
i.5oo.ooo ne savent ni ce qu'ils lisent, ni ce qu'ils
crivent, et
5oo.ooo partisans de l'armoire au beurre sont
les pasteurs du troupeau.
'Aussi est-il just de penser que si l'emprunt se
fait peu ou prou, ni le public qui versera, ni le
people espagnol qui ne recevra rien, ni personnel ne
profitera de cette accumulation de millions, per-
sonne, si ce n'est l'armoire o les banquiers, lan-
ceurs de l'affaire, seront admis prlever leur com-
mission.
Buicito.

Le Monde Economique: L'insurrection Cuba,
dit un correspondent anglais, est signale par les
Espagnols comme une guerre de race. Elle fut
commence par les ngres; mais il y a, aujourd'hui,
parmi les insurgs, 70 p. Ioo de blancs contre
3o p. 100 d'hommes de couleur. Elle a aujourd'hui
gagn les sympathies, non seulement du people des
campagnes, mais de tous les Cubains.
Le gouvernement aurait pu faire beaucoup pour
faciliter le relvement de l'conomie national; il a
persvr dans le systme protectionniste et continue
exploiter la colonie au profit de la mtropole.
Toute l'administration d'ailleurs tait mauvaise et
corrompue. Il est difficile d'arrter la guerre parce
que la population n'a plus d'intrt la paix; tout
est dtruit.
Il n'existe plus de bas pour rtablir dans l'avenir,
soit le credit public, soit le'crdit priv. Sur le pa-


L : I


-'ier, les lspagnols devraient avoir 23b.ooo hommes
dans 'ile ; mais la ralit est loin de ce chiffre.
SLeurss- toupes ont d'ailleurs peu d'entrain. Elles
n'onit .pas t payes pendant quatre mois et demi
et elles ne trouvent plus, come atr'er;if. de quoi
piller.
= ------ - ---- ----


LOPINION EN ESPAGNE'

El Nuevo Rgimen, Madrid: Tous, les jours,
les journaux publient des rcits desquels il rsulte
que nos soldats parent pleins d'enthousiasme pour
les luttes sur les terres lointaines. Ces recits sont
dmentis-par les scnes dsolantes qui se produisent
chaque dpart de troupes et i!s sont dmentis en-
core par mille faits qu'on essaie vainement de pr-
senter comme sans importance.
Il n'y a pas longtemps nous entendions les pro-
testations des mres de Saragosse et de Valence
qu'on sparait violemment de leurs enfants ; cette
semaine mme, les parents d'un pauvre soldat du
corps expditionnaire se jetaient, au moment du
dpart, aux pieds d'un gnral, le suppliant de leur
laisser leur fils. Le gnral se rendit aussitt leur
prire.
A Reus, on a essay d'ouvrir une souscription pu-
blique pour racheter tous ceux que la malechance
dsignerait pour tre incorpors.
Nous entendons encore l'cho des rclamations
contre la municipalit d'Oviedo,qui ludait ouverte-
ment les prceptes lgaux en matire de recrutement
des jeunes gens devant tirer au sort.
De Madridejos (Tolde) des plaintes semblables
nous parviennent.
A Grone et dans d'autres provinces,, de vritables
agencies de dsertion ont t installes et le nombre
de ceux qui fuient ou qui se cachent pour ne pas
partir augmente tous les jours.
Seize dserteurs ont t arrts avant-hier Ba-
dajoz.
Bien aveugles ceux qui'nient que l'horreur de la
guerre augmente tout .instant. L'enthousiasme, le
gouvernement peut en tre persuade, n'existe mme
plus chez ceux qui restent. Le moment vient o il
ne sera plus possible de l'exciter; car les malheurs
de la patrie sont si grands que ceux que les balls
enemies n'atteignent pas seront vite en proie la
misre provoque par la mauvaise administration et
et le gaspillage.

La Lucha de Clases. Bilbao: Une guerre cruelle
et sanglante Cuba, dans laquelle la jeunesse espa-
gnole disparatcomme prcipite dans un insondable
abme et o les finances nationals fondent come
de la cire vierge: une rebellion dj formidable aux
Philippines qui combattent pour se soustraire la
domination de' la mtropole; des symptmes alar-
mants Porto-Rico; desmenaces de conflict interna-
tional avec les Etats-Unis et le Japon; les parties
monarchiques de gouvernement sans prestige et ce
qui est plus grave et de plus d'importance: les re-
cettes du Trsor public compromises; l'usure, en-
fonant ses griffes acres dans le credit national
branl ; quatre millionaires profitant de tout, met-
tant en pratique le vieil adage : En eau trouble,
bonne pche ; le voleur port au pinacle, le fripon
rcompens, le pauvre et l'honnte homme mis au
rencart et poursuivis; l'immoralit, la fraude et la
violence revenues la ligne de conduite du gouverne-
ment; les riches faisant parade de leur cynisme, d-
pensant joyeusement leurs rentes aux toros et en or-
gies, et les pauvres emplissant de leurs cadavres
l'immense prcipice cubain.
Tel est, sans pousser les choses au noir, le tableau
de la situation actuelle de l'Espagne. Un semblable
tat de choses devait forcment jeter la perturbation
dans la conscience publique.L'inquitude est grande.
Au fond dela socit espagnole bout une indignation
terrible prte monster la surface. Et la croyance
grnrale'est que cela va finir par quelque clat et
que nous sommes destins voir s'accomplir de
grands vnements dans un avenir relativement pro-
chain.
-------.^.. -------

UN BAN!

La Liberty dit:
M. Canovas declare que le gouvernement est d-
cid ne reculer devant aucun sacrifice. Je ferai,
a-t-il dit, tout ce qu'il faudra pour sauver la patrie.
Avec l'argent des autres...

---------*-- --

RVOLUTION CUBAINE

Le gnral Aguilera est gravement malade de
la fivre jaune, qui continue exercer de terrible
ravages dans les rangs espagnols.
Une dpche de La Havane announce que les
pluies ont caus des dommages considrables aux
lignes militaires de Mariel Artemisa 'et de Jiicaro
Mor6n. Une colonne, surprise par une tempte, a eu
deux hommes asphyxis et un homme emport par
le courant d'une rivire.
L'introduction du papier- monnaie course
forc et le dcret qui oblige suspendre les travaux
de la rcolte ont alin au gnral Weyler la bonne
volont des conservateurs.


i I


Le marquis de Apesteguia, prsident.-du parti
conservateur espagnol Cuba, la tte d'une com-
mission .compose de MM. Pascual Goyzueta et
:Patricio 'Sanchez, a cherch voir le capitairn'-g-
nral '.\ I. r. mais il n'a pas t reu.. '"
Les principaux propritaires ont alors tenu une
rei, r 'et 'ont 'rsolu d'adresser leurs plaintes au
..' gouv.ernement de Madrid et de demander le rempia-
cemnt de Wevler. Si le'gouvernement ne leur fait
pas 'justice, ils se proposent de l'embarquer'par
force, comme ils firent jadis avec le gnral Dulce.
'Ils croient que le systme du gouverneur finira
par ruiner compltement l'ile sans dominerl'insur-
rection.
Dans les cachots de,la Cabafia gt le trs dis-
tingu et- trs aim mdecin franais docteur Mon-
tan (Louis). On ignore quel sort l'attend, et s'il ne
sera point fusill comme suspect par les Espagnols.
Dans la mme prison se trouvent encore: M, Hubert
de Blank, directeur du Conservatoire de musique;
docteur Casuso, docteur de la Facult de Paris;
Viondi et Oscar de los-Reyes, avacats trs estims';
Gonzalez Lanuza, professeur de droit pnal la Fa-
cult de La Havane, ainsi que d'autres personnalits
marquantes de la capital.
A La Havane, la question du billet de banque
produit un conflict. La Banque refuse de prendre les
billets dans les operations dpassant 80 dollars. Les
banquiers et les commeraihts de dtail refusent de
les accepter. L'escompte s'est lev dj 16 o/o.
Les operations sont paralyses.
Le consul amricain La Havane a adress au
gnral Weyler une reclamation -au sujet de la mort
du journalist amricain Charles'Covin, don't le ca-
davre a t retrouv couvert de blessurl's.
Les Rpubliques d France, du Mexique, du
Vnzula et d'Halti ont rclam la jurisdiction civil
pour leurs citoyens arrts Cuba comme accuss
de complicit'avec la Rvolution.
Le nombre des dserteurs espagnols rfugis
en France et en Portugal crot tous les jours. Cer-
taines estimations le fixent au chiffre effrayant de
vingt mille.
A. Perpignan, des placards imprims sont dis-
tribus en ville; ils contiennent une proclamation
ces dserteurs espagnols, les invitant se joindre,
en Espagne, au movement insurrectionnel des pro-
vinces de Valence et de Badajoz. Les placards, 'en
langue espagnole, se terminent par ces mots: Vive
la Rvolutioni! Vive la Libert!' Le consul d'Es-
pagne a de frquentes conferences avec M. Morl,
secrtaire gnral,.pour aviser aix.mesures prendre,
Une certain agitation rgne Haro, province
de Lagrono (Espagne), elle est provoque par la
question des octrois.
La nouvelle de M. le docteur Louis Montan,
La Havane, a produit la plus profonde motion
tant parmi la colonie franaise que parmi tous ceux
qui ont pu connatre et apprcier le captif. N
Cuba, de parents franais, le docteur Montan, alors
jeune homme, vint en France pour combattre pour
son pays, au moment de la guerre franco-allemande..
Puis, il retourna la Havane o il prodigua aux
malheureux les soins les plus dsintresss. M. Ho-
nor Lain, mdecin vtrinaire, n galement
Cuba, de parents franais, a t embastill et tra-
duit devant les juges royaux.



RVOL UTION PHILIPPINE

Une dpche de Manille announce la dcouverte
d'une nouvelle conspiration. Les indignes se pro-
posaient de surprendre la garnison, de s'emparer du
quarter gnral et d'assassiner le gouverneur Blan-
co; mais celui-ci fut averti temps et la conspiration
choua. Une centaine d'arrestations ont t opres.
la suite de cette affaire. Tout autour de Manille on
se bat toujours.
Le Heraldo a publiune dpche de Hong-Kong
suivant laquelle les insurgs des Philippines sont
matres de toutes les villes de la province de Cavite.
La situation demeure si inquitante pour le
gouvernement espagnol, qu'il vient d'envoyer aux
Philippines 2,400 hommes de report, parties aujour-
d'hui de Barcelone.
Un tlgramme de Madrid announce qu'on a d-
couvert dans une maison habite -par des conspira-
teurs Taa (?), aux les Philippines, un dpt d'ar-
mes, de bombes de dynamite. On aurait saisi, dans
la mme 'maison, des drapeaux de la Rpublique
d-s Philippines.
Une dpche officielle de Manille announce
qu'une reconnaissance faite par Noveleta confirm
les notivelles donnes par un espion sur les forces
des rebelles, qui sont estimes de 4,000 5,ooo
hommes bien arms. Des fusils ont t distribus 1
trois groups principaux Sidus, Silac et Noveleta.
Une dpche officielle de Manille announce que
deux rencontres ont eu lieu avec les insurgs.
On tlgraphie de Singapour que la revolution --
aux Philippines prend de l'extension. Les rvolu-
tionnaires attaquent les villes, o ils terrorisent les
partisans du gouvernement. Ces rvolutionnaires
disparaissent l'arrive des troupes, ils reparaissent
aprs leur dpart.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

TaROYE. Imprimerie G. ARBOUIN, rua Thiers, 126'




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